Epouserons-nous un jour des robots ?

love_with_robots.jpgDavid Levy, un chercheur britannique en intelligence artificielle, vient de défendre sa thèse à l’université de Maastricht, intitulée « Relation intime avec un partenaire artificiel », dont HarperCollins a tiré un livre, Amour et sexualité avec les robots (Amazon). La thèse qu’il y défend est que d’ici quelques décennies, les robots ressembleront tellement aux hommes, par leur apparence et leurs attitudes, par leur personnalité et l’expression de leurs émotions, que des gens tomberont amoureux d’eux, auront des relations sexuelles avec eux et même voudront les épouser.

David Levy base son constat sur l’observation de notre fascination pour les animaux virtuels, des Tamagotchi aux Aïbo, et sur celle de nos pratiques sexuelles. « L’amour et le sexe avec un robot sont une extension inévitable de nos idées, sentiments et actions quotidiennes dans le cadre de nos relations. La question n’est pas de savoir si cela va arriver, mais quand. Et je suis convaincu que la réponse est : bien plus tôt que nous ne pouvons l’imaginer », affirme David Levy.

Dans son livre précédent, Robots Unlimited (Amazon), il écrivait déjà : « Un robot sans émotions serait une simple machine, d’où la prochaine étape du développement des robots humanoïdes qui est de les doter d’émotions et de les rendre capables de détecter l’émotion des êtres humains. Les robots pourront alors répondre aux émotions d’une personne en émettant d’autres émotions, pour mieux interagir avec les humains. De la même manière, les robots seront capables de percevoir l’émotion d’autres robots. Une fois que le lecteur a accepté cette notion, il n’y a plus qu’un petit pas à faire pour voir surgir des sentiments à l’égard des robots, avec tout ce que cela implique (…). »

Via Roland Piquepaille.

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10 commentaires

  1. bonjour,
    Je pose un cas concret (certes) un peu extrême :
    je viens de me faire plaquer, je suis en colère, je donne un coup de pied dans le lave-vaisselle pour me défouler, quel est l’intérêt de se faire engueuler par le four à micro ondes qui compatira à la douleur du lave-vaisselle ?

    donc juste une question :
    quel est l’intérêt de faire en sorte que les robots soient capables de répondre aux émotions humaines ? En quoi est-ce souhaitable ?

  2. > quel est l’intérêt de faire en sorte que les robots soient capables de répondre aux émotions humaines ?

    lien important (voir dépendance) avec l’objet et donc difficulté accrue pour s’en séparer
    -> commercialement cela signifiera ne pas aller vers la concurrence

    faculté pour l’objet à prendre en « input » non plus seulement les actions que l’on considère ajourd’hui explicites (appuyer sur le gros bouton rond) mais aussi l’implicite (sourire)
    -> commercialement cela signifiera une interface plus « naturelle »

    > En quoi est-ce souhaitable ?
    Pour qui ? L’ensemble des acteurs (utilisateurs/vendeurs/objet..?) n’ont peut-etre pas forcément des intérets communs.

  3. donc selon vous, la compréhension des émotions par des robots domestiques et leur capacité à y répondre ne serait qu’un argument commercial permettant de créer un lien de dépendance à la machine, à la seule fin de caputrer définitivement un client en le prenant par les sentiments.

    soit, je ne doute pas que les génies du marketing sauront exploiter les sentiments de leurs futurs clients pour leur vendre un tas de gadgets inutiles (il suffit de voir l’engouement de certains dans l’accessoirisation de leur animal de compagnie fétiche).
    A contrario, quitte à faire de la prospective,au même titre que le bonheur standarisé de disneyland génère son corrolaire, le rejet des normes du bonheurTM dans une certaine frange de la population; l’humanisation des robots, ne va-t-elle pas déclencher une « déshumanisation » (du moins en apparence car on parle juste d’apparence émotionnelle) d’une frange de clients/citoyens potentiels ?

    outre l’intérêt marketing de créer de l’affectif avec le produit vendu (ce qui dans le cadre de relations sexuelles, s’apparenterait à du cyberproxénétisme ?!?) , il est évident que de telles recherches ont pour but d’aboutir à la réalisation du fanstasme du robot parfait (qui n’a pas vu/lu asimov, ghost in the shell, métropolis etc) quel est l’intérêt fondamental de cette avancée technologique ?
    Quel impact positif peut justifier cette invention ?

  4. communiquer une emotion au robot permet à ce dernier de reconnaitre notre perte de controle de la situation et y remedier selon les cas critiques ou non mettants par exemple des vies en jeu le four micro ondes conseillera soit un fleuriste soit un site web de rencontres avec le logiciel petite amie 2.0 qui ne bug jamais …

  5. Largement décrit dans la science-fiction, ce livre n’est absolument pas original et qui plus est manque de « souffle »

  6. Le 6 octobre 2056 : Les « robots de l’aube ».

    TOY-NODA présente son nouveau robot domestique DOMOBOT VII. Doté d’un ODA (Organe de Décision Artificielle) de dernière génération, il se déplace avec aisance aussi bien dans la maison que dans n’importe quel lieu public. Cet ODA lui permet une meilleure interaction avec les êtres humains, ses référents humains aussi bien que les « étrangers ». Une attention particulière a été portée à son aspect : il garde un look mécanique et maladroit qui appelle ce commentaire du Pdg de Toy-Noda : « Le principal frein à l’évolution de nos robots, c’est la rue… ».

    Les robots font partie de notre quotidien depuis 20 ans, mais la rue a du mal à leur faire une place. Pourtant certains professionnels n’envisagent plus de travailler sans les robots : Ils sont une aide précieuse auprès des personnes âgées, des enfants grandissent sous leur protection, le GIGE (Group d’Intervention de la Gendarmerie Européenne) ou les pompiers en ont fait des suppléants efficaces dans les situations les plus dangereuses grâce aux Intelligences Couplées (IC). Mais « on » ne veut pas croiser de robot dans la rue ! Dernier exemple en date : des robots devaient vendre des journaux PE (papier électronique) à la criée. Ils ont été vandalisés en quelques jours.

    La route avait été ouverte par des jouets robots de plus en plus perfectionnés qui s’adressaient aussi bien aux enfants qu’aux adultes. L’imaginaire collectif avait été nourri par des robots tutélaires tels que R2D2, C6PO, Asimo (hommage à Isaac Asimov, créateur des lois de la robotique)… Mais une fois passé dans la réalité, le comportement de l’homme de la rue, grégaire, se calqua sur la méfiance la plus primaire.

    Il faudra attendre encore de longues années pour que le robot se fasse oublier, comme l’ordinateur qui s’est fondu dans la masse des objets impersonnels de notre quotidien.

  7. Les déclarations péremptoires sur l’avenir de la communication entre humains et robot précédent les données expérimentales susceptibles de les confirmer ou de les infirmer, tout au moins de les nuancer. Alors que peu d’études ont pour objet ce qui distingue la communication in vivo et l’échange médiatisé – un entretien en tête à tête et une entrevue en visioconférence ; l’excitation sexuelle produite par le visionnage d’un film pornographique et l’émoi provoqué par un strip tease érotique par exemple – le point de vue de David Levy, chercheur en intelligence artificielle, me paraît relever des études sur l’onanisme qui passionna les chercheurs à la fin du XIXème siècle : voir à ce propos l’ouvrage du Dr P. Garnier : Onanisme seul et à deux sous toutes ses formes et leurs conséquences, Paris, Garnier frères libraires-éditeurs, 1890

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