Les gens de la Silicon Valley n’ont pas le temps de changer le monde – Télérama

“Le monopole de Google ne serait pas problématique si leur seule volonté
était d’offrir des résultats pertinents sur son moteur de recherche.
Mais ce n’est pas leur objectif. Quand vous cherchez un itinéraire ou la
date d’une bataille militaire, vous cherchez des faits, ils ne changent
pas, ils ne doivent pas être monétisés. Ces informations doivent être
accessibles gratuitement, sans coût social. Google ne devrait pouvoir
vendre que des fonctionnalités avancées, dont nous n’avons pas tous
besoin. Les entreprises ne doivent pas posséder les données, de la même
façon qu’elles ne peuvent pas posséder l’air que nous respirons.

On devrait aborder la question de la propriété de l’information comme on
aborde celle de la régulation bancaire. Le mot “Internet” fonctionne
comme le mot “marché” ou le mot “économie”. Il recouvre une série
d’activités humaines, mais son sens connote un périmètre bien plus large
et autonome. Il est important de se rappeler qu’Internet a été bâti de
la main de l’homme et qu’il obéit à certains intérêts, il n’est pas
immanent. Nous avons tendance à oublier qu’il est composé d’entreprises.
»“

(…) “Prenez la question brûlante de la neutralité du Net
(principe selon lequel tous les contenus doivent être traités de la
même façon par les opérateurs, NDLR). Ceux qui la défendent passent leur
temps à dire qu’Internet doit rester neutre, mais aucun intellectuel ne
remet en question son organisation économique ni ne s’interroge sur ce
qui compromet cette neutralité. C’est ça la politique : se demander qui
possède quoi ; qui contrôle quoi ; qu’est-ce qui doit être privé ;
qu’est-ce qui doit être retiré du marché et être considéré comme un bien
commun.“

Evgeny Morozov in Télérama.

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