Construire la théorie du financement participatif – Institut des cultures en réseau

On ne saluera jamais assez l’apport critique de l’Institut des cultures en réseau (@INCAmsterdam) fondé par Geert Lovink, qui, à Amsterdam, depuis 2004, met en tension l’impact social du numérique sur nos vies (voir notamment la diversité des sujets sur lesquels l’institut à produit des publications, toutes accessibles en ligne). 

Depuis le début de l’année, via un séminaire de recherche, l’Institut s’est intéressé, en partenariat avec le Crowdfunding Hub d’Amsterdam, au financement participatif, comme nous l’explique un récent billet de synthèse. Pour Irma Borst de l’université Vrije, le financement participatif est devenu populaire avec la crise de 2008, à un moment où les fonds privés comme publics se sont taris, à un moment aussi où la confiance dans les banques a diminué alors même que les gens aspiraient à mieux contrôler leurs investissements. Aux Pays-Bas, le financement participatif est passé de 14 millions d’euros en 2012 (via 29 plateformes) à 60 millions en 2014 (sur 81 plateformes actives). Pour Rene Bekkers spécialiste de la philanthropie, il y a 7 raisons qui expliquent pourquoi les gens donnent : le besoin, la sollicitation qu’ils reçoivent, le fait qu’ils perçoivent le coût comme raisonnable par rapport au bénéfice qu’il apporte, le fait qu’ils soient récompensés (même psychologiquement), l’adéquation à leurs valeurs et le fait qu’ils puissent voir l’impact de leur don. Ces raisons se retrouvent dans la manière même dont les campagnes de financement sont construites. Mais surtout, les plateformes favorisent l’influence sociale : “les gens donnent à une campagne de financement quand ils voient que leur réseau proche fait de même et ils apprécient de dire qu’ils supportent un projet.” Comme dans la philanthropie traditionnelle, les gens donnent moins quand le montant n’est pas suggéré et plus quand il y en a un. Pour Joris Ebbers, ceux qui donnent régulièrement à des musées par exemple, notamment ceux qui donnent de petites sommes via des programme leur permettant d’être membres abonnés, comme on en trouve à la Tate ou au Louvre, sont de très bons ambassadeurs de ces programmes, meilleurs que les plus gros donateurs. Retrouve-t-on le même phénomène sur les plateformes de financement participatif ? Selon une recherche en cours de dépouillement, les projets qui réussissent socialement le mieux parviennent le plus souvent à activer des liens faibles et semblent avoir plus d’impact via Twitter que via Facebook. 

Est-ce que les gens ont un comportement différent quand ils donnent de quand ils investissent ? Lusine Shakhoyan a créé une fausse plateforme de financement avec un vrai projet qui cherchait un financement. Les internautes étaient invités, aléatoirement à donner ou à investir. Mais là encore, les résultats sont en attente… 

Outre ces recherches, le MoneyLab s’apprêt à lancer un kit pour le financement participatif qui permettra notamment à ceux qui souhaitent se lancer dans le financement participatif d’avoir à leur disposition un outil pour voir quelles plateformes sont les mieux à même d’accueillir leurs projets selon les projets et les succès déjà accomplis par celles-ci. A suivre !

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