Michel Bauwens : « L’hégémonie du libéralisme a été cassée par le numérique » – Mediapart

Intéressante interview de Michel Bauwens sur Mediapart, qui rappelle que l’avenir n’est pas au travail, mais aux “contributions” (“en 2020,  un travailleur sur quatre en Europe et un sur trois aux États-Unis sera en dehors du salariat”) : “On passe d’une division du travail à une distribution des tâches”. Qui estime (peut-être un peu rapidement) que les contributions ne créent plus de marchandises mais des communs (alors que beaucoup de contributions sont récupérées par les logiques marchandes bien avant que de produire du commun, me semble-t-il). Et le théoricien activiste de poser une bonne question : peut-on rendre la nouvelle économie des communs autonome de la logique de profit ? 

Pour Bauwens, il faut créer une nouvelle conscience sociale et politique en rapport avec cette pratique des communs, en favorisant les initiatives, les alternatives, les expérimentations basées sur les coopératives. 

“La production entre pairs, qui produit des communs, est une forme de germe qui montre comment une nouvelle société peut fonctionner. C’est la grande différence avec le socialisme, théorie qui dit : on va prendre le pouvoir soit par la voie parlementaire, soit de façon plus radicale, et ensuite, on instaurera le socialisme. Sans qu’il existe au préalable de mode de production socialiste. Il n’y existait pas un autre modèle où l’on pouvait voir comment la valeur fonctionnait… Alors qu’aujourd’hui, on voit naître dans l’ancien les germes d’un nouveau prototype qui fonctionne déjà, à un niveau micro-économique.”

Mais il me semble que si le nouvel artisanat que défend Bauwens est stimulant, se pose tout de même la question de sa puissance à l’heure des empires numériques qui exploitent par nature ces contributions et qui déjouent toutes formes de régulation, comme le souligne très bien Nicolas Colin. Comment leur donner de la valeur, de la force, une existence même quand le plus souvent, elles doivent se battre non seulement contre la politique qui les ignore, mais également contre ces empires qui les récupèrent ? 

À lire aussi sur internetactu.net

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *