Le P2P est-il bénéfique aux ventes de disques ?

Alors que la Cour Suprême des Etats-Unis, a commencé ses auditions dans l’affaire MGM contre Grokster – qui promet d’être l’une des plus importante affaire concernant le droit d’auteur depuis l’arrêt qui légalisé le Betamax en 1984, puisque son enjeu est de déterminer si les concepteurs du logiciel P2P sont responsables des usages infractueux des utilisateurs de ceux-ci -, une étude
scientifique japonaise (.pdf)
révèle que le P2P pourrait être bénéfique aux ventes de disques. Le professeur Tatsuo Tanaka de l’université de Keio a étudié l’utilisation de Winny, un logiciel P2P japonais, et montré que le P2P serait bénéfique pour les ventes de disque en analysant le rapport entre les téléchargements et les ventes de 261 albums différents, rapporte Jean-Baptise Soufron.

Selon le professeur Tanaka :
– La croissance des échanges de fichiers par l’application P2P Winny n’a aucune relation avec la baisse récente de ventes de CD ;
– L’utilisation du P2P aide à la promotion de la musique en permettant aux utilisateurs d’en faire l’expérience avant de l’acheter ;
– L’utilisation du P2P aide à la découverte de nouvelles musiques par les utilisateurs.

En attendant les résultats du procès, les Américains continuent de partager leurs fichiers musicaux et vidéos, rappelle une étude du Pew Internet Project. 36 millions d’entre eux (27 % des utilisateurs d’internet) téléchargent des fichiers musicaux ou vidéos et la moitié le font sans passer par les réseaux P2P ou les moyens légaux : 19 % affirment avoir téléchargé de la musique depuis un baladeur MP3, 28 % via l’e-mail ou la messagerie instantanée… Au total, c’est 48 % des internautes téléchargeurs qui sont passés par d’autres voies que les réseaux P2P et les sites de téléchargement payants. Nonobstant, le pourcentage de ceux qui ont essayé des services payants est passé de 24 % en 2004 à 43 % (via Smart Mobs).

Alors que Sony prépare un iTunes pour les films, dans les universités américaines, des étudiants expérimentent des plates-formes légales de téléchargement en P2P, rappelle Wired. Un usage, pour eux, qui demeure bien souvent transparent financièrement : le coût de l’abonnement des écoles à ces services étant soit financé par des donations soit inclu dans le prix de l’inscription universitaire. Le service proposé par Ruckus Network propose 525 000 chansons et une cinquantaine de films et de shows télés qui changent mensuellement. Plus de 1000 films récents peuvent également être téléchargés à la demande contre 2,50 dollars.

Signalons enfin l’intéressant reportage de Xeni Jardin consacré à Mark Cuban, le co-propriétaire de la chaîne de cinéma Landmark, qui commence sa transformation numérique. Une transformation dont les enjeux sont synthétisés dans un remarquable petit encadré prospectif.

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2 commentaires

  1. La multiplication des études prouvant ou non l’impact du P2P sur les ventes de produits culturels ne sert qu’à escamoter un débat sur le concept même de produit culturel. Il y a d’un côté le club des libéraux qui voudrait bien trouver un moyen de transformer tout souffle de vie en brevet capitalisable et de l’autre des utilisateurs qui confondent facilement bien commun avec opportunisme individuel.
    Peut-être faut-il découvrir dans les droits d’auteurs une certaine forme d’archaïsme à condition que chacun éprouve sa nécessaire contribution.

  2. On nous raconte ce que l’on veut, quand on veut, où l’on veut, mais je persiste à croire que, dès qu’il y a de l’argent à se faire, on trouve toujours une histoire à nous faire avaler. La technologie nous a ouvert de nouvelles façons de nous soudoyer. Je n’ose même pas imaginer ce que sera demain, car au train où vont les choses, difficile de croire que l’accès à la culture restera gratuite. Une utopie qui fout le camp, ce sont des millards de trouvés. Télécharger de la musique incite pourtant à acheter des Cd. Je ne comprends pas pourquoi donc ce tapage. Cela doit être dû, à une mise en place d’une nouvelle démocratisation du trafic Web, ou une connerie comme çà. Paradoxal pourtant, quand vous savez, que sur Google Print, vous pouvez avoir accès à la lecture de certains livres, là c’est légal, pourtant c’est aussi une contrefaçon. Je ne paye pas le livre que je lis; Ce n’est pas très clair tout cela

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