Ethane : un réseau privé non neutre

Des chercheurs de l’université de Stanford travaillent à un nouvel internet, « plus sûr, plus fiable et plus transparent », nous explique la Technology Review. Pour Nick McKeown, à la tête du programme Clean Slate Design for the Internet (qu’on pourrait traduire par « redessiner l’internet à partir d’une feuille blanche »), l’internet est incapable de tenir nombre de ses promesses : « si le contrôle aérien passait par l’internet, nul ne pourrait voler », explique-t-il. Ainsi, l’internet ne permet toujours de savoir d’une manière fiable d’où viennent les données car il est très facile de masquer les informations d’origines, ce qui explique le succès du spam notamment.

Les chercheurs qui travaillent sur ce programme sont répartis en plusieurs équipes sur différents projets, comme le réseau Ethane, un réseau sans fil mis en oeuvre pour tester des solutions de sécurité dans un réseau professionnel. Plutôt que de laisser des machines libres de communiquer les unes aux autres derrière le pare-feu de l’entreprise, Ethane est conçu pour donner des privilèges explicites et n’autoriser que les activités permises par l’administrateur du réseau.

Dans ce schéma, on comprendra qu’Ethane s’adresse d’abord à améliorer les réseaux privés, mais le programme pourrait bénéficier à tous les réseaux : en isolant mieux les virus par exemple, les réseaux internes pourraient participer à ralentir leur progression sur l’internet.

De nombreux chercheurs reconnaissent que l’internet a besoin d’une révision et le programme de Stanford n’est qu’une de ces initiatives (voir, L’internet peut-il casser ?). Pour autant, le débat entre ces initiatives reste entier, car elles portent en elles des conceptions différentes des réseaux : certaines, comme celles que présente Stanford ici, s’oppose clairement au principe de neutralité de l’internet. Interrogé par la Technology Review, Bob Metcalfe, l’un des pères de l’internet, va plus loin encore : « Bientôt nous devrons manipuler des conversations vidéos haute définition à travers le monde. L’internet doit permettre de faire de la réservation de bande passante – et pas seulement d’établir des priorités – pour transporter en temps réel, des communication à haut débit. »

« Reste que quand vous travaillez sur une infrastructure… personne n’a une feuille blanche », rappelle le chercheur. « Le projet a encore a travailler sur les migrations, les transitions, les compromis et les piratages intelligents pour permettre à l’internet d’avancer, graduellement, vers l’idéal qu’il représente », conclut-il. Reste encore à ce que nous soyons bien certain que cet idéal soit le même pour tous, ce qui est encore loin d’être évident.

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