Le nécropouvoir algorithmique – The New Inquiry

Manuel Abreu, qui se présente comme un poète du Bronx, pour The New Inquiry, livre un piquant essai sur ce qu’il appelle le “nécropouvoir algorithmique”, c’est-à-dire, comme le confiait l’ancien directeur de la NSA, Michael Hayden, cette capacité de tuer des gens “sur la base de métadonnées”… Le nécropouvoir algorithmique, ce “nécrocapitalisme”, calcule qui doit vivre et qui doit mourir à partir de bases de données “incalculables” pour y discerner des associations… Les niveaux de risque sont évalués sur la base de modèles d’activité qui semblent anormaux par rapport aux normes dérivées des données et qu’importe s’il n’y a pas de lien de causalité. Il suffit d’un “soupçon raisonnable” comme l’explique le guide de la surveillance des agences fédérales américaines (.pdf) pour enclencher une surveillance, qu’importe si ce soupçon ne repose que sur des écarts de comportements par rapport à des modèles .

“Le soupçon raisonnable est donc un jugement humain assisté par ordinateur basé non sur des preuves de causalité (des faits) mais sur des corrélations de données, sur l’écart à la norme perçue.”

Nos comportements quotidiens deviennent donc le principal moyen pour détecter ce qui les menace. Cette architecture du soupçon distribue la complicité du nécropouvoir d’une nouvelle manière… Nos activités banales sont la source à partir de laquelle les algorithmes décident qui surveiller, qui tuer… ceux qui s’écartent des modèles d’activité normales. Non seulement le nécropouvoir algorithmique déporte l’acte de tuer, mais il en disperse la complicité sur chacun d’entre nous ! 

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