Champs électromagnétiques : la confiance ne règne pas

Les Européens ont moins peur des champs électromagnétiques que des produits chimiques (64 %) ou de la qualité des produits alimentaires (59 %). Néanmoins, 37 % des 30 000 citoyens interrogés à l’occasion de l’Eurobaromètre spécial consacré aux champs électromagnétiques – qui vient d’être rendu public (.pdf) – se déclarent « fortement inquiets » des effets sanitaires des lignes à haute tension, suivies de près par les antennes de téléphonie mobile (36 %).

Près de la moitié (45 %) des personnes interrogées pensent que les téléphones mobiles affectent « un peu » leur santé, et 28 % « beaucoup » : seuls 22 % pensent qu’ils ne provoquent aucun effet nuisible. En 2002, ils étaient 55 % à considérer que la téléphonie mobile affectait « un peu » ou « beaucoup » leur santé, contre 73 % aujourd’hui. Les craintes au sujet des antennes relais passent quant à elles de 58 à 76 %, celles visant les ordinateurs de 47 à 65 %, alors que les risques associés aux produits chimiques et alimentaires restent, eux, dans les mêmes proportions depuis 2002.

52% des Français préoccupés par les champs électromagnétiques

Au total, 48 % des citoyens interrogés se disent préoccupés par les risques, en terme de santé, posé par les champs électromagnétiques, chiffre qui connaît cela dit de grandes disparités. Les hommes se disent inquiets pour leur santé à 43 %, contre 52 % des femmes, et 37 % des jeunes. En Europe du nord (Suède, Finlande et Danemark), le quart des répondants se dit préoccupé, alors qu’en Europe du sud, la proportion de Chypriotes et de Grecs inquiets pour leur santé dépasse les 80 %. La France arrive quant pour sa part au 9e rang des 25 pays de l’Union, avec 52 % de personnes « très » ou « plutôt » préoccupées.

Au-delà de la perception des risques potentiels, le mérite de l’étude est aussi de pointer du doigt le grave déficit d’information en la matière. La vaste majorité (80 %) des citoyens considèrent en effet qu’ils ne sont pas correctement informés sur le cadre juridique de protection contre les risques possibles pour la santé liés aux champs électromagnétiques, et 33 % déclarent même qu’ils ne sont « pas du tout informés« . La France, avec 86 % de personnes ne s’estimant pas bien informées, et 43 % « pas du tout« , arrive en troisième position des pays ayant la pire opinion de leurs institutions, derrière le Portugal et l’Espagne.

Dans le même ordre d’idée, 65 % des personnes interrogées se disent insatisfaites des informations qu’elles reçoivent au sujet des risques possibles pour la santé, 50 % estiment que les informations qui leur sont fournies sont « insuffisantes« , et 11 % contestent leur objectivité. Le constat est accablant : 60 % des Européens (mais 65 % des Français) ont une opinion négative de l’action des autorités publiques en la matière, 44 % les trouvent leurs actions « pas très efficaces« , et un Européen sur 6 (16 %) les qualifient de « pas du tout efficaces« .

« Les connaissances restent toutefois incomplètes »

Dans son introduction, l’Eurobaromètre note, candide, que « les champs électromagnétiques (CEM) constituent un phénomène naturel et ont donc toujours été présents sur terre. L’exposition aux sources artificielles de CEM a toutefois fortement augmenté au cours du 20ème siècle« , précisant également que « virtuellement (sic), tous les citoyens d’Europe sont exposés aux CEM par le biais de sources telles que les lignes électriques à haute tension, les appareils ménagers électriques, les ordinateurs, les radars, les équipements de diffusion de radio et de télévision, les téléphones mobiles et leurs relais, les équipements de chauffage à induction et / ou les systèmes antivol« .

Le rapport, qui visait d’abord et avant tout à « évaluer l’avis des citoyens de l’Union européenne à propos des champs électromagnétiques » se veut aussi rassurant : « après plus de deux décennies de recherche scientifique, aucune preuve déterminante n’a pu être apportée quant aux effets nocifs sur la santé de l’exposition aux CEM«  ; il reconnaît cela dit que « les connaissances restent toutefois incomplètes, plus particulièrement en ce qui concerne les effets d’une exposition de longue durée« , et renvoie de façon laconique à un avis du Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux (SCENIHR en VO), rendu public le 21 mars 2007.

Dans un billet intitulé « Qui sont les cobayes ?« , le (riirem (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électroMagnétiques) revient en détail sur ce rapport, réclamé par la direction générale santé et protection des consommateurs de la Commission Européenne pour évaluer les effets éventuels sur la santé des champs électromagnétiques.

Le (riirem prend note que l’avis appelle à « plus de recherches » afin de « combler les lacunes » des données disponibles, notamment à long terme, mais aussi concernant les enfants : « aucune étude épidémiologique n’existe, cette recherche s’avère particulièrement urgente » préviennent les auteurs, d’autant que « les enfants d’aujourd’hui vont de plus expérimenter une exposition cumulée bien plus élevée que les générations précédentes« .

« Jusqu’ici, tout va bien »

Qualifiant l’avis de « timide« , pointant du doigt quelques omissions et contradictions, le (criirem se demande si nous « ne sommes pas déjà, tous, les cobayes d’une vaste étude, en cours depuis plus de 10 ans, menée par les opérateurs et fabricants de matériel sans fil ? Une étude payée par nous-mêmes, d’abord en espèces sonnantes et trébuchantes, et peut-être à plus long terme par notre propre santé ? Ou par celle de nos enfants ?  »

A partir de combien de minutes par jour devient-on un gros consommateur, en situation de risque sanitaire accru ? Serait-ce parce que selon les études, n’importe qui téléphonant plus de 10 minutes par jour ou plus de 3 fois par semaine peut être considéré comme une population à risque ?

L’appel à de nouvelles études, additionnelles, alors que l’exposition s’amplifie, est-elle une façon de jouer la montre ? S’agit-il avec cet avis de prévenir le risque sanitaire ou d’éventuelles futures poursuites pénales ?

En attendant, reprenant les recommandations en matière de Wifi récemment édictées par les départements électromagnétisme et télécoms de l’Ecole supérieure d’électricité (Supélec), et publiées par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), le (riirem conseille également d' »appliquer par précaution le principe de limitation des doses » et donc d’éviter de poser sur ses genoux les ordinateurs portables connectés en mode wifi, d’éviter l’utilisation des téléphones wifi, et de « positionner les points d’accès en hauteur (plus haut que la hauteur de la tête : 2,10m par exemple), pour limiter l’exposition des personnes et pour augmenter le rayon de couverture« , et enrayer le « brouillard électromagnétique » qui augmente la valeur totale de notre exposition à mesure que se multiplient les appareils connectés en mode wifi.

Le (criirem déconseille (.pdf) par ailleurs l’utilisation de téléphones mobiles par les moins de 15 ans, préconise de les éloigner du ventre des femmes enceintes (ainsi que du coeur, des aisselles, hanches et parties génitales de tout quidam) et de les tenir, autant que possible, à plus de 50 cm de sa tête, mais aussi de celles des personnes environnantes, d’éteindre les téléphones la nuit et de limiter à 5-6 le nombre d’appels quotidiens, espacés d’1h30 et limités à 2-3 minutes chacun.

À lire aussi sur internetactu.net

3 commentaires

  1. il est logique de ne pas faire confiance aux institutions tels l’arcep et l’anfr qui encouragent la pollution electromagnétique jusqu’a 61V/m en ne mentionnant que les limites du decret 2002-775

    exemple: « les mesures effectuées sur différents équipements WIFI ne révèlent pas de seuils dépassant les normes admises »

    La norme citée dans cet article est celle protégeant du seul risque thermique soit 41 a 61V/m. est ce un hasard?

    car il existe d’autre normes et d’autre risques mentionné dans les loi par exemple la compatibilté electromagnetique.

    http://next-up.org/forum/viewtopic.php?t=154

    pourquoi les limites pour prévenir ce risque ne sont pas cités dans cette étude? La main droite de supelec ne sait pas ce que fait sa main gauche?

    http://www.supelec.fr/d2ri/Themes/3_2Compa.html

    la dissimulation d’effets de risques et des précautions a prendre est un délit article L213-1 et L213-2 du code de la consommation.

    La diffusion des conclusions de l’étude de supélec mentionnant un risque 61V/m et dissimulant un risque à 3V/m a toutes les caractéristiques d’une publicité mensongère lire l’article L121-1 du code de la consommation.

    concernant les risques reconnus par le loi, la réalité scientifique est celle ci : le wifi peu tuer par les conséquences du dysfonctionnement d’appareils électroniques car il peut générer des niveaux supérieurs à 3V/m à une distance d’environ 60 cm.

    On arrive à vous dissimuler des effets , risques et précautions à prendre mentionnées dans des dizaines de documents officiels, loi, normes et cours , que pensez vous que l’on vous puisse vous raconter sur des risques du l’on est en train d’étudier?

    savez vous d’où viennent les fameuses limites du décret 2002-775 dit « décret Barbecue » permettant de prévenir la cuisson de la viande.

    elle viennent d’une simple recommandation européenne basée sur des travaux de l’ICNIRP , je vous invite a lire sur ce site de l’ICNIRP
    http://www.icnirp.de/documents/emfgdlfr1.pdf

    « Le respect du présent guide ne permet pas ipso facto d’éviter toute perturbation des dispositifs médicaux tels que prothèses métalliques, stimulateurs ou défibrillateurs cardiaques, implants cochléaires. Les stimulateurs cardiaques peuvent être perturbés par des champs n’atteignant pas les niveaux de référence.
    La prévention de ces problèmes n’entre pas dans le domaine d’application du présent guide mais est traitée dans d’autres documents  »

    ou encore:
     » le couplage de champs électromagnétiques à des appareillages médicaux portés par, ou implantés sur, une personne(ce cas n’est pas envisagé dans le présent guide). »

    En français cela s’appelle la compatibilité électromagnétique avec les appareils électronique le texte ayant servi a l’élaboration du décret est clair sur la non validité des mesures préconisées pour protéger de tous les risques. »

    Comment des escrocs démentis par les document auxquels ils se réfèrent peuvent ils prétendre sans être sanctionnés par les autorités que les limites du décret 2002-775 suffisent à prévenir de tous les risques .

    il n’y a aucune limites aux ragots délivrés par la propagande officielle en violation de toutes regles scientifiques et déontologiques.

  2. Quelqu’un peut il me donner un avis sur les protections contre les ondes électro magnétiques ? comme GEODD ?
    merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *