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	<title>InternetActu.net &#187; Archivage/stockage</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>Vers des livres vivants</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 07:20:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s’agit d’un article du bi-mensuel américain The New Republic, signé Laura Bennett et intitulé &#8220;L’internet est-il en train de transformer les livres en d’éternels work-in-progress ?&#8221;
&#8220;Richard North Patterson se souvient de l’instant où il a appris la mort d’Oussama Ben Laden. Il était en train de regarder la télévision, c’était un dimanche soir,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s’agit d’un article du bi-mensuel américain <i>The New Republic</i><i>, signé Laura Bennett et intitulé <a href="http://www.tnr.com/article/books/95218/ebooks-publishing-Richard-Patterson">&#8220;L’internet est-il en train de transformer les livres en d’éternels <i>work-in-progress ?&#8221;</i></a></i></p>
<p>&#8220;<a href="http://www.richardnorthpattersonbooks.com/">Richard North Patterson</a> se souvient de l’instant où il a appris la mort d’Oussama Ben Laden. Il était en train de regarder la télévision, c’était un dimanche soir, deux jours avant la sortie de son dernier roman, <i>The Devil’s light</i>, dans lequel Al Qaeda planifie une attaque nucléaire sur l’Amérique pour le dixième anniversaire du 11 septembre. Wolf Blitzer, le journaliste de CNN, a annoncé le visage grave une information essentielle pour la sécurité nationale. Immédiatement, Patterson a su : &#8220;je me suis assis dans un état catatonique, se souvient-il, je pouvais voir le train qui me fonçait dessus, mais je ne pouvais ni parler ni bouger&#8221;. Dans son livre, Ben Laden était parfaitement en vie, ourdissant des complots meurtriers depuis une grotte de l’ouest du Pakistan. Patterson, auteur de plus de 15 thrillers politiques, dont plusieurs best-sellers – a instantanément compris que son livre était mal parti. &#8220;Je suis le seul Américain qui ait souffert de la mort de Ben Laden, a-t-il dit, en général, je suis prêt à me sacrifier pour l’équipe. J’espérais juste qu’il le garderait au frigo pendant un mois.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/woodenkindle.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/woodenkindle.png" alt="woodenkindle" title="woodenkindle" width="540" height="402" class="alignright size-full wp-image-14838" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.evilmadscientist.com/article.php/kindling">Un livre électronique de bois</a>, seule solution pour figer l&#8217;édition, photographié par <a href="http://www.flickr.com/photos/oskay/3470579202/in/set-72157617158361291/">Will Oskay</a>.</i></p>
<p>Mais, reprend Laura Bennet, à l’ère du livre numérique, tout cela est réparable. Patterson, avec son agent et son éditeur, ont décidé de franchir une étape inédite pour un livre de fiction : ils ont décidé de sortir une version numérique révisée pour aligner l’intrigue sur les événements les plus récents.</p>
<p>Patterson a passé des heures à parcourir les méandres du texte, à identifier toutes les références au chef d’Al Qaeda, à triturer des passages pour rendre bien clair le fait que Ben Laden n’était plus dans le paysage. La phrase &#8220;Mais si une de nos villes disparaît le 11 septembre, Ben Laden sera l’homme le plus puissant sur terre&#8221; est devenue &#8220;Mais si une de nos villes disparaît le 11 septembre, Ben Laden sera encore l’homme le plus puissant sur terre, même mort&#8221;. Une scène dans laquelle le leader d’Al Qaeda apparaissait à la télévision consiste maintenant en un message pré-enregistré dans lequel Ben Laden s’adresse au monde depuis l’au-delà. Et le livre est donc sorti le 16 août dans sa forme numérique, promptement mis à jour.</p>
<p>Il est évident qu’il n’a pas été toujours aussi facile pour un livre de rester pertinent après des événements inattendus ayant sapé ses prémisses. Norman Angell, rappelle Laura Bennet, a publié <i>La grande illusion</i> en 1908, expliquant que la guerre ne serait pas profitable et donc peu probable dans un avenir proche ; quand la guerre a éclaté en 1914, les critiques se sont jeté sur cette thèse et Angell a passé les années qui ont suivi à publier des éditions réactualisées de son livre dans une lutte éperdue pour montrer qu’il n’avait pas écrit que la guerre était &#8220;impossible&#8221;.</p>
<p>Aujourd’hui, les livres numériques ont fait du bricolage après publication une nouvelle pratique. Amazon envoie des mails aux clients pour les informer des mises à jour du texte d’un livre dont ils ont acheté me fichier. Le livre numérique pourrait-il devenir un contenu mouvant qui évolue selon les circonstances, indépendant du livre dont il est issu ? Est-ce le signe que les attentes que nous projetons dans les livres sont passées d’un produit fini à un perpétuel <i>work-in-progress</i> – ou s’agit-il juste de la conclusion logique d’une longue tradition de textes multiples et instables ?</p>
<p>La &#8220;stabilité textuelle&#8221;, pour emprunter cette expression à l’historien Robert Darnton, n’a jamais vraiment existé dans le monde de l’édition. Voltaire a publié tant d’addenda et d’éditions corrigées de ses livres que certains lecteurs frustrés ont refusé d’acheter ses œuvres complètes avant sa mort. La version du 18e siècle de l’encyclopédie de Diderot, qui a largement circulé, comptait des centaines de pages qui n’étaient pas incluses dans l’édition originale. Au 19e siècle, le compositeur français Ambroise Thomas a écrit une fin différente à son opéra Hamlet pour ne pas repousser ceux qui trouvaient l’effusion de sang un peu trop gore.</p>
<p>Les chercheurs, depuis des générations, ont sorti des deuxièmes, troisièmes, et quatrièmes éditions de leurs textes pour rectifier des informations dépassées. Et certains auteurs de fiction ont même profité de nouvelles éditions pour moderniser des anachronismes. Quand le roman de Paul Wilson, <i>The Tomb</i>, sorti en 1984, a été republié en 2004, il a retiré la mention de &#8220;magnétoscope&#8221; pour lui préférer un &#8220;lecteur de DVD&#8221;…</p>
<p>Un exemple plus sinistre est celui de la grande encyclopédie soviétique, dont on sait qu’elle a été manipulée par les idéologues communistes. Dans les années 50, après la chute de Beria, le chef de la police secrète de Staline, tous les détenteurs d’une encyclopédie furent enjoints de retirer l’entrée Beria et de la remplacer par un article allongé sur le détroit de Bering.</p>
<p>Donc, faire subir des ajustements à un livre pour le faire passer d’une époque à une autre n’est pas nouveau. La différence avec le livre numérique, bien sûr, c’est la vitesse et la facilité de la révision. La version numérique de <i>The Devil’s Light</i>, avec ses corrections, est sortie quelques mois après la version papier dans laquelle Ben Laden était encore un personnage du livre ; la version poche, elle aussi corrigée par Patterson, ne sera pas publiée avant 2012.</p>
<p>C’est probablement ce qui explique pourquoi – à en juger par les nombreuses propositions d’éditions Kindle réactualisées mises à disposition par Amazon – le livre numérique semble provoquer un nouvel enthousiasme pour le peaufinage de contenu après publication.</p>
<p>L’enjeu ici, pourrait-on considérer, c’est la question de l’intégrité du livre : quand un texte est-il achevé ? Tout livre publié est nécessairement un produit quelque peu arbitraire ; la plupart des auteurs pourraient continuer à le bricoler. Mais passer sous presse exige qu’un livre soit terminé, du moins pour le moment. Ce fait nous a donné quelques-unes des plus jolies &#8220;erreurs&#8221; de l’histoire. La référence de Shakespeare à la côte bohémienne dans <i>Le Conte d’hiver</i> – alors que le royaume de Bohème était enserré dans le centre de l’Europe – a fait de la mer de Bohème le symbole d’une utopie impossible. On ne sait pas si Shakespeare a fait express de contrefaire sa géographie ou s’il aurait localisé différemment cette côte si la technologie le lui avait permis.</p>
<p>Il s’agit d’une autre différence importante entre un livre numérique remis à jour et une édition imprimée révisée, au-delà du temps et du coût : dans la première, la révision remplace littéralement le livre qui précède. Une fois téléchargé, dans la plupart des cas, un nouveau livre numérique supplante la version originale, comme si la première version n’avait jamais existé – un livre numérique élimine le souvenir de qui l’a précédé. L’édition semble avoir embrassé l’éthos de la blogosphère, avec ses métamorphoses continuelles, sa suppression immédiate de la désinformation. Il n’est pas difficile d’imaginer un monde de livres vivant sur des cycles de 24 heures, évoluant en intégrant de nouveaux faits.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-cyborg-philosophie-2011-10-08.html">L’émission du 8 octobre 2011</a> était consacrée à la figure du Cyborg en compagnie du philosophe Thierry Hoquet qui vient de publier aux éditions du Seuil <i><a href="http://www.amazon.fr/Cyborg-philosophie-Penser-contre-dualismes/dp/2021025128/internetnet-21">Cyborg philosophie</a></i>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag nofollow">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a><br />
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		<title>Brewster Kahle, Internet Archive : &#8220;Le meilleur du web est déjà perdu&#8221;</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 05:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le dernier numéro de Place de la Toile, Xavier de la Porte recevait Brewster Kahle, fondateur depuis 1996 et président de l&#8217;Internet Archive, cette organisation non gouvernementale américaine à but non lucratif consacrée à l’archivage du Web. Pour traduire ses propos, l&#8217;équipe de Place de la Toile a rédigé le transcript de son interview. Pour ceux qui ne l&#8217;auraient&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-archiver-le-web-le-hacking-artistique-de-ztohoven-2011-06-26.html">Dans le dernier numéro de Place de la Toile</a>, Xavier de la Porte recevait Brewster Kahle, fondateur depuis 1996 et président de l&#8217;<a href="http://www.archive.org/">Internet Archive</a>, cette organisation non gouvernementale américaine à but non lucratif consacrée à l’archivage du Web. Pour traduire ses propos, l&#8217;équipe de <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> a rédigé le transcript de son interview. <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-archiver-le-web-le-hacking-artistique-de-ztohoven-2011-06-26.html">Pour ceux qui ne l&#8217;auraient pas déjà écouté</a>, le voici. L&#8217;occasion de revenir sur le rôle de l&#8217;archivage du web dans un monde où la circulation de l&#8217;information est toujours plus rapide et durée de vie de l&#8217;information toujours plus courte. </p></blockquote>
<p><strong>Place de la Toile : Qu’est-ce que l&#8217;<a href="http://www.archive.org/">Internet Archive</a>, et comment fonctionne-t-elle ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> L&#8217; Internet Archive est une bibliothèque numérique à but non lucratif. Elle est située aux États-Unis et sa visée, à la fois sociale et technologique, est de permettre un accès universel à l&#8217;ensemble de la connaissance : tous les livres, toute la musique, toutes les vidéos, accessibles partout, par tous. Notre but est de collecter le travail de l&#8217;humanité et de le rendre accessible à ceux qui voudraient l’utiliser pour s’instruire. Notre base, c’est ce qui a été publié, c&#8217;est-à-dire les choses qui ont été pensées pour être publiques : un livre, une page web ou un billet de blog ; même les tweets&#8230; A l&#8217;inverse, le contenu de Facebook est censé être privé&#8230; et de fait ça devient plus confus quand on aborde des publications qui s&#8217;adressent à une certaine communauté&#8230; On se cantonne par conséquent au domaine public : donc les blogs, oui, c&#8217;est fondamental, les tweets, Flickr ou Youtube&#8230; Mais Facebook et autres communautés privées, c&#8217;est pour une prochaine étape du projet, qui supposerait des conditions d&#8217;accès différentes&#8230;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Brewster-Kahle.JPG"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Brewster-Kahle.JPG" alt="Brewster Kahle" title="Brewster Kahle" width="580" /></a><br />
<i>Image : Brewster Kahle par l&#8217;équipe de #pdlt.</i></p>
<p>Pour donner une idée de l&#8217;étendue de ce projet : la bibliothèque du Congrès, c&#8217;est une collection de 26 millions de livres. Un livre, en document Word, représente 1 mégaoctet &#8211; &#8230;dans l&#8217;ordre méga, giga, téra&#8230; &#8211; donc 26 millions de livres, ça nous fait 26 téraoctets&#8230; Or désormais, dans le magasin du coin, vous pouvez acheter un disque dur de 2 téraoctets pour environ 150 euros ; si vous achetez 13 de ces disques durs &#8211; ça rentre dans un caddie ! -, vous pouvez disposer de tous les livres de la bibliothèque du Congrès&#8230; A condition de respecter les étapes de la numérisation, il est donc possible de disposer de tout ce qui a jamais été publié : livres, musique, vidéo, et même les pages web et la télévision en ligne.</p>
<p>En ce qui concerne les pages web, on utilise un <i>crawler</i> semblable à celui des moteurs de recherche comme Google, c&#8217;est-à-dire un robot qui parcoure les pages, les télécharge, les entrepose, puis repère les liens qui s&#8217;y trouvent et les ajoute a une liste. On répète alors le processus avec les pages auxquelles renvoient les liens de cette liste, etc. jusqu&#8217;à épuisement.</p>
<p>Eh oui, c&#8217;est sûr, au final on rate beaucoup de choses, mais on tente d&#8217;avoir la meilleure collection possible. Car la durée de vie moyenne d&#8217;une page web avant qu&#8217;elle ne soit supprimée ou modifiée est d&#8217;environ 100 jours ! &#8230; Le web est constamment en train d&#8217;évoluer et de disparaître : on peut dire qui si on s’en tient aux statistiques, le meilleur du web est déjà perdu&#8230;</p>
<p>Quant a ceux qui veulent échapper au <i>crawler</i>, hé bien il existe des conventions qui sont utilisées par les moteurs de recherche pour dire au robot de passer son chemin : cela s&#8217;appelle <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_d'exclusion_des_robots">les protocoles d&#8217;exclusion des robots</a>.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Comment cette Archive en ligne est-elle financée ? Je pense notamment au rôle joué par la Fondation Kahle/Austin, que vous avez fondée avec votre femme ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> L&#8217;Internet Archive, à l&#8217;heure actuelle, c&#8217;est environ 200 personnes dont 50 programmeurs, bibliothécaires et administrateurs, et 150 personnes qui scannent des livres&#8230; 23 bibliothèques dans 6 pays différents travaillent à cette numérisation. Le coût, pour l&#8217;ensemble de l&#8217;organisation, ordinateurs compris, est d&#8217;environ 15 millions de dollars par an. Les fonds proviennent des bibliothèques nationales qui nous donnent de l&#8217;argent pour archiver le web de leur pays et leur livrer, et aussi des plus petites qui nous payent 10 cents pour chaque page scannée &#8211; c&#8217;est bien meilleur marché qu&#8217;ailleurs, sachant que les pages sont accessibles en permanence ; on numérise ainsi 1000 livres par jour : ça représente 7 millions de dollars sur l’année. On reçoit aussi quelques subventions fédérales pour la bande passante, et les Fondations, elles, financent de nouveaux projets, comme la fondation « Kahle-Austin » qui s&#8217;assure avant tout que la lumière reste allumée.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Tant qu’elle le reste, le volume de données augmente de 100 téraoctets par mois, je crois : autant dire que la tâche semble infinie. D’où ma question Brewster Kahle, ne craignez-vous pas d’atteindre une masse critique ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> On essaie de construire la bibliothèque d&#8217;Alexandrie, 2e version. La première version avait deux limites que l&#8217;on voudrait éviter cette fois-ci : d’abord, pour consulter, on devait se déplacer à Alexandrie, merveilleux centre de la connaissance du monde ancien. A présent nous voulons rendre cette connaissance accessible à tous, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un enfant kenyan – ou français – qui s’intéresserait aux mathématiques et voudrait accéder d’où il veut, quand il veut, aux conférences de la Sorbonne ou de Harvard. C’est un projet gigantesque&#8230; je ne pense pas qu&#8217;il y ait un risque de saturation.</p>
<p>L&#8217;autre limite bien connue de la bibliothèque d&#8217;Alexandrie, hé bien c&#8217;est d&#8217;avoir&#8230; brulé. Elle a existé environ 500 ans ce n&#8217;est pas négligeable, mais si des copies avaient été faites, les œuvres cachées d&#8217;Aristote ou les autres pièces de théâtre d&#8217;Euripide seraient encore disponibles. Comment éviter cela ? Enfouir ces œuvres dans le désert, ou les copier et les mettre dans plusieurs endroits ?! Si des copies d’Alexandrie avaient été entreposées en Inde ou en Chine, elles auraient été sauvées, car pendant que l&#8217;Europe connaissait alors des temps sombres, ces civilisations, elles, s&#8217;en sortaient très bien&#8230;</p>
<p>Aujourd&#8217;hui on est à San Francisco, ville connue pour ses tremblements de terre : donc, on a mis des copies partielles de nos fichiers à Amsterdam, ici à l&#8217;<a href="http://www.europarchive.org/">European Archive</a> et aussi dans la nouvelle bibliothèque d&#8217;Alexandrie, en Égypte. Voilà notre stratégie à long terme : le tout c&#8217;est d&#8217;avoir un ego enclin au partage…</p>
<p><strong>Place de la Toile : Ego qui lui, ne serait pas vraiment en partage si je vous comprends bien&#8230; C&#8217;est vrai qu&#8217;Internet Archive n’est pas le seul projet de bibliothèque numérique… or il y a forcément des contenus qui se recoupent entre ces différents projets : n’auriez-vous pas plutôt intérêt à unir vos efforts ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong>  Si seulement on pouvait travailler ensemble&#8230; Mais pour cela il faut un certain degré d&#8217;ouverture. <a href="http://www.oclc.org">OCLC</a> ne nous a pas offert ses fichiers qui contiennent les catalogues de titres de toutes les bibliothèques du monde&#8230; Ils ne l&#8217;ont pas rendu vraiment utilisable par le public sur internet&#8230; Donc, nous avons dû trouver une autre solution : et on a construit <a href="http://openlibrary.org/">OpenLibrary.org</a>, un site où chaque livre dispose de sa page web et où les bibliothèques peuvent envoyer leur catalogue respectif. C&#8217;est un site amusant, car il fonctionne en mode wiki, c&#8217;est une sorte de Wikipédia des livres&#8230; On espère pouvoir un jour fusionner avec le catalogue OCLC&#8230;</p>
<p>Google a aussi opté pour une approche privée, mais comme bon nombre des livres que Google a numérisé relèvent du domaine public, des gens se sont mis à les télécharger dans l&#8217;Internet Archive&#8230; On voudrait encourager cela, c&#8217;est une super idée ! On a pu ainsi récupérer environ 800 000 livres, mais il y en a encore un million qui attend, donc si vos auditeurs veulent faire quelque chose : &#8220;s&#8217;il vous plaît, téléchargez des livres du domaine public dans le monde OpenSource, dans le monde du libre&#8230;&#8221;</p>
<p>En un sens c&#8217;est un d&#8217;affrontement du type Microsoft VERSUS Linux : d&#8217;un côté ceux qui veulent contrôler l&#8217;information, de l&#8217;autre ceux qui s&#8217;emploient à la garder libre et ouverte&#8230;</p>
<p>Le monde du libre &#8211; Linux, Wikipédia, Internet Archive, Mozilla qui fabrique Firefox, la fondation Linux &#8211; tout ce monde s&#8217;en sort très bien&#8230; cet univers non lucratif qui paie les gens pour leur travail, et les bibliothèques qui paient les gens et les éditeurs s&#8217;en sortent très bien sur internet. Nous on voudrait plus de données interconnectées, une création plus active, et moins de barrières entre les informations&#8230; Je pense que même les organisations qui cherchent le profit sont en mesure de laisser leurs contenus ouverts et disponibles, tout en continuant à rapporter de l&#8217;argent a leurs actionnaires&#8230; Bon&#8230; maintenant, il suffit d&#8217;y aller&#8230;</p>
<p><strong>Place de la Toile : Quelle volonté, quelle philosophie président à cette entreprise immense ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> Juste de construire une bibliothèque ! Il y a beaucoup de gens pour dire que tout est nouveau… qu&#8217;avec toutes ces nouvelles technologies, il n&#8217;y aurait pas besoin de se tourner vers le passé. Je ne pense pas&#8230; : au contraire, grâce à elle, nous devrions tirer les avantages de tout ce que nous avons construit en tant qu&#8217;humain&#8230; Cela peut sembler bizarre d&#8217;avoir une archive internet, une bibliothèque de l&#8217;internet&#8230; ça parait un peu &#8220;rétro&#8221; n&#8217;est-ce pas ? </p>
<p>Mais ça tombe sous le sens&#8230; Il faut juste que nous actualisions ce que nous savons des archives et des bibliothèques. On encourage toutes les structures à le faire, et c&#8217;est quelque chose qui nous enthousiasme beaucoup : on a des réunions avec la Bibliothèque Nationale de France par exemple, à qui on dit : aux États-Unis et au Canada, on commence à prêter en ligne des livres du 21e siècle, mais de telle façon qu&#8217;une seule personne à la fois puisse le lire&#8230; &#8220;Mais, mon dieu, pourquoi faites-vous cela aujourd&#8217;hui, a l&#8217;ère numérique ?!&#8221;</p>
<p>Hé bien, répondent-ils : c&#8217;est une histoire de &#8220;copyright&#8221;&#8230;. On veut juste agir comme une bibliothèque est censée le faire, et pas comme le font les éditeurs : on veut rendre ces livres disponibles en format électronique&#8230;</p>
<p>Je suis très inquiet de l&#8217;oubli du passé. Plus exactement, il ne sera pas oublié, il sera juste insignifiant. Dans les bibliothèques du futur, nos enfants apprendront uniquement avec ce qui est a portée de leurs doigts ; notre mission, en tant qu&#8217;adultes, c&#8217;est d&#8217;y mettre le meilleur ; aujourd&#8217;hui ils apprennent avec internet, mais il ne contient pas le meilleur : pour le mettre entre les mains de nos enfants, il faut le numériser. Il y a bien des choses qui s&#8217;opposent à cette tentative : de vieilles idées pour la plupart, comme le copyright, qui ont besoin d&#8217;être actualisées, de telle façon que les gens soient payés, certes, mais payés en fonction de cette nouvelle conception de l&#8217;accès ; sinon les œuvres finissent par disparaître.</p>
<p>Or il faut les rendre non pas moins accessibles, mais davantage, et trouver de nouvelles façons de rétribuer tout le monde. Donc non, je n&#8217;ai pas peur que les choses disparaissent complètement, mais bien qu&#8217;elles deviennent insignifiantes.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Une célèbre citation du <i>Faust</i> de Goethe dit ceci : “ce que tu hérites acquiert-le, afin de le posséder” ; pour ce qui relève de l’héritage, on voit bien tout ce que peut apporter l’internet Archive Brewster Kahle, mais comment se l’approprier, pour que ça ne soit pas seulement réservé aux savants, aux historiens et scientifiques ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> Devoir se débrouiller avec cette masse d&#8217;informations qui nous entoure, c&#8217;est périlleux&#8230; Et maintenant, en plus, on sait que tout cela nous entoure&#8230; Et l&#8217;on est constamment sollicité, arrosé par des flux&#8230; Ce qui nous fait sentir en retard, ou stupide ou que sais-je. Cela implique de penser différemment. Je le vois par rapport à mes propres années d&#8217;étude, où il suffisait de lire les manuels pour croire que l&#8217;on savait distinguer le bon du mauvais ; désormais on peut lire de nombreux points de vue sur à peu près tous les sujets&#8230; Les choses deviennent plus complexes.</p>
<p>Mes enfants sont très au fait de toutes ces informations qui leur sont transmises, pourtant certaines d&#8217;entre elles ne conviennent pas ! Et ils sont beaucoup plus jeunes, alors que moi, j&#8217;ai eu beaucoup plus de temps pour m&#8217;en rendre compte. </p>
<p>Je pense que les gens s&#8217;adaptent&#8230; Mais comment le font-ils dans cette abondance d&#8217;informations ? Tout dépend de la façon dont nos technologies nous aident à trouver des choses afin que ça ne soit pas simplement au petit bonheur la chance&#8230; Y arrivons-nous ? Ça nous rend anxieux, stressés, de faire face à des désastres à l&#8217;autre bout du monde, à des atrocités que l&#8217;on aurait peut-être ignorées dans d&#8217;autres circonstances. Nous nous sentons davantage coupables&#8230; Est-ce pour le mieux ? Je pense qu&#8217;à long terme, c&#8217;est une chance que d&#8217;avoir cette information disponible, tant qu&#8217;elle reste précise, et tant qu&#8217;il y a encore de vrais auteurs qui ne sont pas juste employés à relayer la vision d&#8217;une entreprise&#8230;</p>
<p><strong>Place de la Toile : Que pensez-vous du projet d’archivage total d’une vie entrepris par Gordon Bell, vétéran de Microsoft : un projet comme celui-ci, appelé <a href="http://research.microsoft.com/en-us/projects/mylifebits/">MyLifeBits</a> présente-t-il un intérêt pour vous à l&#8217;Internet Archive ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> C&#8217;est un projet fantastique&#8230; Gordon Bell fut l&#8217;un des grands architectes des ordinateurs. Il a entrepris de tout numériser de sa vie, toutes ses conversations, tout ; nous on a numérisé ses livres donc il peut déjà les mettre sur son ordinateur et les parcourir de n’importe où&#8230;</p>
<p>Il essaie de vivre le monde virtuel, mais de le vivre physiquement je veux dire, il interagit avec des personnes, mais il numérise tout, et tâche d&#8217;en tirer un sens&#8230; C&#8217;est totalement avant-gardiste !</p>
<p>Nous avons tenu une conférence sur les archives numériques personnelles il n&#8217;y a pas très longtemps, Gordon Bell était là, ce fut très instructif. Désormais, les gens conservent leur vie en ligne, leurs photos sur Fickr, leurs vidéos sur Youtube ; ils partagent sur telle ou telle plateforme, mais comment faire pour que cela dure ? Nous sommes en train d&#8217;inventer les outils pour numériser non seulement ce que contiennent les cartons de nos garages, mais également l&#8217;ensemble du matériau qui nous entoure, pour que notre descendance y ait accès.</p>
<p><strong>Place de la Toile : Mais Brewster Kahle, vivre sa vie, n’est-ce pas aussi savoir oublier ?</p>
<p>Brewster Kahle :</strong> Même aujourd&#8217;hui je ne trouve pas qu&#8217;il soit si difficile d&#8217;oublier ! Je ne sais pas pour vous, mais j&#8217;ai déjà du mal à trouver ce que je cherche ! Je ne sais pas&#8230; il y a bien des gens pour penser que nous vivons un âge sombre, que l&#8217;on ne retiendra rien de cette époque du numérique, où nos merveilles sont rédigées avec Microsoft Word et simplement enregistrées.</p>
<p>Aussi je suis plutôt inquiet de perdre quantité d&#8217;information, alors même que nous pouvons aujourd&#8217;hui tout sauvegarder. Nous vivons une ère paradoxale : il est grand temps de devenir maître de notre avenir, en créant les logiciels du monde dans lequel nous voulons vivre&#8230;</p>
<p>Un monde qui ne s&#8217;impose pas à nous, qui ne nous est pas offert voire vendu par une grande entreprise. Il nous faut choisir la vie que nous souhaitons mener, et nous donner les moyens d’y parvenir.</p>
<p><i>Propos recueillis, traduits et retranscrits par Thibault Henneton en mars 2011.</i> </p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-archiver-le-web-le-hacking-artistique-de-ztohoven-2011-06-26.html">Pour écouter Brewster Kahle sur Place de la Toile, c&#8217;est par là !</a></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag nofollow">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/science/" title="science" rel="tag nofollow">science</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Comprendre les interfaces de programmation</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/06/24/comprendre-les-interfaces-de-programmation/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2011/06/24/comprendre-les-interfaces-de-programmation/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 05:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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		<description><![CDATA[Les interfaces de programmation permettent à des services de s&#8217;échanger des données entre eux. Elles peuvent permettre à un site web d&#8217;utiliser le moteur de reconnaissance d&#8217;image d&#8217;une autre société pour l&#8217;intégrer à son service de stockage d&#8217;image par exemple ou à une librairie en ligne de publier sur votre profil Facebook ou Twitter le livre que vous venez de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Les interfaces de programmation permettent à des services de s&#8217;échanger des données entre eux. Elles peuvent permettre à un site web d&#8217;utiliser le moteur de reconnaissance d&#8217;image d&#8217;une autre société pour l&#8217;intégrer à son service de stockage d&#8217;image par exemple ou à une librairie en ligne de publier sur votre profil Facebook ou Twitter le livre que vous venez de lui acheter. Stade suprême de l&#8217;intégration des services ou porte ouverte à la publicisation sans contrôle de soi, les API ont un rôle de plus en plus important dans le web d&#8217;aujourd&#8217;hui.  </p>
<p>Pour mieux comprendre le rôle et le fonctionnement des interfaces de programmation (API pour <i>Application Programming Interface</i>), le mieux est de le demander à des gens qui les utilisent. Karl Dubost responsable des relations avec les développeurs chez <a href="www.opera.com/">Opera</a>, Johann Daigremont à la tête du département des communications sociales aux <a href="http://www.alcatel-lucent.com/wps/portal/belllabs">Bell Labs d&#8217;Alcatel-Lucent</a>, et Alexandre Assouad, concepteur de projets chez <a href="http://www.fabernovel.com/">FaberNovel</a>, avec leurs expériences différentes, reviennent sur le rôle, le fonctionnement et les enjeux des API, <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/21/comprendre-facebook-33-linternet-des-api-le-web-des-applications/">qui structurent déjà l&#8217;internet de demain</a>.</p></blockquote>
<p><strong>InternetActu.net : Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une API, concrètement ?</p>
<p>Karl Dubost :</strong> Une API est une interface. Un protocole de communication pour accéder à un service. De la même façon que dans un logiciel de base de données tu as un vocabulaire pour accéder aux données et faire une requête, l&#8217;API permet de construire des interrogations par une interface normalisée.</p>
<p>Selon les services Web, les API offrent un certain nombre de fonctionnalités. Celles-ci également évoluent au cours du temps. Dans le cas de Facebook, le lieu pour découvrir ses APIs est <a href="http://developers.facebook.com">le site des développeurs</a>. Facebook a plus d&#8217;une API. Ils en ont pour explorer le graphe, pour s&#8217;authentifier, etc. Comme c&#8217;est un service, les développeurs doivent identifier leurs éventuelles applications afin que Facebook puisse d&#8217;abord contrôler la façon dont l&#8217;API est utilisée et ensuite éviter les dépassements de ressources (requête trop fréquente par exemple).</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Facebookdeveloppers.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Facebookdeveloppers.png" alt="Facebookdeveloppers" title="Facebookdeveloppers" width="580" height="266" class="alignright size-full wp-image-14001" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://developers.facebook.com">le site des développeurs</a> de Facebook.</i></p>
<p><strong>Johann Daigremont :</strong> Une API permet à deux programmes de s’échanger des données. Le premier utilise l’API offerte par le deuxième pour bénéficier de ses services et données. L’API définit un langage commun entre les deux programmes. L’ensemble des grands acteurs du web propose désormais leurs services via leurs API. Au lieu de rester fermés, ces acteurs ont en effet décidé de s&#8217;ouvrir pour être capable d&#8217;offrir des modalités de développement accessibles et bénéficier des millions de développeurs de la toile (on appelle cela le <i>crowdsourcing</i>) : comme permettre de développer des quizz ou des jeux en utilisant les interfaces sociales de Facebook par exemple.</p>
<p>L&#8217;API décrit des fonctions et des méthodes pour accéder à certaines propriétés de certains sites comme Facebook, Twitter, MySpace&#8230; Ces interfaces de programmation permettent à un développeur d&#8217;interagir avec le système. Il y a différents types d&#8217;interfaces. Certaines ne permettent que de faire des interrogations (on peut chercher de l&#8217;information), d&#8217;autres permettent d&#8217;écrire de l&#8217;information (on peut par exemple &#8220;écrire&#8221; un statut pour une personne). La description des API, est basée sur des requêtes HTTP et du XML, permettant d&#8217;utiliser un langage très simple pour les lire et les interroger. </p>
<p>Le site web <a href="http://code.google.com/intl/fr-FR/googleapps/docs/#marketplace<br />
">GoogleApps/APi</a> permet de voir la liste des interfaces de programmation de Google disponibles. Celles de Facebook sont documentées <a href="http://www.facebook.com/apps/directory.php">dans le répertoire</a> et dans <a href="http://developers.facebook.com/">le site dédié aux développeurs</a>. </p>
<p><strong>Alexandre Assouad :</strong> Facebook est un exemple un peu complexe et particulier. On peut distinguer deux grands types d&#8217;API : celles qui permettent de créer des services dans Facebook (comme d&#8217;y créer <a href="http://www.facebook.com/FarmVille">Farmville</a>, le célèbre jeu) et les API d&#8217;authentification qui permettent de ramener le graphe social d&#8217;un utilisateur dans un autre service (notamment via l&#8217;API Facebook Connect).</p>
<p>L&#8217;API Facebook Connect a créé un cercle vertueux pour améliorer l&#8217;expérience utilisateur en permettant d&#8217;intégrer une expérience sociale à n&#8217;importe quel site. L&#8217;API génère du trafic qui transite par Facebook et enrichit le flux des utilisateurs. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on fait avec les API Facebook ? Quelles sont les API les plus utilisées ? A quoi servent-elles ?</p>
<p>Karl Dubost :</strong> Je pense que l&#8217;API Facebook la plus utilisée est celle d&#8217;authentification. Car elle permet aux gens de pouvoir commenter et voir des amis ou des infos relatives aux pages Web sur tous les sites.</p>
<p>Elle n&#8217;est pas innocente non plus. Elle permet à Facebook de tracer toutes les navigations d&#8217;un utilisateur Facebook sur tous les sites Web avec des fonctions Facebook. C&#8217;est un véritable cheval de troie à l&#8217;échelle du Web. C&#8217;est bien pour cela que <a href="http://www.google.com/+1/button/">Google sort son +1</a>. </p>
<p><strong>Alexandre Assouad :</strong> L&#8217;API la plus utilisée de l&#8217;internet demeure Google Maps, qui fournit un service de cartographie gratuit. Il faut dire que dans le monde des interfaces de programmation, Google a un modèle spécial : il offre un plein accès à ses API. Ainsi, faire du géocodage d&#8217;adresse sur Google Maps est totalement illimité. Mais si on veut faire du géocoding d&#8217;adresse en dehors de Google Maps on est limité en terme de requête. Google favorise l&#8217;utilisation de son propre service, mais s&#8217;offre la possibilité de récupérer le contenu d&#8217;une Google Maps pour l&#8217;indexer. </p>
<p>Le souci c&#8217;est qu&#8217;il y a désormais une API pour tout. Le problème est de déterminer où s&#8217;arrête la définition de l&#8217;API. Celle-ci a tendance à devenir de plus en plus un <i>widget</i> qui est intégré sur une page : <a href="http://www.facebook.com/badges/">les petits widgets de Facebook</a> (code en javascript que n&#8217;importe qui dépose sur son site web) peuvent être appelés des API, car ils permettent d&#8217;intégrer Facebook facilement, mais ce ne sont pas des API au sens le plus technique. Car, si en terme de fonctionnement c&#8217;est assez proche, en terme d&#8217;intégration, ce n&#8217;est pas la même chose. En tant que développeur, on a sa disposition du code pour manipuler les éléments que l&#8217;on veut obtenir et faire s&#8217;afficher. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Peut-on accéder à tout via les API ? </p>
<p>Johann Daigremont :</strong> Tout n&#8217;est pas ouvert. Les développeurs n&#8217;ont pas accès à tout. Facebook par exemple n&#8217;ouvre pas tout. D&#8217;abord, il faut montrer patte blanche. Il faut s&#8217;enregistrer comme développeur auprès de la plupart de ces structures avant qu&#8217;ils vous acceptent. Il existe par exemple un <i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_Level_Agreement">Service Level Agreement</a></i> (SLA ou accord de niveau de service) qui définit un contrat d&#8217;utilisation entre une application tierce et le site web auquel l&#8217;application accède. Ces contrats listent les méthodes autorisées, la périodicité ou la quantité de données qui peuvent transiter entre les deux services. Tous les services ont ainsi des limites : par exemple, Twitter limite à 150 le nombre de requêtes par heure par une application externe, Facebook a mis en place des limitations dynamiques sur le nombre de requêtes par jour par une application en fonction de &#8220;l’affinité&#8221; montrée par les utilisateurs pour votre application.</p>
<p>Les formes de SLA sont variées : <a href="http://www.apple.com/legal/sla/">avec Apple</a> ou la plupart des opérateurs de télécommunication, il faut faire parvenir un courrier, <a href="http://developers.facebook.com/policy/">mais Facebook se contente d&#8217;une déclaration en ligne</a>. Apple vérifie que les sources de l&#8217;application soient en conformité avec l&#8217;API utilisée. </p>
<p>Mais pour tous ces acteurs, l&#8217;approche est la même : attirer les développeurs en proposant des interfaces de programmation ouvertes pour que ceux-ci puissent construire des millions d&#8217;applications. </p>
<p>Ensuite, les utilisateurs ont également un rôle : l&#8217;application doit demander à la personne une autorisation à chercher les données dont elle besoin. Beaucoup de systèmes ont des API spécifiques. Mais il existe quelques protocoles communs comme <a href="http://www.opensocial.org/">OpenSocial</a>, un consortium qui décrit les spécifications des interfaces et permettant d&#8217;utiliser la même interface de programmation pour interroger de nombreux services. Sur Facebook on dénombre plus de 500 000 applications. Mais par application, on parle de tout et de rien. L&#8217;essentiel est très simple et consiste seulement à permettre l&#8217;identification, comme c&#8217;est le cas avec OpenSocial. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/OpenSocial.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/OpenSocial.png" alt="OpenSocial" title="OpenSocial" width="407" height="290" class="alignright size-full wp-image-14003" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.opensocial.org/">OpenSocial</a>.</i></p>
<p><strong>InternetActu.net : L&#8217;internet des API est-il un internet payant ou gratuit ?</p>
<p>Johann Daigremont :</strong> En fait, les deux ! Les acteurs du web ouvrent souvent leurs services de manières modulaires : une première partie des méthodes offertes via l&#8217;API est accessible gratuitement, ce qui permet d’attirer un maximum de développeurs, une seconde partie est payante pour des méthodes plus avancées. La partie gratuite est souvent limitée avec des seuils de requête. La plupart des acteurs du web proposent une partie de leur API gratuitement ; les opérateurs de télécommunication, qui ont longtemps proposé des API payantes, évoluent et commencent à offrir des API pour ouvrir les capacités de leurs réseaux à des communautés de développeurs.</p>
<p><strong>Alexandre Assouad :</strong> Il existe des API où il y a des limitations en terme de requêtes, car les fournir coûte cher. Il y a un coût des requêtes à la seconde, notamment sur les <a href="http://dev.twitter.com/">API de Twitter</a>, <a href="http://opensocial.viadeo.com">Viadeo</a> ou <a href="http://developer.linkedin.com">Linked-In</a>, avec des taux maximaux de requête par heure. Sur Google également il y a des API avec des taux limités, et si vous souhaitez les dépasser (c&#8217;est-à-dire dépasser les 10 000 ou 20 000 requêtes jours), il faut payer. Il existe des API totalement payantes, mais le modèle est le plus souvent freemium, permettant aux développeurs de tester les services tout en étant limités en terme de volume.</p>
<p><strong>InternetActu.net : On a l&#8217;impression que les API sont hors économie. Que les échanges B2B sont devenus un échange basé sur la confiance et la réciprocité ? Est-ce si juste ? Ou au contraire, est-ce <a href="http://abonnes.lemonde.fr/technologies/article/2010/11/05/facebook-ne-pourra-plus-acceder-aux-contacts-de-gmail_1435802_651865.html">la base de lourdes négociations de l&#8217;ombre comme l&#8217;ont montré les tensions entre Facebook et Google</a> ?</strong> </p>
<p><strong>Karl Dubost :</strong> Pas du tout. <img src='http://www.internetactu.net/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Les API sont soient en accès libre, soient identifiées et même payantes, comme par exemple le service <a href="http://aws.amazon.com/fr/s3/">Amazon S3</a>. Il n&#8217;y a aucune confiance, ni réciprocité. Lorsqu&#8217;une société te laisse mettre l&#8217;authentification Facebook &#8220;gratuitement&#8221; sur ton site, c&#8217;est pour mieux pomper les données des utilisateurs. À chaque fois que Google donne la possibilité aux gens de mettre une carte Google Map, c&#8217;est l&#8217;opportunité de tracer les gens et leurs intérêts avec la combinaison de recherche géographique et <a href="http://www.google.com/doubleclick/">Doubleclick</a>, la régie publicitaire de Google. Ce qui est en jeu, c&#8217;est la construction fine de profils marketing pour mieux vendre de la publicité.</p>
<p><strong>Alexandre Assouad :</strong> Dès le début il y a eu les 2 modèles. Les modèles d&#8217;API existent depuis longtemps. La réservation de billets dématérialisés pour le train par exemple utilisait des API d&#8217;un prestataire payantes. </p>
<p>Plusieurs modèles existent entre le modèle gratuit et le modèle payant freemium (c&#8217;est-à-dire un modèle qui permet d&#8217;accéder à un service de base, gratuit, mais qui devient payant quand on veut augmenter l&#8217;accès au service que ce soit en terme de capacités ou de fonctionnalités). Dans le cas du modèle payant freemium, il s&#8217;agit d&#8217;une prestation avec des conventions en terme de qualité de service ou de réactivité par exemple. </p>
<p>C&#8217;est le modèle gratuit qui est plus récent et qui a pour but de créer un cercle vertueux entre les acteurs qui l&#8217;utilisent, afin que chacun y trouve son compte. Ce modèle gratuit est assez lié au <i>crowdsourcing</i>. Par exemple, l&#8217;<a href="https://developer.foursquare.com/">API de Foursquare</a> a été auto-entretenue par les utilisateurs. Les gens renseignaient des lieux qu&#8217;ils n&#8217;y trouvaient pas. Tant et si bien que l&#8217;API de géolocalisation de Foursquare est devenue très intéressante, car elle ne me propose plus une longitude et une latitude, mais des lieux et leurs noms&#8230; </p>
<p>Parfois, le <i>crowdsourcing</i> permet de fournir un service plus intéressant, de le développer parce que les gens créent le contenu et l&#8217;apportent sur la plateforme&#8230; On a donc des modèles économiques différents dans les API, mais aussi des types de services différents, qui expliquent que l&#8217;un est souvent payant et l&#8217;autre souvent gratuit. </p>
<p><strong>Johann Daigremont :</strong> Ouvrir ses services à des tiers via une API n’est pas anodin. C’est au contraire une réelle stratégie économique choisie par celui qui fournit ce service. Cela permet d’attirer des communautés de développeurs et de bénéficier d’une masse critique que vous n’avez pas en interne dans votre entreprise pour apporter de nouvelles fonctionnalités, de nouvelles applications, auxquelles vous n’auriez pas pensées ou que vous n’auriez pu développer. Cela permet également de suivre vos utilisateurs dans leurs usages d’autres applications, ce qui permet de construire des profils utilisateurs plus complets, profils pouvant ensuite être revendus pour du marketing ciblé.</p>
<p>Il me semble qu&#8217;on constate une réelle volonté des acteurs du web pour ouvrir les informations, même si la donnée est ce qui fait la richesse. Car c&#8217;est une ouverture intelligente. Il s&#8217;agit de développer des applications qui tirent partie de ces données, sans permettre pour autant de copier ou de pouvoir reconstruire la base de données à laquelle on accède. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Quelles sont les limites des API ? En les utilisant, les développeurs dépendent de règles qu&#8217;ils ne maîtrisent pas et qui peuvent changer au cours du temps, <a href="http://bibliotheques.wordpress.com/2011/06/01/nettoyage-de-printemps-dans-les-api-google/">comme l&#8217;a récemment montré Google</a>.</p>
<p>Alexandre Assouad :</strong> Ce que les développeurs attendent d&#8217;une API, c&#8217;est qu&#8217;elle soit normalisée, stable dans le temps. Pendant longtemps, il y a eu trop de changement dans les API de Facebook pour que les développeurs puissent suivre (et aussi sur leurs orientations en matière de vie privée) sans compter que Facebook communiquait assez peu en amont sur les modifications qu&#8217;ils apportaient. C&#8217;est effectivement le risque des API : en les utilisant, elles peuvent ne pas être toujours valides demain.</p>
<p>Google prévient assez en amont et versionne ses API. Sur Google Maps par exemple, <a href="http://code.google.com/intl/fr-FR/apis/maps/index.html">il y a plusieurs versions d&#8217;API qui sont utilisables et maintenues</a>. Ils communiquent sur leurs nouvelles API, ils avertissent des changements et ont une politique d&#8217;accompagnement dans le changement. </p>
<p>La différence entre Google et Facebook c&#8217;est qu&#8217;ils préviennent un peu plus tôt. </p>
<p>On constate également que Google change actuellement son fusil d&#8217;épaule : la stratégie est en train de se modifier et on trouve beaucoup plus d&#8217;API payantes qu&#8217;avant. Bien évidemment, quand cela devient payant, les développeurs cherchent à utiliser d&#8217;autres services, ce qui encourage d&#8217;autres alternatives. On trouve en Open Source des briques d&#8217;alternatives qui peuvent remplacer certaines API. L&#8217;open source a l&#8217;avantage de permettre une meilleure intégration : on peut les déployer sur ses propres serveurs, ce qui permet de s&#8217;affranchir des limitations en terme de requêtes. </p>
<p><strong>Karl Dubost :</strong> De la même façon que dans le monde physique nous allons dans un restaurant parce qu&#8217;il propose un menu végétarien, il est fort probable que le service disparaisse ou soit modifié de manière conséquente si le propriétaire ou le cuisinier change. On doit alors se trouver un nouveau restaurant&#8230; </p>
<p>L&#8217;enjeu en ligne est de deux ordres. Les services sont souvent uniques ou peu nombreux (Facebook, Twitter, Google Maps&#8230;) et les APIs utilisées sont rarement normalisées. Si l&#8217;un des services ferme et que tout un développement s&#8217;appuyait sur les options de l&#8217;API, les développeurs sont marron. <a href="http://www.la-grange.net/2011/05/16/freedata/data-independence">D&#8217;où le besoin de maîtriser l&#8217;indépendance de ses données</a>. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Peut-on encore développer un site web sans se brancher sur des API ?</p>
<p>Alexandre Assouad :</strong> Bien sûr, un site peu exister sans API. Mais les API servent à améliorer les services ou ajouter des fonctionnalités. L&#8217;API on peut la voir de deux manières : soit elle enrichit et améliore l&#8217;expérience de l&#8217;utilisateur sur mon site, soit elle répond à un besoin technologique que je n&#8217;ai pas envie de réinventer. Il y a des API qui permettent d&#8217;intégrer de la reconnaissance d&#8217;image par exemple, ce qui permet au développeur d&#8217;un service de ne pas avoir à tout redévelopper alors que d&#8217;autres le font très bien. On peut profiter d&#8217;un écosystème existant. D&#8217;un autre côté, intégrer un Facebook Connect ou Twitter commence à entrer dans la norme&#8230; </p>
<p>Utiliser des API permet de se focaliser sur son corps de métiers, sans s&#8217;occuper des briques techniques qu&#8217;on utilise, un peu comme quand on sous-traite dans une entreprise. On peut clairement monter des services en développant très peu et en se basant sur plein d&#8217;API externes et en proposant un mixe de services très intéressants. Foursquare par exemple est assez proche d&#8217;un mashup d&#8217;API : une API de géolocalisation et une de partage avec ses relations&#8230; Ils ont recréé une base technique bien sûr, mais leur service aurait pu tout entier reposer sur des API existantes&#8230; En tout cas, on pourrait facilement créer un nouveau Foursquare avec des API existantes. C&#8217;est du Lego. Il faut juste que les briques tiennent et aient du sens. </p>
<p><strong>Karl Dubost :</strong> Oui on peut développer un site Web sans forcément utiliser l&#8217;API d&#8217;une autre société. La question est plutôt qu’elles sont les API que je peux utiliser tout en minimisant les risques pour mon business d&#8217;en être victime.</p>
<p><strong>InternetActu.net : On a l&#8217;impression que désormais, la plupart des nouveaux services naissent du croisement des API, comme le montre <a href="http://www.programmableweb.com/">ProgrammableWeb</a>, une base de données d&#8217;API rachetée par Alcatel&#8230;</p>
<p>Johann Daigremont :</strong> Les <i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Application_composite">Mashups</a></i> permettent à un développeur d&#8217;utiliser plusieurs API et des les &#8220;composer&#8221; pour créer un service. Pages jaunes par exemple utilise les API de Google Maps avec une API de données sémantiques pour afficher sur une carte la liste des docteurs. C&#8217;est la une composition très classique. Le plus souvent les développeurs se contentent de combiner leurs propres données avec l&#8217;interface de Facebook. </p>
<p>Mais il existe beaucoup plus d&#8217;API que n&#8217;en recense Programmable Web. </p>
<p><strong>Karl Dubost :</strong> Ce n&#8217;est pas forcément le cas de tous les services. Certains vont créer des protocoles originaux, d&#8217;autres vont réutiliser entièrement un autre protocole. Par exemple, le service de suivi de conférence <a href="http://lanyrd.com">Lanyrd</a> ne propose un <i>login</i> que et exclusivement par Twitter (ce qui est cela dit un peu limité). </p>
<p>L&#8217;enjeu de la normalisation est bien plus intéressant. Il nous évite d&#8217;avoir à ouvrir des comptes sur X services pour pouvoir les utiliser, sans être non plus dépendant d&#8217;un service tiers spécifique&#8230; </p>
<p><strong>InternetActu.net : On a un peu l&#8217;impression que le paysage qui se dessine ressemble à un internet des API, ouvert, dans les nuages, mais réservé aux développeurs et un web des applications, un monde clos, limité, réservé aux usagers ? </p>
<p>Karl Dubost :</strong> Une API est un point de communication pour une application. Ce n&#8217;est pas une opposition. Il y a des API fermées, d&#8217;autres ouvertes, etc. Il y a des applications libres et des applications fermées.</p>
<p><strong>Alexandre Assouad :</strong> Sauf que les API ne sont pas si ouvertes que cela. Ce qui est vraiment ouvert, c&#8217;est le code en open source qu&#8217;on peut répliquer. Sur Google, <a href="http://code.google.com/intl/fr-FR/apis/maps/documentation/geocoding/">l&#8217;API de Geocoding</a> (qui permet d&#8217;associer des coordonnées géographiques à des adresses) me limite à 20 000 requêtes par jour : si je les atteints, pour l&#8217;instant, je ne peux plus rien faire. Par contre si j&#8217;intègre une brique open source pour intégrer ce géocoding sur mes propres serveurs, je ne suis pas limité. L&#8217;API permet une certaine ouverture, mais il n&#8217;est pas si ouvert&#8230; Si je ferme l&#8217;API, si je la modifie, je mets dans une situation difficile beaucoup de gens. </p>
<p>Cela dit, l&#8217;API est un monde fermé pour l&#8217;utilisateur final. C&#8217;est un monde réservé aux développeurs. </p>
<p>Sur Twitter par exemple, l&#8217;API permet de faire plus de choses que ne le propose le site. Il y a une dissymétrie entre le service disponible en ligne et ce que l&#8217;on peut faire via les API. L&#8217;écosystème lié aux API s&#8217;est beaucoup développé ce qui a permis de résoudre les problèmes de charge que connaissait le service qui tombait fréquemment. Ils ont développé des API plus solides et construit des services depuis celles-ci. Et l&#8217;API Twitter permet de faire plus que ne le propose le site : comme de rechercher en profondeur dans l&#8217;historique des comptes par exemple. Elle est devenue prépondérante par rapport au site. Elle permet à de très bons services d&#8217;exister, comme <a href="http://www.tweetdeck.com/">Tweetdeck</a>. </p>
<p><i>Propos recueillis par mail et téléphone entre décembre 2010 et mai 2011 et assemblés par Hubert Guillaud.</i></p>
<p>Alexandre Assouad est concepteur de projets chez <a href="http://www.fabernovel.com/">FaberNovel</a>.  Johann Daigremont est à la tête du département des communications sociales aux <a href="http://www.alcatel-lucent.com/wps/portal/belllabs">Bell Labs d&#8217;Alcatel-Lucent</a>. Karl Dubost responsable des relations avec les développeurs chez <a href="www.opera.com/">Opera</a>.</p>
<p><strong>Le dossier “Comprendre Facebook” :</strong></p>
<ul>
<li>1ère partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/15/comprendre-facebook-13-le-role-social-du-bavardage/">Le rôle social du bavardage</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/16/judith-donath-si-facebook-est-important-cest-le-signe-que-nos-relations-sont-importantes/">Judith Donath : Si Facebook est important c’est le signe que nos relations sont importantes</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/28/comprendre-facebook-23-facebook-technologie-relationnelle/">Facebook technologie relationnelle</a></li>
<li>Supplément : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/29/comment-etudier-linternet-quand-linternet-est-partout/">Comment étudier l’internet quand l’internet est partout ?</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/21/comprendre-facebook-33-linternet-des-api-le-web-des-applications/">L&#8217;internet des API, le web des applications</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/24/comprendre-les-interfaces-de-programmation">Comprendre les interfaces de programmation</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/google/" title="google" rel="tag nofollow">google</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/programmation/" title="programmation" rel="tag nofollow">programmation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Où va la &#8220;quantification de soi&#8221; ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/06/01/ou-va-la-quantification-de-soi/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 07:55:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce week-end se tenait à Mountain View la première édition de la conférence Quantified Self (QS) (que l&#8217;on pourrait traduire littéralement par &#8220;la quantification de soi&#8221; pour parler &#8220;de la capture, de l&#8217;analyse et du partage de ses données personnelles&#8221;, comme l&#8217;explique Emmanuel Gadenne). Nous avons parcouru les différents comptes rendus de cette conférence, organisée par Gary Wolf et Kevin&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/qs_conf_logo.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/qs_conf_logo.png" alt="qs_conf_logo" title="qs_conf_logo" width="200" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Ce week-end se tenait à Mountain View la première édition de la <a href="http://quantifiedself.com/conference/">conférence Quantified Self (QS)</a> (que l&#8217;on pourrait traduire littéralement par &#8220;la quantification de soi&#8221; pour parler <i>&#8220;de la capture, de l&#8217;analyse et du partage de ses données personnelles&#8221;</i>, <a href="http://interestingviews.fr/2011/05/31/le-quantified-self-doit-on-compter-sur-soi">comme l&#8217;explique Emmanuel Gadenne</a>). Nous avons parcouru les différents comptes rendus de cette conférence, organisée par Gary Wolf et Kevin Kelly qui avaient lancé ce mouvement (voir <a href="http://www.internetactu.net/2010/05/26/nos-vies-gerees-par-les-donnees/">Nos vies gérées par les données</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2008/11/13/finalement-documentez-moi/">Finalement, documentez-moi !</a>) pour tenter de vous en rendre compte. </p></blockquote>
<h3>Quantification ou amélioration ?</h3>
<p>En observant certains ateliers, on pouvait se demander quel est l&#8217;objectif de &#8220;cette mesure de soi&#8221;.<br />
<a href="http://matttrent.com/">Matthew Trentacoste</a>, est étudiant à l&#8217;université de la Colombie-Britannique et dirigeait une séance de discussion sur le &#8220;suivi de l&#8217;attention&#8221; aux rencontres du Quantified Self, <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/28/quantified-self-attention-tracking/">rapporte Ethan Zuckerman</a>. Assez logique qu&#8217;il s&#8217;intéresse aux stratégies de concentration, car Matthew a depuis longtemps été diagnostiqué comme hyperactif, c&#8217;est-à-dire atteint d&#8217;un trouble de déficit d&#8217;attention&#8230; </p>
<p>Pour gérer son attention, les médecins conseillent le plus souvent de gérer son environnement de travail : travailler dans une pièce tranquille avec peu de choses à votre disposition. Mais les hyperactifs savent se distraire même dans une pièce calme. </p>
<p>L&#8217;internet n&#8217;est pas une pièce calme, explique Matthew Trentacoste. Pour favoriser sa concentration en ligne, il a utilisé et construit des outils qui l&#8217;aident à se concentrer dans les environnements en ligne. Il utilise ainsi <a href="http://www.rescuetime.com/">RescueTime</a>, un logiciel qui lui indique le temps qu&#8217;il passe sur différents outils, courrier électronique ou navigation web. Ces outils lui offrent des données simples sur le temps qu&#8217;il consacre à une tâche spécifique, la fréquence à laquelle il les utilise et lui fournissent un score qui lui permet de mesurer et surveiller sa distraction. </p>
<p>Cet exemple donna lieu à une discussion sur ce qu&#8217;est l&#8217;attention (la résistance à la distraction pour Matt), mais d&#8217;autres participants mire l&#8217;accent sur la productivité en faisant notamment référence à l&#8217;expérience optimale, au <a href="http://jean.heutte.free.fr/spip.php?article54">flow</a> de Mihaly Csikszentmihalyi (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mihaly_Csikszentmihalyi">Wikipédia</a>). Les intervenants suggérèrent plusieurs techniques de gestion du temps, comme la <a href="http://www.pomodorotechnique.com/">méthode Pomodoro</a> ou de <a href="http://www.paulgraham.com/makersschedule.html">distinguer le calendrier des artisans du calendrier des managers</a>, comme le suggère Paul Graham : selon ce que vous avez à faire, vous avez besoin de plages d&#8217;attention plus ou moins longues. Un autre participant qui travaille chez <a href="http://www.neurosky.com/AboutUs/AboutUs.aspx">Neurosky</a>, l&#8217;entreprise qui développe le casque qui capte les ondes cérébrales suggéra de mesurer les ondes alpha et bêta pour comprendre le rôle de la détente (ondes alpha) et de la relaxation (ondes bêta) en mesurant leur amplitude selon ce que l&#8217;on fait. Certains athlètes comme les archers savent combiner les deux pour être à la fois détendus et concentrés. </p>
<p><a href="http://naveenium.com/">Naveen Selvadurai</a>  de Foursquare suggéra que nous pourrions manquer l&#8217;essentiel en cherchant trop à optimiser notre attention. L&#8217;attention dépend également de contraintes physiques : nous sommes plus souvent distraits lorsque nous avons faim par exemple. Pourrait-on intégrer des capteurs de nos activités physiques pour mieux les prendre en compte ? C&#8217;est peut-être l&#8217;une des solutions à envisager&#8230;</p>
<p><a href="http://www.sublime.org/">Robin Barooah</a> animait lui <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/29/quantified-self-location-tracking/">une session sur la géolocalisation</a>. Il a participé à l&#8217;élaboration de <a href="http://www.locationswap.com/">Lieu d&#8217;échange</a>, un outil proche de <a href="http://www.google.com/intl/fr_fr/latitude/intro.html">Google Latitude</a> qui permet de suivre sa localisation et de la partager avec d&#8217;autres. Pour lui, savoir où sont vos amis à tout moment permet <i>&#8220;d&#8217;augmenter le sentiment&#8221;</i> de proximité. Pour lui, cette fonctionnalité transforme autant le comportement que l&#8217;a fait l&#8217;introduction des téléphones mobiles quand le téléphone fixe dominait les télécommunications. Bien évidemment, l&#8217;atelier tourna vite au pugilat pour savoir si les gens voulaient partager leur localisation 24h/24 avec les autres. Si beaucoup de participants ne semblaient pas gênés par cette idée, quelques-uns s&#8217;y opposèrent farouchement. De l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique également on se pose des questions sur ces systèmes mouchards de votre localisation qui ne peuvent être désactivés. Robin Barooah admit lui-même n&#8217;être pas tout à fait à l&#8217;aise de passer de la mesure de ses propres comportements à leur partage. </p>
<p>Pourtant, ces types de partages permettent aussi de créer des cartographies utiles, comme <a href="http://asthmapolis.com/">Asthmapolis</a> (<a href="http://vimeo.com/12175855">vidéo</a>). Asthmapolis est une cartographie des zones irritantes pour les personnes atteintes d&#8217;asthme construit à partir d&#8217;inhalateur dotés d&#8217;un petit GPS permettant à leurs utilisateurs de cartographier les endroits où ils s&#8217;en servent simplement en les utilisant, sans avoir à renseigner une quelconque information supplémentaire.</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/12175855?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="550" height="325" frameborder="0"></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/12175855">What is Asthmapolis?</a> from <a href="http://vimeo.com/user3933237">Asthmapolis</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Pour Robin Barooah documenter ses déplacements est un indicateur de comportement qui permet une détection passive de son activité : si on est dans le parc, c&#8217;est probablement parce qu&#8217;on est allé promener le chien ou les enfants, selon la forme de répétition de l&#8217;évènement. Un participant travaille sur une application (baptisée Tripography) qui extrapole le moyen de transport que vous utilisez en fonction de votre vitesse de déplacement et calcule soit les calories brûlées soit le CO² émis. On évoque le <a href="http://survival.sentientcity.net/">kit de survie de la ville sensible</a> de Mark Shepard et son application iPhone, <a href="http://serendipitor.net/site/">Serendipitor</a>, qui permet de calculer un itinéraire sinueux entre deux endroits pour nous conduire vers des choses surprenantes, <a href="http://www.reseaufing.org/pg/blog/ThierryMarcou/read/63256/compterendu-2e-atelier-cubcitlabo-jeudi-10-mars-2011-bordeaux">à l&#8217;image du GPS déroutant</a> imaginé par les participants du <a href="http://citelabo.reseaufing.org/">Citelabo de la Fing</a>. Ces différents exemples montrent bien que l&#8217;enjeu du QS n&#8217;est pas seulement dans la mesure, mais repose bien dans l&#8217;amélioration de l&#8217;existant. La mesure a un but, même si celui-ci n&#8217;est pas toujours avoué. </p>
<h3>Et les données ?</h3>
<p><a href="http://napsterization.org/stories/archives/000761.html">Sur son blog</a>, Mary Hodder s&#8217;étonnait qu&#8217;il y ait peu de sensibilisation à la protection des données personnelles durant les conférences du QS. Il lui a semblé implicite <i>&#8220;que &#8220;nous&#8221; (innovateurs,  sociétés, porteurs de projets&#8230;) pouvons prendre des données et les utiliser pour faire tout ce que &#8220;nous&#8221; voulons&#8221;</i>. Sans se poser vraiment de problèmes de confidentialité, de contrôle, d&#8217;autonomie, de choix ou de transparence pour des données pourtant souvent très personnelles, très sensibles, recueillies autour de questions essentiellement liées à la santé et au bien être. Elle qui promeut un <a href="http://personaldataecosystem.org/">écosystème des données personnelles</a> a quand même trouvé <a href="http://napsterization.org/stories/archives/000762.html">un moment pour défendre sa vision</a> dans laquelle les usagers contrôlent leurs données via des espaces de stockage personnels, plutôt que celui de leur laisser accéder seulement à des applications dans lesquels les utilisateurs n&#8217;ont pas vraiment accès à leurs données, autrement que via des services web et des interfaces de programmation qui ont surtout pour fonction d&#8217;envoyer un peu de leurs données ailleurs (comme sur Twitter ou Facebook). </p>
<p>Pour Mary Holder, il est d&#8217;autant plus important de laisser l&#8217;utilisateur décider de l&#8217;utilisation qui peut être faite de ses données que celles-ci sont, bien souvent dans le domaine du QS, très personnelles. Développer un système de données centrées sur l&#8217;utilisateur plutôt que de laisser les sociétés faire ce qu&#8217;elles veulent des données de leurs clients semble effectivement une problématique que les <i>early adopters</i> de la quantification de soi ont laissé de côté. Pas sûr que cet oubli convaincra le grand public. </p>
<h3>Le business du Quantified Self</h3>
<p>L&#8217;une des séances de la conférence était consacrée au business du Quantified Self <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/29/the-business-of-quantified-self/">rapporte encore Ethan Zuckerman</a>, animé par <a href="http://www.rwjf.org/about/staffbio.jsp?id=392">Paul Tarini</a> de la <a href="http://www.rwjf.org/">Fondation Robert Wood Johnson</a> qui a présenté le <a href="http://quantifiedself.com/guide/">Guide complet du Quantified Self</a> qui répertorie quelques 400 outils à l&#8217;heure actuelle. </p>
<p>Parmi ceux-ci, signalons par exemple le bracelet-montre <a href="http://mybasis.com/">PulseTracer</a> présenté par <a href="http://www.zynik.com/nadeem_kassam.php">Nadeem Kassam</a>, un bracelet qui mesure la vitesse du flux sanguin et la température et qui est même doté d&#8217;un accéléromètre qui lui permet de détecter les états d&#8217;activité et d&#8217;évaluer les calories brûlées. <i>&#8220;Mais le plus important n&#8217;est pas tant le dispositif technique que la façon dont nous présentons les données aux utilisateurs&#8221;</i>, explique Kassam. Il faut des données assez précises pour être efficaces, mais à la fois simples et engageantes. Il faut pouvoir les partager avec d&#8217;autres systèmes et elles doivent être faciles à appréhender pour l&#8217;utilisateur. C&#8217;est le seul moyen pour étendre la problématique du suivi personnel au-delà des marchés des primo-adoptants. </p>
<p>L&#8217;essentiel de cette session s’est justement concentré sur ce défi : transformer le suivi personnel en produit de consommation. Ben Rubin de <a href="http://www.myzeo.com/">Zeo</a>, un capteur de sommeil, Jason Jacobs de <a href="http://runkeeper.com/">Runkeeper</a> un capteur qui permet de suivre ses efforts sportifs, ou Brian Krejcarek de <a href="http://www.greengoose.com/">GreenGoose</a>, un kit qui permet de transformer toutes ses activités de loisirs en mesure, sont aux prises avec des défis similaires : transformer les produits qu&#8217;ils ont construits par passion personnelle, en produits grands publics. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/greengoose.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/greengoose.png" alt="greengoose" title="greengoose" width="540" height="313" class="alignright size-full wp-image-13770" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.greengoose.com/">GreenGoose</a>, le kit.</i></p>
<p>Ben Rubin reconnaît ainsi que la plupart des utilisateurs qui achètent le produit l&#8217;utilisent intensément pendant 3 à 4 semaines, avant d&#8217;arrêter. Enfin, pas totalement. Six mois après l&#8217;achat, 70 % des acheteurs l&#8217;utilisaient encore au moins une fois par semaine. Jason Jacobs a découvert que les utilisateurs qui partagent leurs données sur Facebook ont plus tendances que les autres à demeurer actifs et à continuer à l&#8217;utiliser. Beaucoup de ceux qui abandonnent peuvent être relancés par un simple e-mail qui leur apporte de nouveaux objectifs. Brian Krejcarek défend lui une conception qui prendrait en considération la passivité des capteurs, plutôt que des outils qui nécessitent une collecte de donnée active. Car le problème avec les capteurs est qu&#8217;ils vous fournissent des chiffres décourageant quand vous ne les utilisez pas. Les capteurs omniprésents permettent eux d&#8217;ignorer les données qu&#8217;ils transmettent, mais vous permettent d&#8217;utiliser les mesures quand vous en avez besoin. </p>
<p>Ben Rubin, enthousiaste, pense qu&#8217;à long terme, nous aurons des capteurs partout : dans nos téléphones, dans nos voitures, dans nos lits&#8230; En attendant que ce soit le cas, les innovateurs du QS se concentrent surtout sur des problèmes de santé. Mais peut-être faut-il réfléchir à intégrer verticalement d&#8217;autres fabricants ? Peut-être qu&#8217;à l&#8217;avenir il existera tout un écosystème de fournisseur permettant d&#8217;échanger les données pour les utiliser de multiples manières, mais en attendant, il faut bien souvent, comme le propose Zeo,  développer le capteur physique, les outils de visualisation des données et la communauté qui permet de comparer ses données à celles des autres. </p>
<p>Pour ces trois observateurs, il y a encore des secteurs où les outils de mesure sont peu développés. Pour Ben Rubin, le marché du stress est encore un marché où il n&#8217;y a pas beaucoup de bons outils pour analyser et comprendre un problème dont souffrent beaucoup de personnes. Pour Brian Krejcarek, le suivi personnel n&#8217;est pas très amusant : il manque des jeux pour faire le bonheur des processus. L&#8217;avenir du QS, qui se présente pourtant d&#8217;une manière très sérieuse, est-il dans le divertissement ? Pour Jason Jacobs, il manque surtout du temps pour recueillir des données et améliorer encore les outils. </p>
<h3>Vers de nouveaux capteurs ?</h3>
<p><a href="http://quantifiedself.com/eric-boyd/">Eric Boyd</a>, qui se définit plutôt comme un bidouilleur, explorait les nouveaux capteurs et l&#8217;avenir de l&#8217;autonomie des technologies de suivi personnel, <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/29/new-sensors-and-the-quantified-self/">rapporte encore Ethan Zuckerman</a>. Il fait également partie de <a href="http://sensebridge.net/">Sensebridge</a>, un groupe de recherche collaboratif lié à <a href="https://noisebridge.net/wiki/Noisebridge">Noisebridge</a>, le HackerSpace de San Francisco et au <a href="http://hacklab.to/">HackLab</a> de Toronto (voir <a href="http://www.internetactu.net/?s=makers">notre dossier sur les Makers</a>). </p>
<p>Il a développé deux projets : <a href="http://sensebridge.net/projects/heart-spark/">Heart Spark</a>, un pendentif qui clignote lorsque votre coeur bat, qui est plus un projet de communication sociale qu&#8217;un projet de quantification personnelle, et <a href="http://sensebridge.net/projects/northpaw/">North Paw</a>, une ceinture qui vous indique toujours le Nord. </p>
<p>Non seulement les capteurs sont devenus plus petits et moins chers, mais ils sont également désormais tous sans fil et la durée de vie des batteries s&#8217;est radicalement améliorée. Tant et si bien que des entreprises comme Goose Green peuvent fabriquer des capteurs de la taille d&#8217;un petit autocollant doté d&#8217;accéléromètres, du Wi-Fi et d&#8217;une batterie leur permettant d&#8217;émettre pendant trois ans. Ce qui signifie qu&#8217;on peut placer une étiquette sur une boite de pilules et savoir si vous avez pris votre médicament rien qu&#8217;en repérant si vous avez bougé la boîte, sans avoir besoin de les scanner via un boitier comme c&#8217;était le cas avec les <a href="http://www.touchatag.com/">TouchTag</a> ou les lecteurs RFID type Mir:ror du défunt Nabaztag. Désormais, on peut également mettre un capteur GPS sur un inhalateur, comme le montrait le projet Asthmapolis. </p>
<p>Mais Boyd recense d&#8217;autres interfaces prometteuses, comme l&#8217;électromyographie (EMG) consistant à utiliser de petites électrodes de surface pour détecter le courant électrique des jonctions neuromusculaires. Quand un muscle se contracte, il créé un champ électrique de petite taille : c&#8217;est ce que mesure l&#8217;EMG. Le casque cérébral Neurosky utilise ce type de technologie. <a href="http://quantifiedself.com/2011/02/amy-drill-on-sensorysport/">Amy Drill a donné une conférence au QS de New York</a> pour montrer un short équipé d&#8217;électrodes de ce type pour suivre et optimiser les performances d&#8217;athlètes olympiques. Ces systèmes sont encore coûteux, mais ils permettraient demain à tout sportif d&#8217;étudier avec précision tous ses mouvements musculaires lors du moindre de ses efforts. </p>
<p>Les capteurs galvaniques permettent de détecter la sueur et donc d&#8217;analyser l&#8217;effort physique, la nervosité ou l&#8217;excitation. Ce sont eux qui servent notamment à faire des détecteurs de mensonges. Couplés à des accéléromètres ou à des moniteurs cardiaques, on pourrait analyser l&#8217;humeur en fonction de l&#8217;activité physique. Boyd s&#8217;est également intéressé aux glucomètres, permettant de faire des tests de glucose dans le sang. Ces tests sont peu coûteux, mais ne permettent pas une surveillance continue, puisqu&#8217;il faut à chaque fois recueillir une goutte de sang&#8230; Des micro-aiguilles équipant des patchs à appliquer sur la peau pourraient-elles demain être une solution pour contrôler ses fluides corporels ? </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/looxcie.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/looxcie.jpg" alt="looxcie" title="looxcie" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Les caméras et appareils photo sont de plus en plus petits et de moins en moins chers. <a href="http://www.looxcie.com/">Looxcie</a> par exemple est une petite caméra qu&#8217;on peut accrocher sur ses lunettes ou une casquette pour enregistrer sa vie en continu. Un outil qui, couplé à un écouteur et à un mobile, permettrait par exemple de connaitre le nom de celui qui s&#8217;adresse à vous pour ceux qui n&#8217;ont pas la mémoire des noms par exemple&#8230; Ou, comme le propose <a href="http://mealsnap.com/">MealSnap</a>, d&#8217;estimer la charge calorique de ce que vous mangez rien qu&#8217;en envoyant une photo à l&#8217;application. </p>
<p>Les micros sont un capteur que nous avons tendance à oublier, rappelle Eric Boyd. Pourtant, ils sont très bon marché et peuvent être utilisés de manière intéressante. Un bidouilleur a ainsi placé un micro dans un coussin gonflable et a utilisé le flux d&#8217;air lié à la pression de la tête sur l&#8217;oreiller pour mesurer sa respiration pendant son sommeil. Et que pourrons-nous faire avec des capteurs qui détectent les ultrasons ? Il rappelle l&#8217;existence par exemple du <a href="http://www.lenababy.com/LenaHome/why-use-lena-home.aspx">moniteur pour bébé Lena</a>, qui pour 700 $ vous indique où en est votre enfant dans son cycle de développement du langage. </p>
<p>On voit apparaitre de plus en plus de capteurs dans notre environnement physique. Il n&#8217;y a pas que nos personnes qui sont quantifiées, <i>&#8220;le monde est quantifié !&#8221;</i> Les compteurs électriques peuvent dire beaucoup de choses de notre comportement personnel. Les douches de minuit sont visibles dans les fluctuations de nos consommations électriques. Les automobiles sont remplies de capteurs. Des puces comme le <a href="http://www.carchip.com/Products/8226.asp">CarChip Pro</a> permettent déjà très simplement d&#8217;accéder à toutes les données de votre véhicule : pression des pneus, vitesse, régime moteur&#8230; Peut-être pourrons-nous utiliser ces informations comme un moyen pour détecter le stress ?</p>
<p>Nous sommes à une époque pleine de défis passionnants, estime Eric Boyd en évoquant par exemple le <a href="http://www.xprize.org/prize-development/life-sciences#artificial">prix Tricorder X</a> un concours doté de 10 millions de dollars de prix pour fabriquer un appareil de poche capable de multiples diagnostics (faisant référence au <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tricorder">Tricorder de Star Trek</a>). Il y a beaucoup de possibilités que ce soit de jouer avec les capteurs, comme de bricoler de nouvelles solutions. C&#8217;est en tout cas bien ce champ qu&#8217;explorent les innovateurs de la quantification de soi. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/habitat-connecte/" title="habitat connecté" rel="tag nofollow">habitat connecté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		<title>L&#8217;avenir de la programmation (2/6) : La programmation pour les non-programmeurs</title>
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		<pubDate>Tue, 24 May 2011 06:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Programmer, c&#8217;est difficile : penser logiquement, par étapes, sans en sauter aucune et en envisageant toutes les possibilités de ses actions demande une grande attention, une grande rigueur. Mais à ces complications s&#8217;ajoute encore l’apprentissage d’une syntaxe extrêmement ardue, qui ne supporte pas la moindre faute, à la virgule près. Sans compter que ladite syntaxe nous prend à rebrousse-poil. La simple instruction A=A+1, que l’on trouve dans presque tous les langages informatiques, y compris le vieux Basic, pourtant censé s&#8217;adresser aux néophytes, semble une insulte à ce que nous connaissons des mathématiques depuis l&#8217;école primaire. On a déjà eu du mal à avaler les maths, faudrait-il maintenant les jeter aux orties ? </p>
<p>Un autre obstacle, peut-être moins évident, est l’absence de résultats immédiatement gratifiants pour les débutants. Prenez, par exemple, la première instruction enseignée lorsqu’on aborde un nouveau langage informatique : le fameux “hello world”. Il s’agit de montrer comment afficher sur l’écran les mots “hello world” (ou quelque autre phrase). C&#8217;est  le programme plus simple qu’on puisse imaginer. Mais qui cela excite-t-il ? On a parfois l’impression que les informaticiens vivent encore à la fin de l&#8217;ère des cartes perforées, où voir des lettres s’afficher à l’écran tenait encore du miracle. Aujourd’hui, en lieu et place de quelques mots, on devrait pouvoir au moins aussi facilement obtenir une belle image, ou une petite animation. Mais la plupart de ces résultats sont en général bien plus difficiles à obtenir. Même <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Python_%28langage%29">Python</a>, peut-être le plus simple et le plus élégant des &#8220;grands&#8221; langages informatiques actuels, se complique immédiatement dès qu’il s’agit d’afficher une image, tracer un dessin ou sortir un son.</p>
<h3>Les langages visuels</h3>
<p>L&#8217;une des premières tâches de simplification consisterait donc à  mettre au point des langages sans possibles erreurs de syntaxe. C&#8217;est l&#8217;objectif de la &#8220;programmation visuelle&#8221;. Au lieu d’écrire du texte, on manipule des icônes, des blocs, des boutons. On construit une espèce de Lego et on exprime la logique du programme par des connexions entre les modules. Plus de complications liées à l&#8217;écriture des instructions, seule la logique devient susceptible de nous causer des problèmes. </p>
<p>Un des produits phares du genre, <a href="http://www.alice.org/">Alice</a>, élaboré à l’université de Carnegie Mellon, permet de créer très rapidement des petits films interactifs en 3D. On choisit un décor, des personnages et on décrit leur comportement en optant pour les instructions qui leur correspondent (attention, elles sont en anglais). L’intérêt d’Alice, outre sa capacité à fournir un produit fini bien léché, est qu’il enseigne les bases de ce qu’on appelle la programmation &#8220;orientée objet&#8221;. Grosso modo, on peut considérer un programme &#8220;classique&#8221; comme une recette de cuisine. On indique une par une les démarches à suivre du début à la fin, et c&#8217;est un acteur unique et centralisateur, le &#8220;cuisinier&#8221; qui exécute une à une toutes les tâches. Dans la programmation orientée objet, on se retrouve plutôt à diriger une improvisation théâtrale. On dispose de plusieurs “personnages” (par exemple boutons, icônes, fenêtres) et on leur indique ce qu’ils ont le droit de faire lorsqu’ils font face à telle situation. La programmation orientée objet est donc préférable à la méthode classique lorsqu&#8217;on crée des applications hautement interactives (c’est-à-dire TOUTES les applications depuis l’invention de la souris et des fenêtres). Alice ne fait au final que prendre au pied de la lettre cette métaphore “théâtrale” de la programmation-objet.</p>
<p>Les créateurs d’Alice ont cherché à définir des packages d&#8217;accessoires et de personnages correspondant à certains univers particuliers (heroic fantasy, science-fiction, etc.). Une version spécifique d&#8217;Alice, <a href="http://www.alice.org/kelleher/storytelling/index.html">Storytelling Alice</a> est particulièrement destinée aux filles de 12 ans, qui dit-on, seraient rebutées par le côté trop abstrait de la programmation. Storytelling Alice est, comme son nom l’indique, spécialement orienté vers la création d&#8217;histoires. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/Aliceprogramming-300x177.jpg" alt="Aliceprogramming" title="Aliceprogramming" width="300" height="177" class="alignnone size-medium wp-image-13634" align="left" hspace="6" vspace="6" />Rien n&#8217;empêcherait théoriquement Alice de cesser d’être simplement un logiciel d’apprentissage de la programmation pour devenir une véritable machine à créer des petits films ou même des jeux d’aventures (pas d’action). Seul obstacle : définitivement orientée vers l&#8217;éducation et la salle de classe, Alice ne permet pas aisément d’intégrer de nouveaux personnages et décors afin de créer ses propres scénarios. La plupart du temps, le débutant (qui, dans la logique d&#8217;Alice, est invariablement un néophyte, un &#8220;jeune&#8221; ou un enfant, jamais un adulte motivé) n’a guère le choix qu’entre les packages proposés par les éducateurs. La nouvelle version d’Alice 3 intégrerait les personnages issus du jeu <i>Les Sims</i>, une initiative qui devrait contribuer à faciliter l&#8217;apparition d&#8217;une “scène” d’échange de personnages et de décors entre les utilisateurs (quoique nous n&#8217;ayons pas trouvé trace de cette fonction d&#8217;import dans la version Beta actuellement disponible). </p>
<p><a href="http://research.microsoft.com/en-us/projects/kodu/">Kodu</a>, le produit de Microsoft, rassemble beaucoup à Alice, même si, <a href="http://blog.alice.org/?p=116">de l’aveu même d’un des concepteurs d’Alice</a>, il est encore meilleur et plus facile d’accès. Ici aussi, on assigne des comportements à des personnages parmi une palette de réactions possibles. Le but avoué de Microsoft est de permettre à tout un chacun de programmer des jeux&#8230; pour Xbox. Malheureusement, au jour d’aujourd’hui, Kodu semble lui aussi limité par ses capacités d&#8217;importer nouveaux personnages, accessoires et décors&#8230;</p>
<h3>Les enfants du Smalltalk</h3>
<p>Lorsque <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Kay">Alan Kay</a> et son équipe ont créé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Smalltalk">le langage Smalltalk au Xerox Park</a>, et avec lui la programmation orientée objet, leur but était de rendre le langage informatique si naturel que les plus jeunes pourraient s’y mettre sans difficulté. Small talk, en anglais, c’est le “papotage”, la conversation informelle. Trente ans après, Smalltalk existe toujours, mais il est employé par les bac+5 en informatique, et la notion d&#8217;“objet” est devenue l&#8217;un de ces concepts abscons réservés aux spécialistes. <i>&#8220;Lorsque j&#8217;ai conçu la programmation orientée objet, croyez-moi, je n’avais pas en tête le C++&#8221;</i>, dira plus tard Alan Kay.</p>
<p>Kay ne renonça pas pour autant à faire du Smalltalk un langage “pour tous”. C&#8217;est ainsi qu&#8217;est né <a href="http://www.squeak.org/">Squeak</a>, une version moderne du Smalltalk qui intègre le multimédia. Squeak reste cependant assez peu utilisé &#8220;tel quel&#8221; par les débutants en informatique. Il a revanche servi d&#8217;environnement de développement à deux systèmes de programmation visuelle spécialement destinés aux plus jeunes : <a href="http://www.squeakland.org/">Etoys</a> et <a href="http://scratch.mit.edu/">Scratch</a>. </p>
<p>Etoys est le plus ancien des deux. Un peu comme avec Alice, on définit des objets graphiques et on leur attribue des comportements divers qu&#8217;on programme sous la forme de &#8220;blocs&#8221; qu&#8217;on assemble sans écrire grand-chose d&#8217;autre que quelques variables numériques. Mais l&#8217;environnement est en 2D et on peut importer toutes sortes de médias.</p>
<p>Scratch est plus récent, mais se base sur les mêmes principes qu&#8217;Etoys :<i>&#8220;Nous avons établi trois principes de conception fondamentaux pour Scratch : le rendre plus &#8220;bidouillable&#8221; (</i>tinkerable<i>), plus significatif et plus social que les autres environnements de programmation&#8221;</i>, <a href="http://web.media.mit.edu/~mres/papers/Scratch-CACM-final.pdf">affirme Mitchel Resnick (.pdf)</a>, qui dirige le <a href="http://llk.media.mit.edu/">&#8220;Lifelong Kindergarden&#8221; au MIT</a>. Bidouillable, à cause précisément de son interface sous forme de blocs analogues à des Legos. Ainsi, <i>&#8220;les enfants peuvent triturer les briques comme ils le désirent, et les arranger en différentes séquences pour voir comment les choses se passent&#8221;</i>, précise son créateur. Il est également &#8220;plus significatif&#8221; : c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il permet aux gens de créer aisément des projets personnalisés, importer leurs propres médias, leurs propres histoires. <i>&#8220;C&#8217;est pourquoi nous avons choisi de nous concentrer sur la 2D plutôt que sur la 3D&#8221;</i>, explique Resnick. <i>&#8220;Il est plus facile pour les gens de créer, importer ou personnaliser des travaux artistiques en 2D&#8221;</i>.</p>
<p>Enfin, il est plus social : le site web de Scratch a été surnommé le &#8220;YouTube de la programmation&#8221;, car chacun peut y héberger ses projets et bien sûr commenter ceux des autres et voter pour ses préférés. C&#8217;est cette communauté, ce partage, qui permet aux utilisateurs de s’approprier plus aisément le langage. Une chose qui manquait aux langages éducatifs d&#8217;antan. Et Resnick de citer à ce propos <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marvin_Minsky">Marvin Minsky</a>, pape de l&#8217;Intelligence artificielle au MIT qui aurait dit du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Logo_%28langage%29">Logo</a> (premier langage destiné au plus jeunes) qu&#8217;il <i>&#8220;possédait une belle grammaire, mais pas une grande littérature&#8221;</i>.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/scratch-300x213.jpg" alt="scratch" title="scratch" width="300" height="213" align="right" hspace="6" vspace="6" />Quelles sont les différences entre Scratch et Etoys ? Difficile de faire une comparaison sans une longue expérience des deux systèmes. Voici quelques premières impressions. L&#8217;interface de Scratch est plus séduisante. Les blocs d’Etoys sont essentiellement textuels, et leur texte n&#8217;est pas toujours compréhensible (ils conservent une syntaxe Smalltalk) et quant à leur couleur vert pâle, elle est assez tristounette. Au contraire, on s&#8217;amuse beaucoup à assembler les blocs Scratch, colorés et explicites, capables de changer de formes selon la façon dont on les associe. Voilà peut-être des considérations superficielles pour un professionnel, mais elles comptent pour un amateur, surtout quand il a 8 ans. En revanche, Etoys semble doté d&#8217;un plus grand nombre de fonctionnalités, par exemple l&#8217;intégration de Kedama, un &#8220;système multi agent&#8221; destiné à modéliser les comportements collectifs (comme ceux des fourmis).</p>
<p><a href="http://www.olpcnews.com/software/applications/learning_squeak_scratch.html"> Un billet du blog d&#8217;Olpc news</a> semble confirmer nos impressions. On nous y explique qu&#8217;<i>&#8220;Eric Eisaman, un professeur de physique qui a utilisé Squeak et Etoys pendant plusieurs années, a remarqué des comportements différents des élèves face à Squeak et à Etoys. Cela semble indiquer que Scratch est une bonne introduction à Etoys, qui serait lui-même une bonne introduction à Squeak&#8221;.</i></p>
<p>Malgré ses côtés séduisants, Scratch reste quand même un système qui convient avant tout aux plus jeunes. Mais que faire de la grande masse des adultes qui souhaitent se lancer dans la programmation sans retourner au jardin d&#8217;enfants ? </p>
<p>Il existe deux dérivés de Scratch susceptibles de les intéresser. <a href="http://education.mit.edu/projects/starlogo-tng">Starlogo TNG</a> (for &#8220;the new generation&#8221;, pour le distinguer de l&#8217;ancien Starlogo, d’ailleurs créé par Mitchel Resnick, qui ne semble pas avoir joué de rôle dans la réalisation de TNG) est à la fois un langage de modélisation des systèmes complexes &#8220;multi-agents&#8221;, et un système de création de jeu en 3D. Le tout donc en Scratch et sans demander l&#8217;écriture d&#8217;une ligne de texte. </p>
<p>Contrairement à Alice et à Kodu, il est assez aisé d&#8217;importer des formes 3D dans starlogo TNG, à l&#8217;aide du format .kmz de <a href="http://sketchup.google.com/intl/fr/">Google Sketchup</a>, l&#8217;un des plus accessibles modeleurs 3D du marché, tant au plan financier (gratuit) qu&#8217;en terme d&#8217;utilisation. Attention, contrairement à Kedama, qui est partie intégrante d&#8217;Etoys, Starlogo TNG ne figure pas dans la distribution originale de Scratch : c&#8217;est un logiciel indépendant.  </p>
<p>Force est cependant de reconnaître que, du point de vue purement ludique, les applications créées par Starlogo TNG restent assez primitives et finalement frustrantes. Peut-être que Resnick avait-il raison de renoncer à la 3D dans le Scratch originel ? Quant à ceux qui souhaitent travailler en profondeur sur les notions de complexité, ils préfèreront sans doute recourir au Starlogo original, ou mieux encore à son clone plus abouti, <a href="http://ccl.northwestern.edu/netlogo/">Netlogo</a>. </p>
<p>L&#8217;autre dérivé de Scratch est encore plus intéressant. Google utilise en effet Scratch comme base pour son système <a href="http://appinventor.googlelabs.com/about/">App Inventor</a> qui a pour but de faciliter la création d&#8217;applications Android par tout un chacun (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=8ADwPLSFeY8&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>). App Inventor ajoute au Scratch classique bien des fonctionnalités propres aux mobiles et à l&#8217;univers Google : il devient possible de manipuler les &#8220;googles maps&#8221;, de recourir à la géolocalisation, etc. Jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui, il semblait qu&#8217;il y ait toujours eu une frontière entre les recherches &#8220;académiques&#8221; d&#8217;un groupe de chercheurs travaillant sur l&#8217;enseignement de la programmation et le monde des services commerciaux. Avec App Inventor, pour la première fois, on voit un modèle expérimental de programmation graphique au coeur d&#8217;un service destiné à des millions d’utilisateurs. </p>
<p><iframe width="560" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/8ADwPLSFeY8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Enfin, il est utile de préciser que la programmation visuelle ne s&#8217;adresse pas uniquement au débutant. Le langage <a href="http://puredata.info/">Pure Data</a>, qui sera largement présenté dans un prochain article de ce dossier, repose aussi sur une métaphore visuelle, mais ne s&#8217;adresse certainement pas aux nouveaux venus. De plus, il existe bon nombre de systèmes professionnels qui intègrent une part de programmation visuelle. Dans beaucoup d&#8217;environnements de développement, on peut générer graphiquement son interface (boutons, icônes fenêtres) et déterminer sans programmer certaines actions, mais pour le coeur du projet, il faut recourir aux méthodes classiques.</p>
<p>Plus proches dans l&#8217;esprit de la la programmation visuelle, il y a les systèmes comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/HyperCard">Hypercard</a>, dont les nostalgiques des premiers macs se souviennent encore avec émotion. Hypercard se présentait lui aussi comme un outil de création de programmes destiné aux non spécialistes, mais ce produit, et bon nombre des logiciels auteurs qui ont suivi (comme Director) proposaient en fait des systèmes hypermédia assez simples, et non des langages de programmation complets. Lorsqu’on voulait complexifier les choses on recourait de nouveau à un langage traditionnel intégré, comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/HyperTalk">Hypertalk</a> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lingo">Lingo</a>.</p>
<p>Dans un système comme Scratch, c’est le coeur du langage qui s’exprime sous forme d’icônes : les initialisations des variables, les boucles, les conditions&#8230; Pas simplement l’interface graphique ou des éléments spécifiquement multimédia.</p>
<h3>Processing, pour les artistes et designers</h3>
<p>Il existe toutefois une autre voie pour permettre à des non-initiés d&#8217;aborder la programmation. Celle qui consiste moins à simplifier la syntaxe qu’à permettre très vite la création de programmes de haute qualité et gratifiants. Dans le monde des designers, un langage remporte ainsi tous les suffrages : <a href="http://processing.org/">Processing</a>.</p>
<p>Processing est basé sur Java, dont il peut apparaître comme une version accessible et simplifiée. Force est de le reconnaître, lorsqu’on installe Processing, on n&#8217;apprécie pas forcément sur le champ sa valeur révolutionnaire. Par bien des côtés, il s’agit d’un langage de programmation “classique”. Ainsi, il ne dispose pas d&#8217;un interpréteur destiné à tester ses instructions “à la volée” comme le font des systèmes comme Squeak ou Python. De plus, il faut encore définir le “type des variables”, <i>string</i>, <i>integer</i> ou <i>float</i>, bref des tas de termes dont on ignore la signification, sans parler de l’usage systématique des <i>{</i> et <i>}</i> si difficiles d&#8217;accès depuis le clavier, ni du point virgule obligatoire dont l’oubli peut tout gâcher. En termes de syntaxe et de facilité d&#8217;usage, Python est bien plus avancé&#8230;</p>
<p>Mais là où Processing fait très fort, c’est la facilité avec laquelle il permet de manipuler les données multimédias, images, films et sons. Pour un artiste, ou un chercheur désireux de visualiser des données, par exemple, Processing est un must. Processing n’est pas une solution pour dilettantes auquel on s&#8217;initie à ses moments perdus. Il s&#8217;adresse à des passionnés qui ont à coeur de réaliser un projet et qui n&#8217;hésiteront pas, pour ce faire, à investir de l’huile de coude dans l’apprentissage d’un &#8220;vrai&#8221; langage de programmation.</p>
<p>D&#8217;ailleurs la programmation visuelle constitue-t-elle réellement une initiation si facile pour tous les débutants ? </p>
<p>Franchement, la multitude de blocs, boutons, menus et icônes d&#8217;Etoys, App Inventor ou Scratch peut parfois s&#8217;avérer aussi complexe et confuse qu&#8217;un langage à la syntaxe rigoureuse (et ne parlons pas de la relecture d&#8217;un programme conçu par autrui). Il est probable que les langages visuels attireront une nouvelle population de programmeurs, ceux qui sont dotés d&#8217;une intelligence visuelle, spatiale, les bidouilleurs de toutes sortes. Un langage comme Processing de son côté, reste d&#8217;une approche assez classique qui plaira plutôt à ceux dotés d&#8217;une mentalité d&#8217;ingénieur, de planificateurs. Qu&#8217;en est-il en revanche de ceux qui possèdent une intelligence plus &#8220;littéraire&#8221; que &#8220;mathématique&#8221; ou &#8220;visuelle&#8221; ? Peut-être le monde de la programmation du langage naturel et du web sémantique leur offrira-t-il des systèmes, des moyens d&#8217;expression de leur pensée que ni les langages de programmation traditionnels ni les nouvelles interfaces visuelles ne sont en mesure de leur offrir ? </p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/programmation/" title="programmation" rel="tag nofollow">programmation</a><br />
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		<title>Big Data : les progrès de l&#8217;analyse des données</title>
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		<pubDate>Wed, 04 May 2011 05:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La démultiplication des outils de collecte de données (comme le web ou nos téléphones mobiles qui enregistrent très facilement nos déplacements, mais également nos actions, nos relations&#8230;) et l&#8217;amélioration des outils d&#8217;analyses de données offrent aux entreprises des moyens marketing de plus en plus inédits, estime Lee Gomes pour la Technology Review. Et de donner un exemple simple et frappant&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La démultiplication des outils de collecte de données (comme le web ou nos téléphones mobiles qui enregistrent très facilement nos déplacements, mais également nos actions, nos relations&#8230;) et l&#8217;amélioration des outils d&#8217;analyses de données offrent aux entreprises des moyens marketing de plus en plus inédits, estime Lee Gomes pour la <a href="http://www.technologyreview.com/business/37496/"><i>Technology Review</i></a>. Et de donner un exemple simple et frappant : celui des Giants de San Francisco, l&#8217;équipe de baseball américain championne du monde et championne de la ligue nationale, qui a mis en place une tarification dynamique mise au point par <a href="http://www.qcue.net/">Qcue</a>, permettant de modifier le prix des billets en fonction de la demande, et ce, jusqu&#8217;à la dernière minute. L&#8217;idée étant d&#8217;adapter les tarifs à la demande pour éviter la mévente et mieux exploiter les phénomènes d&#8217;enchères (qui profitent plutôt au marché noir). Une tarification dynamique qui a permis une augmentation du chiffre d&#8217;affaires du club de 6 % en 2010. </p>
<h3>Vers le commerce algorithmique</h3>
<p><a href="http://www.economist.com/node/15557443"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/Economist-Data-Deluge.jpg" alt="Economist-Data-Deluge" title="Economist-Data-Deluge" width="250" align="right" hspace="6 vspace="6" /></a>La tarification dynamique est bien connue des sociétés de transports qui vous proposent des tickets moins chers si vous réservez longtemps avant la date de votre voyage. Mais les logiciels sont désormais capables de prendre en compte de plus en plus de données pour faire évoluer les prix en temps réel. Tant et si bien que cette capacité d&#8217;analyse de grands volumes de données (appelée la science des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Big_data">Big Data</a>) a <a href="http://doc.research-and-analytics.csfb.com/docView?sourceid=em&#038;document_id=x393632&#038;serialid=jOYBjkleJTq%2BNZfXyvleiXx/KNZeS/T/3cE3jsAeGXo%3D">été analysée par des consultants du Credit Suisse</a> comme <i>&#8220;la plus significative révolution informatique de ces 20 dernières années&#8221;</i>. Les grandes entreprises de l&#8217;informatique comme IBM, Oracle ou Hewlett-Packard s&#8217;arrachent à prix d&#8217;or les start-ups du secteur comme <a href="http://www.calmseainc.com/">CalmSea</a>, qui vend un logiciel permettant aux détaillants de glaner des indications sur les réseaux sociaux pour proposer des offres plus adaptées aux clients fidèles ou lancer des offres marketing plus fines. </p>
<p>La tarification ou la recommandation dynamique annoncent l&#8217;arrivée du commerce algorithmique, un commerce où le prix est décidé par les données et les algorithmes&#8230; </p>
<h3>Les raisons de la révolution</h3>
<p>Dans un monde où les données se démultiplient, les entreprises essayent de comprendre comment extraire de la valeur de toutes les données qu&#8217;ils recueillent. Selon Lee Gomes, cette nouvelle science des données est rendue possible, par le fait que les bases de données et outils d&#8217;analyses ont été entièrement repensés ces dernières années ce qui a permis d&#8217;améliorer considérablement leurs performances et de réduire la mémoire qu&#8217;ils nécessitaient pour fonctionner. Ensuite, c&#8217;est l&#8217;amélioration de la gestion des serveurs et du stockage à grande échelle, initiée par les travaux de Google pour indexer le web entier dans ses fermes de serveurs, qui a permis de faire de considérables progrès dans la performance du stockage et la gestion intensive de données distribuées (notamment via des systèmes basés sur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hadoop">Hadoop</a>). Enfin, les connaissances algorithmiques ont également progressé permettant la structuration et l&#8217;interrogation plus rapide des bases de données (on parle de bases <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nosql">NoSQL</a> pour désigner des bases de données non relationnelles). </p>
<p>Tous ces progrès techniques expliquent le succès de cette nouvelle science de données, tant et si bien que ces nouveaux systèmes sont devenus si faciles et si rapides, que les entreprises ne cessent de leur trouver de nouvelles utilisations à mesure que plus en plus de données deviennent accessibles. Un cybermarchand par exemple peut désormais prendre l&#8217;habitude de conserver les traces de tous les mouvements de souris que les internautes ont sur ses pages dans le but de les analyser pour améliorer le design de son site. </p>
<p><i>&#8220;A mesure que le coût de stockage des données chute, les entreprises ajustent la quantité de données qu&#8217;ils conservent : conserver des pétaoctets de données n&#8217;est désormais plus réservé au seul Google !&#8221;</i>, conclut Lee Gomes. </p>
<p>Mais surtout, l&#8217;accumulation de ces données et leurs croisements permettent de dire beaucoup de choses sur les gens avec peu d&#8217;information, comme le souligne Sandy Pentland du <a href="http://hd.media.mit.edu/">Laboratoire des dynamiques humaines</a> du MIT dans <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704547604576263261679848814.html">un article du <i>Wall Street Journal</i></a> qui recensait de nombreuses recherches qui font parler ces masses de données récoltées via les téléphones mobiles.</p>
<blockquote><p>&#8220;Juste en regardant où vous passez du temps, je peux dire beaucoup de choses sur la musique que vous aimez, la voiture que vous conduisez, votre risque financier, votre risque de diabète. Si vous ajoutez des données financières, vous obtenez un aperçu encore plus précis&#8221;.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/privacy/" title="privacy" rel="tag nofollow">privacy</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Données publiques ouvertes : comment faire ?</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 05:30:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les données publiques s&#8217;annoncent comme une nouvelle ressource pour l&#8217;innovation et la participation. L&#8217;information publique est une source majeure de nouveaux services, de création de valeur, de production de connaissance et de participation citoyenne. Mais qu&#8217;est-ce que l&#8217;ouverture de données publique transforme ? Telle était la question que posait la seconde édition de Lift France à quelques-uns des spécialistes de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les données publiques s&#8217;annoncent comme une nouvelle ressource pour l&#8217;innovation et la participation. L&#8217;information publique est une source majeure de nouveaux services, de création de valeur, de production de connaissance et de participation citoyenne. Mais qu&#8217;est-ce que l&#8217;ouverture de données publique transforme ? Telle était la question que posait la seconde édition de <a href="http://www.liftconference.com">Lift France</a> à quelques-uns des spécialistes de la question.</em></p>
<h3>Des données ouvertes pour la liberté</h3>
<p><em>“La Bible était une arme de guerre, un outil pour la guerre. 400 ans plus tard, la traduction est encore une propriété de la Couronne, et si je veux republier l&#8217;une des premières Bibles anglaises, il me faut demander l’autorisation à la Reine&#8221;</em>. Reporter free-lance, Michael Cross découvrit un jour que le gouvernement britannique se retrouvait ainsi à devoir payer très cher des données publiques contrôlées par des agences… publiques (en charge de la météorologie ou de la géographie notamment).</p>
<p>Pire : le gouvernement se retrouvait également à devoir payer des frais d’avocat et des amendes parce que certaines de ces agences publiques lui reprochaient une violation des conditions d’utilisation des licences propriétaires appliquées à des données publiques. Une étude de Rufus Pollack estima que l’économie britannique gagnerait 200 millions de livres par an, en frais de licences et de justice, si le gouvernement avait le droit d’utiliser des données publiques.</p>
<p>De la naquit la campagne <a href="http://www.internetactu.net/2008/12/03/les-joyaux-de-la-couronne-nappartiennent-a-personne/">“Rendez-nous les joyaux de la Couronne”</a> (voir aussi le site dédié, <a href="http://www.freeourdata.org.uk/">Free our data</a>), lancée en 2006 par le journal le <em>Guardian</em>, qui décida de publier au moins un article par semaine sur les problèmes d’accès et de réutilisation des données publiques jusqu’à ce que le gouvernement fasse évoluer le droit, et les pratiques :</p>
<blockquote><p>&#8220;Cette idée du contrôle de l’information, du secret, de la censure, est une tradition très ancienne et fait partie de l’ADN des gouvernements. L’échange des informations est un business. Avant ça ne portait pas à conséquence, mais aujourd’hui, ça conduit à des restrictions et à ce genre de situations absurdes et scandaleuses où des agences publiques font du business anticoncurrentiel et crée des obstacles au sein même du gouvernement.&#8221;</p></blockquote>
<p>Michael Cross explique ainsi que, pour le recensement, l’administration n’a pas le droit de réutiliser la base de données (publiques) des codes postaux, et qu’elle va devoir dépenser 11 millions de livres sterling pour créer une nouvelle base… avant de devoir la détruire, en vertu des conditions d’utilisation des licences privatives en vigueur dans l’agence britannique chargée des données géographiques. De même, s’il est possible de consulter la base de données des circonscriptions électorales, il est interdit de l’exploiter, tout comme celle des lieux susceptibles d’être inondés.</p>
<p>L’initiative du <em>Guardian</em> a intéressé nombre d’universitaires, eux aussi bloqués dans leurs travaux de recherche à cause de ce genre de limitations, explique encore Michael Cross. De son côté, la société de géographie lança quant à elle une campagne médiatique pour la discréditer. <em>&#8220;Mais peu à peu, l’opinion s’est mobilisée&#8221;</em>, témoigne Michael Cross. Une étude a condamné les pratiques de l’agence de géographie, qui a donc commencé à partager certaines de ses données. Le maire de Londres s’est engagé à ouvrir les données publiques londoniennes. L’opposition au gouvernement en a fait un cheval de bataille. Le parti au pouvoir a dû lui aussi, lors de la dernière campagne électorale, plaider pour davantage de transparence et de droit d’accès et de réutilisation des données publiques.</p>
<p>En quatre ans, la situation a considérablement évolué. Et si certaines agences refusent toujours de partager “leurs” joyaux de la Couronne, le mouvement est lancé. <em>&#8220;On a gagné&#8221;</em>, clame Michael Cross : <em>“On est passé de l’ère de la Bible du Roi à un principe de libertés&#8221;</em>. Même si, comme il le reconnaissait <a href="http://lemonde.fr/technologies/article/2010/07/01/michael-cross-les-donnees-publique-s-doivent-pouvoir-etre-reutilisees-librement_1381453_651865.html">dans un tchat au Monde.fr</a> : <em>&#8220;les données publiques doivent pouvoir être réutilisées aussi de manière commerciale, même par des entreprises que nous n&#8217;aimons pas, et pour des buts que nous n&#8217;approuvons pas.&#8221;</em> </p>
<h3>Des données ouvertes pour collaborer</h3>
<p>Dans une ville, il existe de nombreux silos de données produits par de manière propriétaire par des sociétés variées, explique Jarmo Eskelinen, président du <a href="http://www.forumvirium.fi/">Forum Virium</a> à Helsinki, une société de R&#038;D qui appartient à la Ville d’Helsinki et à 16 entreprises et PME dont l&#8217;objet est de faire du financement de la recherche pour aider le secteur public a travailler avec le secteur privé pour mettre au point de nouveaux services. <em>&#8220;Les autorités de transport produisent des informations de transports, les autorités de l’environnement produisent des données environnementales ou des données météorologiques… Mais ces spécialistes sont souvent des amateurs en matière de données, parce que ce qu’ils savent faire, c’est de l’information. Bien souvent, ils ne voient pas la différence entre l’information et les données. L’information, ce sont des données transformées en produit et auquel on a accès d’une seule manière : celle dont le public consomme les données. Mais les données ouvertes ce n’est pas cela. Avec les données ouvertes, on veut accéder à la source originelle des données et qu’elles soient libres de réutilisation.&#8221;</em></p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/07/jarmoeskelinen.png" alt="jarmoeskelinen" title="jarmoeskelinen" width="450" class="alignright size-full wp-image-10917" /><br />
<em>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/benjaminboccas/4768011974/">Jarmo Eskelinen sur la scène de Lift Marseille</a>, photographié par <a href="http://benjaminboccas.com">Benjamin Boccas</a>. </em></p>
<p><em>&#8220;Nous voulons des données brutes et nous voulons des données maintenant&#8221;</em>, <a href="http://www.ted.com/talks/tim_berners_lee_on_the_next_web.html">clamait Tim Berners Lee à TED 2009</a>. C&#8217;est-à-dire, explique Jarmo Eskelinen, il faut que les données soient ouvertes et liées à d’autres sources de données intelligemment, car c’est dans leur relation que les données seront intelligentes. </p>
<p>L’Europe a estimé la valeur des services d’information en Europe à 27 milliards d’euros. Mais Cap Gemini a estimé que la mauvaise qualité des échanges d’information entre les entreprises et les institutions coûtaient 46 milliards d’euros par an. Et ce constat est particulièrement vrai dans le secteur public où les agences travaillent difficilement entre elles ; et ce constat est particulièrement vrai dans ce continent très subdivisé où les données sont particulièrement éparpillées. <em>&#8220;Or si vous décidez d’utiliser les données, il faut collaborer&#8221;</em>, souligne Jarmo Eskelinen. <em>&#8220;C’est le produit secondaire de l’ouverture des données, mais pas le moindre.&#8221;</em> Il faut se mettre d’accord sur les formats, harmoniser les plates-formes. Et cela ne peut être que bénéficiaire aux institutions comme aux entreprises… </p>
<p>C’est ce qu’est en train d’accomplir le programme <a href="http://www.forumvirium.fi/en/project-areas/smart-city/helsinki-region-infoshare">Helsinki Region Infoshare</a>, un programme de partage de données au niveau régional. Pour les partager, le programme a d&#8217;abord cartographié les informations géospatiales de la ville pour s’apercevoir qu’il existait une centaine de Systèmes d&#8217;informations géographiques différents à Helsinki, preuve qu’on peut largement optimiser les ressources et que l’absence de coopération est une vraie gabegie. </p>
<p>Sur le modèle d&#8217;<a href="http://www.appsfordemocracy.org/">Apps for Democracy</a>, ce concours de développement d&#8217;applications à partir d&#8217;une libération de bases de données (à Helsinki, Jarmo Eskelinen a libéré 200 bases de données (contre plus 3000 aux Etats-Unis), le Forum Virium a lancé une première édition d&#8217;un concours du même genre (<a href="http://www.verkkodemokratia.fi/apps4finland/fi">Apps for Finland</a>). L’avantage est de permettre d’obtenir des applications peu chères et souvent originales. <a href="http://www.hel.fi/palvelukartta/">Le site Palvelukartta</a> dresse la carte des services publics de la ville d’Helsinki : c’est devenu le meilleur annuaire de la ville, qui permet à la fois de voir les carences des services publics sur certains quartiers et aux services de mieux communiquer entre eux en disposant enfin d&#8217;un annuaire fiable. </p>
<p>La transparence est la justification essentielle de l’ouverture des données, estime Jarmo Eskelinen. Par exemple, ils ont développé un arbre fiscal permettant de visualiser où va l’argent des impôts et d’accéder via cet arbre interactif jusqu’aux services de la ville concernés, jusqu’aux agents responsables de ces budgets. <em>&#8220;La visualisation est l’un des points clefs pour montrer la valeur des données</em>, souligne Jarmo Eskelinen, <em>&#8220;celle-ci est bien souvent abstraite et ne devient concrète que grâce à la visualisation.</em> </p>
<p>Reste que le passage aux données ouvertes n&#8217;est pas si simple, rappelle Jarmo Eskelinen. <em>&#8220;Pour faire bouger les choses, il faut un mandat, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il faut être l’autorité en charge de cela. Il faut aussi faire bouger l’état d’esprit des gens qui se sentent souvent menacés quand on parle de données ouvertes. Dans notre monde, l’information est le pouvoir : on veut en garder le contrôle. Il faut être diplomate pour trouver de manière structurée le bon chemin pour libérer des données.&#8221;</em> </p>
<p>Faire apparaître des répertoires, des catalogues de données est utile pour créer du mouvement entre les services et montrer les bonnes pratiques. Mais surtout, il faut de la méthode, c&#8217;est-à-dire  utiliser une boite à outils, explique Jarmo Eskelinen. <em>&#8220;A Helsinki, on a mis en place un catalogue de données bien sûr, mais pas seulement. Nous avons créé une “chambre de compensation centrale” pour aider les détenteurs de données à améliorer leurs données, à les publier, à créer des API (interfaces de programmation), et leur proposer des interfaces simples qu&#8217;ils peuvent utiliser… La chambre accepte et valide les catalogues et les distribue.&#8221;</em> En ce sens le Forum Virium est une plate-forme commune, qui permet à chacun de publier ses données dans des formats et avec des outils qui permettent à tous d&#8217;en profiter. En 2012, <a href="http://www.wdc2012helsinki.fi/en">Helsinki sera la capitale mondiale du design</a>, et l’équipe espère lancer d’ici cette date, via cette plate-forme, un “Open Helsinki”, un &#8220;Helsinki ouvert&#8221;, avec toute l&#8217;ambition que recouvre cette généralisation du processus.</p>
<p><em>&#8220;Quand on travaille avec des administrations, les craintes et les défis sont nombreux. Il faut montrer le coût d’une sous-optimisation par rapport au bénéfice du partage des données. Il faut aussi adopter une approche progressive, étape par étape, en apportant un appui technique aux multiples partenaires. Enfin, il faut montrer la valeur des applications créées. Il faut également gérer les questions de licence et de responsabilité. Il faut construire des API ouvertes que chacun puisse utiliser et, tout le long du processus, garder les choses simples. </p>
<p>Pour y arriver, il faut laisser les gens faire les liens, ouvrir les jeux de données et surtout ne pas chercher à protéger l’information derrière les enclos de la propriété intellectuelle. Nous avons plus à gagner à ouvrir et à collaborer.&#8221;</em></p>
<h3>Des données ouvertes pour de nouvelles offres de services</h3>
<p>La ville de Rennes a pris récemment la courageuse décision d’ouvrir ses données au public, afin de promouvoir une offre de service qui soit hyperlocale et dense.</p>
<p>Il y a beaucoup de données dans l’administration, explique Hugues Aubin, chargé de mission TIC de la ville de Rennes. Mais elles restent séparées dans des systèmes isolés, stockées dans des formats propriétaires et utilisées par des logiciels tout aussi fermés. Et ce d’autant que ces données sont le plus souvent concentrées entre les mains de petits services super-spécialisés et sectorisés. Enfin, de nombreux services perçoivent des redevances en échange d’informations.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/07/huguesaubin.png" alt="huguesaubin" title="huguesaubin" width="580" height="387" class="alignright size-full wp-image-10920" /><br />
<em>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/benjaminboccas/4771024414/">Hugues Aubin dans les couloirs de Lift France</a>, photographié par <a href="http://www.benjaminboccas.com">Benjamin Boccas</a>.</em></p>
<p>Il n’est pas si simple dans ce contexte d’ouvrir les données et de les rendre gratuites et librement échangeables. </p>
<p>Si on compare tous ces flux de données à des ruisseaux, le défi consiste à créer un “lac”, un écosystème actualisé en permanence autour duquel se développera une multitude de “jardins”, de petits services, comme <a href="http://www.slideshare.net/Huggy/opendata-program-of-rennes-metropolitan-are">l&#8217;illustre la présentation d&#8217;Hugues Aubin</a>.</p>
<div style="width:425px" id="__ss_4710764"><strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/Huggy/opendata-program-of-rennes-metropolitan-are" title="Opendata program of Rennes Metropolitan Are">Opendata program of Rennes Metropolitan Are</a></strong><object id="__sse4710764" width="580" height="355"><param name="movie" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=opendatarennes-100708082825-phpapp01&#038;stripped_title=opendata-program-of-rennes-metropolitan-are" /><param name="allowFullScreen" value="true"/><param name="allowScriptAccess" value="always"/><embed name="__sse4710764" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=opendatarennes-100708082825-phpapp01&#038;stripped_title=opendata-program-of-rennes-metropolitan-are" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="355"></embed></object>
<div style="padding:5px 0 12px">View more <a href="http://www.slideshare.net/">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/Huggy">Huggy</a>.</div>
</div>
<p>En ouvrant ses données, la ville de Rennes poursuit plusieurs objectifs :</p>
<ul>
<li>Valoriser les données publiques. Certes une partie de ces informations sont accessibles, mais leur potentiel n’est pas révélé tant que les données brutes ne sont pas disponibles.</li>
<li>Susciter une floraison de services et d’usages.</li>
<li>Développer l’image d’un territoire innovant.</li>
<li>Dynamiser un tissu local d’innovateurs.</li>
<li>Développer la citoyenneté par la transparence des données publiques.</li>
</ul>
<p>Et très modestement, Hugues Aubin évoque ses premiers retours d’expérience liée <a href="http://data.keolis-rennes.com/fr/accueil.html">à l’ouverture des données de transport de Rennes Métropole</a>. Une petite startup nommée <a href="http://www.in-cite.info/">In-Cité</a> a créé une API pour accéder aux données sur les stations de vélo via une simple URL. On peut y connaitre les vélos disponibles en temps réel, les possibilités de paiements…</p>
<p>Deux mois plus tard, <a href="https://www.levelostar.fr/fr/pages-independantes/le-velo-star-sur-votre-mobile.html">11 applications mobiles</a> avaient vu le jour. Elles ne concernent pas uniquement le prêt de vélos, mais mélangent diverses données (par exemple, elles affichent les dispositions combinées des vélos et des taxis).</p>
<p>Par exemple, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=H5ytqWZgSa0">il existe une infovisualisation sur la fréquence des prêts de vélos</a> qui permet de découvrir que certaines stations marchent tandis que d’autres sont mal placées.</p>
<p>La ville s’apprête à lancer un concours pour favoriser le développement d’applications autour de ces données. Un concours portant certains critères de mise en oeuvre, comme l’accessibilité au plus grand nombre.</p>
<p>Il reste évidemment bien des tâches à accomplir, explique Hugue Aubin. Câbler et recenser d’autres sources de données publiques, offrir des outils pour créer des services y comprit pour des non-développeurs afin de permettre à de simples habitants de traiter les infos et les afficher sur leurs blogs,&#8230; Il ne faut pas non plus négliger de développer des liens autour du sujet, d’organiser des ateliers avec les utilisateurs et les développeurs, etc.</p>
<p>Cependant, il existe encore plusieurs freins à lever, estime le chargé de mission de la ville de Rennes. Au niveau juridique, il faudra réfléchir à la bonne licence à employer. Sur le plan financier, il ne faut pas oublier que la vente ou la location de certaines de ces données s’avère rentable. Mais en réalité, seuls 10% d’entre elles font l’objet d’un commerce. Il devrait donc être possible de libérer sans trop de contestation les 90% restants… Enfin, il faut encore réussir à lever le frein culturel. L’idée d’ouvrir complètement les systèmes constitue une énorme rupture par rapport aux habitudes. Mais on constate que bien souvent, rencontrer physiquement les divers responsables de services et discuter avec eux permet d’aplanir bien des difficultés. Comme le disait Jarmo Eskelinen, l’avantage du levier de l’ouverture des données est certainement de permettre de réintroduire de la discussion et de la coopération entre les services. C&#8217;est visiblement un levier qu&#8217;Hugues Aubin utilise.</p>
<p>Jean-Marc Manach, Hubert Guillaud et Rémi Sussan</p>
<p>Mise à jour du 15 juillet 2010 : <a href="http://dai.ly/axx20O">Intéressante interview vidéo des trois conférenciers</a>.</p>
<p><object width="480" height="288"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xe0p4l_open-public-data-a-new-resource-for_tech"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xe0p4l_open-public-data-a-new-resource-for_tech" width="480" height="288" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object> </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift10/" title="lift10" rel="tag nofollow">lift10</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a><br />
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		</item>
		<item>
		<title>Les transformations de l&#8217;écosystème de l&#8217;information dans le monde du travail</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 13:25:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
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		<description><![CDATA[A l’occasion de la 2nde journée thématique du Digital Life Lab, le laboratoire de Christian Licoppe à l&#8217;Institut Télécom dédié aux usages et à la vie numérique, consacré à l&#8217;attention et aux réseaux sociaux, Valérie Beaudouin, chercheuse au Département Sciences économiques et sociales de Télécom ParisTech, a livré une très intéressante recherche sur la circulation des écrits au travail. Comment&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>A l’occasion de la 2nde journée thématique du Digital Life Lab, le laboratoire de Christian Licoppe à l&#8217;Institut Télécom dédié aux usages et à la vie numérique, consacré à l&#8217;attention et aux réseaux sociaux, <a href="https://webperso.telecom-paristech.fr/front/frontoffice.php?SP_ID=25&#038;">Valérie Beaudouin</a>, chercheuse au Département Sciences économiques et sociales de Télécom ParisTech, a livré une très intéressante recherche sur la circulation des écrits au travail. Comment l’écrit a-t-il pris une part prépondérante dans le travail ? Comment travaille-t-on dans un contexte de surcharge informationnelle ?</em></p>
<h3>De la place croissance de l’écrit au travail</h3>
<p>Toutes les études concordent pour dire que la place de l’écrit dans les activités professionnelles, tertiaires, augmente depuis une vingtaine d’années, explique Valérie Beaudouin. Que ce soit dans l’activité de management hiérarchique et transversale, où l’écrit devient une ressource fondamentale dans l’évaluation et dans le montage de projets ; que ce soit dans la relation client ; comme dans le travail en débordement ou dans le travail de production de soi (où il faut construire son parcours professionnel). Les pratiques d’écriture et lecture sont devenues principales, comme le montrent les travaux de <a href="http://www.cee-recherche.fr/fr/fiches_chercheurs/frederic_moatty.htm">Frédéric Moatty</a>. </p>
<p>Trois outils sont devenus les principales médiations de ces activités d’écriture au travail : les applications du système d’information qui mettent l’écrit au coeur du dispositif de l’organisation, les documents (textes, tableurs et présentations) et bien sûr, la messagerie électronique, qui est devenue l’activité d’écriture la plus porteuse de surcharges informationnelles. Celle-ci joue d’ailleurs un rôle de <em>hub</em> de la communication en entreprise : quel que soit le type d’écrit qui circule, il en reste des traces sur le mail. Le mail est devenu à la fois le lieu de circulation de tous les écrits et un outil multifonctionnel (voir les travaux de Wanda Orlikowski et Joanne Yates, ou ceux de <a href="http://ses.telecom-paristech.fr/denis/">Jérôme Denis</a> et Houssem Assadi sur les “Usages de l’e-mail en entreprise” qui distinguent les usages du mail selon le nombre d’interlocuteurs et selon les formes de circulation, dans l’ouvrage dirigé par Emmanuel Kessous et Jean-Luc Metzger, <em>Le travail avec les technologies de l’information</em>). </p>
<p>Pourquoi constate-t-on un tel flux de messages dans l’organisation ? Pourquoi y’a-t-il autant de production d’écrits ? Cela est dû, explique Valérie Beaudouin, à l’essor de la logique gestionnaire : <em>&#8220;rendre compte de l’activité devient une activité croissante de l’activité elle-même</em>. L’écrit est une preuve opposable qui met en visibilité l’activité. Il faut aussi compter sur la complexification du travail : le travail simple a été délégué aux machines, reste à l’humain le travail complexe avec coopération et coordination (donc production d&#8217;écrit). Il faut aussi noter le développement de l’organisation en mode projet dans les entreprises où l’écrit devient le mode de coordination dans le temps et l’espace. Le coût de production de l’écrit a également fortement diminué tant dans la communication que la publication : la rareté se situe du côté de la demande et non plus de l’offre. Enfin, nous sommes dans un contexte de transformation permanente des organisations : les collectifs de travail sont en permanence en train de s’entretenir, de se reconstituer… Et pour cela, ils ont besoin également d’une production écrite.</p>
<p>La place croissante de l’écrit a de nombreuses incidences. Bien sûr, elle explique en partie la surcharge informationnelle et communicationnelle : les flux d’information s’ajoutent aux flots de sollicitations… Les flux d’information ont énormément crû, alors que les moyens de les traiter, les médiations, ne sont pas à la hauteur de ces volumes. L’autre incidence, repose sur la fragmentation de l’activité professionnelle par les interruptions, les sollicitations (rôle du mail notamment) et par les interdépendances dans les collectifs (on dépend de plus en plus des autres, et il nous faut coopérer plutôt que de travailler seul…). Face à cette surcharge d’informations, le processus de choix devient une activité à part entière : que lire, comment lire, que retenir, à qui répondre, par quel canal… ? </p>
<p>Si l&#8217;on constate une forte croissance de l’écrit, il faut aussi souligner qu’elle est fortement articulée à l’oral. La réunion (qui est à la fois le lieu de coordination orale, le lieu de travail autour de l’écrit, de plus en plus soutenu par des supports écrits) est de plus en plus importante dans les agendas professionnels. Et c’est là que s’exprime toute la tension entre l’écrit et l’oral. </p>
<h3>Les présentations : l’outil de collaboration et du partage de savoir en entreprise</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/04/addicted-powerpoint.gif" alt="addicted-powerpoint" title="addicted-powerpoint" width="220" hspace="6" vspace="6" align="left" />La messagerie électronique et les présentations PowerPoint ont remplacé les autres formes de production d’écrits dans les organisations. Les présentations sont omniprésententes, elles circulent sur les réseaux, se copient, se remixent, se démultiplient… Très utilisées, elles contribuent à la surcharge informationnelle. Mais si elles sont très utilisées, elles sont aussi très critiquées. <em>&#8220;Quelle est leur efficacité pour collaborer ? Pour partager les savoirs ?&#8221;</em></p>
<p>La présentation est née avec le XXe siècle rappelle Valérie Baudouin. Les présentations orales sont passées d’une situation où le contenu était intériorisé dans le cerveau de l’orateur à une présentation avec un support externe et partagé avec le public. Puis, le support de présentation est devenu de plus en plus autonome par rapport au présentateur et à la présentation. Il a tendance à devenir un support de communication à part entière : la présentation est devenue un document plus qu’un complément. </p>
<p>Désormais, elles ont une double fonction : elles servent à la fois de support à la présentation orale, mais elles sont aussi autonomes, porteuses de signification par elles-mêmes…  Cette double fonction créée une tension très forte entre la surcharge informationnelle dont elles sont en partie les vecteurs et la perte de sens qui les constitue (car dans ces présentations, bien souvent, il manque la logique d’ensemble et les nuances… qui est délivrée de manière orale). Ces supports sont très critiqués en situation de lecture (car ils sont séquentiels, sans articulations, et portent souvent des contenus pauvres) : la construction du sens est reportée sur le lecteur. En présentation orale, il y a des difficultés réelles d’alignement (entre ce qu’il a dire qui est continu alors que le défilé du texte se fait par bloc, d’une manière discontinue). Sans compter que pour l’auditoire, il est nécessaire d’ajuster ce qu’on entend et ce qu’on lit… Autant de difficultés qui impliquent une charge plus lourde pour le récepteur et des risques de mécompréhension.</p>
<div style="width:425px" id="__ss_85551"><strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/thecroaker/death-by-powerpoint" title="Death by PowerPoint">Death by PowerPoint</a></strong><object width="540" height="430"><param name="movie" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=death-by-powerpoint4344&#038;stripped_title=death-by-powerpoint" /><param name="allowFullScreen" value="true"/><param name="allowScriptAccess" value="always"/><embed src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=death-by-powerpoint4344&#038;stripped_title=death-by-powerpoint" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="540" height="430"></embed></object>
<div style="padding:5px 0 12px">View more <a href="http://www.slideshare.net/">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/thecroaker">www.kapterev.com</a>.</div>
</div>
<p><em>Death By PowerPoint, un grand classique pour améliorer ses présentations PowerPoint.</em></p>
<p>Malgré ce niveau important de critique, force est de reconnaître que les présentations PowerPoint sont bien adaptées à l’écologie informationnelle et au fonctionnement de la production en entreprise. L’accélération des rythmes de travail fait qu’il est moins coûteux de produire une présentation qu’un rapport écrit. Il est aussi plus simple de construire une présentation à plusieurs (puisque l’articulation y est absente), qu’un rapport. <em>&#8220;En terme de productivité, le PowerPoint a simplifié le travail&#8221;</em> : le jeu de présentations est devenu le seul livrable, facile à réutiliser, à mettre à jour. Lors d’une présentation orale, le transparent est un artefact adapté pour capter l’attention du public, pour permettre au public de se remettre dans le flux du discours… </p>
<p>Il constitue un écrit très imparfait bien sûr, qui demande des compétences complexes pour le maîtriser (mais il en faut aussi pour accomplir un rapport). Néanmoins, il réduit la charge de travail en production. C’est un format certainement transitoire, estime la chercheuse : il est adapté à notre époque, à l’écologie de l’économie numérique actuelle. Il a déjà tendance à se transformer : on commence à voir de plus en plus de conférenciers projeter un film, des présentations plus multimédias, qui ne nécessitent plus leur intervention, hormis pour répondre aux questions suite à la présentation… </p>
<h3>Comment l’organisation influe-t-elle sur la production d’écrits ?</h3>
<p>Valérie Baudouin souhaite travailler à un projet d’exploration de contenus de mails et d’agenda… Son idée, regarder l’incidence des réorganisations d’entreprises et des évolutions de carrière sur la production écrite et les réseaux de relation. Les travaux sur les réseaux sociaux ont montré que dans la carrière professionnelle, les liens faibles jouent un rôle fondamental dans l’évolution sociale et professionnelle. Est-ce que dans les environnements qui changent rapidement, comme l’entreprise, les possibilités de nouer des liens faibles persistent ? Comment la progression dans la hiérarchie joue-t-elle sur la pratique de l’écrit ? </p>
<p>Valérie Baudouin a ainsi mesuré le nombre de mails qu’elle a envoyés et reçus pendant 10 ans alors qu&#8217;elle travaillait dans une grande entreprise française, pour montrer la croissance régulière du nombre de messages dans le temps, à mesure que les pratiques se diffusaient, ainsi que le doublement des échanges à chaque étape d’un changement hiérarchique dans sa carrière. Bien sûr, cette première exploration est encore lacunaire. Il faudrait pouvoir étudier plusieurs individus (qui disposent d’archives personnelles), mettre en place des indicateurs et des traitements pour ces masses de données… </p>
<p>Mais il n&#8217;y a pas de raison qu&#8217;elle n&#8217;y arrive pas. Comme toujours avec Valérie Beaudouin (<a href="http://www.internetactu.net/2004/04/27/les-pages-persos-sont-loeuvre-de-leur-public/">souvenons-nous de l&#8217;éclairage sur la constitution des pages personnelles, qu&#8217;elle nous avait apporté en 2004</a>), on a hâte de connaitre la suite…</p>
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		</item>
		<item>
		<title>André Gunthert : &#8220;Internet est une révolution de la consultation plus que de la production&#8221;</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2010/02/03/andre-gunthert-internet-est-une-revolution-de-la-consultation-plus-que-de-la-production/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 09:21:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Image]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a 4 ans, nous rencontrions André Gunthert, directeur du  Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine (Lhivic),  pour évoquer avec lui la révolution Flickr. Depuis, le web 2.0 s&#8217;est largement installé, même s&#8217;il a aussi largement montré ses limites, notamment à transformer tout un chacun en producteur de contenus, d&#8217;images, de vidéos, de textes&#8230; Il n&#8217;est pas étrange qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ce ne&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Il y a 4 ans, nous rencontrions André Gunthert, directeur du  <a href="http://www.lhivic.org/info/">Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine (Lhivic)</a>,  <a href="http://www.internetactu.net/2006/06/08/flickr-lune-des-choses-les-plus-importantes-qui-soit-arrive-a-la-photographie/">pour évoquer avec lui la révolution Flickr</a>. Depuis, le web 2.0 s&#8217;est largement installé, même <a href="http://novovision.fr/?+-web-2-+">s&#8217;il a aussi largement montré ses limites</a>, notamment à transformer tout un chacun en producteur de contenus, d&#8217;images, de vidéos, de textes&#8230; Il n&#8217;est pas étrange qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ce ne soit plus tant la manière dont on produit des images qu&#8217;il nous intéressait d&#8217;interroger, <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/20/comment-consultons-nous-les-images/">que la manière dont on les consulte</a>. </p>
<p>Le web créatif des amateurs est-il en train de céder le pas face au web des industries culturelles ? Chacun à leur mesure, Hadopi comme l&#8217;iPad d&#8217;Apple, <a href="http://culturevisuelle.org/totem/396">&#8220;un outil tout entier dédié à la consultation&#8221;</a>, n&#8217;en sont-ils pas les premiers symboles ? </p></blockquote>
<p><strong>InternetActu.net : Le contenu généré par l&#8217;utilisateur (User generated content, UGC) est-il vraiment le &#8220;trésor&#8221; du web 2.0 ? Qu&#8217;est-ce qui est plus important finalement sur YouTube, les quelques vidéos créées par les amateurs ou cette transformation radicale de la diffusion ?</strong></p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/cinemadoc/4297452846/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/gunthertparRoubinet.png" alt="André Gunthert par Didier Roubinet" title="André Gunthert par Didier Roubinet" width="336" height="501" class="size-full wp-image-9282" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a><strong>André Gunthert :</strong> Sur YouTube, le modèle dominant n&#8217;est pas celui de la création de contenus. Sur Youtube, nos enfants ne produisent pas de vidéos. Ils sélectionnent des contenus. Leur usage principal : c&#8217;est le visionnage. </p>
<p>Les chercheurs ont tendance à considérer la production plutôt que l&#8217;activité de consommation. Ils n&#8217;observent pas beaucoup non plus l&#8217;espace du partage, qui se situe entre les deux et dont le signalement, tel qu&#8217;il se pratique sur Facebook ou Twitter, est certainement l&#8217;activité majeure. On construit nos identités numériques par du signalement d&#8217;articles, de vidéos, d&#8217;images. C&#8217;est du flux qu&#8217;on transmet. Les deux activités les plus importantes ne sont donc pas du ressort de la production. On est resté avec l&#8217;idée que les nouveaux outils numériques facilitaient la réalisation d&#8217;images &#8211; et c&#8217;est vrai -, mais ce n&#8217;est rien par rapport à la révolution de la diffusion. </p>
<p>Cette dimension de la consultation est essentielle, d&#8217;autant qu&#8217;elle ne s&#8217;effectue plus comme autrefois. La différence avec les médias traditionnels est qu&#8217;on y est actif : ce que l&#8217;on trouve &#8220;personne&#8221; ne l&#8217;a trouvé pour nous. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Longtemps, pour consulter les contenus nous avons eu besoin de les collectionner&#8230;</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> Mes enfants ne ressentent pas le besoin d&#8217;accumuler les contenus. Jeune étudiant, la Bibliothèque nationale était mon deuxième bureau, j&#8217;y allais presque tous les jours. J&#8217;achetais très peu de livres, seulement les ouvrages récents. Un jour, je rends visite à un ami à Fribourg, qui avait une très belle bibliothèque. Il était loin de tout, il avait besoin d&#8217;un outil de référence. La conservation des contenus, que nous percevons comme un réflexe naturel est en réalité dicté par un contexte, qui peut évoluer.</p>
<p>Pour les images, la situation d&#8217;abondance est très nouvelle. La volonté de rassembler tous les livres existe depuis Alexandrie. Il y a eu des pinacothèques, mais il n&#8217;y a jamais eu de BNF des images. YouTube ou Google Images offrent des ressources auxquelles nous n&#8217;avons jamais eu accès. C&#8217;est bien une révolution de la consultation plus que de la production.</p>
<p>Cette réflexion est liée aux transformations de la période récente et notamment au déplacement de l&#8217;investissement social du grand public de l&#8217;espace institutionnel vers l&#8217;espace personnel. Dans les années 1960, les modèles sociaux ont le vent en poupe : les partis et les syndicats sont les modèles d&#8217;organisation de la société, alors que la famille, jugée conservatrice, est dévalorisée. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est l&#8217;inverse. La famille est au premier rang de l&#8217;investissement social. Le succès de Facebook s&#8217;explique si l&#8217;on prend en compte ce grand déplacement de la confiance ou de la défiance selon le point de vue où l&#8217;on se place. Tous les éléments en perte de vitesse sont marqués du sceau des institutions, alors que tout ce qui est marqué du sceau du personnel est valorisé&#8230; Et toute l&#8217;économie du signalement de Facebook est circonscrite à cette dynamique. Ce ne sont pas tant les capacités particulières de Facebook qui font son succès, que ce qu&#8217;il valorise : le local, la dimension personnelle, le groupe d&#8217;amis comme nouveau noyau social. </p>
<p>Dans cette dynamique, l&#8217;image est bien sûr située du côté de la culture privée. L&#8217;image est l&#8217;une des choses qu&#8217;on n&#8217;apprend pas à l&#8217;école. Elle se situe du côté du modèle de l&#8217;investissement personnel : l&#8217;explosion de l&#8217;image ne s&#8217;explique pas seulement parce que c&#8217;est une ressource abondante, facile à produire, mais surtout, parce qu&#8217;elle est pour chacun de nous quelque chose d&#8217;intime et de proche. Elle appartient à notre culture personnelle, celle, &#8220;sauvage&#8221;, que nous avons construit nous-mêmes, comme nous construisons ce que nous cherchons sur Google. Le fonctionnement sémantique de l&#8217;image est plus fluide, moins fixé que la transmission du langage ou d&#8217;autres formes d&#8217;information codée. Cela tient en partie à la dimension sémiotique particulière de l&#8217;image, mais surtout au facteur culturel. Tout ce qui appartient à la culture sauvage bouge, circule. Les significations véhiculées par l&#8217;image ont un grand caractère de fluidité, de plasticité. L&#8217;image est un outil pour jouer, pour produire du sens second, de la dérivation&#8230; La contrepartie, c&#8217;est le risque de la mécompréhension, la mésinterprétation&#8230; La plasticité de l&#8217;image comporte en elle-même une ambiguïté native, qui favorise par exemple la publicité ou à la propagande&#8230; La question de notre environnement numérique interroge en profondeur le passage d&#8217;un espace personnel, devenu si dense, à un espace public, devenu multiple. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Paradoxalement, est-ce que l&#8217;abondance de contenus ne signe pas la fin de leur conservation ?</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> On n&#8217;a jamais tout conservé. La photo est d&#8217;ailleurs un très bon exemple : on a perdu bien plus d&#8217;images qu&#8217;on n&#8217;en a gardées, et c&#8217;est probablement tant mieux. Pourquoi ? Parce qu&#8217;on ne peut pas appliquer les mêmes critères à la production familiale ou privée qu&#8217;à l&#8217;oeuvre d&#8217;art. L&#8217;image a différentes fonctions et notamment certaines qui sont de consommation rapide et périmable. Il faut remettre en contexte nos usages des images.</p>
<p>On s&#8217;aperçoit alors qu&#8217;il y a de nombreux cas où l&#8217;image ne sert que de façon très provisoire&#8230; Il y a plusieurs usages de l&#8217;image comme il existe différents types de mémoire (moyen, court et long terme). L&#8217;usage récent de photographier le numéro de sa place de parking est un exemple d&#8217;information qui n&#8217;a aucune pertinence à long terme. L&#8217;erreur est d&#8217;appliquer des raisonnements liés aux modèles de l&#8217;archive à des activités qui n&#8217;ont pas vocation à en générer. Sur Facebook on poste beaucoup d&#8217;images. Mais on en détruit aussi beaucoup. L&#8217;usage de la photo sur Facebook est un usage relationnel. Une fois qu&#8217;elle a rempli sa fonction (créer du lien, une fonction qui dure entre 24 et 72h), elle n&#8217;a plus lieu d&#8217;être.</p>
<p>Bien sûr, pour les lettrés, comme les blogueurs, le reflexe de la conservation et de la collection est dans nos gènes. On a commencé à réfléchir avec des bibliothèques&#8230; La collection, c&#8217;est les Lumières, la naissance du British Museum, c&#8217;est-à-dire le moment où on transforme les cabinets de curiosité en réserves de savoir, en corpus organisés, en outil culturel. Ce sont des collectionneurs qui ont inventé l&#8217;histoire, l&#8217;archéologie. Notre rapport au savoir et à la politique se transforme à partir de là. Cette organisation du réel se perpétue, mais une autre logique se superpose :  celle d&#8217;une consommation immédiate et très rapide des contenus. </p>
<p>J&#8217;ai perdu successivement 5 ou 6 bases bibliographiques composées avec <a href="http://www.zotero.org/">Zotero</a>, perdant avec dépit plusieurs milliers de références. Mais je me suis rendu compte que je ne les consultais pas. Nous subissons une pression du présent, qui mange le passé. Tout se passe comme si l&#8217;offre de nouveaux contenus était de toute façon plus importante que le reste. Notre comportement par rapport à l&#8217;archive se modifie. Parmi mes collections, les DVD que j&#8217;ai achetés depuis 10 ans sont probablement ceux que j&#8217;ai le moins reconsultés. Comme pour la technologie, où le meilleur modèle est toujours celui d&#8217;après-demain, notre attention est en permanence sollicitée par la promesse, ce qui s&#8217;articule mal avec la mobilisation de nos désirs passés. Nos collections prennent la poussière, s&#8217;étiolent et meurent sans même qu&#8217;on s&#8217;en aperçoive.</p>
<p>Ajoutons que dans les discussions que nous avons aujourd&#8217;hui sur l&#8217;archive, la vision qu&#8217;on a de la conservation est souvent idéalisée. Il faudrait aussi rappeler la dimension contraignante de l&#8217;archive. La réalité de l&#8217;archive, c&#8217;est le contrôle de son accès. Notre nouvelle situation, celle de l&#8217;accès permanent, pose de nombreux problèmes, mais ce qu&#8217;elle nous ouvre en termes de ressources est sans commune mesure avec l&#8217;état antérieur. Pour l&#8217;instant, ce qu&#8217;on a gagné avec internet est plus précieux que ce que l&#8217;on a perdu. </p>
<p>Chez les plus jeunes, je constate que l&#8217;idée de collection est étrange. L&#8217;idée d&#8217;acheter des choses pour les garder les surprend. Ils ont du mal à comprendre l&#8217;utilité de l&#8217;archive: ils vivent sur l&#8217;idée de l&#8217;abondance des contenus, de la disponibilité permanente et  perpétuelle des images, orientée vers le futur et non pas vers le passé. Il y a des serveurs qui, magiquement, maintiennent disponibles un contenu désirable&#8230; Le contenu de demain sera toujours plus désirable que le contenu de la veille, et si tu ne trouves pas ce que tu cherches, tu as toujours à ta disposition un contenu de remplacement. Sur Youtube, il y a toujours une réponse. La sérendipité est comme une pertinence seconde, qui vient se substituer à la réponse exacte. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Ce que vous décrivez à une conséquence&#8230; Le monde est restreint à ce qui est disponible. Ce qui ne l&#8217;est pas n&#8217;existe pas&#8230; </strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> Oui, la question est bien celle de la disponibilité. Pour exister aujourd&#8217;hui dans l&#8217;espace culturel, il faut exister dans cet écosystème là. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Vous dessinez la problématique d&#8217;une histoire de la consultation d&#8217;internet&#8230;</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong>  La consultation est difficile à décrire. Alors que la production est souvent interprétée à partir d&#8217;une observation au cas par cas, sur le modèle de l&#8217;oeuvre, la consommation est mesurée globalement, de façon statistique. Je pense que le paysage de la consultation ne pourra apparaître qu&#8217;à partir d&#8217;une observation beaucoup plus rapprochée et plus précise. Sur mon blog, j&#8217;essaie d&#8217;enregistrer des exemples en contexte: <a href="http://culturevisuelle.org/totem/253">Comment nos enfants, en faisant des recherches sur Youtube, lui adressent leurs rêves</a> ? Pour eux, c&#8217;est déjà un réflexe évident.</p>
<p>Il y a là de nouvelles problématiques à créer. On peut regarder le développement de jeux sociaux. La visualisation en commun de  vidéos à succès, dans un contexte amical ou familial, par exemple. Typiquement, c&#8217;est la tante qui n&#8217;a pas vu ses neveux depuis longtemps, et qui leur propose de regarder ensemble des vidéos sur son ordinateur. A la manière des jeux de cartes Panini qu&#8217;on échangeait dans les cours de récréation, il y a là un nouveau rituel social, un équivalent du conte de fées raconté au coin du feu ou de la prière avant de s&#8217;endormir. Les vidéos (vidéo gags, hits, publicités originales&#8230;) servent de monnaie d&#8217;échange pour fabriquer du lien social. On échange de petits objets qui ne coûtent pas cher mais, dont la consommation en commun est précieuse, sur le modèle anthropologique du don contre-don. </p>
<p>Bien sûr, comme le soulignait le sociologue Sylvain Maresca, <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/390">dans un récent billet évoquant la non-utilisation d&#8217;écran photo connecté par certains membres d&#8217;une famille</a>, l&#8217;installation d&#8217;une nouvelle culture ne se fait pas sans exclusion. La culture est un combat identitaire, qui ne va pas sans perte ni sans douleur. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Et la mémoire alors ?</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> Le discours sur la perte des données numériques est un leurre. Nous avons aujourd&#8217;hui un problème de trop-plein, de tri et de sélection. Ce dont on a besoin c&#8217;est d&#8217;une bonne gestion de l&#8217;oubli. La discussion sur le droit à l&#8217;oubli initiée par la secrétaire d&#8217;Etat à l&#8217;économie numérique est mal posée, mais elle demeure une bonne question face à l&#8217;univers numérique qui par défaut conserve tout&#8230; Ce qui est vite ingérable. Gmail propose de conserver par défaut tous nos mails. Tout y est accumulé, mais le tri s&#8217;effectue grâce à notre mémoire réelle: par ce dont on arrive à ce souvenir. Ce qu&#8217;on a oublié, c&#8217;est ce qui n&#8217;était pas important. C&#8217;est parce qu&#8217;on ne l&#8217;a pas oublié qu&#8217;on sait comment retrouver un vieux mail d&#8217;il y a trois ans !</p>
<p>Nous avons trop de mémoires numériques. La bonne réponse n&#8217;est pas la mémoire, mais l&#8217;histoire. L&#8217;histoire, c&#8217;est ce qui reste quand on a fait le tri, ce qu&#8217;on a jugé important, ce qui fait sens.</p>
<p>L&#8217;une des réponses que j&#8217;ai développées sans m&#8217;en rendre compte avec <a href="http://www.arhv.lhivic.org/">ARHV</a> puis <a href="http://culturevisuelle.org">Culture Visuelle</a>, c&#8217;est de faire l&#8217;histoire en cours de route, d&#8217;essayer aussi vite que possible d&#8217;interpréter, de fixer une signification, de focaliser sur les éléments symptomatiques&#8230; Produire du sens est une réponse efficace en termes de gestion de l&#8217;information.</p>
<p>L&#8217;important, ce n&#8217;est peut-être pas les collections de photos qu&#8217;on amasse, mais l&#8217;acte de produire la photo. Comprendre pourquoi prendre une photo est important au moment où on la prend, plutôt que pour sa pseudo-valeur mémorielle. Ce sont les nouvelles questions qui s&#8217;ouvrent à partir de l&#8217;observation des outils d&#8217;aujourd&#8217;hui. </p>
<p><em>Propos recueillis par Hubert Guillaud, le 27 janvier 2010. </em></p>
<p><em>André Gunthert est maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il dirige le <a href="http://www.lhivic.org/info/">Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine (Lhivic)</a>, première équipe de recherche française consacrée aux </em>visual studies<em>, qu&#8217;il a créé en 2005. Il a fondé en 1996 la première revue scientifique francophone consacrée à l&#8217;histoire de la photographie, </em>Etudes photographiques<em>, qu&#8217;il a dirigée jusqu&#8217;en 2008. Ses travaux actuels portent sur les nouveaux usages des images numériques et les formes visuelles de la culture populaire. Il a lancé récemment <a href="http://culturevisuelle.org">une plateforme de blogs consacrée à la culture visuelle</a>, sur laquelle il tient <a href="http://culturevisuelle.org/icones/">son propre carnet de recherche</a>, qu&#8217;il faut compléter par <a href="http://culturevisuelle.org/totem/">son bloc-note personnel</a>. </em></p>
<p><em>Image : André Gunthert lors d&#8217;une récente intervention présentant Culture Visuelle, <a href="http://www.flickr.com/photos/cinemadoc/4297452846/">par Didier Roubinet</a>.</em></p>
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		<title>Comment consultons-nous les images ?</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 07:10:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Image]]></category>
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		<description><![CDATA[Blade Runner ou Minority Report n&#8217;ont pas imaginé que &#8220;la photographie, support privilégié de la mémoire privée, puisse un jour connaître une autre matérialité que celle du tirage&#8221;, explique André Gunthert, chercheur en études visuelles et directeur du Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic). Pourtant, &#8220;l&#8217;installation brutale de la photo numérique au sein des pratiques familiales a bouleversé ce schéma immuable&#8221;,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Blade Runner</em> ou <em>Minority Report</em> n&#8217;ont pas imaginé que <em>&#8220;la photographie, support privilégié de la mémoire privée, puisse un jour connaître une autre matérialité que celle du tirage&#8221;</em>, <a href="http://culturevisuelle.org/icones/338">explique André Gunthert</a>, chercheur en études visuelles et directeur du <a href="http://www.lhivic.org/info/">Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine</a> (Lhivic). Pourtant, <em>&#8220;l&#8217;installation brutale de la photo numérique au sein des pratiques familiales a bouleversé ce schéma immuable&#8221;</em>, rappelle le chercheur. En quelques années, nous sommes passés de supports consultables sans intermédiaires (ces <em>&#8220;autels photographiques&#8221;</em> comme les appelle André Gunthert c&#8217;est-à-dire ces espaces de photo ou de cadres photo qui peuplent certains endroits de nos maisons) à des systèmes à lecteurs (ordinateurs, cadres photo connectés, appareils photo, DVD, sites web&#8230;). <em>&#8220;L’essentiel de la mémoire privée s&#8217;est déplacé ailleurs, au sein de logiques de consultation labile, sur internet, par l’intermédiaire des médias sociaux ou d’outils de visualisation transitoires.&#8221;</em></p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/01/autelphotographiquebladerunner.jpg" alt="L'autel photographique de Blade Runner" title="L'autel photographique de Blade Runner" width="580" class="alignnone size-full wp-image-9087" /><br />
<em>Image : L&#8217;autel photographique de Blade Runner.</em></p>
<p>Des pratiques pourtant encore balbutiantes, rappelle en complément le sociologue Sylvain Maresca, chercheur associé au Lhivic. Car l&#8217;autel photographique moderne est aussi souvent <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/390">un écran vide</a>, comme le montre l&#8217;exemple de non-usage d&#8217;un cadre photo connecté qu&#8217;il rapporte. Comment la nouvelle circulation des images dépossède certains non-utilisateurs des tirages d&#8217;images auxquels ils souhaiteraient pourtant accéder et auquel le &#8220;diaporama en continu&#8221; fourni par nos outils modernes ne répond pas ? </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/01/ecranvide.jpg" alt="Un cadre photo numérique éteint" title="Un cadre photo numérique éteint" width="580" class="alignnone size-full wp-image-9088" /><br />
<em>Image : Un cadre photo numérique éteint.</em></p>
<p><em>&#8220;Après avoir étudié le volet de la production des images, nous devons maintenant nous tourner vers l’observation des pratiques de consultation. Je suis en effet persuadé que c’est celles-ci, plus encore que les processus de réalisation, qui ont connu et vont connaître les plus grands changements&#8221;</em>, annonce André Gunthert en commentaire. <a href="http://culturevisuelle.org/icones/338/comment-page-1#comment-331">Et de pointer le changement de pratiques documentaires et mémorielles</a> : la disparition de la pulsion de collection, l&#8217;oubli comme filtre de l&#8217;information, le besoin de repères stables et durables&#8230; <em>&#8220;du côté des plus jeunes, c’est le web dans les nuages qui est la règle, et la collection l’exception&#8221;</em>, <a href="http://culturevisuelle.org/icones/338/comment-page-1#comment-353">explique-t-il encore</a>. <em>&#8220;A quoi bon s’imposer un effort de gestion si ce qu’on désire est toujours disponible ? Je ne dis pas que les </em>digital natives<em> n’auront pas le besoin ponctuel de recourir à l’appropriation, en particulier pour tous les contenus hors consensus, mais le processus qui est en marche est celui du désengagement.&#8221;</em></p>
<p>Désengagement ? Pas seulement. D&#8217;un autre côté, de nouvelles pratiques, comme les usages encyclopédiques et documentaires des plates-formes de partage (type FlickR ou YouTube) redonnent de la valeur à l&#8217;image, explique-t-il dans <a href="http://etudesphotographiques.revues.org/index2832.html">un récent article consacrée à &#8220;L&#8217;image partagée&#8221; publié par la revue <em>Etudes Photographiques</em></a> : <em>&#8220;Comme l’invention de la photographie, la transition numérique pouvait laisser craindre un phénomène de dévalorisation des images. Ce n’est pas ce qui s’est produit. Le ressort fondamental des plates-formes visuelles, nous l’apercevons désormais, a été un principe de collectivisation des contenus. De ce principe découle un nouvel état de l’image comme propriété commune, qui a transformé fondamentalement les usages. Aujourd’hui, la véritable valeur d’une image est d’être partageable. La réalisation collaborative de la plus importante archive visuelle en est la conséquence directe – et l’un des résultats les plus concrets des usages du web 2.0.&#8221;</em></p>
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		<title>Memristor : Le composant manquant ?</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 07:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Se pourrait-il que la lenteur des développements en intelligence artificielle soit due à un composant électronique manquant ? C&#8217;est l&#8217;idée surprenante développée dans un récent article du très sérieux 
New Scientist.
Il existe aujourd&#8217;hui trois types de composants électroniques fondamentaux : la résistance, la bobine et le condensateur (le plus connu des composants, le transistor serait en fait un genre&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Se pourrait-il que la lenteur des développements en intelligence artificielle soit due à un composant électronique manquant ? C&#8217;est l&#8217;idée surprenante développée dans un récent article du très sérieux <em><a href="http://www.newscientist.com/article/mg20327151.600-memristor-minds-the-future-of-artificial-intelligence.html"><br />
New Scientist</a></em>.</p>
<p>Il existe aujourd&#8217;hui trois types de composants électroniques fondamentaux : la résistance, la bobine et le condensateur (le plus connu des composants, le transistor serait en fait un genre de résistance). Dès 1971, <a href="http://www.eecs.berkeley.edu/~chua/">Leon Chua</a>, de l&#8217;université de Berkeley avait émis l&#8217;hypothèse d&#8217;un quatrième élément : le memristor, expliquait-il serait en mesure de se souvenir des courants qui l&#8217;ont traversé auparavant.</p>
<p>Les théories de Chua affirmaient qu&#8217;un tel &#8220;memristor&#8221; pouvait exister, mais il n&#8217;existait aucun système capable de réaliser cette prouesse dans le monde réel. Jusqu&#8217;à ce que <a href="http://www.hpl.hp.com/people/stan_williams/">Stan Williams</a>, chercheur à Hewlett Packard, réalise un tel procédé au niveau nanométrique.</p>
<p>Il a utilisé pour cela des assemblages de molécules de dioxyde de titanium. Il a soumis son nanosystème à certains voltages, qui, selon la direction du courant, le transformait en conducteur ou semi-conducteur. Si ensuite on coupait l&#8217;électricité, le processus s&#8217;arrêtait. Mais si on relançait le courant par la suite, le système reprenait immédiatement son état antérieur.</p>
<p>Première conséquence : la possibilité de construire des mémoires &#8220;flash&#8221; beaucoup plus efficaces. En effet, l&#8217;effet memristor &#8220;s&#8217;use&#8221; et ne fonctionne environ que 10 000 fois avant de s&#8217;effondrer. Cela rend les memristors peu utilisables pour construire des mémoires d&#8217;ordinateurs, mais les mémoires flash qui s&#8217;usent au même rythme pourraient avantageusement être remplacées. Mais, toujours selon le <em>New Scientist</em>, là n&#8217;est pas le plus important : le memristor serait la clé de l&#8217;intelligence artificielle.</p>
<h3>La mémoire est-elle la clef de l&#8217;intelligence artificielle ?</h3>
<p>Pour expliquer pourquoi, l&#8217;auteur de l&#8217;article appelle à la rescousse une des créatures les plus bizarres de notre planète : le <em>Physarum Polycephalum</em>.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/sentrawoods/2737371818/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/09/physarum-polycephalum.jpg" alt="Un Physarum polycephalum par Sentrawoods" title="Un Physarum polycephalum par Sentrawoods" hspace="6" vspace="6" border="0" width="580" /></a><br />
<em>Image : CC <a href="http://www.flickr.com/photos/sentrawoods/2737371818/">Un Physarum polycephalum par Sentrawoods</a>.</em></p>
<p>Cette curieuse forme de vie plus ou moins apparentée aux champignons vit dans les forêts et présente l&#8217;aspect sympathique d&#8217;une gelée gluante. Il s&#8217;agit en fait d&#8217;une amibe, d&#8217;un unicellulaire de taille gigantesque. Ce n&#8217;est même pas un animal, mais elle n&#8217;est pas aussi bête qu&#8217;elle en a l&#8217;air. Elle réagit à son environnement et est même capable de trouver son chemin dans un labyrinthe. En fait, <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/robotique/d/un-robot-pilote-par-une-moisissure_8400/">certains chercheurs ont même travaillé à lui faire&#8221; piloter&#8221; un robot</a> ! Mais il y a plus. Exposée à une série de stimuli répétitifs, elle s&#8217;est montrée capable de &#8220;prévoir&#8221; un évènement susceptible de se produire, comme un bon chien de Pavlov. En effet, soumise à une série de changements de températures, la créature se met au bout d&#8217;un certain temps à réagir à l&#8217;avance à ces modifications.</p>
<p>Comment cet organisme arrive-t-il à se souvenir sans le moindre neurone ? Pour <a href="http://physics.ucsd.edu/~diventra/">Max Di Ventra</a>, physicien à l&#8217;université de Californie, les éléments constitutifs de l&#8217;amibe pourraient bien se comporter comme des memristors. Capables de se souvenir des états vécus précédemment, ils reprendraient éventuellement une configuration spécifique déjà employée face à certains évènements. Ventra et son équipe se sont attachés à prouver leur hypothèse en construisant un circuit électronique analogue à la moisissure, comprenant bien sûr des memristors. Celui-ci devint vite capable, à son tour, de &#8220;prévoir&#8221; les courants électriques qui allaient le traverser.</p>
<p>Les capacités mémorielles du <em>Physarum Polycephalum</em> seraient la preuve que le développement de l&#8217;intelligence passe par un système de type memristor. Un collègue de Stan Williams à HP, <a href="http://www.hpl.hp.com/people/snider_greg/">Greg Snider</a>, travaille sur la création de synapses électroniques capables de se conduire comme les vrais. Selon lui, l&#8217;existence de tels composants nanométriques permet justement des applications d&#8217;intelligence artificielle qu&#8217;une simulation au niveau électronique n&#8217;autorise pas, pour une simple raison : la densité. Rappelant qu&#8217;il existe plus de 10<sup>10</sup> synapses par centimètres carrés de cerveau, soit une densité 10 fois supérieure à celles des microprocesseurs actuels, il précise avec la force de l&#8217;évidence  :<em> &#8220;C&#8217;est une importante raison pour laquelle les machines intelligentes ne se promènent pas dans la rue.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;Les gens confondent ce que nous faisons avec les réseaux neuronaux&#8221;</em>, renchérit Williams. <em>&#8220;Mais les réseaux neuronaux &#8211; la voie la plus prometteuse, jusqu&#8217;ici, pour créer un cerveau artificiel &#8211; reste du software fonctionnant sur du matériel standard. Ce que nous visons, nous, est un changement d&#8217;architecture.&#8221;</em></p>
<h3>Changer l&#8217;architecture de la mémoire</h3>
<p><a href="http://stevegrand.wordpress.com/2009/07/08/memristor-minds-the-future-of-artificial-intelligence/">Steve Grand</a>, l&#8217;auteur du jeu &#8220;expérimental&#8221; <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Creatures_%28s%C3%A9rie%29">Creatures</a></em> et spécialiste de la vie et de l&#8217;intelligence artificielle, n&#8217;est pas aussi enthousiaste. Certes le memristor est intéressant, mais selon lui l&#8217;auteur de l&#8217;article (et les chercheurs qu&#8217;il cite) commet une erreur fondamentale.</p>
<p>&#8220;<em>Je ne peux empêcher, explique-t-il, de trouver qu&#8217;il existe un sérieux problème dans la manière dont les physiciens et les mathématiciens réfléchissent à la biologie.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;Un ordinateur est bien sûr un système électronique, mais le point le plus important à ce sujet est qu&#8217;un ordinateur est capable de simuler n&#8217;importe quelle autre machine. Donc ils peuvent également simuler des memristors. Ils n&#8217;ont pas besoin d&#8217;être construits avec : ils les simulent sous forme de code, comme ils le font pour toute chose. Je suis sûr que j&#8217;ai écrit de nombreuses fois du code qui possédait un état mémoire analogue à celui d&#8217;un memristor (&#8230;). Il n&#8217;y a qu&#8217;un physicien pour confondre le hardware et le software comme ça. Ça me dépasse&#8221;.</em></p>
<p><em>&#8220;La science classique a parfois la mauvaise habitude d&#8217;être obsédée par les quantités et d&#8217;oublier, voire de nier l&#8217;existence, des qualités. (…) La raison pour laquelle nous ne comprenons pas le cerveau n&#8217;a rien à voir avec un &#8220;composant manquant&#8221;. La raison pour laquelle nous ne le comprenons pas est que nous ne saisissons pas le CIRCUIT. La mémoire, les pensées, les idées et le moi ne sont pas des propriétés des composants du cerveau, mais de son organisation.</p>
<p>(..) La vie et l&#8217;esprit sont des constructions qualitatives. Chercher le secret d&#8217;un mystérieux élixir vitae est une complète erreur&#8221;.</em></p>
<p>Sans doute, les memristors permettraient de créer des intelligences artificielles qui ne nécessiteraient pas des corps cybernétiques de 4 m<sup>3</sup>, ou qui ne mettraient pas une heure pour formuler la pensée la plus simple. D&#8217;un autre côté, l&#8217;absence des memristors ne saurait expliquer et justifier les difficultés rencontrées par les chercheurs en intelligence artificielle. Il semble bien qu&#8217;il y ait là une barrière théorique qui va bien au-delà de l&#8217;usage de tel ou tel composant.</p>
<p>Alors hardware ou software ? Les paris restent ouverts !</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-artificielle/" title="intelligence artificielle" rel="tag nofollow">intelligence artificielle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Les trois web</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 09:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Invité extérieur</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/delademocratienumerique.jpg" alt="De la démocratie numérique par Nicolas Vanbremeersch" title="De la démocratie numérique par Nicolas Vanbremeersch" hspace="6" vspace="6" align="left" width="200" /><em>&#8220;A l&#8217;occasion de la parution de </em>De la démocratie numérique<em> au éditions du Seuil (<a href="http://www.amazon.fr/Democratie-Numerique-Vanbremeersch-Nicolas/dp/2020987996/internetnet-21">Amazon</a>, <a href="http://livre.fnac.com/a2604138/Nicolas-Vanbremeersch-De-la-democratie-numerique?Mn=-1&amp;Ra=-1&amp;To=0&amp;Nu=-1&amp;Fr=-1">Fnac</a>, <a href="http://www.placedeslibraires.fr/detaillivre.php?gencod=9782020987998">Place des libraires</a>), Nicolas Vanbremeersch, fondateur de l&#8217;agence de communication <a href="http://www.spintank.fr/">Spintank</a>, plus connu sous son pseudonyme de blogueur politique, <a href="http://www.versac.net">Versac</a> &#8211; qui vient d&#8217;ailleurs d&#8217;ouvrir un nouvel espace de débat sur <a href="http://www.meilcour.fr">Meilcour.fr</a> -, nous a confié les bonnes feuilles de son livre. Dans ce court essai, Versac ne propose pas un guide concret sur la démocratie électronique, mais plutôt une réflexion sur le web et son fonctionnement, sur ce que l&#8217;expérience du réseau transforme dans l&#8217;espace démocratique. Une réflexion qui affirme la complexité et la puissance du web et explique comment les médiations traditionnelles qui structuraient notre société sont en train de se redéfinir via le numérique. Pour étayer son propos, Nicolas développe la théorie &#8220;des trois web&#8221;. C&#8217;est sur cette intéressante explication du fonctionnement du web que nous avons choisit de nous arrêter. Extrait. </em></p></blockquote>
<p>Comment comprendre cet espace public que forme le Web, dans ses grandes fonctions ? À quelles logiques répondent les lieux qui composent ce territoire ? (&#8230;) Ce qui structure cette représentation, c’est la vocation dominante de chaque espace, et deux axes de dynamique qui l’animent. (&#8230;) Ce schéma n’intègre pas (mais on pourrait l’adapter) d’autres fonctions que l’on remplit sur le Web (le commerce, la pédagogie, les applications et logiciels qu’on y trouve). Il s’intéresse à la parole, à la connaissance, à l’information.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/lestroiswebs.jpg" alt="Les trois web" title="Les trois web" width="580"/></p>
<p>Deux axes structurent cet espace. Le premier (l’ordonnée) est assez simple : il va du froid au chaud. Du statique, permanent, au dynamique, à l’actuel. Tout en haut se trouve la nouvelle, celle de la naissance du bébé transmise à des proches sur un blog, ou l’humeur du moment sur son profil Facebook, comme l’annonce, quelques minutes après son avènement, du record du monde d’Usain Bolt aux Jeux olympiques. Tout en bas, on est dans une logique de données : bases de données de tous types, informations encyclopédiques, pages de présentation statiques et articles quasi invariants (on pense à ces présentations d’entreprises inchangées depuis des années ou aux articles universitaires).</p>
<p>Bien entendu, il n’y a pas de séparation nette entre l’actualité et le fonds de données. C’est d’ailleurs un des immenses bénéfices du Web que de permettre cette connexion entre la logique d’archive et celle de l’immédiateté. Une encyclopédie n’est pas morte, sur le Web : elle vit d’ajouts et modifications incessants, Wikipédia nous le rappelle tous les jours, en subissant des milliers de corrections et d’ajouts. Il y a néanmoins deux types extrêmes, deux approches, deux moteurs qui animent différemment les logiques de publication, de don au public de l’information : l’immédiateté et l’archivage.</p>
<p>Le deuxième axe est plus complexe, et sans doute aussi plus structurant. À l’extrême droite, on est dans l’ancien monde, issu de l’espace public traditionnel, celui des autorités instituées et des émetteurs d’information professionnels : universitaires, journalistes, entreprises. Peu surprenant, ces mondes ont adopté, à leur démarrage, une approche de communication et de publication identique à celle qu’ils pratiquaient hors ligne. L’information y est organisée, descendante, et suit un modèle hiérarchique. L’essentiel est la publication : l’interaction n’y est pas présente ; l’individu non plus, et à peu près aucun processus n’existe effectivement, en ligne, autour de cette information. Je suis universitaire : je poste sur ma page ou sur une banque de données un article téléchargeable. Le Web indexe cette donnée. Point. Je suis journaliste : je publie un article écrit par mes soins. Je suis un parti politique : je mets sur mon site une page expliquant mon programme. Le contenu n’est souvent, sur ces sites, pas propre au Web : le Web sert ici de lieu d’archivage de contenus numérisés. On est dans une logique médiatique : le Web est utilisé comme un moyen de diffusion.</p>
<p>À l’opposé, la logique sociale domine. Je suis un individu, et j’échange avec d’autres pour concocter une recette de cuisine, j’apprends les résultats du bac du neveu, je monte un procès avec d’autres clients mécontents de ma banque, je poste des photos, espérant recevoir des encouragements d’autres amateurs, je discute, simplement, du temps qui passe avec d’autres inconnus ou amis, sur mon réseau social. La publication correspond à une publicité des échanges sociaux. On n’est pas dans une logique de médiation, mais de sociabilité directe. C’est la rue, le café, le dîner chez des copains, le dialogue, mis sur la toile.</p>
<p>L’espace entre ces deux opposés est évidemment ce qui constitue le cœur du Web. Et c’est de la rencontre de ces logiques et de ces acteurs, individus, institutions, entreprises, professionnels du savoir et de l’information, que naît l’espace public en ligne. Leurs logiques ne sont pas les mêmes, et leurs connexions pas nécessairement naturelles. Chacun ne cherche pas à aller vers l’autre, mais c’est dans cette rencontre que réside l’immense nouveauté du Web : la confrontation d’une logique sociale et d’une logique d’information. L’opposition ou la rencontre entre une logique descendante, de l’auteur au lecteur, de l’émetteur au récepteur, sans voix ni voie de retour, et celle d’une relation entre individus de plain-pied.</p>
<h3>Le Web documentaire</h3>
<p>Ce que j’appelle le Web documentaire, ce sont ces millions de pages statiques, froides, ayant essentiellement une vocation d’information de référence. Ici, le contenu domine, seul, non malléable, définitif, sur lequel l’internaute qui le visite n’a pas de prise. Logique documentaire, encyclopédique, donc, principalement, pour ce qui constitue le fonds du Web. On est ici dans un espace qui rappelle le monde hors ligne : domination du contenu, pas d’interaction, si ce n’est celle de la consultation, du choix d’accès. Souvent, ce qui se trouve dans le Web documentaire ne vient pas de cet espace : c’est juste une mise à disposition d’une connaissance ou de contenus venus d’ailleurs.</p>
<p>En volume, ce Web est immense, et apporte déjà la nouveauté de l’abondance de l’information. L’autre nouveauté, c’est l’égal accès de tous à cette information. À une portée de main, articles universitaires, archives de journaux, présentations de sociétés, rapports de syndicats, tracts, images, vidéos de patrimoine visuel sont ici. </p>
<p>Les bénéfices de cette mise à disposition sont immenses pour celui qui les cherche, mais l’accès est évidemment complexe. Le projet de numérisation Google Scholar et son pendant européen Europeana répondent à cette ambition de mise à disposition des contenus. Leur enjeu est non seulement de les numériser, et de les publier, mais aussi de les rendre accessibles, qu’on puisse s’y déplacer comme on cherche dans le Web. Ces contenus ne sont pas propres au Web. Ils dérivent de l’espace public traditionnel, tout en y retrouvant une nouvelle forme de publicité.</p>
<p>(&#8230;) Il y a peu, la Revue des Deux Mondes, plus vieille revue intellectuelle d’Europe, a rendu accessible son fonds en ligne. (&#8230;) Pour autant, pas de changement d’approche : on se contente de mettre à disposition (&#8230;) : on se met à disposition, mais on n’agit pas, proprement, sur cet espace. On crée un pont, voilà l’essentiel, du monde ancien, pour exister dans l’espace de la connaissance.</p>
<p>Le Web documentaire est le règne de l’expert, qui délivre son savoir, sans se soucier de sa préhension par autrui. Depuis sa chaire, il met ce qu’il sait et dit, a su, a dit. Mais il ne descend pas. C’est le lieu de l’artiste, qui, bon gré mal gré, sait qu’il lui faut rendre disponible sa création en ligne, faute de quoi il mourra, mais ne participe pas à des échanges. (&#8230;) Beaucoup d’experts, artistes, producteurs d’idées des espaces traditionnels se cantonnent à cette logique. Produire ailleurs, et mettre à disposition. Pour autant, ce n’est pas l’unique vocation du Web. Il est aussi, pour ces producteurs de connaissance, un espace qui a vocation à accueillir cette connaissance se faisant, à côté de celle produite dans des schémas issus d’un monde où il n’existait pas.</p>
<p>La mise à disposition des contenus documentaires, souvent, ne s’adapte pas encore au Web. On publie des articles aux formats imposés par des décennies de contraintes issues du papier. Les richesses du Web sont peu exploitées, et les instances productrices d’information, de connaissance, peinent à adapter leurs modes et formats de production, et leurs logiques de diffusion. L’article de revue de 4 000 signes est-il une règle inviolable ? L’insertion de liens html dans un article est-il un signe de détérioration du travail de l’auteur ? La chanson doit-elle se penser en albums de dix titres, chacun de trois minutes, données issues de la contrainte physique du CD et de la radio ?</p>
<p>Progressivement, sous l’impact du développement du Web, cet espace documentaire va s’élargir, devenir l’espace de référence. La manière de formuler les idées va s’adapter à l’économie propre à cet espace. Une revue, un article universitaire, un rapport annuel d’entreprise devront s’ajuster à cet univers, qui sera celui de référence, comme l’univers du papier l’est aujourd’hui. Les revues universitaires et intellectuelles seront numériques, les textes y seront hyperliés, et les travaux seront menés sans doute directement sur cet espace, en y intégrant une dimension collaborative, un échange public en ligne, entre contributeurs. Wikipédia, autant dans son processus que dans ses formes, préfigure, expérimente ce que peut être le réservoir de connaissance de demain, le Web documentaire.</p>
<p>Le Web documentaire constitue ainsi un fonds, accessible, disponible, mais n’ayant – aujourd’hui – largement pas de vie propre en ligne, faute d’interaction et de circulation. Ce qui lui donne vie et grâce, ce sont les autres espaces du Web, le Web de l’information, et le Web social. Celui qui ne participe pas directement aux logiques interactives du Web n’est pas mort : il laisse simplement à d’autres le soin d’opérer les mécanismes de tri, de hiérarchisation, d’accès.</p>
<h3>Le Web de l’information</h3>
<p>Le Web de l’information partage avec le Web documentaire cette approche non interactive, mais se situe dans l’actualité et le chaud. C’est ici le règne du journaliste. (&#8230;) Sur le Web de l’information, on trouve donc des sources, qui ne participent pas pleinement à la logique d’interaction et de collaboration du Web, qui émettent des contenus chauds. Encore une fois, on est dans la transcription de contenus issus de l’espace public traditionnel, essentiellement médiatique, vers le Web.</p>
<p>L’évolution s’accélère, néanmoins. Peu à peu, sous l’impact d’une concurrence accrue, les journalistes comprennent la nécessité d’adapter leur approche aux spécificités de ce média. Il y a trois ans, le site Internet du <em>New York Times</em> était en grande partie composé d’articles issus du journal papier. Les liens proposés ne renvoyaient qu’à d’autres pages internes du site lui-même, jamais vers l’extérieur, vers d’autres contenus. Aujourd’hui, le site du <em>New York Times</em> est devenu pluri-médias. Il intègre des formats multiples, du texte, de la vidéo, mais aussi des données, consultables en ligne, des cartes, des graphiques, des compilations de données. Le journaliste, également, change de posture.</p>
<p>De source unique, le journaliste, en ligne, se retrouve en concurrence permanente. Son contenu est apposé, mis à disposition des internautes à côté de milliers d’autres. On n’y accède pas uniquement à travers la Une de son média, mais par les liens de blogs, de sites multiples, par des moteurs de recherche et des e-mails envoyés. L’article (ou la vidéo), définitif dans le monde des médias de diffusion, se retrouve, par nature, plus malléable, évolutif. Et, surtout, l’internaute, qui a déjà du pouvoir sur l’information, puisqu’il se déplace librement entre les sources et effectue ses propres recoupements, de simple spectateur de celle-ci, devient pleinement acteur. Il ne fait pas que lire, mais vote, commente, relie, passe à ses amis, ou veut exercer une correction, un commentaire, un complément. Il peut le faire avec le journaliste, ou, plus souvent, sans son consentement.</p>
<p>Le Web de l’information subit une rupture profonde. L’information ne s’émet plus de manière définitive. Les médias perdent des fonctions essentielles, qui fondaient leurs organisations et leurs modèles économiques. L’hyperconcurrence est là. Les médias perdent peu à peu le monopole de médiation de l’information au profit de l’internaute lui-même. Ils perdent, également, le monopole de l’origine de l’information au profit de nouveaux acteurs, tous émetteurs, en des endroits multiples, sur leurs blogs, leurs sites.</p>
<p>(&#8230;) Enfin, le journaliste n’est plus seul à hiérarchiser et sélectionner l’information. D’une économie de rareté, celle des médias contraints par le temps ou l’espace, l’information est plongée à présent dans un monde d’abondance, où quelques journalistes d’une rédaction ne peuvent pas disposer du poids nécessaire pour décider, seuls, de ce qui mérite couverture, de ce qui est important. Les internautes le font avec eux.</p>
<p>La chaîne de production de l’information éclate, et chaque média doit trouver des solutions pour garder une attractivité sur ces fonctions. Collecte ou émission de l’information originale, traitement, sélection, qualification, hiérarchisation ne sont plus le monopole de professionnels, mais sont partagés avec les internautes. Cela appelle des réinventions, une intégration de nouvelles formes de collaboration. Depuis environ trois ans, elles sont clairement à l’œuvre dans le monde du Web. L’adaptation n’est pas simple : des années d’équilibres économiques, de savoir-faire, sont remis en question. L’absence de barrières à l’entrée sur le marché de l’information facilite une concurrence vive, l’arrivée permanente de nouveaux acteurs, avec lesquels les médias doivent composer, contraints d’évoluer. Des frottements existent, entre journalistes et blogueurs, entre médias et nouveaux intermédiaires de l’information (moteurs de recherche, portails, outils d’agrégation…). La concurrence ne se limite pas à l’intérieur de l’espace public numérique : lui-même entre en concurrence avec la radio, la télévision, la presse écrite, en offrant une alternative plus riche, plus fonctionnelle, plus rapide dans sa mise à jour, plus personnalisée.</p>
<p>La révolution ne fait que commencer. On a cependant dépassé un premier stade, celui de l’irruption inattendue d’un espace nouveau. Le Web se normalise, entre dans le quotidien de professionnels qui ont souvent eu du mal à l’appréhender. Les jeunes générations de journalistes, qui travaillent avec cet espace en arrière-plan depuis leurs débuts, apprennent à leurs anciens à travailler avec. Évidemment, la mutation s’accompagne d’un discours souvent dur des anciens contre le Web. Sous les discours prophétiques, sous les bénéfices incroyables du Web pour l’information se cache une mise en péril des intermédiaires plus si nécessaires que sont les médias. </p>
<p>Le <em>netbashing</em>, la condamnation du Web ou sa désignation comme tête de turc, responsable de toutes les dérives des médias, reste à la mode. On entend souvent dans la bouche de patrons de presse ce discours, qui veut que le Web serait un lieu de moindre contrôle, de diffusion d’informations fausses, d’excès, de violations de déontologie, de maljournalisme. C’est l’inverse que j’observe : le Web agit souvent comme un moyen formidable d’approfondissement, de plus grand détail sur l’information, de correction plus rapide des erreurs, comme un accès approfondi, plus riche, à l’actualité. Les quelques grands cas récents d’erreurs journalistiques françaises ne sont d’ailleurs pas le fait d’internautes, ni spécifiques au Web. Elles relèvent d’une difficulté nouvelle, mais d’un travers ancien : le journaliste doit composer avec une concurrence folle. Pour y survivre, on peut miser sur la qualité, la déontologie, l’insertion dans un écosystème d’information ; ou bien préférer le scoop ou l’absence de vérification, et la fuite en avant.</p>
<p>Le Web de l’information, c’est ce monde vaste, où chacun accède à ce qui se passe. Le bouleversement qu’il provoque est grand, et ce d’autant plus qu’il doit également composer avec le formidable développement de la troisième sphère : le Web social.</p>
<h3>Le Web social</h3>
<p>Une sphère immense de cet espace public qui se forme en ligne n’est pas faite de matériaux bruts, anciens ou récents, mis à disposition par des experts ou journalistes, transmis de l’autre monde. Cette sphère-là est celle qui relie directement les internautes. Elle répond à une logique d’échange, de partage, de conversation, de rencontre. Le Web social, c’est cet immense espace où nous, internautes, sommes producteurs de multiples informations et contenus, rendus publics en ligne, où la motivation essentielle est celle du partage. Je blogue, je partage mes favoris avec d’autres internautes, je poste des photos en ligne sur Flickr dans un groupe de passionnés des mêmes sujets que moi, je mets à jour mon profil sur Facebook en signalant une actualité ou un lien, je corrige une notice sur Wikipédia, je commente la vidéo qu’un ami a postée sur Youtube ou Dailymotion, je vote pour une information sur Digg.com. Tout cela, je le fais dans une logique relationnelle, en réseau avec mes pairs.</p>
<p>Le Web social est devenu un sujet d’intérêt, de discours intense depuis quelques années, à tel point qu’on ne considère presque plus que lui. On parle ainsi de « Web 2.0 » pour caractériser cette évolution du Web qui joue la carte de la mise en réseau des internautes producteurs de contenus, de liens, d’interactions de tous types. Le terme de « Web 2.0 » me semble faux : il induirait une rupture avec une première étape dans l’histoire de l’Internet. Or, dès ses débuts, le Web contenait cette logique : les premières pages publiées sur le Web l’ont été par des internautes, acteurs de domaines dont ils n’avaient pas la charge professionnelle. Les premières applications du Web ont été des fonctions sociales : la discussion, le commentaire en commun, la prise de nouvelles, le partage d’information, directement entre individus. Les toutes premières pages Web publiées ressemblaient, à vrai dire, à un blog ou à un Facebook, en moins élaborées. Deux éléments, outre les aspects technologiques, me semblent justifier une évolution. La première tient à la concentration sur l’individu, plus que sur le collectif : les premières applications de partage social en ligne (les listes de discussion, les newsgroups, les forums de discussion) étaient collectives. Les nouveaux services (blogs, réseaux sociaux) replacent l’individu au cœur de l’action, en lui permettant de se mettre en réseau avec d’autres. La nouveauté tient également à l’adoption de standards d’échange et de partage de la relation. Un blog, un réseau social, Twitter, Flickr, ce sont avant tout des logiques de normes d’information, de flux standardisés, de codes qui se sont imposés rapidement comme des usages appréhensibles par un grand nombre. Sans ces standards, cette homogénéité des formats et de l’information, sans cette qualification (encore rudimentaire aujourd’hui), il n’y aurait pas de « blogosphère », mais des millions de sites ne pouvant pas dialoguer, se mettre en réseaux. Pour former société, il faut adopter des codes, des règles, se conformer à des pratiques communes. Le Web dispose de ses propres pratiques, de ses standards d’information : le billet de blog, le commentaire, le tag (l’étiquette textuelle que l’on appose pour qualifier une information).</p>
<p>La figure emblématique de cet espace est le blogueur. C’est une réduction ; des millions d’individus ne tiennent pas un blog, mais contribuent, par les petites choses qu’ils font en ligne, à alimenter le Web d’un discours et d’une multiplicité de contenus : photos, vidéos, liens, commentaires, messages de tous types, construction d’articles à plusieurs sur des wikis, ces pages modifiables par tous (et dont l’application sur l’encyclopédie Wikipédia est la manifestation la plus emblématique), rencontres, profils personnels et tartes à la crème (virtuelles) envoyées à la figure d’amis sur Facebook constituent cet espace, immense et formidablement divers. (&#8230;)</p>
<p>Ce qui relie cette diversité, néanmoins, tient à trois logiques essentielles, qui distinguent cet espace des deux autres (le Web documentaire et le Web de l’information).</p>
<p>D’une part, chacun peut participer, pourvu qu’il soit connecté. Chacun participe, d’ailleurs, à son niveau. La participation à ces espaces n’est pas uniforme, et se vêt d’habits multiples, qui correspondent à autant de fonctions distinctes. On publie des articles, des photos, des vidéos, on commente, on note, on transmet, on relie. Les moyens d’expression sont aussi variés que les personnes qui souhaitent le faire.</p>
<p>D’autre part, la sociabilité est au cœur de ces logiques. J’ai remarqué que nombre de personnes sous-estiment la part de rencontres et de relation qui sous-tend ces échanges. Souvent, quand on me questionne sur ma pratique du blog, on me prend pour une sorte d’écrivain virtuel, seul devant sa feuille de papier numérique. Or, dans toutes ces pratiques, c’est l’échange qui nourrit et qui fait vivre. Un blog, ce sont des rencontres et des échanges, qui ont un caractère très social. Les skyblogs d’adolescents – Skyblog est la plateforme de blogs créée par la radio Skyrock – sont des pratiques de groupe qui sont des prolongations des logiques tribales propres à l’adolescence ; les forums de discussion thématiques entretiennent une hiérarchie et des relations interpersonnelles fortes ; les blogueurs d’une ville aiment à se rencontrer autour d’un verre ; les commentateurs d’un blog forment une microsociété, avec des rites et des reconnaissances propres à un groupe constitué de manière lâche.</p>
<p>La relation est au cœur de la motivation. Sans elle, ces productions ne sont rien. </p>
<p>Enfin, la publicité devient un principe dominant. Ce qui est véritablement nouveau, finalement, c’est le principe de publicité des échanges et des productions de soi. C’est un peu un mystère, que des sociologues explorent, mais qui reste partiellement insoluble : comment se fait-il que ces millions de gens laissent ainsi accessible au tout-venant une part d’eux-mêmes ? La réponse tient souvent aux bénéfices associés à cette publicité. Ils sont immenses. Se rendre disponible en ligne, bloguer sur ses sujets, poster des photos dans la toile, c’est permettre la rencontre, l’échange. Découvrir un blogueur talentueux et avoir la possibilité de se mettre en relation directe avec lui est un plaisir difficile à décrire, jubilatoire, tant l’accès est aisé. Ce principe de publicité de soi est extrêmement varié, dans ses modes d’expression, mais contient en germe un fait nouveau : un volume immense de personnes se édiatise en ligne, rendant accessible à tout le monde, de manière anonyme ou affichée, des bouts de soi, des productions personnelles. C’est un fait majeur que cette médiatisation de soi, qu’elle soit sur un blog, sur Youtube ou sur un réseau social comme Myspace ou Facebook.</p>
<p>Nicolas Vanbremeersch</p>
<p>Extrait de <em>De la Démocratie Numérique</em>, Le Seuil, 2009 (<a href="http://www.amazon.fr/Democratie-Numerique-Vanbremeersch-Nicolas/dp/2020987996/internetnet-21">Amazon</a>, <a href="http://livre.fnac.com/a2604138/Nicolas-Vanbremeersch-De-la-democratie-numerique?Mn=-1&amp;Ra=-1&amp;To=0&amp;Nu=-1&amp;Fr=-1">Fnac</a>, <a href="http://www.placedeslibraires.fr/detaillivre.php?gencod=9782020987998">Place des libraires</a>). </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/web-20/" title="web 2.0" rel="tag nofollow">web 2.0</a><br />
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		<title>L&#8217;expansion de l&#8217;ignorance</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/10/23/lexpansion-de-lignorance/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Oct 2008 10:22:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;L&#8217;entité qui croit le plus vite désormais est l&#8217;information. L&#8217;information se développe dix fois plus vite que la croissance de n&#8217;importe quel produit naturel ou manufacturé de la planète&#8221;, explique Kevin Kelly. Selon certains calculs de Kevin Kelly et du célèbre économiste des réseaux Hal Varian, qui officie désormais chez Google, l&#8217;information mondiale croit de quelques 66 % par an&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;L&#8217;entité qui croit le plus vite désormais est l&#8217;information. L&#8217;information se développe dix fois plus vite que la croissance de n&#8217;importe quel produit naturel ou manufacturé de la planète&#8221;</em>, <a href="http://www.kk.org/thetechnium/archives/2008/10/the_expansion_o.php">explique Kevin Kelly</a>. Selon certains calculs de Kevin Kelly et du célèbre économiste des réseaux <a href="http://people.ischool.berkeley.edu/~hal/">Hal Varian</a>, qui officie désormais chez Google, l&#8217;information mondiale croit de quelques 66 % par an depuis plusieurs décennies, alors que les biens manufacturés ne progressent que de 7 % en moyenne. Sans compter qu&#8217;à l&#8217;expansion de l&#8217;information, il faut ajouter l&#8217;expansion de la connaissance (progression du nombre d&#8217;articles scientifiques publiés annuellement, progression du nombre de brevets déposés&#8230;). </p>
<p>La connaissance bénéficie à la connaissance, nous permettant d&#8217;aller toujours plus loin dans les moyens, les outils et nous permettant d&#8217;apporter de nouvelles réponses aux questions que se pose l&#8217;humanité. Mais, comme le rappel Kevin Kelly, le paradoxe de la science est que chaque nouvelle réponse apporte ses nouvelles questions. Les télescopes et les microscopes nous ont permis d&#8217;accéder à de nouvelles connaissances, mais ont également mis en avant tout ce que nous ne savions pas. </p>
<p><em>&#8220;Même si notre connaissance est en expansion exponentielle, nos questions connaissent également une expansion exponentielle plus rapide. Tous les mathématiciens vous le diront, l&#8217;élargissement du fossé entre deux courbes exponentielles est lui-même une courbe exponentielle. Cet écart entre les questions et réponses représente la courbe exponentielle de notre ignorance.&#8221;</em> A croire que la science est une méthode qui développe plus notre ignorance que notre connaissance, s&#8217;amuse l&#8217;éditorialiste. </p>
<p><em>&#8220;Nous n&#8217;avons aucune raison de nous attendre à ce que ce phénomène s&#8217;inverse à l&#8217;avenir. Le plus une technologie est perturbatrice, le plus perturbateur sont les questions qu&#8217;elle va produire. Nous pouvons nous attendre que les technologies telles que l&#8217;intelligence artificielle, la fusion contrôlée ou l&#8217;informatique quantique (pour prendre quelques exemples) déclenchent des milliers de nouvelles questions. (&#8230;) En d&#8217;autres termes, nous n&#8217;avons pas encore atteint notre maximum d&#8217;ignorance&#8221;</em>, conclut-il.</p>

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		<title>Est-ce que le déluge de données va rendre la méthode scientifique obsolète ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/09/09/est-ce-que-le-deluge-de-donnees-va-rendre-la-methode-scientifique-obsolete/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Sep 2008 14:54:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;Il y a soixante ans, les ordinateurs ont rendu l&#8217;information lisible. Il y a vingt ans, l&#8217;internet l&#8217;a rendu accessible. Aujourd&#8217;hui, Google et d&#8217;autres (&#8230;) nous permettent de traiter ce corpus massif de données comme le laboratoire de notre humaine condition.&#8221; Bienvenue dans l&#8217;âge du Petaoctet. L&#8217;âge où les informations sont stockées dans les nuages, explique la revue The Edge,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;Il y a soixante ans, les ordinateurs ont rendu l&#8217;information lisible. Il y a vingt ans, l&#8217;internet l&#8217;a rendu accessible. Aujourd&#8217;hui, Google et d&#8217;autres (&#8230;) nous permettent de traiter ce corpus massif de données comme le laboratoire de notre humaine condition.&#8221;</em> Bienvenue dans l&#8217;âge du Petaoctet. L&#8217;âge où les informations sont stockées dans les nuages, explique la revue <em>The Edge</em>, qui consacre <a href="http://www.edge.org/3rd_culture/anderson08/anderson08_index.html">un excellent dossier à la fin de la science</a>.</p>
<p><a href="http://www.wired.com/science/discoveries/magazine/16-07/pb_theory">Selon Chris Anderson</a>, nous sommes à la fin de la science, de la science telle que nous la connaissons. <em>&#8220;À l&#8217;échelle du pétaoctet, l&#8217;information n&#8217;est pas une question de simples dimensions en matière de taxonomie et d&#8217;ordre, mais de statistiques agnostiques en termes de dimensions. Cela nécessite une approche totalement différente, qui nous oblige à concevoir la donnée comme quelque chose qui ne peut être visualisée dans sa totalité. Cela nous oblige à regarder d&#8217;abord les données mathématiquement et établir leur contexte ensuite. Par exemple, Google a conquis le monde de la publicité avec rien de plus que des mathématiques appliquées. Google n&#8217;a pas la prétention de savoir tout sur la culture des hommes et les conventions de la publicité &#8211; il a juste supposé que des données de meilleure qualité, avec de meilleurs outils d&#8217;analyses, l&#8217;emporteraient. Et Google avait raison.</p>
<p>La philosophie fondatrice de Google est que nous ne savons pas pourquoi cette page est mieux que celle-ci : mais si les statistiques des liens entrants disent qu&#8217;elle l&#8217;est, c&#8217;est bien suffisant. Aucune analyse sémantique ou de causalité n&#8217;est nécessaire. C&#8217;est la raison pour laquelle Google peut traduire toutes les langues sans les connaître (avec les mêmes corpus de données, Google peut traduire le klingon en farsi aussi facilement qu&#8217;il peut traduire du français en allemand).&#8221;</em></p>
<p>Pour Chris Anderson, l&#8217;analyse mathématique appliquée aux énormes quantités de données qui vont provenir de nos capteurs, de nos outils qui collectent tous nos comportements, de nos possibilités infinies de stockage, de nos nuages de processeurs, vont transformer les sciences. <em>&#8220;Avec suffisamment de données, les chiffres parlent d&#8217;eux-mêmes.&#8221;</em></p>
<p>Alors que la méthode scientifique est construite autour d&#8217;hypothèses que l&#8217;on teste, de modèle et d&#8217;expérimentations qui confirment ou infirment les hypothèses théoriques, les données, sans modèles, ne risquent-elles pas de n&#8217;être rien d&#8217;autre que du bruit ? Pas si sûr, répond Anderson : avec l&#8217;arrivée de données massives, cette approche de la science risque de devenir obsolète. <em>&#8220;L&#8217;ère du Pétaoctet nous permet de dire : &#8220;la corrélation va suffire&#8221;. Nous pouvons désormais analyser les données sans faire des hypothèses sur ce qu&#8217;elles vont produire. Nous pouvons jeter les nombres dans le plus grand réseau d&#8217;ordinateurs que le monde n&#8217;ait jamais vu et laisser les algorithmes trouver les modèles que la science n&#8217;arrivait pas à trouver.&#8221;</em> Et d&#8217;évoquer l&#8217;exemple du séquençage des gènes par Craig Venter, qui est passé de l&#8217;organisme humain au séquençage de l&#8217;océan, au séquençage de l&#8217;air. Un procédé qui lui permet de trouver des centaines de nouvelles espèces, de nouvelles bactéries dont Venter ne sait rien : il ne dispose que d&#8217;une alerte statistique, une séquence, qui parce qu&#8217;elle n&#8217;est pas comme les autres séquences d&#8217;ADN qu&#8217;il a dans sa base, doit représenter une nouvelle espèce.</p>
<p><a href="http://www.edge.org/3rd_culture/anderson08/anderson08_index.html#feeding">La revue <em>The Edge</em> donne plusieurs exemples</a> de ces pétaoctets d&#8217;informations, dans les domaines de la physique, de la biologie, de la politique ou de l&#8217;information, pour prendre des domaines plus accessibles. Comme l&#8217;<a href="http://emm.jrc.it">Europe Media Monitor</a>, un système qui analyse quelques 40 000 articles européens quotidiennement pour les exploiter de multiples manières, comme le montre <a href="http://emm-labs.jrc.it/">leurs surprenants laboratoires</a> (par thème, par localisation, selon leur impact ou en essayant de voir leur structure sociale&#8230;).</p>
<p>Les réactions compilées par les contributeurs experts de la cyberculture de <a href="http://www.edge.org/discourse/the_end_of_theory.html"><em>The Edge</em> sont également intéressantes</a>. Pour l&#8217;historien des sciences George Dyson, le flot de données va ouvrir de nouveaux territoires scientifiques qui devraient nous ramener à l&#8217;excitation du XVIIe siècle, époque où est apparue la science moderne. Mais il est difficile de dire si cela va rendre obsolète la méthode scientifique, au moins parce qu&#8217;elle est peut-être encore trop récente.</p>
<p>Pour Kevin Kelly, beaucoup de domaines scientifiques (l&#8217;astronomie, la physique ou la géologie par exemple) utilisent déjà des flux de données extrêmement vastes, dont seuls les ordinateurs peuvent dégager des tendances invisibles à l&#8217;échelle de l&#8217;oeil humain. Selon lui, ces nouvelles méthodes ne viennent pas remplacer l&#8217;ancienne, mais viendront en complément de la science orientée par la théorie. Pour Daniel Hillis le fondateur de <a href="http://www.metaweb.com/">Metaweb</a> et d&#8217;<a href="http://www.appliedminds.com/">AppliedMinds</a>, il n&#8217;y a pas de nouvelle méthode : collecter des données, quelque soit leur taille, et les analyser, a toujours fait parti de la méthode scientifique. Pour le physicien Sean Carroll, les hypothèses demeurent l&#8217;outil le plus utile de la science : <em>&#8220;la théorie c&#8217;est la compréhension, et la compréhension du monde est le seul propos de la science&#8221;</em>.</p>
<p>Pour le journaliste scientifique John Horgan, Anderson ne fait que recycler de vieilles rhétoriques sur la complexité, le chaos et l&#8217;intelligence artificielle : <em>&#8220;Chris Anderson semble penser que les ordinateurs permettront de réduire la science à de la pure induction, de prédire l&#8217;avenir depuis le passé. Cette méthode bien sûr ne peut prédire les trous noirs, les anormalités ou les évènements vraiment nouveaux. Les théories conduites par les humains non plus, mais nos experts sauront comment gérer ces perturbations quand elles apparaitront.&#8221;</em> Douglas Rushkoff est sceptique. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on supprime les limites et les biais de la narrativité de la science qu&#8217;on ne construit pas de nouveaux partis pris et de nouveaux biais. Dans ce concert de commentaires, laissons le mot de la fin au physicien Lee Smolin : <em>&#8220;Il est clair que l&#8217;informatique et la simulation numérique sont des outils qui sont les bienvenues : ils sont utiles s&#8217;ils sont utilisés par de bons scientifiques pour augmenter la puissance créative de leurs raisonnements. Mais on réussit rarement en lançant un problème dans un ordinateur : il faut des années et même des décennies de développement et de réglage prudent d&#8217;une simulation pour l&#8217;amener au point où son rendement sera suffisamment puissant pour être utile et dans tous les cas quand cela arrive c&#8217;est parce qu&#8217;il a été réalisé grâce à un travail théorique durable et créatif du type de celui qui est traditionnellement au coeur du progrès scientifique.&#8221;</em></p>
<p>Dit autrement, <a href="http://www.internetactu.net/2007/09/07/demain-lintelligence-des-donnees/">quitte à se répéter</a>,  les données ne sont pas intelligentes pour elles-mêmes, quelque soit leur taille. Encore faudra-t-il comprendre ce qui peut se mixer de ce qui ne le peut pas.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a><br />
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		<title>Comment la retouche d&#8217;image se popularise et transforme notre rapport à la photo</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Sep 2008 07:13:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Passionnant article du New York Times sur l&#8217;utilisation de plus en plus commune de la retouche d&#8217;image par tout un chacun. Grâce aux logiciels de retouche de photographies, il devient facile d&#8217;effacer un ex-mari de ses photos de vacances, d&#8217;ajouter un cousin à une photo de mariage. &#8220;Sans lui sur les photos, je peux les regarder. Je peux regarder ces&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nytimes.com/2008/08/17/fashion/17photo.html?ex=1219636800&#038;en=873f0f549100c96f&#038;ei=5070&#038;emc=eta1">Passionnant article du <em>New York Times</em></a> sur l&#8217;utilisation de plus en plus commune de la retouche d&#8217;image par tout un chacun. Grâce aux logiciels de retouche de photographies, il devient facile d&#8217;effacer un ex-mari de ses photos de vacances, d&#8217;ajouter un cousin à une photo de mariage. <em>&#8220;Sans lui sur les photos, je peux les regarder. Je peux regarder ces images et penser aux bons moments que nous avons partagés, aux endroits où nous sommes allés&#8221;</em>, précise une femme qui a effacé son ex-époux de la plupart de ses photos. A l&#8217;époque de la manipulation numérique, de nombreuses personnes pensent que les photos de familles ne doivent plus nécessairement évoquer ce qui a été, mais ce qu&#8217;on souhaiterait avoir vécu, explique Alex Williams, l&#8217;auteur de l&#8217;article. Même si ces fausses photographies finissent par altérer la mémoire de chacun : est-ce que ceux qu&#8217;on voit sur la photo étaient vraiment à ce mariage ? En Inde, explique Mary Warner Marien, professeur d&#8217;histoire à l&#8217;université de Syracuse et auteur de <em><a href="http://www.amazon.com/Photography-Cultural-Mary-Warner-Marien/dp/0132219069/internetnet-21">La photographie, une histoire culturelle</a></em>, il y a une tradition de copier-coller les têtes des membres de la famille absents à une cérémonie pour les y intégrer dans une volonté de respect. <em>&#8220;L&#8217;idée selon laquelle ce qui est en face de l&#8217;objectif doit être vrai ne correspond qu&#8217;à un sens occidental de la réalité&#8221;</em>, explique-t-elle.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/sethteeters/2703375292/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/08/beforeafter.jpg" alt="Exemple de photographie retouchée sur FlickR" title="Exemple de photographie retouchée sur FlickR" hspace="6" vspace="6" align="right" border="0" /></a>Après la mort de son père, Theresa Rolley, elle, a fait créer une photo d&#8217;elle et de son père ensemble, car elle n&#8217;en possédait pas. De telles manipulations représentent un nouveau mécanisme de copie pour nous, explique Heather Downs, <a href="http://www.soc.uiuc.edu/">sociologue à l&#8217;université de l&#8217;Illinois</a>, qui a étudié le rôle que les photographies jouent dans les familles. <em>&#8220;Ces images idéalisées peuvent changer la manière dont on abord les problèmes que toutes les familles rencontrent : mésententes, divorces&#8230;&#8221;</em> Il ne faut pas oublier que la photographie a toujours représenté, à certains niveaux, une distorsion de la réalité, reconnait Per Gylfe, directeur du laboratoire des médias numériques au <a href="http://www.icp.org/">Centre de photographie international</a> de New York. <em>&#8220;Nous prenons toujours les photographies comme des preuves d&#8217;un évènement, alors que nous n&#8217;aurions jamais dû&#8221;</em>, conclut-il en expliquant combien la technique sait faire varier l&#8217;appréciation que l&#8217;on a d&#8217;une image.</p>
<p>Sans compter que la motivation à truquer et idéaliser les images de soi ou de ses proches est plus forte à l&#8217;heure où les albums de photos familiaux passent de l&#8217;espace domestique à l&#8217;internet, explique Alex Williams. En outre, les gens sont de plus en plus enclins à accepter les trucages en photographie, car ils y sont de plus en plus exposés. La manipulation de l&#8217;image a changé le climat des médias, <a href="http://photo.tisch.nyu.edu/object/RitchinF.html">explique Fred Ritchin</a>, professeur de photographie à l&#8217;université de New York. <em>&#8220;Au niveau de la famille et des amis, il y a beaucoup moins de résistance aux images modifiées&#8221;</em>. A croire que dans un monde où la plupart des images sont retouchées, les gens ordinaires pensent parfois qu&#8217;ils doivent embellir leur propre image juste pour suivre le rythme.</p>
<p>Il y a 23 ans, <a href="http://kk.org/ct2/2008/08/the-end-of-video-as-evidence-o.php">rappelle Kevin Kelly</a>, il annonçait la fin de la photographie comme &#8220;la preuve des choses qui existent&#8221;, à une époque où Photoshop était encore loin d&#8217;être répandu et où faire des retouches et de trucages était encore compliqué et coûteux. Dès à présent, rappelle-t-il, ce sont les images vidéos qui sont en passe de devenir la nouvelle cible des trucages et des retouches réalisés par tout un chacun. Et de voir dans <a href="http://current.com/items/89204971_death_star_over_san_francisco">l&#8217;Etoile de la mort sur San Francisco</a> &#8211; un petit film réalisé par Michael Horn, qui incruste des images tirées de Star Wars sur des vues de San Francisco, réalisé avec un logiciel du commerce comme FinalCut -, que la vidéo n&#8217;est plus une preuve de quoi que ce soit. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a><br />
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		<title>La Machine Unique pour les relier tous</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 08:10:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;Peu importe le web 3.0 : la prochaine étape de l’évolution technologique est l’ordinateur mondial unique&#8221;, prophétise Kevin Kelly dans Wired. Dans la continuité de &#8220;Nous sommes le web&#8221;, l&#8217;éditorialiste explique l&#8217;évolution vers laquelle nous allons en comparant les capacités du cerveau humain à celles de nos machines en réseau (voir l&#8217;animation qui permet de comparer les capacités stockage, le&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;Peu importe le web 3.0 : la prochaine étape de l’évolution technologique est l’ordinateur mondial unique&#8221;</em>, prophétise <a href="http://www.wired.com/special_multimedia/2008/st_infoporn_1607">Kevin Kelly dans <em>Wired</em></a>. Dans la continuité de <a href="http://www.internetactu.net/2005/08/18/nous-sommes-le-web/">&#8220;Nous sommes le web&#8221;</a>, l&#8217;éditorialiste explique l&#8217;évolution vers laquelle nous allons en comparant les capacités du cerveau humain à celles de nos machines en réseau (<a href="http://www.wired.com/special_multimedia/2008/st_infoporn_1607">voir l&#8217;animation</a> qui permet de comparer les capacités stockage, le nombre de connexions, la capacité de mémoire, la vitesse, la puissance&#8230; du cerveau et du réseau).</p>
<p><a href="http://www.wired.com/special_multimedia/2008/st_infoporn_1607"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/07/kellymanvsmachine.jpg" alt="Les capacités de l'homme par rapport à celles du réseau par Kevin Kelly, infographie signée Christoph Niemann pour Wired" /></a></p>
<blockquote><p>&#8220;Collectivement, nous avons déjà assemblé ce méga-ordinateur depuis nos milliards de PC, nos téléphones mobiles et nos objets connectés. Un nombre croissant et varié d’appareils est connecté les uns aux autres via l’internet et nos systèmes de communication : ils forment les composants de ce que nous pourrions appeler la Machine Unique (The One Machine).</p>
<p>Ses circuits sont tissés des millions de fils de cuivre et des liaisons radio entre toutes les puces contenues dans les gadgets que l&#8217;on trouve dans votre poche, dans votre bureau et dans votre voiture. Plutôt que d’être mis en route par un milliard de minuscules transistors, comme votre ordinateur personnel, il tourne sur des millions de puces d’ordinateurs, chacune avec leurs propres milliards de transistors. Sa mémoire est composée de tous les disques durs et flashs du monde. Sa mémoire vive est la somme de toutes les mémoires des puces connectées. Chaque seconde, un flot de données équivalent à celles contenues dans la bibliothèque du Congrès américaine la traverse. Le programme qui la fait tourner – son système d’exploitation initial – est le World Wide Web.</p>
<p>Le matériel qui compose la Machine Unique est assemblé depuis des myriades d’objets, son logiciel est écrit par nos comportements collectifs en ligne. Chaque fois qu’une personne clique sur un résultat de recherche ou créé un lien vers une page web, la machine est programmée. Chaque nouveau lien connecte une routine, crée une boucle et déchaîne une cascade d’impulsions. Comme les vagues de liens qui déferlent sur le monde, elle ressemble aux modes de fonctionnement d&#8217;un très grand cerveau.</p>
<p>Un hyperlien ressemble à une synapse du cerveau. Les deux marchent en faisant des associations entre des noeuds. Chaque unité de pensée dans le cerveau (une idée par exemple) se développe par ses liens avec d’autres pensées. Plus nombreux sont les synapses connectées à une idée, plus forte l’idée devient. De la même manière, plus nombreux sont les liens vers un noeud du web, plus il a de valeur pour la Machine. Le nombre d’hyperliens du web approche celui des synapses du cerveau humain. Mais la machine contient un million de transistors de plus que vous n’avez de neurones dans votre tête. Et, contrairement à votre cerveau, elle grossit à une vitesse qui dépasse la loi de Moore. En 2040, l’ordinateur planétaire dépassera le pouvoir de calcul des 7 milliards de cerveaux humains qui peuplent la Terre.</p>
<p>Mais la Machine nous englobe également. Après tout, nos cerveaux la programment et l&#8217;étayent. De plus en plus, nous allons dépendre de la Machine Unique (qui a besoin de mémoire quand vous avez Google ?), et de plus en plus la Machine va dépendre de notre esprit pour s&#8217;alimenter à une rivière de données. Nous nous dirigeons vers un destin singulier : un vaste ordinateur composé de milliards de puces et de milliards de cerveaux, enveloppant la planète d&#8217;une seule sphère d&#8217;intelligence.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a><br />
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		<title>Quel est le centre de la Wikipedia ?</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 06:55:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel est le centre de Wikipedia ? Et quel est son diamètre ? Voila par exemple quelques-unes des questions étranges qu&#8217;on peut se poser lorsqu&#8217;on étudie la théorie des &#8220;petits mondes&#8221;, ce champ des mathématiques qui analyse la configuration des relations au sein d&#8217;un réseau. L&#8217;exemple le plus connu dans ce domaine est la notion des &#8220;six degrés de proximité&#8221;&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quel est le centre de Wikipedia ? Et quel est son diamètre ? Voila par exemple quelques-unes des questions étranges qu&#8217;on peut se poser lorsqu&#8217;on étudie la théorie des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_monde">&#8220;petits mondes&#8221;</a>, ce champ des mathématiques qui analyse la configuration des relations au sein d&#8217;un réseau. L&#8217;exemple le plus connu dans ce domaine est la notion des &#8220;six degrés de proximité&#8221; existant entre tous les êtres humains. Dès les années 60, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stanley_Milgram">Stanley Milgram</a> (également connu pour <a href="http://www.internetactu.net/2007/01/09/un-virtuel-trop-reel/">ses expériences sur l&#8217;autorité</a>) a montré qu&#8217;il était possible de relier tous les habitants de cette planète en passant environ par six intermédiaires. Depuis, l&#8217;idée a été reproduite dans de nombreux domaines, par exemple dans le cas du &#8220;<a href="http://www.thekevinbacongame.com/">jeu de Kevin Bacon</a>&#8220;, qui consiste à se demander combien de connexions permettent de relier  Kevin Bacon à n&#8217;importe quel autre acteur (il existe d&#8217;ailleurs une <a href="http://oracleofbacon.org/advanced.html">version avancée</a> de ce jeu ne se limite pas à Kevin Bacon mais examine les relations entre deux comédiens pris au hasard).</p>
<p>Cette théorie des petits mondes est en train de devenir la nouvelle révolution scientifique à la mode, et on l&#8217;applique aujourd&#8217;hui tant à la physique qu&#8217;à la biologie ou à la sociologie, et bien sûr au <a href="http://www.internetactu.net/2006/11/10/la-science-du-web-en-route/">web</a>, la distance entre deux sites s&#8217;exprimant par le nombre de clics de souris nécessaires pour se rendre de la page de départ à celle d&#8217;arrivée. On ne s&#8217;étonnera donc pas qu&#8217;un certain <a href="http://www.netsoc.tcd.ie/~mu/wiki/">Stephen Dohan</a> l&#8217;ait appliqué aussi à &#8220;la&#8221; Wikipedia, afin d&#8217;examiner les connexions reliant les différents articles.</p>
<p>L&#8217;idée en soi est excellente et prolonge <a href="http://www.internetactu.net/2007/09/24/wikipedia-les-outils-de-la-confiance/">les nombreux outils</a> qui permettent déjà de documenter les évolutions de la plateforme. Elle pourrait permettre d&#8217;établir une cartographie des différents domaines de connaissance, de repérer des associations restées enfouies&#8230; Malheureusement, certaines idiosyncrasies de Wikipedia rendent ce projet difficile.</p>
<p>En théorie des réseaux, on appelle le &#8220;diamètre&#8221; la plus longue chaine de connexions nécessaire pour unir deux éléments du réseau. Si le &#8220;diamètre&#8221; des relations humaines est d&#8217;environ 6, celui de la Wikipedia, lui, tend à créer de la confusion : il est de 70 ! Mais ce chiffre ne signifie pas grand-chose, parce qu&#8217;il est le produit d&#8217;une série de 70 listes particulières, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_asteroids/145701%E2%80%93145800">celles des astéroïdes</a> du système solaire, organisées dans la Wikipedia  de telle manière qu&#8217;il faut parfois 70 clics pour aller d&#8217;une liste à une autre ! Si on corrige ce type d&#8217;abbération, en réalité, la &#8220;moyenne&#8221; des clics nécessaires pour se rendre d&#8217;un article à un autre est de 4,75, ce qui est bien plus proche de la moyenne. </p>
<p>L&#8217;autre question que s&#8217;est posée Stephen Dohan était la nature du &#8220;centre&#8221; de la Wikipedia : c&#8217;est-à-dire l&#8217;article qui proposait le trajet le plus court vers tous les autres. Le vainqueur est &#8220;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/2007">2007</a>&#8221; qui est à 3,65 clics de n&#8217;importe quelle entrée de l&#8217;encyclopédie. Mais &#8220;2007&#8243; est surtout une liste, ce qui le rend peu intéressant à analyser. Bizarrement le &#8220;vrai&#8221; centre de la Wikipedia est &#8220;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/United_Kingdom">United Kingdom</a>&#8221; avec une moyenne de 3,67 clics. Plus étrange encore, le second est <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Billie_Jean_King">Billie Jean King</a>, une ancienne joueuse de tennis !</p>
<p>Sur la page de Dohan, on peut trouver un <a href="http://www.netsoc.tcd.ie/~mu/wiki/">jeu</a> &#8220;à la Kevin Bacon&#8221; qui permet de voir par soi même les connexions existantes entre deux articles. Ainsi nous apprenons qu&#8217;il n&#8217;existe que deux clics de distance entre Britney Spears et le philosophe Hegel, l&#8217;intermédiaire étant&#8230; la date du 14 novembre (mort du second, et vague référence à un article pour la première) !</p>
<p>Il semble donc qu&#8217;il reste du temps avant d&#8217;envisager une cartographie de la Wikipedia comme un descriptif de la connaissance humaine. Pour ce faire, il faudrait exclure des calculs l&#8217;ensemble des articles qui pointent sur de trop nombreuses entrées sans apporter une contribution notable à leur signification (les dates, les pays, les lieux, sauf dans les articles spécifiquement historiques ou géographiques, bien sûr&#8230;).</p>
<p>Via <em><a href="http://tech.slashdot.org/article.pl?sid=08/05/27/2016208&#038;from=rss">Slashdot</a></em>.</p>
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		<title>Des cyberlunettes pour retrouver ses clés</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 08:37:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[lifelog]]></category>
		<category><![CDATA[réalité augmentée]]></category>

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		<description><![CDATA[Une équipe de recherche du laboratoire des systèmes intelligents de l&#8217;université de Tokyo a mis au point des &#8220;cyberlunettes&#8221; dotées de caméras susceptibles d&#8217;enregistrer tout ce que voit leur possesseur, nous apprend l&#8217;excellent blog Pink Tentacle. Ces lunettes ne se contentent pas d&#8217;enregistrer des images : elles sont aussi capables d&#8217;assigner un nom à des objets, de les reconnaitre dans&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une équipe de recherche <a href="http://www.isi.imi.i.u-tokyo.ac.jp">du laboratoire des systèmes intelligents</a> de l&#8217;université de Tokyo a mis au point des &#8220;cyberlunettes&#8221; dotées de caméras susceptibles d&#8217;enregistrer tout ce que voit leur possesseur, nous apprend l&#8217;excellent blog <em><a href="http://www.pinktentacle.com/2008/03/cyber-goggles-high-tech-memory-aid/">Pink Tentacle</a></em>. Ces lunettes ne se contentent pas d&#8217;enregistrer des images : elles sont aussi capables d&#8217;assigner un nom à des objets, de les reconnaitre dans l&#8217;image et de créer ainsi une base de données visuelle facilement consultable. Les lunettes sont reliées à un ordinateur situé dans le dos de l&#8217;utilisateur et disposent sur le côté droit d&#8217;un mini-écran LCD permettant de visualiser les séquences filmées.</p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/cyberlunettesdumonderell.jpg' alt='Les cyberlunettes qui permettent d'identifier le monde réel' border='0' align='left' />Lors d&#8217;une démonstration effectuée à l&#8217;université de Tokyo, plus de 60 objets usuels ont été enregistrés dans la mémoire des lunettes. Observant les déplacements de l&#8217;expérimentateur, les spectateurs ont pu constater que les noms des objets s&#8217;affichaient dans l&#8217;écran des lunettes au fur et à mesure de leur apparition dans son champ de vision. Une simple recherche par mot clé suffisait ensuite pour repérer ces objets dans l&#8217;enregistrement.</p>
<p>Selon Tatsuya Harada, qui a dirigé l&#8217;équipe à l&#8217;origine de cette invention, un tel appareil pourrait faire de problèmes quotidiens comme la recherche de clés un souvenir appartenant au passé. Il suffirait de &#8220;rembobiner&#8221; les images pour trouver où on les a mises ! Il pourrait aussi contribuer au développement de l&#8217;intelligence des robots en leur permettant de mieux reconnaître leur environnement. Mais on ne peut s&#8217;empêcher de s&#8217;interroger sur l&#8217;intégration d&#8217;une telle interface à un système de lifelogging, cette pratique qui consiste à enregistrer tout ce que nous voyons et vivons, dans le but de se créer une mémoire artificielle, voire de de se préparer une espèce d&#8217;immortalité digitale. Ces lunettes pourraient bien être le prototype de <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/12/demain-les-mondes-virtuels-1011-limagination-au-pouvoir/">celles imaginées par l&#8217;écrivain de science fiction Charles Stross</a>, de véritables super-ordinateurs portables qui en viennent presque à se substituer à la personnalité de celui qui les porte&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Un téléphone qui gère sa batterie intelligemment</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Jan 2008 07:25:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Des chercheurs du laboratoire de Fouille de la réalité du MIT ont imaginé une &#8220;étude de faisabilité pour un management énergétique des téléphones mobiles qui prenne en compte le contexte&#8221; (.pdf). 
L&#8217;idée est simple : en connaissant sa propre localisation et celle des endroits où il est rechargé, ainsi que l&#8217;utilisation habituelle que son utilisateur fait de lui, le téléphone&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des chercheurs du laboratoire de <a href="http://reality.media.mit.edu/">Fouille de la réalité</a> du MIT ont imaginé une <a href="http://reality.media.mit.edu/pdfs/Ravi.pdf">&#8220;étude de faisabilité pour un management énergétique des téléphones mobiles qui prenne en compte le contexte&#8221; (.pdf)</a>. </p>
<p>L&#8217;idée est simple : en connaissant sa propre localisation et celle des endroits où il est rechargé, ainsi que l&#8217;utilisation habituelle que son utilisateur fait de lui, le téléphone est capable d&#8217;estimer dans combien de temps il faudra le recharger et d&#8217;en alerter son possesseur. Le téléphone apprend seul l&#8217;endroit où il est chargé en se géolocalisant quand il est branché. En analysant les logs de son porteur, c&#8217;est-à-dire la manière dont chacun communique, avec qui et avec quelle régularité, il est également capable de prédire votre consommation téléphonique journalière (d&#8217;après les essais à quelques 12 minutes près). Il peut donc mieux gérer la consommation de batterie, vous alerter quand vous risquez d&#8217;être en manque&#8230;</p>
<p>Une autre manière d&#8217;utiliser la géolocalisation et la surveillance de nos traces de communications. </p>
<p>Via le <a href="http://www.newscientist.com/blog/technology/2008/01/phones-that-plan-their-meals.html"><em>NewScientist</em></a>.</p>
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		<title>Soutenir le remixage</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jan 2008 15:17:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Droits numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[culture libre]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors qu&#8217;ils ne cessent d&#8217;exploser, les contenus générés par les utilisateurs (UGC pour User generated content) connaissent aussi des critiques de plus en plus nourries. La plus vive est de dire que les UGC ne sont constitués que de contenus provenant de médias traditionnels. 
Pour éclaircir ce débat, le College of Law de Washington s&#8217;est intéressé à ces fameux contenus,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ratiatum.com/breve6389_70_d_augmentation_des_contenus_generes_par_les_utilisateurs_en_2007.html">Alors qu&#8217;ils ne cessent d&#8217;exploser</a>, les contenus générés par les utilisateurs (UGC pour User generated content) connaissent aussi des critiques de plus en plus nourries. La plus vive est de dire que les UGC ne sont constitués que de contenus provenant de médias traditionnels. </p>
<p>Pour éclaircir ce débat, le College of Law de Washington s&#8217;est intéressé à ces fameux contenus, rapporte <a href="http://www.centerforsocialmedia.org/resources/publications/recut_reframe_recycle">le Centre pour les médias sociaux</a>, dans une étude intitulée &#8220;Citer le matériel copyrighté dans les vidéos générés par les utilisateurs&#8221; (<em><a href="http://www.centerforsocialmedia.org/files/pdf/CSM_Recut_Reframe_Recycle_report.pdf">Recut, Reframe, Recycle : Quoting Copyrighted Material in User-Generated Video (.pdf)</a></em>). Les auteurs, les juristes Pat Aufderheide et Peter Jaszi, ont montré que la majeure partie des usages faits des contenus protégés utilisés par les internautes dans les vidéos en ligne sont éligibles au statut du <em>fair use</em> (droit d&#8217;usage). L&#8217;étude définit 9 pratiques de réappropriation qui peuvent prétendre à être légaux :</p>
<ul>
<li>la parodie et la satire.</li>
<li>la critique ou le commentaire négatif : le contenu sert d&#8217;appui à une critique.</li>
<li>le commentaire positif : le contenu sert à communiquer un message positif.</li>
<li>la citation pour illustrer une discussion : le contenu sert à montrer ou prouver.</li>
<li>l&#8217;illustration ou l&#8217;exemple : le contenu sert à exposer une idée.</li>
<li>l&#8217;usage accessoire : le contenu est capturé avec autre chose.</li>
<li>le journal personnel : le contenu est incorporé à une narration personnelle.</li>
<li>l&#8217;archivage de matériel périssable : le contenu est copié pour allonger sa durée de vie.</li>
<li>le pastiche ou le collage : le contenu est intégré à une nouvelle création.</li>
</ul>
<p>Le droit d&#8217;usage tel qu&#8217;il est défini dans le copyright américain permet, dans certaines situations, de citer des matériaux soumis au droit d&#8217;auteur, sans avoir à demander la permission ou sans avoir à payer les auteurs originaux, rappellent les auteurs de l&#8217;étude. En remixant des extraits de films, les créateurs créent bien souvent de nouveaux morceaux de culture populaire. Le problème souligne les auteurs, c&#8217;est que la modération excessive de certaines plateformes en lien avec certains créateurs de contenus originaux, tronque et déforme les droits des remixeurs.</p>
<p>L&#8217;étude recommande de développer un comité d&#8217;universitaires, de créateurs et d&#8217;avocats pour mettre au point les principes de bonnes pratiques, à <a href="http://www.centerforsocialmedia.org/resources/publications/statement_of_best_practices_in_fair_use/">l&#8217;image de celle mise au point par les réalisateurs de documentaires</a>, afin d&#8217;aider les créateurs et les hébergeurs à mieux juger de ce qui est légal et de ce qui ne l&#8217;est pas et assurer à l&#8217;internet un espace protégé pour les nouvelles formes d&#8217;expression personnelle.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a><br />
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