Haut débit : le verrou a sauté

Il y a bientôt un an, nous nous inquiétions de l’écart qui se creusait entre les hauts débits européens et asiatiques. Nous avions peut-être tort et nous en réjouissons.
Très loin du malthusianisme de 2002 et du début 2003, la rentrée voit fleurir des offres d’accès à 5, 8, bientôt 16 Mbits/s, qui nous mettent au niveau des pays les plus avancés du monde. Selon Médiamétrie, un foyer français sur 7 serait abonné à l’internet haut débit, presque deux fois plus qu’il y a un an. Visiblement, à l’inverse de ce que l’on nous serinait il y a encore quelques mois, ce n’est pas seulement de connexion permanente que les internautes avaient besoin, mais aussi de vitesse, de fluidité : de tout ce qui rend le réseau naturel, évident.
Comme par miracle, beaucoup de choses se débloquent une fois que ce verrou saute. La téléphonie internet, la télévision à la demande, les jeux en réseaux, on ne se contente plus d’en parler : les offres et les usages se développent à toute vitesse. Mener n’importe quelle activité en ligne, télécharger un gros logiciel rien que pour l’essayer, partager sa connexion entre plusieurs appareils sur un réseau domestique, laisser sa webcam en marche juste au cas où : tous ces petits riens auparavant inimaginables redéfinissent peu à peu les pratiques en ligne et la nature du réseau. Et cela ne fait que commencer. Au point que la Fing, qui s’était fixé comme horizon la “disparition” de l’internet au profit de ses usages, va devoir s’en inventer un nouveau : la disparition des “terminaux », peut-être ?
Reste l’écart croissant entre le haut débit des villes et le haut débit des champs – écart de prix et de performance à la fois, ce qui fait beaucoup. Le haut débit est plus que jamais une cible mouvante. Cependant, la quasi-généralisation de la couverture haut débit (DSL notamment) devient une perspective sérieuse à brève échéance et de ce fait, les questions que se posent les territoires changent de nature : Quelles sont les nouvelles priorités, une fois l’objectif de couverture à peu près atteint ? Où et pourquoi la couverture de base ne suffit-elle pas ? Que veut-on d’autre, pour qui et pour quoi faire ? Qu’attend-on au fond des réseaux ? Quelles stratégies actives en matière de services, d’usages collectifs ? Quels sont les nouveaux critères de la performance territoriale, du service aux citoyens, de l’équité ? Comment recréer des solidarités entre les territoires ?..
Voilà des défis autrement plus stimulants que celui qui consiste à comparer ses mégabits… Ne serait-ce que pour cette raison, les nouveautés de cette rentrée constituent une très bonne nouvelle.

Daniel Kaplan

Voir le dossier très complet de 01net sur la relance de la course au débit en cette rentrée 2004, qui relève notamment que France Télécom souhaite rendre l’ADSL rapide (8, puis 16 Mbits/s) accessible partout où les lignes téléphoniques le permettent, alors qu’il n’est aujourd’hui disponible qu’auprès des opérateurs alternatifs, donc dans les zones dégroupées : http://www.01net.com/article/250103.html
Et le “dossier permanent” du Journal du Net sur l’Adsl : http://www.journaldunet.com/dossiers/adsl/

Il y a bientôt un an, nous nous inquiétions de l’écart qui se creusait entre les hauts débits européens et asiatiques. Nous avions peut-être tort et nous en réjouissons.

Très loin du malthusianisme de 2002 et du début 2003, la rentrée voit fleurir des offres d’accès à 5, 8, bientôt 16 Mbits/s, qui nous mettent au niveau des pays les plus avancés du monde. Selon Médiamétrie, un foyer français sur 7 serait abonné à l’internet haut débit, presque deux fois plus qu’il y a un an. Visiblement, à l’inverse de ce que l’on nous serinait il y a encore quelques mois, ce n’est pas seulement de connexion permanente que les internautes avaient besoin, mais aussi de vitesse, de fluidité : de tout ce qui rend le réseau naturel, évident.

Comme par miracle, beaucoup de choses se débloquent une fois que ce verrou saute. La téléphonie internet, la télévision à la demande, les jeux en réseaux, on ne se contente plus d’en parler : les offres et les usages se développent à toute vitesse. Mener n’importe quelle activité en ligne, télécharger un gros logiciel rien que pour l’essayer, partager sa connexion entre plusieurs appareils sur un réseau domestique, laisser sa webcam en marche juste au cas où : tous ces petits riens auparavant inimaginables redéfinissent peu à peu les pratiques en ligne et la nature du réseau. Et cela ne fait que commencer. Au point que la Fing, qui s’était fixé comme horizon la “disparition” de l’internet au profit de ses usages, va devoir s’en inventer un nouveau : la disparition des “terminaux », peut-être ?

Reste l’écart croissant entre le haut débit des villes et le haut débit des champs – écart de prix et de performance à la fois, ce qui fait beaucoup. Le haut débit est plus que jamais une cible mouvante. Cependant, la quasi-généralisation de la couverture haut débit (DSL notamment) devient une perspective sérieuse à brève échéance et de ce fait, les questions que se posent les territoires changent de nature : Quelles sont les nouvelles priorités, une fois l’objectif de couverture à peu près atteint ? Où et pourquoi la couverture de base ne suffit-elle pas ? Que veut-on d’autre, pour qui et pour quoi faire ? Qu’attend-on au fond des réseaux ? Quelles stratégies actives en matière de services, d’usages collectifs ? Quels sont les nouveaux critères de la performance territoriale, du service aux citoyens, de l’équité ? Comment recréer des solidarités entre les territoires ?..

Voilà des défis autrement plus stimulants que celui qui consiste à comparer ses mégabits… Ne serait-ce que pour cette raison, les nouveautés de cette rentrée constituent une très bonne nouvelle.

Voir le dossier très complet de 01net sur la relance de la course au débit en cette rentrée 2004, qui relève notamment que France Télécom souhaite rendre l’ADSL rapide (8, puis 16 Mbits/s) accessible partout où les lignes téléphoniques le permettent, alors qu’il n’est aujourd’hui disponible qu’auprès des opérateurs alternatifs, donc dans les zones dégroupées ;
Et le “dossier permanent” du Journal du Net sur l’Adsl ;

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