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	<title>InternetActu.net &#187; Identité numérique</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>Quantified Self (1/3) : Mettre l&#8217;informatique au service du corps</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 05:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Assister à une conférence du Quantifed Self (QS), comme c&#8217;était le cas de cette première édition européenne, qui se tenait à Amsterdam, c&#8217;est faire l&#8217;expérience étrange d&#8217;être parmi des gens obnubilés par la mesure de soi et qui interrogent sans cesse ce qu&#8217;ils mesurent d&#8217;eux-mêmes. C&#8217;est être confronté à une multitude de personnes &#8211; les &#8220;quantifiés&#8221; &#8211; qui part leurs&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/eventbranche/6410924103/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope006.png" alt="qseurope006" title="qseurope006" width="200" height="269" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a>Assister à une conférence du Quantifed Self (QS), comme c&#8217;était le cas de <a href="http://quantifiedself.com/conference/Amsterdam-2011/">cette première édition européenne</a>, qui se tenait à Amsterdam, c&#8217;est faire l&#8217;expérience étrange d&#8217;être parmi des gens obnubilés par la mesure de soi et qui interrogent sans cesse ce qu&#8217;ils mesurent d&#8217;eux-mêmes. C&#8217;est être confronté à une multitude de personnes &#8211; les &#8220;quantifiés&#8221; &#8211; qui part leurs pratiques mêmes, semblent se distinguer du commun des mortels : <i>&#8220;Nous ne sommes pas comme les autres personnes&#8221;</i> reconnaissait Gary Wolf en introduction de ces deux jours. Bardés d&#8217;outils, d&#8217;applications, de techniques de soi et de méthodes, que bien souvent ils inventent en faisant, ces cobayes d&#8217;eux-mêmes vous font entrer dans le monde étrange d&#8217;une pratique réflexive sur soi-même, visant à faire sens d&#8217;une accumulation de données et de chiffres. Le numérique et ses capteurs, qui transforment le réel en données, devenus facilement accessibles et combinables, sont les armes qu&#8217;ils utilisent pour partir à la conquête d&#8217;eux-mêmes. Leurs motivations sont multiples, mais si le mouvement (car c&#8217;est bien d&#8217;un mouvement dont il s&#8217;agit, qui possède ses gourous (<a href="http://aether.com/">Gary Wolf</a> (<a href="http://twitter.com/#!/agaricus">@agaricus</a>) et <a href="http://www.kk.org/thetechnium/index.php">Kevin Kelly</a> (<a href="http://twitter.com/#!/kevin2kelly">@kevin2kelly</a>), les cofondateurs), <a href="http://www.meetup.com/quantifiedself/">ses rencontres</a>, <a href="http://forum.quantifiedself.com">son forum</a>, <a href="http://quantifiedself.com/">son média</a> (<a href="http://twitter.com/#!/quantifiedself">@quantifiedself</a>), son mantra (<i>&#8220;Que faites-vous ? Comment le faites-vous ? Qu&#8217;avez-vous appris ?&#8221;</i>) et qui documente lui-même ses actions) est principalement rattaché à des problématiques de santé personnelle, c&#8217;est qu&#8217;il y a pour beaucoup une motivation à comprendre leur métabolisme que les outils traditionnels et la médecine peinent à satisfaire. Le QS ressemble à une étrange officine qui fabriquerait autant de médications personnelles qu&#8217;elle a d&#8217;adeptes. Il est frappant de constater que la plupart des &#8220;quantifiés&#8221; cherchent d&#8217;abord à résoudre un problème de santé personnel ou qui les touche personnellement, en constituant leur propre diagnostic et leur propre pharmacie. </p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/eventbranche/6412152611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/QSEurope002.png" alt="Gary Wolf" title="Gary Wolf" width="200" height="292" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Comme le faisait remarquer Gary Wolf, le QS vise à <i>&#8220;utiliser l&#8217;informatique utilement&#8221;</i>. C&#8217;est un processus actif de réflexivité qui mêle informatique et données. L&#8217;informatique vise à comprendre et contrôler le monde par le calcul et le retour sur soi vise à lui donner une autre dimension, plus humaine, plus personnelle. <i>&#8220;Les quantifiés sont souvent &#8220;embrouillés&#8221; par eux-mêmes&#8221;</i>. La technologie leur sert à y voir plus clair sur eux-mêmes. <i>&#8220;Ils utilisent leur empathie avec les outils techniques pour apprendre à mieux dormir, à avoir meilleur moral ou meilleure humeur&#8230; Ce sont des gens qui cherchent à améliorer leur rapport à eux-mêmes en inventant de nouveaux usages et de nouveaux outils&#8221;</i>. Améliorer, le terme qui pose question est lâché. Car entre diagnostiquer, soigner, réparer et améliorer&#8230; Il n&#8217;y a qu&#8217;un pas que certains franchissent sans se poser de questions. Pour beaucoup, le QS reste avant tout une quête de soi qui finalement, cherche à rendre l&#8217;informatique personnelle encore plus personnelle, puisqu&#8217;elle vise à se connecter, non plus au village global, mais à ce que l&#8217;on a de plus intime : son corps. </p>
<h3>Les mesures du corps</h3>
<p>Depuis le premier rapport <a href="http://feltron.com/">Feltron</a> (du nom de Nicholas Feltron, ce designer qui publie chaque année un rapport sur soi et dont la première édition date de 2005), nombreux sont ces geeks qui publient des rapports d&#8217;eux-mêmes (à l&#8217;image du récent <a href="http://lifeindata.site50.net/index.html">&#8220;la vie en données&#8221;</a> de Ben Willers), parfois étonnamment complets, comme si la mesure de soi pouvait tout embrasser, tout dire de notre rapport au monde. Pourtant, bien des adeptes n&#8217;utilisent les outils du QS que pour tracer un ou quelques aspects de leurs vies, celui qui leur pose problème. Cette recherche de soi-même, de sens à travers la technologie, se focalise pour beaucoup dans l&#8217;auto-surveillance médicale. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope003.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope003.png" alt="Christian Kleineidam" title="Christian Kleineidam" width="200" height="300" hsapce="6" vspace="6" align="left" /></a><a href="https://plus.google.com/118084034172898241482/posts">Christian Kleineidam</a> est atteint d&#8217;un problème respiratoire, une forme sévère d&#8217;asthme, qui fait que ses capacités vitales sont à 30 % de ce qu&#8217;elles devraient être. La seule arme que lui offre la médecine est un inhalateur <i>&#8220;capable d&#8217;améliorer &#8220;peut-être&#8221; et &#8220;au mieux&#8221; son état de 5 %&#8221;</i>, comme le lui ont confié les médecins. Christian voulait comprendre son état et savoir s&#8217;il pouvait agir par lui-même pour l&#8217;améliorer. Pour cela, il s&#8217;est équipé d&#8217;un spiromètre FEV1, un appareil pour mesurer sa capacité respiratoire qui coûte moins de 100 euros (il suffit de souffler un grand coup de dedans pour obtenir une mesure de celle-ci). Il a pu ainsi comparer les effets réels de différentes techniques sensées améliorer l&#8217;asthme, et mesurer l&#8217;effet réel et concret de l&#8217;albuterol (le produit contenu dans les inhalateurs) sur sa capacité respiratoire. En se mesurant, il a constaté un autre effet positif : celui du stress. Le stress lié à une interview ou à un train manqué avait un effet très important sur sa capacité respiratoire, qui doublait alors. Christian ne sait pas encore comment l&#8217;utiliser&#8230; Mais la mesure lui a permis de prendre conscience d&#8217;effets qu&#8217;ils ne maîtrisait pas.</p>
<p><a href="http://jodischneider.com/">Jodi Schneider</a> était atteinte d&#8217;obésité morbide : ce qui signifie qu&#8217;elle risquait de mourir de son obésité. Après avoir essayé plusieurs solutions de régimes, infructueuses, elle s&#8217;est acheté une balance et un capteur <a href="http://www.directlife.philips.com/">Direct Life de Philips</a> et s&#8217;est mis à surveiller son poids et son activité physique pour résoudre son problème et comprendre comment son activité physique avait de l&#8217;influence sur son régime et inversement  (<a href="http://jodischneider.com/blog/2011/11/26/exercise-weight-tracking-quantified-self-europe/">présentation</a>).  Elle a suivi la <a href="http://www.fourmilab.ch/hackdiet/">diète hacker</a> de John Walker consistant à mesurer précisément les calories consommées et les calories brûlées. Elle a compris les effets négatifs que pouvait avoir trop d&#8217;exercice physique sur la faim et appris à gérer les sautes de poids significatives comme celles sans significations. Jodi Schneider a encore du travail à accomplir, mais la précision de la mesure lui a permis de mieux comprendre les dysfonctionnements de son corps et donc de travailler à mieux y répondre.</p>
<p>Nancy Dougherty (<a href="http://twitter.com/nancyhd">@nancyhd</a>) a effectué sur elle-même une étrange expérience : celle de mesurer l&#8217;effet de &#8220;l&#8217;effet placebo&#8221;. Pour cela elle a créer un pilulier qu&#8217;elle a rempli de 4 sortes de pilules placebo : une pour l&#8217;attention, une pour l&#8217;énergie, une pour le calme et une pour se rendre plus heureuse (<a href="http://theengineeress.com/mindfulness/">voir sa présentation</a>). Chaque pilule était équipée d&#8217;une micropuce pour représenter et mesurer sa durée de vie dans l&#8217;organisme (et donc symboliser son sa &#8220;fausse&#8221; durée d&#8217;effets) qu&#8217;elle pouvait surveiller via son téléphone mobile et un capteur externe, <a href="http://www.proteusbiomed.com/2011/06/07/avery-dennison-medical-solutions-and-proteus-biomedical-launch-partnership/">le capteur Proteus</a>. Elle a également mesuré plusieurs de ses signaux vitaux pour voir si la prise de pilules placebo avait un effet sur elle-même. Étonnamment, son expérience montre que ses émotions ont été régulées par l&#8217;effet placebo. Ces &#8220;Mindfulness Pills&#8221; qui font références à la <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mindfulness">méditation bouddhiste</a> (à la pleine conscience du moment présent) ont joué comme un <i>hack</i> sur sa psychologie, même si, reconnait-elle, elle a avalé plus de pilules pour l&#8217;attention et l&#8217;énergie que les deux autres.  Comme elle le confiait encore, son expérience a fonctionné comme une méditation gamifiée lui permettant d&#8217;avoir une récompense immédiate et réelle quand elle faisait attention à ses émotions. Comme le confiait Ioan Mitrea <a href="http://forum.quantifiedself.com/thread-what-we-learned-about-habits-at-qs2011-amsterdam">dans une autre session sur &#8220;comment se créer de bonnes habitudes&#8221;</a>, les artefacts du QS induisent des rituels positifs, alors qu&#8217;il est souvent bien difficile de prendre des habitudes saines. Certains configurent ainsi leur environnement pour qu&#8217;il soit plus sain en refusant de mettre un canapé devant leur télévision, d&#8217;autres se délaissent de leurs chargeurs pour ne pas utiliser leurs ordinateurs portables chez eux, d&#8217;autres encore vendent leurs voitures pour se forcer à faire du sport. Mais cela peut aussi consister à refuser certains produits bas de gamme pour se contraindre à prendre peu de café par exemple. Le QS rejoint ici <a href="http://www.internetactu.net/2010/04/07/letude-des-comportements-peut-elle-permettre-de-les-changer-14-le-progres-a-besoin-detre-mieux-gere/">l&#8217;économie comportementale</a>. </p>
<div style="width:510px" id="__ss_10352105"> <strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/nancyhd/qs-amsterdam-ignite-talk" title="QS Amsterdam Ignite Talk" target="_blank">QS Amsterdam Ignite Talk</a></strong> <object id="__sse10352105" width="510" height="426"><param name="movie" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=qspresentation3-111127100114-phpapp02&#038;stripped_title=qs-amsterdam-ignite-talk&#038;userName=nancyhd" /><param name="allowFullScreen" value="true"/><param name="allowScriptAccess" value="always"/><param name="wmode" value="transparent"/><embed name="__sse10352105" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=qspresentation3-111127100114-phpapp02&#038;stripped_title=qs-amsterdam-ignite-talk&#038;userName=nancyhd" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" wmode="transparent" width="510" height="426"></embed></object>
<div style="padding:5px 0 12px"> View more <a href="http://www.slideshare.net/" target="_blank">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/nancyhd" target="_blank">Nancy Dougherty</a> </div>
</p></div>
<p>La conférence était très riche en présentations de ce type (plus que je n&#8217;ai pu en suivre). Signalons encore les travaux de <a href="http://www.riggare.se">Sara Riggare</a> (<a href="https://twitter.com/#!/sarariggare">@sarariggare</a>), animatrice de <a href="http://www.parkinsonsmovement.com/">Parkinson Movement</a> qui suit l&#8217;évolution de sa maladie de Parkinson (<a href="http://www.riggare.se/2011/11/29/my-slides-from-qs2011-amsterdam/">présentation</a>) en notant les effets des très nombreux médicaments qu&#8217;elle prend (via l&#8217;application <a href="http://www.tonicselfcare.com/Home.html">Tonic</a>) ou qui utilise la Wii pour mesurer ses tremblements. </p>
<p><a href="http://www.sublime.org/">Robin Barooah</a> (<a href="https://twitter.com/#!/rbarooah">@rbarooah</a>) avait un problème de poids depuis son déménagement aux Etats-Unis. Pour le régler, il a juste décidé de se focaliser sur son humeur. Deux à trois heures après ses repas, Robin évalue son humeur. Et juste par l&#8217;attention qu&#8217;il a portée à cela, son cerveau a été capable d&#8217;apprendre ce qui était bon pour lui et ce qui ne l&#8217;était pas. </p>
<p><a href="http://justkiel.com/">Kiel Gilleade</a> (<a href="https://twitter.com/#!/justkiel">@justkiel</a>) est chercheur en <a href="http://www.physiologicalcomputing.net/">&#8220;informatique physiologique&#8221;</a> à l&#8217;<a href="http://www.ljmu.ac.uk/NSP/">Ecole de sciences naturelles et psychologie</a> de l&#8217;université John Moores de Liverpool. Il n&#8217;avait lui pas de problème médical, mais tenait à étudier en profondeur et sur le long terme l&#8217;évolution des signaux physiologiques. Il s&#8217;est donc mis à enregistrer son pouls en continu, 24h/24, grâce à un capteur cardiaque de mars 2010 à juillet 2011 et à <a href="http://www.physiologicalcomputing.net/wordpress/?page_id=461">diffuser les données sur internet</a>, notamment via un canal Twitter (<a href="https://twitter.com/#!/bodyblogger">@bodyblogger</a>). Qu&#8217;est-ce que cela lui a appris ? Plusieurs choses&#8230; D&#8217;abord qu&#8217;il fallait inventer les outils pour les représenter graphiquement afin que les données soient le plus lisible possible : <a href="http://www.physiologicalcomputing.net/wordpress/?page_id=461">que l&#8217;activité cardiaque ait une influence sur la couleur du site</a> ou que <a href="http://www.physiologicalcomputing.net/wordpress/?p=643">son agrégation prenne sens et soit facilement lisible dans la durée</a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope005.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope005.png" alt="qseurope005" title="qseurope005" width="540" height="404" class="alignright size-full wp-image-15312" /></a><br />
<i>Image : Kiel Gilleade (de dos) montre les résultats de ses pulsations cardiaques. Chaque ligne représente une journée. Les couleurs bleues son activité cardiaque durant son sommeil, en rouge, les pics d&#8217;activités. <a href="http://www.flickr.com/photos/pxfx/5734014313/">Photographié par Lennart Nacke</a> à l&#8217;occasion de CHI 2011 en mai, où Kiel présenta également ses résultats.</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/boddyblogger.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/boddyblogger.png" alt="boddyblogger" title="boddyblogger" width="540" height="120" class="alignright size-full wp-image-15314" /></a><br />
<i>Les différentes couleurs du site Physiological Computing selon l&#8217;activité cardiaque de Kiel Gilleade.</i></p>
<p>L&#8217;étude de Kiel Gilleade lui a permis de montrer plusieurs choses intéressantes. D&#8217;abord, en terme de résultats, l&#8217;impact profond de nos excès de nourriture et d&#8217;alcool sur le rythme cardiaque. Les excès de Noël par exemple perturbent durablement le rythme cardiaque de notre sommeil, qui s&#8217;élève au niveau de notre activité diurne. </p>
<p>Mais le plus intéressant était certainement lié au fait que ces données soient partagées et accessibles en ligne. Pour lui, cela n&#8217;a pas posé de problème de vie privée, car en fait le contexte permettant d&#8217;interpréter ces données n&#8217;était pas accessible aux gens. C&#8217;est d&#8217;ailleurs un souci, estime le chercheur, il faut pouvoir les enregistrer également pour comprendre les pics cardiaques ou les phases de calme. </p>
<p>Mais cela a donné quelques situations cocasses avec ses proches. Un jour par exemple, son patron lui a demandé s&#8217;il travaillait bien à la remise de son papier pour le soir même, parce que son activité cardiaque ne montrait aucun stress&#8230; Alors que l&#8217;écriture est en soi peu stressante bien sûr, même quand les contraintes sont fortes. Au final, la publication des mesures a donné lieu à beaucoup d&#8217;incompréhensions ou de surinterprétions, notamment de ses proches. <a href="https://twitter.com/#!/twhume/statuses/140419400300892160">Contrôle-t-on encore son identité quand elle est fabriquée par des objets tout autour de soi ?</a> </p>
<h3>Quand mesurer consiste plus à déchiffrer qu&#8217;à chiffrer</h3>
<p>Mais les &#8220;mesures&#8221; ne sont pas toutes scientifiques ou précises, tant s&#8217;en faut. Encore une fois, le QS est une forme de retour sur soi, de compréhension de soi&#8230; Et certains quantifiés utilisent des méthodes qui paraitraient peu orthodoxes aux esprits scientifiques. Dans cette science personnelle qui s&#8217;invente, tout n&#8217;est pas science, heureusement. Comme le disent certains, il y a toujours des facteurs non mesurés, qui ne peuvent donc entrer en ligne de compte. Ce qui fait que même des mesures précises peuvent produire une analyse trompeuse ou des corrélations hors de propos. C&#8217;est finalement assez sain qu&#8217;il n&#8217;y ait pas qu&#8217;une seule méthode qui domine : que tout ne soit pas réifié à la seule science du chiffre.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope007.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope007.png" alt="qseurope007" title="qseurope007" width="300" height="193" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>La designer <a href="http://www.thesubtleinfluence.com/">Chia Hwu</a> (<a href="http://twitter.com/#!/chiah">@chiah</a>) qui était auparavant chez <a href="http://www.23andme.com">23andMe</a> et qui a fondé depuis <a href="http://qubop.com/">Qubop</a> a, elle, utilisé le séquençage de son ADN pour évaluer sa moindre résistance à la caféine et à l&#8217;alcool. En effet, son séquençage ADN réalisé via 23andMe lui a révélé une prédisposition à une faible capacité à métaboliser la caféine et une tendance à être dépendante à l&#8217;alcool. <a href="http://quantifiedself.com/2011/11/trust-your-results-afternoon-sessions-on-food-and-health/">Elle a tenté d&#8217;apprécier et de faire apprécier par ses collègues son degré d&#8217;agitation à la caféine</a> et à l&#8217;alcool selon le nombre de cafés ou de verres qu&#8217;elle buvait pour constater qu&#8217;elle appréciait mal son énervement : pour ses collègues elle était plus insupportable sous caféine qu&#8217;elle ne le pensait. Cette évaluation-là a visiblement reposé entièrement sur le ressenti de Chia et de ses collègues, plus que sur un ensemble de données précises. </p>
<p><a href="http://martharotter.com/blog">Martha Rotter</a> (<a href="https://twitter.com/#!/martharotter">@martharotter</a>) est développeuse free-lance en Irlande. Le plus souvent dans le QS, on trace surtout des activités physiques, mais ce n&#8217;est pas ce qui a amené Martha à se mesurer. En arrivant en Irlande en 2007, Martha s&#8217;est mise à avoir des problèmes de peau : acné, rougeurs, plaques, boutons sur le visage, démangeaisons, inflammations&#8230;, et ce, alors que son nouveau travail la conduisait plus souvent qu&#8217;avant au contact de clients. Le stress du déménagement et du changement de vie expliquait peut-être en partie cela&#8230; Elle est allé voir un dermatologue, qui lui a prescrit pour 600 dollars par mois d&#8217;antibiotiques et de crèmes, tout en lui expliquant qu&#8217;on ne pouvait pas y faire grande chose et qu&#8217;il fallait surtout apprendre à vivre avec. Un constat qui l&#8217;a d&#8217;autant plus accablée quand elle s&#8217;est rendu compte, via l&#8217;enquête de ProPublica <a href="http://projects.propublica.org/docdollars/">Dollars for Docs</a>, combien la médecine était liée aux laboratoires pharmaceutiques.  </p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/keesplattel/6417614097/in/pool-qs2011"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope008.png" alt="Jodi Schneider et Martha Rotter" title="Jodi Schneider et Martha Rotter" width="540" height="306" class="alignright size-full wp-image-15322" /></a><br />
<i>Image : Jodi Schneider et Martha Rotter (à droite) <a href="http://www.flickr.com/photos/keesplattel/6417614097/in/pool-qs2011">photographiées par Kees Plattel</a>.</i></p>
<p>Elle a dépensé beaucoup d&#8217;argent dans toutes les crèmes possibles et inimaginables sans voir d&#8217;améliorations. Elle est allée voir un spécialiste des allergies alimentaires qui lui a diagnostiqué une allergie au soja et au poulet. Elle a immédiatement arrêté les deux, sans que cela n&#8217;ait la moindre conséquence sur sa peau. </p>
<p>Elle a voulu alors comprendre ce qui se passait dans sa vie pour faire cesser l&#8217;origine de la perturbation. </p>
<p>Elle a alors décidé de tenir le journal de son alimentation pour regarder les effets sur sa peau. Pendant un an, elle a enregistré des données (<a href="http://martharotter.com/qsapp">disponibles en ligne</a>) et fait des expérimentations personnelles. Elle a coupé successivement le sucre, le gluten, les glucides, les féculents, la caféine, la viande, le poisson&#8230; jusqu&#8217;à ce qu&#8217;en décembre 2010, elle arrête les produits laitiers et que sa peau retrouve sa texture naturelle. Martha a arrêté de tenir son journal. Elle a retrouvé son équilibre alimentaire. Ce qu&#8217;on mange a un effet sur nous, contrairement à ce qu&#8217;affirment bien des docteurs, affirme à son tour Martha, même s&#8217;il est pour chacun très différent (<a href="http://martharotter.com/blog/index.php/2011/11/quantified-self-europe-review/">voir sa présentation</a>). Elle recommande le forum communautaire <a href="http://www.curetogether.com">Cure Together</a> comme une méthode pour prendre soin de soi et apprendre à noter ce que l&#8217;on fait. </p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/37996583811@N01/6413330017/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/qseurope004.png" alt="Florian Schumacher" title="Florian Schumacher" width="200" height="150" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Le développeur <a href="http://igrowdigital.com">Florian Schumacher</a> (<a href="http://twitter.com/#!/igrowdigital">@igrowdigital</a>) ne cherche pas à améliorer son sommeil, <a href="http://igrowdigital.com/tag/sleep/">mais à mesurer si ses activités (café, sorties entre amis, travail, visionnage d&#8217;un film) ont un impact sur celui-ci</a>. Mais pour faire la corrélation entre les deux, il lui fallait mesurer son sommeil. Il s&#8217;est d&#8217;abord procurer un <a href="http://wakemate.com/">WakeMate</a> qui permet de mesurer ses mouvements pour évaluer la qualité et la profondeur du sommeil. Il a également essayé le <a href="http://www.myzeo.com">Zeo</a> et <a href="http://www.fitbit.com/">Fitbit</a>, des capteurs d&#8217;activités commerciaux. Et il s&#8217;est amusé à faire des comparaisons entre les trois et a été surpris de constater que les mesures produites par les appareils ne corrélaient pas. Il a normalisé les données, cherché à construire des valeurs moyennes&#8230; sans grand succès. Selon lui, c&#8217;est la preuve que ces outils sont incomplets, peu fiables, qu&#8217;il faut introduire d&#8217;autres métriques pour mesurer son sommeil. </p>
<p>Pas de méthode précise. Tout remettre en question, même ses propres mesures. Ces exemples (qui ne sont que des exemples : le site du <a href="http://www.quantifiedself.com">Quantified Self</a> en regorge de centaines d&#8217;autres), montrent, s&#8217;il en était besoin, que nous sommes faces à des pratiques qui se cherchent en avançant, qui questionnent plus qu&#8217;elles n&#8217;apportent de réponses et qui demeurent bien souvent dans un rapport très personnel aux outils, aux méthodes et aux métriques de soi. Les mesures de chacun sont la marque de leur propre individuation sur le monde, leur environnement et eux-mêmes. On est finalement assez loin d&#8217;une science, même personnelle, puisque la méthode finalement, semble toujours devoir être personnalisée. Le QS est bien en cela une appropriation de la technologie au plus intime de soi. Un art personnel, bien plus qu&#8217;une science. </p>
<h3>L&#8217;art de la mesure</h3>
<p><i>&#8220;L&#8217;avenir de l&#8217;écriture est-il de tout écrire de soi ? Sera-t-il de lire les données de nos propres autobiographies ?&#8221;</i> C&#8217;est la question que pose l&#8217;artiste <a href="http://pohflepp.plugimi.com/">Sasha Pohflepp</a> dans un travail en cours sur <a href="http://research.microsoft.com/en-us/projects/thefutureofwriting/">l&#8217;avenir de l&#8217;écriture</a>. Nous sommes la dernière génération dont la vie n&#8217;aura pas été totalement enregistrée. Serons-nous conscients d&#8217;être les protagonistes d&#8217;un récit continu ? </p>
<p>L&#8217;artiste américaine <a href="http://www.lauriefrick.com">Laurie Frick</a> en donne un éclairage singulier à partir des installations qu&#8217;elle imagine depuis les données qu&#8217;elle accumule sur elle-même. <i>&#8220;Dans le futur, nous vivrons dans des espaces qui nous mesurent sans cesse, et ce sera très stimulant&#8221;</i> attaque Laurie en guise de provocation. Le rythme de la pensée et les modèles visuels qui l&#8217;alimentent sont intimement connectés : <i>&#8220;ce que l&#8217;on voit est connecté à ce que l&#8217;on comprend&#8221;</i>. Il y a des connexions entre la façon dont le cerveau fonctionne et la façon dont on le représente. Cela explique certainement en partie où son travail prend sa source.  </p>
<p>Reste que la principale source de son travail repose sur ses données. Elle a commencé à mesurer son sommeil via un Zeo il y a 18 mois, accumulant et accumulant encore les données sur elle-même et donnant accès à des graphiques montrant les pics de sommeil profond et les plages de sommeil moins profond. Les premières représentations de soi imaginées par l&#8217;un des pionniers du QS comme <a href="http://www.fennetic.net">Ben Lipkowitz</a> et ses données sur son sommeil l&#8217;ont beaucoup inspiré. <i>&#8220;Mes peintures ressemblent à ces données accumulées sur une journée de 24 heures&#8221;</i>. Elles traduisent en couleur, en matière et en formes, les variations de la journée, avec des pointes d&#8217;intensité et des plages de calmes.<i> &#8220;Cela ressemble à la façon dont nous portons attention aux choses&#8221;</i>, de manière partielle et séquentielle. <i>&#8220;Il nous arrive plein de choses agréables quand on dort : on apprend, on rêve, on grandit, on perd du poids, on se soigne&#8230; A croire que le sommeil porte des secrets sur nous. J&#8217;ai essayé de trouver des métaphores de cela dans mon travail&#8221;</i>, explique-t-elle en nous en montrant des exemples (<a href="http://prezi.com/yejirikfgs4u/laurie-frick-the-art-of-tracking-qs-amsterdam/">voir sa présentation</a>).</p>
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<p><object id="prezi_yejirikfgs4u" name="prezi_yejirikfgs4u" classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" width="540" height="400"><param name="movie" value="http://prezi.com/bin/preziloader.swf"/><param name="allowfullscreen" value="true"/><param name="allowscriptaccess" value="always"/><param name="bgcolor" value="#ffffff"/><param name="flashvars" value="prezi_id=yejirikfgs4u&amp;lock_to_path=0&amp;color=ffffff&amp;autoplay=no&amp;autohide_ctrls=0"/><embed id="preziEmbed_yejirikfgs4u" name="preziEmbed_yejirikfgs4u" src="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="540" height="400" bgcolor="#ffffff" flashvars="prezi_id=yejirikfgs4u&amp;lock_to_path=0&amp;color=ffffff&amp;autoplay=no&amp;autohide_ctrls=0"></embed></object>
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<p><a title="Laurie Frick | The art of tracking: QS Amsterdam" href="http://prezi.com/yejirikfgs4u/laurie-frick-the-art-of-tracking-qs-amsterdam/">Laurie Frick | The art of tracking: QS Amsterdam</a> on <a href="http://prezi.com">Prezi</a></p>
</div>
</div>
<p>A mesure que son travail a rencontré plus d&#8217;échos, Laurie Frick s&#8217;est mise à enregistrer d&#8217;autres mesures d&#8217;elles-mêmes. Elle surveille désormais son sommeil, son poids, son rythme cardiaque, ses déplacements, son ADN, son activité sur son ordinateur (via <a href="http://manictime.com/">Manictime</a>), les mouvements de sa souris (via <a href="http://iographica.com/">IoGraphica</a>), sa consommation de nourriture, <a href="http://moodjam.org/moods/laurief/list">son humeur</a>&#8230; <i>&#8220;C&#8217;est très facile, c&#8217;est le plus souvent totalement passif&#8221;</i>.  </p>
<p><i>&#8220;Non, je ne suis pas folle ! dois-je expliquer aux gens. On me demande toujours pourquoi je fais cela&#8230; Pourquoi la quantification est-elle si irrésistible pour moi ? Ai-je besoin d&#8217;une maman mécanique, comme se propose de l&#8217;être mon Zeo, qui me demande, à sa manière, chaque matin, si j&#8217;ai bien dormi, en me livrant mon score de sommeil ?&#8221;</i> Peut-être, semble répondre d&#8217;un sourire l&#8217;artiste. Cela a certainement aussi à voir avec la science personnelle : si l&#8217;on mange mieux, si l&#8217;on dort mieux&#8230; on va pouvoir &#8220;être mieux&#8221;. C&#8217;est assurément un moyen pour se rappeler qu&#8217;on est responsable de soi. <i>&#8220;C&#8217;est également un moyen de se battre contre toutes ces entreprises qui nous tracent, qui accumulent des données sur nous : désormais, nous aussi nous avons des données sur nous-mêmes !&#8221;</i> C&#8217;est une manière de reprendre le pouvoir qu&#8217;on nous vole. Enfin, c&#8217;est peut-être aussi un moyen de se confronter à <i>&#8220;l&#8217;autre soi&#8221;</i>, celui avec lequel nous sommes en conversation permanente : celui que l&#8217;on veut être et qu&#8217;on n&#8217;est pas. Un moyen de discuter entre soi et son comportement, entre ce qu&#8217;on fait et ne fait pas. Un moyen de se surveiller, d&#8217;être conscient de son comportement. Un moyen pour retrouver son identité, sa place dans ce monde d&#8217;objets, de ce que les autres disent de moi&#8230; Garder trace de ce que je suis est un moyen finalement <i>&#8220;pour se rendre plus puissante&#8221;</i>.</p>
<p><i>&#8220;Je créé des espaces ambiants, emplis de moi, où les modèles sont primaires. Les données de visualisation sont bien des représentations de graphiques, un langage, mais sont aussi une métaphore de soi. Je rends tangible mes données, en en faisant des tableaux, des mosaïques, des sculptures, des découpages via des imprimantes laser&#8230; en les imprimant en profondeur&#8221;</i> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=kDIm9drbExM&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>). Se connaître via les nombres apporte une certaine sagesse, conclut Laurie Frick. </p>
<p><iframe width="540" height="396" src="http://www.youtube.com/embed/kDIm9drbExM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Comme le souligne Gary Wolf, l&#8217;hybridation entre le monde physique et le monde de données, l&#8217;intersection entre les deux, est un univers passionnant, que le QS doit également conquérir. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-comportementale/" title="économie comportementale" rel="tag nofollow">économie comportementale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/biotechnologies/" title="biotechnologies" rel="tag nofollow">biotechnologies</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hacker/" title="hacker" rel="tag nofollow">hacker</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/nbic/" title="NBIC" rel="tag nofollow">NBIC</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/neuroscience/" title="neuroscience" rel="tag nofollow">neuroscience</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a><br />
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		<title>Qu&#8217;est-ce que le web partage avec nous ?</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 05:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article de Drew Olanof  qui dirige un magazine techno en ligne (The Next Web), son texte s&#8217;intitule : &#8220;On partage des choses sur le Web, mais qu&#8217;est-ce que le web partage avec nous ?&#8221;
&#8220;Nous partageons tous quelque chose sur le Web, commence Olanof : un lien sur Twitter, une recommandation sur&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article de <a href="http://www.thatdrew.com/">Drew Olanof</a>  qui dirige un magazine techno en ligne (<i><a href="http://thenextweb.com">The Next Web</a></i>), son texte s&#8217;intitule : <a href="http://thenextweb.com/apps/2011/10/09/were-sharing-things-on-the-web-but-what-is-the-web-sharing-with-us/">&#8220;On partage des choses sur le Web, mais qu&#8217;est-ce que le web partage avec nous ?&#8221;</a></p>
<p>&#8220;Nous partageons tous quelque chose sur le Web, commence Olanof : un lien sur Twitter, une recommandation sur Facebook. Nous le faisons chaque jour. C&#8217;est bon pour nos amis et notre famille, ils ont alors accès à un contenu qu&#8217;ils n&#8217;auraient probablement pas trouvé par eux-mêmes. Mais je vais poser une question que personne ne semble se poser : qu&#8217;y a-t-il pour nous dans cette pratique ?</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/websharing.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/websharing.png" alt="websharing" title="websharing" width="520" height="245" class="alignright size-full wp-image-14968" /></a></p>
<p>À première vue, cette question peut paraître égoïste : attendre un retour du partage résonne comme une faute morale. Cependant, étant donné le temps passé à organiser le web, à creuser, à trouver des contenus dignes d&#8217;être partagés, on mériterait une rétribution significative. Mais quelle rétribution ? Certes, on va ainsi créer de nouvelles relations et rester en contact avec des gens auxquels nous tenons, ce qui est très important. Mais la question que je pose est tout à fait différente. Quand nous partageons quelque chose sur le web, nous ne pensons pas à l&#8217;effet que cela a sur les autres. Bien sûr, quelqu&#8217;un peut nous retweeter, peut désigner notre post comme un favori ou nous &#8220;liker&#8221;, mais ça ne fournit pas le retour proportionnel au temps consacré. Je ne parle pas ici d&#8217;une rétribution financière, c&#8217;est un autre sujet. Ce qui personnellement m&#8217;interroge, c&#8217;est ce que je pourrais retirer d&#8217;un contenu que j&#8217;ai partagé il y a 5 ou 10 ans. Qu&#8217;en sera-t-il quand j&#8217;aurai des enfants ? Pourrai-je leur montrer exactement ce qui m&#8217;occupait le 7 novembre 2007 ? Pour l&#8217;instant, ce n&#8217;est pas très brillant. Ce qui m&#8217;intéresse, c&#8217;est ce que les plateformes les plus populaires vont nous donner en retour de que nous leur donnons. Et plus spécifiquement, ce qu&#8217;il en est de l&#8217;agrégation et des analyses personnelles avec ces services.&#8221;</p>
<p>Et l&#8217;auteur de faire le tour de ces plateformes et de ce qu&#8217;elles permettent : </p>
<p>Facebook : &#8220;Le site a franchi le pas de l&#8217;agrégation personnelle avec sa fonction Timeline. Elle n&#8217;est pas encore publique, mais va changer du tout au tout notre usage de Facebook. Quand je visiterai votre profil, je pourrai voir les choses que vous y avez postées en 2008. Ca peut ressembler à de l&#8217;espionnage, mais ça me permet de voir comment vous et vos goûts avez évolué au cours des ans (ce qu&#8217;on ne pouvait faire auparavant qu&#8217;en appuyant indéfiniment sur le bouton &#8220;more&#8221;)&#8221;. Pour l&#8217;auteur, cette nouvelle perspective est excitante. &#8220;Ca m&#8217;intéresse de me souvenir des lieux où je suis allé et des choses que j&#8217;ai dites dans tel ou tel contexte. C&#8217;est ce qui manquait à Facebook, le contexte, et que la fonction Timeline va fournir&#8221;.</p>
<p>Twitter : L&#8217;auteur dit adorer ce service et avoir tweeté, depuis les débuts du site, de très nombreuses choses (personnelles et autres). &#8220;Est-ce que je peux retrouver ces tweets ? Non. Pour moi, cette impossibilité ressemble à du vol de données. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir mis tant d&#8217;énergie dans Twitter, pour moi et pour les autres, et je n&#8217;en ai pas de traces. Twitter ne permet que de consulter des tweets vieux de 6 ou 7 jours. Sinon, il faut faire comme sur Facebook et remonter le temps petit à petit, ce qui est épuisant. Twitter me dit qui me suit, qui je suis, combien de tweets j&#8217;ai écrits, mais la plateforme laisse hors de contexte ce qui est quand même le plus important : le tweet en lui-même. Je veux voir mes tweets indexés sur une ligne de temps. Je veux pouvoir voir ce que j&#8217;ai tweeté il y a deux ans exactement. Je pense que l&#8217;on mérite cela du fait que Twitter a commencé à monétiser le service.&#8221;</p>
<p>Et l&#8217;auteur de reproduire la même analyse et de formuler les mêmes demandes avec le nouveau réseau social de Google, Google + , ou avec FourSquare, le réseau social géolocalisé dont le but est de géolocaliser sa présence afin d&#8217;engranger des points et de venir le &#8220;maire&#8221; du lieu. A propos de Foursquare, il écrit : &#8220;Les parents racontent à leurs enfants des histoires sur l&#8217;endroit où ils étaient tel ou tel jour,  mais la génération à venir est plus exigeante et veut une information valable. Une information valable et facilement disponible est essentielle dans l&#8217;avenir pour notre vie familiale. Imaginez qu&#8217;en plus d&#8217;une photo, vous sachiez ce que faisait votre grand-père en 1965, où il était. Vous auriez du mal à trouver quelqu&#8217;un qui n&#8217;a pas envie de voir cela.&#8221;</p>
<p> &#8220;Les choses changent vite, nous vivons dans une société du temps réel et de la gratification instantanée. On est tous pris dans la toile et on ne cesse de la tisser en partageant, en retweetant, en likant, en recommandant des contenus. A la fin de la journée, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il en ressort ? L&#8217;internet est notre carnet de croquis numérique. Je ne demande pas une rémunération ou un remerciement, mais je pense qu&#8217;il serait bon que toutes entreprises importantes et riches commencent à penser à leurs usagers sur le long terme. Ca fait 6 ans que j&#8217;utilise Twitter et Facebook. J&#8217;ai mis beaucoup de temps et d&#8217;énergie à m&#8217;assurer que je trouvais et partageais tout ce qui me semblait important sur le moment. Ces entreprises commencent à comprendre comment faire de l&#8217;argent avec tout ce que l&#8217;on dit et partage. C&#8217;est leur tour de nous rappeler pourquoi nous le faisons.&#8221;</p>
<p>Je trouve ce texte étonnant. D&#8217;abord par sa naïveté : oui des gens se font de l&#8217;argent avec ce que nous produisons. Ca s&#8217;appelle le web 2.0, ce qui rend tout à fait légitime la critique très violente que certains lui adressent (<a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-le-web-collaboratif-2010-07-09.html">je pense à Philippe Bouquillon et Jacob Matthews que l&#8217;on avait reçu ici il y a deux ans</a>). Donc la critique que porte ce texte est tout à fait valable, mais un peu faiblarde. Ensuite, je suis étonné par la rétribution qui est attendue par l&#8217;auteur pour cette participation : pouvoir revenir en arrière, pouvoir consulter les archives de notre activité. L&#8217;image du carnet de croquis numérique est jolie, mais savoir où j&#8217;étais à telle heure tel jour, ce que j&#8217;ai lu comme article ce jour-là, ne me semble pas passionnant. Cette folie de l&#8217;enregistrement de soi et des autres, cette névrose de l&#8217;auto-archive m&#8217;inquiète toujours un peu. Sommes-nous si importants que chaque jour de notre vie le soit ? Rien ne me semble moins sûr. Souvenons-nous des vertus de l&#8217;oubli.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-pour-un-humanisme-numerique-2011-10-29.html">L&#8217;émission du 28 octobre 2011</a> était consacrée à l&#8217;humanisme numérique à l&#8217;occasion de la parution de <i><a href="http://www.amazon.fr/Pour-humanisme-numérique-Milad-Doueihi/dp/2021000893/internetnet-21">Pour un humanisme numérique</a></i> de <a href="http://www.lit.ulaval.ca/personnel/professeurs/doueihi-milad/">Milad Doueihi</a> (<a href="http://twitter.com/#!/miladus">@Miladus</a>), historien des religions, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l’Université Laval de Québec. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a><br />
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		<title>Ragots des villes et ragots des champs : les usages et impacts des médias sociaux ne sont pas les mêmes dans l&#8217;Amérique urbaine et rurale</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/10/03/ragots-des-villes-et-ragots-des-champs-les-usages-et-impacts-des-medias-sociaux-ne-sont-pas-les-memes-dans-lamerique-urbaine-et-rurale/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 06:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article assez étrange du New York Times, intitulé &#8220;Dans les petites villes, les ragots pénètrent le web et deviennent nocifs&#8221;. On le doit à Arthur Gregg Sulzberger.
Le papier commence par décrire une petite ville du Missouri, Mountain Grove, où on a l&#8217;habitude de dire que &#8220;tout le monde sait ce que&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article assez étrange du <i>New York Times</i>, intitulé <a href="http://www.nytimes.com/2011/09/20/us/small-town-gossip-moves-to-the-web-anonymous-and-vicious.html?_r=1&#038;pagewanted=all">&#8220;Dans les petites villes, les ragots pénètrent le web et deviennent nocifs&#8221;</a>. On le doit à Arthur Gregg Sulzberger.</p>
<p>Le papier commence par décrire une petite ville du Missouri, Mountain Grove, où on a l&#8217;habitude de dire que <i>&#8220;tout le monde sait ce que fait tout le monde, et quand quelqu&#8217;un ne le sait pas, il a une hypothèse solide&#8221;</i>. Dans cette ville de 5 000 habitants, on a récemment cessé de se rendre au café du coin pour échanger les derniers potins, la préférence étant depuis peu donnée au &#8220;<a href="http://www.topix.com/forum/city/mountain-grove-mo">Mountain Grove Forum</a>&#8220;, hébergé par un réseau social du nom de Topix, où les habitants peuvent lire et écrire, de manière anonyme, les messages les plus désagréables concernant les uns et les autres.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/Mountain-Grove-Missouri.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/Mountain-Grove-Missouri.png" alt="Mountain Grove, Missouri" title="Mountain Grove, Missouri" width="540" height="226" class="alignright size-full wp-image-14772" /></a><br />
<i>Image : Mountain Grove, Missouri, <a href="http://maps.google.fr/maps?q=Mountain+Grove,+Missouri,+%C3%89tats-Unis&#038;hl=fr&#038;ie=UTF8&#038;sll=45.170324,5.935701&#038;sspn=0.030982,0.084543&#038;vpsrc=0&#038;hnear=Mountain+Grove,+Comt%C3%A9+de+Wright,+Missouri,+%C3%89tats-Unis&#038;t=m&#038;z=13">via Google Street View</a>.</i></p>
<p>Au café du coin, on dit que le forum a provoqué des rixes et des divorces. Le propriétaire voit ce forum comme un <i>&#8220;cloaque où grenouille la diffamation&#8221;</i>. La femme du cuisinier, quant à elle, a été la cible d&#8217;un post intitulé &#8220;freak&#8221; dans lequel cette mère de deux enfants était qualifiée de pute ex-toxico et malade du SIDA. Rien de cela n&#8217;était vrai, les conséquences en revanche furent réelles : des relations ont arrêté de parler au couple, aller à l&#8217;épicerie est devenu un enfer, la femme du cuisinier a beaucoup pleuré, pensé au suicide et le couple a décidé de déménager.</p>
<p>La journaliste explique : <i>&#8220;L&#8217;Amérique rurale &#8211; où vit une population plus âgée, plus pauvre et plus reculée &#8211; a pris du retard par rapport au reste du pays en ce qui concerne l&#8217;Internet. L&#8217;usage croissant des médias sociaux y soulève des questions familières sur la diffamation et la vie privée, mais dans les petites villes, cela ne va pas sans complications. Les mêmes sites qui ont été créés comme des lieux d&#8217;échanges bienveillants sur les dernières nouvelles et la politique locales sont des ramassis de ragots infondés, remuant le ressentiment dans des communautés où les liens sont profonds, où la mémoire collective remonte loin et où l&#8217;anonymat est un concept nouveau.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/Mountain-Grove-Forum.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/Mountain-Grove-Forum.png" alt="Mountain Grove Forum" title="Mountain Grove Forum" width="540" height="348" class="alignright size-full wp-image-14771" /></a><br />
<i>Image : Le Mountain Grove Forum.</i></p>
<p><a href="http://www.communication.illinois.edu/csandvig/">Christian Sandvig</a>, un professeur de l&#8217;université de l&#8217;Illinois explique à la journaliste qu&#8217;à la génération précédente, alors même que la technologie avait évolué, beaucoup d&#8217;habitants de l&#8217;Amérique profonde restaient accros aux lignes de téléphoniques partagées qui permettaient aux voisins d&#8217;entendre les conversations des uns et des autres. Ce même professeur ajoute : <i>&#8220;Il y a quelque chose dans la culture rurale qui semble pousser les gens à tenir leurs conversations en public&#8221;</i>.</p>
<p>Or, un site comme Topix qui est assez peu fréquenté par les urbains, voit son audience croître dans les Appalaches, dans le sud rural, et a trouvé une niche inespérée dans des communautés de quelques centaines ou quelques milliers de personnes. Et si l&#8217;on constate que les propos négatifs qui sont mis en ligne semblent se dissiper naturellement parmi les habitants des grandes villes, mais ils s&#8217;enroulent comme des pelotes de fils barbelés dans des petites villes où les insultes ne sont pas facilement oubliées. Des forums ont été fermés par des autorités locales, des procès ont eu lieu et même, à Austin dans l&#8217;Indiana, une femme s&#8217;est tuée, avec ses trois enfants. Quelques heures avant, elle avait écrit sur le site où son divorce était un sujet de conversation : <i>&#8220;Il est maintenant temps d&#8217;ôter toute cette douleur&#8221;</i>.</p>
<p>Et le journaliste de citer plusieurs exemples de ces réseaux sociaux locaux qui sont devenus des lieux de diffamation entre voisins.</p>
<p>Du côté de Topix, le site qui héberge certains de ces forums, on observe ce détournement de l&#8217;usage prévu initialement. Le site se voulait un agrégateur d&#8217;informations hyperlocales avec des pages séparées pour toutes les communautés du pays. Mais sa croissance a principalement eu lieu dans les petites villes et les commentaires sur la vie locale se sont changés en ragots. Ce qui est intéressant, c&#8217;est l&#8217;interprétation qui est faite par l&#8217;entreprise : elle se dédouane derrière la liberté d&#8217;expression. L&#8217;un des dirigeants explique que les commentaires sont drôles, qu&#8217;ils transforment les ragots privés en ragots publics, qu&#8217;ils offrent une plateforme pour les gens qui ont des choses négatives à exprimer, et que tout cela est bon pour le business. Ce même dirigeant raconte que l&#8217;entreprise a tenté de retirer tous les commentaires négatifs, mais a cessé en constatant que plus personne n&#8217;allait visiter le site. Il ajoute que ces forums peuvent jouer un rôle journalistique en permettant de dénoncer certaines choses et de discuter de la politique locale. 9 % pour des posts ne sont pas affichés parce qu&#8217;un logiciel les détecte comme insultant (notamment parce qu&#8217;ils sont racistes), 3 autres % sont retirés suite à des plaintes&#8230; Il n&#8217;empêche, le site regorge de messages qui dépassent les limites, ce dont les dirigeants se moquent parce que le responsable légal n&#8217;est pas Topix mais celui qui a rédigé le billet. L&#8217;entreprise dit recevoir une demande par jour de la justice pour qu&#8217;un post soit identifié en vue de poursuite.</p>
<p>A Mountain Grove, la petite ville du Missouri mentionnée au début de l&#8217;article, la femme traitée de pute toxicomane explique qu&#8217;elle n&#8217;a pas assez d&#8217;argent pour porter plainte. Et même si elle le faisait, ça ne changerait rien : <i>&#8220;Dans une petite ville, explique-t-elle les rumeurs ont la vie longue.&#8221;</i></p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-etudier-le-web-2011-10-01.html">L’émission du 1er octobre 2011</a> était consacrée aux web studies, l&#8217;étude du web à l&#8217;université, en compagnie de <a href="http://acp.univ-mlv.fr/chercheurs/vincent-lemire/">Vincent Lemire</a>, maître de conférences en histoire contemporaine et responsable pédagogique du <a href="http://master-cmw.jonathanpath.com/">Master Cultures et Métiers du Web</a> de <a href="http://www.univ-mlv.fr/formations/loffre-de-formations-upemlv/les-masters/domaine-sciences-humaines-et-sociales/mention-information-et-communication/master-cultures-et-metiers-du-web/?L=0%2F">l&#8217;université de Marne-La-Vallée</a> et trois de ses étudiants Perrine Guinel, qui a travaillé sur &#8220;La figure du hacker&#8221; ; Vincent Bremond, sur &#8220;Proxi-web et web solidaire&#8221; et Leny Gourven sur &#8220;Encyclopédisme et Wikipédia&#8221;.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/citelabo/" title="citelabo" rel="tag nofollow">citelabo</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag nofollow">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/habitat-connecte/" title="habitat connecté" rel="tag nofollow">habitat connecté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hyperlocal/" title="hyperlocal" rel="tag nofollow">hyperlocal</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-local/" title="web local" rel="tag nofollow">web local</a><br />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2011/10/03/ragots-des-villes-et-ragots-des-champs-les-usages-et-impacts-des-medias-sociaux-ne-sont-pas-les-memes-dans-lamerique-urbaine-et-rurale/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>MyData : renverser la relation consommateur, concrètement</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/20/mydata/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2011/09/20/mydata/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 05:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Kaplan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[eAdministration]]></category>
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		<category><![CDATA[confiance]]></category>
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		<description><![CDATA[En 2010, dans l&#8217;ouvrage Informatique, Libertés, Identités, nous posions la question : &#8220;Que pourrais-je accomplir, moi, si je disposais, sous une forme réellement exploitable, des informations sur mes trajets et mes communications des années passées ? Pas seulement pour contrôler ce que d’autres en font, mais pour les utiliser à mes propres fins ?&#8221;
Début 2011, en présentant les résultats&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 2010, dans l&#8217;ouvrage <a href="http://www.amazon.fr/dp/2916571329/internetnet-21"><i>Informatique, Libertés, Identités</i></a>, nous <a href="http://www.internetactu.net/2010/04/27/informatique-libertes-identites/">posions la question</a> : <i>&#8220;Que pourrais-je accomplir, moi</i><i>, si je disposais, sous une forme réellement exploitable, des informations sur mes trajets et mes communications des années passées ? Pas seulement pour contrôler ce que d’autres en font, mais pour les utiliser à mes propres fins ?&#8221;</i></p>
<p>Début 2011, en <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/10/lautre-confiance/">présentant les résultats de l&#8217;expédition de la Fing sur la Confiance numérique</a>, nous allions plus loin : <i>&#8220;A terme, la règle doit être simple : si vous savez quelque chose sur moi, je dois posséder la même information et pouvoir l’exploiter.&#8221;</i></p>
<p>Le 13 avril 2011, le gouvernement britannique a transformé ce qui n&#8217;était encore qu&#8217;une perspective hétérodoxe, fragilement appuyée sur un <a href="http://cyber.law.harvard.edu/projectvrm/Main_Page">projet de recherche américain</a> et une petite communauté d&#8217;innovateurs, en un programme d&#8217;ampleur nationale : MyData.</p>
<h3>&#8220;Consumer Empowerment&#8221; : nous l&#8217;avions rêvé, ils le font</h3>
<p><img src="http://farm6.static.flickr.com/5106/5615895789_831869450d.jpg" title="Le ministre Edward Davey présente le programme MyData" align="left" width="250"/>Le rapport dont émane MyData, intitulé &#8220;<a href="http://www.bis.gov.uk/policies/consumer-issues/consumer-empowerment">De meilleurs choix, de meilleures affaires – Les consommateurs moteurs de la croissance</a>&#8220;, énonce clairement l&#8217;objectif : <em>&#8220;Passer d&#8217;une situation où les entreprises contrôlent jalousement l&#8217;information qu&#8217;elles possèdent à propos des consommateurs, à une autre où les individus, agissant seuls ou en commun, peuvent exploiter leurs propres données pour en tirer des bénéfices personnels ou mutuels.&#8221;</em></p>
<p>Concrètement, plus de 20 grandes entreprises se sont engagées à partager avec leurs clients les données qu&#8217;elles possèdent sur eux : BarclayCard, MasterCard, HSBC, Everything Everywhere (l&#8217;opérateur qui réunit au Royaume-Uni les marques Orange et T-Mobile), Google, plusieurs entreprises du secteur de l&#8217;énergie ou de la distribution…</p>
<p>Ces données seront fournies de manière réutilisable et portable, comme c&#8217;est le cas aujourd&#8217;hui des &#8220;open data&#8221; publiques (auxquelles le programme fait explicitement référence). Le programme prévoit alors d&#8217;encourager l&#8217;émergence d&#8217;applications destinées à permettre aux individus de tirer bénéfice de leurs propres données. Ce bénéfice passe par d&#8217;abord par une meilleure connaissance de soi et de ses pratiques : analyser la composition de son budget ou son régime alimentaire, mesurer son bilan carbone&#8230; Puis, de la connaissance, on passe à l&#8217;action, notamment (dans le cas de MyData, mais les perspectives sont plus larges) dans la relation commerciale : acheter plus sain ou plus &#8220;vert&#8221;, faire le bilan d&#8217;un an de factures mobiles pour comparer les forfaits, rapprocher de manière anonyme son profil à ceux d&#8217;autres individus pour comparer ses choix, réunir des consommateurs aux besoins similaires pour obtenir des propositions adaptées de la part d&#8217;une entreprise…</p>
<p>Du &#8220;CRM&#8221; (gestion de la relation client), on passe alors, en quelque sorte, au &#8220;VRM&#8221; (<i>Vendor Relationship Management</i>, gestion de la relation commerçant), dont le promoteur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Doc_Searls">Doc Searls</a> résume en une phrase l&#8217;intérêt pour les entreprises : <i>&#8220;il faut inventer des moyens plus efficaces de faire communiquer l&#8217;offre et la demande – par exemple en éliminant l&#8217;incertitude des producteurs, parce que les clients sauraient leur dire exactement ce qu&#8217;ils veulent.&#8221;</i></p>
<h3>MyData et après : un défi stratégique</h3>
<p><img src="http://www.mediainfluencer.net/wp/wp-content/uploads/2010/09/VRM_QS_personalinformatics-300x280.jpg" title="L'univers de l'exploitation personnelle des données personnelles, selon Adriana Lukas" align="right"/>Projetons-nous maintenant dans 3 ans, au terme du programme MyData. Imaginons que des millions de consommateurs disposent de leur propre &#8220;entrepôt de données personnelles&#8221; sécurisé, dans lesquels ils conservent leurs données personnelles, mais aussi toutes les données que produisent leurs relations avec les entreprises et les administrations : leurs tickets de caisse détaillés, leurs relevés bancaires, leurs voyages en transport en commun ou leurs passages au péage, leurs communications numériques… Imaginons que des dizaines d&#8217;applications, de services, les aident à tirer de ces données des connaissances utiles à leur vie quotidienne, à leur développement personnel, à la gestion de leur budget, et à d&#8217;autres choses auxquelles nous ne savons pas encore penser. Imaginons que de nouveaux intermédiaires s&#8217;appuient sur ces capacités pour proposer des services d&#8217;une efficacité sans précédent en matière de comparaison ou de consommation collaborative. Imaginons, enfin, que quelques entreprises aient appris à dialoguer avec ces consommateurs outillés, aient adapté leurs systèmes d&#8217;information comme leur relation clientèle (voire leurs chaines de production) ; qu&#8217;elles aient commencé à en tirer des bénéfices tangibles en termes de fidélité, de qualité des données ; que l&#8217;échange d&#8217;informations, devenu volontaire et réciproque, leur permet de disposer d&#8217;informations plus fiables sur la demande et d&#8217;innover plus et mieux… De quels avantages les participants de ce programme disposeront-ils sur les autres ?</p>
<p>Depuis ce 13 avril 2011, le partage des données personnelles et le <a href="http://www.internetactu.net/2010/07/19/maitriser-sa-vie-privee/">“Vendor Relationship management”</a> ne sont plus seulement de drôles d&#8217;idées hétérodoxes, de celles qu&#8217;affectionne la <a href="http://www.fing.org">Fing</a>. Même s&#8217;il ne dispose pas encore de son site web, le projet MyData, piloté par le pionnier de la &#8220;<a href="http://www.internetactu.net/2006/11/10/la-science-du-web-en-route/">Web Science</a>&#8221; Nigel Shadbolt, est sur les rails. Le gouvernement britannique prévient même : &#8220;<i>Nous espérons que la démarche volontaire retenue pour MyData produira des résultats rapides. Si toutefois les progrès s&#8217;avéraient trop lents (&#8230;) le gouvernement envisagera d&#8217;autres méthodes, y compris législatives.</i>&#8221;</p>
<p>Si MyData réussit, c&#8217;est d&#8217;un véritable retournement de la relation commerciale (mais aussi administrative) qu&#8217;il s&#8217;agit, au travers duquel ce sont les consommateurs qui gèrent les données qui les concernent et qui prennent, ou au moins qui partagent, l&#8217;initiative de la relation. Le moment est venu d&#8217;expérimenter sérieusement l&#8217;<i>empowerment</i> des individus par leurs propres données, sur le terrain, de manière ambitieuse, au-delà du Royaume-Uni &#8211; et sans doute, au-delà du seul cadre commercial auquel MyData se limite. Cela prendra du temps, parce que beaucoup de questions demeurent pendantes : quelles données partager ? Quelle valeur représenteront-elles pour quels individus ? Comment les partager de manière sûre, pour les individus comme pour les organisations ? Comment faire émerger une masse critique d&#8217;applications qui tirent un parti utile des données partagées ? Comment évaluer les coûts et les bénéfices d&#8217;une telle démarche ?</p>
<p>Raison de plus pour ne pas attendre.</p>
<p>Daniel Kaplan</p>
<blockquote><p>Dans la lignée de <a href="http://fing.org/?La-synthese-de-l-expedition">l&#8217;&#8221;expédition&#8221; sur la confiance numérique conduite d&#8217;avril 2010 à février 2011 par la Fing et la Fondation Télécom</a>, la Fing propose aujourd&#8217;hui une démarche concrète en vue d&#8217;explorer concrètement les perspectives et les conditions pratiques des &#8220;Open Data personnelles&#8221; et du &#8220;Vendor Relationship management&#8221; (VRM).</p>
<p>Cette expérimentation associera ainsi un petit nombre d&#8217;organisations volontaires pour :</p>
<ul>
<li> explorer la valeur (usages, outils, services) que représente pour les individus la possibilité d&#8217;obtenir et d&#8217;exploiter leurs propres données personnelles (&#8221;Open data personnelles&#8221; et &#8220;Quantified Self&#8221;),</li>
<li>en prospecter la valeur potentielle dans leurs relations avec les consommateurs (VRM), au travers de prototypes,</li>
<li>partager les résultats de ce projet à l&#8217;échelle nationale et internationale, avec les communautés actives autour de ces concepts.</li>
</ul>
<p>Pour participer à ce projet en tant que partenaire, <a href="mailto:infos@fing.org">écrivez-nous !</a></p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vrm/" title="vrm" rel="tag nofollow">vrm</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Augmenter notre intelligence émotionnelle</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/15/augmenter-notre-intelligence-emotionnelle/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 05:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comprendre notre intelligence émotionnelle, c&#8217;est ce à quoi s&#8217;attache Rosalind Picard directrice du Groupe de recherche sur l&#8217;informatique affective au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondatrice d&#8217;Affectiva, une start-up spécialisée dans les technologies de mesure de l&#8217;émotion. Et ce n&#8217;est pas si simple, comme en a rendu compte Sally Adee pour le NewScientist&#8230;
Lors de son interview avec Rosalind&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comprendre notre intelligence émotionnelle, c&#8217;est ce à quoi s&#8217;attache <a href="http://web.media.mit.edu/~picard/index.php">Rosalind Picard</a> directrice du <a href="http://affect.media.mit.edu/">Groupe de recherche sur l&#8217;informatique affective</a> au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondatrice d&#8217;<a href="http://www.affectiva.com/">Affectiva</a>, une start-up spécialisée dans les technologies de mesure de l&#8217;émotion. Et ce n&#8217;est pas si simple, <a href="http://www.newscientist.com/article/mg21128191.600-specs-that-see-right-through-you.html?full=true">comme en a rendu compte Sally Adee pour le <i>NewScientist</i></a>&#8230;</p>
<p>Lors de son interview avec Rosalind Picard, la journaliste du <i>New Scientist</i> a été invitée à chausser un prototype de paire de lunettes mise au point par Affectiva. Cette paire de lunettes a pour fonction d&#8217;aider celui qui la porte à décoder les émotions de la personne avec qui il discute (<a href="http://www.newscientist.com/articleimages/mg21128191.600/1-specs-that-see-right-through-you.html">voir le schéma du <i>New Scientist</i></a>). Les lunettes sont équipées d&#8217;une petite caméra qui surveille 24 points du visage de son interlocuteur et leurs mouvements pour le décrypter. Des petites lumières rouges, jaunes et vertes installées sur le bord du champ de vision permettent de traduire les expressions de l&#8217;interlocuteur selon qu&#8217;elles sont négatives, neutres ou positives. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/afectiva.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/afectiva.png" alt="afectiva" title="afectiva" width="540" height="219" class="alignnone size-full wp-image-14602" /></a><br />
<i>Image : la technologie d&#8217;Affectiva.</i></p>
<blockquote><p>&#8220;Les yeux de Rosalind Picard étaient grands ouverts. Je ne pouvais la blâmer. Nous étions assises dans son bureau au Media Lab du MIT, et mes questions étaient étonnement incisives. En fait, je commençais à soupçonner que j&#8217;étais l&#8217;une des plus avisées journalistes qu&#8217;elle ait rencontrés, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle me tende ces lunettes. A l&#8217;instant où je les mis, je découvris que je me trompais. J&#8217;ai réalisé que son regard d&#8217;admiration traduisait en fait de la confusion et du désaccord. Pire, elle s&#8217;ennuyait. Une petite voix me le murmurait à mon oreille via une oreillette attachée à la lunette. Elle me disait que Picard était déconcertée ou en désaccord avec moi. Une lumière rouge clignotait au-dessus de mon oeil droit pour me prévenir d&#8217;arrêter de parler. C&#8217;était comme si j&#8217;avais développé un sens supplémentaire.&#8221;</p></blockquote>
<p>Les détecteurs d&#8217;émotions peuvent-ils nous aider à mieux nous comprendre mutuellement ? C&#8217;est visiblement ce que pense Rosalind Picard qui a mis au point cette technologie pour stimuler notre intelligence émotionnelle. Reste à savoir si nous sommes prêts à mieux comprendre les sentiments des autres ou à mieux diffuser les nôtres. </p>
<h3>Améliorer notre compréhension des émotions de nos interlocuteurs</h3>
<p><i>&#8220;La pantomime des émotions agissent comme des lubrifiants sociaux dans nos conversations&#8221;</i>, explique Sally Adee. Nos clins d&#8217;yeux inconscients signalent à l&#8217;autre que nous le comprenons, mais certains imperceptibles clignements d&#8217;yeux indiquent quand ce n&#8217;est plus le cas. Beaucoup de ces signaux peuvent être mal interprétés &#8211; sans compter que les différences culturelles font que certains signaux n&#8217;ont pas le même sens d&#8217;une culture à l&#8217;autre. <i>&#8220;La plupart du temps, en fait, nous n&#8217;arrivons pas à les repérer. Lors d&#8217;une conversation en face à face, des milliers d&#8217;indicateurs minuscules sur le visage d&#8217;une personne &#8211; plissement du front ou des lèvres, clignement et froncement des yeux &#8211; ajoutent une série d&#8217;indices non verbaux à nos communications verbales.&#8221;</i> </p>
<p>L&#8217;idée que la technologie pourrait amplifier ces signaux a d&#8217;abord été explorée par <a href="http://web.media.mit.edu/~kaliouby/">Rana el Kaliouby</a> à l&#8217;Université de Cambridge au Royaume-Uni. A l&#8217;origine, son projet avait pour but d&#8217;aider des autistes pour qui il est particulièrement difficile de décoder les émotions non verbales qu&#8217;expriment les autres. En 2005, avec l&#8217;aide de <a href="http://www.psychol.cam.ac.uk/pages/staffweb/baron/">Simon Baron-Cohen</a> du <a href="http://www.psychol.cam.ac.uk/index.html">département de psychologie expérimentale</a>, elle a identifié les principales émotions faciales pour en écrire le premier lexique. Ce travail a été intégré au logiciel développé par Rosalind Picard permettant de comparer toute micro-expression à une banque d&#8217;expression connue. </p>
<p>Quand Picard et El Kaliouby calibraient leur prototype, elles ont été surprises de constater qu&#8217;une personne moyenne réussissait à interpréter correctement 54 % des expressions d&#8217;un visage. Ce qui montre que le dispositif pourrait bénéficier à bien d&#8217;autres personnes que les autistes. Reste que le logiciel ne parvient pour l&#8217;instant qu&#8217;à identifier correctement 64 % des expressions. </p>
<p>Car le calibrage du logiciel est difficile : distinguer un sourire de joie d&#8217;un sourire de frustration &#8211; qui peuvent paraître très semblables or contexte &#8211; n&#8217;est pas si simple. Mais si on en croit leurs promoteurs, leur logiciel ferait un meilleur travail que nos sens : <i>&#8220;Les machines ont un avantage sur les humains dans l&#8217;analyse des détails internes aux sourires&#8221;</i>, affirme l&#8217;un de leur collègue, <a href="http://web.media.mit.edu/~mehoque/">Mohammed Hoque</a>. Affectiva travaille actuellement avec une société japonaise qui veut utiliser leur algorithme pour distinguer les sourires sur les visages japonais, qui ont plus de 10 noms pour distinguer les sourires comme <i>bakushu</i> (sourire heureux), <i>shisho</i> (rire inapproprié) ou <i>terawari</i> (sourire extrêmement embarrassé).</p>
<p>Depuis Picard et El Kaliouby ont créé Affectiva, une société qui vend un logiciel de reconnaissance de l&#8217;expression et des outils de mesure de soi. Leurs clients sont plutôt des sociétés de marketing qui veulent mesurer la réceptivité d&#8217;une bande-annonce de film ou d&#8217;une publicité par exemple, comme le montrait Rosalind Picard dans sa présentation à TEDx San Francisco  (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=ujxriwApPP4">vidéo</a>) (que l&#8217;on peut tester en ligne <a href="http://labs.affectiva.com/cannes/vote.php">ici</a> ou <a href="http://www.forbes.com/2011/02/28/detect-smile-webcam-affectiva-mit-media-lab.html">là</a>, simplement en branchant sa webcam). </p>
<h3>Comprendre les espaces sociaux entre les gens</h3>
<p>Mais il n&#8217;y a pas que les expressions faciales qui composent la panoplie involontaire de nos <a href="http://www.amazon.com/Honest-Signals-Shape-World-Bradford/dp/0262515121/internetnet-21"><i>Signaux honnêtes</i></a>, comme le <a href="http://www.internetactu.net/2008/11/06/limportant-nest-pas-ce-quon-dit-mais-la-facon-dont-on-le-dit/">disait Alex Pentland du MIT dans son livre éponyme</a>. Le langage du corps, la variation dans le ton ou la hauteur de voix sont autant d&#8217;indices que l&#8217;on peut mesurer pour donner une image plus complète de nos interactions sociales. Pentland a ainsi travaillé à des <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/30/lifelogging-badges-sociometriques/">badges sociométriques</a> permettant d&#8217;enregistrer les paroles de son porteur, le volume, le ton et l&#8217;agressivité&#8230; Comme l&#8217;explique <a href="http://web.media.mit.edu/~taemie/">Taemie Kim</a>, de l&#8217;équipe d&#8217;Alex Pentland, <i>&#8220;certaines personnes ne sont tout simplement pas de bons juges de leurs interactions sociales&#8221;</i>. </p>
<p>Ce type d&#8217;appareil, en rendant visibles les interactions, transforme les comportements individuels. En montrant aux gens la fréquence à laquelle ils prennent la parole, le temps de parole qu&#8217;ils utilisent (au regard des autres), les personnes avec lesquelles ils interagissent (et celles avec qui ils n&#8217;interagissent pas), les badges sociométriques ont permis de visualiser <i>&#8220;les espaces sociaux entre les gens&#8221;</i>, estime Taemie Kim. Ainsi, une personne qui avait monopolisé la parole le premier jour est devenue totalement silencieuse le second jour après avoir vu les résultats. À la fin de l&#8217;expérience, les interventions des participants sont devenues plus homogènes. <i>&#8220;Il suffit d&#8217;être en mesure de voir son rôle dans un groupe pour que les personnes se comportent différemment et renforcer la dynamique de groupe. Au bout de trois jours d&#8217;expérience, l&#8217;intelligence émotionnelle de l&#8217;ensemble du groupe avec progressé&#8221;</i>, explique Sally Adee.</p>
<p>Pentland et son équipe ont depuis amélioré les badges sociométriques pour analyser les modes d&#8217;expression des personnes du service clientèle de Vertex, une société britannique qui propose des services de centre d&#8217;appel, permettant d&#8217;identifier des unités de discours plus convaincantes que d&#8217;autres pour les clients. L&#8217;équipe de Pentland affirme que cette technologie pourrait augmenter les performances des ventes par téléphone de 20 % : rien de moins ! Taemie Kim et <a href="http://web.media.mit.edu/~dolguin/">Daniel Olguín Olguín</a> ont fondé une start-up baptisée <a href="http://www.sociometricsolutions.com/">Solutions sociométriques</a> pour commercialiser leurs badges. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/sociometricsolutions.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/sociometricsolutions.png" alt="sociometricsolutions" title="sociometricsolutions" width="540" height="339" class="alignnone size-full wp-image-14603" /></a><br />
<i>Image : Sociometrics Solutions.</i></p>
<p>Certaines des réponses de nos corps ne sont pas conçues pour être perçus par les autres, mais il est devient désormais possible de les mesurer et de les faire apparaître. Affectiva, la start-up de Rosalind Picard a conçu également un dispositif &#8211; <a href="http://www.affectiva.com/q-sensor/">le capteur Q</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=b4XDlDE96Pg&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>) &#8211; qui mesure la température et la conductivité de la peau pour révéler votre état émotionnel. Les réactions physiologiques peuvent désormais être suivis mêmes à distance et même sans votre consentement. L&#8217;année dernière, des étudiants de Rosalind Picard ont montré qu&#8217;il était possible de mesurer la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la température cutanée sans aucun contact avec le corps, par l&#8217;intermédiaire d&#8217;une simple webcam (<a href="http://affect.media.mit.edu/projects.php?id=2879">la cardiocam</a>) mesurant les changements de couleur du visage (<a href="http://vimeo.com/12192224">vidéo</a>). </p>
<p><iframe width="540" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/1dmqR1X0TZA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<i>Vidéo</i> : Affectiva expliquée par Rosalind Picard.</p>
<p>Bref, autant de capteurs qu&#8217;il suffirait de combiner pour obtenir l&#8217;ultime dispositif de lecture d&#8217;émotion. </p>
<h3>L&#8217;informatique émotionnelle va-t-elle nous transformer ?</h3>
<p>Mais est-ce que cette nouvelle compréhension nous transforme à notre tour ? Que serait le monde si nous pouvions mieux comprendre et mieux nous adapter aux signaux sociaux que les autres nous envoient ? Simon Baron-Cohen explique que des personnes atteintes du syndrome d&#8217;Asperger en utilisant les technologies d&#8217;Affectiva, ont montré que cela leur avait permis d&#8217;acquérir des compétences sociales supplémentaires. Sans être un remède miracle, prévient-il, ceux qui ont essayé le dispositif pendant un certain temps ont montré une capacité à lire les émotions des autres avec plus de précision, même après avoir ôté les lunettes. Est-ce à dire que ce type d&#8217;outils pourrait nous permettre d&#8217;augmenter notre intelligence émotionnelle ?</p>
<p>Reste que donner aux gens un accès illimité aux émotions des autres comporte aussi des risques, insistent les chercheurs. Contrairement à ce qu&#8217;on croit, <i>&#8220;la capacité à lire les émotions de quelqu&#8217;un ne vient pas nécessairement avec l&#8217;empathie&#8221;</i>, prévient Baron-Cohen. Dit autrement, comprendre notre propre perspective ne nous aide pas nécessairement à comprendre celle des autres, <a href="http://www.medecinesciences.org/index.php?option=com_article&#038;access=standard&#038;Itemid=129&#038;url=/articles/medsci/full_html/2011/07/medsci2011278-9p683/medsci2011278-9p683.html">contrairement à ce que nous faisons spontanément</a>. </p>
<p>Rosalind Picard met en garde également sur un autre danger : on ne peut utiliser ce type de technologie secrètement et les gens devraient toujours pouvoir refuser de les utiliser. Sauf que la pression à l&#8217;usage de la technologie ne dépend pas seulement de notre liberté de choix, on le sait. L&#8217;adoption de fonctionnalités par les services, la pression à leur usage nous contraignent trop souvent. </p>
<p>L&#8217;informatique émotionnelle s&#8217;apprête à augmenter notre cognition d&#8217;une manière qui défie ses limites actuelles en nous donnant une vision de nous-mêmes et des autres dont nous ne disposions pas. Saurons-nous établir des règles d&#8217;usages avant qu&#8217;elle se répande ? Quand on observe la rareté des règles existantes sur le stockage et l&#8217;exploitation des données, <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/09/il-est-temps-de-reglementer-la-propriete-dans-les-nuages">comme le soulignait Simson Garfinkel</a>, il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;on arrive à définir des limites à une technologie dont le potentiel paraît dès à présent radicalement transformateur.</p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag nofollow">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cyborgs/" title="cyborgs" rel="tag nofollow">cyborgs</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/neurosciences/" title="neurosciences" rel="tag nofollow">neurosciences</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/objets/" title="objets" rel="tag nofollow">objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a><br />
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		<title>Les limites de la fouille sociale de données</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/09/14/les-limites-de-la-fouille-sociale-de-donnees/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Sep 2011 06:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lors de la conférence de sécurité informatique Black Hat qui se tenait récemment à Las Vegas, Alessandro Acquisti, professeur agrégé de technologie de l&#8217;information et de politique publique à l&#8217;Ecole de Heinz de l&#8217;université Carnegie Mellon, a montré comment une photographie d&#8217;une personne pouvait être utilisée pour retrouver sa date de naissance, son numéro de sécurité sociale et d&#8217;autres informations&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la conférence de sécurité informatique <a href="https://www.blackhat.com/html/bh-us-11/bh-us-11-home.html">Black Hat</a> qui se tenait récemment à Las Vegas, <a href="http://www.heinz.cmu.edu/~acquisti/">Alessandro Acquisti</a>, professeur agrégé de technologie de l&#8217;information et de politique publique à l&#8217;Ecole de Heinz de l&#8217;université Carnegie Mellon, a montré comment une photographie d&#8217;une personne pouvait être utilisée pour retrouver sa date de naissance, son numéro de sécurité sociale et d&#8217;autres informations en utilisant la technologie de reconnaissance faciale pour faire correspondre l&#8217;image à celles que l&#8217;on trouve sur les sites sociaux type Facebook. Acquisti reconnaît les limites de confidentialité <a href="http://www.heinz.cmu.edu/~acquisti/face-recognition-study-FAQ/">de son travail</a>, mais avertie que le plus gros problème ne repose pas tant sur la violation de la vie privée que sur l&#8217;inexactitude des données extraites des techniques d&#8217;extraction. </p>
<p>Pour Alessandro Acquisiti, explique <a href="http://www.technologyreview.com/web/38256/?mod=chthumb">Erica Naone de la <i>Technology Review</i></a>, le risque est bien de voir demain l&#8217;information en ligne préjuger de qui nous sommes et se tromper. L&#8217;internet pourrait devenir non plus l&#8217;endroit où nul ne sait que vous êtes un chien, mais <i>&#8220;un endroit où tout le monde connaît votre nom&#8221;</i>. </p>
<p>Acquisti s&#8217;inquiète de ce qu&#8217;il se passe quand les données font des erreurs. <i>&#8220;Nous avons tendance à faire des extrapolations fortes sur les données faibles&#8221;</i>, explique-t-il. Un certain nombre d&#8217;entreprises ont déjà commencé à utiliser les médias sociaux pour mesurer la réputation. La société californienne <a href="http://www.socialintel.com">Social Intelligence</a> par exemple, effectue des fouilles de données poussées sur des employés éventuels pour révéler leurs qualités et défauts&#8230; </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/socialintelligence.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/socialintelligence.png" alt="socialintelligence" title="socialintelligence" width="540" height="273" class="alignnone size-full wp-image-14571" /></a><br />
<i>Image : Quel est votre taux d&#8217;erreur quand vous Googlez quelqu&#8217;un ?</i></p>
<p>Acquisit a tenté de montrer les pièges de ces outils. Pour cela il a procédé à plusieurs expériences. Pour la première, les chercheurs ont récupéré des photos de profils sous pseudonymes sur des sites de rencontres et ont tenté de les identifier en les comparant avec des photos de profils de sites sociaux via une technologie de reconnaissance de visage (<a href="http://www.pittpatt.com/">PittPatt</a>, racheté récemment par Google). La seconde a consisté à faire la même chose mais depuis des photos d&#8217;étudiants prises avec une simple webcam sur un campus et a permis d&#8217;identifier un tiers des cobayes. Enfin, cette expérience s&#8217;est complétée d&#8217;un autre algorithme pour prédire le numéro de sécurité social d&#8217;une personne identifiée dans la rue. Son but était de montrer qu&#8217;en partant d&#8217;un visage anonyme dans la rue, on pouvait obtenir des informations sensibles sur cette personne.  </p>
<p>L&#8217;équipe a ainsi été capable de retrouver environ un tiers des profils des sujets. A 75 % du temps, ils ont correctement prédit les centres d&#8217;intérêts des personnes. Pour 16 % des sujets, ils ont réussi à prédire correctement les cinq premiers chiffres du numéro de sécurité sociale de leurs cobayes, en seulement deux tentatives. </p>
<p><i>&#8220;Mais cela signifie pourtant, que pour 2/3 des sujets, ils n&#8217;ont pas réussi à identifier correctement les personnes. Que pour 25 % des sujets, ils ont mal identifiés les intérêts personnels et pour 80 % mal identifié le numéro de sécurité sociale&#8221;</i>, pointe avec raison Erica Naone. Ce qui signifie que ces technologies ne fonctionnent pas encore très bien. Et c&#8217;est justement là qu&#8217;est le risque le plus important, explique Acquisti.</p>
<p>Acquisti s&#8217;attend à ce que les technologies de reconnaissance faciale s&#8217;améliorent dans les prochaines années et se demande ce qu&#8217;il se passera quand elles seront assez évoluées pour qu&#8217;on puisse leur faire confiance la plupart du temps. <i>&#8220;La technologie risque de devenir cauchemardesque pour ceux qui seront mal identifiés&#8221;</i>.</p>
<p>Au <a href="http://www.defcon.org/html/defcon-19/dc-19-index.html">Defcon</a>, une conférence sur le hacking qui se tenait également à Las Vegas à la même période, un groupe nommé la <a href="https://www.onlineprivacyfoundation.org/">Fondation pour la confidentialité en ligne</a> a présenté <a href="https://www.onlineprivacyfoundation.org/presentations/WeaponizingCyberPsychology_small_v2.pdf">les résultats (.pdf)</a> de sa <a href="https://www.onlineprivacyfoundation.org/?page_id=49">Big Five Experiment</a>, une étude du même type, visant à faire correspondre les traits de personnalités de bénévoles à des profils Facebook. Les cobayes devaient remplir <a href="http://bigfivepersonalitytest.com/big-five">des tests de personnalité</a> dont ils se sont servis pour identifier des profils regroupant les mêmes caractéristiques. Les chercheurs de la Privacy Foundation ont trouvé une corrélation entre les personnes dont la personnalité tendait vers l&#8217;ouverture et ceux dont les profils Facebook étaient les plus informées. Pourtant, les corrélations exactes ont été là aussi relativement faibles. Selon leurs conclusions, les profils Facebook ne sont pas une source fiable d&#8217;information. Cela reste un pari, estime le cofondateur de la Fondation, Chris Summer.</p>
<p>Ce qu&#8217;ont cherché à démontrer Acquisti et Summer, conclut Erica Naone, <i>&#8220;c&#8217;est que les politiques doivent protéger les individus de la fouille sociale de données et de la mauvaise utilisation des informations qui peuvent en être faite en émettant par exemple des normes de précisions auxquelles les organisations devraient se conformer&#8221;</i>. Alors que les erreurs sont encore là pour longtemps et ne vont pas nous empêcher d&#8217;utiliser ces technologies, quels recours proposent-on aux victimes ? Quelles assurances prend-t-on pour diminuer le risque des fausses identifications &#8211; pour autant que leurs effets soient pires qu&#8217;une bonne identification ?! </p>
<p><i>&#8220;La question déterminante de notre époque&#8221;</i>, affirme Acquisti, <i>&#8220;est de savoir comment nous, en tant que société, nous allons traiter ces grands répertoires de données, les big data ?&#8221;</i></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/privacy/" title="privacy" rel="tag nofollow">privacy</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Il est temps de réglementer la propriété dans les nuages</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 05:30:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Longtemps, nos biens ont servi en partie à définir qui nous étions, explique Simson Garfinkel pour la Technology Review. Ce que nous possédons, la façon dont nous le possédons dit beaucoup de nous comme le remarquait Sam Gosling dans son livre Snoop, What your stuff says about you. Mais avec l&#8217;avènement de l&#8217;informatique en nuage (cloud computing), la définition de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps, nos biens ont servi en partie à définir qui nous étions, <a href="http://www.technologyreview.com/web/38391/?nlid=nlweb&#038;nld=2011-08-24">explique Simson Garfinkel pour la <i>Technology Review</i></a>. Ce que nous possédons, la façon dont nous le possédons dit beaucoup de nous comme le remarquait <a href="http://snoopology.com/">Sam Gosling</a> dans son livre <i><a href="http://www.amazon.fr/Snoop-What-Your-Stuff-About/dp/0465013821/internetnet-21">Snoop, What your stuff says about you</a></i>. Mais avec l&#8217;avènement de l&#8217;informatique en nuage (<i>cloud computing</i>), la définition de la possession se transforme en déplaçant ce qui nous est cher sur des serveurs internet lointains. Que ce soit sur les serveurs de Netflix, dans la librairie du Kindle d&#8217;Amazon ou via les services iCloud d&#8217;Apple, nos possessions deviennent impossibles à égarer, plus faciles à organiser et à accéder qu&#8217;auparavant. L&#8217;une des conséquences de cette nouvelle forme de propriété, déportée, est de donner aux sociétés qui fournissent ces services d&#8217;informatique en nuage d&#8217;énormes possibilités de contrôle et de mesure sans partage, sur ce qui nous appartient. Dans certains cas, ces sociétés ont même déjà abusé de leurs possibilités de contrôle. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/icloudapple.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/icloudapple.png" alt="icloudapple" title="icloudapple" width="540" height="286" class="alignnone size-full wp-image-14581" /></a><br />
<i>Image : les promesses d&#8217;iCloud d&#8217;Apple.</i></p>
<blockquote><p>&#8220;Jusqu&#8217;à présent, malgré la révolution provoquée par la numérisation, l&#8217;informatique avait laissé la nature fondamentale de nos biens intacts. Nous étions passés des contenus qui ornaient les étagères de nos maisons de disques, de livres et de vidéos, à une soif de contenus qui s&#8217;entassaient sur nos ordinateurs personnels et nos disques durs. Mais à l&#8217;ère du streaming, posséder une collection de contenus est devenue une contradiction. Les 200 films de ma file d&#8217;attente Netflix m&#8217;apparaissent sous la forme d&#8217;une liste d&#8217;aspirations et non plus sous celle d&#8217;une collection personnelle et une fois que je regarde le film, celui-ci disparait de la file d&#8217;attente, à l&#8217;inverse de ce qu&#8217;il se passe sur mon étagère de DVD. Nos collections de contenus dans les nuages sont une pâle imitation de ce que la possession physique peut offrir. Il n&#8217;y aura jamais une copie bien usée de mon livre numérique préféré.</p>
<p>La dissolution de nos possessions matérielles dans les nuages est certainement commode. Elle peut même nous rendre parfois moins cupides et plus enclins à partager. Mais cette nouvelle forme de propriété risque d&#8217;avoir d&#8217;autres conséquences plus graves que la perte de quelques conversations. La première est que ces possessions précédemment inanimées peuvent maintenant parler de vous derrière votre dos. Regardez un film sur Netflix ou Amazon, et les serveurs de la société en question savent qui vous êtes, ce que vous regardez, quand vous le regardez, où vous le regardez, à partir de quel terminal vous le regardez et ils savent même à quel moment vous utilisez l&#8217;avance rapide. La loi américaine interdit la publication de titres de films que la personne a regardés, mais les fournisseurs de services dans les nuages peuvent faire à peu près tout ce qu&#8217;ils veulent des autres données qu&#8217;ils recueillent. </p>
<p>Certes, aujourd&#8217;hui les fournisseurs utilisent ces informations pour améliorer leur service, proposer des recommandations adaptées. Mais demain, ces données pourraient voyager auprès de services tiers. Apple pourrait combiner ses propres données avec des banques de données commerciales pour dire à la chanteuse Beyoncé le nombre d&#8217;hommes âgés de 25 à 30 ans qui achètent ses chansons à New York, par exemple, la musique où les livres que vous placez dans les services en nuage de Google pourraient façonner la publicité que vous voyez partout sur le web. </p>
<p>La commérage nature des services en nuage vient du fait que contrairement à pratiquement tous les autres objets sur la planète, les services en nuages restent indissolublement attachés à leur producteur. Cette attache signifie qu&#8217;ils ont peu en commun avec les biens que nous avons possédés depuis des centaines d&#8217;années. </p>
<p>La compréhension populaire de ce que signifie posséder quelque chose, que ce soit de fichier numérique ou un objet physique a jusqu&#8217;à présent été bien aligné avec la loi. Lorsque vous achetez un livre, vous n&#8217;obtenez pas les droits sur le texte, mais vous pouvez le lire, le prêter à un ami, puis le vendre à quelqu&#8217;un qui peut faire de la publicité et le vendre une fois de plus. Mais cette compréhension tacite de la propriété est inutile dans le nuage.</p>
<p>Considérez ce qui s&#8217;est passé en juillet 2009, lorsque Amazon a découvert qu&#8217;il avait accidentellement vendu sans licence appropriée des e-books de <i>1984</i> de George Orwell et électroniquement effacé son existence de tous les Kindle qui l&#8217;avaient acheté. Winston Smith se serait senti à l&#8217;aise, mais les lois de la physique, celles des biens matériels, et le droit d&#8217;auteur auraient rendu triplement impossible une telle manoeuvre avec un livre traditionnel. Amazon n&#8217;aurait jamais envoyé des gens pour rapatrier les livres envoyés chez les gens par erreur. </p>
<p>Dans le nuage, nous sommes gouvernés par le droit des contrats et des contraintes quelle que soit notre fournisseur, procédures que nous devons accepter afin d&#8217;utiliser leurs services. Certes, certains aspects de ces contrats sont nécessaires pour que ces entreprises fonctionnent : mais ils fournissent aussi l&#8217;occasion d&#8217;imposer des conditions complexes sur nos possessions. Oui, vous pouvez prêter les livres électroniques d&#8217;Amazon que vous achetez, mais seulement pendant 14 jours. Oui, vous pouvez supprimer votre e-books, mais vous ne pouvez pas le donner à un ami quand vous avez fini de les lire. L&#8217;éditeur HarperCollins a décidé que les bibliothèques pouvaient prêter leurs livres électroniques 26 fois avant de devoir acheter une nouvelle copie. D&#8217;autres éditeurs interdisent le prêt intégralement.</p>
<p>L&#8217;histoire de <i>1984</i> sur le Kindle montre que les fournisseurs de services dans les nuages disposent d&#8217;un pouvoir considérable pour faire respecter leurs règles. </p>
<p>Lorsque vous êtes propriétaire de votre propre collection, vous n&#8217;avez pas de risque de la perdre parce que vous avez un différend de facturation avec le Club du livre du mois. Une amende de la bibliothèque ne menace pas le stockage de vos photos de famille. Or, de tels scénarios deviennent possibles à mesure que les services en nuage se consolident. L&#8217;icloud d&#8217;Apple s&#8217;occupera de vos e-mail, de vos livres, de votre musique, de vos photos et de vos documents&#8230; Un différend avec un fournisseur de services en nuages qui contrôle un si grand nombre de vos possessions numériques est une perspective intimidante [voir par exemple <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2011/08/16/google-m-a-tuer">l'histoire édifiante</a> que racontait Thomas Monopoly cet été suite à la désactivation de son compte Google, NDR]. </p>
<p>Les menaces sur les services en nuage viennent aussi de l&#8217;extérieur. Un pirate pourrait voler ou effacer tous vos fichiers. </p>
<p>Lorsque les bits et les atomes qui composent vos biens sont en sécurité dans votre maison, les mesures de sécurité qui comptent sont les serrures de vos portes et vos fenêtres et vos propres compétences. Lorsque cette propriété est en ligne, un ordinateur portable n&#8217;importe où dans le monde peut vous voler tout votre attirail.</p>
<p>Malgré ces dangers, le nuage ne peut et ne doit pas être arrêté. Nous avons beaucoup à gagner de la liberté qu&#8217;il nous offre. Nous voulons être en mesure d&#8217;accéder à &#8220;notre&#8221; contenu n&#8217;importe où, même si les possessions auxquelles nous avons accès de cette façon ne sont pas vraiment à nous, après tout. Nous voulons avoir la paix si notre maison brûle ou si l&#8217;on nous cambriole afin que nos possessions ne soient pas perdues. </p>
<p>Les limites de la réalité physique sur nos possessions ne sont pas toutes malheureuses. Beaucoup favorisent le consommateur et sa liberté. Mais ces avantages ont disparu dans le marché peu réglementé dans lequel évoluent les fournisseurs de services en nuage. Si nous voulons le meilleur du nuage et de la possession matérielle, nous devons trouver un moyen de rééquilibrer la balance et de réaffirmer nos droits. </p>
<p>Il est nécessaire que les fournisseurs de services en nuage qui louent de l&#8217;espace sur leurs serveurs répondent à des réglementations similaires à celles auxquelles répondent les propriétaires d&#8217;espaces physiques. Les propriétaires immobiliers ne peuvent pas jeter leurs locataires hors de chez eux comme cela : même ceux qui refusent de payer leurs loyers ont une possibilité de lutter contre une expulsion en justice. De la même manière, les fournisseurs de services en nuage ne devraient pas pouvoir supprimer vos données à volonté, et il devrait y avoir un processus légal pour déplacer ces possessions numériques dans un autre nuage ou pouvoir les récupérer sur son ordinateur personnel. De même, nous avons besoin de lois qui obligent les fournisseurs de services dans les nuages à respecter la confidentialité de leurs clients. </p>
<p>L&#8217;industrie n&#8217;est actuellement en rien incitée à nous permettre de négocier les conditions du service qu&#8217;elle nous propose. Quand les lois de la physique ne peuvent plus protéger les consommateurs et les citoyens de l&#8217;âge de la propriété physique, la société à l&#8217;obligation d&#8217;intervenir avec les lois de l&#8217;homme.&#8221;</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/apprenti-sorcier/" title="apprenti sorcier" rel="tag nofollow">apprenti sorcier</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag nofollow">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		<title>Quel est votre score d&#8217;influence ?</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 09:35:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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Imaginez un monde, commence Stephanie Rosenbloom, où nous serait assigné un nombre mesurant notre niveau d&#8217;influence. Ce nombre nous permettrait de grimper dans la hiérarchie, d&#8217;être surclassés dans les hôtels et de gagner des friandises au supermarché. Mais&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, elle nous vient du <i>New York Times</i>, et de Stephanie Rosenbloom, qui est reporter au service Style. </p>
<p>Imaginez un monde, <a href="http://www.nytimes.com/2011/06/26/sunday-review/26rosenbloom.html?_r=1">commence Stephanie Rosenbloom</a>, où nous serait assigné un nombre mesurant notre niveau d&#8217;influence. Ce nombre nous permettrait de grimper dans la hiérarchie, d&#8217;être surclassés dans les hôtels et de gagner des friandises au supermarché. Mais au cas où votre score d&#8217;influence serait bas, pas de promotion, pas de suite à l&#8217;hôtel, pas de petits gâteaux offerts.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas de la science-fiction. Cela arrive à des millions d&#8217;usagers des réseaux sociaux.</p>
<p>Si vous avez un compte Facebook, Twitter ou LinkedIn, vous êtes déjà évalués &#8211; ou le serez bientôt. Des entreprises comme <a href="http://klout.com">Klout</a>, <a href="http://www.peerindex.net/">PeerIndex</a> et <a href="http://tweet.grader.com/">Twitter Grader</a> sont en train de classer des millions, potentiellement des milliards, de gens selon leur niveau d&#8217;influence &#8211; ou, dans leur jargon, de classer les &#8220;influenceurs&#8221;. Mais ces entreprises ne s&#8217;intéressent pas seulement au nombre de <i>followers</i> ou d&#8217;amis que vous avez amassés. Elles commencent à mesurer l&#8217;influence de manière plus fine, et elles postent leurs résultats en ligne, sous la forme de score.</p>
<p>Pour certains, il s&#8217;agit d&#8217;un outil passionnant &#8211; un de ceux qui vont dans le sens de la démocratisation de l&#8217;influence. Plus besoin d&#8217;être une célébrité, un homme politique ou une personnalité médiatique pour être considéré comme influent. Le <i>&#8220;scoring social&#8221;</i> peut aider à la construction de soi en tant que marque. Pour ceux qui sont plus critiques, cette pratique est celle d&#8217;un Nouveau Monde technologique où ce sera le score qui déterminera la façon dont vous serez traité par quiconque entrera en contact avec vous. <i>&#8220;Il sera bientôt accessible publiquement aux gens que vous rencontrez, à vos employeurs&#8221;</i>, explique un professeur de marketing à la journaliste.</p>
<p>Ces scores d&#8217;influence peuvent s&#8217;étaler de 1 à 100. Chez Klout, le principal acteur de ce secteur, le score moyen se situe dans la dizaine. Un score de 40 suppose une influence forte, mais de niche. Si vous atteignez 100, vous êtes Justin Bieber. Sur PeerIndex, le score moyen est de 19. A 100, l&#8217;entreprise considère que vous êtes l&#8217;égal de Dieu.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/kloutreport.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/kloutreport.png" alt="kloutreport" title="kloutreport" width="580" class="alignnone size-full wp-image-14143" /></a><br />
<i>Image : Le rapport Klout d&#8217;InternetActu&#8230; Pas encore Dieu ! <img src='http://www.internetactu.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </i></p>
<p>Ces entreprises sont encore en train d&#8217;affiner leurs méthodologies &#8211; en travaillant les données et en faisant entrer dans le calcul d&#8217;autres réseaux en ligne. Ce mois-ci, Klout a annoncé commencer à incorporer les profils LinkedIn.</p>
<p>Les gens du marketing y voient une promesse. Plus de 2 500 entreprises utilisent les données de Klout. Il y a 15 jours, Klout a révélé qu&#8217;Audi allait offrir des promotions à des usagers de Facebook sur la base des scores d&#8217;influence. L&#8217;an dernier, la compagnie d&#8217;aviation Virgin America les a aussi utilisés pour offrir aux influenceurs les mieux notés de Toronto des vols gratuits pour San Francisco et Los Angeles. A Las Vegas, certains hôtels ont aussi recourt à Klout pour offrir des billets gratuits à leurs clients les plus influents.</p>
<p>Pour Joe Fernandez, le cofondateur de Klout : <i>&#8220;pour la première fois, nous jouons tous sur le même terrain. Pour la première fois, l&#8217;influence n&#8217;est plus affaire d&#8217;argent ou d&#8217;apparence. Ce qui compte, c&#8217;est ce que vous dites et comment vous le dites.&#8221;</i></p>
<p>Comment devient-on un influenceur, se demande la journaliste ? Après avoir analysé l&#8217;an dernier 22 millions de tweets, <a href="http://h30507.www3.hp.com/t5/Data-Central/What-makes-a-tweet-influential-New-HP-Labs-social-media-research/ba-p/81855">des chercheurs de Hewlett-Packard ont montré qu&#8217;il ne suffit pas d&#8217;attirer des followers</a>, il faut aussi donner envie à ces followers de se mettre en action. Les inciter à essayer le yoga Bikram ou à partager une recette de tarte. En d&#8217;autres termes, l&#8217;influence est affaire d&#8217;engagement et de motivation, pas seulement d&#8217;amoncellement de followers.</p>
<p>Les professionnels disent qu&#8217;il est aussi important de concentrer notre présence numérique sur un ou deux centres d&#8217;intérêt. Ne soyez pas généraliste ! Plus important encore : soyez passionné, érudit et fiable.</p>
<p>Malgré tout, l&#8217;établissement de ces scores demeure subjectif et encore imparfait : la plupart des entreprises qui se livrent à ce type d&#8217;analyse se réfèrent seulement aux comptes Twitter et aux profils Facebook, laissant de côté les autres activités en ligne, comme le fait de bloguer ou de poster des vidéos sur Youtube. Comme l&#8217;influence dans le monde hors ligne, qui n&#8217;est pas non plus prise en compte.</p>
<p>Un des dirigeants de PeerIndex appelle ça  le &#8220;problème Clay Shirky&#8221;, en référence <a href="http://www.shirky.com/">à l&#8217;écrivain et théoricien des réseaux bien connus</a>, qui <a href="http://twitter.com/#!/cshirky">n&#8217;utilise pas beaucoup Twitter</a>. <i>&#8220;Évidemment, il a une influence massive, explique ce dirigeant, mais dans les conditions actuelles, son score sur PeerIndex est très mauvais.&#8221;</i></p>
<p>Un analyste en stratégie numérique a écrit il y a quelques mois qu&#8217;utiliser une seule métrique pour évaluer l&#8217;influence était dangereux. Il expliquait que Klout &#8220;manque l&#8217;analyse des sentiments&#8221; &#8211; l&#8217;usager qui génère beaucoup de conversation numérique récolte un grand score même si ses propos sont très mal reçus. Par ailleurs, la seule métrique peut-être trompeuse : quelqu&#8217;un avec peu d&#8217;expérience sur Twitter peut obtenir un gros score s&#8217;il poste une vidéo sur YouTube qui devient virale.</p>
<p>Plus largement, d&#8217;autres s&#8217;inquiètent du fait que nous serions en train de créer un système de classe dans les médias sociaux, où les gens avec de bons scores seraient mieux traités par les commerciaux, les employeurs potentiels, et même leurs possibles amants.</p>
<p>Il n&#8217;est donc pas étonnant que certains essaient de jouer avec leur score. Atteindre un haut niveau d&#8217;influence exige du temps et de l&#8217;énergie. Et quand votre être de chair et d&#8217;os prend un repos mérité, votre moi numérique en paie le prix. <i>&#8220;Je suis parti deux semaines en vacances&#8221;</i>, explique quelqu&#8217;un à la journaliste <i>&#8220;et mon score Klout a chuté&#8221;</i>.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-conference-lift-france-2011-la-ruche-qui-dit-oui-cartographie-collaborati">L’émission du 10 juillet 2011</a> était consacrée à la 3e édition de la <a href="http://liftconference.com/fr/lift-france-11/home_fr">conférence Lift France</a> avec trois invités qui utilisent les nouvelles technologies pour changer le monde. </p>
<p><a href="http://twitter.com/#!/ratZillaS">Gaël Musquet</a>, contributeur militant d&#8217;<a href="http://www.openstreetmap.org/">Open Street Map</a>, un système de cartographie ouvert dont les implications dans un grand nombre d&#8217;applications transforment notre rapport au territoire. </p>
<p><a href="http://geoffreydorne.com/">Geoffrey Dorne</a>, designer, animateur de l&#8217;excellent <a href="http://graphism.fr/">Graphism.fr</a>, chercheur au laboratoire <a href="http://idn.ensad.fr/">IDN de l&#8217;Ensad</a> où il développe le projet <a href="http://h4cker.net/ishibu/">NEEN</a> (<i>non-verbal emotional experience of notification</i> &#8211; expérience de notification émotionnelle non-verbale) et qui montre une autre forme d&#8217;utilisation des nouvelles technologies, pour qu&#8217;elles deviennent plus douces, moins intrusives. </p>
<p><a href="https://twitter.com/#!/ruchequiditoui">Guilhem Chéron</a>, designer culinaire, avec <a href="http://www.laruchequiditoui.fr/">La Ruche qui dit oui</a>, utilise, lui, les nouvelles technologies pour changer notre façon de manger. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-comportementale/" title="économie comportementale" rel="tag nofollow">économie comportementale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Le déclin du pseudonyme</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 08:41:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine nous vient du magazine en ligne Salon, et elle est de circonstances. Elle s&#8217;intitule &#8220;Le déclin du pseudonyme&#8221; et on la doit à Carmela Ciuraru (blog), qui est critique littéraire et vient de publier une histoire du pseudonyme. L&#8217;article, tout en se concentrant sur l&#8217;usage du pseudonyme en littérature, offre des perspectives intéressantes pour comprendre&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/Nomdeplume.JPG"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/Nomdeplume.JPG" alt="Nomdeplume" title="Nomdeplume" width="183" height="280" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>La lecture de la semaine nous vient du magazine en ligne <i>Salon</i>, et elle est de circonstances. Elle s&#8217;intitule <a href="http://www.salon.com/books/feature/2011/06/12/nom_de_plume_excerpt/index.html">&#8220;Le déclin du pseudonyme&#8221;</a> et on la doit à Carmela Ciuraru (<a href="http://www.readymade.com/blog/author/ciuraru">blog</a>), qui est critique littéraire et vient de publier <a href="http://www.amazon.fr/Nom-Plume-Secret-History-Pseudonyms/dp/0061735264/internetnet-21">une histoire du pseudonyme</a>. L&#8217;article, tout en se concentrant sur l&#8217;usage du pseudonyme en littérature, offre des perspectives intéressantes pour comprendre les raisons de sa force dans les réseaux.</p>
<p>&#8220;A son niveau le plus basique, un pseudonyme est une sorte de farce. Pourtant, les mobiles qui poussent les auteurs à en adopter un sont infiniment complexes, parfois mystérieux pour eux-mêmes. Les noms sont chargés, pleins de pièges et de possibles, et peuvent faire obstacle à l&#8217;écriture. Virginia Woolf, qui n&#8217;a jamais pris de nom de plume, a dit un jour la condition fondamentale de l&#8217;auteur, condition qui rend fou : &#8220;Ne jamais être soi-même, et pourtant l&#8217;être toujours, c&#8217;est le problème.&#8221; Un changement de nom, comme un changement de paysage, peut donner l&#8217;occasion d&#8217;un nouveau départ.<br />
Dans une certaine mesure, explique Carmela Ciuraru, toute écriture suppose impersonnalisation &#8211; la convocation d&#8217;un &#8220;Je&#8221; d&#8217;autorité pour fabriquer le locuteur d&#8217;un poème ou les personnages d&#8217;un roman. L&#8217;audacieux poète Walt Withman arrivait à explorer d&#8217;autres voix simplement en tant que lui-même. Il embrassait ses multiples possibles. Mais d&#8217;autres écrivains ne sont pas capables d&#8217;une telle alchimie, ou ne la désirent pas, sans le recours à un alter ego. Si le &#8220;Je&#8221; qui s&#8217;exprime est une construction, jamais intégralement authentique quel que soit le degré d&#8217;autobiographie du texte, le recours au pseudonyme permet d&#8217;élever cette notion à un autre niveau, en inventant la construction de la construction. Comme l&#8217;a écrit Joyce Carol Oates en 1987 dans le <i>New York Times</i>, &#8220;La culture d&#8217;un pseudonyme peut être comprise comme une sorte de culture in vivo d&#8217;une voix narrative qui sous-tend tout travail sur les mots, en le rendant unique et inimitable.&#8221;</p>
<p>La fusion d&#8217;un auteur et d&#8217;un alter ego est une chose imprévisible, selon Carmela Ciuraru. Cela peut devenir comme un mariage, un partenariat fidèle et robuste, ou se révéler une histoire d&#8217;amour courte et enivrante. Néanmoins, l&#8217;attirance est évidente et indéniable. Entrer dans un nouveau corps ressortit à l&#8217;élan érotique. Historiquement, beaucoup d&#8217;auteurs étaient des étrangers, vivaient seuls : habiter un autre être leur offrait une intimité qu&#8217;ils n&#8217;auraient obtenue autrement. En l&#8217;absence d&#8217;un compagnonnage dans la vie réelle, l&#8217;entité pseudonymique peut servir de confidente, de gardienne des secrets, et de bouclier protecteur.</p>
<p>Dans son livre important <i><a href="http://www.amazon.fr/Inner-Game-Tennis-W-Timothy-Gallwey/dp/0330295136/internetnet-21">The Inner Game of Tennis</a></i>, publié en 1974, Thimoty Gallwey (<a href="http://www.theinnergame.com/">site</a>) a appliqué la notion de dédoublement au joueur de tennis, en décrivant comment chaque entité entrave ou favorise la performance. Ce qu&#8217;il fournit c&#8217;est une sorte de guide pour s&#8217;améliorer au tennis, mais sans conseil technique. Il se concentre sur ce qu&#8217;il décrit comme les deux arènes de l&#8217;engagement : le Moi 1 et le Moi 2. Et Carmela Ciuraru de noter que quand le livre est sorti en 1974, des milliers de gens ont écrit à l&#8217;auteur qu&#8217;ils avaient appliqué avec succès ses préceptes à bien d&#8217;autres choses que le tennis, à l’écriture par exemple. Voici comment Gallwey, qui avait été diplômé de Harvard en littérature, décrit le Moi 1 : il est celui qui parle, le critique, la voix qui surveille, il fait montre de son obstination et son inventivité à barrer la route. Le Moi 1 vous admoneste, il vous considère comme une erreur incorrigible. Mais le Moi 2, lui ne juge pas, il représente la libération dans sa forme la plus pure, il pousse à l&#8217;action, il est capable de toute la gamme des sentiments, il peut se révéler extrêmement prolifique. On voit bien ce que, dans le contexte littéraire, le potentiel libérateur d&#8217;un Moi numéro 2 peut apporter.  Un pseudonyme peut donner à un écrivain la distance nécessaire pour parler avec honnêteté, mais il peut tout aussi bien lui donner la permission de mentir. Tout est possible. Et l&#8217;auteur de donner plusieurs exemples sur lesquels je suis obligé de passer, pour en arriver directement aux derniers paragraphes.</p>
<p>Au milieu du 19e siècle, explique Carmela Ciuraru, ce curieux phénomène du pseudonymat a atteint son plus haut niveau, et comme depuis le milieu du 16e siècle, il était habituel pour un texte d&#8217;être publié sans nom d&#8217;auteur. Il est intéressant que le déclin du pseudonyme au 20e siècle coïncide avec la généralisation de la télévision et du cinéma. Les gens ayant eu accès à la vie des autres, il est devenu plus compliqué de préserver une vie privée  &#8211; et peut-être moins désirable. Dans la culture contemporaine, aucune information paraît trop personnelle pour être partagée (ou appropriée). La téléréalité a accru notre appétence à &#8220;connaître&#8221; les gens célèbres, et les auteurs eux-mêmes ne sont pas immunisés contre les pressions de la promotion personnelle et la révélation d&#8217;eux-mêmes ; nous vivons à une époque où, comme le biographe Nigel Hamilton l&#8217;a écrit &#8220;l&#8217;identité propre d&#8217;un individu est devenue le centre de beaucoup de discussions.&#8221;</p>
<p>Ce n&#8217;est pas complètement nouveau, mais avec l&#8217;explosion des technologies numériques, poursuit l&#8217;auteure, les choses sont entrées dans une spirale incontrôlable. S&#8217;exprime bruyamment le désir qu&#8217;ont les fans d&#8217;interagir, en ligne et personnellement, avec leurs auteurs préférés, dont on attend en retour qu&#8217;ils bloguent, qu&#8217;ils signent des autographes, qu&#8217;ils posent avec l&#8217;air joyeux pour les photographes et les événements promotionnels. En même temps que leurs livres, les auteurs eux-mêmes sont vendus comme des produits. Même si la pratique du pseudonymat reste importante, elle a perdu son allure d&#8217;antan, et se cantonne à des genres comme le polar et la littérature érotique. Aujourd&#8217;hui, user d&#8217;un nom de plume est une entreprise qui relève moins du jeu et de la création que du marketing.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p>L’émission du 3 juillet 2011 était consacrée à la question de l&#8217;anonymat sur internet avec Jean-Marc Manach, <a href="http://owni.fr/author/jeanmarcmanach/">journaliste à Owni.fr</a>, animateur du blog <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/">Bug Brother</a> sur lemonde.fr et auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/vie-privée-problème-vieux-cons/dp/2916571396/internetnet-21">La vie privée, un problème de &#8220;vieux cons&#8221; ?</a></i> et Fabrice Mattatia, Responsable d’investissements numériques à la Caisse des dépôts, a été conseiller au cabinet de la secrétaire d’Etat à l’économie numérique et s’est occupé du projet de carte d&#8217;identité numérique INES au ministère de l’Intérieur. </p>
<p>L&#8217;émission était également consacrée aux <i><a href="http://www.amazon.fr/flops-technologiques-Comprendre-échecs-innover/dp/2916571574/internetnet-21">Flops technologiques</a></i>, avec <a href="http://liftlab.com/think/nova/">Nicolas Nova</a>, chercheur, enseignant et consultant au <a href="http://liftlab.com/">Lift Lab</a> et auteur du livre éponyme qui vient de paraître chez FYP éditions.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/heteronymat/" title="hétéronymat" rel="tag nofollow">hétéronymat</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
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		<title>Comprendre Facebook (3/3) : L&#8217;internet des API, le web des applications</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jun 2011 09:08:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour les 500 millions d&#8217;utilisateurs de Facebook il semble n&#8217;y avoir qu&#8217;une manière d&#8217;accéder à Facebook : celle de se connecter sur le réseau social pour consulter son mur d&#8217;activité (le &#8220;NewsFeed&#8221;). Pourtant, via Facebook Connect, on a déjà vu qu&#8217;il y en avait une autre, distante, permettant d&#8217;interagir avec les services de Facebook depuis d&#8217;autres sites. Il y en&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les 500 millions d&#8217;utilisateurs de <a href="http://www.facebook.com">Facebook</a> il semble n&#8217;y avoir qu&#8217;une manière d&#8217;accéder à Facebook : celle de se connecter sur le réseau social pour consulter son mur d&#8217;activité (le &#8220;NewsFeed&#8221;). Pourtant, via Facebook Connect, <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/28/comprendre-facebook-23-facebook-technologie-relationnelle/">on a déjà vu</a> qu&#8217;il y en avait une autre, distante, permettant d&#8217;interagir avec les services de Facebook depuis d&#8217;autres sites. Il y en a encore une autre, réservée aux services informatiques des sites qui utilisent Facebook. Cet autre accès passe par les API, les interfaces de programmation, c&#8217;est-à-dire des jeux de données ouverts qui permettent aux développeurs d&#8217;utiliser les services proposés par Facebook et qui sont l&#8217;une des clefs du fonctionnement du web 2.0. </p>
<p>Car derrière tous les systèmes fermés que d&#8217;aucun dénoncent à grands cris, il y a avant tout des systèmes informatiques qui discutent entre eux, il y a des systèmes &#8220;ouverts&#8221; (souvent gratuits plus que payants, sauf si on dépasse un certain niveau ou volume d&#8217;utilisation des données accessibles). &#8220;Ouverts&#8221; à tout le moins aux systèmes techniques, plutôt qu&#8217;aux seuls utilisateurs. Si le web semble se refermer, par la mise en place d&#8217;écosystèmes propres comme le constatait Chris Anderson dans <a href="http://www.wired.com/magazine/2010/08/ff_webrip/all/1">Le web est mort, vive l&#8217;internet</a>, il faut néanmoins reconnaître que ces écosystèmes savent discuter entre eux. Mieux, pour atteindre la masse critique d&#8217;utilisateurs, il est bien souvent impossible que cette discussion n&#8217;ait pas lieu. </p>
<p>C&#8217;est bien en tout cas dans les interfaces de programmation que se concoctent le web d&#8217;aujourd&#8217;hui et le web de demain : dans les négociations permettant d&#8217;accéder aux services des uns et des autres, dans les <i>mashups</i> de services où la bonne alchimie créera le bon service. De nombreuses start-ups naissent de ces croisements (et <a href="http://www.programmableweb.com/mashups">des matrices</a> permettent d&#8217;ailleurs d&#8217;imaginer leurs croisements). Les interfaces de programmations ne sont pas des technologies cachées : la plupart des sites qui en proposent documentent ouvertement les conditions d&#8217;accès, précisent clairement les conditions d&#8217;utilisation. Mais ce sont des technologies relationnelles discrètes, des répertoires de données qui échangent des droits d&#8217;accès, des utilisations, que le public ne voit pas. Ce sont elles qui permettent le plus souvent le développement d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Application_Web">applications web</a> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_applicatif">logicielles</a>, c&#8217;est-à-dire de micrologiciels que les échanges de données rendent fonctionnels. </p>
<h3>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une interface de programmation ?</h3>
<p>Il existe deux façons de donner accès à des données sur le web, explique Charles Nepote responsable du <a href="http://fing.org/?-Reutilisation-des-donnees,138-">programme Données publiques de la Fing</a>. Tout d’abord un accès direct à un fichier contenant les données. C’est souvent la méthode la plus simple, car les outils de gestion proposent généralement une fonction d’export des données sous forme de fichier. Elle est cependant moins bien adaptée lorsque les données changent souvent et qu’il y en a beaucoup : cela oblige les réutilisateurs à recharger fréquemment l’ensemble du fichier et peut être consommateur en ressources système et réseau.</p>
<p>C’est pourquoi se développent fréquemment un mode d’accès direct aux données uniquement nécessaires à travers une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Interface_de_programmation">interface de programmation</a> (API). </p>
<p>Pour Karl Dubost, chargé des relations avec les développeurs chez Opera, l&#8217;API n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;<i>&#8220;un protocole de communication pour accéder à un service&#8221;</i>. <i>&#8220;De la même façon qu&#8217;avec un logiciel de base de données, on a un vocabulaire pour accéder aux données et faire une requête, l&#8217;API permet de construire des interrogations via une interface normalisée&#8221;</i>. Les fonctionnalités proposées par les API évoluent selon les services et au cours du temps. Par exemple, Facebook propose plusieurs API : celle pour s&#8217;authentifier, celle pour explorer et exploiter le graphe social des utilisateurs, etc. </p>
<p>Une API va permettre à un programme de demander à l’application qui fournit les données, uniquement celles dont elle a besoin ou auxquelles il souhaite ou peu accéder. Les grands acteurs du numérique en général et du web particulier, comme Google, Amazon, Facebook, Twitter, &#8230; ont établi leur succès grâce à leurs APIs. Une API est donc un protocole d&#8217;accès à un système d&#8217;information pour un autre système d&#8217;information, afin qu&#8217;ils échangent des données entre eux. Ce à quoi ils ont accès et les conditions de cet accès sont clairement décrits et documentés par l&#8217;interface, selon les jeux de données qui peuvent s&#8217;échanger. Via des API, on peut construire un système de réservation de billets de trains ou d&#8217;avion (en utilisant les API proposées par les transporteurs), utiliser des banques d&#8217;images (comme celles des agences de presse) ou utiliser des services spécifiques (faire correspondre cette banque d&#8217;image à un service de reconnaissance d&#8217;image lui-même accessible via une API).   </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/api-growth-thumb-600x340-28124.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/api-growth-thumb-600x340-28124.jpg" alt="api-growth-thumb-600x340-28124" title="api-growth-thumb-600x340-28124" width="580" /></a><br />
<i>Image : la croissance du nombre d&#8217;API disponibles et de leur utilisation <a href="http://www.readwriteweb.com/cloud/2011/03/programmable-web-apis-popping.php">par Programmable Web</a>.</i></p>
<p>Les API sont des interfaces d&#8217;accès aux données numériques, <a href="http://www.christian-faure.net/2008/09/28/comment-expliquer-ce-quest-une-api-a-un-patron-dedition/">comme l&#8217;explique Christian Fauré</a>. C&#8217;est une porte d&#8217;entrée qui permet de contrôler l&#8217;exposition et l&#8217;utilisation des données numériques produites par un service. C&#8217;est un service logistique qui s&#8217;adresse aux autres services et aux développeurs pour faciliter l&#8217;échange d&#8217;informations. Chaque API à ses particularités : ses clefs d&#8217;accès, le nombre de requêtes maximales par clefs d&#8217;accès, les données accessibles (et celles qui ne le sont pas), les fonctions de manipulation des données (celles qui sont proposées en lecture seule comme celles qui pourront être écrites par un service tiers permettant par exemple à un service d&#8217;écrire à votre place sur votre mur Facebook quand vous l&#8217;utilisez et si vous l&#8217;avez autorisé). Elles permettent donc à des services de communiquer entre eux, de croiser leurs données, d&#8217;utiliser les données des uns et des autres, de manière plus ou moins transparente pour l&#8217;utilisateur.</p>
<h3>API : de quoi l&#8217;utilisateur est-il maître ?</h3>
<p>Plus ou moins transparente. Dans Facebook par exemple, quand vous installez une application, celle-ci vous demande en langage (plus ou moins) clair si vous souhaitez que les données que cette application va mémoriser échangent avec Facebook. Elle se résume souvent par une page d&#8217;autorisation qui n&#8217;est pas sans poser problème, <a href="http://daggle.com/facebook-connect-freaks-2365">comme s&#8217;en plaint Danny Sullivan</a>, puisque la plupart du temps, nous n&#8217;avons pas d&#8217;autres choix que d&#8217;accepter ou refuser la communication, quand bien même bien des données récupérées sembleraient inutiles à son fonctionnement. Nous n&#8217;avons aucune capacité d&#8217;ajustement des données récupérées. Les applications demandent souvent bien plus d&#8217;information qu&#8217;elles n&#8217;en ont besoin et l&#8217;utilisateur n&#8217;a rarement d&#8217;autre choix que d&#8217;approuver ce vol ou de ne pas utiliser l&#8217;application en question. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/facebook-groupon.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/facebook-groupon.png" alt="facebook-groupon" title="facebook-groupon" width="458" height="276" class="alignright size-full wp-image-13982" /></a><br />
<i>Image : exemple d&#8217;une demande d&#8217;autorisation d&#8217;une application dans Facebook listant tout ce à quoi elle demande accès sans que nous puissions moduler quoi que ce soit.</i></p>
<p>Bien souvent, les règles qui régissent les interfaces de programmation ne sont pas les mêmes que celles que connaissent les utilisateurs passant par le service principal. Sur Twitter.com par exemple, il est difficile de trouver un tweet particulier ou de remonter loin dans le temps&#8230; Le moteur de Twitter ne semble pas avoir une longue mémoire de nos Tweets. Mais ce n&#8217;est pas le cas des API utilisées par des services tiers, comme le moteur de recherche <a href="http://snapbird.org/">SnapBird</a>.  </p>
<p>Sur Facebook, les choses qu&#8217;on apprécie (<i>like</i>) disparaissent peu à peu de nos murs (et de nos mémoires), mais ce n&#8217;est pas le cas des interfaces de programmation de Facebook <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/04/19/amazon-sallie-a-facebook-pour-socialiser-le-marketing-culturel/">qui elles savent très bien que vous avez apprécier tel groupe ou telle marque il y a plusieurs mois de cela</a>, et l&#8217;utiliser pour vous proposer des recommandations ou des publicités adaptées à votre profil.</p>
<p>Il y a une dissymétrie pour l&#8217;usager entre ce à quoi accèdent les services qui se branchent sur les API et ce à quoi accède l&#8217;usager, limité à la seule pratique du site web dudit service. Tant et si bien que les API sont bien plus utilisées que les sites web : <a href="http://www.zdnet.com/blog/hinchcliffe/open-apis-reach-new-high-water-mark-as-the-web-evolves/215">les API de Twitter reçoivent bien plus de visites que le site web de Twitter</a>, explique Dion Hinchcliffe. <a href="http://www.slideshare.net/kmakice/maturation-of-the-twitter-ecosystem">L&#8217;écosystème de Twitter</a> c&#8217;est désormais plus de 10 000 applications tierces (qui utilisent les API de Twitter), et si Twitter fait 20 millions de visiteurs uniques, 40 millions de personnes y accèdent via des applications <a href="http://techcrunch.com/2010/01/18/realtime-web-size-twitter-ecosystem/">estime TechCrunch</a>. </p>
<p>Autre difficulté, pour les programmeurs et les sites web qui utilisent ces interfaces : ils dépendent complètement de leurs évolutions. Récemment, <a href="http://googlecode.blogspot.com/2011/05/spring-cleaning-for-some-of-our-apis.html">Google annonçait faire le ménage dans ses API</a>, expliquant que certaines allaient tout simplement être abandonnées, comme l&#8217;API permettant d&#8217;utiliser le service Google Translate. Derrière cette décision, ce sont des dizaines de services qui doivent repenser leur offre pour trouver une solution alternative ou fermer à leur tour. </p>
<h3>L&#8217;internet des API, le web des applications</h3>
<p>Les interfaces de programmations et les applications, qui sont leur corollaire, nous font entrer dans un nouveau web ou plutôt une nouvelle étape de l&#8217;informatique. Avec d&#8217;un côté l&#8217;internet des API et de l&#8217;autre le web des applications. D&#8217;un côté, les échanges d&#8217;information entre services qui structurent le réseau, mais demeurent inaccessibles au commun des mortels, de l&#8217;autre le web des applications, c&#8217;est-à-dire de nanoprogrammes qui utilisent les données de ces API pour rendre l&#8217;information plus accessible aux gens. C&#8217;est en ce sens qu&#8217;il faut regarder l&#8217;arriver d&#8217;applications dans le navigateur comme <a href="https://chrome.google.com/webstore">le propose déjà Google Chrome</a> ou <a href="https://apps.mozillalabs.com/">Mozilla</a>. Si les applications s&#8217;expliquaient dans l&#8217;univers du mobile et du tactile pour répondre aux spécificités d&#8217;utilisabilité de ces interfaces, l&#8217;arrivée d&#8217;applications dans le navigateur promet d&#8217;autres apports et notamment de résoudre les problèmes d&#8217;incompatibilité des plateformes, supports et  langages. Il permet surtout de simplifier les installations : plutôt que de devoir lancer un programme, préciser où il doit s&#8217;installer, configurer son accès, il suffit désormais d&#8217;activer une application pour qu&#8217;elle soit disponible, que ce soit sur votre ordinateur pour les applications de bureau, sur votre mobile ou dans votre navigateur. Pour Oren Michels, PDG de <a href="http://mashery.com/">Mashery</a>, une solution de gestion d&#8217;interfaces de programmation, les API semblent être des choses très techniques, très geeks, <a href="http://scobleizer.com/2010/11/20/the-api-company-mashery/">alors que ce n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un canal de distribution</a>. <a href="http://realtidbits.com/">Realtibits</a>, une start-up qui propose une solution pour créer des Forums, a ainsi lancé son API avant de lancer son site web, <a href="http://www.readwriteweb.com/cloud/2011/04/why-the-api-startup-is-here-to.php">rapporte le ReadWriteWeb</a>. Pour Sam Rami d&#8217;<a href="http://apigee.com/">Apigee</a>, les API sont la chaîne d&#8217;approvisionnement du XXIe siècle (<a href="http://api-status.com/">tant et si bien que des services mesurent leurs performances en permanence</a>).</p>
<p>Les API ne sont pas spectaculaires. Elles consistent en de simples entrepôts de données communicants, dont la disponibilité doit être sans faille, au risque sinon de briser toute une chaîne d&#8217;accessibilité, car elles ne sont pas seulement utilisées sur le site qui les propose : mais sur une infinité de sites qui les utilisent. Facebook a lancé sa première API en 2006, avant de créer en 2007, une plateforme dédiée aux développeurs. Dans les premiers temps, celle-ci s&#8217;est surtout concentrée à fournir le matériel pour construire des applications à l&#8217;intérieur de Facebook. Désormais, <a href="http://developers.facebook.com/showcase/">la vitrine pour les développeurs de Facebook</a>, <a href="http://blog.programmableweb.com/2011/01/12/facebooks-big-year-a-whole-new-approach-to-its-api-new-types-of-user-data-and-major-deprecations/">explique Daniel Luxembourg de Programmable Web</a>, fait uniquement la promotion de mesures techniques permettant d&#8217;utiliser Facebook au-delà de Facebook et ce, notamment depuis le lancement en avril 2010 du nouveau graphe Facebook et de l&#8217;<a href="http://ogp.me/">Open Graph Protocol</a>. Autant d&#8217;évolution qui ont permis à Facebook de devenir le troisième service le plus populaire en terme d&#8217;utilisation sous forme de mashup (<a href="http://www.programmableweb.com/apis/directory/1?sort=mashups">voir le classement</a>), <a href="http://blog.programmableweb.com/2011/01/03/api-growth-doubles-in-2010-social-and-mobile-are-trends/">rapporte Programmable Web</a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/programmablewebmashups.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/programmablewebmashups.png" alt="programmablewebmashups" title="programmablewebmashups" width="483" height="251" class="alignright size-full wp-image-13985" /></a><br />
<i>Image : les API les plus utilisées par type sur ces 14 derniers jours, <a href="http://www.programmableweb.com/apis">via Programmable web</a>.</i></p>
<p><a href="http://www.zdnet.com/blog/hinchcliffe/enabling-collaboration-with-open-apis/1594">Comme l&#8217;explique Dion Hinchcliffe dans un récent billet</a> : l&#8217;intégration est devenue la vertu à cultiver. <i>&#8220;Il est de moins en moins fréquent de voir de nouvelles applications Web apparaitre sans une bonne API qui lui corresponde, car les start-ups ont appris depuis longtemps que si elles ont quelque chose de bien à offrir, l&#8217;essentiel de son utilisation viendra des API et non pas de l&#8217;expérience utilisateur.&#8221;</i> Désormais, les sites ne sont qu&#8217;une modalité d&#8217;accès. L&#8217;essentiel de celui-ci se fait d&#8217;une manière distante. &#8220;Quand vous commencer à utiliser des API, vous réalisez que ce que vous considériez jusqu&#8217;à présent comme le web (les sites web) n&#8217;est qu&#8217;une manière de voir l&#8217;information contenue dans le web&#8221;, <a href="http://icant.co.uk/whyyql/">explique Christian Heilmann dans une très claire présentation des enjeux du web de données</a>. Le succès de Facebook ne tient pas tant au succès d&#8217;audience du site : de plus en plus il est lié au succès de ses API, à la façon dont d&#8217;autres sites exploitent Facebook Connect ou intègrent le Graphe de Facebook dans d&#8217;autres services. C&#8217;est en cela que Facebook, et la plupart des services majeurs du web 2.0, deviennent chaque jour un peu plus incontournables : leur écosystème ne cessant de s&#8217;étendre. </p>
<p><i>&#8220;Au cours de ces dernières années, nous avons vu les API des entreprises devenir plus simples, plus web, plus faciles d&#8217;intégration tout en réduisant les coûts d&#8217;accès&#8221;</i>, explique encore Dion Hinchcliffe. Tant et si bien que leur succès ouvre de nouvelles perspectives d&#8217;intégrations des solutions complexes utilisées en entreprise, estime le consultant. Le succès des API des services web devrait inspirer les services professionnels, invités à délivrer désormais leurs données et faciliter leurs intégrations par d&#8217;autres sociétés via des interfaces de programmation. </p>
<h3>Il n&#8217;y a pas de web sans API</h3>
<p>Les API sont la clef du web social et du web des données. C&#8217;est par elles que transitent les données. C&#8217;est par leur croisement que se construisent de nouveaux services et de nouvelles connaissances. Si les données sont les entrepôts d&#8217;information, nul n&#8217;y accède sans clef, et cette clef, ce sont les API. </p>
<p>Mais c&#8217;est là un web dans lequel l&#8217;utilisateur n&#8217;a qu&#8217;une place congrue. Les enjeux sont ailleurs, <a href="http://abonnes.lemonde.fr/technologies/article/2010/11/05/facebook-ne-pourra-plus-acceder-aux-contacts-de-gmail_1435802_651865.html">comme le montrait la récente bataille entre Facebook et Google</a> permettant de croiser les contacts des utilisateurs : </p>
<blockquote><p>&#8220;Dorénavant, les services Web ne pourront utiliser l&#8217;interface de programmation (API) qui gère les contacts de Gmail que s&#8217;ils &#8220;autorisent en contrepartie l&#8217;exportation des mêmes informations de contacts de manière simple&#8221;.</p>
<p>De nombreux services utilisent l&#8217;API de Gmail pour faciliter l&#8217;inscription de nouveaux utilisateurs : lorsque l&#8217;utilisateur rentre son adresse, le service peut très facilement accéder à son carnet de contact, et donc lui signaler quels sont ses correspondants qui sont déjà inscrits sur le service, ou lui proposer de leur envoyer une invitation. Facebook, notamment, utilise cette API pour proposer aux nouveaux inscrits de retrouver et d&#8217;ajouter comme &#8220;amis&#8221; les correspondants Gmail.</p>
<p>Or Facebook se refuse à proposer la même option aux services tiers. Un nouvel inscrit sur Gmail ne peut pas rentrer son identifiant Facebook pour ajouter automatiquement à son carnet d&#8217;adresses ses &#8220;amis&#8221; du réseau social.&#8221;</p></blockquote>
<p>La guerre des stratégies autour des API (à savoir la façon dont elles sont proposées, ouvertes, payantes à partir d&#8217;un certain seuil d&#8217;utilisation, gratuites, réciproques&#8230;) est en train de façonner l&#8217;internet et tout ce qui en dépend. Pour la plupart des sociétés de l&#8217;internet, être accessible via une ou plusieurs API est essentiel pour le développement de son service. Mais pour certains acteurs, la surutilisation de leurs ressources pose question. Les stratégies s&#8217;affinent à mesure et peuvent être très différente d&#8217;un service l&#8217;autre. Certains acteurs ne vont proposer que des API payantes. D&#8217;autres vont proposer des API très ouvertes pour être exploitées par le plus grand nombre. D&#8217;autres au contraire, semblent vouloir de plus en plus distinguer qui peut accéder ou non à ses API&#8230;  </p>
<p>Désormais, la plupart des grands services web proposent leurs API. Initiés dès 2000 par l&#8217;API d&#8217;eBay puis par celle d&#8217;Amazon, elles se sont depuis multipliées : d&#8217;abord par celles des grands acteurs du web 2.0 permettant l&#8217;explosion des Mashups, puis par le développement des API des sites sociaux depuis 2006, comme l&#8217;explique très bien <a href="http://clementvouillon.com/2010/01/23/api-applications-tierces-pourquoi-les-sites-internet-ont-besoin-douvrir-leurs-donnees/">Clément Vouillon</a>. Désormais, non seulement tous les sites sociaux proposent une API &#8211; comme <a href="http://developer.linkedin.com">Linked-in</a> -, mais le phénomène touche désormais des services plus petits, des start-ups moins connues, qui misent sur le développement d&#8217;interfaces de programmation pour assurer leur développement.</p>
<h3>L&#8217;asymétrie des échanges de données</h3>
<p>Si via ces API, la circulation des données semble s&#8217;ouvrir, les développeurs sont les otages consentants du moindre changement dans les conditions d&#8217;utilisations, <a href="http://clementvouillon.com/2010/01/23/api-applications-tierces-pourquoi-les-sites-internet-ont-besoin-douvrir-leurs-donnees/">comme l&#8217;explique Clément Vouillon</a>. Mais surtout, dans cet univers, l&#8217;utilisateur et ses données semblent être le plus petit dénominateur commun. On a l&#8217;impression que s&#8217;oppose un monde d&#8217;API plutôt ouvertes, où les systèmes discutent entre eux, à un monde d&#8217;applications relativement fermées qui jouent des données des utilisateurs sans que ceux-ci en comprennent la portée. Certes, ils en bénéficient aussi. Mais peut-on vraiment bénéficier de choses qu&#8217;on ne maîtrise pas, qu&#8217;on ne comprend pas ? </p>
<p>En fait, ce n&#8217;est pas tant le fait qu&#8217;on ne maîtrise pas ou qu&#8217;on ne comprend pas les API qui posent problème. C&#8217;est plutôt le fait qu&#8217;elles utilisent nos données sans que nous nous en rendions vraiment compte. Et surtout qu&#8217;elles utilisent nos données de manière asymétrique : c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elles n&#8217;utilisent pas nécessairement les mêmes que celles auxquelles nous pensons leur donner accès. Autoriser un service à utiliser nos données sur Facebook, peut l&#8217;autoriser à aller chercher dans tout notre historique, faisant apparaître des choses de nous que nous-mêmes avions oubliées. </p>
<p>Le problème des API ne repose pas tant dans la circulation des données que dans leur asymétrie. <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/07/les-limites-de-la-mesure-de-soi/">Comme le disait Kevin Kelly récemment</a> : <i>“Nous ne voulons pas moins de données, nous voulons une plus grande symétrie, tirer plus davantage que ce que l’autre partie sait de nous”</i>. Et force est de constater que ce n&#8217;est pas ce que proposent les API.</p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p><strong>Le dossier “Comprendre Facebook” :</strong></p>
<ul>
<li>1ère partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/15/comprendre-facebook-13-le-role-social-du-bavardage/">Le rôle social du bavardage</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/16/judith-donath-si-facebook-est-important-cest-le-signe-que-nos-relations-sont-importantes/">Judith Donath : Si Facebook est important c’est le signe que nos relations sont importantes</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/28/comprendre-facebook-23-facebook-technologie-relationnelle/">Facebook technologie relationnelle</a></li>
<li>Supplément : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/29/comment-etudier-linternet-quand-linternet-est-partout/">Comment étudier l’internet quand l’internet est partout ?</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/21/comprendre-facebook-33-linternet-des-api-le-web-des-applications/">L&#8217;internet des API, le web des applications</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/24/comprendre-les-interfaces-de-programmation">Comprendre les interfaces de programmation</a></li>
<li>Supplément : <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/27/facebook-un-espace-public-avec-une-police-privee/">Facebook, un espace public avec une police privée</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cloud-computing/" title="Cloud computing" rel="tag nofollow">Cloud computing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/flux/" title="flux" rel="tag nofollow">flux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/temps-reel/" title="temps réel" rel="tag nofollow">temps réel</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-20/" title="web 2.0" rel="tag nofollow">web 2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Où va la &#8220;quantification de soi&#8221; ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/06/01/ou-va-la-quantification-de-soi/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 07:55:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce week-end se tenait à Mountain View la première édition de la conférence Quantified Self (QS) (que l&#8217;on pourrait traduire littéralement par &#8220;la quantification de soi&#8221; pour parler &#8220;de la capture, de l&#8217;analyse et du partage de ses données personnelles&#8221;, comme l&#8217;explique Emmanuel Gadenne). Nous avons parcouru les différents comptes rendus de cette conférence, organisée par Gary Wolf et Kevin&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/qs_conf_logo.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/qs_conf_logo.png" alt="qs_conf_logo" title="qs_conf_logo" width="200" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Ce week-end se tenait à Mountain View la première édition de la <a href="http://quantifiedself.com/conference/">conférence Quantified Self (QS)</a> (que l&#8217;on pourrait traduire littéralement par &#8220;la quantification de soi&#8221; pour parler <i>&#8220;de la capture, de l&#8217;analyse et du partage de ses données personnelles&#8221;</i>, <a href="http://interestingviews.fr/2011/05/31/le-quantified-self-doit-on-compter-sur-soi">comme l&#8217;explique Emmanuel Gadenne</a>). Nous avons parcouru les différents comptes rendus de cette conférence, organisée par Gary Wolf et Kevin Kelly qui avaient lancé ce mouvement (voir <a href="http://www.internetactu.net/2010/05/26/nos-vies-gerees-par-les-donnees/">Nos vies gérées par les données</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2008/11/13/finalement-documentez-moi/">Finalement, documentez-moi !</a>) pour tenter de vous en rendre compte. </p></blockquote>
<h3>Quantification ou amélioration ?</h3>
<p>En observant certains ateliers, on pouvait se demander quel est l&#8217;objectif de &#8220;cette mesure de soi&#8221;.<br />
<a href="http://matttrent.com/">Matthew Trentacoste</a>, est étudiant à l&#8217;université de la Colombie-Britannique et dirigeait une séance de discussion sur le &#8220;suivi de l&#8217;attention&#8221; aux rencontres du Quantified Self, <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/28/quantified-self-attention-tracking/">rapporte Ethan Zuckerman</a>. Assez logique qu&#8217;il s&#8217;intéresse aux stratégies de concentration, car Matthew a depuis longtemps été diagnostiqué comme hyperactif, c&#8217;est-à-dire atteint d&#8217;un trouble de déficit d&#8217;attention&#8230; </p>
<p>Pour gérer son attention, les médecins conseillent le plus souvent de gérer son environnement de travail : travailler dans une pièce tranquille avec peu de choses à votre disposition. Mais les hyperactifs savent se distraire même dans une pièce calme. </p>
<p>L&#8217;internet n&#8217;est pas une pièce calme, explique Matthew Trentacoste. Pour favoriser sa concentration en ligne, il a utilisé et construit des outils qui l&#8217;aident à se concentrer dans les environnements en ligne. Il utilise ainsi <a href="http://www.rescuetime.com/">RescueTime</a>, un logiciel qui lui indique le temps qu&#8217;il passe sur différents outils, courrier électronique ou navigation web. Ces outils lui offrent des données simples sur le temps qu&#8217;il consacre à une tâche spécifique, la fréquence à laquelle il les utilise et lui fournissent un score qui lui permet de mesurer et surveiller sa distraction. </p>
<p>Cet exemple donna lieu à une discussion sur ce qu&#8217;est l&#8217;attention (la résistance à la distraction pour Matt), mais d&#8217;autres participants mire l&#8217;accent sur la productivité en faisant notamment référence à l&#8217;expérience optimale, au <a href="http://jean.heutte.free.fr/spip.php?article54">flow</a> de Mihaly Csikszentmihalyi (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mihaly_Csikszentmihalyi">Wikipédia</a>). Les intervenants suggérèrent plusieurs techniques de gestion du temps, comme la <a href="http://www.pomodorotechnique.com/">méthode Pomodoro</a> ou de <a href="http://www.paulgraham.com/makersschedule.html">distinguer le calendrier des artisans du calendrier des managers</a>, comme le suggère Paul Graham : selon ce que vous avez à faire, vous avez besoin de plages d&#8217;attention plus ou moins longues. Un autre participant qui travaille chez <a href="http://www.neurosky.com/AboutUs/AboutUs.aspx">Neurosky</a>, l&#8217;entreprise qui développe le casque qui capte les ondes cérébrales suggéra de mesurer les ondes alpha et bêta pour comprendre le rôle de la détente (ondes alpha) et de la relaxation (ondes bêta) en mesurant leur amplitude selon ce que l&#8217;on fait. Certains athlètes comme les archers savent combiner les deux pour être à la fois détendus et concentrés. </p>
<p><a href="http://naveenium.com/">Naveen Selvadurai</a>  de Foursquare suggéra que nous pourrions manquer l&#8217;essentiel en cherchant trop à optimiser notre attention. L&#8217;attention dépend également de contraintes physiques : nous sommes plus souvent distraits lorsque nous avons faim par exemple. Pourrait-on intégrer des capteurs de nos activités physiques pour mieux les prendre en compte ? C&#8217;est peut-être l&#8217;une des solutions à envisager&#8230;</p>
<p><a href="http://www.sublime.org/">Robin Barooah</a> animait lui <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/29/quantified-self-location-tracking/">une session sur la géolocalisation</a>. Il a participé à l&#8217;élaboration de <a href="http://www.locationswap.com/">Lieu d&#8217;échange</a>, un outil proche de <a href="http://www.google.com/intl/fr_fr/latitude/intro.html">Google Latitude</a> qui permet de suivre sa localisation et de la partager avec d&#8217;autres. Pour lui, savoir où sont vos amis à tout moment permet <i>&#8220;d&#8217;augmenter le sentiment&#8221;</i> de proximité. Pour lui, cette fonctionnalité transforme autant le comportement que l&#8217;a fait l&#8217;introduction des téléphones mobiles quand le téléphone fixe dominait les télécommunications. Bien évidemment, l&#8217;atelier tourna vite au pugilat pour savoir si les gens voulaient partager leur localisation 24h/24 avec les autres. Si beaucoup de participants ne semblaient pas gênés par cette idée, quelques-uns s&#8217;y opposèrent farouchement. De l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique également on se pose des questions sur ces systèmes mouchards de votre localisation qui ne peuvent être désactivés. Robin Barooah admit lui-même n&#8217;être pas tout à fait à l&#8217;aise de passer de la mesure de ses propres comportements à leur partage. </p>
<p>Pourtant, ces types de partages permettent aussi de créer des cartographies utiles, comme <a href="http://asthmapolis.com/">Asthmapolis</a> (<a href="http://vimeo.com/12175855">vidéo</a>). Asthmapolis est une cartographie des zones irritantes pour les personnes atteintes d&#8217;asthme construit à partir d&#8217;inhalateur dotés d&#8217;un petit GPS permettant à leurs utilisateurs de cartographier les endroits où ils s&#8217;en servent simplement en les utilisant, sans avoir à renseigner une quelconque information supplémentaire.</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/12175855?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="550" height="325" frameborder="0"></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/12175855">What is Asthmapolis?</a> from <a href="http://vimeo.com/user3933237">Asthmapolis</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Pour Robin Barooah documenter ses déplacements est un indicateur de comportement qui permet une détection passive de son activité : si on est dans le parc, c&#8217;est probablement parce qu&#8217;on est allé promener le chien ou les enfants, selon la forme de répétition de l&#8217;évènement. Un participant travaille sur une application (baptisée Tripography) qui extrapole le moyen de transport que vous utilisez en fonction de votre vitesse de déplacement et calcule soit les calories brûlées soit le CO² émis. On évoque le <a href="http://survival.sentientcity.net/">kit de survie de la ville sensible</a> de Mark Shepard et son application iPhone, <a href="http://serendipitor.net/site/">Serendipitor</a>, qui permet de calculer un itinéraire sinueux entre deux endroits pour nous conduire vers des choses surprenantes, <a href="http://www.reseaufing.org/pg/blog/ThierryMarcou/read/63256/compterendu-2e-atelier-cubcitlabo-jeudi-10-mars-2011-bordeaux">à l&#8217;image du GPS déroutant</a> imaginé par les participants du <a href="http://citelabo.reseaufing.org/">Citelabo de la Fing</a>. Ces différents exemples montrent bien que l&#8217;enjeu du QS n&#8217;est pas seulement dans la mesure, mais repose bien dans l&#8217;amélioration de l&#8217;existant. La mesure a un but, même si celui-ci n&#8217;est pas toujours avoué. </p>
<h3>Et les données ?</h3>
<p><a href="http://napsterization.org/stories/archives/000761.html">Sur son blog</a>, Mary Hodder s&#8217;étonnait qu&#8217;il y ait peu de sensibilisation à la protection des données personnelles durant les conférences du QS. Il lui a semblé implicite <i>&#8220;que &#8220;nous&#8221; (innovateurs,  sociétés, porteurs de projets&#8230;) pouvons prendre des données et les utiliser pour faire tout ce que &#8220;nous&#8221; voulons&#8221;</i>. Sans se poser vraiment de problèmes de confidentialité, de contrôle, d&#8217;autonomie, de choix ou de transparence pour des données pourtant souvent très personnelles, très sensibles, recueillies autour de questions essentiellement liées à la santé et au bien être. Elle qui promeut un <a href="http://personaldataecosystem.org/">écosystème des données personnelles</a> a quand même trouvé <a href="http://napsterization.org/stories/archives/000762.html">un moment pour défendre sa vision</a> dans laquelle les usagers contrôlent leurs données via des espaces de stockage personnels, plutôt que celui de leur laisser accéder seulement à des applications dans lesquels les utilisateurs n&#8217;ont pas vraiment accès à leurs données, autrement que via des services web et des interfaces de programmation qui ont surtout pour fonction d&#8217;envoyer un peu de leurs données ailleurs (comme sur Twitter ou Facebook). </p>
<p>Pour Mary Holder, il est d&#8217;autant plus important de laisser l&#8217;utilisateur décider de l&#8217;utilisation qui peut être faite de ses données que celles-ci sont, bien souvent dans le domaine du QS, très personnelles. Développer un système de données centrées sur l&#8217;utilisateur plutôt que de laisser les sociétés faire ce qu&#8217;elles veulent des données de leurs clients semble effectivement une problématique que les <i>early adopters</i> de la quantification de soi ont laissé de côté. Pas sûr que cet oubli convaincra le grand public. </p>
<h3>Le business du Quantified Self</h3>
<p>L&#8217;une des séances de la conférence était consacrée au business du Quantified Self <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/29/the-business-of-quantified-self/">rapporte encore Ethan Zuckerman</a>, animé par <a href="http://www.rwjf.org/about/staffbio.jsp?id=392">Paul Tarini</a> de la <a href="http://www.rwjf.org/">Fondation Robert Wood Johnson</a> qui a présenté le <a href="http://quantifiedself.com/guide/">Guide complet du Quantified Self</a> qui répertorie quelques 400 outils à l&#8217;heure actuelle. </p>
<p>Parmi ceux-ci, signalons par exemple le bracelet-montre <a href="http://mybasis.com/">PulseTracer</a> présenté par <a href="http://www.zynik.com/nadeem_kassam.php">Nadeem Kassam</a>, un bracelet qui mesure la vitesse du flux sanguin et la température et qui est même doté d&#8217;un accéléromètre qui lui permet de détecter les états d&#8217;activité et d&#8217;évaluer les calories brûlées. <i>&#8220;Mais le plus important n&#8217;est pas tant le dispositif technique que la façon dont nous présentons les données aux utilisateurs&#8221;</i>, explique Kassam. Il faut des données assez précises pour être efficaces, mais à la fois simples et engageantes. Il faut pouvoir les partager avec d&#8217;autres systèmes et elles doivent être faciles à appréhender pour l&#8217;utilisateur. C&#8217;est le seul moyen pour étendre la problématique du suivi personnel au-delà des marchés des primo-adoptants. </p>
<p>L&#8217;essentiel de cette session s’est justement concentré sur ce défi : transformer le suivi personnel en produit de consommation. Ben Rubin de <a href="http://www.myzeo.com/">Zeo</a>, un capteur de sommeil, Jason Jacobs de <a href="http://runkeeper.com/">Runkeeper</a> un capteur qui permet de suivre ses efforts sportifs, ou Brian Krejcarek de <a href="http://www.greengoose.com/">GreenGoose</a>, un kit qui permet de transformer toutes ses activités de loisirs en mesure, sont aux prises avec des défis similaires : transformer les produits qu&#8217;ils ont construits par passion personnelle, en produits grands publics. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/greengoose.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/greengoose.png" alt="greengoose" title="greengoose" width="540" height="313" class="alignright size-full wp-image-13770" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.greengoose.com/">GreenGoose</a>, le kit.</i></p>
<p>Ben Rubin reconnaît ainsi que la plupart des utilisateurs qui achètent le produit l&#8217;utilisent intensément pendant 3 à 4 semaines, avant d&#8217;arrêter. Enfin, pas totalement. Six mois après l&#8217;achat, 70 % des acheteurs l&#8217;utilisaient encore au moins une fois par semaine. Jason Jacobs a découvert que les utilisateurs qui partagent leurs données sur Facebook ont plus tendances que les autres à demeurer actifs et à continuer à l&#8217;utiliser. Beaucoup de ceux qui abandonnent peuvent être relancés par un simple e-mail qui leur apporte de nouveaux objectifs. Brian Krejcarek défend lui une conception qui prendrait en considération la passivité des capteurs, plutôt que des outils qui nécessitent une collecte de donnée active. Car le problème avec les capteurs est qu&#8217;ils vous fournissent des chiffres décourageant quand vous ne les utilisez pas. Les capteurs omniprésents permettent eux d&#8217;ignorer les données qu&#8217;ils transmettent, mais vous permettent d&#8217;utiliser les mesures quand vous en avez besoin. </p>
<p>Ben Rubin, enthousiaste, pense qu&#8217;à long terme, nous aurons des capteurs partout : dans nos téléphones, dans nos voitures, dans nos lits&#8230; En attendant que ce soit le cas, les innovateurs du QS se concentrent surtout sur des problèmes de santé. Mais peut-être faut-il réfléchir à intégrer verticalement d&#8217;autres fabricants ? Peut-être qu&#8217;à l&#8217;avenir il existera tout un écosystème de fournisseur permettant d&#8217;échanger les données pour les utiliser de multiples manières, mais en attendant, il faut bien souvent, comme le propose Zeo,  développer le capteur physique, les outils de visualisation des données et la communauté qui permet de comparer ses données à celles des autres. </p>
<p>Pour ces trois observateurs, il y a encore des secteurs où les outils de mesure sont peu développés. Pour Ben Rubin, le marché du stress est encore un marché où il n&#8217;y a pas beaucoup de bons outils pour analyser et comprendre un problème dont souffrent beaucoup de personnes. Pour Brian Krejcarek, le suivi personnel n&#8217;est pas très amusant : il manque des jeux pour faire le bonheur des processus. L&#8217;avenir du QS, qui se présente pourtant d&#8217;une manière très sérieuse, est-il dans le divertissement ? Pour Jason Jacobs, il manque surtout du temps pour recueillir des données et améliorer encore les outils. </p>
<h3>Vers de nouveaux capteurs ?</h3>
<p><a href="http://quantifiedself.com/eric-boyd/">Eric Boyd</a>, qui se définit plutôt comme un bidouilleur, explorait les nouveaux capteurs et l&#8217;avenir de l&#8217;autonomie des technologies de suivi personnel, <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2011/05/29/new-sensors-and-the-quantified-self/">rapporte encore Ethan Zuckerman</a>. Il fait également partie de <a href="http://sensebridge.net/">Sensebridge</a>, un groupe de recherche collaboratif lié à <a href="https://noisebridge.net/wiki/Noisebridge">Noisebridge</a>, le HackerSpace de San Francisco et au <a href="http://hacklab.to/">HackLab</a> de Toronto (voir <a href="http://www.internetactu.net/?s=makers">notre dossier sur les Makers</a>). </p>
<p>Il a développé deux projets : <a href="http://sensebridge.net/projects/heart-spark/">Heart Spark</a>, un pendentif qui clignote lorsque votre coeur bat, qui est plus un projet de communication sociale qu&#8217;un projet de quantification personnelle, et <a href="http://sensebridge.net/projects/northpaw/">North Paw</a>, une ceinture qui vous indique toujours le Nord. </p>
<p>Non seulement les capteurs sont devenus plus petits et moins chers, mais ils sont également désormais tous sans fil et la durée de vie des batteries s&#8217;est radicalement améliorée. Tant et si bien que des entreprises comme Goose Green peuvent fabriquer des capteurs de la taille d&#8217;un petit autocollant doté d&#8217;accéléromètres, du Wi-Fi et d&#8217;une batterie leur permettant d&#8217;émettre pendant trois ans. Ce qui signifie qu&#8217;on peut placer une étiquette sur une boite de pilules et savoir si vous avez pris votre médicament rien qu&#8217;en repérant si vous avez bougé la boîte, sans avoir besoin de les scanner via un boitier comme c&#8217;était le cas avec les <a href="http://www.touchatag.com/">TouchTag</a> ou les lecteurs RFID type Mir:ror du défunt Nabaztag. Désormais, on peut également mettre un capteur GPS sur un inhalateur, comme le montrait le projet Asthmapolis. </p>
<p>Mais Boyd recense d&#8217;autres interfaces prometteuses, comme l&#8217;électromyographie (EMG) consistant à utiliser de petites électrodes de surface pour détecter le courant électrique des jonctions neuromusculaires. Quand un muscle se contracte, il créé un champ électrique de petite taille : c&#8217;est ce que mesure l&#8217;EMG. Le casque cérébral Neurosky utilise ce type de technologie. <a href="http://quantifiedself.com/2011/02/amy-drill-on-sensorysport/">Amy Drill a donné une conférence au QS de New York</a> pour montrer un short équipé d&#8217;électrodes de ce type pour suivre et optimiser les performances d&#8217;athlètes olympiques. Ces systèmes sont encore coûteux, mais ils permettraient demain à tout sportif d&#8217;étudier avec précision tous ses mouvements musculaires lors du moindre de ses efforts. </p>
<p>Les capteurs galvaniques permettent de détecter la sueur et donc d&#8217;analyser l&#8217;effort physique, la nervosité ou l&#8217;excitation. Ce sont eux qui servent notamment à faire des détecteurs de mensonges. Couplés à des accéléromètres ou à des moniteurs cardiaques, on pourrait analyser l&#8217;humeur en fonction de l&#8217;activité physique. Boyd s&#8217;est également intéressé aux glucomètres, permettant de faire des tests de glucose dans le sang. Ces tests sont peu coûteux, mais ne permettent pas une surveillance continue, puisqu&#8217;il faut à chaque fois recueillir une goutte de sang&#8230; Des micro-aiguilles équipant des patchs à appliquer sur la peau pourraient-elles demain être une solution pour contrôler ses fluides corporels ? </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/looxcie.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/looxcie.jpg" alt="looxcie" title="looxcie" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Les caméras et appareils photo sont de plus en plus petits et de moins en moins chers. <a href="http://www.looxcie.com/">Looxcie</a> par exemple est une petite caméra qu&#8217;on peut accrocher sur ses lunettes ou une casquette pour enregistrer sa vie en continu. Un outil qui, couplé à un écouteur et à un mobile, permettrait par exemple de connaitre le nom de celui qui s&#8217;adresse à vous pour ceux qui n&#8217;ont pas la mémoire des noms par exemple&#8230; Ou, comme le propose <a href="http://mealsnap.com/">MealSnap</a>, d&#8217;estimer la charge calorique de ce que vous mangez rien qu&#8217;en envoyant une photo à l&#8217;application. </p>
<p>Les micros sont un capteur que nous avons tendance à oublier, rappelle Eric Boyd. Pourtant, ils sont très bon marché et peuvent être utilisés de manière intéressante. Un bidouilleur a ainsi placé un micro dans un coussin gonflable et a utilisé le flux d&#8217;air lié à la pression de la tête sur l&#8217;oreiller pour mesurer sa respiration pendant son sommeil. Et que pourrons-nous faire avec des capteurs qui détectent les ultrasons ? Il rappelle l&#8217;existence par exemple du <a href="http://www.lenababy.com/LenaHome/why-use-lena-home.aspx">moniteur pour bébé Lena</a>, qui pour 700 $ vous indique où en est votre enfant dans son cycle de développement du langage. </p>
<p>On voit apparaitre de plus en plus de capteurs dans notre environnement physique. Il n&#8217;y a pas que nos personnes qui sont quantifiées, <i>&#8220;le monde est quantifié !&#8221;</i> Les compteurs électriques peuvent dire beaucoup de choses de notre comportement personnel. Les douches de minuit sont visibles dans les fluctuations de nos consommations électriques. Les automobiles sont remplies de capteurs. Des puces comme le <a href="http://www.carchip.com/Products/8226.asp">CarChip Pro</a> permettent déjà très simplement d&#8217;accéder à toutes les données de votre véhicule : pression des pneus, vitesse, régime moteur&#8230; Peut-être pourrons-nous utiliser ces informations comme un moyen pour détecter le stress ?</p>
<p>Nous sommes à une époque pleine de défis passionnants, estime Eric Boyd en évoquant par exemple le <a href="http://www.xprize.org/prize-development/life-sciences#artificial">prix Tricorder X</a> un concours doté de 10 millions de dollars de prix pour fabriquer un appareil de poche capable de multiples diagnostics (faisant référence au <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tricorder">Tricorder de Star Trek</a>). Il y a beaucoup de possibilités que ce soit de jouer avec les capteurs, comme de bricoler de nouvelles solutions. C&#8217;est en tout cas bien ce champ qu&#8217;explorent les innovateurs de la quantification de soi. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/habitat-connecte/" title="habitat connecté" rel="tag nofollow">habitat connecté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		<title>Chat vidéo : le futur n&#8217;est pas encore tout à fait là&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2011 13:57:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine nous provident de nos amis transhumanistes américains de Sinuglarity Hub, sous la plume de Keith Kleiner. L&#8217;article s&#8217;intitule &#8220;Pourquoi ne chattons-nous pas plus souvent en vidéo ?&#8221;.
Un des lieux communs les plus courants des films ou des livres d&#8217;anticipation a toujours été  la communication téléphonique vidéo ou holographique. De Retour vers le futur à&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine nous provident de nos amis transhumanistes américains de <i><a href="http://singularityhub.com">Sinuglarity Hub</a></i>, sous la plume de Keith Kleiner. L&#8217;article s&#8217;intitule <a href="http://singularityhub.com/2011/05/15/why-dont-we-video-chat-more-often/">&#8220;Pourquoi ne chattons-nous pas plus souvent en vidéo ?&#8221;</a>.</p>
<p>Un des lieux communs les plus courants des films ou des livres d&#8217;anticipation a toujours été  la communication téléphonique vidéo ou holographique. De <i>Retour vers le futur</i> à <i>Star Trek</i>, ça a toujours été la manière dont on envisageait l&#8217;avenir de la conversation à distance. Pourquoi ne le faisons-nous pas plus aujourd&#8217;hui ? se demande Keith Kleiner.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/trekmovies.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/trekmovies.jpg" alt="trekmovies" title="trekmovies" width="550" class="alignright size-full wp-image-13682" /></a><br />
<i>Image : le chat vidéo dans Star Trek <a href="http://trekmovie.com/2010/06/07/steve-jobs-invokes-star-trek-again-while-unveiling-4th-gen-iphone/">via TrekMovie</a>.</i></p>
<p>Si on nous avait dit il y a dix ans qu&#8217;en 2011, tout le monde aurait une webcam dans son salon ou dans sa poche, et que le coût de la communication vidéo s&#8217;approcherait de zéro, combien d&#8217;entre nous auraient prédit que les gens n&#8217;allaient quasiment pas l&#8217;utiliser ? Pas moi, en tout cas, dit Keith Kleiner, et pourtant, c&#8217;est bien ce qui se passe. <a href="<a href="http://singularityhub.com">Une récente étude du Centre de recherche Pew</a> montre à quel point le chat vidéo est peu utilisé par les Américains. 4 sur 5 n&#8217;ont jamais essayé la discussion via une webcam, et 9 sur 10 ne l&#8217;ont pas essayé sur leur téléphone. Pourtant, les webcams sont partout, ajoute Keith Kleiner. Dans le moindre ordinateur, dans le moindre smartphone. Et puis, continue l&#8217;auteur, dans une journée j&#8217;envoie des dizaines de mails, je passe des dizaines de coups de fil, alors que j&#8217;utilise la caméra peut-être deux fois par semaine. Pourquoi ça ? Pourquoi les futurologues se sont-ils trompés ? Les gens préfèrent-ils vraiment converser sans se voir ? Est-ce que la conversation écrite ou vocale est plus adéquate à l&#8217;interaction humaine ? Ou est-ce qu&#8217;il y a une explication sous-jacente ?</p>
<p>Il y a là question de la qualité de l&#8217;image, dit Keiner, qui pourrait dissuader d&#8217;utiliser la vidéo. Mais on passe notre temps à regarder des vidéos de mauvaise qualité sur internet, et puis, la qualité du son sur les lignes téléphoniques américaines est manifestement très mauvaise et ne dissuade personne d&#8217;appeler.</p>
<p>Beaucoup de gens accusent la commodité de l&#8217;usage. C&#8217;est compliqué à mettre en place une conversation en vidéo phone. Mais est-ce vraiment le cas ? demande Keiner. Lui explique avoir sur son chat Gmail une fenêtre qui lui montre qui de ses relations est joignable par vidéo. Il lui suffit d&#8217;un clic pour commencer un chat en vidéo. Et pourtant, il ne le fait pas. L&#8217;argument de la commodité n&#8217;est pas le bon.</p>
<p>Pour lui, le vrai coupable se cache dans les complexités sous-estimées de l&#8217;interaction sociale entre êtres humains. Quand on entame un chat par écrit ou un coup de fil, on ne s&#8217;inquiète d&#8217;interrompre son interlocuteur, car il y a de grandes chances qu&#8217;il puisse répondre : que l&#8217;on soit en voiture, en train de cuisiner, de se détendre dans sa salle de bain ou même de parler à quelqu&#8217;un d&#8217;autre, la plupart d&#8217;entre nous ne rechignent pas à entamer un chat ou un coup de fil. Ajouter la vidéo et tout cela change. En ajoutant la vidéo, on demande aux gens de nous laisser les voir, et il est requis de nous plus d&#8217;attention. L&#8217;interlocuteur ne peut plus conduire, ou se détendre dans sa salle de bain. Il ne peut pas interagir discrètement avec vous tout en continuant à parler à quelqu&#8217;un d&#8217;autre, à lire un magazine&#8230; Ajouter la vidéo change complètement la dynamique sociale, et pas forcément dans le sens voulu.</p>
<p>Une autre barrière est que la plupart du temps, nous ne voulons pas avoir une longue conversation. Le chat vidéo envoie un signal social à la personne, ce signal disant que nous voulons avoir avec elle une &#8220;vraie&#8221; conversation. Quand ce qu&#8217;on veut, c&#8217;est juste savoir à quelle heure est la fête ce soir, ou où sont les clés, on ne va pas se lancer dans une conversation vidéo et risquer qu&#8217;elle traîne en longueur. Dans ce cas, le chat écrit ou la voix sont plus adéquats. <i>&#8220;Et même, explique l&#8217;auteur, il m&#8217;arrive souvent d&#8217;appeler quelqu&#8217;un en espérant qu&#8217;il ne réponde pas, pour simplement lui laisser un message et lui donner seulement l&#8217;information nécessaire. Avec les chats vidéos tels qu&#8217;ils fonctionnent aujourd&#8217;hui, il n&#8217;est pas possible de laisser un message vidéo, ils sont donc inadaptés à l&#8217;échange court et strictement informationnel&#8221;</i>.</p>
<p>L&#8217;avenir de la conversation longue distance exclut-il donc la vidéo ? demande Keith Klainer. Ou alors les futurologues avaient raison et on va s&#8217;y mettre un jour ?</p>
<p>Pour lui, le chat vidéo n&#8217;est qu&#8217;un outil dans l&#8217;arsenal des outils de communication que nous avons à notre disposition. Le mail, le chat vocal, le chat écrit, les pokes et les statuts Facebook, les tweets et les chats vidéos appartiennent tous à cet arsenal. Chacun de ces outils est utile dans différentes circonstances, en fonction de la longueur que l&#8217;on veut accorder à la conversation, du nombre de gens à qui l&#8217;on veut s&#8217;adresser et du type de personne avec lequel on veut s&#8217;entretenir. Le chat vidéo n&#8217;est pas l&#8217;outil dominant, mais il offre une expérience impressionnante que trop de gens négligent. <i>&#8220;Je l&#8217;utilise souvent, dit Kleiner pour discuter avec des collègues qui sont loin. Avant, on faisait ça au téléphone, le fait d&#8217;ajouter l&#8217;image donne plus d&#8217;émotion et de sens à ces conversations&#8221;</i>. Quand il s&#8217;agit de s&#8217;entretenir avec des gens qu&#8217;on ne voit pas souvent, la vidéo devient un outil inestimable pour nourrir et renforcer des relations personnelles et professionnelles à distance. Ce sera peut-être ça son usage, selon Kleiner.</p>
<p>Si les chiffres sont encore faibles, ils montrent que l&#8217;usage de cet outil futuriste est en train de croître. Selon la même étude menée par Pew, l&#8217;usage du vidéo chat a doublé aux Etats-Unis entre 2009 et 2010. <i>&#8220;Je ne serais pas surpris que ces chiffres continuent d&#8217;augmenter dans les prochaines années&#8221;</i>, conclut Kleiner.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-andre-gunthert-autobiographie-numerique-affaire-dsk-vue-de-la-toile-2011-">L’émission du 22 mai</a> était consacrée à André Gunthert (<a href="http://culturevisuelle.org/icones/">blog</a>), chercheur en histoire visuelle, directeur du <a href="http://www.lhivic.org/">Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine</a> (Lhivic) et qui dirige également <a href="http://culturevisuelle.org/">Culture Visuelle</a>, un média d&#8217;enseignement et de recherche sur les cultures visuelles. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag nofollow">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag nofollow">culture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/habitat-connecte/" title="habitat connecté" rel="tag nofollow">habitat connecté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/non-usages/" title="non-usages" rel="tag nofollow">non-usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/science-fiction/" title="Science-fiction" rel="tag nofollow">Science-fiction</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a><br />
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		<title>Comprendre Facebook (2/3) : Facebook, technologie relationnelle</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Apr 2011 05:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La caractéristique principale du web social, dont Facebook est l&#8217;emblème, est de lier les activités des gens sur internet. Facebook n&#8217;est pas un trombinoscope ou un annuaire comme on l&#8217;entend souvent, car s&#8217;il n&#8217;était que cela, il ne permettrait pas d&#8217;action, autre que la présentation de profils. Les profils ne sont qu&#8217;une porte d&#8217;entrée : c&#8217;est l&#8217;activité communicationnelle qui fait&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La caractéristique principale du web social, dont Facebook est l&#8217;emblème, est de lier les activités des gens sur internet. Facebook n&#8217;est pas un trombinoscope ou un annuaire comme on l&#8217;entend souvent, car s&#8217;il n&#8217;était que cela, il ne permettrait pas d&#8217;action, autre que la présentation de profils. Les profils ne sont qu&#8217;une porte d&#8217;entrée : c&#8217;est l&#8217;activité communicationnelle qui fait média. En ce sens, il est bien un &#8220;média social&#8221;, même si nous avons tous du mal à définir ce que c&#8217;est, <a href="http://www.meilcour.fr/general/social-media.html">comme le rapportait très justement Nicolas Vanbremeersch</a>. </p>
<h3>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un média social ?</h3>
<p>Pour comprendre ce qu&#8217;est un média social, il faut en revenir à ce qu&#8217;est un média, &#8220;un support de diffusion massive de l&#8217;information&#8221;. Le média social, par essence, est donc toujour un support de diffusion massive de l&#8217;information qui emprunte exactement toutes les formes et supports existants (texte, image, vidéo, audio&#8230;), mais la différence vient peut-être de la nature de l&#8217;intermédiaire, comme <a href="http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux/">l&#8217;exprime très bien Frédéric Cavazza</a> : alors que dans les médias traditionnels il y a un émetteur qui diffuse un message unique à destination de cibles, dans les médias sociaux chacun est à la fois diffuseur et cible. </p>
<p><i>&#8220;Les médias sociaux sont des médias pour l&#8217;interaction sociale&#8221;</i>, explique <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Social_media">la version anglaise de la définition de Wikipédia</a> : <i>&#8220;C&#8217;est l&#8217;usage de technologies web ou mobile pour transformer les communications en dialogue interactif&#8221;</i>. Les propriétés qui distinguent un média d&#8217;un média social reposent sur la portée (si les deux peuvent atteindre des publics massifs, les médias industriels utilisent un cadre centralisé, alors que les médias sociaux sont par nature même plus décentralisés, moins hiérarchisés&#8230;), l&#8217;accessibilité (les médias sociaux sont accessibles à un coût faible ou nul : ils réduisent les coûts de transaction, comme l&#8217;explique Clay Shirky dans <i><a href="http://www.amazon.fr/Here-Comes-Everybody-Organizing-Organizations/dp/0143114948/internetnet-21">Here Comes Everybody</a></i>), la facilité d&#8217;utilisation (ils ne nécessitent pas nécessairement de compétences pour être utilisés), l&#8217;immédiateté et la permanence (les médias sociaux peuvent être modifiés en permanence). </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/Facebookamities.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/Facebookamities.png" alt="Facebookamities" title="Facebookamities" width="506" height="170" class="alignright size-full wp-image-13275" /></a><br />
<i>Image issue du bêtisier des captures d&#8217;écrans de Facebook, <a href="http://www.zeros-sociaux.fr">Zéros Sociaux</a>.</i></p>
<p>Encore plus qu&#8217;avec les médias traditionnels, avec les médias sociaux, <i>&#8220;Le médium est le message&#8221;</i>, comme disait Marshall McLuhan dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pour_comprendre_les_m%C3%A9dias"><i>Pour comprendre les médias</i></a>. Le média ne représente plus seulement tous les prolongements &#8220;technologiques&#8221; de l&#8217;homme, comme le prophétisait le chercheur, mais également tous les prolongements &#8220;sociaux&#8221; de l&#8217;homme. </p>
<p><a href="http://jcmc.indiana.edu/vol13/issue1/boyd.ellison.html">danah boyd et Nicole Ellison ont essayé de définir en 2007 les sites de réseaux sociaux</a> :  <i>&#8220;Nous définissons les sites de réseaux sociaux comme des services basés sur le web qui permettent aux individus de (1) construire un profil public ou semi-public sans système délimité, (2) articuler une liste d&#8217;autres utilisateurs avec lesquels ils partagent une connexion et (3) voir et traverser leurs listes de connexions et celles faites par les autres par le biais du système. La nature et la nomenclature de ces connexions pouvant varier d&#8217;un site à l&#8217;autre. Nous utilisons le terme de &#8220;site de réseaux sociaux&#8221; (social network site) pour décrire ce phénomène, le terme site de réseautage social (social networking sites) apparait également dans le discours public et les deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable. Nous avons décidé de ne pas utiliser le terme réseautage pour deux raisons : l&#8217;emphase et la portée. &#8220;Réseautage&#8221; met l&#8217;accent sur l&#8217;initiation des relations, souvent entre étrangers. Alors que le réseautage est disponible sur un grand nombre de sites, elle n&#8217;est pas la pratique principale de nombre d&#8217;entre eux, alors que c&#8217;est ce qui les différencie des communications médiatisées par l&#8217;ordinateur (computer-mediated communication).&#8221;</i></p>
<p>La précision est d&#8217;importance. Une fonction sociale ne fait pas média social. Dans sa messagerie instantanée, le fait d&#8217;avoir accès à toute une liste d&#8217;ami ne transforme pas pour autant un tchat en média social. La construction d&#8217;un environnement communautaire dans les commentaires de blogs (via <a href="http://fr.gravatar.com/">Gravatar</a> ou même <a href="http://buddypress.org/">BuddyPress</a> par exemple, qui permet d&#8217;ajouter une couche sociale aux blogs sous Wordpress et notamment aux commentaires, mais qui fait plus fonction de forum que de média social) ne fait pas nécessairement média social. La nature des connexions rendues possibles ou impossibles par le média social est d&#8217;importance pour le définir. </p>
<h3>Nous sommes entrés dans l&#8217;ère des plateformes sociales</h3>
<p>Quand on observe Facebook, emblème des médias sociaux, on constate que la différence essentielle entre un média et un média social est que le second nous propose une autre forme de lecture que le média : alors que sur le média notre lecture personnelle est guidée par l&#8217;éditorialisation proposée par le média, avec le média social, notre lecture est orientée par nos relations, nos parcours, notre historique. Facebook est un site où chacun est invité à partager de l&#8217;information et à faire-part de ses préférences avec son réseau d&#8217;ami.  Et ce sont les relations au sein de ce réseau qui vous permettent d&#8217;accéder aux informations que les autres diffusent. Plus que les profils en eux-mêmes, c&#8217;est l&#8217;activité qu&#8217;accomplissent vos correspondants via Facebook qui est intéressante. Les images et textes qu&#8217;ils y échangent, les recommandations qu&#8217;ils adressent via le bouton &#8220;like&#8221;, les services qu&#8217;ils utilisent et auxquels, en les partageant, ils permettent d&#8217;accéder&#8230;<br />
Les médias sociaux sont des supports de diffusion massifs de l&#8217;information (des médias) orientée par les relations sociales. C&#8217;est bien le fait que la connexion entre amis transforme ce à quoi on accède qui fait média social.  </p>
<p>D&#8217;une certaine manière, les médias sociaux n&#8217;existent pas en tant que tel. Sans utilisateurs, Facebook serait une page vide.  <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dias_sociaux">Il n&#8217;y a échange d&#8217;information que s&#8217;il y a échanges entre les utilisateurs</a>. </p>
<p>Et surtout, nul n&#8217;en a la même vision. Contrairement au web traditionnel, par lequel nous accédons tous plus ou moins à la même page, avec les réseaux sociaux, nul n&#8217;accède à la même chose, car le contenu de ce à quoi on accède dépend entièrement des relations que l&#8217;on a établies avec d&#8217;autres membres dudit réseau et avec le reste du monde (&#8221;nos préférences&#8221; qui signalent ce que l&#8217;on apprécie, qui nous relient à ce qui ne tient pas des personnes : objets, marques, produits, organisations&#8230;). <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/">C&#8217;est ce que danah boyd appelle l&#8217;homophilie</a> qui renforce le sentiment de sa propre communauté, l&#8217;attachement à ses propres relations. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/annivsuprise.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/annivsuprise.png" alt="annivsuprise" title="annivsuprise" width="570" height="263" class="alignright size-full wp-image-13277" /></a><br />
<i>Image issue du bêtisier des captures d&#8217;écrans de Facebook, <a href="http://www.zeros-sociaux.fr">Zéros Sociaux</a>.</i></p>
<p>Comme le dit Frédéric Cavazza, <a href="http://www.mediassociaux.fr/2011/02/06/description-des-differents-types-de-medias-sociaux/">il y a bien des mécaniques communautaires et sociales différentes</a> selon les types de médias sociaux et les relations qu&#8217;ils proposent, pour autant elles s&#8217;avèrent souvent décevantes. Elles dressent le plus souvent des typologies d&#8217;outils plutôt que de distinguer des caractéristiques spécifiques. Il faut faire la différence entre des médias qui utilisent des fonctions sociales (des &#8220;communications médiatisées par l&#8217;ordinateur&#8221; comme diraient danah boyd et Nicole Ellison) et des médias sociaux en passe de devenir de véritables plateformes sociales, c&#8217;est-à-dire un écosystème où l&#8217;identifiant proposé par la plateforme, les préférences et le réseau de relation qui lui est associé sont &#8220;transportables&#8221; dans une multitude d&#8217;environnements différents. <a href="http://www.internetactu.net/2007/09/28/comprendre-le-graphe-social/">Ce que Facebook appelle le Graphe Social</a>. </p>
<h3>Facebook Login : regarder son activité par ses contacts</h3>
<p>Et la vraie puissance de Facebook est incontestablement ici. Dans son potentiel à pouvoir retrouver vos amis sur les autres sites que vous utilisez. Ce n&#8217;est pas seulement voire <a href="http://developers.facebook.com/">Facebook Login</a> (ou Facebook Connect comme il s&#8217;appelait encore il y a peu, <a href="http://www.commentcamarche.net/news/5853855-christian-h-gallardo-facebook-de-l-ere-du-web-de-l-information-a-celle-du-web-social">précise Christian Gallardo, responsable du développement business de Facebook</a>) &#8211; ou d&#8217;autres types d&#8217;identifiants [1] &#8211; comme un identifiant universel, mais comme une clef d&#8217;entrée sur le web via ses relations et ses préférences. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/rue89Facebook.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/rue89Facebook.png" alt="rue89Facebook" title="rue89Facebook" width="150" height="527" align="right" vspace="6" hspace="6" /></a>En se connectant via Facebook, l&#8217;identification est la fonction que vous voyez, celle que vous pensez activer, alors qu&#8217;en fait, vous activez bien plus. Pire, l&#8217;identification est la fonction la moins importante qu&#8217;on utilise en passant par Facebook Login. Le plus important est l&#8217;importation de votre réseau relationnel et vos préférences partout où vous allez. Accéder à <i>Rue89</i> et accéder à ce que vos amis ont apprécié sur <i>Rue89</i> : c&#8217;est là deux propositions de navigation dans les contenus radicalement différentes.  </p>
<p>Facebook est un connecteur, qui plus qu&#8217;embarquer votre identité, vous permet d&#8217;embarquer avec vous vos relations sociales et vos préférences, et ce, sur de plus en plus de sites, comme <a href="http://developers.facebook.com/showcase/">le montre la vitrine des intégrations de Facebook dans d&#8217;autres sites web</a> ou l&#8217;explique <a href="http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/aucun-site-de-e-commerce-n-a-su-tirer-parti-de-facebook-en-europe_252865.html">Julien Codorniou</a>, responsable des partenariats de Facebook pour la France et le Benelux. Par exemple, vous pouvez utiliser <a href="http://www.spotify.com">Spotify</a> pour écouter de la musique. Et vous pouvez utiliser Spotify via Facebook pour écouter de la musique. Ce sont alors deux services totalement différents. Dans l&#8217;un, vous utilisez le service en tant que tel pour chercher, organiser et écouter votre musique. Dans l&#8217;autre, vos connaissances deviennent une nouvelle porte d&#8217;entrée sur le service : vous n&#8217;accédez plus seulement à votre musique, mais à celle de vos amis, à la manière dont ils l&#8217;organisent et la partagent. Vous n&#8217;avez pas accès seulement à la musique que vos amis déclarent partager de temps en temps, vous pouvez vous brancher sur ce qu&#8217;ils apprécient, sur ce qu&#8217;ils écoutent, et cela sans même qu&#8217;ils en soient forcément conscients (même s&#8217;il faut activer la fonction de partage de sa musique en partie ou en intégralité). Je ne suis pas sûr que Christophe Abric, l&#8217;illustre fondateur de la <a href="http://www.blogotheque.net/">blogothèque</a>, ou Philippe Astor qui tient l&#8217;excellent  <a href="http://www.zdnet.fr/blogs/digital-jukebox/">Digital Jukebox</a> soient pleinement conscients que j&#8217;ai accès aux listes de lectures publiques qu&#8217;ils partagent (et c&#8217;est pourtant un vrai plaisir que d&#8217;accéder à leur expertise et à leur éclectisme).</p>
<p>De la même façon, on peut accéder à une foule d&#8217;autres services comme <a href="http://dismoiou.fr/">DisMoiOù</a> ou à <a href="http://www.marketing-professionnel.fr/parole-expert/comment-decupler-la-force-de-son-site-grace-a-facebook-le-cas-trip-advisor.html">Trip Advisor</a> et naviguer entre les recommandations des utilisateurs. Mais les cartes changent de dimensions quand on a accès aux recommandations de nos amis. Les notations des restaurants et des commerces qui peuplent le territoire qui nous entoure prennent une autre couleur en se peuplant des recommandations de nos relations. Ce restaurant recommandé par 40 ou un milliers d&#8217;internautes n&#8217;a pas la même image quand c&#8217;est une connaissance qui vous le recommande. </p>
<p>Autre exemple emblématique de l&#8217;utilisation que l&#8217;on peut faire de Facebook, le site Etsy, une communauté d&#8217;achat et de vente de produits faits mains, propose de trouver dans son catalogue les cadeaux qui iraient le mieux à vos amis. Comment ? <a href="http://www.etsy.com/gifts">Le site propose une application</a> qui se branche sur Facebook et qui regarde dans les profils de vos amis, ce qu&#8217;ils ont apprécié (un média, un objet, une série télé, des personnages ou des groupes&#8230;) via le bouton Like. Le site utilise alors ces informations pour chercher des produits correspondants dans son catalogue : ainsi, si vous avez apprécié Radiohead ou Barack Obama, Etsy va regarder dans son catalogue pour vous proposer des tee-shirts, des badges, des dessins ou des boucles d&#8217;oreilles correspondantes &#8211; Etsy n&#8217;est plus le seul magasin en ligne à proposer cette connexion, tous s&#8217;y sont mis et non des moindres. Depuis juillet 2010, <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/04/19/amazon-sallie-a-facebook-pour-socialiser-le-marketing-culturel/">Amazon a lancé en bêta une première version de son magasin connecté à Facebook</a>, permettant de voir les produits culturels populaires de vos relations (pour acquérir les mêmes) et vous suggérant de leur offrir des cadeaux mieux adaptés à leurs goûts. </p>
<h3>De nos goûts au profil marketing de nos goûts</h3>
<p>Bien sûr, pour l&#8217;instant, le résultat est loin d&#8217;être idéal, car, Facebook à tendance à nous servir à tout et à rien. On est désormais capable d&#8217;apprécier tout et n&#8217;importe quoi, sur l&#8217;instant, sans que cela signifie clairement que vous l&#8217;appréciez vraiment. Qu&#8217;importe ! Facebook extrait tout de son contexte. C&#8217;est sa fonction principale. Si vous appréciez les mélodies des Beatles et que vous les recommandez ne serait-ce qu&#8217;une fois, cela pourra vous être reproché à vie, par des services tiers qui vont utiliser cette information pour en déduire, automatiquement, que vous êtes fan des Beatles. </p>
<p>C&#8217;est certainement encore la limite du like de Facebook. Si je regarde la musique qu&#8217;apprécie Philippe Astor sur Facebook, elle est limitée pour l&#8217;instant à 37 artistes, autant dire une broutille par rapport aux milliers de morceaux qu&#8217;il a classés et sélectionnés dans Spotify. </p>
<p>Facebook propose donc deux types de graphes : le graphe des recommandations (les likes) et le graphe social (celui des relations). L&#8217;un et l&#8217;autre sont intrinsèquement liés, mais ils sont bien différents par nature. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/publicitéendosséesocialement.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/publicitéendosséesocialement.jpg" alt="Une publicité socialement endossée" title="Une publicité socialement endossée" width="164" height="238" align="right" hspace="6" vspace="6" /></a>Plus que les relations, c&#8217;est désormais plutôt sur le graphe des recommandations que Facebook travaille. Les &#8220;Like&#8221; peuvent devenir de la publicité : c&#8217;est-à-dire que Facebook est capable de faire appel aux recommandations de vos amis pour distribuer de la publicité ciblée, <a href="http://www.businessinsider.com/facebook-likes-ads-2011-1 ">comme l&#8217;explique Business Insider</a> (<a href="http://blogue.pubinteractive.ca/2010/09/09/statistiques-sur-les-endossements-sociaux-dorenavant-integres-aux-rapports-facebook/">on parle de publicité &#8220;endossée socialement&#8221;</a> dont les rapports sont bien sûr meilleurs que la publicité traditionnelle). Nos amis deviennent le panneau d&#8217;affichage de cette publicité, c&#8217;est-à-dire que leurs recommandations peuvent être utilisées par <a href="http://adage.com/digital/article?article_id=148452">les marques pour le signaler à notre attention</a>. </p>
<p>C&#8217;est l&#8217;un des biais du système du graphe de recommandation : penser que toutes les actions que nous y faisons nous représentent, dressent notre graphe non pas social, mais comportemental, la carte de nos goûts et de nos désirs, notre profil marketing complet. Cela génère beaucoup d&#8217;erreurs bien sûr : le système est forcément imparfait, car pas plus qu&#8217;il n&#8217;est pas capable de faire de distinguo entre nos relations (il n&#8217;y a toujours qu&#8217;un seul niveau de relation dans Facebook : l&#8217;amitié, alors que le système pourrait proposer plusieurs niveaux relationnels pas nécessairement symétriques), il n&#8217;est pas non plus capable de faire le distinguo entre ce qu&#8217;on apprécie (il n&#8217;y a qu&#8217;une fonction d&#8217;appréciation, le &#8220;Like&#8221;, elle aussi sans nuances). Cela évoluera certainement. Le problème c&#8217;est que pour un système sociotechnique de ce type,  ce qu&#8217;on déclare apprécier ne se périme pas dans le temps, ne s&#8217;apprécie pas en contexte&#8230; Facebook a du mal à passer du graphe de recommandation au graphe de l&#8217;intérêt. </p>
<h3>Après le graphe social, le graphe d&#8217;intérêt ?</h3>
<p>En juillet 2010, Chris Dixon &#8211; cofondateur de <a href="http://hunch.com/">Hunch</a>, un moteur de recommandation social personnalisé &#8211; <a href="http://cdixon.org/2010/07/22/graphs/">expliquait</a> que nous allions passer de l&#8217;époque du &#8220;graphe pour les gouverner tous&#8221; à des graphes sociaux plus spécifiques, construits autour de concepts comme le goût (comme s&#8217;y essaye Hunch), la localisation (Foursquare), la confiance&#8230; Des concepts qui pourraient devenir le fondement de ce qu&#8217;on n&#8217;appelle non plus le graphe social (le réseau des gens avec lesquels vous êtes en relation), mais le graphe d&#8217;intérêt (le réseau des gens qui partagent des centres d&#8217;intérêt avec vous, mais que vous ne connaissez pas nécessairement), <a href="http://gigaom.com/2011/04/19/so-what-comes-after-social-commerce/">explique Om Malik</a>. </p>
<p>Car le graphe social et le graphe de recommandation de Facebook ont des limites, on l&#8217;a vu. S&#8217;ils sont une base pour construire des médias sociaux, ils ont également ses défauts : la réciprocité de l&#8217;amitié, la limite du like pour mesurer les objets que l&#8217;on partage et la limite des relations que le système sociotechnique instaure&#8230; Vos meilleurs amis peuvent avoir des goûts musicaux diamétralement opposés aux vôtres.  <i>&#8220;La musique, les films, les livres, les préférences quelles qu&#8217;elles soient&#8230; sont autant de domaines où les gens ont des goûts qui ne sont pas nécessairement influencés par leurs amis ou pas par une large part de ces amis. Il n&#8217;est pas surprenant si les services de musique les plus réussis sont plutôt organisés autour du graphe de vos goûts musicaux qu&#8217;autour du graphe social musical de vos amis&#8221;</i>, <a href="http://blog.assetmap.com/2010/11/social-web/why-the-interest-graph-will-reshape-social-networks-and-the-next-generation-of-internet-business/">explique Nathaniel Whittemore sur le blog d&#8217;Assetmap</a>. </p>
<p>L&#8217;enjeu pour de nombreuses start-ups désormais n&#8217;est plus de s&#8217;intéresser au graphe social (qu&#8217;il est possible de récupérer de nombreux services via les interfaces de programmation qu&#8217;ils proposent &#8211; on en parlera dans la 3e partie de ce dossier), qu&#8217;au graphe d&#8217;intérêt pour construire des systèmes de recommandations toujours plus efficaces. </p>
<p>Nonobstant, les plateformes sociales sont devenues des systèmes techniques par lesquels nous parcourons le web. Le graphe social a conquis le jeu (Farmville en est un très bon exemple), l&#8217;e-commerce, l&#8217;information&#8230; Nous observons déjà le web non plus de la manière dont il est éditorialisé (via les flux RSS des sites d&#8217;origines), mais par le prisme du filtre de nos relations sociales (via Twitter ou Facebook&#8230;). Nos relations sont transformées par les plateformes sociales : il devient important de suivre certains propulseurs plutôt que d&#8217;autres. Nos relations en ligne sont technologisées par le rôle que jouent ces plateformes dans notre approche des services existants qui les intègrent. </p>
<h3>L&#8217;emprise des technologies relationnelles</h3>
<p><a href="http://www.adevby.me/web/facebook-social-design-open-graph-le-vrai-produit-de-facebook">Comme le répétaient les représentants de Facebook eux-mêmes au récent Facebook Developer Garage</a> : leur &#8220;vrai&#8221; produit n&#8217;est pas Facebook.com (le site), mais l&#8217;Open Graph (nouveau nom du Graph Social), c&#8217;est-à-dire l&#8217;infrastructure mise en place. <a href="http://arsindustrialis.org/groupe-de-travail-technologies-relationnelles">L&#8217;association Ars Industrialis a raison de parler de technologies relationnelles</a> pour désigner <i>&#8220;l&#8217;ensemble des technologies qui non seulement mettent en relation, mais également qui engramment les relations&#8221;</i>. Par engrammer, il faut entendre à la fois incorporé et ce qui laisse une trace, à l&#8217;image de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Engramme">l&#8217;engramme</a>, la trace biologique de la mémoire dans le cerveau.  <i>&#8220;A ce titre, ces technologies sont un moment, contemporain, du processus de <a href="http://arsindustrialis.org/grammatisation">grammatisation</a> qui consiste à discrétiser les flux temporels, c&#8217;est-à-dire à spatialiser le temps. Après la grammatisation de la parole dans l&#8217;écriture, puis du geste dans la machine-outil, les technologies relationnelles grammatisent à présent les relations psychosociales.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/soustraitance.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/04/soustraitance.png" alt="soustraitance" title="soustraitance" width="466" height="158" class="alignright size-full wp-image-13281" /></a><br />
<i>Image issue du bêtisier des captures d’écrans de Facebook <a href="http://www.zeros-sociaux.fr/2011/03/sous-traitance/">Zéros Sociaux</a>.</i></p>
<p><a href="http://www.christian-faure.net/2011/02/11/les-enjeux-de-la-grammatisation-des-relations/">L&#8217;enjeu de la grammatisation des relations</a>, pour faire plus simple, c&#8217;est nos gestes et nos comportements qui sont distingués par les outils technologiques que nous utilisons. Et c&#8217;est tout à fait ce qu&#8217;accomplit Facebook en dressant la liste de nos relations que ce soit avec des personnes (nos amis) ou avec d&#8217;autres types d&#8217;entités (des informations, des images, des vidéos, des jeux, des produits, des marchandises, des institutions, des organisations&#8230;). La grammaire de Facebook décrit les règles qui régissent le fonctionnement non plus d&#8217;une langue, mais de notre relation à la technologie. Les identifiants sociaux, comme Facebook Login, encapsulent la grammaire de l&#8217;internet de demain. Ils recèlent les règles et les éléments constitutifs des pratiques relationnelles en ligne, des outils de recommandation et de mises en relation. C&#8217;est en cela qu&#8217;il faut entendre que Facebook nous façonne, qu&#8217;il conditionne les rapports humains et les représentations. En cela, il est pleinement une <a href="http://www.internetactu.net/2010/12/02/des-techniques-relationnelles-aux-technologies-relationnelles/">technologie relationnelle</a>, qui a un impact sur la nature de la relation, un impact d&#8217;autant plus important que l&#8217;usage du graphe social s&#8217;étend. La capitalisation de certaines connexions devient primordiale pour accéder pleinement à certains services. Il faut non seulement identifier les experts adéquats, mais également être leur ami. Sur Dis moi où il faut que je sois ami avec quelqu&#8217;un qui va souvent au restaurant, sur Spotify avec quelqu&#8217;un qui a des gouts musicaux qui me sont proches et qui exploitent pleinement le service, etc. </p>
<p>Dit autrement, l&#8217;important sur Facebook, n&#8217;est pas ce que chacun y fait, mais les actions que nous partageons avec d&#8217;autres. Par le biais de Facebook, les services que nous utilisons sur internet deviennent tous sociaux et communautaires. Cette transformation n&#8217;agit pas sur Facebook seulement, mais sur l&#8217;internet tout entier. </p>
<p>L&#8217;idée ici n&#8217;est pas de regretter les relations prénumériques. Mais de comprendre que la grammaire qu&#8217;introduisent les plateformes relationnelles va avoir un impact direct et total sur notre relation à la technologie et sur notre manière de construire des relations sur le numérique. Nous sommes passés du logiciel social (<a href="http://www.internetactu.net/2004/11/05/mon-blog-mon-logiciel-social/">le blog</a>), aux plateformes relationnelles et on observe bien que c&#8217;est la même transformation qui se prolonge : observer le monde par le regard des gens qui ont les mêmes sources d&#8217;intérêts, certainement parce que c&#8217;est un plus puissant stimulant pour son propre intérêt. </p>
<p>Etre sur Facebook n&#8217;a donc pas grand-chose à voir avec une pulsion voyeuriste-exhibitionniste nous plongeant dans l&#8217;émotionnalisme le plus simple. C&#8217;est aujourd&#8217;hui devenu le moyen d&#8217;activer son réseau relationnel pour l&#8217;exploiter sur l&#8217;internet tout entier.</p>
<p><strong>Ajout du 26.07.2011</strong> : Mais comme le montre très bien <a href="https://plus.google.com/">Google+</a>, le réseau social de Google, le but n&#8217;est pas innocent. Construire de meilleurs profils des utilisateurs, déportables partout sur le web, a d&#8217;abord pour but de bâtir un meilleur environnement publicitaire, c&#8217;est-à-dire une publicité qui rapporte. Les réseaux sociaux sont avant tout une stratégie d&#8217;affaire appelée à devenir le coeur des services web de demain. Google+, par exemple, a pour but de renforcer le ciblage marketing, <a href="http://www.slideshare.net/PublicisModemUK/google-8624748">comme l&#8217;explique très bien Publicis</a>. Avec comme risque de nous faire arriver à la personnalisation totale où tout ce à quoi on accède le sera par le prisme de notre profil et de son réseau de relation. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p>Sur le sujet, signalons la sortie du denier numéro de la revue <i>Hermès</i> consacrée à <a href="http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1285">&#8220;Ces réseaux numériques dits sociaux&#8221;</a>.</p>
<p><strong>Le dossier “Comprendre Facebook” :</strong></p>
<ul>
<li>1ère partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/15/comprendre-facebook-13-le-role-social-du-bavardage/">Le rôle social du bavardage</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/16/judith-donath-si-facebook-est-important-cest-le-signe-que-nos-relations-sont-importantes/">Judith Donath : Si Facebook est important c’est le signe que nos relations sont importantes</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/28/comprendre-facebook-23-facebook-technologie-relationnelle/">Facebook technologie relationnelle</a></li>
<li>Supplément : <a href="http://www.internetactu.net/2011/04/29/comment-etudier-linternet-quand-linternet-est-partout/">Comment étudier l’internet quand l’internet est partout ?</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/21/comprendre-facebook-33-linternet-des-api-le-web-des-applications/">L&#8217;internet des API, le web des applications</a></li>
<li>Supplément : Interview, <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/24/comprendre-les-interfaces-de-programmation">Comprendre les interfaces de programmation</a></li>
</ul>
<p>_______________<br />
[1] Facebook Login est bien ici un exemple parmi d&#8217;autres. Je ne dis pas qu&#8217;il est notre seul avenir, d&#8217;autres identifiants globaux sont en concurrence. Gmail en a le potentiel, puisque votre identifiant personnel permet également d&#8217;accéder à toutes les adresses mails avec lesquelles vous avez communiqué. Twitter également. Le service de messagerie instantanée pourrait également jouer ce rôle. <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/linkedins_answer_to_facebooks_open_graph.php">Linked-in s&#8217;y essaie</a>. Et <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/05/06/a-la-une/projet-diaspora-anti-facebook/">Diaspora</a> essaie d&#8217;imaginer une plateforme relationnelle libre.  </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a><br />
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Du racisme ordinaire&#8230; online</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/04/04/du-racisme-ordinaire-online/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 12:19:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de la South by SouthWest Interactive Conference qui se déroule chaque année au Texas. Parmi les très nombreux sujets qui y ont été abordés dans l’édition 2011, celui du racisme en ligne. Je tire ce compte-rendu de The Chronicle, sous la plume d’un jeune journaliste du nom de Jeff Young.
Un&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/2011/03/21/linternet-cest-fini-la-technologie-est-devenue-le-soubassement-de-nos-vies/">Il y a quelques semaines</a>, je vous avais parlé de la <a href="http://sxsw.com/interactive">South by SouthWest Interactive Conference</a> qui se déroule chaque année au Texas. Parmi les très nombreux sujets qui y ont été abordés dans l’édition 2011, celui du racisme en ligne. Je tire ce compte-rendu de <i><a href="http://chronicle.com/blogs/wiredcampus/as-technology-evolves-new-forms-of-online-racism-emerge/30351">The Chronicle</a></i>, sous la plume d’un jeune journaliste du nom de Jeff Young.</p>
<p><a href="http://www.cartoonbank.com/invt/106197">Un très célèbre dessin du <i>New Yorker</i></a>, commence Jeff Young, a pendant longtemps résumé le pouvoir anonymisant du cyberspace : <i>“Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien&#8221;</i>. Mais, continue le journaliste, dans certains jeux vidéos célèbres et dans des mondes virtuels comme <i>Second Life</i>, des outils permettant aux gens de se parler ont été ajoutés ces dernières années. Et l’addition de voix humaines a amené les participants à catégoriser leurs interlocuteurs, souvent sur une base raciale. Telle est la conclusion des travaux menés par <a href="http://www.aasp.illinois.edu/people/lnakamur">Lisa Nakamura</a>, qui est professeur d’études asiatico-américaines à l’Université d’Illinois. <a href="http://gambit.mit.edu/updates/2011/03/hate_speech_in_game_communitie.php">Une des études les plus récentes citées</a> par Lisa Nakamura a été réalisée par <a href="http://gambit.mit.edu/">Gambit</a>, un laboratoire sur les jeux vidéos sous l’égide conjointe du Massachusetts Institute of Technology et du gouvernement de Singapour.  </p>
<p><iframe title="YouTube video player" width="570" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/6A52sGTUhXU" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<i>Vidéo : La vidéo de l&#8217;expérience réalisée par le laboratoire Gambit qui fait lire par des joueurs certains propos qu&#8217;ils ont reçus ou écouter en jouant.</i></p>
<p>Lisa Nakamura a dit avoir été surprise par de nouvelles formes de racisme émergeant dans des jeux vidéos en ligne auxquels participent des gens du monde entier. Par exemple, en Chine, beaucoup d’utilisateurs gagnent aujourd’hui leur vie en jouant à <a href="http://www.lineage2.com/">Lineage 2</a>. Dans ce jeu de rôle d’Heroic Fantasy, ces joueurs chinois remportent des armes virtuelles et les vendent ensuite à des Américains qui n’ont pas assez le temps de jouer pour armer leurs personnages. Beaucoup de ces joueurs chinois choisissent une naine, cette catégorie de personnage ayant le pouvoir de gagner plus facilement des trésors en mission solo. Et donc, certains joueurs commencent par tuer toutes les naines du jeu, en ajoutant souvent des propos anti-chinois dans la section chat.</p>
<p><i>&#8220;Ceci a pour effet, ajoute Lisa Nakamura, que les naines sont devenues une race injouable. Elles sont devenues une minorité raciale, avec un statut qui équivaut à celui du travailleur immigré – ces personnages sont devenus une race. La race n’est pas un concept provenant de la biologie, c’est une affaire une culture&#8221;</i>, conclut Lisa Nakamura.</p>
<p><a href="http://nwn.blogs.com/">James Au</a>, auteur du livre <i><a href="http://www.amazon.com/Making-Second-Life-Notes-World/dp/0061353205/internetnet-21">The making of Second Life</a></i>, qui intervenait dans cette même table ronde, a dit que les jeux en ligne et les forums où les participants étaient anonymes semblaient se multiplier moins vite ces derniers temps, et que les réseaux les plus populaires, dont Facebook, faisaient apparaître les usagers sous leur identité hors ligne. Quand l’anonymat disparaît, les gens se comportent en général de manière plus civile. <i>&#8220;Le passage à une identité en ligne réelle aide à se débarrasser du racisme&#8221;</i>, a expliqué James Au.</p>
<p>Tous les participants à cette discussion, poursuit le journaliste, ont expliqué que la question du racisme en ligne était rarement discutée, malgré les manifestations fréquentes d’un discours de haine dans les environnements en ligne. <i>&#8220;On ne prend pas suffisamment en compte cette question quand on parle des pouvoirs des médias numériques&#8221;</i> a expliqué <a href="http://www.sfgate.com/asianpop/">Jeff Yang, blogueur au <i>San Francisco Chronicle</i></a>.</p>
<p>Le compte-rendu de <i>The Chronicle</i> est rapide. On aimerait en savoir plus, et on pourra le faire bientôt puisque Lisa Nakamura, la professeure de l’Université d’Illinois qui participait à la table ronde, <a href="http://www.amazon.com/Race-After-Internet-Lisa-Nakamura/dp/0415802369/internetnet-21">publie très prochainement un livre sur ces questions</a>. Qu’il y ait du racisme dans les réseaux n’est pas étonnant en soi. J’ai rendu compte ici à plusieurs reprises d’études montrant qu’internet n’abolissait pas les différences de genre, de classe sociale ou de race. Qu’il y ait du racisme antichinois dans les jeux en réseau n’est donc pas étonnant. Un racisme qu’on imagine augmenté par le fait que les Chinois jouent bien et en tirent profit. Que ce racisme se manifeste par l’élimination de personnages particuliers dans les jeux est une conséquence plus inédite. Mais faut-il pour autant constituer ces personnages, en l’occurrence les naines de Lineage 2, en race ? Alors là, je suis un peu sceptique. Certes la race est une notion culturelle, mais cette notion peut-elle s’appliquer à des personnages qui sont virtuels ? Ces personnages de naines sont-ils victimes de racisme ? Ou même d’un génocide, s’il est vrai qu’elles sont éliminées en priorité par les joueurs ? Je ne sais pas. Il faudra lire Lisa Nakamura.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-genie-de-pixar-figure-s-du-hacker-2011-04-03.html">L&#8217;émission du 3 avril</a> était consacrée à Pixar, avec Hervé Aubron, journaliste, auteur, enseignant à l&#8217;Université Paris 3, ancien critique aux <i>Cahiers du cinéma</i>, rédacteur en chef adjoint du <i><a href="http://www.magazine-litteraire.com/">Magazine Littéraire</a></i>, et auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/Génie-Pixar-Hervé-Aubron/dp/2918040193/internetnet-21">Génie de Pixar</a></i> ainsi qu&#8217;au documentaire <a href="http://www.france4.fr/piratage/index.php?page=article&#038;numsite=6740&#038;id_article=21941&#038;id_rubrique=6743">Pira@tages</a> qui sera diffusé le 15 avril sur France 4 en compagnie d&#8217;Etienne Rouillon, rédacteur en chef &#8220;Technologies&#8221; du magazine <a href="http://www.mk2.com/troiscouleurs/index.php">Trois Couleurs</a> et réalisateur, avec Sylvain Bergère, dudit documentaire.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag nofollow">culture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeux/" title="jeux" rel="tag nofollow">jeux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-virtuelle/" title="réalité virtuelle" rel="tag nofollow">réalité virtuelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Le rôle des amateurs (2/2) : le numérique transforme-t-il l&#8217;amateur ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/03/31/le-role-des-amateurs-22-le-numerique-transforme-t-il-lamateur/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2011/03/31/le-role-des-amateurs-22-le-numerique-transforme-t-il-lamateur/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 05:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communautés]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Comptes rendus]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[identités actives]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion du séminaire Digital Life Lab organisé par l&#8217;Institut Télécom (voir la première partie du compte rendu), Jean-Samuel Beuscart d&#8217;Orange Labs et du Latts et Maxime Crépel du Medialab de Science Po ont présenté un travail en cours, un essai de typologie des trajectoires des amateurs sur le web 2.0 à partir de travaux réalisés sur MySpace et Flickr.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion du séminaire Digital Life Lab organisé par l&#8217;Institut Télécom (<a href="http://www.internetactu.net/2011/03/30/le-role-des-amateurs-12-quest-ce-quun-amateur/">voir la première partie du compte rendu</a>), <a href="http://laborange.academia.edu/JeanSamuelBeuscart/Papers">Jean-Samuel Beuscart</a> d&#8217;Orange Labs et du <a href="http://latts.cnrs.fr">Latts</a> et Maxime Crépel du <a href="http://www.medialab.sciences-po.fr/">Medialab de Science Po</a> ont présenté un travail en cours, un essai de typologie des trajectoires des amateurs sur le web 2.0 à partir de travaux réalisés sur <a href="http://www.myspace.com/">MySpace</a> et <a href="http://www.flickr.com">Flickr</a>. Pour les deux chercheurs, le web et le web 2.0 introduisent une rupture dans les pratiques amateurs telles qu&#8217;on les observait avant. Une rupture quantitative qui repose sur la démocratisation des outils de publication (qui démultiplie la visibilité), l&#8217;intensité de la sociabilité en ligne, l&#8217;imbrication des logiques de communication personnelle et de masse (qui démultiplient les trajectoires possibles dans sa pratique), la cohabitation des pratiques amateurs et professionnelles (qui disposent de métriques communes) et la possibilité de toucher un public très large (<i>&#8220;cette possibilité reposant plus sur des représentations que sur la réalité&#8221;</i>, insistent les chercheurs).  </p>
<h3>Le rôle des plateformes : comment les systèmes conduisent-ils au jeu de la notoriété ?</h3>
<p>Leur travail repose à la fois sur une étude des plateformes et des entretiens avec des utilisateurs (une trentaine pour chaque) et avait pour but de comprendre les formes d&#8217;intermédiation artistiques proposées par ces plateformes et le sens social des pratiques de publication et de sociabilité dans l&#8217;évolution de la pratique.</p>
<p><i>&#8220;La plupart des utilisateurs s&#8217;inscrivent sur une plateforme sans projet pré-établi&#8221;</i>. Ils le font pour voir, pour stocker leur image, écouter de la musique, tester le dispositif interactif. Le dispositif guide l&#8217;utilisateur dans son apprentissage, notamment via les compteurs de mesure d&#8217;audience qui petit à petit modifient l&#8217;investissement de l&#8217;utilisateur et le poussent à s&#8217;impliquer. <i>&#8220;Les règles du marketing de soi-même s&#8217;explicitent par l&#8217;usage, de manière plus ou moins assumée&#8221;</i>. Les métriques sont nombreuses : nombre de pages vues sur le profil, nombre d&#8217;amis, nombre de fois où les chansons sont écoutées pour MySpace, quant à Flickr il fournit des outils d&#8217;analyses très fines de l&#8217;audience de ses photos, permettant de mesurer combien de fois elles ont été vues, commentées, téléchargées ou mises en favoris par d&#8217;autres utilisateurs. <i>&#8220;C&#8217;est par la pratique de ces outils que les utilisateurs comprennent les leviers dont ils disposent sur l&#8217;audience&#8221;</i>. La mise en forme de sa page, la régularité des publications, la diffusion des productions, la facilité de leur appropriation par d&#8217;autres utilisateurs permettent alors de construire et entretenir un réseau de relation qui grossit petit à petit. </p>
<p>Sur Flickr, la logique est plutôt une logique d&#8217;indexation (les mots clefs et groupes populaires permettent d&#8217;attirer du trafic) où compte le titrage, l&#8217;étiquetage, le catalogage et la description des photos, alors que sur MySpace, les stratégies sont plutôt relationnelles. Flickr favorise des jeux de réciprocité, notamment via les commentaires. Myspace favorise l&#8217;organisation de communautés denses et cohérentes, par styles et goûts musicaux (classement des artistes, affichage d&#8217;artistes plus célèbres dans le genre musical où l&#8217;on se reconnait&#8230;). <i>&#8220;Les systèmes techniques conduisent les utilisateurs au jeu de la notoriété&#8221;</i>. Pourtant, dans un premier temps nuancent chercheurs, <i>&#8220;le plaisir et la réalisation de soit sont toujours mis en avant&#8221;</i>. Le web 2.0 est d&#8217;abord un dispositif de construction de soi, comme l&#8217;ont exprimés Laurence Allard avec la notion d&#8217;<a href="http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=233">expressivisme généralisé</a>, Dominique Cardon (&#8221;L&#8217;identité comme stratégie relationnelle&#8221;, Hermès, n°53) ou danah boyd (<i><a href="http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0415801818/internetnet-21">Networked Self</a></i>). Il permet d&#8217;expérimenter différentes facettes identitaires. Il est également un lieu de recherche et de reconnaissance, comme l&#8217;ont montré Fabien Granjon ou Axel Honneth (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Axel_Honneth">Wikipédia</a>) : il permet de trouver une reconnaissance sociale par l&#8217;interaction. <i>&#8220;Si l&#8217;artiste amateur est l&#8217;entrepreneur de sa notoriété, ce sont les autres qui valident ce qu&#8217;il est&#8221;</i>.</p>
<p>Dans les observations du champ amateur traditionnel, on constate l&#8217;existence de nombreuses instances de la sélection et de la consécration. Y-a-t-il sur ces plateformes des formes de validation qui font avancer la notoriété ?</p>
<p>Pour répondre à cette question, les chercheurs ont essayé de représenter la trajectoire amateur selon la validation qu&#8217;elle permet (l&#8217;audience ou la reconnaissance) et le type de trajectoire désiré (demeurer amateur ou avoir une aspiration professionnelle). Cela leur a permis de constater le fait qu&#8217;il y a plusieurs types de trajectoires d&#8217;utilisateurs qui existent.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/trajectoiredesamateurscrepelbeuscart.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/trajectoiredesamateurscrepelbeuscart.png" alt="trajectoiredesamateurscrepelbeuscart" title="trajectoiredesamateurscrepelbeuscart" width="570" height="413" class="alignright size-full wp-image-13008" /></a><br />
<i>Image : Graphique des trajectoires amateurs sur le web 2.0 par Jean-Samuel Beuscart et Maxime Crépel, avec leur aimable autorisation.</i></p>
<p><i>&#8220;La trajectoire dominante est bien sûr l&#8217;abandon&#8221;</i>, reconnaissent les chercheurs. <i>&#8220;Les gens n&#8217;arrivent pas à faire sens des compteurs ou des formes de sociabilités proposées. Leur participation ne trouve pas de sens.&#8221;</i></p>
<p>Le second type de trajectoire est celui qui consiste à développer son audience à maxima, quitte à aller jusqu&#8217;au spam (c&#8217;est-à-dire à étiqueter ses photos de mots qui ne la décrivent pas, à démultiplier les relations&#8230;). Le plus souvent, cette trajectoire finit toujours par être remise en cause par l&#8217;utilisateur qui lui préfère le besoin de reconnaissance auprès d&#8217;une petite communauté d&#8217;échange, un cercle de pairs qui ont le même type d&#8217;intérêt et avec qui échanger. Cette figure de &#8220;l&#8217;amateur enrichi&#8221; qui évolue entre audience et reconnaissance, explicite toujours l&#8217;arrêt de la course à l&#8217;audience, que ce soit par la frustration, le plaisir de l&#8217;activité ou par le fait que son parcours, confronté aux autres, perd de son sens&#8230; Ces parcours &#8220;d&#8217;amateurs enrichis&#8221; par l&#8217;expérience de la plateforme représentent bien sûr le coeur de l&#8217;activité de ces plateformes. </p>
<h3>L&#8217;imbrication des logiques physiques et virtuelles</h3>
<p>Quelques individus, une poignée, vont conserver ou développer, une volonté de professionnalisation. L&#8217;utilisation de ces plateformes est pour eux un des moyens (et ce n&#8217;est pas nécessairement le seul) mis en oeuvre pour essayer d&#8217;atteindre les industries culturelles, passer de l&#8217;amateur au professionnel. Ils les utilisent alors pour tenter de se rapprocher de professionnels (pour renforcer la légitimité ou la reconnaissance) ou d&#8217;institutions professionnelles (webzines, microlabels, petits lieux culturels&#8230;) permettant de les épauler dans la construction de leur notoriété, quitte à abandonner la plateforme pour cela. </p>
<p>Enfin, il demeure la figure de l&#8217;artiste 2.0, qui combine forte audience et aspirations professionnelles. Cette figure émergente existe-t-elle vraiment ? Et ce d&#8217;autant que les plateformes favorisent une logique d&#8217;ouverture (diffusion maximale, marketing communautaire&#8230;), alors que quand quelques rares artistes entrent sur le marché professionnel, on constate le plus souvent un passage à la fermeture (on passe du <a href="http://fr.creativecommons.org/">Creative Commons</a> au Copyright, on surveille qui reprend chansons ou images) qui va parfois jusqu&#8217;à l&#8217;abandon complet de ces plateformes pour passer dans le marché plus traditionnel des industries culturelles. </p>
<p>Pour Jean-Samuel Beuscart et Maxime Crépel, la motivation des amateurs n&#8217;est pas homogène. Elle fait apparaître différentes figures, de multiples trajectoires dont la figure dominante est &#8220;l&#8217;amateur enrichi&#8221;. Incontestablement, les plates-formes jouent désormais un rôle d&#8217;intermédiation artistique, en plus des autres formes d&#8217;intermédiations existantes, plus classiques, que sont les lieux culturels ou les médias spécialisés&#8230; Mais les deux mondes ne sont pas aussi disjoints qu&#8217;il y paraît : les trajectoires réelles et virtuelles sont très imbriquées. Le rôle des scènes locales, des lieux de concerts, les relations avec d&#8217;autres artistes ou intermédiaires artistiques locaux sont complémentaires aux trajectoires en ligne et se matérialisent bien souvent également en ligne. </p>
<h3>De l&#8217;intimité à la notoriété</h3>
<p>C&#8217;est un tout autre travail qu&#8217;ont présenté le sociologue <a href="http://cems.ehess.fr/document.php?id=155">Dominique Cardon</a> d&#8217;Orange Labs, <a href="http://camille.roth.free.fr/index.php">Camille Roth</a> du <a href="http://cams.ehess.fr/">Centre d&#8217;analyse et de  mathématique sociales</a>  et Guilhem Fouetillou de <a href="http://fr.linkfluence.net/">Linkfluence</a>, essayant d&#8217;observer les trajectoires de consécration des amateurs dans le monde numérique. Les chercheurs ont rassemblé et analysé un ensemble de blogs francophones classés selon les thématiques qu&#8217;ils entretiennent (cuisine, agora, politique, technologie, loisirs créatifs (<i>craft</i>), beauté (blogs féminins et mode)&#8230;) selon leur audience et les liens hypertextes entrant et sortant qu&#8217;ils tissent. L&#8217;idée de l&#8217;étude était de comprendre comment ces acteurs se lient entre eux : que ce soit entre eux (sur une même thématique) ou vers l&#8217;extérieur (blogs qui parlent d&#8217;autres sujets) et bien évidemment, comment, à l&#8217;inverse, l&#8217;environnement des blogs se lie à eux. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/cardonrothnaturedesliens.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/cardonrothnaturedesliens.png" alt="cardonrothnaturedesliens" title="cardonrothnaturedesliens" width="570" height="581" class="alignright size-full wp-image-13009" /></a><br />
<i>Image : la matrice de classement des blogs selon la nature endogène ou exogène des liens entrants et sortants par Dominique Cardon, Camille Roth et Guilhem Fouetillou.</i></p>
<p>Ce classement a donné naissance à une matrice classant les blogs selon leur visibilité (en 4 catégoriques : célébrité, notoriété, popularité et invisibilité) et selon la manière dont eux-mêmes lient d&#8217;autres blogs (curieux, introvertis, extravertis ou silencieux). Une topologie assez complexe donc, permettant de classer les blogs thématiquement en fonction de l&#8217;intensité des types de liens. Face à ce cadre a priori aléatoire, force est de constater que certaines caractéristiques sont plus représentées que d&#8217;autres, et ce, selon une distribution différente, selon les thématiques traitées par les blogs. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/cardonrothmatricethematique.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/cardonrothmatricethematique.png" alt="cardonrothmatricethematique" title="cardonrothmatricethematique" width="570" height="554" class="alignright size-full wp-image-13010" /></a><br />
<i>Image : par thématique, le résultat de la distribution des blogs selon les caractéristiques des liens entrants et sortants. L&#8217;intensité des couleurs traduit une sur représentation (en rouge) ou une sous-représentation (en bleu) de la catégorie dans la thématique.</i></p>
<p>Le classement qui en résulte permet de comprendre comment se distribuent les blogs en fonction de leur audience et de leur influence. Les blogs introvertis ou extravertis correspondent le plus souvent à des blogs débutants. Ceux qui sont célèbres ou silencieux correspondent surtout à des sites d&#8217;organisation, dont la notoriété est acquise avant l&#8217;arrivée dans la blogosphère (ils sont nombreux dans la thématique politique par exemple, car ils représentent des sites institutionnels ou des blogs de politiciens connus). La case A1 (les blogs qui sont à la fois célèbres et curieux, qui font autant de liens vers l&#8217;extérieur que vers eux-mêmes et qui reçoivent autant de liens de l&#8217;extérieur qu&#8217;ils émettent eux-mêmes des liens sortants) indique des blogs dominants, ces stars influentes de la blogosphère qui se retrouvent dans toutes les thématiques. Les blogs présents dans les 4 cases du centre (Popularité et notoriété mêlées à l&#8217;extraversion et à l&#8217;introversion), très liant vers l&#8217;extérieur et peu liant vers l&#8217;intérieur ou l&#8217;inverse, sont globalement souvent sous-représentés. On constate également que certains territoires thématiques sont plus autocentrés que d&#8217;autres, comme c&#8217;est le cas des blogs beautés et des blogs sur les loisirs créatifs. </p>
<p>Pour rendre cette cartographie plus préhensile, Dominique Cardon nous invite à prendre un exemple, en regardant la distribution des 751 blogs de cuisine que leur enquête a recensés. La majorité de ceux-ci sont des blogs intimes dont le slogan pourrait être <i>&#8220;moi, ma famille, ma cuisine&#8221;</i>. Ici, la recette n&#8217;est qu&#8217;un moment du récit de soi. Ces blogs reçoivent peu de commentaires, on y parle de la cuisine de la famille, les recettes demeurent simples, elles sont reprises de livres ou de programmes télé ou empruntés à d&#8217;autres, les photographies sont de basse qualité. Leurs auteurs n&#8217;hésitent pas à parler de leurs enfants ou de leurs maris (les blogs de cuisine sont souvent tenus par des femmes). </p>
<p>La seconde catégorie de cette thématique correspond à ce que Dominique Cardon appelle <i>&#8220;le club des cuisinières&#8221;</i>. Ces blogs sont caractérisés souvent par un début de spécialisation : on y parle moins de la famille, les commentaires sont plus nourris et on constate une mise en relation avec d&#8217;autres blogs de cuisinières. Les recettes sont plus originales (ou reprises d&#8217;autres blogueuses), les photos sont de qualités (et souvent signées du nom de la blogueuse ou du blog qui commence à s&#8217;approprier son nom comme une marque). Ici, on invite les autres blogueuses à faire les mêmes plats que vous (ce qui est une forme de reconnaissance forte dans cet univers). Les formes sont très affectives, très proches : on parle avant tout aux autres blogueuses. Le marché commence à y être présent : des entreprises fournissent des produits, des ustensiles, proposent des concours. </p>
<p>La dernière catégorie, c&#8217;est celle de <i>&#8220;l&#8217;élite des cuisinières&#8221;</i>, celles qui appartiennent <a href="http://www.wikio.fr/blogs/top/gastronomie">au classement Wikio</a> ou à celui de <i>Elle à Table</i>. Là, les recettes sont toutes originales. Les blogs sont très spécialisés (amuses-bouches, pâtisseries, soupes&#8230; mais pas les deux), les références à la famille ont complètement disparu, les photographies sont sophistiquées, les recettes sont copyrightées. Ces blogs suscitent beaucoup d&#8217;attention des autres blogueuses moins célèbres : les compteurs d&#8217;audience et les publications sont très mis en avant. Comme le montrait déjà l&#8217;étude de Maxime Crépel et Jean-Samuel Beuscart, la &#8220;récupération&#8221; par les industries créatives fait que certaines arrêtent l&#8217;économie du lien et de l&#8217;échange : c&#8217;est la professionnalisation, la publication d&#8217;un ou de livres qui vont devenir central. </p>
<p>Dominique Cardon signale encore deux autres catégories, moins développées, mais assez spécifiques. Celle de blogs en position réflexive par rapport au champ thématique (B2, des blogs populaires et extravertis) : qui correspond à des blogs singuliers qui font de l&#8217;analyse de produits ou d&#8217;ustensiles, des réflexions sur la gastronomie ou la géopolitique des plats. D&#8217;autres (A4 : célèbres et silencieux) sont au contraire des blogs professionnels, très liés au secteur marchand, qui sont aussi souvent dans les classements et qui correspondent à des acteurs traditionnels ou marchands qui commercialisent déjà des livres ou des produits. </p>
<p>Les trajectoires phares ayant passé par toute la gamme des catégories sont extrêmement rares. Dans le domaine de la cuisine, la plus célèbre demeure <a href="http://scally.typepad.com/">Scally</a> qui a arrêté de travailler pour ce consacrer à la cuisine. Avec 7 années de blogging, 3 recettes par semaines, 1250 billets, 23 000 commentaires, 6 livres a son actif, on a là l&#8217;exemple atypique de la consécration blogosphérique. </p>
<h3>De nouvelles imbrications d&#8217;amateurs ?</h3>
<p><a href="http://ses.telecom-paristech.fr/auray/">Nicolas Auray</a> et Dominique Fréard de Telecom Paris Tech ont étudié ce que le numérique a changé dans l&#8217;implication des amateurs à la production des connaissances, en observant le cas de l&#8217;astronomie en ligne. Leur étude met en avant l&#8217;apparition de nouveaux lieux de structuration de la pratique astronomique, distincte des formes institutionnelles traditionnelles (les clubs d&#8217;astronomie) et les structures d&#8217;éducation populaires, qui ne disparaissent pas, mais qui sont concurrencées par de nouvelles pratiques, plus informelles. Le web fait apparaître de nouveaux profils d&#8217;amateurs, à la pratique dilettante, fragmentée. Pour cela, ils ont construit une carte de 1408 sites francophones en astronomie, montrant que le passage au numérique n&#8217;est pas un phénomène harmonieux : il génère des conflits entre anciens et nouveaux amateurs qui trouvent une visibilité sur le net. Un conflit qui montre la différence entre les deux facettes de l&#8217;engagement : celle des passionnés et celle des bénévoles. </p>
<h3>L&#8217;engagement n&#8217;est pas tracé d&#8217;avance</h3>
<p><a href="http://www.nicolas-jullien.labocommunicant.net/">Nicolas Julien</a> et <a href="http://labocommunicant.net/ppc/karine-roudaut/">Karine Roudaut</a> ont observé également les parcours de contribution dans les communautés de pratiques en ligne, notamment autour des contributions à Wikipédia ou à <a href="http://georezo.net/">GeoRezo</a>, un forum professionnel. Pour eux aussi, l&#8217;engagement n&#8217;est pas tracé d&#8217;avance. Il y a un cheminement, un parcours, des étapes de participation qui structurent petit à petit la contribution. </p>
<p>L&#8217;engagement est donc d&#8217;abord souvent individuel. <i>&#8220;On trouve dans celui-ci des compensations, on y vient parce qu&#8217;il est un lieu différent de ce que l&#8217;on fait par ailleurs&#8221;</i>. On s&#8217;engage principalement pour des outils, des données, des informations, pour recherche un public, pour le plaisir de la création, pour participer d&#8217;un lieu d&#8217;apprentissage de savoir et de formation ou pour échanger sur des compétences et accéder à des experts.<br />
Bien souvent, la contribution augmente sous l&#8217;effet mécanique de l&#8217;augmentation de l&#8217;efficacité et des compétences acquises : on contribue plus, car on est plus efficace dans sa contribution, parce qu&#8217;on maîtrise les bases&#8230; Elle augmente souvent quand il y a un changement professionnel ou le développement d&#8217;affinités avec les membres du collectif ou du groupe. </p>
<p>Dans la douzaine d&#8217;entretiens réalisés par les chercheurs sur les contributeurs amateurs, ceux-ci évoquent tous le passage de l&#8217;intérêt individuel à l&#8217;intérêt collectif. Si l&#8217;intérêt individuel est le moteur premier de l&#8217;engagement, c&#8217;est l&#8217;intérêt collectif qui le fait perdurer. Peu à peu, la communauté devient une entité. On construit un idéal, qui la plupart du temps n&#8217;est pas là au début de l&#8217;implication. Mettre de l&#8217;information à disposition est également une revendication qui grimpe avec l&#8217;implication. Les gens s&#8217;assemblent également parce qu&#8217;ils partagent une sensibilité commune, une &#8220;sensibilité métier&#8221; (<i>&#8220;les gens parlent de leur carrière dans Wikipédia, comment ils sont devenus bons contributeurs en respectant les règles&#8221;</i>). Le passage à l&#8217;engagement n&#8217;est pas coûteux. On y entre par un intérêt subsidiaire et on y fait carrière, par des contributions importantes et régulières. </p>
<p>Mais l&#8217;épreuve arrive toujours &#8220;après-coup&#8221;. Peu à peu se développe un sentiment d&#8217;attachement à la communauté, mais aussi un sentiment d&#8217;obligation. Il devient difficile de revenir en arrière. Il faut maintenir la réputation du site, de la communauté et sa propre réputation, car la contribution peut faire sortir certains contributeurs de la masse (en quantité comme en qualité). </p>
<p>Comme l&#8217;ont montré bien d&#8217;autres chercheurs tout au long de cette journée, pour Nicolas Julien et Karine Roudaut, les motivations à s&#8217;engager dans une communauté en ligne sont plurielles et évoluent avec le temps, mais semblent dessiner un parcours assez commun d&#8217;une implication progressive jusqu&#8217;à un arrêt que les amateurs abordent souvent différemment, comme le soulignaient les études précédentes.  </p>
<p><a href="http://sergeproulx.uqam.ca/">Serge Proulx</a>, conclut la journée en soulignant que celle-ci s&#8217;est beaucoup intéressée à l&#8217;amateur qui devient professionnel. Pourtant, cette figure demeure une trajectoire exceptionnelle. Il ne faut pas oublier que la plupart des amateurs le demeurent. </p>
<p>Beaucoup font des choses pour le plaisir, même si pour cela ils se mesurent aux standards professionnels, rappelle Jean-Samuel Beuscart. Certes, mais c&#8217;est certainement en cela qu&#8217;elles donnent lieu à de nouvelles formes de professionnalisation, estime Nicolas Julien. </p>
<p><strong>Le rôle des amateurs</strong></p>
<ul>
<li>1ère partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/30/le-role-des-amateurs-12-quest-ce-quun-amateur/">Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un amateur ?</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/31/le-role-des-amateurs-22-le-numerique-transforme-t-il-lamateur/">Le numérique transforme-t-il l&#8217;amateur ?</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le rôle des amateurs (1/2) : Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un amateur ?</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 09:24:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La prolifération des plateformes participatives sur Internet suscite une implication toujours plus grande des amateurs dans la production ou le &#8220;remixage&#8221; de contenus médiatiques qui circulent et s&#8217;échangent sur le Web, qu&#8217;il s&#8217;agisse de textes, de photos, de vidéos, de fichiers musicaux, de logiciels, etc. L&#8217;objet du colloque organisé par le Digital Life Lab de l&#8217;Institut Télécom le 18 mars&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La prolifération des plateformes participatives sur Internet suscite une implication toujours plus grande des amateurs dans la production ou le &#8220;remixage&#8221; de contenus médiatiques qui circulent et s&#8217;échangent sur le Web, qu&#8217;il s&#8217;agisse de textes, de photos, de vidéos, de fichiers musicaux, de logiciels, etc. L&#8217;objet du colloque organisé par le Digital Life Lab de l&#8217;<a href="http://www.institut-telecom.fr/">Institut Télécom</a> le 18 mars 2011 (<a href="http://lacantine.ubicast.eu/channels/digital-life-lab/">voir toutes les interventions vidéos de la journée</a>) était justement de réfléchir aux enjeux sociaux, organisationnels et culturels suscités par la profusion des pratiques amateurs dans l&#8217;univers numérique. </p>
<h3>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un amateur ?</h3>
<p>Le sociologue Antoine Hennion (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Hennion">Wikipédia</a>), directeur de recherches au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Hennion">Centre de sociologie de l&#8217;innovation</a> de l&#8217;école des Mines de Paris, a consacré une grande partie de ces travaux au sujet des amateurs, notamment en décortiquant les pratiques amateurs dans le domaine de la musique et la façon dont se forme le goût musical. Il a d&#8217;abord rappelé l&#8217;ambiguïté du terme. L&#8217;amateur peut désigner à la fois celui qui aime ou se passionne pour quelque chose, comme celui qui fait mal les choses, le non-expert, le non-professionnel. En s&#8217;intéressant aux passions amateurs, on peut s&#8217;éloigner d&#8217;une sociologie de la réception ou de la consommation pour s&#8217;intéresser plus avant à la coproduction, à &#8220;l&#8217;attachement&#8221;. <i>&#8220;Il faut considérer l&#8217;amateur non pas comme un producteur, mais un producteur de sa propre relation à l&#8217;objet, de l&#8217;attachement à ses pratiques&#8221;</i>.</p>
<p>Pour Patrice Flichy, sociologue au <a href="http://latts.cnrs.fr">Latts</a> (Laboratoire Techniques Territoires et Sociétés), directeur de la <a href="http://reseaux.e-revues.com/acceuil.jsp">revue <i>Réseaux</i></a> et auteur du <i><a href="http://www.amazon.fr/sacre-lamateur-Sociologie-ordinaires-numérique/dp/2021031446/internetnet-21">Sacre des amateurs</a></i>, l&#8217;amateur se définit par ses pratiques. C&#8217;est en tout cas ainsi que Howard Becker (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Becker">Wikipédia</a>) auteur notamment des <i>Mondes de l&#8217;art</i> , qui s&#8217;intéressait aux artistes amateurs, a tenté de les définir. </p>
<p>Pour ce dernier, les amateurs sont extérieurs au monde de l&#8217;art. Les amateurs que l&#8217;on retrouve sur l&#8217;internet sont également extérieurs au monde qu&#8217;ils approchent. Ils n&#8217;ont pas suivi les apprentissages standards légitimes (tous les musiciens ne sont pas passés par exemple par le conservatoire) et ils ne respectent pas la division du travail &#8220;standard&#8221; qui organise les carrières des professionnels. Ils sont indépendants vis-à-vis des conventions du moment dit Becker. Sur l&#8217;internet également, ils ne respectent pas les grandes conventions d&#8217;un domaine : ils créent le plus souvent leurs conventions locales ou spécifiques, comme on l&#8217;observe sur Flickr où se créé des communautés amateurs autour de règles formelles qui ne sont pas nécessairement en usage chez les professionnels ou comme on le trouve dans le domaine du remix, où les amateurs doivent parfois suivre des règles précises pour accéder à un genre. <i>&#8220;C&#8217;est le jeu complexe du fan&#8221;</i>.<br />
Une autre spécificité de l&#8217;amateur est liée à leur rapport au public. L&#8217;amateur traditionnel ne se pose pas la question du public : il joue pour lui, pour ses amis. Or, avec l&#8217;internet, l&#8217;amateur se situe face à un public restreint, extime, qui est parfois un peu plus large que celui des proches ou de la communauté à laquelle il se réfère et appartient. </p>
<p>La dernière spécificité de l&#8217;amateur selon Becker explique Patrice Flichy, tient à la question des outils. Becker insiste sur le fait que les amateurs n&#8217;utilisent pas les outils des professionnels. Or, dans le monde numérique, les outils sont les mêmes (même si le home studio de l&#8217;amateur ne ressemble pas totalement à celui du professionnel). Avec l&#8217;internet, les outils professionnels sont accessibles à tous.</p>
<p><i>&#8220;Becker fait une approche en creux, lui permettant finalement de distinguer ce qu&#8217;est un artiste par rapport à un amateur&#8221;</i>. Patrice Flichy acquiesce à cette définition et pousse les caractéristiques de l&#8217;amateur à l&#8217;heure d&#8217;internet encore un peu plus loin.<br />
<a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/amateursflickr.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/amateursflickr.png" alt="amateursflickr" title="amateursflickr" width="570" height="525" class="alignright size-full wp-image-12966" /></a><br />
<i>Image : les amateurs par les amateurs, où <a href="http://www.flickr.com/search/?q=amateur&#038;l=cc&#038;mt=all&#038;adv=1&#038;z=t">comment la communauté de photographes amateurs de Flickr observe les amateurs</a>.</i></p>
<p>L&#8217;amateur est un élément clef de la construction de l&#8217;identité : il choisit sans contrainte du public, du marché ou du producteur. <i>&#8220;Quand on observe les pratiques des fans d&#8217;Harry Potter ou les comportements des jeunes sur les skyblogs, on constate que l&#8217;amateurisme est un élément fort de leur construction identitaire. C&#8217;est le lieu d&#8217;un investissement fort, dictée par la passion. Beaucoup des articles sur les phares que l&#8217;on trouve dans Wikipédia ont été écrits par des dockers et des gens de la mer par exemple.  L&#8217;amateur est caractérisé par la liberté avec laquelle il circule dans sa passion, bien qu&#8217;elle puisse être tempérée quand elle s&#8217;inscrit dans un itinéraire de professionnalisation ou des contraintes de notoriété.&#8221;</i> </p>
<p>L&#8217;amateur s&#8217;inscrit également dans de nouvelles formes d&#8217;apprentissage liées à l&#8217;auto-apprentissage. L&#8217;internet permet d&#8217;accéder aux connaissances et aux conseils des autres, facilement. La constitution des compétences s&#8217;appuie d&#8217;ailleurs sur une grande gamme d&#8217;amateurs, allant du profane ignorant au véritable expert d&#8217;un sujet. Dans la figure de l&#8217;amateur à l&#8217;ère d&#8217;internet, il y a quelque chose qui renvoie aux thèses d&#8217;Illitch sur la société sans école, rappelle le sociologue. </p>
<p><i>&#8220;L&#8217;amateur est un expert par en bas&#8221;</i>. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;expert est devenu un synonyme de spécialiste, alors qu&#8217;il était celui qui avait acquis une compétence par l&#8217;expérience, comme l&#8217;explique Michel de Certeau. C&#8217;est d&#8217;ailleurs la thèse de Sennet (<a href="http://www.amazon.fr/Ce-que-sait-main-lartisanat/dp/2226187197/internetnet-21"><i>Ce que sait la Main</i></a>) : dans l&#8217;entreprise, à côté des spécialistes, les salariés ordinaires ont petit à petit développé une compétence, une expertise par en bas. Internet permet à cet expert par en bas d&#8217;occuper une place dans l&#8217;espace public qu&#8217;il avait des difficultés à occuper au préalable.</p>
<p>Dernière caractéristique de l&#8217;amateur : il s&#8217;engage par intermittence. C&#8217;est ce qui le distingue du militant, du membre d&#8217;une association&#8230; <i>&#8220;L&#8217;amateur a un engagement éclaté, divers, qui peut-être intense, mais qui est avant tout irrégulier&#8221;</i>. En ce sens, il est dans la continuité des nouvelles formes de militantisme apparu depuis 15 ans et que décrit Jacques Ion dans son livre <i>La fin des militants ?</i> : des militants non encartés, liés à des mouvements sociaux ponctuels&#8230; Internet et les réseaux sociaux facilitent largement cet engagement intermittent. </p>
<h3>Limites d&#8217;une société de l&#8217;amateur</h3>
<p>Pour Patrice Flichy, ces nouvelles formes de l&#8217;amateur soulèvent au moins deux questions à nos sociétés.</p>
<p>L&#8217;éclatement des pratiques culturelles amateurs et des savoirs semble décrire un monde où toutes les hiérarchies disparaissent. Alors que dans les pratiques amateurs traditionnelles, les compétences se mesuraient à l&#8217;aune des pratiques professionnelles, dans l&#8217;amateurisme numérique, <i>&#8220;tout semble juxtaposé, sans hiérarchie&#8221;</i>. Ainsi, dans Wikipédia, tout est sur le même plan : l&#8217;article de mathématique rédigé par un universitaire pour ses étudiants comme l&#8217;article sur les médecines douces écrits par des militants. Dans le domaine politique, juge Patrice Flichy, l&#8217;amateur n&#8217;a rien à voir avec le citoyen curieux de la démocratie participative. Il renvoie plutôt à ce que Rosenvallon appelle la <i><a href="http://www.amazon.fr/contre-démocratie-politique-à-lâge-défiance/dp/2757807935/internetnet-21">Contre-démocratie</a></i>, à l&#8217;individu qui intervient pour dénoncer ou faire circuler l&#8217;information. L&#8217;amateurisme citoyen est souvent multiple et éclaté. Le plus souvent, il se cristallise autour d&#8217;un mouvement social ou d&#8217;un évènement politique très fort. Les organisations politiques réussissent d&#8217;ailleurs parfois très bien à instrumentaliser cette participation citoyenne, comme l&#8217;a montré l&#8217;organisation de la campagne électorale d&#8217;Obama autour de MyBarackObama.com. Ce débat sur l&#8217;organisation unifiée ou éclatée de la pratique politique amateur ressemble à l&#8217;articulation entre amateurs et professionnels dans le domaine de la science. Derrière ce conflit, on en perçoit un autre : l&#8217;ensemble scientifique a tendance à constituer un savoir universel, là où l&#8217;amateur est plutôt à la recherche d&#8217;un savoir local. </p>
<p>Ces nouvelles pratiques de l&#8217;amateur posent également la question de la démocratisation de l&#8217;expertise : clairement, &#8220;l&#8217;expert par en bas&#8221;, est un individu qui se sent légitime à participer au débat public, à débattre avec l&#8217;élu, avec l&#8217;expert spécialiste. Cette montée de la contestation des experts spécialistes, par &#8220;l&#8217;expert par en bas&#8221;, est un élément important du lien entre amateurisme et internet et ressemble aux débats du XIXe sur le suffrage universel où l&#8217;on se demandait pourquoi il fallait donner le droit de vote aux analphabètes et à ceux qui n&#8217;étaient pas propriétaires&#8230; Reste que dans le débat sur la démocratisation de l&#8217;expertise, on retrouve un discours actuel assez proche de celui de la contestation des élites. </p>
<p>Prolongeant sa conclusion, Patrice Flichy explique encore : <i>&#8220;On a mis beaucoup d&#8217;espoirs dans le fait qu&#8217;internet allait permettre de démultiplier la participation. Or, on constate que cette participation est assez faible et qu&#8217;elle demeure, largement, comme la participation réelle, celle des non-actifs (ce qui n&#8217;est pas sans poser problème, bien souvent). Par contre, force est de constater que les interventions contre-démocratiques, elles, occupent pour l&#8217;instant un espace sans commune mesure sur l&#8217;internet.&#8221;</i></p>
<h3>Les pratiques culturelles amateurs</h3>
<p>Pour Olivier Donnat, sociologue des pratiques culturelles au <a href="http://www.culture.gouv.fr/nav/index-stat.html">Département des études, de la prospective et des statistiques</a> du ministère de la Culture, et auteur des <i><a href="http://www.amazon.fr/pratiques-culturelles-français-lère-numérique/dp/2707158003/internetnet-21">Pratiques culturelles des Français à l&#8217;ère du numérique</a></i>, la question des amateurs a une histoire. </p>
<p>L&#8217;étude des pratiques culturelles amateurs a commencé dans les années 90 au ministère. Ces &#8220;pratiques culturelles amateurs&#8221; font référence à un concept polysémique qui a permis d&#8217;assembler des problématiques très antagonistes recouvrant 3 types de participation :</p>
<ul>
<li>Le contact avec les oeuvres culturelles : une pratique extrêmement valorisée depuis Malraux, amplifiée par les discours sur la figure du créateur par Jack Lang, ministre de la Culture dans les années 80, qui consiste à mesurer la fréquentation des musées, des expositions ou des concerts. Des pratiques qui renvoient à des objets culturels très spécifiques, ayant des publics certes indifférenciés, mais favorisant plutôt l&#8217;image du &#8220;connaisseur&#8221;, de l&#8217;habitué des équipements culturels. </li>
<li>La consommation de produits culturels ou audiovisuels. Face à la figure du connaisseur, ici, c&#8217;est la figure du téléspectateur ou du fan qui est questionné. Une figure longtemps très dévalorisée, <i>&#8220;analysée en terme de passivité ou d&#8217;aliénation comme on disait dans les années 70&#8243;</i>. Contrairement au connaisseur, le consommateur passif porte une image repoussoir et rares sont ceux qui sont allés étudier comment les gens s&#8217;appropriaient les programmes qu&#8217;ils regardaient, souligne le sociologue. </li>
<li>Enfin, il y avait les pratiques amateurs elles-mêmes (jardinage, bricolage, modélisme&#8230;), qui ont longtemps été un &#8220;trou noir&#8221;. Les milieux culturels comme les sociologues ont longtemps évité le sujet. <i>&#8220;Même dans le questionnaire français des pratiques culturelles, les questions sur ce sujet demeurent rares. Plus rares que dans l&#8217;enquête américaine équivalente en tout cas&#8221;</i>.</li>
</ul>
<p><i>&#8220;Les pratiques amateurs ont longtemps été renvoyées au ministère de la Jeunesse et des Sports : la Culture étant réservée aux professionnels&#8221;</i>, rappelle Olivier Donnat. Le terme amateur déclenche facilement des polémiques qui ont incité à le laisser de côté. C&#8217;est seulement dans les années 90 que le ministère de la Culture a commencé à s&#8217;y intéresser en lançant l&#8217;enquête sur les pratiques culturelles des Français. <i>&#8220;C&#8217;était l&#8217;époque où la culture expressive (&#8221;l&#8217;expression de soi&#8221;) rejoignait de nouvelles formes de pratiques (notamment sportives) fortement investies d&#8217;un point de vue identitaire. Ces pratiques servaient à se définir soi-même. Les pratiques amateurs sont alors devenues un nouvel enjeu de politique culturelle et de recherche.&#8221;</i></p>
<p>Reste que définir le contenu culturel ou la dimension artistique qu&#8217;il pouvait y avoir dans certaines pratiques était difficile. Les travaux d&#8217;<a href="http://www.sciencespo-toulouse.fr/spipiep325/0/fiche___article/&#038;RH=spipiep3">Eric Darras</a> sur le tuning des voitures, la question de la broderie, du tricot ou du jardinage entraient-ils dans les missions du ministère de la culture ? <i>&#8220;Une autre difficulté de l&#8217;enquête reposait sur la disparité des activités et leur caractère individuel ou collectif rendant difficile les questions communes : l&#8217;écriture d&#8217;un journal intime ayant peu de points communs avec la pratique du théâtre amateur par exemple&#8221;</i>. Les pratiques amateurs se distinguent entre activités intimes et activités visibles, sociales.  </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/tuning.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/tuning.png" alt="tuning" title="tuning" width="580" height="330" class="alignright size-full wp-image-12969" /></a><br />
<i>Image : le Tuning, l&#8217;art des classes populaires, comme le caractérise Eric Darras, <a href="un art des classes populaires">et son imaginaire</a>.</i></p>
<p><i>&#8220;L&#8217;enquête a néanmoins montré l&#8217;importance de la diffusion des pratiques amateurs. La moitié des Français en avait pratiqué une au cours de leur vie et 22% en avait pratiqué une au cours des 12 derniers mois. Elle montrait l&#8217;importance des formes d&#8217;autodidaxie ainsi que le fait que les disparités territoriales et sociales étaient moins accentuées que dans le cas de la fréquentation des équipements culturels ou que de la consommation des biens culturels. Elle montrait également que les pratiques culturelles amateurs étaient très liées à l&#8217;âge (on les pratique plutôt durant l&#8217;enfance et l&#8217;adolescence avec un fort taux d&#8217;abandon avec l&#8217;entrée dans la vie active), mais que ce taux de pratique augmentait globalement générationnellement&#8221;</i> (plus les générations étaient jeunes et avaient eu des pratiques amateurs, plus elles avaient de chance de se prolonger après l&#8217;entrée dans la vie active). <i>&#8220;Elle montrait également le rôle des parcours de vie dans ces pratiques :  les pratiques amateurs sont souvent liées à des moments de changement de statut biographique.&#8221;</i> La retraite ou le divorce permettent de se mettre au jardinage, à la pratique d&#8217;un instrument de musique ou au chant choral. En cela, on constate des différences dans ce type de pratiques : celles qui sont transitionnelles et celles qui sont des activités tout au long de la vie. </p>
<p>Les pratiques amateurs sont donc multiples et induisent des formes d&#8217;engagement variées quant aux rythmes de pratiques (régulières ou pas) ou à leur importance (l&#8217;activité est-elle essentielle dans la définition de soi ou est-elle plutôt une pratique sociale ?), souligne Olivier Donnat. <i>&#8220;Tant et si bien qu&#8217;il est difficile de se définir comme amateur : cela dépend beaucoup de la perception que chacun a de sa pratique&#8221;</i>. Autre constat encore : les pratiques amateurs ne sont pas forcément corrélées aux pratiques de consommation culturelles ou aux pratiques professionnelles. <i>&#8220;La moitié des gens qui faisaient du théâtre amateur n&#8217;avaient pas vu de spectacle de théâtre professionnel dans les 12 derniers mois&#8221;</i>. Les peintres amateurs ne connaissent souvent pas l&#8217;art contemporain. </p>
<p><a href="http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=fd-hdv03&#038;page=fichiers_detail/HDV03/presentation.htm">L&#8217;enquête &#8220;Histoire de vie&#8221; de l&#8217;Insee</a> a confirmé bien des intuitions de l&#8217;enquête sur les pratiques amateurs du ministère de la Culture. Les entretiens réalisés soulignaient l&#8217;importance de l&#8217;enfance et de l&#8217;adolescence et le rôle de la famille dans &#8220;l&#8217;ancrage&#8221; des pratiques. Qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une transmission &#8220;naturelle&#8221; en héritage (familles de musiciens ou de footballeurs&#8230;) ou en rupture (pratique du jazz dans une famille de musiciens classique), voire conflictuelle (vocation ratée) ou libératoire (accéder à un monde éloigné de son monde d&#8217;origine), comme l&#8217;évoque Christian Bromberger dans <i><a href="http://www.amazon.fr/Passions-ordinaires-Christian-Bromberger/dp/201279081X/internetnet-21">Les passions ordinaires</a></i>.  </p>
<p>Il est important, conclut Olivier Donnat de distinguer deux figures de l&#8217;amateur dans l&#8217;articulation qu&#8217;il fait de sa passion dans la vie sociale : le modèle de l&#8217;engagement total dont le but est de professionnaliser sa passion ou d&#8217;organiser sa vie sociale autour de l&#8217;objet de sa passion et le modèle de l&#8217;engagement intime où l&#8217;activité demeure bien souvent coupée de sa vie sociale. </p>
<p><strong>Le rôle des amateurs</strong></p>
<ul>
<li>1ère partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/30/le-role-des-amateurs-12-quest-ce-quun-amateur/">Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un amateur ?</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/31/le-role-des-amateurs-22-le-numerique-transforme-t-il-lamateur/">Le numérique transforme-t-il l&#8217;amateur ?</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-ascendante/" title="innovation ascendante" rel="tag nofollow">innovation ascendante</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Eclairages pour le 21e siècle : Google, le monde et moi</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/03/23/eclairages-pour-le-21e-siecle-google-le-monde-et-moi/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 05:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 9 mars avait lieu à la Bibliothèque publique d&#8217;information du Centre Pompidou, dans le cadre du cycle &#8220;Eclairage pour le 21e siècle&#8221;, un débat sur Google, organisé en partenariat avec Place de la Toile, Chronique de la rentrée littéraire et InternetActu.net. 
Animé par Abeline Majorel, le débat réunissait 

Ariel Kyrou, l&#8217;auteur de Google God, cette déclaration d&#8217;amour et de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Le 9 mars avait lieu à la <a href="http://www.bpi.fr">Bibliothèque publique d&#8217;information</a> du Centre Pompidou, dans le cadre du cycle <a href="http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&#038;id_doc=1790">&#8220;Eclairage pour le 21e siècle&#8221;</a>, un débat sur Google, organisé en partenariat avec <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a>, <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/">Chronique de la rentrée littéraire</a> et <a href="http://www.internetactu.net">InternetActu.net</a>. </p>
<p>Animé par Abeline Majorel, le débat réunissait </p>
<ul>
<li>Ariel Kyrou, l&#8217;auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/Google-God-Brother-nexiste-partout/dp/2916940383/internetnet-21">Google God</a></i>, cette déclaration d&#8217;amour et de haine, de fascination et de rejet sur ce monstre du quotidien, également rédacteur en chef du site <a href="http://www.culturemobile.net">Culture Mobile</a> et membre du collectif de rédaction de la revue <i><a href="http://multitudes.samizdat.net/">Multitudes</a></i> ;</li>
<li>Daniel Ichbiah rédacteur en chef du magazine <i>Comment ça marche</i>, écrivain, auteur notamment de <i><a href="http://www.amazon.fr/Comment-Google-mangera-Daniel-Ichbiah/dp/2809803641/internetnet-21">Comment Google mangera le monde ?</a></i> ;</li>
<li>Bernard Girard, consultant en management, qui a écrit en 2006 <i><a href="http://www.amazon.fr/Une-révolution-management-modèle-Google/dp/2916260110/internetnet-21">Une révolution du management &#8211; le modèle Google</a></i><i>, qui reconnait avoir choisi d&#8217;utiliser Google dès 1998 pour découvrir que leurs méthodes de management reposaient sur tout le contraire de ce qu&#8217;il enseignait à ses étudiants et clients ;</i></li>
<li> et enfin de Matthieu Lecomte, analyste chez <a href="http://www.fabernovel.com/">Faber Novel</a>, l&#8217;éditeur français de <i><a href="http://www.amazon.fr/m%C3%A9thode-Google-ferait-votre-place/dp/2753300917/internetnet-21">La méthode Google</a></i> de Jeff Jarvis et qui a participé en 2008 à la rédaction d&#8217;une étude sur Google : &#8220;<a href="http://www.scribd.com/doc/25870814/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-su-Google-sans-jamais-oser-le-demander">Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Google sans jamais oser le demander</a>&#8221; et &#8220;<a href="http://www.slideshare.net/misteroo/pourquoi-google-nest-pas-invincible">Pourquoi Google n&#8217;est pas invincible&#8221;</a>.</li>
</ul>
<p>Ceux qui le souhaitent peuvent réécouter en ligne <a href="http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&#038;id_doc=3381">le débat</a>.</p></blockquote>
<h3>Comment et en quoi Google est-il pertinent ?</h3>
<p>La principale qualité de Google repose sur celle de son moteur. Mais est-ce que son modèle économique a une incidence sur sa pertinence comme l&#8217;exprime Renaud Chareyre dans son livre <a href="http://www.googlespleen.com/">Google Spleen</a> &#8211; un réquisitoire argumenté sur la la collusion d&#8217;intérêt entre le modèle publicitaire de Google et sa fonction de moteur de recherche ? En quoi, par exemple, le dernier changement d&#8217;algorithme de Google, a-t-il des effets sur la manière dont on trouve ce qu&#8217;on cherche, questionne Abeline Majorel. </p>
<p>Pour Matthieu Lecomte, Google cherche sans cesse à améliorer l&#8217;expérience utilisateur, alors que les éditeurs cherchent à contourner les règles mises en place par le moteur. Depuis quelques années, explique-t-il sont apparues des fermes de contenus, produisant quotidiennement des quantités astronomiques de contenus basés sur les requêtes que produisent les internautes. Des contenus de faibles qualités qui monopolisent les premières pages de résultats du moteur. Google a donc récemment modifié son algorithme, comme il le fait régulièrement, mais de manière drastique, pour pénaliser ces fermes de contenus. </p>
<p>Après avoir expliqué le fonctionnement du <i>page rank</i> de Google, qui lui permet de classer les contenus selon le nombre de liens et la qualité des sites qui pointent vers eux, Ariel Kyrou pose une question : qu&#8217;est-ce qui fait la qualité de Google ? Google privilégie de plus en plus la qualité, mais aussi la subjectivité. Qu&#8217;est-ce qui fait qu&#8217;un site va être meilleur qu&#8217;un autre ? Ne va-t-on pas vers une &#8220;efficacité&#8221; et une &#8220;subjectivité&#8221; de plus en plus grandes ? <i>&#8220;Cette &#8220;efficacité&#8221; et cette &#8220;subjectivité&#8221; ne doivent-elles pas nous interroger ?&#8221;</i> </p>
<p>Daniel Ichbiah et Bernard Girard semblent plus angéliques. Pour le premier, Google se doit d&#8217;offrir le meilleur moteur possible, car il ne vend rien. On y revient, car il doit être l&#8217;ami de l&#8217;internaute, il a besoin que vous l&#8217;utilisiez pour cliquer sur ces publicités. <i>&#8220;97 % de ces 28 milliards de revenus annuels proviennent de la publicité&#8221;</i>. Tout à fait, acquiesce Bernard Girard. Google n&#8217;est qu&#8217;un outil documentaire comme un autre. </p>
<p>Dans son livre, Renaud Chareyre tente de démontrer que le système des <a href="https://adwords.google.fr/select/home">Adwords</a> est biaisé, explique Ariel Kyrou. Le système n&#8217;est pas aussi angélique qu&#8217;il y a paraît. Les publicités les mieux placées ne sont pas forcément les meilleures. <i>&#8220;Cette étude est intéressante par rapport au discours de Google, car il en pointe certaines incohérences. Pendant des années, Google s&#8217;est défié de la publicité. Chareyre met en avant un potentiel conflit d&#8217;intérêts entre la pertinence de la recherche et le système publicitaire de Google. Il souligne que le système, tel qu&#8217;il fonctionne, est relativement opaque.&#8221;</i> </p>
<p>Matthieu Lecomte n&#8217;est pas d&#8217;accord. Lui qui est utilisateur d&#8217;Adwords n&#8217;a jamais constaté ce type de problèmes. Google propose des formations pour apprendre aux gens comment ce système fonctionne. <i>&#8220;Si jamais Google truquait les résultats, les utilisateurs s&#8217;enfuiraient&#8221;</i>. De plus, <i>&#8220;Google est une société cotée. Elle propose bien plus d&#8217;information sur son fonctionnement qu&#8217;on ne le pense. Certes, ils ne donnent pas la formule de leur algorithme, mais ils tiennent un blog pour informer des changements.&#8221;</i> Adwords est le système publicitaire de Google qui consiste à acheter des mots clefs, par enchères, pour avoir des publicités simples sur les premières pages de résultats de Google sur ces mots clefs. Deux critères entrent en ligne de compte : le niveau de l&#8217;enchère et le <i>quality score</i>, c&#8217;est-à-dire la pertinence de l&#8217;annonce mesurée par son taux de clic. </p>
<p>Tout à fait poursuit Bernard Girard : on achète un espace publicitaire sur Google à partir de mots clefs. On indique la somme qu&#8217;on souhaite payer par jour et un algorithme calcule en fonction des occurrences et des autres enchérisseurs, votre place et le nombre d&#8217;affichages de votre publicité, ce qui a pour tendance de faire monter le prix des annonces. Mais vous ne payez Google que quand les visiteurs cliquent sur la publicité. <i>&#8220;C&#8217;est un modèle publicitaire doublement innovant. D&#8217;abord parce qu&#8217;il repose sur l&#8217;absence de commerciaux. Ensuite parce que ces annonces sont très simples et ne nécessitent pas de passer par une agence publicitaire pour les faire&#8221;</i>. C&#8217;est un modèle performant et novateur (on ne paye qui si quelqu&#8217;un a cliqué, contrairement à la publicité traditionnelle), qui en explique le succès.</p>
<p>Google a un intérêt économique à être honnête, insiste Daniel Ichbiah. Sans compter que Google est né en réaction aux moteurs de recherches qui pratiquaient l&#8217;amalgame, explique Girard. <i>&#8220;Nous pouvons d&#8217;un clic l&#8217;abandonner. Google est d&#8217;une extrême fragilité. C&#8217;est un monstre bâti sur des pieds d&#8217;argile. S&#8217;ils trichaient, ils seraient automatiquement punis.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/googledigitalleadership.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/googledigitalleadership.png" alt="googledigitalleadership" title="googledigitalleadership" width="579" height="334" class="alignright size-full wp-image-12541" /></a><br />
<i>Image : le Leadership de Google vu <a href="http://www.flickr.com/photos/phploveme/4040844333/">par Jinho Jung</a>.</i></p>
<h3>Le risque du profilage</h3>
<p>Google n&#8217;est pas angélique concède Daniel Ichbiah. Là où il nous pose un problème est que nulle part, sur sa page d&#8217;accueil, il ne nous prévient que toutes les requêtes que nous ferons seront conservées&#8230; et pire, comme c&#8217;est le cas avec le Patriot Act aux Etats-Unis, que le gouvernement américain peut demander ces données sur simple requête. <i>&#8220;Ils voulaient conserver tous nos e-mails ad vitam aeternam. Imaginez notre réaction, si tous nos échanges de courrier papier étaient dupliqués et conservés pour l&#8217;éternité par une entreprise privée. C&#8217;est pourtant ce qu&#8217;il se passe&#8221;</i>, même si la durée de conservation des e-mails a été réduite à 9 mois, grâce au travail de l&#8217;Electronic Frontier Foundation. </p>
<p>Mais Google n&#8217;est pas le seul à conserver nos données, nuancent Matthieu Lecomte et Bernard Girard. Le problème n&#8217;est pas lié à Google : on laisse des traces de partout, pas uniquement sur le web d&#8217;ailleurs&#8230; <i>&#8220;Google n&#8217;est pas le premier ni l&#8217;acteur le plus important du profilage&#8221;</i>, rappelle Matthieu Lecomte, <i>&#8220;mais peu de monde connait les sociétés leaders de ces marchés que sont <a href="http://www.criteo.com/">Criteo</a> ou <a href="http://www.wunderloop.com">Wunderloop</a> par exemple&#8221;</i>. </p>
<p>Oui, Google fait comme les autres, reconnaît Ariel Kyrou. Le traçage et le profilage ne vont cesser d&#8217;augmenter avec le mobile et notamment Androïd, le système d&#8217;exploitation de Google pour mobile. <i>&#8220;Il va être toujours plus fin, plus précis. Tissant un double de nous-mêmes. Il y a un réel danger à prendre cet avatar &#8211; qui sait où l&#8217;on est, ce qu&#8217;on apprécie, ce qu&#8217;on va aimer &#8211; pour le corps statistique de nous-mêmes. Ce n&#8217;est pas parce que Google fait du profilage comme les autres que cela doit justifier le profilage qu&#8217;il accomplit.&#8221;</i> </p>
<p>Oui, concède Bernard Girard. Mais le profilage a une valeur statistique importante. <a href="http://www.google.org/flutrends/">Google trends par exemple permet d&#8217;anticiper les épidémies de grippe</a>, car bien souvent les gens cherchent des informations sur leurs symptômes avant d&#8217;aller chez le médecin. Ces données ont un intérêt statistique, mais elles deviennent inquiétantes quand on peut dire que c&#8217;est un tel qui regarde telle ou telle information.</p>
<h3>La connaissance se résume-t-elle à l&#8217;accès ?</h3>
<p>Avec Google, tout est chiffres, données. Avec Google, la connaissance semble se réduire à une variable mathématique. </p>
<p><i>&#8220;Google croit profondément à la connaissance&#8221;</i>, explique Ariel Kyrou. Ses fondateurs viennent du meilleur milieu universitaire de la planète. Pour eux, la connaissance mathématique peut changer le monde. Dans ce cadre, ils considèrent les livres comme une source d&#8217;information, une source encore plus crédible que d&#8217;autres. On sous-estime la logique de diffusion de la connaissance de Google. Pourtant, ils ne vont pas s&#8217;en servir de la même manière qu&#8217;une institution publique, car Google est avant tout une entreprise privée. </p>
<p>Avec Google Books, Google a construit une immense bibliothèque où tous les livres sont accessibles immédiatement, explique Bernard Girard. <i>&#8220;Je suis utilisateur de <a href="http://books.google.fr/">Google Books</a>, et je dois reconnaître qu&#8217;il me donne accès à des livres dont nous n&#8217;imaginions pas même l&#8217;existence. La facilité d&#8217;accès élargit considérablement notre capacité à travailler. Mais aujourd&#8217;hui, Google a un problème : ils ne gagnent pas d&#8217;argent avec !&#8221;</i> Néanmoins, cela montre bien le fonctionnement de Google, estime Bernard Girard : <i>&#8220;ils satisfont d&#8217;abord les utilisateurs et cherchent ensuite des moyens pour se rémunérer et gagner de l&#8217;argent. Nous sommes dans une logique managériale et de business totalement différente des logiques traditionnelles.&#8221;</i></p>
<p><i>&#8220;Reste qu&#8217;une donnée n&#8217;est pas l&#8217;information, comme l&#8217;information n&#8217;est pas la connaissance&#8221;</i>, rappelle Ariel Kyrou. <i>&#8220;La connaissance n&#8217;est pas que l&#8217;accès. Il y a là une limite à la construction de la connaissance telle que la conçoit Google. Google favorise par exemple la recherche rapide à la recherche lente, comme le montre <a href="http://www.google.fr/instant/">Google Instant</a>, qui devance, avant que vous ne les tapiez les mots que vous recherchez. Or, la connaissance suppose de prendre du temps, du recul, des chemins de détour&#8230; La connaissance suppose une hygiène de pratique qui ne se résume pas à l&#8217;accès, à Google, à l&#8217;internet.&#8221;</i> </p>
<h3>Google nous rend-il stupides&#8230; ou plus intelligents ?</h3>
<p>Google change incontestablement nos manières de travailler, insiste Bernard Girard. En nous permettant d&#8217;accéder à plus de documents, il modifie notre manière de lire et d&#8217;écrire. Nous sommes sans aucun doute au tout début d&#8217;une véritable révolution cognitive. Dont on voit déjà les effets, explique Matthieu Lecomte. Le travail d&#8217;un journaliste bien souvent consiste à faire l&#8217;article le plus Googolocompatible possible.<i>&#8221; La valeur d&#8217;un article pour un éditeur de presse, c&#8217;est un article bien indexé par Google&#8221;</i>. Nous sommes confrontés à un risque de dérive et d&#8217;appauvrissement général. <a href="http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/">Après avoir cité Nicholas Carr et son article &#8220;Google nous rend-il stupide ?&#8221;</a>, Ariel Kyrou rappelle qu&#8217;une technologie n&#8217;est jamais neutre. <i>&#8220;Or Google prétend que la techno est neutre, donc bonne par essence&#8221;</i>. </p>
<p>Bernard Girard rappelle que les auteurs antiques ne citaient pas les auteurs dans leurs textes, car ils en avaient la mémoire. Aujourd&#8217;hui, nous sommes majoritairement incapables de reconnaître un passage de Platon ou d&#8217;Aristote. Avec des outils comme Google notre mémoire s&#8217;externalise, permettant de développer d&#8217;autres capacités cognitives. </p>
<p>Pour Daniel Ichbiah, Google est en train d&#8217;avoir un énorme impact sur le XXIe siècle. Depuis l&#8217;internet, aucun nouveau mouvement culturel n&#8217;a émergé. On a un outil qui permet d&#8217;un coup de consulter les connaissances amassées&#8230; et tout le monde les regarde en en attendant quelque chose. </p>
<p><i>&#8220;Il est plus difficile de trouver un livre entre 10 millions qu&#8217;en 10&#8243;</i>, rappelle Ariel Kyrou. <i>&#8220;Nous avons besoin de trouver de nouveaux points de référence dans cet océan, de nouvelles bouées sur lesquelles s&#8217;appuyer.&#8221;</i></p>
<h3>Le dieu Google ?</h3>
<p>L&#8217;hégémonie de Google est très différente de celle de Microsoft, explique Ariel Kyrou. La grande force de Google repose sur ses deux devises : &#8220;ne faisons pas le mal&#8221; et &#8220;être le relais de toute l&#8217;information du monde&#8221;. Aucune information ne doit donc échapper à leurs filtres. C&#8217;est une hégémonie qui laisse les gens faire, mais c&#8217;est une hégémonie tout de même, car personne ne doit échapper à leur présence. <i>&#8220;C&#8217;est une hégémonie douce, dont l&#8217;idéal est d&#8217;être présent en permanence, jusqu&#8217;à nous dessaisir de nous-mêmes&#8221;</i>. </p>
<p>Pour Daniel Ichbiah, cette hégémonie est fragile. Facebook, né en 2004, a depuis août 2010 plus de visiteurs que Google. Cela montre bien que d&#8217;autres modèles peuvent émerger. <i>&#8220;Le pire risque que court Google est celui de devenir ringard&#8221;</i>. Or, Google est toujours passé à travers cela. Sans compter qu&#8217;on a toujours le libre choix de l&#8217;utilisation de Google ou pas. </p>
<p>Certes, mais quitter Google n&#8217;est pas si simple quand on utilise nombre de ses services, rappelle Matthieu Lecomte. On entre dans l&#8217;univers Google par le moteur de recherche puis on souscrit à d&#8217;autres services. Or, transférer l&#8217;ensemble des services qu&#8217;on utilise chez Gogle serait long et compliqué&#8230; <i>&#8220;Mais c&#8217;est possible, car contrairement à bien d&#8217;autres, <a href="https://www.google.com/dashboard">Google propose des moyens pour changer de service</a>&#8220;</i>, nuance Bernard Girard. </p>
<h3>Nous n&#8217;avons pas le même rapport avec Facebook qu&#8217;avec Google</h3>
<p>Comment expliquer ce qui apparaît comme l&#8217;échec de Google, de n&#8217;avoir pas réussi à prendre le virage des réseaux sociaux ? </p>
<p>C&#8217;est effectivement un ratage, estime Bernard Girard, malgré le succès ponctuel d&#8217;<a href="http://www.orkut.com">Orkut</a>, le réseau social de Google, dans quelques pays : Google n&#8217;a pas saisit que les jeunes pouvaient s&#8217;installer sur ces systèmes. Mais ça n&#8217;a pas impacté leurs revenus, rappelle Daniel Ichbiah. Microsoft a raté bien des virages, ils demeurent encore le numéro un du logiciel. Certes, <i>&#8220;mais ils ont quand même raté Facebook&#8221;</i>, concède Bernard Girard. </p>
<p>Facebook est certainement ce qui fait le plus peur à Google, estime Ariel Kyrou, car si demain la recherche fonctionnait par la recommandation sociale, cela serait une réponse bien différente de ce que propose Google. <i>&#8220;Il y a peut-être quelque chose de l&#8217;ordre de l&#8217;humain, de l&#8217;intime, qui a échappé à la froide mécanique des ingénieurs de Google.&#8221;</i> </p>
<p>Y&#8217;a-t-il un enjeu important dans la personnalisation de la recherche ? Si deux personnes soumettent la même requête, ils n&#8217;auront pas le même résultat. De prime abord, cela à l&#8217;air pertinent, mais cela ne remet-il pas en question l&#8217;espace commun qui permet de construire le savoir ?, demande dans le public Louise Merzeau. Dans le rapport entre Google et Facebook semble se confronter deux modèles philosophiques du web : Google, fondé sur une logique centrifuge de tissage de liens exponentiels et Facebook, fondé sur une logique centripète, rapatriant tous les parcours vers le même centre : le mur de l&#8217;utilisateur. </p>
<p>Les résultats de recherche dépendent déjà des profils de chacun, souligne Matthieu Lecomte. L&#8217;espace personnel semble pouvoir cohabiter avec un espace plus neutre. Effectivement, dans la bataille entre Google et Facebook, les deux logiques se sont longtemps affrontées. Mais désormais les approches convergent et Facebook a pris un virage permettant de l&#8217;utiliser bien au-delà du seul portail qu&#8217;il propose. </p>
<p>Bernard Girard n&#8217;est pas d&#8217;accord. Pour lui, les deux modèles sont différents et risquent de diverger de plus en plus. D&#8217;ailleurs, les rapports des utilisateurs aux deux géants sont différents : <i>&#8220;les gens s&#8217;inquiètent du rapport intime qu&#8217;ils ont à Facebook, alors qu&#8217;on ne sent pas autant de réticence envers Google, certainement parce que les données que Google collecte sont abstraites, invisibles et ne pointent pas vers chacun de nous&#8221;</i>. </p>
<h3>Google, un modèle de management ?</h3>
<p>Marissa Mayer, l&#8217;une des vice-présidentes de Google, enchaine quelque 70 réunions par semaine. Comment fait-elle ? Comment Google est-il organisé ?&#8230; Il y a quelques années, <i><a href="www.businessweek.com/smallbiz/content/sep2006/sb20060927_259688.htm">Business Week</a></i> tirait de cet exemple de fonctionnement plusieurs conseils : &#8220;démultipliez les agendas, faites des comptes rendus, chaque sujet doit avoir un temps très limité et les durées respectées, délivrez des données et non pas de la politique ou des sentiments, et encore une fois respectez les horaires !&#8221; </p>
<p>Mais en même temps, ce modèle cache autre chose que ce qu&#8217;il dit : aucune décision ne peut se faire sur des sentiments : au contraire, toute décision doit être appuyée par des chiffres, ce qui relève plutôt d&#8217;une culture très industrielle, fondée sur l&#8217;algorithmique. Contrairement à la règle bien connue des 20 % de temps libre, aux <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Googleplex">GooglePlex</a> aux couleurs chatoyantes, offrant de multiples possibilités de réunion et de détentes, il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;il y ait beaucoup de place pour l&#8217;humain et l&#8217;aléatoire chez Google. Si l&#8217;organisation de l&#8217;espace est de qualité et permet une grande fluidité, c&#8217;est assurément pour servir des objectifs de management. </p>
<p>Pour Bernard Girard, dont le livre a longuement étudié le modèle, le texte de <i>Business Week</i> est un bon exemple de méthodes de conduites de réunion, comme on les trouve désormais dans la plupart des grandes entreprises américaines. La règle des 20 % du temps consacré aux projets personnels est une liberté importante selon lui, très utile pour maintenir les ingénieurs chez Google face à la concurrence, surtout dans une Silicon Valley où les clauses de non-concurrence n&#8217;existent pas. Chez Google, plusieurs produits sont nés ainsi, en permettant aux ingénieurs de développer leurs idées avec les outils de l&#8217;entreprise. </p>
<p>Ariel Kyrou reconnait que la règle des 20 % est bien inscrite dans le contrat que l&#8217;on signe en entrant chez Google, mais qu&#8217;elle fait plus partie du mythe que de la réalité. <i>&#8220;Bien sûr, la cantine gratuite, les massages&#8230; : tout cela fonctionne. Il est vrai que Google est allé très loin dans cette logique de cocon pour l&#8217;employé.&#8221;</i> Dans les faits, le management de Google est très sélectif (en 2007, l&#8217;entreprise a reçu 1 million de candidatures spontanées alors qu&#8217;elle comptait 18 salariés à l&#8217;époque). En réalité, la règle des 20 % se confronte à la réalité : <i>&#8220;les gens n&#8217;ont pas le temps de consacrer du temps à leurs projets personnels&#8221;</i>. </p>
<p>Tout à fait renchérit Mathieu Lecomte : cela participe surtout du mythe. &#8220;<i>Dans la réalité, chez Google, on bosse énormément et on subit beaucoup de pression. On en trouve beaucoup d&#8217;expression sur bien des forums&#8221;</i>. Le modèle Google n&#8217;est pas singulier, on le retrouve dans beaucoup de sociétés du même type. Chez Google, renchérit Ariel Kyrou, il y a peu de niveaux hiérarchiques et un faible <i>middle management</i> Le seul processus lourd et long, c&#8217;est l&#8217;embauche qui nécessite de passer 13 à 15 étapes très sélectives. </p>
<p><i>&#8220;J&#8217;ai passé le processus de recrutement de Google&#8221;</i>, reconnaît Matthieu Lecomte. <i>&#8220;Une des spécificités est que Google recherche des profils brillants. A l&#8217;époque, je postulais comme simple stagiaire. J&#8217;ai participé à 3 entretiens par téléphone avec Dublin et 4 avec Paris. J&#8217;ai été retenu, mais ils m&#8217;ont alors demandé toutes mes notes de classe depuis le Bac. Et trois semaines après, j&#8217;ai reçu une lettre qui me disait que mes notes n&#8217;étaient pas suffisantes pour entrer chez Google !&#8221;</i></p>
<p>Pour Daniel Ichbiah, s&#8217;il ne devait retenir qu&#8217;un enjeu de Google, c&#8217;est le fait qu&#8217;on ne puisse pas faire corriger les données que ce type de société privée amasse sur nous. <i>&#8220;On est à la merci d&#8217;un outil qui peut détruire une réputation, mais on n&#8217;a pas les moyens de faire rectifier des données !&#8221;</i> </p>
<p>Pour Ariel Kyrou, Google est la preuve que <a href="http://multitudes.samizdat.net/-Multitudes-40-printemps-2010-en-">Big Brother n&#8217;existe pas, mais qu&#8217;il est partout</a>, comme le titrait la revue <i>Multitudes</i>. </p>
<p>Pour Matthieu Lecomte, s&#8217;il est facile de diaboliser Google, il ne faut pas pour autant sous-estimer les contre-pouvoirs que Google nous a apportés.</p>
<p>Et Bernard Girard de recommander la lecture du livre de l&#8217;anthropologue britannique Jack Goody <i>La logique de l&#8217;écriture</i> qui décrit la révolution mentale liée à la diffusion de l&#8217;écriture et qui permet de comprendre l&#8217;évolution que nous sommes en train de vivre. Parce qu&#8217;avec Google, ce ne sont pas seulement nos outils de travails qui sont en train d&#8217;évoluer, mais surtout nos outils cognitifs : nos manières de penser, de travailler&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/google/" title="google" rel="tag nofollow">google</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/management/" title="management" rel="tag nofollow">management</a><br />
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		<title>Réputation, influence&#8230; et monétisation</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Feb 2011 05:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;Quand les communautés étaient petites, tout le monde se connaissait. Il n’y avait pas de problème de réputation. Si on ne connaissait pas quelqu’un, le plus souvent, il représentait alors une menace. Toutes les informations sur les gens tenaient dans notre tête, à l&#8217;image du nombre de Dunbar, notre potentiel cognitif d&#8217;ami qu’évoquait l&#8217;anthropologue britannique Robin Dunbar. Mais nous ne&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;Quand les communautés étaient petites, tout le monde se connaissait. Il n’y avait pas de problème de réputation. Si on ne connaissait pas quelqu’un, le plus souvent, il représentait alors une menace. Toutes les informations sur les gens tenaient dans notre tête, à l&#8217;image du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Dunbar">nombre de Dunbar</a>, notre potentiel cognitif d&#8217;ami qu’évoquait l&#8217;anthropologue britannique Robin Dunbar. Mais nous ne vivons plus dans ce monde !&#8221;</em>, rappelait récemment Azeem Azhar sur la scène de l&#8217;édition 2011 de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift</a>. Azeem Azhar est le fondateur et président de <a href="http://www.peerindex.net/">Peer Index</a> (<a href="http://blog.peerindex.net/">blog</a>), un index de classement des gens en fonction de leurs activités en ligne. </p>
<h3>La réputation est-elle le ciment des communautés ?</h3>
<p><em>&#8220;Nous vivons dans un monde hyperconnecté avec 5 milliards de téléphones mobiles, avec plus de 500 millions de personnes sur Facebook.&#8221;</em> Dans ce Nouveau Monde, ce sont désormais les communautés qui facilitent les connexions d&#8217;un bout à l&#8217;autre. Sur Facebook, on accepte comme amis des gens qu&#8217;on ne connaît pas vraiment. On discute sur des forums avec des inconnus. La connexion est devenue facile, simple, et permet de rencontrer beaucoup de gens. <em>&#8220;Cela coûte si peu cher d&#8217;avoir des liens, qu&#8217;on peut les démultiplier facilement&#8221;</em>&#8230; La contrepartie est que la confiance générale finit par diminuer.</p>
<p><em>&#8220;Les marchés financiers fonctionnent de la même manière, avec des interactions assez anonymes, autour d’intérêt plus ou moins commun. Mais ils disposent d’outils permettant de les faire fonctionner : la réglementation, la contractualisation et l’évaluation de réputation (les indices de réputation).&#8221;</em> La récente crise financière a montré la limite des indices de réputations financiers, construits par quelques agences de cotations, plutôt qu&#8217;approuvé par l&#8217;ensemble du système. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/azharlift11.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/azharlift11.png" alt="azharlift11" title="azharlift11" width="580" height="383" class="alignright size-full wp-image-12573" /></a><br />
<em>Image : Azeem Azhar sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5415514190/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>Les indices de confiance existent dans bien d’autres disciplines, rappelle Azeem Azhar : le monde des échecs, le monde académique… Le capitalisme a créé ses propres indices comme la marque : un niveau de confiance qui imprègne les personnes qui s&#8217;y reconnaissent. Mais la réputation des marques peut parfois s’écrouler comme la montré la crise de BP, l’année dernière.</p>
<p><em>&#8220;Google a inventé un algorithme pour classer la confiance qu’on pouvait porter sur les pages web. PageRank est une modélisation de la confiance. Ce signal de confiance nous a permis de classer les informations et nous a fait gagner des milliards d’heures de travail. Cela a créé de la valeur pour Google, mais aussi pour bien des entreprises qui utilisent ce moteur de recherche.&#8221;</em></p>
<p>Et Azeem Azhar de continuer sa démonstration : <em>&#8220;Le web n’est pas fait que de pages. De plus en plus, c’est de personnes dont il est question. Nous avons besoin d’un PeopleRank !&#8221;</em>, c&#8217;est-à-dire d&#8217;un classement de la confiance que l&#8217;on prête aux gens, comme tente de le faire <a href="http://www.quora.com/">Quora</a> par exemple, en permettant à chacun d&#8217;évaluer la participation des autres utilisateurs à ce forum de nouvelle génération.</p>
<p>Désormais, tout ce que nous faisons en ligne est disponible et indexé. Cela créé une masse de données qu’il faut organiser, permettant de comprendre nos affinités, de voir combien les gens qui nous connaissent nous font confiance. <a href="http://foursquare.com/">Foursquare</a>, lui, récompense les gens selon leur activité : <em>&#8220;ce qui renforce certes son modèle d’entreprise, sans nous dire si les gens récompensés connaissent vraiment quelque chose&#8221;</em>. Sur Foursquare, vous obtenez des badges à mesure que vous vous localisez à un endroit via votre téléphone mobile : vous pouvez ainsi devenir &#8220;maire&#8221; d&#8217;un commerce ou d&#8217;un bureau, mais cela ne veut pas dire que vous le connaissez très bien. Le système <ahref ="http://www.ebay.fr/">eBay, lui, à le défaut de ne pas être portable : il n’est valable que sur eBay et que dans le contexte de ces échanges marchands entre particuliers. <a href="http://www.linkedin.com/">LinkedIn</a> propose aux gens de recommander leurs connaissances. Mais on en connait la limite : les recommandations se concentrent au moment où les gens quittent leur emploi pour en trouver un autre… </p>
<p><em>&#8220;Arriverons-nous à une monnaie de réputation unique ? Une monnaie de réputation qui soit à la fois portable, qui puisse gérer des contextes différents, qui ait une valeur inhérente, fiable ?&#8221;</em> C&#8217;est justement ce que propose Peer Index, qui donne un niveau de valeur à votre activité en ligne, selon les réactions des gens à celle-ci. Le score moyen des utilisateurs de Peer Index est de 19. Le participant à Lift a un score moyen de 27.&#8221; L&#8217;index de Peer Index se base sur l&#8217;autorité, l&#8217;activité et l&#8217;audience. Il ne prend pas en compte la seule popularité, qui n&#8217;est pas à elle seule un signe de confiance, même si elle y participe. Ce score, sur 100, tente de refléter l&#8217;impact de vos activités en ligne, en le mesurant non pas en terme d&#8217;audience, mais en regardant plutôt l&#8217;impact qu&#8217;il a sur ceux qui ont le plus d&#8217;activités en ligne. Un chiffre qui ne mesure que ce qu&#8217;il mesure, et qui donne de mauvais scores à ceux qui ont une faible activité en ligne et de bons résultats à ceux qui sont très connectés. </p>
<p>Azeem Azhar reconnait également qu&#8217;il n&#8217;est pas si simple de construire un outil de ce type. Sans compter que cela pose de nombreuses questions. A qui appartient une réputation ? Peer Index par exemple utilise des données publiques des comptes Facebook, Twitter et LinkedIn des utilisateurs&#8230; Mais a-t-il vraiment le droit d&#8217;en faire autre chose que ce pour quoi elles sont faites ? On voit bien que l&#8217;agencement et la mesure de ces données permettent de faire des classements, mais jusqu&#8217;où avons-nous le droit de les faire ? Que se passe-t-il quand ces données permettent de faire de la prédiction sur vos comportements ? Les assureurs, par exemple, se mettent à faire de la discrimination depuis les informations qu&#8217;ils ont sur vous&#8230; Ce qui ne semble pas logique à Azeem Azhar, car le principe même de l&#8217;assurance repose sur la péréquation et l&#8217;asymétrie des profils de leurs clients. Or à bien y regarder, Peer Index ne fait pas autre chose que de distinguer des profils, permettant de sélectionner bons et mauvais clients par rapport à des enjeux d&#8217;autorité, d&#8217;influence, d&#8217;activité et d&#8217;audience&#8230; </p>
<p>Mais Azeem Azhar souhaite rester optimiste et pense que nous allons trouver des courbes de réputations qui fonctionnent et qui permettront de favoriser le développement des échanges. Comme si la solution était forcément algorithmique ! </p>
<h3>Quand la sociabilité est la monnaie, il faut prendre soin de sa réputation</h3>
<p><em>&#8220;Peer Index nous a parlé du rôle de la réputation et de l&#8217;influence. Moi, je vais parler de sociologie et de psychologie&#8230; c&#8217;est-à-dire de comment les médias sociaux nous transforment&#8221;</em>, attaque Brian Solis (<a href="http://www.briansolis.com">blog</a>), l&#8217;un des gourous de l&#8217;analyse des nouveaux médias, qui vient de publier <em><a href="http://www.amazon.com/gp/product/0470571098/internetnet-21">Engage: The Complete Guide for Brands and Businesses to Build, Cultivate, and Measure Success in the New Web</a></em>. </p>
<p><em>&#8220;Nous avons tous plusieurs vies : une vie sociale, une vie privée et une vie cachée. En ligne, nous sommes coupables de trop confondre les trois. Notre réputation travaille déjà pour ou contre nous en ligne. 60 % des grandes écoles aux Etats-Unis et nombre d&#8217;employeurs regardent le profil des candidats qui postulent chez eux en ligne avant de les accepter. Bienvenue au système de l&#8217;ego ! Vous êtes déjà tous indexés ! Tout ce que vous partagez en ligne est pesé pour vous ou contre vous.&#8221;</em></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/solislift11.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/solislift11.png" alt="solislift11" title="solislift11" width="580" height="384" class="alignright size-full wp-image-12574" /></a><br />
<em>Image : Brian Solis sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5415015797/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>Mais n&#8217;y a-t-il pas un problème ? s&#8217;interroge Solis. Pensons-nous aux conséquences, aux implications de ce que nous faisons en ligne ? Ce que nous faisons en ligne désormais contribue à notre <a href="http://www.socialcapitalresearch.com/definition.html">capital social</a>. Pourtant, aucun service ne connait vraiment votre influence, votre capacité à déclencher une cause à l&#8217;effet, estime le consultant&#8230; Ils mesurent un semblant de capital social sous forme de lignes de crédit du web social. &#8220;Or, je suis déjà suffisamment inquiet de mon crédit dans le monde réel !&#8221; <a href="http://klout.com/">Klout</a> ou Peer Index déterminent votre &#8220;score social&#8221;. La plupart des outils souhaitent emprunter votre capital social, car ils savent que vous avez une influence sociale. Certes, ces services sont intéressants convient Brian Solis, mais ils perçoivent mal la valeur qui fait sens. Ces index nous disent seulement où nous nous trouvons dans la hiérarchie sociale du réseau. </p>
<p>Pourtant, ces mesures commencent à avoir des conséquences dramatiques. Certaines banques commencent à regarder votre réseau social pour connaître votre niveau de vie et déterminer le risque qu&#8217;il y a à vous prêter de l&#8217;argent. Les connaissances que vous avez, le réseau relationnel auquel vous êtes connectés déterminent certaines de vos caractéristiques. Voilà qui pose problème. <em>&#8220;Sur Facebook, tout le monde est connecté à des gens qu&#8217;on ne connait pas. Or, nous sommes désormais jugés là-dessus. Un tweet inopportun peut-être utilisé pour refuser de vous prêter de l&#8217;argent. Pourquoi sommes-nous évalués sur nos connexions sociales, alors que ces connexions avaient un tout autre but ?&#8221;</em> Elles n&#8217;avaient pour objectif que de nous mettre en relation avec quelqu&#8217;un d&#8217;autre, et voici que chaque relation est soupesée par des outils que nous ne maîtrisons pas. </p>
<p>Pour Brian Solis, l&#8217;utilisation qui est faite des sites sociaux à notre insu doit changer notre façon de les utiliser. <em>&#8220;Il faut être conscient de ce qu&#8217;on partage et comment on le partage. Et bien voir comment cela contribue à notre capital social.&#8221;</em></p>
<p>Le capital social ne va pas disparaitre demain. <em>&#8220;Nous allons être de plus en plus indexés en ligne&#8221;</em>, prévient le gourou. Les entreprises utilisent déjà ces fournisseurs d&#8217;index pour définir qui est influent. <a href="http://www.quora.com">Quora</a> par exemple mesure votre capital social. La récompense de votre contribution augmente votre capital social <em>&#8220;alors que vous avez juste répondu à une question que des relations vous avaient adressée&#8221;</em>. <a href="http://www.mahalo.com/answers/">Mahalo Answers</a> propose de l&#8217;argent si vous répondez aux questions que vous posent les autres. Quelle est la récompense qui vous importe le plus ?  </p>
<p>Pour le professeur de politique publique Robert Putnam, le capital social est mesuré par le volume de confiance et de réciprocité que l&#8217;on trouve entre les individus, dans une communauté. <em>&#8220;Or, on attend plusieurs choses d&#8217;une communauté en retour de l&#8217;investissement qu&#8217;on lui porte via les réseaux sociaux : la confiance, les relations, la réciprocité, l&#8217;autorité, la popularité et la reconnaissance.&#8221;</em> Or les réseaux sociaux ne mesurent que le nombre de personnes en lien avec nous. <em>&#8220;J&#8217;ai un profil Twitter avec peu de gens qui le suivent, car j&#8217;y parle tout le temps et ça fait fuir les gens&#8221;</em> Un exemple qui montre bien que c&#8217;est un certain type de profils et de comportements que ces outils favorisent, comme le souligne son étude <a href="http://www.briansolis.com/2010/03/behaviorgraphics-humanize-the-social-web/">&#8220;Behaviorgraphics (les graphiques du comportement) : qui est le moi dans les médias sociaux ?&#8221;</a>. L&#8217;étude distingue plusieurs profils de comportements types et place au centre &#8220;les généreux&#8221;, ceux qui ont un comportement altruiste qui favorise la reconnaissance et la réciprocité. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/behaviorgraphicssolis.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/behaviorgraphicssolis.png" alt="behaviorgraphicssolis" title="behaviorgraphicssolis" width="580" height="448" class="alignright size-full wp-image-12576" /></a><br />
<em>Image : Les différents profils de comportements de <a href="http://www.briansolis.com/2010/03/behaviorgraphics-humanize-the-social-web/">l&#8217;étude Behaviorgraphics</a>.</em> </p>
<p>Ne nous y trompons pas. Virgin offre des vols gratuits aux personnes influentes. Starbucks des cafés&#8230; Le capital social est désormais au coeur d&#8217;une nouvelle économie. <em>&#8220;L&#8217;échange d&#8217;objets sociaux en devient la monnaie&#8221;</em>. Et ces objets sociaux regroupent tout ce que nous faisons en ligne, dont les effets sont mesurés, monitorés à chaque instant. Les réactions et les retweets sont plus observés que ce que disent nos tweets. <a href="http://liftconference.com/news/lift11-talk-brian-solis-social-currency">Brian Solis parle d&#8217;ailleurs de &#8220;monnaies sociales&#8221;</a> (<em>Social currency</em>) pour désigner des objets sociaux que nous échangeons avec les autres, qui sont les catalyseurs de la conversation : mots, vidéos, réactions, liens, photos&#8230; Ce que nous publions est une monnaie sociale et nous pouvons mesurer la valeur de cette monnaie à chaque échange, par sa portée, sa résonnance et son influence. </p>
<p>Le problème, pointe encore Brian Solis, c&#8217;est qu&#8217;on mesure des choses sans prendre en compte le contexte. On ne mesure un tweet qu&#8217;au taux de retweet qu&#8217;il déclenche. Or, cet effet n&#8217;est pas seulement lié au nombre de personnes qui nous suivent, <em>&#8220;mais bien plus à l&#8217;art et la science des mots que je vais utiliser pour déclencher ce type d&#8217;actions&#8221;</em>. </p>
<p>Le capital social n&#8217;est pas l&#8217;influence, explique encore Brian Solis. L&#8217;influence est la capacité à pouvoir déclencher une cause à effet. C&#8217;est la capacité à déclencher des actions et des résultats désirables et mesurables. Mais comment relier la cause à l&#8217;effet ? En ce moment, de nombreuses personnes dans la salle publient des informations sur twitter qui sont reprises par leurs followers. Ils créent de la valeur, mais est-ce que cette valeur est mesurable ? Y&#8217;a-t-il un rapport entre la portée et la pertinence ? Entre l&#8217;ambition et l&#8217;autorité ? George Cloney par exemple n&#8217;a pas d&#8217;autorité dans le monde du café, mais de la portée. Et de comparer Gary Vaynerchuk de <a href="http://tv.winelibrary.com/">Wine Library TV</a>, qui est devenu l&#8217;un des gourous du vin aux Etats-Unis, qui a de l&#8217;autorité et l&#8217;acteur Paul Giamatti qui via le film <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sideways">Sideways</a></em> a relancé l&#8217;industrie du pinot noir américain, par sa portée. Brian Solis s&#8217;apprête à publier un rapport qui tente de synthétiser ce que l&#8217;on sait de l&#8217;influence numérique selon qu&#8217;elle favorise plutôt la réputation, la portée, le contexte ou le capital social&#8230; </p>
<p>Le nouveau slogan à la mode est qu&#8217;il faut rendre à sa communauté (Giving back is the new black). <a href="http://www.openforum.com/">American Express avec son forum ouvert</a> ne fait pas autre chose en ligne auprès de la communauté des entrepreneurs innovants. La marque <a href="http://www.toms.com">Tom Shoes</a>, qui donne une paire de chaussures à un enfant qui en a besoin pour toute chaussure achetée, a adapté le slogan au marketing. Et comme American Express, ils utilisent tout les médias sociaux existants pour faire circuler leur message et y gagner du capital social. </p>
<p><em>&#8220;Lift nous demande qu&#8217;est-ce que le futur peut faire pour nous ? Mais la vraie question est que pouvons nous faire pour l&#8217;avenir ?&#8221;</em> Il faut penser le partage comme un investissement, recommande Brian Solis. <em>&#8220;Pas seulement pour augmenter votre capital social et votre score, mais pour que votre graphe social en bénéficie pleinement. Il faut trouver un équilibre dans l&#8217;échange. Vous n&#8217;avez pas à dire tout ce que vous pensez, parce que tout est indexé, cherchable, trouvable. Je préférerais avoir votre intention que votre attention et que nous cherchions un bénéfice, des idées, une valeur mutuels. Le petit champ que l&#8217;on retrouve en haut de Facebook ou de Twitter et par lequel on nous invite à dire quelque chose représente pour chacun  une opportunité pour définir &#8220;ma valeur. Votre réputation est entre vos mains.&#8221;</em></ahref></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag nofollow">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag nofollow">vie privée</a><br />
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		<title>Réinventer la libre circulation des données personnelles (2/3) : Lesquelles ?</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Feb 2011 07:03:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Convention 108 du Conseil de l&#8217;Europe que nous évoquions récemment dans première partie de cette série n&#8217;est pas le seul texte international régissant la protection de la vie privée. En l&#8217;espèce, la règlementation en vigueur en Europe vise ainsi à réglementer la protection de la vie privée dans l&#8217;optique de la &#8220;libre circulation des données personnelles&#8220;.
En 1980, l&#8217;OCDE&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Convention 108 du Conseil de l&#8217;Europe que nous évoquions récemment dans <a href="http://www.internetactu.net/2011/02/04/reinventer-la-libre-circulation-des-donnees-personnelles-13-pour-quoi/">première partie de cette série</a> n&#8217;est pas le seul texte international régissant la protection de la vie privée. En l&#8217;espèce, la règlementation en vigueur en Europe vise ainsi à réglementer la protection de la vie privée dans l&#8217;optique de la &#8220;<i>libre circulation des données personnelles</i>&#8220;.</p>
<p>En 1980, l&#8217;OCDE avait en effet publié des <a href="http://www.oecd.org/document/18/0,3343,fr_2649_34255_1815225_1_1_1_1,00.html">Lignes directrices régissant la protection de la vie privée et les flux transfrontiers de données de caractère personnel</a> afin d&#8217;harmoniser la protection des données personnelles, mais également de <b>faciliter leur échange à travers les frontières</b>. </p>
<p>A l&#8217;époque, près de la moitié des pays de l&#8217;OCDE avaient adopté (ou étaient en passe de le faire) des législations relatives à la protection de la vie privée &#8220;<i>en vue de prévenir des actes considérés comme constituant des violations des droits fondamentaux de l&#8217;homme, tels que le stockage illicite de données de caractère personnel qui sont inexactes, l&#8217;utilisation abusive ou la divulgation non autorisée de ces données</i>&#8221; : </p>
<blockquote><p>En revanche, il est à craindre que des disparités dans les législations nationales n&#8217;entravent la libre circulation des données de caractère personnel à travers les frontières; or, cette circulation s&#8217;est considérablement intensifiée au cours des dernières années et elle est appelée à se développer encore par suite de l&#8217;introduction généralisée de nouvelles technologies des ordinateurs et des télécommunications. </p>
<p>Des restrictions imposées à ces flux pourraient entraîner de graves perturbations dans d&#8217;importants secteurs de l&#8217;économie, tels que la banque et les assurances.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi les pays membres de l&#8217;OCDE ont jugé nécessaire d&#8217;élaborer des lignes directrices qui permettraient d&#8217;harmoniser les législations nationales relatives à la protection de la vie privée et qui, tout en contribuant au maintien de ces droits de l&#8217;homme, empêcheraient que les flux internationaux de données ne subissent des interruptions. </p></blockquote>
<p>Sans valeur contraignante, ces lignes directrices, élaborées par un groupe d&#8217;experts gouvernementaux placé sous la présidence d&#8217;un Australien, n&#8217;ont jamais été mises en œuvre par les Etats-Unis, mais ont inspiré la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Directive_95/46/CE_sur_la_protection_des_données_personnelles">directive européenne de 1995 relative à la protection des personnes physiques à l&#8217;égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données</a>, qui constitue le texte de référence, au niveau européen, en matière de protection des données à caractère personnel. </p>
<h3>Les données de police, justice et renseignement ne sont pas des &#8220;données personnelles&#8221; comme les autres</h3>
<p>Alors que la loi informatique et libertés avait été adoptée <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/12/23/safari-et-la-nouvelle-chasse-aux-francais">suite au scandale du projet SAFARI</a> d&#8217;interconnexion, au profit du ministère de l&#8217;intérieur français, de l&#8217;ensemble des fichiers de l&#8217;administration, et que la Convention 108 avaient été adoptée en tant qu&#8217;outil de défense des droits de l&#8217;homme, la directive européenne exclue d&#8217;emblée les données personnelles traitées dans le cadre de la coopération policière et judiciaire en matière pénale, et donc l&#8217;ensemble des fichiers de police, de justice et de renseignement.</p>
<p>De plus, son objet n&#8217;était pas seulement d&#8217;encadrer la protection de la vie privée, mais également de consacrer la &#8220;<i>libre circulation des données à l’intérieur de l’Union européenne en réduisant les divergences entre les législations nationales sur la protection des données</i>&#8220;. Cette <a href="http://ec.europa.eu/justice/news/consulting_public/0006/com_2010_609_fr.pdf">approche globale (.pdf)</a> de la protection des données à caractère personnel permettait ainsi de sanctuariser &#8220;<i>deux des plus anciennes et tout aussi importantes ambitions de l&#8217;intégration européenne</i>&#8221; : </p>
<blockquote><p>
d&#8217;une part, la protection des libertés et droits fondamentaux des personnes, notamment du droit fondamental à la protection des données, et, d&#8217;autre part, la réalisation du marché intérieur, en l&#8217;occurrence, la libre circulation des données à caractère personnel.
</p></blockquote>
<p>De fait, la révision de la loi française dite informatique et libertés, en 2004, consacra cette évolution de la perception du droit à la vie privée en augmentant les pouvoirs de la CNIL au regard des fichiers privés, tout en les abaissant pour ce qui est du contrôle qu&#8217;elle peut exercer en matière de fichiers policiers (dits &#8220;<i>de sûreté</i>&#8220;) ou portant sur l&#8217;ensemble de la population (voir <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/19/le-quart-des-58-fichiers-policiers-sont-hors-la-loi/">Le quart des 58 fichiers policiers est hors la loi</a>).</p>
<h3>Mondialisation des lois, minimisation (et portabilité) des données</h3>
<p>15 ans après son adoption, la directive européenne de 1995 fait elle-même l&#8217;objet d&#8217;une <a href="http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/donnees-personnelles-revision-directive-europeenne.html">proposition de révision</a> (voir le <a href="http://ec.europa.eu/justice/news/consulting_public/0006/com_2010_609_fr.pdf">document complet, .pdf</a>). </p>
<p>Si &#8220;<i>les principes essentiels de la directive sont toujours valables et qu&#8217;il convient de préserver sa neutralité sous l&#8217;angle technologique</i>&#8220;, un certain nombre de problèmes ont néanmoins surgi au fil de l&#8217;évolution technologique et de la mondialisation, mais également du fait que &#8220;<i>les modes de collecte des données à caractère personnel se complexifient et sont moins facilement décelables</i>&#8220;. </p>
<p>Cette proposition de révision est d&#8217;autant plus importante qu&#8217;&#8221;<i>étant mondialisé, le traitement des données appelle l’élaboration de règles universelles en matière de protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel</i>&#8220;, alors même que le cadre juridique de l’Union Européenne a précisément servi de référence à nombre de pays tiers lorsqu&#8217;ils ont décidé de légiférer en la matière : </p>
<blockquote><p>Son incidence et ses effets, tant à l’intérieur qu’en dehors de l’Union, ont été de la plus haute importance. L’Union européenne doit donc continuer de jouer un rôle moteur dans l’élaboration et la promotion des normes juridiques et techniques internationales dans le domaine de la protection des données à caractère personnel, sur la base des instruments pertinents de l’UE et des autres instruments européens relatifs à la protection des données. </p></blockquote>
<p>Les <a href="http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/1462&#038;format=HTML&#038;aged=0&#038;lg=fr&#038;guiLanguage=fr">objectifs</a> de cette révision sont nombreux, à commencer par celui de &#8220;<i>renforcer les droits des particuliers  de manière à ce que la collecte et le traitement des données à caractère personnel soient limités au minimum requis</i>&#8220;, ainsi qu&#8217;à des finalités bien précises en vertu du &#8220;<i>principe de la minimisation des données</i>&#8220;. </p>
<p>Il s&#8217;agit ainsi d&#8217;&#8221;<i>améliorer les modalités d&#8217;un véritable exercice des droits d&#8217;accès, de rectification, de suppression et de verrouillage</i>&#8220;, de clarifier la notion de «<i>droit à l&#8217;oubli</i>», de &#8220;<i>compléter l&#8217;éventail des droits des personnes concernées en assurant la «portabilité des données»</i>&#8220;, et donc de leur conférer le &#8220;<i>droit explicite</i>&#8221; de retirer ses données d&#8217;une application ou d&#8217;un service afin de pouvoir les transférer chez un tiers, &#8220;<i>sans que les responsables du traitement n&#8217;y fassent obstacle, pour autant que cela soit techniquement réalisable</i>&#8221; (sic). </p>
<p>Constatant que les déclarations de confidentialité manquent souvent de clarté, sont difficilement accessibles, peu transparentes, et qu&#8217;elles &#8220;<i>ne sont pas toujours pleinement conformes aux règles en vigueur</i>&#8220;, la Commission préconise également &#8220;<i>un accès aisé à l&#8217;information, qui doit être facile à comprendre, et l&#8217;utilisation d&#8217;un langage clair et simple</i>&#8220;. </p>
<h3>Réduire la charge administrative pesant sur les sociétés</h3>
<p>La récente révision de la directive &#8220;<i>vie privée et communications électroniques</i>&#8221; ayant instauré une notification obligatoire des violations de données, &#8220;<i>qui n&#8217;est toutefois applicable que dans le secteur des télécommunications</i>&#8220;, la Commission examinera par ailleurs les modalités d&#8217;une extension de cette mesure à d&#8217;autres secteurs d&#8217;activités (&#8221;<i>par exemple, le secteur financier</i>&#8220;). Elle ne précise pas toutefois si cette notification devrait être faite aux autorités de protection des données, aux personnes dont les données ont été compromises, ou bien, sur le principe du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Full_disclosure">full disclosure</a>, à l&#8217;ensemble de la société.</p>
<p>La Commission voudrait également renforcer le &#8220;<i>le traitement des données sensibles, c&#8217;est-à-dire des données qui révèlent l&#8217;origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, l&#8217;appartenance syndicale, ainsi que le traitement des données relatives à la santé et à la vie sexuelle</i>&#8221; qui, s&#8217;ils sont déjà interdits en règle générale, seraient encore trop limités : ainsi, et aussi étonnant que cela puisse paraître, &#8220;<i>les données génétiques, pour l&#8217;heure, ne sont pas considérées comme une catégorie de données sensibles</i>&#8220;…</p>
<p>Dans un tout autre registre, la révision de la directive devrait par ailleurs permettre de &#8220;<i>renforcer la dimension «marché unique» en réduisant la charge administrative pesant sur les sociétés</i>&#8221; au motif que les disparités des règles européennes &#8220;<i>entravent la libre circulation des données à caractère personnel au sein de l&#8217;UE et majorent les coûts</i>&#8221; : </p>
<blockquote><p>
L&#8217;une des principales préoccupations récurrentes des parties prenantes, et notamment des entreprises multinationales, est l&#8217;harmonisation insuffisante des législations des États membres en matière de protection des données, en dépit de l&#8217;existence d&#8217;un cadre juridique commun de l&#8217;UE. Celles-ci ont souligné la nécessité d&#8217;accroître la sécurité juridique, d&#8217;alléger la charge administrative et d&#8217;assurer des conditions égales aux acteurs économiques et autres responsables du traitement.
</p></blockquote>
<h3>Vers un encadrement des fichiers policiers ?</h3>
<p>La Commission, qui réexamine également la directive de 2006 sur la conservation des données (qui impose aux sociétés de stocker les données relatives au trafic de télécommunication pour une durée comprise entre six mois et deux ans), propose enfin de &#8220;<i>réviser les règles de protection des données dans les domaines de la coopération policière et judiciaire en matière pénale</i>&#8220;, afin d&#8217;encadrer les fichiers policiers. </p>
<p>Le traité de Lisbonne a en effet &#8220;<i>introduit une nouvelle base juridique complète pour la protection des données à caractère personnel dans toutes les politiques de l&#8217;Union</i>&#8220;, et la Commission à décidé de &#8220;<i>durcir la position de l&#8217;UE en matière de protection des données à caractère personnel dans le cadre de toutes les politiques européennes, y compris dans les domaines répressif et de la prévention de la criminalité</i>&#8220;.</p>
<p>Sont visés la &#8220;<i>dérogation trop large au principe de limitation de la finalité</i>&#8220;, mais également la possibilité offerte de ficher, de façon indistincte, suspects, victimes et témoins, personnes suspectées d&#8217;avoir commis des crimes et délits et d&#8217;autres qui n&#8217;y sont présentes qu&#8217;à cause de leurs opinions : </p>
<blockquote><p>Une autre de ses lacunes est l&#8217;absence de dispositions prévoyant une différenciation des diverses catégories de données en fonction de leur degré d&#8217;exactitude ou de fiabilité, et en particulier une différenciation des données fondées sur des faits de celles fondées sur des opinions ou appréciations personnelles, ainsi qu&#8217;une différenciation des diverses catégories de personnes concernées (délinquants, suspects, victimes, témoins, etc.), assortie de garanties spécifiques pour les données relatives à des personnes non soupçonnées.</p></blockquote>
<p>La Commission déplore également le fait que si tous les États membres ont souscrit à la <a href="http://docs.google.com/viewer?a=v&#038;q=cache:oxtZPJnZmagJ:www.coe.int/t/f/affaires_juridiques/coop%25E9ration_juridique/protection_des_donn%25E9es/documents/instruments%2520juridiques%2520internationaux/1Rec(87)15_FR.pdf+recommandation+du+conseil+de+l'europe+n°R(87)15&#038;hl=fr&#038;gl=fr&#038;pid=bl&#038;srcid=ADGEESiBkimhHUv6qVZVwo5VZlFXG_7qQ5nqxvn44mlT5w56jn9rqo41AYnlWrfdD4KGdY1uXXEZW0ayJ9aiYdZCj-HUFWFG05kurzZqDIs65G-tbHfSmwlksFApCzQO5SpIPH8qUat4&#038;sig=AHIEtbRV2nej8KcoTjPOVaNzsMtq8rfoaQ">recommandation du Conseil de l&#8217;Europe n° R (87) 15</a>, qui définit les principes de la Convention n°108 pour le secteur de la police, &#8220;<i>cette recommandation ne constitue toutefois pas un instrument juridiquement contraignant</i>&#8221; : </p>
<blockquote><p>Cette situation peut porter directement atteinte aux possibilités des personnes d&#8217;exercer leurs droits en matière de protection des données dans ces domaines (par exemple, le droit de savoir quelles données à caractère personnel les concernant sont traitées et échangées, par qui et à quelles fins, et celui de connaître les modalités d&#8217;exercice de ces droits, tels que le droit d&#8217;accès aux données les concernant).</p></blockquote>
<p>La volonté de &#8220;<i>durcir la position de l&#8217;UE</i>&#8221; en matière de fichiers policiers est cela dit fortement tempérée par la rédaction des propositions de la Commission, qui conclue son analyse en se déclarant fermement décidée à &#8220;<i>examiner l&#8217;opportunité et la nécessité</i>&#8221; de modifier les dispositions existantes, avec une langue de bois à savourer dans texte. Verbatim : </p>
<blockquote><p>
La Commission s’attachera notamment à :</p>
<p>- examiner l’opportunité d’étendre l’application des règles générales de protection des données aux domaines de la coopération policière et de la coopération judiciaire en matière pénale, y compris pour le traitement au niveau national, tout en prévoyant au besoin des limitations harmonisées à certains droits des personnes, par exemple en ce qui concerne le droit d’accès ou le principe de transparence;</p>
<p>- examiner la nécessité d’introduire des dispositions spécifiques et harmonisées dans le nouveau cadre général régissant la protection des données, par exemple en ce qui concerne le traitement des données génétiques à des fins répressives ou la distinction à établir entre les diverses catégories de personnes concernées (témoins, suspects, etc.) dans les domaines de la coopération policière et de la coopération judiciaire en matière pénale;</p>
<p>- engager, en 2011, une consultation de toutes les parties intéressées sur la meilleure manière de réviser les systèmes de contrôle actuels dans les domaines de la coopération policière et de la coopération judiciaire en matière pénale, afin de garantir l&#8217;exercice d&#8217;un contrôle efficace et cohérent de la protection des données sur l’ensemble des institutions, organes, bureaux et agences de l’Union;</p>
<p>- évaluer la nécessité d’aligner, à long terme, les diverses règles sectorielles, adoptées au niveau de l’UE pour la coopération policière et judiciaire en matière pénale et contenues dans des instruments spécifiques, avec le nouveau cadre juridique général de la protection des données.
</p></blockquote>
<p>En conclusion de sa présentation, la Commission souligne que &#8220;<i>le défi ainsi posé aux législateurs est celui de la mise en place d&#8217;un cadre législatif qui résistera à l&#8217;épreuve du temps.</i>&#8221; : </p>
<blockquote><p>
Peu importe la complexité de la situation ou le caractère sophistiqué de la technologie, il est essentiel que les règles et les normes applicables, que les autorités nationales doivent faire appliquer et auxquelles les entreprises et les développeurs de technologies doivent se conformer, soient définies clairement. De même, les droits conférés aux personnes devraient être clairs pour les intéressés.
</p></blockquote>
<p>On attend donc avec impatience que la Commission définisse un peu plus clairement la façon qu&#8217;elle aura de &#8220;<i>durcir la position de l&#8217;UE</i>&#8221; en matière de fichiers policiers. </p>

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		<title>Réinventer la libre circulation des données personnelles (1/3) : Pour quoi ?</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Feb 2011 05:34:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Gouvernance de l'internet]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Faudrait-il introduire le droit de tout individu à «ne pas être localisé/ tracé» (identification RFID) ? Les utilisateurs des technologies de l’information et de la communication devraient- ils avoir le droit de rester anonymes ? Que convient-il d&#8217;encadrer ? Le &#8220;droit à la protection des données&#8220;, ou bien le &#8220;droit au respect de la vie privée&#8221; ?
A l&#8217;occasion de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Faudrait-il introduire le droit de tout individu à «ne pas être localisé/ tracé» (identification RFID) ? Les utilisateurs des technologies de l’information et de la communication devraient- ils avoir le droit de rester anonymes ? Que convient-il d&#8217;encadrer ? Le &#8220;<i><b>droit à la protection des données</b></i>&#8220;, ou bien le &#8220;<i><b>droit au respect de la vie privée</b></i>&#8221; ?</p></blockquote>
<p>A l&#8217;occasion de la <a href="http://www.coe.int/t/dghl/standardsetting/dataprotection/default_FR.asp?">Journée de protection des données</a>, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l'Europe">Conseil de l&#8217;Europe</a> lance une <a href="http://www.coe.int/t/dghl/standardsetting/dataprotection/modernisation_FR.asp?">consultation</a> sur la modernisation de la <a href="http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/108.htm">Convention pour la protection des personnes à l&#8217;égard du traitement automatisé des données à caractère personnel</a> (dite Convention 108) adoptée il y a 30 ans et qui, &#8220;<i>à l&#8217;heure actuelle, reste dans ce domaine le seul instrument juridique contraignant sur le plan international, à vocation universelle</i>&#8220;, et susceptible d’être appliqué dans le monde entier.</p>
<p><a href="http://www.coe.int/aboutcoe/index.asp?page=leSaviezVous#conscience">Conscience démocratique de l’Europe</a>, le Conseil de l&#8217;Europe regroupe 47 pays et a pour <a href="http://www.coe.int/aboutcoe/index.asp?page=nosobjectifs&#038;l=fr">objectif</a> de &#8220;<i>défendre les droits de l’homme, la démocratie pluraliste et la prééminence du droit</i>&#8220;. La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_européenne_des_droits_de_l%27homme">Convention européenne des droits de l&#8217;homme et des libertés fondamentales</a>, adoptée en 1950, en étant &#8220;<i>le premier instrument juridique international garantissant la protection des droits de l’homme</i>&#8220;.</p>
<p>Comme le <a href="http://conventions.coe.int/treaty/fr/Summaries/Html/108.htm">rappelle</a> le Conseil, la Convention 108 fut &#8220;<i>le premier instrument international contraignant qui a pour objet de protéger les personnes contre l&#8217;usage abusif du traitement automatisé des données à caractère personnel, et qui réglemente les flux transfrontaliers des données</i> : </p>
<blockquote><p>Outre des garanties prévues en ce qui concerne le traitement automatisé des données à caractère personnel, elle proscrit le traitement des données &#8220;sensibles&#8221; relatives à l&#8217;origine raciale, aux opinions politiques, à la santé, à la religion, à la vie sexuelle, aux condamnations pénales, etc&#8230; , en l&#8217;absence de garanties offertes par le droit interne. La Convention garantit également le droit des personnes concernées de connaître les informations stockées à leur sujet et d&#8217;exiger le cas échéant des rectifications.</p>
<p>Seule restriction à ce droit : lorsque les intérêts majeurs de l&#8217;Etat (sécurité publique, défense, etc&#8230;) sont en jeu. </p>
<p>La Convention impose également des restrictions aux flux transfrontaliers de données dans les Etats où n&#8217;existe aucune protection équivalente.</p></blockquote>
<h3>Informatique et libertés 2.0</h3>
<p>30 ans après l&#8217;adoption de la Convention 108, la consultation lancée dans le cadre de son projet de modernisation regorge de questions stimulantes, révélatrices des nouveaux enjeux, perspectives ou écueils auxquels nous devons aujourd&#8217;hui faire face (les passages grassés le sont dans le document d&#8217;origine) : </p>
<blockquote><p>
La notion de &#8220;<i>protection des données</i>&#8221; doit-elle faire l&#8217;objet d&#8217;une approche &#8220;<i>technologiquement neutre</i>&#8220;, ou bien faut-il la décliner en fonction des technologies impliquées ?</p>
<p>En 1980, la Convention n&#8217;avait pas prévu que des personnes physiques seraient engagées, à titre personnel et privé, dans de vastes traitements de données : faut-il exclure de son champ d&#8217;application ce qui relève les &#8220;<i><b>activités exclusivement personnelles ou domestiques</b></i>&#8220;, de type web 2.0 ?</p>
<p>La Convention 108 devrait-elle aborder	la question du juste équilibre entre la protection des données à caractère personnel et la liberté d’expression (nouveau concept de la presse et du journalisme dans le contexte du Web 2.0.) ?</p>
<p>Les traitements de données reposant de plus en plus sur des services et technologies décentralisés, &#8220;<i>la définition de <b>maître de fichier</b> doit être revue (mais) peut-il y avoir plusieurs maîtres de fichier pour un seul fichier ?</i>&#8221; </p>
<p>Faut-il introduire une nouvelle notion de &#8220;<i><b>sous-traitement</b></i>&#8221; de données personnelles, responsabiliser les <b>fabricants des équipements techniques</b>, et pas seulement ceux qui utilisent leurs technologies ?</p>
<p>Le <b>consentement</b> doit-il être préalable à tout traitement, &#8220;<i>condition nécessaire à satisfaire un traitement loyal et licite avant toute autre action</i>&#8220;, ou uniquement lié au &#8220;<i>principe de transparence et à l&#8217;obligation d&#8217;informer</i>&#8221; ?</p>
<p>Les données à caractère personnel étant &#8220;<i>généralement utilisées à des fins qui vont bien au-delà de celles initialement prévues</i>&#8220;, faut-il introduire &#8220;<i>une référence expresse à la <b>compatibilité nécessaire entre l&#8217;utilisation des données et le but</b> initial de leur collecte</i>&#8221; ?</p>
<p>La notion de &#8220;<i>données sensibles</i>&#8221; (relatives aux origine raciale ou ethnique, aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, à l&#8217;appartenance syndicale, la santé ou la vie sexuelle), qui ne peuvent en principe être recueillies et exploitées qu&#8217;après un consentement explicite, devrait-elle être élargie aux numéros d&#8217;identification nationaux, aux données biométriques ou biologiques, dans la mesure où elles sont de plus en plus traitées et exploitées tant par des acteurs publics que privés ?</p>
<p>Les données relatives aux <b>enfants</b> devraient-elles bénéficier d&#8217;un régime particulier ?</p>
<p>Les &#8220;<i>données de connexion</i>&#8220;, de <b>trafic et de localisation</b>, de plus en plus exploitées tant dans le public que dans le privé, devraient-elles faire l&#8217;objet de règles particulières, dans la mesure où elles peuvent révéler les mouvements, orientations, préférences et relations  ?</p>
<p>Faut-il mettre en place des systèmes de <b>responsabilisation</b>, ainsi qu’une obligation de prouver que des mesures efficaces ont été prises pour garantir le plein respect de la protection des données ?</p>
<p>Faut-il étendre la notion de <b>sécurité</b> des données afin d&#8217;y inclure &#8220;<i>un droit pour les personnes concernées d&#8217;être informées des violations de la sécurité des données</i>&#8221; les concernant, mais également de mettre en place des &#8220;<i>systèmes de <b>responsabilisation</b> ainsi qu&#8217;une obligation de prouver que des mesures de sécurité efficaces ont été prises pour garantir le plein respect de la protection des données ?</i>&#8221;</p>
<p>Devrait-on appliquer le principe du « <i><b>respect de la vie privée dès la conception</b> » (Privacy by Design</i>, en VO) afin de &#8220;<i>prendre en compte la question de la protection des données dès le stade de la conception d’un produit, d’un service ou d’un système d’information</i>&#8221; ?</p>
<p>Et si l&#8217;on ne limitait pas le <b>droit d’accès</b> aux données, pour l&#8217;élargir &#8220;<i>à l’origine des données, c’est-à-dire la personne qui est à l’origine de la communication</i>&#8221; ? Et si oui, &#8220;<i>ce droit devrait-il également couvrir l’accès à la logique du traitement ?</i>&#8221;</p>
<p>Devrait-on introduire des recours collectifs dans la Convention ? </p>
<p>Doit-on entièrement réexaminer la notion de « flux transfrontières de données » à l’heure d’Internet, où les données circulent instantanément à travers les frontières ? Serait-il utile de fixer des règles minimales internationalement reconnues pour garantir le respect de la vie privée sans considération des frontières ? Quel pourrait en être le contenu ?
</p></blockquote>
<p>Le Conseil nous invite à lui envoyer réactions, réflexions et commentaires sur tout ou partie des points évoqués ici, &#8220;<i>ou sur toute autre question pertinente qui est selon vous importante dans le contexte de la protection des données de demain</i>&#8220;, par courriel avant le 10 mars 2011 à l’adresse suivante: data.protection@coe.int.</p>
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