UPFing06 : Trajectoires dans la blogosphère

Le propre des blogs est d’exister dans un réseau de liens réciproques, de références signalées (« trackbacks »), de commentaires et de dispositifs de propagation (RSS, tags, etc.) – ce que l’on peut appeler la « blogosphère ». La publication d’un « billet » n’est que le premier maillon d’une chaîne d’événements qui peut vite échapper à l’auteur. Comment l’information se propage-t-elle ? Quelle maîtrise peut-on en avoir ? Comment suivre ses interventions en ligne et leur devenir ? Tel était l’objectif de cet atelier, plutôt centré sur les outils et leur sens.

Les blogosphères par Cyril Fiévet

Cyril Fiévet (slides) a d’abord souhaité évoquer les blogosphères, essayant de nous démontrer qu’à l’instar du web, la blogosphère n’est pas unique, mais multiple et variée, composée d’une multitude de communautés disparates qui se rejoignent très peu. « Le mot blog est déjà dépassé, mais l’usage va rester », explique-t-il en attirant notre attention sur le fait que le blog n’est plus aujourd’hui qu’un élément de notre outillage technologique. Mais alors, reste à comprendre ce qui fait pont entre les outils et entre les communautés ?

D’où la nécessité d’observer plus précisément les discussions qui s’engagent au travers des blogs. Quel est l’état de la « commentosphère » ?, s’interroge Laurent Haug, créateur de CoComment, une solution pour suivre les commentaires qu’on laisse sur de multiples plates-formes de blogs. Et de lister les multiples limites qui plombent aujourd’hui les commentaires : spams, trolls (publication de messages sans rapport avec le sujet initial et/ou insultants), fragmentation de la fréquentation (qui fait que les conversations redémarrent d’un blog à l’autre, sans pouvoir être suivies), absence de système d’identification et de réputation, difficulté à s’abonner aux commentaires relatifs à un billet ou un sujet, incompatibilité des formats, absence de follow-up, c’est-à-dire de suivi des sujets dans l’ordre de la conversation et non dans l’ordre d’arrivée des messages… Bref, malgré l’importance des commentaires, ceux-ci sont peu et mal exploités, beaucoup moins, par exemple, que les liens : il n’y a pas de Technorati des commentaires !

François Nonnenmacher, avait ainsi récemment animé sur son blog une intéressante discussion sur ce que pourrait être un système de commentaires idéal, et appelé de ses voeux un service qui lui permettrait de gérer d’une façon simple les commentaires qu’il verse sur le web.

Certains outils émergents permettraient-ils de dépasser ces limites ? Cyril Fiévet introduit les microformats et le blogging structuré, qu’il présentait récemment sur Nanoblog. De nouvelles balises XML permettront de typer les billets publiés afin de les rendre plus lisibles par d’autres applications. Un billet pourra ainsi être décrit comme une critique ou une petite annonce ; on pourra indiquer qu’il évoque une adresse ou un événement susceptible de s’ajouter à un agenda. Un nouveau service de Technorati permet ainsi de chercher certains types de billets, comme les critiques de livres.

L’avenir des microformats demeure toutefois incertain, tant la diversité des plates-formes est grande et le processus de standardisation lent. Le risque n’existe-t-il pas aussi de complexifier la structure est de passer alors à côté de la plupart des utilisateurs ? Jusqu’à quel point faudra-t-il structurer l’information ? Pour Chris Messina, l’un des initiateurs du mouvement des Barcamps, les microformats sont une formidable solution pour relier les outils entre eux, à un moment où la multiplication des outils et des services fonctionnant en silo devient un vrai problème.

Finalement, comme le remarque Alexis Mons du Groupe Reflect, nous sommes loin de l’époque où un simple navigateur et un mail suffisait. L’outillage de l’internaute 2.0 s’est sérieusement étoffé. Cette complexité fait d’ailleurs débat. Donne-t-elle plus de pouvoir aux utilisateurs, ou permet-elle avant tout à une élite de se reconnaître et se distinguer ?

La perfectibilité des outils : décidément, on y revient toujours.

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