Von Hippel : le paradigme de l’innovation par l’utilisateur

A l’occasion de l’inauguration de l’Institut interdisciplinaire de l’innovation (« l’I3 », prononcez i-cube), le 14 juin 2012, un institut de recherche fondé par Mines Paris-Tech et Télécom Paris-Tech, qui associe 6 laboratoires et groupe de recherche sur l’innovation et la société numérique, les organisateurs de l’évènement avaient invité le célèbre spécialiste de l’innovation, Eric von Hippel, à faire une lecture de ses récents travaux. Une invitation inaugurale de bon augure qui souligne que l’étude de l’innovation doit se tourner vers l’étude des comportements des utilisateurs et pas seulement vers le seul fonctionnement des entreprises.

« Nous sommes au milieu du plus grand changement de paradigme dans le management depuis des décennies », estime le célèbre professeur de management. « Nous passons du paradigme Schumpeterien d’une innovation centrée sur les producteurs à une innovation centrée sur les utilisateurs. Pour Schumpeter dans La Théorie du développement économique (1934), « ce sont les producteurs qui initient le changement économique et, si nécessaire, éduquent les consommateurs qui les suivent ». Dans ce paradigme, seuls les producteurs avaient les revenus et les espérances de revenus pour innover. Ce sont eux qui identifiaient les besoins des consommateurs et développaient les produits adéquats. Pourtant, les recherches de von Hippel montrent que c’est loin d’être le cas. Pour lui, ce ne sont pas tant les producteurs qui innovent, que les Leads users, les « utilisateurs pilotes ».

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Image : les paradigmes de l’innovateur et du producteur. Tirés de l’étude de von Hippel et Christina Raasch.

Pour illustrer ces utilisateurs pilotes, ces personnes qui développent une solution pour répondre à un besoin spécifique, quotidien, Eric von Hippel rappelle l’histoire du docteur John Heysham Gibbon, l’inventeur du coeur et du poumon artificiels. Après avoir imaginé le procédé en 1931, le docteur Gibbon produit un premier prototype en 1935. Il faudra pourtant attendre 1953 pour qu’il l’utilise sur l’homme. Pourtant, il a très tôt démarché des industriels pour qu’ils l’aident à développer sa machine. Sans succès. Pour eux, il n’y avait pas de marché pour cette machine.

Cet exemple emblématique qu’utilise souvent le chercheur montre bien à la fois le rôle de l’utilisateur pilote et le rôle des producteurs. Les utilisateurs pilotes innovent au tout début du cycle d’innovation, avant d’être copiés et adoptés par d’autres utilisateurs, puis que de petites entreprises se lancent sur le marché quand elles estiment qu’elles peuvent retirer des profits d’une demande, avant que de plus grosses entreprises ne s’y mettent pour élargir la diffusion de l’innovation initiale, en lui donnant une forme qui va lui permettre d’atteindre un marché élargit. Au tout début du cycle, les entrepreneurs ont en fait du mal à comprendre le besoin, la demande, qu’expriment les primo-utilisateurs. Et quand les entrepreneurs prennent le relais, ils oublient rapidement la source de l’innovation et ce d’autant que les utilisateurs pilotes n’ont pas d’incitation à communiquer sur leurs réalisations.

Von Hippel a ainsi observé comment l’innovation de plusieurs instruments scientifiques s’est faite (.pdf) : dans les domaines aussi techniques que ceux de la chromatographie en phase gazeuse, de la résonnance magnétique nucléaire, de la spectrophotométrie et de la microscopie électronique en transmission : 81 % des innovations importantes dans ces technologies ont été le fait d’utilisateurs plutôt que de producteurs, comme il l’a montré dans Les sources de l’innovation.

L’utilisateur innove, le producteur produit

« Pourquoi donc un utilisateur a-t-il la charge de développer ce qui est nouveau et incertain ? », interroge Eric von Hippel. Parce que le rôle des producteurs est de gagner de l’argent, ce qui suppose à la fois des volumes et un degré de certitude sur les ventes à venir.

Bien sûr, reconnaît volontiers von Hippel, les utilisateurs ne font généralement pas l’ingénierie de leurs innovations. Les premiers systèmes automatiques de radio-immunologie étaient des appareils qui n’étaient pas finis, sans coque pour en faire un produit. Ce sont les producteurs qui bien souvent terminent l’appareil, lui donne un aspect commercial. Les premiers systèmes d’irrigation circulaire ont été inventés par des fermiers. Mais les versions commerciales qui en ont découlé, qui reposaient exactement sur les mêmes principes, se sont contentées de commercialiser un produit fini et fonctionnel. Le manque de qualité des produits amateurs semble pourtant toujours non fonctionnel aux professionnels. Les systèmes d’irrigation circulaire des fermiers avaient pourtant tous les attributs des systèmes commerciaux qui se sont développés ensuite.

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Image : le nouveau paradigme de l’innovation, tiré de l’article « L’âge du consommateur innovateur ».

Le paradigme de Schumpeter est un paradigme de l’innovation par le producteur. Il entérine le modèle de l’innovation entrepreneuriale, qui a pour vertu bien souvent d’élargir l’accès à l’innovation. Pour Schumpeter, c’est l’entrepreneur qui initie la recherche de marché, la R&D, la production, la diffusion. Les politiques d’innovation, bien souvent, en restent d’ailleurs à cette vision Schumpeterienne, en se concentrant notamment sur la protection de la propriété intellectuelle des producteurs, dans le but de « donner une incitation » à innover. Ce qui est en contraste assez radical avec les innovateurs pilotes, qui sont souvent plus dans une logique de partage et d’échange, afin d’améliorer leurs créations. La protection n’a pas de sens du point de vue des utilisateurs innovateurs.

Pourtant, il nous est difficile de sortir du paradigme de l’innovation par le producteur, estime von Hippel. Et de rappeler les propos de Thomas Kuhn dans La structure des révolutions scientifiques qui montre que tout système d’explication du monde est à la fois une interprétation et une grille d’observation des phénomènes. Tant qu’un paradigme domine, est fortement implanté dans les mentalités d’une société, nous devons apprendre à faire avec. Il faut attendre qu’un paradigme dominant soit remplacé par un autre. Nous vivrons dans le paradigme de l’innovation par les producteurs tant que celui-ci ne sera pas remplacé par un autre, par celui de l’innovation par les utilisateurs que propose von Hippel. Car les utilisateurs innovent. Ils collaborent entre eux, évaluent, répliquent et améliorent leurs productions dans une logique de diffusion de pair à pair. La diffusion est très horizontale, dans un processus d’adoption, de copie, de reproduction, d’amélioration collaborative. C’est seulement ensuite que le système de production prend le relais.

Depuis deux ans, von Hippel travaille à mieux comprendre l’échelle de développement de produits par l’utilisateur-consommateur. Au Royaume-Uni, une première étude a montré que 6,1 % des consommateurs (soit 2,9 millions de personnes) inventaient ou transformaient des produits, dépensant pour se faire plus que toute la R&D des entreprises britanniques qui fournissent des produits aux entreprises (5,2 milliards soit 140 % de la R&D des firmes anglaises). Aux Etats-Unis, le montant des dépenses des innovateurs pilotes n’est que d’un tiers du montant de la R&D de ce type d’entreprise (20,2 milliards de dollars soit 33 %), mais cela représente tout de même 12 millions de personnes (5,2 %), bien plus que les effectifs de toute la R&D américaine. Au Japon, ces innovateurs représentent 3,9 millions de personnes, soit 3,7 % des Japonais (pour un montant de 5,8 milliards de dollars, soit 13 % de la R&D japonaise)…

Et pourtant, si les gens innovent, ce n’est pas pour profiter de la vente des créations qu’ils imaginent que pour bénéficier de leurs usages ! Bien souvent, les études montrent qu’ils offrent leurs créations à des producteurs parce qu’ils souhaitent que leurs innovations soient produites, rappelle le chercheur.

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Image : Toutes les innovations inventées par les consommateurs ne donnent pas lieu à produit ou à protection. Via la revue de management du MITSloan.

Il n’y a pas d’innovation sans collaboration ouverte

Des communautés d’utilisateurs se mettent désormais à concurrencer les producteurs. Et von Hippel de prendre l’exemple du KiteSurfing, un marché complètement créé par les utilisateurs. Dès que le marché a commencé à exister, les producteurs ont tenté de prendre la place des utilisateurs… Mais ceux-ci ont continué à publier leurs modèles sur l’internet, notamment sur le site ZeroPrestige, tant et si bien que les producteurs ont finalement accepté de laisser les utilisateurs concevoir les modèles et se sont concentré sur la production industrielle. Et les utilisateurs ne se sont pas laissé enfermer dans les couleurs et les formes des modèles, mais travaillent, de manière très collaborative, sur l’aérodynamisme des planches et des voiles… En fait, estime von Hippel, il n’y a pas d’innovation sans collaboration. « Les opportunités d’innovations s’accroient par la collaboration ». Les utilisateurs innovent bien souvent à la marge du producteur. Avec l’internet, les coûts de conception et de communication diminuent permettant à toujours plus de gens d’innover par eux-mêmes. Désormais, la facilité de communication étend l’espace de l’innovation par l’usage, y compris pour de grands projets où il faut par exemple distribuer les tâches, y compris dans des secteurs comme l’industrie pharmaceutique ou la médecine, où le partage des données de chaque patient permet d’établir des études cliniques massives en réarchitecturant les systèmes. Et le professeur de donner un autre exemple. Celui de gens souffrants de sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative, qui se sont mis à fabriquer leurs propres médicaments, frustrés par le trop lent développement clinique de médicaments adaptés à leur maladie, alors qu’eux n’ont pas le luxe de pouvoir attendre, comme le rapportaient récemment le magazine Here and Now et le Wall Street Journal.

Dans sa plus récente étude, publiée avec Christina Raasch, qui propose une modélisation des interactions innovantes entre producteurs et utilisateurs, von Hippel distingue donc deux paradigmes (celui des producteurs et celui des innovateurs) tout en observant comment ils discutent l’un avec l’autre. L’interaction entre les deux paradigmes créé un marché rival, à l’image de Linux et Red Hat (sa version commerciale). Cependant, cette rivalité développe aussi des opportunités et donc des marchés complémentaires. Bien souvent, une distribution des tâches se réalise entre utilisateurs et producteurs : les uns fabriquent la technique, les autres l’équipement.

Les politiques d’innovation doivent favoriser la collaboration entre utilisateurs et producteurs

Von Hippel insiste à nouveau sur le fait que l’innovation des producteurs n’existerait pas sans celle des utilisateurs et notamment sans la diffusion de pair à pair qui permet à ceux-ci d’innover et d’améliorer leurs innovations mutuellement. Il y a un canal de diffusion par les utilisateurs qui concurrence et complète les canaux de diffusion professionnels.

Si on regarde comment sont nés les vélos tout terrain par exemple, on se rend compte que les techniques (l’ajout de suspensions, les techniques de saut…) ont été diffusées en pair à pair par les utilisateurs, alors que l’équipement a ensuite été vendu par les producteurs. La commercialisation n’exploite qu’une couche de l’innovation collaborative, une incarnation en produit, alors que les techniques qui produisent l’innovation restent diffusées par ailleurs, sous d’autres formes que des formes marchandes.

Dans ses enquêtes, von Hippel a remarqué que les utilisateurs innovants n’hésitaient pas à partager les détails de leurs innovations avec d’autres utilisateurs voire même avec des firmes. 46 % des sociétés américaines basées sur l’innovation et qui survivent 5 ans après leur fondation ont été créées par des utilisateurs. 80 % des sociétés qui développent des produits pour enfants l’ont été par des utilisateurs innovateurs, à l’image de la poussette pour Joggers inventée par un papa passionné de course à pied, Phil Baechler, qui a fondé sa propre société pour commercialiser son idée.

Pour Eric von Hippel, ces nouveaux phénomènes, sont autant de nouveaux défis à prendre en compte dans toute politique d’innovation. Pour lui, ce constat doit nous inciter à prendre en considération d’autres sources d’innovation et surtout, il doit nous interroger sur les formes de financement et de création d’entreprise.

Avec l’internet, l’Open Source, l’impression 3D…, les utilisateurs partagent de plus en plus de choses : des objets, des dessins, des plans… Le passage à l’échelle d’une idée au produit semble se réduire toujours plus et devenir toujours plus accessible. Le coût de l’innovation ne cesse de se démocratiser. Mais il faut toujours se souvenir que l’innovation vient des gens plus que des organisations. La banque mobile a été inventée par les pauvres des Philippines, pas par les banques, souligne von Hippel (sans hélas indiquer de quelle étude il tire cette assertion).

Faire de la conception est coûteux aux producteurs, rappelle von Hippel. La faire faire par les utilisateurs, comme c’est déjà le cas, ne devrait pas être l’objet d’une guerre entre producteurs et utilisateurs, mais devrait être une piste nouvelle de collaboration entre eux.

Hubert Guillaud

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0 commentaires

  1. Mon Ami Eric devrait préciser que le Français qui a inventer le Kite a Quiberon n’est pas un « User » mais un « Praticien » de très haut niveau (Pratique/Usages B.Stiegler) . Même Histoire pour Hoyle Schweitzer, surfeur et Jim Drake, ingénieur aéronautique qui ont inventé la planche a voile dans sa version finale (ptracien et expert) . Il a donc une confusion entre « User » (utilisateur) et « Concepteur libre et force de proposition » (Créateur).
    Il est important de préciser cela car avec le recul, le livre « Democratizing innovation » mal interprété dans les grands groupes ne conduit qu’a des Focus groupe stérile, mal compris et improductif ou a de la gestion du changement. L’important est de garder à l’esprit la notion de « Forces de propositions » quelle que soit le statut de cette personne ou de ce groupe

  2. Très intéressant article. Il y a pour moi une connexion avec la réappropriation du « faire », probablement une tendance lourde. Les contraintes économiques croissantes et la raréfaction des ressources naturelles, inéluctables, vont de plus en plus nous inciter à être des acteurs et non plus de simples consommateurs aux ordres du marketing. Innovation ascendante, makers, fab labs, villes en transition…: même logique à l’oeuvre, me semble-t-il. Nous ne sommes pas près de nous ennuyer.

  3. Il ya une confusion entre utilisateur et praticien dans l’interprétation des travaux de Von Hippel mais aussi dans ses exemples. La planche à voile a été inventé par un praticien (Hoyle Schetzer) et un ingénieur aéronautique praticien. Le kite surf par un pratiquant, sportif de haut niveau prêt de Carnac. Ce sont des praticiens, des inventeurs plus que des utilisateurs. des « Self Manufacturer » à la posture connu d’inventeur. Ce qui est dangereux avec cette imprécision sémantique est l’interprétation qui en est fait et les dérives quelles engendres qui justifie ainsi les eternels focus groupe relativement stérile au pretexte de cette valorisation de l’utilisateur. Ce que demontre Von Hippel est la valeur des « propositions » créés et ses liaisons avec le talent d’un individu.

    1. En fait, il n’y a pas tant de confusion dans les propos de Von Hippel, il explique très bien que les usagers (car c’est la vraie traduction du « users ») ne sont pas que des utilisateurs lambda, bien au contraire. Et si vous lisez Von Hippel dans les lignes, il est plutôt contre les focus group, car il propose de faire plutôt que de penser, d’où la notion d’innovation par l’usage.

  4. Cher Hubert, comme toujours une synthèse remarquable de l’intervention de von Hippel lors du lancement de i3. Le lien reste à faire entre son travail sur l’innovation démocratique et les possibles applications à des fins de transformation sociale et politique. Transposition difficile, dans la pratique comme dans la théorie, surtout au vu de la double contrainte à laquelle les utilisateurs sont soumis dans la contingence historique actuelle : incités par les entreprises à prendre sur soi la tâche de l’innovation, ils se retrouvent seuls face au risque de représsion quand leur activité ne s’accorde pas parfaitement au contexte de protection de la propriété intellectuelle. Le revers de la démocratisation et de l’ouverture dont parle Von Hippel serait alors le déplacement des coûts et des responsabilités de l’innovation sur les consommateurs. Les risques et les inerties continuent d’être produits par l’activité des enterprises. Ce n’est que l’injonction et la nécessité d’y faire face qui est transposé sur les individus…

  5. @Jean-Louis : je suis assez d’accord. von Hippel, pour l’instant, se focalise sur les utilisateurs et ses études nationales mêlent un peu toute sorte d’utilisateurs et de bricoleurs. Il y a certainement besoin d’éclaircir les formes de pratiques et d’utilisation, comme s’y est essayé récemment Fabien Eychenne : http://www.latribune.fr/blogs/produire-autrement/20120613trib000703638/makers-pro-amateurs-consom-acteurs-de-qui-parle-t-on-.html

    @Antonio : Entièrement d’accord également. La tâche d’innovation qui incombe aux utilisateurs se fait au détriment de leurs droits qui demeurent du ressort des entreprises instituées. von Hippel insiste d’ailleurs beaucoup sur ces questions d’inégalité des droits dans l’innovation.

  6. @Jean-Louis L’un des problèmes qui ressort dans cette le travail de von Hippel et ses collègues provient en effet du terme « user » qui ne rend pas grâce à la complexité des individus recouvert par ce terme. Une perspective plus proche de la sociologie des usages ou de l’anthropologie que de l’économie pourrait apporter quelque chose ici.

    Globalement, tous les usages des utilisateurs ne sont pas identique dans leur intérêt pour la pratique (planche à voile, kite), leur appétence à souhaiter intervenir sur celle-ci (sur l’objet, ses fonctionnalités et son apparence, les « règles du jeu », etc.) et évidemment dans la concrétisation éventuelle de cette volonté. Il me semble important de voir cela comme un sorte de continuum sur chacune de ces dimensions et non une opposition « utilisateur actif versus utilisateur passif » dont il serait difficile de percevoir la frontière.

    Maintenant, une fois que l’on a pris cela en compte, il est effectivement intéressant de clarifier ce que cela veut dire au niveau des implications pour des politiques d’innovation (publics, privés, etc.) : s’agit-il d’identifier ces utilisateurs-inventeur-qui-passent-à-l’action pour travailler avec eux ? ou s’agit-il de mettre tout le monde autour d’une table pour discuter des fameux « besoins » et « idées » de chacun, ? Ce qui serait évidemment peu pertinent.

    Tout un ensemble de questions intéressantes dans le lien entre sciences humaines et innovation…

  7. Bonsoir

    Ne serions nous pas entrés dans l’ère du « Consommateur-Concepteur »

    où l’objet est au coeur d’un artisanat collaboratif innovant et participatif !

    c’est l’intelligence partagée en action…

  8. #Nicolas oui on ne peut plus exclure les gens des dispositifs qu’ils sont supposer utiliser ou acheter. Entre la réalité du monde qui change et les injonctions theorique, il y a une mesure que relève d’une histoire connue des détournements d’usages, modification, détournement ou adaptation. Comme le souligne @anthony : cf Michel de Certeau l’invention du quotidien.

    L’ère du consommateur – concepteur est à pondérer « Consomacteur » plutôt. Quand a l’artisanat collaboratif participatif innovant. Injonction paradoxale si il en est, (« Un chameau est un cheval fait par un comité ») Il ne faut pas confondre ce que l’on veut, ce qui est souhaitable et la réalité dont les choses sont faites. C’est ici et je rejoins Nicolas que Anthropologie et socilalogie peuvent nous aider. Rappeler vous des « Sans Filliste » qui après avoir fait des Radio peu chère en bricolage ont inventé les radioclubs et le media Radio. Quelques repousseurs de ligne.

  9. très intéressant. Cela renvoie je trouve à l’intérêt des structures « mixtes » comme les fablab : un endroit où l’on peut JOUER en mélangeant des compétences, des points de vue, et où l’on peut commencer à faire des choses concrètes, prolonger la conception en faisant, et pourquoi pas avec des équipes composées de designers, d’ingénieurs ET de « naïfs » utilisateurs (souvent pas naïfs du tout). Ce petit mélange serait un bon premier step pour faire participer les utilisateurs à la conception.