A lire ailleurs du 7 au 14 mars 2013

. Restarting Britain 2 – Policy Connect
La commission pour le Design britannique vient de publier le second volume du rapport « Redémarrer la Grande Bretagne ». Alors que le premier tome a rappelé l’importance stratégique de l’enseignement du Design, ce second volume s’intéresse au Design comme moteur de la relance économique et des politiques publiques.

. No to NoUI – Timo Arnall
Le designer Timo Arnall n’aime pas beaucoup qu’on pense que le meilleur design se doit d’être invisible. La conception invisible propage le mythe de l’immatérialité. Déclarer une interface invisible revient à leur dénier leur forme ou médium culturel. Et surtout, elle nie l’histoire de la technologie… consistant à rendre un produit compréhensible facilement. L’invisibilité n’est pas le but des interfaces.

. Le nationalisme internet – Technology Review
Le spécialiste de la sécurité, Bruce Schneier, livre une intéressante tribune à la Technology Review sur la montée du nationalisme internet. Alors que la technologie était censée ignorer les frontières, rapprocher le monde et contourner l’influence des gouvernements nationaux, voilà qu’elle favorise un nouveau nationalisme. Les Etats-Unis s’inquiètent du matériel provenant de Chine, les entreprises européennes s’inquiètent des services d’informatique dans les nuages américains, personne n’a très confiance dans le matériel israélien et la Russie et la Chine développent leurs propres systèmes d’exploitation pour éviter d’utiliser du matériel et logiciel étranger… Le cyberespionnage et les cyberattaques ne sont pas que chinoises. Tout le monde cherche désormais à espionner tout le monde, via les réseaux. Dans le même temps, de plus en plus de pays mettent en place un contrôle de l’internet à l’intérieur de leurs frontières. C’est ce qu’on appelle, positivement, « le mouvement pour la cybersouveraineté »… Le problème est que plus nous pensons que nous sommes en guerre, et plus on a tendance à contrôler l’internet et restreindre les libertés des internautes. Sommes-nous sur le point d’entrer dans une Guerre froide de l’information ? Ceux qui battent les tambours de la cyberguerre ne proposent pas de défendre les meilleurs intérêt de l’internet ou de la société.

. Les nombres surprenants derrière les applications – WSJ
63 % des applications utilisées quotidiennement aujourd’hui diffèrent de celles utilisées quotidiennement il y a un an. L’utilisateur moyen passe 2 heures par jour avec les applications, plus du double du temps passé deux ans plus tôt. La consommation d’application rattrape le temps passé devant la télé et dépasse celui passé devant le web, mais au profit des jeux bien sûr.

. Le eye-tracking arrive sur nos gadgets – NYTimes.com
uMoove – http://umoove.me – s’apprête à intégrer la surveillance du regard à nos appareils connectés via des applications dédiées. Demain elle va nous aider à lire, à jouer, à naviguer sur le web…

. Navia, le premier robot navette dans les rues de Lyon – LyonMag
Lyon teste Navia – http://induct-technology.com/produits/navia – un véhicule électrique automatisé pour tester le transport urbain de demain.

. Les trois erreurs de la prédiction – Philippe Silberzahn
Philippe Silberzahn a relu le rapport Thery remis à Edouard Balladur en 1994 sur les autoroutes de l’information. A le lire, le rapport minimise le rôle qu’allait pouvoir jouer l’internet dans l’avenir des autoroutes de l’information. Comment des experts peuvent-ils commettre de telles bévues, s’interroge Philippe Silberzahn. Les raisons :
– l’extrapolation : on étend à long terme une tendance initiale sans voir son évolution possible.
– toute chose égales : ne pas prendre en compte la dynamique à l’oeuvre.
– Etre victime du biais identitaire : l’absence d’annuaire dans l’internet paraît aux experts un biais rédhibitoire (car le Minitel, dont Thery est l’inventeur en a), tout comme la sécurité…

Ce rapport rappelle la difficulté de prédire souligne Philippe Silberzahn. Il vaudrait parfois mieux dire je ne sais pas.

. Le côté iréel de l’information sans fin – NYTimes.com
Keep Calm and Carry On, on se souvient du slogan britannique (« Gardez votre calme et tenez bon ») – dont Loup Espargilière retrace l’étonnante histoire : http://loupespargiliere.blog.lemonde.fr/2013/02/19/keep-calm-and-carry-on-met-le-flegme-britannique-a-rude-epreuve/. Désormais, détourné à gogo, le slogan s’affiche n’importe comment, comme ce « Restons calme et violons à max » apparu sur des tee-shirts dans la boutique anglaise d’Amazon. En fait explique Morozov, ce détournement du texte était généré par un algorithme à la recherche d’un slogan marquant. « C’est le théorème du signe infini appliqué au produit : avec le temps, les algorithmes produiront un t-shirt que quelqu’un veut. » Et Morozov d’expliquer que les algorithmes vont démultiplier ces produits fantômes, à l’image des 100 000 livres générés algorithmiquement par le professeur de marketing Philip Parker. L’impression 3D également va rencontrer le choc algorithmique, assure Morozov. Quand tout peut potentiellement devenir un achat, dans un monde où nous sommes continuellement surveillés, et où on nous envoit des informations et des produits en regard de cette surveillance automatique, tous les produits peuvent s’adapter. Nous devenons des machines d’information anxieuses et notre névrose ne semble guérissable que par la consommation sans fin des recommandations que nos machines produisent pour nous. « Gardez votre calme et achetez-moins », voilà un tee-shirt qu’il est peu probable que les algorithmes nous recommande.

. Les applications pour lunettes Google Glass apparaissent – Numerama
A sxsw ont été dévoilé les premières applications Google Glass permettant de lire son journal, prendre une capture d’écran ou des notes…

. Des disques vinyles imprimés en 3D – Mashable
Imprimer ses vinyles avec une imprimante 3D. Fait.

. GlassUp, des lunettes connectées « low cost » pour 299€ – FredZone
GlassUp – http://www.glassup.net – des GoogleGlass pour 299 € contre 1500 $ pour celles de Google.

. Ce que je veux que Tim Berners-Lee comprenne à propos des DRM – Guardian
Cory Doctorow réagit à l’annonce faire par Tim Berners Lee d’ajouter les DRM au standard HTML 5. Mais Doctorow rappelle que les DRM jusqu’à présent n’ont pas fonctionné. « Si Berners-Lee pense qu’ajouter des secrets aux navigateurs web auxquels les propriétaires d’ordinateurs ne pourront accéder va permettre aux marchés de l’industrie du divertissement de trouver de nouveaux modèles d’affaires, il se trompe. » Les restrictions logicielles n’aident pas à vendre, au contraire. Jusqu’à présent, les DRM ont juste empêché l’innovation.

L’avenir du web est l’avenir du monde, clame Cory Doctorow. Ne laissons pas brader la confiance au motif que les Grand fournisseurs de contenus vont protéger leurs contenus avec Flash plutôt qu’HTML5 s’ils n’obtiennent pas leurs DRM. Les studios avaient promis de boycotter la télévision numérique si elle n’intégrait pas de DRM. Elle n’en a pas et aujourd’hui, tous l’utilisent.

. No Division Required in This School Problem – NYTimes.com
A Boston, on a remplacé la carte scolaire par un algorithme.

. Stop The Cyborgs – Combattre notre futur algorithmique
« Stoppons les cyborgs » a été lancé en réponse au projet Google Glass. Le but du mouvement est d’arrêter un avenir dans lequel la vie privée est impossible et où le contrôle des entreprises est total.

. Data et éthique – Apprendre 2.0
« La différence entre data et mémoire c’est le vivant » nous dit Von Foerster. « Si vous accédiez aux informations stockées dans votre cerveau, elles ne vous diraient pratiquement rien. Ce qui est important c’est la totalité du système en interaction permanente. » Pour résumer : I’m my memory.

. Servicialisation – Service Design Programme
La servicialisation, c’est la tendance à développer des services (le plus souvent gratuits) pour les clients, permettant de créer de nouvelles façons d’interagir avec le client. Pour le design de service, c’est un moyen d’apporter de la créativité et de la radicalité dans la proposition de nouveaux services par des entreprises traditionnelles, estime Paul Thurston. Le Conseil de recherche économique et social britannique dans un récent rapport « Re-igniting Growth » – http://www.esrc.ac.uk/publications/esrc-research-publications/reigniting-growth.aspx – publié sous la houlette du professeur Andy Neely estime que la servicialisation est un élément clé de la croissance économique futur du Royaume-Uni que seulement 40 % des entreprises britanniques utilisent (contre 60 % aux Etats-Unis et 20 % en Chine). Pour lui, l’avenir n’est pas de faire baisser les coûts de la fabrication, mais de développer la servicialisation, estime John Kirkley pour le Digital Manufacturing Report : http://www.digitalmanufacturingreport.com/dmr/2013-02-07/what_is_servitization_and_why_should_you_care_.html. Le défi pour les fabricants britanniques est de capturer une part importante de la servicialisation à haute valeur marchande. Ce qui nécessite d’investir dans l’infrastructure technologique pour fournir des services avec les produits, par exemple, en intégrant des capteurs dans les produits pour comprendre leur utilisation et développer des services pour anticiper les besoins liés à leur utilisation.

. Des données de soi à la servitude des données – Peasant Muse
Pour Jeremy Antley, nous ne sommes pas citoyens de Facebook. Nous sommes devenus des serfs au milieu des champs de données cultivés. Pourtant nul n’a encore articulé notre relation de servage aux plates-formes de données ? Comment échapper à cette servitude ? En faisant construire par les utilisateurs eux-mêmes les règles de confidentialité des données !

. Qu’est-ce que votre voiture va réellement dire de vous ? – Guardian
Nous n’échapperons pas à la voiture connectée, estime Craig Timberg pour le Guardian. Selon ABI Research, 60 % des véhicules seront connectés à l’internet en 2017 (contre 11 % en 2012). Et ce taux pourrait atteindre 80 % en Europe et Amérique du Nord. Les voitures vont recueillir de multiples données, des « mégaoctets par seconde » estime un technicien de Ford. Problème : « la technologie progresse beaucoup plus vite que la législation ». A qui ces données vont-elles être transmises ? Qui y aura accès ? Et est-ce que le conducteur y aura accès lui-même ? Chaque fabricant produit ses propres systèmes embarqués, chacun avec ses règles spécifiques… Les consommateurs ne les regarderont pas tous, et les comprendront encore moins. General Motors a annoncé qu’elle ne transmettrait pas ces données à des tiers, mais peut-on vraiment le croire ? Le gouvernement lui-même ne sera-t-il pas intéressé par l’accès à ces données ?

. 5 usages socialement inacceptables des Google Glass – ReadWrite
A contrebalancer avec ces 10 usages usages vertueux : http://readwrite.com/2013/03/07/10-compelling-ways-people-plan-to-use-google-glass

. Le mot innovation prononcé 650 000 fois au moins à SXSW – The Onion
Au Festival South by, les gens lancent le mot innover en moyenne 8,2 fois par secondes, estime le magazine satirique The Onion. Tout comme les mots « augmenter l’engagement social » et « potentiel game-changer »… Par contre, on n’entend pas les mots : « modèle d’investissement », « pratical business stragery » ou « réalités économiques »… ;-)

. Du chauffage gratuit grâce aux ordinateurs – 20minutes.fr
Qarnot Computing – http://qarnot-computing.com – propose de disséminer les datas centers chez les particuliers afin que ceux-ci puissent bénéficier de la chaleur qui s’en dégage. Transporter des données pour transporter de la chaleur, en proposant des microprocesseurs montés sur un radiateur… Cela pourrait concerner 20 000 logement d’ici 5 ans, estime la start-up, qui chauffe déjà ses 300 m² de bureaux à Montrouge ainsi. Mais l’article ne dit pas grand chose de ce qu’il se passe en été, quand les radiateurs continuent de chauffer (l’échange de données ne s’arrête pas quand il faut chaud). Visiblement, on l’utilisateur peut couper le chauffage et le régler comme bon lui semble.

. Bientôt une loi sur la neutralité du net – Nouvel Obs
« Le Conseil national du numérique recommande l’inscription dans la loi du principe de neutralité afin de garantir la liberté d’expression sur le réseau. » « Le principe de neutralité doit être reconnu » puisque « la liberté d’expression n’est pas suffisamment protégée dans la loi française face au développement des pratiques de filtrage, de blocage, de censure et de ralentissement ». L’avis du CNNum : http://www.scribd.com/doc/129907876/CNNum-rapport-sur-la-neutralite-du-net

La Quadrature du Net dénonce une dissolution du concept, une série de mesures peut précises, sans obligations ni sanctions contre les opérateurs : http://www.laquadrature.net/node/6439 et Guillaume Champeau souligne les mêmes écueils : http://www.numerama.com/magazine/25360-la-cnnum-propose-un-principe-non-absolu-de-neutralite-du-net.html

. Ce que dit vraiment de vous ce que vous appréciez sur Facebook – New Scientist
Des chercheurs de l’université de Cambridge menés par Michal Kosinski, responsable du centre de « Psychométrique » – http://www.michalkosinski.com – ont mis au point un système d’apprentissage automatique pour prédire des informations personnelles d’utilisateurs selon les pages qu’ils ont apprécié sur Facebook. Le système s’est révélé très efficace pour déduire le sexe, l’orientation politique et sexuelle, mais aussi si une personne prend des médicaments ou a des parents divorcé… Des traits de personnalité comme l’ouverture d’esprit ou l’intelligence ont également été estimées à partir des goûts. Pour tester le système, c’est ici : http://www.youarewhatyoulike.com Mais quand on le fait on se rend compte que tout cela ressemble à un test de personnalité de magazine… où la simplification permet l’identification. Bof !

Une explication en français sur Slate.fr : http://www.slate.fr/lien/69347/likes-chercheurs-profil-personnalite

. Google : la mise en place de l’aspirateur à données personnelles : Reflets
« Aujourd’hui en 2013, on en est quand même à se demander pourquoi le jeu Angry Bird collecte vos données de géolocalisation. Si Google se goinfre de données personnelles, il semblerait que certains de ses produits, comme le Play Store, se montrent particulièrement laxistes sur la vérification des données aspirées par les applications tierces qu’il distribue.

Attention monsieur Google, car si tu es là aujourd’hui, c’est surtout parce que tu as gagné la confiance des internautes. Il serait dommage de se compromettre en racontant par exemple que si on a rien à se reprocher, on a rien à craindre de Big Brother. En tout cas une chose est aujourd’hui certaine, la gratuité, ce n’est pas le modèle économique de Google. Son vrai modèle économique, tout comme celui de Facebook pour ne citer que lui, ce sont vos données plus ou moins personnelles, leur exploitation, leur revente, ou encore donner l’accès à ces données à des tiers par le biais d’API. Et ce business, quand on a le savoir de Google en la matière, il est très juteux. »

. Nice lance une application pour se garer plus rapidement – LeFigaro
La ville de Nice lance Nice Park, un système de stationnement intelligent qui, grâce à des capteurs installés dans les trottoirs, est capable de dire quand une place de parking se libère.

. Pirates au parlement – Guernica
Ben Mason, pour le magazine Guernica revient sur la montée et la chute du Parti Pirate Allemand et le trouble que cet échec jette sur l’avenir de l’externalisation de la politique. Le congrès du parti pirate en décembre a montré toutes les limites de l’organisation pirate. Alors que le congrès devait aider le parti à éclaircir sa politique, il est resté coincé par la règle de discussion élaborée permettant à chacun d’avoir le même temps de parole que les autres. Mais une fois au Parlement, vous devez vous prononcer sans cesse sur des lois. Rapidement, des députés se sont mis à prendre des décisions individuelles. Le rêve de la démocratie directe semble être en train de faire long feu.

. Comment l’Open Data a changé la façon dont Vancouver s’occupe de ses sans-abris – TechPresident
En janvier 2012, la ville de Vancouver a décidé de la création d’une base de donnée sur les logements locatifs à Vancouver dans le but d’aider les locataires pour trouver de l’information sur l’état des immeubles locatifs et inciter les propriétaires à y veiller. La ville a publié la base et ouvert un site internet dédié : http://app.vancouver.ca/rps_net/search.aspx. Avec cette base de donnée, la ville a recueilli une information dont elle ne disposait pas sur l’état du parc locatif urbain, notamment en mettant en évidence les immeubles les moins salubres, les appartements trop petits ou les durée de location trop courte, notamment dans le propre parc immobilier de la ville, qui a décidé de dégager des financements pour y remédier. Mieux, la publication des données a également montré que les pompiers étaient intervenus de très nombreuses fois sur certains immeubles contrevenants. Pour David Eaves, cet exemple montre que la ville peut changer la façon dont elle pense le contrôle et les infractions. Mieux protéger les citoyens, coordonner les inspections… c’est ce que montrent les données ouvertes. Quand l’open data commence à avoir un impact sur la politique urbaine….

. Federated Wiki
Ward Cunningham réinvente les wikis en les rendant plus partageables, en leur permettant de se refactoriser et en permettant de partager des données de manière plus visuelle. Wiki not dead

. La vie en ville augmente le risque de troubles affectifs – Scientific American
De plus en plus d’études montrent que la vie en ville nuit à notre santé mentale et que la pression sociale que l’on connaît en ville favorise nos malaises psychologiques.

. Informer sur une tablette, la leçon de South by South West 2013 – Work In Progress
Alice Antheaume revient sur une présentation très stimulante de SXSW sur comment lit-on avec une tablette et les implications concrètes que cela doit avoir pour la conception de contenus adaptés.

. Le travail invisible ou l’économie victime du dogme positiviste – Philippe Silberzahn
Philippe Silberzahn revient sur le livre de Pierre-Yves Gomez « Le travail invisible » et nous rappelle que la valeur travail réside de plus en plus sur sa seule dimension objective (ce qui est produit qui est sans cesse mesuré), au détriment de ses dimensions subjectives (réalisation de soi) et collective. Pour Philippe Silberzahn, l’obsession de la mesure empêche l’innovation. Or, selon lui, la mesure, le positivisme, a contaminé toute l’entreprise parce qu’elle est bien commode.

. L’hypocrise de la Silicon Valley avec l’innovation – SfGate
L’investisseur Max Levchin a plusieurs fois déploré l’état de l’innovation américain… Mais le chantre de l’innovation de rupture vient de lancer sa nouvelle start-up, Affirm, qui permet aux gens d’acheter des choses en ligne depuis leur profil Facebook. Pas de quoi transformer l’innovation américaine, ironise avec raison James Temple pour SF Gate. Si la Silicon Valley aime à parler d’innovation, force est de constater qu’elle la défend mal, au-delà de ses propres intérêts. Les innovateurs ont beau nous dire que le gouvernement est le pire ennemi de l’innovation, force est de constater que les capitaux risqueurs ont bien du mal à faire de l’innovation radicale.

. Les algorithmes ont besoin d’une aide humaine – NYTimes.com
Malgré leur puissance, leur rapidité et leur précision, les algorithmes ne fonctionnent pas tout seuls. La plupart du temps, ils sont secondés par des êtres humains, car ils ont souvent du mal à déchiffrer l’ambiguïté du langage humain, rappelle Steve Lohr pour le New York Times. Et la contribution humaine augmente plus qu’elle ne diminue, s’organise plus qu’elle se désolidarise. Leurs rôles : nettoyer les bases de données, éliminer l’ambiguïté, aider l’algo à mieux fonctionner… quand celui-ci remonte des informations qu’il a du mal à analyser.

. Média-activisme revisité – Eurozine
« Si nous voulons comprendre ce qui a changé dans le paysage médiatique (Mediascape) et ses effets sur la conscience sociale, le point crucial sur lequel nous devons diriger notre attention est le flux d’informations. La péremption de la subjectivation autonome et la domination qui s’exerce sur les comportements sociaux ne sont plus fondées sur la production de contenus et la persuasion idéologique, mais sur l’occupation de l’espace mental et la désensibilisation de la conscience produite par la vitesse croissante du flux d’informations.  »

. Pourquoi Beppe Grillo l’a emporté en Italie : ce n’est pas grâce aux médias sociaux – Guardian
Certes, le blog de Beppe Grillo a largement diffusé ses messages, mais l’Italie est surtout fatiguée de sa classe dirigeante estime Serena Danna pour le Guardian. Plus une stratégie de communication top-down, valorisant chacun comme un relai, qu’une discussion participative ou interactive pour élaborer une autre vision.

. Fouille d’e-mail à Harvard – NYTimes.com
Les membres du corps professoral d’Harvard se sont réveillés en colères quand ils ont appris que l’administration de l’école a fouillé des comptes de professeurs sans leur autorisation pour chercher de l’information sur une tricherie a un examen qui aurait eut lieu au sein de l’école.

. Les bénéfices du Net – The Economist
Comment mesurer ce que nous a apporté l’internet ?, s’interroge The Economist. Il est plus facile de mesurer les pertes que Wikipédia a infligé aux éditeurs que de mesurer les avantages économiques (et culturels et sociaux) que nous a apporté le réseau. Pour Yan Chen, professeur à l’école d’information de l’université du Michigan : il est plus difficile de mesurer la valeur d’un bien que son coût : http://www.economist.com/blogs/freeexchange/2013/03/technology-1.

Shae Greenstein et Ryan McDevitt ont tenté de calculé le surplus généré par la généralisation de l’accès à haut débit : http://www.nber.org/papers/w14758. McKinsey a demandé à 3360 consommateurs ce qu’ils paieraient pour plusieurs services internet aujourd’hui gratuits : 38 euros par mois en moyenne : http://www.iabeurope.eu/media/95855/white_paper_consumers_driving_the_digital_uptake.pdf L’équipe d’Hal Varian a tenté de mesurer le temps gagné à utiliser l’internet par rapport à ceux qui ne l’utilisent pas, soit 22 $ de l’heure pour environ 150 $ milliards à l’année à l’échelle américaine : http://cdn.oreillystatic.com/en/assets/1/event/57/The%20Economic%20Impact%20of%20Google%20Presentation.pdf

Une belle revue d’études dont il semble difficile de tirer une valeur moyenne.

. Six idées pour rendre Paris plus durable en 2030 – Terra eco
Alors que le premier ministre vient d’annoncer le Grand Paris des transports, TerraEco revient sur 6 idées pour rendre Paris plus durable : construire en hauteur, améliorer la densification rurale, diminuer l’impact de la voiture, favoriser des transports en communs moins chers, couvrir le périphérique et développer des toitures végétalisées.

. L’Iran empêche le contournement de la censure par les réseaux privés virtuels – LeMonde.fr
Après la Chine, l’Iran bloque désormais les réseaux privés virtuels (VPN) utilisés pour contourner la censure gouvernementale.

. Dreambox : des imprimantes 3D à tous les coins de rues – L’Usine Nouvelle
La 3D Dreambox – http://www.3dreambox.com – une imprimante 3D en libre service…

. Technologies : Les robots ont désormais leur propre internet – tdg.ch
« Des scientifiques de cinq hautes écoles européennes, dont l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, ont développé une plate-forme de cloud computing permettant à des robots d’échanger du savoir et d’effectuer des calculs en ligne. Robot Earth : http://www.roboearth.org

. Steve Mann : Ma vie augmentée – IEEE Spectrum
Voilà 35 ans que Steve Mann porte un système de réalité augmenté sur lui (des lunettes, telles que celles que Google nous promet). Et à quoi ça sert ? A nous faire devenir tous des Little Brothers, affirme Man. La surveillance vidéo généralisée… Visiblement, ça n’effraie pas le professeur Mann, qui a trouvé dans cet usage, le moyen de résister à ce qui lui arrivait.

Ce qui est dommage, c’est que c’est quand même bien peu, pour 35 ans de recherche sur le sujet !

. Tout ce que nous savons à propos des courtiers de données qui savent tout sur vous – ProPublica
ProPublica livre une bonne synthèse sur ce que savent les courtiers de données sur nous, comment ils l’apprennent, à quels limites sont-ils soumis…

. Les adolescents vont toujours là où l’identité n’est pas – Whoops
Jonathan Libov explique pourquoi les ados délaissent Facebook et Twitter pour Instagram, Tumblr et Snapchat… Ce n’est pas parce que ce sont de nouveaux services adaptés à une génération différente, mais c’est parce que ces services n’ont pas encore une grande identité et que surtout, ceux-ci permettent de ne pas avoir une identité clairement établie. Pour utiliser Facebook avec son vrai nom, ne faut-il pas aussi avoir appris à construire sa personnalité ?

. Evgeny Morozov : « nous abandonnons tous les freins et contrepoids » – Guardian
Dans une interview pour le Guardian, Evgeny Morozov, celui explique : « l’idée que nous avons besoin de rendre nos institutions piratables est tout simplement ridicule. Vous n’avez pas besoin de le faire par vous-même si vous déléguez quelqu’un qui fera valoir vos idées au Parlement en votre nom. Et c’est ce pourquoi nous avons lutté si fort pendant des décennies. » Et maintenant nous devrions oublier tout cela parce que nous avons des outils pour permettre à chacun de se connecter à l’autre ! « Cette philosophie n’a aucun sens. Il n’y a aucune raison que nous apprenions à programmer ou à être responsable de tout dans nos vie pour avoir une existence épanouissante. »

. La génération GitHub : pourquoi sommes-nous tous open source ? – Wired.com
Conçue comme une plateforme logicielle ouverte à la collaboration, GitHub est devenu beaucoup plus que cela, estime Mikeal Rogers pour Wired. Il a fait à l’open source ce que l’internet à fait à l’édition, permettant à quiconque de modifier les données qui y sont publiées et de les exploiter. La manière de fonctionner de GitHub encourage les gens à faire toutes sortes d’améliorations. Les contributeurs du mouvement open source ne sont plus seulement les développeurs qui travaillaient à un projet particulier, estime Mikeal Rogers, mais tout un chacun. Selon lui, cet outil remodèle la culture de l’open source et favorise notamment les plus petits projets dans lesquels plus de gens peuvent s’investir. Pour Alex Howard d’O’reilly Radar – http://radar.oreilly.com/2013/03/github-government-bureaucat-open-source.html#more-56158 – GitHub développe de nouveaux modes de collaboration politique au sein même des administrations.

Le billet de Mikeal Rogers vient d’être traduit par le Framablog : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/03/11/github-generation

. Tuer la salle de réunion : l’avenir est dans la discussion et la marche ! – Wired
Pour la spécialiste de l’innovation, Nilofer Merchant, nous passons plus de temps assis devant un écran qu’à dormir. Et si nous faisions nos réunions en marchant ? Comment ? Comment pourrions-nous nous passer de nos tableaux blancs et de nos ordinateurs ? Nous manquons d’outils sachant nous aider à être attentifs, estime Nilofer Merchant. Mais tous les artefacts que nous utilisons pendant nos réunions ne sont pas efficaces, tant s’en faut. La réunion en marchant, nous force à envoyer de l’information en avance. Elle nous oblige à être plus concis, plus immédiats. La technologie au travail doit être là pour supporter l’interaction humaine, pas pour la remplacer.

. « La France consacre trop d’argent à sauver des secteurs en déclin » – LeMonde.fr
Pour Bruno Palier, spécialiste de la protection sociale au Centre d’études européennes de Sciences Po, la France consacre trop d’énergie et de subvention à sauver des secteurs en déclin plutôt qu’à développer de nouveaux secteurs industriels. La raison ? avance le sociologue, tout le monde y trouve son intérêt : syndicats, patronats et politiques.

. La puissance des communs
David Bollier et Silke Helfrich ont recueillis 73 essais autour de la puissance des communs, pour lutter contre la privatisation pratique des ressources que nous partageons.

. Comment Facebook peut-il vous faire arrêter ? – Guardian
Evgeny Morozov livre un nouvel extrait de son livre « To Save Everything, Click Here » au Guardian où il revient sur comment les sites sociaux collaborent avec la police et comment l’analyse des sites sociaux risque de nous rapprocher de la police prédictive, celle de la pensée. Quelles normes les sites sociaux mettront-ils en place pour prévenir et partager leurs données avec la police ? Dans une démocratie, le rôle de la police est clairement encadré. Quelles limites la police aura-t-elle dans la fouille de nos profils sociaux à l’heure où ce sont des sociétés privées qui sont les détentrices de nos données ? « Nous ne pouvons pas contourner les procédures légales et subvertir les normes démocratiques au nom de la seule efficacité. »

. Pourquoi les utilisateurs d’iPhone et d’iPad débrident-ils leurs appareils ? Pour la liberté ! – Zdnet.fr
Adrian Kingsley-Hughes pour Zdnet nous rappelle que des millions d’utilisateurs d’appareils Apple les débride (même s’ils sont 100 fois plus nombreux à ne pas le faire, faut-il le rappeler), notamment avec l’aide d’outils dédiés, comme evasi0n : http://evasi0n.com. Mais pourquoi le font-ils ? Est-ce pour avoir accès à des applications non acceptées par l’Apple Store (qui en compte pourtant 700 000) ? Pour corriger les bugs ? Pour pirater les applications ?

. Après l’impression 3D, le copier-coller du monde réel – LeMonde.fr
Bre Pettis, le PDG de Markerbot, est venu à SXSW annoncer Digitizer – http://store.makerbot.com/digitizer.html -, un scanner 3D, c’est-à-dire un photocopieur d’objet, complément indispensable à l’imprimante 3D que Markerbot a popularisé.

. Le don et le gratuit sont indispensables à l’entreprise – Zevillage
La financiarisation des entreprises à conduit à multiplier les contrôles, les prescriptions, l’organisation du travail… ce qui a conduit à beaucoup de désengagement des employés. Qu’ont-ils fait en réponse ? Dans la sphère privée, ils se sont mis à aller sur le net pour y travailler gratuitement. » Pierre-Yves Gomez, auteur du « Travail invisible : enquête sur une disparition ».

. Zéro e-mail : une nouvelle stratégie qui va faire des émules ? – 01net
Cécile Demailly revient sur l’initiative d’Atos d’éradiquer l’e-mail en entreprise. Après le « no e-mail wednesday », les tentatives avortées d’Intel ou Deloitte… la difficulté est bien souvent de trouver un outil plus « performant ». Nombreux s’y essayent sans forcément y parvenir. Le Financial Times revient quant-à lui sur les outils qu’a mis en place Atos pour tenter de parvenir à ce résultat : http://www.ft.com/intl/cms/s/0/11384220-8761-11e2-bde6-00144feabdc0.html#axzz2MwMPOY2W

. L’intelligence artificielle de la géoingénierie – ETC Group
Malgré des décennies de modélisation, nous avons toujours du mal à prévoir le climat. Comment pourrait-on manipuler le climat si on le modélise aussi mal ? Changer le climat en le manipulant modifie la complexité des modèles et risque surtout de rendre la gouvernance climatique encore plus opaque, estime l’ETC Group qui consacre un large dossier au sujet : http://www.etcgroup.org/issues/climate-geoengineering

. Pouvoir et internet – Schneier
Le spécialiste de la sécurité informatique vient de livrer un texte très pertinent sur comment l’internet transforme les rapports de pouvoir. Il y explique que la technologie amplifie la puissance non seulement des internautes mais aussi – et de plus en plus – des pouvoirs en place. Les intérêts des puissants en reprennent les rennes, et la réalité s’avère bien plus compliquée que ne le chantait les louanges de la déclaration d’indépendance du cyberspace de John Perry Barlow. Nous avons cru que la génération internet, celle qui embrasse le changement social apporté par ces nouvelles technologies pouvait subvertir les institutions de l’ère précédente.

Les débats sur l’avenir de l’internet sont moralement et politiquement complexes. Comment concilier respect de la vie privée et renforcement de la loi pour prévenir les violations au droit d’auteur ? Ou la pornographie infantile ? Est-il acceptable d’être jugés par des algorithmes invisibles quand nous sommes servis par leurs résultats ? Avons-nous le droit de corriger les données nous concernant ? De les effacer ? Voulons-nous de systèmes informatiques qui oublient des informations après quelques années ? Ces enjeux sont compliqués et nécessitent un débat constructif, une coopération internationale et des solutions itératives. Mais sommes nous à la hauteur de ce débat ?
Non. Et c’est ce qui inquiète Schneier. Parce que si nous n’essayons pas de comprendre comment façonner l’Internet de sorte que ses effets positifs l’emportent sur les effets négatifs, de puissants intérêts le façonneront. La conception d’internet n’est pas fixée pour toujours. Son histoire est un accident fortuit résultant d’un désintérêt commercial initial, d’une négligence gouvernementale et militaire et de l’inclinaison des ingénieurs à construire des systèmes ouverts simples et faciles. Mais ce mélange de force qui a permi de construire l’internet d’hier ne se fera pas confiance pour créer celui de demain. Les batailles pour l’internet de demain ont lieu maintenant. Il risque d’être recréé par des organisations, des sociétés, des pays selons leurs intérêts et agenda spécifiques. Il va falloir nous battre pour avoir un siège aux tables de négociations, sinon son avenir ne nous appartiendra pas !

. Michel Hervé : « Manager, c’est aider les salariés à être entrepreneurs, et non pas décider de tout » – Collaboratif-Info
« Dans mon groupe, manager c’est se concentrer sur la communication entre les personnes, créer du liant entre elles, faire émerger une vraie diversité de points de vue et des décisions collectives, etc. Ce qui veut dire cesser d’infantiliser des adultes censés être responsables mais leur apprendre à devenir entrepreneurs. » Michel Hervé, PDG du Groupe Hervé.

. Les capteurs de surveillance envahissent les lieux de travail – WSJ.com
De plus en plus d’entreprises utilisent des dispositifs de suivi pour recueillir des informations en temps réels sur la façon dont leurs équipes travaillent et interagissent afin d’améliorer l’efficacité au travail. Les exemples et les études montrent que les capteurs ont tendance à aider à identifier des problèmes et améliorer les opérations plus que de produire des changements radicaux. Les badges intelligents arrivent sur les employés et les capteurs se disséminent dans les lieux de travail. Reste que toutes ces informations ne produisent pas toujours des résultats. Et font peser une vraie interrogation à la fois sur le rôle de l’optimisation dans notre société et sur celui de l’espace privé de l’employé.

. Elf Pavlik connect le monde sans argent – Shareable
Depuis 4 ans, Elf Pavlik vit sans argent. Il a même créé un réseau social pour ceux qui comme lui vivent du don, du partage et de l’échange.

. Je te vois : la technopanique autour des lunettes de Google – Medium
Pour Jeff Jarvis, il ne faut pas céder à la technopanique autour des lunettes Google, comme le fait Mark Hurst. N’avons-nous pas entendu les mêmes peurs s’exprimer lors de l’intégration des appareils photos dans nos téléphones. Les gouvernements n’ont pas mener d’enquête quand Kodak a lancé ses premiers appareils photos. C’est pourtant parfois la réaction. En 2010, le ministre Allemand de la protection des consommateurs a interdit la reconnaissance faciale. Pour Jarvis, la solution n’est pas de limiter le pouvoir de la technologie, mais de limiter celle des gouvernements.

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