Vient de paraître : « Du bon usage de la piraterie », par Florent Latrive

'CouvertureJournaliste à Libération et animateur de nombreux débats en ligne sur la propriété intellectuelle, Florent Latrive publie aux Éditions Exils Du bon usage de la piraterie – Culture libre, sciences ouvertes.

L’auteur cherche à mettre à jour les enjeux de la bataille autour de la propriété intellectuelle et plaide, contre le tout-répressif et le tout-juridique, en faveur d’une ouverture raisonnée et d’un « régime équilibré de l’immatériel où créateurs et publics ne seront plus soumis aux diktats des intermédiaires et producteurs. »

Extrait de l’introduction (l’ouvrage est vendu en librairie et disponible en ligne sous licence Creative Commons) :

« Les discours apocalyptiques que tiennent les titulaires de droits, et l’extension toujours plus grande de la propriété intellectuelle conduisent insidieusement à la dévalorisation générale de toute loi cherchant à arbitrer les conflits d’intérêt dans le domaine de l’immatériel. Plus la propriété intellectuelle se muscle et s’étend, plus ses fondements volent en éclats et ce, même s’ils sont justes. (…) Ainsi, les internautes par dizaines de millions échangent de la musique au mépris des lois existantes. Et ce n’est pas un choix de prédateur, comme le prétendent trop vite les majors. Ils ont simplement la conviction – une conviction parfois mal formulée, parfois très argumentée – qu’il serait absurde de se priver d’un accès aussi ouvert et large à la culture juste pour se plier aux règles voulues par les seuls titulaires et gestionnaires de copyright. De même, les militants et médecins qui importent illégalement des copies de médicaments sous brevet pour soigner des malades se moquent éperdument de savoir si leur geste est légal ou non : il est vital, c’est tout. À force de faux discours et de loi absurde, il finira par se produire ce que les extrémistes de la propriété intellectuelle disent craindre le plus : la fin de tout droit réel au respect et aux revenus pour les créateurs, auteurs et inventeurs.

« Nous n’en sommes pas là. La logique de la marchandisation de la connaissance engagée de façon massive au niveau planétaire se heurte à des visées plus ouvertes, fondées sur la coopération et l’échange, bien plus que sur la concurrence et l’exclusivité. Partout, au coeur du système, des citoyens – bibliothécaires, informaticiens, artistes, juristes, économistes, scientifiques – se penchent au chevet du domaine public pour le valoriser, le protéger, le faire fructifier et faire pièce aux visées castratrices de ceux qui veulent réformer la propriété intellectuelle à leur seul avantage. De même, des pistes économiques et éthiques pour bâtir un régime équilibré de l’immatériel sont apparues et ne cessent de s’approfondir. Il reste à les constituer en projet politique. Nous voilà donc tous « pirates » ? Il nous faut désormais plaider pour un bon usage de la piraterie. »

Florent Latrive, Du bon usage de la piraterie, éditions Exils, octobre 2004

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