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	<title>InternetActu.net &#187; Services</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>L&#8217;avenir du livre&#8230; imprimé</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 13:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine renoue avec ses vieilles lunes, la chronique de Clive Thompson dans Wired. Là, c&#8217;est le numéro de décembre, et le texte s&#8217;intitule : &#8220;Un nouvel espoir pour les livres&#8221;. 
&#8220;L&#8217;ebook (donc le livre numérique) va-t-il tuer le livre imprimé ?&#8221; Chaque fois que j&#8217;entends cette question, dit Thompson, je pense au &#8220;mythe du bureau sans-papier&#8221;.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine renoue avec ses vieilles lunes, la chronique de Clive Thompson dans <i>Wired</i>. Là, c&#8217;est le numéro de décembre, et le texte s&#8217;intitule : <a href="http://www.wired.com/magazine/2011/11/st_thompson_books/">&#8220;Un nouvel espoir pour les livres&#8221;</a>. </p>
<p>&#8220;L&#8217;ebook (donc le livre numérique) va-t-il tuer le livre imprimé ?&#8221; Chaque fois que j&#8217;entends cette question, dit Thompson, je pense au <a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&#038;tid=8501">&#8220;mythe du bureau sans-papier&#8221;</a>. Dans les années 80, l&#8217;apparition des traitements de texte et des mails ont fait croire à beaucoup de gens que le papier allait disparaître. Pourquoi imprimer un document quand on peut le diffuser par voies électroniques ?</p>
<p>On sait tous ce qu&#8217;il en est advenu, dit Thompson. L&#8217;usage du papier a explosé : et les entreprises qui se sont mises au mail ont vu leur consommation de papier augmenté de 40 %. Car, même dans un monde d&#8217;écrans, le papier offre la seule manière d&#8217;organiser et de partager nos pensées. Il faut prendre en considération ce truisme technologique : quand on rend une tâche plus facile, les gens l&#8217;exécutent plus souvent. Aujourd&#8217;hui que tout employé de bureau a accès à un ordinateur et une imprimante, il peut désigner et distribuer des cartes d&#8217;invitations sophistiquées et multicolores ou des présentations reliées en spirale.</p>
<p>&#8220;L&#8217;impression à la demande&#8221; est sur le point de faire la même chose avec les livres. Elle va les garder vivants en les rendant plus bizarres.</p>
<p>Les outils d&#8217;impression à la demande, comme l&#8217;<a href="http://www.ondemandbooks.com/">Expresso Book Machine</a>, ne fait que ce que son nom indique : vous lui donnez un fichier numérique et quelques minutes plus tard, vous avez un livre papier de bonne facture avec une couverture en couleur. Quant aux sociétés d&#8217;impressions à la demande comme <a href="https://www.lulu.com">Lulu</a> ou <a href="http://fr.blurb.com/">Blurb</a>, elles fournissent des couvertures cartonnées et des albums photo.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/expressobookmachine.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/expressobookmachine.png" alt="expressobookmachine" title="expressobookmachine" width="540" height="359" class="alignright size-full wp-image-15462" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/politicsandprose/6256426676/">l&#8217;Expresso Book Machine dans une bibliothèque américaine</a>.</i></p>
<p>Pour Thompson, il y a un parallèle entre l&#8217;impression de documents qui avait cru spectaculairement au bureau et le nouveau phénomène d&#8217;impression à la demande, parallèle que la fondatrice de Blurb appelle le &#8220;l&#8217;édition sociale&#8221;. Livres &#8211; photos souvenirs de week-end en camping ou de séminaires professionnels qui peuvent être distribués aux participants, manuels techniques pour logiciels de niche, mémoires ou livres de poésie &#8211; ces objets sont souvent imprimé à la pièce.</p>
<p>Les livres imprimés à la demande peuvent aussi devenir plastiques &#8211; êtres modifiés pour s&#8217;adapter à chacun de leur lecteur. Pour son livre autopublié, un ancien employé de Microsoft qui fait aujourd&#8217;hui du conseil, écrit une préface différente pour chacun de ses clients. La bibliothèque de l&#8217;université d&#8217;Alberta a reçu l&#8217;ancienne première ministre canadienne Kim Campbell. Son livre étant épuisé, la bibliothèque a utilisé sa machine Expresso pour en imprimer quelques copies &#8211; avec une nouvelle couverture et deux chapitres que Campbell avait écrits pour l&#8217;occasion.</p>
<p>Voilà qui devient un marché gigantesque doté d&#8217;une très longue traîne (en référence à la <a href="http://www.internetactu.net/2005/04/12/la-longue-traine/">&#8220;longue traîne&#8221;</a> d&#8217;Anderson). Dans l&#8217;édition imprimée traditionnelle, le nombre de nouveaux titres a augmenté de 5% entre 2009 et 2010, pour atteindre 316 000 titres différents. Quant à l&#8217;impression à la demande et l&#8217;auto-édition, elles ont augmenté de 169% dans la même période, pour atteindre 2,8 millions d&#8217;exemplaires uniques. Certes, peu de ces titres ont été imprimés à plus de quelques exemplaires ; l&#8217;impression à la demande est encore une petite fraction de la production totale de livres. Mais la tendance est évidente. Les gros éditeurs faisant de vrais livres vont continuer à migrer vers Kindle et consorts pendant que les acteurs plus petits utiliseront l&#8217;impression à la demande pour des formats qui privilégient l&#8217;aspect physique, comme les livres souvenirs, les beaux livres, les livres customisés, les éditions limitées de romans. Cette tendance augmente de 15 à 20 % par an et dans le même temps, certains observatoires prévoient qu&#8217;une imprimante personnelle moyenne pourra bientôt fabriquer un livre de poche. Pour un bibliothécaire de l&#8217;université d&#8217;Utah, ce type d&#8217;imprimante sera sur tous les bureaux et seront les &#8220;photocopieurs du futur&#8221;.</p>
<p>Est-ce que sera pour le bien des lecteurs ? se demande Clive Thompson. Oui et non. Comme pour les blogs, beaucoup de ces livres <i>DIY</i> seront horribles et chéris par leur seul auteur. Mais l&#8217;écosystème encourage de nouvelles voix à faire des choses impossibles à prévoir, ce qui est toujours bien. Ne vous inquiétez donc pas de l&#8217;avenir du livre imprimé, conclut Thompson.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-2012-la-fin-du-minitel-2011-12-31">L’émission du 31 décembre 2011</a> était consacrée à la fin du Minitel, qui devrait s&#8217;éteindre en juin 2012, en compagnie de Pour faire cette histoire du Minitel, <a href="http://www.benjaminthierry.fr/">Benjamin Thierry</a>+, professeur à l’IUFM de l’Académie de Paris, membre du Centre de recherche en histoire de l’innovation de l&#8217;Université Paris-Sorbonne, et qui termine sa thèse de doctorat sur la &#8220;naissance de l’idée d’utilisateur en informatique et en télécommunications en France (1950-1990)&#8221;.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fabrication-personnelle/" title="fabrication personnelle" rel="tag nofollow">fabrication personnelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lecture/" title="lecture" rel="tag nofollow">lecture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/objets/" title="objets" rel="tag nofollow">objets</a><br />
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		<title>New York comme plateforme</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 08:40:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n&#8217;est pas étonnant que ce soit sous le mandat de Mike Bloomberg que New York ait adopté une approche plus orientée donnée, estime Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar, car c&#8217;est sur cette déclaration de mission que Bloomberg a fondé son entreprise de données financières. En effet, à l&#8217;origine Mike Bloomberg a fondé sa société avec la conviction que l&#8217;accès&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il n&#8217;est pas étonnant que ce soit sous le mandat de Mike Bloomberg que New York ait adopté une approche plus orientée donnée, <a href="http://radar.oreilly.com/2011/10/data-new-york-city.html">estime Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar</a>, car c&#8217;est sur cette déclaration de mission que Bloomberg a fondé son entreprise de données financières. En effet, à l&#8217;origine Mike Bloomberg a fondé sa société avec la conviction que l&#8217;accès à l&#8217;information transformerait les marchés. Est-il en passe d&#8217;user du même crédo pour la ville de New York dont il est maire ? </p>
<p>En quelques années, New York est devenu l&#8217;épicentre de nombreuses expériences en matière de gouvernance, de <a href="http://radar.oreilly.com/2011/03/nyc-smart-government.html">participation citoyenne</a>, de <a href="http://pbnyc.org/">budgets participatifs</a>, rappelle Alex Howard&#8230; Tant et si bien que New York voit son avenir comme <a href="http://gigaom.com/2011/04/28/new-york-city-sees-its-future-as-a-data-platform/">une plateforme de données</a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/howwecanhelonewyork.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/howwecanhelonewyork.png" alt="howwecanhelonewyork" title="howwecanhelonewyork" width="540" height="237" class="alignright size-full wp-image-14849" /></a></p>
<p>C&#8217;est en tout cas l&#8217;idée que défendait Rachel Sterne, responsable des <a href="http://www.nyc.gov/html/mome/digital/html/home/home.shtml">développements numérique de la ville</a>, lors de la conférence <a href="http://strataconf.com/stratany2011/">Strata 2011</a> qui se tenait en septembre à New York (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=NGyCLMwIld0&#038;feature=player_embedded">vidéo</a> et <a href="http://assets.en.oreilly.com/1/event/63/Data-Driven%20Innovation_%20How%20Open%20Government%20is%20Transforming%20New%20York%20City%20Presentation.pdf">Présentation</a>). </p>
<p>La stratégie numérique de New York se concentre sur l&#8217;accès à la technologie,  le gouvernement ouvert, l&#8217;engagement et l&#8217;industrie. <i>&#8220;L&#8217;industrie est importante, car nous avons besoin de nous assurer que le secteur privé dispose de tous les supports dont il a besoin pour grandir, s&#8217;épanouir et contribuer à créer des solutions qui aideront les autorités locales à mieux servir le public&#8221;</i>, a déclaré Rachel Sterne. </p>
<p>Pour Rachel Sterne, les données font évoluer le gouvernement en le conduisant à répartir ses ressources de manière plus efficace, mais également en apportant une réalisation plus aboutie et une meilleure réponse en temps réel aux besoins des citoyens. Lors de sa présentation, elle a évoqué bien sûr de nombreuses initiatives portées par la ville, comme <a href="http://bustime.mta.info/">celle sur les horaires de bus de l&#8217;autorité métropolitaine du transport</a>, qui a été développé localement en open source à très faible coût. Elle a évoqué également comment la ville, en interne, utilise l&#8217;analyse prédictive pour construire une application basée sur les violations au code de la construction et des données de logement pour mieux comprendre les risques potentiels d&#8217;incendies sur la ville. Pour Sterne, la présence de la ville sur plus de 200 plateformes sociales doit être vue comme un standard numérique, semblable à un standard téléphonique, via lequel les citoyens peuvent poser leurs questions et via lequel les fonctionnaires les dirigent vers les ressources appropriées. Pour Sterne, le plus intéressant dans ce mouvement c&#8217;est comment les gens s&#8217;informent les uns les autres : <i>&#8220;La ville ne doit vous dire quoi faire, mais doit créer un forum pour que la conversation ait lieu&#8221;</i>. C&#8217;est ainsi que la ville développe plusieurs interface pour que les gens puissent s&#8217;adresser à elle ou trouver plus facilement des réponses à ses questions, comme <a href="http://www.r0b0tchef.com/hackathon_staging/development/">NewYork always asking</a> ou des moteurs de recherche sémantisés comme <a href="http://betanyc.org/appleseed/prototype/">How we can help</a> (dont <a href="http://107.20.211.77/">une autre version existe</a>), qui sont tout trois en développement.</p>
<p>En mai 2011, quand New York a publié <a href="http://www.nyc.gov/html/media/media/PDF/90dayreport.pdf">sa feuille de route numérique (.pdf)</a>, le fondateur d&#8217;<a href="http://expertlabs.org/">ExpertLabs</a> qui aide les citoyens ordinaires à participer aux décisions des autorités locales, <a href="http://dashes.com/anil/2011/05/in-nyc-the-web-is-a-public-space.html">Anil Dash, soulignait quelque chose d&#8217;important</a> : dans cette feuille de route, la ville pensait le web comme un espace public. Ce qui a de profondes implications sur la façon dont il doit être régulé, traité ou décrit :  <i>&#8220;Les plus grandes villes du monde devraient traiter les espaces publics partagés en ligne aussi sérieusement qu&#8217;ils traitent les espaces publics dans le monde physique.&#8221;</i> </p>
<p>Rachel Sterne en parlant de New York évoque la ville comme plate-forme, <a href="http://www.internetactu.net/2010/06/24/du-gouvernement-comme-plate-forme-ou-linverse/">à la manière dont Tim O&#8217;reilly évoquait le gouvernement comme plateforme</a>. La ville de New York doit atteindre le potentiel d&#8217;une plate-forme de la même manière que des plateformes commerciales, estime Rachel Sterne. <i>&#8220;Comment New York, avec l&#8217;énorme quantité de données et de ressources dont elle dispose, peut-elle se penser de la même façon que l&#8217;écosystème d&#8217;API de Facebook ou de Twitter ?&#8221;</i> Cela doit nous permettre de produire une expérience de gouvernement plus centrée sur l&#8217;utilisateur, répond-elle, car l&#8217;enjeu n&#8217;est pas seulement la consommation, mais la <a href="http://www.internetactu.net/2008/05/29/catherine-fieschi-demos-changer-la-facon-dont-les-gens-vivent-la-democratie/">coproduction de services publics et de démocratie</a>.  Pour Carole Post (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=2khb9srVfRU&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>), responsable du département des technologies de l&#8217;information et des télécommunications de New York, <i>&#8220;la ville doit se considérer comme l&#8217;intendant des données qu&#8217;elle détient&#8221;</i>. </p>
<p>New York vient de lancer son répertoire de données (<a href="http://nycopendata.socrata.com/">Socrata</a>), imaginé comme une plateforme, comme <i>&#8220;l&#8217;interface de programmation de la ville&#8221;</i>. <i>&#8220;Reste que tous nos travaux d&#8217;ouverture de données n&#8217;ont aucune importance si nous ne sommes pas capables d&#8217;évangéliser et de nous assurer que les gens les utilisent.&#8221;</i> D&#8217;où l&#8217;importance de développer des accès dynamique aux données (des API) ou des concours organisés comme <a href="http://nycbigapps.com/">Bigs Apps 3.0</a> qui a permis de développer plus de 150 applications (New York dispose d&#8217;ailleurs <a href="http://www.nyc.gov/html/mome/digital/html/apps/apps.shtml">d&#8217;un répertoire d&#8217;applications</a>), parmi lesquelles <a href="http://roadify.com/">Roadify</a>, qui permet de trouver un emplacement de stationnement de manière communautaire ou <a href="http://donteat.at/">Don&#8217;t eat at</a> qui permet de vérifier si le restaurant dans lequel on se géolocalise via Foursquare n&#8217;est pas sous le coup d&#8217;une infraction sanitaire. </p>
<p><a href="http://radar.oreilly.com/2011/08/social-mapping-and-crisis-data.html">Comme le rapportait déjà Alex Howard</a>, plus qu&#8217;un internet des objets, les situations d&#8217;urgence s&#8217;appuient sur un internet des gens, où les citoyens agissent comme autant de capteurs. Lors du passage de l&#8217;ouragan Irene, <a href="http://www.nyc.gov/html/oem/html/home/home.shtml">la mise à disposition d&#8217;information sur les zones d&#8217;évacuations</a> a permis à d&#8217;autres organisations de construire <a href="http://project.wnyc.org/news-maps/hurricane-zones/hurricane-zones.html">des cartes</a> et des <a href="http://apps.facebook.com/meeting_point/promotions/map">applications</a> qui ont servi à informer et à mobiliser le public. Les autorités locales se sont alors tournées vers l&#8217;internet pour partager des ressources importantes (notamment via le canal <a href="http://twitter.com/#!/nycmayorsoffice">twitter</a> et <a href="http://www.youtube.com/mayorbloomberg">youtube</a> officiel du maire). </p>
<p>Bien sûr, si l&#8217;exemple de la mégapole new-yorkaise est riche et stimulant, c&#8217;est aussi une question de moyens et de taille, permettant de mettre des ressources importantes sur la question numérique (même si elles demeurent mesurées dans le budget global et toujours à la recherche d&#8217;économies, comme l&#8217;exprimait Rachel Sterne). En observant les grandes villes qui ont des actions numériques très diversifiées et complètes, on se dit que toutes ne seront pas égales, notamment en moyens. <a href="http://www.marsouin.org/spip.php?article430">Une récente étude du laboratoire M@rsouin</a> (qui s&#8217;intéressait seulement aux sites web communaux bretons, autant dire que nous changeons d&#8217;échelle) soulignait que le risque est demain de voir apparaître une fracture éditoriale, entre les villes qui seront capables de devenir une plateforme multimodale, et celles qui n&#8217;en auraient pas les moyens.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/citelabo/" title="citelabo" rel="tag nofollow">citelabo</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hyperlocal/" title="hyperlocal" rel="tag nofollow">hyperlocal</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-local/" title="web local" rel="tag nofollow">web local</a><br />
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		<title>Vers des &#8220;produits de données&#8221;</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 07:10:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour O&#8217;Reilly Radar, Mike Loukides, a publié un court rapport sur la nature de ce qu&#8217;il appelle les &#8220;produits de données&#8221; où il tente de dresser une esquisse d&#8217;une taxonomie des services imaginables depuis ce que produisent les données. 
La science des données explique-t-il, est en train de donner naissance à de nouveaux types de produits qu&#8217;on n&#8217;imaginait pas il&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour O&#8217;Reilly Radar, Mike Loukides, a publié <a href="http://radar.oreilly.com/2011/09/evolution-of-data-products.html">un court rapport</a> sur la nature de ce qu&#8217;il appelle les &#8220;produits de données&#8221; où il tente de dresser une esquisse d&#8217;une taxonomie des services imaginables depuis ce que produisent les données. </p>
<p><a href="http://cdn.oreilly.com/radar/2011/09/Evolution-of-Data-Products.pdf"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/Evolutionofdataproduct.png" alt="Evolutionofdataproduct" title="Evolutionofdataproduct" width="250" height="354" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>La science des données explique-t-il, est en train de donner naissance à de nouveaux types de produits qu&#8217;on n&#8217;imaginait pas il y a encore quelques années. En fait, les données sont en train de devenir des produits, que ce soit des produits liés aux données elles-mêmes (des données de transports ou de trafic par exemple qui deviennent des services en tant que tels), ou des produits liés à l&#8217;activation des données par les utilisateurs (par exemple les produits liés au <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/">Quantified Self</a>). Ce que suggère Mike Loukides, c&#8217;est que les produits de demain reposeront avant tout sur l&#8217;exploitation originale de données. </p>
<h3>Les données font naître de nouveaux types de produits</h3>
<p>Nous commençons à nous habituer aux produits virtuels à mesure qu&#8217;ils remplacent les produits physiques, explique Mike Loukides. De stockée sur des supports physiques, la musique s&#8217;achète désormais de façon numérique. Avec des services comme Spotify, elle est même devenue un produit de données pures. Mais qu&#8217;allons-nous vouloir demain ? Des produits qui fournissent des données ? Ou des produits qui offrent des résultats depuis les données ?</p>
<p>L&#8217;iPod est pour Mike Loukides le meilleur exemple d&#8217;un produit qui livre des données, bien que son application partenaire, iTunes, ne soit rien d&#8217;autre qu&#8217;un tableur exposant les métadonnées de vos collections. De même la recommandation sociale que l&#8217;on trouve sur des sites comme LinkedIn ou Facebook pioche ses recommandations dans les métadonnées de nos relations, en les présentant de manière un peu moins classique qu&#8217;une feuille de calcul. Mais ces produits de données demeurent classiques. Ils conservent <i>&#8220;l&#8217;odeur de données&#8221;</i> qui les produisent. Pour Mike Loukides ce sont &#8220;des produits de données déclarés&#8221;, manifestes, car les données sont clairement visibles dans ce qui nous est délivré. </p>
<p>Pour Mike Loukides, il existe néanmoins d&#8217;autres formes de livrables. Des systèmes capables d&#8217;analyser des données de trafic pour optimiser votre itinéraire utilisent également des données pour produire un service et des produits. Ford utilise ce type de données couplées à des outils de prédiction de trafic pour optimiser le trajet proposé par des navigateurs GPS expérimentaux qu&#8217;il destine à des voitures hybrides. Tous les produits de données ne sont donc pas explicites, beaucoup utilisent des produits de données &#8220;secrètes&#8221; pour fourbir d&#8217;autres services.  </p>
<p>En filant l&#8217;analogie, la <a href="http://www.nytimes.com/2010/10/10/science/10google.html?pagewanted=all">Google Car</a> capable de se déplacer toute seule (et qui utilise une quantité considérable de données y compris les cartes et les images de Google Street View pour calculer l&#8217;emplacement des trottoirs, bordures et panneaux&#8230; ainsi bien sûr que des données de trafic comme les données que la voiture produit elle-même) est typiquement un produit de données, même si celles-ci ne sont pas visibles dans le résultat final : une voiture qui se déplace toute seule. </p>
<p>Aujourd&#8217;hui, une grande chaîne d&#8217;hôtel peut voir son métier de nombreuses façons différentes, et se considérer avant tout comme une société de logiciels, qui fournit un produit de données : son système de réservation. C&#8217;est un système souvent complexe, qui doit être capable de gérer des milliers de chambres, d&#8217;énormes masses de clients, de faire des offres spéciales selon le taux de réservation, etc. Pour l&#8217;utilisateur, l&#8217;expérience est celle d&#8217;un lit confortable, mais la réalité repose sur des masses de données cachées. </p>
<p>&#8220;Les produits de données manifestes&#8221; ont tendant à dépendre d&#8217;une collecte de données ouvertes, avance-t-il encore. LinkedIn ou Facebook ne disposent pas de données qui n&#8217;aient été apportées de façons explicites, même s&#8217;ils sont en mesure de les combiner de manières inattendues, notamment en les mixant avec d&#8217;autres. &#8220;Les produits de données secrètes&#8221;, non seulement proposent des données invisibles dans les résultats, mais ont également tendance à être collectés de façon invisible. Nous ne pourrions obtenir une voiture qui se conduit toute seule si nous ne devions la nourrir qu&#8217;avec nos antécédents de conduite. La Google Car est construite notamment à partir d&#8217;un &#8220;échappement de données&#8221;, c&#8217;est-à-dire de données qui proviennent de dispositifs qui recueillent des informations sur nos activités. Ces échappements de données ambiantes, à l&#8217;avenir, vont être un réservoir important pour produire de nouveaux &#8220;produits de données&#8221; : les données sur l&#8217;utilisation de l&#8217;eau par exemple vont permettre de produire des données sur la localisation des fuites et permettre d&#8217;imaginer de nouveaux services.  </p>
<h3>Puissance et limites de la combinaison de données</h3>
<p>Les premières générations de produits de données reposaient sur des bases de données uniques, mais les plus récentes, comme <a href="http://www.linkedin.com/skills/">la base de données de compétences de LinkedIn</a>, sont composites : elle intègre à la fois les bases de données d&#8217;utilisateurs, d&#8217;employeurs, d&#8217;offres d&#8217;emplois, etc. L&#8217;intégration de la reconnaissance faciale dans Facebook est un excellent exemple de la puissance des bases de données liées. Alors que l&#8217;identification des visages est un problème complexe, la réponse de Facebook de restreindre l&#8217;identification a priori aux amis de celui qui l&#8217;a prise, permet de lever dans de très nombreux cas l&#8217;immensité du problème de l&#8217;identification des visages. Le croisement des données permet de résoudre le problème de l&#8217;appariement de millions de photos, pour le restreindre à un cercle limité. La solution ne provient pas d&#8217;un robot surpuissant, mais de pouvoir apparier les photos au graphe social. </p>
<p>Beaucoup de produits de données actuels sont en fait des moteurs de recommandations utilisant le filtrage collaboratif, estime Mike Loukides. Mais la recommandation est un objectif limité. <i>&#8220;Le problème avec la recommandation c&#8217;est qu&#8217;elle ne cherche qu&#8217;à recommander quelque chose que l&#8217;utilisateur va apprécier.&#8221;</i> Or l&#8217;appréciation n&#8217;est pas toujours un bon critère. <i>&#8220;<a href="http://www.vipad.fr/post/Genius-disponible-pour-les-applications-iPad-%3A-la-d%C3%A9couverte-d-applications-facilit%C3%A9e">Genius</a>, sur mon iPad m&#8217;a ainsi récemment recommandé d&#8217;essayer <a href="http://www.zite.com/">Zite</a>, parce que dans mes applications je disposais de <a href="http://flipboard.com/">Flipboard</a> (deux applications qui créent des magazines depuis les recommandations de vos relations sociales sur Facebook ou Twitter, NDT). Certes, j&#8217;ai bien aimé Zite, mais j&#8217;aurais préféré qu&#8217;il me recommande une application pour faire autre chose&#8221;</i>. J&#8217;ai besoin d&#8217;un logiciel qui me raconte des choses nouvelles : des choses que je ne savais pas et que je voudrais, ou dont je pourrais avoir pensé que je n&#8217;en voudrais pas alors qu&#8217;elles pourraient m&#8217;être indispensables, explique-t-il. <i>&#8220;Si vous disposez de <a href="http://www.forscoreapp.com/">ForScore</a>, une application qui permet de transformer votre iPad en lecteur de partition de musique et qui indique que vous êtes musicien, alors le système doit pouvoir vous proposer une application comme <a href="http://www.smule.com/magicfiddle">Magic Fiddle</a>, qui n&#8217;a pourtant a priori rien à voir, mais intéressera tout musicien.&#8221;</i></p>
<p>Il faut que la recommandation nous amène à la découverte et pas seulement à la recommandation du similaire. Et de faire référence au livre d&#8217;Eli Pariser, <i><a href="http://www.amazon.fr/Filter-Bubble-What-Internet-Hiding/dp/1594203008/internetnet-21">The Bubble Filter</a></i>, une excellente réflexion sur le danger de la personnalisation excessive liée à l&#8217;utilisation des médias sociaux&#8230; </p>
<p>Pour autant, le filtrage nous est nécessaire, rappelle Mike Loukides. <i>&#8220;Essayez de faire des recherches dans <a href="http://www.google.com/support/chrome/bin/answer.py?answer=95464">Google Chrome en mode privé</a>, qui supprime toute information qui pourrait être utilisée pour personnaliser les résultats de recherche. J&#8217;en ai fait l&#8217;expérience. Il est difficile d&#8217;obtenir des résultats de recherches pertinents lorsque le filtrage n&#8217;est pas basé sur la connaissance préalable de vos intérêts. Pour autant, quand les outils que nous utilisons se transforment en parodie de nos goûts, cela dégrade également les résultats. Passer de la recommandation à la découverte est le problème principal auquel nous allons être confronté dans la prochaine génération des &#8220;produits de données&#8221;.&#8221;</i> </p>
<h3>Concevoir des produits de données</h3>
<p>Dans les premiers temps des produits de données, nous les avons consultés via nos ordinateurs. Mais ce n&#8217;est désormais plus le cas. On écoute de la musique via nos iPod, on lit des livres sur nos Kindle, on joue des vidéos sur nos téléviseurs&#8230; Or, les ordinateurs avaient l&#8217;avantage de nous faire prendre conscience que les données étaient des données. DJ Patil, spécialiste des données en résidence chez Greylock Partners, affirme que lors de la construction d&#8217;un produit de données, il est essentiel d&#8217;intégrer des designers dans l&#8217;équipe d&#8217;ingénierie dès le début. Pour Patil par exemple, Foursquare a réussi parce qu&#8217;il a utilisé le GPS d&#8217;une manière très simple et c&#8217;était autant une décision technique qu&#8217;une décision de conception. Les nouvelles interfaces des produits de données travaillent toutes à masquer les données proprement dites pour trouver et faire apparaitre ce que l&#8217;utilisateur souhaite. L&#8217;iPod a révolutionné l&#8217;écoute audio en éliminant les boutons et les commandes pour accéder à sa base de données musicale ! </p>
<p>Dans le passé, nos recherches sur Google étaient basées sur des données datant parfois de plusieurs semaines. Désormais, bien souvent, les données doivent être basées sur le &#8220;temps humain&#8221;, comme le dit Justin Sheehy, de <a href="http://www.basho.com/">Basho Technologies</a>. L&#8217;heure d&#8217;arrivée du bus n&#8217;a pas de sens si le bus est passé. Faire une prédiction de trafic depuis des données de la veille peut avoir une certaine valeur, mais elle est bien moindre que de la faire depuis des données temps réel. Une Google Car ne pourrait pas circuler depuis les conditions routières d&#8217;hier. Prédire l&#8217;infection chez un nourrisson prématuré n&#8217;est utile que si vous pouvez l&#8217;annoncer avant qu&#8217;elle devienne apparente pour les observateurs humains, via les données enregistrées en continu par les moniteurs. Pour répondre à l&#8217;exigence du temps humain, de nouveaux outillages de données voient le jour, <a href="http://research.google.com/pubs/pub36726.html">Percolator</a>, <a href="https://cwiki.apache.org/FLUME/">Apache Flume</a>, <a href="http://tech.backtype.com/preview-of-storm-the-hadoop-of-realtime-proce">Storm</a>&#8230; permettant de produire des données en temps réel, de produire des flux de traitement en contexte. </p>
<p>Mike Loukides conclut en expliquant que les produits de données font de plus en plus partie de nos vies. Mais que les changements à venir seront plus flagrants encore quand ils ne ressembleront plus à des données. Nous allons vers un monde où nos appareils délivreront des résultats de données plus que des données elles-mêmes. Les données qui font fonctionner la Google Car ne nous intéressent pas en tant qu&#8217;utilisateurs, estime peut-être un peu rapidement Loukides. Eric Schmidt, le PDG de Google, <a href="http://www.thedrum.co.uk/news/2011/06/25/22817-quotes-of-the-week-huffington-post-bbc-salford-google-and-more/">déclarait en juin dernier</a> : <i>&#8220;Google a besoin d&#8217;aller au-delà du format de recherche actuel qui est d&#8217;entrer une requête pour obtenir une dizaine de résultats. L&#8217;idéal serait que nous sachions ce que vous voulez avant de le chercher&#8230;&#8221;</i></p>
<p>Cette phrase controversée et quelque peu effrayante capture pourtant l&#8217;étape suivante dans l&#8217;évolution des données, estime Mike Loukides. Nous ne voulons pas des listes ou des tableurs, nous ne voulons pas de données en forme de données, nous voulons des résultats qui soient en phases avec nos objectifs humains. <i>&#8220;Nous avons besoin de produits de données qui tirent leurs puissances de plusieurs sources, qui offrent des résultats dans le temps humains, plutôt que via des procédés discontinus, et plus importants encore, nous avons besoin de produits de données qui nous conduisent de la recommandation à la découverte.&#8221;</i> </p>
<p>Dans les années 80-90, vous ne pouviez penser le réseau sans être conscient de sa plomberie. Aujourd&#8217;hui, les produits de données se battent pour le même objectif : les consommateurs se moquent d&#8217;être conscients qu&#8217;ils utilisent des données. Lorsque nous réaliserons que la richesse des produits de données repose sur des données qui n&#8217;appellent pas l&#8217;attention sur elles, alors nous serons prêts pour la prochaine révolution. </p>
<p>Bien sûr, les propos de Mike Loukides sont à replacer dans leur contexte. Il n&#8217;est pas si simple d&#8217;affirmer &#8211; trop rapidement, cela n&#8217;était pas son sujet &#8211; que les consommateurs ne s&#8217;intéressent pas à la manière dont elles sont assemblées. L&#8217;esquisse de taxonomie qu&#8217;il propose est encore bien fragile, mais sa tentative d&#8217;essayer de comprendre ce que les données produisent et permettent comme nouveaux types de services ou d&#8217;objets, est certainement un point de vue fécond pour mieux comprendre les transformations en cours liées à la production de masses de données. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Il est temps de réglementer la propriété dans les nuages</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 05:30:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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		<description><![CDATA[Longtemps, nos biens ont servi en partie à définir qui nous étions, explique Simson Garfinkel pour la Technology Review. Ce que nous possédons, la façon dont nous le possédons dit beaucoup de nous comme le remarquait Sam Gosling dans son livre Snoop, What your stuff says about you. Mais avec l&#8217;avènement de l&#8217;informatique en nuage (cloud computing), la définition de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps, nos biens ont servi en partie à définir qui nous étions, <a href="http://www.technologyreview.com/web/38391/?nlid=nlweb&#038;nld=2011-08-24">explique Simson Garfinkel pour la <i>Technology Review</i></a>. Ce que nous possédons, la façon dont nous le possédons dit beaucoup de nous comme le remarquait <a href="http://snoopology.com/">Sam Gosling</a> dans son livre <i><a href="http://www.amazon.fr/Snoop-What-Your-Stuff-About/dp/0465013821/internetnet-21">Snoop, What your stuff says about you</a></i>. Mais avec l&#8217;avènement de l&#8217;informatique en nuage (<i>cloud computing</i>), la définition de la possession se transforme en déplaçant ce qui nous est cher sur des serveurs internet lointains. Que ce soit sur les serveurs de Netflix, dans la librairie du Kindle d&#8217;Amazon ou via les services iCloud d&#8217;Apple, nos possessions deviennent impossibles à égarer, plus faciles à organiser et à accéder qu&#8217;auparavant. L&#8217;une des conséquences de cette nouvelle forme de propriété, déportée, est de donner aux sociétés qui fournissent ces services d&#8217;informatique en nuage d&#8217;énormes possibilités de contrôle et de mesure sans partage, sur ce qui nous appartient. Dans certains cas, ces sociétés ont même déjà abusé de leurs possibilités de contrôle. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/icloudapple.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/icloudapple.png" alt="icloudapple" title="icloudapple" width="540" height="286" class="alignnone size-full wp-image-14581" /></a><br />
<i>Image : les promesses d&#8217;iCloud d&#8217;Apple.</i></p>
<blockquote><p>&#8220;Jusqu&#8217;à présent, malgré la révolution provoquée par la numérisation, l&#8217;informatique avait laissé la nature fondamentale de nos biens intacts. Nous étions passés des contenus qui ornaient les étagères de nos maisons de disques, de livres et de vidéos, à une soif de contenus qui s&#8217;entassaient sur nos ordinateurs personnels et nos disques durs. Mais à l&#8217;ère du streaming, posséder une collection de contenus est devenue une contradiction. Les 200 films de ma file d&#8217;attente Netflix m&#8217;apparaissent sous la forme d&#8217;une liste d&#8217;aspirations et non plus sous celle d&#8217;une collection personnelle et une fois que je regarde le film, celui-ci disparait de la file d&#8217;attente, à l&#8217;inverse de ce qu&#8217;il se passe sur mon étagère de DVD. Nos collections de contenus dans les nuages sont une pâle imitation de ce que la possession physique peut offrir. Il n&#8217;y aura jamais une copie bien usée de mon livre numérique préféré.</p>
<p>La dissolution de nos possessions matérielles dans les nuages est certainement commode. Elle peut même nous rendre parfois moins cupides et plus enclins à partager. Mais cette nouvelle forme de propriété risque d&#8217;avoir d&#8217;autres conséquences plus graves que la perte de quelques conversations. La première est que ces possessions précédemment inanimées peuvent maintenant parler de vous derrière votre dos. Regardez un film sur Netflix ou Amazon, et les serveurs de la société en question savent qui vous êtes, ce que vous regardez, quand vous le regardez, où vous le regardez, à partir de quel terminal vous le regardez et ils savent même à quel moment vous utilisez l&#8217;avance rapide. La loi américaine interdit la publication de titres de films que la personne a regardés, mais les fournisseurs de services dans les nuages peuvent faire à peu près tout ce qu&#8217;ils veulent des autres données qu&#8217;ils recueillent. </p>
<p>Certes, aujourd&#8217;hui les fournisseurs utilisent ces informations pour améliorer leur service, proposer des recommandations adaptées. Mais demain, ces données pourraient voyager auprès de services tiers. Apple pourrait combiner ses propres données avec des banques de données commerciales pour dire à la chanteuse Beyoncé le nombre d&#8217;hommes âgés de 25 à 30 ans qui achètent ses chansons à New York, par exemple, la musique où les livres que vous placez dans les services en nuage de Google pourraient façonner la publicité que vous voyez partout sur le web. </p>
<p>La commérage nature des services en nuage vient du fait que contrairement à pratiquement tous les autres objets sur la planète, les services en nuages restent indissolublement attachés à leur producteur. Cette attache signifie qu&#8217;ils ont peu en commun avec les biens que nous avons possédés depuis des centaines d&#8217;années. </p>
<p>La compréhension populaire de ce que signifie posséder quelque chose, que ce soit de fichier numérique ou un objet physique a jusqu&#8217;à présent été bien aligné avec la loi. Lorsque vous achetez un livre, vous n&#8217;obtenez pas les droits sur le texte, mais vous pouvez le lire, le prêter à un ami, puis le vendre à quelqu&#8217;un qui peut faire de la publicité et le vendre une fois de plus. Mais cette compréhension tacite de la propriété est inutile dans le nuage.</p>
<p>Considérez ce qui s&#8217;est passé en juillet 2009, lorsque Amazon a découvert qu&#8217;il avait accidentellement vendu sans licence appropriée des e-books de <i>1984</i> de George Orwell et électroniquement effacé son existence de tous les Kindle qui l&#8217;avaient acheté. Winston Smith se serait senti à l&#8217;aise, mais les lois de la physique, celles des biens matériels, et le droit d&#8217;auteur auraient rendu triplement impossible une telle manoeuvre avec un livre traditionnel. Amazon n&#8217;aurait jamais envoyé des gens pour rapatrier les livres envoyés chez les gens par erreur. </p>
<p>Dans le nuage, nous sommes gouvernés par le droit des contrats et des contraintes quelle que soit notre fournisseur, procédures que nous devons accepter afin d&#8217;utiliser leurs services. Certes, certains aspects de ces contrats sont nécessaires pour que ces entreprises fonctionnent : mais ils fournissent aussi l&#8217;occasion d&#8217;imposer des conditions complexes sur nos possessions. Oui, vous pouvez prêter les livres électroniques d&#8217;Amazon que vous achetez, mais seulement pendant 14 jours. Oui, vous pouvez supprimer votre e-books, mais vous ne pouvez pas le donner à un ami quand vous avez fini de les lire. L&#8217;éditeur HarperCollins a décidé que les bibliothèques pouvaient prêter leurs livres électroniques 26 fois avant de devoir acheter une nouvelle copie. D&#8217;autres éditeurs interdisent le prêt intégralement.</p>
<p>L&#8217;histoire de <i>1984</i> sur le Kindle montre que les fournisseurs de services dans les nuages disposent d&#8217;un pouvoir considérable pour faire respecter leurs règles. </p>
<p>Lorsque vous êtes propriétaire de votre propre collection, vous n&#8217;avez pas de risque de la perdre parce que vous avez un différend de facturation avec le Club du livre du mois. Une amende de la bibliothèque ne menace pas le stockage de vos photos de famille. Or, de tels scénarios deviennent possibles à mesure que les services en nuage se consolident. L&#8217;icloud d&#8217;Apple s&#8217;occupera de vos e-mail, de vos livres, de votre musique, de vos photos et de vos documents&#8230; Un différend avec un fournisseur de services en nuages qui contrôle un si grand nombre de vos possessions numériques est une perspective intimidante [voir par exemple <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2011/08/16/google-m-a-tuer">l'histoire édifiante</a> que racontait Thomas Monopoly cet été suite à la désactivation de son compte Google, NDR]. </p>
<p>Les menaces sur les services en nuage viennent aussi de l&#8217;extérieur. Un pirate pourrait voler ou effacer tous vos fichiers. </p>
<p>Lorsque les bits et les atomes qui composent vos biens sont en sécurité dans votre maison, les mesures de sécurité qui comptent sont les serrures de vos portes et vos fenêtres et vos propres compétences. Lorsque cette propriété est en ligne, un ordinateur portable n&#8217;importe où dans le monde peut vous voler tout votre attirail.</p>
<p>Malgré ces dangers, le nuage ne peut et ne doit pas être arrêté. Nous avons beaucoup à gagner de la liberté qu&#8217;il nous offre. Nous voulons être en mesure d&#8217;accéder à &#8220;notre&#8221; contenu n&#8217;importe où, même si les possessions auxquelles nous avons accès de cette façon ne sont pas vraiment à nous, après tout. Nous voulons avoir la paix si notre maison brûle ou si l&#8217;on nous cambriole afin que nos possessions ne soient pas perdues. </p>
<p>Les limites de la réalité physique sur nos possessions ne sont pas toutes malheureuses. Beaucoup favorisent le consommateur et sa liberté. Mais ces avantages ont disparu dans le marché peu réglementé dans lequel évoluent les fournisseurs de services en nuage. Si nous voulons le meilleur du nuage et de la possession matérielle, nous devons trouver un moyen de rééquilibrer la balance et de réaffirmer nos droits. </p>
<p>Il est nécessaire que les fournisseurs de services en nuage qui louent de l&#8217;espace sur leurs serveurs répondent à des réglementations similaires à celles auxquelles répondent les propriétaires d&#8217;espaces physiques. Les propriétaires immobiliers ne peuvent pas jeter leurs locataires hors de chez eux comme cela : même ceux qui refusent de payer leurs loyers ont une possibilité de lutter contre une expulsion en justice. De la même manière, les fournisseurs de services en nuage ne devraient pas pouvoir supprimer vos données à volonté, et il devrait y avoir un processus légal pour déplacer ces possessions numériques dans un autre nuage ou pouvoir les récupérer sur son ordinateur personnel. De même, nous avons besoin de lois qui obligent les fournisseurs de services dans les nuages à respecter la confidentialité de leurs clients. </p>
<p>L&#8217;industrie n&#8217;est actuellement en rien incitée à nous permettre de négocier les conditions du service qu&#8217;elle nous propose. Quand les lois de la physique ne peuvent plus protéger les consommateurs et les citoyens de l&#8217;âge de la propriété physique, la société à l&#8217;obligation d&#8217;intervenir avec les lois de l&#8217;homme.&#8221;</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/apprenti-sorcier/" title="apprenti sorcier" rel="tag nofollow">apprenti sorcier</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag nofollow">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Les données peuvent-elles améliorer l&#8217;éducation ?</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 05:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Audrey Watters pour O&#8217;Reilly Radar interviewait récemment le théoricien de l&#8217;éducation George Siemens (auteur de plusieurs blogs comme elearnspace et Connectivism) de l&#8217;Institut de recherche des technologies augmentées pour la connaissance de l&#8217;université d&#8217;Athabasca sur les applications et les défis des données pour l&#8217;éducation. 
Les écoles ont depuis longtemps amassé des données sur leurs élèves : notes, fréquentation, résultats aux&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://radar.oreilly.com/2011/07/education-data-analytics-learning.html">Audrey Watters pour O&#8217;Reilly Radar</a> interviewait récemment le théoricien de l&#8217;éducation George Siemens (auteur de plusieurs blogs comme <a href="http://www.elearnspace.org/blog/">elearnspace</a> et <a href="http://www.connectivism.ca/">Connectivism</a>) de l&#8217;<a href="https://tekri.athabascau.ca/">Institut de recherche des technologies augmentées pour la connaissance</a> de l&#8217;université d&#8217;Athabasca sur les applications et les défis des données pour l&#8217;éducation. </p>
<p>Les écoles ont depuis longtemps amassé des données sur leurs élèves : notes, fréquentation, résultats aux examens&#8230; Mais peu de choses ont réellement été faites de ces informations pour améliorer l&#8217;apprentissage des élèves. Or, du fait d&#8217;une plus large adoption de la technologie et de la poussée de l&#8217;ouverture des données publiques (permettant de développer des comparaisons), s&#8217;ouvre manifestement la possibilité de mieux collecter ces données et de mieux les analyser. Reste à savoir comment. </p>
<p>Les écoles et les universités disposent d&#8217;un large éventail de données sur les élèves, explique le chercheur : provenant des formulaires d&#8217;inscription (localisation, santé, cursus, assiduité, données socio-économiques&#8230;) et bien sûr des résultats des élèves eux-mêmes&#8230; Des données que les universités stockent et agrègent dans le cadre de statistiques institutionnelles. Mais la plupart des écoles et universités ne font pas grand-chose de cette profusion de données, au-delà d&#8217;un rapport institutionnel annuel. Pourtant, une simple analyse des données existantes pourrait révéler avec plus de précision les élèves qui ont des difficultés avec certains enseignements, l&#8217;évolution du public.</p>
<p>De nouveaux types de données éducatives peuvent désormais être également exploités, notamment celles issues de l&#8217;externalisation croissante des activités d&#8217;apprentissage provenant du matériel d&#8217;apprentissage en ligne que les étudiants utilisent comme <a href="http://moodle.org/">Moodle</a> ou <a href="http://www.desire2learn.com/">Desire2Learn</a>, qui captent notamment le temps passé sur une ressource, la fréquence d&#8217;affichage, le nombre de connexions [un peu sur le modèle de celles présentées par la Khan Academy <a href="http://www.internetactu.net/2011/07/01/peut-on-apprendre-en-ligne/">que nous évoquions récemment</a>, NDR]&#8230; Ces données sont assez semblables à celles que <a href="http://google.com/analytics">Google Analytics</a> ou <a href="http://piwik.org/">Piwik</a> (son concurrent open source) recueillent sur le trafic d&#8217;un site, mais adapté aux progrès de chaque élèves. Une nouvelle génération d&#8217;outils, tels que <a href="http://research.uow.edu.au/learningnetworks/seeing/snapp/index.html">SNAPP</a>, utilise ces données pour analyser les réseaux sociaux, les degrés de connectivité entre les apprenants. Des outils d&#8217;analyse du discours, tels que ceux élaborés au <a href="http://kmi.open.ac.uk/">Knowledge Media Institute</a> à l&#8217;Open University au Royaume-Uni, sont également efficaces pour évaluer les attributs qualitatifs du discours, des discussions et le taux de contribution de chaque apprenant, explique encore le chercheur.</p>
<p><i>&#8220;Une autre zone de collecte de données possible porte sur les interactions sociales distribuées dans lesquelles s&#8217;engagent quotidiennement les étudiants par le biais de Facebook, des blogs, de Twitter et d&#8217;autres outils similaires. Bien sûr, les questions de confidentialité sont importantes ici. Cependant, comme nous l&#8217;étudions à l&#8217;Université Athabasca, les réseaux sociaux peuvent fournir de précieuses informations sur la façon dont les apprenants sont connectés les uns aux autres et à l&#8217;université. Des modèles potentiels sont déjà en cours de développement sur le web qui pourraient voir une traduction adaptée au milieu scolaire, comme c&#8217;est le cas avec <a href="http://www.klout.com">Klout</a> pour mesurer l&#8217;influence au sein d&#8217;un réseau ou <a href="http://www.radian6.com/">Radian6</a> pour évaluer les discussions dans les réseaux distribués.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/georgessiemens.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/georgessiemens.png" alt="georgessiemens" title="georgessiemens" width="500" height="330" class="alignnone size-full wp-image-14535" /></a><br />
<i>Image : George Siemens sur la scène de <a href="http://tedxnyed.com/2010/">Tedx NewYork Education</a> en 2010, <a href="http://www.flickr.com/photos/waynel78/4421837628/">photographié par WayneKLinn</a>.</i></p>
<p><i>&#8220;La collecte des données existantes dans les écoles et les universités fait pourtant pâle figure en comparaison de la valeur de la fouille et de l&#8217;analyse de données provenant des réseaux sociaux auxquels nous participons tous quotidiennement. C&#8217;est ici, je pense, que la plupart des idées nouvelles sur l&#8217;apprentissage et la croissance des connaissances va se produire. Lorsque nous interagissons dans un système de gestion de l&#8217;apprentissage, nous le faisons volontairement &#8211; pour apprendre ou pour accomplir une mission. Notre interaction dans les systèmes distribués est plus &#8220;authentique&#8221; et peut produire de nouvelles connaissances sur la manière dont nous sommes connectés, nos sentiments et nos besoins par rapport à l&#8217;apprentissage lui-même. Le défi, bien sûr, est de savoir comment concilier les préoccupations de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Hawthorne">l&#8217;effet Hawthorne</a> avec la vie privée </i>[l'effet Hawthorne décrit la situation dans laquelle les résultats d'une expérience ne sont pas dus aux facteurs expérimentaux mais au fait que les sujets ont conscience de participer à une expérience dans laquelle ils sont testés, ce qui se traduit généralement par une plus grande motivation, NDR].</p>
<p><i>Les discussions sur la propriété des données et leur confidentialité sont à la traîne en ce qui concerne l&#8217;analyse de l&#8217;apprentissage. Qui possède les données produites sur l&#8217;apprenant ? Qui est propriétaire de l&#8217;analyse de ces données? Qui arrive à voir les résultats de l&#8217;analyse? Quel degré de connaissance les apprenants doivent-ils avoir des données recueillies et analysées ? &#8230; </p>
<p>Je crois que les apprenants devraient avoir accès au même tableau de bord d&#8217;analyse que les éducateurs et les institutions. L&#8217;analyse des données peut être un outil puissant dans leur motivation&#8221;</i> : elle permet de se comparer à d&#8217;autres, de mesurer ses progrès par rapport à ses efforts ou ses objectifs. <i>&#8220;Si les données et les analyses sont utilisées pour la prise de décision liée à l&#8217;enseignement et l&#8217;apprentissage, alors nous avons besoin de discuter de qui voit quoi, qu&#8217;elles sont les règles qui dictent la collecte et leur analyse.&#8221;</i> </p>
<p>Comment peut-on mesurer l&#8217;éducation elle-même ?, interroge Audrey Watters. <i>&#8220;L&#8217;éducation, est, aujourd&#8217;hui au moins, une boîte noire, répond George Siemens. La société investit de manière significative dans l&#8217;enseignement primaire, secondaire et supérieur, mais nous ne savons pas précisément, quelles pratiques d&#8217;enseignement doivent être freinées et quelles pratiques doivent être encouragées. Nous avons besoin d&#8217;outils, de moyens sur lesquels fonder les réformes éducatives incessantes&#8230; Les outils de mesure et d&#8217;analyse de l&#8217;apprentissage doivent avoir ce rôle. Une fois que nous comprendrons mieux le processus d&#8217;apprentissage, alors nous pourrons prendre des décisions éclairées étayées par des preuves.&#8221;</i></p>
<p>Cependant, nous devons être prudents dans l&#8217;utilisation des mesures, estime George Siemens. D&#8217;une part, l&#8217;analyse peut fournir des informations précieuses sur les facteurs qui influencent le succès des apprenants (temps passé sur les tâches, assiduité, fréquence des connexions, position au sein du réseau social, fréquence des contacts avec des membres du corps professoral&#8230;), mais d&#8217;autre part, l&#8217;analyse des données ne saura pas saisir certains éléments de l&#8217;apprentissage comme l&#8217;encouragement de l&#8217;enseignant, la valeur des interactions sociales informelles&#8230; <i>&#8220;Dans tout système d&#8217;évaluation, il y a un réel danger que la cible devienne l&#8217;objet de l&#8217;apprentissage, plutôt que de l&#8217;évaluation de l&#8217;apprentissage.&#8221;</i><br />
Aujourd&#8217;hui, nos contenus d&#8217;apprentissage sont créés à l&#8217;avance par les cours, les programmes et les manuels. C&#8217;est un processus terriblement inefficace, souligne encore George Siemens, car chaque apprenant a différents niveaux de connaissance quand il commence un cours. <i>&#8220;Un programme intelligent devrait s&#8217;ajuster et s&#8217;adapter aux besoins de chaque apprenant. Nous n&#8217;avons pas besoin d&#8217;un cours pour 30 élèves. Chacun doit suivre son propre parcours, basé sur ses expériences de vies, le rythme de son apprentissage, sa familiarité avec le sujet&#8230; Le contenu du cours doit s&#8217;adapter, être flexible et continuellement mis à jour.&#8221;</i> L&#8217;évaluation doit être inscrite dans le cours du processus, et non pas le conclure sous forme d&#8217;examen ou de test. </p>
<p>Une grande partie de l&#8217;effort d&#8217;analyse actuel porte sur l&#8217;abandon, explique encore le spécialiste. Les outils d&#8217;analyses permettent de fournir des indications précoces quand les élèves sont en phase de décrochage ce qui permet d&#8217;avoir des interventions plus réactives permettant de considérablement réduire le taux d&#8217;échec des élèves. </p>
<p>La combinaison des innovations techniques et sociales dans l&#8217;éducation porte en lui le potentiel d&#8217;un meilleur et plus efficace modèle éducatif.(&#8230;) Des outils comme <a href="http://openstudy.com/">Open Study</a> ont une approche similaire : un apprentissage décentralisé et des outils d&#8217;analyses centralisés. Des sociétés comme <a href="https://grockit.com/">Grockit</a> et <a href="http://www.knewton.com/">Knewton</a> créent des plates-formes d&#8217;apprentissages adaptatives personnalisées. Les éditeurs traditionnels comme <a href="http://pearson.com/">Pearson</a> et <a href="http://www.mcgraw-hill.com/">McGraw-Hill</a> investissent massivement dans ces nouveaux types de contenus et commencent à collaborer avec les universités et les écoles pour offrir le contenu et évaluer les performances des apprenants. Les fournisseurs de systèmes de gestion d&#8217;apprentissage comme Desire2Learn ou <a href="http://www.blackboard.com/">Blackboard</a> proposent des options d&#8217;analyses dans leurs offres. </p>
<p>Reste que l&#8217;éducation par les données n&#8217;est pas sans défis. En dépit de l&#8217;énorme potentiel qu&#8217;ils proposent pour améliorer l&#8217;éducation, ces outils ne s&#8217;imposent pas sans générer de nouvelles inquiétudes. La confidentialité des données est un problème critique, rappelle le chercheur. <i>&#8220;Alors que je vois comme un moyen d&#8217;analyse pour améliorer succès des apprenants, des opportunités existent pour utiliser ces outils de mesure pour évaluer et critiquer la performance des enseignants. L&#8217;accès aux données et la propriété sont des questions tout aussi importantes : qui doit être capable de voir les analyses que les écoles effectuent sur les apprenants ?&#8221;</i> D&#8217;autres préoccupations ont trait à la correction d&#8217;erreur dans l&#8217;analyse. Si les éducateurs s&#8217;appuient fortement sur les analyses, les efforts devraient être consacrés à l&#8217;évaluation des modèles d&#8217;analyse et à la compréhension des contextes dans lesquels ces analyses ne sont pas valides. Mais conclut George Siemens, assurément, <i>&#8220;les défis complexes auxquels sont confrontés les écoles et les universités peuvent être, au moins partiellement, éclairées par des applications d&#8217;analyses de données&#8221;</i>. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>L&#8217;avenir de la réutilisation des données publiques</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jul 2011 07:48:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En préfiguration de Lift avait lieu l&#8217;Open Data Garage, une journée d&#8217;ateliers et de conférences qui a permis de faire le point sur les initiatives open data françaises. Retour sur cette journée via ses contributions les plus éclairantes. 
&#8220;Trop souvent, le savoir c&#8217;est le pouvoir et les élus pensent que le pouvoir ne se partage pas&#8221;, estime Christophe Castaner, vice-président&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En préfiguration de <a href="http://www.liftconference.com">Lift</a> avait lieu l&#8217;<a href="http://opendatagarage.org">Open Data Garage</a>, une journée d&#8217;ateliers et de conférences qui a permis de faire le point sur les initiatives open data françaises. Retour sur cette journée via ses contributions les plus éclairantes. </p>
<p><i>&#8220;Trop souvent, le savoir c&#8217;est le pouvoir et les élus pensent que le pouvoir ne se partage pas&#8221;</i>, estime Christophe Castaner, vice-président de la région PACA et maire de Forcalquier en introduction de cette journée. <i>&#8220;Il est important de porter le discours politique comme quoi l&#8217;information est un droit, un service public. On sait que la libération des données publiques concourt directement à l&#8217;attractivité d&#8217;un territoire, à sa capacité d&#8217;innovation. C&#8217;est pour cela que nous devons assurer l&#8217;exemplarité et engager un chantier pour que l&#8217;institution régionale applique à elle-même ces principes. Marseille Provence 2013 s&#8217;est engagée dans le mouvement de libération des données publiques et doit faire la démonstration de ce droit&#8221;</i>, affirme vigoureusement l&#8217;élu régional. Reste qu&#8217;il n&#8217;est pas sûr que l&#8217;information publique comme droit soit ce qu&#8217;on retiendra le plus de cette journée.  </p>
<h3>Un monde de données réutilisables</h3>
<p>Pour Charles Nepote, responsable du programme <a href="http://fing.org/?-Reutilisation-des-donnees,138-">Réutilisation des données publiques</a> de la Fing, il y a des confusions entre l&#8217;accès à l&#8217;information et la réutilisation des informations publiques. Depuis la loi de 1978, on peut demander à consulter les documents publics produits par les acteurs publics. Bien sûr, le mouvement de mise en accès de la documentation publique est lent. Mais, surtout, cet accès ne suffit pas à tirer profit des données d&#8217;une manière optimale. <i>&#8220;Les documents ne permettent pas d&#8217;automatiser le traitement de l&#8217;information qui créé de la valeur&#8221;</i>. Actuellement, Google est celui qui sait le mieux profiter de l&#8217;accès aux informations publiques par sa capacité d&#8217;indexation, même de données discrètes comme le montre <a href="http://maps.google.fr/intl/fr/landing/transit/#dmy">Google Transit</a> qui exploite l&#8217;information ouverte des transports en commun. </p>
<p>L&#8217;accès aux données en tout cas ne suffit pas : c&#8217;est bien de réutilisation dont il est question. <i>&#8220;Quand on parle de données, on ne parle pas des archives, des documents. Mais de données structurées et factuelles (mesures, statistiques, descriptions, coordonnées, horaires, budgets, données en temps réel&#8230;). Des données publiques, qui touchent toutes les domaines de la vie publique, y compris des données à caractère personnelles à l&#8217;exclusion des données touchant à la vie privée.</i> </p>
<p>Les données sont partout. Les capteurs se sont multipliés et se sont affinés. La puissance de traitement et de stockage les rend plus accessibles. Et cela va continuer ! Mais surtout, désormais, ces données sont produites par tous. La coproduction de données par les utilisateurs est une pratique ancienne dans le domaine de la botanique ou de l&#8217;astronomie, mais elle ne cesse de s&#8217;étendre à d&#8217;autres domaines comme la cartographie, la mesure environnementale ou citoyenne. <i>&#8220;Les données ne viennent plus d&#8217;une seule source, d&#8217;un seul acteur, mais suivent des chemins et des agrégations de plus en plus complexes. Tant et si bien que le pouvoir est désormais chez ceux qui font circuler l&#8217;information plutôt que de la conserver.&#8221;</i></p>
<p>La réutilisation des données publiques est un droit opposable depuis 2005 en droit français (sauf en ce qui concerne les données sensibles, privées, ou celles de sécurité publique&#8230;). <i>&#8220;La réutilisation des données publiques est une contrainte légale pour les acteurs publics : l&#8217;enjeu est de la transformer en opportunité !&#8221;</i> C&#8217;est tout l&#8217;enjeu du mouvement Open Data. Plusieurs dizaines de villes, d&#8217;Etats, de collectivités publiques à travers le monde se sont saisies du sujet. C&#8217;est même un sujet qui s&#8217;invite dans le débat public et qui est dans le programme des deux grands partis politiques français pour la présidentielle de 2012. </p>
<p>Reste à comprendre ce que ce mouvement produit : <i>&#8220;Cela ne produit pas seulement de la transparence, de la culture, du développement économique, mais aussi de nouveaux services, de la prospective, du débat public, de la connaissance et souvent toutes ces choses à la fois&#8221;</i>, conclut Charles Népote. </p>
<h3>Quel impact économique ?</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2009/09/16/critiques-du-web%C2%B2-24-les-effets-de-la-liberation-des-donnees/">L&#8217;une des critiques les plus récurrentes de l&#8217;ouverture des données publiques repose sur son évaluation</a>. Or, il n&#8217;est pas si simple de montrer l&#8217;impact économique des données ouvertes au niveau local, rappelle Simon Chignard responsable de la <a href="http://www.lacantine-rennes.net/">Cantine numérique Rennaise</a> et président de l&#8217;association rennaise <a href="http://www.asso-bug.org">Bug</a> dans <a href="http://www.slideshare.net/lacantinerennes/open-data-garage-comment-valuer-limpact-conomique-de-lopen-data-local">sa présentation</a>. </p>
<p>Il demeure difficile d&#8217;évaluer l&#8217;impact de l&#8217;open data. Plusieurs approches ont cours. Celle consistant à évaluer le marché global de l&#8217;information publique (le &#8220;public sector information&#8221; (PSI) qui va bien au-delà du seul mouvement de réutilisation des données publiques donc). Une étude européenne l&#8217;a <a href="http://ec.europa.eu/information_society/policy/psi/docs/pdfs/mepsir/executive_summary.pdf">évalué à 27 milliards d&#8217;euros par en 2006 (.pdf)</a>.  Une autre étude commandée par l&#8217;<a href="https://www.apiefrance.fr/">Agence du patrimoine immatériel de l&#8217;Etat</a> (APIE) s&#8217;est intéressée <a href="https://www.apiefrance.fr/sections/acces_thematique/reutilisation-des-informations-publiques/etude-economique/downloadFile/attachedFile/Rapport_final_BETA.pdf">à la tarification optimale (.pdf)</a> de l&#8217;information publique. L&#8217;approche Business elle s&#8217;intéresse à comment gagner de l&#8217;argent avec de l&#8217;information publique ouverte&#8230; </p>
<p>Mais ces approches ne répondent pas à la nécessaire évaluation du &#8220;retour sur investissement&#8221; (ROI) local. L&#8217;un des rares chiffres dont on dispose est celui lié au concours Apps for Democracy lancé par la ville de Washington DC en 2008 qui calculait le ROI pour ce concours et l&#8217;évaluait à 4000 % ! Mais ce calcul était tout de même assez basique, explique Simon Chignard. Il consistait à regarder le nombre d&#8217;applications que le concours avait permis de développer (47), le coût que leur aurait coûté le développement individuel de chaque application (environ 37 000 dollars par application) moins le coût total du concours (50 000 dollars). <i>&#8220;On voit bien que c&#8217;est une approche partiale et partielle qui ne reflète pas les bénéfices collectifs de l&#8217;open data local.&#8221;</i> Cette approche ne regarde pas la redondance des applications créées, pas plus qu&#8217;elle n&#8217;évoque les réponses particulières que l&#8217;acteur public aurait identifié et favorisé dans le cadre d&#8217;un appel d&#8217;offres classique. Mais surtout, cette approche n&#8217;arrive pas à mesurer la teneur de la participation&#8230;  </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/Rennescatalogueopendata.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/Rennescatalogueopendata.png" alt="Rennescatalogueopendata" title="Rennescatalogueopendata" width="540" height="310" class="alignnone size-full wp-image-14470" /></a><br />
<i>Image : le catalogue de données de Rennes.</i></p>
<p>Or, le retour sur investissement d&#8217;un concours, comme <a href="http://www.data.rennes-metropole.fr/le-concours/">celui lancé par la ville de Rennes</a> est difficile à estimer. Sur les 43 participants, un tiers seulement étaient des entreprises. Aurait-il été possible de s&#8217;ouvrir aux individus et aux associations en usant des formes traditionnelles de l&#8217;appel d&#8217;offres ?  Le premier bénéfice pour Rennes Métropole estime Simon Chignard, c&#8217;est d&#8217;abord l&#8217;exploitation de données longtemps réservées à l&#8217;usage interne. C&#8217;est aussi bien sûr, les fortes retombées médias et presse. C&#8217;est enfin le dynamisme qu&#8217;inspire le numérique. <i>&#8220;Rennes est la 3e ville de France en nombre de comptes Twitter actifs et le concours Open Data a permis de mettre la ville en connexion avec le tissu local d&#8217;innovateurs qu&#8217;il provienne d&#8217;entreprises, d&#8217;associations comme d&#8217;usagers.&#8221;</i> </p>
<p>Le bénéfice a aussi été notable pour les entreprises locales. <a href="http://www.keolis.com/">Keolis Rennes</a>, le délégataire local de transport public, a montré sa maîtrise de l&#8217;infomibilité et s&#8217;est également connecté à un tissu d&#8217;innovateurs local en ouvrant <a href="http://data.keolis-rennes.com/">ses données</a>. La société <a href="http://www.newlc.com/">NewLC</a> a créé une application générique (<a href="http://eocity.newlc.com/rennes/">EOCity</a>), réutilisable sur d&#8217;autres territoires, qui lui sert de démonstrateur de son savoir-faire. </p>
<p>Enfin, il ne faut pas oublier les habitants et usagers de la ville. Car le vrai bénéfice ne repose pas sur la donnée, mais sur l&#8217;application qui en est faite. Pour les usagers, en l&#8217;occurrence, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est <a href="http://www.data.rennes-metropole.fr/vos-applications/">plus de 60 applications locales</a> disponibles autour d&#8217;une grande variété de thématiques. <i>&#8220;Et surtout avec une forte incitation à l&#8217;usage de modes alternatifs aux véhicules personnels. Et c&#8217;est cela qu&#8217;il faudrait pouvoir également mesurer&#8230;&#8221;</i> </p>
<p>Pour Simon Chignard, il est essentiel de regarder 3 indicateurs principaux : </p>
<ul>
<li>L&#8217;utilisation des applications : nombre de téléchargements, taux d&#8217;usage réel, effet sur les transports&#8230; Suite au concours, l&#8217;application la plus téléchargée a été Transports Rennes (5000 téléchargements, alors qu&#8217;on estime le nombre de possesseurs d&#8217;iPhone à Rennes à 25 000). Ce qui montre bien que la promotion ciblée doit encore progresser. </li>
<li>
</li>
<li>Il est essentiel de standardiser au niveau régional, national, européen&#8230; pour permettre de reproduire des applications locales ailleurs et finir par leur donner un avantage compétitif&#8230;</li>
<li>L&#8217;open data est assurément un élément d&#8217;attractivité d&#8217;un territoire pour des entreprises. Reste à réussir à le transformer en succès !</li>
</ul>
<h3>Initiatives locales de l&#8217;open Data : l&#8217;essentiel c&#8217;est le dialogue !</h3>
<p>A Rennes, explique Bernadette Kessler, responsable du service innovation numérique de la ville et de Rennes métropole, tout à commencé par le lancement d&#8217;un service de vélo en libre-service qui a incité son opérateur à ouvrir les données du service. Ensuite, tout s’est fait graduellement, même si le concours, lancé d&#8217;octobre 2010 à mars 2011, a bien sûr été un moment fort pour fédérer les initiatives.  </p>
<p>Bernadette Kessler retient surtout de cette aventure qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;open data sans réseau : sans les acteurs locaux, sans le réseau d&#8217;innovateurs rien n&#8217;aurait été possible. Pour autant, que ce soit pour les services de la ville, les associations, les institutions ou les entreprises partenaires, chacun devait avoir en commun de décaler son point de vue. Reste que l&#8217;open data ne fait pas tout : <i>&#8220;Il faut pouvoir mesurer ce qu&#8217;il se passe. Une donnée brute reste une donnée brute. Il faut savoir en chercher le sens.&#8221;</i></p>
<p>Cela illustre bien les questions qui restent en suspens autour de ce programme. Celle qu&#8217;évoquait Simon Chignard, bien sûr, vient en tête : Comment évaluer ce programme (et pas seulement économiquement) ? Quels sont les coûts exacts ? Mais ce n&#8217;est pas la seule question à laquelle le programme doit répondre. Comment faire pour que l&#8217;open data soit un ferment durable de démocratie ? Qu&#8217;en est-il de l&#8217;utilité sociale de l&#8217;open data ? Peut-on sortir du cercle des geeks pour parler à des gens plus éloignés de la technique ? Enfin, il faut également se poser la question du rapport entre l&#8217;open data et la mission de service public. <i>&#8220;Si l&#8217;ouverture des données c&#8217;est se débarrasser de l&#8217;évaluation et du repositionnement de nos missions, alors nous aurons raté quelque chose ! Lors du lancement du concours par exemple, nous avons insisté pour que les questions d&#8217;accessibilité soient présentes.&#8221;</i> Et cette question est importante, insiste Bernadette Kessler. Désormais, dans les appels d&#8217;offres de la ville, les données sont en open source et ni la ville ni les prestataires n&#8217;ont à payer pour les réutiliser. </p>
<p>Reste que la ville reconnait manquer de données coproduites. La ville de Rennes va lancer une étude sur les piétons en demandant aux gens de documenter leurs cheminements par GPS. </p>
<p>Faire les choses avec les gens, c&#8217;est ce que fait <a href="http://libertic.wordpress.com/">Libertic</a> à Nantes. Libertic est une association de promotion de l&#8217;ouverture des données publiques. Depuis 2010, l&#8217;association fait des interventions pour présenter le principe et valoriser les données locales produites. En décembre 2010, elle a été à l&#8217;origine <a href="http://libertic.wordpress.com/2010/12/21/petition-en-faveur-de-louverture-des-donnees-publiques-de-nantes/">d&#8217;une lettre ouverte aux élus locaux</a>&#8230; à la suite de laquelle le député-maire s&#8217;est engagé dans un programme d&#8217;ouverture des données. Mais Libertic a demandé à ce que cette ouverture soit participative, afin qu&#8217;elle se fasse avec les acteurs qui sont déjà moteurs du mouvement. La ville a joué le jeu. La plateforme de données ouvertes de la ville de Nantes devrait ouvrir d&#8217;ici novembre 2011.</p>
<p>Claire Gallon qui représente l&#8217;association, insiste sur le rôle essentiel que joue la collaboration entre acteurs du territoire et institution. Par des rencontres, des formations&#8230; LiberTic a fait monter les acteurs en compétences. Ce dialogue a eu des effets réels sur les formats que la collectivité va proposer, sur les licences que la ville a retenues et même sur les jeux de données libérés. Ce dialogue a permis surtout de lever l&#8217;appréhension de la collectivité comme celle des acteurs demandeurs de jeux de données. Le projet OpenData a donné lieu à la création d&#8217;un poste de Community Manager à la ville pour en partie gérer la relation entre la ville et les autres acteurs de cette question. </p>
<p>Reste qu&#8217;il faut maintenant maintenir la motivation de la communauté, élargir le cercle pour démocratiser l&#8217;open data&#8230;</p>
<p>Pour Arnaud Willaime en charge d&#8217;un projet open data depuis décembre 2010 pour la Ville de Brest et Brest Métropole, tout l&#8217;enjeu est désormais de capitaliser les réussites antérieures menées par d&#8217;autres villes, comme Rennes notamment. Pour Brest, qui envisage d&#8217;ouvrir un répertoire de données à l&#8217;automne, l&#8217;idée est de dupliquer les politiques locales qui ont réussi, notamment en demandant à leur opérateur de transport (Keolis) d&#8217;ouvrir leurs données comme ils l&#8217;ont fait à Rennes. Brest dispose depuis mars 2010 <a href="http://sig.brest.fr">de ses données géographiques ouvertes</a>. Brest à une activité ancienne autour des usages coopératifs avec des productions exemplaires comme <a href="http://wiki.openstreetmap.org/wiki/Plouarzel">les participations à la cartographie ouverte de Plouarzel</a>. Toute la difficulté demeurant de rendre lisible la valeur ajoutée de l&#8217;open data pour l&#8217;ensemble des acteurs. Pour Arnaud Willaime, la question est de savoir si les programmes Open Data peuvent aider à éclairer la question de l&#8217;attention que les citoyens demandent à leurs particularités dans le cadre d&#8217;une collectivité qui doit agir pour l&#8217;intérêt général. </p>
<h3>L&#8217;open data par et pour les citoyens</h3>
<p>L&#8217;open data peut-il être l&#8217;enjeu d&#8217;une confiance renouvelée des citoyens pour la vie politique ? C&#8217;est en tout cas le crédo de <a href="http://www.regardscitoyens.org/">Regards Citoyens</a>, explique Benjamin Ooghe-Tabanou. L&#8217;association, créée en juillet 2009, s&#8217;est réunie autour du projet de réutilisation des données publiées par l&#8217;Assemblée nationale. <a href="http://www.nosdeputes.fr">NosDeputes.fr</a> n&#8217;avait pour ambition que de les rendre plus simples et plus accessibles. Pour cela, l&#8217;association a créé des programmes capables de récupérer de façon automatique des données depuis le site de l&#8217;Assemblée nationale pour les redistribuer en open data de manière structurée et permettre d&#8217;en faire des visualisations, des comparaisons. Suivre l&#8217;actualité des députés est devenu plus simple et plus clair. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/regardscitoyenshome.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/regardscitoyenshome.png" alt="regardscitoyenshome" title="regardscitoyenshome" width="540" height="348" class="alignnone size-full wp-image-14471" /></a><br />
<i>Image : Page d&#8217;accueil de Regards Citoyens.</i></p>
<p>La libération de ces données, &#8220;volées&#8221; au site de l&#8217;Assemblée nationale a permis notamment de créer <a href="http://www.regardscitoyens.org/etude-sur-la-presence-en-commission/">l&#8217;application de sanctions financières sur la présence des députés</a> qui a été ajoutés au règlement de l&#8217;Assemblée à partir de juillet 2009. Un résultat on ne peut plus concret. </p>
<p>Un autre projet de Regards Citoyens visait à comprendre <a href="http://www.regardscitoyens.org/etude-sur-le-redecoupage-electoral/">le redécoupage des circonscriptions électorales</a> voté en 2009 nécessitant d&#8217;effectuer la géolocalisation des bureaux de vote, permettant de voir si le redécoupage allait avoir un impact sur les résultats. Pour cartographier les bureaux de vote, l&#8217;association s&#8217;est appuyée sur <a href="http://elections.regardscitoyens.org">le crowdsourcing citoyen d&#8217;une manière plutôt réussie</a>. L&#8217;évaluation de l&#8217;impact du redécoupage électoral <a href="http://www.regardscitoyens.org/redecoupage/">a montré que celui-ci</a>, finalement, était politiquement plutôt neutre. </p>
<p>Autre projet notable de Regards Citoyens : <a href="http://www.regardscitoyens.org/etude-sur-le-lobbying-au-parlement/">celui consistant à mesurer l&#8217;influence des lobbyistes à l&#8217;Assemblée nationale</a> en dressant les listes des personnes auditionnées que l&#8217;on trouve dans les rapports de l&#8217;Assemblée nationale. Là encore, un travail de fonds, qui repose en partie sur de la programmation pour automatiser des traitements dans des corpus de documents non structurés.<br />
<i>&#8220;L&#8217;open data doit respecter certains principes pour que les données soient réutilisables par un maximum d&#8217;acteurs. Elle doit utiliser des formats ouverts et interopérables bien sûr, mais aussi et surtout des licences libres permettant cette réutilisation&#8221;</i>, rappelle Benjamin Ooghe-Tabanou&#8230; L&#8217;association a d&#8217;ailleurs publié une &#8220;<a href="http://www.donneeslibres.info/">Déclaration de l&#8217;open data</a>&#8221; pour inciter les acteurs à choisir des formats libres. </p>
<h3>Des portails pour retrouver les données</h3>
<p><a href="http://www.data-publica.com/">DataPublica</a> est un annuaire des données publiques, explique son fondateur François Bancilhon. L&#8217;idée est de créer une cartographie des données publiques : de les identifier, de les stocker, de les archiver, de leur ajouter des métadonnées pour permettre de faire des recherches. <i>&#8220;Sur les 6,5 millions de fichiers disponibles en France, seulement 175 000 sont des tableurs (donc de la donnée structurée). Et 5,5 millions sont des PDF ! C&#8217;est-à-dire des documents dont il faut extraire la donnée pour pouvoir les exploiter.&#8221;</i> </p>
<p>Tout ces documents ont des valeurs différentes. Par exemple, le fichier du <a href="http://www.prix-carburants.gouv.fr/">prix des carburants</a> dans les stations d&#8217;essence coûte 35 000 euros pour son usage commercial (et 5000 euros pour un usage non commercial). </p>
<p>DataPublica a plusieurs activités. Il propose un catalogue et un moteur gratuit. Une actualité sur le sujet. Mais ce qui génère des revenus c&#8217;est de construire des jeux de données sur mesure (en trouvant les sources, en les intégrant, en les livrant sous forme d&#8217;abonnement). A terme, DataPublica a pour ambition de devenir un supermarché où acheter et vendre des données. </p>
<p>Le marché des données en France représente 1,6 milliard de chiffres d&#8217;affaires annuels (qui se découpe en plusieurs catégories dont les principales concerne la finance, les données de solvabilités (entre banques), la presse&#8230;). 50 à 60 % des données vendues sur ces marchés proviennent de données publiques. Mais ce marché va être bouleversé par l&#8217;arrivée de données de meilleure qualité, plus nombreuses et à moindre coût sur des sujets plus critiques, estime François Bancilhon. D&#8217;où l&#8217;importance d&#8217;ajouter de la valeur ajoutée à ces données. </p>
<p>DataPublica n&#8217;est pas la seule initiative de catalogage des données. On trouve également <a href="http://www.nosdonnees.fr/">NosDonnees.fr</a>, <a href="http://datalift.org/fr/">DataLift</a>, et bien sûr <a href="http://data.gouv.fr">EtatLab</a>, l&#8217;initiative gouvernementale menée par Severin Naudet (<a href="http://blog.etalab.gouv.fr/">blog</a>) qui devrait ouvrir d&#8217;ici la fin de l&#8217;année&#8230; ainsi que des initiatives européennes et internationales comme l&#8217;<a href="http://opendatasearch.org/">OpenDataSearch</a> mené par l&#8217;<a href="http://okfn.org/">Open Knowledge Foundation</a>. </p>
<h3>Questions sur les enjeux de l&#8217;open data</h3>
<p>A écouter une journée durant, les projets autour de l&#8217;open data, on se rend compte combien le sujet de prospective est devenu, en l&#8217;espace d&#8217;un peu plus d&#8217;un an, une réalité. On voit bien combien la réutilisation des données publiques a joué un rôle stratégique notamment dans le cadre de la libération des informations de transports. Bien souvent, l&#8217;ouverture des données publiques a permis de lever la tension, ancienne, récurrente entre institutions et délégataires du service public autour de la question de l&#8217;ouverture des informations de transports. </p>
<p>Reste que, passé les applications de transports, voire celles d&#8217;accessibilité, l&#8217;impact de l&#8217;open data local demeure faible. Non pas qu&#8217;il n&#8217;y ait pas d&#8217;autres exemples d&#8217;utilisation, mais celles-ci demeurent pour l&#8217;instant, en France et au-delà, anecdotiques, tant en nombre d&#8217;utilisation qu&#8217;en terme d&#8217;appropriation. Le sujet semble déjà être devenu un enjeu de communication publique plus que de politique où faire preuve de sa modernité semble déjà plus important que d&#8217;offrir des répertoires de données intéressants. Alors que les territoires ont là un levier pour se doter d&#8217;outils leur permettant de prendre des décisions éclairées et de rendre des comptes transparents, il va être certainement plus simple pour eux de fournir des données non stratégiques, quitte à tuer la promesse de l&#8217;open data. </p>
<p>Pire, la publication de données structurées nous a peut-être éloignés de l&#8217;ouverture des données non structurées : beaucoup de villes et collectivités ne proposent pas encore sur leur site web un espace documentaire digne de ce nom, où tout citoyen pourrait trouver tous les rapports que la ville commande ou finance ou tous les documents qu&#8217;elle échange dans le cadre de son fonctionnement. La structuration des données rend plus facile la publication du budget municipal, certes. Mais celui-ci, qui est l&#8217;objet de toutes les attentions, peaufiné mois après mois, est-il plus essentiel par exemple, que la publication des factures d&#8217;électricité ou de téléphone de chacun des bâtiments municipaux ? Si avec l&#8217;open data l&#8217;institution publique ne sert que son propre but, elle risque bien de voir échouer les promesses de transparence et d&#8217;information. Le risque de l&#8217;open data est de ne devenir qu&#8217;un élément de communication parmi d&#8217;autres. </p>
<p>Ce qui était intéressant également dans cette journée, c&#8217;est de voir les ramifications du sujet au-delà des données publiques. Il était intéressant d&#8217;entendre dans ce cadre, Thomas Perianu directeur du développement durable de <a href="http://www.suez-environnement.fr/">Suez Environnement</a> dont l&#8217;intervention clôturait la journée. Celui-ci expliquait que Suez, l&#8217;un des principaux délégataires publics dans le domaine du traitement de l&#8217;eau et des déchets, s&#8217;intéressait au sujet d&#8217;abord et avant tout, car son métier même l&#8217;amène à collecter des données. Et d&#8217;évoquer ensuite comment l&#8217;open data se met à intéresser les sociétés privées qui pourraient demain proposer des services liés aux données de leurs compteurs ou de leurs collectes. L&#8217;informatique embarquée, les télérevelés, les capteurs pour surveiller les réseaux&#8230; sont déjà des réalités pour ce type d&#8217;acteurs. Dors et déjà, Suez propose des services aux villes (comme <a href="http://citybiose.fr/">CityBiose</a>) et demain aux particuliers. <i>&#8220;Tout cela n&#8217;est pas nécessairement de l&#8217;open data, mais nous générons des données qui peuvent être des candidats à l&#8217;ouverture si les collectivités le souhaitent.&#8221;</i> Suez a libéré des données auprès de services techniques à la CUB de Bordeaux qui vient d&#8217;ailleurs d&#8217;ouvrir <a href="http://data.lacub.fr/">son portail de données</a>. Reste que pour l&#8217;instant, Suez n&#8217;envisage pas d&#8217;ouvrir ses données aux citoyens, mais de proposer un service supplémentaire (payant) aux villes. On voit bien que cet élargissement des données ouvertes publiques à des informations privées, mais d&#8217;intérêt général va être l&#8217;un des enjeux à venir du sujet. </p>
<p>Pourtant, il y a quelque chose qui demeure stimulant dans le domaine de l&#8217;open data. C&#8217;est d&#8217;abord ce que l&#8217;acteur public ne publie pas. C&#8217;est-à-dire à la fois les documents volés (comme l&#8217;a montré Wikileaks) et l&#8217;exploitation des documents non structurés comme le font Regards Citoyens ou d&#8217;autres acteurs <a href="http://www.internetactu.net/2011/07/19/les-donnees-pour-comprendre-le-monde/">qu&#8217;évoquait Nicolas Kayser-Bril à Lift</a>. Ce qui est intéressant, bien souvent, c&#8217;est d&#8217;abord ce qui n&#8217;est pas montré, ce qui demeure fermé. </p>
<p>Et surtout, ce sont les initiatives de coproduction avec les citoyens qui demeurent les plus stimulantes, même si elles ne portent pas toutes leurs fruits, comme l&#8217;a justement rappelé Nicolas Kayser-Bril. Il y a là un réservoir de création de données utiles à tous qui redonne du sens à la relation institutions-citoyens. Et rien que pour cela, on devine que c&#8217;est le vrai trésor des données ouvertes. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-20/" title="web 2.0" rel="tag nofollow">web 2.0</a><br />
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		<title>Faire levier de l&#8217;intelligence collective</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 13:07:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;L&#8217;ouverture est extrêmement importante, mais ce n&#8217;est pas auprès d&#8217;une assemblée comme celle de Lift qu&#8217;il y a des gens à convaincre. Pour autant, on sait qu&#8217;on ne peut pas tout ouvrir : les gens n&#8217;auraient pas envie qu&#8217;on publie toutes les déclarations d&#8217;impôts ou tout ce qu&#8217;ils font sur l&#8217;internet. La société repose donc sur un équilibre entre la&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><i>&#8220;L&#8217;ouverture est extrêmement importante, mais ce n&#8217;est pas auprès d&#8217;une assemblée comme celle de Lift qu&#8217;il y a des gens à convaincre. Pour autant, on sait qu&#8217;on ne peut pas tout ouvrir : les gens n&#8217;auraient pas envie qu&#8217;on publie toutes les déclarations d&#8217;impôts ou tout ce qu&#8217;ils font sur l&#8217;internet. La société repose donc sur un équilibre entre la fermeture et l&#8217;ouverture&#8221;</i>, introduit Geoff Mulgan sur la scène de <a href="http://www.liftconference.com">Lift</a>. Geoff Mulgan (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Geoff_Mulgan">Wikipédia</a>) a longtemps été le responsable, et l&#8217;âme, de la <a href="http://www.youngfoundation.org">Young Foundation</a>, une organisation britannique de promotion de <a href="http://www.internetactu.net/2009/06/05/voyage-dans-linnovation-sociale-britannique-13-quest-ce-que-linnovation-sociale/">l&#8217;innovation sociale</a>, et est devenu récemment le responsable du <a href="http://www.nesta.org.uk/">Nesta</a>, l&#8217;agence de l&#8217;innovation britannique. Au Nesta, Geoff Mulgan travaille désormais au financement de projets ouverts et collaboratifs. Les deux entités ont une grande partie de travaux communs. Depuis sa création en 2006, la Young Foundation a soutenu, lancé et encouragé de nombreux projets ouverts comme l&#8217;<a href="http://www.open.ac.uk/">Open University</a>, les écoles ouvertes et de nombreux projets essayant d&#8217;ouvrir le monde de la santé au public. Pour Geoff Mulgan ces projets doivent bien sûr suivre leurs stratégies, mais ils doivent surtout prendre en compte les hiérarchies existantes, permettre de développer de nouveaux modèles à l&#8217;extérieur des modèles fermés qui structurent notre société. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/geoffmulganlift2011.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/geoffmulganlift2011.png" alt="geoffmulganlift2011" title="geoffmulganlift2011" width="540" height="359" class="alignnone size-full wp-image-14400" /></a><br />
<i>Image : Geoff Mulgan sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/feuilllu/5919189842/">photographié par Pierre Metivier</a>.</i></p>
<p>Et Geoff Mulgan propose de nombreux exemples qui vont dans ce sens. <a href="http://whoownsmyneighbourhood.org.uk">Who Owns My Neighbourhood</a> permet de savoir à qui appartiennent les terrains anglais, dans le but de permettre de faciliter les discussions collectives autour de ce qu&#8217;il est possible de faire de certains terrains ou immeubles et faciliter les projets locaux. <a href="http://suttonbookshare.org.uk">Sutton Bookshare</a> est un site développé avec le soutien de la municipalité pour encourager les habitants à échanger les livres de leurs propres bibliothèques, pour élargir l&#8217;offre de la bibliothèque publique locale. <a href="http://www.nesta.org.uk/areas_of_work/public_services_lab/make_it_local/assets/features/birmingham_civic_dashboard">A Birmingham se mettent en place des tableaux de bord civiques</a> qui a pour but de montrer les demandes que font les habitants à leurs administrations et d&#8217;évaluer leur traitement. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/civicbirminghamdashboard.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/civicbirminghamdashboard.png" alt="civicbirminghamdashboard" title="civicbirminghamdashboard" width="540" height="378" class="alignnone size-full wp-image-14403" /></a><br />
<i>Image : Le tableau de suivi des demandes des citoyens de Birmingham, permettant à l&#8217;administration de cartographier les requêtes, de les qualifier, de traçer les réponses&#8230;</i></p>
<p>A Londres, <a href="http://data.london.gov.uk/">le répertoire de données de la ville</a> a permis par exemple de <a href="http://citybeast.com/londoncyclists.html">lister et visualiser les endroits les plus dangereux à vélo de la ville</a>. <a href="http://mydex.org">MyDex</a> est un nouveau projet qui permet aux citoyens de redevenir maître de leurs données face au besoin des entreprises et des administrations, leur permettant de faire attention à leurs données et de limiter les abus de ceux qui les agrègent pour nous.  <a href="http://www.slivers.com">Slivers of Time</a> est une plateforme  permettant de faire de l&#8217;échange de produits ou de services locaux, dans le cadre du voisinage ou du travail. <a href="http://www.tyze.com">Tyze</a> est un système qui permet d&#8217;approfondir les relations sociales plutôt que les étendre, comme le proposent la plupart des réseaux sociaux, en s&#8217;intéressant à comment approfondir les réseaux de soutien de personnes dépendantes comme les handicapés ou les personnes âgées. <a href="http://www.maslaha.org">Maslaha</a> est un site participatif créé à la demande d&#8217;adolescents britanniques musulmans qui souhaitent avoir un espace pour demander des conseils sur les dilemmes auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne pour vivre leur religion. C&#8217;est un espace social qui leur permet d&#8217;échanger et de recevoir des réponses simples à leurs problèmes comme, que fait-on si on est diabétique pendant le ramadan&#8230; <i>&#8220;Encore une idée simple qui tente de relever des aspirations humaines et d&#8217;humaniser la technologie&#8221;</i>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/mashalahomepage.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/mashalahomepage.png" alt="mashalahomepage" title="mashalahomepage" width="540" height="314" class="alignnone size-full wp-image-14404" /></a><br />
<i>Image : la page d&#8217;accueil de Maslaha.</i></p>
<p><a href="http://www.actionforhappiness.org">Action for Hapiness</a> est un autre réseau lancé en avril 2011 qui a pour objet de donner à des gens des outils et des conseils pour avoir des vies plus heureuses. Sur le même principe que Maslaha, il regroupe à la fois des conseils d&#8217;experts, un décryptage des connaissances scientifiques sur ces sujets et des discussions entre les usagers pour qu&#8217;ils échangent leurs méthodes pour être heureux. <i>&#8220;Là encore, c&#8217;est un système hybride entre des choses très ouvertes et très fermées, entre des choses très hiérarchiques et d&#8217;autres très horizontales&#8221;</i>, commente Geoff Mulgan. </p>
<p><a href="http://www.sicamp.org">Les Social Innovation Camp</a> sont également des formes d&#8217;action pour soutenir des projets d&#8217;innovation sociale qui a permis de faire éclore des programmes comme <a href="http://enabledbydesign.org">Enabled by Design</a>, qui est un site qui fait travailler des designers à des projets autour du handicap, <a href="http://www.mypolice.org">My Police</a> pour lancer une conversation entre policiers et citoyens. L&#8217;un des derniers projets primés par les Social Innovation Camp  &#8211; <a href="http://www.sicamp.org/food-radar-win-social-innovation-camp-june-2011/">Food Radar</a> &#8211; est un projet qui vise à utiliser des aliments non utilisés à la fin de la journée dans les restaurants afin d&#8217;éviter le gaspillage. </p>
<p><a href="http://the-young-foundation.tagmap.co.uk">I DO Ideas</a> est un site pour faciliter le soutien aux projets des adolescents. <i>&#8220;Plutôt que de leur demander de remplir un formulaire pour obtenir une subvention, on leur demande de publier une vidéo qui explique leur projet.&#8221;</i> </p>
<p>Il y a un an, la Young Foundation a lancé les <a href="http://www.studioschoolstrust.org">Studio School</a> des écoles pour des adolescents qui détestent l&#8217;école. Pour fonctionner, elles ont supprimé les bureaux pour fonctionner en mode projets avec des partenaires et des entreprises extérieures. Une dizaine ont été ouvertes, avec pour but d&#8217;intégrer l&#8217;apprentissage dans l&#8217;action, dans le &#8220;faire&#8221;. <i>&#8220;Il faut bien voir, là encore, que la technologie n&#8217;est pas le point de départ. Dans les années 90, on implantait la technologie dans les classes, sans grand succès. Ici, tout repose sur l&#8217;esprit de l&#8217;éducation. Cerner le problème pour bâtir des relations autour&#8221;</i>, estime Geoff Mulgan.</p>
<p>Geoff Mulgan pourrait continuer longtemps a lister des projets stimulants&#8230; Pour lui, ce qu&#8217;il faut en retenir, c&#8217;est la valeur de la synthèse entre hiérarchies et réseaux ouverts, permettant de faire des liens entre deux mondes. Il y a là assurément un espace de discussion qu&#8217;essayent d&#8217;habiter les <a href="http://www.nesta.org.uk/areas_of_work/public_services_lab">laboratoires du service public du Nesta</a> ou <a href="http://www.youngfoundation.org/our-work">les travaux de la Young Foundation</a>&#8230;</p>
<p>Cependant, tout ne marche pas, reconnaît avec lucidité le gourou de l&#8217;innovation sociale britannique. <a href="http://www.police.govt.nz/news/release/3370.html">La police néo-zélandaise a essayé de faire une législation sur son fonctionnement sur un wiki</a> sans grand succès. Aux Etats-Unis, <a href="http://www.peertopatent.org/">Peer to Patent</a>, un système de commentaires sur les brevets fonctionne bien, mais <a href="http://www.challenge.gov/">Challenge.gov</a>, qui avait pour but de capter des propositions citoyennes pour le gouvernement, lui, fonctionne assez mal. </p>
<p><i>&#8220;Comment peut-on mieux apprendre à mesure que l&#8217;innovation accélère ? Qu&#8217;est-ce qui marche vraiment dans le domaine du crowdsourcing, de l&#8217;innovation, des systèmes participatifs ?&#8221;</i></p>
<p>Au Nesta, le <a href="http://socialinnovationexchange.org/">Social Innovation Exchange</a>, un réseau social autour de l&#8217;innovation sociale, essaye de regarder ce qui marche et ne marche pas. <a href="http://www.youngfoundation.org/our-work/international-ii/the-global-innovation-academy/the-global-innovation-academy">The Global Innovation Academy</a> essaye de faire le même travail au niveau mondial. Il est important de rendre l&#8217;innovation simple, compréhensible, facile à appréhender pour les gens. Elle ne doit pas seulement être &#8220;quelque chose pour les experts&#8221;, explique encore Geoff Mulgan. <i>&#8220;Ce que l&#8217;on constate, c&#8217;est que les innovations dans le domaine social ne sont pas des percées fondamentales ou des choses très originales. Elles reposent souvent sur des méthodes faciles à décrire comme l&#8217;inversion (via des jeux de rôles où les paysans deviennent des banquiers, les patients deviennent des médecins&#8230;), l&#8217;intégration (mise en place de conseillers personnels&#8230;), la différenciation (via la personnalisation ou la segmentation des services)&#8230; et bien sûr la créativité&#8221;</i>. &#8220;Des outils de conception sociale démocratique&#8221;, comme il les appelle dans <a href="http://liftconference.com/files/1-GMULGAN.pdf">sa présentation (.pdf)</a>. <i>&#8220;Mais ce ne sont que des méthodes pour développer des idées originales. Il n&#8217;y a pas de mystère autour du processus d&#8217;innovation : il n&#8217;est pas si difficile à mettre en place.&#8221;</i> </p>
<p><i>&#8220;Ce que nous avons appris du fonctionnement du cerveau c&#8217;est qu&#8217;il sait aussi arrêter les flux d&#8217;information. Il faut obtenir le bon équilibre entre le flux et l&#8217;ouverture. Le silence permet aussi de réfléchir. Il nous faut des technos qui nous aident à retrouver le silence et aussi des technos qui nous aident à accélérer le flux de données. Nous avons besoin d&#8217;être à la fois rapides et lents, ouverts et fermés, tout le temps connectés et déconnectés. Beaucoup de choses ne vont pas fonctionner dans l&#8217;intelligence collective. Ces initiatives doivent accepter l&#8217;échec, expérimenter. L&#8217;intelligence collective comme toutes les intelligences a besoin de grammaires, de structures&#8230; Et c&#8217;est à nous de comprendre celles qui fonctionnent le mieux.&#8221;</i> </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-collective/" title="intelligence collective" rel="tag nofollow">intelligence collective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/open-innovation/" title="open innovation" rel="tag nofollow">open innovation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-20/" title="web 2.0" rel="tag nofollow">web 2.0</a><br />
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		<title>Comment exploiter le crowdsourcing ?</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 08:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Edial Dekker est le cofondateur du groupe &#8220;hacker le gouvernement&#8220;, le plus important mouvement hollandais sur l&#8217;open data. Aujourd&#8217;hui, il dirige également Gidsy, une startup qui promet un &#8220;marché de l’expérience authentique&#8221;. Derrière cette appellation curieuse se cache, en fait, un service collaboratif où chacun peut proposer à ses pairs de partager une expérience touristique, par exemple organiser une activité&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.edial.nl/">Edial Dekker</a> est le cofondateur du groupe <a href="http://www.hackdeoverheid.nl/">&#8220;hacker le gouvernement</a>&#8220;, le plus important mouvement hollandais sur l&#8217;open data. Aujourd&#8217;hui, il dirige également <a href="http://gidsy.com/">Gidsy</a>, une startup qui promet un &#8220;marché de l’expérience authentique&#8221;. Derrière cette appellation curieuse se cache, en fait, un service collaboratif où chacun peut proposer à ses pairs de partager une expérience touristique, par exemple organiser une activité typique, ou essayer de nouvelles recettes de cuisine locale, etc. </p>
<p>&#8220;Nous avons des problèmes&#8221; a expliqué Dekker sur la scène de <a href="http://www.liftconference.com">Lift</a> : on se remet difficilement d&#8217;une crise économique, nos ressources naturelles s’épuisent et la mondialisation elle-même a probablement ses limites. </p>
<p>La question est donc de recréer de nouvelles manières d&#8217;apprendre et de consommer, comme celles que prône Tom Hodgkinson dans son livre <i><a href="http://www.amazon.com/Brave-Old-World-Tom-Hodgkinson/dp/0241143748/internetnet-21">Brave Old World</a></i>. L&#8217;idée de base de Dekker, c&#8217;est qu&#8217;un énorme gâchis de compétences et de ressources s&#8217;accumule parce que nous ne savons pas correctement associer l&#8217;offre et la demande dans tous les domaines. </p>
<p>Dekker cite dans le secteur de l&#8217;apprentissage plusieurs expériences comme la <a href="http://www.theschooloflife.com/">School of life</a> à Londres, où des participants donnent des cours sur les aspects les plus quotidiens de nos vies : faire des photos de vacances, trouver un(e) petit(e) ami(e), etc. ces cours ont beaucoup de succès et il faut s&#8217;inscrire longtemps à l&#8217;avance.</p>
<p>Autre exemple <a href="http://www.howtohomestead.org/">how to homestead</a> (qu&#8217;on pourrait traduire par &#8220;Comment se re-ruraliser&#8221;) un site de conseils en vidéo pour réapprendre des pratiques rurales comme tuer un poulet ou pour économiser de l&#8217;eau quand on fait la vaisselle, ou faire du pain, etc. Dekker ne manque pas d&#8217;exemples de ce genre de connaissances partagées. Il raconte ainsi que la mère d&#8217;un de ses amis s&#8217;était décidée de donner des cours de cuisines à des hommes néerlandais de plus de 50 ans. Elle a été tellement dépassée par son succès qu&#8217;elle a dû mettre le holà aux inscriptions. </p>
<p>Le défi aujourd&#8217;hui consiste donc à mettre en relation les ressources &#8220;en trop&#8221; et les besoins. Il s&#8217;agit de privilégier l&#8217;accès plutôt que la propriété : en effet à quoi sert une perceuse lorsque personne ne s&#8217;en sert ? </p>
<p>Cela dit, toute startup se lançant dans le marché de &#8220;l&#8217;externalisation ouverte&#8221; (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing">crowdsourcing</a>) doit se poser un certain nombre de questions qui conditionneront son succès. Ce qui caractérise les différentes organisations ou entreprises se basant sur ce modèle est une plus grande capacité de mise à l’échelle (elles peuvent passer d&#8217;un petit groupe à un énorme public sans trop de difficulté), une possibilité de croissance importante (voire l&#8217;article sur <a href="http://www.internetactu.net/2011/07/13/faire-sa-propre-ville-comment-les-gens-prennent-ils-le-pouvoir/">Robin Chase</a> qui donne de nombreux exemples sur le sujet) et de l&#8217;offre en excès. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/etsykalin.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/etsykalin.png" alt="etsykalin" title="etsykalin" width="540" height="405" class="alignnone size-full wp-image-14349" /></a><br />
<i>Image : Rob Kalin d&#8217;Etsy &#8220;Rendez vos produits le plus humains possible&#8221;, <a href="http://liftconference.com/files/2-EDIAL.pdf">extrait de la présentation d&#8217;Edial Dekker</a>.</i></p>
<p>La question qu&#8217;un organisateur doit se poser est la taille du marché auquel il s&#8217;adresse. Cette question est plus compliquée qu&#8217;il n&#8217;y paraît. Le cas d&#8217;<a href="http://www.etsy.com/">Etsy</a> est symptomatique à cet égard. Cette société se propose de vendre des objets artisanaux, faits à la maison par des particuliers. Il n’existait qu&#8217;une demande très réduite dans ce secteur avant la création de la startup, il y a 6 ans. Pourtant, le succès d&#8217;Etsy est phénoménal : le service possède 7 millions d&#8217;utilisateurs enregistrés et aurait engrangé, en 2010, 314 millions de dollars de revenus. Il ne s&#8217;agit pas pour autant, note Dekker, de proposer les produits sans packaging ni sélection. Etsy est volontiers &#8220;branché&#8221;, organise des évènements, des formations, etc. De plus, remarque Dekker, les concepteurs d&#8217;Etsy se sont arrangés pour rendre leur service attractif en développant de nombreuses fonctionnalités de filtrage social. </p>
<p>L&#8217;exemple d&#8217;Etsy nous montre en tout cas que ces nouveaux types d&#8217;entreprises ne se contentent pas de répondre à un besoin : elles le créent. Via quelques slogans&#8230; <i>&#8220;Facilitez les conversations&#8221;</i>, <a href="http://www.internetactu.net/2008/09/30/jiry-engestrom-comprendre-le-caractere-social-de-nos-objets/">comme le dit Jyri Engeström</a>. <i>&#8220;Rendez vos produits le plus humains possible&#8221;</i>, comme l&#8217;explique Rob Kalin le fondateur d&#8217;Etsy. Ou <i>&#8220;Cela commence avec des puces et cela termine par la confiance&#8221;</i>, comme l&#8217;affirmait déjà Kevin Kelly dans son livre <i><a href="http://www.amazon.fr/New-Rules-Economy-Strategies-Connected/dp/0670881112/internetnet-21">New Rules for the New Economy : 10 Radical Strategies for a Connected World</a></i>. Autant de slogans que résume l&#8217;une des phrases clés de la conférence de Dekker : <i>&#8220;Ne cherchez pas à répondre à un problème, cherchez des opportunités&#8221;</i>. </p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag nofollow">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/craftware/" title="craftware" rel="tag nofollow">craftware</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-sociale/" title="innovation sociale" rel="tag nofollow">innovation sociale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a><br />
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		<title>Brewster Kahle, Internet Archive : &#8220;Le meilleur du web est déjà perdu&#8221;</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/06/28/brewster-kahle-internet-archive-le-meilleur-du-web-est-deja-perdu/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 05:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le dernier numéro de Place de la Toile, Xavier de la Porte recevait Brewster Kahle, fondateur depuis 1996 et président de l&#8217;Internet Archive, cette organisation non gouvernementale américaine à but non lucratif consacrée à l’archivage du Web. Pour traduire ses propos, l&#8217;équipe de Place de la Toile a rédigé le transcript de son interview. Pour ceux qui ne l&#8217;auraient&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-archiver-le-web-le-hacking-artistique-de-ztohoven-2011-06-26.html">Dans le dernier numéro de Place de la Toile</a>, Xavier de la Porte recevait Brewster Kahle, fondateur depuis 1996 et président de l&#8217;<a href="http://www.archive.org/">Internet Archive</a>, cette organisation non gouvernementale américaine à but non lucratif consacrée à l’archivage du Web. Pour traduire ses propos, l&#8217;équipe de <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> a rédigé le transcript de son interview. <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-archiver-le-web-le-hacking-artistique-de-ztohoven-2011-06-26.html">Pour ceux qui ne l&#8217;auraient pas déjà écouté</a>, le voici. L&#8217;occasion de revenir sur le rôle de l&#8217;archivage du web dans un monde où la circulation de l&#8217;information est toujours plus rapide et durée de vie de l&#8217;information toujours plus courte. </p></blockquote>
<p><strong>Place de la Toile : Qu’est-ce que l&#8217;<a href="http://www.archive.org/">Internet Archive</a>, et comment fonctionne-t-elle ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> L&#8217; Internet Archive est une bibliothèque numérique à but non lucratif. Elle est située aux États-Unis et sa visée, à la fois sociale et technologique, est de permettre un accès universel à l&#8217;ensemble de la connaissance : tous les livres, toute la musique, toutes les vidéos, accessibles partout, par tous. Notre but est de collecter le travail de l&#8217;humanité et de le rendre accessible à ceux qui voudraient l’utiliser pour s’instruire. Notre base, c’est ce qui a été publié, c&#8217;est-à-dire les choses qui ont été pensées pour être publiques : un livre, une page web ou un billet de blog ; même les tweets&#8230; A l&#8217;inverse, le contenu de Facebook est censé être privé&#8230; et de fait ça devient plus confus quand on aborde des publications qui s&#8217;adressent à une certaine communauté&#8230; On se cantonne par conséquent au domaine public : donc les blogs, oui, c&#8217;est fondamental, les tweets, Flickr ou Youtube&#8230; Mais Facebook et autres communautés privées, c&#8217;est pour une prochaine étape du projet, qui supposerait des conditions d&#8217;accès différentes&#8230;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Brewster-Kahle.JPG"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Brewster-Kahle.JPG" alt="Brewster Kahle" title="Brewster Kahle" width="580" /></a><br />
<i>Image : Brewster Kahle par l&#8217;équipe de #pdlt.</i></p>
<p>Pour donner une idée de l&#8217;étendue de ce projet : la bibliothèque du Congrès, c&#8217;est une collection de 26 millions de livres. Un livre, en document Word, représente 1 mégaoctet &#8211; &#8230;dans l&#8217;ordre méga, giga, téra&#8230; &#8211; donc 26 millions de livres, ça nous fait 26 téraoctets&#8230; Or désormais, dans le magasin du coin, vous pouvez acheter un disque dur de 2 téraoctets pour environ 150 euros ; si vous achetez 13 de ces disques durs &#8211; ça rentre dans un caddie ! -, vous pouvez disposer de tous les livres de la bibliothèque du Congrès&#8230; A condition de respecter les étapes de la numérisation, il est donc possible de disposer de tout ce qui a jamais été publié : livres, musique, vidéo, et même les pages web et la télévision en ligne.</p>
<p>En ce qui concerne les pages web, on utilise un <i>crawler</i> semblable à celui des moteurs de recherche comme Google, c&#8217;est-à-dire un robot qui parcoure les pages, les télécharge, les entrepose, puis repère les liens qui s&#8217;y trouvent et les ajoute a une liste. On répète alors le processus avec les pages auxquelles renvoient les liens de cette liste, etc. jusqu&#8217;à épuisement.</p>
<p>Eh oui, c&#8217;est sûr, au final on rate beaucoup de choses, mais on tente d&#8217;avoir la meilleure collection possible. Car la durée de vie moyenne d&#8217;une page web avant qu&#8217;elle ne soit supprimée ou modifiée est d&#8217;environ 100 jours ! &#8230; Le web est constamment en train d&#8217;évoluer et de disparaître : on peut dire qui si on s’en tient aux statistiques, le meilleur du web est déjà perdu&#8230;</p>
<p>Quant a ceux qui veulent échapper au <i>crawler</i>, hé bien il existe des conventions qui sont utilisées par les moteurs de recherche pour dire au robot de passer son chemin : cela s&#8217;appelle <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_d'exclusion_des_robots">les protocoles d&#8217;exclusion des robots</a>.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Comment cette Archive en ligne est-elle financée ? Je pense notamment au rôle joué par la Fondation Kahle/Austin, que vous avez fondée avec votre femme ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> L&#8217;Internet Archive, à l&#8217;heure actuelle, c&#8217;est environ 200 personnes dont 50 programmeurs, bibliothécaires et administrateurs, et 150 personnes qui scannent des livres&#8230; 23 bibliothèques dans 6 pays différents travaillent à cette numérisation. Le coût, pour l&#8217;ensemble de l&#8217;organisation, ordinateurs compris, est d&#8217;environ 15 millions de dollars par an. Les fonds proviennent des bibliothèques nationales qui nous donnent de l&#8217;argent pour archiver le web de leur pays et leur livrer, et aussi des plus petites qui nous payent 10 cents pour chaque page scannée &#8211; c&#8217;est bien meilleur marché qu&#8217;ailleurs, sachant que les pages sont accessibles en permanence ; on numérise ainsi 1000 livres par jour : ça représente 7 millions de dollars sur l’année. On reçoit aussi quelques subventions fédérales pour la bande passante, et les Fondations, elles, financent de nouveaux projets, comme la fondation « Kahle-Austin » qui s&#8217;assure avant tout que la lumière reste allumée.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Tant qu’elle le reste, le volume de données augmente de 100 téraoctets par mois, je crois : autant dire que la tâche semble infinie. D’où ma question Brewster Kahle, ne craignez-vous pas d’atteindre une masse critique ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> On essaie de construire la bibliothèque d&#8217;Alexandrie, 2e version. La première version avait deux limites que l&#8217;on voudrait éviter cette fois-ci : d’abord, pour consulter, on devait se déplacer à Alexandrie, merveilleux centre de la connaissance du monde ancien. A présent nous voulons rendre cette connaissance accessible à tous, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un enfant kenyan – ou français – qui s’intéresserait aux mathématiques et voudrait accéder d’où il veut, quand il veut, aux conférences de la Sorbonne ou de Harvard. C’est un projet gigantesque&#8230; je ne pense pas qu&#8217;il y ait un risque de saturation.</p>
<p>L&#8217;autre limite bien connue de la bibliothèque d&#8217;Alexandrie, hé bien c&#8217;est d&#8217;avoir&#8230; brulé. Elle a existé environ 500 ans ce n&#8217;est pas négligeable, mais si des copies avaient été faites, les œuvres cachées d&#8217;Aristote ou les autres pièces de théâtre d&#8217;Euripide seraient encore disponibles. Comment éviter cela ? Enfouir ces œuvres dans le désert, ou les copier et les mettre dans plusieurs endroits ?! Si des copies d’Alexandrie avaient été entreposées en Inde ou en Chine, elles auraient été sauvées, car pendant que l&#8217;Europe connaissait alors des temps sombres, ces civilisations, elles, s&#8217;en sortaient très bien&#8230;</p>
<p>Aujourd&#8217;hui on est à San Francisco, ville connue pour ses tremblements de terre : donc, on a mis des copies partielles de nos fichiers à Amsterdam, ici à l&#8217;<a href="http://www.europarchive.org/">European Archive</a> et aussi dans la nouvelle bibliothèque d&#8217;Alexandrie, en Égypte. Voilà notre stratégie à long terme : le tout c&#8217;est d&#8217;avoir un ego enclin au partage…</p>
<p><strong>Place de la Toile : Ego qui lui, ne serait pas vraiment en partage si je vous comprends bien&#8230; C&#8217;est vrai qu&#8217;Internet Archive n’est pas le seul projet de bibliothèque numérique… or il y a forcément des contenus qui se recoupent entre ces différents projets : n’auriez-vous pas plutôt intérêt à unir vos efforts ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong>  Si seulement on pouvait travailler ensemble&#8230; Mais pour cela il faut un certain degré d&#8217;ouverture. <a href="http://www.oclc.org">OCLC</a> ne nous a pas offert ses fichiers qui contiennent les catalogues de titres de toutes les bibliothèques du monde&#8230; Ils ne l&#8217;ont pas rendu vraiment utilisable par le public sur internet&#8230; Donc, nous avons dû trouver une autre solution : et on a construit <a href="http://openlibrary.org/">OpenLibrary.org</a>, un site où chaque livre dispose de sa page web et où les bibliothèques peuvent envoyer leur catalogue respectif. C&#8217;est un site amusant, car il fonctionne en mode wiki, c&#8217;est une sorte de Wikipédia des livres&#8230; On espère pouvoir un jour fusionner avec le catalogue OCLC&#8230;</p>
<p>Google a aussi opté pour une approche privée, mais comme bon nombre des livres que Google a numérisé relèvent du domaine public, des gens se sont mis à les télécharger dans l&#8217;Internet Archive&#8230; On voudrait encourager cela, c&#8217;est une super idée ! On a pu ainsi récupérer environ 800 000 livres, mais il y en a encore un million qui attend, donc si vos auditeurs veulent faire quelque chose : &#8220;s&#8217;il vous plaît, téléchargez des livres du domaine public dans le monde OpenSource, dans le monde du libre&#8230;&#8221;</p>
<p>En un sens c&#8217;est un d&#8217;affrontement du type Microsoft VERSUS Linux : d&#8217;un côté ceux qui veulent contrôler l&#8217;information, de l&#8217;autre ceux qui s&#8217;emploient à la garder libre et ouverte&#8230;</p>
<p>Le monde du libre &#8211; Linux, Wikipédia, Internet Archive, Mozilla qui fabrique Firefox, la fondation Linux &#8211; tout ce monde s&#8217;en sort très bien&#8230; cet univers non lucratif qui paie les gens pour leur travail, et les bibliothèques qui paient les gens et les éditeurs s&#8217;en sortent très bien sur internet. Nous on voudrait plus de données interconnectées, une création plus active, et moins de barrières entre les informations&#8230; Je pense que même les organisations qui cherchent le profit sont en mesure de laisser leurs contenus ouverts et disponibles, tout en continuant à rapporter de l&#8217;argent a leurs actionnaires&#8230; Bon&#8230; maintenant, il suffit d&#8217;y aller&#8230;</p>
<p><strong>Place de la Toile : Quelle volonté, quelle philosophie président à cette entreprise immense ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> Juste de construire une bibliothèque ! Il y a beaucoup de gens pour dire que tout est nouveau… qu&#8217;avec toutes ces nouvelles technologies, il n&#8217;y aurait pas besoin de se tourner vers le passé. Je ne pense pas&#8230; : au contraire, grâce à elle, nous devrions tirer les avantages de tout ce que nous avons construit en tant qu&#8217;humain&#8230; Cela peut sembler bizarre d&#8217;avoir une archive internet, une bibliothèque de l&#8217;internet&#8230; ça parait un peu &#8220;rétro&#8221; n&#8217;est-ce pas ? </p>
<p>Mais ça tombe sous le sens&#8230; Il faut juste que nous actualisions ce que nous savons des archives et des bibliothèques. On encourage toutes les structures à le faire, et c&#8217;est quelque chose qui nous enthousiasme beaucoup : on a des réunions avec la Bibliothèque Nationale de France par exemple, à qui on dit : aux États-Unis et au Canada, on commence à prêter en ligne des livres du 21e siècle, mais de telle façon qu&#8217;une seule personne à la fois puisse le lire&#8230; &#8220;Mais, mon dieu, pourquoi faites-vous cela aujourd&#8217;hui, a l&#8217;ère numérique ?!&#8221;</p>
<p>Hé bien, répondent-ils : c&#8217;est une histoire de &#8220;copyright&#8221;&#8230;. On veut juste agir comme une bibliothèque est censée le faire, et pas comme le font les éditeurs : on veut rendre ces livres disponibles en format électronique&#8230;</p>
<p>Je suis très inquiet de l&#8217;oubli du passé. Plus exactement, il ne sera pas oublié, il sera juste insignifiant. Dans les bibliothèques du futur, nos enfants apprendront uniquement avec ce qui est a portée de leurs doigts ; notre mission, en tant qu&#8217;adultes, c&#8217;est d&#8217;y mettre le meilleur ; aujourd&#8217;hui ils apprennent avec internet, mais il ne contient pas le meilleur : pour le mettre entre les mains de nos enfants, il faut le numériser. Il y a bien des choses qui s&#8217;opposent à cette tentative : de vieilles idées pour la plupart, comme le copyright, qui ont besoin d&#8217;être actualisées, de telle façon que les gens soient payés, certes, mais payés en fonction de cette nouvelle conception de l&#8217;accès ; sinon les œuvres finissent par disparaître.</p>
<p>Or il faut les rendre non pas moins accessibles, mais davantage, et trouver de nouvelles façons de rétribuer tout le monde. Donc non, je n&#8217;ai pas peur que les choses disparaissent complètement, mais bien qu&#8217;elles deviennent insignifiantes.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Une célèbre citation du <i>Faust</i> de Goethe dit ceci : “ce que tu hérites acquiert-le, afin de le posséder” ; pour ce qui relève de l’héritage, on voit bien tout ce que peut apporter l’internet Archive Brewster Kahle, mais comment se l’approprier, pour que ça ne soit pas seulement réservé aux savants, aux historiens et scientifiques ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> Devoir se débrouiller avec cette masse d&#8217;informations qui nous entoure, c&#8217;est périlleux&#8230; Et maintenant, en plus, on sait que tout cela nous entoure&#8230; Et l&#8217;on est constamment sollicité, arrosé par des flux&#8230; Ce qui nous fait sentir en retard, ou stupide ou que sais-je. Cela implique de penser différemment. Je le vois par rapport à mes propres années d&#8217;étude, où il suffisait de lire les manuels pour croire que l&#8217;on savait distinguer le bon du mauvais ; désormais on peut lire de nombreux points de vue sur à peu près tous les sujets&#8230; Les choses deviennent plus complexes.</p>
<p>Mes enfants sont très au fait de toutes ces informations qui leur sont transmises, pourtant certaines d&#8217;entre elles ne conviennent pas ! Et ils sont beaucoup plus jeunes, alors que moi, j&#8217;ai eu beaucoup plus de temps pour m&#8217;en rendre compte. </p>
<p>Je pense que les gens s&#8217;adaptent&#8230; Mais comment le font-ils dans cette abondance d&#8217;informations ? Tout dépend de la façon dont nos technologies nous aident à trouver des choses afin que ça ne soit pas simplement au petit bonheur la chance&#8230; Y arrivons-nous ? Ça nous rend anxieux, stressés, de faire face à des désastres à l&#8217;autre bout du monde, à des atrocités que l&#8217;on aurait peut-être ignorées dans d&#8217;autres circonstances. Nous nous sentons davantage coupables&#8230; Est-ce pour le mieux ? Je pense qu&#8217;à long terme, c&#8217;est une chance que d&#8217;avoir cette information disponible, tant qu&#8217;elle reste précise, et tant qu&#8217;il y a encore de vrais auteurs qui ne sont pas juste employés à relayer la vision d&#8217;une entreprise&#8230;</p>
<p><strong>Place de la Toile : Que pensez-vous du projet d’archivage total d’une vie entrepris par Gordon Bell, vétéran de Microsoft : un projet comme celui-ci, appelé <a href="http://research.microsoft.com/en-us/projects/mylifebits/">MyLifeBits</a> présente-t-il un intérêt pour vous à l&#8217;Internet Archive ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> C&#8217;est un projet fantastique&#8230; Gordon Bell fut l&#8217;un des grands architectes des ordinateurs. Il a entrepris de tout numériser de sa vie, toutes ses conversations, tout ; nous on a numérisé ses livres donc il peut déjà les mettre sur son ordinateur et les parcourir de n’importe où&#8230;</p>
<p>Il essaie de vivre le monde virtuel, mais de le vivre physiquement je veux dire, il interagit avec des personnes, mais il numérise tout, et tâche d&#8217;en tirer un sens&#8230; C&#8217;est totalement avant-gardiste !</p>
<p>Nous avons tenu une conférence sur les archives numériques personnelles il n&#8217;y a pas très longtemps, Gordon Bell était là, ce fut très instructif. Désormais, les gens conservent leur vie en ligne, leurs photos sur Fickr, leurs vidéos sur Youtube ; ils partagent sur telle ou telle plateforme, mais comment faire pour que cela dure ? Nous sommes en train d&#8217;inventer les outils pour numériser non seulement ce que contiennent les cartons de nos garages, mais également l&#8217;ensemble du matériau qui nous entoure, pour que notre descendance y ait accès.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Mais Brewster Kahle, vivre sa vie, n’est-ce pas aussi savoir oublier ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> Même aujourd&#8217;hui je ne trouve pas qu&#8217;il soit si difficile d&#8217;oublier ! Je ne sais pas pour vous, mais j&#8217;ai déjà du mal à trouver ce que je cherche ! Je ne sais pas&#8230; il y a bien des gens pour penser que nous vivons un âge sombre, que l&#8217;on ne retiendra rien de cette époque du numérique, où nos merveilles sont rédigées avec Microsoft Word et simplement enregistrées.</p>
<p>Aussi je suis plutôt inquiet de perdre quantité d&#8217;information, alors même que nous pouvons aujourd&#8217;hui tout sauvegarder. Nous vivons une ère paradoxale : il est grand temps de devenir maître de notre avenir, en créant les logiciels du monde dans lequel nous voulons vivre&#8230;</p>
<p>Un monde qui ne s&#8217;impose pas à nous, qui ne nous est pas offert voire vendu par une grande entreprise. Il nous faut choisir la vie que nous souhaitons mener, et nous donner les moyens d’y parvenir.</p>
<p><i>Propos recueillis, traduits et retranscrits par Thibault Henneton en mars 2011.</i> </p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-archiver-le-web-le-hacking-artistique-de-ztohoven-2011-06-26.html">Pour écouter Brewster Kahle sur Place de la Toile, c&#8217;est par là !</a></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag nofollow">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/science/" title="science" rel="tag nofollow">science</a><br />
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		<title>Makers (2/2) : Refabriquer la société</title>
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		<pubDate>Thu, 26 May 2011 09:29:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Invité extérieur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le mouvement makers est en plein essor, comme le montre la multiplication des lieux qui leurs sont dédiés (voir la première partie de ce dossier). L’éclosion des TechShops, des foires, des ateliers, qui sont pour beaucoup dans une logique de développement et d’essaimage du modèle y participe pleinement. A certains endroits, à San Francisco, le TechShop est au cœur de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le mouvement makers est en plein essor, comme le montre la multiplication des lieux qui leurs sont dédiés (<a href="http://www.internetactu.net/2011/05/25/makers-12-faire-societe/">voir la première partie de ce dossier</a>). L’éclosion des TechShops, des foires, des ateliers, qui sont pour beaucoup dans une logique de développement et d’essaimage du modèle y participe pleinement. A certains endroits, à San Francisco, le TechShop est au cœur de la réhabilitation d’un quartier (comme c’est le cas à South Market). Mais surtout, ces lieux s’implantent au coeur d’un écosystème qui favorise leur développement : écoles, musées, start-ups et grands acteurs de l’internet qui souhaitent redéployer leur activité en centre-ville&#8230; </p>
<h3>Faire société : des lieux et de leurs enjeux</h3>
<p>Pour <a href="http://www.teachmetomake.com">Michael Shiloh</a>, l’enjeu va bien au-delà des lieux. Il consiste à réintroduire l’envie de faire des choses. Il consiste à <i>&#8220;permettre aux enfants de faire et pas seulement d’apprendre&#8221;</i>. Avec ses ateliers itinérants, Michael Shiloh souhaite montrer à chacun son potentiel de créativité. <i>&#8220;Il faut redonner confiance aux enfants, leur apprendre à faire des choses&#8230;&#8221;</i></p>
<p>On devine derrière ce mouvement makers, un véritable enjeu pour un apprentissage différent. On pense bien sûr à nos écoles, à nos enfants, où la culture du faire est très peu présente si ce n’est inexistante. En France, il y a fort heureusement quelques initiatives comme celle des <a href="http://www.lespetitsdebrouillards.org/">petits débrouillards</a> qui proposent des ateliers après l’école. Mais ce n’est que trop embryonnaire&#8230; Plus encore, on devine derrière ce mouvement une vraie remise en cause de notre système éducatif et de nos manières d’apprendre, <a href="http://www.internetactu.net/2010/10/28/est-ce-que-la-technologie-sauvera-le-monde/">comme l’expliquait Kevin Kelly dans un récent article</a> : <i>&#8220;ce que nous apporte avant tout la technologie ne repose pas sur des solutions toutes faites, mais au contraire, sur le fait que la technologie nous pousse toujours à apprendre. La leçon de la technologie ne repose pas dans ce qu’elle permet de faire, mais dans le processus.&#8221;</i> En donnant tout entier corps au processus, à l’action de &#8220;faire&#8221;, les <i>makers</i> rappellent quelque chose d’essentiel à l’apprentissage. </p>
<h3>Reprendre confiance dans sa capacité à créer</h3>
<p>Les animateurs de workshops rencontrés ont partagé avec nous un constat fort : la plupart des participants manquent de confiance en eux en ce qui concerne leur capacité à créer. Pour Michael Shiloh comme pour Mike Petrich du <a href="http://tinkering.exploratorium.edu/">Tinkering Studio</a>, pour Dale Dougherty de <i><a href="http://makezine.com/">Make Magazine</a></i> comme pour <a href="http://www.blikstein.com/paulo/">Paulo Blikstein</a> du FabLab de Stanford : la réassurance est une des problématiques qui doit être anticipée dès les phases de création et d’animation du lieu de fabrication numérique.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/makerspaces.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/makerspaces.jpg" alt="makerspaces" title="makerspaces" width="540" /></a><i>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/5557504711/in/set-72157626378384264">visite du Maker Space avec Michael Shiloh</a>.</i></p>
<p>Tout le monde ne s’improvise pas designer ou ingénieur électronique – et ce n’est d’ailleurs pas la vocation de ces lieux. La démarche pour la plupart des acteurs du réseau consiste donc à associer plusieurs pratiques, visant toutes à créer un environnement créatif rassurant tout en restant ambitieux. Parmi ces &#8220;bonnes pratiques&#8221;, trois nous semblent essentielles au sein même du lieu de fabrication : l’équipe d’animateurs, la dynamique de communauté et l’organisation de l’espace.</p>
<p>Dans tous les &#8220;maker spaces&#8221; que nous avons visités, l’accueil et l’accompagnement par les animateurs du lieu ont été formidables. Très grande disponibilité, attention particulière à nos demandes et partage d’expériences : l’équipe de jeunes chercheurs &#8220;facilitateurs&#8221; du <a href="http://stanfordmakersclub.ning.com/">FabLab de Stanford</a> aussi bien que les artistes du <a href="http://www.theshipyard.org/">Shipyard</a>, les &#8220;Dream coachs&#8221; de <a href="http://techshop.ws/">Techshop</a> comme les membres de <a href="https://www.noisebridge.net/wiki/Noisebridge">Noisebridge</a>. L’échange et la rencontre font réellement partie intégrante de la culture du &#8220;faire&#8221; qui anime ces lieux, même si les styles peuvent être très différents.</p>
<p>Pour le nouvel arrivant comme pour celui qui réalise ses projets au long cours, la vie en communauté est un des autres aspects forts qui permettent d’encourager la confiance en soi et la créativité individuelle. Parce que chacun a ses champs de spécialité (électronique, découpe du bois, couture, ou simplement le désir d’apprendre et de participer), le travail en équipe est naturellement encouragé. A <a href="http://thecrucible.org/">The Crucible</a> (énorme espace d’apprentissage manuel à Oakland) par exemple, les ateliers de réparations de vélo rassemblent les enfants du quartier dans l’atelier chaque samedi, à <a href="http://www.theshipyard.org/">The Shipyard</a> (atelier d’artistes situé lui aussi à Oakland) la cour principale voit se monter chaque année les projets fous présentés à <a href="http://www.burningman.com/">Burning Man</a> qui mêlent métal, feu, électronique, sur lesquels travaillent ensemble des groupes de 10 personnes au minimum (voire 60 ou 200 selon les projets). Tout le monde est invité à participer et le credo principal, relayé en permanence est : <i>&#8220;toi aussi tu peux le faire&#8221;</i>.</p>
<p>Donner confiance passe par l’échange humain donc, mais aussi par la démonstration de ce qui peut être réalisé. Un événement comme <a href="http://makerfaire.com/">Maker Faire</a> par exemple, énorme rassemblement de &#8220;makers&#8221; qui se déroule fin mai dans la Bay Area (et dans bien d’autres villes à travers le monde désormais), a pour vocation à la fois d’être une formidable caverne d’Ali Baba de créations faites maisons, originales et incroyables (présentées par plus de 600 exposants), mais aussi de montrer que derrière chacun de ces projets se cache un amateur passionné, qui a souvent appris et essayé par lui-même pendant son temps libre.</p>
<h3>Transformer, partager : vers une culture Open Source de la fabrication numérique</h3>
<p>Les lieux de fabrication numérique sont le théâtre d’inventions en tout genre, d’expérimentations et de mise en place de projets souvent extraordinaires ! Parce que le mouvement <i>maker</i> défend l’idée de mettre de l’art dans la science et de la science dans l’art, les projets qui voient le jour sont très souvent inédits, particulièrement inventifs et humains.</p>
<p>A <a href="http://www.theshipyard.org/">The Shipyard</a> par exemple, où une vingtaine d’artistes a installé ses ateliers dans des containers à bateau, a été crée une célèbre <i>art car</i> (voiture-œuvre) en forme de maison victorienne mouvante présentée plusieurs fois à Burning Man. Alors que lors de notre visite d’American Steel à Oakland (un quartier composé de hangars et d’ateliers d’artistes) certains étaient occupés à découper un petit avion pour un projet d’envergure ; d’autres ont créé à Noisebridge un robot fauteuil roulant équipé d’un capteur de mouvement issu de la console Kinect de Microsoft. Ces exemples qui sont avant tout des expérimentations soulignent aussi ce goût généralisé du <i>hacking</i>, du détournement d’objets, et la volonté permanente de comprendre comment les choses fonctionnent et peuvent être modifiées.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/voitureoeuvre.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/voitureoeuvre.jpg" alt="voitureoeuvre" title="voitureoeuvre" width="540" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/5557504045/in/set-72157626378384264">la voiture-oeuvre en forme de maison victorienne</a>&#8230;</i></p>
<p>Ce postulat d’ouverture et d’échange est plus qu’un simple goût pour le travail collectif, il s’agit d’un véritable parti-pris, aussi fort que celui qui anime les défenseurs de l’Open Source. Les lieux de fabrication numérique sont ainsi un terrain d’expérimentation pour l’<i>Open Source Hardware</i>, c’est-à-dire non pas seulement pour la conception de logiciels, mais pour la création d’objets dont la conception et fabrication est ouverte à tous. Au sein de ces lieux, la plupart des objets sont en effet créés collectivement et souvent à partir d’autres objets. La pratique la plus courante consiste à partager sa création avec le reste des membres, en mettant en ligne plans, instructions, liste des matériaux, recommandations…en bref, tout ce qui permet de reproduire l’objet chez soi, de le réutiliser, le détourner, l’améliorer. </p>
<p>L’ensemble des <i>makers</i> rencontrés fait le même constat : le projet a plus de chance de réussir s’il est partagé avec les autres parce qu’il s’enrichit et s’améliore au contact de la communauté. La paternité de l’objet est aussi d’autant plus reconnue et protégée que le ou les créateurs présentent leur projet et l’exposent aux autres. Publier son projet sur <a href=http://www.Instructables.com">Instructables.com</a>, le site américain de référence en matière de tutoriaux de fabrication, son fichier 3D sur <a href="http://www.thingiverse.com">Thingiverse.com</a> ou présenter son projet à <a href="http://makerfaire.com/">Maker Faire</a> font souvent partis du trio légitimant.</p>
<p>Une tendance forte parmi les projets créés &#8211; et d’autant plus que ces lieux sont fréquentés par nombre d’ingénieurs logiciels travaillant dans la Baie : faire de ces objets ouverts des objets connectés. Utiliser une roue de vélo comme support à un kit électronique qui permet de créer des motifs visibles uniquement lorsqu’on roule (<a href="http://www.ladyada.net/make/spokepov/">SpokePOV</a>, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=rvhySvxQVgI">vidéo</a>), un porte-clé gadget qui permet d’éteindre n’importe quelle télévision (le fameux <a href="http://www.tvbgone.com/">TV B-Gone</a> imaginé par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mitch_Altman">Mitch Altman</a>), un stylo qui émet des sons si on approche son doigt (<a href="http://www.ladyada.net/make/drawdio/">le Drawdio</a>, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=gDaj3tBSM2M&#038;feature=player_embedded#at=22">vidéo</a>). Les projets qui parviennent à un stade de maturité suffisant pour être montrés, prototypés voire préproduits sont malgré tout bien sûr assez rares, surtout dès lors que l’on touche à l’électronique. La naissance d’un écosystème local de <i>manufacturers</i> semble être la prochaine étape de développement de ce marché du DIY, elle est en tout cas de plus en plus demandée par les &#8220;makers&#8221; de la Baie, pour leur permettre de passer du stade du prototype à la vente de quelques modèles&#8230;</p>
<h3>Du maker space à la start-up</h3>
<p>Si la vision commune des différents lieux de fabrication numérique de la Baie est bien d’encourager la créativité et le partage, certains vont encore plus loin, en se voulant plus que de simples lieux d’expérimentations, mais bien des lieux de prototypage et préproduction industrielle. La différence se joue principalement sur les types de machines présentes et leur accessibilité.</p>
<p>Dans la grande majorité des makers spaces, la machine à découpe laser, qui permet de découper très précisément (depuis des plans en 3D) presque n’importe quelle surface, est la reine. La marque <a href="http://www.epiloglaser.com/">Epilog</a> est clairement leader sur le marché. Parmi les machines que l’on trouve facilement dans ces lieux : imprimantes 3D (en général des <a href="http://www.makerbot.com/">Makerbots</a>, qui permettent de créer des petits objets en volume le plus souvent en plastique à partir d’un fichier 3D), machine à découper le vinyle, machine pour mouler le plastique sous-vide, machine à coudre (notamment pour coudre des fils conducteurs d’électricité) ou studio de photographie, sans compter nombre d’oscilloscopes ou de fers à souder. L’ensemble permet de réaliser un grand nombre de projets. Techshop se démarque avec une offre extrêmement riche et davantage orientée vers les amateurs désireux de prototyper des projets sur des machines de type professionnel (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Water_jet_cutter">WaterJet</a>, machines à travailler le bois, fraiseuses, tours, …).<br />
Lorsqu’il est bien équipé, le <i>maker space</i> devient alors une sorte de mini-usine de quartier, entre club de bricolage et micro-usine adaptée à la production de prototypes et séries limitées. Pour la plupart des makers, ces lieux deviennent peu à peu une réelle opportunité de faire de leur passion ou de leur bonne idée un business, pour un coût accessible. Au sein d’un lieu comme Techshop par exemple, n’importe qui peut venir esquisser son objet, voire même le produire à petite échelle, comme l’a fait <a href="http://www.dodocase.com/">DODOcase</a> le premier mois de son succès. La jeune compagnie San Franciscaine, spécialisée dans la confection de coques pour iPad au design inspiré par <a href="http://www.moleskine.com/">Moleskine</a> et les reliures traditionnelles, a passé ses premières semaines au TechShop de Menlo Park pour designer, réaliser son prototype et produire les premiers exemplaires en petite série. Après deux mois, les commandes affluaient tant que DODOcase a dû passer au stade de production industrielle afin de répondre aux demandes. Un lieu comme le TechShop ne fournit pas d’aide spécifique pour manufacturer ou vendre son produit – c’est un simple espace avec machines à disposition – mais il ne prend pas non plus de commission en cas de réussite du business.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/makerbot.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/makerbot.jpg" alt="makerbot" title="makerbot" width="540"  /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/5558090146/in/set-72157626378338902">Makerbots en série</a>.</i></p>
<p>Passer de la production de prototypes a de petites séries, du soutien de l’initiative individuelle au soutien de micro-projets qui peuvent devenir grand&#8230; On voit bien que se dessine ici une tout autre ambition pour ces espaces. Une ambition qui n’est plus tant dans la réinvention de la société fondée sur le partage, l’ouverture et l’apprentissage, que finalement celle d’une société marchande toujours plus large, plus étendue, plus conquérante. </p>
<p>Une société qui n’est pas sans commencer à poser problème d’ailleurs : récemment <a href="http://arstechnica.com/tech-policy/news/2011/04/the-next-napster-copyright-questions-as-3d-printing-comes-of-age.ars">Ars Technica faisait part de l’arrivée des premiers conflits de propriété liés à des créations qui ont vu le jour dans ces espaces</a>. Plus que le grand public, c’est peut-être bien les avocats qui seront les prochains clients des <i>makerspaces</i>.</p>
<p>Mathilde Berchon et Véronique Routin</p>
<p><i>Véronique Routin est directrice du développement à la <a href="http://www.fing.org">Fing</a>. Mathilde Berchon termine une exploration de trois mois autour de San Francisco à la rencontre de la communauté des &#8220;makers&#8221; de la Bay Area. Elle continue de raconter cette aventure dans son blog : <a href="http://www.makingsociety.com">MakingSociety.com</a>.</i></p>
<blockquote><p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/logo-fablab.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/logo-fablab.jpg" alt="logo-fablab" title="logo-fablab" width="135" height="135" class="alignright size-full wp-image-13717" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Dans le cadre de <a href="http://www.futur-en-seine.fr/">Futur en Seine</a>, du 17 au 26 juin à la Cité des sciences et de l’industrie, la <a href="http://www.fing.org">Fing</a> et ses partenaires présenteront un prototype grandeur nature de Fab Lab. Outre l&#8217;accès aux machines, à des séances de formation et des conférences, le public pourra venir participer à de nombreux ateliers pour apprendre à fabriquer ou recycler des objets. <a href="http://fablabsquared.org/?Le-projet-Fab-Lab-Squared">Programme détaillé</a>. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fablab/" title="fablab" rel="tag nofollow">fablab</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/open-source/" title="open source" rel="tag nofollow">open source</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Makers (1/2) : Faire société</title>
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		<pubDate>Wed, 25 May 2011 09:30:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Invité extérieur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[“We are all makers” (Nous sommes tous des artisans). Le credo de Dale Dougherty, fondateur de Make Magazine et de Maker Faire, le plus grand événement dédié au mouvement “makers”, est en passe de devenir le nom de référence d’une communauté extrêmement diverse et dynamique, en pleine expansion.
Derrière ce sigle rassembleur, inventé par Make Magazine il y a plus&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><i>“We are all makers”</i> (<i>Nous sommes tous des artisans</i>). Le credo de <a href="http://radar.oreilly.com/dale/">Dale Dougherty</a>, fondateur de <i><a href="http://makezine.com/">Make Magazine</a></i> et de <a href="http://makerfaire.com">Maker Faire</a>, le plus grand événement dédié au mouvement “makers”, est en passe de devenir le nom de référence d’une communauté extrêmement diverse et dynamique, en pleine expansion.</p>
<p>Derrière ce sigle rassembleur, inventé par <i>Make Magazine</i> il y a plus de 10 ans au sein même d’O’Reilly Media, géant de l’édition orientée techno fondée par Tim O’Reilly l’un des gourous de l’internet à l’origine du concept de Web 2.0, on trouve une idée clé : il faut encourager la créativité individuelle car elle est porteuse de plus de  conscience et responsabilité sociale, <a href="http://www.ted.com/talks/dale_dougherty_we_are_makers.html">comme l’exprimait Dale Dougherty sur la scène de TED</a>.</p>
<p>Profitant de la vague du DIY (<i>Do it yourself</i>, pour “Fais le toi-même !”) de l’autre côté de l’Atlantique se multiplie les “maker spaces” ou lieux de fabrication numérique (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hackerspace">Hackerspaces</a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/TechShop">TechShop</a>, mini-espaces dédiés à la fabrication personnelle au sein d’écoles ou d’entreprises), événements emblématiques (<a href="http://www.burningman.com/">Burning Man</a>, <a href="http://makerfaire.com/">Maker Faire</a>, …), start-ups et sites internet à succès (<a href="http://www.instructables.com/">Instructables.com</a> pour échanger des tutoriaux, <a href="http://www.etsy.com">Etsy.com</a> pour vendre ses productions, <a href="http://www.thingiverse.com">Thingiverse.com</a> pour échanger des maquettes et des plans en 3D), ateliers en tout genre (<a href="http://www.arduino.cc/">Arduino</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Light_painting">Light painting</a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Wood_carving">sculpture sur bois</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Impression_3D">3D printing</a>…), rassemblements informels (<a href="http://dorkbot.org/">Dorkbot</a>, <a href="http://www.makesf.org/">Make:SF</a>, <a href="http://www.biocurious.org">BioCurious</a>…), publications (<i><a href="http://makezine.com/">Make Magazine</a></i> qui tire à 125 000 exemplaires dont la moitié sont des abonnements&#8230;), travaux académiques (départements dédiés au Design, Interaction &#038; Technologies à l&#8217;université d&#8217;Etat de San Francisco, Berkeley, <a href="http://stanfordmakersclub.ning.com/">le Maker’s club de Stanford</a> ou l&#8217;<a href="http://calarts.edu/">Institute for the Arts</a>) : l’enthousiasme est généralisé. </p>
<p>Le “faire”, assurent ses promoteurs, permet de se réapproprier le monde grâce à une meilleure connaissance des processus de fabrication, permet de prendre confiance en soi et en sa capacité à comprendre et créer, permet aussi de partager son savoir et bénéficier des découvertes de la communauté. Trois objectifs qui en font un peu plus qu’un mouvement, presque une philosophie&#8230; </p>
<h3>Qui sont les makers ?</h3>
<p>Dale Dougherty compare cette communauté des makers aux amateurs du monde de la musique : peu de gens sont considérés comme des professionnels de la musique alors que beaucoup de gens en jouent, chez eux ou à l’extérieur. En général on s’intéresse à l’innovation provenant du haut de la pyramide, les makers, eux, sont à la base de cette pyramide. Dale cherche à rendre visible cette innovation par la base. En créant <i>Make</i>, il s’est intéressé à cette communauté de gens qui font des choses et partagent leur création. Le réseau social de ces artisans amateurs a permis de sortir les gens de leur garage et de les rendre visibles. Dale a également développé les Maker Faires, ces foires aux makers, qui poussent un peu partout aux Etats-Unis (Détroit, New York, Kansas City&#8230;), mais aussi en Europe (Angleterre et Allemagne), Amérique du Sud et Afrique. Ces foires ont grossi au fil du temps accueillant de 300 à 8000, voire 20 000 personnes. Elles réunissent un monde d’amateurs et de professionnels qui utilisent les mêmes outils et partagent la même passion.</p>
<p>La place particulière de San Francisco dans ce monde des makers est peut être à trouver dans le fait que les gens, ici, ont eu le talent d’initier le réseau. La diversité culturelle de la ville (la majorité de ses habitants n’est pas originaire de San Francisco), a permis une utilisation encore plus importante qu’ailleurs du réseau et de son haut niveau de connectivité. Des chercheurs comme <a href="http://www.paulgraham.com/">Paul Graham</a> ont beaucoup étudié cette dimension culturelle des villes.</p>
<p>Dale compare ces amateurs aux nouveaux outsiders, “ceux qui n’entrent dans aucune case”. <i>“La plupart sont des inventeurs ! Ils ne font pas les choses comme les autres. Ils mettent la main à la pâte, ils touchent à tout ! Ils sont dans la culture du DIY. Ils ont accès aux outils et en ont suffisamment la maîtrise pour “faire des choses”.”</i> Est-ce à dire que ce mouvement ne concernerait qu’une infime partie de gens ou est-il plus profond ? </p>
<p>Lors d&#8217;une présentation publique à l&#8217;occasion du <a href="http://cba.mit.edu/events/10.08.FAB6/">Fab6</a> (la conférence internationale annuelle du réseau des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab">Fab Labs</a>), Dale Dougherty déclarait qu&#8217;il était difficile de quantifier le &#8220;nombre&#8221; de makers en activité aux Etats-Unis. Néanmoins, lui qui est investi dans ce mouvement depuis des années, faisait remarquer que l&#8217;internet avait contribué à structurer ce mouvement, à permettre aux gens de se rencontrer, de faire des projets ensemble. Si le phénomène n’est peut-être pas appelé à concerner tout le monde, peut-être faut-il, à la suite d’Eric von Hippel, ne pas croire qu’il se limite aux geeks <a href="http://www.internetactu.net/2010/09/23/eric-von-hippel-il-y-a-2-a-3-fois-plus-dinnovations-de-la-part-des-consommateurs-quil-ny-en-a-dans-lindustrie/">mais qu’il concerne une plus large part de la population qui s’étend à tous les innovateurs du quotidien</a>. </p>
<p>Dans l’une de ses enquêtes de lectorat <i>Make Magazine</i> a réalisé qu’en plus d’avoir des espaces de publications pour partager idées et plans, 90 % de ses lecteurs souhaitaient avoir accès à des outils et des ateliers : des lieux dédiés pour réaliser leurs projets. Si tous les bricoleurs possèdent un fer à souder ou une perceuse, très peu disposent d’une imprimante 3D ou d’une fraiseuse à commande numérique. </p>
<p>Et tout cela pour faire quoi ? Si l’en en croit la même enquête, 68 % des répondants à l’enquête de <i>Make Magazine</i> fabriquent des fusées, 47 % des robots, 11 % un kart et 7 % un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kegerator">Kegerator</a> pour garder la bière au frais.</p>
<p>Pour mieux comprendre ce mouvement et sa diversité, l’équipe du <a href="http://fing.org/?-FabLab-Squared,139-">FabLab²</a> est allé visiter les différents makers spaces de San Franciso.</p>
<h3>Panorama des maker spaces de San Francisco</h3>
<p><strong>The Tinkering Studio : “atelier de bidouillage”</strong><br />
Le <a href="http://tinkering.exploratorium.edu/">Tinkering Studio</a> est installé dans l’<a href="http://www.exploratorium.edu/">Exploratorium</a> de San Francisco, un musée similaire à la <a href="http://www.cite-sciences.fr/fr/cite-des-sciences/">Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris</a>. Une équipe de trois éducateurs accueillent les curieux dans un espace mi-ouvert, visible de tous les visiteurs du musée mais protégés de l’hyperactivité ambiante. L’espace en question ne fait que 50 m², mais c’est un espace en évolution permanente, en fonction des activités et démonstrations du moment. Fers à souder, pinces, marteaux sont à la disposition de tous sur de grandes tables. L’animateur Mike Petrich, nous explique que, si au sein du musée les visiteurs s’attardent en moyenne moins de 10 secondes par machine exposée, le temps passé au Tinkering Studio oscille entre 30 et 40 minutes ! Le Studio est donc un espace où le prend le temps de se poser et d’apprendre (<a href="http://vimeo.com/16297416">vidéo</a>). L’objectif du Studio est de développer la créativité des gens par la création manuelle : retour à la matière, aux bases de l’électricité, soudure, sculpture, découpe du bois ou du métal.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/thinkeringstudio.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/thinkeringstudio.jpg" alt="thinkeringstudio" title="thinkeringstudio" width="540" /></a><br />
<i>Images : <a href=”http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/sets/72157626378149500/”>photo du Thinkering Studia de San Francisco.</a></i></p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/16297416?byline=0&amp;portrait=0&amp;color=ffffff" width="540" height="325" frameborder="0"></iframe></p>
<p><i>
<p><a href="http://vimeo.com/16297416">Le Tinkering Studio en action</a>, vidéo promotionnelle du <a href="http://vimeo.com/learningstudio">Learning Studio</a> sur <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p></i></p>
<p>The Tinkering Studio est une illustration assez réussie de ce que peut donner un atelier de ce type dans un environnement institutionnel : notamment via son fonctionnement équilibré, entre espace ouvert et club fermé, entre espace réservé aux enfants et participation collective, entre courte initiation à la création manuelle et suivi complet de projet. Ajoutez à cela l’intervention d’animateurs de renoms (comme <a href="http://www.teachmetomake.com/">Michael Shiloh</a> ou <a href="http://www.jesshobbs.com/">Jess Hobbs</a> un des artistes à l’origine de la <a href="http://fluxfoundation.org/">Flux Foundation</a>) et vous obtenez un lieu assez atypique de la culture “maker”. </p>
<p><strong>FabLab@School : prototyper l’éducation de demain</strong><br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab">Le concept de Fab Lab</a> est très prisé en Europe. Autour de la Baie, il semble pour le moins éclipsé par la grande diversité des espaces de fabrication à disposition des différents publics (enfants, étudiants, designers, ingénieurs, bricoleurs amateurs). L’initiative de prototype de Fab Lab menée par <a href="http://www.blikstein.com/paulo/">Paulo Blikstein</a> au sein du département de Sciences Mécaniques de Stanford se démarque donc. Appelé FabLab@School, l’espace est un lieu de fabrication numérique expérimental destiné à essaimer dans n’importe quelle école à travers le monde, pour un public d’enfants âgés de 10 à 17 ans.</p>
<p>Le prototype permet d’explorer <i>in vivo</i> l’impact des Fab Labs dans le secteur de l’éducation et différents formats d’animation et d’interaction avec les enfants. A l’intérieur de ce Fab Lab, on réfléchit aux outils et à leur prise en main par les enfants. Les lundis et mardis sont réservés aux jeunes venant des écoles alentour. Pendant les vacances scolaires, les enfants viennent par petits groupes pour réaliser des projets sur un mois. L’animation en direction des enfants se fait autour de problèmes de société, touchant par exemple aux questions énergétiques (comment limiter la consommation d’eau ou d’électricité à la maison).</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/makerschool.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/makerschool.jpg" alt="makerschool" title="makerschool" width="540" /></a><br />
<i>Image : <a href=”http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/sets/72157626378194764/”>photos du FabLab@School à Stanford</a>.</i></p>
<p>L’équipe derrière le projet réfléchit et expérimente autour de ce qui fait un bon <i>maker space</i> éducatif : organisation de l’espace et prise en main des machines (de grandes tables de travail au centre qui permettent l’échange, couleurs très vives, machines toutes accessibles mais protégées, système de QR code et étiquetage qui permettent d’associer vidéos et tutoriaux à chaque machine&#8230;), outils mis à disposition (la classique machine à découpe laser, une imprimante 3D à haute précision, scanner 3D, scie électronique). Les chercheurs-animateurs n’hésitent pas à expérimenter et faire le lien entre les prototypes de support éducatif déployés dans d’autres départements : comme le <a href="http://gogoboard.stanford.edu/">GoGoBoard</a> (une carte Arduino simplifiée pour répondre à des prérogatives éducatives) ou <a href="http://scratch.mit.edu/">Scratch</a> (le langage de programmation pour enfants développé par le MIT).</p>
<p>Fablab@school de Stanford a été financé par Schlumberger pour un coût global de 300 000$ (équipement et formation pour un an avec un coordinateur à temps plein), qui ne comprend donc ni les frais de fonctionnement ni les salaires. Le premier véritable FabLab@School ouvrira ses portes à Moscou en juin normalement. </p>
<p>Le FabLab de Stanford est une expérimentation académique qui soulève un intérêt local (principalement venant des écoles alentours et des étudiants de Stanford) et international. Un lieu très actif qui est aussi à l’origine du <a href="http://stanfordmakersclub.ning.com/">Stanford Makers Club</a>, événement régulier et informel de  150 “makers” de tous horizons.</p>
<p><strong>Hackerspaces : communauté experte et liberté d’action</strong><br />
A ces lieux de fabrication numérique structurés, académiques et institutionnels, viennent répondre des espaces volontairement désorganisés où priment l’absence de hiérarchie et de règles imposées. Les <a href="http://hackerspaces.org">Hackerspaces</a> font partie des lieux les plus vivants de la communauté ; pour ne citer que les plus connus de la région : <a href="https://www.noisebridge.net">Noisebridge</a> à San Francisco, <a href="http://wiki.hackerdojo.com/w/page/25437/FrontPage">The Hacker Dojo</a> à Mountain View ou le tout nouveau <a href="http://wiki.acemonstertoys.org">Ace Monster Toys</a> à Oakland.</p>
<p>Le Hackerspace mythique de San Francisco a été fondé il y a trois ans par un groupe de <i>hackers</i> (entendez passionnés d’informatique férus de comprendre et transformer tout ce qui leur passe sous la main) mené entre autres par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mitch_Altman">Mitch Altman</a>.</p>
<p><a href="https://www.noisebridge.net">Noisebridge</a> est un ancien atelier textile qui offre une large vue sur le quartier populaire de Mission. Avec de grandes baies vitrées de parts et d’autres, l’espace est lumineux, tout en longueur, mais surtout déborde d’un fatras inimaginable. Coin-cuisine, bibliothèque et espace de projection de films complètent les trois pièces plus petites consacrées aux ateliers, à la programmation (<i>Turing Room</i>) et au bricolage (<i>Dirty Shop</i>). L’open space est aussi organisé autour d’un coin électronique, d’un espace couture et d’un large bric-à-brac de projets en cours et matériaux donnés, prêts à être revisités. A cet ensemble déjà très dense s’ajoutent un petit studio de développement photo et une micro-pièce occupée par la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9coupage_laser">machine à découpe laser</a>. Parmi les machines à disposition : quelques <a href="http://www.makerbot.com/">Makerbots</a> (ces imprimantes 3D), une machine à découpe laser et des machines à coudre, des murs de composants électroniques, une bibliothèque de livres rares&#8230; mais surtout l’entre-aide des membres du lieu, qui peuvent être plus d’une centaine certains soirs.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/noisebridge.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/noisebridge.jpg" alt="noisebridge" title="noisebridge" width="540"  /></a><br />
<i>Image : <a href=”http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/sets/72157626378338902/”>Noisebridge</a>.</i></p>
<p>Ici, tout respire la communauté et l’échange. La profusion de créativité et l’atmosphère très particulière qui se dégage du lieu révèlent des strates d’activité, de discussions, de projets collectifs. Les murs sont couverts d’affiches et de messages qui font références à la culture hacker partagée par tous : <i>“Shut up and hack !”</i> (<i>Taisez-vous et bidouillez !</i>).</p>
<p>Ce rapide tour du propriétaire souligne bien une double particularité des hackerspaces : expertise et communauté. Même s’il se présente comme ouvert à tous &#8211; et c’est le cas -, Noisebridge reste un lieu plutôt réservé à un public de connaisseurs, qui demeure intimidant pour celui qui n’est pas du sérail. A cela s’ajoute une véritable “désorganisation organisée”, toutes les décisions sont prises collectivement et personne ne décide pour les autres. L’espace est ouvert nuit et jour, la cotisation pour devenir membre est laissée à la discrétion de chacun, ainsi que la participation à l’achat et l’entretien du matériel. Pour sous-tendre l’ensemble, une seule règle : <i>“Be excellent.”</i></p>
<p><strong>Techshop : rendre la fabrication numérique accessible à tous</strong><br />
A l’inverse des Hackerspaces, qui sont une nébuleuse de lieux dépendants avant tout de l’initiative de petits groupes de passionnés et sans volonté commerciale, <a href="http://techshop.ws/">Techshop</a> est en train de se positionner comme l’entreprise de référence en matière de lieu de fabrication personnelle. Le premier Techshop a été ouvert à Menlo Park, au sud de San Francisco, à l’instigation d’un inventeur enthousiaste, Jim Newton, qui se désespérait de ne pas avoir d’espace de bricolage de grande envergure à sa disposition. Le deuxième Techshop vient à peine d’ouvrir ses portes, cette fois en plein coeur de San Francisco. Immense building occupé sur deux étages par des machines professionnelles accessibles de façon illimitée par tous les membres contre un abonnement mensuel (environ 120$) et le suivi de classes d’initiation au fonctionnement et à la sécurité (environ 50$ par classe).</p>
<p>Machines à découpe laser, fraiseuses, tours, machines à découper du bois, machines à coudre professionnelles, imprimante et scanner 3D, découpeuse vinyle, oscilloscope, une trentaine d’ordinateurs équipés des derniers logiciels de conceptualisation 3D, et même un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Water_jet_cutter">WaterJet</a> (énorme machine qui utilise un jet d’eau surpuissant pour découper n’importe quel matériau de plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur)&#8230; Ici, on trouve tous les outils. Ce qui explique peut-être qu’on trouve aussi tous les profils : aussi bien des bricoleurs et inventeurs farfelus que des entrepreneurs venant prototyper leur projet, des artistes que des étudiants (souvent en design et architecture).</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/techshop.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/techshop.jpg" alt="techshop" title="techshop" width="540" /></a><br />
<i>Image : <a href=”http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/sets/72157626197138921/”>photo d’un TechShop de San Francisco</a>.</i></p>
<p>Premier en son genre, Techshop a eu beaucoup de mal à convaincre des investisseurs du fait de l’originalité de son concept. Le projet a finalement trouvé le soutien de plusieurs business angels et d’un géant de la Valley, qui n’a pas encore révélé son nom. L’entreprise semble aujourd’hui avoir les moyens de ses ambitions, malgré un coût d’entrée extrêmement élevé pour un concept qui doit encore trouver son (grand) public. Il faut compter plus de 2,5 millions de dollars pour ouvrir un espace comme celui de San Francisco, avec un seuil de rentabilité atteint en 3 ans avec 600 à 700 membres réguliers. Pour Mark Hatsch, leur directeur, les espaces de fabrication personnelle deviendront à moyen terme un nouveau genre de <i>fitness club</i>, un espace où l’on se rend chaque semaine pour bricoler, créer et développer ses projets. L’ambition forte affichée par l’équipe dirigeante (qui a 8 projets d’ouvertures de Techshop d’ici à la fin 2012) va dans le sens de l’enthousiasme généralisé qui accompagne l’ouverture de ces lieux autour de la Baie.</p>
<p>Mathilde Berchon et Véronique Routin</p>
<p><em>Véronique Routin est directrice du développement à la <a href="http://www.fing.org">Fing</a>. Mathilde Berchon termine une exploration de trois mois autour de San Francisco à la rencontre de la communauté des “makers” de la Bay Area. Elle continue de raconter cette aventure dans son blog : <a href="http://www.makingsociety.com">MakingSociety.com</a>.</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a><br />
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		<title>Comprendre Facebook (2/3) : Facebook, technologie relationnelle</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/04/28/comprendre-facebook-23-facebook-technologie-relationnelle/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Apr 2011 05:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La caractéristique principale du web social, dont Facebook est l&#8217;emblème, est de lier les activités des gens sur internet. Facebook n&#8217;est pas un trombinoscope ou un annuaire comme on l&#8217;entend souvent, car s&#8217;il n&#8217;était que cela, il ne permettrait pas d&#8217;action, autre que la présentation de profils. Les profils ne sont qu&#8217;une porte d&#8217;entrée : c&#8217;est l&#8217;activité communicationnelle qui fait&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La caractéristique principale du web social, dont Facebook est l&#8217;emblème, est de lier les activités des gens sur internet. Facebook n&#8217;est pas un trombinoscope ou un annuaire comme on l&#8217;entend souvent, car s&#8217;il n&#8217;était que cela, il ne permettrait pas d&#8217;action, autre que la présentation de profils. Les profils ne sont qu&#8217;une porte d&#8217;entrée : c&#8217;est l&#8217;activité communicationnelle qui fait média. En ce sens, il est bien un &#8220;média social&#8221;, même si nous avons tous du mal à définir ce que c&#8217;est, <a href="http://www.meilcour.fr/general/social-media.html">comme le rapportait très justement Nicolas Vanbremeersch</a>. </p>
<h3>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un média social ?</h3>
<p>Pour comprendre ce qu&#8217;est un média social, il faut en revenir à ce qu&#8217;est un média, &#8220;un support de diffusion massive de l&#8217;information&#8221;. Le média social, par essence, est donc toujour un support de diffusion massive de l&#8217;information qui emprunte exactement toutes les formes et supports existants (texte, image, vidéo, audio&#8230;), mais la différence vient peut-être de la nature de l&#8217;intermédiaire, comme <a href="http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux/">l&#8217;exprime très bien Frédéric Cavazza</a> : alors que dans les médias traditionnels il y a un émetteur qui diffuse un message unique à destination de cibles, dans les médias sociaux chacun est à la fois diffuseur et cible. </p>
<p><i>&#8220;Les médias sociaux sont des médias pour l&#8217;interaction sociale&#8221;</i>, explique <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Social_media">la version anglaise de la définition de Wikipédia</a> : <i>&#8220;C&#8217;est l&#8217;usage de technologies web ou mobile pour transformer les communications en dialogue interactif&#8221;</i>. Les propriétés qui distinguent un média d&#8217;un média social reposent sur la portée (si les deux peuvent atteindre des publics massifs, les médias industriels utilisent un cadre centralisé, alors que les médias sociaux sont par nature même plus décentralisés, moins hiérarchisés&#8230;), l&#8217;accessibilité (les médias sociaux sont accessibles à un coût faible ou nul : ils réduisent les coûts de transaction, comme l&#8217;explique Clay Shirky dans <i><a href="http://www.amazon.fr/Here-Comes-Everybody-Organizing-Organizations/dp/0143114948/internetnet-21">Here Comes Everybody</a></i>), la facilité d&#8217;utilisation (ils ne nécessitent pas nécessairement de compétences pour être utilisés), l&#8217;immédiateté et la permanence (les médias sociaux peuvent être modifiés en permanence). </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/Facebookamities.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/Facebookamities.png" alt="Facebookamities" title="Facebookamities" width="506" height="170" class="alignright size-full wp-image-13275" /></a><br />
<i>Image issue du bêtisier des captures d&#8217;écrans de Facebook, <a href="http://www.zeros-sociaux.fr">Zéros Sociaux</a>.</i></p>
<p>Encore plus qu&#8217;avec les médias traditionnels, avec les médias sociaux, <i>&#8220;Le médium est le message&#8221;</i>, comme disait Marshall McLuhan dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pour_comprendre_les_m%C3%A9dias"><i>Pour comprendre les médias</i></a>. Le média ne représente plus seulement tous les prolongements &#8220;technologiques&#8221; de l&#8217;homme, comme le prophétisait le chercheur, mais également tous les prolongements &#8220;sociaux&#8221; de l&#8217;homme. </p>
<p><a href="http://jcmc.indiana.edu/vol13/issue1/boyd.ellison.html">danah boyd et Nicole Ellison ont essayé de définir en 2007 les sites de réseaux sociaux</a> :  <i>&#8220;Nous définissons les sites de réseaux sociaux comme des services basés sur le web qui permettent aux individus de (1) construire un profil public ou semi-public sans système délimité, (2) articuler une liste d&#8217;autres utilisateurs avec lesquels ils partagent une connexion et (3) voir et traverser leurs listes de connexions et celles faites par les autres par le biais du système. La nature et la nomenclature de ces connexions pouvant varier d&#8217;un site à l&#8217;autre. Nous utilisons le terme de &#8220;site de réseaux sociaux&#8221; (social network site) pour décrire ce phénomène, le terme site de réseautage social (social networking sites) apparait également dans le discours public et les deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable. Nous avons décidé de ne pas utiliser le terme réseautage pour deux raisons : l&#8217;emphase et la portée. &#8220;Réseautage&#8221; met l&#8217;accent sur l&#8217;initiation des relations, souvent entre étrangers. Alors que le réseautage est disponible sur un grand nombre de sites, elle n&#8217;est pas la pratique principale de nombre d&#8217;entre eux, alors que c&#8217;est ce qui les différencie des communications médiatisées par l&#8217;ordinateur (computer-mediated communication).&#8221;</i></p>
<p>La précision est d&#8217;importance. Une fonction sociale ne fait pas média social. Dans sa messagerie instantanée, le fait d&#8217;avoir accès à toute une liste d&#8217;ami ne transforme pas pour autant un tchat en média social. La construction d&#8217;un environnement communautaire dans les commentaires de blogs (via <a href="http://fr.gravatar.com/">Gravatar</a> ou même <a href="http://buddypress.org/">BuddyPress</a> par exemple, qui permet d&#8217;ajouter une couche sociale aux blogs sous Wordpress et notamment aux commentaires, mais qui fait plus fonction de forum que de média social) ne fait pas nécessairement média social. La nature des connexions rendues possibles ou impossibles par le média social est d&#8217;importance pour le définir. </p>
<h3>Nous sommes entrés dans l&#8217;ère des plateformes sociales</h3>
<p>Quand on observe Facebook, emblème des médias sociaux, on constate que la différence essentielle entre un média et un média social est que le second nous propose une autre forme de lecture que le média : alors que sur le média notre lecture personnelle est guidée par l&#8217;éditorialisation proposée par le média, avec le média social, notre lecture est orientée par nos relations, nos parcours, notre historique. Facebook est un site où chacun est invité à partager de l&#8217;information et à faire-part de ses préférences avec son réseau d&#8217;ami.  Et ce sont les relations au sein de ce réseau qui vous permettent d&#8217;accéder aux informations que les autres diffusent. Plus que les profils en eux-mêmes, c&#8217;est l&#8217;activité qu&#8217;accomplissent vos correspondants via Facebook qui est intéressante. Les images et textes qu&#8217;ils y échangent, les recommandations qu&#8217;ils adressent via le bouton &#8220;like&#8221;, les services qu&#8217;ils utilisent et auxquels, en les partageant, ils permettent d&#8217;accéder&#8230;<br />
Les médias sociaux sont des supports de diffusion massifs de l&#8217;information (des médias) orientée par les relations sociales. C&#8217;est bien le fait que la connexion entre amis transforme ce à quoi on accède qui fait média social.  </p>
<p>D&#8217;une certaine manière, les médias sociaux n&#8217;existent pas en tant que tel. Sans utilisateurs, Facebook serait une page vide.  <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dias_sociaux">Il n&#8217;y a échange d&#8217;information que s&#8217;il y a échanges entre les utilisateurs</a>. </p>
<p>Et surtout, nul n&#8217;en a la même vision. Contrairement au web traditionnel, par lequel nous accédons tous plus ou moins à la même page, avec les réseaux sociaux, nul n&#8217;accède à la même chose, car le contenu de ce à quoi on accède dépend entièrement des relations que l&#8217;on a établies avec d&#8217;autres membres dudit réseau et avec le reste du monde (&#8221;nos préférences&#8221; qui signalent ce que l&#8217;on apprécie, qui nous relient à ce qui ne tient pas des personnes : objets, marques, produits, organisations&#8230;). <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/">C&#8217;est ce que danah boyd appelle l&#8217;homophilie</a> qui renforce le sentiment de sa propre communauté, l&#8217;attachement à ses propres relations. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/annivsuprise.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/annivsuprise.png" alt="annivsuprise" title="annivsuprise" width="570" height="263" class="alignright size-full wp-image-13277" /></a><br />
<i>Image issue du bêtisier des captures d&#8217;écrans de Facebook, <a href="http://www.zeros-sociaux.fr">Zéros Sociaux</a>.</i></p>
<p>Comme le dit Frédéric Cavazza, <a href="http://www.mediassociaux.fr/2011/02/06/description-des-differents-types-de-medias-sociaux/">il y a bien des mécaniques communautaires et sociales différentes</a> selon les types de médias sociaux et les relations qu&#8217;ils proposent, pour autant elles s&#8217;avèrent souvent décevantes. Elles dressent le plus souvent des typologies d&#8217;outils plutôt que de distinguer des caractéristiques spécifiques. Il faut faire la différence entre des médias qui utilisent des fonctions sociales (des &#8220;communications médiatisées par l&#8217;ordinateur&#8221; comme diraient danah boyd et Nicole Ellison) et des médias sociaux en passe de devenir de véritables plateformes sociales, c&#8217;est-à-dire un écosystème où l&#8217;identifiant proposé par la plateforme, les préférences et le réseau de relation qui lui est associé sont &#8220;transportables&#8221; dans une multitude d&#8217;environnements différents. <a href="http://www.internetactu.net/2007/09/28/comprendre-le-graphe-social/">Ce que Facebook appelle le Graphe Social</a>. </p>
<h3>Facebook Login : regarder son activité par ses contacts</h3>
<p>Et la vraie puissance de Facebook est incontestablement ici. Dans son potentiel à pouvoir retrouver vos amis sur les autres sites que vous utilisez. Ce n&#8217;est pas seulement voire <a href="http://developers.facebook.com/">Facebook Login</a> (ou Facebook Connect comme il s&#8217;appelait encore il y a peu, <a href="http://www.commentcamarche.net/news/5853855-christian-h-gallardo-facebook-de-l-ere-du-web-de-l-information-a-celle-du-web-social">précise Christian Gallardo, responsable du développement business de Facebook</a>) &#8211; ou d&#8217;autres types d&#8217;identifiants [1] &#8211; comme un identifiant universel, mais comme une clef d&#8217;entrée sur le web via ses relations et ses préférences. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/rue89Facebook.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/rue89Facebook.png" alt="rue89Facebook" title="rue89Facebook" width="150" height="527" align="right" vspace="6" hspace="6" /></a>En se connectant via Facebook, l&#8217;identification est la fonction que vous voyez, celle que vous pensez activer, alors qu&#8217;en fait, vous activez bien plus. Pire, l&#8217;identification est la fonction la moins importante qu&#8217;on utilise en passant par Facebook Login. Le plus important est l&#8217;importation de votre réseau relationnel et vos préférences partout où vous allez. Accéder à <i>Rue89</i> et accéder à ce que vos amis ont apprécié sur <i>Rue89</i> : c&#8217;est là deux propositions de navigation dans les contenus radicalement différentes.  </p>
<p>Facebook est un connecteur, qui plus qu&#8217;embarquer votre identité, vous permet d&#8217;embarquer avec vous vos relations sociales et vos préférences, et ce, sur de plus en plus de sites, comme <a href="http://developers.facebook.com/showcase/">le montre la vitrine des intégrations de Facebook dans d&#8217;autres sites web</a> ou l&#8217;explique <a href="http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/aucun-site-de-e-commerce-n-a-su-tirer-parti-de-facebook-en-europe_252865.html">Julien Codorniou</a>, responsable des partenariats de Facebook pour la France et le Benelux. Par exemple, vous pouvez utiliser <a href="http://www.spotify.com">Spotify</a> pour écouter de la musique. Et vous pouvez utiliser Spotify via Facebook pour écouter de la musique. Ce sont alors deux services totalement différents. Dans l&#8217;un, vous utilisez le service en tant que tel pour chercher, organiser et écouter votre musique. Dans l&#8217;autre, vos connaissances deviennent une nouvelle porte d&#8217;entrée sur le service : vous n&#8217;accédez plus seulement à votre musique, mais à celle de vos amis, à la manière dont ils l&#8217;organisent et la partagent. Vous n&#8217;avez pas accès seulement à la musique que vos amis déclarent partager de temps en temps, vous pouvez vous brancher sur ce qu&#8217;ils apprécient, sur ce qu&#8217;ils écoutent, et cela sans même qu&#8217;ils en soient forcément conscients (même s&#8217;il faut activer la fonction de partage de sa musique en partie ou en intégralité). Je ne suis pas sûr que Christophe Abric, l&#8217;illustre fondateur de la <a href="http://www.blogotheque.net/">blogothèque</a>, ou Philippe Astor qui tient l&#8217;excellent  <a href="http://www.zdnet.fr/blogs/digital-jukebox/">Digital Jukebox</a> soient pleinement conscients que j&#8217;ai accès aux listes de lectures publiques qu&#8217;ils partagent (et c&#8217;est pourtant un vrai plaisir que d&#8217;accéder à leur expertise et à leur éclectisme).</p>
<p>De la même façon, on peut accéder à une foule d&#8217;autres services comme <a href="http://dismoiou.fr/">DisMoiOù</a> ou à <a href="http://www.marketing-professionnel.fr/parole-expert/comment-decupler-la-force-de-son-site-grace-a-facebook-le-cas-trip-advisor.html">Trip Advisor</a> et naviguer entre les recommandations des utilisateurs. Mais les cartes changent de dimensions quand on a accès aux recommandations de nos amis. Les notations des restaurants et des commerces qui peuplent le territoire qui nous entoure prennent une autre couleur en se peuplant des recommandations de nos relations. Ce restaurant recommandé par 40 ou un milliers d&#8217;internautes n&#8217;a pas la même image quand c&#8217;est une connaissance qui vous le recommande. </p>
<p>Autre exemple emblématique de l&#8217;utilisation que l&#8217;on peut faire de Facebook, le site Etsy, une communauté d&#8217;achat et de vente de produits faits mains, propose de trouver dans son catalogue les cadeaux qui iraient le mieux à vos amis. Comment ? <a href="http://www.etsy.com/gifts">Le site propose une application</a> qui se branche sur Facebook et qui regarde dans les profils de vos amis, ce qu&#8217;ils ont apprécié (un média, un objet, une série télé, des personnages ou des groupes&#8230;) via le bouton Like. Le site utilise alors ces informations pour chercher des produits correspondants dans son catalogue : ainsi, si vous avez apprécié Radiohead ou Barack Obama, Etsy va regarder dans son catalogue pour vous proposer des tee-shirts, des badges, des dessins ou des boucles d&#8217;oreilles correspondantes &#8211; Etsy n&#8217;est plus le seul magasin en ligne à proposer cette connexion, tous s&#8217;y sont mis et non des moindres. Depuis juillet 2010, <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/04/19/amazon-sallie-a-facebook-pour-socialiser-le-marketing-culturel/">Amazon a lancé en bêta une première version de son magasin connecté à Facebook</a>, permettant de voir les produits culturels populaires de vos relations (pour acquérir les mêmes) et vous suggérant de leur offrir des cadeaux mieux adaptés à leurs goûts. </p>
<h3>De nos goûts au profil marketing de nos goûts</h3>
<p>Bien sûr, pour l&#8217;instant, le résultat est loin d&#8217;être idéal, car, Facebook à tendance à nous servir à tout et à rien. On est désormais capable d&#8217;apprécier tout et n&#8217;importe quoi, sur l&#8217;instant, sans que cela signifie clairement que vous l&#8217;appréciez vraiment. Qu&#8217;importe ! Facebook extrait tout de son contexte. C&#8217;est sa fonction principale. Si vous appréciez les mélodies des Beatles et que vous les recommandez ne serait-ce qu&#8217;une fois, cela pourra vous être reproché à vie, par des services tiers qui vont utiliser cette information pour en déduire, automatiquement, que vous êtes fan des Beatles. </p>
<p>C&#8217;est certainement encore la limite du like de Facebook. Si je regarde la musique qu&#8217;apprécie Philippe Astor sur Facebook, elle est limitée pour l&#8217;instant à 37 artistes, autant dire une broutille par rapport aux milliers de morceaux qu&#8217;il a classés et sélectionnés dans Spotify. </p>
<p>Facebook propose donc deux types de graphes : le graphe des recommandations (les likes) et le graphe social (celui des relations). L&#8217;un et l&#8217;autre sont intrinsèquement liés, mais ils sont bien différents par nature. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/publicitéendosséesocialement.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/publicitéendosséesocialement.jpg" alt="Une publicité socialement endossée" title="Une publicité socialement endossée" width="164" height="238" align="right" hspace="6" vspace="6" /></a>Plus que les relations, c&#8217;est désormais plutôt sur le graphe des recommandations que Facebook travaille. Les &#8220;Like&#8221; peuvent devenir de la publicité : c&#8217;est-à-dire que Facebook est capable de faire appel aux recommandations de vos amis pour distribuer de la publicité ciblée, <a href="http://www.businessinsider.com/facebook-likes-ads-2011-1 ">comme l&#8217;explique Business Insider</a> (<a href="http://blogue.pubinteractive.ca/2010/09/09/statistiques-sur-les-endossements-sociaux-dorenavant-integres-aux-rapports-facebook/">on parle de publicité &#8220;endossée socialement&#8221;</a> dont les rapports sont bien sûr meilleurs que la publicité traditionnelle). Nos amis deviennent le panneau d&#8217;affichage de cette publicité, c&#8217;est-à-dire que leurs recommandations peuvent être utilisées par <a href="http://adage.com/digital/article?article_id=148452">les marques pour le signaler à notre attention</a>. </p>
<p>C&#8217;est l&#8217;un des biais du système du graphe de recommandation : penser que toutes les actions que nous y faisons nous représentent, dressent notre graphe non pas social, mais comportemental, la carte de nos goûts et de nos désirs, notre profil marketing complet. Cela génère beaucoup d&#8217;erreurs bien sûr : le système est forcément imparfait, car pas plus qu&#8217;il n&#8217;est pas capable de faire de distinguo entre nos relations (il n&#8217;y a toujours qu&#8217;un seul niveau de relation dans Facebook : l&#8217;amitié, alors que le système pourrait proposer plusieurs niveaux relationnels pas nécessairement symétriques), il n&#8217;est pas non plus capable de faire le distinguo entre ce qu&#8217;on apprécie (il n&#8217;y a qu&#8217;une fonction d&#8217;appréciation, le &#8220;Like&#8221;, elle aussi sans nuances). Cela évoluera certainement. Le problème c&#8217;est que pour un système sociotechnique de ce type,  ce qu&#8217;on déclare apprécier ne se périme pas dans le temps, ne s&#8217;apprécie pas en contexte&#8230; Facebook a du mal à passer du graphe de recommandation au graphe de l&#8217;intérêt. </p>
<h3>Après le graphe social, le graphe d&#8217;intérêt ?</h3>
<p>En juillet 2010, Chris Dixon &#8211; cofondateur de <a href="http://hunch.com/">Hunch</a>, un moteur de recommandation social personnalisé &#8211; <a href="http://cdixon.org/2010/07/22/graphs/">expliquait</a> que nous allions passer de l&#8217;époque du &#8220;graphe pour les gouverner tous&#8221; à des graphes sociaux plus spécifiques, construits autour de concepts comme le goût (comme s&#8217;y essaye Hunch), la localisation (Foursquare), la confiance&#8230; Des concepts qui pourraient devenir le fondement de ce qu&#8217;on n&#8217;appelle non plus le graphe social (le réseau des gens avec lesquels vous êtes en relation), mais le graphe d&#8217;intérêt (le réseau des gens qui partagent des centres d&#8217;intérêt avec vous, mais que vous ne connaissez pas nécessairement), <a href="http://gigaom.com/2011/04/19/so-what-comes-after-social-commerce/">explique Om Malik</a>. </p>
<p>Car le graphe social et le graphe de recommandation de Facebook ont des limites, on l&#8217;a vu. S&#8217;ils sont une base pour construire des médias sociaux, ils ont également ses défauts : la réciprocité de l&#8217;amitié, la limite du like pour mesurer les objets que l&#8217;on partage et la limite des relations que le système sociotechnique instaure&#8230; Vos meilleurs amis peuvent avoir des goûts musicaux diamétralement opposés aux vôtres.  <i>&#8220;La musique, les films, les livres, les préférences quelles qu&#8217;elles soient&#8230; sont autant de domaines où les gens ont des goûts qui ne sont pas nécessairement influencés par leurs amis ou pas par une large part de ces amis. Il n&#8217;est pas surprenant si les services de musique les plus réussis sont plutôt organisés autour du graphe de vos goûts musicaux qu&#8217;autour du graphe social musical de vos amis&#8221;</i>, <a href="http://blog.assetmap.com/2010/11/social-web/why-the-interest-graph-will-reshape-social-networks-and-the-next-generation-of-internet-business/">explique Nathaniel Whittemore sur le blog d&#8217;Assetmap</a>. </p>
<p>L&#8217;enjeu pour de nombreuses start-ups désormais n&#8217;est plus de s&#8217;intéresser au graphe social (qu&#8217;il est possible de récupérer de nombreux services via les interfaces de programmation qu&#8217;ils proposent &#8211; on en parlera dans la 3e partie de ce dossier), qu&#8217;au graphe d&#8217;intérêt pour construire des systèmes de recommandations toujours plus efficaces. </p>
<p>Nonobstant, les plateformes sociales sont devenues des systèmes techniques par lesquels nous parcourons le web. Le graphe social a conquis le jeu (Farmville en est un très bon exemple), l&#8217;e-commerce, l&#8217;information&#8230; Nous observons déjà le web non plus de la manière dont il est éditorialisé (via les flux RSS des sites d&#8217;origines), mais par le prisme du filtre de nos relations sociales (via Twitter ou Facebook&#8230;). Nos relations sont transformées par les plateformes sociales : il devient important de suivre certains propulseurs plutôt que d&#8217;autres. Nos relations en ligne sont technologisées par le rôle que jouent ces plateformes dans notre approche des services existants qui les intègrent. </p>
<h3>L&#8217;emprise des technologies relationnelles</h3>
<p><a href="http://www.adevby.me/web/facebook-social-design-open-graph-le-vrai-produit-de-facebook">Comme le répétaient les représentants de Facebook eux-mêmes au récent Facebook Developer Garage</a> : leur &#8220;vrai&#8221; produit n&#8217;est pas Facebook.com (le site), mais l&#8217;Open Graph (nouveau nom du Graph Social), c&#8217;est-à-dire l&#8217;infrastructure mise en place. <a href="http://arsindustrialis.org/groupe-de-travail-technologies-relationnelles">L&#8217;association Ars Industrialis a raison de parler de technologies relationnelles</a> pour désigner <i>&#8220;l&#8217;ensemble des technologies qui non seulement mettent en relation, mais également qui engramment les relations&#8221;</i>. Par engrammer, il faut entendre à la fois incorporé et ce qui laisse une trace, à l&#8217;image de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Engramme">l&#8217;engramme</a>, la trace biologique de la mémoire dans le cerveau.  <i>&#8220;A ce titre, ces technologies sont un moment, contemporain, du processus de <a href="http://arsindustrialis.org/grammatisation">grammatisation</a> qui consiste à discrétiser les flux temporels, c&#8217;est-à-dire à spatialiser le temps. Après la grammatisation de la parole dans l&#8217;écriture, puis du geste dans la machine-outil, les technologies relationnelles grammatisent à présent les relations psychosociales.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/soustraitance.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/soustraitance.png" alt="soustraitance" title="soustraitance" width="466" height="158" class="alignright size-full wp-image-13281" /></a><br />
<i>Image issue du bêtisier des captures d’écrans de Facebook <a href="http://www.zeros-sociaux.fr/2011/03/sous-traitance/">Zéros Sociaux</a>.</i></p>
<p><a href="http://www.christian-faure.net/2011/02/11/les-enjeux-de-la-grammatisation-des-relations/">L&#8217;enjeu de la grammatisation des relations</a>, pour faire plus simple, c&#8217;est nos gestes et nos comportements qui sont distingués par les outils technologiques que nous utilisons. Et c&#8217;est tout à fait ce qu&#8217;accomplit Facebook en dressant la liste de nos relations que ce soit avec des personnes (nos amis) ou avec d&#8217;autres types d&#8217;entités (des informations, des images, des vidéos, des jeux, des produits, des marchandises, des institutions, des organisations&#8230;). La grammaire de Facebook décrit les règles qui régissent le fonctionnement non plus d&#8217;une langue, mais de notre relation à la technologie. Les identifiants sociaux, comme Facebook Login, encapsulent la grammaire de l&#8217;internet de demain. Ils recèlent les règles et les éléments constitutifs des pratiques relationnelles en ligne, des outils de recommandation et de mises en relation. C&#8217;est en cela qu&#8217;il faut entendre que Facebook nous façonne, qu&#8217;il conditionne les rapports humains et les représentations. En cela, il est pleinement une <a href="http://www.internetactu.net/2010/12/02/des-techniques-relationnelles-aux-technologies-relationnelles/">technologie relationnelle</a>, qui a un impact sur la nature de la relation, un impact d&#8217;autant plus important que l&#8217;usage du graphe social s&#8217;étend. La capitalisation de certaines connexions devient primordiale pour accéder pleinement à certains services. Il faut non seulement identifier les experts adéquats, mais également être leur ami. Sur Dis moi où il faut que je sois ami avec quelqu&#8217;un qui va souvent au restaurant, sur Spotify avec quelqu&#8217;un qui a des gouts musicaux qui me sont proches et qui exploitent pleinement le service, etc. </p>
<p>Dit autrement, l&#8217;important sur Facebook, n&#8217;est pas ce que chacun y fait, mais les actions que nous partageons avec d&#8217;autres. Par le biais de Facebook, les services que nous utilisons sur internet deviennent tous sociaux et communautaires. Cette transformation n&#8217;agit pas sur Facebook seulement, mais sur l&#8217;internet tout entier. </p>
<p>L&#8217;idée ici n&#8217;est pas de regretter les relations prénumériques. Mais de comprendre que la grammaire qu&#8217;introduisent les plateformes relationnelles va avoir un impact direct et total sur notre relation à la technologie et sur notre manière de construire des relations sur le numérique. Nous sommes passés du logiciel social (<a href="http://www.internetactu.net/2004/11/05/mon-blog-mon-logiciel-social/">le blog</a>), aux plateformes relationnelles et on observe bien que c&#8217;est la même transformation qui se prolonge : observer le monde par le regard des gens qui ont les mêmes sources d&#8217;intérêts, certainement parce que c&#8217;est un plus puissant stimulant pour son propre intérêt. </p>
<p>Etre sur Facebook n&#8217;a donc pas grand-chose à voir avec une pulsion voyeuriste-exhibitionniste nous plongeant dans l&#8217;émotionnalisme le plus simple. C&#8217;est aujourd&#8217;hui devenu le moyen d&#8217;activer son réseau relationnel pour l&#8217;exploiter sur l&#8217;internet tout entier.</p>
<p><strong>Ajout du 26.07.2011</strong> : Mais comme le montre très bien <a href="https://plus.google.com/">Google+</a>, le réseau social de Google, le but n&#8217;est pas innocent. Construire de meilleurs profils des utilisateurs, déportables partout sur le web, a d&#8217;abord pour but de bâtir un meilleur environnement publicitaire, c&#8217;est-à-dire une publicité qui rapporte. Les réseaux sociaux sont avant tout une stratégie d&#8217;affaire appelée à devenir le coeur des services web de demain. Google+, par exemple, a pour but de renforcer le ciblage marketing, <a href="http://www.slideshare.net/PublicisModemUK/google-8624748">comme l&#8217;explique très bien Publicis</a>. Avec comme risque de nous faire arriver à la personnalisation totale où tout ce à quoi on accède le sera par le prisme de notre profil et de son réseau de relation. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p>Sur le sujet, signalons la sortie du denier numéro de la revue <i>Hermès</i> consacrée à <a href="http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1285">&#8220;Ces réseaux numériques dits sociaux&#8221;</a>.</p>
<p><strong>Le dossier “Comprendre Facebook” :</strong></p>
<ul>
<li>1ère partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/15/comprendre-facebook-13-le-role-social-du-bavardage/">Le rôle social du bavardage</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/16/judith-donath-si-facebook-est-important-cest-le-signe-que-nos-relations-sont-importantes/">Judith Donath : Si Facebook est important c’est le signe que nos relations sont importantes</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/28/comprendre-facebook-23-facebook-technologie-relationnelle/">Facebook technologie relationnelle</a></li>
<li>Supplément : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/29/comment-etudier-linternet-quand-linternet-est-partout/">Comment étudier l’internet quand l’internet est partout ?</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/21/comprendre-facebook-33-linternet-des-api-le-web-des-applications/">L&#8217;internet des API, le web des applications</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/24/comprendre-les-interfaces-de-programmation">Comprendre les interfaces de programmation</a></li>
</ul>
<p>_______________<br />
[1] Facebook Login est bien ici un exemple parmi d&#8217;autres. Je ne dis pas qu&#8217;il est notre seul avenir, d&#8217;autres identifiants globaux sont en concurrence. Gmail en a le potentiel, puisque votre identifiant personnel permet également d&#8217;accéder à toutes les adresses mails avec lesquelles vous avez communiqué. Twitter également. Le service de messagerie instantanée pourrait également jouer ce rôle. <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/linkedins_answer_to_facebooks_open_graph.php">Linked-in s&#8217;y essaie</a>. Et <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/05/06/a-la-une/projet-diaspora-anti-facebook/">Diaspora</a> essaie d&#8217;imaginer une plateforme relationnelle libre.  </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a><br />
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Quand l&#8217;économie devient complexe</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 05:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[Services]]></category>
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		<category><![CDATA[économie]]></category>
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		<description><![CDATA[Les sciences de de la complexité ont le vent en poupe, notamment chez les adeptes des nouvelles technologies. La question est toutefois : servent-elles à quelque chose ? En clair, peuvent-elles prédire ? Ou sont-elles condamnées à produire des analogies et des graphismes, certes impressionnants, mais dont la valeur heuristique est nulle ou presque ?
La recherche d&#8217;applications pratiques&#8230; c&#8217;est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les sciences de de la complexité ont le vent en poupe, notamment chez les adeptes des nouvelles technologies. La question est toutefois : servent-elles à quelque chose ? En clair, peuvent-elles prédire ? Ou sont-elles condamnées à produire des analogies et des <a href="http://www.visualcomplexity.com/vc/">graphismes</a>, certes impressionnants, mais dont la valeur heuristique est nulle ou presque ?</p>
<p>La recherche d&#8217;applications pratiques&#8230; c&#8217;est ce Graal que les chercheurs du domaine traquent activement. <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/13/comment-simuler-le-monde/">On l&#8217;a vu dans un récent article</a> où Dirck Helbing tentait de simuler le monde.</p>
<p>Un autre scientifique dont le nom est revenu à plusieurs reprises ces derniers temps est celui de Yaneer Bar-Yam, président de<a href="http://www.necsi.edu/faculty/bar-yam.html"> l&#8217;Institut pour les systèmes complexes de Nouvelle-Angleterre</a> (Necsi). Il s&#8217;efforce de comprendre comment les systèmes complexes se manifestent dans les différents domaines de la connaissance : écologie, économie, politique&#8230; Il s’attaque ainsi à la question des crises économiques, nous apprend un <a href="http://www.wired.com/wiredscience/2011/03/market-panic-signs/">récent article de <i>Wired</i></a>.</p>
<p>Bar-Yam affirme ainsi avoir repéré, dans la masse de données des fluctuations des marchés, un indicateur fondamental annonciateur des crashes.Il s&#8217;agit d&#8217;un comportement des marchés qui se caractérise par une tendance croissante à l&#8217;imitation de la part des acteurs. En général, les ventes et les achats s&#8217;équilibrent : environ 50% des actions augmentent quand 50% baissent. Lorsqu&#8217;un crash approche, le &#8220;co-mouvement&#8221; s&#8217;accroît. Autrement dit, un des deux mouvements dépasse significativement la barre des 50%.</p>
<p>Certes, a priori cette constatation n&#8217;a rien de novateur. Les économistes ont remarqué depuis belle lurette que les comportements massifs incontrôlables à l&#8217;origine d&#8217;une &#8220;bulle&#8221; ou au contraire d&#8217;une &#8220;panique&#8221; annoncent souvent des crises. Mais il existe des différences entre les travaux de Bar-Yam et cette vision commune. D&#8217;abord, pour ce chercheur, cette tendance s’inscrit dans le long terme, et n&#8217;intervient pas quelques jours voire quelques mois avant le &#8220;crash&#8221;. Ainsi, avant la crise de 2008, le &#8220;co-mouvement&#8221; n&#8217;a cessé d’augmenter de manière régulière pendant plus de quatre ans. Il ne s&#8217;agit donc pas d&#8217;une situation où les marchés rentrent dans une phase de panique rapide due à un réflexe collectif. Dans l&#8217;illustration ci-dessous, la courbe du haut montre le développement des &#8220;co-mouvements&#8221;. Plus le niveau est bas, plus la tendance à l&#8217;imitation est importante. On le voit, c&#8217;est un comportement qui va en s&#8217;accroissant dès 2003.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/panic_crash2-300x207.jpg" alt="panic crash" title="panic crash" width="300" height="207" class="alignnone size-medium wp-image-12931" align="left" hspace="6" vspace="6"/></p>
<p>De plus, la cause de ce comportement d&#8217;imitation n&#8217;est pas exogène, autrement dit créée par des évènements extérieurs. Le phénomène est, au contraire, endogène, intrinsèque au mouvement des marchés. Pour l&#8217;équipe de Bar-Yam, il s&#8217;agit bien d&#8217;un effet de &#8220;panique&#8221;, mais d&#8217;une panique &#8220;auto-induite&#8221;, qui ne dépend pas directement des évènements extérieurs ou même des &#8220;bulles&#8221; spéculatives, quoique ces éléments puissent, bien entendu, jouer un rôle d&#8217;amplificateur dans le déclenchement de la crise. Par exemple, à propos du mini-crash du 17 septembre 2001 (le premier jour de bourse après les attentats du World Trade Center) Bar-Yam et ses collègues remarquaient <a href="http://arxiv.org/abs/1102.2620">dans leur papier publié sur arXiv</a> que leurs recherches tendaient <i>&#8220;à confirmer que cet événement n&#8217;était pas seulement une réaction au 11 septembre, mais qu&#8217;il était largement dépendant de la dynamique du marché&#8221;</i>.</p>
<p>Cette capacité à créer de la nouveauté sans avoir à recevoir d&#8217;information du monde extérieur semble bien une caractéristique fondamentale des systèmes complexes. Avant ce travail sur l’économie, <a href="http://io9.com/#!5317283/species-diversity-not-caused-by-environment">Bar-Yam avait publié en 2009</a> un article sur la biologie qui aboutissait à des conclusions assez similaires. Selon lui, l’évolution des espèces était susceptible de se produire au sein d&#8217;une population de manière purement intrinsèque, par l&#8217;unique jeu des combinaisons génétiques et des mutations aléatoires. Autrement dit, pas besoin d&#8217;invoquer la nécessité pour les espèces de s&#8217;adapter à un environnement qui deviendrait l&#8217;arbitre des mutations, comme le suggère la théorie classique de la sélection naturelle. On ne peut que comparer cette nouvelle vision de l’évolution à celle des marchés évoluant  spontanément vers des &#8220;catastrophes&#8221; indépendamment du monde extérieur ou presque.</p>
<p>L&#8217;article de <i>Wired</i> souligne que les travaux de Bar Yam appartiennent à une nouvelle branche qu&#8217;on appelle &#8220;l&#8217;éconophysique&#8221;, autrement dit l&#8217;application au domaine social des comportements observés dans le monde matériel. Dans le cas des crises économiques, il s&#8217;agirait d&#8217;un processus nommé &#8220;transition de phase&#8221;, comme la transformation de l&#8217;eau en glace ou, au contraire, en vapeur. Dans les transitions de phase, un processus lent, presque invisible se précipite brusquement pour changer l’état du système. On a alors l&#8217;impression que la transformation s&#8217;effectue &#8220;par surprise&#8221;. Cela dit, le terme éconophysique est peut-être récent, mais l’étude de ces phases de transition est une caractéristique connue des systèmes complexes depuis longtemps. On appelle cela la &#8220;criticalité auto-organisée&#8221; et ce concept est au coeur du domaine depuis plus de deux décennies.</p>
<p>Les théories de la complexité ont largement inspiré <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nassim_Nicholas_Taleb">Nassim Nicholas Taleb</a> qui en raconte les effets dans son fameux livre <i><a href="http://www.amazon.fr/cygne-noir-puissance-limpr%C3%A9visible/dp/2251443959/internetnet-21">Le Cygne Noir</a></i> (aucune relation avec Nathalie Portman). Taleb utilise les théories de la complexité pour moquer les économistes qui évaluent les risques en termes &#8220;gaussiens&#8221;, en traçant une courbe, une &#8220;moyenne&#8221; où les évènements les plus extrêmes sont également les moins probables. Au contraire, dans une vision &#8220;complexe&#8221; de l’économie ou de la société, les &#8220;catastrophes&#8221;, les &#8220;cygnes noirs&#8221; (qui peuvent d’ailleurs aussi être positifs, comme le montrent les révolutions récentes dans le monde arabe)  ont toutes les chances de se produire, et bien plus vite qu&#8217;on ne le pense.</p>
<p>Les théories de Bar Yam ne sont donc pas révolutionnaires, mais constituent plus probablement un clou supplémentaire dans le cercueil de l&#8217;économie classique. Cette recherche présente également l’intérêt de reposer sur un calcul assez simple (enfin, assez simple pour des mathématiciens), impliquant un paramètre unique. Elle propose un moyen d&#8217;explorer et d&#8217;anticiper l&#8217;arrivée de ces &#8220;catastrophes&#8221;, et pourrait donc, si elle est confirmée, avoir des conséquences pratiques. Elle permettrait, sinon de prévoir l&#8217;imprévisible, du moins de s&#8217;y préparer intelligemment&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-comportementale/" title="économie comportementale" rel="tag nofollow">économie comportementale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/monnaie/" title="monnaie" rel="tag nofollow">monnaie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/science/" title="science" rel="tag nofollow">science</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a><br />
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		<item>
		<title>Pourquoi la réutilisation des données publiques à des fins commerciales doit-elle être gratuite ?</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2011 05:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Invité extérieur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Services]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
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		<category><![CDATA[données publiques]]></category>
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		<description><![CDATA[L’association nantaise LiberTIC, une source indispensable en France sur la question de l’ouverture des données publiques, a publié la semaine dernière un billet qui explique pourquoi la réutilisation des données publiques à des fins commerciales doit demeurer gratuite. Cette position argumentée, appuyée sur une conviction et une vision, n’est pourtant pas si simple à tenir, d’autant plus que la Ville&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>L’association nantaise <a href="http://libertic.wordpress.com">LiberTIC</a>, une source indispensable en France sur la question de l’ouverture des données publiques, <a href="http://libertic.wordpress.com/2011/02/25/pourquoi-la-reutilisation-des-donnees-publiques-a-des-fins-commerciales-doit-etre-gratuite/">a publié la semaine dernière un billet</a> qui explique pourquoi la réutilisation des données publiques à des fins commerciales doit demeurer gratuite. Cette position argumentée, appuyée sur une conviction et une vision, n’est pourtant pas si simple à tenir, d’autant plus que la Ville de Nantes vient justement d’annoncer une décision différente. Libre à chacun de tester le modèle de son choix, mais il faut bien mesurer les tenants de l’équation économique en cours, <a href="http://www.internetactu.net/2007/06/14/limmateriel-sera-t-il-payant/">comme nous le disions il y a quelques années déjà à la lecture du rapport sur l’économie de l’immatériel</a>. Les arguments de LibertTIC méritent en tout cas d’être écoutés avec attention, notamment parce qu’ils font avancer le débat. Pour ceux qui ne les auraient pas déjà lus, les voici. </p></blockquote>
<p><a href="http://www.lagazettedescommunes.com/56429/nantes-va-ouvrir-ses-donnees-publiques/">L’annonce de la ville de Nantes de rendre ses données publiques payantes pour ceux qui en feraient une réutilisation commerciale a relancé le débat</a> : faut-il faire payer les entreprises ?</p>
<p>Cette question a été tranchée à l’étranger où les plates-formes nationales et locales présentent des licences d’exploitation gratuites pour tous. Certains pays comme la Nouvelle-Zélande ont d’ailleurs mis en place <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/nz/legalcode">des systèmes de licence unique gratuite</a>. Si plusieurs licences coïncident en France, les deux initiatives Opendata françaises, <a href="http://www.data.rennes-metropole.fr/notre-demarche/licence-d-utilisation/">Rennes</a> et à <a href="http://opendata.paris.fr/opendata/jsp/site/Portal.jsp?page_id=10">Paris</a>, affichent bien des licences d’exploitation gratuites, y compris à des fins commerciales.</p>
<p><a href="http://libertic.wordpress.com/libertic/">A Libertic</a>, nous soutenons que l’accès et la réutilisation des données publiques, y compris à des fins commerciales, doivent être gratuits et voici pourquoi.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/opendatafrancelibertic.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/opendatafrancelibertic.png" alt="opendatafrancelibertic" title="opendatafrancelibertic" width="580" height="489" class="alignright size-full wp-image-12800" /></a><br />
<i>Image : La carte des villes, conseils généraux et régions impliqués dans un programme d&#8217;ouverture des données publiques en France, <a href="http://www.flickr.com/photos/46243777@N07/5422451858/">maintenue par LiberTIC</a>.</i></p>
<h3>Le mouvement Opendata défend la gratuité</h3>
<p>L’Opendata n’est pas une quelconque pratique de mise à disposition de données. L’Opendata est un mouvement international qui repose sur une philosophie et des principes.</p>
<p>Soutenu par la communauté du libre, par les militants du droit d’accès à l’information et par les promoteurs du gouvernement ouvert, les deux acteurs principaux de l’Opendata sont la <a href="http://sunlightfoundation.com/">Sunlight Fundation</a> aux Etats-Unis et l’<a href="http://okfn.org/">Open Knowledge Fundation</a> au Royaume-Uni. <a href="http://sunlightfoundation.com/policy/documents/ten-open-data-principles/">Les 10 principes de l’Opendata</a>qui constituent les piliers de la philosophie du mouvement impliquent le respect du principe fondamental suivant : assurer que les données publiques soient accessibles, exploitables et réutilisables par tous. </p>
<p>Parmi les dix critères d’une donnée ouverte, il y a notamment les notions de non-discrimination des usagers ainsi que la notion d’abandon des licences restrictives et de la tarification qui limitent la diffusion et réutilisation des données. </p>
<p>Ces derniers points rendent explicitent  l’objectif final de l&#8217;Opendata. Il ne s’agit pas uniquement de créer des plateformes d&#8217;hébergement des données publiques (le moyen), il s’agit surtout de faciliter l&#8217;appropriation de ces données par des tiers qui leur donneront un sens à travers la création de services, de découvertes, de nouvelles informations, etc. (la fin) </p>
<p>Subordonner la réutilisation des données publiques à une licence payante est une entrave à la valorisation des données et ne relève donc pas des principes du mouvement Opendata tel qu’il se définit.</p>
<h3>La tarification des données est limitée par la loi</h3>
<p>La mise à disposition des données publiques en France est régie par un cadre légal strict.</p>
<p><a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068643&#038;dateTexte=20101001">La loi du 17 juillet 1978</a> sur le droit d’accès à l’information permet à toute personne d’obtenir l’accès aux informations créées dans le cadre d’une mission de service public.</p>
<p>Les données sensibles, du type données nominatives, à caractère privé, relevant de la sécurité du territoire, etc. sont évidemment exclues du champ de la mise à disposition.</p>
<p>Cette loi mentionne que la réutilisation d’informations publiques peut éventuellement donner lieu à tarification, mais là encore dans un cadre précis : la redevance ne peut pas dépasser le coût de mise à disposition des données.</p>
<p>Cette législation a été adaptée à la Directive 2003/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 14 novembre 2003 relative à l&#8217;utilisation des informations du secteur public. Transposée en droit français par <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/html/actualite/actualite_legislative/decrets_ordo/ordo2005-650.htm">l‘Ordonnance 2005/650 du 6 juin 2005</a> et par le décret n° 2005/1755 du 30 décembre 2005 elle stipule également : <i>&#8220;Les informations publiques, non nominatives, provenant d&#8217;organismes publics ou d&#8217;entreprises privées exploitant un service public doivent pouvoir être rendues accessibles et réutilisées à des fins commerciales ou non, d&#8217;une manière non discriminatoire et non exclusive, et à des coûts qui n&#8217;excèdent pas leur coût de production.&#8221;</i></p>
<p>Les administrations ne peuvent donc pas espérer obtenir de bénéfices financiers sur la vente des données. </p>
<h3>L’investissement entre dans les budgets des collectivités</h3>
<p>Contrairement à un fantasme répandu, la démarche Opendata ne représente pas un investissement inabordable. <a href="http://libertic.wordpress.com/2011/01/19/pourquoi-lavenir-sera-opendata/">Rennes avait indiqué</a> avoir mis 20 000 € de sa poche même s’il est vrai que cela ne prend pas en compte les ressources humaines et la surcharge ponctuelle des services concernés le temps du lancement (certains l’évaluent à 25% de leur temps de travail). Mais l’investissement initial est dans l’infrastructure, pas dans la diffusion des données. L’effort est donc au début du processus avec un budget de départ à définir.</p>
<p>Or les collectivités ont déjà des lignes budgétaires pour financer des aides à l’emploi, des appels à projet pour développer l’économie et l’entrepreneuriat sur leurs territoires, elles financent la création de services d’utilité sociale, elles investissent dans la communication pour valoriser l’attractivité de leurs territoires… et l’Opendata est un facilitateur pour atteindre tous ces objectifs.</p>
<p>Il s’agit d’un levier extrêmement bon marché pour déclencher des effets perceptibles sur les territoires, ce qui devrait motiver les services publics à prendre en charge les infrastructures sources de développement économique et social.</p>
<h3>La gratuité génère des bénéfices</h3>
<p><a href="http://www.epsiplus.net/news/news/programma_epsi_platform_berlin_open_data_apps_for_everyone">Lors de la conférence européenne PSI Apps</a> à Berlin le 18 février dernier, Marc de Vries <a href="http://www.europeanaddressforum.eu/EAF/index.php?option=com_content&#038;view=article&#038;id=36:the-value-of-providing-danish-address-data-free-of-charge&#038;catid=1:latest-news">a présenté les bénéfices financiers d’un programme d’ouverture des données au Danemark</a> et dont <a href="http://www.a-brest.net/article6579.html">un résumé en français est disponible sur @-Brest</a>.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/impactdelagratuitelibertic.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/impactdelagratuitelibertic.jpg" alt="impactdelagratuitelibertic" title="impactdelagratuitelibertic" width="477" height="500" class="alignright size-full wp-image-12798" /></a></p>
<p><a href="http://inspire.jrc.ec.europa.eu/reports/Study_reports/catalonia_impact_study_report.pdf">Pour la Catalogne</a>, l’ouverture a généré des économies de 500h mensuelles de travail et un retour sur investissement en 4 mois.</p>
<p>Pour Rennes, <a href="http://www.data.rennes-metropole.fr/le-concours/le-vote-en-ligne/applications/">la création de 47 applications</a> à partir de <a href="http://www.data.rennes-metropole.fr/les-donnees/catalogue/">leurs données ouvertes</a> a été financée par des partenaires à hauteur de 50 000 €. Si la collectivité avait dû financer elle-même ces applis, sur une moyenne de 20 000 € chacune, cela lui en aurait coûté 940 000 €.</p>
<p>Et ce ne sont que quelques exemples parmi les études sur les avantages économiques et sociaux de l’Opendata. <a href="https://spreadsheets.google.com/ccc?key=0Ag-udG4NicuCdGtiOElCeEJjUlU2TFBsMEJKcDZEZlE&#038;authkey=CKuhk_oB&#038;hl=en#gid=0">Voir d’autres cas chiffrés ici</a> et <a href="http://community.ands.org.au/viewtopic.php?f=10&#038;t=381&#038;sid=9ba054b9b25272a0ba157d3afcab6f0f">études complémentaires là</a>, parmi <a href="http://wiki.linkedgov.org/index.php/The_economic_impact_of_open_data">de nombreuses études sur l’impact économique de l’OpenData</a>. </p>
<p>Il est démontré qu’un programme d’ouverture des données publiques génère des économies d’un côté et de nouvelles recettes fiscales de l’autre. Dans un contexte budgétaire toujours plus limité, la question n’est pas de savoir comment financer l’Opendata mais comment continuer à financer des procédures coûteuses qui freinent le développement économique et impactent donc les recettes fiscales.</p>
<h3>Le paiement pour la réutilisation commerciale est déjà la norme</h3>
<p>Les entreprises payent déjà pour commercialiser des données publiques, ce qui crée d’ailleurs un système oligopole dans lequel seules les structures ayant assez de moyens pour investir dans l’acquisition peuvent suivre, pénalisant les petites entreprises et les porteurs de projets dans le développement de leur activité et la création de services et usages innovants.</p>
<p>Or l’Opendata est un changement total de paradigme. Cette philosophie considère que l&#8217;ancien système d&#8217;échange n&#8217;est pas optimal et qu&#8217;il pénalise le développement des acteurs tout en impactant l&#8217;efficacité et les recettes des services administratifs. Dans cette nouvelle donne, il s&#8217;agit donc de renoncer aux revenus directs d&#8217;une commercialisation pour bénéficier de revenus indirects majorés (tel que démontré par l&#8217;exemple du Danemark). Cela implique reconsidérer la vision en silos de l&#8217;administration et considérer les bénéfices du système administratif dans sa globalité.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/opendatalibertic.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/opendatalibertic.jpg" alt="opendatalibertic" title="opendatalibertic" width="432" height="366" class="alignright size-full wp-image-12799" /></a></p>
<h3>Une procédure difficilement applicable</h3>
<p>Les collectivités auront-elles les moyens d’identifier tous les acteurs effectuant une réutilisation commerciale de leurs données ? Et qu’est-ce qu’une utilisation commerciale ? Si une initiative telle que <a href="http://www.nosdeputes.fr/">Nosdeputes.fr</a> devait demain financer l’hébergement de leur site via de la publicité en ligne (tandis qu’ils payent l’hébergement de leur poche actuellement), leur démarche citoyenne serait-elle alors considérée comme une réutilisation commerciale des données ?</p>
<h3>Le pragmatisme, plus efficace que l’idéologie</h3>
<p>A travers <a href="http://www.numerama.com/magazine/18110-nantes-a-t-elle-peur-que-l-open-data-aide-ses-entreprises.html">les commentaires des internautes sur la question de la licence commerciale</a>, nous constatons que la vision idéologique du rôle des entreprises dans la société semble largement influencer les positionnements de chacun. On observe un clivage dont une restitution manichéenne pourrait donner ceci :</p>
<ul>
<li>Ceux qui envisagent les entreprises comme des structures d’exploitation arbitraire ne partageant pas leurs profits “évadés aux Bahamas” et ne participant donc pas à l’effort collectif privilégient un accès payant pour les réutilisations commerciales.</li>
<li>Ceux qui envisagent les entreprises comme des entités créant de la richesse, de l’emploi et des services utiles à la communauté privilégient leur développement par l’accès gratuit pour les réutilisations commerciales.</li>
</ul>
<p>Il y a également tous ceux qui ne connaissent pas les principes de l’Opendata et qui ne sont pas étonnés par l’idée qu’une structure commerciale paye un accès, ce qui semble un réflexe français que nos voisins européens ont du mal à comprendre.</p>
<p>Lors de la conférence <a href="http://www.epsiplatform.eu/news/events/opendata_apps_for_everyone">Public Sector Information Reuse</a> qui se tenait à Berlin en février dernier, un représentant d’une organisation française en faveur des licences commerciales payantes est intervenu pour défendre sa position, ce qui a suscité de vives réactions en temps réel sur le mur de tweets comme : <i>“Mon dieu ! Do the French only think about how to get money out of public sector information ?”</i> (Mon Dieu, est-ce que les Français ne pensent seulement qu’à gagner de l’argent avec l’information publique ?) ou <i>“if you make services digital you exclude a lot of people and if you make them pay you exclude even more”</i> (Si vous faites un service numérique vous excluez beaucoup de personnes et si vous le rendez payant vous en excluez encore plus) ou <i>“Why all those rules beforehand, when gov can’t really control them ?”</i> (Pourquoi toutes ces règles à l&#8217;avance, quand les gouvernements ne peuvent pas vraiment les contrôler ?)</p>
<p>Un changement culturel reste à opérer sur le rôle d’une activité commerciale dans la société (et c’est une association qui le dit…).</p>
<h3>Notre position</h3>
<p>Monsieur F. nous a envoyé un email hier en nous demandant quelles étaient nos sources de financement et à demi-mot : quels intérêts défendons-nous et pour quel lobby travaillons- nous ?</p>
<p>Libertic est une association nantaise de loi 1901 animée par des bénévoles. Nous n’avons pas de salariés, mais nous espérons créer un emploi en 2011.</p>
<p>Nous avons fonctionné sur un budget de 5 000 € en 2010. 80% de ce budget a servi à financer l’animation d’un collectif d’acteurs du numérique social, la création de leurs supports de communication, la duplication de CD de logiciels libres, etc. 20% ont été consacrés à nos déplacements aux conférences Opendata.</p>
<p>Effectivement, Libertic ne fait pas uniquement de l’Opendata mais nous ne parlons que de cette thématique <a href="http://libertic.wordpress.com/">sur ce blog</a>, voilà pourquoi certains d’entre-vous étiez peut-être passés à côté. Mais si vous pensez toujours que notre objet est de défendre des intérêts privés, <a href="http://www.terristoires.info/societe/numerique-socil-et-solidire.html">la description de nos activités annexes risque de vous surprendre</a>.</p>
<p>Nous précisons également que si cet article s’est basé sur des arguments exclusivement financiers (alors que l’Opendata comporte évidemment un volet social), c’est tout simplement parce qu’il s’agissait de répondre à une question financière. Mais notre action au quotidien reste transversale: favoriser le déploiement de l’Opendata, vecteur de développement technologique, économique, démocratique et social.</p>
<p>Aujourd’hui Libertic fédère plus d’une centaine d’acteurs et sympathisants de l’Opendata, des citoyens, des développeurs, des entreprises, des associations, des écoles… </p>
<p>Nous sommes issus de l’économie sociale et solidaire et c’est d’ailleurs ce service de Nantes Métropole qui nous a financé sur un appel à projets. Nous sommes tombés assez tôt et un peu par erreur sur le mouvement Opendata qui nous a passionnés parce qu’il touche tous les acteurs du territoire, parce qu’il est riche de promesses sociales et économiques et parce qu’il représente un changement de paradigmes. C’est ce mouvement-là, dans sa globalité (acteurs économiques et acteurs sociaux), que nous soutenons par nos actions en défendant l’intérêt de toutes les parties prenantes et en incitant notre territoire à s’engager dans ce mouvement d’envergure qui est en marche.</p>
<h3>Le Sputnik Moment</h3>
<p>Henri Verdier, président du Pôle de compétitivité Cap Digital, <a href="http://www.henriverdier.com/2011/02/open-data-numerique-startups.html">a publié un article</a> dans lequel il rappelle que le mouvement Opendata a été lancé aux Etats-Unis par Barack Obama à partir de son discours du Sputnik Moment.</p>
<p><i>”Le “Sputnik Moment”, c’est ce moment où l’Amérique de Kennedy (sic) traumatisée par le premier succès spatial soviétique, décida de lancer à son tour un vaste programme spatial, avec la création notamment de la NASA et l’enclenchement d’une course aux étoiles qui allait culminer avec la conquête de la Lune. Mais ce Sputnik Moment allait également inaugurer un cycle d’innovation sans précédent, à l’origine, entre autres, du développement accéléré de la Silicon Valley.”</i></p>
<p>Cet investissement dans les sciences a généré la création de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques, de nouvelles technologies, de nouvelles pratiques, dont ont tire encore des découvertes et de nouvelles applications 40 ans plus tard.</p>
<p>A l’heure actuelle, nous sommes dans un nouveau moment Sputnik.</p>
<p>Nous entrons dans l’ère des données, du web 3.0, de la sémantique. Des services, des techniques, des usages autour des données sont à découvrir dont nous avons encore peine à imaginer la nature et l’ampleur ainsi que les répercussions sur nos modes de vie des quarante prochaines années.</p>
<p>Bien sûr des questions restent en suspens, bien sûr que le tableau n’est pas idyllique, mais avançons déjà et gardons ces objectifs en tête pour lancer des initiatives ambitieuses.</p>
<p>Ne ratons pas ce tournant et levons les freins financiers. Pour mettre toutes les chances de notre côté, les licences gratuites y compris à des fins commerciales s’imposent.</p>
<p>LiberTIC</p>
<p><i><a href="http://libertic.wordpress.com/2011/02/25/pourquoi-la-reutilisation-des-donnees-publiques-a-des-fins-commerciales-doit-etre-gratuite/">Cet article a été originellement publié sur le blog de LiberTIC</a>. Une suite abordant le volet social de l’ouverture des données, doit lui être ajouté très prochainement, <a href="http://libertic.wordpress.com">à surveiller sur le blog de LiberTIC</a>.</i> </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/immateriel/" title="immatériel" rel="tag nofollow">immatériel</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/open-innovation/" title="open innovation" rel="tag nofollow">open innovation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a><br />
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		<item>
		<title>De l&#8217;internet des objets au web des objets</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Feb 2011 05:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;La promesse de l&#8217;internet des objets est de construire un réseau fluide d&#8217;appareils hétérogènes connectés ensemble pour former un dispositif unique et cohérent. Mais en fait, cette promesse est une escroquerie&#8221;, attaque, bille en tête, Vlad Trifa, ingénieur à l&#8217;Institut d&#8217;informatique pervasive de l&#8217;Institut de technologie de Zurich sur la scène de Lift à Genève. Il existe déjà plus d&#8217;une&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;La promesse de l&#8217;internet des objets est de construire un réseau fluide d&#8217;appareils hétérogènes connectés ensemble pour former un dispositif unique et cohérent. Mais en fait, cette promesse est une escroquerie&#8221;</em>, attaque, bille en tête, <a href="http://www.vladtrifa.com/">Vlad Trifa</a>, ingénieur à l&#8217;Institut d&#8217;informatique pervasive de l&#8217;Institut de technologie de Zurich sur la <a href="http://www.liftconference.com">scène de Lift</a> à Genève. Il existe déjà plus d&#8217;une quinzaine de protocoles techniques pour assurer les communications domotiques et machines à machines (M2M), mais ceux-ci demeurent largement inconnues des programmeurs qui ne sont pas spécialisés sur ces sujets. Si l&#8217;industrie a construit des normes pour contrôler l&#8217;internet des objets, elle est loin d&#8217;être parvenue à un accord. <em>&#8220;La réalité aujourd&#8217;hui est que nous avons plutôt construit des intranets pour un grand nombre de choses qu&#8217;un internet des objets, chacun formant un îlot isolé de quelques appareils connectés qui n&#8217;ont pratiquement aucun moyen d&#8217;interagir les uns avec les autres&#8221;</em>. L&#8217;internet des objets est donc une utopie. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/trifalift11.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/trifalift11.png" alt="trifalift11" title="trifalift11" width="580" height="385" class="alignright size-full wp-image-12670" /></a><br />
<em>Image : Vlad Trifa sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5417730333/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p><em>&#8220;Il existe un protocole pourtant qui pourrait mettre tout le monde d&#8217;accord, c&#8217;est le web&#8221;</em>, estime Vlad Trifa dans <a href="http://www.webofthings.com/2011/02/04/lift11-talk-transcript/">sa présentation</a>. <em>&#8220;L&#8217;infrastructure existe, elle est ouverte, simple, libre, flexible, et elle est capable de passer à l&#8217;échelle. Tout le monde peut l&#8217;utiliser facilement et créer quelque chose avec. Elle permet une réelle simplicité d&#8217;accès.&#8221;</em> Reste à l&#8217;utiliser pour les objets physiques et pas seulement pour l&#8217;information et la communication de nos machines électroniques.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/les5web.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/les5web.jpg" alt="les5web" title="les5web" width="480" height="360" class="alignright size-full wp-image-12671" /></a><br />
<em>Image : les 5 web selon Vlad Trifa.</em></p>
<p>D&#8217;ailleurs, il n&#8217;y a pas un web, mais 5, rappelle Trifa : le web physique, social, sémantique, programmable et temps réel. L&#8217;internet des objets étant pour lui au centre de tous ces ingrédients, prêt à proposer de toutes nouvelles expériences. </p>
<p>Pour Vlad Trifa, l&#8217;accès à la programmation des objets se démocratise, notamment grâce à Arduino (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arduino">Wikipédia</a>), qui permet à chacun de créer des objets programmables. De la même manière que chacun a créé son propre site ou blog&#8230; on peut désormais assez facilement lire et écrire des données provenant de capteurs et les façonner comme bon nous semble. Ce n&#8217;est peut-être pas encore aussi simple que cela, car utiliser Arduino demande tout de même quelques bases en électronique, mais rien qui ne semble impossible à tous ceux qui voient dans Arduino l&#8217;outil pour démocratiser l&#8217;internet des objets. </p>
<p>Si la construction d&#8217;objets connectés n&#8217;est pas des plus simple, leur utilisation, elle, est incontestablement plus accessible.  </p>
<p>Pour expliquer la différence de conception des objets entre ceux produits par le monde industriel et ceux qu&#8217;on pourrait imaginer dans un écosystème de capteurs réutilisables et partageables &#8211; formant des dispositifs et services qui pourraient être accessible simplement, via une interface de programmation en ligne, en utilisant tout simplement votre login Facebook par exemple -, Vlad Trifa nous montre une télécommande qu&#8217;on lui a donnée pour faire fonctionner la climatisation de sa chambre dans un hôtel japonais. Mais les commandes des boutons sont tous écrits en japonais, ce qui la rend inutilisable pour beaucoup des clients de l&#8217;hôtel. Pour lui, on peut faire l&#8217;internet des objets autrement. Via des applications web nativement interopérables (<a href="http://liip.to/niwea">Niwea</a>). En les couplant avec des outils comme <a href="http://www.phonegap.com/">PhoneGap</a>, vous pouvez transformer votre application Web en une véritable application native. L&#8217;idée est de faire entrer les fonctions de la télécommande dans une application accessible en ligne ou via son smartphone, qui permette de faire exactement la même chose pour autant que l&#8217;électronique domestique soit connectée au web &#8211; ce qui n’est pas possible aujourd’hui a cause des différents “protocoles” utilisés par tous les services domotiques -, ce qui nécessiterait que quelques puces et un réseau Wi-Fi. L&#8217;application permettrait de régler les mêmes éléments de son environnement, mais en passant par l&#8217;internet : on pourrait ainsi éteindre la lumière, régler la climatisation&#8230; Avec un appareil qui s&#8217;adapte au contexte de l&#8217;utilisateur (en permettant d&#8217;accéder aux fonctions directement dans sa langue) et permettant même de régler les fonctionnalités à une distance plus grande que ne sait le faire une télécommande. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/telecommandetrifalift11.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/telecommandetrifalift11.jpg" alt="telecommandetrifalift11" title="telecommandetrifalift11" width="480" height="360" class="alignright size-full wp-image-12672" /></a><br />
<em>Image : la télécommande japonaise de Vlad Trifa et l&#8217;application sur smartphone.</em></p>
<p>L&#8217;internet des objets qui passe par l&#8217;internet n&#8217;a rien à voir avec la domotique traditionnelle, explique Vlad Trifa. Des interfaces de programmation permettent à des services ou des outils de se brancher sur les données que ces objets produisent et ce en temps réel. Mais ce pas seulement valable pour nos objets du quotidien : <a href="http://www.libelium.com/libeliumworld/articles/110190193831">c&#8217;est également de villes entières dont on parle</a>, comme le montre le projet <a href="http://senseable.mit.edu/livesingapore">LiveSingapore développé par le Senseable Lab du MIT</a>. Le projet consiste à construire une plateforme pour recueillir des centaines de flux de données provenant de divers organismes pour produire des informations de haut niveau sur la ville et son fonctionnement. A Rio de Janeiro, IBM, avec leur <a href="http://asmarterplanet.com">Smart Planet initiative</a>, a construit, en partenariat avec la ville, <a href="http://asmarterplanet.com/blog/2010/12/ibm-helps-rio-de-janeiro-become-a-smarter-city.html">un centre d&#8217;opération</a> qui fonctionne indépendamment de tout organisme tout en recevant des données de plusieurs d&#8217;entre eux (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=kj3d_nIvt8o&#038;">vidéo</a>). Ce centre d&#8217;opération fonctionne grâce à une batterie d&#8217;algorithmes pour contrôler, prévoir et visualiser les informations vitales en temps réel de la ville et déterminer la meilleure façon d&#8217;y répondre : quelles sont les collines les plus sujettes à des coulées de boue ? Quels hôpitaux ont des lits disponibles ? Où sont les voitures de police d&#8217;urgence et les ambulances ?&#8230;</p>
<p>Autre exemple. On sait que l&#8217;eau potable est un bien de plus en plus précieux et que pour nombre de grandes villes, la distribution de l&#8217;eau est un problème majeur. L&#8217;infrastructure d&#8217;adduction d&#8217;eau est souvent vieillissante et les défaillances fréquentes. La gestion du système est souvent inefficace et 30 % de l&#8217;eau est la plupart du temps perdu dans l&#8217;acheminement. A Singapour, <a href="http://aqueduct.nus.edu.sg/waterwise">le projet WaterWise</a> a consisté à placer des capteurs sur les conduites d&#8217;eau pour surveiller en temps réel la pression, la température, et analyser la composition chimique et biologique de l&#8217;eau&#8230; ce qui permet de repérer les fuites, de réagir plus vite à un incident. Et surtout de mieux étalonner la consommation selon la demande. </p>
<p>Mais le web des objets peut avoir également des applications encore plus concrètes. Dans une chaine d&#8217;approvisionnement, on doit savoir tout le temps et en temps réel où sont les produits ou les matériaux dont on a besoin. Pour créer une logistique en temps réel, il existe des solutions techniques coûteuses, comme le réseau EPCIS (<a href="http://www.gs1.org/epcglobal">Electronic Product Code Information System</a>), un ensemble d&#8217;outils et de normes pour le suivi et le partage de produits dotés d&#8217;étiquettes RFID. Des systèmes de ce type permettent de suivre et localiser des produits tout le long d&#8217;une chaîne d&#8217;approvisionnement. Les systèmes d&#8217;informations EPC utilisent des systèmes complexes et peu malléables. <a href="http://epcmashup.webofthings.com">EPC mashups</a> est une plateforme qui permet d&#8217;accéder à toutes les informations produites par sa chaine logistique via le web d&#8217;une manière plus souple et plus fluide que le système d&#8217;information d&#8217;EPC et de construire des outils et des applications pour rendre la chaine d&#8217;approvisionnement toujours plus intelligente et malléable. </p>
<p>Le <a href="http://www.webofthings.com/">Web des objets</a> sur lequel travaille Vlad Trifa propose de faire l&#8217;internet des objets autrement. En ligne. Sur le web. Pour profiter des avantages du web, plutôt que d&#8217;être contraints par des protocoles, peut-être plus sûrs, mais en tout cas moins flexibles. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecologie/" title="écologie" rel="tag nofollow">écologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		<title>Peut-on rêver l&#8217;école et mieux la construire ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/02/18/peut-on-rever-lecole-et-mieux-la-construire/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Feb 2011 10:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;J&#8217;habite au nord des Pays-Bas dans une petite ville de 27 000 habitants, je me déplace beaucoup par train et c&#8217;est souvent là mon bureau. Je n&#8217;ai pas de diplôme, mais cela ne m&#8217;a pas empêché de mettre en place un programme de cours pour l&#8217;Académie Royale d&#8217;Art de La Haye. Je suis designer et je cherche à montrer comment&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;J&#8217;habite au nord des Pays-Bas dans une petite ville de 27 000 habitants, je me déplace beaucoup par train et c&#8217;est souvent là mon bureau. Je n&#8217;ai pas de diplôme, mais cela ne m&#8217;a pas empêché de mettre en place un programme de cours pour l&#8217;Académie Royale d&#8217;Art de La Haye. Je suis designer et je cherche à montrer comment le monde change et comment on peut utiliser bénéfiquement ces changements. Comme beaucoup de gens, je travaille pour gagner ma vie et j&#8217;essaye d&#8217;organiser des choses drôles et agréables.&#8221;</em> C&#8217;est ainsi que se présente le touche-à-tout <a href="http://www.kampman.nl/">Marcel Kampman</a>. Ne vous fiez pas à son apparente modestie, ce designer fou a beaucoup de projets dans sa besace et tous ne sont pas aussi fous qu&#8217;ils en ont l&#8217;air. Il est notamment le directeur créatif de <a href="http://www.picnicnetwork.org/">Picnic</a>, la conférence hollandaise sur les nouvelles technologies, et le cofondateur de <a href="http://www.kampman.nl/dreamschool/">DreamSchool</a>.  Et c&#8217;est de ce projet qu&#8217;est venu parler Marcel Kampman à l&#8217;édition 2011 de <a href="http://www.liftconference.com">Lift</a>, une des autres grandes conférences européennes sur l&#8217;innovation.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/screenkampmanlift11.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/screenkampmanlift11.jpg" alt="screenkampmanlift11" title="screenkampmanlift11" width="580" class="alignright size-full wp-image-12661" /></a><br />
<em>Image : Marcel Kampman sur scène et <a href="http://klewel.com/conferences/lift11/index.php?talkID=47">dans sa présentation</a>, à Lift.</em></p>
<p><a href="http://www.projectdreamschool.org/mydreamschoolis">DreamSchool</a> (l&#8217;école de rêve) est née d&#8217;une rencontre avec un directeur d&#8217;école hollandais qui était venu l&#8217;écouter à une conférence. Le principal avait le projet de bâtir &#8220;une école idéale&#8221; (une école pour les 12-18 ans : on dirait plutôt un collège chez nous). Les deux hommes se sont trouvé alors des buts communs. Le principal, Peter de Visser, était passionné par son projet : <em>&#8220;il voulait bâtir une école autrement pour changer le monde, en commençant par ici&#8221;</em>, à Mepel aux Pays-Bas où les deux hommes vivent. Le but était terriblement ambitieux : comment créer la meilleure école des Pays-Bas, voir du monde entier ?! Pour réfléchir à ce projet, Marcel Kampman à fait bénéficier au directeur de son formidable réseau, demandant à des artistes et aux meilleurs spécialistes du sujet &#8211; <a href="http://sirkenrobinson.com/skr/">Ken Robinson</a>, qui explique <a href="http://www.ted.com/talks/lang/fre_ca/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html">que l&#8217;école anéantit la créativité</a>, <a href="http://www.buzzmachine.com/">Jeff Jarvis</a> ou <a href="http://www.educationfutures.com/">John Moravec</a>&#8230; &#8211; ce qu&#8217;il fallait faire pour concrètement réussir ce projet.</p>
<p>Si les rêves sont sans fin, construire une école ne l&#8217;est pas. Il y a des contraintes et des législations à respecter. Le projet Ecole de rêve devait à la fois permettre une réflexion théorique et la confronter à une situation réelle. </p>
<p>Marcel Kampman explique que l&#8217;école tue la créativité des enfants. Qu&#8217;elle participe &#8211; comme tous les choix qu&#8217;on fait pour eux &#8211; à réduire le plein potentiel que les enfants ont à la naissance. <em>&#8220;On obtient un diplôme pour ce que nous ne sommes plus&#8221;</em>, lance-t-il en reprenant les thèses de Ken Robinson. Le groupe de travail qui s&#8217;est formé autour du projet, lui, a pris le contre-pied. Il a eu pour objet de libérer la créativité des participants via des ateliers de créativité et une plateforme pour y déposer ses &#8220;rêves d&#8217;école idéale&#8221;. L&#8217;enthousiasme semble communicatif : <em>&#8220;Tous les participants s&#8217;engagent à créer quelque chose. Créer une école de rêve est un vrai défi et nous n&#8217;avons qu&#8217;une chance pour la faire fonctionner. D&#8217;ici 3 ans, elle sortira de terre pour fonctionner réellement.&#8221;</em> </p>
<p>Dommage que Marcel Kampman s&#8217;en tienne aux généralités. Nous aurions aimé savoir plus précisément les principes fondateurs qui vont régir cette école, son organisation, comme son aménagement. Visiblement, si l&#8217;on croit <a href="http://www.educationfutures.com/2010/05/02/project-dream-school/">un billet que lui a consacré John Moravec</a>, la classe traditionnelle sera abandonnée au profit d&#8217;espaces flexibles favorisant la collaboration. Une infrastructure technologique sera bien sûr mise en place, mais sans qu&#8217;elle soit imposée : les élèves seraient libres d&#8217;apporter leurs propres technologies, certainement en recevant une bourse pour cela. L&#8217;école serait également une ressource pour la communauté tout entière : permettant à d&#8217;autres qu&#8217;aux seuls élèves de bénéficier de la structure mise en place, le soir après les cours notamment. Enfin, elle engagerait des enseignants qui plutôt que d&#8217;être chargés de faire des cours, auraient pour but d&#8217;être les médiateurs d&#8217;idées, les catalyseurs de la créativité et de l&#8217;innovation des élèves&#8230;  </p>
<p><em>&#8220;C&#8217;est un sujet sérieux&#8221;, conclut Marcel Kampman. </em><em>&#8220;Nous ne cherchons pas à tuer le concept d&#8217;école, mais à l&#8217;aider à se développer&#8221;</em>. Le réseau est ouvert. Visiblement, d&#8217;autres écoles de part le monde cherchant elles aussi à imaginer une école idéale l&#8217;ont rejoint pour travailler de concert. </p>
<p>Avec les rêves, tout semble effectivement possible, mais tout le monde aura hâte de regarder dans quelques années, si &#8220;l&#8217;école de rêve&#8221; les relève.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-sociale/" title="innovation sociale" rel="tag nofollow">innovation sociale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/la27eregion/" title="la27eregion" rel="tag nofollow">la27eregion</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a><br />
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		<title>Ouvrir le monde bancaire ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/02/17/ouvrir-le-monde-bancaire/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Feb 2011 10:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La corruption et la fraude sont deux grands défis que nous adressent le fonctionnement de nos sociétés contemporaines, attaque le programmeur, entrepreneur et compositeur Simon Redfern à l&#8217;occasion de la conférence internationale Lift qui se tenait il y a peu à Genève (voir sa présentation). En Europe, c&#8217;est quelque 30 milliards d&#8217;euros qui seraient perdus chaque année par la corruption.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La corruption et la fraude sont deux grands défis que nous adressent le fonctionnement de nos sociétés contemporaines, attaque le programmeur, entrepreneur et compositeur Simon Redfern à l&#8217;occasion de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence internationale Lift</a> qui se tenait il y a peu à Genève (<a href="http://liftconference.com/drupal/lift11/program/talk/simon-redfern-open-banking-project">voir sa présentation</a>). En Europe, c&#8217;est quelque 30 milliards d&#8217;euros qui seraient perdus chaque année par la corruption. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/redfernlift111.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/redfernlift111.png" alt="redfernlift11" title="redfernlift11" width="580" height="384" class="alignright size-full wp-image-12588" /></a><br />
<em>Image : Simon Redfern sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5415730332/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>La corruption est multiple. L&#8217;aide étrangère est bien souvent son premier vecteur, tant et si bien que la banque mondiale a lancé l&#8217;initiative Start pour recouvrir les avoirs volés. Les scandales financiers qui ont précipité la dernière crise économique (Enron, Lehman Brothers&#8230;) en sont aussi une marque. Et elle touche jusqu&#8217;aux institutions caritatives&#8230;</p>
<p>La corruption s&#8217;appuie sur le secret et la dissimulation. L&#8217;inégalité, la méfiance et le manque d&#8217;informations sont quelques-uns des facteurs qui conduisent à la corruption. <em>&#8220;Que se passerait-il si on remplaçait le déficit d&#8217;information par la transparence, la méfiance par l&#8217;autonomisation du public ? Que se passerait-il si nous avions les outils de débogage financier efficace ? Que se passerait-il si nous avions une banque avec des comptes ouverts à la vue de tous ? Peut-on remettre en cause le tabou du secret bancaire ?&#8221;</em></p>
<p>C&#8217;est tout l&#8217;objectif du projet <a href="http://openbankproject.com/">Open Bank</a> : rendre les transactions transparentes en proposant de nouvelles modalités de protection des données bancaires. <em>&#8220;Nous pouvons ajouter des caractéristiques de protection des données qui s&#8217;appliquent à chaque situation&#8221;</em>. Ainsi, par défaut, les données bancaires accueillies par le projet sont donc transparentes. Mais chacun peut y adapter les modalités : on peut rendre toutes les transactions publiques, selon une fréquence annuelle ou en temps réel, et bien sûr gérer le partage (avec personne, avec sa société, ses amis ou avec tout le monde). </p>
<p>C’est le rôle de l&#8217;interface de programmation que met en place le projet Open Bank : développer un protocole qui permette à toute banque, à tout individu, à toute société de régler les paramètres de confidentialité de ses données bancaires. Simon Redfern semble croire en son idée radicale et pense fermement que cela permettrait de développer de nouvelles opportunités d&#8217;affaires. </p>
<p>Open Bank permettrait par exemple de suivre des projets financés par l&#8217;Europe ou les gouvernements qui la composent, qui pourraient demander aux organismes qui bénéficient de leurs subventions la transparence sur cet argent. Les individus, les sociétés, les organisations caritatives pourraient utiliser ces systèmes pour faire la lumière sur leurs comptes. A terme, le système permettrait même de comparer des services : trouver le jardin d&#8217;enfants qui utilise plus d&#8217;argent pour payer son personnel que le chauffage par exemple.</p>
<p>Faire de la transparence une opportunité plutôt qu&#8217;une menace&#8230; Voilà qui rappelle furieusement <a href="http://vimeo.com/19667630">la BanqueX6</a>, l&#8217;une des pistes de scénarios des conclusions de l&#8217;expédition <a href="http://fing.org/?La-synthese-de-l-expedition">Confiance Numérique que vient de publier la Fing</a>.</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/19667630" width="580" height="450" frameborder="0"></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/19667630">BankX6 &#8211; La banque à l&#8217;ère de la transparence</a> from <a href="http://vimeo.com/fing">videosfing</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Simon Redfern se veut confiant sur son projet qui promeut à la fois la transparence financière et la sécurité en engageant la vigilance publique et en accroissant la confiance des consommateurs dans les organisations et institutions financières. Dans un monde où la suspicion se généralise, la transparence semble toujours une réponse accessible, facile à mettre en oeuvre&#8230; techniquement. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/monnaie/" title="monnaie" rel="tag nofollow">monnaie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/open-source/" title="open source" rel="tag nofollow">open source</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/privacy/" title="privacy" rel="tag nofollow">privacy</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		</item>
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		<title>Monétisation des médias : comment faire ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/02/16/monetisation-des-medias-comment-faire/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 11:28:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Suisse est un petit pays de 8 millions d&#8217;habitants où l&#8217;on parle 4 langues. Le marché de la presse y est donc plutôt circonscrit, rappelle Philippe Gendret, directeur numérique du Groupe Media suisse Edipress, sur la scène de la conférence Lift à Genève (voir sa présentation). Aujourd&#8217;hui, seuls 5 à 6 acteurs gagnent de l&#8217;argent avec un site d&#8217;actualité&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Suisse est un petit pays de 8 millions d&#8217;habitants où l&#8217;on parle 4 langues. Le marché de la presse y est donc plutôt circonscrit, rappelle Philippe Gendret, directeur numérique du <a href="http://www.edipresse.com/">Groupe Media suisse Edipress</a>, sur la scène de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift à Genève</a> (<a href="http://klewel.com/conferences/lift11/index.php?talkID=28">voir sa présentation</a>). Aujourd&#8217;hui, seuls 5 à 6 acteurs gagnent de l&#8217;argent avec un site d&#8217;actualité en Suisse, car il est difficile de les rentabiliser par la publicité. Heureusement, les éditeurs suisses sont encore propriétaires des principales marques de petites annonces, qui ont plutôt réussi leur conversion web et qui gagnent de l&#8217;argent en ligne. </p>
<p>Alors, certes, les lecteurs se focalisent sur les marques établies, ce qui profite plutôt aux marques de presse. Les revenus des bannières publicitaires demeurent insuffisants et si le <em>Guardian</em>, le journal britannique, a multiplié ses Homes Pages par 4, cela ne suffira pas pour couvrir les coûts d&#8217;une bonne rédaction. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/gendretlift11.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/gendretlift11.png" alt="gendretlift11" title="gendretlift11" width="580" height="383" class="alignright size-full wp-image-12582" /></a><br />
<em>Image : Philippe Gendret sur la scène de Lift, <a rhef="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5415013915/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>Mais le constat que fait Philippe Gendret est que le web manque de maturité. Depuis 2 ans, le trafic stagne. L&#8217;audience des sites de presse n&#8217;arrive pas à conquérir de nouveaux publics, en dehors des heures de bureau. Le week-end, l&#8217;audience des sites de presse s&#8217;effondre. Heureusement, la consommation d&#8217;information sur les nouveaux supports est en forte croissance. Le mobile réalise déjà 25 % du trafic (60 % pour l&#8217;info et 40 % pour les services). Ce ne sont pas les contenus qui ont fait progresser l&#8217;audience, mais l&#8217;augmentation du parc de Smartphone. Sans compter que celui-ci permet d&#8217;élargir l&#8217;audience : les usages mobiles génèrent de nouvelles pointes de trafic, le matin, à l&#8217;heure du transport et en fin de journée, après 20h. </p>
<p>Les éditeurs de presse suisse ont décidé qu&#8217;ils étaient trop petits pour envisager l&#8217;avenir les uns contre les autres. Ils ont donc construit un consortium pour faire de la R&#038;D en commun, notamment en faisant tester la lecture sur tablette à leurs lecteurs. L&#8217;un des enseignements des études est d&#8217;avoir permis de distinguer deux profils types de lecteurs : ceux qui se concentrent sur le contenu, qui veulent du contenu de qualité et qui sont prêts à payer pour cela. Et les surfeurs qui veulent des fonctions, de l&#8217;information, qui sont prêts à payer pour une expérience, une navigation facile, des images et des vidéos&#8230;</p>
<p>Le modèle de l&#8217;abonnement (80 % du chiffre d&#8217;affaires de la presse suisse est assuré par l&#8217;abonnement) est-il en bout de course ? C&#8217;est probable, répond Gendret, car ces nouveaux arrivants n&#8217;en veulent pas. Ils veulent le plus souvent être libres de choisir les contenus de leurs choix. Pour Philippe Gendret, il faut réussir à proposer une diversification. Il faut savoir proposer différents produits, à des prix différents, avec des contenus différents pour servir des usages différents. L&#8217;éditeur allemand Springer vient ainsi de proposer 7 applications pour smartphone et tablettes avec des contenus spécifiques et différents. </p>
<p>Les éditeurs suisses ont développé une plateforme numérique pour tous les éditeurs (disponible même aux éditeurs de livres) et disponible pour tous les supports, permettant de construire des offres multiples. C&#8217;est l&#8217;ambition du projet <a href="http://ereadingpilot.ch/codex/">Codex</a>. <em>&#8220;Les éditeurs doivent garder le contrôle du consommateur. Ils doivent proposer à la fois des contenus gratuits et des contenus payants. Ils doivent s&#8217;inspirer d&#8217;Amazon ou d&#8217;Apple : construire leur propre plateforme !&#8221;</em> Et Philippe Gendret de remercier Apple : <em>&#8220;Apple nous a forcés à être créatif. Maintenant, nous devons développer des produits mass média et nous devons être mieux organisés.&#8221;</em> </p>
<p>Espérons que les éditeurs français entendent.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/journalisme/" title="journalisme" rel="tag nofollow">journalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a><br />
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		<title>Comment créer de nouveaux modèles d&#8217;entreprise ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/02/10/comment-creer-de-nouveaux-modeles-dentreprise/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Feb 2011 05:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
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		<category><![CDATA[économie]]></category>
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		<description><![CDATA[ Qu’y a-t-il de commun entre la conception de voiture et la création d’une entreprise ? Pas grand-chose hélas, regrette Alexander Osterwalder, un consultant spécialisé dans les modèles d’affaires de l’innovation. Pourtant, la conception des automobiles est structurée par une série d’étapes qui seraient grandement profitables pour structurer la conception d’une entreprise, estime l&#8217;auteur de Business Models Generation à l&#8217;occasion de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> Qu’y a-t-il de commun entre la conception de voiture et la création d’une entreprise ? Pas grand-chose hélas, regrette <a href="http://www.alexosterwalder.com/">Alexander Osterwalder</a>, un consultant spécialisé dans les modèles d’affaires de l’innovation. Pourtant, la conception des automobiles est structurée par une série d’étapes qui seraient grandement profitables pour structurer la conception d’une entreprise, estime l&#8217;auteur de <em><a href="http://www.amazon.com/Business-Model-Generation-Visionaries-Challengers/dp/0470876417/internetnet-21">Business Models Generation</a></em> à l&#8217;occasion de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift11</a> qui se tenait à Genève. </p>
<p><em>&#8220;Aujourd’hui, comment se passe le lancement d’une nouvelle entreprise ? Imaginons : Mike a une nouvelle idée. Il maitrise les outils d’entreprise, fait une étude de marché, construit son business plan et une fois qu’il a fait ça, il va chercher de l’argent, trouver les investisseurs et, s’il les trouve, se lance dans la construction de son entreprise. C’est très beau ! Mais dans la plupart des cas, “les modèles d’affaires ne survivent pas au premier contact avec les consommateurs” rappelle Steve Blank, un célèbre serial-entrepreneur de la Silicon Valley. Pourquoi alors construit-on des business plans qui vont s’effondrer face à la réalité du marché ? Pourquoi constate-t-on autant d’échecs coûteux ?&#8221;</em>  </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/AlexanderLift11.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/AlexanderLift11.png" alt="AlexanderLift11" title="AlexanderLift11" width="580" height="384" class="alignright size-full wp-image-12507" /></a><br />
<em>Image : Alexander Osterwalder sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5412360149/in/set-72157625820046717/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>Il nous faut apprendre du design des automobiles, estime le consultant dans <a href="http://www.slideshare.net/Alex.Osterwalder/lift11-presentation">sa présentation</a>. Dans la conception automobile, on commence par faire beaucoup de dessins (<em>sketching</em>) avant de construire des prototypes pour comprendre comment les matériaux fonctionnent ensemble, comment pourra-t-on les assembler… On fait de la simulation. On fait des crashs tests. On modifie la conception avant de construire. On fait rouler la voiture prototype sur de vraies routes pour apprécier son comportement et ajuster les réglages… </p>
<div style="width:580px" id="__ss_6797422"><strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/Alex.Osterwalder/lift11-presentation" title="Lift11 Presentation">Lift11 Presentation</a></strong><object id="__sse6797422" width="580" height="455"><param name="movie" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=lift11osterwalderbusinessmodels-110203050659-phpapp01&#038;stripped_title=lift11-presentation&#038;userName=Alex.Osterwalder" /><param name="allowFullScreen" value="true"/><param name="allowScriptAccess" value="always"/><embed name="__sse6797422" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=lift11osterwalderbusinessmodels-110203050659-phpapp01&#038;stripped_title=lift11-presentation&#038;userName=Alex.Osterwalder" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="455"></embed></object>
<div style="padding:5px 0 12px">View more presentations from <a href="http://www.slideshare.net/Alex.Osterwalder">Alexander Osterwalder</a>.</div>
</div>
<p><em>“Combien d’entre vous ont testé votre entreprise dans la vie réelle avant de la commencer ? Pouvons-nous formuler des modèles d’entreprise de manière semblable à la conception des voitures ? Nous savons ce qu’est une voiture ? Mais qu’est-ce qu’un modèle d’entreprise ?&#8221;</em> interroge Osterwalder. <em>&#8220;Décrivez votre modèle d’entreprise en 30 secondes avec votre voisin !”</em>, lance-t-il en forme de défi à la salle en la laissant s’agiter bruyamment pendant 30 secondes. </p>
<p>Peut-on inventer un langage pour décrire et concevoir les modèles d’entreprise ? C’est ce que propose en tout cas la méthode du consultant articulée autour d’une <em>“toile de modèle d’entreprise”</em> composée de &#8220;9 molécules&#8221;, 9 Légos qui s’imbriquent les uns dans les autres et qui nécessitent de répondre à autant de questions. Qui sont les consommateurs auxquels notre produit s’adresse ? Qu’elle est la valeur de la proposition ? Comment atteint-on ses clients ? Quel type de relation ai-je établie avec ces consommateurs ? Comment les gens vont-ils dépenser de l’argent ? Comment arriver à ces sources de revenus ? Quelles sont mes activités clefs ? Quels sont mes partenaires ? Quels sont les coûts de ma structure ? </p>
<p>Autant de valeurs qu’il estime nécessaires pour décrire un modèle d’entreprise d’une manière plus tangible. Il prend un exemple parlant, qui est sur le même modèle que certains de ceux que décrit très bien Dominique Nora, dans <em>les Pionniers de l’Or Vert</em>. Le fondateur de <a href="http://www.sunedison.com">SunEdison</a>, Jigar Shah, a constaté ainsi que les gens n’achetaient pas de panneaux solaires, car ils jugeaient que c’était trop cher. Alors, Sun Edison a décidé de changer cela en prenant en charge le prix de l’installation en échange de l’achat de l’énergie produite pendant 10 ans. En quelques années, Sun Edison est devenu le plus grand producteur d’énergie solaire aux Etats-Unis et il se développe dans le monde entier &#8211; même si Sun Edison est concurrencé désormais par de nombreuses autres entreprises qui ont pris le même modèle d&#8217;affaires comme <a href="http://www.solarcity.com/">SolarCity</a> par exemple. </p>
<p>On voit qu’ici la proposition a consisté à modifier le prototype de l’offre : son modèle économique même. <em>&#8220;Pour trouver de nouveaux systèmes d’entreprise, il faut le concevoir pleinement&#8221;</em>, estime Osterwalder. On peut ainsi faire des prototypes de modèles économiques différents. Et se poser des questions : que se passe-t-il si mon produit est gratuit par exemple ? Chaque technologie peut avoir plusieurs modèles économiques différents, il faut les étudier tous pour aller plus loin. </p>
<p>Osterwalder évoque le <a href="http://www.peepoople.com/">PeePoo Bag</a> suédois, un sac biodégradable transformant les défécations humaines en engrais et qui se veut une solution les pays sans systèmes d’évacuation des eaux usées. Le produit est incroyable, estime Osterwalder, mais il lui faut un modèle d’entreprise pour qu’il s’implémente. Et c’est pour l’instant encore tout le problème de cette entreprise.  </p>
<p>Mais l’avantage, notamment pour les entreprises dont les produits sont numériques, c’est qu’on peut simuler et tenter d’évaluer de manière bien plus précise des modèles d’entreprises. Et Osterwalder de donner l’exemple d&#8217;un de ses clients <a href="http://runkeeper.com/">RunKeeper</a>, une application qui a joué sur son modèle économique pour en comprendre la portée. L&#8217;équipe de RunKeeper a ainsi travaillé à estimer le nombre d’utilisateurs et ses gains s&#8217;ils proposaient leur produit gratuitement, de manière payante, en développant une offre professionnelle voir un abonnement mensuel peu élevé couplé à des cours de fitness&#8230; L’idée est de jouer avec les données pour savoir combien on peut gagner en modifiant les entrées du modèle économique. </p>
<p>Reste qu&#8217;il faut tout de même finir par tester des modèles d’entreprise, même après avoir fait des simulations, souligne le consultant. Car c’est souvent là où l’on se trompe. On présume de moyenne d’achat… Sur le papier, ça à l’air génial. Mais <em>“il faut sortir du bâtiment et parler avec les consommateurs”</em>. <em>“Sauf que sur internet, c’est facile à faire. On peut mesurer l’intérêt pour un produit qui n’est pas prêt en ajoutant un bouton qui pointe vers un service qui n’est pas encore existant…”</em></p>
<p><em>“Retenons”</em>, termine de manière très claire et didactique le consultant : <em>“L’entrepreneur doit avoir une approche systématique. Il faut apprendre à jouer, prendre des risques avec les alternatives et enfin tester les hypothèses pour voir ce qui peut vraiment marcher.”</em> Avec ces quelques conseils, vous ne pouvez assurément plus rater votre business modèle. </p>
<h3>L&#8217;important est-il le résultat ?</h3>
<p><a href="http://dorian.freeflux.net/blog/">Dorian Selz</a> est un serial entrepreneur suisse, qui a lancé il y a quelques années <a href="http://local.ch/">Local.ch</a>, le moteur et annuaire de recherche locale Suisse, et qui vient de lancer une nouvelle start-up, <a href="http://www.memonic.com/">Memonic</a>, une application de prise de notes en ligne. A l&#8217;inverse d&#8217;Alexander Osterwalder, qui essayait de mettre de la méthode dans les rouages des organisations, Dorian Selz dans <a href="http://dorian.freeflux.net/files/NewOrganizations_Lift11_v3.pdf">sa présentation (.pdf)</a> prend un contrepied et rappelle que l&#8217;intérêt rationnel n&#8217;est pas toujours le facteur explicatif principal des nouvelles formes d&#8217;organisation et de coopération. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/dorianselz.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/dorianselz.png" alt="dorianselz" title="dorianselz" width="580" height="384" class="alignright size-full wp-image-12508" /></a><br />
<em>Image : Dorian Selz sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5410425953/in/set-72157625820046717/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>Pour Dorian Selz, un entrepreneur doit oublier la complexité (&#8221;un modèle d&#8217;entreprise ne doit pas être plus long qu&#8217;une page A4&#8243;) : ses partenaires doivent le comprendre et comprendre aussi bien que lui ses objectifs. Il doit également laisser tomber la volonté de tout contrôler et miser sur ses utilisateurs et son équipe. L&#8217;entreprise d&#8217;aujourd&#8217;hui doit oublier le système unique : le mouton à cinq pattes et au contraire favoriser la séparation en unités indépendantes de ses équipes, process, méthodes, technos, afin que si un morceau de la chaîne tombe, ce ne soit pas grave pour l&#8217;ensemble. Dorian Selz invite également à laisser tomber la gestion de projet : il faut réduire le nombre de managers et diminuer le management qui coûtent aujourd&#8217;hui bien trop cher à la plupart des entreprises. L&#8217;entrepreneur, fier de casser les idées reçues, invite l&#8217;assistance à se défier des processus et des méthodes mises en place, souvent trop pointilleuses : il faut certes se fixer des objectifs, mais aussi savoir s&#8217;en écarter, explique-t-il en vantant les <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Agile_software_development">méthodes de développement agile</a> et en s&#8217;inspirant du <a href="http://agilemanifesto.org/iso/fr/">Manifeste pour le développement agile de logiciels</a>. Et Dorian Selz d&#8217;expliquer que le rôle d&#8217;un patron n&#8217;est pas que ses employés lui facilitent la tâche, mais que lui leur facilite le travail. </p>
<p>Dans les organisations virtuelles, la présence physique n&#8217;est plus obligatoire, les réunions non plus. Memonic est une équipe de 9 personnes qui viennent du monde entier et qui a surtout besoin de pouvoir se joindre en permanence que d&#8217;organiser des réunions stratégiques incessantes. D&#8217;ailleurs, plutôt que de devoir passer son temps à résoudre des problèmes politiques au sein même d&#8217;une entreprise, Dorian Selz vente les discussions pour résoudre les problèmes. Oubliez la gestion des approvisionnements : vos fournisseurs doivent devenir des partenaires qu&#8217;il faut informer au mieux et engager dans votre politique d&#8217;entreprise&#8230;</p>
<p>Ces conseils que Dorian Selz présente comme étant l&#8217;essence du management moderne ne sont certainement pas applicables à toutes les formes d&#8217;entreprise, loin de là. Toutes les organisations ne sont pas reliées entre elles sans contraintes. Le manager semble surtout régler ses comptes avec le management traditionnel en égrainant les symptômes, bien réels, de son inefficacité et de ses dérives. <em>&#8220;Seul le résultat compte&#8221;</em>, conclut Dorian Selz. Pas sûr que cela suffit à faire stratégie.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a><br />
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		<title>L&#8217;innovation monétaire (4/5) : Mettre en place une monnaie complémentaire aujourd’hui</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Jan 2011 05:08:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Michel Cornu</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
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		<description><![CDATA[Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fing continue d&#8217;explorer pour nous l&#8217;innovation monétaire (voir la première, la seconde et la troisième partie). Dans De l&#8217;innovation monétaire aux monnaies de l&#8217;innovation qui vient de paraître chez Fyp éditions, il nous explique, concrètement, comment créer et mettre en place une monnaie complémentaire, avec les outils d&#8217;aujourd&#8217;hui. 
1. Des monnaies plus faciles à&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><a href="http://www.amazon.fr/linnovation-mon%C3%A9taire-aux-monnaies/dp/2916571485/internetnet-21"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/11/CouvMonnaie-189x300.jpg" alt="La couverture du dernier livre de Jean-Michel Cornu" title="La couverture du dernier livre de Jean-Michel Cornu" width="189" height="300" hspace="6" vspace="6" align="right" border="0" /></a>Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la <a href="http://www.fing.org">Fing</a> continue d&#8217;explorer pour nous l&#8217;innovation monétaire (<a href="http://www.internetactu.net/2010/11/10/l%E2%80%99innovation-monetaire-15-monnaie-vous-avez-dit-monnaie/">voir la première</a>, <a href="http://www.internetactu.net/2010/11/30/linnovation-monetaire-25-comment-se-cree-la-monnaie/">la seconde</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/05/linnovation-monetaire-35-differentes-monnaies-pour-differents-objectifs/">la troisième partie</a>). Dans <em><a href="http://www.amazon.fr/linnovation-mon%C3%A9taire-aux-monnaies/dp/2916571485/internetnet-21">De l&#8217;innovation monétaire aux monnaies de l&#8217;innovation</a></em> qui vient de paraître chez <a href="http://www.fypeditions.com/de-linnovation-monetaire-aux-monnaies-de-linnovation/">Fyp éditions</a>, il nous explique, concrètement, comment créer et mettre en place une monnaie complémentaire, avec les outils d&#8217;aujourd&#8217;hui. </p></blockquote>
<h3>1. Des monnaies plus faciles à créer</h3>
<p>Quel système utiliser pour échanger de la monnaie ? L’idée la plus répandue est de matérialiser la monnaie sous la forme d’un objet (pièces, billets, or, coquillages, etc.). Cela nécessite que l’ensemble ne pèse pas trop lourd pour être emmené avec soi facilement et que l’objet ne soit pas trop facile à trouver ailleurs (or, coquillages) ou à reproduire (pièces, billets). Il est également possible de ne pas matérialiser la monnaie mais de tenir les comptes sur un cahier centralisé ou, mieux, de façon décentralisée, comme avec les feuilles de richesse des participants à certains SEL.</p>
<p>Lorsque la comptabilité est effectuée dans un système déporté comme le sont les banques, il est également possible de n’emporter avec soi qu’un moyen d’identification et d’authentification qui pourra se connecter à la banque. C’est le cas, par exemple, des cartes de paiement (plutôt appelées &#8220;cartes de crédit&#8221; par les banques) qui permettent de payer chez un commerçant à l’aide d’un terminal connecté ou bien sur un site web grâce à ses numéros d’identification. Le Sol ou le RES permettent par exemple l’utilisation de cartes de paiement.</p>
<p>Il existe donc trois approches : <strong>le porte-monnaie</strong> (y compris le porte-monnaie électronique embarqué sur une carte) qui contient une représentation matérielle ou électronique de la monnaie dont on dispose, une <strong>comptabilité personnelle</strong> de son propre compte (les feuilles de richesse, par exemple) ou bien un <strong>système d’identification et d’authentification</strong> qui permet ensuite une comptabilité de son compte déportée dans un autre lieu (une banque).</p>
<p>Mais la mise en place d’un ensemble de monnaies ou bien de cartes et de terminaux d’identification peut s’avérer compliquée et chère. Avec le développement du numérique, de nombreuses autres solutions innovantes de paiement deviennent possibles. </p>
<blockquote><p><strong>Gestion de comptes en ligne et plateformes pour créer sa propre monnaie</strong></p>
<p>Sur le web, l’ancêtre est sans doute e-Cash, lancé en 1995 par David Chaum pour un paiement anonyme en ligne, mais dissous en 1997. Il s’agit d’un système de paiement utilisant l’administration en ligne d’un compte. Aujourd’hui, le système le plus connu est sans aucun doute <a href="http://www.paypal.com">PayPal</a>, devenu propriété de eBay. Il a ouvert récemment ses interfaces aux développeurs (<a href="https://www.x.com">PayPal X Developer Network</a>), permettant d’élargir son utilisation. Il existe de nombreux autres systèmes de paiement en ligne, tels que <a href="http://www.gogopay.com/">Gogopay</a>, <a href="http://www.wmtransfer.com/">WebMoney</a>, <a href="https://www.cashu.com/">cashU</a> ou même <a href="https://twitpay.me/">Twitpay</a> utilisant Twitter. Ces comptes en ligne sont libellés en monnaies conventionnelles. Nous pouvons également y ajouter les systèmes de paiement dédiés à un fournisseur qui se sont beaucoup développés avec l’arrivée des smartphones tels que Research in Motion (RIM) de Blackberry ou iTunes de Apple ; ou encore des systèmes dédiés à une communauté mais disposant en plus de leur propre unité de compte, comme Ven du réseau social <a href="http://www.hubculture.com">Hub Culture</a> (10 Vens pour 1 dollar), le système de Linden dollar utilisé dans le monde virtuel Second Life (aux alentours de 250 dollars Linden pour 1 dollar), et les nombreuses monnaies utilisées dans d’autres mondes persistants et jeux en ligne. </p>
<p>Mais le grand changement vient avec des plateformes qui ne sont plus simplement des systèmes de comptes en ligne mais qui permettent de <strong><a href="http://philippe.scoffoni.net/logiciels-libres-banque/">créer facilement son propre système de monnaie</a></strong>. Il en existe certains dédiés à un type de monnaies. C’est le cas par exemple pour les SEL avec <a href="http://project.cyclos.org/">Cyclos</a> (développé au Brésil et en Uruguay, mais qui dispose d’un site dédié à la communauté française) ou le module additionnel <a href="http://drupal.org/project/mutual_credit">Complementary Currencies</a> pour Drupal dont il existe une version prête à l’usage et hébergée, proposée par l’association suisse <a href="http://www.communityforge.net/">Community Forge</a>. Pour les monnaies de réputation, il existe <a href="http://twitbank.glenux.net/">TwitBank</a>, un gestionnaire de monnaies Twitter sur le modèle des Twollars et utilisé en particulier par l’<a href="http://exploracoeur.net/">ExploraCœur</a>. Pour la microfinance (utilisant aujourd’hui les monnaies conventionnelles), il existe également des plateformes permettant de mettre en place et de gérer son propre système, comme OurBank ou <a href="http://www.octopusnetwork.org/">Octopus</a>.</p></blockquote>
<p>Il existe maintenant des <strong>plateformes généralistes pour créer des monnaies complémentaires</strong>. C’est le cas d’<a href="http://www.opensourcecurrency.org/">OsCurrency</a> développé par le Austin Time Exchange et qui utilise le protocole <a href="http://www.opentransact.org/">OpenTransact</a>, <a href="http://www.openmoney.org/">Open money</a> du canadien Michael Linton, créateur du Local Exchange Trading Systems ou encore <a href="http://flowplace.webnode.com/">Flowplace</a> du français Jean-François Noubel [1]. Ces plateformes pourraient apporter une véritable rupture en permettant au plus grand nombre de développer leurs propres monnaies aisément et à très faible coût, ouvrant sans doute la porte à un fort développement de l’innovation ascendante dans le domaine des monnaies (comme le web puis le web 2 l’ont été pour le numérique). </p>
<p>Une autre évolution consiste à utiliser le <strong>téléphone portable comme outil de paiement</strong>. Il existe des solutions spécifiques comme <a href="https://squareup.com/">Square</a>, un cube qui transforme un iPhone en lecteur de carte de crédit, ou bien des applications en ligne pour les smartphones comme <a href="http://www.zong.com/">Zong</a>, <a href="http://www.boku.com/">Boku</a> ou encore <a href="http://getgiving.co.uk/">GetGiving</a> qui permet de faire des petites donations depuis son téléphone en utilisant PayPal. Mais nous ne sommes pas toujours devant un ordinateur ou un téléphone connecté au net. Des solutions prometteuses sont celles qui utilisent un <strong>téléphone classique</strong> simplement capable de&#8230; passer un coup de fil. C’est le cas de <a href="http://tagpay.fr/">TagPay</a>, <a href="http://www.paytap.net/">Paytap</a> ou <a href="http://www.happydoo.com">Happydoo</a>. Ces solutions utilisent en général des monnaies conventionnelles mais peuvent très facilement se voir ajouter d’autres types de devises comme des monnaies complémentaires. L’association de serveurs vocaux téléphoniques et de systèmes de gestion de monnaies complémentaires pourrait permettre un développement très rapide de systèmes de paiement simples et peu coûteux, comme l’<a href="http://www.paytap.net/equitap/">Equitap</a>, monnaie de réputation utilisant la plateforme Paytap.</p>
<p>Une des évolutions majeure de cette année est donc l’arrivée de plateformes permettant de gérer soi-même une monnaie complémentaire en utilisant le web ou même un simple serveur vocal depuis un téléphone. L’arrivée de ces outils ouvre la porte à une multiplication de monnaies prévues pour des besoins très divers (développer le lien social, l’économie locale ou régionale, ou encore renforcer des comportements particuliers comme la culture, le développement durable, la formation mutuelle, etc.). L’innovation monétaire a maintenant les moyens de son développement. À condition de respecter certaines règles.</p>
<blockquote><p><strong>Le projet MetaCurrency</strong><br />
<a href="http://www.metacurrency.org/">Le MetaCurrency project</a> (2) fait la distinction entre les termes <em>money</em>, en français la &#8220;monnaie&#8221;, et <em>currency</em>. Ce dernier terme désigne en anglais la &#8220;devise&#8221; ou l’&#8221;unité monétaire&#8221; mais a également le sens de &#8220;circulation&#8221;. Ce projet a pour objectif de <strong>montrer les traces des flux qui circulent dans les communautés</strong>, afin de faciliter la coordination de larges groupes.</p>
<p>Il s’agit de regarder tout ce qui circule dans les groupes : les flux de biens et de services (la monnaie peut être considérée comme la trace qui les rend visibles), mais également les flux de confiance, ceux de participation, etc. Si les flux sont perturbés, le système fonctionne moins bien (ceci est vrai pour les flux du corps humain comme pour ceux de la société).</p>
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<p><a title="This is an introduction to the core concepts behind The MetaCurrency Project.  After each video, click to the next using the right arrow. Enjoy!  (About 10 minutes video content.)" href="http://prezi.com/ijiokjbrolwo/metacurrency-orientation/">MetaCurrency Orientation</a> on <a href="http://prezi.com">Prezi</a></p>
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<p>Dans un monde complexe seuls certains flux sont visibles. Ceux-ci ont un impact sur nos comportements. Par exemple, les étudiants se comportent différemment quand on mesure leur apprentissage. Le projet <a href="http://www.lamontreverte.org/">La Montre verte</a> imaginé par plusieurs partenaires dans le cadre du projet Ville 2.0 de la Fing part du même constat : en dotant des habitants d’un dispositif comportant un capteur d’ozone, un capteur de bruit et un système de communication, il est possible de cartographier collectivement le niveau des pollutions sonore et à l’ozone d’un territoire en multipliant les capteurs présents dans une ville. Mais l’objectif du projet est également d’influer sur le comportement des participants. Ainsi, les traces ont un impact sur les flux, <a href="http://www.internetactu.net/2006/09/01/la-carte-fait-le-territoire">la carte fait le territoire</a>. Si nous nous limitons, comme c’est le cas actuellement, aux flux visibles (principalement les échanges de biens et de services) nous risquons de ne pas gérer les aspects du groupe qui nous sont cachés. </p>
<p>Les flux et leurs traces sont régies par des règles : comment sont-ils échangés, comment calcule-t-on les équilibres, comment les retire-t-on ? L’objectif du projet MetaCurrency est de définir un langage commun pour exprimer ces règles. Ce n’est pas LA solution à la coordination des larges groupes mais <strong>un moyen de développer l’innovation</strong><strong> afin de créer des traces qui soutiennent les flux que nous voulons renforcer ou réduire.</strong></p></blockquote>
<h3>2. Quelques questions à se poser avant de créer une monnaie</h3>
<p>Vous souhaitez utiliser une monnaie complémentaire pour un but précis. Les outils existent donc, maintenant, mais vous devez encore vous poser quelques questions :</p>
<p><strong>Faut-il une monnaie ?</strong><br />
Certains domaines fonctionnent mieux avec une monnaie conventionnelle qui n’est pas limitée à un territoire ou à un type de biens. Par ailleurs, il existe des cas où il vaut mieux ne pas utiliser de monnaie du tout.</p>
<p>Adam Smith disait : &#8220;On ne fait pas l’économie de l’eau qui court&#8221;. Il voulait dire par cette phrase que l’économie est prévue pour les biens rares et qu’elle n’est pas adaptée à l’abondance (même si, depuis, l’eau est devenue un bien rare). De même, les économistes nous disent que l’économie doit se faire entre les groupes mais pas à l’intérieur des foyers ni des entreprises (même si, depuis, plusieurs entreprises ont pris l’habitude de se facturer en interne, d’un service à l’autre). Enfin, l’économie ne doit pas remplacer les systèmes de confiance à l’intérieur d’un groupe de taille restreinte au risque de remplacer la confiance entre les personnes par la confiance dans un mécanisme. </p>
<p>Il existe également des cas de figure où la monnaie telle que nous la connaissons est mal adaptée. Cela ne veut pas dire qu’un mécanisme de régulation ne serait pas utile, mais qu’il serait alors nécessaire de faire évoluer le principe même des monnaies pour l’adapter. Il existe au moins deux limitations à la monnaie telle que nous la connaissons :</p>
<p>La monnaie actuelle n’est adaptée qu’aux échanges transactionnels (c’est-à-dire entre deux personnes ou entreprises), mais souvent, dans les groupes, il peut exister des mécanismes plus globaux. Ce point a été très bien illustré dans le film de Mimi Leder <em>Un monde meilleur</em>, mieux traduit au Québec par Payez au suivant : un professeur demande à ses élèves de trouver quelque chose pour changer le monde et de le mettre en œuvre. Un enfant imagine un système de &#8220;chaîne&#8221; vertueuse où il fait quelque chose d’important pour trois personnes et celles-ci ont interdiction de lui rendre mais doivent à leur tour, en contrepartie, faire quelque chose pour trois autres personnes. Un tel système est bien adapté à la prise en compte de la valeur d’usage plutôt que la valeur d’échange (quelque chose qui représente peu pour moi peut être très important pour l’autre).</p>
<p>La monnaie actuelle n’est adaptée qu’aux échanges mesurables. Il existe de nombreux cas où une grandeur est évaluable mais non mesurable avec précision. L’estime (base de la régulation dans les approches coopératives), l’amour, la confiance, sont des grandeurs que nous estimons de façon interne, sans disposer d’un étalon objectif extérieur commun aux hommes. Les mesurer précisément – par exemple, à l’aide d’une monnaie, mais aussi par le nombre de publications dans des revues référentes pour l’estime des pairs dans la communauté scientifique – revient à perdre une grande partie de ce que l’on cherche à évaluer&#8230; la part non mesurable. Galilée a dit en une seule phrase sur la mesure à la fois ce qui fonde la puissance de notre civilisation et ce qui en fait la limite : &#8220;Mesure ce qui est mesurable et rend mesurable ce qui n’est pas mesurable&#8221;. Si le début de cette phrase fonde la science moderne, la fin nous montre que nous avons réduit ou même &#8220;caché&#8221; ce que notre science actuelle sait mal prendre en compte. Le &#8220;calcul approximatif&#8221; n’est pas une sous-mathématique, mais au contraire, une branche importante, étudiée par quelques mathématiciens, et fondamentale pour les sciences humaines.</p>
<p>Il existe donc des cas où les monnaies complémentaires sont moins efficaces que les monnaies conventionnelles ou même que l’absence de monnaie. Il reste également de nombreux domaines où il est possible d’innover dans le champ de la régulation par la monnaie (économie de l’abondance, systèmes non transactionnels, grandeurs non mesurables, etc.). Bien sûr, l’utilité d’une monnaie complémentaire dépend fortement du contexte. Comme nous l’avons vu à Bali, suivant les banjars plus ou moins riches, certains utilisent pour leurs festivals la monnaie conventionnelle (rupiah), tandis que d’autres plus riches en temps bénéficient du mécanisme de Narayan Banjar. Comme l’a dit un participant de l’atelier sur les monnaies animé par Patrick Viveret lors du Forum social mondial à Belém en janvier 2009 : &#8220;À Rio pas besoin d’argent pour les loisirs, à Paris il faut de l’argent pour tout !&#8221;</p>
<p><strong>Une monnaie pour quoi faire ?</strong><br />
Nous avons distingué quatre types de monnaies :</p>
<ul>
<li>Des monnaies d’économie locale ou régionale pour favoriser le développement économique ;</li>
<li>Des monnaies sociales pour développer la solidarité et le lien social ;</li>
<li>Des monnaies de réputation pour favoriser les mécanismes de confiance ;</li>
<li>Des monnaies affectées pour favoriser une activité humaine.</li>
</ul>
<p>Ces catégories ne sont pas complètement étanches. Le <a href="http://www.chiemgauer.info/">Chiemgauer</a>, par exemple, est une monnaie d’économie locale. Mais il sert également à financer les associations locales et ainsi développe le lien social. <a href="http://www.sol-reseau.org/">Le Sol</a> est une monnaie multiple à la fois monnaie de développement économique et monnaie affectée pour favoriser l’économie sociale et solidaire.<br />
Pourtant, chacun de ces types de monnaies à des besoins différents en termes de convertibilité, de légalité, etc. Il est donc important de fixer dès le départ le cadre dans lequel on souhaite situer la mise en place d’une monnaie complémentaire.</p>
<p>De plus, il sera nécessaire de définir le but de la monnaie en tant que facilitateur d’échange (ce que l’on souhaite faciliter), unité de compte (ce que l’on mesure) et réserve de valeur. En général, ce dernier aspect n’est pas pris en compte par les monnaies complémentaires. Certaines ont même des intérêts négatifs (monnaies fondantes) pour éviter la tentation d’accumuler de la monnaie et, au contraire, en faciliter la rotation. Nous verrons dans la partie sur les monnaies de l’innovation comment penser une monnaie de réserve de valeur (permettant d’investir en achetant d’abord pour construire ensuite une capacité de vendre) qui favorise l’innovation (investissement en temps et en formation) tout en tentant d’éviter l’accumulation et la spéculation.</p>
<p><strong>Quelle taille critique ?</strong><br />
Un mécanisme monétaire nécessite en général une taille critique en nombre de participants. <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/05/linnovation-monetaire-35-differentes-monnaies-pour-differents-objectifs/">Nous l’avons vu lorsque nous avons parlé des monnaies franches</a>, une monnaie commence à fonctionner lorsqu’il y a suffisamment de personnes pour acheter et vendre afin de représenter un écosystème viable.</p>
<p>Selon que la monnaie complémentaire représente une part significative des échanges ou plutôt une activité marginale, la taille critique pour son démarrage n’est pas la même. Il existe ainsi des SEL à 25 ou 30 personnes – et la monnaie Flore a été testée avec une dizaine de personnes – ; tandis qu’une monnaie conventionnelle ayant vocation à prendre en compte l’ensemble de l’activité économique correspond au moins à l’échelle d’un pays et doit souvent trouver des mécanismes de conversion avec les autres monnaies conventionnelles pour une régulation plus mondialisée. Pour les monnaies complémentaires affectées, il semble qu’un seuil d’environ une centaine de personnes soit nécessaire alors que ce seuil est probablement supérieur pour des monnaies d’économie locales ou régionales qui prendraient en charge une part de l’activité économique.</p>
<p>Il est intéressant de noter qu’au contraire des mécanismes de régulation par la confiance ou par la planification de l’activité, qui deviennent de plus en plus complexes en fonction du nombre de personnes concernées, les mécanismes monétaires (tout comme les mécanismes de rating utilisés pour mesurer la confiance dans le web 2) fonctionnent mal avec un petit nombre de participants et sont de plus en plus efficaces au fur et à mesure que la taille du groupe croît. Cela explique la tentation de mondialiser les échanges avec un ensemble de monnaies conventionnelles convertibles entre elles. Les monnaies complémentaires permettent d’introduire une régulation mésoscopique (intermédiaire entre le niveau micro individuel et le niveau macro mondialisé) qui pourrait éviter une scission entre une société régulée mondialement et des inégalités entre les individus qui s’accroissent [3].</p>
<p><strong>Que mesure la monnaie ?</strong><br />
Les monnaies conventionnelles mesurent la valeur d’échange qui se construit par une régulation entre l’offre et la demande. Mais il existe beaucoup d’autres unités de compte possibles, comme le temps, utilisé dans de nombreuses monnaies complémentaires.</p>
<p>Un véritable défi serait de développer une régulation par la valeur d’usage. Cela reste compliqué, car la valeur d’usage, contrairement à la valeur d’échange, <a rhef="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conception_subjective_de_la_valeur">est subjective</a> et donc le plus souvent non mesurable. Et, surtout, parce que dans ce cas ce que paie l’acheteur n’est pas la même chose que ce que reçoit le vendeur (les valeurs d’usages ne sont pas les mêmes pour les deux). Différentes approches ont été proposées, par exemple d’utiliser comme unité de compte le nombre d’objets échangés lorsque ceux-ci ont une valeur d’usage faible ou nulle pour celui qui le propose (le Gran), ou encore par la recherche d’une valeur d’usage commune mesurable.</p>
<p><strong>Faut-il une masse monétaire stable ? </strong><br />
La question de la masse monétaire a été abordée plusieurs fois. Une monnaie peut disposer d’une certaine masse monétaire fixe dès le départ (ou même nulle, les comptes sont alors positifs ou négatifs et la somme de tous les comptes est égale à zéro pour les monnaies de type &#8220;crédit mutuel&#8221;) ou bien permettre la création de masse monétaire : de façon centralisée par une autorité légitime ou par les banques avec le mécanisme de la dette, ou bien encore par d’autres mécanismes comme le dividende universel. </p>
<p>Cependant, la masse monétaire d’une monnaie ne doit pas forcément être étudiée isolément. Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_quantitative_de_la_monnaie">la théorie quantitative de la monnaie</a>, lorsque l’on parle de régulation (en particulier de régulation des prix), il faut prendre en compte en plus de la masse monétaire la vitesse de rotation de la monnaie. Par ailleurs dans un système de plusieurs monnaies ayant des fonctions différentes, il est nécessaire de réfléchir à la régulation des masses monétaires dans leur ensemble.</p>
<blockquote><p><strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_universel">Le dividende universel</a></strong></p>
<p>Avec la théorie du dividende universel, ce sont les citoyens qui bénéficient de la création de la masse monétaire en recevant une somme mensuelle. Une somme monétaire est crée en fonction du besoin d’augmentation de la masse monétaire [4] (l’augmentation de la production nécessite plus de monnaie pour permettre d’acheter les biens supplémentaires produits) et est répartie à égalité entre tous les citoyens (ceux d’un pays ou bien les participants à une monnaie complémentaire). Contrairement à la création monétaire centralisée par les États ou celle par la création de dettes par les banques, l’évolution de la masse monétaire est donc calculée exactement pour éviter l’inflation (trop d’argent par rapport à ce qu’il y a à acheter) ou le chômage (pas assez d’argent, la production ne peut pas être entièrement vendue et il faut réduire la production et donc le nombre de personnes qui y travaillent). </p>
<p>Le dividende universel a été expérimenté avec des monnaies conventionnelles en Alaska (Alaska Permanent Fund) et en Namibie (Revenu d’existence) ou encore avec une monnaie complémentaire en Italie (SCEC). En Allemagne, un débat public a été instauré sur le Revenu de base. Le Basic Income Earth Network (BIEN) a été fondé en 1986 au niveau européen et s’est étendu à l’international en 2006. Il informe sur les avancées des revenus de base.</p></blockquote>
<p>La plateforme Cyclos, par exemple, permet de paramétrer sa monnaie entre la création monétaire centralisée, le crédit créateur (la monnaie est crée au moment où on réalise le prêt), le crédit mutuel (un crédit qui ne crée pas de monnaie, car il est emprunté à quelqu’un qui en dispose) et le dividende universel (la monnaie à créer est distribuée à chacun).</p>
<p><strong>Convertibilité et taxation</strong><br />
Permettre la viabilité d’une monnaie nécessite de réfléchir à son lien avec le financement de la collectivité (la taxation) et ses relations avec les autres monnaies. L’acceptation de taxes est l’instrument le plus puissant pour permettre le développement à grande échelle d’une monnaie complémentaire donnée. Un gouvernement ou une collectivité peut ainsi développer des échanges ou promouvoir des comportements sans que cela ne lui coûte rien.</p>
<p>Dans le cas des monnaies sociales (les SEL), la taille des échanges est réduite et permet une tolérance tant que l’on reste dans le cadre d’une activité ponctuelle (cour d’appel de Toulouse, 17 septembre 1998). Mais lorsqu’il s’agit d’une activité professionnelle, <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/05/linnovation-monetaire-35-differentes-monnaies-pour-differents-objectifs/">comme le prothésiste dentaire déjà évoqué</a>, il devient nécessaire de facturer dans la monnaie légale, même si une part est ensuite payée dans la monnaie du SEL, afin de payer les charges et la TVA. Cela nécessite alors de trouver une correspondance entre l’unité de compte du SEL et celle de la monnaie légale – au moins de façon approximative – pour définir quelle somme doit être payée dans la monnaie complémentaire.<br />
Les monnaies de réputation ne posent en général pas de problèmes, car elles ne sont pas considérées comme un échange de biens et de services, même si la gestion de sa réputation a en soi une valeur [5].</p>
<p>Les monnaies de développement local ou régional ainsi que les monnaies des communautés en ligne utilisent en général la valeur d’échange et sont indexées sur une monnaie légale ou bien un panier de monnaies. Cela permet une comptabilité facilitant les déclarations de charges et taxes pour le financement de la collectivité. Certaines de ces monnaies peuvent être convertibles en entrée (il est possible d’acheter de la monnaie complémentaire à l’aide de la monnaie légale) ou même dans les deux sens. Il est aussi possible de réduire la conversion depuis la monnaie complémentaire vers la monnaie légale uniquement à certains acteurs (les fournisseurs de services dans les systèmes de points de fidélité, par exemple).</p>
<p>Les monnaies affectées sont en général non convertibles pour la plupart des utilisateurs [6]. Elles peuvent avoir une unité de compte indexée sur une monnaie légale ou un panier de monnaies (ce qui facilite leur taxation) ou bien utiliser une autre unité de compte (unité de temps). L’expérience de Curitiba montre que la collectivité peut cependant y trouver son intérêt, non plus dans les taxes qu’elle récupère, mais dans les économies que l’activité de la monnaie lui permet de faire. Dans le cas de Curitiba, le coût occasionné par le fait de donner l’accès au transport en commun revient à une subvention au système (de nombreuses régions françaises ont ainsi réduit le coût des transports en bus à quelques euros, voire 1 euro). En contrepartie, le système a permis un meilleur traitement des déchets triés à un coût bien moindre.</p>
<blockquote><p><strong>Quatre défis pour l’innovation monétaire</strong></p>
<p>Au fur et à mesure de notre plongée dans les différents mécanismes monétaires, nous avons pu identifier quatre domaines dans lesquels la monnaie a une réponse actuellement insuffisante. Une meilleure prise en compte de ces &#8220;défis&#8221; permettrait que les monnaies complémentaires apportent des solutions dans des secteurs nouveaux :</p>
<ul>
<li><strong>Construire des monnaies approximatives</strong> (non mesurables précisément) qui prennent en compte les valeurs internes des personnes qui n’ont pas d’étalon objectif commun (l’estime, la confiance) ;</li>
<li><strong>Construire des monnaies &#8220;non transactionnelles&#8221;</strong> qui permettent de sortir de la vision de la société uniquement comme une somme des relations deux à deux et prennent en compte les effets collectifs ;</li>
<li><strong>Imaginer des systèmes de régulation basés sur la valeur d’usage</strong>, permettant ainsi de &#8220;révéler&#8221; la valeur en facilitant les flux (de biens et de services, mais sans doute d’autres encore) de ceux qui en ont en une valeur d’usage faible vers ceux qui en ont une valeur d’usage forte ;</li>
<li><strong>Construire des monnaies complémentaires qui permettent la réserve de valeur</strong> (par exemple, des monnaies qui favorisent l’innovation grâce à des investissements en temps et en formation) mais qui évitent l’accumulation et la spéculation.</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Jean-Michel Cornu</p>
<p>Notes<br />
______________<br />
1. Certaines de ces plateformes ne sont pas que des lieux de paiement, mais permettent également de conduire la négociation sur le prix et le dialogue entre un offreur et un demandeur. Elles deviennent ainsi des outils de construction de l’échange.<br />
2. Cet encadré est inspiré de la présentation de Alan Rosenblith <a href="http://prezi.com/ijiokjbrolwo/metacurrency-orientation/">&#8220;MetaCurrency introduction&#8221;</a>, 24 mai 2010.<br />
3. Sur les liens entre mesure des inégalités et mondialisation, voir Pierre-Noël Giraud, <em>La Mondialisation. Émergences et fragmentations</em>, Éditions sciences humaines, 2008.<br />
4. Cela suppose que l’on considère une croissance de la production et donc de la consommation. Il existe d’autres approches que le dividende  universel, dont le financement est basé sur la création monétaire pour permettre une « allocation universelle » en remplacement des aides sociales (selon Dieter Althaus, ancien président du Conseil des ministres de Thuringe en Allemagne), financée par le coût du travail (payé par les entreprises, il représente la quasi-totalité de la rémunération des salariés, plus certains coûts liés aux salariés et qui ne sont pas inclus dans leur rémunération), par une imposition de l’État (par exemple, <a href="http://www.allocationuniverselle.com/">la proposition de Marc de Basquiat d’un Impôt universel de redistribution des revenus</a> ou IURR.<br />
5. Olivier Zara, <em>Réussir sa carrière grâce au personal branding. Gérer son identité et sa réputation professionnelles</em>, Eyrolles, 2009.<br />
6. Mais elles peuvent souvent être converties par certains acteurs, comme c’est le cas pour les Chèques-Déjeuner affectés à la restauration.</p>

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