La science en 2020 (suite)

Towards science 2020Durant l’été 2005, Microsoft a réuni en atelier de prospective un imposant comité d’experts pour mieux comprendre ce que sera la science en 2020. Cet atelier a produit une très intéressante feuille de route (.pdf), croisant sur 15 ans objectifs de recherches, défis scientifiques à relever, nouveaux outils et concepts, évolutions des plate-formes de calculs, résultats et avancées. Ce travail – qui aurait inspiré le récent numéro de Nature dont nous vous faisions part il y a peu – a également produit un passionnant rapport intitulé Vers la science de 2020 (Towards 2020 science, .pdf).

Un rapport qui souligne combien l’intégration des concepts, outils et théories issues de l’informatique vont bouleverser la science de demain. Expliquant que les outils conceptuels et technologiques vont avoir des applications très larges, dépassant le cadre même de leur objet scientifique dont l’un des grands défi va être le management des données de « bout en bout » (end-to-end). Des transformations qui devraient aussi avoir un impact sur la publication des données scientifiques en transformant de fond en comble le paradigme de la communication scientifique, rapportent les experts : « Nous pensons que le débat sur l’open access est quasiment insignifiant comparé aux changements que le web va introduire dans la communication scientifique. Ceux qui prônent l’open access, loin d’être radicaux, sont très loin d’être suffisamment radicaux. Le défi de la communication scientifique n’est pas de s’ajuster à l’économie de la publication pour refléter les nouvelles réalités qui sont les nôtres, mais plutôt de redéfinir le concept de publication scientifique. C’est seulement ainsi que la publication scientifique parviendra à accompagner l’allure des découvertes scientifiques qui sont aujourd’hui resteintes par le manque de réactivité des publications. »

La science en 2020 : des bits aux cellulesLe rapport se conclut par une dizaine de recommandation :

« – La science fondée sur l’innovation devrait être traitée à l’égal de la technologie et devrait jouer un rôle économique plus fort dans les années à venir si l’agenda politique lui donne une place.
– Repenser rapidement l’enseignement scientifique pour qu’il intégre mieux les méthodes statistiques et l’informatique.
– Engager la société dans le débat public sur le rôle et l’avenir de la science.
– Repenser les structures de la science : leur financement comme leur politique.
– Créer de nouveaux types d’instituts de recherches.
– Proposer de nouveaux grands défis à l’informatique.
– Mettre en place de nouveaux programmes pour développer des nouveaux concepts et de nouveaux outils technologiques pour la science.
– Développer des partenariats public/privé innovants pour accélérer l’innovation fondée sur la science.
– Trouver de meilleurs mécanismes pour créer de la valeur à partir de la propriété intellectuelle.
– Et utiliser nos résultats. »

Un rapport réellement stimulant, même si les recommandations finales semblent parfois un peu courtes.

Via Affordance.

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1 commentaire

  1. Vous trouvez les recommandations un peu courtes ?
    Mais franchement qu’est-ce qui est mis en place concrétement pour tenir ces objectifs ? enlevez le bla-bla il ne reste rien de la dynamique d’innovation en France.

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