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	<title>InternetActu.net &#187; Médias</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>&#8220;A mon vieux maître&#8221;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 08:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine n&#8217;a, dans son propos, rien à voir avec les questions qui nous intéressent ici dans Place de la toile, mais voilà, elle m&#8217;est arrivée par les réseaux, par un ami qui assure une veille web depuis Quito, en Equateur, et elle provient d&#8217;un très beau site Letters of note, dont le sous-titre dit tout :&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine n&#8217;a, dans son propos, rien à voir avec les questions qui nous intéressent ici dans Place de la toile, mais voilà, elle m&#8217;est arrivée par les réseaux, par un ami qui assure une veille web depuis Quito, en Equateur, et elle provient d&#8217;un très beau site <a href="http://www.lettersofnote.com/">Letters of note</a>, dont le sous-titre dit tout : &#8220;des correspondances qui méritent un plus large public&#8221;. Un texte magnifique qui ne parle pas du web, mais auquel le web nous donne accès.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/02/amonvieuxmaitre.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/02/amonvieuxmaitre.png" alt="amonvieuxmaitre" title="amonvieuxmaitre" width="540" height="309" class="alignnone size-full wp-image-15949" /></a><br />
<i>Image : La une du site Letters of note illustrée d&#8217;un groupe d&#8217;esclaves en Virginie en 1862 <a href="http://www.loc.gov/pictures/item/cwp2003000055/PP/">provenant de la Bibliothèque du Congrès</a>.</i> </p>
<p>Ce texte, il s&#8217;agit d&#8217;<a href="http://www.lettersofnote.com/2012/01/to-my-old-master.html">une lettre qu&#8217;un ancien esclave adresse à son maître</a>. Le maître, c&#8217;est le colonel Anderson qui vit à Big Spring, dans le Tennessee. En 1865, il a écrit à son ancien esclave, Jourdan Anderson, qui est libre désormais, pour lui demander de revenir travailler chez lui. Voici la réponse de Jourdan Anderson, sans doute dictée à un tiers. Elle est sublime.</p>
<p>« Dayton, Ohio, le 7 août 1865</p>
<p>A mon vieux maître, le Colonel Anderson, Big Spring, Tennessee.</p>
<p>Monsieur : j&#8217;ai bien reçu votre lettre et j&#8217;ai été heureux de voir que vous n&#8217;aviez pas oublié Jourdon, et que vous vouliez que je revienne vivre avec vous, promettant que vous seriez meilleur pour moi que n&#8217;importe qui. Je me suis souvent inquiété pour vous. Je pensais que les Yankees vous avaient pendu depuis longtemps, pour avoir hébergé les Rebs qu&#8217;ils ont trouvés chez vous. J&#8217;imagine qu&#8217;ils n&#8217;ont jamais su que le colonel Martin vous avait demandé de venir tuer le soldat yankee qui avait été abandonné par sa compagnie dans l&#8217;étable. Même si vous m&#8217;avez tiré dessus deux fois avant que je vous quitte, je ne vous souhaite pas de mal et suis heureux que vous soyez encore en vie. Cela me ferait plaisir de revenir dans cette bonne vieille demeure, et revoir Mademoiselle Mary, Mademoiselle Martha, ainsi que Allen, Esther, Green et Lee. Transmettez-leur toute mon amitié, et dites-leur que j&#8217;espère les revoir dans un monde meilleur, si ce n&#8217;est pas dans celui-ci. J&#8217;avais l&#8217;intention de revenir vous voir quand je travaillais à l&#8217;hôpital de Nashville, mais un voisin m&#8217;a dit que Henry tenterait de me tirer dessus s&#8217;il en avait l&#8217;occasion.</p>
<p>Je veux savoir précisément si la proposition que vous me faites est une bonne chose pour moi. Je m&#8217;en tire assez bien ici. Je gagne 25 dollars par mois, avec la nourriture et le linge ; j&#8217;ai une maison confortable pour Mandy &#8211; les gens, ici, l&#8217;appellent Madame Anderson &#8211; et les enfants &#8211; Milly, Jane et Grundy &#8211; vont à l&#8217;école et apprennent beaucoup. Le professeur dit que Grundy a des talents de prêcheur. Ils vont au catéchisme, Mandy et moi allons régulièrement à l&#8217;église. Nous sommes bien traités. Parfois, nous entendons les autres dire &#8220;ces gens de couleur étaient des esclaves, là-bas, dans le Tennessee&#8221;. Ces remarques blessent les enfants, mais je leur dis que dans le Tennessee, il n&#8217;y a pas de honte à appartenir au Colonel Anderson. Beaucoup de Noirs auraient été fiers, comme je l&#8217;étais, de vous appeler Maître. Maintenant, si vous nous écrivez pour dire le salaire que vous me donnerez, je pourrais plus facilement décider si c&#8217;est intéressant pour moi de revenir chez vous.</p>
<p>Du côté de ma liberté, que vous garantissez, je n&#8217;ai rien à gagner, puisque j&#8217;ai reçu mes papiers en 1864, des mains du Provost-Marshal-General du Département de Nashville. Mandy dit qu&#8217;elle aurait peur de revenir sans la preuve que vous êtes disposé à nous traiter avec justice et gentillesse, et nous sommes arrivés à la conclusion qu&#8217;il fallait mettre à l&#8217;épreuve votre sincérité en vous demandant de nous envoyer la somme que vous nous devez pour le temps que nous avons passé à votre service. Cela nous permettrait d&#8217;oublier et de pardonner les vieilles blessures et de nous assurer de votre droiture et de votre amitié dans l&#8217;avenir. Je vous ai loyalement servi pendant 32 ans, et Mandy pendant 20 ans. A 25 dollars le mois pour moi, et 2 dollars la semaine pour Mandy, notre paie s&#8217;élèverait à 11 680 dollars. Ajoutez à cela les intérêts pour le temps où ces salaires ne nous ont pas été versés, et déduisez ce que vous avez avancé pour nos vêtements, pour 3 visites d&#8217;un médecin pour moi, et une dent arrachée pour Mandy, et vous obtiendrez ce que nous sommes en droit de recevoir. Envoyez s&#8217;il vous plaît l&#8217;argent par Adams&#8217;s Express, aux soins de V. Winters, à Dayton, Ohio. Si vous ne nous rétribuez pas pour ces années de travail fidèle, nous ne pourrons accorder que peu de crédit à vos promesses. Nous sommes certains que le Bon Dieu a ouvert vos yeux sur le mal que vous et vos ancêtres nous avez causé, à moi et à mes ancêtres, en nous mettant au labeur pendant des générations, sans récompense. Ici, je suis payé tous les samedis soir, mais dans le Tennessee, il n&#8217;y avait pas plus de paies pour les nègres que pour les chevaux et les vaches. Il y aura sûrement un jour où l&#8217;on demandera des comptes à ceux qui ont spolié le travailleur de son salaire.</p>
<p>En réponse à cette lettre, assurez-nous s&#8217;il vous plait que mes filles Milly et Jane seront en sécurité. Elles ont grandi maintenant, et sont toutes les deux très belles. Vous savez comment ça se passait avec les pauvres Matilda et Catherine. Je préfèrerais rester où je suis et mourir de faim plutôt que d&#8217;exposer mes filles à la honte de subir la violence et la méchanceté de leurs jeunes maîtres. Vous nous assurerez aussi qu&#8217;il y a près de chez vous des écoles ouvertes aux enfants de couleur. Mon plus grand désir aujourd&#8217;hui est d&#8217;apporter à mes enfants une éducation et de les former à des vies vertueuses.</p>
<p>Saluez de ma part George Carter, et remerciez-le de vous avoir enlevé le pistolet avec lequel vous étiez en train de me tirer dessus.</p>
<p>De votre vieux serviteur,</p>
<p>Jourdon Anderson.&#8221;</p>
<p>Voilà, c&#8217;est ça aussi le web. Des merveilles recueillies par on ne sait qui, on ne sait comment, des merveilles partagées contre rien et qui vous arrivent on ne sait comment.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-neanderthal-et-les-technos-2012-02-04">L’émission du 4 février 2012</a> était consacrée à la Paléoanthropologie et aux technologies en compagnie de <a href="https://sites.google.com/site/condemisilvana/">Silvana Condemi</a>,  directrice de l’équipe de bioarchéologie et paléoanthropologie du CNRS à Marseille, suite à <a href="http://www.nature.com/nature/journal/v479/n7374/full/nature10617.html?WT.ec_id=NATURE-20111124">l&#8217;étude publiée dans <i>Nature</i></a> et au <a href="http://www.liberation.fr/sciences/01012373362-sapiens-montre-ses-dents ">portrait publié dans <i>Libération</i></a>, pour comprendre comment la technologie a changé le travail des paléoanthropologues.</p></blockquote>
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		<title>La volupté de l&#8217;internet</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 09:10:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s’agit d’un papier paru le 15 janvier dans The Chronicle. On le doit à Rob Goodman, auteur d’un livre à paraître sur la République romaine. Le papier s’intitule : &#8220;Quand la gourmandise devient virale&#8221;.
&#8220;Quand on essaie de faire tenir tout l’internet dans une seule idée&#8221;, commence Goodman, &#8220;on cherche une image disant l’euphorie,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s’agit d’un papier paru le 15 janvier dans <i>The Chronicle</i>. On le doit à Rob Goodman, auteur d’un livre à paraître sur la République romaine. Le papier s’intitule : <a href="http://chronicle.com/article/Gluttony-Goes-Viral/130285/">&#8220;Quand la gourmandise devient virale&#8221;</a>.</p>
<p>&#8220;Quand on essaie de faire tenir tout l’internet dans une seule idée&#8221;, commence Goodman, &#8220;on cherche une image disant l’euphorie, la libération, l’envolée. C’est l’internet tel qu’il devrait être, en théorie tout au moins : informations et divertissements du monde entier instantanément accessibles, et nous face à nos écrans, au taquet, captivés, en apesanteur&#8221;.</p>
<p>&#8220;Je veux soumettre une autre image&#8221;, dit Goodman, &#8220;qui correspond mieux à ce que nous ressentons en pratique : celle d’une table qui grince, craquant sous le poids d’immenses verres et assiettes pleins de boissons et de victuailles, et nous, sur notre chaise, trop épuisés pour nous lever, nos bouches trop engourdies pour sentir un quelconque goût, juste capables de tendre le bras pour saisir un nouveau met.&#8221;</p>
<p>Et Goodman de citer quelques phrases d’usagers de l’internet qui se réfèrent à cette idée d’ingestion de nourriture. Pour lui, il ne s’agit pas là d’une coïncidence que ces gens évoquent un festin où on l’aurait largement dépassé les limites du plaisir.</p>
<p>&#8220;Pour ceux d’entre nous que l’internet rend lourds, il peut être utile de considérer les voies par lesquelles le gavage d’information ressemble (et, chez beaucoup d’entre nous, a remplacé) le gavage de plaisirs sensuels. Et si nous voulons bien prendre la comparaison au sérieux, il n’y a pas de meilleur guide que le romancier de la décadence latine, Gaius Petronius Arbiter (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9trone">Pétrone</a>). Rares sont ceux qui ont aussi pleinement décrit – et vécu – les attractions et répulsions de l’excès.</p>
<p>A la cour de l’empereur Néron – son ami, son partenaire en excès et, au final, le responsable de sa mort – Pétrone avait la fonction d’ &#8220;arbitre des élégances&#8221;. Pour faire court, il était le consultant en style de l’élite romaine. L’historien Tacite le décrit comme un expert &#8220;dans la science du plaisir&#8221;. Prescripteur de tendance inégalé à son époque, Pétrone est plus connu de nous comme l’auteur d’un des premiers romans connu, le Satyricon. Et dans ce roman picaresque, la figure la plus extrême est Trimalchio : l’ancien esclave devenu nouveau riche dont le banquet extravagant constitue le cœur du texte.</p>
<p>A sa manière, Trimalchio est une sorte d’artiste. A sa table, la qualité des mets ne suffit pas : aucun plat ne peut être servi s’il n’est pas déguisé : les olives deviennent des pierres, les saucisses rôties sur des graines de grenade deviennent des charbons, etc. jusqu’au verrat qui porte un chapeau. Un seul de ces plats aurait surpris les convives ; trois ou quatre les auraient émerveillés. Mais après que notre narrateur a subi pendant des heures un matraquage de plats ainsi dressés, chacun d’entre eux devant être applaudi et englouti, sa seule pensée est pour la sortie – qu’il n’arrive plus à trouver.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/428px-Satyricon_tailhade_rochegrosse_III.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/428px-Satyricon_tailhade_rochegrosse_III.jpg" alt="428px-Satyricon_tailhade_rochegrosse_III" title="428px-Satyricon_tailhade_rochegrosse_III" width="428" height="599" class="alignright size-full wp-image-15899" /></a><br />
<i>Image :  Illustration du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Satyricon">Satyricon</a> de Pétrone par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Antoine_Rochegrosse">Georges-Antoine Rochegrosse</a> : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Festin_chez_Trimalcion">le banquet de Trimalcion</a>, via <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Satyricon_tailhade_rochegrosse_III.jpg">Wikimedia Commons</a>.</i></p>
<p>L’hôte lui-même, au moins, s’amuse-t-il ? Difficile de voir un réel plaisir dans un homme qui annonce le poids des bijoux qu’il porte et demande ensuite une balance pour le prouver&#8230;Un hôte qui clôt la soirée en demandant aux convives de faire comme s’il était mort et pleure comme s’il s’agissait de ses propres funérailles.</p>
<p>Si Pétrone avait été un moraliste chrétien, le festin de Trimalchio aurait servi à illustrer le péché de gourmandise. Mais Pétrone ne critique pas le monstre qu’il a créé du point de vue des bonnes mœurs. Pétrone traite Trimalchio avec, à la fois, de la fascination et du mépris. L’auteur était en tout point aussi décadent que son personnage, simplement, il excellait, lui, dans cet art. Voici comment Tacite le dépeint : &#8220;Il passait ses journées à dormir, et ses nuits à accomplir ses devoirs officiels ou à s’amuser, de sorte que sa notoriété lui vint  par sa vie dissolue comme d’autres l’obtiennent par l’énergie du labeur,  de sorte aussi qu’il n’était pas considéré comme un débauché ordinaire, mais comme un voluptueux accompli&#8221;.</p>
<p>Ce sont les deux mots les plus incongrus de ce passage qui nous disent l’idée que se fait Pétrone du plaisir et de l’abondance : &#8220;Voluptueux accompli&#8221;. C’est là ce qui distingue Trimalchio et Pétrone : l’un échoue à s’amuser alors que l’autre devient un scientifique du plaisir. Dans cette atmosphère de Décadence, ce que conseille Pétrone, ce sont des formes toujours plus variées d’hédonisme.</p>
<p>Et c’est là la clé pour comprendre l’effet souvent inesthétique de l’internet. La Décadence n’exige pas une grande fortune : la Décadence est utile pour comprendre toute situation où le plaisir devient bon marché, et il faut toute l’ingéniosité de Pétrone pour vaincre l’ennui. Et c’est le cas aujourd’hui avec l’information – la petite explosion de satisfaction qui vient avec un nouveau texte, avec une connexion à ses amis, avec le partage du mème du jour. Nous sommes aujourd’hui des millions à être plus riches de ces plaisirs que ne pouvait imaginer l’être un jour la génération de nos parents. Mais notre capacité à jouir est toujours finie : nous avons développé une tolérance aux plaisirs de l’information, comme Trimalchio avait développé une tolérance aux plaisirs de la nourriture.</p>
<p>Rares sont ceux qui parviennent à être des &#8220;voluptueux accomplis&#8221;. Le talent qu’il y a à prendre du plaisir dans l’excès, et à inventer de nouveaux plaisirs dans l’excès, est toujours aussi rare : pour chaque Pétrone, il y a d’innombrables Trimalchios, ballonnés, épuisés, mimant la joie.</p>
<p>Pétrone peut même devenir une sorte de symbole de l’internet, pas simplement parce qu’il a été le romancier de l’abondance, mais parce qu’il a l’air si charmant, si aimable. Pétrone n’était pas à fréquenter en cas de crise personnelle, mais pour une conversation légère de fin de soirée, il devait être imbattable. De la même manière, une critique des plaisirs de l’internet devrait commencer par la compréhension de ce que sont ces plaisirs. Pétrone est ce que la Décadence a fait de mieux et il serait malhonnête de nier son charme, tout comme celui de l’internet.</p>
<p>Mais pour autant, voulons-nous vraiment être Pétrone, ou même être comme lui ? Pour le dire autrement : si nous pouvions avoir sa légèreté pour traverser la vie, même dans ce qu’elle a de pire, la voudrions-nous ?</p>
<p>En 66 ap. J.-C., un courtisan envieux accusa Pétrone de trahir Néron. Plutôt que d’attendre l’inévitable, Pétrone choisit la mort – et son suicide fut impeccable, une parfaite parodie des fins héroïques en vogue dans l’élite romaine. Si son absence de peur n’était pas la &#8220;gloire du courage&#8221;, c’était au moins le calme d’un homme qui refuse de prendre quoi que ce soit au sérieux, jusqu’à sa propre mort – un homme dont le suicide fut le dernier divertissement. J’ai même peur, dit Goodman que, si Pétrone avait été notre contemporain, il aurait tweeté tout du long et j’aurais ri malgré moi.</p>
<p>J’adore son absence de peur, mais je me demande aussi quel est son prix. J’aurais préféré un Pétrone criant, tremblant, hésitant, car certaines choses méritent notre peur et notre sincérité. Et ces choses étaient exactement le prix que devait payer Pétrone pour s’accomplir dans le plaisir, une science qui nous maintient dans le flot de l’excès grâce à une nouveauté permanente. Parfois, la nouveauté ne suffit pas.&#8221;</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-comment-l-art-est-travaille-par-le-numerique-2012-01-28">L’émission du 28 janvier 2012</a> était consacrée à l&#8217;art à l&#8217;heure du numérique en compagnie de <a href="http://perso.univ-rennes2.fr/nicolas.thely">Nicolas Thély</a>, professeur d&#8217;esthétique et d&#8217;humanités numériques à l&#8217;université Rennes 2. Il tient un carnet de recherche numérique intitulé <a href="http://esthetique.hypotheses.org/">Déjà là</a> et est l&#8217;auteur de <i><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505582/le-tournant-num%C3%A9rique-de-l-esth%C3%A9tique">Le tournant numérique de l&#8217;esthétique</a></i>, ouvrage publié chez publie.net. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag nofollow">culture</a><br />
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		<title>De la valeur du pseudonymat aux dangers d&#8217;une identité réelle unifiée</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 11:43:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Disqus est une plateforme de commentaires installée sur plus de 400 000 sites (dont CNN, Engadget, ou Time) et bien évidemment, ceux qui sont à la tête de cette start-up s&#8217;interrogent pour savoir comment améliorer la qualité des commentaires. Ils ont récemment fait part d&#8217;une infographie en guise d&#8217;étude sur leur base de données révélant que, contrairement à ce qu&#8217;on&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://disqus.com">Disqus</a> est une plateforme de commentaires installée sur plus de 400 000 sites (dont CNN, Engadget, ou Time) et bien évidemment, ceux qui sont à la tête de cette start-up s&#8217;interrogent pour savoir comment améliorer la qualité des commentaires. Ils ont récemment fait part <a href="http://blog.disqus.com/post/15638234811/pseudonyms">d&#8217;une infographie en guise d&#8217;étude</a> sur leur base de données révélant que, contrairement à ce qu&#8217;on pourrait penser, les gens qui utilisent des pseudonymes sont responsables de commentaires de meilleure qualité que les autres.</p>
<h3>Le pseudonymat n&#8217;est pas forcément toxique pour les commentaires</h3>
<p>En analysant plus de 500 000 commentaires, l&#8217;étude révèle que les commentateurs utilisent majoritairement des pseudonymes : 61 % utilisent un pseudo, 35 % sont anonymes et seulement 4 % utilisent leur identité réelle. Le commentateur moyen qui utilise un pseudonyme contribue 6,5 fois plus que le commentateur anonyme et 4,7 fois plus qu&#8217;un commentateur identifié via Facebook (qui est est devenu le concurrent direct de Disqus). Mais la différence ne se fait pas seulement dans la quantité, elle se fait également dans la qualité. En attribuant un signal positif à ceux dont les commentaires sont évalués positivement et aux commentaires qui ont entraîné des réponses, Disqus estime que 61 % des commentaires sous pseudonymes sont positifs contre 34 % des commentaires anonymes et 51 % des commentaires établis sous une identité réelle. A l&#8217;inverse, les commentaires négatifs (c&#8217;est-à-dire ceux qui sont signalés par les autres commentateurs, marqués comme spams ou effacés) proviennent à 11 % de commentateurs utilisant un pseudonyme ou étant anonymes et 9 % de gens signant sous leur vrai nom. Hormis l&#8217;effet volumétrique (les commentateurs signant sous pseudonymes ou sous anonymat étant plus nombreux), la politique du vrai nom protège finalement peu du mauvais commentaire.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/disqusvisualisation.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/disqusvisualisation.png" alt="disqusvisualisation" title="disqusvisualisation" width="540" height="417" class="alignright size-full wp-image-15854" /></a></p>
<p>Pour Disqus, le caractère positif d&#8217;un commentaire demeure assez limité : l&#8217;évaluation positive ou le nombre de réponses à un commentaire n&#8217;est pas nécessairement un gage de qualité. Il affiche des chiffres qui plaident pour sa plateforme qui permet justement aux commentateurs d&#8217;utiliser une grande variété d&#8217;identités pour commenter. Néanmoins, ces quelques chiffres permettent de bousculer quelques idées reçues et remettre en perspective la guerre contre les pseudonymes (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Nymwars">Nymwars</a>) lancés par Facebook et Google, comme étant le meilleur moyen à la fois d&#8217;améliorer l&#8217;interaction et de combattre le spam. Initiée par le lancement des réseaux sociaux sous noms réels (comme Friendster puis Facebook), poursuivis par Amazon en 2004 avec le lancement de sa politique des &#8220;noms réels&#8221; des commentateurs, cette &#8220;guerre&#8221; contre les pseudonymes a été en effet relancée l&#8217;été dernier Google a décidé de renforcer sa politique favorisant l&#8217;usage de vrais noms pour son réseau social Google+, interdisant l&#8217;usage de pseudonymes afin d&#8217;obtenir des données personnelles plus facilement monétisables ou indexables.</p>
<h3>De quoi la politique des &#8220;vrais noms&#8221; est-elle le symptôme ?</h3>
<p>Pourtant, il y a de nombreuses bonnes raisons à l&#8217;usage d&#8217;un pseudonyme, <a href="http://geekfeminism.wikia.com/wiki/Who_is_harmed_by_a_%22Real_Names%22_policy%3F">comme le rapportait Geek Feminism</a> qui recensait toutes les nécessités à l&#8217;usage d&#8217;un pseudonyme et de l&#8217;anonymat ou <a href="http://owni.fr/2011/08/08/google-plus-dictature-vrais-noms-anonymat-identite/">plus encore danah boyd en réagissant à la politique des vrais noms de Google+</a> et qui rappelle que nombre d&#8217;inscrits sur Facebook ou Google n&#8217;utilisent pas leurs vrais noms, malgré les apparences.</p>
<blockquote><p>&#8220;Les individus qui se fient le plus aux pseudonymes dans les espaces virtuels sont ceux qui sont le plus marginalisés par les systèmes de pouvoir. Les règlements de type “vrais noms” ne sont pas émancipateurs ; ils constituent une affirmation du pouvoir sur les individus vulnérables. (&#8230;) Pendant ce temps-là, ce dont beaucoup ne se sont pas rendu compte, c’est que de nombreux jeunes noirs et latinos se sont inscrits sur le réseau en utilisant des pseudonymes. La plupart des gens ne remarquent pas ce que font les jeunes noirs et les jeunes latinos sur le Web.</p>
<p>De la même façon, des individus situés en dehors des États-Unis ont commencé à s’inscrire en utilisant des pseudonymes. Là encore, personne ne l’a remarqué puisque les noms traduits de l’arabe ou du malaisien, ou contenant des phrases en portugais, n’étaient pas particulièrement remarquables pour ceux chargés de faire respecter la règle des “vrais noms”. Les “vrais noms” ne sont en aucun cas universels sur Facebook, mais l’importance des “vrais noms” est un mythe que Facebook aime à faire valoir. Et, pour la plupart d’entre eux, les Américains privilégiés utilisent leurs vrais noms sur Facebook. Donc, ça “a l’air” correct.&#8221;</p></blockquote>
<p>Reste que la question est de savoir si l&#8217;usage de vrais noms apporte un effet qualitatif aux échanges. Si l&#8217;étude de Disqus semble prouver le contraire, ce n&#8217;est pas le cas d&#8217;une <a href="http://web02.gonzaga.edu/comltheses/proquestftp/Mungeam_gonzaga_0736M_10111.pdf"> récente étude (.pdf)</a> signée Frank Mungeam de la Gonzaga University de Spokane constate que si les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Flaming_(informatique)">flamwars</a> des forums de journaux et de télévisions de Portland sont plus fréquents chez les commentateurs anonymes et que l&#8217;usage de vrais noms ne diminue pas vraiment le taux de participation aux forums. Certes, mais encore faut-il s&#8217;interroger pour savoir quels commentateurs la politique des vrais noms éloigne-t-elle des discussions ?</p>
<p><a href="http://www.rue89.com/presse-sans-presses/2010/03/28/le-probleme-des-commentaires-ne-vient-pas-des-commentaires-144980">Comme le disait Jeff Jarvis</a>, le problème des commentaires ne vient pas des commentaires, mais de l&#8217;animation de la communauté. <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/technology/digital-culture/trending-tech/anonymity-is-toxic-to-online-comments-except-when-its-not/article2306746">C&#8217;est exactement ce que souligne Amber MacArthur</a> : c&#8217;est la façon dont l&#8217;hôte accueille, gère et modère les commentaires qui a le plus d&#8217;influence sur la qualité de ceux-ci. Mais on peut également poser la même question. Quels commentateurs la modération et la régulation éloignent-elles ? Qui éloigne-t-on du commentaire en introduisant des formes procédurales, des règles de bienséance ?</p>
<p>Comme le soulignait encore danah boyd :</p>
<blockquote><p>&#8220;Tout le monde n’est pas plus en sécurité en donnant son vrai nom. Au contraire. Beaucoup de gens sont beaucoup MOINS en sécurité en étant identifiables. Et ceux qui sont le moins en sécurité sont souvent ceux qui sont le plus vulnérables. (&#8230;)  Vous ne garantissez pas la sécurité en empêchant les gens d’utiliser des pseudonymes, vous sapez leur sécurité.</p>
<p>De mon point de vue, mettre en place des politiques visant à ce que les gens utilisent leurs vrais noms au sein des espaces en ligne est donc un abus de pouvoir.&#8221;</p></blockquote>
<h3>De la politique du vrai nom à la fin de la confidentialité</h3>
<p>Aujourd&#8217;hui, <a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2012/01/24/google-to-update-its-privacy-policies-and-terms-of-service/">même si Google+ semble vouloir assouplir l&#8217;interdiction du pseudonymat sur son réseau social</a> (<a href="http://www.clubic.com/internet/google/google+/actualite-471280-pseudonymes-google-surnom-google.html">d&#8217;une manière vraiment très limitée, souligne Clubic</a>), force est de constater qu&#8217;il le fait surtout pour tenter d&#8217;alléger les critiques reçues à l&#8217;annonce de la personnalisation des résultats de recherche, comme l&#8217;expliquait très bien <a href="http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/01/17/google-contre-le-reste-du-monde-la-guerre-est-declaree-228425">Rue89</a> ou <a href="http://www.slate.fr/story/48793/google-casse-recherche">Farhad Manjoo pour Slate</a>. Une ouverture qui ne remet pas en question la politique des vrais noms que prônent les réseaux sociaux des grands acteurs du net.</p>
<p>Cet allégement de façade masque un vrai tournant dans la politique de confidentialité <a href="http://googleblog.blogspot.com/2012/01/updating-our-privacy-policies-and-terms.html">que Google vient d&#8217;annoncer</a> : à savoir que Google pourra regrouper les informations provenant de plusieurs de ses services, autrefois séparés, et disposer ainsi d&#8217;une vision globale des utilisateurs. Sous prétexte de confort d&#8217;utilisation, Google nous traitera comme un utilisateur unique à travers tous ses produits, explique Alma Whitten en charge de questions de confidentialité chez Google, afin de fourbir des résultats de requêtes (et des publicités) plus &#8220;performantes&#8221; et mettre en avant sa propre solution sociale (Google+) concurrente de Facebook ou Twitter.</p>
<p><i>&#8220;Cela signifie que les choses que vous pouviez faire avec un relatif anonymat aujourd&#8217;hui, seront explicitement associées à votre nom, votre visage, votre numéro de téléphone dès le 1er mars. Si vous utilisez les services de Google, vous aurez à accepter cette nouvelle politique de confidentialité. Pourtant, une réelle préoccupation des variétés de nos vies privées devrait reconnaitre que je pourrais ne pas souhaiter que Google associe deux éléments d&#8217;information personnelle&#8221;</i>, <a href="http://gizmodo.com/5878987/its-official-google-is-evil-now">explique Mat Honan pour Gizmodo</a> dans un article où il explique que cette nouvelle politique brise la règle du &#8220;Don&#8217;t be evil&#8221; que se fixait jusqu&#8217;alors Google (<a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2012/01/25/google-is-evil">voir la traduction du Framablog</a>).</p>
<p>En réponse à un billet de Bradley Horowitz, l&#8217;un des responsables de Google+, qui vantait la nouvelle politique de nommage de Google, <a href="https://plus.google.com/104450760987525660219/posts/QRZjUCUwv1Y" rel="nofollow">un commentateur &#8211; sous pseudonyme &#8211; rappelle que la solution d&#8217;acceptation de pseudo sous Google+ nécessite d&#8217;enregistrer un vrai nom chez Google</a> et de prouver l&#8217;usage du pseudo. Pire, la liaison de tous les comptes utilisateur d&#8217;un même utilisateur <i>&#8220;signifie que lorsque la loi demandera à Google des détails sur une personne donnée, Google devra donner tout ce qu&#8217;il sait dont la véritable identité de cette personne. Sans compter ce qu&#8217;il se passer si ces bases de données sont piratés.&#8221;</i></p>
<blockquote><p>&#8220;Je ne demande pas à Google de nous protéger des terroristes, des pirates ou d&#8217;autres &#8220;monstres&#8221; du 21e siècle, je vous demande de protéger tout le monde. </p>
<p>La liberté est un concept binaire, vous êtes libre ou non, un poisson qui nage dans son bocal n&#8217;est pas libre. Il en est de même pour la liberté de parole, soit vous la défendez, soit vous ne la défendez pas. Vous ne pouvez pas dire que vous défendez la liberté d&#8217;expression si vous configurez des frontières sur certains sujets ou pour certaines personnes.  Dans certains pays, la liberté d&#8217;expression s&#8217;arrête lorsque votre identité est connue. Ironiquement c&#8217;est dans ces pays que la liberté d&#8217;expression est la plus importante.</p>
<p>La liberté d&#8217;expression est quelque chose dont il faut se préoccuper. C&#8217;est une belle idée qui a été écrite dans la constitution de nombreux pays tout autour de la planète pendant des décennies, mais qui n&#8217;est devenue réalité qu&#8217;avec l&#8217;internet. C&#8217;est seulement avec le Net que les gens ont pu utiliser leur droit à la libre expression d&#8217;une manière significative, et que leurs idées ont pu atteindre d&#8217;autres personnes. </p>
<p>(&#8230;) Utiliser un pseudonyme en ligne n&#8217;a pas pour fonction de paraître cool. Il s&#8217;agit de sauver votre vie quand vous êtes un militant, un journaliste ou un simple citoyen d&#8217;un pays où la liberté d&#8217;expression est opprimée.</p>
<p>Et la meilleure façon de protéger l&#8217;identité de quelqu&#8217;un est de ne pas le demander en premier lieu.</p>
<p>Je ne comprends pas pourquoi Google+ a besoin de connaître l&#8217;identité réelle de chaque utilisateur, mais je sais que la protection de la liberté d&#8217;expression vaut beaucoup plus que cela.&#8221;</p></blockquote>
<p>A la conférence South by Southwest 2011, Christopher Poole, le fondateur du forum anonyme 4chan, <a href="http://www.geekosystem.com/4chan-founder-christopher-pooles-sxsw-speech-video/">avait défendu l&#8217;authenticité de l&#8217;anonymat</a> après que nombre des plus importants sites médiatiques aient mis en place l&#8217;identification des commentaires via Facebook Connect. L&#8217;introduction de Facebook Connect dans les commentaires de TechCrunch par exemple avait donné lieu à l&#8217;époque à de vastes discussions. Si l&#8217;on en croit <a href="http://brookellingwood.com/">Brook Ellingwood</a> dans son article <a href="https://digital.lib.washington.edu/ojs/index.php/FPR/article/view/11418/10053">&#8220;Privacy, Propriety, Performance, and Pseudonymity&#8221;</a>, le consensus qui s&#8217;en dégageait était que la quantité et la qualité des commentaires de TechCrunch avaient plutôt souffert de l&#8217;introduction de l&#8217;authentification via Facebook. <a href="http://stevecheney.posterous.com/how-facebook-is-killing-your-authenticity">Comme le soulignait Steve Cheney</a>, l&#8217;introduction de Facebook a rendu les commentaires stériles. Les promesses virales de Facebook l&#8217;ont emporté sur le volume et la communauté. Là où un relatif anonymat pouvait parfois libérer les commentateurs de la bienséance et favoriser leur créativité. </p>
<p>Il faudrait arriver à mieux mesurer la différence de comportement des commentateurs selon qu&#8217;ils sont anonymes ou que leurs commentaires sont associés à leur vrai nom, sans préjugés. C&#8217;est en tout cas ce à quoi nous invite Disqus &#8211; le problème c&#8217;est que cela arrive peut-être un peu (trop) tard. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag nofollow">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/heteronymat/" title="hétéronymat" rel="tag nofollow">hétéronymat</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
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		<title>Les liens faibles, moteurs de notre diversité informationnelle ?</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 05:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les chercheurs de Facebook, menés par Eytan Bakshy, ont publié une nouvelle étude s&#8217;intéressant à comment les gens recevaient et réagissaient à l&#8217;information dans le cadre du réseau social. Une étude qui nous invite à &#8220;Repenser la diversité de l&#8217;information dans les réseaux (voir le papier de recherche, intitulé, lui, plus modestement,  &#8220;Le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les chercheurs de Facebook, menés par <a href="http://misc.si.umich.edu/people/ebakshy">Eytan Bakshy</a>, ont publié une nouvelle étude s&#8217;intéressant à comment les gens recevaient et réagissaient à l&#8217;information dans le cadre du réseau social. Une étude qui nous invite à <a href="https://www.facebook.com/notes/facebook-data-team/rethinking-information-diversity-in-networks/10150503499618859">&#8220;Repenser la diversité de l&#8217;information dans les réseaux</a> (voir le papier de recherche, intitulé, lui, plus modestement,  <a href="http://www.scribd.com/facebook/d/78445521-Role-of-Social-Networks-in-Information-Diffusion">&#8220;Le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion de l&#8217;information&#8221;</a>).</p>
<p>Pourquoi &#8220;repenser la diversité de l&#8217;information dans les réseaux sociaux&#8221; ? Parce qu&#8217;habituellement, les chercheurs s&#8217;accordent à penser que ceux-ci favorisent l&#8217;homophilie, c&#8217;est-à-dire des liens avec des gens qui nous ressemblent <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/15/comprendre-facebook-13-le-role-social-du-bavardage/">favorisant le &#8220;rétrécissement &#8221; de la taille du web que nous fréquentons</a>. De nombreuses thèses accréditent ainsi cette idée, que les sites sociaux et les technologies numériques tendent à nous diviser en tribus idéologiques qui lisent, regardent ou écoutent seulement les nouvelles confirmant leurs propres croyances, comme l&#8217;explique <a href="http://blog.farhadmanjoo.com/">Farhad Manjoo</a> dans son livre <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B004I8UYDS/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B004I8UYDS">True Enough</a></i>. C&#8217;est également la thèse d&#8217;<a href="http://www.elipariser.com">Eli Pariser</a> dans <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/1594203008/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=1594203008">The Bubble Filter</a></i> : les algorithmes de personnalisation du web nous poussent à consommer une diversité d&#8217;information toujours plus réduite. Cass Sunstein (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cass_Sunstein">Wikipédia</a>) dans son livre <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0691143285/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0691143285">Republic.com</a></i>, va même jusqu&#8217;à dire que le web pourrait être incompatible avec la démocratie, en rendant la société toujours plus polarisée et solipsiste. </p>
<h3>Les liens faibles sont les gens les plus influents de nos réseaux sociaux</h3>
<p>L&#8217;expérience de Bakshy était relativement assez simple. Normalement quand un de vos amis partage un lien sur Facebook, le site utilise un algorithme connu sous le nom d&#8217;EdgeRank qui détermine si le lien doit être affiché dans votre flux. Dans l&#8217;expérience de Bakshy, conduite durant sept semaines de l&#8217;été 2010, une petite fraction de ces liens étaient censurés de manière aléatoire afin qu&#8217;ils ne soient pas affichés dans votre flux. Le blocage aléatoire de lien a permis à Bakshy de créer deux populations différentes. Dans le premier groupe, quelqu&#8217;un voyait un lien posté par un ami et décidait de le partager ou de l&#8217;ignorer. Alors que les gens du second groupe ne recevaient pas le lien, mais s&#8217;ils voyaient l&#8217;information ailleurs, ils pouvaient décider de la partager. En comparant le comportement des deux groupes, Bakshy a pu répondre à quelques importantes questions sur la façon dont nous naviguons dans l&#8217;information en ligne, <a href="http://www.slate.com/articles/technology/technology/2012/01/online_echo_chambers_a_study_of_250_million_facebook_users_reveals_the_web_isn_t_as_polarized_as_we_thought_.html">explique Farhad Manjoo dans une tribune pour Slate.com</a>. Les gens sont-ils plus enclins à partager l&#8217;information parce que leurs amis la leur transmettent ? Et si nous sommes plus enclins à partager ces histoires, quels types d&#8217;amis nous poussent à les repartager à notre tour (des amis proches ou des gens avec qui ont interagi peu souvent) ? </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/facebooketudebakshy.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/facebooketudebakshy.jpg" alt="facebooketudebakshy" title="facebooketudebakshy" width="541" height="407" class="alignright size-full wp-image-15828" /></a><br />
<i>Image : Illustration des liens forts et des liens faibles issue de l&#8217;étude d&#8217;Eytan Bakshy.</i> </p>
<p>L&#8217;expérience a permis à Bakshy de voir comment l&#8217;information nouvelle (l&#8217;information que vous n&#8217;auriez pas partagée si vous ne l&#8217;aviez pas vu sur Facebook) voyage à travers les réseaux. Autant de réponses qui permettent de mieux cerner ce que Farhad Manjoo appelle &#8220;la chambre d&#8217;écho&#8221; : si un algorithme comme le EdgeRank favorise l&#8217;information que vous avez déjà vu, cela ferait de Facebook une chambre d&#8217;écho de vos propres croyances. Mais si l&#8217;EdgeRank propulse des informations nouvelles via le réseau, Facebook devient alors une source d&#8217;information précieuse plus qu&#8217;un reflet de votre propre &#8220;petit&#8221; monde. </p>
<p>C&#8217;est exactement ce qu&#8217;a trouvé Bakshy. D&#8217;abord, il a montré que plus vous êtes proche d&#8217;un ami sur Facebook (plus vous commentez l&#8217;un l&#8217;autre vos billets, plus vous apparaissez sur des photos ensemble, etc.), plus vous allez avoir tendance à partager les liens de cet ami. A première vue, il semble que Facebook encourage la chambre d&#8217;échos : <i>&#8220;nous avons tendance à donner de l&#8217;écho à nos plus proches connaissances&#8221;</i>.  </p>
<p>Mais si nous avons tendance à partager l&#8217;information avec nos plus proches amis, nous continuons à partager de l&#8217;information de nos liens faibles, et ces liens provenant de ces connaissances éloignées sont les nouveaux liens de nos réseaux. Ces liens ont tendance à recevoir l&#8217;information que vous n&#8217;auriez pas partagée si vous ne l&#8217;aviez pas vu sur Facebook. Ces liens faibles sont indispensables à votre réseau, explique Bakshy. <i>&#8220;Ils ont accès à différents sites web que vous ne visiteriez pas nécessairement&#8221;</i>. </p>
<p>L&#8217;importance de ces liens faibles serait sans incidence si nos relations sur Facebook n&#8217;étaient pas essentiellement constituées par des liens faibles. Même si vous considérez la définition la plus laxiste d&#8217;un lien fort (quelqu&#8217;un avec qui vous avez échangé qu&#8217;un message ou commentaire), la plupart des gens ont plus de liens faibles avec leurs relations sur Facebook que de liens forts. <i>&#8220;Ce sont eux les gens les plus influents dans nos réseaux sociaux&#8221;</i> souligne Farhad Manjoo. <i>&#8220;Cela suggère donc que Facebook et les sites sociaux ne nous proposent pas seulement une confirmation du monde, mais que l&#8217;EdgeRank a tendance à nous sortir de notre bulle de filtre plutôt que de la renforcer&#8221;</i>.</p>
<h3>Notre réseau relationnel est-il hétérogène ?</h3>
<p>Certes, la démonstration est volumineuse : l&#8217;étude porte sur 253 000 personnes ayant partagé plus de 75 millions d&#8217;URL ! Pas sûr pourtant que la démonstration de Bakshy soit si concluante que l&#8217;entende Farhad Manjoo. D&#8217;abord, l&#8217;étude ne nous dit rien de la façon dont nous interprétons les nouvelles qui nous parviennent. Bakshy ne précise pas si les histoires auxquelles nous accédons via nos liens faibles diffèrent idéologiquement de nos propres visions du monde. Ensuite, rien ne nous dit que les amitiés faibles que nous accumulons sur Facebook nous extraient vraiment de notre bulle de filtre, au contraire. Nos amitiés lointaines sont-elles hétérophiles ou homophiles ? Si les liens faibles nous apportent plus de diversité, encore faut-il parvenir à la mesurer. </p>
<p>Jusqu&#8217;à présent, les chercheurs qui s&#8217;intéressent à ces questions ont plutôt souligné que qui se ressemble s&#8217;assemble. <i>&#8220;Les sites sociaux ont plutôt tendance à renforcer les clivages sociaux&#8221;</i>, <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/">soulignait danah boyd</a>. Notre xénophilie est assez limitée, <a href="http://www.internetactu.net/2010/09/13/pdlt-linternet-divise-t-il-ou-rassemble-t-il/">rappelait également Ethan Zuckerman</a>. L&#8217;essentiel de notre réseau relationnel étendu sur Facebook n&#8217;est pas construit d&#8217;une manière stratégique pour augmenter la diversité de nos relations : au contraire, l&#8217;algorithme qui nous suggère des relations s&#8217;appuie sur nos relations pour nous en suggérer d&#8217;autres. Et la diversité de notre réseau relationnel est certainement au final assez faible. L&#8217;homogénéité et la similarité sont souvent les premières raisons de notre mise en relation. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2011/05/16/comment-nous-arrive-linformation-prendre-la-mesure-des-liens-faibles/">Sinan Aral et Marshall Van Alstyne</a> ont montré que les liens faibles n&#8217;étaient pas toujours les plus efficaces pour recevoir des informations nouvelles. Enfin, bien sûr, l&#8217;étude de Bakshy oublie le contexte qui préside à l&#8217;échange d&#8217;information. En novembre, <a href="http://www.networkworld.com/news/2011/122011-harvard-facebook-friendships-nsf-254264.html">une étude</a> (&#8221;<a href="http://www.pnas.org/content/early/2011/12/13/1109739109">Social selection and peer influence in an online social network&#8221;</a>) signée par trois sociologues du Berkman Center for Internet and Society d&#8217;Harvard <a href="http://www.wjh.harvard.edu/soc/gs/Lewis_Kevin/">Kevin Lewis</a>, Marco Gonzalez et <a href="http://cyber.law.harvard.edu/people/jkaufman">Jason Kaufman</a>, rappelait que les étudiants qui partageaient certains goûts musicaux et cinémas avaient tendance à être plus reliés ensemble que d&#8217;autres. Pour autant, insistaient les auteurs, cela ne signifiait pas forcément que leurs goûts étaient influencés par ce que leurs amis écoutent. Si la proximité (sociale, de genre, racial, géographique et socioéconomique) compte pour établir des relations, le partage des goûts est plus complexe&#8230; </p>
<p>Et tout cela ne prend pas en compte notre fonctionnement cognitif qui tend <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/11/nos-decisions-en-questions/">à reconfigurer le monde pour qu&#8217;il se conforme à nos idéologies partisanes</a> : cela signifie que quand bien même on nous mettrait sous les yeux des informations qui différent de notre propre vision du monde, cela ne signifierait pas pour autant que nous les accepterions très facilement, au contraire. </p>
<h3>Une plus grande diversité humaine nous conduit à moins de diversité personnelle</h3>
<p>Sur son blog, le journaliste Jonah Lehrer (dont les éditions Robert Laffont viennent de traduire le premier ouvrage <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2221114620/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2221114620">Proust était un neuroscientifique</a></i> après avoir traduit il y quelques mois son second livre <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2221114639/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2221114639">Faire le bon choix</a></i> que je vous recommande, tous deux, chaudement) nous rappelle que <a href="http://www.wired.com/wiredscience/2012/01/opposites-dont-attract-and-thats-bad-news/">les contraires ne s&#8217;attirent pas</a>. <i>&#8220;Les gens cherchent des gens qui leur ressemblent. C&#8217;est l&#8217;effet d&#8217;attraction similaire que les psychologues ont mis en avant dans presque toutes les cultures. Qu&#8217;importe où nous vivons, comment nous avons grandit où la langue que nous parlons, nous avons envie de passer du temps avec des gens qui nous ressemblent&#8221;</i>.  </p>
<p>Et le journaliste de citer <a href="http://www.columbia.edu/~pi17/mixer.pdf">l&#8217;étude (.pdf)</a> des psychologues <a href="http://www.columbia.edu/~pi17/">Paul Ingram</a> et <a href="http://www.michaelwmorris.com/">Michael Morris</a> de l&#8217;université de Columbia qui ont invité à un cocktail un groupe hétéroclite de dirigeants. La majorité d&#8217;entre eux ont déclaré avant de s&#8217;y rendre que leur principal objectif était de rencontrer autant de personnes différentes que possible et d&#8217;élargir leur réseau social. Mais malheureusement, ce n&#8217;est pas ce qui s&#8217;est passé. En équipant les participants d&#8217;étiquettes électroniques, Ingram et Morris ont montré que les participants ont majoritairement eu tendance à interagir avec les gens qui leur ressemblaient le plus : les banquiers ont discuté avec les banquiers, les commerciaux entre eux et les comptables avec d&#8217;autres comptables. Au lieu de tisser des relations avec des inconnus, venant d&#8217;autres milieux que le nôtre, nous avons tendance à nous rapprocher de gens provenant d&#8217;un milieu similaire. <i>&#8220;La petitesse de leur monde social s&#8217;est renforcée&#8221;</i>, souligne Lehrer. Les gens ont tendance à parler à des gens qu&#8217;ils connaissent déjà ou à trouver ceux qui leur ressemblent le plus. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/bestfriendsforever.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/01/bestfriendsforever.png" alt="bestfriendsforever" title="bestfriendsforever" width="540" height="282" class="alignright size-full wp-image-15829" /></a><br />
<i>Image : Qui se ressemble s&#8217;assemble ? <a href="http://www.flickr.com/search/?s=int&#038;l=cc&#038;mt=all&#038;adv=1&#038;w=all&#038;q=%22best+friends+forever%22&#038;m=text">Best friends forever sur Flickr</a>.</i></p>
<p>Mais cette envie de similitude ne se contente pas d&#8217;influencer notre comportement lors de soirées, elle façonne notre monde social. C&#8217;est ce qu&#8217;ont démontré à leur tour les psychologues Angela Bahn, <a href="http://www.people.ku.edu/~kpickett/">Kate Pickett</a> et <a href="http://psych.ku.edu/people/faculty/crandall_christian.shtml">Christian Crandall</a> de l&#8217;université du Kansas (voir leur étude : <a href="http://gpi.sagepub.com/content/15/1/119.full.pdf+html">Social ecology of similarity : Big schools, small schools and social relationships</a>). Ces psychologues ont cherché à mesurer si la diversité sociale conduisait à avoir des amitiés plus diversifiées. Les chercheurs ont comparé les relations d&#8217;étudiants provenant du campus de l&#8217;université du Kansas (25 000 étudiants) avec ceux de quatre petits collèges du Kansas situé en zone rurale (comportant 525 élèves en moyenne). Les chercheurs ont approché des pairs de personnes dans les espaces publics de ces écoles pour leur faire répondre à un court sondage leur demandant des informations démographiques (âge, origine ethnique, idéologie politique, religion&#8230;) et leur posant des questions sur leurs opinions (Que pensez-vous de l&#8217;avortement ? Vous êtes-vous déjà soulé ? Combien de cigarettes consommez-vous ? Faites-vous du sport ?&#8230;). Autant de questions permettant de générer rapidement un portrait de chaque personne et calculer un taux d&#8217;appariement. </p>
<p><i>&#8220;Dans un monde idéal, la possibilité de rencontrer beaucoup de personnes différentes devrait nous conduire à une plus grande diversité d&#8217;amis. Mais c&#8217;est le contraire qu&#8217;ont constaté les psychologues. Les étudiants du campus étaient majoritairement amis avec des gens qui leur ressemblaient bien plus que les étudiants des collèges ruraux&#8221;</i>. Selon les scientifiques, le niveau de corrélation entre amis issu du sondage d&#8217;opinion a été supérieur à 80 % sur les questions posées aux étudiants de l&#8217;université du Kansas. Au lieu d&#8217;apprendre de gens différents d&#8217;eux &#8211; en désaccord avec eux sur l&#8217;avortement ou qui n&#8217;aimait pas le même sport -, les étudiants ont obéi à l&#8217;attraction de similarité, passant au crible la vaste population du campus pour trouver <i>&#8220;les plus homologues cercles d&#8217;amis possibles&#8221;</i>. Comme le soulignent les chercheurs <i>&#8220;les contextes sociaux plus vastes permettent une meilleure opportunité pour un assortiment de grains plus fins&#8221;</i>. </p>
<p>C&#8217;est triste sur un certain nombre de niveaux, estime Jonah Lehrer. Pour une chose, les amitiés étaient en réalité plus proches et plus durables dans les petits collèges, ce qui suggère qu&#8217;il n&#8217;y a rien d&#8217;intrinsèquement bénéfique à chercher des gens semblables (les contraires n&#8217;attirent pas, mais le devraient). D&#8217;autres études ont montré que d&#8217;avoir un réseau social diversifié amènent des gains impressionnants, comme le montre <a href="http://www.cs.princeton.edu/~sjalbert/SOC/Ruef.pdf">cette analyse (.pdf)</a> du sociologue <a href="http://www.princeton.edu/sociology/faculty/ruef/">Martin Ruef</a> des diplômés de la Business School de Stanford. Les entrepreneurs avec un réseau social plus entropique et varié ont des capacités d&#8217;innovation trois fois plus élevées que les autres, suggérant que la capacité d&#8217;accéder à des informations non redondantes de ses pairs est une source essentielle d&#8217;idées nouvelles. </p>
<p><i>&#8220;Malgré ces résultats, nos anciens instincts sociaux nous conduisent dans la mauvaise direction, de sorte que nous finissons par être piégés dans une bulle d&#8217;homogénéité&#8221;</i>. De tels résultats viennent également compliquer la justification des programmes d&#8217;action positive, estime encore Lehrer. Dans le jugement Grutter contre Bollinger par exemple, la Cour suprême américaine a statué que les universités ont <i>&#8220;un intérêt impérieux à obtenir des avantages éducatifs qui découlent d&#8217;une population étudiante diversifiée&#8221;</i>. En théorie, c&#8217;est absolument vrai, souligne le journaliste scientifique. Mais l&#8217;étude des psychologues du Kansas montre que la diversité se retourne parfois, de sorte qu&#8217;un corps étudiant plus varié conduit à des interactions moins variées. Comme le disent encore les chercheurs : <i>&#8220;Quand l&#8217;occasion abonde, les gens sont libre d&#8217;avoir des critères de sélection d&#8217;amitiés plus étroites, mais quand ils ont moins de choix disponibles, ils doivent trouver satisfaction en utilisant des critères plus larges. Nos résultats révèlent une ironie : plus la diversité humaine dans un environnement est grande, moins on obtient de diversité personnelle.&#8221;</i> </p>
<p>A moins de construire des stratégies sociales évoluées, il est fort probable que les réseaux sociaux numériques aient les mêmes défauts que les réseaux sociaux réels. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a><br />
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		<title>Refaire société : Comment donner voix à la société ?</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 05:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sait-on bien ce qu&#8217;elle est cette société dont on parle depuis deux jours au forum Refaire Société, s&#8217;interroge Leyla Dakhli de la République des Idées ? La refaire, oui, mais sur quels fondements ? Comment témoigner de ceux qui font la société ? Quelle est la place des médiateurs (journalistes, intellectuels, militants&#8230;) ? Et bien sûr, répondre à cette question&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sait-on bien ce qu&#8217;elle est cette société dont on parle depuis deux jours au forum <a href="http://www.refairesociete.fr/">Refaire Société</a>, s&#8217;interroge Leyla Dakhli de <a href="http://www.repid.com/">la République des Idées</a> ? La refaire, oui, mais sur quels fondements ? Comment témoigner de ceux qui font la société ? Quelle est la place des médiateurs (journalistes, intellectuels, militants&#8230;) ? Et bien sûr, répondre à cette question nécessite aussi de se poser la question de la forme : quelle voix porte-t-on ? Comment ? Est-ce par la subjectivité assumée ? Par la neutralité de point de vue ? Que signifie enfin donner de la voix ? Comment restitue-t-on cette voix ? Qui la restitue ? </p>
<p>C&#8217;est une question d&#8217;importance quand on observe ce retour du témoignage, estime la chercheuse. Et Leyla Dakhli de citer plusieurs ouvrages parus récemment, comme les récits des journalistes Florence Aubenas (<i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2757824449/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2757824449">le Quai de Ouistreham</a></i>) et Eric Dupin (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2021002748/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2021002748">Voyages en France</a>) auquel on pourrait ajouter <i><a href="http://abonnes.lemonde.fr/une-annee-en-france/">Une année en France</a></i>, ce polyphonique portrait de la France depuis ses habitants imaginé par la rédaction du <i>Monde</i> ou bien sur à <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2021009947/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2021009947">La France de Raymond Depardon</a></i>, ou encore, dans un autre style, <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/274890138X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=274890138X">Résister à la chaîne</a></i>, cet étonnant dialogue entre un sociologue et un ouvrier. </p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/une-annee-en-france/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/Une-année-en-France.png" alt="Une année en France" title="Une année en France" width="540" height="345" class="alignleft size-full wp-image-15191" /></a></p>
<p><i>&#8220;Quand on regarde l&#8217;histoire, on trouve plein d&#8217;oeuvres anonymes&#8221;</i>, explique Kerim Bouzouita, <a href="http://readwriteworld.blogspot.com/">blogueur</a> et journaliste tunisien, spécialisé dans l&#8217;étude de la contre-culture dont il est un représentant. De tout temps les individus ont utilisé l&#8217;anonymat pour s&#8217;exprimer. <i>&#8220;En Tunisie, une voix unifiée s&#8217;est levée pour soutenir la cause populaire, des centaines de milliers de personnes n&#8217;ont utilisé qu&#8217;un seul visage pour médiatiser leur cause.&#8221;</i> Mais ce n&#8217;est pas là la seule forme de l&#8217;anonymat collectif. Aujourd&#8217;hui, <a href="http://www.whyweprotest.net/">les anonymous</a> (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anonymous_(communaut%C3%A9)">Wikipédia</a>) utilisent l&#8217;internet pour créer une nouvelle forme de reconnaissance à travers le monde &#8211; ce ne sont pas d&#8217;ailleurs <i>&#8220;les&#8221;</i> anonymous dont il faudrait parler, mais de <i>&#8220;l&#8217;anonymous&#8221;</i> (en anglais, on ne dit pas <i>them</i>, mais <i>it</i>) ce qui signifie que ce collectif est <i>&#8220;chosifié&#8221;</i>. Les Anonymous utilisent un masque, un visage unique pour s&#8217;exprimer, qui a pour fonction de mettre de côté son égo. <i>&#8220;Et mettre de côté son égo, c&#8217;est imaginer une forme potentielle de société radicalement différente de la nôtre&#8221;</i>.  </p>
<p>Pour le sociologue <a href="http://gspm.ehess.fr/document.php?id=370">Cyril Lemieux</a>, directeur d&#8217;études à l&#8217;Ecole des hautes études en sciences sociales et auteur de nombreux ouvrages de sociologie du journalisme, il est important de comprendre l&#8217;inégalité d&#8217;accès des phénomènes sociaux à la visibilité médiatique. Certains acteurs et évènements sont sur-représentés et d&#8217;autres sous-médiatisés. Selon lui, trois facteurs expliquent ces processus. Tout d&#8217;abord, ces visibilités et invisibilités médiatiques sont produites par <i>&#8220;les effets de concurrence entre médias&#8221;</i>. Les journalistes s&#8217;alignent sur l&#8217;information produite par leurs concurrents directs, avec des effets de spécularité (des effets miroirs, expliquant &#8220;la circulation circulaire de l&#8217;information&#8221; comme la nommait Pierre Bourdieu) qui entraînent notamment des effets bien connus d&#8217;emballements médiatiques. Un phénomène qui suscite bien sûr des critiques, dont celle du &#8220;suivisme&#8221;. </p>
<p>Le second facteur est lié à la conformité des phénomènes aux formes journalistiques. La durée, le rythme, la longueur, l&#8217;angle de traitement sont liés aux contraintes de ventes et d&#8217;audiences. <i>&#8220;Face aux contraintes journalistiques, les phénomènes sociaux sont inégaux. L&#8217;insécurité est plus sexy que la réforme de la sécurité sociale ou que la réforme de l&#8217;institution européenne.&#8221;</i> D&#8217;où le fait que certains phénomènes sociaux nécessitent d&#8217;autres formes de traitement : l&#8217;infographie, le micro-trottoir ou les petites phrases en politique&#8230; La critique récurrente ici, porte sur la superficialité des traitements, la simplification voir le simplisme. </p>
<p>Le dernier facteur, le plus important estime le sociologue, correspond au travail de mise à disposition des faits par les sources. Ici, l&#8217;enjeu est d&#8217;éviter le &#8220;média-centrisme&#8221; qui conduit plus facilement les médias vers les sources qui fournissent des informations que vers les autres. A de nombreux endroits du monde social, pourtant, les sources ont intérêts à ne rien divulguer. Les silences médiatiques sont là où les sources ne sont pas actives. C&#8217;est ce qui explique également parfois le manque de pluralisme et la polyphonie de l&#8217;information : il est souvent difficile d&#8217;aller chercher des &#8220;contres sources&#8221;. Ici, le reproche que l&#8217;on adresse aux médias c&#8217;est leur paresse, mais également les contraintes organisationnelles qui font qu&#8217;ils se trouvent souvent être l&#8217;instrument (quand ce n&#8217;est pas en collusion) des sources les plus puissantes. </p>
<p>Pour Cyril Lemieux, <i>&#8220;pour donner voix à la société, il faut réincorporer la &#8220;stratégie des sources&#8221; dans le travail journalistique. Les sources sont inégales entre elles. Certaines ne savent pas attirer l&#8217;attention des journalistes ni leur apporter des données exploitables. Comment aider les acteurs les moins dotés en capacité d&#8217;expression pour qu&#8217;ils se rendent visible ?&#8221;</i> Dans cette stratégie, on voit bien que le tissu associatif, les enquêtes des sciences sociales et des agences de l&#8217;Etat peuvent jouer un rôle central. Viser une meilleure représentation de la société nécessiterait de développer l&#8217;ensemble de ces outils. </p>
<h3>Besoin de polyphonie</h3>
<p>François Miquet-Marty, sociologue et sondeur à l&#8217;<a href="http://www.institut-viavoice.com/viavoice2/index.php">Institut ViaVoice</a>, vient de publier <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2841865843/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2841865843"><i>Oubliés de la démocratie</i></a>. Dans son livre, François Miquet-Marty est parti à la rencontre des Français pour discuter avec eux de la façon dont ils perçoivent la politique et la démocratie. Selon lui, certaines formules reviennent : l&#8217;impression d&#8217;absence d&#8217;écoute, l&#8217;impression de ne pas être concerné. <i>&#8220;On a une société sourde à elle-même&#8221;</i>, diagnostique le sondeur. <i>&#8220;Les gens veulent être entendus, mais n&#8217;ont pas d&#8217;échos, notamment parce que les corps intermédiaires ont moins de présence qu&#8217;avant.&#8221;</i></p>
<p>La société existe-t-elle ? Peut-elle parler ? Est-ce que faire des sondages permet de faire entendre les gens ? Non, estime François Miquet-Marty. <i>&#8220;Quand on interroge 1000 personnes, on ne fait qu&#8217;agréger des avis individuels, mais on n&#8217;obtient pas l&#8217;expression d&#8217;une entité collective qui serait &#8220;la société qui parle&#8221;. Les sondages permettent de comprendre l&#8217;avis des gens, mais pas l&#8217;avis de la société. Bien que nous soyons dans une société très équipée en instrument de communications, on ne sait pas retrouver la richesse des opinions.&#8221;</i> </p>
<p>Les médias jouent trop souvent le rôle de filtres. Beaucoup d&#8217;entre nous voudraient pouvoir dire leur mot sans trouver les canaux pour le faire. A ViaVoice, les sondages sont combinés à des entretiens pour restituer des portraits de vie, mais cela ne résout pas tous les problèmes, estime le sondeur. Nous demeurons dans une société très verrouillée sur le plan de l&#8217;information. </p>
<p><i>&#8220;L&#8217;une des pistes pragmatiques pour résoudre cet écueil, c&#8217;est la polyphonie&#8217;</i>. L&#8217;intégration de portraits, des sciences sociales, des formes romanesques également sont un premier moyen pour redonner de la polyphonie. Mais cela suppose aussi de réviser les canaux d&#8217;information et d&#8217;expression du plus grand nombre. L&#8217;internet et les blogs répondent souvent assez bien à cela. Mais il faut parvenir à être repéré, à entrer sur la scène&#8230; <i>&#8220;Ce qui est sûr, c&#8217;est que nous avons besoin d&#8217;une polyphonie d&#8217;expressions qui passe par une polyphonie des modes de recueil de l&#8217;information.&#8221;</i> </p>
<p>Bien sûr, la polyphonie est nécessaire, acquiesce Kerim Bouzouita. <i>&#8220;Mais quand une voix s&#8217;impose plus que les autres, on tombe dans l&#8217;homophonie. C&#8217;est ce qu&#8217;il se passe avec les mass-media, avec les grands groupes de média internationaux que sont Clear Channel et News Corp. La société ne doit pas attendre que le pouvoir lui donne la voix :  elle ne l&#8217;obtient qu&#8217;en la prenant&#8221;</i>. </p>
<p>L&#8217;anonymat, désormais, ce n&#8217;est plus être individuellement anonyme, mais c&#8217;est l&#8217;être collectivement, explique encore le jeune blogueur tunisien. L&#8217;originalité de l&#8217;anonymat collectif repose sur son fonctionnement. Les Anonymous ne se connaissent pas entre eux. Leurs messages se construisent sur des outils communs. </p>
<h3>Prêter attention à ceux qui ne veulent pas se faire entendre</h3>
<p>Oui. Le fondement de ces nouvelles formes de structuration militante autour de l&#8217;anonymat est une critique du pouvoir, et notamment du pouvoir des médias, estime Leyla Dakhli. <i>&#8220;Bien souvent pourtant, les silences des médias ne sont pas forcément là où l&#8217;on croit. Finalement, on entend les sans voix, mais on n&#8217;entend pas les silences de l&#8217;influence. On voit les Indignés, on voit comment ils s&#8217;organisent, mais on ne sait pas ce qu&#8217;il se passe dans les cabinets ministériels&#8230; &#8220;</i></p>
<p>On a effectivement plus d&#8217;information sur les classes populaires que les élites, rappelle le sociologue Cyril Lemieux. <i>&#8220;On ne sait pas ce qu&#8217;il se passe dans les conseils d&#8217;administration des grandes entreprises, dans les cabinets ministériels&#8230; Dans tous ces univers qui maitrisent la communication et la rendent inaccessible&#8221;</i>. Il faut du temps et des moyens pour pénétrer ces univers. Nous les connaissons plutôt via la fiction, comme nous le propose le film <i>L&#8217;exercice d&#8217;Etat</i> ou par l&#8217;effraction, comme nous le propose Wikileaks. L&#8217;anonymat est également là. On ne sait pas qui porte le pouvoir, comment se trament les décisions&#8230; C&#8217;est également vrai dans le domaine des sciences sociales. Les chercheurs s&#8217;intéressent plus aux pauvres qu&#8217;aux élites. C&#8217;est plus difficile de s&#8217;intéresser aux élites ou à certaines catégories sociales, comme la police par exemple, <a href="http://www.liberation.fr/societe/01012372244-bac-les-flics-mis-en-examen">comme le propose le sociologue Didier Fassin dans <i>La Force de l&#8217;ordre</i></a>. <i>&#8220;Se rendre inaccessible est une capacité inégalement distribuée&#8230;&#8221;</i> La transparence se définit à la fois par l&#8217;expression et la monstration. Il faut à la fois comprendre et montrer&#8230; Beaucoup d&#8217;actions de nos élites ne passeraient pas le cap de la justification publique si on la pointait du doigt au moment où elle est prise. </p>
<p>Il nous faut toujours progresser à la fois dans l&#8217;enjeu de la connaissance de la société par elle-même et à la fois dans l&#8217;expression des différentes composantes de cette société, estime François Miquet-Marty. Pour les plus jeunes, le principe de démocratie représentative semble de plus en plus incongru, de moins en moins compris. Cela tient à la fois à un climat de confiance qui se délite et également au fait que désormais, dans une société individualisée, nous voulons nous exprimer par nous-mêmes, comme nous l&#8217;a appris l&#8217;internet. La majorité des gens pensent que leur député ne sert à rien. <i>&#8220;Cela signifie qu&#8217;on ne sait plus ce qu&#8217;il fait, mais également que le lien entre lui et moi, le citoyen, n&#8217;est pas compris.&#8221;</i> Beaucoup de gens, mêmes très éloignés de la politique, souhaitent le retour d&#8217;une démocratie par tirage au sort, rémunéré, comme dans l&#8217;Antiquité. Des assemblées de citoyens libérés de leurs temps de travail, rémunérés, permettant de développer à la fois la participation et la diversité. Cela nécessite une réinvention totale de nos outils démocratiques&#8230; Sommes-nous à l&#8217;aube de cela ?, s&#8217;interroge le sociologue.</p>
<h3>&#8220;Il ne s&#8217;agit pas tant de comment donner voix, que de la prendre&#8221;</h3>
<p>En Tunisie, une génération s&#8217;est élevée, rappelle Karim Bouzouita. <i>&#8220;J&#8217;ai ramassé tous les slogans, tout ce qui a été crié. Je n&#8217;y ai pas trouvé le mot démocratie. J&#8217;ai trouvé les mots liberté, dignité&#8230; mais pas démocratie. C&#8217;est à cause de vous, occidentaux, qu&#8217;on n&#8217;a plus foi dans la démocratie représentative. La démocratie nécessite le libre accès à l&#8217;information&#8230; Or, celui-ci est impossible. L&#8217;organisation des médias comme du pouvoir le rend impossible. Les mêmes groupes industriels et financiers financent les campagnes électorales de droite comme de gauche. De partout, nous sommes confrontés à une politique bipolaire porteuse des mêmes projets de sociétés. Cette politique bipolaire est incapable de remettre en question la forme de la démocratie, car c&#8217;est cette forme même qui lui donne du pouvoir.&#8221;</i> Les hactivistes du printemps arabe tunisien se sont peu engagés dans les partis politiques, rappelle l&#8217;observateur. Les jeunes ne croient pas à la démocratie représentative. Les revendications de la jeunesse tunisienne portent plus sur la transparence (l&#8217;opengov, l&#8217;opendata) que sur la démocratie&#8230; Nous sommes passés de Wikileaks à <a href="http://openleaks.org/">Openleaks</a>. La société prend des outils, des hauts parleurs pour s&#8217;exprimer&#8230; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Fawkes">Le masque de Guy Fawkes</a> se balade partout, de l&#8217;internet à la rue&#8230; </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/anonymouswhyweprotest.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/anonymouswhyweprotest.png" alt="anonymouswhyweprotest" title="anonymouswhyweprotest" width="540" height="260" class="alignleft size-full wp-image-15198" /></a></p>
<p><i>&#8220;Effectivement, il ne s&#8217;agit pas tant de comment donner voix, que de la prendre&#8221;</i>, souligne à son tour Cyril Lemieux. <i>&#8220;L&#8217;internet permet d&#8217;augmenter la capacité des personnes à rendre visibles les injustices dont elles pâtissent, à témoigner de leur goût et également à se rendre visible des médias conventionnels. Mais pour l&#8217;instant, l&#8217;internet est encore conditionné aux médias. Ce sont eux qui adoubent le succès d&#8217;une vidéo virale par exemple. La télévision reste encore la source d&#8217;information privilégiée, et notamment le journal télévisé de TF1 qui rassemble chaque soir quelques 7 millions de téléspectateurs.&#8221;</i></p>
<p>Oui, la légitimité cathodique et la célébrité portée par les reality shows sont devenues des valeurs&#8230; poursuit Karim Bouzouita. <i>&#8220;Mais en Tunisie par exemple, on a toujours su que les médias mentaient. En Tunisie, on n&#8217;avait que l&#8217;internet comme espace d&#8217;information. Il a servi collectivement à analyser les images que nous servaient les médias qui appartenaient aux proches du président, à décrédibiliser les images que la télé montait contre les contestataires.&#8221;</i></p>
<h3>Nous ne devons pas tout attendre des journalistes</h3>
<p>Dans le public, une dame apostrophe les intervenants évoquant l&#8217;incident industriel qui s&#8217;est passé il y a peu à Marcoule en pointant du doigt qu&#8217;il n&#8217;était peut-être pas aussi bénin que l&#8217;ont laissé entendre les médias français par rapport aux médias espagnols par exemple.  </p>
<p><i>&#8220;Il faut savoir ce que ne fait pas le journalisme, bien sûr. Mais aussi il faut savoir que font les sources&#8221;</i>, insiste Cyril Lemieux. <i>&#8220;Dans le cas de Marcoule (que je ne connais pas), si l&#8217;incident est aussi grave que vous le dites, que font les syndicats, les familles, les associations ?&#8221;</i>  </p>
<p><i>&#8220;Nous ne devons pas tout attendre des journalistes&#8221;</i>, rappelle le sociologue. <i>&#8220;Nous sommes dans une démocratie vivante. On a le traitement médiatique que l&#8217;on mérite. Si on avait une meilleure activité syndicale, associative&#8230; on aurait certainement un traitement de l&#8217;information pluriel. Il faut sortir d&#8217;une position de consommateur et de spectateur de l&#8217;information. Il faut aller vers une position d&#8217;acteur.&#8221;</i> Dit autrement, il n&#8217;y a pas d&#8217;information sans sources et donc sans des gens qui prennent des risques pour celle-ci.</p>
<p><i>&#8220;Ce qui m&#8217;a frappé, dans mon tour de France des </i>Oubliés de la démocratie<i>, c&#8217;est combien nous sommes devenus une société de la défiance&#8221;</i>, conclut François Miquet-Marty. <i>&#8220;Les gens ne font pas confiances aux médias ou aux dirigeants politiques, mais ils ne font pas non plus confiances à leurs voisins&#8221;</i>. Le goût de la transparence et de la critique tend à mettre en cause systématiquement l&#8217;autre. Beaucoup de salariés travaillent ainsi dans la défiance sur leurs lieux de travail. Combien de personnes âgées donnent un peu d&#8217;argent à leurs voisins pour qu&#8217;ils aillent faire les courses pour elles ? Bien souvent, les gens ne savent pas à qui s&#8217;adresser, dit-il en faisant référence aux travaux du philosophe allemand <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Axel_Honneth">Axel Honneth</a> sur la reconnaissance et la société du mépris.</p>
<p>Il faut effectivement transformer nos défiances en critiques articulées&#8230; estime à son tour le sociologue Cyril Lemieux. <i>&#8220;Il faut pousser la critique jusqu&#8217;au débat public. Nous n&#8217;avons pas de débat sur les sondages, sur le &#8220;profil bas des journalistes&#8221;, cette intégration intériorisée de l&#8217;autocensure&#8230; Mais ce &#8220;profil bas&#8221; est vrai dans toutes les entreprises. Les gens sont écrasés par les hiérarchies, car ils sont individualisés à l&#8217;extrême. Il n&#8217;y a pas assez de collectifs. Il nous manque une organisation de débats, des capacités collectives à nous ériger contre. Il faut effectivement passer de &#8220;donner voix&#8221; à &#8220;prendre voix&#8221;&#8230; Même si un appel volontariste ne suffit pas. Nous avons besoin d&#8217;associations pour montrer aux gens qu&#8217;ils ont des souffrances en partage et qu&#8217;ils peuvent faire des choses s&#8217;ils se regroupent. Internet est un bon moyen de se reconnaitre et de s&#8217;agréger et de montrer que la puissance vient toujours du collectif.&#8221;</i></p>
<p>Hubert Guillaud </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/journalisme/" title="journalisme" rel="tag nofollow">journalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/republique-des-idees/" title="République des idées" rel="tag nofollow">République des idées</a><br />
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		<title>Les nouveaux médias sociaux ne sont peut-être pas si nouveaux que ça</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 08:28:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un post du blog que Cynthia Haven, critique littéraire, tient sur le site de l&#8217;université de Stanford, en Californie. Le titre du post : &#8220;Les nouveaux médias sociaux ne sont peut-être pas si nouveaux que ça&#8221;.
&#8220;Si vous vous sentez submergés par les médias sociaux&#8221;, commence Cynthia Haven, &#8220;sachez que vous n&#8217;êtes pas&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s&#8217;agit <a href="http://bookhaven.stanford.edu/2011/11/hot-new-social-media-maybe-not-so-new-plus-ca-change-plus-cest-la-meme-chose/">d&#8217;un post</a> du <a href="http://bookhaven.stanford.edu/">blog</a> que Cynthia Haven, critique littéraire, tient sur le site de l&#8217;université de Stanford, en Californie. Le titre du post : &#8220;Les nouveaux médias sociaux ne sont peut-être pas si nouveaux que ça&#8221;.</p>
<p>&#8220;Si vous vous sentez submergés par les médias sociaux&#8221;, commence Cynthia Haven, &#8220;sachez que vous n&#8217;êtes pas les premiers dans l&#8217;Histoire. Une avalanche de nouvelles formes de communication s&#8217;est abattue aussi sur les Européens des 17e et 18e siècles.</p>
<p>&#8220;Le 17e siècle a vu la conversation exploser&#8221;, explique Anaïs Saint-Jude, directrice du programme <a href="http://humanexperience.stanford.edu/bibliotech/">BiblioTech</a> de Stanford, &#8220;c&#8217;était la version moderne de la surcharge d&#8217;information&#8221;. La révolution copernicienne, l&#8217;invention de l&#8217;imprimerie, l&#8217;exploration du Nouveau-Monde&#8230; tout cela devait être digéré au fur et à mesure que cela se produisait.</p>
<p>Et le service public des postes a été pour nos ancêtres l&#8217;équivalent de ce que sont pour nous Facebook, Twitter, Google + et les smartphones. Des lettres par milliers traversaient Paris chaque jour. Voltaire en écrivait entre 10 et 15 dans la journée. Racine  se plaignait de ne pas pouvoir suivre le rythme du courrier qui lui arrivait. Sa boite était pleine, dirait-on aujourd&#8217;hui.</p>
<p><a href="https://republicofletters.stanford.edu/rplviz.swf"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/republiquedeslettres.png" alt="republiquedeslettres" title="republiquedeslettres" width="540" height="360" class="alignleft size-full wp-image-15181" /></a><br />
<i>Image : <a href="https://republicofletters.stanford.edu/">La cartographie des la République des Lettres</a> qui permet de suivre la correspondance des grands penseurs du siècle des Lumières.</i></p>
<p>Que ces gens se racontaient-ils ? Eh bien, pas forcément grand-chose. Un peu comme dans les mails d&#8217;aujourd&#8217;hui. &#8220;C&#8217;était l&#8217;équivalent d&#8217;un coup de fil, pour inviter quelqu&#8217;un à dîner ou lui dire mon Dieu, vous saviez ce qui est arrivé au Duc ?&#8221;, explique Dan Edelstein, un des directeurs du projet <a href="https://republicofletters.stanford.edu/">Mapping the Republic of Letters</a> de Stanford. Quelque chose avait changé à cette époque : les services de la poste commerciale étaient en plein essor. Ils existaient depuis des siècles, certes, mais avaient d&#8217;abord servi à l&#8217;Etat, puis (grâce aux Médicis notamment), aux commerçants et aux banquiers. Soudain, ils se sont mis à transporter les correspondances privées. Plus de gens écrivaient, et plus de gens pouvaient répondre rapidement, pas seulement à leurs amis et leur famille, mais, à travers de longues distances, à des gens qu&#8217;ils n&#8217;avaient jamais rencontrés et ne rencontreraient jamais. Un peu comme certains de nos amis Facebook.</p>
<p>Selon Anaïs Saint-Jude, ce fut une époque, comme la nôtre, d&#8217;&#8221;hyper-écriture&#8221;, et même d&#8217;addiction à l&#8217;écriture. Madame de Sévigné a écrit 1120 lettres à sa fille qui vivait en Bretagne, entre 1670 et sa mort en 1696. A cette époque, les rues de Paris étaient jonchées de morceaux de papier : les <i>billets</i> (ou libelles) sur lesquels quelques phrases scabreuses ou politiquement diffamatoires étaient jetées au public. Ca ne vous fait pas penser à Twitter ? demande Haven.</p>
<p>Ces petits morceaux de papier dans votre poche pouvaient vous attirer de gros problèmes. Voltaire a été jeté en prison à cause d&#8217;un de ces billets. Néanmoins, ces affichettes anonymes permettaient de contourner la censure et elles étaient aussi un moyen d&#8217;organiser des manifestations. Comme dans les révolutions arabes, note Edlestein.</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui est public ? Qu&#8217;est-ce qui est privé ? Autre question que l&#8217;on s&#8217;est posée à l&#8217;époque. Plus de correspondance signifiait que des lettres pouvaient tomber dans de mauvaises mains. Les <i>Liaisons dangereuses</i>, le roman épistolaire de Laclos, ont montré les dangers et disgrâces encourues par les auteurs d&#8217;une correspondance rebelle. A notre époque, est-il nécessaire de rappeler le triste sort d&#8217;Anthony Weiner (le représentant démocrate obligé de démissionner après avoir envoyé à tous ses followers des photos suggestives à la suite d&#8217;une mauvaise manipulation) ?</p>
<p><iframe width="540" height="304" src="http://www.youtube.com/embed/3rIB-IXzA_Y" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<i>Vidéo : Interview d&#8217;Anaïs Saint-Jude.</i></p>
<p>Au même moment encore naissait le journalisme moderne, via un précurseur du blog. Les nobles, comme le Cardinal Mazarin, embauchaient leurs propres journalistes pour rapporter ce que la ville comptait de scandales et d&#8217;histoires de sexe. Ces plumitifs installaient des bureaux dans tout Paris pour recueillir les nouvelles les plus savoureuses, ils les écrivaient, les recopiaient et les distribuaient à des souscripteurs. Les revues littéraires et les journaux ont bientôt fleuri, avec tout un nouvel environnement de critique littéraire et culturelle. Sans parler des affiches, placardées dans les rues, invitant à des événements de plus en plus ouverts au public.</p>
<p>Les nouveaux espaces que nous avons créés à notre époque sont virtuels, pas physiques. Mais les espaces physiques du 17e siècle et des Lumières ont aussi causé des perturbations psychologiques  &#8211; l&#8217;Académie française, l&#8217;Académie des sciences, les Salons. Ces groupes de gens qui se réunissaient pour discuter de littérature, de découvertes, d&#8217;idées, de révolution ou simplement pour assister à un spectacle, étaient un changement par rapport au public soigneusement choisi de la Cour, où l&#8217;essentiel du travail consistait à flatter les puissants. Ces nouveaux espaces ont posé de nouvelles questions : comment s&#8217;y conduire ? Comment y apparaître aux yeux des autres? Soigner son apparence publique y est devenu vital. Quel en fut le résultat ? Une nouvelle conscience de soi est née, et aussi une nouvelle nervosité sociale. Les acteurs de l&#8217;époque se posaient les mêmes questions que nous nous posons aujourd&#8217;hui, dit Anaïs Saint-Jude : &#8220;comment organiser toute cette information ?&#8221;</p>
<p>Restons calmes, conclut-elle, nous sommes en bonne compagnie. Rien de nouveau sous le soleil.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-la-place-de-la-toile-de-framasoft-2011-11-19">L’émission du 19 novembre 2011</a> était consacrée <a href="http://10ans.framasoft.org/">aux 10 ans</a> de <a href="http://www.framasoft.net/">Framasoft</a>, pionnier de la diffusion du logiciel libre en France, en compagnie d&#8217;Alexis Kauffmann le fondateur de l&#8217;association, de Christophe Masutti, coordinateur de la collection <a href="http://www.framabook.org/">Framabook</a>,  de Frédéric Couchet, fondateur de l&#8217;<a href="http://www.april.org/">April</a> et également Adrienne Alix, directrice des programmes de <a href="http://www.wikimedia.fr/pr%C3%A9sentation-de-wikimedia-france">Wikimédia France</a>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-sociale/" title="innovation sociale" rel="tag nofollow">innovation sociale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a><br />
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		<title>LOL! Le web vous fait-il rire ?</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 05:07:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le rire est-il le propre du web ? En tout cas, depuis la naissance de la Toile, sites de blagues, images et vidéos détournées, petites phrases citées et reprises en mèmes dans la spirale de l&#8217;internet viral se sont multipliées, faisant du numérique, peut-être devant la télévision ou la presse papier, le principal support de l&#8217;humour contemporain. Pour en discuter&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat03.gif"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat03-300x249.gif" alt="lolcat03" title="lolcat03" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Le rire est-il le propre du web ? En tout cas, depuis la naissance de la Toile, sites de blagues, images et vidéos détournées, petites phrases citées et <a href="http://www.internetactu.net/2005/09/15/internet-viral/">reprises en mèmes dans la spirale de l&#8217;internet viral</a> se sont multipliées, faisant du numérique, peut-être devant la télévision ou la presse papier, le principal support de l&#8217;humour contemporain. Pour en discuter lors de la troisième conférence du cycle <a href="http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&#038;id_doc=3488">&#8220;Eclairages pour le 21e siècle&#8221; (podcast)</a>, qui s&#8217;est tenu le 7 novembre à la BPI, quatre intervenants se sont réunis autour de l&#8217;animatrice de <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/">Chroniques de la rentrée littéraire</a>, Abeline Majorel : Vincent Glad, <a href="http://www.slate.fr/source/vincent-glad">journaliste à <i>Slate.fr</i></a>, <a href="http://culturevisuelle.org/lesinternets/">fin observateur de la culture web</a> et spécialiste de &#8220;l&#8217;humour LOL&#8221; <a href="http://www.twitter.com/vincentglad">sur son fil Twitter</a> ; Jane Weston, qui a écrit une thèse sur l&#8217;humour bête et méchant ; Eric Smadja, psychanalyste et anthropologue, auteur d&#8217;un <a href="http://www.amazon.fr/rire-Smadja-Eric/dp/2130590810/internetnet-21">&#8220;Que sais-je&#8221; sur le rire</a> ; et Cyrille de Lasteyrie, dit &#8220;Vinvin&#8221;, <a href="http://mrvinvin.wordpress.com/">blogueur</a>, auteur de <a href="http://www.dailymotion.com/Vinvin">vidéos humoristiques</a>, cofondateurs de la société de production audiovisuelle <a href="http://www.storycircus.fr/equipe">StoryCircus </a>et aujourd&#8217;hui animateur à la télévision dans une émission de France 5 en compagnie de François Rollin, <a href="http://www.legrandwebze.com/">&#8220;Le grand Webze&#8221;</a>.              . </p>
<p><iframe frameborder="0" width="560" height="420" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xdk8ql"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xdk8ql_le-scandale-des-chansons-pour-enfan_fun" target="_blank">Le Scandale des Chansons pour Enfants</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Vinvin" target="_blank">Vinvin</a></i></p>
<h3>LOL ou pas LOL ?</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat01.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat01-300x224.jpg" alt="lolcat01" title="lolcat01" width="250" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a>Les formes d&#8217;humour sont multiples sur le web. Pour Vincent Glad, la forme la plus populaire reste ce qu&#8217;on appelle <a href="http://m2jc2010.wordpress.com/enquetes-fevrier-2011/lol-story-d%E2%80%99une-culture-d%E2%80%99inities-a-une-generation-contestataire/">la &#8220;culture LOL&#8221;</a> (pour <i>Laughing Out Loud</i>, c&#8217;est-à-dire &#8220;mort de rire&#8221;), dont les fameux &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lolcat">Lolcats</a>&#8221; sont l&#8217;illustration la plus connue : des photos de chats accompagnées d&#8217;un commentaire  humoristique écrit dans un anglais approximatif (il existe même <a href="http://www.lolcatbible.com/index.php?title=Main_Page">une bible traduite en langage &#8220;lolcat&#8221;</a>). L&#8221;humour LOL, ultra rapide, qui repose souvent sur des détournements d&#8217;images, est né sur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/4chan">4chan</a>, ce forum qu&#8217;on a souvent appelé la &#8220;poubelle du net&#8221;, et qui diffuse des images en tout genre, du pire au meilleur. La rapidité de l&#8217;humour LOL, est selon Vincent Glad, illustratif du mode multitâche propre aux internautes. On a plusieurs onglets ouverts sur son navigateur, certains liés à son travail, d&#8217;autres aux actualités&#8230; et parmi la multitude de fenêtres ouvertes, il peut y en avoir une avec un &#8220;lolcat&#8221; ou une autre photo détournée : on la regarde, on rit et on passe à autre chose. </p>
<p><a href="http://www.buzzfeed.com/memecore/10-best-sad-keanu-images-1ea9"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/enhanced-buzz-726-1276016888-132-300x254.jpg" alt="enhanced-buzz-726-1276016888-132" title="enhanced-buzz-726-1276016888-132" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Lorsqu&#8217;une image connait le succès, elle peut se retrouver déclinée en des milliers de versions. Exemple, <a href="http://knowyourmeme.com/memes/keanu-is-sad-sad-keanu--3">&#8220;Sad Keanu&#8221;</a>, issu d’une photo de paparazzi représentant un Keanu Reeves à la mine sinistre en train de grignoter des donuts. La photo de l&#8217;acteur a été détourée et mise par les utilisateurs sur une multitude de fonds différents. En bon enfant de l&#8217;internet, l&#8217;humour LOL est anonyme et collaboratif. Pour autant, nous a rappelé Glad, cette culture n&#8217;est pas si démocratique que cela. Elle implique la capacité d&#8217;utiliser Photoshop, voire de monter des vidéos. C&#8217;est une culture jeune, urbaine, assez geek. </p>
<p>Mais la culture LOL n&#8217;est pas la seule forme d&#8217;humour sur le net. Vinvin, par exemple, a marqué plusieurs fois sa distance avec elle. L&#8217;humoriste a ainsi confié que l&#8217;usage généralisé de l&#8217;anonymat, propre aux adeptes de 4chan, ne le faisait pas rire. D&#8217;ailleurs, a-t-il dit, ce qui caractérise l&#8217;humour contemporain, c&#8217;est moins le LOL que l&#8217;importance de la rapidité. Rapidité qui s&#8217;exprime aussi dans des programmes télévisés comme <a href="http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3848-c-bref.html">Bref</a>, a souligné Jane Weston.</p>
<h3>Rire en 140 caractères</h3>
<p>A milles lieues de 4chan, Twitter a développé son propre style d&#8217;humour internet. Il est vrai que la limite des 140 caractères pousse à créer la formule-choc. Très appréciés des internautes, les &#8220;tweet clash&#8221; opposent deux personnalités via leurs messages interposés. C&#8217;est à qui arrivera le mieux à &#8220;casser&#8221; son adversaire, comme dirait Brice de Nice.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/joffrin-695x670.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/joffrin-695x670-300x289.jpg" alt="joffrin-695x670" title="joffrin-695x670" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Certaines célébrités se sont brûlé les doigts lors de &#8220;tweet clash&#8221;. Pour exemple, Laurent Joffrin, directeur du <i>Nouvel Obs</i>, qui pour avoir lancé un &#8220;qui vous a autorisé à me tutoyer&#8221; sur le service de microblogging est devenu la cible des internautes, <a href="http://culturevisuelle.org/lesinternets/archives/1238">comme le raconte Vincent Glad sur son blog</a>&#8230;</p>
<p>De fait lorsqu&#8217;on est une célébrité, et singulièrement une célébrité politique, est-il nécessaire de manifester son humour sur le réseau ? </p>
<p>Pas nécessairement de l&#8217;humour, précise Glad, mais en tout cas une connaissance du &#8220;parler internet&#8221; qui évite les tics de langage de l&#8217;ère prénumerique. NKM, Eric Besson, Benoit Hamon le maitriseraient très bien. En revanche, estime Glad, <i>&#8220;François Hollande  est un vrai boute-en-train dans la vraie vie, mais pas sur le net &#8220;</i>.</p>
<h3>Le rire, l&#8217;anonymat, et l&#8217;expression de soi</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat04.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat04-300x225.jpg" alt="lolcat04" title="lolcat04" width="250" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a>Eric Smadja a tenté une mise au point théorique en distinguant deux catégories de rire, le rire manifestation émotionnelle (comme la joie), et le rire risible, ludique, issu de notre désir de rester enfant. </p>
<p>Pour lui, le rire web est typique de notre société et exprime la contradiction qui lui est inhérente, entre l&#8217;individualisme (le rire qui ne respecte rien) et la massification, qui se manifeste par l&#8217;anonymat. </p>
<p>Pour Smadja, l&#8217;humour sur internet participerait du besoin simultané de s&#8217;exprimer et de voir : le couple voyeur/sadomasochiste. Il y eut d&#8217;ailleurs ce soir-là plusieurs échanges entre les participants à propos de ce qu&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Extimit%C3%A9">&#8220;l&#8217;extime&#8221;</a> par opposition à l&#8217;intime : cette disposition ou ce désir de rendre visibles certains aspects de soi jusque-là considérés comme relevant de l&#8217;intimité, comme le définit le psychiatre Serge Tisseron à la suite de Lacan. En réaction à une réflexion d&#8217;Abeline Majorel qui disait que les meilleures blagues sont souvent celles qui sont pensées à l&#8217;avance, Vincent Glad a suggéré que la vanne Twitter  possède ceci de particulier qu&#8217;elle est souvent spontanée, lancée dans le feu de l&#8217;action ou de la conversation : elle révèle quelque chose de son auteur, peut-être à son insu. </p>
<p>Si l&#8217;humour LOL est souvent anonyme, Twitter au contraire tend à identifier les auteurs et les soumet au risque de mettre à jour des aspects de leur personnalité qu&#8217;ils souhaiteraient garder pour eux. Pour Vinvin, pas de souci, lance-t-il avec le sourire : <i>&#8220;j&#8217;assume mes propos à vie, pour l&#8217;éternité&#8221;</i>. Glad, lui a mentionné qu&#8217;une part excitante de Twitter tient <a href="http://www.internetactu.net/2008/02/01/le-design-de-la-visibilite-un-essai-de-typologie-du-web-20/">au concept de &#8220;clair obscur&#8221; cher au sociologue Dominique Cardon</a> : on parle en public, mais en réalité, il y a très peu de chance qu&#8217;on vous lise, ou, si on vous lit, qu&#8217;on se souvienne de vos propos pendant longtemps. Et de citer <a href="http://www.leparisien.fr/politique/le-bon-la-brute-et-le-chevenement-quand-twitter-s-amuse-du-che-06-11-2011-1704929.php">l&#8217;exemple d&#8217;une cascade de blagues qui se développa il y a peu de temps, après la candidature de Chevènement aux prochaines élections présidentielles</a> : il s&#8217;agissait de placer le nom de Chevènement dans le titre d&#8217;un film célèbre (l&#8217;ex-ministre lui-même aurait d&#8217;ailleurs participé, en proposant &#8220;La Ruée vers Chevènement&#8221;). Voilà un exemple d&#8217;un &#8220;mème&#8221; qui tombera certainement très vite dans l&#8217;oubli, a-t-il expliqué. </p>
<h3>La nouvelle célébrité</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat05.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat05-300x228.jpg" alt="lolcat05" title="lolcat05" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Ces humoristes du web, connaitront-ils une gloire sur les médias traditionnels ? Ont-ils même intérêt à se tourner vers eux ? </p>
<p>Le jeune auteur de <a href="http://normanfaitdesvideos.com/">&#8220;Norman fait des vidéos&#8221;</a> a choisi : il ne veut pas passer à la télévision. Le web est son média, et le restera. Certes, mais comment dans ce cas pourra-t-il vivre de son art, s&#8217;est demandé Vinvin. Plusieurs millions de passages sur Youtube permettent de glaner quelques recettes publicitaires, mais est-ce suffisant ? L&#8217;une des spectatrices de la conférence a alors précisé que Norman bénéficiait aujourd&#8217;hui d&#8217;un partenariat avec Orange. </p>
<p>Toujours est-il que le passage de l&#8217;internet à la télévision n&#8217;est pas toujours facile, a expliqué Vinvin. Et s&#8217;il est vrai que si certains ont réussi leur changement de média comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Boublil">Max Boublil</a> qui avait lancé son premier sketch sur internet en 2007, d&#8217;autres ont moins réussi leur migration sur le petit écran, comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rémi_Gaillard">Rémi Gaillard</a> celui qui fait n&#8217;importe quoi pour devenir <a href="http://www.nimportequi.com/fr/">n&#8217;importe qui</a> qui conserve pourtant une très forte audience sur le Net. Pour exemple cet humoriste Twitter remarqué et invité par Laurent Ruquier qui n&#8217;a pas su déclencher l&#8217;enthousiasme lors de son passage télévisuel. Plusieurs causes expliqueraient ce difficile examen de passage. Outre le fait qu&#8217;il s&#8217;agit, intrinsèquement de média différents, la télévision est aux mains de producteurs plutôt âgés, qui ne comprennent pas les codes des humoristes internet, plus jeunes. Mais il y a aussi une réaction possiblement négative du public, a expliqué  Vincent Glad, qui tient justement à l&#8217;aspect toujours un peu &#8220;underground&#8221;, &#8220;anti-establishment&#8221; de l&#8217;humour internet. L&#8217;arrivée à la télévision peut être vécue comme une trahison. </p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/KMcf2-Ld1yg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<h3>Un rire contestataire</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat06.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/lolcat06-300x216.jpg" alt="lolcat06" title="lolcat06" width="250" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a>Mais finalement, l&#8217;humour internet propose-t-il vraiment quelque chose de neuf ? Ce goût de la rapidité, de la dérision, de la provocation, n’était-il pas déjà pratiqué par les revues &#8220;bêtes et méchantes&#8221; comme <i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Hebdo">Charlie Hebdo</a></i> ou <i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hara-Kiri_(journal)">Hara Kiri</a></i> ? </p>
<p>Le détournement de la publicité, a ainsi précisé Jane Weston, était déjà pratiqué par <i>Hara Kiri</i>, bien sûr. Mais aujourd&#8217;hui, un journal comme <i>Charlie Hebdo</i> se retrouve en difficulté à essayer de s&#8217;adapter à une culture web qu&#8217;il avait largement rejetée à ses débuts.</p>
<p>Vinvin s&#8217;est dit largement inspiré par <i>Charlie Hebdo</i> et <i>Hara Kiri</i>, même si a-t-il ajouté, <i>&#8220;je ne suis pas provocateur&#8221;</i>. Pour Vincent Glad, c&#8217;est Canal+ qui serait aujourd&#8217;hui l&#8217;influence majeure des humoristes web français, plus que <i>Charlie Hebdo</i> ou <i>Hara Kiri</i>.</p>
<p><i>&#8220;Mais tout de même&#8221;</i>, précise Vinvin, <i>&#8220;il y a quelque chose de triste dans l&#8217;humour LOL. </i><i>Charlie</i> était provocateur, mais il y avait aussi de l&#8217;engagement, qui semble singulièrement manquer chez leurs épigones numériques&#8221;.</p>
<p>Aujourd’hui, cette contestation s&#8217;exprime peut être moins par son contenu que par ses méthodes, proches du hacking : <i>&#8220;Le LOL, c&#8217;est le hacking de l&#8217;économie de l&#8217;attention&#8221;</i>, a expliqué Vincent Glad. L&#8217;exemple en est <a href="http://www.slate.fr/story/34483/dujardin-mort-internet-fake">la fausse mort de Jean Dujardin</a>, programmée par des adolescents. Leur but avoué était d&#8217;arriver à faire afficher un bandeau consacré à la fausse nouvelle sur BFM TV. Ils avaient pour cela élaboré toute une stratégie média, impliquant par exemple la création de comptes fictifs sur le site du <i>Post</i>. Il s’agissait de montrer, explique Glad, que <i>&#8220;les jeunes sont plus forts&#8221;</i>. </p>
<p>Il n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas étonnant, a-t-il précisé, que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Anonymous_(communaut%C3%A9)">le mouvement Anonymous</a> soit né, lui aussi, sur 4Chan. Il y a un lien entre la culture LOL, Anonymous et les <a href="http://www.adbusters.org/campaigns/occupywallstreet">&#8220;indignés&#8221; de Wall Street</a> (qui utilisent comme Anonymous le fameux &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Fawkes">masque de Guy Fawkes</a>&#8221; popularisé par la BD et le film <i>V pour Vendetta</i>). Ces différents mouvements illustrent peut être, chacun à leur manière, l&#8217;impression persistante qu&#8217;on ne peut pas vraiment changer les choses, juste marquer son rejet par des manifestations sans programme précis, ou par des actions humoristiques déstabilisant l&#8217;ordre établi.</p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hacker/" title="hacker" rel="tag nofollow">hacker</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
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		<title>L&#8217;Unesco a-t-il besoin de Wikipédia pour protéger notre Patrimoine mondial&#8230; immatériel ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 11:09:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s’agit d’un papier posté le 1er novembre sur le site du magazine américain Wired, on le doit à Jonathon Keats, auteur d’un livre sur les mondes virtuels. L’article s’intitule : &#8220;Pourquoi Wikipédia est aussi importante que les Pyramides&#8221;.
Le 31 juillet 2007 commence Keats, une vieille mine d’argent japonaise connue sous le nom de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s’agit d’un papier posté le 1er novembre sur le site du magazine américain <i>Wired</i>, on le doit à Jonathon Keats, auteur d’un livre sur les mondes virtuels. L’article s’intitule : <a href="http://www.wired.com/magazine/2011/11/st_essay_wikipediawonders/">&#8220;Pourquoi Wikipédia est aussi importante que les Pyramides&#8221;</a>.</p>
<p>Le 31 juillet 2007 commence Keats, une vieille mine d’argent japonaise connue sous le nom de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Iwami_Ginzan">Iwami Ginzan</a> a été considérée par l’Unesco d’une &#8220;valeur universelle exceptionnelle&#8221; et ajoutée à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrimoine_mondial_de_l%27humanit%C3%A9">la liste du Patrimoine mondial</a>, au côté des Mégalithes de Stonehenge et des Pyramides d’Egypte. Les Japonais sont restés perplexes. Abandonné en 1923, le site ressemble aujourd’hui plus ou moins à un trou dans le sol. </p>
<p>Quatre ans plus tard, lors de la Conférence Wikimédia, une coalition allemande a proposé que Wikipédia devienne le premier site internet classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. <a href="http://meta.wikimedia.org/wiki/World_Heritage">Une pétition a été lancée</a>, déclarant Wikipédia &#8220;chef d’œuvre du génie créateur humain&#8221;. Ca n’a pas impressionné l’Unesco. Un porte-parole a suggéré que Wikipédia candidate plutôt à une classification au <a href="http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/flagship-project-activities/memory-of-the-world/homepage/">Registre mémoire du monde</a>.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/memoiredumondeunesco.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/memoiredumondeunesco.png" alt="memoiredumondeunesco" title="memoiredumondeunesco" width="540" height="311" class="alignright size-full wp-image-15022" /></a></p>
<p>Vous aviez déjà entendu parler de cette classification ? demande Keats. Les ajouts et candidats récents sont les Archives du comité urbain de la ville de Stockholm, le brevet Benz de 1886 et les Musiques des ethnies autochtones du Caucase sur CD-ROM.</p>
<p>Sans vouloir être désagréable envers les amateurs de musique ethnique, précise le journaliste de <i>Wired</i>, Wikipédia mérite plus d’égards. De fait, le site, monumentale compilation de 19 millions d’entrées en 282 langues, a déjà de par le monde un impact culturel supérieur à une mine d’argent japonaise aujourd’hui éteinte et à la plupart de 936 sites reconnus d’une &#8220;valeur universelle exceptionnelle&#8221; dans le classement au Patrimoine mondial.</p>
<p>Mais, bien que méritant pleinement d’apparaître dans cette liste, la vérité est que Wikipédia n’a pas besoin du classement au Patrimoine mondial. C’est le classement au Patrimoine mondial qui a besoin de Wikipédia.</p>
<p>L’Unesco, rappelle Keats, a établi cette liste en 1972 pour aider l’ONU à créer les conditions d’un dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples, dialogue fondé sur &#8220;le respect de valeurs partagées par tous&#8221; (ce qui rappelle une certaine encyclopédie en ligne, note Keats). Mais la basse politique a vite poussé du coude pour faire entrer bon nombre de systèmes de gestion de l’eau et de mines d’argent dans la classe des principaux monuments de l’humanité comme Persepolis et le Taj Mahal.</p>
<p>Cependant, l’Unesco est aux prises avec un problème plus grave. Depuis que la Convention sur le Patrimoine de l’Humanité a été rédigée en 1972, les délégués n’ont jamais su bien quoi faire du &#8220;patrimoine culturel immatériel&#8221; &#8211; à savoir les traditions et sagesses qui ont autant de sens pour les sociétés que leurs monuments. Après avoir passé 31 ans à trier les droits de propriété intellectuelle des groupes ethniques, les délégués ont décidé de créer une convention séparée pour les monuments abstraits, une deuxième liste indépendante de la précédente. Ainsi, vous retrouvez le Centre historique de Bruges classé au Patrimoine Mondial et la procession annuelle du Saint-Sang, elle aussi se déroulant à Bruges, dans <a href="http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=fr&#038;pg=home">la liste du patrimoine immatériel de l’Humanité</a> (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/UNESCO_Intangible_Cultural_Heritage_Lists">La liste sur Wikipédia</a>).</p>
<p>Pour Keats, c’est grotesque. La culture immatérielle est l’essence même de l’idée de patrimoine, c’est ce qui fait que le bois et les pierres sont dignes d’intérêt. Pour mériter leurs noms, les sites répertoriés au Patrimoine mondial incluent nécessairement de l’immatériel, ils sont au moins autant virtuels que matériels.</p>
<p>C’est pourquoi Wikipédia est un candidat idéal pour remettre le classement au patrimoine mondial dans le bon chemin. Le classement de Wikipédia au Patrimoine mondial serait plus qu’une plaque apposée à une ferme de serveurs à Tampa. Ca serait le classement des données.</p>
<p>Pas d’un lot particulier de données, celles-ci étant soumises au changement perpétuel comme c’est la nature d’un wiki. A mesure que le monde devient de plus en plus numérique, et qu’il est de plus en plus connecté, le patrimoine mondial aura lui aussi ces deux caractéristiques. Le Comité du Patrimoine mondial devra s’adapter, ou il deviendra obsolète. En lien avec cela, Wikipédia contient une autre leçon pour les traditionalistes de l’Unesco : le changement n’est pas nécessairement antagoniste de la préservation. Ce faux présupposé a mis le Comité en contradiction avec les gens mêmes dont l’Unesco prétend défendre le patrimoine. Par exemple, les habitants de Djenné, au Mali, dont les maisons en brique de terre ont été inscrites sur la liste en 1988, ont été incités par les professionnels du patrimoine à ne pas altérer leurs maisons en installant des équipements modernes comme des douches ou du carrelage. Un habitant furieux compare une pièce dans la maison poussiéreuse de son voisin à une tombe. Le concept rigide d’héritage matériel prôné par l’Unesco extermine le patrimoine immatériel mouvant des Djenné.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/djennemosquee.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/11/djennemosquee.png" alt="djennemosquee" title="djennemosquee" width="540" height="359" class="alignright size-full wp-image-15020" /></a><br />
<i>Image : La grande mosquée de Djenné au Mali, <a href="http://www.flickr.com/photos/marthaenpiet/2433958603/">photographiée par Martha de Jong-Lantink</a>.</i></p>
<p>Wikipédia protège le passé sans entraver l’avenir. C’est tout le génie de l’Historique des modifications, qui permet à quiconque de voir et de comparer toutes les versions d’une entrée jusqu’en 2001. Bien sûr, différentes versions du monde physique ne peuvent pas être préservées matériellement. Mais si tous les sites du Patrimoine mondial étaient virtualisés comme Wikipédia, les lieux physiques pourraient continuer à évoluer avec les gens. Les huttes en terre des Djenné pourraient être préservées sous forme de modèles tridimensionnels, augmentés avec des informations historiques et culturelles données à la fois par les habitants et les archéologues, à la manière du wiki. Les couches d’altération des maisons pourraient être numérisées et accessibles à tout le monde, de partout. Les technologies de prototypage rapide permettent que les huttes soient même refabriquées et visitables physiquement. Une fois le Patrimoine mondial wikifié, il n’y aura plus de raison de transformer les maisons des gens en tombes, de les sacrifier aux principes dépassés de l’Unesco. Ainsi, les Djenné ne deviendront pas les habitants moribonds d’une ville fantôme transformée une attraction touristique, comme Iwami Ginzan.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-journalistes-hackers-technologie-information-politique-2011-11-05">L’émission du 5 novembre 2011</a> était consacrée au journalisme hacker, avec les fondateurs et animateurs de <a href="http://reflets.info/">Reflets.info</a>, Olivier Laurelli et Antoine Champagne. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/citelabo/" title="citelabo" rel="tag nofollow">citelabo</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
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		<title>Vers des livres vivants</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 07:20:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s’agit d’un article du bi-mensuel américain The New Republic, signé Laura Bennett et intitulé &#8220;L’internet est-il en train de transformer les livres en d’éternels work-in-progress ?&#8221;
&#8220;Richard North Patterson se souvient de l’instant où il a appris la mort d’Oussama Ben Laden. Il était en train de regarder la télévision, c’était un dimanche soir,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s’agit d’un article du bi-mensuel américain <i>The New Republic</i><i>, signé Laura Bennett et intitulé <a href="http://www.tnr.com/article/books/95218/ebooks-publishing-Richard-Patterson">&#8220;L’internet est-il en train de transformer les livres en d’éternels <i>work-in-progress ?&#8221;</i></a></i></p>
<p>&#8220;<a href="http://www.richardnorthpattersonbooks.com/">Richard North Patterson</a> se souvient de l’instant où il a appris la mort d’Oussama Ben Laden. Il était en train de regarder la télévision, c’était un dimanche soir, deux jours avant la sortie de son dernier roman, <i>The Devil’s light</i>, dans lequel Al Qaeda planifie une attaque nucléaire sur l’Amérique pour le dixième anniversaire du 11 septembre. Wolf Blitzer, le journaliste de CNN, a annoncé le visage grave une information essentielle pour la sécurité nationale. Immédiatement, Patterson a su : &#8220;je me suis assis dans un état catatonique, se souvient-il, je pouvais voir le train qui me fonçait dessus, mais je ne pouvais ni parler ni bouger&#8221;. Dans son livre, Ben Laden était parfaitement en vie, ourdissant des complots meurtriers depuis une grotte de l’ouest du Pakistan. Patterson, auteur de plus de 15 thrillers politiques, dont plusieurs best-sellers – a instantanément compris que son livre était mal parti. &#8220;Je suis le seul Américain qui ait souffert de la mort de Ben Laden, a-t-il dit, en général, je suis prêt à me sacrifier pour l’équipe. J’espérais juste qu’il le garderait au frigo pendant un mois.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/woodenkindle.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/woodenkindle.png" alt="woodenkindle" title="woodenkindle" width="540" height="402" class="alignright size-full wp-image-14838" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.evilmadscientist.com/article.php/kindling">Un livre électronique de bois</a>, seule solution pour figer l&#8217;édition, photographié par <a href="http://www.flickr.com/photos/oskay/3470579202/in/set-72157617158361291/">Will Oskay</a>.</i></p>
<p>Mais, reprend Laura Bennet, à l’ère du livre numérique, tout cela est réparable. Patterson, avec son agent et son éditeur, ont décidé de franchir une étape inédite pour un livre de fiction : ils ont décidé de sortir une version numérique révisée pour aligner l’intrigue sur les événements les plus récents.</p>
<p>Patterson a passé des heures à parcourir les méandres du texte, à identifier toutes les références au chef d’Al Qaeda, à triturer des passages pour rendre bien clair le fait que Ben Laden n’était plus dans le paysage. La phrase &#8220;Mais si une de nos villes disparaît le 11 septembre, Ben Laden sera l’homme le plus puissant sur terre&#8221; est devenue &#8220;Mais si une de nos villes disparaît le 11 septembre, Ben Laden sera encore l’homme le plus puissant sur terre, même mort&#8221;. Une scène dans laquelle le leader d’Al Qaeda apparaissait à la télévision consiste maintenant en un message pré-enregistré dans lequel Ben Laden s’adresse au monde depuis l’au-delà. Et le livre est donc sorti le 16 août dans sa forme numérique, promptement mis à jour.</p>
<p>Il est évident qu’il n’a pas été toujours aussi facile pour un livre de rester pertinent après des événements inattendus ayant sapé ses prémisses. Norman Angell, rappelle Laura Bennet, a publié <i>La grande illusion</i> en 1908, expliquant que la guerre ne serait pas profitable et donc peu probable dans un avenir proche ; quand la guerre a éclaté en 1914, les critiques se sont jeté sur cette thèse et Angell a passé les années qui ont suivi à publier des éditions réactualisées de son livre dans une lutte éperdue pour montrer qu’il n’avait pas écrit que la guerre était &#8220;impossible&#8221;.</p>
<p>Aujourd’hui, les livres numériques ont fait du bricolage après publication une nouvelle pratique. Amazon envoie des mails aux clients pour les informer des mises à jour du texte d’un livre dont ils ont acheté me fichier. Le livre numérique pourrait-il devenir un contenu mouvant qui évolue selon les circonstances, indépendant du livre dont il est issu ? Est-ce le signe que les attentes que nous projetons dans les livres sont passées d’un produit fini à un perpétuel <i>work-in-progress</i> – ou s’agit-il juste de la conclusion logique d’une longue tradition de textes multiples et instables ?</p>
<p>La &#8220;stabilité textuelle&#8221;, pour emprunter cette expression à l’historien Robert Darnton, n’a jamais vraiment existé dans le monde de l’édition. Voltaire a publié tant d’addenda et d’éditions corrigées de ses livres que certains lecteurs frustrés ont refusé d’acheter ses œuvres complètes avant sa mort. La version du 18e siècle de l’encyclopédie de Diderot, qui a largement circulé, comptait des centaines de pages qui n’étaient pas incluses dans l’édition originale. Au 19e siècle, le compositeur français Ambroise Thomas a écrit une fin différente à son opéra Hamlet pour ne pas repousser ceux qui trouvaient l’effusion de sang un peu trop gore.</p>
<p>Les chercheurs, depuis des générations, ont sorti des deuxièmes, troisièmes, et quatrièmes éditions de leurs textes pour rectifier des informations dépassées. Et certains auteurs de fiction ont même profité de nouvelles éditions pour moderniser des anachronismes. Quand le roman de Paul Wilson, <i>The Tomb</i>, sorti en 1984, a été republié en 2004, il a retiré la mention de &#8220;magnétoscope&#8221; pour lui préférer un &#8220;lecteur de DVD&#8221;…</p>
<p>Un exemple plus sinistre est celui de la grande encyclopédie soviétique, dont on sait qu’elle a été manipulée par les idéologues communistes. Dans les années 50, après la chute de Beria, le chef de la police secrète de Staline, tous les détenteurs d’une encyclopédie furent enjoints de retirer l’entrée Beria et de la remplacer par un article allongé sur le détroit de Bering.</p>
<p>Donc, faire subir des ajustements à un livre pour le faire passer d’une époque à une autre n’est pas nouveau. La différence avec le livre numérique, bien sûr, c’est la vitesse et la facilité de la révision. La version numérique de <i>The Devil’s Light</i>, avec ses corrections, est sortie quelques mois après la version papier dans laquelle Ben Laden était encore un personnage du livre ; la version poche, elle aussi corrigée par Patterson, ne sera pas publiée avant 2012.</p>
<p>C’est probablement ce qui explique pourquoi – à en juger par les nombreuses propositions d’éditions Kindle réactualisées mises à disposition par Amazon – le livre numérique semble provoquer un nouvel enthousiasme pour le peaufinage de contenu après publication.</p>
<p>L’enjeu ici, pourrait-on considérer, c’est la question de l’intégrité du livre : quand un texte est-il achevé ? Tout livre publié est nécessairement un produit quelque peu arbitraire ; la plupart des auteurs pourraient continuer à le bricoler. Mais passer sous presse exige qu’un livre soit terminé, du moins pour le moment. Ce fait nous a donné quelques-unes des plus jolies &#8220;erreurs&#8221; de l’histoire. La référence de Shakespeare à la côte bohémienne dans <i>Le Conte d’hiver</i> – alors que le royaume de Bohème était enserré dans le centre de l’Europe – a fait de la mer de Bohème le symbole d’une utopie impossible. On ne sait pas si Shakespeare a fait express de contrefaire sa géographie ou s’il aurait localisé différemment cette côte si la technologie le lui avait permis.</p>
<p>Il s’agit d’une autre différence importante entre un livre numérique remis à jour et une édition imprimée révisée, au-delà du temps et du coût : dans la première, la révision remplace littéralement le livre qui précède. Une fois téléchargé, dans la plupart des cas, un nouveau livre numérique supplante la version originale, comme si la première version n’avait jamais existé – un livre numérique élimine le souvenir de qui l’a précédé. L’édition semble avoir embrassé l’éthos de la blogosphère, avec ses métamorphoses continuelles, sa suppression immédiate de la désinformation. Il n’est pas difficile d’imaginer un monde de livres vivant sur des cycles de 24 heures, évoluant en intégrant de nouveaux faits.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-cyborg-philosophie-2011-10-08.html">L’émission du 8 octobre 2011</a> était consacrée à la figure du Cyborg en compagnie du philosophe Thierry Hoquet qui vient de publier aux éditions du Seuil <i><a href="http://www.amazon.fr/Cyborg-philosophie-Penser-contre-dualismes/dp/2021025128/internetnet-21">Cyborg philosophie</a></i>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag nofollow">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a><br />
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		<title>Vers des &#8220;produits de données&#8221;</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 07:10:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour O&#8217;Reilly Radar, Mike Loukides, a publié un court rapport sur la nature de ce qu&#8217;il appelle les &#8220;produits de données&#8221; où il tente de dresser une esquisse d&#8217;une taxonomie des services imaginables depuis ce que produisent les données. 
La science des données explique-t-il, est en train de donner naissance à de nouveaux types de produits qu&#8217;on n&#8217;imaginait pas il&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour O&#8217;Reilly Radar, Mike Loukides, a publié <a href="http://radar.oreilly.com/2011/09/evolution-of-data-products.html">un court rapport</a> sur la nature de ce qu&#8217;il appelle les &#8220;produits de données&#8221; où il tente de dresser une esquisse d&#8217;une taxonomie des services imaginables depuis ce que produisent les données. </p>
<p><a href="http://cdn.oreilly.com/radar/2011/09/Evolution-of-Data-Products.pdf"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/Evolutionofdataproduct.png" alt="Evolutionofdataproduct" title="Evolutionofdataproduct" width="250" height="354" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>La science des données explique-t-il, est en train de donner naissance à de nouveaux types de produits qu&#8217;on n&#8217;imaginait pas il y a encore quelques années. En fait, les données sont en train de devenir des produits, que ce soit des produits liés aux données elles-mêmes (des données de transports ou de trafic par exemple qui deviennent des services en tant que tels), ou des produits liés à l&#8217;activation des données par les utilisateurs (par exemple les produits liés au <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/">Quantified Self</a>). Ce que suggère Mike Loukides, c&#8217;est que les produits de demain reposeront avant tout sur l&#8217;exploitation originale de données. </p>
<h3>Les données font naître de nouveaux types de produits</h3>
<p>Nous commençons à nous habituer aux produits virtuels à mesure qu&#8217;ils remplacent les produits physiques, explique Mike Loukides. De stockée sur des supports physiques, la musique s&#8217;achète désormais de façon numérique. Avec des services comme Spotify, elle est même devenue un produit de données pures. Mais qu&#8217;allons-nous vouloir demain ? Des produits qui fournissent des données ? Ou des produits qui offrent des résultats depuis les données ?</p>
<p>L&#8217;iPod est pour Mike Loukides le meilleur exemple d&#8217;un produit qui livre des données, bien que son application partenaire, iTunes, ne soit rien d&#8217;autre qu&#8217;un tableur exposant les métadonnées de vos collections. De même la recommandation sociale que l&#8217;on trouve sur des sites comme LinkedIn ou Facebook pioche ses recommandations dans les métadonnées de nos relations, en les présentant de manière un peu moins classique qu&#8217;une feuille de calcul. Mais ces produits de données demeurent classiques. Ils conservent <i>&#8220;l&#8217;odeur de données&#8221;</i> qui les produisent. Pour Mike Loukides ce sont &#8220;des produits de données déclarés&#8221;, manifestes, car les données sont clairement visibles dans ce qui nous est délivré. </p>
<p>Pour Mike Loukides, il existe néanmoins d&#8217;autres formes de livrables. Des systèmes capables d&#8217;analyser des données de trafic pour optimiser votre itinéraire utilisent également des données pour produire un service et des produits. Ford utilise ce type de données couplées à des outils de prédiction de trafic pour optimiser le trajet proposé par des navigateurs GPS expérimentaux qu&#8217;il destine à des voitures hybrides. Tous les produits de données ne sont donc pas explicites, beaucoup utilisent des produits de données &#8220;secrètes&#8221; pour fourbir d&#8217;autres services.  </p>
<p>En filant l&#8217;analogie, la <a href="http://www.nytimes.com/2010/10/10/science/10google.html?pagewanted=all">Google Car</a> capable de se déplacer toute seule (et qui utilise une quantité considérable de données y compris les cartes et les images de Google Street View pour calculer l&#8217;emplacement des trottoirs, bordures et panneaux&#8230; ainsi bien sûr que des données de trafic comme les données que la voiture produit elle-même) est typiquement un produit de données, même si celles-ci ne sont pas visibles dans le résultat final : une voiture qui se déplace toute seule. </p>
<p>Aujourd&#8217;hui, une grande chaîne d&#8217;hôtel peut voir son métier de nombreuses façons différentes, et se considérer avant tout comme une société de logiciels, qui fournit un produit de données : son système de réservation. C&#8217;est un système souvent complexe, qui doit être capable de gérer des milliers de chambres, d&#8217;énormes masses de clients, de faire des offres spéciales selon le taux de réservation, etc. Pour l&#8217;utilisateur, l&#8217;expérience est celle d&#8217;un lit confortable, mais la réalité repose sur des masses de données cachées. </p>
<p>&#8220;Les produits de données manifestes&#8221; ont tendant à dépendre d&#8217;une collecte de données ouvertes, avance-t-il encore. LinkedIn ou Facebook ne disposent pas de données qui n&#8217;aient été apportées de façons explicites, même s&#8217;ils sont en mesure de les combiner de manières inattendues, notamment en les mixant avec d&#8217;autres. &#8220;Les produits de données secrètes&#8221;, non seulement proposent des données invisibles dans les résultats, mais ont également tendance à être collectés de façon invisible. Nous ne pourrions obtenir une voiture qui se conduit toute seule si nous ne devions la nourrir qu&#8217;avec nos antécédents de conduite. La Google Car est construite notamment à partir d&#8217;un &#8220;échappement de données&#8221;, c&#8217;est-à-dire de données qui proviennent de dispositifs qui recueillent des informations sur nos activités. Ces échappements de données ambiantes, à l&#8217;avenir, vont être un réservoir important pour produire de nouveaux &#8220;produits de données&#8221; : les données sur l&#8217;utilisation de l&#8217;eau par exemple vont permettre de produire des données sur la localisation des fuites et permettre d&#8217;imaginer de nouveaux services.  </p>
<h3>Puissance et limites de la combinaison de données</h3>
<p>Les premières générations de produits de données reposaient sur des bases de données uniques, mais les plus récentes, comme <a href="http://www.linkedin.com/skills/">la base de données de compétences de LinkedIn</a>, sont composites : elle intègre à la fois les bases de données d&#8217;utilisateurs, d&#8217;employeurs, d&#8217;offres d&#8217;emplois, etc. L&#8217;intégration de la reconnaissance faciale dans Facebook est un excellent exemple de la puissance des bases de données liées. Alors que l&#8217;identification des visages est un problème complexe, la réponse de Facebook de restreindre l&#8217;identification a priori aux amis de celui qui l&#8217;a prise, permet de lever dans de très nombreux cas l&#8217;immensité du problème de l&#8217;identification des visages. Le croisement des données permet de résoudre le problème de l&#8217;appariement de millions de photos, pour le restreindre à un cercle limité. La solution ne provient pas d&#8217;un robot surpuissant, mais de pouvoir apparier les photos au graphe social. </p>
<p>Beaucoup de produits de données actuels sont en fait des moteurs de recommandations utilisant le filtrage collaboratif, estime Mike Loukides. Mais la recommandation est un objectif limité. <i>&#8220;Le problème avec la recommandation c&#8217;est qu&#8217;elle ne cherche qu&#8217;à recommander quelque chose que l&#8217;utilisateur va apprécier.&#8221;</i> Or l&#8217;appréciation n&#8217;est pas toujours un bon critère. <i>&#8220;<a href="http://www.vipad.fr/post/Genius-disponible-pour-les-applications-iPad-%3A-la-d%C3%A9couverte-d-applications-facilit%C3%A9e">Genius</a>, sur mon iPad m&#8217;a ainsi récemment recommandé d&#8217;essayer <a href="http://www.zite.com/">Zite</a>, parce que dans mes applications je disposais de <a href="http://flipboard.com/">Flipboard</a> (deux applications qui créent des magazines depuis les recommandations de vos relations sociales sur Facebook ou Twitter, NDT). Certes, j&#8217;ai bien aimé Zite, mais j&#8217;aurais préféré qu&#8217;il me recommande une application pour faire autre chose&#8221;</i>. J&#8217;ai besoin d&#8217;un logiciel qui me raconte des choses nouvelles : des choses que je ne savais pas et que je voudrais, ou dont je pourrais avoir pensé que je n&#8217;en voudrais pas alors qu&#8217;elles pourraient m&#8217;être indispensables, explique-t-il. <i>&#8220;Si vous disposez de <a href="http://www.forscoreapp.com/">ForScore</a>, une application qui permet de transformer votre iPad en lecteur de partition de musique et qui indique que vous êtes musicien, alors le système doit pouvoir vous proposer une application comme <a href="http://www.smule.com/magicfiddle">Magic Fiddle</a>, qui n&#8217;a pourtant a priori rien à voir, mais intéressera tout musicien.&#8221;</i></p>
<p>Il faut que la recommandation nous amène à la découverte et pas seulement à la recommandation du similaire. Et de faire référence au livre d&#8217;Eli Pariser, <i><a href="http://www.amazon.fr/Filter-Bubble-What-Internet-Hiding/dp/1594203008/internetnet-21">The Bubble Filter</a></i>, une excellente réflexion sur le danger de la personnalisation excessive liée à l&#8217;utilisation des médias sociaux&#8230; </p>
<p>Pour autant, le filtrage nous est nécessaire, rappelle Mike Loukides. <i>&#8220;Essayez de faire des recherches dans <a href="http://www.google.com/support/chrome/bin/answer.py?answer=95464">Google Chrome en mode privé</a>, qui supprime toute information qui pourrait être utilisée pour personnaliser les résultats de recherche. J&#8217;en ai fait l&#8217;expérience. Il est difficile d&#8217;obtenir des résultats de recherches pertinents lorsque le filtrage n&#8217;est pas basé sur la connaissance préalable de vos intérêts. Pour autant, quand les outils que nous utilisons se transforment en parodie de nos goûts, cela dégrade également les résultats. Passer de la recommandation à la découverte est le problème principal auquel nous allons être confronté dans la prochaine génération des &#8220;produits de données&#8221;.&#8221;</i> </p>
<h3>Concevoir des produits de données</h3>
<p>Dans les premiers temps des produits de données, nous les avons consultés via nos ordinateurs. Mais ce n&#8217;est désormais plus le cas. On écoute de la musique via nos iPod, on lit des livres sur nos Kindle, on joue des vidéos sur nos téléviseurs&#8230; Or, les ordinateurs avaient l&#8217;avantage de nous faire prendre conscience que les données étaient des données. DJ Patil, spécialiste des données en résidence chez Greylock Partners, affirme que lors de la construction d&#8217;un produit de données, il est essentiel d&#8217;intégrer des designers dans l&#8217;équipe d&#8217;ingénierie dès le début. Pour Patil par exemple, Foursquare a réussi parce qu&#8217;il a utilisé le GPS d&#8217;une manière très simple et c&#8217;était autant une décision technique qu&#8217;une décision de conception. Les nouvelles interfaces des produits de données travaillent toutes à masquer les données proprement dites pour trouver et faire apparaitre ce que l&#8217;utilisateur souhaite. L&#8217;iPod a révolutionné l&#8217;écoute audio en éliminant les boutons et les commandes pour accéder à sa base de données musicale ! </p>
<p>Dans le passé, nos recherches sur Google étaient basées sur des données datant parfois de plusieurs semaines. Désormais, bien souvent, les données doivent être basées sur le &#8220;temps humain&#8221;, comme le dit Justin Sheehy, de <a href="http://www.basho.com/">Basho Technologies</a>. L&#8217;heure d&#8217;arrivée du bus n&#8217;a pas de sens si le bus est passé. Faire une prédiction de trafic depuis des données de la veille peut avoir une certaine valeur, mais elle est bien moindre que de la faire depuis des données temps réel. Une Google Car ne pourrait pas circuler depuis les conditions routières d&#8217;hier. Prédire l&#8217;infection chez un nourrisson prématuré n&#8217;est utile que si vous pouvez l&#8217;annoncer avant qu&#8217;elle devienne apparente pour les observateurs humains, via les données enregistrées en continu par les moniteurs. Pour répondre à l&#8217;exigence du temps humain, de nouveaux outillages de données voient le jour, <a href="http://research.google.com/pubs/pub36726.html">Percolator</a>, <a href="https://cwiki.apache.org/FLUME/">Apache Flume</a>, <a href="http://tech.backtype.com/preview-of-storm-the-hadoop-of-realtime-proce">Storm</a>&#8230; permettant de produire des données en temps réel, de produire des flux de traitement en contexte. </p>
<p>Mike Loukides conclut en expliquant que les produits de données font de plus en plus partie de nos vies. Mais que les changements à venir seront plus flagrants encore quand ils ne ressembleront plus à des données. Nous allons vers un monde où nos appareils délivreront des résultats de données plus que des données elles-mêmes. Les données qui font fonctionner la Google Car ne nous intéressent pas en tant qu&#8217;utilisateurs, estime peut-être un peu rapidement Loukides. Eric Schmidt, le PDG de Google, <a href="http://www.thedrum.co.uk/news/2011/06/25/22817-quotes-of-the-week-huffington-post-bbc-salford-google-and-more/">déclarait en juin dernier</a> : <i>&#8220;Google a besoin d&#8217;aller au-delà du format de recherche actuel qui est d&#8217;entrer une requête pour obtenir une dizaine de résultats. L&#8217;idéal serait que nous sachions ce que vous voulez avant de le chercher&#8230;&#8221;</i></p>
<p>Cette phrase controversée et quelque peu effrayante capture pourtant l&#8217;étape suivante dans l&#8217;évolution des données, estime Mike Loukides. Nous ne voulons pas des listes ou des tableurs, nous ne voulons pas de données en forme de données, nous voulons des résultats qui soient en phases avec nos objectifs humains. <i>&#8220;Nous avons besoin de produits de données qui tirent leurs puissances de plusieurs sources, qui offrent des résultats dans le temps humains, plutôt que via des procédés discontinus, et plus importants encore, nous avons besoin de produits de données qui nous conduisent de la recommandation à la découverte.&#8221;</i> </p>
<p>Dans les années 80-90, vous ne pouviez penser le réseau sans être conscient de sa plomberie. Aujourd&#8217;hui, les produits de données se battent pour le même objectif : les consommateurs se moquent d&#8217;être conscients qu&#8217;ils utilisent des données. Lorsque nous réaliserons que la richesse des produits de données repose sur des données qui n&#8217;appellent pas l&#8217;attention sur elles, alors nous serons prêts pour la prochaine révolution. </p>
<p>Bien sûr, les propos de Mike Loukides sont à replacer dans leur contexte. Il n&#8217;est pas si simple d&#8217;affirmer &#8211; trop rapidement, cela n&#8217;était pas son sujet &#8211; que les consommateurs ne s&#8217;intéressent pas à la manière dont elles sont assemblées. L&#8217;esquisse de taxonomie qu&#8217;il propose est encore bien fragile, mais sa tentative d&#8217;essayer de comprendre ce que les données produisent et permettent comme nouveaux types de services ou d&#8217;objets, est certainement un point de vue fécond pour mieux comprendre les transformations en cours liées à la production de masses de données. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Augmenter notre intelligence émotionnelle</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 05:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comprendre notre intelligence émotionnelle, c&#8217;est ce à quoi s&#8217;attache Rosalind Picard directrice du Groupe de recherche sur l&#8217;informatique affective au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondatrice d&#8217;Affectiva, une start-up spécialisée dans les technologies de mesure de l&#8217;émotion. Et ce n&#8217;est pas si simple, comme en a rendu compte Sally Adee pour le NewScientist&#8230;
Lors de son interview avec Rosalind&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comprendre notre intelligence émotionnelle, c&#8217;est ce à quoi s&#8217;attache <a href="http://web.media.mit.edu/~picard/index.php">Rosalind Picard</a> directrice du <a href="http://affect.media.mit.edu/">Groupe de recherche sur l&#8217;informatique affective</a> au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondatrice d&#8217;<a href="http://www.affectiva.com/">Affectiva</a>, une start-up spécialisée dans les technologies de mesure de l&#8217;émotion. Et ce n&#8217;est pas si simple, <a href="http://www.newscientist.com/article/mg21128191.600-specs-that-see-right-through-you.html?full=true">comme en a rendu compte Sally Adee pour le <i>NewScientist</i></a>&#8230;</p>
<p>Lors de son interview avec Rosalind Picard, la journaliste du <i>New Scientist</i> a été invitée à chausser un prototype de paire de lunettes mise au point par Affectiva. Cette paire de lunettes a pour fonction d&#8217;aider celui qui la porte à décoder les émotions de la personne avec qui il discute (<a href="http://www.newscientist.com/articleimages/mg21128191.600/1-specs-that-see-right-through-you.html">voir le schéma du <i>New Scientist</i></a>). Les lunettes sont équipées d&#8217;une petite caméra qui surveille 24 points du visage de son interlocuteur et leurs mouvements pour le décrypter. Des petites lumières rouges, jaunes et vertes installées sur le bord du champ de vision permettent de traduire les expressions de l&#8217;interlocuteur selon qu&#8217;elles sont négatives, neutres ou positives. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/afectiva.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/afectiva.png" alt="afectiva" title="afectiva" width="540" height="219" class="alignnone size-full wp-image-14602" /></a><br />
<i>Image : la technologie d&#8217;Affectiva.</i></p>
<blockquote><p>&#8220;Les yeux de Rosalind Picard étaient grands ouverts. Je ne pouvais la blâmer. Nous étions assises dans son bureau au Media Lab du MIT, et mes questions étaient étonnement incisives. En fait, je commençais à soupçonner que j&#8217;étais l&#8217;une des plus avisées journalistes qu&#8217;elle ait rencontrés, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle me tende ces lunettes. A l&#8217;instant où je les mis, je découvris que je me trompais. J&#8217;ai réalisé que son regard d&#8217;admiration traduisait en fait de la confusion et du désaccord. Pire, elle s&#8217;ennuyait. Une petite voix me le murmurait à mon oreille via une oreillette attachée à la lunette. Elle me disait que Picard était déconcertée ou en désaccord avec moi. Une lumière rouge clignotait au-dessus de mon oeil droit pour me prévenir d&#8217;arrêter de parler. C&#8217;était comme si j&#8217;avais développé un sens supplémentaire.&#8221;</p></blockquote>
<p>Les détecteurs d&#8217;émotions peuvent-ils nous aider à mieux nous comprendre mutuellement ? C&#8217;est visiblement ce que pense Rosalind Picard qui a mis au point cette technologie pour stimuler notre intelligence émotionnelle. Reste à savoir si nous sommes prêts à mieux comprendre les sentiments des autres ou à mieux diffuser les nôtres. </p>
<h3>Améliorer notre compréhension des émotions de nos interlocuteurs</h3>
<p><i>&#8220;La pantomime des émotions agissent comme des lubrifiants sociaux dans nos conversations&#8221;</i>, explique Sally Adee. Nos clins d&#8217;yeux inconscients signalent à l&#8217;autre que nous le comprenons, mais certains imperceptibles clignements d&#8217;yeux indiquent quand ce n&#8217;est plus le cas. Beaucoup de ces signaux peuvent être mal interprétés &#8211; sans compter que les différences culturelles font que certains signaux n&#8217;ont pas le même sens d&#8217;une culture à l&#8217;autre. <i>&#8220;La plupart du temps, en fait, nous n&#8217;arrivons pas à les repérer. Lors d&#8217;une conversation en face à face, des milliers d&#8217;indicateurs minuscules sur le visage d&#8217;une personne &#8211; plissement du front ou des lèvres, clignement et froncement des yeux &#8211; ajoutent une série d&#8217;indices non verbaux à nos communications verbales.&#8221;</i> </p>
<p>L&#8217;idée que la technologie pourrait amplifier ces signaux a d&#8217;abord été explorée par <a href="http://web.media.mit.edu/~kaliouby/">Rana el Kaliouby</a> à l&#8217;Université de Cambridge au Royaume-Uni. A l&#8217;origine, son projet avait pour but d&#8217;aider des autistes pour qui il est particulièrement difficile de décoder les émotions non verbales qu&#8217;expriment les autres. En 2005, avec l&#8217;aide de <a href="http://www.psychol.cam.ac.uk/pages/staffweb/baron/">Simon Baron-Cohen</a> du <a href="http://www.psychol.cam.ac.uk/index.html">département de psychologie expérimentale</a>, elle a identifié les principales émotions faciales pour en écrire le premier lexique. Ce travail a été intégré au logiciel développé par Rosalind Picard permettant de comparer toute micro-expression à une banque d&#8217;expression connue. </p>
<p>Quand Picard et El Kaliouby calibraient leur prototype, elles ont été surprises de constater qu&#8217;une personne moyenne réussissait à interpréter correctement 54 % des expressions d&#8217;un visage. Ce qui montre que le dispositif pourrait bénéficier à bien d&#8217;autres personnes que les autistes. Reste que le logiciel ne parvient pour l&#8217;instant qu&#8217;à identifier correctement 64 % des expressions. </p>
<p>Car le calibrage du logiciel est difficile : distinguer un sourire de joie d&#8217;un sourire de frustration &#8211; qui peuvent paraître très semblables or contexte &#8211; n&#8217;est pas si simple. Mais si on en croit leurs promoteurs, leur logiciel ferait un meilleur travail que nos sens : <i>&#8220;Les machines ont un avantage sur les humains dans l&#8217;analyse des détails internes aux sourires&#8221;</i>, affirme l&#8217;un de leur collègue, <a href="http://web.media.mit.edu/~mehoque/">Mohammed Hoque</a>. Affectiva travaille actuellement avec une société japonaise qui veut utiliser leur algorithme pour distinguer les sourires sur les visages japonais, qui ont plus de 10 noms pour distinguer les sourires comme <i>bakushu</i> (sourire heureux), <i>shisho</i> (rire inapproprié) ou <i>terawari</i> (sourire extrêmement embarrassé).</p>
<p>Depuis Picard et El Kaliouby ont créé Affectiva, une société qui vend un logiciel de reconnaissance de l&#8217;expression et des outils de mesure de soi. Leurs clients sont plutôt des sociétés de marketing qui veulent mesurer la réceptivité d&#8217;une bande-annonce de film ou d&#8217;une publicité par exemple, comme le montrait Rosalind Picard dans sa présentation à TEDx San Francisco  (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=ujxriwApPP4">vidéo</a>) (que l&#8217;on peut tester en ligne <a href="http://labs.affectiva.com/cannes/vote.php">ici</a> ou <a href="http://www.forbes.com/2011/02/28/detect-smile-webcam-affectiva-mit-media-lab.html">là</a>, simplement en branchant sa webcam). </p>
<h3>Comprendre les espaces sociaux entre les gens</h3>
<p>Mais il n&#8217;y a pas que les expressions faciales qui composent la panoplie involontaire de nos <a href="http://www.amazon.com/Honest-Signals-Shape-World-Bradford/dp/0262515121/internetnet-21"><i>Signaux honnêtes</i></a>, comme le <a href="http://www.internetactu.net/2008/11/06/limportant-nest-pas-ce-quon-dit-mais-la-facon-dont-on-le-dit/">disait Alex Pentland du MIT dans son livre éponyme</a>. Le langage du corps, la variation dans le ton ou la hauteur de voix sont autant d&#8217;indices que l&#8217;on peut mesurer pour donner une image plus complète de nos interactions sociales. Pentland a ainsi travaillé à des <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/30/lifelogging-badges-sociometriques/">badges sociométriques</a> permettant d&#8217;enregistrer les paroles de son porteur, le volume, le ton et l&#8217;agressivité&#8230; Comme l&#8217;explique <a href="http://web.media.mit.edu/~taemie/">Taemie Kim</a>, de l&#8217;équipe d&#8217;Alex Pentland, <i>&#8220;certaines personnes ne sont tout simplement pas de bons juges de leurs interactions sociales&#8221;</i>. </p>
<p>Ce type d&#8217;appareil, en rendant visibles les interactions, transforme les comportements individuels. En montrant aux gens la fréquence à laquelle ils prennent la parole, le temps de parole qu&#8217;ils utilisent (au regard des autres), les personnes avec lesquelles ils interagissent (et celles avec qui ils n&#8217;interagissent pas), les badges sociométriques ont permis de visualiser <i>&#8220;les espaces sociaux entre les gens&#8221;</i>, estime Taemie Kim. Ainsi, une personne qui avait monopolisé la parole le premier jour est devenue totalement silencieuse le second jour après avoir vu les résultats. À la fin de l&#8217;expérience, les interventions des participants sont devenues plus homogènes. <i>&#8220;Il suffit d&#8217;être en mesure de voir son rôle dans un groupe pour que les personnes se comportent différemment et renforcer la dynamique de groupe. Au bout de trois jours d&#8217;expérience, l&#8217;intelligence émotionnelle de l&#8217;ensemble du groupe avec progressé&#8221;</i>, explique Sally Adee.</p>
<p>Pentland et son équipe ont depuis amélioré les badges sociométriques pour analyser les modes d&#8217;expression des personnes du service clientèle de Vertex, une société britannique qui propose des services de centre d&#8217;appel, permettant d&#8217;identifier des unités de discours plus convaincantes que d&#8217;autres pour les clients. L&#8217;équipe de Pentland affirme que cette technologie pourrait augmenter les performances des ventes par téléphone de 20 % : rien de moins ! Taemie Kim et <a href="http://web.media.mit.edu/~dolguin/">Daniel Olguín Olguín</a> ont fondé une start-up baptisée <a href="http://www.sociometricsolutions.com/">Solutions sociométriques</a> pour commercialiser leurs badges. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/sociometricsolutions.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/sociometricsolutions.png" alt="sociometricsolutions" title="sociometricsolutions" width="540" height="339" class="alignnone size-full wp-image-14603" /></a><br />
<i>Image : Sociometrics Solutions.</i></p>
<p>Certaines des réponses de nos corps ne sont pas conçues pour être perçus par les autres, mais il est devient désormais possible de les mesurer et de les faire apparaître. Affectiva, la start-up de Rosalind Picard a conçu également un dispositif &#8211; <a href="http://www.affectiva.com/q-sensor/">le capteur Q</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=b4XDlDE96Pg&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>) &#8211; qui mesure la température et la conductivité de la peau pour révéler votre état émotionnel. Les réactions physiologiques peuvent désormais être suivis mêmes à distance et même sans votre consentement. L&#8217;année dernière, des étudiants de Rosalind Picard ont montré qu&#8217;il était possible de mesurer la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la température cutanée sans aucun contact avec le corps, par l&#8217;intermédiaire d&#8217;une simple webcam (<a href="http://affect.media.mit.edu/projects.php?id=2879">la cardiocam</a>) mesurant les changements de couleur du visage (<a href="http://vimeo.com/12192224">vidéo</a>). </p>
<p><iframe width="540" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/1dmqR1X0TZA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<i>Vidéo</i> : Affectiva expliquée par Rosalind Picard.</p>
<p>Bref, autant de capteurs qu&#8217;il suffirait de combiner pour obtenir l&#8217;ultime dispositif de lecture d&#8217;émotion. </p>
<h3>L&#8217;informatique émotionnelle va-t-elle nous transformer ?</h3>
<p>Mais est-ce que cette nouvelle compréhension nous transforme à notre tour ? Que serait le monde si nous pouvions mieux comprendre et mieux nous adapter aux signaux sociaux que les autres nous envoient ? Simon Baron-Cohen explique que des personnes atteintes du syndrome d&#8217;Asperger en utilisant les technologies d&#8217;Affectiva, ont montré que cela leur avait permis d&#8217;acquérir des compétences sociales supplémentaires. Sans être un remède miracle, prévient-il, ceux qui ont essayé le dispositif pendant un certain temps ont montré une capacité à lire les émotions des autres avec plus de précision, même après avoir ôté les lunettes. Est-ce à dire que ce type d&#8217;outils pourrait nous permettre d&#8217;augmenter notre intelligence émotionnelle ?</p>
<p>Reste que donner aux gens un accès illimité aux émotions des autres comporte aussi des risques, insistent les chercheurs. Contrairement à ce qu&#8217;on croit, <i>&#8220;la capacité à lire les émotions de quelqu&#8217;un ne vient pas nécessairement avec l&#8217;empathie&#8221;</i>, prévient Baron-Cohen. Dit autrement, comprendre notre propre perspective ne nous aide pas nécessairement à comprendre celle des autres, <a href="http://www.medecinesciences.org/index.php?option=com_article&#038;access=standard&#038;Itemid=129&#038;url=/articles/medsci/full_html/2011/07/medsci2011278-9p683/medsci2011278-9p683.html">contrairement à ce que nous faisons spontanément</a>. </p>
<p>Rosalind Picard met en garde également sur un autre danger : on ne peut utiliser ce type de technologie secrètement et les gens devraient toujours pouvoir refuser de les utiliser. Sauf que la pression à l&#8217;usage de la technologie ne dépend pas seulement de notre liberté de choix, on le sait. L&#8217;adoption de fonctionnalités par les services, la pression à leur usage nous contraignent trop souvent. </p>
<p>L&#8217;informatique émotionnelle s&#8217;apprête à augmenter notre cognition d&#8217;une manière qui défie ses limites actuelles en nous donnant une vision de nous-mêmes et des autres dont nous ne disposions pas. Saurons-nous établir des règles d&#8217;usages avant qu&#8217;elle se répande ? Quand on observe la rareté des règles existantes sur le stockage et l&#8217;exploitation des données, <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/09/il-est-temps-de-reglementer-la-propriete-dans-les-nuages">comme le soulignait Simson Garfinkel</a>, il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;on arrive à définir des limites à une technologie dont le potentiel paraît dès à présent radicalement transformateur.</p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag nofollow">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cyborgs/" title="cyborgs" rel="tag nofollow">cyborgs</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/neurosciences/" title="neurosciences" rel="tag nofollow">neurosciences</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/objets/" title="objets" rel="tag nofollow">objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a><br />
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		<title>Le rôle des médias sociaux dans les émeutes britanniques</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 09:55:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine n&#8217;est pas à proprement dit une lecture, mais les premières conclusions d&#8217;un travail mené par les journalistes du quotidien britannique The Guardian, travail qui illustre parfaitement cette nouvelle forme de journalisme qu&#8217;on appelle le journalisme de données. En effet, le Guardian est en train de se pencher très sérieusement sur le rôle des réseaux sociaux&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine n&#8217;est pas à proprement dit une lecture, mais les premières conclusions <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/series/reading-the-riots">d&#8217;un travail mené par les journalistes du quotidien britannique <i>The Guardian</i></a>, travail qui illustre parfaitement cette nouvelle forme de journalisme qu&#8217;on appelle le journalisme de données. En effet, le <i>Guardian</i> est en train de se pencher très sérieusement sur le rôle des réseaux sociaux dans les émeutes qui se sont déroulées en Angleterre pendant la deuxième semaine d&#8217;août. Vous savez que Twitter, Facebook et la messagerie instannée de BlackBerry ont été considérés par les autorités britanniques, et par beaucoup de commentateurs, comme des adjuvants à l&#8217;action des émeutiers et des pillards. Au point que deux jeunes garçons ont été condamnés à 4 ans de prison pour avoir posté des incitations à la violence sur leur page Facebook (incitations sans conséquence, mais la justice n&#8217;en a pas tenu compte). Au point que le premier ministre britannique David Cameron a émis l&#8217;idée que les réseaux et sites puissent être fermés en cas de situation d&#8217;urgence. Au point que la secrétaire d&#8217;Etat de l&#8217;Intérieur a reçu jeudi les représentants de Facebook, Twitter et RIM (qui possède BlackBerry) pour évoquer les mesures à prendre. Pas convaincus du lien de cause à effet, les journalistes du <i>Guardian</i> ont entamé un énorme travail de récolte et d&#8217;analyse des données et ils ont livré <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/2011/aug/24/riots-database-twitter-interaction">leurs premières conclusions</a>. </p>
<p>Ces conclusions portent sur 2, 5 millions de Tweets reliés aux émeutes et qui ont été émis entre le 6 et le 17 août. Et ces conclusions sont claires : l&#8217;immense majorité des tweets ont pour fonction de réagir aux événements et aux pillages. Pour s&#8217;en convaincre, il suffit de jeter un oeil sur <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/interactive/2011/aug/24/riots-twitter-traffic-interactive?CMP=twt_gu">la frise chronologique qui les journalistes ont établis ville par ville</a>. On remarque que l&#8217;afflux de tweets est systématiquement postérieur aux événements. L&#8217;hypothèse d&#8217;un usage de Twitter pour mobiliser les émeutiers et organiser les pillages est donc particulièrement mise à mal. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/twitterriotsguardian.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/09/twitterriotsguardian.png" alt="twitterriotsguardian" title="twitterriotsguardian" width="540" height="337" class="alignnone size-full wp-image-14587" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/interactive/2011/aug/24/riots-twitter-traffic-interactive">la frise interactive des émeutes et des réactions sur les réseaux sociaux par ville</a> réalisée par l&#8217;équipe du </i>Guardian<i>.</i></p>
<p>Par ailleurs, les journalistes notent qu&#8217;une proportion importante de ces tweets consiste au contraire à organiser la mobilisation citoyenne post émeute, à coordonner par exemple les initiatives de nettoyage des quartiers touchés. Ce ne sont bien sûr que des conclusions partielles. Il reste beaucoup de données à traiter, ce que le <i>Guardian</i> promet de faire dans les semaines à venir, mais il est intéressant que ces premières conclusions aillent à l&#8217;encontre des discours entendus en Grande-Bretagne, et pas seulement.</p>
<p>Le travail du <i>Guardian</i> est à mettre en lien avec <a href="http://owni.fr/2011/08/19/censure-reseaux-sociaux-londres-cameron-ukriots/">un article</a> que les sociologues <a href="http://www.bodyspacesociety.eu/">Antonio Casilli</a> et <a href="http://paolatubaro.wordpress.com/">Paola Tubaro</a> ont publié le 19 août sur Owni.fr. Ils n&#8217;avaient pas en possession les premiers travaux du <i>Guardian</i> mais s&#8217;interrogeaient malgré tout sur le lien entre réseaux sociaux et émeutes. Leur argumentation tient en plusieurs points. D&#8217;abord, ils notent avec un sourire le fait que les thuriféraires du rôle de Twitter et Facebook pendant les printemps arabes sont les mêmes que ceux qui demandent leur fermeture en cas d&#8217;émeute en Grande-Bretagne. Comme quoi, la conception qu&#8217;on a de la censure et de la démocratie est à géométrie variable, et à géographie variable. Mais surtout, Antonio Casilli et Paola Tubaro s&#8217;appuient sur les modélisations de la violence civile par la simulation multi-agents. Je vous passe l&#8217;explication de la méthode pour aller directement à la conclusion : restreindre la diffusion de l&#8217;information dans une ville en proie à des violences n&#8217;est pas le gage de la disparition de ces violences. Au contraire, il semblerait même qu&#8217;un maintien de la communication ouverte entre les acteurs soit le gage d&#8217;un apaisement plus durable.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas mettre là un point final aux discussions sur le rôle des réseaux sociaux et autres messageries instantanées dans les émeutes, mais de noter qu&#8217;il est sans doute plus complexe que ce qu&#8217;on a en dit sur le moment. On gardera donc un oeil sur les travaux à la fois des journalistes du <i>Guardian</i> et des chercheurs en sciences sociales.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission (que vous retrouverez désormais chaque samedi de 18h10 à 19h).</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-la-societe-de-l-anticipation-2011-09-03.html">L’émission du3 septembre 2011</a> était consacrée à la question de l&#8217;anticipation, c&#8217;est-à-dire à l’aptitude à prévoir nos comportements, nos attitudes, nos goûts et nos dégoûts, en compagnie d&#8217;Eric Sadin, auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/société-lanticipation-Eric-Sadin/dp/2916940340/internetnet-21">La société de l&#8217;anticipation</a></i>, aux <a href="http://www.inculte.fr/">éditions inculte</a> : un ouvrage théorique auquel fait écho une oeuvre littéraire, <a href="http://www.amazon.fr/quatre-couleurs-lapocalypse-Eric-Sadin/dp/2916940359/internetnet-21"><i>Les Quatre Couleurs de l’apocalypse</i></a>, qui vient également de paraître aux éditions inculte. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/datajournalisme/" title="datajournalisme" rel="tag nofollow">datajournalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/journalisme/" title="journalisme" rel="tag nofollow">journalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Le vertige des métriques</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2011 05:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rien ne me fatigue plus depuis quelque temps que les chiffres. A force de les égrainer &#8211; et dieu sait si chaque jour me permet d&#8217;en voir passer -, j&#8217;avoue ne plus savoir ce qu&#8217;ils disent, ne plus les comprendre. Ils me semblent ne plus faire référence à rien. 
Or on nous les assène toujours comme une vérité indépassable. Tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rien ne me fatigue plus depuis quelque temps que les chiffres. A force de les égrainer &#8211; et dieu sait si chaque jour me permet d&#8217;en voir passer -, j&#8217;avoue ne plus savoir ce qu&#8217;ils disent, ne plus les comprendre. Ils me semblent ne plus faire référence à rien. </p>
<p>Or on nous les assène toujours comme une vérité indépassable. Tout le monde y va de son million d&#8217;utilisateurs, de ses centaines de milliers de pages vues&#8230; Comme si tout service équivalait à un autre. Que veut dire un million d&#8217;utilisateurs ? Pour quel service ? A quoi compare-t-on ce chiffre ? Qu&#8217;ont fait les gens pour être ainsi comptabilisés ? Ils ont visité une page ? Ils ont téléchargé quelque chose ? Ils ont apposés leur e-mail quelque part ?&#8230; Et puis ?! Ils en ont fait quoi ? Ils en ont retiré quoi ?</p>
<p>Le monde réel ne nous a pas habitués à de telles métriques. Peut-on comparer pourtant 300 000 exemplaires vendus d&#8217;un journal à son million de visiteurs quotidien ? Peut-on comparer 4 milliards d&#8217;exemplaires papiers vendus et 4 milliards de visites <a href="http://observatoire.ojd.com/_files/datas/obs21/pdf/Presentation_Observatoire_2011.pdf">comme nous l&#8217;explique l&#8217;OJD (.pdf)</a> ? Peut-on comparer les téléchargements d&#8217;un livre numérique à des ventes papiers quand leur prix est différent ? Peut-on comparer des ventes et des visites ? Des enregistrements et des acheteurs ? Des internautes et des gens qui ont une  action sur le monde réel ? Cela ne veut pas dire que les internautes n&#8217;en ont pas, au contraire. Mais qu&#8217;on achoppe à comparer sans cesse des serviettes avec des torchons.  </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/metriquesduweb.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/metriquesduweb.jpg" alt="metriquesduweb" title="metriquesduweb" width="540" class="alignnone size-full wp-image-14477" /></a><br />
<i>Image : ce qu&#8217;il se passe en 60 secondes sur le web par <a href="http://www.go-gulf.com/blog/60-seconds">Go-Gulf.com</a>.</i></p>
<p>Comme le dit très justement <a href="http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/06/imaginaire-numeraire-numerique.html">Olivier Ertzscheid, maître de conférence en sciences de l&#8217;information sur son blog</a> : <i>&#8220;le vertige des grands nombres est constitutif de la statistique du web, formidable écosystème facilitateur et multiplicateur de la moindre interaction, de la moindre navigation, de la moindre publication, de la moindre attention portée. Les chiffres de Facebook sont donc pareillement vertigineux, comme sont vertigineux ceux de Google, de Youtube et de l&#8217;ensemble de ces mégalopoles virtuelles dans lesquelles se croisent, chaque jour, deux milliards d&#8217;internautes&#8221;</i>. Comme le chiffre de <a href="http://www.wtfnoway.com/">la dette américaine</a>, les chiffres du web défaillent à prendre sens. Non seulement nous avons du mal à nous figurer l&#8217;abstraction des grands nombres, mais plus encore nous ne savons pas à quoi les comparer. On a bien souvent encore du mal à saisir ce que signifie un million de téléchargement ou de vues par exemple, car on ne sait pas à quoi les comparer dans la réalité. Chaque service égraine pourtant ses chiffres, comme s&#8217;ils pouvaient se comparer à d&#8217;autres. Les utilisateurs du web 2.0 semblent tout se valoir les uns les autres. </p>
<p>Bien sûr, par essence, le numérique est une machine à produire du chiffre. Chaque appel de page, chaque interaction produisent une démesure de métriques. Mais dont la valeur nous échappe&#8230; </p>
<p><i>&#8220;L&#8217;extase statistique&#8221;</i> devient le socle d&#8217;un imaginaire collectif <i>&#8220;incapable de littéralement se représenter &#8220;ce que représente&#8221; le traitement computationnel de 57 milliards d&#8217;interactions&#8221;</i>. <i>&#8220;Le recours aux grands nombres&#8221; est &#8220;constitutif de la mythologie de l&#8217;internet&#8221; (au sens des </i><i>Mythologies</i> de Barthes), explique encore Olivier Ertzscheid. Le numérique s&#8217;affirme face au réel par le vertige de ses métriques qui semblent renvoyer au réel le miroir de son insignifiance. Le numérique se pousse sur ses ergots, gonfle ses plumes pour se donner une réalité que son immatérialité lui dénie. Il se gonfle de l&#8217;importance des chiffres pour tenter de mieux renvoyer le réel à son insignifiance, quand bien même ses millions de visiteurs n&#8217;achèteraient rien, quand bien même ses millions de citoyens ne voteraient pour rien, quand bien même ses millions de visiteurs ne comprendraient rien&#8230; Derrière le glissement des chiffres se cache un glissement sémantique. Nous passons des nombres de livres achetés aux nombres de livres téléchargés, nous passons du nombre de téléspectateurs aux nombres de vidéos vues. Nous passons des partisans qui vont coller des affiches à la foule anonyme des signataires de pétitions en ligne. Nous passons des utilisateurs d&#8217;un service à ceux qui s&#8217;y sont enregistrés une fois&#8230; La croissance des métriques cache une dilution de sens. </p>
<p>Le problème c&#8217;est que les métriques de l&#8217;un et de l&#8217;autre ne sont pas comparables. Les chiffres d&#8217;achat d&#8217;un livre ne sont pas comparables au chiffre de téléchargement du même livre au format numérique. <a href="http://culturevisuelle.org/icones/1816">Comme le dit très bien l&#8217;historien André Gunthert</a> : <i>&#8220;la signification d’un nombre s’établit par comparaison&#8221;</i> qui est lui-même <i>&#8220;le résultat d’un long travail de familiarisation et de socialisation qui prend en compte tout un écosystème&#8221;</i>.</p>
<p>Effectivement, nous ne savons pas ce que représentent les chiffres dont internet nous abreuve. D&#8217;autant que leur valeur évolue sans cesse. <i>&#8220;Dix millions, c’est beaucoup ou c’est peu? Dans les premières années de YouTube, on s’enthousiasmait lorsqu’on voyait des vidéos atteindre ou dépasser ces étiages comparables avec les plus fortes audiences télévisées. Puis la première vidéo de la plate-forme a doublé le cap du demi-milliard de vues, et il a fallu se rendre à l’évidence : la présence en ligne imposait de réapprendre à manipuler les ordres de grandeur.&#8221;</i> Les métriques emplissent tout l&#8217;espace, sans que quiconque sache vraiment les comparer. <i>&#8220;Les compteurs incertains du web n&#8217;offrent qu&#8217;un miroir aux alouettes. Les valeurs absolues sont encore plus sujettes à caution que le reste. Plus il y a de chiffres, moins il y a de réalité.&#8221;</i> </p>
<p>Le monde réel a su créer de nombreuses métriques pour s&#8217;évaluer. Nombre de journaux imprimés, nombre d&#8217;entrées au théâtre, nombre de téléspectateurs d&#8217;une émission, nombre d&#8217;entrées d&#8217;un film&#8230; Autant de métriques auxquelles les industries culturelles nous ont habitués, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;on sait à peu près décoder, comprendre. Les nouvelles métriques sont d&#8217;autant plus fascinantes qu&#8217;on les comprend mal et que les compteurs incertains du web, proposés le plus souvent par les services eux-mêmes, avec la plus grande obscurité possible, semblent fascinants à mesure qu&#8217;ils s&#8217;égrainent. </p>
<p>On a toujours l&#8217;impression de connaître ce qu&#8217;on mesure. Alphonse Bertillon, l&#8217;inventeur de l&#8217;anthropométrie judiciaire pensait ainsi qu&#8217;on pouvait maîtriser l&#8217;homme en le mesurant. Mais cette science de la métrique a aussi donné <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Phr%C3%A9nologie">la phrénologie</a>, cherchant à associer les traits de caractère aux délinéaments humains. Si l&#8217;essence de la science repose sur la mesure, comme l&#8217;affirme Theodore Porter, professeur de l&#8217;histoire des sciences à l&#8217;UCLA, dans <a href="http://www.amazon.fr/Trust-Numbers-Pursuit-Objectivity-Science/dp/0691029083/ref=ntt_at_ep_dpt_1">son livre sur la poursuite de l&#8217;objectivité par la confiance dans les nombres</a>, la métrique peut aussi donner lieu aux pires errements. </p>
<p>Nous avons besoin de comprendre les métriques du web. De nous doter d&#8217;outils de comparaison. De prendre du recul. De recadrer les chiffres qui défilent sur nos écrans. De les mettre en perspective. Nous avons également besoin de les apprécier par rapport au réel. Mais plus encore <a href="http://www.internetactu.net/2011/07/13/faire-sa-propre-ville-comment-les-gens-prennent-ils-le-pouvoir/">il nous faut dépasser les métriques basiques</a> pour aller plus avant dans la compréhension des usages, sinon, nous risquons juste d&#8217;être précipité dans une surenchère sans fin et sans issue, où ce qui se délitera assurément, sera surtout notre compréhension. </p>
<p>Continuer à se présenter par de l&#8217;objectivation chiffrée est surtout révélateur d&#8217;un grand besoin de reconnaissance. Plus les métriques s&#8217;emballent et plus l&#8217;internet semble en mal d&#8217;existence. L&#8217;internet aurait-il encore quelque chose à prouver ?</p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
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		<title>Les données pour comprendre le monde</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jul 2011 11:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;année dernière, l&#8217;un des ateliers de Lift France était consacré au journalisme de données. A l&#8217;occasion d&#8217;une masterclass consacrée au sujet, Nicolas Kayser-Bril, datajournalise &#8211; c&#8217;est-à-dire à la fois journaliste, statisticien,  programmeur et chef de projet -, est venu faire le point sur ce qu&#8217;il s&#8217;est passé en un an.

Image : NKB sur la scène de Lift, photographié par&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;année dernière, <a href="http://www.internetactu.net/2010/07/09/journaliste-de-donnees-data-as-storytelling/">l&#8217;un des ateliers de Lift France était consacré au journalisme de données</a>. A l&#8217;occasion d&#8217;une masterclass consacrée au sujet, <a href="http://www.nkb.fr">Nicolas Kayser-Bril</a>, datajournalise &#8211; c&#8217;est-à-dire à la fois journaliste, statisticien,  programmeur et chef de projet -, est venu faire le point sur ce qu&#8217;il s&#8217;est passé en un an.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/nkblift2011.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/nkblift2011.png" alt="nkblift2011" title="nkblift2011" width="580" /></a><br />
<i>Image : NKB sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/swannyyy/5923463716/">photographié par Swannyyy</a>.</i></p>
<p><i>&#8220;On était radicaux l&#8217;année dernière, on avait des espoirs. On l&#8217;est peut-être moins un an après&#8221;</i>, reconnait Nicolas Kayser-Bril en attaquant <a href="http://prezi.com/3eip2mzoturf/datajournalism-one-year-on/">sa présentation</a>. </p>
<p>Le journalisme de données est né en 2005, quand <a href="http://www.holovaty.com/">Adrian Holovaty</a> a lancé <a href="http://www.chicagocrime.org/">sa carte du crime de Chicago</a> puis a signé en 2006 <a href="http://www.holovaty.com/writing/fundamental-change/">un important manifeste du data journalisme</a>. En 2009, le <i>Guardian</i> a lancé son <a href="http://www.guardian.co.uk/news/datablog">datablog</a>, montrant l&#8217;importance que le sujet avait pris pour la presse innovante. Le journalisme de données a explosé l&#8217;année dernière, le 27 juillet 2010, quand <a href="http://wikileaks.org/">Wikileaks</a> a sorti ses documents sur l&#8217;Afghanistan : une base de données était devenue le matériel principal pour créer des articles.  Des développeurs ont travaillé avec des journalistes pour créer des choses nouvelles en jouant du matériel source et de la manière d&#8217;en présenter les résultats. Les articles et cartographies du <i>Guardian</i> sur <a href="http://www.guardian.co.uk/world/datablog/interactive/2010/jul/25/afghanistan-war-logs-events">la localisation des attaques</a> ont bien montré que c&#8217;était là la révélation principale de ces données. Fin 2010, sur les documents clefs irakiens libérés à nouveau par Wikileaks, l&#8217;information clef reposait là encore sur <a href="http://www.guardian.co.uk/world/datablog/interactive/2010/oct/23/wikileaks-iraq-deaths-map">les morts et leur cartographie</a>. La diffusion des télégrammes de la diplomatie américaine dès fin 2010, même s&#8217;ils étaient essentiellement composés de textes qu&#8217;il fallait décrypter, a tout de même permis de créer des visualisations sur leurs répartitions. Désormais, à chaque évènement majeur (Fukushima, Lybie&#8230;), les rédactions jouent avec des outils ouverts pour créer des visualisations et sortir du cadre traditionnel de l&#8217;article. <i>&#8220;Le datajournalisme est devenu un champ à part entière du journalisme&#8221;</i>, estime Nicolas Kayser-Bril.  Les rédactions se sont organisées. En 2009, quand le <i>Guardian</i> était isolé quand il a fait appel aux internautes pour <a href="http://mps-expenses.guardian.co.uk/">analyser les notes de frais des représentants britanniques</a>. <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110610.OBS4907/la-chasse-aux-emails-de-sarah-palin-est-ouverte.html">En 2011, dans le cas de l&#8217;affaire des e-mails de Sarah Palin</a> (l&#8217;Etat de l&#8217;Alaska ayant rendu public sous forme papier les e-mails officiels de son ancienne gouverneur), plusieurs rédactions se sont rapidement organisées pour scanner, traiter et faire analyser avec la complicité des internautes, les 24 000 documents libérés. </p>
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<p><object id="prezi_3eip2mzoturf" name="prezi_3eip2mzoturf" classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" width="580" height="400"><param name="movie" value="http://prezi.com/bin/preziloader.swf"/><param name="allowfullscreen" value="true"/><param name="allowscriptaccess" value="always"/><param name="bgcolor" value="#ffffff"/><param name="flashvars" value="prezi_id=3eip2mzoturf&amp;lock_to_path=0&amp;color=ffffff&amp;autoplay=no&amp;autohide_ctrls=0"/><embed id="preziEmbed_3eip2mzoturf" name="preziEmbed_3eip2mzoturf" src="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="580" height="400" bgcolor="#ffffff" flashvars="prezi_id=3eip2mzoturf&amp;lock_to_path=0&amp;color=ffffff&amp;autoplay=no&amp;autohide_ctrls=0"></embed></object>
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<p><a title="No description" href="http://prezi.com/3eip2mzoturf/datajournalism-one-year-on/">Datajournalism, one year on.</a> on <a href="http://prezi.com">Prezi</a></p>
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</div>
<p><i>&#8220;La question qu&#8217;il faut se poser, un an plus tard est &#8220;est-ce que ça marche ?&#8221; et &#8220;qu&#8217;est-ce que ça a changé ?&#8221;. Pour les journalistes, pour les utilisateurs, mais aussi pour les actionnaires des groupes de presse&#8221;</i>. Pour les journalistes : le datajournalisme a changé beaucoup de choses : il leur a appris à utiliser des bases de données, d&#8217;acquérir de nouvelles compétences, de nouveaux outils. Car sans ces nouveaux outils nombre de ces histoires n&#8217;auraient pu voir le jour, rappelle le datajournaliste. Cela a donné naissance à de nouvelles communautés, comme <a href="http://scraperwiki.com/">ScraperWiki</a>, une plateforme pour mettre en relation journalistes et développeurs. Cela a donné naissance à de nouveaux process permettant d&#8217;intégrer les utilisateurs dans le processus comme l&#8217;ont montré <a href="http://www.prixdeleau.fr">Prixdeleau.fr</a> (une cartographie collaborative pour connaitre le prix de l&#8217;eau dans chaque ville de France) ou <a href="http://warlogs.owni.fr">les Warlogs</a> (une interface de visualisation pour analyser de manière collaborative les documents libérés par Wikileaks) ou encore <a href="http://influencenetworks.org/">InfluenceNetworks</a> (une interface collaborative pour visualiser les conflits d&#8217;intérêts entre personnes publiques) ou bien sûr l&#8217;analyse des notes de frais des députés britanniques. </p>
<p><i>&#8220;Tous n&#8217;ont pas marché&#8221;</i>, reconnaît le journaliste. Force est de reconnaitre que les Warlogs, les systèmes d&#8217;analyse des e-mails de Sarah Palin ou l&#8217;analyse des notes de frais des députés britanniques n&#8217;ont pas fourni des résultats intéressants. Cela s&#8217;explique en partie parce qu&#8217;il faut connaître le contexte pour comprendre quels documents sont intéressants.  </p>
<p>Pour les utilisateurs, ce qui a le plus changé c&#8217;est l&#8217;accès massif aux bases de données, comme <a href="http://www.texastribune.org/library/data/">celles libérées et analysées par le journal texan en ligne <i>Texas Tribune</i></a>. Il y a une demande pour ce type d&#8217;information, même si elle est limitée. La plus grande partie des utilisateurs de <a href="http://www.nosdeputes.fr">NosDeputes.fr</a> est composée d&#8217;assistants-parlementaires qui utilisent le site parce qu&#8217;il est plus accessible que celui de l&#8217;Assemblée nationale. Mais ce n&#8217;est pas une demande de l&#8217;utilisateur lambda : <i>&#8220;l&#8217;accès aux bases de données ne va pas créer des pages vues et sauver les journaux&#8221;</i>, ironise NKB. </p>
<p>En fait, pour les utilisateurs, les données permettent d&#8217;imaginer de nouveaux types de récits, interactifs, comme le jeu <a href="http://www.lemonde.fr/week-end/visuel/2011/06/24/primaires-a-gauche-jouez-votre-campagne_1524806_1477893.html">Primaires à gauche</a>, lancé par LeMonde.fr ou des webdocumentaires qui délinéarisent le récit pour que l&#8217;utilisateur puisse naviguer dans le contenu. Reste que les rédactions ne sont pas des professionnels des interactions ou des jeux vidéos. L&#8217;audience du web documentaire est souvent faible. On demande aux gens de consulter des sujets par eux-mêmes (puisqu&#8217;ils doivent naviguer dedans) alors que les sujets ne les passionnent pas nécessairement. Les webdocumentaires sont souvent des échecs en terme d&#8217;audience, ce qui montre qu&#8217;il faut certainement encore un peu plus les professionnaliser et surtout mettre en valeur les moyens d&#8217;amener le public jusqu&#8217;à eux. </p>
<p>La dernière nouveauté pour les utilisateurs, c&#8217;est le risque du contre-sens. Tout le monde veut faire du datajournalisme, mais les chiffres ne se travaillent pas comme les textes. Les erreurs sont légions et tout le monde ne maîtrise pas les calculs de probabilité ou les statistiques.<br />
Pour les actionnaires par contre, les avantages du datajournalisme sont loin d&#8217;être avérés ! Alors qu&#8217;un article papier demande 5 heures de travail d&#8217;un journaliste pour faire 5000 impressions, le datajournalisme nécessite le travail de toute une équipe (journaliste, développeur, designer, cher de projet). Il coûte trois fois plus cher, prend 3 fois plus de temps à développer, alors qu&#8217;il ne rapporte pas 3 fois plus d&#8217;argent, ni 3 fois plus d&#8217;impressions. <i>&#8220;Si le datajournalisme ne rentre pas dans les </i>business models<i> des journaux ont aura un problème&#8221;</i>. </p>
<p><a href="http://onlinejournalismblog.com/2011/07/07/the-inverted-pyramid-of-data-journalism/">Le datajournalisme est un processus</a> comme le disait Paul Bradshaw, et le principal problème réside souvent dans la dernière étape : la communication. Toutes les données ne valent pas le coût de la visualisation : beaucoup demeurent peu intéressantes. Enfin, il faut arriver à les communiquer pas simplement en pointant vers une belle animation. </p>
<p>Pour Nicolas Kayser-Bril, il y a encore des choses à faire. Les actionnaires doivent investir dans la confiance entre les médias et les utilisateurs. Le modèle publicitaire est cassé et ne va pas se réparer tout seul. Un article qui fait 1000 pages vues rapporte entre 2 et 10 euros. Mais si vous faites un article qui permet à des gens d&#8217;économiser quelque chose, peut-être qu&#8217;on peut trouver le moyen d&#8217;y gagner et de rétablir des relations de confiances basées sur la rentabilité de tous. </p>
<p>Les écoles de journalisme doivent changer leurs cursus : elles doivent aller chercher des mathématiciens, des statisticiens, des geeks. 87 % des étudiants en école de commerce utilisent Excel contre seulement 5 % des étudiants en école de journalisme. Les rédactions doivent fonctionner en mode projet plutôt qu&#8217;en mode article. Elles ont besoin de journalistes-chefs de projets, capables de travailler en équipes pour avoir des projets cohérents&#8230; </p>
<p><i>&#8220;On a besoin d&#8217;analyses pertinentes sur les données qu&#8217;on collecte pour en raconter les histoires&#8230;&#8221;</i> conclut Nicolas Kayser-Bril.  </p>
<p>Le datajournalisme n&#8217;est-il pas confronté au risque de trop de transparence, questionne Laurent Haugg. En Suède, les e-mails officiels des élus sont publics, tant et si bien qu&#8217;ils n&#8217;y disent plus rien. <i>&#8220;C&#8217;est une question d&#8217;équilibre&#8221;</i>, reconnaît NKB. <i>&#8220;Les députés en France peuvent faire des notes de frais sans justificatif&#8230; Là-bas le curseur est trop fort, ici le curseur n&#8217;est pas bon.&#8221;</i> </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2011/02/18/peut-on-devenir-anonyme-en-publiant-tout-de-soi/">En février, Hasan Elahi, expliquait qu&#8217;il avait regagné sa vie privée en publiant tout de lui</a>. <i>&#8220;Le risque du datajournalisme n&#8217;est-il pas d&#8217;être noyé sous l&#8217;information ?&#8221;</i>, interroge encore Laurent Haug. <i>&#8220;Oui, c&#8217;est ce que font les gouvernements actuels, en reprenant la main sur l&#8217;Open Data&#8221;</i>, souligne NKB. <i>&#8220;On nous fournit des données non stratégiques, des ensembles peu intéressants. Les budgets sont peu présents, ou sans détails. Effectivement, on a un problème si on laisse les administrations et les gouvernements noyer le poisson des données.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://blog.asso-bug.org/realisations/atelier-visualisons-la-donnee-financiere-associative/">C&#8217;est ce que montrait récemment l&#8217;association rennaise Bug</a> qui s&#8217;intéressait aux <a href="http://www.data.rennes-metropole.fr/">données financières libérées par la ville de Rennes</a>, montrant que leur usage n&#8217;est pas si évident parce qu&#8217;il est difficile de les comparer à d&#8217;autres jeux de données (qui ne prennent pas en compte les mêmes ensembles de données) et parce que les jeux de données libérés sont largement incomplets pour créer des statistiques intéressantes. </p>
<p>L&#8217;Open Data montre surtout combien l&#8217;acteur public manque d&#8217;outils pour prendre des décisions éclairées. Il n&#8217;est certainement pas le seul&#8230; L&#8217;open data a certainement besoin <a href="http://blog.temesis.com/post/2011/07/11/Bonnes-pratiques-Open-data-lancement-atelier">de bonnes pratiques</a>, <a href="http://www.a-brest.net/article8047.html">d&#8217;ambitions comme l&#8217;exprimait un récent rapport</a>, mais il a aussi besoin de s&#8217;affirmer pour ne pas rester un outil de communication politique dans lequel beaucoup sont tentés de l&#8217;enfermer. Et c&#8217;est bien tout l&#8217;enjeu du datajournalisme de montrer que d&#8217;autres outils sont possibles pour comprendre le monde. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/datajournalisme/" title="datajournalisme" rel="tag nofollow">datajournalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>From Here On : L&#8217;or du temps</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jul 2011 09:41:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine n&#8217;est pas une traduction, mais un manifeste publié à l&#8217;occasion de l&#8217;édition 2011 des Rencontres de la photographie d&#8217;Arles qui se tiennent du 4 juillet au 18 septembre. Le texte signé par Clément Chéroux, conservateur au Cabinet de la photographie du Centre Pompidou – Musée national d&#8217;art moderne et directeur de la revue Études photographiques&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>La lecture de la semaine n&#8217;est pas une traduction, mais <a href="http://www.rencontres-arles.com/A11/C.aspx?VP3=CMS3&#038;VF=ARL_3_VForm&#038;FRM=Frame:ARL_76">un manifeste</a> publié à l&#8217;occasion de <a href="http://www.rencontres-arles.com">l&#8217;édition 2011 des Rencontres de la photographie d&#8217;Arles</a> qui se tiennent du 4 juillet au 18 septembre. Le texte signé par Clément Chéroux, conservateur au Cabinet de la photographie du Centre Pompidou – Musée national d&#8217;art moderne et directeur de la revue <i><a href="http://etudesphotographiques.revues.org/">Études photographiques</a></i> a été été cosigné par les cinq commissaires de l&#8217;exposition : Clément Chéroux, l&#8217;artiste <a href="http://www.fontcuberta.com/">Joan Fontcuberta</a>, Erik Kessels, fondateur et directeur artistique de <a href="http://www.kesselskramerpublishing.com/">KesselsKramer</a>, <a href="www.martinparr.com">Martin Parr</a>, photographe de l’agence Magnum Photos et l&#8217;artiste <a href="http://schmid.wordpress.com">Joachim Schmid</a>. Il s&#8217;intitule From Here On : l&#8217;or du temps. </p></blockquote>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/ARLMSC110.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/ARLMSC110.jpg" alt="ARLMSC110" title="ARLMSC110" width="544" height="778" class="alignnone size-full wp-image-14298" /></a></p>
<h3>Ma voiture s’appelle Picasso</h3>
<p>Ceux qui naissent aujourd’hui de par le monde ont sans doute plus de chance d’entendre, pour la première fois, prononcer le nom de &#8220;Picasso&#8221; à propos d’une voiture que de l’un des peintres les plus influents du XXe siècle. C’est là le signe de l’extrême porosité actuelle entre l’art et la culture populaire. C’est aussi le résultat d’une longue partie de yo-yo entre High and Low entamée il y a près d’un siècle.</p>
<p>On fêtera, en effet, bientôt le centenaire de l’invention du ready-made par Marcel Duchamp. Depuis, le principe qui consiste à s’emparer d’un objet de consommation courante pour l’introduire dans la sphère de l’art a fait florès. La plupart des avant-gardes historiques – Dada, le Surréalisme, le Pop Art, l’Internationale situationniste, la Picture Generation et le postmodernisme – ont largement éprouvé les inépuisables ressources plastiques de l’appropriation, à tel point que celle-ci est aujourd’hui devenue un médium à part entière. On a maintenant recours à la technique de l’appropriation comme un artiste du quattrocento utilisait la camera obscura, ou comme un peintre du dimanche ferait de l’aquarelle. Tout le monde la pratique désormais : l’artiste vers lequel tous les regards se tournent, l’étudiant des Beaux-Arts, ma voisine ou mon cousin et même les directeurs artistiques des grandes compagnies automobiles.</p>
<h3>Eau, gaz et images à tous les étages</h3>
<p>Le développement d’Internet, la multiplication des sites de recherche ou de partage d’images en ligne – Flickr, Photobucket, Facebook, Google Images, eBay, pour ne citer que les plus connus – permettent aujourd’hui une accessibilité aux ressources visuelles qui était encore inimaginable il y a dix ans. C’est là un phénomène comparable à l’installation, au XIXe siècle, dans les immeubles des grandes villes, des réseaux d’eau courante puis de gaz. On sait combien ces nouvelles commodités de l’habitat moderne ont modifié en profondeur les modes de vie, le confort et l’hygiène. Nous avons désormais à domicile un robinet à images qui bouleverse tout aussi radicalement nos habitudes visuelles. Dans l’histoire de l’art, les périodes où l’accessibilité aux images était facilitée par une innovation technologique ont toujours été marquées par d’importantes avancées plastiques. Les progrès des procédés d’impression photomécaniques et l’essor subséquent de la presse illustrée dans les années 1910 et 1920 ont ainsi permis l’apparition du photomontage. De semblables bouleversements dans le champ de l’art peuvent être observés avec le développement de la gravure populaire au XIXe siècle, avec l’avènement de la télévision dans les années 1950, et celui d’Internet aujourd’hui.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/ARLMSC16.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/ARLMSC16.jpg" alt="ARLMSC16" title="ARLMSC16" width="540" /></a><br />
<i>Image : 8.799.661 Soleils de Flickr (Détail) par <a href="http://www.penelopeumbrico.net/">Penelope Umbrico</a>, l&#8217;une des 36 artistes exposée cette année aux <a href="http://www.rencontres-arles.com">Rencontres d&#8217;Arles</a>.</i></p>
<h3>Appropriationnisme digital</h3>
<p>Banalisation de l’appropriation d’une part, hyperaccessibilité aux images de l’autre, la conjonction de ces deux facteurs est particulièrement féconde. Elle crée les conditions d’une stimulation artistique. Et, en effet, depuis les premières années du nouveau millénaire – Google Images date de 2001, Google Maps est lancé en 2004, Flickr la même année –, les artistes se sont emparés des nouvelles technologies. Depuis, ils sont chaque jour un peu plus nombreux à mettre à profit les richesses que leur offre Internet. De la manière la plus décomplexée, ils s’approprient ce qu’ils découvrent sur leur écran, éditent, transforment, déplacent, ajoutent ou retranchent. Ce que les artistes cherchaient autrefois dans la nature, en déambulant dans les villes, en feuilletant les magazines, ou en fouillant dans les cartons des marchés aux puces, ils le trouvent aujourd’hui sur la Toile. L’Internet est une nouvelle source de langage vernaculaire, un puits sans fond d’idées et d’émerveillements.</p>
<h3>Pour une écologie des images</h3>
<p>Ce ne serait guère favoriser l’intelligibilité du phénomène que de l’aborder à travers le seul prisme de la nouveauté. Les travaux qui résultent de ces pratiques d’appropriation digitale ne sont pas fondamentalement nouveaux, au sens où le modernisme concevait ce terme : ils ne cherchent à être ni originaux ni révolutionnaires. Mais ils poussent en revanche beaucoup plus loin des logiques qui étaient à l’oeuvre depuis quelques décennies. Ils recherchent l’intensité, radicalisent les positions et, ce faisant, ils commencent à faire bouger les lignes. Les artistes réunis ici s’inscrivent par exemple tous dans le grand mouvement de désacralisation du savoir-faire artistique entamé au début du XXe siècle au profit d’une célébration du choix de l’artiste. Plutôt que d’ajouter des images aux images, ils préfèrent également recycler l’existant. Ils revendiquent une forme de principe écologique appliqué aux images. Cela confère au processus créatif un caractère beaucoup plus ludique qui fait la part belle à la trouvaille, à la sérendipité et à la poésie involontaire. Ils partagent aussi le désir de rendre encore un peu plus caduques les critères d’évaluation qui permettaient autrefois de déterminer ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas.</p>
<h3>Le suicide simulé de l’auteur</h3>
<p>Les artistes présentés dans cette exposition ont aussi en commun de revaloriser la figure de l’amateur tout en dépréciant celle de l’auteur. Leur héros n’est plus le technicien, l’ingénieur ou le professionnel qui possède un savoir-faire, une expertise ou un métier et recherche une certaine qualité, mais bien plutôt l’amateur ou le collectionneur qui pratique sa passion en dilettante. Ce qui est en jeu ici, ce n’est plus &#8220;la mort de l’auteur&#8221; telle que Roland Barthes l’avait décrite en 1968, mais bien plutôt son suicide simulé. Pour l’appropriationniste qui travaille à l’ère du tout numérique, il ne s’agit plus de nier son statut d’auteur, mais plutôt de jouer, ou de faire croire, à sa propre disparition tout en sachant que ce jeu ne trompe désormais plus personne. On conviendra aisément que le problème ne se pose pas ici en termes de nouveauté, mais bien d’intensité.</p>
<h3>La petite monnaie de l’art</h3>
<p>Le grand mouvement d’appropriationnisme digital, dont cette exposition dresse encore maladroitement les premiers éléments de cartographie, nous révèle une chose essentielle. Nous vivons sur des filons d’images. Ces gisements se sont accumulés depuis maintenant près de deux siècles. Leur sédimentation progresse désormais de manière exponentielle. À l’instar de ces ressources dont notre planète est naturellement dotée, c’est là une énergie à la fois fossile et renouvelable. C’est aussi une extraordinaire richesse. Il suffit de creuser un peu, de tamiser doucement l’eau du ruisseau, pour voir apparaître les premières pépites. La ruée vers l’or a d’ailleurs déjà commencé. Sur la tombe d’André Breton, au cimetière des Batignolles à Paris, son épitaphe indique &#8220;je cherche l’or du temps&#8221;. Il fut parmi les premiers à comprendre que les images analogiques constituaient une source intarissable de merveilleux et étaient, de ce fait, notre plus grande richesse. Son ami Paul Éluard disait des cartes postales photographiques, dont il faisait passionnément la collection, qu’elles n’étaient pas de l’art, &#8220;tout au plus la petite monnaie de l’art&#8221;, mais qu’elles donnaient &#8220;parfois l’idée de l’or&#8221;. Les artistes qui exploitent, depuis quelques années déjà, toutes les ressources des technologies numériques ont suivi ce filon. Ils agissent eux aussi en éclaireurs et nous montrent du doigt le chemin de la fortune.</p>
<p>Clément Chéroux</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-organiser-le-web-carte-d-identite-biometrique-et-commerciale-2011-07-17.h">L’émission du 17 juillet 2011</a> était consacrée à la &#8220;curation&#8221;, c&#8217;est-à-dire à comment organiser le web, avec <a href="http://www.cratyle.net/fr/">Patrice Lamothe</a>, le fondateur de <a href="http://www.pearltrees.com/">Pearltrees</a> et au <a href="http://owni.fr/2011/07/05/carte-identite-biometrique-fichage-generalise-gens-honnetes/">projet de loi sur la Carte nationale d&#8217;identité sécurisée</a> avec <a href="http://www.ldh-france.org/_Jean-Claude-Vitran_">Jean-Claude Vitran</a> responsable du groupe de travail Libertés et technologies de l&#8217;information et de la communication de la Ligue des Droits de l&#8217;Homme (LDH). </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a><br />
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		<title>Quel est votre score d&#8217;influence ?</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 09:35:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, elle nous vient du New York Times, et de Stephanie Rosenbloom, qui est reporter au service Style. 
Imaginez un monde, commence Stephanie Rosenbloom, où nous serait assigné un nombre mesurant notre niveau d&#8217;influence. Ce nombre nous permettrait de grimper dans la hiérarchie, d&#8217;être surclassés dans les hôtels et de gagner des friandises au supermarché. Mais&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, elle nous vient du <i>New York Times</i>, et de Stephanie Rosenbloom, qui est reporter au service Style. </p>
<p>Imaginez un monde, <a href="http://www.nytimes.com/2011/06/26/sunday-review/26rosenbloom.html?_r=1">commence Stephanie Rosenbloom</a>, où nous serait assigné un nombre mesurant notre niveau d&#8217;influence. Ce nombre nous permettrait de grimper dans la hiérarchie, d&#8217;être surclassés dans les hôtels et de gagner des friandises au supermarché. Mais au cas où votre score d&#8217;influence serait bas, pas de promotion, pas de suite à l&#8217;hôtel, pas de petits gâteaux offerts.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas de la science-fiction. Cela arrive à des millions d&#8217;usagers des réseaux sociaux.</p>
<p>Si vous avez un compte Facebook, Twitter ou LinkedIn, vous êtes déjà évalués &#8211; ou le serez bientôt. Des entreprises comme <a href="http://klout.com">Klout</a>, <a href="http://www.peerindex.net/">PeerIndex</a> et <a href="http://tweet.grader.com/">Twitter Grader</a> sont en train de classer des millions, potentiellement des milliards, de gens selon leur niveau d&#8217;influence &#8211; ou, dans leur jargon, de classer les &#8220;influenceurs&#8221;. Mais ces entreprises ne s&#8217;intéressent pas seulement au nombre de <i>followers</i> ou d&#8217;amis que vous avez amassés. Elles commencent à mesurer l&#8217;influence de manière plus fine, et elles postent leurs résultats en ligne, sous la forme de score.</p>
<p>Pour certains, il s&#8217;agit d&#8217;un outil passionnant &#8211; un de ceux qui vont dans le sens de la démocratisation de l&#8217;influence. Plus besoin d&#8217;être une célébrité, un homme politique ou une personnalité médiatique pour être considéré comme influent. Le <i>&#8220;scoring social&#8221;</i> peut aider à la construction de soi en tant que marque. Pour ceux qui sont plus critiques, cette pratique est celle d&#8217;un Nouveau Monde technologique où ce sera le score qui déterminera la façon dont vous serez traité par quiconque entrera en contact avec vous. <i>&#8220;Il sera bientôt accessible publiquement aux gens que vous rencontrez, à vos employeurs&#8221;</i>, explique un professeur de marketing à la journaliste.</p>
<p>Ces scores d&#8217;influence peuvent s&#8217;étaler de 1 à 100. Chez Klout, le principal acteur de ce secteur, le score moyen se situe dans la dizaine. Un score de 40 suppose une influence forte, mais de niche. Si vous atteignez 100, vous êtes Justin Bieber. Sur PeerIndex, le score moyen est de 19. A 100, l&#8217;entreprise considère que vous êtes l&#8217;égal de Dieu.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/kloutreport.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/07/kloutreport.png" alt="kloutreport" title="kloutreport" width="580" class="alignnone size-full wp-image-14143" /></a><br />
<i>Image : Le rapport Klout d&#8217;InternetActu&#8230; Pas encore Dieu ! <img src='http://www.internetactu.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </i></p>
<p>Ces entreprises sont encore en train d&#8217;affiner leurs méthodologies &#8211; en travaillant les données et en faisant entrer dans le calcul d&#8217;autres réseaux en ligne. Ce mois-ci, Klout a annoncé commencer à incorporer les profils LinkedIn.</p>
<p>Les gens du marketing y voient une promesse. Plus de 2 500 entreprises utilisent les données de Klout. Il y a 15 jours, Klout a révélé qu&#8217;Audi allait offrir des promotions à des usagers de Facebook sur la base des scores d&#8217;influence. L&#8217;an dernier, la compagnie d&#8217;aviation Virgin America les a aussi utilisés pour offrir aux influenceurs les mieux notés de Toronto des vols gratuits pour San Francisco et Los Angeles. A Las Vegas, certains hôtels ont aussi recourt à Klout pour offrir des billets gratuits à leurs clients les plus influents.</p>
<p>Pour Joe Fernandez, le cofondateur de Klout : <i>&#8220;pour la première fois, nous jouons tous sur le même terrain. Pour la première fois, l&#8217;influence n&#8217;est plus affaire d&#8217;argent ou d&#8217;apparence. Ce qui compte, c&#8217;est ce que vous dites et comment vous le dites.&#8221;</i></p>
<p>Comment devient-on un influenceur, se demande la journaliste ? Après avoir analysé l&#8217;an dernier 22 millions de tweets, <a href="http://h30507.www3.hp.com/t5/Data-Central/What-makes-a-tweet-influential-New-HP-Labs-social-media-research/ba-p/81855">des chercheurs de Hewlett-Packard ont montré qu&#8217;il ne suffit pas d&#8217;attirer des followers</a>, il faut aussi donner envie à ces followers de se mettre en action. Les inciter à essayer le yoga Bikram ou à partager une recette de tarte. En d&#8217;autres termes, l&#8217;influence est affaire d&#8217;engagement et de motivation, pas seulement d&#8217;amoncellement de followers.</p>
<p>Les professionnels disent qu&#8217;il est aussi important de concentrer notre présence numérique sur un ou deux centres d&#8217;intérêt. Ne soyez pas généraliste ! Plus important encore : soyez passionné, érudit et fiable.</p>
<p>Malgré tout, l&#8217;établissement de ces scores demeure subjectif et encore imparfait : la plupart des entreprises qui se livrent à ce type d&#8217;analyse se réfèrent seulement aux comptes Twitter et aux profils Facebook, laissant de côté les autres activités en ligne, comme le fait de bloguer ou de poster des vidéos sur Youtube. Comme l&#8217;influence dans le monde hors ligne, qui n&#8217;est pas non plus prise en compte.</p>
<p>Un des dirigeants de PeerIndex appelle ça  le &#8220;problème Clay Shirky&#8221;, en référence <a href="http://www.shirky.com/">à l&#8217;écrivain et théoricien des réseaux bien connus</a>, qui <a href="http://twitter.com/#!/cshirky">n&#8217;utilise pas beaucoup Twitter</a>. <i>&#8220;Évidemment, il a une influence massive, explique ce dirigeant, mais dans les conditions actuelles, son score sur PeerIndex est très mauvais.&#8221;</i></p>
<p>Un analyste en stratégie numérique a écrit il y a quelques mois qu&#8217;utiliser une seule métrique pour évaluer l&#8217;influence était dangereux. Il expliquait que Klout &#8220;manque l&#8217;analyse des sentiments&#8221; &#8211; l&#8217;usager qui génère beaucoup de conversation numérique récolte un grand score même si ses propos sont très mal reçus. Par ailleurs, la seule métrique peut-être trompeuse : quelqu&#8217;un avec peu d&#8217;expérience sur Twitter peut obtenir un gros score s&#8217;il poste une vidéo sur YouTube qui devient virale.</p>
<p>Plus largement, d&#8217;autres s&#8217;inquiètent du fait que nous serions en train de créer un système de classe dans les médias sociaux, où les gens avec de bons scores seraient mieux traités par les commerciaux, les employeurs potentiels, et même leurs possibles amants.</p>
<p>Il n&#8217;est donc pas étonnant que certains essaient de jouer avec leur score. Atteindre un haut niveau d&#8217;influence exige du temps et de l&#8217;énergie. Et quand votre être de chair et d&#8217;os prend un repos mérité, votre moi numérique en paie le prix. <i>&#8220;Je suis parti deux semaines en vacances&#8221;</i>, explique quelqu&#8217;un à la journaliste <i>&#8220;et mon score Klout a chuté&#8221;</i>.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-conference-lift-france-2011-la-ruche-qui-dit-oui-cartographie-collaborati">L’émission du 10 juillet 2011</a> était consacrée à la 3e édition de la <a href="http://liftconference.com/fr/lift-france-11/home_fr">conférence Lift France</a> avec trois invités qui utilisent les nouvelles technologies pour changer le monde. </p>
<p><a href="http://twitter.com/#!/ratZillaS">Gaël Musquet</a>, contributeur militant d&#8217;<a href="http://www.openstreetmap.org/">Open Street Map</a>, un système de cartographie ouvert dont les implications dans un grand nombre d&#8217;applications transforment notre rapport au territoire. </p>
<p><a href="http://geoffreydorne.com/">Geoffrey Dorne</a>, designer, animateur de l&#8217;excellent <a href="http://graphism.fr/">Graphism.fr</a>, chercheur au laboratoire <a href="http://idn.ensad.fr/">IDN de l&#8217;Ensad</a> où il développe le projet <a href="http://h4cker.net/ishibu/">NEEN</a> (<i>non-verbal emotional experience of notification</i> &#8211; expérience de notification émotionnelle non-verbale) et qui montre une autre forme d&#8217;utilisation des nouvelles technologies, pour qu&#8217;elles deviennent plus douces, moins intrusives. </p>
<p><a href="https://twitter.com/#!/ruchequiditoui">Guilhem Chéron</a>, designer culinaire, avec <a href="http://www.laruchequiditoui.fr/">La Ruche qui dit oui</a>, utilise, lui, les nouvelles technologies pour changer notre façon de manger. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag nofollow">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-comportementale/" title="économie comportementale" rel="tag nofollow">économie comportementale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web%c2%b2/" title="Web²" rel="tag nofollow">Web²</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Quand Google Books permet de comprendre notre génome culturel</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/06/20/quand-google-books-permet-de-comprendre-notre-genome-culturel/</link>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 08:30:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour une fois, on va dire du bien de Google dans cette lecture de la semaine. A travers un article paru sur le site de Discover Magazine en décembre 2010, sous la plume de Ed Young. Le titre de cet article : &#8220;Le génome culturel ; Google Books révèle les traces de la notoriété, de la censure et des changements&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour une fois, on va dire du bien de Google dans cette lecture de la semaine. A travers un article paru sur le site de <i>Discover Magazine</i> en décembre 2010, sous la plume de Ed Young. Le titre de cet article : <a href="http://blogs.discovermagazine.com/notrocketscience/2010/12/16/the-cultural-genome-google-books-reveals-traces-of-fame-censorship-and-changing-languages/">&#8220;Le génome culturel ; Google Books révèle les traces de la notoriété, de la censure et des changements de la langue&#8221;</a>.</p>
<p>&#8220;De la même manière qu’un fossile nous dit des choses sur l’évolution de la vie sur terre, explique Ed Young, les mots inscrits dans les livres racontent l’histoire de l’humanité. Ils portent une histoire, pas seulement à travers les phrases qu’ils forment, mais aussi par la fréquence de leur occurrence. Découvrir ces histoires n’est pas facile – cela requiert de convertir les livres en format numérique pour que les textes puissent être analysés et comparés. Et cela requiert d’en numériser des millions.&#8221;</p>
<p>Heureusement, poursuit Young, c’est exactement ce que fait Google depuis 2004 avec Google Books. 15 millions de livres ont été numérisés aujourd’hui, soit 12 % de l’ensemble des livres qui ont été publiés à ce jour. Et depuis 2004, une équipe de l’université de Harvard, dirigée par Jean-Baptiste Michel et <a href="http://www.erez.com/">Erez Lieberman Aiden</a>, analyse cette masse de données. <a href="http://www.sciencemag.org/content/331/6014/176">Leur premier compte-rendu est disponible depuis quelques temps</a>. Il est très partiel évidemment, mais selon Young, il donne une idée du pouvoir du corpus constitué par Google Books. Comme l’explique l’équipe de chercheur, le corpus <i>&#8220;fournira une bonne réserve d’os à partir desquels on pourra reconstruire le squelette d’une science nouvelle&#8221;</i>. Ed Young reprend : il y a des parallèles évidents avec le décodage du génome humain. De la même manière que le décodage complet du génome fournit aux biologistes une ressource incommensurable, le corpus de Google permettra aux chercheurs en sciences humaines d’étudier la culture humaine de manière rigoureuse. C’est pourquoi l’équipe a nommé son champ la <a href="http://www.culturomics.org/">&#8220;culturomique&#8221;</a> (sur le modèle de la génomique).</p>
<p>Le projet, nous explique Young, est né en 2007, l’équipe cherchait alors à montrer que les verbes anglais avaient tendance à devenir de plus en plus réguliers : &#8220;Nous avons compris, explique l’un des chercheurs, que l’étude de l’évolution de la culture nécessitait quelque chose comme un génome, une base de données si puissante qu’elle permettrait à de telles analyses d’être faites rapidement, sur toutes sortes de sujets, pas seulement les verbes irréguliers. Et on a remarqué que certains des livres très obscurs que nous utilisions apparaissaient sur Google Books. On a fait le lien.&#8221; Et voici comment Harvard et Google Books se mettent à travailler ensemble.</p>
<p>L’équipe a travaillé sur un tiers du corpus total. 5 millions de livres publiés en Anglais, Français, Espagnol, Allemand, Chinois, Russe et Hébreu, et remontant au 16e siècle. Ce qui revient à 500 milliards de mots. L’un des chercheurs explique que le corpus ne peut pas être lu par un humain. Si vous vous mettiez à lire seulement les entrées correspondant à l’année 2 000, au rythme de 200 mots à la minute, sans vous interrompre pour vous nourrir et dormir, il vous faudrait 80 ans. La séquence totale de lettres est mille fois plus longue que celle du génome humain (le génome humain, c’est 3,5 milliards de caractères). </p>
<p>Maintenant, quelques résultats de ce travail :</p>
<p>1. La langue anglaise s’enrichit. Pendant les 50 dernières années, le vocabulaire anglais a augmenté de 70 %, et on considère que 8 500 nouveaux mots s’ajoutent chaque année. Je vous passe la méthode de calcul, mais les chercheurs estiment que l’anglais comptait 544 000 mots en 1900 contre un peu plus d&#8217;un million en 2 000. Comme on peut s’y attendre, les dictionnaires ne prennent acte qu’avec retard de cette croissance. Les livres recèlent toujours plus de mots que ceux que les dictionnaires recensent.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Expansiondelanglais.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/Expansiondelanglais.jpg" alt="Expansiondelanglais" title="Expansiondelanglais" width="580" /></a><br />
<i>Image : La croissance de la variété des mots et la difficulté des dictionnaires à en rendre compte.</i></p>
<p>2. La grammaire évolue. C’est la fameuse étude sur les verbes. En deux cents ans, 16% des verbes irréguliers sont devenus réguliers. Et ce sont les verbes les plus couramment utilisés qui sont les plus rétifs au changement. Malgré tout, explique un chercheur, <i>&#8220;chaque année, une population de la taille de Cambridge adopte </i>burned<i> au lieu de </i>burnt<i>&#8220;</i>. Ce qui n’est pas rien en termes d’évolution.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/VerbsCulturomics.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/VerbsCulturomics.jpg" alt="VerbsCulturomics" title="VerbsCulturomics" width="580" /></a><br />
<i>Image : L&#8217;évolution de la conjugaison des verbes dans les corpus de livres et notamment le passage de &#8220;burnt&#8221; à &#8220;burned&#8221; (brûlé, incendié).</i></p>
<p>3. La présence historique. Les chercheurs se sont intéressés à l’occurrence des années. Par exemple, l’année 1951 n’était que très rarement mentionnée avant 1951. Elle apparaît beaucoup en 1951, est mentionnée encore quelques fois pendant les 3 années qui suivent, puis les occurrences diminuent de moitié chaque année pendant les 15 ans qui suivent. &#8220;Mais la forme du graphe évolue, notent les chercheurs. Le pique est plus haut pour chaque année, mais nous oublions notre passé plus vite.&#8221; L’année 1880 met 32 ans à être moitié moins mentionnée dans les livres. Il ne faut plus que 10 ans à l’année 1973 pour arriver au même niveau. Ceci alors même que les mots désignant des innovations technologiques intègrent de plus en plus vite le discours commun.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/frequencedesannesgooglebooks.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/frequencedesannesgooglebooks.jpg" alt="frequencedesannesgooglebooks" title="frequencedesannesgooglebooks" width="580" /></a><br />
<i>Image : Nous intéressons-nous de plus en plus à notre histoire récente ?</i></p>
<p>4. La durée de la notoriété diminue. Les chercheurs ont aussi remarqué qu’une personne célèbre l’était plus aujourd’hui qu’auparavant, mais le restait moins longtemps. En croisant ces données avec les dates de naissance, ils ont observé qu’au début du 19e siècle, les gens commençaient à devenir célèbres en moyenne à 43 ans et mettaient 8 ans à doubler leur popularité. Au milieu du 20e siècle, la célébrité commençait vers 29 ans et doublait en 3 ans seulement. Mais la chute est plus rapide. Il y a un siècle, pour que la fréquence d’un nom célèbre diminue de moitié, cela prenait 120 ans, c’est 71 ans aujourd’hui.</p>
<p>D’autres résultats sont mentionnés par Young, comme l’usage des mots pendant certaines périodes historiquement marquées, le Nazisme par exemple.  Bref, selon les chercheurs, ce ne sont là que quelques exemples des possibilités offertes par le traitement de cet immense corpus. On peut regarder comment les gens mangeaient en sélectionnant le vocabulaire de la nourriture, on peut tracer l’adoption d’un concept scientifique, comme l’Evolution, en regardant quand et comment il s’impose dans les livres. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/food.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/food.jpg" alt="food" title="food" width="580" /></a><br />
<i>Image : l&#8217;évolution de ce que nous mangeons&#8230;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/evolution.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/evolution.jpg" alt="evolution" title="evolution" width="580" /></a><br />
<i>Image : l&#8217;évolution de certains termes dans les livres comme l&#8217;Evolution, la cellule, la bactérie, l&#8217;ADN&#8230;</i></p>
<p>Mais de toute façon, plus il y a de livres qui sont numérisés par Google Books, plus les langues sont nombreuses, plus les périodes historiques sont vastes, plus les données auront de valeur pour les chercheurs. </p>
<p>Avec une limite cependant, que l’équipe de Harvard mentionne : <i>&#8220;Les livres ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la culture, même si le corpus contient 100% des livres publiés. Seules certaines catégories de personnes écrivent des livres et les publient, et cette petite classe a changé au cours du temps, avec les progrès de l’alphabétisation&#8230; Il faudrait aussi numériser les journaux, les manuscrits, les cartes, les œuvres d’art et une myriade d’autres créations humaines.&#8221;</i> </p>
<p>Et puis, évidemment, comme le note un chercheur de l’université de Pennsylvanie, le seul critère de l’occurrence donne des résultats pas inintéressants, certes, mais le corpus atteindra toute sa valeur le jour où on pourra analyser comment les mots prennent leur sens dans la phrase, ce qui est une tâche autrement plus difficile.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-a-t-on-encore-besoin-de-journalistes-shom-droit-de-reponse-2011-06-19.htm">L’émission du 19 juin 2011</a> était consacrée d&#8217;abord au droit de réponse du <a href="http://www.shom.fr/">Service hydrographique et océanographique de la Marine</a> suite à <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-marees-et-ouverture-des-donnees-publiques-deconnexion-2e-episode-2011-06-">l&#8217;émission de la semaine dernière sur l&#8217;ouverture des données publiques</a> et surtout à <i><a href="http://www.amazon.fr/-t--encore-besoin-journalistes/dp/2130585671/internetnet-21">A-t-on encore besoin des journalistes ?</a></i> avec son auteur, <a href="http://meta-media.fr/">Eric Scherer</a> directeur de la prospective et de la stratégie numérique du groupe <a href="http://www.francetelevisions.fr/">France Télévisions</a>. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lecture/" title="lecture" rel="tag nofollow">lecture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Comment lire Google Earth à la manière de Proust ?</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 09:34:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est un post d’un blogger qui vit manifestement au Mexique. Son nom David Sasaki, il écrit sous le pseudonyme El Olso. Le titre de ce billet, et vous comprendrez qu’il nous ait plu : &#8220;Comment lire Google Earth à la manière de Proust ?&#8221;.
On raconte, commence El Olso, que Marcel Proust aimait lire les&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est un <a href="http://el-oso.net/blog/archives/2011/04/24/how-to-read-google-earth-like-proust/"><i>post</i> d’un blogger</a> qui vit manifestement au Mexique. Son nom David Sasaki, il écrit sous le pseudonyme El Olso. Le titre de ce billet, et vous comprendrez qu’il nous ait plu : &#8220;Comment lire Google Earth à la manière de Proust ?&#8221;.</p>
<p>On raconte, commence El Olso, que Marcel Proust aimait lire les horaires de train au moment de s&#8217;endormir.</p>
<p>Et le blogueur de citer un texte d’Alain de Botton (Alain Botton est un journaliste et écrivain suisse qui écrit en anglais et qui avait publié en 1997 un livre sur Proust) : <i>&#8220;Le document n’était pas consulté pour des raisons pratiques ; l’heure de départ d’un train de la gare Saint-Lazare n’est pas d’une nécessité immédiate pour un homme qui n’a trouvé aucune raison de quitter Paris pendant les huit dernières années de sa vie. Au lieu de cela, Proust lisait et aimait les horaires comme s’il s’agissait d’un passionnant roman sur la vie à la campagne, car les seuls noms des gares de province fournissaient à l’imagination de Proust suffisamment de matière pour fabriquer des mondes entiers, pour dessiner les drames domestiques dans les villages, les manigances entre élus locaux, et la vie des champs. Proust avançait que la joie ressentie à la lecture d’un matériau aussi peu attirant était propre à l’écrivain, qui est capable de s’enthousiasmer pour des choses apparemment très extérieures au champ du grand art.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/couv-une-traversee-de-buffalo.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/06/couv-une-traversee-de-buffalo.jpg" alt="couv-une-traversee-de-buffalo" title="couv-une-traversee-de-buffalo" width="540" /></a><br />
<i>Image : Dans </i><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503458/une-travers%C3%A9e-de-buffalo">Une traversée de Buffalo</a><i> de  <a href="http://www.tierslivre.net">François Bon</a>, l&#8217;écrivain utilise Google Earth pour voyager en pays inconnu et décaler son regard sur la ville. </i></p>
<p>Bien que, reprend El Olso, &#8220;je doute que les réseaux auraient beaucoup enthousiasmé Proust (il faudrait au moins 80 000 tweets pour raconter <i>La Recherche du temps perdu</i>), je suis sûr qu’il comprendrait pourquoi je me suis mis récemment à &#8220;lire <a href="http://www.google.fr/intl/fr/earth/index.html">Google Earth</a>&#8220;, chaque nuit en m’endormant. <a href="http://itunes.apple.com/fr/app/google-earth/id293622097?mt=8">L’application Google Earth pour IPad</a> est une drogue pour ceux qui aiment la géographie. Je passe des nuits au Yémen, d’autres en Sibérie. J’ai passé une nuit entière à retracer la promenade que j’avais faite un jour, il y a une dizaine d’années, sur la côte méridionale d’Easter Island, une île chilienne. Je retourne à Caracas et São Paulo et passe des heures à explorer les lieux alentour qui m’ont toujours été interdits.</p>
<p>Pourtant, je passe la plupart de mes nuits ici même, à Mexico, lévitant d’un quartier à l’autre, cliquant sur Wikipédia au rythme de ma progression. </p>
<p>Je suis sûr que Marcel Proust n’était pas le seul Français de son temps à lire les horaires de train au moment de s’endormir. Il existe aujourd’hui de vastes communautés en ligne rassemblant des usagers de Google Earth qui partagent leurs explorations imaginaires. Le site officiel <a href="http://www.google.com/earth/connect/newsletter.html">Google Earth Sightseer Newsletter</a> est sans doute le meilleur endroit pour commencer. Il y a aussi une communauté active sur <a href="http://explorer.altopix.com/">The Earth Explorer</a>. Les meilleurs blogs sont sur <a href="http://google-latlong.blogspot.com/">Google LatLong</a>, <a href="http://www.gearthblog.com/">Google Earth Blog</a>, mais celui que je préfère, c’est <a href="http://ogleearth.com/">Ogle Earth</a> de Stefan Greens.</p>
<p>Greens écrit avec un enthousiasme et une curiosité tout à fait proustiens. Le mois dernier, il a <a href="http://ogleearth.com/2011/03/freya-starks-excursion-in-afghanistan-circa-1968-%E2%80%94-mapped/">cartographié le voyage de Freya Stark</a>, pendant son expédition en Land Rover de Kaboul à Herat, en 1968, à l’époque où l’Afghanistan était encore un passage obligé de la malfamée Route des Hippies des années 60 et 70. Le résultat est un exemple grandiose de récit géographique, peut-être plus gratifiant que les propres récits de Stark.</p>
<p>Finalement, après une heure d’une telle exploration, mes yeux sont devenus lourds et j’ai commencé à m’assoupir, flottant à la surface de la conscience, escaladant les montagnes pour atteindre des minarets déserts, suivant le cours des longues rivières bleues qui traversent les plaines de Sibérie, ou recherchant de mystérieuses réserves d’eau dans les paysages lunaires et arides du Yémen. Comme c’est merveilleux de s’endormir comme Proust.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-francois-bon-autobiographie-numerique-2011-06-05.html">L’émission du 5 juin 2011</a> était consacrée à l&#8217;autobiographie numérique de l&#8217;écrivain <a href="http://www.tierslivre.net/">François Bon</a>, initiateur de <a href="http://remue.net/">Remue.net</a> et <a href="http://www.publie.net/">Publie.net</a>. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag nofollow">culture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/google/" title="google" rel="tag nofollow">google</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag nofollow">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hyperlocal/" title="hyperlocal" rel="tag nofollow">hyperlocal</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lecture/" title="lecture" rel="tag nofollow">lecture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/oubli/" title="oubli" rel="tag nofollow">oubli</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-virtuelle/" title="réalité virtuelle" rel="tag nofollow">réalité virtuelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Transmédia (2/2) : le marketing de l&#8217;attention</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2011 06:10:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La convergence des outils et des technologies conduit-elle à la convergence des contenus ou à leur divergence ? C&#8217;est peut-être ainsi qu&#8217;on pourrait résumer l&#8217;enjeu qui sous-tend la question du transmédia, sujet coeur des Masterclass internationales du Transmédia qui se tenaient à Marseille la semaine dernière. Après avoir observé ce qu&#8217;est le transmédia, intéressons-nous à ces enjeux. 
Médias : complémentarités&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><i>La convergence des outils et des technologies conduit-elle à la convergence des contenus ou à leur divergence ? C&#8217;est peut-être ainsi qu&#8217;on pourrait résumer l&#8217;enjeu qui sous-tend la question du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Transmedia ">transmédia</a>, sujet coeur des <a href="http://www.transmedia-international-masterclass.com/">Masterclass internationales du Transmédia</a> qui se tenaient à Marseille la semaine dernière. Après <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/18/transmedia-12-la-convergence-des-contenus/">avoir observé ce qu&#8217;est le transmédia</a>, intéressons-nous à ces enjeux. </i></p>
<h3>Médias : complémentarités ou concurrences ?</h3>
<p>Susana Ruiz est une artiste qui donne des cours à la division des médias interactifs de <a href="http://cinema.usc.edu/">l&#8217;école des arts cinématiques de l&#8217;université de Californie du Sud</a>. Elle est également la fondatrice de <a href="http://takeactiongames.com">Take Action</a>, un studio de développement de jeux sérieux. En cela son profil est différent de celui de bien des intervenants de ces masterclass. Elle est à l&#8217;origine de plusieurs jeux qui ont reçu une certaine attention comme <a href="http://www.darfurisdying.com/">Darfur is Dying</a>, un jeu sérieux sur la crise au Darfour développé en 2006 ou <a href="http://metrac.org/replay/index.html">Finding Zoe</a> pour prendre conscience des stéréotypes masculins et féminins. Elle a également développé <a href="http://www.valuesatplay.org/?page_id=6">Values@Play</a>, un <a href="http://www.tiltfactor.org/wp_images/wordslots-mf-3.swf">kit en ligne</a> (et qui existe aussi sous forme de cartes à jouer) pour concevoir des jeux dotés de valeurs sociales. Pour elle, le transmédia est surtout un moyen de mobilisation face aux problèmes de société. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/darfurisdying.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/darfurisdying.png" alt="darfurisdying" title="darfurisdying" width="550" height="372" class="alignright size-full wp-image-13570" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.darfurisdying.com/">Darfur is dying, le jeu</a>.</i></p>
<p><i>&#8220;Les documentaires par exemple, s&#8217;ils sont souvent passionnants, ont un vrai problème de participation&#8221;</i>. En travaillant avec des ONG et des journalistes, Susana se préoccupe d&#8217;augmenter la jouabilité et la participation. Elle évoque longuement <a href="http://www.itvs.org/women-and-girls-lead">Women &#038; Girl Lead</a>, une campagne globale autour d&#8217;une cinquantaine de documentaires produits sur 3 ans par les chaînes ITVS et PBS, accompagnés d&#8217;un essai (<i><a href="http://www.halftheskymovement.org/">Half the sky</a></i> écrit par un journaliste du <i>New York Times</i> doté d&#8217;un blog et d&#8217;un compte Twitter suivit). La campagne transmédia consiste à associer les documentaires dans une campagne globale mêlant plateforme de jeu en ligne, portail, modules éducatifs, évènements et projections, campagne publicitaire, etc. Comme disait Henry Jenkins, les réalisateurs de documentaires décrivent une réalité qui est déjà pluri-plateforme&#8230; Pour <a href="http://diy2.usc.edu/schock/">Sasha Costanza-Chock</a>, le principe est de mettre en place via un système distribué <i>&#8220;un mouvement social mondial participatif&#8221;</i> avec de multiples points d&#8217;entrées via plusieurs organisations. <i>&#8220;L&#8217;enjeu est de renforcer la participation au mouvement identitaire global&#8221;</i>.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/womengirlslead.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/womengirlslead.png" alt="women&amp;girlslead" title="women&amp;girlslead" width="550" height="236" class="alignright size-full wp-image-13572" /></a><br />
<i>Image : page d&#8217;accueil de <a href="http://www.itvs.org/women-and-girls-lead">l&#8217;initiative Women &#038; Girl Lead</a>.</i></p>
<p>Les jeux sont développés avec <a href="http://www.gamesforchange.org/">Games For Change</a>, une ONG spécialisée sur le sujet des jeux sérieux (qui va avoir une déclinaison en Europe en mai) et l&#8217;idée est que les récompenses virtuelles soient transformées en aide bien réelle. Si certains jeux sont prévus pour Facebook, l&#8217;un d&#8217;entre eux est prévu pour fonctionner sur des téléphones mobiles sous java afin d&#8217;être déployé en Inde, au Kenya, en Tanzanie et venir aider les initiatives de femmes dans ces pays&#8230; </p>
<p>En observant cette profusion de supports, on peut se demander si les médias entrent en complémentarité ou en concurrence les uns avec les autres. Car derrière toutes les expériences qui nous sont délivrées, les chiffres demeurent rares, épars. Chacun les passe sous silence. Quels sont les objectifs ? Quelle audience est atteinte ? En quoi répond-elle aux attentes ? Quelle transformation a été réalisée ?</p>
<p>Un an après sa sortie, en 2007 donc, Darfur is Dying avait totalisé 2,5 millions de parties et touché 1,2 million de joueurs (on estime le nombre de joueurs à des <a href="http://www.casualgamesassociation.org/news.php?show=1&#038;type=news&#038;id=15">Casuals Games à 200 millions selon l&#8217;association éponyme</a>, par comparaison, Farmville touchait 80 millions de joueurs 6 mois après son lancement, et ce, chaque mois). 60 000 mails ont été envoyés via la plateforme au président Bush pour lui demander d&#8217;agir pour le Darfour. Est-ce un résultat qui doit être considéré comme impressionnant ou pas ? Les métriques du marketing de l&#8217;attention sont encore bien difficiles à évaluer. </p>
<h3>Impliquer pour quoi faire ?</h3>
<p>Derrière toutes ces approches, on voit bien que la question de fond repose sur le sens de cette implication. Si le travail de Susana Ruiz a une finalité sociale, ce n&#8217;est pas le cas de la plupart des exemples qui nous sont montrés. La plupart du temps, on est plutôt dans cette société de l&#8217;hyperconsommation que dénonçait Gilles Lipovetsky dans son essai éponyme. L&#8217;essentiel du transmedia a uniquement une finalité marketing. Le but de cette débauche d&#8217;outils est de vous faire aller au cinéma, acheter un livre ou un jeu &#8211; et également leurs compléments voire l&#8217;ensemble.</p>
<p>Morgan Bouchet vice-président du département média social et transmédia d&#8217;Orange et Stéphane Adamiak directeur de projets transmédia à la division des contenus d&#8217;Orange en sont bien conscients. <i>&#8220;Depuis 10 ans, un nouvel écosystème complexe, via l&#8217;internet, s&#8217;est mis en place, tant du point de vue des acteurs que du point de vue des usagers. Les contenus pour se divertir ont explosé. L&#8217;arrivée massive de nouveaux services (YouTube et ses 2 milliards de vidéos vues par jour, Facebook et ses 300 millions de pages vues par mois, Twitter et ses 90 millions de micro-messages par jour) a eu un réel impact sur les acteurs traditionnels du divertissement que sont les télés, les portails et la presse. Les modèles économiques acquis sont en pleine remise en question.&#8221;</i> </p>
<p>Les usages aussi ont évolué. En 2005 on regardait la télé 13h par semaine et on passait 6 heures sur le web en moyenne. En 2010, on regarde toujours la télé 13h par semaine, mais on passe 14h sur le web par semaine. Les usages se fragmentent et se délinéarisent. La télé <i>live</i> ne représente en 2010 que 59 % des usages de télévision (on la regarde également à la demande pour 8 %, sur le mobile pour 12 %, via des DVD pour 12 %&#8230;). La jeune génération est multitâche : on estime que les activités cumulées d&#8217;un adolescent en 24h (sans compter le sommeil) représentent l&#8217;équivalent de 31h d&#8217;activité. On regarde la télévision en faisant plein de choses en même temps. L&#8217;attention se raréfie. <i>&#8220;En 1965, il suffisait de trois spots publicitaires à la télé pour toucher 80 % des 18-49 ans. Aujourd&#8217;hui, il faut 117 spots pour toucher pareille audience.&#8221;</i> Comme le dit <a href="http://www.buzzmachine.com/">Jeff Jarvis</a> : <i>&#8220;le marché de masse est mort, il a été remplacé par une masse de niches&#8221;</i>.</p>
<p>Pour beaucoup, la question de l&#8217;attention est donc une question dépassée. L&#8217;engagement et la fidélisation sont les nouveaux horizons du marketing, estiment les responsables d&#8217;Orange. Et les histoires &#8211; le <i>storytelling</i> &#8211; demeurent le principal moyen pour conserver l&#8217;attention des gens. Les jeux, eux, sont des moteurs d&#8217;engagement. Les communautés, elles, sont les leviers de la loyauté, résument Morgan Bouchet et Stéphane Adamiak. Les savoir-faire du monde du jeu deviennent alors des techniques qui s&#8217;exportent dans les jeux sociaux (qui ont pour but de faire revenir le joueur) et la gamification. <i>&#8220;Le transmédia, pensé comme une expérience narrative multi-écran pour encourager la participation et les interactions sociales, n&#8217;est alors que la nouvelle opportunité pour relever ces enjeux, à la convergence des jeux, des histoires et des communautés.&#8221;</i></p>
<p>Certes, reconnaissent les spécialistes d&#8217;Orange, le concept demeure vague et les dérives marketing pourraient bien compromettre son avenir. Les investisseurs n&#8217;en ont pas forcément une bonne perception. <i>&#8220;Il faut plutôt le voir comme un adjectif pour qualifier des stratégies, du marketing ou de la conception&#8221;</i>. Pour leur donner une autre dimension, une plus grande ambition. L&#8217;enjeu est d&#8217;inventer de nouveaux formats, des mondes modulaires et évolutifs, des expériences qui utilisent chaque écran en contexte et avec ses contraintes, des plateformes dédiées pour optimiser l&#8217;expérience utilisateur et l&#8217;expérience sociale. </p>
<p>Pour ces spécialistes du marketing, <i>&#8220;les contenus sont des expériences, les opérations sont des continuums et les franchises sont des univers&#8221;</i>. </p>
<p>Ce qu&#8217;on comprend assez vite quand Orange nous présente quelques-uns de ses projets dans le domaine, comme le dispositif qui entoure le film <i>The Prodigies</i>, produit par la Warner et le <a href="http://www.studio37-orange.com/">Studio37</a>, la société de production d&#8217;Orange, qui sortira le 8 juin au cinéma. Le film est accompagné d&#8217;un <a href="http://www.theprodigies-lefilm.com">site web</a>, <a href="http://www.facebook.com/prodigies">de pages fans</a>, d&#8217;un concours, d&#8217;une application gratuite permettant de découvrir l&#8217;histoire des personnages du film avant sa sortie. Un jeu de piste et des mini-jeux permettent d&#8217;accompagner la sortie du film. De petits jeux permettent de publier ses scores sur Facebook tout en diffusant une promotion du film. Tout le budget est inclus dans les coûts marketing de production. Warner a pour seul objectif que cela favorise les entrées du film lors de sa sortie.  Idéalement, il faudrait aller au-delà de la sortie et accompagner le dispositif d&#8217;une seconde phase, mais les partenaires ne sont pas encore prêts à cela, reconnaissent les promoteurs du dispositif.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/detectiveavenue.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/detectiveavenue.png" alt="detectiveavenue" title="detectiveavenue" width="550" height="308" class="alignright size-full wp-image-13571" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.detective-avenue.com/">Detective Avenue, entre série et jeu</a>.</i></p>
<p><a href="http://www.detective-avenue.com/">Detective Avenue</a> est une web série en 60 épisodes inspirée du <i>Cluedo</i> à consommer à la demande sur 6 semaines. C&#8217;est un petit jeu de réalité alternée dont les revenus sont générés par les SMS, la publicité et la vente de l&#8217;application dédiée. <a href="http://www.fanfan2.fr/">Fanfan 2</a> est une autre expérience menée avec l&#8217;écrivain Alexandre Jardin autour de la suite de son roman à succès. Le but était de réunir les lecteurs et les fans autour d&#8217;une expérience numérique liée aux personnages de la fiction en utilisant notamment les contraintes de <a href="http://www.facebook.com/pages/Alexandre-2/149528271744779">Facebook</a> et <a href="http://twitter.com/#!/alexndre2">Twitter</a> et en soutenant sa promotion via un concours et des applications. La communauté n&#8217;est peut-être pas massive, mais elle est fidèle et contributive, notamment sur Facebook, reconnaissent les organisateurs de l&#8217;expérience. L&#8217;expérience a bien sûr d&#8217;abord séduit les fans de l&#8217;auteur, mais aurait permis également de rajeunir son audience. En lançant cette expérience, l&#8217;équipe pensait achopper sur la barrière technologique, n&#8217;étant pas sûre que les fidèles d&#8217;Alexandre Jardin le suivraient sur d&#8217;autres supports technologiques que le papier. A priori, l&#8217;expérience montre le contraire. Peut-on pour autant parler de succès ? Encore une fois, les métriques du dispositif sont difficiles à évaluer. Face aux centaines de milliers d&#8217;exemplaires vendus que représentent les 437 abonnés au compte Twitter ou les 5000 likes sur Facebook ? </p>
<p>Jean Devevert quant à lui est directeur de l&#8217;<a href="http://www.transmedialab.org/">Hypermedia Lab</a> d&#8217;Orange, qui rassemble 9 équipes et 135 personnes, intervenant sur l&#8217;ensemble des technologies et des services de divertissement du groupe. Steeven Plu est game designer à la R&#038;D de l&#8217;Hypermedia Lab et spécialiste du transmédia chez Orange. Pour eux, ces nouvelles fonctions de divertissement nécessitent de mettre à la disposition des auteurs et des producteurs les outils nécessaires à ces expériences. </p>
<p><i>&#8220;Dans le transmédia, on oublie souvent la notion de média. Or le média est un terme ambigu. C&#8217;est à la fois ce qu&#8217;on transporte et le moyen de transport. Et cette ambiguïté se retrouve également dans le transmédia. Le transmédia storytelling c&#8217;est raconter une expérience distribuée. Cela ne concerne pas seulement une histoire, mais cela peut aussi concerner l&#8217;actualité, les marques&#8221;</i>, précise Steeven Plu. C&#8217;est à la fois une narration, c&#8217;est-à-dire une suite d&#8217;évènements ou de séquences où l&#8217;on gère la dramaturgie. C&#8217;est aussi une mécanique d&#8217;engagement issue principalement du jeu. C&#8217;est enfin le transport, c&#8217;est-à-dire la manière dont on véhicule l&#8217;information (le support, l&#8217;infrastructure, la logistique qui permet de vivre l&#8217;expérience). <i>&#8220;Le transmédia est techno-agnostique&#8221;</i>, rappelle tout de même Steeven Plu : <i>&#8220;le </i><i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Disque-monde">Disque-monde</a></i> imaginé par Terry Pratchett, ce monde imaginaire de <i>fantasy</i> humoristique, existe via 37 livres qui se passent très bien de la technologie. La narration distribuée n&#8217;est pas si nouvelle&#8221;.</p>
<p>La narration transmédia est transportée par des conteneurs et un réseau (permettant de passer de média en média). Elle a plusieurs points d&#8217;entrées (<i>rabbit hole</i>) et au moins un fil d&#8217;Ariane (<i>breadcrumb</i>). Pour Steeven Plu, le transmédia est un &#8220;méta-média&#8221; et la technologie est un moyen pour faire un pont entre le monde physique et numérique. Mais pour cela il faut surtout comprendre ce que rend comme service chaque plateforme à notre disposition. <i>&#8220;Le like de facebook permet de faire de l&#8217;interaction, Facebook Connect permet d&#8217;interconnecter son réseau dans la narration&#8230; Il faut comprendre le rôle des plateformes en terme d&#8217;usages et de possibilités. Car ces nouvelles narrations doivent intégrer les technos, les services, les interfaces de programmation&#8221;</i>. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour Steeven Plu l&#8217;un des enjeux : arriver à abstraire la technologie de l&#8217;écriture interactive. </p>
<p>L&#8217;un des écueils du transmédia pour le moment repose sur l&#8217;identité en silo, estime le game designer. L&#8217;identité des joueurs permet de concevoir des expériences fines, de créer une complexité narrative à la fois réaliste et immersive. Or, il faut un numéro de téléphone pour accéder à votre téléphone, une adresse mail pour accéder à votre compte mail, l&#8217;adresse de votre Nabaztag pour accéder à celui-ci, etc. Ce qui n&#8217;est pas si simple à réunir.</p>
<p>Pour Steeven Plu cette contrainte impose pour l&#8217;instant, bien souvent, de devoir renoncer à l&#8217;identification. Ou alors de n&#8217;utiliser qu&#8217;un canal&#8230; car le plus souvent les gens refusent les inscriptions trop formelles. <i>&#8220;On pourrait bien sûr reconstruire le profil à la volée, à mesure que l&#8217;implication se développe en demandant des morceaux d&#8217;identités petit à petit aux participants&#8230;&#8221;</i> Mais cela nécessite une stratégie très fine. Sans compter que la mise à jour des données d&#8217;identité est problématique&#8230; L&#8217;avenir de cet art de raconter des histoires multiplateformes dépendra-t-il de l&#8217;adoption de technologies d&#8217;identification unifiée, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_en_champ_proche">type NFC</a> qui dotera d&#8217;ici quelques années l&#8217;essentiel des téléphones mobiles, permettant d&#8217;interagir avec des supports physiques, d&#8217;y laisser des traces ?&#8230; Peut-être. Ce qui est certain, estime Steeven Plu, c&#8217;est que le transmédia est appelé à évoluer avec la technologie. <i>&#8220;On arrive à une phase interactive et ubiquitaire qui appelle les fournisseurs de technologie à travailler étroitement avec les fournisseurs de contenus et les auteurs&#8221;</i>, comme l&#8217;a montré Orange dans les expériences évoquées précédemment. </p>
<p>Ce ne sont pas seulement les lectures et les écritures qui deviennent industrielles, pour reprendre <a href="http://arsindustrialis.org/google-0">le concept d&#8217;Alain Giffard</a> <a href="http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/02/les-5-moments-ecriture-web-reseau.html">augmenté par Olivier Ertzcheid</a>, mais c&#8217;est bien à un processus d&#8217;industrialisation de l&#8217;attention que nous invite le transmédia. Pour paraphraser la définition, &#8220;l&#8217;espace de l&#8217;attention industrielle est le face à face des industries du divertissement et des publics. L&#8217;industrie du divertissement entreprend la commercialisation de toute notre attention, sous quelque forme que ce soit, jusqu&#8217;à la commercialisation du public&#8221;. Car qu&#8217;elle est l&#8217;utilité, la finalité de l&#8217;implication dont il est question ? L&#8217;édification personnelle sert parfois de prétexte. Mais on voit bien en observant les exemples de réalisation transmédia, que la finalité marketing l&#8217;a déjà emporté sur la création. </p>
<p>Seule perspective (peut-être) rassurante, c&#8217;est que les technologies à l&#8217;oeuvre et les moyens de narration ne seront peut-être pas seulement réservés aux industries culturelles (même si elles auront plus de moyens que d&#8217;autres pour les employer), mais également à tout un chacun. L&#8217;avenir du transmédia n&#8217;est pas réservé aux mégaproductions hollywoodiennes, mais peut d&#8217;ores et déjà être utilisé par de petits acteurs. Pour autant qu&#8217;ils réussissent à tisser un chemin qui ne soit pas le marketing du pauvre. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p><strong>Le dossier Transmédia :</strong></p>
<ul>
<li>1re partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/18/transmedia-12-la-convergence-des-contenus/">la convergence des contenus</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/19/transmedia-22-le-marketing-de-lattention">le marketing de l&#8217;attention</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-comportementale/" title="économie comportementale" rel="tag nofollow">économie comportementale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag nofollow">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lecture/" title="lecture" rel="tag nofollow">lecture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Transmédia (1/2) : la convergence des contenus</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/05/18/transmedia-12-la-convergence-des-contenus/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2011/05/18/transmedia-12-la-convergence-des-contenus/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 May 2011 10:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On a longtemps pensé la convergence numérique comme la &#8220;fusion&#8221; d&#8217;appareils jusque-là très différents : le téléphone, la télévision, l&#8217;ordinateur et la chaîne hi-fi ne faisant plus qu&#8217;un, fédérés par l&#8217;internet. Même si, au final, on a plus souvent constaté une divergence qu&#8217;une convergence : la multiplicité des terminaux induisant une multiplicité d&#8217;usages. La connexion de tout avec tout conduit&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On a longtemps pensé la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convergence_num%C3%A9rique">convergence numérique</a> comme la &#8220;fusion&#8221; d&#8217;appareils jusque-là très différents : le téléphone, la télévision, l&#8217;ordinateur et la chaîne hi-fi ne faisant plus qu&#8217;un, fédérés par l&#8217;internet. Même si, au final, on a plus souvent constaté <a href="http://www.internetactu.net/2005/04/21/tlvision-20/">une divergence</a> qu&#8217;une convergence : la multiplicité des terminaux induisant une multiplicité d&#8217;usages. La connexion de tout avec tout conduit plutôt à une complexification qu&#8217;à une rationalisation, <a href="http://www.internetactu.net/2006/09/14/le-present-et-lavenir-de-linternet-quelques-pistes-pour-y-reflechir-par-soi-meme/">expliquait déjà Daniel Kaplan en 2006</a>.</p>
<p>La convergence des outils et des technologies conduit-elle à la convergence des contenus ou à leur divergence ? C&#8217;est peut-être ainsi qu&#8217;on pourrait résumer l&#8217;enjeu qui sous-tend la question du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Transmedia ">transmédia</a>, sujet coeur des <a href="http://www.transmedia-international-masterclass.com/">Masterclass internationales du Transmédia</a> qui se tenaient à Marseille la semaine dernière. </p>
<h3>Trans-, multi-, pluri- médias : concevoir pour tous les écrans</h3>
<p>Pour <a href="http://ericviennot.blogs.liberation.fr">Eric Viennot</a>, auteur de jeux et directeur de <a href="http://www.lexis-games.com/?lang=fr">Lexis Numérique</a>, le transmédia, <i>&#8220;c&#8217;est un film dont vous êtes le héros&#8221;</i>. Un avis assez proche de celui de Stéphane Natkin, directeur de l&#8217;<a href="http://www.enjmin.fr/">Ecole nationale du jeu et des médias interactifs numériques</a>, <i>&#8220;tout dans les médias va devenir comme un jeu&#8221;</i>. Pour ces acteurs, proches du secteur du jeu vidéo, le transmédia ne correspond pas seulement à la convergence des médias, mais bien avant tout à la ludification des contenus (<a href="http://owni.fr/2010/11/04/ville-ludifiee-ville-lubrifiee/">pour ne pas dire leur lubrification</a>, comme dirait <a href="http://www.pop-up-urbain.com">Philippe Gargov</a> en appliquant ces métaphores à la ville plutôt qu&#8217;aux contenus). </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/transmediaviennot.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/transmediaviennot.png" alt="transmediaviennot" title="transmediaviennot" width="550" height="329" class="alignright size-full wp-image-13560" /></a><br />
<i>Image : Eric Viennot à la Une du site des <a href="http://www.transmedia-international-masterclass.com/">Masterclass internationales du Transmédia</a>.</i></p>
<p>Si on y regarde de plus près, le terme de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Transmedia">Transmédia</a>, inventé par <a href="http://www.henryjenkins.org/">Henry Jenkins</a> il y a une dizaine d&#8217;années dans <a href="http://www.technologyreview.com/biomedicine/13052/">un article pour la <i>Technology Review</i></a>, consiste à articuler un univers narratif sur différents médias. A la différence du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cross-media">plurimédia</a>, qui consiste à décliner un contenu sur des médias complémentaires ou du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Multimedia">multimédia</a> qui permet d&#8217;agencer différents types de médias, le transmédia consiste à porter un univers sur différents supports qui apportent, via leurs spécificités d&#8217;usage et leurs capacités technologiques, un regard nouveau et complémentaire sur l’univers et l’histoire originels. </p>
<p>Il s&#8217;agit donc bien d&#8217;une convergence des médias, même si ceux-ci gardent chacun leurs spécificités. D&#8217;où des approches assez différentes selon que l&#8217;univers d&#8217;origine se rapproche du livre, du film ou du jeu&#8230; L&#8217;idée est de proposer de multiples entrées dans une histoire pour favoriser la circulation de l&#8217;audience d&#8217;un média à l&#8217;autre. Le transmédia cherche à proposer une expérience de divertissement enrichie qui favorise la participation et l&#8217;engagement des consommateurs. </p>
<p>Consommateurs, car c&#8217;est bien d&#8217;une technique narrative imaginé par les industries culturelles dont il est question. <a href="http://www.transmedialab.org/2009/07/07/transmedia-decode/">Comme l&#8217;explique Nicolas Bry</a> du <a href="http://www.transmedialab.org/">Transmedia Lab d&#8217;Orange</a>, <i>&#8220;l&#8217;idéal transmédia a pour objectif de créer une expérience unifiée entre différents médias donnant le sentiment d&#8217;entrer dans un univers&#8221;</i>. En ce sens, il se distingue encore de la &#8220;transfiction&#8221; (les histoires sont diffusées sur différents médias, mais chaque bout n&#8217;est pas autonome, l&#8217;histoire dépendant de chacune des pièces d&#8217;un puzzle) ou de l&#8217;adaptation qui correspond au passage d&#8217;une histoire d&#8217;un média à un autre : l&#8217;adaptation du roman de Tokien au cinéma par Peter Jackson ou dans le jeu vidéo en reprenant exactement la trame originale du livre. </p>
<p><a href="http://www.transmedialab.org/2010/11/29/transmedia-crossmedia-multimedia-plurimedia-et-si-nous-devions-expliquer-ces-notions-a-quelquun-qui-travaille-dans-un-domaine-dactivite-completement-eloigne/">Comme l&#8217;explique</a> encore <a href="http://transmedia.amplify.com/">Laurent Guérin</a>, producteur transmédia chez Murmures Productions, directeur général de <a href="http://www.citymoviz.tv/">CityMoviz</a> et producteur de <a href="http://www.detective-avenue.com/">Detective Avenue</a> une production transmédia entre le jeu et la web-série, <i>&#8220;les programmes transmedia répondent à deux obligations : aller chercher une audience là où elle est, et lui fournir une expérience riche et multitâche, adaptée à son comportement.&#8221;</i> L&#8217;idée est de proposer un divertissement plus interactif, &#8220;à plusieurs étages&#8221;, avec des &#8220;contenus actifs&#8221; c&#8217;est-à-dire qui ont pour but de rendre le spectateur actif. </p>
<p>Pour Eric Viennot, le pape francophone du transmédia, que beaucoup considèrent comme l&#8217;un des fondateurs du <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/09/la-realite-alternative-au-service-de-la-musique/">jeu à réalité alternée</a> avec <i>In Memoriam</i> (<a href="http://www.afjv.com/press0309/030922_lexis.htm">première édition</a> et <a href="http://www.inmemoriam-thegame.com/">seconde édition</a>), le transmédia est <i>&#8220;la rencontre de domaines jusque-là cloisonnés : journalisme, design, bande dessinée, musique, mode, jeux vidéo, cinéma, télévision&#8221;</i>&#8230; <a href="http://ericviennot.blogs.liberation.fr/ericviennot/2011/01/la-d%C3%A9cennie-transm%C3%A9dia.html#more">Pour lui</a>, créateur de jeux, cette fusion annonce <i>&#8220;une nouvelle façon de créer et de raconter des histoires&#8221;</i>, à la fois interactives et se développant sur tous les médias, empruntant l&#8217;essentiel de ses principes au jeu vidéo. <i>&#8220;Le transmédia, c’est une écriture pensée très en amont par rapport à tous les médias&#8221;</i>, <a href="http://webtelevisionobserver.com/2011/03/entretien-avec-eric-viennot-auteur-et-game-designer/">explique-t-il encore</a>, <i>&#8220;à leur complémentarité, au fait que l’un ne peut pas se passer de l’autre, de pouvoir entrer dans un univers en étant réactif.&#8221;</i> L&#8217;architecte transmédia doit concevoir le déroulé des différents médias qui vont être utilisé, l&#8217;outil narratif qui permet de faire le lien entre <a href="http://www.internetactu.net/2007/10/15/demain-le-5e-ecran/">les 5 écrans</a>. </p>
<p>Reste que <i>&#8220;pour l’instant, les professionnels envisagent le transmédia pour créer des nouveaux points d’entrée vers leurs univers de jeu, ou comme une passerelle vers le cinéma et la série, mais pas comme une écriture à part entière&#8221;</i>, regrette le créateur. Effectivement, bien souvent, plus qu&#8217;une conception de contenus pour tous les écrans, le transmédia ressemble bien plus à <a href="http://www.internetactu.net/2011/03/01/les-ambiguites-de-la-gamification/">de la gamification</a> (c&#8217;est-à-dire à l&#8217;ajout de fonctionnalités interactives et ludiques à des contenus) pour ne pas dire à des opérations marketing consistant à rabattre les consommateurs vers le produit principal en allant le chercher sur tous les écrans. D&#8217;ailleurs, comme nous l&#8217;explique Jean-Michel Blottière, directeur de <a href="http://www.nxpublishing.com">NX Publishing</a> et grand ordonnateur de ces rencontres : le transmédia est d&#8217;abord et avant tout le fait de grands groupes opérateurs ou médias, que des entreprises indépendantes qui la plupart du temps ne développent qu&#8217;un aspect des produits. En cela il est bien l&#8217;ultime produit des industries culturelles. </p>
<p>Dans le secteur des médias et du jeu, tout semble appelé à devenir transmédia. On pourrait ainsi voir Harry Potter comme un héros transmédia, ce qu&#8217;il n&#8217;est pourtant pas, puisque films et jeux sont l&#8217;adaptation fidèle du livre. L&#8217;univers a toujours été très cloisonné par l&#8217;auteure. A l&#8217;inverse, les succès du transmédia ont pour référence <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Trek">Star Trek</a>, <a href="http://www.transmedialab.org/2011/03/10/etude-de-cas-the-blair-witch-project-une-reference-transmedia/">BlairWitch Project</a> ou <a href="http://www.transmedialab.org/2011/02/22/maximini-d%E2%80%99ankama-un-mini-projet-transmedia/">les projets transmédias d&#8217;Ankama</a>, le groupe français qui produit les jeux Dofus et Wakfu, qui ont donné lieu depuis à des BD et des dessins animés inspirés de l&#8217;univers originel&#8230;  </p>
<h3>Narration, simulation, orchestration</h3>
<p><a href="http://www.anti-linearlogic.com/">Lee Sheldon</a> est à la croisé de tous ces mondes. Ecrivain, game designer et producteur de télévision, ce qui l&#8217;intéresse lui, c&#8217;est le mécanisme narratif. Il travaille actuellement sur un jeu multijoueur pour joueurs occasionnels (<i>casual games</i>) basé sur l&#8217;univers de Star Trek et réfléchit à comment maintenir la cohérence narrative entre des épisodes de la série et les jeux qu&#8217;il développe. Pour lui, le transmédia consiste effectivement à écrire pour différentes plateformes en s&#8217;adaptant aux spécificités de chacune. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/51a9pVWDYRL._SL250_.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/51a9pVWDYRL._SL250_.jpg" alt="51a9pVWDYRL._SL250_" title="51a9pVWDYRL._SL250_" width="202" height="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Après avoir évoqué plusieurs des ARG (<i>Alternate Reality Game</i> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_en_r%C3%A9alit%C3%A9_altern%C3%A9e">jeux de réalité alternée</a> consistant en des fictions immersives brouillant les frontières entre le monde réel et imaginaire qui se déploient à la fois en ligne et dans la vraie vie) auquel il a participé, il constate que plus que la narration ou les développements de l&#8217;histoire, il faut élaborer la compétition et la collaboration entre les joueurs : les interactions entre les gens. Et l&#8217;immersion permet justement bien souvent d&#8217;aller plus loin. Il serait plus impliquant d&#8217;apprendre les langues dans un espace immersif qui vous entraînerait dans un souk pour apprendre l&#8217;arabe ou chez un marchand de thé chinois pour apprendre le mandarin. C&#8217;est tout l&#8217;objet d&#8217;un de ses livres, <i><a href="http://www.amazon.com/Multiplayer-Classroom-Designing-Coursework-Game/dp/1435458443/internetnet-21">The Multiplayer Classroom</a></i>, qui s&#8217;intéresse justement à comment faire la classe avec des jeux multijoueurs (<a href="http://gamingtheclassroom.wordpress.com">voir son blog</a>). </p>
<p><a href="http://bower-lab.org/">James Bower</a> a lui un parcours atypique. Scientifique, il a travaillé sur le comportement animal et sur le cerveau. C&#8217;est ce qui l&#8217;a amené à la modélisation par ordinateur et à la simulation pour développer un programme éducatif en science. Il dirige la société <a href="http://www.numedeon.com/">Numedeon</a> qui produit <a href="http://www.whyville.net">Whyville</a>, une plateforme de jeux éducatifs pour les 8-12 ans. Pour lui, le transmédia est bien une nouvelle forme qui montre comment nous devons utiliser l&#8217;internet. <i>&#8220;Les boites de conserve ont été inventées avant d&#8217;avoir les outils pour les ouvrir. On invente d&#8217;abord, puis après on apprend à bien utiliser ce que nous avons inventé. Avec les nouvelles technos, on peut tout faire. Mais il faut comprendre que c&#8217;est une nouvelle plateforme. Mettre des magazines papier sur le web ou des films dans les ordinateurs, ça ne marche pas très bien. Il faut inventer quelque chose de nouveau.&#8221;</i></p>
<p>Pour lui, l&#8217;internet est un monde virtuel et ce monde virtuel est l&#8217;espace du transmédia. Les mondes virtuels sont adaptés à cet espace <i>&#8220;parce que nous pensons en 3D&#8221;</i>, et que les jeux et la sociabilité sont les fondements de l&#8217;apprentissage. Whyville est une plateforme d&#8217;apprentissage constructiviste pour les 8-12 ans, car <i>&#8220;c&#8217;est l&#8217;âge où l&#8217;école connait le plus d&#8217;échecs&#8221;</i>. Sans aucun marketing, Whyville totalise 7 millions d&#8217;utilisateurs bien plus que bien de ses concurrents comme Habbo ou que les 400 mondes virtuels qui existent actuellement&#8230; Les enfants passent en moyenne 35 minutes par session sur Whyville contre 10 minutes sur Habbo.  </p>
<p><i>&#8220;L&#8217;apprentissage doit être actif, car c&#8217;est un processus actif qui agit sur sa propre mémoire. La simulation permet d&#8217;interagir avec les choses&#8221;</i>. Pour James Bower, le <i>storytelling</i> n&#8217;est pas adapté, il construit un processus à travers la narration, un peu comme un cours. Alors que la simulation, sur laquelle s&#8217;appuie Whyville implique la perte de contrôle, l&#8217;impossibilité de créer une linéarité&#8230; <i>&#8220;Il est essentiel que les joueurs trouvent leurs propres solutions plutôt que d&#8217;être confrontés à une évolution trop programmée, comme on la trouve dans Sim City par exemple où l&#8217;on ne peut pas faire grand-chose d&#8217;autre que suivre les étapes prévues par le jeu&#8221;</i>. C&#8217;est peut-être pour cela qu&#8217;un tiers des employés de Whyville sont des <i>community managers</i> qui sont là pour aider les élèves.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/whyville.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/whyville.png" alt="whyville" title="whyville" width="451" height="391" class="alignright size-full wp-image-13562" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.whyville.net/smmk/top/gates?source=reef">une simulation de récif corallien</a>le jeu pour sauver le récif corallien de Whyville.</i></p>
<p>Reste que les réalisations semblent plus proches des jeux ludo-éducatifs que du transmédia. L&#8217;<a href="http://www.eol.org/">Encyclopedia of Life</a> est une encyclopédie assez ennuyeuse à consulter. Avec le Field Museum et la Fondation Mac Arthur, James Bower l&#8217;a utilisé pour construire <a href="http://www.whyville.net/smmk/top/gates?source=reef">une simulation de récif corallien</a> où les enfants étaient invités à identifier les espèces. En faisant disparaitre l&#8217;une d&#8217;entre elles, les concepteurs ont introduit un jeu et une compétition entre les enfants pour sauver le récif. En deux mois, le jeu a reçu 2,3 millions de visites. Les enfants ont appris à reconnaitre 1 million d&#8217;espèces et se sont mobilisés activement pour sauver le récif corallien&#8230; </p>
<p>Pour James Bower, <i>&#8220;ce n&#8217;est pas le contenu qui compte ou son design, mais le processus d&#8217;apprentissage&#8221;</i>. </p>
<p>Pour Monique de Haas présidente de <a href="http://dondersteen.net/">Dondersteen.net</a>, la simulation ne suffit pas. <i>&#8220;L&#8217;audience est une symphonie qu&#8217;il faut faire jouer à plusieurs instruments&#8221;</i>. Pour construire de nouvelles relations avec elle, il faut utiliser les plateformes qu&#8217;elle utilise et comprendre qu&#8217;elles sont multiples dans leurs engagements, dans leurs besoins et leurs comportements. Beaucoup de projets transmédia ne s&#8217;intéressent qu&#8217;au coeur des fans, au détriment du public occasionnel ou de masse. Alors qu&#8217;une bonne conception transmédia doit permettre de viser tous ces différents publics. </p>
<p>Pour <a href="http://www.christydena.com/">Christy Dena</a>, directrice d&#8217;<a href="http://www.universecreation101.com/">Universe Creation 101</a> et organisatrice des <a href="http://transmediavictoria.net.au/">Transmedia Victoria</a> en Australie, on voit bien qu&#8217;il y a différentes approches et donc différentes stratégies au transmédia. Toutes les transformations ne sont pas universellement possibles : on ne peut pas transformer un film basé sur un tueur dans une maison isolée en jeu massivement multijoueur. Il y a aussi des univers dans lesquels les gens ne sont pas prêts à passer des heures&#8230; Il y a des évènements et des caractères à isoler pour voir s&#8217;ils peuvent être joués, s&#8217;ils peuvent être adaptés sur d&#8217;autres supports et comment. Pour elle, la production transmédia doit être très professionnelle explique-t-elle en montrant des cartes très complexes précisant la temporalité des productions, listant les plateformes utilisées pour un dispositif et leurs interactions entre elles. Pour Christy Dena, le transmédia est <i>&#8220;une stratégie de communication et de production de loisir&#8221;</i>, nécessitant de penser à tout, et notamment de coordonner différentes équipes de productions ayant chacune leurs objectifs. Sur certains projets, c&#8217;est un véritable guide de l&#8217;univers qu&#8217;il faut mettre en place !   </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/transmediaplanning.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/05/transmediaplanning.png" alt="transmediaplanning" title="transmediaplanning" width="550" height="411" class="alignright size-full wp-image-13563" /></a><br />
<i>Image : un planning pour une opération transmédia, issu <a href="http://www.slideshare.net/christydena/crossmedia-and-animation">d&#8217;une des présentations de Christy Dena</a>.</i></p>
<p>Les spectateurs passifs, ceux qui utilisent un seul média, sont bien souvent les plus difficiles à toucher. L&#8217;audience du transmedia est bien souvent inversée par rapport aux audiences classiques. C&#8217;est toute la limite de l&#8217;exercice. Si le projet dans sa globalité est conçu pour un public de fan (qui parcourra toute la palette d&#8217;outils disponibles), bien souvent, il sera très difficile de faire se déplacer l&#8217;essentiel des spectateurs d&#8217;un média l&#8217;autre, insiste la productrice.</p>
<p>Sans compter que les cultures de production d&#8217;un médium l&#8217;autre sont souvent bien différentes. <i>&#8220;Le processus pour faire un bon film n&#8217;est pas le même que pour faire un bon jeu et on ne peut pas passer de l&#8217;un à l&#8217;autre facilement&#8221;</i>. Chaque médium nécessite ses propres approches, ses propres équipes, ses propres budgets, ses propres agendas&#8230; <i>&#8220;Chaque plateforme propose une expérience différente, et c&#8217;est seulement l&#8217;ensemble qui donne de la cohérence narrative à chacune&#8221;</i>. </p>
<p>En cela, le transmédia apparaît vraiment comme l&#8217;orchestration d&#8217;une production pluridisciplinaire. Une forme narrative qui utilise toute la palette des outils d&#8217;aujourd&#8217;hui pour créer un univers. Une architecture, une infrastructure, une orchestration&#8230; de l&#8217;attention disponible. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p><strong>Le dossier Transmédia :</strong></p>
<ul>
<li>1re partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/18/transmedia-12-la-convergence-des-contenus/">la convergence des contenus</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/19/transmedia-22-le-marketing-de-lattention">le marketing de l&#8217;attention</a></li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecriture/" title="écriture" rel="tag nofollow">écriture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeux/" title="jeux" rel="tag nofollow">jeux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag nofollow">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a><br />
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