Les angles morts de l’innovation sociale – OpenDemocracy

Sur Open Democracy, le consultant Remko Berkhout (@remkoberkhout) de l’agence Hivos, livre une intéressante critique des limites de l’innovation sociale, telle que débattue au dernier “Unusual Supects Festival”, une conférence dédiée à l’innovation sociale qui se tenait à Londres en septembre dernier. Pour lui, celle-ci souffre de 3 biais (il en distingue formellement 4, mais il me semble qu’un des biais peut se fondre avec le premier) : 

– un biais en faveur de la cooptation plutôt que de la collaboration. Pour lui, le secteur de l’innovation sociale est trop occupé à développé des programmes de volontariats ingénieux plutôt que de chercher à réorganiser les programmes politiques. Elle n’est pas assez en opposition par rapport au politique, ne fait pas assez débat, n’est pas assez indisciplinée par rapport au politique. L’innovation sociale souffre d’éviter la question politique, comme si la solution qu’elle propose ne devait pas se poser en ces termes. 

– un biais d’échelle. L’innovation sociale cherche toujours à faire plus grand, en oubliant que plus grand n’est pas toujours mieux, alors que de petits gestes peuvent faire de grandes différences. Pour lui, ce débat incessant sur l’échelle et l’impact répond à la recherche d’indicateurs et de métriques que les bailleurs de fonds cherchent à favoriser. Or modifier le climat d’idées ou élargir la gamme des solutions sont des processus généralement longs, difficiles à contrôler ou prévoir. Remko Berkhout prend l’exemple de la ville de Graz en Autriche où il vit, qui connaît un vrai boom de l’entrepreneuriat social… Et ce boom s’explique en grande partie parce que bon nombre des entrepreneurs sociaux qui en sont responsables ont étudié dans un école alternative qui y a vu le jour dans les années 70. Cette école n’a pas transformé le monde de l’éducation. Pourtant, elle a produit une génération de décideurs différents. 

– un biais du solutionnisme cher à Morozov qui voit l’innovation sociale comme le moyen de réparer, de pirater le système, mais qui le perpétue peut-être plus qu’il ne le change. Résoudre des problèmes semble plus urgent que construire de la capacité à trouver des solutions.

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