Enjeux 2006, année de transitions

Nanotechnologies, bataille entre « OS lourds » contre « tout internet » et nouveaux réseaux communicants sont quelques-uns des enjeux 2006 mis en avant par Cyril Fiévet.

L’année 2006 s’annonce déjà riche de transformations, d’innovations et de nouveautés. Parmi tous les sujets, quelques uns me semblent être particulièrement à suivre, en particulier dans les transitions qu’ils induisent.

Nanotechnologie : l’an 1 de la nano-mémoire ?
Il est possible que la commercialisation des toutes premières « NRAM » de la société Nantero débute cette année. Basées sur des nanotubes de carbones, ces mémoires d’un genre nouveau, destinées à remplacer les mémoires vives traditionnelles, dans les ordinateurs ou les assistants numériques, constitueraient une forte rupture technologique. Comme le note John Markoff dans le New York Times, la transition de l’électronique classique vers l’électronique moléculaire ne surviendra pas, de façon massive, avant 2015. Mais 2006 pourrait néanmoins marquer la phase initiale de cette transition, permettant d’en mesurer concrètement le potentiel réel.

Systèmes d’exploitation, vers la remise en question
S’il est bien une entreprise pour laquelle 2006 est marquée du sceau du changement, c’est assurément Microsoft. Attendu depuis plusieurs années, son système d’exploitation Vista devrait être disponible en septembre. Nouvelle logique d’organisation, nouvelles fonctionnalités, nouvelle ergonomie et design. Pourtant, certains doutent de la capacité de Microsoft à soulever l’enthousiasme : « Les gros lancements Microsoft de cette année, Vista et la nouvelle version d’Office, ne généreront pas une grande excitation. Vous souvenez-vous il y a 10 ans des gens qui faisaient la queue devant les boutiques pour acheter Windows 95 ? Ce temps-là est révolu. », écrit, sans complaisance, David Kirkpatrick dans Fortune.
Mais, au-delà de la prédiction, le plus important dans cette évolution majeure, tant pour Microsoft que pour le parc informatique mondial, n’est pas d’ordre technologique. C’est de modèles et d’usages dont il s’agit. Avec, en tâche de fond, l’affrontement des géants : ceux ancrés dans un modèle traditionnel d’un côté (Microsoft ou Apple, développant des OS lourds et installés, mise à jour après mise à jour, sur les micro-ordinateurs), et ceux qui misent sur le « tout Internet » et les Web Services (Google) intégralement basés sur l’accès en ligne.
Comme je le soutiens depuis longtemps, Google n’est pas (ou plus) un simple moteur de recherche. Google développe un système d’exploitation. Un OS d’un genre nouveau, accessible via l’internet de n’importe où dans le monde. Comme chacun sait, on peut lire son courrier, dialoguer, partager des photos ou bloguer avec Google. Depuis peu, on peut aussi stocker chez Google des fichiers de toutes natures, accessibles en permanence et de façon gratuite.
Cet affrontement doit en outre être rapproché de certaines des promesses d’un « Web 2.0« , symbolisé par la multiplication d’outils logiciels utilisables en ligne, dont l’exemple le plus frappant est peut-être le traitement de texte Writely. Que ne pourra-t-on pas faire à l’avenir avec ce type d’outils ? Ceux-ci séduiront-ils massivement les utilisateurs ? Au contraire, resteront-ils attachés au modèle Apple/Microsoft et à leur promesse d’OS plus fiables, plus puissants et plus sécurisés ? Au plan financier, le modèle économique de Google est-il infiniment transposable à de nouveaux territoires ?

Zigbee : le nouveau sans fil
Les technologies sans fil ont transformé notre monde, en quelques années et d’une façon fascinante. Mais nous n’avons pas encore tout vu en la matière. Outre RFID qui se généralise lentement mais sûrement, un nouveau standard sans fil, Zigbee, pourrait bien apporter des changements importants et nouveaux. Comparé à Wi-Fi ou Bluetooth, Zigbee se caractérise par sa courte portée et son faible coût pour l’utilisateur, rendant possible (et, en principe, simple) la généralisation de réseaux sans fil dédiés à des usages précis. Pour allumer les lumières du foyer sans faire appel aux interrupteurs du câblage électrique existant, contrôler la température, surveiller les intrusions et beaucoup d’autres choses, les capteurs et télécommandes Zigbee sont susceptibles de rendre concrètes, à bon marché, les promesses non ou mal tenues par le concept de domotique.
Il existe déjà des produits Zigbee, mais la plupart de ceux destinés au grand public sortiront en 2006.
Le taux d’adoption de ce nouveau système de communication sans fil, et les usages qui en découleront, seront sans doute l’une des choses les plus intéressantes à observer, s’agissant d’une technologie se prêtant particulièrement bien à l’appropriation et à l’expérimentation personnelle.

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2 commentaires

  1. Google n’est pas et ne sera jamais un système d’exploitation puisque ce dernier, dans sa définition stricte, est un programme assurant la gestion de l’ordinateur et de ses périphériques.

    On ne boote pas sur Google, Google ne gère pas les bus de données, Google ne gère pas la mémoire…

    Tout au plus, il fournit un certain nombre de services et s’inscrit comme une suite logicielle.

  2. Tout à fait d’accord avec farf … je me disais exactement la même chose en lisant le passage sur le Web OS …

    Il faudra tout de même bien avoir un OS (aussi léger soit-il) sur sa machine (quelle qu’elle soit : PDA, smartphone, TV, datapad …) pour se connecter au web.

    Je pense que cet abus de langage vient essentiellement du fait que l’OS le plus répandu s’est mis à intégrer de plus en plus d’applicatifs afin de devenir « indispensable » à des utilisateurs qui ne connaissent que lui ou ses applicatifs … d’où les procès pour position dominante et distorsion de la concurrence.

    Mais pour en revenir strictement au sujet, je suis tout a fait certain que de plus en plus de services, d’applicatifs seront mis à disposition sur le Net et que la machine n’aura comme seul applicatif qu’un client web avec interface riche.
    Il n’y a qu’a voir tout le bruit qui est fait autour des ASP. Cet usage qui existe depuis déjà quelques années commence juste vraiment à décoller et je ne serais pas étonné que son développement soit exponentiel.

    Mais bon, les usages étant en constante évolution avec l’appropriation au fur et à mesure des technologies et services, je ne me fait pas trop de soucis non plus pour les « gros OS ».
    Même si pour certains applicatifs qui deviennent courant comme la bureautique ou la messagerie il fort probable que les ASP deviennent la référence, il n’est pas impossible que de nouveaux usages et besoins apparaissent (ou que les grands génies du marketing en créent) et que leurs réponses soient dans ces « gros OS ».

    De plus si nous faisons bien notre travail de citoyen en informant notre entourage des risques encourus par le fait de laisser nos données à de grand groupes, peut-être que nous les sensibiliserons sur l’importance des appli en local.

    Au final, je dirais que les applicatifs en ligne se développeront effectivement, mais dans la lignée du développement des usages du net et sans pour autant faire disparaitre nos ordis et leur OS (même s’ils risquent de se modifier un peu quand même tant au niveau des applis dispos et de leur forme)

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