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	<title>InternetActu.net &#187; Brèves</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>Eclairage pour le 21e siècle : des livres aux machines</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2012/02/09/eclairage-pour-le-21e-siecle-des-livres-aux-machines/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 12:30:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué]]></category>

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		<description><![CDATA[Lundi 13 février à 19h nous vous convions à la quatrième édition du cycle Eclairage pour le 21e siècle organisé en partenariat avec Chroniques de la Rentrée littéraire, Place de la Toile, InternetActu.net et la Bibliothèque publique d’information.

Image : le robot qui écrit un livre photographié par jeff_w_brooktree.
Le thème de cette soirée portera sur les livres à l&#8217;heure&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lundi 13 février à 19h nous vous convions à la quatrième édition du cycle Eclairage pour le 21e siècle organisé en partenariat avec <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/">Chroniques de la Rentrée littéraire</a>, <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a>, <a href="http://www.internetactu.net/">InternetActu.net</a> et la <a href="http://www.bpi.fr/">Bibliothèque publique d’information</a>.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/02/robotwhowritebook.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/02/robotwhowritebook.png" alt="robotwhowritebook" title="robotwhowritebook" width="540" height="404" class="alignnone size-full wp-image-15939" /></a><br />
<i>Image : le robot qui écrit un livre photographié par <a href="http://www.flickr.com/photos/trj/1032572214/">jeff_w_brooktree</a>.</i></p>
<p>Le thème de cette soirée portera sur les livres à l&#8217;heure du numérique. Aujourd&#8217;hui, le livre n&#8217;est plus seulement un objet, c&#8217;est aussi une machine électronique. Quel impact ont ces machines sur la lecture et la connaissance ? Que transforment elles dans nos relations aux livres et la culture ? Que transforme le nouvel écosystème de la connaissance qui se met en place ? Quels sont leurs objectifs avoués ou non avoués ? </p>
<p>Le débat sera animé par Hubert Guilllaud d&#8217;<a href="http://www.internetactu.net">InternetActu</a> et de <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr">LaFeuille</a> et réunira :</p>
<ul>
<li>Alain Giffard (<a href="http://alaingiffard.blogs.com/">blog</a>) directeur du <a href="http://gisnumerique.wordpress.com/">Groupement d&#8217;intérêt scientifique &#8220;Culture-Médias &#038; Numérique&#8221;</a> est notamment l&#8217;auteur (avec Bernard Stiegler et Christian Fauré de l&#8217;association <a href="http://arsindustrialis.org/">Ars Industrialis</a>) de <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005RDXH4Q/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005RDXH4Q">Pour en finir avec la mécroissance</a></i> où il développe le concept de <a href="http://alaingiffard.blogs.com/culture/des-lectures-industrielles/">Lectures industrielles</a>. Il a été le concepteur de la bibliothèque numérique de la BNF et président de la mission interministérielle pour l&#8217;accès public à l&#8217;internet.</li>
<li><a href="http://www.fkaplan.com/">Frédéric Kaplan</a> (<a href="http://fkaplan.wordpress.com/">blog</a>) ingénieur et spécialiste de l&#8217;intelligence artificielle et des nouvelles interfaces. Après dix ans de recherche au laboratoire Sony, il supervise aujourd&#8217;hui une équipe dans le domaine du mobilier interactif et des objets robotiques à l&#8217;École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). Il est le développeur du robot <a href="http://www.ozwe.com/">Ozwe</a>. Il est également à la tête d&#8217;une start-up spécialisée dans le développement d&#8217;applications pour les livres, <a href="http://www.bookapp.com">Bookapp</a>. Il est enfin l&#8217;auteur de nombreux livres dont <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2916571272/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2916571272"><i>La métamorphose des objets</i></a> qui esquisse notamment le <a href="http://fkaplan.wordpress.com/2011/08/23/how-books-will-become-machines/">&#8220;devenir machinique des livres&#8221;</a>.</li>
<li>Étienne Mineur (<a href="http://www.my-os.net/blog/">blog</a>) est designer, professeur à l&#8217;ENSAD (École Supérieure Nationale des Arts Graphiques), chercheur, cofondateur et directeur de création des <a href="http://www.volumique.com/fr/">éditions volumiques</a>. </li>
</ul>
<p><a href="http://www.bpi.fr/fr/la_saison_culturelle/conferences_et_debats/des_livres_aux_machines.html">Cette rencontre aura lieu le lundi 13 février dès 19h dans la petite salle (niveau -1) du Centre Pompidou à Paris</a>. Entrée libre.</p>
<p>La rencontre sera filmée et retransmise en temps réel sur la page des débats en direct de la BPI, vous pourrez réagir sur Twitter ou via l&#8217;application <a href="http://polemictweet.com/">Polemic Tweet</a> avec le hastag <a href="https://twitter.com/#%21/search/realtime/ebookbpi">#ebookbpi</a>. Vos questions seront susceptibles d’être sélectionnées et posées aux intervenants.</p>
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		<title>La vallée de l&#8217;étrange comme méthode d&#8217;analyse politique</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 05:20:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[eDémocratie]]></category>
		<category><![CDATA[cognition]]></category>
		<category><![CDATA[confiance]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans nos colonnes, nous avons souvent parlé de la fascinante &#8220;vallée de l&#8217;étrange&#8221;. Ce concept inventé par le roboticien japonais Masahiro Mori postule qu&#8217;un robot affectant une apparence humanoïde augmente son capital de sympathie jusqu&#8217;au point mystérieux où, subitement il en devient effrayant. Cela s&#8217;explique assez aisément : c&#8217;est précisément au moment ou l&#8217;artefact se met à ressembler et à&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans nos colonnes, nous avons souvent parlé de la fascinante <a href="http://www.internetactu.net/2007/04/04/jusquou-les-androides-peuvent-ils-ressembler-aux-humains/">&#8220;vallée de l&#8217;étrange&#8221;</a>. Ce concept inventé par le roboticien japonais <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Masahiro_Mori">Masahiro Mori</a> postule qu&#8217;un robot affectant une apparence humanoïde augmente son capital de sympathie jusqu&#8217;au point mystérieux où, subitement il en devient effrayant. Cela s&#8217;explique assez aisément : c&#8217;est précisément au moment ou l&#8217;artefact se met à ressembler et à se comporter le plus comme un être humain que ses imperfections prennent l&#8217;aspect le plus bizarre, mettent le plus mal à l&#8217;aise. Car, qu&#8217;est-ce qui ressemble le plus à un être humain sans pour autant être vivant ? Le zombie, répondrait le premier geek venu. </p>
<p>Initialement prévu pour la robotique, le concept a déjà été étendu à d&#8217;autres domaines notamment celui des jeux vidéos et de la réalité virtuelle, mais c&#8217;est la première fois qu&#8217;on l&#8217;utilise pour&#8230; analyser un candidat à l&#8217;élection présidentielle !</p>
<p>Dans les colonnes de <a href="http://www.theatlantic.com/politics/archive/2012/01/the-uncanny-valley-what-robot-theory-tells-us-about-mitt-romney/252235/"><i>The Atlantic</i></a>, Brian Fung, membre du bureau directorial des labos d&#8217;innovation d&#8217;Atlantic Media (une position qui en dit peut être un peu sur l&#8217;angle de l&#8217;article) utilise en effet cette idée comme grille d&#8217;analyse pour comprendre le phénomène Mitt Romney, qui fait (du moins pour l&#8217;instant) course en tête lors des primaires républicaines, mais avec beaucoup de difficultés et sans susciter un grand enthousiasme. </p>
<p>Selon le journaliste : <i>&#8220;Beaucoup de gens sont rebutés et gênés par les automates qui imitent les humains avec réalisme, mais imparfaitement. Romney, décourage inexplicablement des électeurs malgré la ressemblance à l&#8217;image de manuel d&#8217;un président américain. Les roboticiens appellent cet effet troublant &#8220;la vallée de l&#8217;étrange&#8221; &#8211; et Romney est coincé au fond de cette vallée&#8221;. </i></p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/02/mitt-romney_time-225x300.jpg" alt="mitt-romney_time" title="mitt-romney_time" width="225" height="300" align="left" hspace="6" vspace="6" />A première vue, Romney a tout pour plaire, du moins aux républicains. Son visage respire la compétence, son discours est policé. En fait, explique Fung, en citant <a href="http://prospect.org/article/mitt-looks-part">un article de Robert Reich</a>, analyste politique bien connu et ancien ministre de Bill Clinton, Romney a toutes les caractéristiques du président potentiel d’après les recherches contemporaines en psychologie et sciences cognitives. D&#8217;abord, il est grand : et il a été établi que les personnes de haute taille réussissent mieux que leurs congénères plus petits (mais, me direz-vous, en politique il existe de fameux contre-exemples !).  Ensuite, continue Reich, il a une belle voix de basse, qui réussit mieux aux candidats, enfin sa posture et sa dentition sont parfaites (<i>sic</i>), et surtout, il respire l&#8217;optimisme et l&#8217;assurance. Évidemment, note Reich, son programme n&#8217;est pas très clair, mais la plupart des études laissent à penser que les électeurs choisissent plus un président pour son côté rassurant que pour ses idées (une thèse à rapprocher sans doute de <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/22/comment-les-metaphores-programment-notre-esprit/">celles de George Lakoff</a>), et Romney, tant par son apparence que par la maitrise de son comportement, possède toutes les qualités nécessaires à la victoire.   </p>
<p>Certes, il fait partie de la minorité richissime responsable de la crise, mais c&#8217;est le cas aussi de l&#8217;autre candidat, Newt Gingrich, et la plupart des candidats républicains ne se signalent pas par leur fibre sociale de toute façon. De plus Romney est mormon, ce qui pourrait aussi en rebuter certains, dans un pays où l&#8217;obédience religieuse a longtemps été déterminante. Mais son incapacité à mobiliser les électeurs serait, selon Fung, d&#8217;un tout autre ordre. Alors que Reich est convaincu que Romney constitue un vrai danger pour Obama, le journaliste d&#8217;<i>Atlantic</i>, lui est plus sceptique. Il y aurait quelque chose d&#8217;artificiel dans son incapacité à se comporter comme quelqu&#8217;un de normal : il fait par exemple des plaisanteries ringardes qui tombent complètement à plat, explique-t-il, se reportant à un article particulièrement cruel du <a href="http://www.washingtonpost.com/opinions/a-day-of-awkwardness-with-mitt-romney/2011/06/14/AGApq6UH_story.html"><i>Washington Post</i></a> (la plupart des blagues en questions sont liées au contexte américain, et j&#8217;avoue personnellement ne pas les avoir comprises du tout, ringardes ou pas).</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/02/uncannyvalley-300x228.jpg" alt="uncannyvalley" title="uncannyvalley" width="300" height="228" align="right" hspace="6" vspace="6" /><i>&#8220;Tout comme dans la version robotique de la vallée de l&#8217;étrange, plus Romney devient réel pour l&#8217;électeur, plus son potentiel de sympathie décline. A la télévision et à distance, l&#8217;ancien gouverneur respire les qualités présidentielles par tous les pores de sa peau patricienne.(&#8230;) Mais en personne son attitude policée laisse la place à un personnage étonnamment fabriqué et inauthentique.&#8221;</i><br />
Autrement dit, continue-t-il :<i> &#8220;La plupart des politiciens sont des gens ordinaires qui passent leur temps à convaincre des électeurs qu&#8217;ils sont bâtis avec un matériau de premier choix. Romney part dans l&#8217;autre sens : c&#8217;est un parfait candidat pour le casting politique qui s&#8217;effondre dans une audition pour un rôle d&#8217;homme normal.&#8221;</i></p>
<p>Article ironique, sans le moindre doute. Cela dit, il est intéressant de voir que l&#8217;on convoque des concepts pointus issus des technologies les plus futuristes dans des publications &#8220;mainstream&#8221; et sur des sujets très très grand public&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a><br />
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		</item>
		<item>
		<title>Jean Haëntjens, vers la ville frugale : &#8220;on n&#8217;a pas encore de futur de rechange aussi clair que celui qu&#8217;on abandonne&#8221;</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2012/01/11/jean-haentjens-vers-la-ville-frugale-on-na-pas-encore-de-futur-de-rechange-aussi-clair-que-celui-quon-abandonne/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 11:54:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<description><![CDATA[Jean Haëntjens est urbaniste et économiste et conseil en stratégies urbaines au cabinet Urbatopies auprès des collectivités locales et des administrations. Après Le pouvoir des villes (2008) et Urbatopies (2010), il vient de faire paraître La ville frugale chez FYP éditions. Derrière ce concept, Jean Haëntjens cherche à rendre accessible une autre forme de ville durable que celle que nous&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/jeanhaentjens.jpeg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/jeanhaentjens.jpeg" alt="jeanhaentjens" title="jeanhaentjens" width="108" height="163" class="alignright size-full wp-image-15657" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Jean Haëntjens est urbaniste et économiste et conseil en stratégies urbaines au cabinet Urbatopies auprès des collectivités locales et des administrations. Après <i><a href="http://lepouvoirdesvilles.com/">Le pouvoir des villes</a></i> (2008) et <i><a href="http://www.urbatopie.com/">Urbatopies</a></i> (2010), il vient de faire paraître <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2916571671/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2916571671">La ville frugale</a></i> chez <a href="http://www.fypeditions.com/la-ville-frugale-un-modele-pour-preparer-lapres-petrole/">FYP éditions</a>. Derrière ce concept, Jean Haëntjens cherche à rendre accessible une autre forme de ville durable que celle que nous proposent de bâtir bien des architectes avec des bâtiments à haute qualité écologique intégrés dans des écoquartiers qui sont loin d&#8217;être accessibles à tous, financièrement parlant. Quelle ville durable voulons-nous ? Quelles stratégies urbaines concrètes devons-nous adopter pour commencer à organiser la ville dans une perspective post-pétrolière ? C&#8217;est tout l&#8217;enjeu que tente de dessiner Jean Haëntjens dans un petit livre livre très stimulant sur la forme des villes à venir. </p>
<h3>Le modèle de la ville frugale</h3>
<p><strong>InternetActu.net : Pourquoi, avec &#8220;la ville frugale&#8221; avoir eu besoin de définir un autre concept de ville durable ? </p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> Invité comme intervenant depuis longtemps dans de nombreux colloques internationaux sur la ville durable, je me suis rendu compte que ce concept était flou et peu opératoire. Qu&#8217;il recouvrait des réalités très différentes. Quand un maire vous demande ce que c&#8217;est, personne ne sait répondre de manière précise. Aujourd&#8217;hui, le durable que l&#8217;on propose n&#8217;est guère accessible et finançable. Un quartier durable, doté de tous les gadgets (toitures végétalisées, panneaux solaires&#8230;) revient trop cher du mètre carré. Beaucoup de villes se sont endettées pour mettre en place des lignes de tramways surdimensionnées&#8230; Ce modèle-là n&#8217;est pas reproductible, n&#8217;est pas fait pour tous. Et ce, alors que depuis deux ans, on cherche à anticiper le fait que les finances des collectivités locales ne vont cesser de se resserrer. </p>
<p>On a parlé de ville post-Kyoto pour le projet du Grand Paris, sans savoir vraiment comment traduire ces apports. Le concept de ville intelligente, qui est un sous-ensemble de celui de ville durable, n&#8217;est pas non plus très adapté aux réalités financières locales. Le concept de ville frugale permet justement de faire attention : l&#8217;idée est de faire une ville durable avec nos moyens, adaptée au contexte actuel. La ville frugale n&#8217;est pas un fantasme pour dans 50 ans, elle n&#8217;a pas pour but de reporter les décisions, mais au contraire, de permettre de commencer aujourd&#8217;hui, avec nos moyens. </p>
<p>L&#8217;idée de ville frugale porte aussi en elle l&#8217;idée que cette transition qui s&#8217;annonce ne se fera pas dans la contrainte. La ville de demain doit être vivable et agréable. Car l&#8217;un des autres fantasmes de la ville durable consiste à augmenter la densité de population en enfermant des gens dans d&#8217;immenses tours pour qu&#8217;ils consomment moins d&#8217;énergie (même s&#8217;il n&#8217;est pas prouvé que l&#8217;entassement diminue notre consommation globale !). La ville frugale s&#8217;inscrit également en réaction à cela. Il était important de proposer un modèle plus cohérent et de proposer des pistes pour le traduire concrètement et directement pour expliquer aux élus et aux techniciens les choix que cela implique. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/couv-ville-frugale.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/couv-ville-frugale.jpg" alt="couv ville frugale" title="couv ville frugale" width="236" height="346" class="alignleft size-full wp-image-15662" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a><strong>InternetActu.net : La ville frugale est un modèle pour &#8220;préparer l&#8217;après pétrole&#8221;, indique le sous-titre de votre livre. La civilisation de la voiture, sur laquelle s&#8217;est bâtie nos villes est en train de s&#8217;éteindre, expliquez-vous. Pourtant, vous n&#8217;êtes pas très radical sur l&#8217;effondrement de ce modèle. Vous expliquez, de manière très convaincante, que les villes de tailles intermédiaires doivent avoir l&#8217;ambition de ramener la voiture à moins de 50 % d&#8217;ici 2050, et qu&#8217;il faudra être moins ambitieux encore dans les villes plus petites, car l&#8217;essentiel de nos déplacements ruraux dépend de la voiture. Pourtant, à terme, la voiture est condamnée. Un jour il n&#8217;y aura plus de pétrole à mettre dedans ! Et il n&#8217;est pas sûr que nous trouvions les ressources alternatives pour en faire rouler autant qu&#8217;il en roule aujourd&#8217;hui&#8230; </p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> Le réchauffement climatique ne parle pas aux gens. Certains l&#8217;ont contesté et il est difficilement maîtrisable à l&#8217;échelle locale : vous pouvez réduire vos émissions de carbone, mais si ce n&#8217;est pas le cas de la Chine ou de la ville voisine, ce n&#8217;est peut-être pas très motivant&#8230; Le film d&#8217;Al Gore, <i>Une vérité qui dérange</i> est un film d&#8217;épouvante, mais qui finalement n&#8217;a peut-être pas suffisamment d&#8217;impact direct : ceux qui l&#8217;ont vu ont repris leur 4&#215;4 le lendemain. Il me semblait plus astucieux de substituer un objectif concret. Il est vraisemblable qu&#8217;on va avoir quelques soucis sur le prix du pétrole dans les années à venir. Imaginer un pétrole à 4 euros le litre, ça parle tout de suite aux gens. Si on ne relie pas la contrainte écologique à des contraintes très personnelles, on risque de parler dans le vide.</p>
<p><a href="http://villesentransition.net/">Les villes en transition</a> sont parties sur cette idée. Comment le modèle urbain va-t-il résister face aux problèmes énergétiques à venir ? Dans la notion de ville frugale, il y a comment on se démerde. Car si on pense trop global, on risque de rester dans l&#8217;inaction. Mon souci a été d&#8217;être concret et de ramener à des réalités locales. </p>
<p>Le modèle de la ville frugale peut diviser par 4 la consommation d&#8217;énergie, ce n&#8217;est déjà pas si mal. C&#8217;est l&#8217;objectif du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Facteur_4">facteur 4</a> proposé par les pays européens consistant à diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Utiliser des véhicules moins gourmands en énergie pour rouler en ville permet de faire la moitié des économies. L&#8217;autre doit se gagner en utilisant des formes urbaines plus économes en espace pour économiser des déplacements. Bien sûr, l&#8217;objectif n&#8217;est pas hors de portée si on part d&#8217;un terrain vierge, mais il est évidemment plus difficile si on part de situations existantes et notamment si l&#8217;on part d&#8217;un périurbain très étalé tel qu&#8217;on le connaît chez nous. </p>
<p><strong>InternetActu.net : En même temps, le terme de frugalité que vous utilisez est aussi celui qu&#8217;emploient les décroissants et le mouvement des villes en transition. Or, vous rejetez, dos à dos, tous les modèles : le village et la mégapole, la ville décroissante et la ville post-carbone, la smartcity (bourrée de technologies), la greencity, la ville créative, la ville résiliente&#8230; En même temps, la ville frugale empreinte aussi à tous ces modèles&#8230; En quoi la ville frugale que vous proposez est-elle un modèle original ?</p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> La ville frugale est à la fois compatible avec la plupart de ces modèles et en même temps en opposition avec nombre d&#8217;entre eux. Elle n&#8217;est pas compatible avec la caserne écologique que certains urbanistes imaginent, car la frugalité ne se départit pas du plaisir. Elle n&#8217;est pas vraiment compatible avec la ville high-tech, économiquement inaccessible, ni avec la croyance que le marché va finalement tout réguler, permettant aux plus riches d&#8217;avoir le 4&#215;4 et la voiture électrique et limitant les déplacements des plus pauvres. Elle n&#8217;est pas non plus compatible avec le modèle où l&#8217;on pense que l&#8217;argent public permettra de résoudre tous les problèmes. Chez certains militants, c&#8217;est au pouvoir public d&#8217;investir&#8230; Il me semble que ce n&#8217;est pas forcément très écologique de faire rouler des bus vides et de dépenser au-dessus de ses moyens. En fait, il n&#8217;y a pas un modèle de ville frugale. </p>
<p>L&#8217;idée est de proposer des modèles accessibles économiquement et correspondants aux attentes des usagers. Certains urbanistes proposent de réduire la mobilité ou de réduire la surface des logements&#8230; Mais ce sont des fantasmes qui ne correspondent pas à la réalité de vie moderne. Réduire les trajets domicile-travail n&#8217;est pas raisonnable, car les gens n&#8217;accepteront pas de vivre en autarcie. Pour autant, je ne m&#8217;inscris pas dans une option décroissante. Si énergétiquement elle est importante, je ne suis pas dans une option de repli économique, comme le proposent les villes en transition par exemple. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Dans votre livre, vous évoquez assez peu la technologie ou la participation, hormis là encore pour les rejeter, pour les renvoyer l&#8217;une à l&#8217;autre. A la <a href="http://www.fing.org">Fing</a> on a longtemps utilisé le concept de <a href="http://fing.org/?-Villes-2-0-">Villes 2.0</a> pour réintroduire justement dans la ville deux impensés : la technologie et la participation (la cocréation). Quelles sont leur place dans la ville frugale ? </p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> J&#8217;ai effectivement peu évoqué la technologie, peut-être parce que je suis mal à l&#8217;aise face au fantasme de croire que tout va se résoudre grâce à la technologie. Or, si on y regarde bien, les technologies utilisées par les villes sont des technologies &#8220;moyennes&#8221;. <a href="http://www.velib.paris.fr/">Velib</a> (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9lib'">Wikipédia</a>) est un vélo mixé avec un peu d&#8217;électronique. Un vélo en location classique, à un guichet, n&#8217;aurait pas marché. Je crois beaucoup à ce type de mariage technologique. Mais je ne crois pas que les villes soient pour autant des endroits où vont s&#8217;inventer les technologies de demain. Elles sont bien plus adaptées pour faire de l&#8217;innovation technico-sociétale. C&#8217;est la forme d&#8217;innovation des villes depuis toujours, comme nous l&#8217;expliquait l&#8217;historien Fernand Braudel. Creuser un canal n&#8217;était pas nouveau, mais l&#8217;adapter à un usage social, politique et économique, comme l&#8217;a fait Venise par exemple, ça ça l&#8217;était. On ne fera pas d&#8217;innovation fondamentale en ville. Mais on voit chaque jour beaucoup d&#8217;innovation sociotechnique, comme le montre <a href="http://www.innovcity.fr/">InnovCity</a>. Les villes font beaucoup de transferts de technologies entre elles. Les maires regardent ce que font les autres. Il y a une grande avidité d&#8217;innovation&#8230; </p>
<p>Sur la participation, j&#8217;en ai peu parlé dans cet ouvrage, car j&#8217;en avais beaucoup parlé dans le précédent. Pour agir sur le modèle urbain, il est nécessaire de réunir trois pôles : des élus qui ont des convictions, une ingénierie transversale (une structure technique de type agence d&#8217;urbanisme ou société d&#8217;économie mixte) et un dispositif de concertation et de cocréation avec différents cercles d&#8217;acteurs. Je crois beaucoup à la diffusion d&#8217;une culture du changement, au dialogue constructif avec le grand public. Pour autant, la ville durable porte en elle la croyance qu&#8217;on peut remplacer le <i>top down</i> par le <i>bottom up</i>. Mais on sait qu&#8217;il faut les deux. Pour qu&#8217;un dialogue soit constructif, pour que la concertation publique fonctionne, il faut proposer une idée au public, donner une direction, avoir une vision. Sinon on risque surtout de se retrouver face à un catalogue de demandes individuelles&#8230; </p>
<h3>Peut-on changer la ville ?</h3>
<p><strong>InternetActu.net : L&#8217;innovation urbaine est souvent évoquée par un collectif d&#8217;exemples toujours stimulants, de bonnes pratiques, mais qui peinent à faire système et parfois même modèle. On évoque les quartiers réussis (les écoquartiers) et on stigmatise les autres. On parle des exemples emblématiques (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Curitiba">Curitiba</a> (<a href="http://video.google.com/videoplay?docid=8815596401991064269">vidéo</a>), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Copenhague">Copenhague</a> (<a href="http://www.le-developpement-durable.tv/conference-de-copenhague-le-journal-video/item/26-hopenhague">vidéo</a>) !), sans parvenir nécessairement à les reproduire ailleurs (du fait de leurs spécificités mêmes). On parle de ceux qui réussissent à se transformer, sans évoquer tous ceux qui n&#8217;y arrivent pas ou n&#8217;essayent même pas. Est-ce que les bonnes pratiques et les bons exemples peuvent être un moteur de l&#8217;innovation urbaine ? Peut-on transformer la ville sans changement systémique ?</p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> Personne n&#8217;a vraiment de système. Pourtant, on tente tous de le changer. Mais c&#8217;est très long. Haussmann a mis un demi-siècle à transformer Paris. Il a démarré en 1850 et le métro est arrivé avec le XXe siècle. Et pourtant, à l&#8217;époque, il y avait peut-être moins d&#8217;inertie&#8230; Pour changer un système urbain, il faut un demi-siècle. On a commencé au début des années 90, et on en a encore pour 40 à 50 ans. On est dans la phase de présystème. Aujourd&#8217;hui, chacun bricole des solutions ponctuelles. Il y a très peu de modèles. Vancouver pense en avoir un avec <a href="http://vancouver.ca/commsvcs/ecocity/index.htm">l&#8217;écodensité</a>, mais toutes les villes du monde n&#8217;ont pas un front de mer qui le permet. Aujourd&#8217;hui, on réinvente à chaque fois. Notre process de fabrication de la ville européenne est très très lent, par rapport aux process de Chine ou de Dubaï, et de leurs villes qui n&#8217;existaient pas il y a 20 ans. On n&#8217;en est pas encore au modèle. D&#8217;ailleurs, le modèle de la Chine ou de Dubaï n&#8217;a pas fait d&#8217;étincelles : on n&#8217;a guère envie que nos villes leur ressemblent. </p>
<p>On est aussi traumatisé par nos modèles précédents, celui de la ville moderne. Les urbanistes ont un peu peur de refaire les mêmes erreurs, ce qui explique leur prudence par rapport aux modèles. Pourtant, le modèle va être nécessaire. Mais il est difficile, car on ne réinvente pas une ville à partir de rien, et que ces projets qui appellent à s&#8217;étaler sur un demi-siècle ne cadrent pas avec les durées des mandats politiques&#8230; </p>
<p><strong>InternetActu.net : Hormis quelques réussites (vous citez une quinzaine de cas de villes françaises), une poignée d&#8217;écoquartiers (112 d&#8217;ici fin 2012 dites vous), et malgré une politique volontariste, il y a guère d&#8217;aménagement du territoire en France. Depuis 30 ans, partout, en France, en Europe, ne s&#8217;est développé que l&#8217;habitat pavillonnaire et les centres commerciaux périphériques, comme le soulignait l&#8217;excellent article de <i>Télérama</i> intitulé <a href="http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php">&#8220;Comment la France est devenue moche&#8221;</a>. L&#8217;urbanisme de la voiture, ce <i>Junkspace</i> qu&#8217;évoque l&#8217;architecte et urbaniste hollandais <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rem_Koolhaas">Rem Koolhaas</a>, semble l&#8217;avoir partout emporté. Les réussites urbanistiques sont-elles condamnées à demeurer des &#8220;expérimentations&#8221; isolées ?</p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> C&#8217;est vrai. Sur l&#8217;habitat périurbain, qui représente 40 % de la construction en France, rien n&#8217;a changé pour l&#8217;instant. Et rien ne changera tant qu&#8217;on ne touchera pas à la logique fondamentale permettant de maîtriser la question foncière des centres-villes. Les gens partent en périurbain pour avoir un terrain à prix abordable. Quand on observe les premiers <a href="http://www.developpement-durable.gouv.fr/Presentation-generale,13896.html">Schémas de cohérence territoriale</a> mis en place par les lois Voynet de 1999, on constate que peu nombreux sont ceux qui ont bridé la constructabilité en périphérie des villes. Mais cela devrait commencer à être plus effectif à partir de 2014 et 2015. Cela suppose d&#8217;alléger les règlements d&#8217;urbanismes des centres, afin d&#8217;encourager les gens à y densifier l&#8217;habitat. Mais c&#8217;est une très longue inertie que de changer cela. </p>
<p>La logique sociologique peut aider également. Le modèle familial qui allait avec le pavillon lointain a changé. La famille nucléaire ne représente plus que 30 à 40 % des ménages. Les familles monoparentales, les retraités et les célibataires ont envie de services urbains plutôt que d&#8217;un jardin. </p>
<p>Mais à mon avis, c&#8217;est le prix de l&#8217;énergie qui va le plus faire changer le modèle. En 2008, les banques ont arrêté de prêter à des ménages qui empruntaient pour construire une maison à plus de 20 km de leur travail, car elles intégraient le coût des déplacements dans le calcul de solvabilité. Un économiste américain a expliqué qu&#8217;une des raisons de la crise des subprimes était liée à l&#8217;augmentation du prix du pétrole qui a pesé sur les ménages les moins fortunés, les plus éloignés des centres-villes&#8230; Selon lui, la sensibilité au prix du carburant a été l&#8217;élément déclencheur. Il est possible qu&#8217;il soit également à l&#8217;avenir l&#8217;élément déclencheur. S&#8217;il n&#8217;y a pas une contrainte sur les prix, on ne changera pas de modèles urbains !</p>
<p><strong>InternetActu.net : Ce qui est très stimulant dans votre ouvrage, c&#8217;est la manière dont l&#8217;urbanisme semble avoir compris la mobilité pour dessiner des villes plus adaptées à la transition écologique qui s&#8217;annonce. Vous expliquez très concrètement quels sont les facteurs qui ont un impact sur la diminution des déplacements en voiture. Le rôle de la proximité des services publics, des commerces, des espaces publics et des noeuds de transports (au détriment de la polarisation des activités). Vous montrez combien chaque rond-point construit favorise l&#8217;usage de la voiture (et pourtant, on en a construit beaucoup en France)&#8230; On a l&#8217;impression qu&#8217;une &#8220;science&#8221; de l&#8217;urbanisme a vu le jour qui vient contrebalancer les délires d&#8217;urbanistes peu outillés de la compréhension de nos sociétés, qui ont prévalu jusqu&#8217;à présent. Voit-on poindre une &#8220;science&#8221; urbaine qui va permettre de construire de meilleures villes, de soigner nos villes malades ? Capable de comprendre l&#8217;impact d&#8217;une construction sur la ville ? </p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> Je parlerais plutôt d&#8217;une pratique que d&#8217;une science. La différence entre l&#8217;urbanisme pratique et l&#8217;urbanisme d&#8217;architecte, c&#8217;est la modestie. Il y a 40 ans, le génie de Le Corbusier dessinait la ville de demain. Aujourd&#8217;hui, on fait du tissage à plusieurs. On essaye. On se trompe. On est sur une approche plus modeste, pluridisciplinaire. Depuis 30 ans, l&#8217;urbanisme a cessé de réfléchir au seul plan pour introduire d&#8217;autres paramètres et notamment des paramètres culturels. Les villes qui bougent comportent beaucoup d&#8217;éléments liés à l&#8217;imaginaire, à la vision collective que les habitants ont de leur ville. </p>
<p>L&#8217;urbanisme n&#8217;est pas une science, heureusement. Si la ville était complètement modélisable, ce serait dangereux. Certains ont cru que c&#8217;était une science. Certains ont cru qu&#8217;on pouvait faire de la ville une machine comme une autre. Ca a été un échec sanglant. Je crois qu&#8217;on obtient plus de résultats par la modestie du bricolage que par l&#8217;arrogance du génie. </p>
<p>Mon livre se destine à des élus locaux, à des techniciens qui cherchent des outils pratiques. En dessous de 3000 hab/km², on ne fait pas passer de bus, par exemple. Pour desservir des villes avec des transports collectifs, il y a des seuils. La ville n&#8217;est pas une machine, mais il y a des machines dans la ville qui fonctionnent avec certaines règles. Les écoquartiers en ont respecté beaucoup, mais il leur manque parfois quelque chose. Les écoquartiers sont des machines écologiques dans lesquelles on ne voudrait pas toujours poser son sac. Une ville c&#8217;est comme une casserole, il faut que cela se culotte un peu&#8230; </p>
<p><strong>InternetActu.net : Ce qui est intéressant, c&#8217;est que vous partez d&#8217;une analyse très précise des mobilités, de la densité, des échelles pour reposer des questions d&#8217;urbanisme, d&#8217;organisation de la vie et donc de la ville (et pas l&#8217;inverse). Est-ce à dire que le déplacement est resté longtemps l&#8217;impensé de l&#8217;urbanisme ?</p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> Oui. Les transports ont été pensés, mais pas la mobilité. On a raisonné en terme de machine, de vitesse. 80 km/h c&#8217;est mieux que 40 km/h ! Or, le problème n&#8217;est pas la vitesse de déplacement, mais le fait de pouvoir remplir un certain nombre de demandes dans la journée. Si la ville est bien organisée, on peut le faire à pied, comme l&#8217;a souligné le directeur de la prospective de la RATP, <a href="http://www.fypeditions.com/homo-mobilis-le-nouvel-age-de-la-mobilite/">Georges Amar dans son livre</a>. En voiture, on ne peut pas s&#8217;arrêter si l&#8217;on croise un ami, à pied, si. A pied, le mode de transport est lent, mais il est plus riche. La mobilité doit raisonner en terme de nombre de contact et pas seulement en terme de vitesse. D&#8217;où l&#8217;importance qu&#8217;on voit poindre aujourd&#8217;hui d&#8217;enrichir les noeuds de transports, en mettant par exemple des centres culturels dans les gares. </p>
<h3>La ville frugale, un modèle d&#8217;avenir ?</h3>
<p><strong>InternetActu.net : Reste que la planification urbaine n&#8217;a cessé de se tromper. Celle des grands ensembles, celle des villes nouvelles&#8230; Les écoquartiers sont-ils une forme de perfection urbanistique et pour combien de temps ? </p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> Il y a 20 ans, on imaginait adapter le tissu urbain à la modernité voulue : celle de la voiture. Aujourd&#8217;hui, on se rend compte que cet avenir n&#8217;est pas le bon. Mais on n&#8217;a pas encore de futur de rechange aussi clair que celui qu&#8217;on abandonne. Los Angeles, qui était le modèle de la ville d&#8217;avenir adapté à la voiture, n&#8217;est pas une ville durable. </p>
<p>Il ne faut pas arrêter la planification, même s&#8217;il faut en finir avec la logique d&#8217;étalement urbain qui y présidait. Il ne faut pas arrêter la planification, car les villes ne vont pas se construire demain sans cohérence, sauf à faire des villes à l&#8217;américaine : où l&#8217;on met une autoroute et on laisse les promoteurs faire. Il est nécessaire de conserver une stratégie. Les villes intéressantes, on assoupli leur planification pour adopter un plan guide comme à Nantes. Il y a une trame, mais on peut changer les choses. La ville de Nantes a ainsi donné naissance à un quartier de la création qui n&#8217;était pas prévue au départ&#8230; On ne peut pas se passer d&#8217;une vision, d&#8217;un canevas d&#8217;infrastructures&#8230;</p>
<p><strong>InternetActu.net : Beaucoup des pistes que vous esquissez sont à contre-courant de ce qu&#8217;on constate encore dans l&#8217;urbanisme contemporain. La polarisation des activités ne cesse d&#8217;augmenter plutôt que de se réduire (les zones d&#8217;activité ou zones commerciales notamment). On est loin de transports collectifs à haut niveau de services et d&#8217;un bon maillage en réseaux de transports et de services en dehors des très grosses villes : celles peut-être qui en ont le moins besoin d&#8217;ailleurs&#8230; Or on continue à concentrer les services (pour faire des économies d&#8217;échelles notamment) et le réseau de transport à tendance à favoriser les déplacements lointains que les déplacements proches (offre TGV plutôt que TER). Est-ce à dire que notre société est loin d&#8217;avoir pris la mesure du changement à venir ? </p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> En France, on souffre de la centralité parisienne. Paris, c&#8217;est 12 millions d&#8217;habitants et 1200 communes&#8230; sans aucun patron à sa tête. Le système fonctionne tout seul. Ce sont les promoteurs qui font désormais Paris. Il n&#8217;y a plus rien à décider dans Paris intramuros d&#8217;autant que dans 20 ans, avec un prix au m² de 10 000 euros, il n&#8217;y aura plus de classes moyennes à Paris. Pour répondre à cela, nous avons besoin d&#8217;une prise de conscience qui n&#8217;est hélas pas encore arrivée au niveau des décideurs. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Votre ouvrage fait également une part belle au désir, c&#8217;est-à-dire vise à réintroduire du désir plutôt que d&#8217;être conduits par des choix liés à la catastrophe qui s&#8217;annonce. Vous mettez au centre de votre réflexion ce que les gens désirent. Attribuer une moindre place à la voiture, privilégier un habitat qui ne soit pas hyperdense ni trop lâche : ni l&#8217;immeuble, ni le pavillon, mais le modèle de l&#8217;îlot. Est-ce à dire que le risque du développement durable est d&#8217;oublier le désir, <a href="http://www.internetactu.net/2007/03/08/tic-et-developpement-durable-la-voie-du-desir/">comme le suggérait Daniel Kaplan</a> ?</p>
<p>Jean Haëntjens :</strong> La ville ne répondra pas aux désirs de tout le monde, même si les gens voudraient à la fois la campagne et les services. Tout le monde est prêt à renoncer à certains avantages si on lui propose des compensations. Il y a une souplesse, mais elle n&#8217;est pas extrême. On ne mettra pas les gens qui sont en maison individuelle dans des immeubles. Pour autant, ont-ils tous besoin de 1000 m² de jardins ? Tout cela est affaire de réglages personnels. Mais la ville doit offrir un niveau de qualité attractif. On ne pourra inverser un modèle uniquement par la contrainte, comme le proposent les péages autoroutiers. A Copenhague, 35 % des gens utilisent leurs vélos, et l&#8217;utilisent même sous la neige. Ils ont supprimé 5000 places de parking pour développer les terrasses de café. L&#8217;idée est bien celle d&#8217;une motivation positive. Le plaisir est une fonction de la ville. Nous avons besoin de plaisirs urbains. La ville doit offrir quelque chose en plus, ne pas proposer seulement un métro bondé de gens qu&#8217;on ne connait pas serrés comme des sardines. On ne réintroduira pas de la densité urbaine sans plaisir. Nous avons besoin de penser le charme, la capacité de rencontre, qu&#8217;on a parfois perdu dans des villes plus modernes, et qu&#8217;on n&#8217;a pas forcément trouvé dans la France des lotissements pavillonnaires. </p>
<p><i>Propos recueillis par Hubert Guillaud le 09/01/2012. </i></p>

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		<title>Comment Luther est devenu viral</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 08:41:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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&#8220;C&#8217;est un récit qui nous est familier : après des décennies de grogne, une nouvelle forme de média donne aux opposants à un régime autoritaire le moyen de s&#8217;exprimer, de déclarer leur solidarité et coordonner leurs actions. Le message protestataire&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine <a href="http://www.economist.com/node/21541719">est un article passionnant</a> de l’hebdomadaire britannique <i>The Economist</i>, intitulé &#8220;Comment Luther est devenu viral&#8221;. </p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Martin_Luther_by_Lucas_Cranach_der_%C3%84ltere.jpeg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/391px-Martin_Luther_by_Lucas_Cranach_der_Ältere-195x300.jpg" alt="Marthin Luther par Lucas Cranach" title="Marthin Luther par Lucas Cranach" width="195" height="300" class="size-medium wp-image-15556" hspace="6" vspace="6" align="right"  /></a>&#8220;C&#8217;est un récit qui nous est familier : après des décennies de grogne, une nouvelle forme de média donne aux opposants à un régime autoritaire le moyen de s&#8217;exprimer, de déclarer leur solidarité et coordonner leurs actions. Le message protestataire se répand de manière virale dans les réseaux sociaux et il devient impossible de passer sous silence le poids du soutien public à la révolution. La combinaison d&#8217;une technologie de publication améliorée et des réseaux sociaux est un catalyseur pour le changement social, là où les efforts précédents avaient échoué. C&#8217;est ce qui s&#8217;est produit pendant le printemps arabe. C&#8217;est aussi ce qui s&#8217;est passé pendant la Réforme, il y a près de 500 ans, quand Martin Luther et ses alliés se sont emparés des nouveaux médias de leur temps &#8211; les pamphlets, les balades, et les gravures sur bois &#8211; et les ont fait circuler dans les réseaux sociaux pour promouvoir le message de la réforme religieuse.</p>
<p>Les chercheurs ont longtemps débattu de l&#8217;efficacité relative des médias imprimés, de la transmission orale et des images dans le soutien populaire à la Réforme. Certains ont mis en avant le rôle central de l&#8217;imprimerie, une technologie relativement neuve à l&#8217;époque. D&#8217;autres ont relevé l&#8217;importance des prêches et des autres formes de transmission orale. Plus récemment, les historiens ont mis en valeur le rôle des médias comme moyens de signaler et de coordonner l&#8217;opinion publique pendant la Réforme.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;internet offre une nouvelle perspective dans ce débat au long cours, en soulignant que le facteur primordial n&#8217;était pas l&#8217;imprimerie elle-même (dans le paysage depuis 1450), mais plus largement le système des médias se partageant le long des réseaux sociaux &#8211; ce qu&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui les &#8220;médias sociaux&#8221;. Luther, comme les révolutionnaires arabes, a compris très vite les dynamiques du nouvel environnement médiatique et a vu comment il pourrait y faire circuler son message.</p>
<p>Le début de la Réforme est en général daté du jour où Luther a cloué ses &#8220;95 thèses sur la puissance des Indulgences&#8221; sur la porte de l&#8217;église de Wittenberg, le 31 octobre 1517. Ces &#8220;95 thèses&#8221; étaient des propositions écrites en latin dont il voulait discuter, selon la coutume académique de l&#8217;époque, dans un débat ouvert au sein de l&#8217;université. Luther, alors obscur théologien, était outré par le comportement de Johann Tatzel, un frère dominicain qui vendait des indulgences dans l&#8217;intention de lever des fonds pour le projet de son patron, le Pape Léon X : la reconstruction de la basilique de Saint-Pierre de Rome. Cette manière de commercialiser sa place au Paradis était pour Luther le symptôme d&#8217;une nécessaire et conséquente réforme. Clouer une liste de propositions sur la porte d&#8217;une église était une manière habituelle d&#8217;annoncer un débat public.</p>
<p>Bien qu&#8217;écrite en latin, ces &#8220;95 thèses&#8221; causèrent un émoi immédiat, d&#8217;abord dans les cercles académiques de Wittenberg, puis plus loin. En décembre 1517, des éditions imprimées de ces thèses, sous la forme de pamphlets et de feuilles volantes, apparurent simultanément à Leipzig, à Nuremberg, à Bâle, aux frais d&#8217;amis de Luther à qui il avait envoyé des copies. Des traductions en allemand, qui pouvaient être lues plus facilement par un public plus large, suivirent rapidement et se répandirent dans les territoires de langue allemande. Un ami de Luther estima qu&#8217;il fallut 14 jours pour les propositions soient connues dans toute l&#8217;Allemagne et 4 semaines pour qu&#8217;elles soient familières à toute la chrétienté.</p>
<p>La diffusion rapide, mais non intentionnelle des &#8220;95 thèses&#8221; alerta Luther sur la manière dont les médias passant d&#8217;une personne à l&#8217;autre pouvaient atteindre une vaste audience. &#8220;Elles ont été imprimées et ont circulé bien au-delà de mes attentes&#8221;, écrit Luther en mars 1518 à un éditeur de Nuremberg qui avait publié la traduction allemande des thèses. Mais écrire en latin savant et les traduire ensuite en allemand n&#8217;était pas la meilleure manière de les adresser à un public plus large. Luther écrivit qu&#8217;il aurait &#8220;parlé très différemment et plus distinctement s&#8217;il avait su ce qui allait se passer&#8221;. Pour la publication, quelques semaines plus tard, de son &#8220;Sermon sur les Indulgences et la Grâce&#8221;, il passa à l&#8217;allemand, évitant le vocabulaire régional pour s&#8217;assurer que ses mots seraient compréhensibles dans toute l&#8217;Allemagne. Le pamphlet, un succès immédiat, est considéré par beaucoup comme le point de départ de la Réforme.</p>
<p>L&#8217;environnement médiatique que Luther s&#8217;est montré particulièrement habile à maîtriser avait beaucoup en commun avec l&#8217;écosystème numérique d&#8217;aujourd&#8217;hui, ses blogs, ses réseaux sociaux et ses discussions. C&#8217;était un système décentralisé dans lequel les participants s&#8217;occupaient de la distribution, décidaient collectivement des messages à diffuser en priorité grâce au partage et à la recommandation. Les théoriciens des médias modernes parleraient d&#8217;un public connecté, qui ne fait pas que consommer l&#8217;information. Luther a donné le texte de son nouveau pamphlet à un ami éditeur (sans aucun échange d&#8217;argent), puis a attendu qu&#8217;il se répande dans le réseau des lieux où on l&#8217;imprimait en Allemagne.</p>
<p>A la différence des livres plus gros, qu&#8217;il fallait des semaines et des mois à produire, un pamphlet pouvait être imprimé en un ou deux jours. Les copies de la première édition, qui coûtaient à peu près le prix d&#8217;un poulet, se diffusaient d&#8217;abord dans la ville où elle était imprimée. Les sympathisants de Luther les recommandaient  à leurs amis. Les libraires en faisaient la promotion et les colporteurs les transportaient. Les vendeurs itinérants, les marchands et les prêcheurs emportaient alors des copies dans d&#8217;autres villes et si elles suscitaient un intérêt suffisant, des imprimeurs locaux produisaient leur propre édition, par lot de 1 000, dans l&#8217;espoir de tirer profit du buzz. Un pamphlet populaire se répandait ainsi rapidement sans l&#8217;implication de l&#8217;auteur.</p>
<p>Comme avec les <i>like</i> de Facebook et les <i>retweet</i> de Tweeter, le nombre de réimpressions sert d&#8217;indicateur de popularité d&#8217;un sujet. Les pamphlets de Luther étaient les plus recherchés ; un contemporain a noté qu&#8217;ils &#8220;n&#8217;étaient pas tant vendus qu&#8217;arrachés&#8221;. Son premier pamphlet en allemand, le &#8220;Sermon sur les indulgences et la Grâce&#8221; a été réimprimé 14 fois dans la seule année 1518, à 1 000 exemplaires à chaque fois. En tout, entre 6 000 et 7 000 pamphlets furent imprimés pendant la première décennie de la Réforme, plus d&#8217;un quart étaient les textes de Luther. Même s&#8217;il était l&#8217;auteur le plus prolifique et le plus populaire, il y en avait beaucoup d&#8217;autres, dans les deux camps.</p>
<p>Se mettre dans l&#8217;état de suivre et de discuter cet intense échange de points de vue, dans lequel chaque auteur citait les mots de son adversaire dans le but de les contredire, a conféré aux gens un sens nouveau de la participation à un débat à la fois vaste et distribué. Beaucoup de pamphlets invitaient le lecteur à discuter leurs contenus avec d&#8217;autres lecteurs et à les lire à haute voix pour les illettrés. Les gens lisaient et discutaient les pamphlets chez eux avec leur famille, en groupe avec leurs amis, dans des auberges et des tavernes. Les pamphlets de Luther étaient lus dans des boulangeries du Tyrol. Dans certaines villes, des guildes entières de tisserands ou de tanneurs apportèrent leur soutien à la Réforme, ce qui prouve que les idées de Luther s&#8217;étaient propagées dans les manufactures. Le Roi d&#8217;Angleterre Henri VIII lui-même apporta sa contribution en coécrivant avec Thomas More une attaque contre Luther.</p>
<p>Les mots ne furent pas les seuls à voyager dans les réseaux sociaux pendant l&#8217;époque de la Réforme, la musique et les images aussi. Les balades de circonstance, comme le pamphlet, étaient une forme relativement récente de médium. Elles consistaient en une description poétique, et souvent exagérée, des événements du temps, sur un ton familier qui pouvait facilement être retenu et chanté avec les autres. Ces balades mélangeaient délibérément une mélodie pieuse avec des paroles profanes. Les paroles étaient distribuées sous la forme de feuilles imprimées, avec une note indiquant sur quel ton elles devaient être chantées. Une fois apprises, elles pouvaient se répandre parmi les illettrés grâce à la pratique du chant en groupe. Les réformés autant que les catholiques firent usage de cette nouvelle manière de diffuser l&#8217;information pour attaquer l&#8217;adversaire.</p>
<p>Les gravures sur bois furent une autre forme de propagande. La combinaison de dessins osés et courts textes, imprimés comme sur une feuille, pouvaient porter des messages aux analphabètes et servaient de supports visuels aux prêcheurs. Luther nota que &#8220;sans images on ne peut ni penser ni comprendre quoi que ce soit&#8221;. </p>
<p>Sous l&#8217;afflux de ces pamphlets, de ces balades et de ces gravures, l&#8217;opinion publique vira en faveur des thèses de Luther. Et ce, malgré les efforts de la censure et les tentatives des catholiques pour les noyer sous la diffusion de leurs propres thèses. Pour user d&#8217;une expression contemporaine, le message de Luther est devenu viral.</p>
<p>Durant les premières années de la Réforme, exprimer son soutien à Luther par le prêche, par la recommandation d&#8217;un pamphlet ou le chant d&#8217;une balade hostile au Pape était dangereux. En réprimant rapidement les cas isolés d&#8217;opposition, les régimes autocratiques découragent leurs opposants à s&#8217;exprimer et se mettre en rapport les uns avec les autres. Il y a obstacle à l&#8217;action collective quand les gens sont insatisfaits, mais pas certains que leur insatisfaction soit suffisamment partagée, c&#8217;est ce qu&#8217;a remarqué <a href="http://userpages.umbc.edu/~zeynep/">Zeynep Tufekci</a> (<a href="http://technosociology.org/">blog</a>), une sociologue de l&#8217;université de Caroline du Nord, à propos du printemps arabe. Les dictatures égyptiennes et tunisiennes, explique-t-elle, ont survécu si longtemps parce que malgré la haine de beaucoup pour ces régimes, ils ne pouvaient être certains que cette haine était partagée. Cependant, avec les troubles du début 2011, les sites des médias sociaux ont permis aux gens de signaler leur préférence à leurs pairs, en masse et rapidement, dans une &#8220;cascade informationnelle&#8221; qui a rendu possible l&#8217;action.</p>
<p>Il se passa la même chose avec la Réforme. La popularité des pamphlets en 1523-1524, très majoritairement en faveur de Luther, a joué le rôle d&#8217;un mécanisme collectif de signalement. C&#8217;est ce qu&#8217;écrit <a href="http://www.st-andrews.ac.uk/history/staff/andrewpettegree.html">Andrew Pettegree</a>, spécialiste de la Réforme à l&#8217;université de Saint-Andrew : &#8220;Ce fut la surabondance, la cascade de titres, qui a créé l&#8217;impression d&#8217;une marée, d&#8217;un mouvement imparable de l&#8217;opinion &#8211; les pamphlets et leurs acheteurs ont ensemble créé l&#8217;impression d&#8217;une force irrésistible.&#8221; Bien que Luther avait été déclaré hérétique en 1521, et que posséder ou lire ses travaux fût cause de bannissement de l&#8217;Eglise, un mouvement de soutien populaire a évité son exécution et la Réforme s&#8217;est installé dans une bonne partie de l&#8217;Allemagne.</p>
<p>La société contemporaine a tendance à se considérer comme meilleure que les précédentes, et les avancées de la technologie renforcent ce sentiment de supériorité. Mais l&#8217;Histoire nous enseigne qu&#8217;il n&#8217;y a rien de nouveau sous le soleil. <a href="http://history.fas.harvard.edu/people/faculty/darnton.php">Robert Darnton</a>, historien à Harvard et spécialiste des réseaux de diffusion de l&#8217;information dans la France prérévolutionnaire, explique que &#8220;les merveilles des technologies de la communication du présent ont produit une conscience faussée du passé &#8211; et même l&#8217;idée que cette communication n&#8217;avait pas d&#8217;histoire, ou n&#8217;avait à être considérée comme vraiment importante avant l&#8217;époque de la télévision et d&#8217;internet&#8221;. Les médias sociaux ne sont pas sans précédents : et même, ils s&#8217;inscrivent dans une longue tradition. Les réseaux numériques d&#8217;aujourd&#8217;hui sont peut-être plus rapides, mais il y a 500 ans, le partage de médias pouvait déjà aider à précipiter une révolution. Les systèmes de média sociaux contemporains ne font pas que nous connecter les uns aux autres : ils nous relient aussi à notre passé.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-quand-les-technos-se-mettent-au-vert-2012-01-07">L’émission du 7 janvier 2012</a> était consacrée aux technologies vertes à l&#8217;occasion de la parution du <a href="http://www.digitalmcd.com/2011/12/05/mcd65-linternet-voit-vert-the-culture-of-green-tech/">dernier numéro du magazine MCD</a> en compagnie d&#8217;Annick Rivoire, rédactrice en chef invitée de ce numéro et fondatrice du site <a href="http://www.poptronics.fr/">Poptronics</a> et de <a href="http://web.media.mit.edu/~labrune/">Jean-Baptiste Labrune</a>, interviewé dans ce numéro, chercheur affilié au Medialab du MIT (à Boston) et au <a href="http://www.alcatel-lucent.com/wps/portal/!ut/p/kcxml/04_Sj9SPykssy0xPLMnMz0vM0Y_QjzKLd4w3MfQFSYGYRq6m-pEoYgbxjgiRIH1vfV-P_NxU_QD9gtzQiHJHR0UAAD_zXg!!/delta/base64xml/L2dJQSEvUUt3QS80SVVFLzZfQV81TEY!">Bell Labs</a> (en France). </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-collective/" title="intelligence collective" rel="tag nofollow">intelligence collective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/journalisme/" title="journalisme" rel="tag nofollow">journalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a><br />
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		<title>L&#8217;avenir du livre&#8230; imprimé</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 13:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine renoue avec ses vieilles lunes, la chronique de Clive Thompson dans Wired. Là, c&#8217;est le numéro de décembre, et le texte s&#8217;intitule : &#8220;Un nouvel espoir pour les livres&#8221;. 
&#8220;L&#8217;ebook (donc le livre numérique) va-t-il tuer le livre imprimé ?&#8221; Chaque fois que j&#8217;entends cette question, dit Thompson, je pense au &#8220;mythe du bureau sans-papier&#8221;.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine renoue avec ses vieilles lunes, la chronique de Clive Thompson dans <i>Wired</i>. Là, c&#8217;est le numéro de décembre, et le texte s&#8217;intitule : <a href="http://www.wired.com/magazine/2011/11/st_thompson_books/">&#8220;Un nouvel espoir pour les livres&#8221;</a>. </p>
<p>&#8220;L&#8217;ebook (donc le livre numérique) va-t-il tuer le livre imprimé ?&#8221; Chaque fois que j&#8217;entends cette question, dit Thompson, je pense au <a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&#038;tid=8501">&#8220;mythe du bureau sans-papier&#8221;</a>. Dans les années 80, l&#8217;apparition des traitements de texte et des mails ont fait croire à beaucoup de gens que le papier allait disparaître. Pourquoi imprimer un document quand on peut le diffuser par voies électroniques ?</p>
<p>On sait tous ce qu&#8217;il en est advenu, dit Thompson. L&#8217;usage du papier a explosé : et les entreprises qui se sont mises au mail ont vu leur consommation de papier augmenté de 40 %. Car, même dans un monde d&#8217;écrans, le papier offre la seule manière d&#8217;organiser et de partager nos pensées. Il faut prendre en considération ce truisme technologique : quand on rend une tâche plus facile, les gens l&#8217;exécutent plus souvent. Aujourd&#8217;hui que tout employé de bureau a accès à un ordinateur et une imprimante, il peut désigner et distribuer des cartes d&#8217;invitations sophistiquées et multicolores ou des présentations reliées en spirale.</p>
<p>&#8220;L&#8217;impression à la demande&#8221; est sur le point de faire la même chose avec les livres. Elle va les garder vivants en les rendant plus bizarres.</p>
<p>Les outils d&#8217;impression à la demande, comme l&#8217;<a href="http://www.ondemandbooks.com/">Expresso Book Machine</a>, ne fait que ce que son nom indique : vous lui donnez un fichier numérique et quelques minutes plus tard, vous avez un livre papier de bonne facture avec une couverture en couleur. Quant aux sociétés d&#8217;impressions à la demande comme <a href="https://www.lulu.com">Lulu</a> ou <a href="http://fr.blurb.com/">Blurb</a>, elles fournissent des couvertures cartonnées et des albums photo.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/expressobookmachine.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/expressobookmachine.png" alt="expressobookmachine" title="expressobookmachine" width="540" height="359" class="alignright size-full wp-image-15462" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/politicsandprose/6256426676/">l&#8217;Expresso Book Machine dans une bibliothèque américaine</a>.</i></p>
<p>Pour Thompson, il y a un parallèle entre l&#8217;impression de documents qui avait cru spectaculairement au bureau et le nouveau phénomène d&#8217;impression à la demande, parallèle que la fondatrice de Blurb appelle le &#8220;l&#8217;édition sociale&#8221;. Livres &#8211; photos souvenirs de week-end en camping ou de séminaires professionnels qui peuvent être distribués aux participants, manuels techniques pour logiciels de niche, mémoires ou livres de poésie &#8211; ces objets sont souvent imprimé à la pièce.</p>
<p>Les livres imprimés à la demande peuvent aussi devenir plastiques &#8211; êtres modifiés pour s&#8217;adapter à chacun de leur lecteur. Pour son livre autopublié, un ancien employé de Microsoft qui fait aujourd&#8217;hui du conseil, écrit une préface différente pour chacun de ses clients. La bibliothèque de l&#8217;université d&#8217;Alberta a reçu l&#8217;ancienne première ministre canadienne Kim Campbell. Son livre étant épuisé, la bibliothèque a utilisé sa machine Expresso pour en imprimer quelques copies &#8211; avec une nouvelle couverture et deux chapitres que Campbell avait écrits pour l&#8217;occasion.</p>
<p>Voilà qui devient un marché gigantesque doté d&#8217;une très longue traîne (en référence à la <a href="http://www.internetactu.net/2005/04/12/la-longue-traine/">&#8220;longue traîne&#8221;</a> d&#8217;Anderson). Dans l&#8217;édition imprimée traditionnelle, le nombre de nouveaux titres a augmenté de 5% entre 2009 et 2010, pour atteindre 316 000 titres différents. Quant à l&#8217;impression à la demande et l&#8217;auto-édition, elles ont augmenté de 169% dans la même période, pour atteindre 2,8 millions d&#8217;exemplaires uniques. Certes, peu de ces titres ont été imprimés à plus de quelques exemplaires ; l&#8217;impression à la demande est encore une petite fraction de la production totale de livres. Mais la tendance est évidente. Les gros éditeurs faisant de vrais livres vont continuer à migrer vers Kindle et consorts pendant que les acteurs plus petits utiliseront l&#8217;impression à la demande pour des formats qui privilégient l&#8217;aspect physique, comme les livres souvenirs, les beaux livres, les livres customisés, les éditions limitées de romans. Cette tendance augmente de 15 à 20 % par an et dans le même temps, certains observatoires prévoient qu&#8217;une imprimante personnelle moyenne pourra bientôt fabriquer un livre de poche. Pour un bibliothécaire de l&#8217;université d&#8217;Utah, ce type d&#8217;imprimante sera sur tous les bureaux et seront les &#8220;photocopieurs du futur&#8221;.</p>
<p>Est-ce que sera pour le bien des lecteurs ? se demande Clive Thompson. Oui et non. Comme pour les blogs, beaucoup de ces livres <i>DIY</i> seront horribles et chéris par leur seul auteur. Mais l&#8217;écosystème encourage de nouvelles voix à faire des choses impossibles à prévoir, ce qui est toujours bien. Ne vous inquiétez donc pas de l&#8217;avenir du livre imprimé, conclut Thompson.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-2012-la-fin-du-minitel-2011-12-31">L’émission du 31 décembre 2011</a> était consacrée à la fin du Minitel, qui devrait s&#8217;éteindre en juin 2012, en compagnie de Pour faire cette histoire du Minitel, <a href="http://www.benjaminthierry.fr/">Benjamin Thierry</a>+, professeur à l’IUFM de l’Académie de Paris, membre du Centre de recherche en histoire de l’innovation de l&#8217;Université Paris-Sorbonne, et qui termine sa thèse de doctorat sur la &#8220;naissance de l’idée d’utilisateur en informatique et en télécommunications en France (1950-1990)&#8221;.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fabrication-personnelle/" title="fabrication personnelle" rel="tag nofollow">fabrication personnelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lecture/" title="lecture" rel="tag nofollow">lecture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/objets/" title="objets" rel="tag nofollow">objets</a><br />
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		<title>La vie artificielle, 20 ans après (4/4) : quelles perspectives ?</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Dec 2011 05:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour conclure ce dossier sur la vie artificielle, j&#8217;ai interrogé Hugues Bersini, professeur à l&#8217;université libre de Bruxelles et codirecteur du Laboratoire Iridia (Institut de recherches interdisciplinaires et de développements en Intelligence artificielle). Hugues Bersini est  l&#8217;un des coorganisateurs d&#8217;ECAL 2011 mais aussi l&#8217;un des trois initiateurs des conférences ECAL, en compagnie de Paul Bourgine et Francesco Varela, il y&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour conclure ce dossier sur la vie artificielle, j&#8217;ai interrogé <a href="http://iridia.ulb.ac.be/~bersini/">Hugues Bersini</a>, professeur à l&#8217;université libre de Bruxelles et codirecteur du <a href="http://code.ulb.ac.be/iridia.home.php">Laboratoire Iridia</a> (Institut de recherches interdisciplinaires et de développements en Intelligence artificielle). Hugues Bersini est  l&#8217;un des coorganisateurs d&#8217;ECAL 2011 mais aussi l&#8217;un des <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/">trois initiateurs des conférences ECAL, en compagnie de Paul Bourgine et Francesco Varela, il y a 20 ans&#8230;</a></p>
<p><strong>InternetActu.net : Quelle est l&#8217;actualité de la vie artificielle aujourd&#8217;hui, au sens où l&#8217;entendaient des gens comme<a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/"> Langton ou Ray ? </a></strong></p>
<p><strong>Hugues Bersini :</strong> Je pense que le projet originel de la vie artificielle reste toujours celui de transposer les mécanismes fonctionnels inhérents au vivant que nous connaissons, dans des substrats qui ne soient plus biochimiques. Les raisons pour cela sont multiples. Mieux cerner la complexité du vivant, comprendre les ressorts fondamentaux de cette complexité, s’en inspirer pour la conception d’artefacts capables d’une meilleure maîtrise des processus complexes qui nous entourent&#8230; Lorsque Langton souhaitait générer du vivant tel qu’il pourrait être, je devine que sa motivation première était d’extraire et de reproduire de manière logicielle ou robotisée les processus fonctionnels essentiels au vivant : métabolisme, compartimentalisation, existence d’une matrice informationnelle codant la machinerie nécessaire à ces fonctions, autoreproduction et évolution de ce codage. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/12/Bersini.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/12/Bersini.jpg" alt="Bersini" title="Bersini" width="540" /></a><br />
<i>Image : Hugues Bersini.</i></p>
<p><strong>InternetActu.net : Si ces techniques un peu &#8220;formelles&#8221; ne marchent pas, ne risque-ton pas de rencontrer l&#8217;autre problème, celui de la gestion des &#8220;big data&#8221; avec la difficulté de prévoir un système complexe même si on connait tous les éléments qui le constituent ? </strong></p>
<p><strong>Hugues Bersini :</strong> Une définition possible de la complexité est, en effet, l’existence de multiples niveaux d’observation selon le degré de grossissement du microscope utilisé par l’observateur. Des phénomènes apparemment nouveaux dits &#8220;émergents&#8221; apparaissent à chacun de ces niveaux. Tout un débat philosophique est en cours sur ce mystérieux concept d’émergence qui autoriserait l’existence de multiples niveaux ontologiquement neutres par rapport aux mécanismes sous-jacents qui &#8220;sembleraient&#8221; les faire exister. Je m’oppose rigoureusement à cette vision &#8211; j’ai écrit une réfutation du caractère mystique de l’émergence intitulée <a href="http://www.amazon.fr/Quest-ce-que-l%C3%A9mergence-Hugues-Bersini/dp/2729834427/internetnnet-21"><i>Qu’est-ce-que l’émergence</i> aux éditions Ellipse</a>. J’accepte bien évidemment que la connaissance des parties prises indépendamment ne suffise pas à la compréhension des phénomènes qui résultent de leurs interactions, qu’il est nécessaire de simuler leur interaction, d’où le rôle essentiel joué ici par la simulation (les mathématiques du non linéaire sont à la traîne, pour ne pas parler de la prise en compte de l’espace et de la matérialité). J’accepte aussi que la non-linéarité de ces interactions, leur caractère spatio-temporel rend l’élucidation des phénomènes globalisants assez délicate. Mais je pense que toute démarche scientifique a, pour partie, l’obligation de lever le voile sur les microphénomènes qui donnent naissance à ces observations de plus haut niveau. Prétendre que ces macrophénomènes ont une existence ontologiquement autonome revient à dénier à la science la faculté de les recouvrir et d’en expliquer le fonctionnement. C’est un constat d’échec, un aveu d’impuissance dont la science n’a que faire. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Voyez-vous bientôt venir des applications concrètes des recherches en vie artificielle ? Quels seront les champs d&#8217;application concernés : la biologie ? La robotique? La sociologie ? &#8230; D&#8217;autres domaines ? </p>
<p>Hugues Bersini :</strong> Si l’on entend la vie artificielle comme une branche de la biologie théorique dont la particularité est l’utilisation massive de simulations informatiques, bien évidemment, c’est cette discipline scientifique qui en a le plus à attendre. La biologie souffre d’une imprécision fondamentale de ses modèles, qui, pour l’essentiel, reposent sur des liens de causalité exprimés presque uniquement en langage courant. Or, justement, la simulation informatique permet de transposer ces causalités qualitatives dans une écriture formelle, et qui de plus, cerise informatique sur le gâteau, en permet l’exécution dans le temps. Cette écriture logicielle exige des biologistes une réflexion approfondie et une désambigüation de leur niveau de compréhension actuel. Ils peuvent aussi tester et éventuellement rectifier ou ajuster les dépendances identifiées en découvrant leur effet sur une plus grande échelle spatiale et temporelle. </p>
<p>Du côté de l’ingénierie, bien évidemment, c’est la force brute de l’ordinateur qui est encore et toujours mise en lumière. Un logiciel peut, par les itérations multiples et rapides de mécanismes simples, aboutir à des solutions sophistiquées face à des situations complexes et dont la maîtrise échappe jusqu’à présent à l’humain. Ainsi, les algorithmes génétiques trouvent de manière élémentaire des solutions quasi optimales pour des problèmes d’optimisation dont la résolution souffre en théorie de l’explosion combinatoire des solutions. Les robots, seuls ou en groupes, peuvent nous surprendre en : 1) les dotant d’apprentissage, 2) les installant dans un environnement complexe et non structuré, 3) les faisant travailler en groupe ou en essaim à l’exécution de plusieurs tâches dont chacune échappe aux robots pris isolément. Les logiciels inspirés de la biologie sont programmés de manière simple, mais lorsqu’ils s’exécutent, ils peuvent spontanément explorer un espace infini de solutions possibles, une exploration totalement impossible même pour le plus brillant de nos ingénieurs. </p>
<p><strong>InternetActu.net : J&#8217;ai été surpris en lisant les actes du colloque, de voir qu&#8217;une autorité comme <a href="http://www.lesinfluences.fr/Kauffman-Stuart.html">Stuart Kauffman</a> semble prêcher pour certains aspects quantiques de la conscience. Je croyais de genre de théories rejetées par la communauté scientifique en général. Se pourrait-il qu&#8217;il y ait vraiment un &#8220;facteur manquant&#8221;, d&#8217;origine quantique, expliquant notre difficulté à comprendre certains mécanismes de la complexité ? </p>
<p>Hugues Bersini :</strong> Stuart Kauffman est un cas très à part dans notre communauté. Bien qu’ayant influencé de manière déterminante le champ de la vie artificielle et des sciences de la complexité en général, il est devenu une espèce d’électron libre, qui peut tout se permettre et que son excellente réputation, légitimement forgée, met à l’abri de toute moquerie. Pour ma part, je ne vois pas du tout, à l’heure d’aujourd’hui, la nécessité de recourir à la mécanique quantique et aux sciences de l&#8217;infiniment petit pour enrichir le domaine épistémologique, déjà bien vaste, de la vie artificielle et de la biologie théorique. Il n’est pas le premier à penser que la mécanique quantique constitue le chaînon manquant, soit de la complexité, soit du caractère subjectif de  la conscience, soit du vivant ou d’autres mystères encore. Il est un jeu bien connu des sciences que j’aime à appeler &#8220;l’assimilation des mystères&#8221;. La conscience est mystérieuse, la mécanique quantique l’est donc&#8230; CQFD , la mécanique quantique doit jouer un rôle clef pour expliquer ce qui nous échappe dans la conscience. Bien d’autres l’ont précédé sur cette voie sans issue, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Carew_Eccles">Eccles</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Penrose">Penrose</a>… Et ils n’ont jamais eu le moindre impact décisif ni sur l’intelligence ni sur la vie artificielle.</p>
<p><i>Propos recueillis par Rémi Sussan.</i></p>
<p><strong>Le dossier &#8220;La vie artificielle, 20 ans après&#8221;</strong></p>
<ul>
<li>1e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/">entre la machine et le vivant</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/27/la-vie-artificielle-20-ans-apres-24-comprendre-le-langage-pour-comprendre-la-culture/">comprendre le langage pour comprendre la culture</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/10/18/la-vie-artificielle-20-ans-apres-34-quand-lembryogenese-des-machines-remodele-la-fabrication-personnelle/">quand l&#8217;embryogénèse des machines remodèle la fabrication personnelle</a></li>
<li>4e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/12/06/la-vie-artificielle-20-ans-apres-44-quelles-perspectives/">quelles perspectives ?</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/biotechnologies/" title="biotechnologies" rel="tag nofollow">biotechnologies</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-artificielle/" title="intelligence artificielle" rel="tag nofollow">intelligence artificielle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/nbic/" title="NBIC" rel="tag nofollow">NBIC</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-artificielle/" title="vie artificielle" rel="tag nofollow">vie artificielle</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>La nouvelle science des amateurs</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 08:52:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La science est-elle le dernier bastion de la recherche individuelle ou devient-elle aussi l&#8217;enjeu des nouvelles technologies de la communication ? Doit-elle s&#8217;ouvrir aux perspectives de l&#8217;intelligence collective et adopter à son tour le &#8220;web 2.0&#8243; ? C&#8217;était un peu l&#8217;enjeu des questions posées mercredi 23 novembre à la faculté d&#8217;Orsay lors d&#8217;un séminaire du centre d&#8217;Alembert où sont intervenus&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La science est-elle le dernier bastion de la recherche individuelle ou devient-elle aussi l&#8217;enjeu des nouvelles technologies de la communication ? Doit-elle s&#8217;ouvrir aux perspectives de l&#8217;intelligence collective et adopter à son tour le &#8220;web 2.0&#8243; ? C&#8217;était un peu l&#8217;enjeu des questions posées mercredi 23 novembre à la faculté d&#8217;Orsay lors d&#8217;un <a href="http://www.centre-dalembert.u-psud.fr/#S3">séminaire du centre d&#8217;Alembert</a> où sont intervenus <a href="http://www.necker.fr/tamara/pages/francois.html">François Taddei</a> (<a href="http://www.twitter.com/#!/FrancoisTaddei">@FrancoisTaddei</a>) chercheur à l&#8217;Inserm, directeur du <a href="http://www.cri-paris.org/en/cri/">Centre pour la recherche et l&#8217;interdisciplinarité</a> et responsable de l&#8217;initiative Universités X.0, et Thomas Landrain (<a href="http://twitter.com/#!/t_landrain">@t_landrain</a>), doctorant à l&#8217;<a href="http://www.issb.genopole.fr/">Institut en biologie synthétique</a> et cofondateur du biohackerspace de <a href="http://www.lapaillasse.org/">la Paillasse</a>.</p>
<h3>Les nouveaux défis de l&#8217;éducation à l&#8217;heure des nouveaux défis de la science</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/cell-phone-microscope-300x212.jpg" alt="cell-phone-microscope" title="cell-phone-microscope" width="300" height="212" align="left" hspace="6" vspace="6" />Comment passer du questionnement individuel à l&#8217;exploration collective ? Beaucoup s&#8217;inquiètent aujourd&#8217;hui des mutations de l&#8217;enseignement supérieur. Tandis que le nombre d&#8217;étudiants augmente, les contenus des cours doivent voir leur qualité s&#8217;améliorer dans des limites budgétaires de plus en plus strictes, rappelle François Taddei. Là-dessus, les jeunes sont de moins en moins nombreux à vouloir poursuivre leur cursus dans les sciences. <i>&#8220;Nous devons être en mesure de développer de nouvelles compétences, savoir coopérer, nous montrer créatifs, critiques, et ce, de manière constructive, car si en France nous sommes doués pour la critique, celle-ci se révèle beaucoup plus rarement constructive&#8221;</i>, a souligné Taddei. Un tel changement de paradigme est rendu en partie possible par les nouvelles technologies. Un simple téléphone portable intègre aujourd&#8217;hui davantage de puissance de calcul que la Nasa n&#8217;en possédait quand elle a envoyé l&#8217;homme sur la lune. Or aujourd&#8217;hui, rien n&#8217;est plus facile que de transformer un téléphone en microscope en lui incorporant des lentilles, voir d&#8217;en faire un labo portatif. Toute la question est de savoir quels changements de telles technologies apportent-ils à la pratique de la science ? </p>
<p>Tout n&#8217;est pas uniquement question d&#8217;ordinateurs. La connaissance aussi s&#8217;accroit dans de folles proportions . Depuis les années 1700, le nombre de journaux scientifiques s&#8217;est accru de manière exponentielle. Ce qui nous éloigne de l&#8217;idéal du génie solitaire capable d&#8217;embrasser l&#8217;ensemble des connaissances de son époque.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui nul ne peut connaître &#8220;toute&#8221; la physique. De manière générale, personne ne maîtrise tous les aspects d&#8217;un domaine : la seule solution consiste à s&#8217;inscrire dans divers réseaux réunissant différents experts.</p>
<p>Il faut aussi compter avec des &#8220;robots scientifiques&#8221;, capables d&#8217;analyser les données, de planifier l&#8217;expérience suivante. Mais forme-t-on les doctorants à s&#8217;adapter aux machines ?</p>
<h3>Du jeu d&#8217;échecs à la recherche scientifique</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/9780970481306.jpg" alt="9780970481306" title="9780970481306" width="177" height="279" align="right" hspace="6" vspace="6" />Taddei s&#8217;est longuement penché sur le jeu d&#8217;échecs en tant que métaphore du futur. Dans sa jeunesse, les joueurs battaient relativement facilement les ordinateurs. C&#8217;était avant que Deep Blue ne l&#8217;emporte sur Kasparov en 1996. Cette année-là, <i>The Economist</i> titrait &#8220;Si votre métier ressemble à un jeu d&#8217;échecs, changez de métier&#8221;.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui l&#8217;existence de robots généticiens implique-t-il la condamnation du travail scientifique ? Pas vraiment. Ainsi, après sa défaite devant Deep Blue Kasparov a conduit diverses expériences montrant comment nous pouvions interagir avec les machines. <a href="http://www.internetactu.net/2010/04/06/pdlt-quel-sorte-de-cyborg-voulez-vous-etre/">La première a déjà été abordée par Xavier de la Porte dans les colonnes d&#8217;InternetActu</a>. Pour résumer, elle a établi que le jeu d&#8217;échecs garantissait la victoire à la meilleure paire homme-machine, pas au meilleur joueur ou à la meilleure machine. Taddei a mentionné une autre expérience très intéressante, car mettant en scène l&#8217;intelligence collective et exposant simultanément ses limites et sa puissance. Il s&#8217;agit de la compétition <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kasparov_versus_the_World">&#8220;Kasparov contre le reste du monde&#8221;</a>. Derrière cette appellation plutôt comique (voire comics tant ce titre évoque une BD de chez Marvel) se cache une expérience fascinante. Lors d&#8217;un match contre &#8220;le reste du monde&#8221;, un maître d&#8217;échecs lutte contre une communauté de joueurs dispersés sur toute la planète. Pour jouer, la communauté doit voter pour meilleur coup proposé. </p>
<p>Kasparov n&#8217;était pas le premier à lancer dans ce genre de tentatives. Karpov l&#8217;avait précédé, et avait sans difficulté écrasé son adversaire multicéphale. La plupart des coups votés étaient inférieurs à son niveau, et un petit pourcentage de propositions de coups n&#8217;était pas jouable.<br />
Mais quelques années plus tard, Kasparov dut faire face à l&#8217;une des plus difficiles parties de sa vie. Qu&#8217;est-ce qui avait changé entre temps ?<br />
Un petit point de règle essentiellement. Dans le combat contre Karpov, le &#8220;reste du monde&#8221; ne disposait en tout et pour tout que de 10 minutes pour voter. Contre Kasparov, il lui fut accordé 24 heures, ce qui laissait aux joueurs le temps de s&#8217;organiser. Parmi eux, une jeune championne de 15 ans qui avait mis au point une architecture logicielle permettant de comparer et coordonner les propositions de coups des différents participants. Du 9e au 51e coup, ses conseils furent suivis par la communauté et Kasparov se sentit gravement menacé. Au 52e coup, &#8220;le reste du monde&#8221; négligea la suggestion de la demoiselle, et cette erreur permit à Kasparov de reprendre l&#8217;avantage. </p>
<p>Cette histoire montre le passage entre la bêtise collective et l&#8217;intelligence collective, coordonnée, organisée sans pour autant impliquer d&#8217;autorité centralisatrice, explique Taddei. </p>
<p>Ce pouvoir de l&#8217;intelligence collective, Taddei l&#8217;a découvert lors de ses recherches en biologie moléculaire, alors qu&#8217;il étudiait l&#8217;évolution des bactéries et leur croissante résistance aux antibiotiques. </p>
<p>Les micro-organismes se sont montrés capables non seulement d&#8217;évoluer pour survivre à leur adversaire, mais de trouver de nouveaux moyens d&#8217;évoluer pour parer les attaques futures. Comment ont-elles réalisé une telle performance ? Simplement en échangeant des informations. De fait, le monde bactérien constitue un gigantesque réseau biologique de taille mondiale. Et cet échange, précise Taddei, s&#8217;effectue sans ministère centralisé !</p>
<p>Taddei a cité de nombreux exemples de &#8220;science 2.0&#8243;, comme cette collaboration entre des membres de Patient Like Me et des chercheurs, qui contribue à invalider une hypothèse scientifique. De toutes les manifestations de cette &#8220;science 2.0&#8243; (au rang desquels on retrouvera <a href="http://www.internetactu.net/2010/08/31/le-succes-de-foldit-jouer-pour-la-science/">Foldit</a>), le cas le plus spectaculaire reste sans doute celui des plus jeunes auteurs d&#8217;une <a href="http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/7/2/168">publication scientifique</a> âgés de 8 ans à 10 ans. Il s’agit des élèves de l&#8217;école primaire de Blackawton qui ont travaillé, sous l&#8217;égide de leur professeur, sur la reconnaissance des modèles par les abeilles. Les enfants, en menant leurs propres observations et expériences, ont découvert que les abeilles utilisaient une combinaison de couleurs et de relations spatiales pour décider quelle fleur butiner. Au-delà de l’intérêt réel de leur étude, le point le plus notable est peut-être, a affirmé Taddei, la conclusion de leur article, comme quoi &#8220;la science peut être cool et fun&#8221;. </p>
<p>François Taddei a terminé son intervention en présentant une compétition étudiante pour créer les meilleurs jeux scientifiques dans la tradition de Foldit. </p>
<p>La nouvelle attitude scientifique, exploratoire, fun, procédant souvent un peu à l&#8217;aveuglette, Taddei la nomme la &#8220;science de nuit&#8221;, en reprenant une expression du célèbre biologiste François Jacob. Si la science de jour est celle des publications, des cours en amphi, la science de nuit, tâtonnante, ludique, est un domaine auquel peuvent participer l&#8217;ensemble des citoyens, y compris les plus jeunes. </p>
<h3>DIYBio exploratoire et constructive</h3>
<p>Thomas Landrain est venu présenter son nouveau hackerspace, <a href="http://www.lapaillasse.org/">la Paillasse</a>, premier du genre en France. A ses yeux, il existe deux grandes raisons de se livrer à la &#8220;Do It Yourself Biology&#8221; : on peut le faire pour des raisons idéologiques (en établissant en biologie un équivalent du libre en informatique), ou simplement en tant qu&#8217;amateur, pour se former et pour le plaisir. Sa conférence a surtout concerné les amateurs, pour qui le domaine de la science a toujours été un terrain de jeu. Il existe déjà bien des hobbyistes en chimie, en astronomie, en conception de fusées. Une illustration particulièrement impressionnante dans ce domaine est celui de cette <a href="http://www.weeklystandard.com/blogs/diy-saturn-v">recréation d&#8217;un modèle à l&#8217;échelle du dixième de la fusée Saturne 5</a> (qui a servi à envoyer l&#8217;homme sur la lune), et qui fut achevée et lancée en 2009.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui la communauté DIYbio s’étend sur toute la planète. Elle est présente dans la plupart des pays développés, bien sûr, mais fait notable, on la trouve également dans les pays en voie de développement, où elle peut jouer un rôle tout à fait important. Un exemple en est un hackerspace du Nicaragua qui a mis au point un procédé de distribution de médicaments par inhalation. Certains produits sont en effet absorbés sous forme de vapeur et nécessitent un système de masque assez complexe. Les hackers du Nicaragua ont pu mettre au point une machine équivalente à bas prix en utilisant des petites pompes à vélo. </p>
<p>Thomas Landrain a divisé les activités de la DIYbio en deux grandes catégories : la biologie exploratoire et la biologie constructive. </p>
<p>La première consiste à découvrir notre environnement et notre corps. Un exemple en est le projet  <a href="http://bioweathermap.org/">BioWeatherMap&#8221;</a>, qui consiste à cartographier, au fil des saisons, les organismes peuplant certains microsystèmes d&#8217;une ville, comme observer la présence de bactéries sur un unique pylône.  </p>
<p>Une autre direction prise par la biologie exploratoire est la génomique personnelle, l’étude de nos propres constitutions physiologiques ou génétiques. A noter que <a href="http://thepersonalgenome.com/about/">Jason Bobe</a> le créateur du mouvement DIYBiology (qui a donné il y a une quinzaine de jours une <a href="http://www.gaite-lyrique.net/les-conferences/evenement/do-it-yourself-biology">conférence</a> au théâtre de la Gaité Lyrique, sous la houlette de La Paillasse) est également l&#8217;un des acteurs principaux du projet &#8220;Personal Genome&#8221;, <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/29/la-genomique-personnelle-a-ses-stars/">déjà présenté dans nos colonnes</a>. </p>
<p>Car la génomique personnelle ne se limite pas à <a href="https://www.23andme.com/">23andMe</a> et consorts. Il faut parfois mettre la main à la pâte. Certaines informations ne sont pas disponibles sur 23andMe, a expliqué Thomas Landrain. Et de citer d&#8217;une jeune femme qui soupçonnait chez elle la présence d&#8217;une maladie génétique l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9mochromatose_g%C3%A9n%C3%A9tique">hémochromatose</a>, dont son père était atteint. Le test médical coûtant trop cher, elle a décidé de créer le sien propre. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/Bioweathermap3-300x187.png" alt="Bioweathermap3-300x187" title="Bioweathermap3-300x187" width="300" height="187" align="left" hspace="6" vspace="6" />A côté de la biologie exploratoire, on trouve la &#8220;biologie constructive&#8221;. Cette activité consiste essentiellement à fabriquer à bas prix des outils généralement réservés aux laboratoires haut de gamme de biotechnologie. <a href="http://www.internetactu.net/2010/09/15/quelques-conseils-pour-se-lancer-dans-la-biotechnologie-de-garage/">Nous avons déjà parlé d&#8217;openPCR, de LavaAmp ou de l&#8217;Opengelbox</a>. Thomas Landrain a également évoqué la <a href="http://www.thingiverse.com/thing:1483">&#8220;Dremelfuge&#8221;</a> une centrifugeuse basée sur une simple perceuse.</p>
<p>Mais avant tout, et sur ce point, Thomas Landrain rejoint les préoccupations de François Taddei : la DIYbio est une &#8220;science de nuit&#8221;, qui permet à des amateurs de contribuer à la recherche. De fait, cette année, pour la première fois, un biohackerspace, <a href="http://genspace.org/">GenSpace</a>, comportant parmi ses participants des élèves de collèges et lycée, a pu participer à la fameuse compétition de biologie synthétique <a href="http://igem.org/Main_Page">IGEM</a>, réservée en général&#8230; aux universités. </p>
<p>Certes, tout cela n’est pas sans susciter des inquiétudes, d&#8217;où la nécessité de mettre au point un code éthique pour ces laboratoires d&#8217;un nouveau style. Plusieurs réunions du mouvement DIYbio ont ainsi établi des règles de bonne conduite, une série de principes fondamentaux sur lesquels baser leur activité. Au premier plan, la transparence, qui implique que toutes les activités dans ce domaine doivent être intégralement publiées et documentées. Des aspects tout aussi importants sont, entre autres, la mission éducative et l&#8217;accès ouvert à tous, sans oublier, bien évidemment, l&#8217;exigence de ne se livrer qu&#8217;à des opérations sans danger. </p>
<p>Mais la réflexion éthique ne devrait sans doute pas rester l&#8217;apanage des biohackers, et l’État devrait à son tour s&#8217;interroger sur la moralité de certaines de ses lois. Comment expliquer, a rappelé Landrain, qu&#8217;aujourd&#8217;hui en France, demander un test à 23andMe pourrait (théoriquement) coûter un an de prison et 15 000 euros d&#8217;amende ? Une loi qui partait certes au début d&#8217;une bonne intention mais qui demanderait aujourd&#8217;hui à être révisée : en effet l&#8217;article <a href="http://ledroitcriminel.free.fr/la_legislation_criminelle/code_penal/partie_legislative_2.htm">226-25</a> du code pénal ne fait pas la différence entre les test génétiques effectués pour soi même ou sur un autre.</p>
<h3> Naissance dun biohacklab français</h3>
<p>En marge du séminaire, j&#8217;ai pu poser quelques questions à Thomas Landrain : </p>
<p><strong>InternetActu.net : Comment vous est venu le désir de créer la Paillasse ? Auparavant, étiez-vous déjà en contact avec les groupes américains travaillant sur la DIYBio ?</strong></p>
<p><strong>Thomas Landrain :</strong> Ayant la chance de pouvoir m&#8217;épanouir tous les jours au sein d&#8217;un laboratoire de recherche, j&#8217;ai d&#8217;abord voulu offrir la possibilité à chacun de vivre cette même expérience. Nous nous sommes d&#8217;abord inspirés de la communauté DIYbio née aux USA et en s&#8217;appuyant sur la communauté des FabLab et Hackerspace Français, tout particulièrement le <a href="http://www.tmplab.org/">/tmp/lab</a> et l&#8217;<a href="http://www.electrolab.fr/">Electrolab</a>, nous avons pu faire émerger le premier laboratoire ouvert français pour les biotechnologies, la Paillasse. Nous sommes ensuite rentrés naturellement en contact avec le reste de la communauté internationale, en particulier lors du processus de fabrication de notre code de pratique et d&#8217;éthique, objet essentiel afin d&#8217;assurer la pérennité de nos activités.</p>
<p><strong>InternetActu.net : Comment avez-vous trouvé le matériel nécessaire au travail biologique ?</strong></p>
<p><strong>Thomas Landrain :</strong> Principalement via des dons d&#8217;équipements obsolètes venant de laboratoires privés, publics ou particuliers. Nous avons bénéficié jusqu&#8217;à maintenant de l&#8217;aide matérielle du <a href="http://www.genopole.fr/">Genopole d&#8217;Evry</a> et de la Mairie de Paris. Notre existence et nos activités ne sont aujourd&#8217;hui possibles que grâce à ces apports extérieurs, nous ne les remercierons jamais assez.</p>
<p><strong>InternetActu.net : Donc vous n&#8217;avez pas utilisé les outils &#8220;DIY&#8221; comme <a href="http://openpcr.org/">openPCR</a>, n’êtes pas passé par Ebay, etc. ? Pensez-vous qu&#8217;il est vraiment possible aujourd’hui de se livrer au &#8220;biopunk&#8221; avec des outils &#8220;bricolés&#8221; ou &#8220;open&#8221; ?</p>
<p></strong><strong>Thomas Landrain :</strong> Nous n&#8217;avons pas eu besoin d&#8217;acheter une openPCR grâce aux dons de matériel, mais il s&#8217;agit là d&#8217;une exception. La plupart des projets développés au sein du DIYbio reposent sur la capacité de leurs créateurs à pouvoir recréer et détourner l&#8217;équipement leur étant nécessaire. Nous sommes à peine capables d&#8217;imaginer à quoi ressembleront les biotechnologies de demain, en prenant Steve Jobs comme référence, il n&#8217;est pas improbable que des amateurs puissent à nouveau transformer le paysage technologique de leur génération grâce des structures comme La Paillasse. Car au-delà de l&#8217;aspect ludique et pédagogique certain du DIYbio, nous voyons apparaitre des technologies prometteuses comme des détecteurs d&#8217;arsenic dans l&#8217;eau potable, des yaourts détectant des contaminations à la mélanine, de nouveaux moyens de visualisation et de compréhension de nos données génomique, de nouvelles capacités à comprendre notre environnement et le contrôler.</p>
<p><strong>InternetActu.net</strong> jusqu&#8217;où, selon vous, les adeptes de la DIYBio peuvent-ils aller ? Faire de la recherche fondamentale ? Mettre au point de nouveaux produits ou méthodes pour les pays émergents ?</p>
<p><strong>Thomas Landrain :</strong> Le DIYbio ne se destine pas à la recherche fondamentale par essence, mais cherche plutôt à manipuler et utiliser le savoir engrangé par l&#8217;humanité pour l&#8217;appliquer au développement d&#8217;outils et de technologies citoyennes. Des groupes équivalents à celui de La Paillasse commencent à naitre au sein de pays en voie de développement et donc pauvres. Leur existence est motivée par le développement de technologies biomédicales  open-source pouvant être facilement fabriquées et réparées. Ceci dans le but de faire ainsi baisser les couts de maintenance des structures médicales sur place et leur dépendance aux technologies occidentales souvent trop couteuses et dont les services après-ventes sont difficiles à maintenir. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Question inévitable sur la sécurité : vous ne souhaitez travailler, je crois, qu&#8217;avec des organismes inoffensifs. N&#8217;avez-vous pour autant rencontré des objections sur les risques que des groupes comme la Paillasse pourraient faire courir ? Que répondez-vous en général ?</strong></p>
<p><strong>Thomas Landrain :</strong> La pratique sécurisée de la biologie est un point majeur sur lequel la communauté repose, tous les laboratoires DIYbio sont classifiés Niveau 1 pour la biosécurité, l&#8217;équivalent d&#8217;une cuisine commune en fait, c&#8217;est-à-dire que tous les échantillons biologiques que nous manipulons sont entièrement inoffensifs pour l&#8217;Homme et son entourage. En pratique il s&#8217;agit d&#8217;observer et d&#8217;utiliser des échantillons venant de notre environnement immédiat (notre corps, le sol&#8230;). Rien de plus.</p>
<p><i>Propos recueillis par Rémi Sussan.</i></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/biotechnologies/" title="biotechnologies" rel="tag nofollow">biotechnologies</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fabrication-personnelle/" title="fabrication personnelle" rel="tag nofollow">fabrication personnelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/nbic/" title="NBIC" rel="tag nofollow">NBIC</a><br />
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		<title>Les interfaces gestuelles sortent des jeux</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/11/09/les-interfaces-gestuelles-sortent-des-jeux/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Nov 2011 12:46:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis la Wii et sa Wiimote commercialisée par Nintendo en 2006, puis la Kinect de Microsoft sortie en 2010 qui se dispense de tout contrôleur, nous avons appris à prendre le contrôle de consoles de jeux avec nos mains et nos corps. Demain, les interfaces gestuelles vont continuer à se répandre dans d&#8217;autres domaines que le jeu, estime Tom Simonite&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la Wii et sa Wiimote commercialisée par Nintendo en 2006, puis la Kinect de Microsoft sortie en 2010 qui se dispense de tout contrôleur, nous avons appris à prendre le contrôle de consoles de jeux avec nos mains et nos corps. Demain, les interfaces gestuelles vont continuer à se répandre dans d&#8217;autres domaines que le jeu, estime Tom Simonite pour la <a href="http://www.technologyreview.com/business/39008/?p1=BI"><i>Technology Review</i></a>. </p>
<p>Maizels Aviad, fondateur de <a href="http://www.primesense.com/">PrimeSense</a>, la compagnie israélienne qui fournit le matériel de détection de gestes du Kinect, travaille à développer la technologie pour le contrôle des interfaces du salon et notamment de la télévision. Jusqu&#8217;à présent, l&#8217;intégration d&#8217;ordinateurs dans la télé s&#8217;est avérée compliqué, du fait de la nécessité de disposer de commandes voire d&#8217;un clavier. PrimeSense a annoncé un partenariat avec Asus, le fabricant chinois d&#8217;ordinateurs, pour proposer un modèle de PC (baptisé <a href="http://event.asus.com/wavi/product/WAVI_Xtion.aspx">Wavi Xtion</a>) contrôlé par un dispositif similaire à la Kinect pour servir des contenus multimédias sur un téléviseur. </p>
<p>Simpkins Daniel, fondateur de <a href="http://www.hillcrestlabs.com/">Hillcrest Labs</a>, qui développe une technologie de détection de mouvements utilisée par LG et Logitech, a travaillé à un nouveau type de télécommande : <a href="http://www.lg.com/ie/tv-audio-video/tv-accessories/LG-AN-MR200.jsp">la LG Magic Motion</a>, qui enrichit l&#8217;interaction des boutons de la télécommande par des gestes. Car le problème pour contrôler la télévision demeure de savoir qui dirige le mouvement. Quelle personne le dispositif optique doit-il surveiller quand toute une famille est devant l&#8217;écran ? </p>
<p>L&#8217;entreprise belge <a href="http://www.softkinetic.com/">SoftKinetic</a> utilise la détection de mouvement associée à des caméras détectant la profondeur pour créer des publicités interactives de vitrines. Quant à la société israélienne <a href="http://www.eyesight-tech.com/">Eyesight</a>, elle développe des applications qui apportent la reconnaissance gestuelle aux smartphones et aux tablettes disposant de caméras de face (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=VLzHtsRgEBY&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>), permettant de refuser un appel non désiré d&#8217;un simple geste de la main. </p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/VLzHtsRgEBY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Aviad Maizels estime que ce type de technologies pourrait également trouver place dans nos voitures, pour traiter les appels téléphoniques entrants ou les dispositifs de divertissement. Mais l&#8217;essentiel des travaux se concentre pourtant sur les logiciels de détection des gestes, notamment pour les rendre plus précis, plus réactif et plus intuitif au langage du corps. </p>
<p>Les détournements des caméras de la Kinect sont devenus si nombreux, que des blogs dédiés sont nés pour les recenser, notamment sur <a href="http://www.kinecthacks.com/">Kinecthacks</a> ou <a href="http://kinect.dashhacks.com/">Kinect Dashhacks</a>. PrimeSense a d&#8217;ailleurs lancé en 2010 <a href="http://openni.org/">OpenNI</a>, un ensemble de drivers et de kit en open source pour permettre à la communauté des développeurs de détourner et d&#8217;inventer les usages de sa caméra et Microsoft un <a href="http://kinectforwindows.org/">kit de développement</a> pour utiliser sa Kinect sous Windows. </p>
<p>Parmi les détournements les plus spectaculaires ou intéressants, notons par exemple cette utilisation pour <a href="http://www.chrisoshea.org/lab/air-guitar-prototype">jouer de la guitare sans guitare</a> (<a href="http://vimeo.com/17669981">vidéo</a>), pour permettre à un robot de s&#8217;orienter et d&#8217;obéir aux gestes humains (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=dRPEns8MS2o">vidéo</a>), voir pour qu&#8217;il répète les gestes d&#8217;un humain (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=GdepIXZTJsw">vidéo</a>), <a href="http://cats.gatech.edu/content/copycat">pour interpréter le langage des signes</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=qFH5rSzmgFE">vidéo</a>), <a href="http://kinect.dashhacks.com/kinect-news/2011/10/23/kinect-holodesk">simuler une interface holographique</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=JHL5tJ9ja_w&#038;feature=player_embedded">video</a>) ou pour en faire des tables de réalité augmentée (<a href="http://vimeo.com/28142631">vidéo</a>)&#8230; pour le transformer en détecteur de présence et <a href="http://kinect.dashhacks.com/kinect-news/2011/09/19/kilight-automated-home-lighting-using-kinect-sdk-and-tellstick">l&#8217;utiliser pour automatiser l&#8217;éclairage chez soi</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=zlChtCHcKJw">vidéo</a>). Et bien sûr, pourquoi pas, de prendre le contrôle de son ordinateur (sous Windows of course) (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=M-wLOfjVfVc">vidéo</a>) voir même de la caméra de son PC depuis n&#8217;importe quel navigateur (<a href="http://vimeo.com/groups/fabric/videos/31496322">vidéo</a>)&#8230; </p>
<p>Parmi les hacks récents <a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&#038;v=M0dGN4aQ9JQ#!">cette vidéo</a> montre qu&#8217;il est possible d&#8217;utiliser le système pour détecter de micro-mouvements de la tête ou des lèvres, permettant d&#8217;envisager des interactions plus naturelles ou accessibles avec nos écrans d&#8217;ordinateurs placés face à nos visages notamment. Plusieurs expérimentations détournent également la Kinect pour en faire un scanneur 3D d&#8217;objets réels (<a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&#038;v=V7LthXRoESw#!">vidéo</a> et <a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&#038;v=l_AkO3_Xwe8#!">vidéo</a>). </p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/17669981?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="540" height="405" frameborder="0" webkitAllowFullScreen allowFullScreen></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/17669981">Air Guitar prototype with Kinect</a> from <a href="http://vimeo.com/chrisoshea">Chris O&#039;Shea</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/dRPEns8MS2o" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe width="540" height="396" src="http://www.youtube.com/embed/GdepIXZTJsw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/qFH5rSzmgFE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/JHL5tJ9ja_w" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/28142631?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="540" height="432" frameborder="0" webkitAllowFullScreen allowFullScreen></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/28142631">Augmented Urban Model</a> from <a href="http://vimeo.com/user3310573">Katja Knecht</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/zlChtCHcKJw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p> <iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/M-wLOfjVfVc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/31496322?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="540" height="361" frameborder="0" webkitAllowFullScreen allowFullScreen></iframe>
<p><a href="/31496322">Kinect and Fabric Engine</a> from <a href="/user6371427">Fabric Engine</a> on <a href="/">Vimeo</a>.</p>
<p><iframe width="540" height="396" src="http://www.youtube.com/embed/M0dGN4aQ9JQ" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/V7LthXRoESw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/l_AkO3_Xwe8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Des détournements si stimulants que Microsoft les a d&#8217;ailleurs intégré à sa campagne promotionnelle de la Kinect (<a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&#038;v=aLiPg1Wl6d8">vidéo</a>).</p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/aLiPg1Wl6d8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Des chercheurs de Microsoft et de l&#8217;université Carnegie Mellon ont récemment présenté un dispositif mobile <a href="http://chrisharrison.net/index.php/Research/OmniTouch">OmniTouch</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&#038;v=Pz17lbjOFn8">vidéo</a>), <a href="http://www.technologyreview.com/computing/38933/?ref=rss">rapporte encore la <i>Technology Review</i></a>, combinant un capteur Kinect et un picoprojecteur pour étendre a à peu près n&#8217;importe quoi les possibilités d&#8217;écrans interactifs : un mur comme la paume de sa main. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/kinectsurlepaule.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/kinectsurlepaule.png" alt="kinectsurlepaule" title="kinectsurlepaule" width="540" height="185" class="alignright size-full wp-image-15030" /></a><br />
<i>Image : le dispositif OmniTouch.</i></p>
<p>OmniTouch est un système qui se porte sur l&#8217;épaule, explique <a href="http://www.chrisharrison.net/">Chris Harrisson</a>, son co-inventeur, étudiant à l&#8217;<a href="http://www.hcii.cmu.edu/">Institut d&#8217;interaction homme-machine de l&#8217;université Carnegie Mellon</a>, qui surveille l&#8217;environnement de l&#8217;utilisateur pour optimiser les surfaces disponibles et optimiser l&#8217;angle ou l&#8217;orientation selon la position de la surface. Il surveille les mouvements des mains et des doigts qu&#8217;il sait reconnaitre et n&#8217;a plus besoin de marqueurs spécifiques, <a href="http://www.internetactu.net/2009/02/09/la-realite-augmentee-du-bout-des-doigts/">comme le proposait le projet 6e sens de Pranav Mistry</a>, qui travaille également depuis avec des caméras de ce type. Parmi les exemples d&#8217;applications que les chercheurs ont mis en place, la plus spectaculaire permet à un utilisateur d&#8217;annoter un document physique.</p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/Pz17lbjOFn8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Certes, la configuration montée sur l&#8217;épaule demeure encore assez irréaliste, admet <a href="http://research.microsoft.com/en-us/um/people/benko/">Hrvoje Benko</a> chercheur au <a href="http://research.microsoft.com/natural/">Groupe sur l&#8217;interaction naturelle de Microsoft Research</a>, mais l&#8217;équipe travaille désormais à réduire le dispositif pour qu&#8217;il tienne dans des lunettes ou un pendentif. En attendant, la force de l&#8217;application semble reposer sur sa précision : l&#8217;équipe a démontré qu&#8217;il était possible d&#8217;activer des boutons de 16 mm de taille, c&#8217;est-à-dire presque de la même taille que ceux d&#8217;un écran tactile classique. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag nofollow">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hacker/" title="hacker" rel="tag nofollow">hacker</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/open-innovation/" title="open innovation" rel="tag nofollow">open innovation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tangible/" title="tangible" rel="tag nofollow">tangible</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/wearable/" title="wearable" rel="tag nofollow">wearable</a><br />
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		<title>Les limites d&#8217;âge n&#8217;aident pas parents et enfants à comprendre les réseaux sociaux</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/11/04/les-limites-dage-naident-pas-parents-et-enfants-a-comprendre-les-reseaux-sociaux/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 05:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aux Etats-Unis, l&#8217;âge légal pour rejoindre les sites sociaux est de 13 ans, selon le Children Online Privacy Protection Act (Coppa) : une mesure destinée à aider les parents à protéger leurs enfants des risques des réseaux sociaux. Ce qui n&#8217;empêche pas beaucoup d&#8217;enfants de s&#8217;inscrire sur les sites sociaux avant l&#8217;âge légal, assez souvent avec l&#8217;accord explicite de leurs&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aux Etats-Unis, l&#8217;âge légal pour rejoindre les sites sociaux est de 13 ans, selon le <a href="http://business.ftc.gov/privacy-and-security/children%E2%80%99s-online-privacy">Children Online Privacy Protection Act (Coppa)</a> : une mesure destinée à aider les parents à protéger leurs enfants des risques des réseaux sociaux. Ce qui n&#8217;empêche pas beaucoup d&#8217;enfants de s&#8217;inscrire sur les sites sociaux avant l&#8217;âge légal, assez souvent avec l&#8217;accord explicite de leurs parents d&#8217;ailleurs. </p>
<p>Ce qui a donné l&#8217;idée à Eszter Hargittai, Jaso Schultz, John Palfrey et danah boyd de commettre une nouvelle étude : <a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/3850/3075">&#8220;Pourquoi les parents aident-ils leurs enfants à mentir à propos de leur âge sur Facebook, ou les conséquences inattendues de la Coppa&#8221;</a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/2011-11-01-1101facebook.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/2011-11-01-1101facebook.jpg" alt="2011-11-01-1101facebook" title="2011-11-01-1101facebook" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Les parents se retrouvent confrontés à un dilemme : doivent-ils conseiller à leurs enfants de respecter les conditions d&#8217;âge minimum, même si cela empêche ces derniers de rester en contact avec leur famille ou leurs amis, ou doivent-ils les aider à contourner les restrictions d&#8217;âge ? <a href="http://www.pewinternet.org/Reports/2010/Social-Media-and-Young-Adults.aspx">Selon plusieurs études du Pew Internet</a>, 38 % des Américains de 12 ans utilisent des sites sociaux. Selon <a href="http://www2.lse.ac.uk/media@lse/research/EUKidsOnline/Home.aspx">EuKidsOnline</a>, 38% des 9-12 ans utilisent des sites sociaux en Europe. Certes, Facebook et la plupart des services en ligne (Google, Twitter, etc.) tentent d&#8217;endiguer le flot d&#8217;enfants par le rappel de la loi et le bannissement régulier de milliers de comptes, sans y parvenir vraiment.  </p>
<p>Face à ce détournement massif, la question est de savoir si la Coppa aide à responsabiliser les parents et les enfants. Pour le savoir, danah boyd et ses collègues sont allés à la rencontre des parents, pour connaître les pratiques des ménages à l&#8217;égard des médias sociaux et des restrictions d&#8217;âge. Alors que l&#8217;âge minimum est de 13 ans, les enfants rejoignent Facebook en moyenne à 12 ans, rapportent les chercheurs. La moitié des parents d&#8217;enfants de 12 ans savent que leurs enfants y ont un compte. 76 % des parents ont même aidé leurs enfants de 12 ans à ouvrir un compte. Pire, 78 % des parents pensent qu&#8217;il est acceptable pour leurs enfants de violer les conditions de restriction d&#8217;âge des services en ligne. </p>
<p>Une situation qui montre que les sites sociaux ne devraient peut-être pas restreindre l&#8217;accès aux enfants sur leurs sites, mais pour cela il leur faudrait obtenir une autorisation parentale, qui s&#8217;avère trop complexe à mettre en place, tant et si bien qu&#8217;ils préfèrent se conformer bien facilement à la loi. En fait, <a href="http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2011/11/01/parents-survey-coppa.html">rappelle danah boyd</a>, la Coppa est antérieure à la montée des médias sociaux. <i>&#8220;Ceux qui ont imaginé la loi n&#8217;ont pas imaginé une société où l&#8217;échange de donnée serait un élément central de la participation&#8221;</i> à la société. La Coppa préserve les enfants de la collecte de données <i>&#8220;alors qu&#8217;il faudrait plutôt les préserver de la manière dont elles sont utilisées&#8221;</i>. Mieux, prévient la chercheuse : <i>&#8220;Si les enfants sont une population particulièrement vulnérable, ils ne sont pas la seule. La plupart des adultes font hélas peu de cas de la façon dont leurs données sont stockées, partagées ou vendues.&#8221;</i> </p>
<p><i>&#8220;Si la Coppa est une législation bien intentionnée, elle n&#8217;en a pas moins étouffée toute innovation à destination des plus jeunes&#8221;</i>, estime encore la chercheuse. En effet, en restreignant l&#8217;accès aux plus jeunes, on a plutôt eut tendance à déresponsabiliser les grandes sociétés de l&#8217;internet des effets de leurs collectes massives. Si les parents sont préoccupés par la confidentialité et la sécurité en ligne, beaucoup souhaitent que la législation et le gouvernement les aident, mais pas par des solutions simplistes consistant à limiter l&#8217;accès à leurs enfants. En réponse à une réponse simpliste, les parents ont en fait pris les choses en mains contournant les restrictions légales, quitte à violer la réglementation en vigueur. </p>
<p>Pourtant, rappellent les chercheurs, les parents souhaitent des conseils et des recommandations pour les aider à prendre des décisions éclairées. Dans leur majorité, ils veulent que leurs enfants apprennent à être des citoyens numériques responsables et leur permettre d&#8217;accéder aux services en ligne est bien souvent la première étape de cette responsabilisation. Majoritairement, les parents préféreraient mettre l&#8217;accent sur de meilleurs mécanismes pour qu&#8217;ils participent à l&#8217;éducation numérique de leurs enfants, plutôt que de devoir passer par des restrictions. </p>
<p>Et danah boyd et ses collègues d&#8217;appeler à repenser les objectifs qui sous-tendent la législation. <i>&#8220;Nos résultats remettent sérieusement en question l&#8217;efficacité de la Coppa&#8221;</i>, conclut l&#8217;étude. La règle de l&#8217;interdiction au moins de 13 ans semble incompatible avec le modèle du consentement parental et se retrouve même à l&#8217;antithèse de la façon dont les parents aident et accompagnent leurs enfants à naviguer en ligne. <i>&#8220;Au lieu de fournir plus d&#8217;outils pour aider les parents et leurs enfants faire des choix éclairés, les réponses de l&#8217;industrie et de la législation ont négligé les préférences des parents et ont totalement limité les possibilités pour l&#8217;accès sécurisé des enfants au monde numérique. En conséquence, beaucoup de parents permettent sciemment ou aident leurs enfants à contourner les restrictions d&#8217;âge. En créant cet environnement, la Coppa entrave par inadvertance la population même qu&#8217;elle cherche à aider et force parents et enfants à renoncer à la protection que la législation proposait d&#8217;instaurer.&#8221;</i></p>
<p>La Coppa <i>&#8220;n&#8217;est ni une solution aux préoccupations de sécurité et de confidentialité en ligne, ni une façon de responsabiliser les parents et les enfants&#8221;</i>. </p>
<p><i>&#8220;Les efforts législatifs pour augmenter l&#8217;âge minimum requis ou renforcer les processus de vérification d&#8217;âge vont compliquer le travail et augmenter les coûts pour que les entreprises de réseaux sociaux se mettent en conformité avec la loi, en les encourageant à se concentrer sur le refus d&#8217;accès plutôt que de fournir des protections sur l&#8217;utilisation des données ou favoriser la coopération avec les parents. Ce qui, là encore ne permet ni d&#8217;aider les jeunes ni d&#8217;aider leurs parents.&#8221;</i> En fait, estiment les chercheurs, tout cela n&#8217;aide pas la Coppa à atteindre ses objectifs : offrir aux parents des informations et des options supplémentaires. <i>&#8220;De nouvelles solutions doivent être élaborées permettant d&#8217;aider à limiter l&#8217;utilisation des données recueillies&#8221;</i>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2009/01/29/il-ny-a-pas-de-solution-imparable-pour-proteger-les-enfants-sur-linternet/">Comme le disait déjà la chercheuse dans sa thèse</a> : la tentation de l&#8217;hypercontrôle constitue une anti-éducation qui renforce le clivage entre les générations. Notre désir de contrôler la vie des adolescents empêche les parents de donner à leurs enfants les outils susceptibles de les aider à aborder leur transition vers le monde des adultes : <i>“Les restrictions et mesures de contrôle maximum infantilisent les adolescents, les rendant plus dépendants, voire haineux, des adultes et de leur monde“</i>. A croire que notre société peine à entendre <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/04/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons/">le point de vue des petits cons</a>.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a><br />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2011/11/04/les-limites-dage-naident-pas-parents-et-enfants-a-comprendre-les-reseaux-sociaux/feed/</wfw:commentRss>
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		<title>La vie artificielle, 20 ans après (3/4) : Quand l&#8217;embryogenèse des machines remodèle la fabrication personnelle</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/10/18/la-vie-artificielle-20-ans-apres-34-quand-lembryogenese-des-machines-remodele-la-fabrication-personnelle/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 05:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Robotique]]></category>
		<category><![CDATA[complexité]]></category>
		<category><![CDATA[fabrication personnelle]]></category>
		<category><![CDATA[NBIC]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme c&#8217;est le cas pour toutes les recherches sur les systèmes complexes, on est en droit de se demander si la vie artificielle poursuit d&#8217;autres objectifs que la réalisation de modèles élégants, voire fascinants, mais finalement bien incapables de nous aider dans le monde réel. Pourtant, dès ses débuts, la vie artificielle affichait des objectifs tout à fait pragmatiques. Cela fait longtemps que certains imaginent que les différentes recherches sur les automates autoreproducteurs, entamés dès les années 50 par Jon Von Neumann et poursuivies par Chris Langton, puissent un jour aider à produire des &#8220;usines autocréées&#8221; susceptibles, par exemple, d&#8217;être envoyées sur la lune ou d&#8217;autres planètes où elles pourraient générer leurs propres composants, se reproduire et exploiter la surface du sol extraterrestre, préparant peut-être un jour l&#8217;arrivée des humains&#8230;</p>
<p>Par exemple, le roboticien <a href="http://www.automatesintelligents.com/labo/2000/mar/brooks.html">Rodney Brooks</a> a eu l’idée de faire coloniser l&#8217;espace par des robots <a href="http://people.csail.mit.edu/brooks/papers/fast-cheap.pdf"><i>fast, cheap and out of control</i></a> (rapides, pas chers, et hors de contrôle) des meutes d&#8217;agents &#8220;machiniques&#8221;, disposant chacun d&#8217;une intelligence artificielle très réduite, mais qui collectivement devaient pouvoir effectuer des prouesses.</p>
<p>Depuis, nous avons souvent traité dans InternetActu, tant des <a href="http://www.internetactu.net/2007/09/19/robots-auto-reproducteurs/">robots autoréplicateurs</a> que <a href="http://www.internetactu.net/2006/12/07/les-swarmanoids/">des meutes de robots de type Swarmanoids</a>.</p>
<h3>Des machines qui évoluent</h3>
<p>Au colloque <a href="http://www.ecal11.org/">ECAL 2011</a>, <a href="http://pages.cs.brandeis.edu/~pollack/">Jordan Pollack</a> et <a href="http://jeffclune.com/">Jeff Clune</a>, ont chacun exposé leurs idées sur la fabrication automatique. </p>
<p>Pollack a raconté comment il a mis au point, avec son équipe de l&#8217;université Brandeis, trois générations de machines auto-assemblées.</p>
<p>Avec la première, il s&#8217;agissait de produire des systèmes stables à partir de &#8220;briques Lego&#8221;. La procédure n’était pas entièrement automatique ; on utilisait un système virtuel qui traçait des plans de la machine à construire. Puis, on assemblait celle-ci &#8220;à la main&#8221;. Le système logiciel s&#8217;appelait EvoCAD. Il est encore disponible sur la page du laboratoire <a href="http://www.demo.cs.brandeis.edu/">DEMO</a> que dirige Pollack et vous pouvez donc le <a href="http://www.demo.cs.brandeis.edu/pr/buildable/evocad/">tester en ligne</a> si vous le souhaitez. </p>
<p>Son principe est simple : vous disposez de briques Lego (virtuelles) que vous placez les unes sur les autres sur un espace bidimensionnel. Après cela, le système teste votre construction et cherche à l&#8217;optimiser pour la rendre la plus stable possible, en fonction de paramètres liés à la gravité, au poids, etc. Il ne reste plus ensuite qu&#8217;à assembler l&#8217;objet&#8230; manuellement. Reste que les objets mis au point par cette méthode se rapprocheraient plutôt de constructions industrielles classiques, de type grues ou ponts (<a href="http://www.demo.cs.brandeis.edu/pr/buildable/crane/cranesm.mpg">voir vidéo</a>).</p>
<p>La seconde génération était plus proche de ce qu&#8217;on appelle les robots proprement dits, et se déroulait également en deux phases, l&#8217;une virtuelle et l&#8217;autre réelle. Il s&#8217;agissait de construire des robots à l&#8217;aide, essentiellement, de tubes articulés et d&#8217;évaluer leur capacité de déplacement dans l&#8217;espace. On commençait par un système de vie artificielle qui testait et faisait évoluer les robots dans un univers 3D : on utilisait pour cela les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Algorithme_g%C3%A9n%C3%A9tique">algorithmes génétiques</a>, processus par lequel les meilleurs résultats d&#8217;un programme de génération (plus ou moins) aléatoire sont sélectionnés et remis en compétition jusqu&#8217;à ce que les gagnants atteignent une efficacité optimale. L&#8217;idée n&#8217;est pas neuve. Elle a déjà été explorée par l&#8217;artiste <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Sims">Karl Sims</a> dans les années 90 (<a href="http://www.youtube.com/embed/JBgG_VSP7f8">vidéo</a>). Lorsqu&#8217;une forme assez intéressante avait été obtenue, il était facile de construire le robot, puisque ses éléments de base étaient simples et connus. Vous pouvez voir <a href="http://demo.cs.brandeis.edu/golem/results.html">dans ces vidéos</a> le passage de ces robots du virtuel au réel. </p>
<p>Pour une troisième génération, l&#8217;équipe de Pollack ne s&#8217;est pas contentée d’utiliser des algorithmes génétiques afin de faire évoluer ses créatures, mais a également recouru à une autre technique propre à la vie artificielle : les &#8220;chaînes de Lindenmayer&#8221;, également nommés &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L-System">L-systems</a>&#8220;.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/gbot_serpent.gif" alt="gbot_serpent" title="gbot_serpent" width="240" height="180" class="alignnone size-full wp-image-14860" align="left" hspace="6" vspace="6"/>Tous les adeptes du graphisme 3D connaissent cet algorithme (c&#8217;est d&#8217;ailleurs l&#8217;une des premières applications pratiques de la vie artificielle). Chaque fois que vous voyez un arbre en image de synthèse, il y a de fortes chances qu&#8217;il ait été élaboré suivant cette méthode. Il s&#8217;agit de créer un système &#8220;fractal&#8221; dans lequel un élément se subdivise en petites copies de lui-même : par exemple, un arbre est constitué de branches, qui se subdivisent elles-mêmes en branches, etc. Pollack et son groupe espéraient combiner l&#8217;algorithmique génétique et les &#8220;L-systems&#8221; pour permettre la création de formes bien plus complexes que celles obtenues avec la génération précédente.</p>
<p>Pour Pollack, l&#8217;une des premières conclusions qu&#8217;on peut tirer sur la fabrication automatique est qu&#8217;il n&#8217;existe pas de réplicateur parfait, <i>&#8220;sauf dans Star Trek&#8221;</i>. Aucune des technologies actuelles d&#8217;auto-réplication ou d’évolution artificielle ne peut donner un résultat certain, déterministe : seulement une probabilité. Il ne faut donc pas chercher à rejeter le bruit lors de tels processus, mais au contraire, tenter de l&#8217;inclure, par exemple en introduisant de la redondance (plusieurs éléments d&#8217;un système effectuant le même travail, pour permettre à certains d&#8217;entre eux d&#8217;être en panne ou dysfonctionnel). Pollack appelle d&#8217;ailleurs de ses voeux une nouvelle &#8220;embryologie des machines&#8221; tenant compte justement du hasard et du désordre.</p>
<h3>Vie artificielle et impression 3D</h3>
<p>Une autre perspective intéressante a été explorée par Jeff Clune et <a href="http://web.mae.cornell.edu/lipson/">Hod Lipson</a>, et se révèle particulièrement prometteuse pour les adeptes du &#8220;Do It Yourself&#8221;. Avec l&#8217;apparition des imprimantes 3D personnelles, chacun va pouvoir devenir le créateur de ses objets. Mais que créer ? Tout le monde n&#8217;a pas les compétences esthétiques nécessaires à la conception. Pourquoi donc ne pas utiliser les techniques de vie artificielle, et singulièrement l&#8217;algorithmique génétique, pour générer des objets complexes ? C&#8217;est une voie qu&#8217;a exploré une équipe de Cornell, qui a ensuite lancé un site pour le grand public, <a href="http://endlessforms.com/">EndlessForms</a> (<a href="http://www.youtube.com/embed/tQ6msb7eEeA">vidéo</a>). </p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/tQ6msb7eEeA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Le principe d&#8217;EndlessForms est simple. On demande au système de créer une nouvelle forme. Celui-ci en suggère une dizaine, parmi lesquelles on choisit celle qu&#8217;on préfère. Puis, on demande au programme de faire évoluer celle-ci. Il en crée alors une dizaine de nouvelles variations, parmi lesquelles on sélectionne celle qu&#8217;on fera, à son tour, évoluer, etc.</p>
<p>Il est assez rare d&#8217;obtenir rapidement une forme intéressante en partant de zéro. Mais EndlessForms possède une dimension collaborative. Les utilisateurs peuvent publier sur le site les structures les plus pertinentes, et chacun est libre de se saisir d&#8217;une de ces créations pour la faire muter à son tour (et éventuellement publier les résultats).</p>
<p>Le concept n&#8217;est pas tout à fait neuf : des logiciels 3D qui proposent de faire évoluer des objets par l&#8217;intermédiaire d&#8217;algorithmes génétiques existent depuis longtemps. Le programme freeware <a href="http://www.youtube.com/watch?v=nRCjJEroOmE">Lparser</a>, par exemple, offrait cela sur des &#8220;L-systems&#8221; voilà plus de 10 ans&#8230; Mais l&#8217;algorithme utilisé par l&#8217;équipe de Cornell est différent. En effet, affirment-ils dans <a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&#038;tid=12760">leur papier</a>, si des systèmes comme les chaines de Lindenmayer sont capables de reproduire en apparence diverses formes organiques, ils ne reproduisent pas le développement de véritables plantes ou d&#8217;êtres vivants : il s&#8217;agit plutôt d&#8217;abstractions mathématiques. En revanche, il existe aussi des systèmes qui essaient de simuler la morphogénèse au niveau des cellules et des molécules, mais ceux-là sont trop complexes pour être utilisés en pratique. Clune et son équipe ont employé une technique intermédiaire nommée CPPN (pour <i>Compositional pattern producing networks</i>, c&#8217;est-à-dire &#8220;Modèles de composition pour produire des réseaux&#8221;). C&#8217;est un peu plus concret que les chaines de Lindenmayer (qui reposent en fait, comme leur nom l’indique, sur de longues chaines de caractères) et plus abstrait que la simulation cellulaire : en gros, il s&#8217;agit avec ce système d&#8217;utiliser des modules de formes géométriques capables de se combiner pour produire des structures complexes.</p>
<p>Que ce soit les expériences de Pollack ou celle de Clune et son groupe, on peut arriver à imaginer à quoi ressemblera demain le processus de &#8220;fabrication personnelle&#8221; :</p>
<ul>
<li>1) on commence par choisir un système de production de formes susceptible d&#8217;élaborer des objets d&#8217;emblée assez complexes : c&#8217;est, pour employer l&#8217;expression de Jordan Pollack, &#8220;l’embryogenèse des machines&#8221;.</li>
<li>2) on applique aux formes ainsi élaborées un processus darwinien de sélection naturelle, dans un monde &#8220;virtuel&#8221; : cette sélection peut s&#8217;effectuer en fonction de contraintes diverses (gravitation, friction, comme dans les expériences de Pollack) ou des choix d&#8217;un ou plusieurs observateurs humains (EndlessForms) qui jouent alors le rôle de &#8220;jardinier&#8221;.</li>
<li>3) on crée les formes sélectionnées dans le monde réel à l&#8217;aide de matériaux simples et d&#8217;imprimantes 3D.</li>
</ul>
<p>Voilà qui pourrait remettre en question le processus industriel actuel, qui implique l&#8217;élaboration de spécifications précises de la part d&#8217;un créateur ou d&#8217;une équipe avant sa création dans le monde réel. Une procédure traditionnelle que même les nouvelles technologies de la &#8220;fabrication personnelle&#8221; n&#8217;ont jamais remise en cause.</p>
<p>Séduisant, mais cela peut-il vraiment fonctionner ? Après tout, les expériences mentionnées par Pollack datent du début des années 2000, et ne semblent pas avoir connu de suite importante récemment. Endlessforms est tout récent, mais se concentre surtout sur la création esthétique.</p>
<p>Il est donc temps, en conclusion, de s&#8217;interroger sur le futur de la Vie artificielle et d&#8217;essayer de comprendre ce qu&#8217;elle va être en mesure de nous apporter dans les prochaines années. </p>
<p>Rémi Sussan</p>
<p><strong>Le dossier &#8220;La vie artificielle, 20 ans après&#8221;</strong></p>
<ul>
<li>1e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/">entre la machine et le vivant</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/27/la-vie-artificielle-20-ans-apres-24-comprendre-le-langage-pour-comprendre-la-culture/">comprendre le langage pour comprendre la culture</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/10/18/la-vie-artificielle-20-ans-apres-34-quand-lembryogenese-des-machines-remodele-la-fabrication-personnelle/">quand l&#8217;embryogénèse des machines remodèle la fabrication personnelle</a></li>
<li>4e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/12/06/la-vie-artificielle-20-ans-apres-44-quelles-perspectives/">quelles perspectives ?</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fabrication-personnelle/" title="fabrication personnelle" rel="tag nofollow">fabrication personnelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/nbic/" title="NBIC" rel="tag nofollow">NBIC</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>New York comme plateforme</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 08:40:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n&#8217;est pas étonnant que ce soit sous le mandat de Mike Bloomberg que New York ait adopté une approche plus orientée donnée, estime Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar, car c&#8217;est sur cette déclaration de mission que Bloomberg a fondé son entreprise de données financières. En effet, à l&#8217;origine Mike Bloomberg a fondé sa société avec la conviction que l&#8217;accès&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il n&#8217;est pas étonnant que ce soit sous le mandat de Mike Bloomberg que New York ait adopté une approche plus orientée donnée, <a href="http://radar.oreilly.com/2011/10/data-new-york-city.html">estime Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar</a>, car c&#8217;est sur cette déclaration de mission que Bloomberg a fondé son entreprise de données financières. En effet, à l&#8217;origine Mike Bloomberg a fondé sa société avec la conviction que l&#8217;accès à l&#8217;information transformerait les marchés. Est-il en passe d&#8217;user du même crédo pour la ville de New York dont il est maire ? </p>
<p>En quelques années, New York est devenu l&#8217;épicentre de nombreuses expériences en matière de gouvernance, de <a href="http://radar.oreilly.com/2011/03/nyc-smart-government.html">participation citoyenne</a>, de <a href="http://pbnyc.org/">budgets participatifs</a>, rappelle Alex Howard&#8230; Tant et si bien que New York voit son avenir comme <a href="http://gigaom.com/2011/04/28/new-york-city-sees-its-future-as-a-data-platform/">une plateforme de données</a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/howwecanhelonewyork.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/howwecanhelonewyork.png" alt="howwecanhelonewyork" title="howwecanhelonewyork" width="540" height="237" class="alignright size-full wp-image-14849" /></a></p>
<p>C&#8217;est en tout cas l&#8217;idée que défendait Rachel Sterne, responsable des <a href="http://www.nyc.gov/html/mome/digital/html/home/home.shtml">développements numérique de la ville</a>, lors de la conférence <a href="http://strataconf.com/stratany2011/">Strata 2011</a> qui se tenait en septembre à New York (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=NGyCLMwIld0&#038;feature=player_embedded">vidéo</a> et <a href="http://assets.en.oreilly.com/1/event/63/Data-Driven%20Innovation_%20How%20Open%20Government%20is%20Transforming%20New%20York%20City%20Presentation.pdf">Présentation</a>). </p>
<p>La stratégie numérique de New York se concentre sur l&#8217;accès à la technologie,  le gouvernement ouvert, l&#8217;engagement et l&#8217;industrie. <i>&#8220;L&#8217;industrie est importante, car nous avons besoin de nous assurer que le secteur privé dispose de tous les supports dont il a besoin pour grandir, s&#8217;épanouir et contribuer à créer des solutions qui aideront les autorités locales à mieux servir le public&#8221;</i>, a déclaré Rachel Sterne. </p>
<p>Pour Rachel Sterne, les données font évoluer le gouvernement en le conduisant à répartir ses ressources de manière plus efficace, mais également en apportant une réalisation plus aboutie et une meilleure réponse en temps réel aux besoins des citoyens. Lors de sa présentation, elle a évoqué bien sûr de nombreuses initiatives portées par la ville, comme <a href="http://bustime.mta.info/">celle sur les horaires de bus de l&#8217;autorité métropolitaine du transport</a>, qui a été développé localement en open source à très faible coût. Elle a évoqué également comment la ville, en interne, utilise l&#8217;analyse prédictive pour construire une application basée sur les violations au code de la construction et des données de logement pour mieux comprendre les risques potentiels d&#8217;incendies sur la ville. Pour Sterne, la présence de la ville sur plus de 200 plateformes sociales doit être vue comme un standard numérique, semblable à un standard téléphonique, via lequel les citoyens peuvent poser leurs questions et via lequel les fonctionnaires les dirigent vers les ressources appropriées. Pour Sterne, le plus intéressant dans ce mouvement c&#8217;est comment les gens s&#8217;informent les uns les autres : <i>&#8220;La ville ne doit vous dire quoi faire, mais doit créer un forum pour que la conversation ait lieu&#8221;</i>. C&#8217;est ainsi que la ville développe plusieurs interface pour que les gens puissent s&#8217;adresser à elle ou trouver plus facilement des réponses à ses questions, comme <a href="http://www.r0b0tchef.com/hackathon_staging/development/">NewYork always asking</a> ou des moteurs de recherche sémantisés comme <a href="http://betanyc.org/appleseed/prototype/">How we can help</a> (dont <a href="http://107.20.211.77/">une autre version existe</a>), qui sont tout trois en développement.</p>
<p>En mai 2011, quand New York a publié <a href="http://www.nyc.gov/html/media/media/PDF/90dayreport.pdf">sa feuille de route numérique (.pdf)</a>, le fondateur d&#8217;<a href="http://expertlabs.org/">ExpertLabs</a> qui aide les citoyens ordinaires à participer aux décisions des autorités locales, <a href="http://dashes.com/anil/2011/05/in-nyc-the-web-is-a-public-space.html">Anil Dash, soulignait quelque chose d&#8217;important</a> : dans cette feuille de route, la ville pensait le web comme un espace public. Ce qui a de profondes implications sur la façon dont il doit être régulé, traité ou décrit :  <i>&#8220;Les plus grandes villes du monde devraient traiter les espaces publics partagés en ligne aussi sérieusement qu&#8217;ils traitent les espaces publics dans le monde physique.&#8221;</i> </p>
<p>Rachel Sterne en parlant de New York évoque la ville comme plate-forme, <a href="http://www.internetactu.net/2010/06/24/du-gouvernement-comme-plate-forme-ou-linverse/">à la manière dont Tim O&#8217;reilly évoquait le gouvernement comme plateforme</a>. La ville de New York doit atteindre le potentiel d&#8217;une plate-forme de la même manière que des plateformes commerciales, estime Rachel Sterne. <i>&#8220;Comment New York, avec l&#8217;énorme quantité de données et de ressources dont elle dispose, peut-elle se penser de la même façon que l&#8217;écosystème d&#8217;API de Facebook ou de Twitter ?&#8221;</i> Cela doit nous permettre de produire une expérience de gouvernement plus centrée sur l&#8217;utilisateur, répond-elle, car l&#8217;enjeu n&#8217;est pas seulement la consommation, mais la <a href="http://www.internetactu.net/2008/05/29/catherine-fieschi-demos-changer-la-facon-dont-les-gens-vivent-la-democratie/">coproduction de services publics et de démocratie</a>.  Pour Carole Post (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=2khb9srVfRU&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>), responsable du département des technologies de l&#8217;information et des télécommunications de New York, <i>&#8220;la ville doit se considérer comme l&#8217;intendant des données qu&#8217;elle détient&#8221;</i>. </p>
<p>New York vient de lancer son répertoire de données (<a href="http://nycopendata.socrata.com/">Socrata</a>), imaginé comme une plateforme, comme <i>&#8220;l&#8217;interface de programmation de la ville&#8221;</i>. <i>&#8220;Reste que tous nos travaux d&#8217;ouverture de données n&#8217;ont aucune importance si nous ne sommes pas capables d&#8217;évangéliser et de nous assurer que les gens les utilisent.&#8221;</i> D&#8217;où l&#8217;importance de développer des accès dynamique aux données (des API) ou des concours organisés comme <a href="http://nycbigapps.com/">Bigs Apps 3.0</a> qui a permis de développer plus de 150 applications (New York dispose d&#8217;ailleurs <a href="http://www.nyc.gov/html/mome/digital/html/apps/apps.shtml">d&#8217;un répertoire d&#8217;applications</a>), parmi lesquelles <a href="http://roadify.com/">Roadify</a>, qui permet de trouver un emplacement de stationnement de manière communautaire ou <a href="http://donteat.at/">Don&#8217;t eat at</a> qui permet de vérifier si le restaurant dans lequel on se géolocalise via Foursquare n&#8217;est pas sous le coup d&#8217;une infraction sanitaire. </p>
<p><a href="http://radar.oreilly.com/2011/08/social-mapping-and-crisis-data.html">Comme le rapportait déjà Alex Howard</a>, plus qu&#8217;un internet des objets, les situations d&#8217;urgence s&#8217;appuient sur un internet des gens, où les citoyens agissent comme autant de capteurs. Lors du passage de l&#8217;ouragan Irene, <a href="http://www.nyc.gov/html/oem/html/home/home.shtml">la mise à disposition d&#8217;information sur les zones d&#8217;évacuations</a> a permis à d&#8217;autres organisations de construire <a href="http://project.wnyc.org/news-maps/hurricane-zones/hurricane-zones.html">des cartes</a> et des <a href="http://apps.facebook.com/meeting_point/promotions/map">applications</a> qui ont servi à informer et à mobiliser le public. Les autorités locales se sont alors tournées vers l&#8217;internet pour partager des ressources importantes (notamment via le canal <a href="http://twitter.com/#!/nycmayorsoffice">twitter</a> et <a href="http://www.youtube.com/mayorbloomberg">youtube</a> officiel du maire). </p>
<p>Bien sûr, si l&#8217;exemple de la mégapole new-yorkaise est riche et stimulant, c&#8217;est aussi une question de moyens et de taille, permettant de mettre des ressources importantes sur la question numérique (même si elles demeurent mesurées dans le budget global et toujours à la recherche d&#8217;économies, comme l&#8217;exprimait Rachel Sterne). En observant les grandes villes qui ont des actions numériques très diversifiées et complètes, on se dit que toutes ne seront pas égales, notamment en moyens. <a href="http://www.marsouin.org/spip.php?article430">Une récente étude du laboratoire M@rsouin</a> (qui s&#8217;intéressait seulement aux sites web communaux bretons, autant dire que nous changeons d&#8217;échelle) soulignait que le risque est demain de voir apparaître une fracture éditoriale, entre les villes qui seront capables de devenir une plateforme multimodale, et celles qui n&#8217;en auraient pas les moyens.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/citelabo/" title="citelabo" rel="tag nofollow">citelabo</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hyperlocal/" title="hyperlocal" rel="tag nofollow">hyperlocal</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-local/" title="web local" rel="tag nofollow">web local</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Avons-nous un parti pris contre la créativité ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/29/avons-nous-un-parti-pris-contre-la-creativite/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Sep 2011 05:32:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Selon une étude menée par Jack Goncalo, professeur au département de comportement organisationnel à l&#8217;université Cornell, Jennifer S. Mueller de l&#8217;université de Pennsylvanie et Shimul Melwani de l&#8217;université de Caroline du Nord, nous avons tendance à avoir un parti pris contre les idées créatives et ce, même quand on les désire ardemment. Alors qu&#8217;elles sont le moteur de l&#8217;innovation, les&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://digitalcommons.ilr.cornell.edu/articles/450/">Selon une étude</a> menée par <a href="http://www.ilr.cornell.edu/directory/jag97/">Jack Goncalo</a>, professeur au département de comportement organisationnel à l&#8217;université Cornell, Jennifer S. Mueller de l&#8217;université de Pennsylvanie et Shimul Melwani de l&#8217;université de Caroline du Nord, nous avons tendance à avoir un parti pris contre les idées créatives et ce, même quand on les désire ardemment. Alors qu&#8217;elles sont le moteur de l&#8217;innovation, les organisations, les institutions et leurs responsables ont tendances assez uniformément à les rejeter, même lorsque la créativité est le moteur essentiel de leur existence. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/brains.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/brains.jpg" alt="brains" title="brains" width="540"  class="alignright size-full wp-image-14759" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://opensource.com/business/10/2/traditional-business-usual-war-creativity?sc_cid=70160000000IDmjAAG">Est-ce que le monde traditionnel des affaires est en guerre contre la créativité ?</a>, par <a href="http://www.flickr.com/photos/opensourceway/4639590640/">OpenSourceWay</a>.</i></p>
<p>Pire, les gens ont tendance à ne pas les reconnaitre et à être mal à l&#8217;aise quand ils y sont confrontés. En fait, constate l&#8217;étude, les idées créatives ont plutôt tendances à générer un sentiment d&#8217;incertitude qui rend la plupart des gens mal à l&#8217;aise. Ils ont tendance à les rejeter au profit d&#8217;idées purement pratiques et éprouvées. Pire notre partialité vis-à-vis des idées créative est si subtile, qu&#8217;elle nous empêche bien souvent de les reconnaître. Dans les expériences menées par le professeur Goncalo, les cobayes avaient ainsi une réaction négative quand on leur présentait une innovation comme une chaussure de course équipée d&#8217;un tissu pour refroidir le pied et réduire les ampoules, alors qu&#8217;à priori, on devrait plutôt faire bon accueille à une pareille révolution ! <img src='http://www.internetactu.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  </p>
<p>Alors que les gens affirment explicitement apprécier les idées créatives, bien souvent, ils les considèrent négativement et ont tendance à les rejeter, comme on écarte du revers de la main un nouveau produit parce qu&#8217;on ne le connaît pas ou qu&#8217;on doute de ses effets. Cela ne veut bien sûr pas dire que toute idée qui vous rend mal à l&#8217;aise est une solution créative &#8211; les mauvaises idées sont toujours des mauvaises idées -, mais que vous devriez vous y reprendre à deux fois quand vous avez tendance à rejeter une idée&#8230; </p>
<p><i>&#8220;L&#8217;incertitude que les idées créatives génèrent en nous, nous rend moins capables de reconnaître la créativité quand on en a le plus besoin&#8221;</i>, concluent les chercheurs (via <a href="http://www.sciencedaily.com/releases/2011/09/110903142411.htm">Science Daily</a>). </p>
<p><a href="http://digitalcommons.ilr.cornell.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1342&#038;context=articles&#038;sei-redir=1#search=%22recognizing%20Creative%20Leadership%22">Une étude précédente (.pdf)</a> de Jack Goncalo et Jennifer S. Mueller montrait déjà que les plus créatifs talents d&#8217;une entreprise sont majoritairement perçus comme de piètres leaders. <a href="http://lexpansion.lexpress.fr/carriere/le-creatif-fait-un-pietre-manager_261711.html">Le créatif fait un piètre manager</a> car aux yeux de ses subordonnés : un leader crédible doit être sérieux plutôt qu&#8217;original. <a href="http://knowledge.wharton.upenn.edu/article.cfm?articleid=2713">Les stéréotypes ont décidément la vie dure</a>.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-comportementale/" title="économie comportementale" rel="tag nofollow">économie comportementale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-sociale/" title="innovation sociale" rel="tag nofollow">innovation sociale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/management/" title="management" rel="tag nofollow">management</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/neurosciences/" title="neurosciences" rel="tag nofollow">neurosciences</a><br />
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		<title>Pourquoi les avis négatifs ont-ils un impact positif sur les ventes ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/28/pourquoi-les-avis-negatifs-ont-ils-un-impact-positif-sur-les-ventes/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Sep 2011 05:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[eBusiness]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence des données]]></category>
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		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que le débat sur les faux avis de consommateurs est vif sur le web francophone depuis juillet, que les pouvoirs publics intentent des procédures, et que l&#8217;Afnor vient de lancer une mission de concertation pour trouver des parades, il pourrait être intéressant d&#8217;écouter les propos d&#8217;un spécialiste. 
Panagiotis Ipeirotis (blog), à la tête du projet EconoMining de l&#8217;école d&#8217;affaires&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que <a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/67878/date/2011-07-19/article/comment-des-entreprises-francaises-fabriquent-et-vendent-de-faux-avis-sur-le-net/">le débat sur les faux avis de consommateurs est vif sur le web francophone depuis juillet</a>, <a href="http://pro.clubic.com/e-commerce/actualite-443710-faux-avis-consommateurs-web-5-contentieux.html">que les pouvoirs publics intentent des procédures</a>, et <a href="http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/norme-afnor-avis-de-consommateurs-0911.shtml">que l&#8217;Afnor vient de lancer une mission de concertation</a> pour trouver des parades, il pourrait être intéressant d&#8217;écouter les propos d&#8217;un spécialiste. </p>
<p><a href="http://people.stern.nyu.edu/panos/">Panagiotis Ipeirotis</a> (<a href="http://www.behind-the-enemy-lines.com/">blog</a>), à la tête du projet <a href="http://economining.stern.nyu.edu/">EconoMining</a> de l&#8217;école d&#8217;affaires Leonard Stern de la New York University, étudie depuis longtemps la valeur de la réputation en ligne et regarde l&#8217;influence qu&#8217;ont les critiques de consommateurs sur nos décisions. A l&#8217;occasion de la conférence <a href="http://strataconf.com">Strata 2011</a>, sur les BigData, <a href="http://strataconf.com/jumpstart2011/public/schedule/speaker/4490 ">il est revenu sur ses dernières recherches en la matière</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=LXDFwphuwCs">vidéo</a>, <a href="http://www.slideshare.net/ipeirotis/big-data-stupid-decisions-9326862">présentation</a>), indique <a href="http://www.technologyreview.com/blog/mimssbits/27180/">Christopher Mims pour la <i>Technology Review</i></a>. </p>
<p>Sur Amazon, explique-t-il, les consommateurs sont &#8211; assez logiquement &#8211; prêts à payer un peu plus un produit pour l&#8217;acheter à un revendeur ayant une bonne réputation. Mais ce qui est plus surprenant, c&#8217;est que passé le nombre d&#8217;avis favorable d&#8217;un revendeur ou le nombre de transactions qu&#8217;il a accomplies, la critique des autres utilisateurs affecte également les ventes, et pas forcément dans le sens que l&#8217;on pense. </p>
<p>Par exemple, on pourrait penser que la critique positive d&#8217;un utilisateur sur un produit du type &#8220;très bon appareil photo&#8221; devrait augmenter la réputation et les ventes du produit&#8230; Pourtant, il semble que ce ne soit pas le cas. Iperotis a même quantifié cet effet. Une critique de ce style a plutôt tendance de réduire la vente de 0,2 % ! </p>
<div style="width:425px" id="__ss_9326862"> <strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/ipeirotis/big-data-stupid-decisions-9326862" title="Big Data, Stupid Decisions" target="_blank">Big Data, Stupid Decisions</a></strong> <iframe src="http://www.slideshare.net/slideshow/embed_code/9326862" width="425" height="355" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
<div style="padding:5px 0 12px"> View more <a href="http://www.slideshare.net/" target="_blank">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/ipeirotis" target="_blank">Panos Ipeirotis</a> </div>
</p></div>
<p>Pourquoi ? Parce que les utilisateurs prennent les critiques en contexte : les critiques simples ne leur semblent pas pertinentes pour encourager leur achat pas plus que les compliments faciles. Au contraire, les critiques négatives, argumentées et bien écrites, ont tendance à favoriser les ventes d&#8217;un produit, car elles donnent confiance à l&#8217;acheteur : &#8220;si c&#8217;est le pire que ce produit peut faire, alors il doit être suffisant pour moi&#8221;. </p>
<p><i>&#8220;Les critiques négatives, qu&#8217;elles soient sur des hôtels ou des jeux vidéos, permettent à l&#8217;utilisateur de mesurer le risque qu&#8217;il prend&#8221;</i>, explique Ipeirotis. A l&#8217;inverse, des commentaires qui paraissent positifs comme &#8220;l&#8217;emballage est bien&#8221; ou le &#8220;vendeur est très bon&#8221; ont plutôt tendance à avoir un impact négatif sur les ventes. </p>
<p>Autre chose que constate Ipeirotis, c&#8217;est la disparité entre ce dont les consommateurs parlent dans leurs critiques et ce qui fait basculer l&#8217;achat. Ainsi, pour les appareils photo, les utilisateurs évoquent souvent la qualité du zoom, mais en fait, la durée de vie de la batterie a souvent plus d&#8217;influence dans la décision d&#8217;achat. </p>
<p>Ipeirotis a également constaté que la grammaire et l&#8217;expression ont une influence. Zappos dépenserait d&#8217;ailleurs quelques milliers de dollars à faire améliorer l&#8217;expression des critiques de ses produits via le Mechanical Turk d&#8217;Amazon dans le but d&#8217;améliorer les ventes de ses produits. Et Ipeirotis de conclure : <i>&#8220;il ne suffit pas de regarder ce que les gens disent, il faut également mesurer ce que les gens font&#8221;</i>. </p>
<p>Signalons en complément que sur son blog, <a href="http://www.behind-the-enemy-lines.com/2011/08/impact-of-online-reviews-annotated.html">il livre une bibliographie commentée des meilleures recherches existantes sur le sujet des critiques de consommateurs</a>. Précieux. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a><br />
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		<title>La vie artificielle, 20 ans après (2/4) : Comprendre le langage pour comprendre la culture</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/27/la-vie-artificielle-20-ans-apres-24-comprendre-le-langage-pour-comprendre-la-culture/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 05:30:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[biotechnologies]]></category>
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		<category><![CDATA[vie artificielle]]></category>

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		<description><![CDATA[On l&#8217;a vu dans l&#8217;article précédent, les frontières de la vie artificielle sont assez difficiles à définir. Si, par bien de côtés, celle-ci se rapproche de la biologie théorique, une autre de ses tendances aborde l&#8217;ensemble des systèmes complexes autour de quelques principes de base. A commencer par la notion d&#8217;émergence, de bottom up : l&#8217;idée que des systèmes complexes&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/">On l&#8217;a vu dans l&#8217;article précédent</a>, les frontières de la vie artificielle sont assez difficiles à définir. Si, par bien de côtés, celle-ci se rapproche de la biologie théorique, une autre de ses tendances aborde l&#8217;ensemble des systèmes complexes autour de quelques principes de base. A commencer par la notion d&#8217;émergence, de <i>bottom up</i> : l&#8217;idée que des systèmes complexes puissent être générés spontanément par l&#8217;interaction entre une multitude d&#8217;agents. Ce principe d&#8217;émergence peut s&#8217;appliquer à n&#8217;importe quel phénomène décentralisé et collectif. En premier lieu, à l&#8217;esprit humain et ses productions. Et bien sûr, aux sociétés.</p>
<h3>Jeux de langage</h3>
<p><a href="http://www.ecal11.org/">Le colloque Ecal</a> s&#8217;est ainsi intéressé, pour une bonne part, à l&#8217;évolution du langage. Et ce, par un biais surprenant : la robotique.</p>
<p>Spécialisé dans cette étude, le <a href="http://www.csl.sony.fr">Computer Science Laboratory</a>, sous la houlette de  <a href="http://www.csl.sony.fr/staff/member/?username=steels">Luc Steels</a>, mène depuis plusieurs années des travaux sur l&#8217;évolution du langage au sein d&#8217;une population d&#8217;agents robotiques.</p>
<p>Luc Steels  a commencé ses expériences par un travail nommé les &#8220;Talking Heads&#8221; ; pas le groupe de rock, mais un système par lequel deux robots inventent collaborativement un langage afin de communiquer à propos du monde extérieur. Le procédé a été appelé le &#8220;jeu de langage&#8221;.</p>
<p>D&#8217;après Steels et ses associés, les &#8220;jeux de langages&#8221; nous permettent d&#8217;observer la naissance de la grammaire. Une telle théorie va à l&#8217;encontre des idées de nombre de linguistes. La plupart d&#8217;entre eux pense en effet, sous l&#8217;influence de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky">Noam Chomsky</a>, que les structures linguistiques sont d&#8217;ores et déjà codées dans le cerveau, qu&#8217;il existe un organe de la parole déjà constitué. Les différentes &#8220;langues&#8221; parlées sur la planète ne seraient que des adaptations somme toute cosmétiques de ce langage cérébral fondamental.</p>
<p>De fait, les adeptes de la biolinguistique tiennent pour acquis que les structures du langage sont implantées dans notre cerveau. Pour eux, nous a expliqué Steels, l&#8217;essentiel du travail du linguiste va consister à étudier la transmission : comment le cerveau de l&#8217;enfant reçoit les signaux codés de ses parents (la &#8220;langue maternelle&#8221;) et les intègre via les structures innées qu&#8217;il possède. Mais comment le langage est-il né ? Par la sélection naturelle ? Pour certains linguistes, le langage est un système trop complexe pour être le produit de la sélection naturelle darwinienne.</p>
<p>Toutefois, précise Luc Steels, il existe un aspect du langage que la plupart des biolinguistes ignorent : pour que la parole naisse, il faut être deux. Avant d&#8217;étudier les structures du langage, il faut donc réfléchir à la nature d&#8217;une communication, et sur ce que peut être une communication réussie. Le langage n&#8217;est donc pas quelque chose qui se trouve à l&#8217;intérieur de chaque individu, mais une création collective qui s&#8217;opère lors de la communication.</p>
<p>Restait à le démontrer. C&#8217;est à cela que s&#8217;activent les &#8220;linguistes artificiels&#8221;.</p>
<p>Pour ce faire, ils vont élaborer des &#8220;jeux de langage&#8221;. Ces derniers sont très simples : deux robots, munis de capteurs et de caméras se trouvent dans le même environnement. L&#8217;un des deux montre un objet et le désigne en créant un mot de son cru. Le second peut alors le comprendre et utiliser le mot à son tour. Petit à petit, les deux machines s&#8217;entendront sur les termes à employer pour décrire leur environnement et les intégreront à leur vocabulaire commun. Évidemment, les choses se compliquent assez vite : va pour de simples mots, mais qu&#8217;en est-il des catégories ? Si le robot 1 dit &#8220;flub&#8221; en montrant une balle rouge, désigne-t-il l&#8217;objet &#8220;balle&#8221; ou la couleur rouge ? Après le vocabulaire, c&#8217;est la grammaire qu&#8217;il faut constituer. C&#8217;est à nombre de ces problèmes qu&#8217;a été consacré l&#8217;atelier d&#8217;Ecal du 8 août dernier : comment créer, par des jeux de langages, les différentes manières d&#8217;exprimer le temps, par exemple ? Ou comment des systèmes nerveux qui perçoivent différemment les choses, par exemple les couleurs, peuvent-ils s&#8217;entendre sur le mot &#8220;jaune&#8221;. Comment les mots peuvent-ils s&#8217;accorder entre eux ?</p>
<p>Pourquoi les expériences de jeux de langages du CSL font-elles partie du domaine de la &#8220;vie artificielle&#8221; et non du paysage de &#8220;l&#8217;intelligence artificielle&#8221; ? Une des raisons théoriques évidentes en est que le langage y est vu comme un système vivant, une création collective et décentralisée dans la grande lignée des systèmes émergents explorés par les tenants de la vie artificielle. L’autre raison est plus sociologique, comme l&#8217;a rappelé Steels lors de son introduction à l&#8217;atelier sur le langage : la communauté de la vie artificielle était simplement plus ouverte à ces idées nouvelles. On retrouve une caractéristique importante de la vie artificielle en tant que communauté : celle de constituer un pont entre diverses disciplines souvent trop fermées sur leurs méthodes et leur domaine d’étude.</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/Wz4CjuD1o9E" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<i>Vidéo : <a href="http://www.youtube.com/watch?v=7u9OvtEkd1A">Extrait vidéo</a> de la conférence inaugurale de Luc Steels à l&#8217;exposition Cultures del Canvi, à Santa Monica, le 10 décembre 2009, sur le thème de la création de leur propre langage par les robots.</i></p>
<h3>Civilisations artificielles</h3>
<p>L&#8217;évolution du langage n&#8217;est pas la seule incursion de la vie artificielle dans l&#8217;univers de la culture. Nombreuses sont les expériences qui se sont succédé dans le domaine des &#8220;sociétés artificielles&#8221; ou dans celui de l&#8217;intelligence collective.<br />
Au colloque Ecal, <a href="http://village.anth.wsu.edu/user/16"> Ziad Kobti</a> a ainsi présenté un système multi-agents permettant de modéliser la division du travail au sein d&#8217;un groupe. Différents agents logiciels aux compétences diverses entrent en compétition/coopération dans un environnement au sein duquel ils effectuent différents travaux. Selon leurs niveaux de capacités, ils se spécialiseront peu à peu dans une tâche donnée, quoique (c&#8217;est encore une de ces découvertes contre-intuitives propres aux systèmes multi-agents), pas forcément dans la tâche où ils sont le meilleur.</p>
<p>La grande question avec ces sociétés artificielles est celle de la &#8220;vie artificielle&#8221; : de même qu&#8217;il est finalement difficile de déduire d&#8217;une boucle de Langton ou d&#8217;un jeu de la vie des phénomènes propres à des systèmes biologiques précis, quelles conclusions peut-on tirer de ces systèmes formels quant à la vie de sociétés réelles ?</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/repastVillage-300x287.png" alt="repastVillage" title="repastVillage" width="300" height="287" align="right" hspace="6" vspace="6" class="alignnone size-medium wp-image-14698" />Il faut alors que les auteurs de ces modèles se confrontent aux &#8220;big data&#8217;&#8221; issues des données réelles. Kobti est ainsi partie prenante du <a href="http://village.anth.wsu.edu/">&#8220;Village Ecodynamics Project&#8221;</a>. Ce projet &#8220;d&#8217;archéologie computationnelle&#8221; cherche à comprendre le déclin brutal de la population indienne du Mesa Verde aux alentours de 1200. Les raisons de cette dépopulation restent en effet assez mystérieuses. Apparemment, les autochtones possédaient assez de maïs pour subsister, ce qui évacue les explications simplistes de type famine.</p>
<p>On pourrait penser qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une application marginale, mais ce genre de chose est typique de l&#8217;histoire des civilisations : la mystérieuse disparition de la première civilisation Maya en est un cas d&#8217;école, ainsi que le brusque effondrement de l&#8217;Ancien Empire égyptien. En biologie on trouve aussi des extinctions de masse. Cette sorte d&#8217;évènement critique est une des caractéristiques des &#8220;systèmes émergents&#8221; étudiés par les chercheurs en vie artificielle. L&#8217;exemple classique en est ce tas de sable où l&#8217;on rajoute délicatement un grain après l&#8217;autre; jusqu&#8217;au moment où, pouf, tout s&#8217;écroule !<br />
Les chercheurs du Village Ecodynamics Project ont créé une <a href="http://village.anth.wsu.edu/node?page=1">application</a> (aller vers le milieu de la page pour trouver l&#8217;adresse de téléchargement) pour permettre à tout un chacun de jouer avec les paramètres de cette société indienne virtuelle. Mais il s&#8217;agit d&#8217;un programme un peu ancien qui n&#8217;intègre pas les modèles présentés au colloque de Paris.</p>
<p><a href="http://www.sciencemag.org/content/327/5962/140.summary?sid=14128750-fc7f-4be2-910b-6e964763e28f">L&#8217;abstract d&#8217;un article sur le sujet</a>, &#8211; malheureusement indisponible aux non-abonnés &#8211; mentionne également que <i>&#8220;Les archéologues affirment que les mondes virtuels constituent le meilleur moyen de tester des hypothèses complexes. Le domaine est également poussé par l&#8217;industrie des loisirs, car la technologie employée est la même que celle utilisée dans les jeux vidéos et les effets spéciaux, et de nombreuses universités ont récemment adopté des programmes de modélisation 3D&#8221;</i>.</p>
<p>La vie artificielle aurait donc un impact sur les technologies actuelles ? Jusqu&#8217;ici, les travaux dont nous avons parlé appartenaient à la recherche fondamentale, ou concernaient  des technologies dont la maturation apparaît comme encore lointaine. Mais peut-être qu&#8217;elle pourrait servir aujourd&#8217;hui&#8230; Reste à voir à quoi !</p>
<p>Rémi Sussan</p>
<p><strong>Le dossier &#8220;La vie artificielle, 20 ans après&#8221;</strong></p>
<ul>
<li>1e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/">entre la machine et le vivant</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/27/la-vie-artificielle-20-ans-apres-24-comprendre-le-langage-pour-comprendre-la-culture/">comprendre le langage pour comprendre la culture</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/10/18/la-vie-artificielle-20-ans-apres-34-quand-lembryogenese-des-machines-remodele-la-fabrication-personnelle/">quand l&#8217;embryogénèse des machines remodèle la fabrication personnelle</a></li>
<li>4e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/12/06/la-vie-artificielle-20-ans-apres-44-quelles-perspectives/">quelles perspectives ?</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/biotechnologies/" title="biotechnologies" rel="tag nofollow">biotechnologies</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/nbic/" title="NBIC" rel="tag nofollow">NBIC</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-artificielle/" title="vie artificielle" rel="tag nofollow">vie artificielle</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Pourquoi les vidéos virales sont-elles virales ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/22/pourquoi-les-videos-virales-sont-elles-virales/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 05:02:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Tout le monde connaît &#8220;Charlie bit my finger&#8221;. Cette vidéo de 56 secondes a été vu 373 millions de fois sur YouTube. C&#8217;est l&#8217;une des plus populaires de la plateforme. Alors qu&#8217;elle semble assez anodine, qu&#8217;est-ce qui explique son succès, se demande Jonah Lehrer. 

Si l&#8217;on en croit une étude menée par Jonah Berger, professeur assistant à la Wharton School&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout le monde connaît <a href="http://www.youtube.com/watch?v=_OBlgSz8sSM">&#8220;Charlie bit my finger&#8221;</a>. Cette vidéo de 56 secondes a été vu 373 millions de fois sur YouTube. C&#8217;est l&#8217;une des plus populaires de la plateforme. Alors qu&#8217;elle semble assez anodine, qu&#8217;est-ce qui explique son succès, <a href="http://www.wired.com/wiredscience/2011/07/why-do-viral-videos-go-viral/">se demande Jonah Lehrer</a>. </p>
<p><iframe width="540" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/_OBlgSz8sSM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Si l&#8217;on en croit une étude menée par <a href="http://marketing.wharton.upenn.edu/people/faculty.cfm?id=311">Jonah Berger</a>, professeur assistant à la Wharton School de l&#8217;université de Pennsylvanie, son succès est lié aux émotions viscérales qu&#8217;elle suscite auprès des internautes. </p>
<p>Harry et Charlie sont des enfants incroyablement expressifs. En quelques secondes, leurs visages passent de l&#8217;agonie au rire. Juste au moment où nous sommes inquiets pour Harry, celui-ci éclate en un large sourire. Le soulagement est palpable, le plaisir contagieux. Pour Jonah Berger, la popularité de ces vidéos est liée à la manière dont elles excitent le corps, induisant un spectre de changements physiologiques. Lorsque nous regardons Harry et Charlie, nous entrons brièvement dans un état de &#8220;haute excitation&#8221;. Notre rythme cardiaque s&#8217;accélère, nos glandes sudoripares s&#8217;ouvrent, notre corps se prépare à l&#8217;action. Ce sont les mêmes changements physiques qui se produisent lorsque nous rencontrons un contenu fortement émotionnel comme un passage d&#8217;un film d&#8217;horreur ou une phrase émouvante dans un poème. </p>
<p>Dans son étude Jonah Berger démontre que les gens sont beaucoup plus susceptibles de partager de l&#8217;information quand ils sont dans un tel état d&#8217;excitation. En demandant à des cobayes de courir sur place pendant une minute &#8211; pour déclencher des symptômes similaires à celle de l&#8217;excitation -, le nombre de personnes qui partageaient une information avec leurs amis a doublé. En leur montrant des vidéos effrayantes et drôles, il a stimulé le taux de transmission sociale. </p>
<p><a href="http://marketing.wharton.upenn.edu/documents/research/Virality.pdf">Des travaux antérieurs (.pdf)</a> de Jonas Berger se sont intéressés aux 7500 articles qui sont apparus sur la liste des articles les plus envoyés du New York Times entre août 2008 et février 2009. Alors qu&#8217;il pensait que les articles les plus partagés seraient d&#8217;abord des articles ayant des implications pratiques et immédiates pour les gens, il a découvert que les histoires les plus populaires sont celles qui déclenchent les émotions les plus excitantes, telles que la crainte et la colère. <i>&#8220;Nous ne voulons pas partager des faits, nous voulons partager des sentiments&#8221;</i>, explique Jonah Lehrer. </p>
<p>Le partage d&#8217;émotion forte permet de favoriser la connexion aux autres et la solidarité. <i>&#8220;Si je suis en colère et que vous êtes en colère, nous pouvons nous retrouver autour de ce que nous ressentons&#8221;</i>, explique Jonah Berger. L&#8217;internet reflète cet instinct social ancien. La seule différence est que lorsque nous sommes en ligne, nous ne pouvons souvent pas exprimer nos émotions directement. <i>&#8220;Il est difficile de communiquer des sentiments forts quand nous ne sommes pas en face à face&#8221;</i>, explique Jonas Berger. <i>&#8220;Mais le partage de contenu sur le Web nous permet d&#8217;obtenir une sorte de connexion en parallèle.&#8221;</i></p>
<p><i>&#8220;C&#8217;est pourquoi le web est souvent peuplé de choses excitantes. Les choses les plus populaires ne sont pas généralement très instructives, mais très émotives. Il y aura toujours une demande insatiable pour les vidéos drôles, les chansons de Justin Bieber ou les colères d&#8217;hommes politiques. Des contenus futiles et superficiels, certes, mais qui sont plus un moyen qu&#8217;une fin, pour dire aux autres que nous aimerions ressentir la même chose qu&#8217;eux&#8221;</i>, conclut Jonah Lehrer.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a><br />
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		<title>Une machine pour accélérer l&#8217;évolution</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/08/une-machine-pour-accelerer-levolution/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 05:30:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[biotechnologies]]></category>
		<category><![CDATA[singularité]]></category>
		<category><![CDATA[vie artificielle]]></category>

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		<description><![CDATA[Un récent article du New Scientist fait le point sur ce qui pourrait bien être la prochaine révolution dans le domaine de la biologie synthétique. Il s&#8217;agit de domestiquer le processus de la sélection naturelle lui-même. Les nouvelles sciences comme la biotechnologie se heurtent à une série de problèmes que les anciennes sciences de l’ingénierie ne connaissaient pas (ou peu)&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un récent article du <a href="http://www.newscientist.com/article/mg21028181.700-evolution-machine-genetic-engineering-on-fast-forward.html?DCMP=OTC-rss&#038;nsref=online-news"><i>New Scientist</i></a> fait le point sur ce qui pourrait bien être la prochaine révolution dans le domaine de la biologie synthétique. Il s&#8217;agit de domestiquer le processus de la sélection naturelle lui-même. Les nouvelles sciences comme la biotechnologie se heurtent à une série de problèmes que les anciennes sciences de l’ingénierie ne connaissaient pas (ou peu) : ceux posés par les systèmes complexes, dont les êtres vivants sont l&#8217;archétype. Notre corps est composé à 75% d’eau. Comment imaginer qu’en y ajoutant 25 % d&#8217;autres composés chimiques, on obtiendrait un tel résultat ? C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle &#8220;l&#8217;émergence&#8221;. La combinaison d&#8217;un certain nombre d&#8217;éléments génère des propriétés qui ne pourraient être déduites d&#8217;une simple analyse des composants de base. L&#8217;émergence produit des résultats fabuleux, mais c&#8217;est une plaie pour les ingénieurs : elle signifie qu&#8217;il est impossible de manipuler un système complexe de manière prévisible.</p>
<p>Du coup, les chercheurs en biologie synthétique essaient d&#8217;éviter cette complexité en construisant des briques de vivant “simplifiées” et contrôlables. <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/15/biohacking-a-lecole-des-apprentis-sorciers/">Comme le dit Drew Endy</a>, célèbre évangéliste de la méthode des biobricks : <i>&#8220;Les ingénieurs abominent la complexité. Je déteste les propriétés émergentes. J’aime la simplicité. Je ne veux pas que l’avion que je vais prendre demain manifeste des propriétés émergentes pendant son vol.&#8221;</i></p>
<p>Mais la technologie offre une autre option : accepter la complexité, faire comme la nature, et laisser l’évolution accélérer les choses. C’est la voie défendue par  <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/George_Church">George Church</a>, professeur de génétique à Harvard et au MIT. Church a déjà fait parler de lui ces derniers temps. En 2007, <a href="http://www.internetactu.net/2007/01/18/des-raisons-detre-optimiste/">il faisait dans la revue en ligne <i>The Edge</i></a> une prophétie folle pour l’époque : <i>“Dans l’année, affirmait-il, les gens pourront consulter leur génome”</i>. Et effectivement, <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/29/lavenement-de-la-genomique-personnelle/">11 mois plus tard</a>, apparaissaient 23andMe et les autres sociétés de génomique personnelle. Il a ensuite créé le projet <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/29/la-genomique-personnelle-a-ses-stars/">&#8220;Personal Genome&#8221;</a> qui offrait aux volontaires un séquençage complet et gratuit de leur ADN à condition d’accepter de voir ses données rendues publiques. Mais c&#8217;est une autre de ses idées, celle d&#8217;une &#8220;machine à évolution&#8221;, qui a retenu l&#8217;attention du <i>New Scientist</i>.</p>
<p><a href="http://web.mit.edu/harrisw/www/research.html">Harris Wang</a>, étudiant en troisième année de l&#8217;équipe de Church, en a inventé la première mouture en 2009. Son but était de produire une grande quantité de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lycop%C3%A8ne">lycopène</a>, la protéine qui donne sa couleur rouge aux tomates. Il a donc d&#8217;abord sélectionné des bactéries E. Coli capables de produire une petite quantité de ce produit (rappelons qu’avant de faire la une de l’actualité sanitaire, les E. Coli étaient surtout connues pour être les &#8220;rats de laboratoire&#8221; de l’ingénierie génétique : les organismes sur lesquels on effectue tous les tests). Ensuite, il a synthétisé 50 000 brins d&#8217;ADN correspondant, avec des variations, aux 24 gènes susceptibles de produire du lycopène, puis il a entré les bactéries et les brins dans sa machine, et les a laissés se recombiner joyeusement. Il a répété le cycle 35 fois, produit 15 milliards de souches, l’une d’elles produisant cinq fois plus de lycopène que la bactérie originale. </p>
<p>On le voit ici, il ne s’agit pas de créer des mutations au hasard. On sélectionne la séquence qu’on veut améliorer et on effectue les transformations exclusivement sur celle-ci. Avec son expérience, Wang a mis trois jours pour résoudre un problème sur lequel l’industrie biotechnologique planchait depuis des années&#8230;</p>
<p>De fait, la technique de Church n’est pas neuve. Elle s’appelle l’algorithme génétique, et a été inventée par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Henry_Holland">John Holland</a> au cours des années 60. D&#8217;ailleurs, un grand nombre de chercheurs travaillant dans ce qu’on appelle la “vie artificielle” tentent depuis longtemps d&#8217;utiliser la sélection darwinienne pour créer des programmes informatiques de plus en plus sophistiqués. Jusqu’ici, ça n’avait pas très bien marché, et surtout, tout cela se déroulait en virtuel : les formes de vie artificielles étaient des programmes, des séquences de codes. Church, au contraire envisage d’utiliser l’algorithmique génétique dans le monde réel.</p>
<p>Seul problème avec cette méthode, explique le <i>New Scientist</i>, il est facile de produire de nouvelles configurations, mais après, il est plus difficile de les retrouver !</p>
<p>Pour Wang, c&#8217;était assez simple. Il a cultivé 100 000 souches et a simplement sélectionné celles qui possédaient le rouge le plus brillant. Mais ce n&#8217;est pas toujours aussi facile. Church envisage cependant des solutions au problème. On pourrait par exemple incorporer dans l’ADN à multiplier des biomarqueurs qui s&#8217;activeraient lorsqu’un certain résultat est atteint. </p>
<p>Church pense vendre ses machines assez bon marché, à peu près 90 000 $ chacune. <i>&#8220;Nous nous efforçons de faire baisser les prix pour tous, plutôt que de faire un grand projet que personne ne peut répéter&#8221;</i>, explique-t-il.</p>
<p>Et de se lancer, parallèlement à ses recherches, dans l&#8217;entreprise privée. Church a cofondé  <a href="http://www.ls9.com/">LS9</a>, une société de biocarburants basée près de San Francisco, et compte utiliser sa machine pour réaliser une E. coli susceptible de produire des biocarburants. Et, on le sait, la perspective de biocarburants plus faciles à produire et moins polluants est le Graal de la biologie synthétique. D&#8217;autres bactéries peuvent se révéler précieuses, telle la Shewanella, capable de convertir des métaux toxiques comme l&#8217;uranium en une forme insoluble (et donc moins dangereuse) ou les cyanobactéries qui peuvent extraire l&#8217;énergie de la lumière grâce à la photosynthèse.</p>
<p>Mais la technologie de Church va bien plus loin. Selon lui, la machine à évolution est le seul moyen de créer de profondes transformations du génome. Pas simplement quelques gènes, comme le font les ingénieurs génétiques d’aujourd’hui (et comme Wang l&#8217;a réalisé), mais la réécriture de génomes entiers. </p>
<p>À l&#8217;heure actuelle, appliquer d&#8217;importants changements même sur le plus petit génome est extrêmement coûteux et laborieux. Ainsi, comme nous rappelle encore le <i>New Scientist</i>, lorsque Craig Venter a, l&#8217;an dernier, réussi à remplacer le génome d&#8217;une bactérie par son équivalent synthétique, cela lui a réclamé 400 années de travail en temps humain et a coûté autour de 40 millions de dollars. </p>
<p>Si la &#8220;machine à évolution&#8221; se montrait capable d&#8217;accélérer ce processus (et d&#8217;en réduire le coût), cela pourrait amener à une accélération de la manipulation du génome humain, avec toutes les questions éthiques que cela pose. Church travaille déjà dessus, à travers une recherche financée par l&#8217;Institut national américain du génome, destinée à créer une multitude de cellules humaines pour voir quelles variations pourraient être à l&#8217;origine de maladies. <i>&#8220;Nous aimerions, explique-t-il, développer les ressources afin que les gens puissent rapidement tester des hypothèses sur le génome humain en en synthétisant de nouvelles versions.&#8221;</i></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/biotechnologies/" title="biotechnologies" rel="tag nofollow">biotechnologies</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/singularite/" title="singularité" rel="tag nofollow">singularité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-artificielle/" title="vie artificielle" rel="tag nofollow">vie artificielle</a><br />
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		<title>Le concours&#8230; et après ?</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 05:45:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aux Etats-Unis (mais pas seulement), le concours pour développer des applications depuis les données publiques ouvertes (cette &#8220;nouvelle forme de mobilisation et d&#8217;innovation politique&#8221; que nous décrivaient Laurence Allard et Olivier Blondeau en 2010) est décidément à la mode. Trop peut-être, rappelle Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar à la suite d&#8217;un article sur la durabilité des applications créées lors de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aux Etats-Unis (mais pas seulement), le concours pour développer des applications depuis les données publiques ouvertes (cette <a href="http://www.internetactu.net/2010/06/10/nouvelles-formes-de-mobilisation-et-dinnovation-politique-le-concours/">&#8220;nouvelle forme de mobilisation et d&#8217;innovation politique&#8221;</a> que nous décrivaient Laurence Allard et Olivier Blondeau en 2010) est décidément à la mode. Trop peut-être, <a href="http://radar.oreilly.com/2011/08/app-contests-sustainability-usability.html">rappelle Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar</a> à la suite d&#8217;<a href="http://radar.oreilly.com/2011/07/app-outreach-and-sustainabilit.html">un article sur la durabilité des applications créées lors de ces concours</a> écrit par Andy Oram qui avait déjà déclenché déjà un vif débat. </p>
<p>Le développeur et militant Waldo Jacquith a récemment <a href="http://waldo.jaquith.org/blog/2011/08/govt-apps-contests/">publié une critique de la mode des concours d&#8217;applications</a>. Selon lui, il y a deux catégories d&#8217;applications : <i>&#8220;celles qui étaient susceptibles d&#8217;exister six mois plus tard et celles qui ne l&#8217;étaient pas&#8221;</i>. C&#8217;est pourtant plutôt sur les premières que le concours agit. Selon lui, le concours a surtout un effet pour les organisateurs qui n&#8217;étaient pas persuadés de la valeur de l&#8217;ouverture de leurs données en leur donnant de l&#8217;inspiration sur la manière de les utiliser. </p>
<p>Clay Johnson, ancien directeur des laboratoires de la Sun Foundation, <a href="http://infovegan.com/2010/06/22/build-communities-not-apps-contests">a préconisé que les institutions publiques mettent l&#8217;accent sur la construction de communautés plutôt que sur les concours d&#8217;applications</a>. <i>&#8220;Que ce soit pour l&#8217;approvisionnement, la presse, ou de la communauté, l&#8217;important est que la date limite du concours d&#8217;application est le début de l&#8217;engagement avec les développeurs, et non pas la fin&#8221;</i>, écrivait-il récemment. </p>
<p>Dan Melton, responsable de la technologie à <a href="http://codeforamerica.org/">Code for America</a>, <a href="http://codeforamerica.org/2011/08/17/scaling-our-movement/">décrit un problème plus profond</a> : en tant qu&#8217;entrepreneurs, les pirates civiques (civic hackers) préconisent un gouvernement ouvert alors que les dirigeants préconisent un meilleur gouvernement. Ce qui n&#8217;est pas forcément la même chose. <i>&#8220;D&#8217;un côté, nous essayons de parvenir à un changement de politique pour un gouvernement plus transparent, efficace et participatif. D&#8217;autre part, nous faisons les outils et les logiciels nécessaires pour y arriver. Nous n&#8217;avons pas encore trouvé le moyen de fusionner les deux mouvements, signe du succès des stratégies d&#8217;organisation.&#8221;</i></p>
<p>Et Melton de dénoncer l&#8217;absence de passage à l&#8217;échelle ou de réplication généralisée. Les concours se démultiplient et aucune application ne se diffuse d&#8217;une manière généralisée. <i>&#8220;Les développeurs répondent aux concours lancés par des décideurs politiques par des centaines de soumissions d&#8217;applications. C&#8217;est bien. Au final, une ou deux applications seront adoptées par l&#8217;entité parrainant le concours, parfois aucune. Mais il est encore bien plus rare que nous voyons la réplication généralisée ou la mise à l&#8217;échelle de ces efforts dans notre propre organisation. (&#8230;) Ce n&#8217;est pas un problème d&#8217;effort, d&#8217;enthousiasme, de temps ou d&#8217;énergie, mais un problème de passage à l&#8217;échelle&#8221;</i>, dénonce Dan Melton en s&#8217;en prenant au manque d&#8217;organisation des hacktivistes. <i>&#8220;Nous le faisons une fois, mais nous ne sommes pas très bons à le faire plusieurs fois. Nous manquons d&#8217;outils pour élargir l&#8217;engagement, la coordination et la réplication&#8221;</i>. <i>&#8220;Si nous sommes un mouvement de </i><a href="http://www.internetactu.net/2011/05/25/makers-12-faire-societe/">makers</a><i> qu&#8217;attendent nos usines pour nous ressembler ?&#8221;</i></p>
<p>Pourtant, les concours évoluent. Nous sommes passés des concours qui devaient montrer ce qu&#8217;il était possible de faire des données à des concours qui se concentrent sur les besoins des citoyens, <a href="http://radar.oreilly.com/2011/08/app-contests-sustainability-usability.html">estime Alex Howard</a>. <a href="http://appsformetrochicago.org/">Le concours pour développer une application pour le métro de Chicago</a> a mis l&#8217;accent sur la durabilité du développement contraignant les participants à utiliser un code source ouvert, offrant une assistance technique et cherchant surtout à relier les communautés avec les développeurs logiciels. <a href="http://waldo.jaquith.org/blog/2011/08/govt-apps-contests/#comments">Pour le développeur Eric Wolf</a> (<a href="http://www.asifanyonecares.com/">blog</a>), les concours peuvent avoir une vraie valeur pour tester l&#8217;infrastructure d&#8217;ouverture des données et mesurer ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas, pour faire du prototypage rapide ou du bêta-test&#8230; </p>
<p>Le gagnant du concours <a href="http://nycbigapps.com/">BigApps NYC</a> &#8211; <a href="http://mycityway.com/">MyCityWay</a> &#8211; vient d&#8217;être financé à hauteur de 5 millions de dollars, un résultat plutôt rare dans le domaine, mais qui montre ce qui peut arriver lorsque les entrepreneurs civiques décident de résoudre un problème pour les citoyens qui n&#8217;a pas été abordé par le marché. L&#8217;un des gagnants de la seconde édition du concours Apps for America est <a href="http://govpulse.us/">GovPulse.us</a>, des développeurs qui ont proposé un meilleur moyen de parcourir les données du <a href="http://www.federalregister.gov/">Registre Fédéral</a> américain, l&#8217;équivalent du <a href="http://www.journal-officiel.gouv.fr/"><i>Journal officiel</i></a> français. Leurs auteurs travaillent depuis à la refonte du site officiel en utilisant l&#8217;open source et les standards ouverts. Le nouveau registre fédéral a même ouvert une interface de programmation. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/Federal-Register.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/Federal-Register.png" alt="Federal Register" title="Federal Register" width="540" height="291" class="alignnone size-full wp-image-14542" /></a><br />
<i>Image : le nouveau site du <a href="http://www.federalregister.gov/">Registre Fédéral</a> américain.</i></p>
<p>Il est temps pour les gouvernements de se concentrer sur la durabilité des applications développées, conclut Alex Howard. La réutilisation des données publiques n&#8217;est donc bien <a href="http://www.internetactu.net/2011/07/27/lavenir-de-la-reutilisation-des-donnees-publiques/">qu&#8217;une étape d&#8217;un processus qui s&#8217;élabore</a>, fait d&#8217;innovation, de structuration et de standardisation, non seulement des données, mais plus encore des pratiques, pour transformer la relation entre administration et administrés. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politique/" title="politique" rel="tag nofollow">politique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a><br />
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		<title>Le rôle des médias sociaux dans les émeutes britanniques</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 09:55:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine n&#8217;est pas à proprement dit une lecture, mais les premières conclusions d&#8217;un travail mené par les journalistes du quotidien britannique The Guardian, travail qui illustre parfaitement cette nouvelle forme de journalisme qu&#8217;on appelle le journalisme de données. En effet, le Guardian est en train de se pencher très sérieusement sur le rôle des réseaux sociaux&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine n&#8217;est pas à proprement dit une lecture, mais les premières conclusions <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/series/reading-the-riots">d&#8217;un travail mené par les journalistes du quotidien britannique <i>The Guardian</i></a>, travail qui illustre parfaitement cette nouvelle forme de journalisme qu&#8217;on appelle le journalisme de données. En effet, le <i>Guardian</i> est en train de se pencher très sérieusement sur le rôle des réseaux sociaux dans les émeutes qui se sont déroulées en Angleterre pendant la deuxième semaine d&#8217;août. Vous savez que Twitter, Facebook et la messagerie instannée de BlackBerry ont été considérés par les autorités britanniques, et par beaucoup de commentateurs, comme des adjuvants à l&#8217;action des émeutiers et des pillards. Au point que deux jeunes garçons ont été condamnés à 4 ans de prison pour avoir posté des incitations à la violence sur leur page Facebook (incitations sans conséquence, mais la justice n&#8217;en a pas tenu compte). Au point que le premier ministre britannique David Cameron a émis l&#8217;idée que les réseaux et sites puissent être fermés en cas de situation d&#8217;urgence. Au point que la secrétaire d&#8217;Etat de l&#8217;Intérieur a reçu jeudi les représentants de Facebook, Twitter et RIM (qui possède BlackBerry) pour évoquer les mesures à prendre. Pas convaincus du lien de cause à effet, les journalistes du <i>Guardian</i> ont entamé un énorme travail de récolte et d&#8217;analyse des données et ils ont livré <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/2011/aug/24/riots-database-twitter-interaction">leurs premières conclusions</a>. </p>
<p>Ces conclusions portent sur 2, 5 millions de Tweets reliés aux émeutes et qui ont été émis entre le 6 et le 17 août. Et ces conclusions sont claires : l&#8217;immense majorité des tweets ont pour fonction de réagir aux événements et aux pillages. Pour s&#8217;en convaincre, il suffit de jeter un oeil sur <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/interactive/2011/aug/24/riots-twitter-traffic-interactive?CMP=twt_gu">la frise chronologique qui les journalistes ont établis ville par ville</a>. On remarque que l&#8217;afflux de tweets est systématiquement postérieur aux événements. L&#8217;hypothèse d&#8217;un usage de Twitter pour mobiliser les émeutiers et organiser les pillages est donc particulièrement mise à mal. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/twitterriotsguardian.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/twitterriotsguardian.png" alt="twitterriotsguardian" title="twitterriotsguardian" width="540" height="337" class="alignnone size-full wp-image-14587" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/interactive/2011/aug/24/riots-twitter-traffic-interactive">la frise interactive des émeutes et des réactions sur les réseaux sociaux par ville</a> réalisée par l&#8217;équipe du </i>Guardian<i>.</i></p>
<p>Par ailleurs, les journalistes notent qu&#8217;une proportion importante de ces tweets consiste au contraire à organiser la mobilisation citoyenne post émeute, à coordonner par exemple les initiatives de nettoyage des quartiers touchés. Ce ne sont bien sûr que des conclusions partielles. Il reste beaucoup de données à traiter, ce que le <i>Guardian</i> promet de faire dans les semaines à venir, mais il est intéressant que ces premières conclusions aillent à l&#8217;encontre des discours entendus en Grande-Bretagne, et pas seulement.</p>
<p>Le travail du <i>Guardian</i> est à mettre en lien avec <a href="http://owni.fr/2011/08/19/censure-reseaux-sociaux-londres-cameron-ukriots/">un article</a> que les sociologues <a href="http://www.bodyspacesociety.eu/">Antonio Casilli</a> et <a href="http://paolatubaro.wordpress.com/">Paola Tubaro</a> ont publié le 19 août sur Owni.fr. Ils n&#8217;avaient pas en possession les premiers travaux du <i>Guardian</i> mais s&#8217;interrogeaient malgré tout sur le lien entre réseaux sociaux et émeutes. Leur argumentation tient en plusieurs points. D&#8217;abord, ils notent avec un sourire le fait que les thuriféraires du rôle de Twitter et Facebook pendant les printemps arabes sont les mêmes que ceux qui demandent leur fermeture en cas d&#8217;émeute en Grande-Bretagne. Comme quoi, la conception qu&#8217;on a de la censure et de la démocratie est à géométrie variable, et à géographie variable. Mais surtout, Antonio Casilli et Paola Tubaro s&#8217;appuient sur les modélisations de la violence civile par la simulation multi-agents. Je vous passe l&#8217;explication de la méthode pour aller directement à la conclusion : restreindre la diffusion de l&#8217;information dans une ville en proie à des violences n&#8217;est pas le gage de la disparition de ces violences. Au contraire, il semblerait même qu&#8217;un maintien de la communication ouverte entre les acteurs soit le gage d&#8217;un apaisement plus durable.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas mettre là un point final aux discussions sur le rôle des réseaux sociaux et autres messageries instantanées dans les émeutes, mais de noter qu&#8217;il est sans doute plus complexe que ce qu&#8217;on a en dit sur le moment. On gardera donc un oeil sur les travaux à la fois des journalistes du <i>Guardian</i> et des chercheurs en sciences sociales.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission (que vous retrouverez désormais chaque samedi de 18h10 à 19h).</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-la-societe-de-l-anticipation-2011-09-03.html">L’émission du3 septembre 2011</a> était consacrée à la question de l&#8217;anticipation, c&#8217;est-à-dire à l’aptitude à prévoir nos comportements, nos attitudes, nos goûts et nos dégoûts, en compagnie d&#8217;Eric Sadin, auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/société-lanticipation-Eric-Sadin/dp/2916940340/internetnet-21">La société de l&#8217;anticipation</a></i>, aux <a href="http://www.inculte.fr/">éditions inculte</a> : un ouvrage théorique auquel fait écho une oeuvre littéraire, <a href="http://www.amazon.fr/quatre-couleurs-lapocalypse-Eric-Sadin/dp/2916940359/internetnet-21"><i>Les Quatre Couleurs de l’apocalypse</i></a>, qui vient également de paraître aux éditions inculte. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/datajournalisme/" title="datajournalisme" rel="tag nofollow">datajournalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/journalisme/" title="journalisme" rel="tag nofollow">journalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Mode pause</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2011 15:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Image : baigneurs dieppois par Postaletrice.
Comme chaque année, InternetActu.net débranche pour l&#8217;été. 
N&#8217;oubliez pas que &#8220;quand il se repose, l’esprit est vraiment moins exigeant avec lui-même&#8221;, alors ne le laissez pas reposer trop longtemps. Lisez des livres. Ecoutez de bons podcasts. Redécouvrez nos archives. 
Bonnes vacances à ceux qui partent, bon courage à ceux qui restent. On vous retrouve&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/dieppebaigneurs.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/dieppebaigneurs.jpg" alt="dieppebaigneurs" title="dieppebaigneurs" width="540" class="alignnone size-full wp-image-14457" /></a><br />
<i>Image : baigneurs dieppois par <a href="http://www.flickr.com/photos/postaletrice/3326840726/">Postaletrice</a>.</i></p>
<p>Comme chaque année, InternetActu.net débranche pour l&#8217;été. </p>
<p>N&#8217;oubliez pas que <a href="http://www.internetactu.net/2010/08/23/ce-quil-y-a-de-bon-dans-la-deconnexion/"><i>&#8220;quand il se repose, l’esprit est vraiment moins exigeant avec lui-même&#8221;</i></a>, alors ne le laissez pas reposer trop longtemps. <a href="http://www.internetactu.net/librairie-dinternetactu/">Lisez des livres</a>. <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Ecoutez de bons podcasts</a>. <a href="http://www.internetactu.net/archives/">Redécouvrez nos archives</a>. </p>
<p>Bonnes vacances à ceux qui partent, bon courage à ceux qui restent. On vous retrouve à la rentrée. </p>
]]></content:encoded>
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		<title>Comment les technologies du passé peuvent-elles éclairer notre avenir ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/07/25/comment-les-technologies-du-passe-peuvent-elles-eclairer-notre-avenir/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jul 2011 07:56:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La haute technologie est-elle une voie sans issue pour résoudre les problèmes auxquels notre société est confrontée ? Comment peut-on utiliser les technologies du passé pour résoudre les problèmes de demain ? C’est la question qu’a relevé Kris de Decker de Low Tech Magazine et No Tech Magazine. 
Le plus souvent, pour concevoir une société durable, on ignore les technologies&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La haute technologie est-elle une voie sans issue pour résoudre les problèmes auxquels notre société est confrontée ? Comment peut-on utiliser les technologies du passé pour résoudre les problèmes de demain ? C’est la question qu’a relevé Kris de Decker de <a href="http://www.lowtechmagazine.com/">Low Tech Magazine</a> et <a href="http://www.notechmagazine.com/">No Tech Magazine</a>. </p>
<p>Le plus souvent, pour concevoir une société durable, on ignore les technologies anciennes. On s’en moque. On regarde de haut les technologies de nos ancêtres. Mais ce dédain n’est pas toujours justifié, car la haute technologie n’a pas le monopole des technologies innovantes, rappelle Kris de Decker. <a href="http://www.lowtechmagazine.com/2007/12/email-in-the-18.html">Le télégraphe optique permettait d’envoyer des messages textuels à travers toute l’Europe</a> à une vitesse de 1200 km/h, sans électricité. <i>“Je ne viens pas vous dire qu’il faut remplacer l’internet par le télégraphe optique, mais pour vous montrer que les anciennes technologies recèlent peut-être des solutions pour l’avenir”</i>.  </p>
<p>Kris de Decker évoque alors une technologie de construction qui date de plus de 700 ans permettant de <a href="http://www.lowtechmagazine.com/2008/11/tiles-vaults.html">bâtir des voûtes avec des tuiles</a> et d’économiser beaucoup d’énergie dans la construction. Cette technologie a récemment été réutilisée <a href="http://www.notechmagazine.com/2009/12/timbrel-vaulting-in-south-africa-by-peter-rich-architects.html">dans la construction d’un musée en Afrique du Sud</a>, pour bâtir une structure légère et très isolante. On peut donc utiliser d&#8217;anciennes technologies avec de nouveaux matériaux ou adapter d&#8217;anciens concepts à des technologies modernes. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/krisdedeckerlift2011.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/krisdedeckerlift2011.png" alt="krisdedeckerlift2011" title="krisdedeckerlift2011" width="540" height="360" class="alignnone size-full wp-image-14442" /></a><br />
<i>Image : Kris de Decker sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/swannyyy/5923474424/in/photostream/">photographié par Swannyyy</a>.</i></p>
<p>Pour Kris de Decker, notre approche actuelle de la technologie est vouée à l’échec parce qu’elle dépend énormément des carburants fossiles. Certains envisagent même d’utiliser l’ingénierie la plus sophistiquée pour combattre le réchauffement climatique par exemple… (voir notre dossier : <a href="http://www.internetactu.net/2009/10/07/geo-ingenierie-lultime-recours-13-un-tabou-seffondre/">Géo-ingénierie, l&#8217;ultime recours ?</a>) Mais surtout, même les technologies durables qu’on envisage pour remédier au problème énergétique ont besoin d’énergie fossile pour fonctionner et être fabriquées. Le silicium des panneaux solaires, les structures en aluminium des éoliennes, les voitures électriques… la plupart des technologies vertes sont énergétiquement coûteuses à fabriquer. Il faut beaucoup de chaleur pour fabriquer l’acier et le silicium qui les composent. Les panneaux solaires ont une durée de vie limitée, les piles de stockage des énergies renouvelables également. <i>&#8220;Nous allons donc avoir besoin de carburant fossile pour faire fonctionner une société fondée sur les énergies renouvelables. Ce qui signifie que les coûts de production des technologies écologiques vont croitre avec l’explosion des coûts des carburants fossiles.&#8221;</i> <a href="http://www.lowtechmagazine.com/ecotech-myths.html">Les écotechnologies reposent trop souvent sur des mythes</a>, dénonce le journaliste. </p>
<p>L&#8217;efficience énergétique, en fait, ne nous fait pas économiser d’énergie (voir <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/20/lenergie-renouvelable-doit-elle-etre-gratuite/">L&#8217;efficience énergétique est un leurre</a>). La plupart du temps, elle entraine au contraire une plus grande consommation énergétique. Si on regarde l’histoire de l’automobile, on constate qu’<a href="http://www.lowtechmagazine.com/2008/06/citroen-2cv.html">on n’a pas construit de voitures plus efficaces énergétiquement que la 2 CV de Citroën</a>, inventée il y a 60 ans, estime Kris de Decker. <i>&#8220;En fait quand on y regarde de plus près, elle consommait moins que la plus petite voiture actuelle du même fabricant. Certes, nos moteurs actuels consomment moins, mais on a ajouté de la vitesse, du poids, du confort, de l’électronique… En terme de consommation kilométrique, on n’a pas fait de progrès.&#8221;</i> Nous ne saurions pas produire de 4&#215;4 sans les progrès de l’efficacité des moteurs. Au final, nous n’avons pas fait d’économie d’énergie. Certes, l’efficience énergétique apporte beaucoup d’avantages : elle nous permet de conduire des voitures plus grandes, plus rapides, plus confortables d’avoir accès à des ordinateurs plus puissants et plus nombreux… <i>&#8220;Mais nous sommes toujours autant si ce n’est plus dépendants des carburants fossiles&#8221;</i>, alors qu’on devrait l’être moins. </p>
<p><i>&#8220;En changeant notre mode de vie, nous pensons souvent que nous allons être contraints de retourner à des modes de vies moins confortables. Mais ce n’est peut-être pas le cas. Peut-être qu’il faut seulement essayer de trouver une technologie plus raisonnable. Un moteur d’aujourd’hui dans une 2 CV d&#8217;antan serait la voiture la plus économique du monde et serait certainement même plus efficace que les voitures électriques. Certes, nous ne pourrions peut-être pas aller plus vite qu’à 60 km/h, ce qui est plus lent que les technologies d’aujourd’hui, mais qui reste plus rapide que la marche à pied à laquelle nous serons peut-être réduits un jour si rien ne change.&#8221;</i></p>
<p>On peut bien sûr appliquer ces stratégies à d’autres technologies que la voiture, estime Kris de Decker en poursuivant sa démonstration. </p>
<p>On peut ainsi apprendre beaucoup de la production et du stockage de l’énergie avant la révolution industrielle. A partir de 1100,  <a href="http://www.lowtechmagazine.com/2009/10/history-of-industrial-windmills.html">l’Europe est devenue la première civilisation à utiliser les moulins à eaux et à vent</a> à une grande échelle, et ce, jusqu’au début de la révolution industrielle : on a compté jusqu’à 200 000 moulins à vent et 500 000 moulins à eau. A partir de 1600, les usages de ces moulins (qui servaient surtout à moudre du grain et pomper de l’eau) se sont diversifiés. On les a utilisés pour couper du bois, faire du verre, du papier, des tuyaux… On a recensé plus d’une centaine de processus industriels alimentés par le vent ou l’eau fin XVIIIe. </p>
<p>Le problème de ces formes d’énergie repose sur le stockage. Ces formes d’énergie ne sont pas continues. Au Moyen Age, l’une des solutions consistait à utiliser une autre forme d’énergie comme la puissance animale pour faire actionner les roues quand l’eau ne coulait pas ou le vent ne soufflait pas… Mais les animaux ont besoin d’aliments et de terre agricole ce qui nécessite plus d’animaux encore et plus d’énergie ce qui explique ce cette alternative n’ait été utilisée que pour l’alimentation. </p>
<p>Nos ancêtres utilisaient une autre stratégie : ils stockaient le travail plutôt que l’énergie. Ils n’avaient pas besoin d’énergie 24h/24. Le meunier travaillait tous les jours, qu’il y ait du vent ou pas, même le dimanche. Quand il n’y avait pas de vent, il faisait autre chose : entretenait son moulin par exemple. De même pour les bateaux à voiles, qui ont longtemps été le plus important moyen de transport : quand il n&#8217;y avait pas de vent, les marins réparaient les bateaux ou restaient à terre. On pourrait appliquer cette même solution de stockage pour les objets modernes. Si on stockait le travail plutôt que l’énergie, cela réduirait de beaucoup l’infrastructure énergitivore de stockage (piles, réseaux…), estime Kris de Decker. </p>
<p><i>&#8220;Bien sûr dans ce cas, quand il n’y pas de vent ou pas d’eau, le système ne fonctionne pas ! C’est le prix à payer de ce système. La production serait plus limitée. Mais la surproduction et la surconsommation des produits sont aussi ce qui explique la crise environnementale et énergétique que nous connaissons.&#8221;</i></p>
<p>Il y a plein de choses à apprendre de l’époque préindustrielle, explique convaincu Kris de Decker. Notamment dans le fait que l’énergie mécanique dépendait directement de l’énergie produite. Aujourd’hui, les éoliennes sont des processus mécaniques qui produisent de l’énergie électrique qui est ensuite retransformée en énergie mécanique. Or c’est un procédé plutôt inefficace. Pourrait-on se passer de l’étape de production électrique ? Certes, reconnait-il, certains appareils modernes ne peuvent pas être alimentés par des systèmes mécaniques, comme les ordinateurs ou les écrans (quoique, certains systèmes savent le faire : on peut allumer une lampe ou recharger un appareil électronique via une action mécanique capable de produire suffisamment d’énergie pour une utilisation courte comme l&#8217;illustrait <a href="http://www.potenco.com">Potenco</a> imaginé <a href="http://www.internetactu.net/2008/03/31/saul-griffith-repondre-au-changement-climatique-est-un-probleme-dingienierie/">par Saul Griffith</a>). </p>
<p><i>&#8220;Le solaire est un autre moyen de produire de l’électricité. Cela nous donne une ressource alternative et inépuisable permettant de produire de la chaleur. Le problème est qu’elle n’en produit pas suffisamment. Pourtant, l’énergie solaire concentrée, elle, pourrait peut-être nous aider à trouver des solutions&#8221;</i>. Inventée au XIXe siècle, elle est peu utilisée ailleurs que dans le désert. Récemment une installation française a essayé de la réinventer, explique le journaliste en faisant référence à un four solaire capable d’atteindre les 500 degrés permettant donc d’avoir une chaleur suffisante pour produire de l’aluminium et donc de construire d’autres cellules solaires et donc d’autres machines solaires, sans utiliser d’énergie fossile. </p>
<p><i>&#8220;Certes, votre solution est séduisante et semble bien fonctionner pour de petites communautés, pour de petites unités de production&#8221;</i>, demande l’animateur, Daniel Kaplan. <i>&#8220;Mais est-ce réaliste pour des milliards de gens ?&#8221;</i> <i>“Ca pourrait marcher à n&#8217;importe quelle échelle”</i>, répond convaincu Kris de Decker. <i>&#8220;On a juste l’impression que c’est moins efficace. Mais utiliser l’énergie directe par exemple nécessite de produire beaucoup moins d’énergie et beaucoup moins d’installation… Ce qui est bien sûr contradictoire avec la logique industrielle…  et le problème est peut-être plutôt là ! Comment changer de logique ? Reste que nous avons encore besoin de beaucoup d’innovation pour faire fonctionner les sources d’énergie intermittentes dans des processus industriels !&#8221;</i></p>

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