100 fenêtres sur Internet

Si l’internet est un outil démythifié, il n’est pas forcément maîtrisé. Tel est l’un des enseignements d’une enquête de deux ans sur les représentations et les usages des TIC sur 100 foyers de Poitiers. L’étude, intitulée « 100 fenêtres sur l’internet », coordonnée par Jean-François Rouet du laboratoire Langage et Cognition (LaCo) de l’université de Poitiers avait pour objectif d’analyser les facteurs qui facilitent ou freinent l’appropriation de l’internet par des utilisateurs sans expérience préalable. 100 personnes représentatives de la population de la communauté d’agglomération de Poitiers ont été sélectionnées. Débutants ou peu expérimentés en matière d’internet, ces participants ont reçu un ordinateur et 30 heures de connexion internet mensuelle en échange d’une cotisation de 15 euros par mois et d’un engagement à participer à l’étude sur la durée. Un système d’accompagnement a été mis en place pour aider les participants et enregistrer leurs difficultés. Des enquêtes ont été réalisées à intervalles réguliers tout le long de l’expérimentation.
L’étude constate que l’appropriation passe par une première phase de découverte caractérisée par des durées de connexion élevées puis une phase de tassement précédant une phase de reprise. L’analyse des usages a montré que ceux-ci se cristallisent autour de quelques services très populaires (courrier électronique et recherche d’information). Arrivent ensuite les échanges avec les administrations et la consultation d’informations locales. Les participants semblent beaucoup attendre d’un web de proximité leur permettant de connaître la météo, les horaires de bus ou l’adresse des services publics… « Hommes et femmes ne se différencient que pour les informations locales (davantage utilisées par les femmes) et les téléchargements (davantage utilisés par les hommes). Cependant, la fréquentation des différents types de sites web présente de forts contrastes entre hommes et femmes. Les premiers sont en général friands de sites ayant trait aux logiciels, à l’actualité (Internet, sportive) et aux rubriques autos-motos. Les femmes, quant à elles, visitent des sites sur le cinéma, les livres, la mode ou encore les cosmétiques. Cette différenciation n’est pas immédiate : elle met plusieurs mois à s’installer. On peut à ce titre parler d’une construction des usages qui demande une pratique régulière. » L’usage d’internet paraît être au début un usage de découverte « tous azimuts » avant de se décanter pour laisser (ré)apparaître les stéréotypes culturels. En revanche, dans le panel étudié, très peu de participants pratiquent la publication de pages d’informations sur le web. L’étude apporte comme un démenti à l’image romantique de l’internet comme outil communautaire dans lequel tout un chacun serait simultanément producteur et utilisateur d’informations. Peut-être faut-il un temps d’appropriation encore plus long pour en venir là ?
L’info : Info.Tic, n°22, mars 2004 : http://www.educnet.education.fr/actu/infotic/default.htm#soc
100 fenêtres sur l’internet : http://www.mshs.univ-poitiers.fr/100fenetres et http://www.mshs.univ-poitiers.fr/laco/Pages_perso/Rouet/Textes.htm
Le LaCo : http://www.mshs.univ-poitiers.fr/laco/

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