Notre attention en question

Stefana Broadbent est à la tête d’un observatoire chez Swisscom Innovation qui regarde les tendances et les usages numériques (en suivant notamment les pratiques en continu d’un échantillon de quelques 800 personnes). A la conférence Picnic à Amsterdam, où elle intervenait (vidéo), elle a fait part des tendances résultant de ses fouilles. Notamment, que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la communication écrite (messagerie instantanée, e-mail, SMS) prévaut sur la communication orale : les gens écrivent encore plus qu’ils ne parlent.

Dans nos pratiques média, il n’y a pas de substitution : tout s’ajoute, souligne Bruno Guissani.

« Il y a de plus en plus de médias, d’objets, de canaux qui s’empilent. Ce qu’il se passe c’est que tout se déplace en arrière plan, tout devient du « papier peint ». La radio et la musique sont toujours en fond sonore. La télévision également, les journaux sont lus en arrière plan, comme la messagerie instantanée et l’e-mail, formant un flux constant de « canaux d’interaction ouverts ».

Cela signifie que nous prêtons moins d’attention à ce qui vient en arrière plan, que cela relève de plus en plus du subconscient. Notre attention se recentre sur l’activité seulement quand il y a un changement inattendu. Les gens ont des routines médiatiques. Toute leur journée est organisée autour de routines, du réveil matinal où vous écoutez la radio au moment ou vous branchez votre ordinateur pour relever vos mails, à celui ou vous lisez vos SMS. »

Giussiani en profite pour souligner le conflit entre une industrie de la communication qui souhaite mettre les gens et ce qu’ils font sous contrôle et une pratique ouverte et multitâches, où les gens fabriquent leurs routines et restent maîtres de ce qui doit attirer leur attention. Et d’inverser la question pour l’industrie : qu’est-ce qui est suffisamment important pour conduire les gens à y accorder vraiment de l’attention ?

Voir aussi ce qu’en dit Nicolas Nova.

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3 commentaires

  1. Bonjour

    M’est avis que ce qui fait information pour chacun au delà du bruit, c’est une résonnance exceptionnelle en actes et dans un contexte singulier…autant dire que tout cela reste très incorporé, personnel et non objectivable a priori…

    A l’échelle collective, il arrive que dans des contextes très particuliers, une/des informations prennent un caractère immanent, culturel (mémétique) pour un grand nombre de gens et au même moment….mais là encore tout est affaire de couplage contextes/informations !

    Le phénomène s’inscrit dans la durée, me semble-t-il lorsqu’il est couplé avec des stratégies personnelles et ou collectives….le système se développe alors dans ce cas autour de projets !

  2. La relation annonceur – client s’inverse en effet : la posture traditionnelle est de capter l’attention du prospect pour lui inoculer une intention (d’achat ou autres). Cette démarche requière donc au préalable un accès au recepteur du message, et l’intention générée étant exogène et déconnectée des besoins véritables de celui-ci, elle s’évanouit rapidement.

    Une démarche plus intelligente consiste à contribuer à la réalisation d’une intention endogène au prospect pour obtenir son attention. C’est typiquement l’exemple de Google. Et lorsque ce service s’intègre au sein d’une routine (j’ai une page google ouverte en permanance…) l’accès à l’attention du récepteur augmente alors que dans le même temps l’application de routines permet de filtrer les tentatives d’accès intrusif à l’attention (par exemple les pubs n’apparaissent pas dans les flux rss).

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