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	<title>InternetActu.net &#187; Mobilité</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>&#8220;Comment vas-tu point d&#8217;interrogation&#8221;</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 09:50:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est un article du New York Times, signé Nick Wingfield et il s&#8217;intitule : &#8220;Le bon vieux temps des malotrus accrochés à leur téléphone portable&#8221;. 
Est-ce que parler au téléphone est la même chose que parler à son téléphone ? se demande pour commencer le journaliste.
Le bruit produit par quelqu&#8217;un discutant sur un téléphone&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est un article du <i>New York Times</i>, signé Nick Wingfield et il s&#8217;intitule : <a href="http://www.nytimes.com/2011/12/03/technology/virtual-assistants-raise-new-issues-of-phone-etiquette.html?_r=1&#038;ref=nickwingfield">&#8220;Le bon vieux temps des malotrus accrochés à leur téléphone portable&#8221;</a>. </p>
<p>Est-ce que parler au téléphone est la même chose que parler à son téléphone ? se demande pour commencer le journaliste.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/12/siri_hero.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/12/siri_hero-261x300.jpg" alt="siri_hero" title="siri_hero" width="261" height="300" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Le bruit produit par quelqu&#8217;un discutant sur un téléphone portable fait partie de la bande-son de notre vie quotidienne, et la plupart d&#8217;entre nous a appris à être silencieux &#8211; ne pas parler dans les wagons zen des TGV par exemple. Mais les règles de savoir-vivre concernant la manière dont on s&#8217;adresse à un téléphone &#8211; et plus précisément à un &#8220;assistant virtuel&#8221; comme le <a href="http://www.apple.com/iphone/features/siri.html">Siri</a> d&#8217;Apple, disponible sur le nouvel Iphone 4S &#8211; n&#8217;existent pas encore, pour le malheur des gens qui sont autour.  D&#8217;abord parce que les conversations avec des machines ont un aspect mécanique et troublant. Ensuite il y a un problème de ponctuation : si vous voulez une marque de ponctuation, il faut la nommer. &#8220;Comment va-t-il point d&#8217;interrogation comment vas-tu point d&#8217;interrogation&#8221;, Jeremy Littau s&#8217;est récemment retrouvé  dire cela alors qu&#8217;il marchait dans la rue en dictant un texto à sa femme qui était restée chez eux avec leur nouveau-né. La machine Siri lui parlait avec sa voix synthétique et féminine. Les passants étaient stupéfaits : <i>&#8220;Ce n&#8217;est pas un comportement humain normal d&#8217;entendre quelqu&#8217;un avoir une conversation avec son téléphone dans la rue&#8221;, conclut Jeremy Littau qui est professeur-assistant de journalisme et communication à l&#8217;université de Lehigh.</p>
<p>La technologie des téléphones portables à commande vocale existe déjà depuis quelques années &#8211; elle permet aux gens de donner des ordres à leur téléphone comme à un factotum numérique, de lui dicter un texto, de noter un rendez-vous sur leur agenda ou de chercher le restaurant de sushi le plus proche. Néanmoins, avec Siri, Apple a franchi une étape supplémentaire.  &#8220;Bon anniversaire smiley&#8221;, c&#8217;est ce que Dani Klein a entendu dire par un homme à son téléphone sur Long Island Rail Road, ce monsieur voulant insérer un émoticon dans un texto. &#8220;C&#8217;était ridicule&#8221;, explique Klein, 28 ans, qui travaille dans le marketing sur les réseaux sociaux. Parler à son téléphone est tellement nouveau qu&#8217;il n&#8217;y a pas encore de règle établie, dans les transports en commun en particulier.</p>
<p>La commande vocale dans les smartphones est d&#8217;abord apparue il y a quelques années quand certains appareils ont permis de faire des recherches sur Internet et quelques autres tâches. Mais le Siri d&#8217;Apple, introduit cet automne, est une version beaucoup plus sophistiquée de cette technologie, il répond à des phrases apparemment normales comme &#8220;Quel temps fait-il ?&#8221; ou &#8220;Réveille-moi à 8h&#8221;. Apple a aussi donné une once de personnalité à Siri, renforçant l&#8217;impression des usagers de l&#8217;Iphone qu&#8217;ils sont vraiment en train de parler à quelqu&#8217;un. Demandez à Siri quel est le sens de la vie et il vous répondra : &#8220;Je trouve étrange que vous posiez cette question à un objet inanimé&#8221;. Pour autant, </i><i>&#8220;je ne crois pas que le clavier va disparaître&#8221;</i>, expliquait Martin Cooper qui a développé le premier téléphone portable pour Motorola dans les années 70. </p>
<p>Un autre aspect irritant qu&#8217;il y a à écouter des gens parler à leur téléphone est que la plupart des choses que l&#8217;on fait avec des commandes vocales peut aussi être fait dans le silence. Billy Brooks, 43 ans, faisait récemment la queue chez un concessionnaire automobile à Los Angeles quand une femme a rompu le silence dans la pièce pour dicter un message à son Iphone : <i>&#8220;Vous gênez inutilement les gens alors que vous pourriez tout simplement taper votre message&#8221;</i>, dit Brooks, ajoutant que le comportement de cette femme était &#8220;ridicule et un peu pathétique&#8221;. James E. Katz qui dirige le Centre d&#8217;étude sur la communication mobile à Rutgers dit que les gens qui utilisent les commandes vocales de leur téléphone créent une gêne pour les autres &#8211; du bruit &#8211; au lieu de s&#8217;en infliger une à eux-mêmes &#8211; l&#8217;inconfort de taper lentement un message sur leur clavier.  M. Katz compare ce comportement avec celui de quelqu&#8217;un qui laisserait tourner le moteur de sa voiture alors qu&#8217;il est garé, provoquant du bruit et des émissions de carbone.</p>
<p>Bien qu&#8217;Apple ait tenté de rendre possible une conversation presque naturelle avec Siri, le résultat est souvent inverse. Nirav Tolia, entrepreneur numérique, était dans un ascenseur bondé qui l&#8217;emmenait jusqu&#8217;à son bureau à San Francisco quand un homme a essayé d&#8217;utiliser Siri pour trouver la nouvelle adresse d&#8217;un café, le Coffee Bar. Le téléphone lui a donné une liste de café &#8211; pas les bons &#8211; l&#8217;obligeant à réitérer sa demande à plusieurs reprises. &#8220;Eh mec, t&#8217;as qu&#8217;à dire Starbuck&#8221;, a fini par lui dire un passager quand les portes de l&#8217;ascenseur se sont ouvertes. En parlant à leur téléphone, les gens finissent même par avoir des airs de machines. Jimmy Wong, 24 ans, était dans un restaurant à Los Angeles avec des amis quand ils se sont retrouvés à côté d&#8217;un homme qui demandait à Siri de prendre des notes et d&#8217;écrire des mails. Ils ont trouvé la conversation de l&#8217;homme avec son téléphone &#8220;flippante&#8221;, dénuée de toute pause naturelle dans la diction et des inflexions de voix qui marquent une conversation entre deux personnes. <i>&#8220;C&#8217;est très mécanique&#8221;</i>, ajoute-t-il. Et le groupe n&#8217;a pas pu s&#8217;empêcher d&#8217;écouter. Les gens qui étudient le comportement des usagers de téléphone portable pensent que la conscience qu&#8217;on a, dans les hôtels, les aéroports ou les cafés, qu&#8217;on est en train d&#8217;entendre des gens parler à leur assistant numérique, disparaîtra avec le temps. <i>&#8220;Nous verrons une évolution de l&#8217;irritation première, qui donnera lieu à un dessin satirique dans le </i>New Yorker<i>, mais au bout d&#8217;un moment ce sera globalement accepté&#8221;</i>, explique M. Katz. Mais, prédit-il, <i>&#8220;il y aura toujours une petite minorité de conservateurs qui pleureront le bon vieux temps où les gens écrivaient leur texto quand ils étaient en public&#8221;</i>.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>&#8220;Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-le-monde-du-computationnel-2011-12-10">L’émission du 10 décembre 2011</a> était consacrée au <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2350880508/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2350880508">Monde computationnel</a></i>, du titre de l&#8217;ouvrage éponyme que vient de publier <a href="http://jmsalanskis.free.fr/">Jean-Michel Salanskis</a>, professeur de philosophie des sciences, de logique et d&#8217;épistémologie à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense.&#8221;</p></blockquote>

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		<title>La fin de l&#8217;automobile : avons-nous atteint un pic du déplacement ?</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 05:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant toute chose, rappelons que la voiture demeure le principal moyen de transport utilisé quotidiennement dans les pays développés. La plupart des ménages n&#8217;imagine pas que cette situation évoluera dans l&#8217;avenir, comme le soulignait ce sondage (.pdf) sur les pratiques environnementales des Français réalisé par le service de l&#8217;observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable. 
Pourtant, certains&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant toute chose, rappelons que la voiture demeure le principal moyen de transport utilisé quotidiennement dans les pays développés. La plupart des ménages n&#8217;imagine pas que cette situation évoluera dans l&#8217;avenir, comme le soulignait <a href="http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Chiffres_et_statistiques/2010/Chiffres%20et%20stats%20153.pdf">ce sondage (.pdf) sur les pratiques environnementales des Français</a> réalisé par le service de l&#8217;observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable. </p>
<p>Pourtant, certains signes indiquent qu&#8217;il commence à en être autrement. En Grande-Bretagne, <a href="http://www.guardian.co.uk/politics/2011/sep/25/end-of-motoring">rapporte Alex Rayner pour le <i>Guardian</i></a>, le pourcentage des 17-20 ans ayant leur permis de conduire est passé de 48 % dans les années 90 à 35 % en 2010.  Le nombre de miles parcouru par habitant et par an qui augmentait régulièrement depuis 1949, n&#8217;a cessé de baisser depuis 2007. Si une partie de l&#8217;explication est liée à la crise économique et au prix du pétrole, pour d&#8217;autres, les causes de ce changement sont à chercher dans la fin de l&#8217;âge d&#8217;or de l&#8217;automobile. Pour Tim Pollard, rédacteur en chef adjoint du magazine <i>Car</i>, <i>&#8220;les concepteurs de voiture disent souvent que les adolescents d&#8217;aujourd&#8217;hui aspirent plutôt à posséder le dernier smartphone à la mode qu&#8217;une voiture.&#8221;</i> Aurions-nous atteint un point de basculement ? </p>
<h3>La voiture à l&#8217;âge de l&#8217;accès</h3>
<p>C&#8217;est bien possible, explique Alex Rayner. Et cette bascule a pour première conséquence de modifier la vision que nous avions de notre rapport à la voiture. La propriété de la voiture, même si elle est encore dominante, commence à être concurencée par les offres de formes locatives qui se sont, avec notamment <a href="http://www.streetcar.co.uk/">Streetcar</a>, <a href="http://www.zipcar.com/">Zipcar</a> et <a href="http://www.whipcar.com/">Whipcar</a> (<a href="http://www.buzzcar.com">Buzzcar</a> et <a href="http://www.autolib.fr">Autolib</a> en France). Les constructeurs s&#8217;y intéressent également. <a href="http://www.mu.peugeot.fr/">Peugeot a lancé le projet européen MU</a> qui permet à ses membres de trouver le véhicule adapté à leurs besoins de mobilité. A Londres, les adhérents au programme peuvent ainsi emprunter une camionette le week-end, une petite voiture pour faire leur course, puis une voiture électrique ou un scooter en ville, voir même un vélo en fin de journée. D&#8217;autres fabricants étudient des idées semblables. </p>
<p>Stefan Liske de <a href="http://pch-innovations.com">PCH-Innovation</a>, une société qui conseille les constructeurs, explique que ceux-ci sont confrontés à des changements importants. A l&#8217;heure du covoiturage et de l&#8217;auto-partage, les constructeurs doivent trouver de nouveaux modèles de revenus. BMW a ainsi investit 100 millionde dollars dans des start-up qui proposent des offres de transports liés à des services mobiles, dont <a href="http://www.parkatmyhouse.com/uk/">ParkAtMyHouse.com</a>, un service de stationnement permettant à quiconque de louer un garage ou un emplacement de parking vide. </p>
<p>Selon Liske, les &#8220;natifs du numérique&#8221; ne se soucient pas de posséder des choses. Au contraire, la voiture est un trop gros investissement pour la plupart des gens <a href="http://www.buzzcar.com/fr/content/concours-5609/">comme le souligne l&#8217;argumentaire des offres d&#8217;autopartage</a> : non seulement le véhicule, mais également, le permis, l&#8217;espace de stationnement et la consommation d&#8217;essence. David Metz, professeur invité au <a href="http://www2.cege.ucl.ac.uk/research/transport/">Centre d&#8217;études du transport de l&#8217;université de Londres</a>, affirme que la proportion d&#8217;hommes dans la trentaine qui conduisent est resté stable, alors que ceux de 20 ans, semblent repousser la nécessité de prendre le volant jusqu&#8217;à ce que ce soit absolument nécessaire. C&#8217;est lié au coût de la possession de voiture et de l&#8217;assurance, explique-t-il. Mais également au développement de l&#8217;attrait des centres urbains permettant aux jeunes d&#8217;y faire des études voir d&#8217;y rester. </p>
<h3>Le pic du déplacement</h3>
<p>Les gens ne cherchent pas à voyager plus. <a href="http://www2.dft.gov.uk/pgr/statistics/datatablespublications/nts/">L&#8217;enquête nationale du ministère des transports britannique</a> montre en effet que le temps moyen de déplacement n&#8217;a pas changé depuis les années 70 (il est toujours d&#8217;une heure par jour), pas plus que le nombre de voyages que font les gens par an. Au début des années 70, les britanniques réalisaient en moyenne 4500 miles par an (sans compter les déplacement internationaux par avion), et depuis le milieu des années 90, ils en réalisent 7000 sans que ce chiffre n&#8217;ait évolué depuis. David Metz évoque ce qu&#8217;il appelle la <i>&#8220;saturation de la demande de transport&#8221;</i>. L&#8217;avantage du voyage est de proposer un plus grand choix d&#8217;endroits où aller. Or, si le territoire est bien couvert en services, la croissance des déplacements arrive à un seuil, car nos besoins de déplacements sont satisfaits, explique-t-il. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/picdesdeplacements.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/10/picdesdeplacements.png" alt="picdesdeplacements" title="picdesdeplacements" width="540" height="352" class="alignright size-full wp-image-14892" /></a><br />
<i>Image : l&#8217;évolution du nombre de voyages, de la distance parcourue et du temps passé dans les transports entre 1995 et 2009 en Grande-Bretagne montre une grande stabilité, selon <a href="http://www2.dft.gov.uk/pgr/statistics/datatablespublications/nts/latest/nts2009-01.pdf">l&#8217;enquête nationale du ministère des transports britanniques (.pdf)</a>.</i> </p>
<p>Pour <a href="http://geog.mcgill.ca/faculty/millard-ball/">Adam Millard-Ball</a>, professeur adjoint au département de géographie de l&#8217;université McGill à Montréal, d&#8217;autres modèles utilisés par des agences internationales et des compagnies pétrolières, soulignent que plus nous nous développons et plus nous avons tendance à voyager. Sans limite. <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/08/lavenir-de-la-presence/">Anthony Townsend ne disait pas autre chose</a> quand il estimait que l&#8217;essor des technologies de vidéoconférence favorise le déplacement. Or, il est possible que ce ne soit pas le cas. <a href="http://www.stanford.edu/~adammb/Publications/Millard-Ball%20Schipper%20Peak%20Travel%20preprint.pdf">Adam Millard-Ball et Schipper Lee ont récemment montré (.pdf)</a> pour la <a href="http://www.tandfonline.com/loi/ttrv20?open=31#vol_31"><i>Transport Review</i></a> que la croissance de la demande de voyage s&#8217;est arrêté dans tous les pays industrialisés. Si ces tendances se confirment, il est possible de prévoir une baisse des déplacements en voiture et une stagnation totale du voyage par habitant. </p>
<p>Pour Millard-Ball, l&#8217;infrastructure joue une grand rôle : <i>&#8220;Pendant les années 70 et 80 nous avons construits beaucoup de routes, permettant aux gens d&#8217;aller plus loin et plus vite. Mais cette ère a pris fin, en particulier en Grande-Bretagne et en Amérique.&#8221;</i> Comme Metz, il suggère aussi que la satisfaction générale des options de voyage joue également un rôle. <i>&#8220;S&#8217;il y a un Sainsbury (magasin d&#8217;une chaîne de supermarché britannique) à deux miles de votre maison, aurez-vous vraiment besoin d&#8217;aller à un autre Sainsbury à 4 miles de chez vous ?&#8221;</i></p>
<p>Cette vision n&#8217;est pas partagée par tous. Paul Watters, responsable des affaires publiques et de la politique des routes pour l&#8217;<a href="http://www.theaa.com">Association automobile britannique</a>, met en garde contre les conséquences de cette perspective. <i>&#8220;Nous sommes une petite île avec un réseau routier très ancien et un réseau ferroviaire compliqué. Nous n&#8217;investissons pas assez dans les transports pour l&#8217;avenir. Les gens conduisent moins, c&#8217;est certes bon pour l&#8217;environnement, mais moins pour l&#8217;économie.&#8221;</i></p>
<p>Pour David Metz, l&#8217;un des risques serait plutôt de ne pas adapter les règlements d&#8217;urbanisme en conséquence de ses évolutions. L&#8217;aménagement du territoire a tendance à favoriser le développement pavillonnaire de banlieue, une forme de logement mal adaptée aux transports publics et qui favorise la voiture individuelle, alors même que cette forme de transport montre des signes de déclin. </p>

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		<title>&#8220;L&#8217;Internet, c&#8217;est fini&#8221; : la technologie est devenue le soubassement de nos vies</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/03/21/linternet-cest-fini-la-technologie-est-devenue-le-soubassement-de-nos-vies/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Mar 2011 13:45:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article paru cette semaine dans le quotidien britannique The Guardian, article qui donne une interprétation tout à fait personnelle d&#8217;un événement qui a eu lieu aussi cette semaine à Austin, au Texas, la South By SouthWest Interactive Conference. On doit ce papier à Oliver Burkeman et il s&#8217;intitule : &#8220;The internet is&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article paru cette semaine dans le quotidien britannique <i>The Guardian</i>, article qui donne une interprétation tout à fait personnelle d&#8217;un événement qui a eu lieu aussi cette semaine à Austin, au Texas, la <a href="http://sxsw.com/interactive">South By SouthWest Interactive Conference</a>. On doit ce papier à Oliver Burkeman et il s&#8217;intitule : <a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2011/mar/15/sxsw-2011-internet-online"><i>&#8220;The internet is over&#8221;</i></a> &#8211; <i>&#8220;L&#8217;Internet, c&#8217;est fini&#8221;</i>.</p>
<p><i>&#8220;Si mes petits enfants me demandent un jour où j&#8217;ai compris que l&#8217;Internet, c&#8217;était terminé, écrit Oliver Burkeman, je serai en mesure de leur apporter une réponse assez précise : c&#8217;était dans un restaurant mexicain, en face du cimetière d&#8217;Austin, au Texas, alors que j&#8217;avais déjà avalé la moitié d&#8217;un Tacos. Cela faisait deux jours que j&#8217;assistais à la <a href="http://sxsw.com/interactive">South By Southwest Interactive</a>, avec comme ligne de conduite de demander à chaque personne que je rencontrais, de manière peut-être un peu trop agressive, ce qu&#8217;elle faisait exactement. Qu&#8217;est-ce que &#8220;l&#8217;expérience utilisateur&#8221;, vraiment ? Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que la &#8220;gamification de la santé&#8221;, vraiment ? Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que la &#8220;stratégie du contenu&#8221; ? Mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est vraiment ? Le spécialiste de la stratégie des contenus qui était assis en face de moi à table a pris une gorgée de cocktail orange. Il m&#8217;a regardé légèrement exaspéré et il a dit : &#8220;eh ben, je crois qu&#8217;on peut dire que ça englobe à peu près tout.&#8221;</i></p>
<p>C&#8217;est là, selon le journaliste, l&#8217;obstacle fondamental qui empêche les néophytes de comprendre vers où regarde la culture technologique : de plus en plus, elle regarde dans toutes les directions. Tout ce que fabriquent ces gens dans les couloirs de la conférence, ce ne sont plus seulement des contenus qui transforment uniquement la part de notre vie que nous passons devant nos ordinateurs ou avec nos smartphones. On peut le voir sous l&#8217;angle technologique, mais aussi philosophique : tous ces gens annoncent la disparition de la frontière entre la vie en ligne et la vie réelle. Pour le dire avec une hyperbole journalistique, explique Burkeman, c&#8217;est la fin de l&#8217;époque où Internet était une chose à part et identifiable. <i>&#8220;C&#8217;est ce que j&#8217;ai compris quand j&#8217;ai compris que cette conférence traitait d&#8217;à peu près tout.&#8221;</i></p>
<p>Depuis 1988 au moins on entend parler de ce moment de l&#8217;histoire numérique, dit le journaliste, depuis le jour où l&#8217;ingénieur de Xerox Mark Weiser a employé l&#8217;expression d&#8217;<a href="http://www.ubiq.com/hypertext/weiser/UbiHome.html">&#8220;informatique ubiquitaire&#8221;</a> en faisant référence au moment où les outils et les systèmes seraient à ce point nombreux et invasifs que <i>&#8220;la  technologie deviendrait le soubassement de nos vies&#8221;</i>. Et cela fait presque dix ans maintenant, ajoute Burkeman, que les épuisants marchands de technologies emploient le terme abstrait de &#8220;mobile&#8221; pour se référer à la fin d&#8217;une informatique qui se limiterait à nos bureaux. Mais l&#8217;arrivée d&#8217;un Internet vraiment ubiquitaire est quelque chose de nouveau, avec des implications qui sont à la fois exaltantes et sinistres &#8211; et d&#8217;une certaine manière, cela rend presque absurdes toutes les questions que l&#8217;on s&#8217;est posées à propos des technologies ces dernières années. Les réseaux sociaux ont-ils été la cause des révoltes arabes ? Le web nous distrait-il de la vie ? Les amitiés en ligne sont-elles aussi riches que celles qui ont lieu dans la vie réelle ? Quand les limites entre la réalité et le virtuel ont disparu, les défenseurs de l&#8217;une et l&#8217;autre thèse deviennent parfaitement anachroniques.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/sxsw2011.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/sxsw2011.png" alt="sxsw2011" title="sxsw2011" width="600" height="620" class="alignright size-full wp-image-12898" /></a><i>Images provenant du <a href="http://www.flickr.com/search/?page=4&#038;q=SXSW&#038;s=int&#038;l=cc&#038;d=taken-20110301-&#038;ct=0&#038;mt=all&#038;adv=1&#038;z=e">flux FlickR du SXSW</a>&#8230; Signalons que nombreux étaient les participants français à SXSW dont vous trouverez des comptes rendus par exemple sur le <a href="http://sxsw.blog.lemonde.fr/">blog du Monde créé pour l&#8217;occasion</a>, le <a href="http://www.frenchxsw.com/">FrenchSXSW</a>, ou sur le blog de <a href="http://blog.lefigaro.fr/cgi-bin/mt/mt-search.cgi?blog_id=19&#038;tag=SXSW&#038;limit=20">Marie-Catherine Beuth du Figaro</a>&#8230;</i></p>
<p>Et le journaliste du <i>Guardian</i> de faire un petit tour d&#8217;horizon de sur quoi il serait plus utile de s&#8217;interroger.</p>
<p>Le Web 3.0. L&#8217;expression est celle de Tim O&#8217;Reilly [<a href="http://www.internetactu.net/2009/09/01/le-web-a-la-puissance-2-le-web-20-cinq-ans-plus-tard/">en fait, celui-ci a plutôt parlé de web²</a>], déjà à l&#8217;origine du web 2.0. Si le web 2.0 était le moment où les promesses collaboratives de l&#8217;Internet ont été remplies &#8211; à savoir quand les usagers ordinaires ne se sont plus contenté de consommer, mais qu&#8217;ils se sont mis à créer, avec des sites comme Flickr, Facebook ou Wikipédia -, le web 3.0, c&#8217;est le moment où ils oublient qu&#8217;ils sont en train de le faire. Quand le GPS, dans votre téléphone, relaie votre localisation à tous les services que vous aimez, quand Facebook utilise la reconnaissance faciale sur les photos qu&#8217;on y poste, quand vos transactions financières sont pistées. Là, quelque chose a changé qualitativement. Vous continuez à créer le web, mais vous n&#8217;en êtes plus conscients. <i>&#8220;Le web devient le monde, explique Tim O&#8217;Reilly. Toute chose, et tout être humain deviennent des ombres informationnelles, projettent des données qui, si elles sont bien captées et intelligemment agencées, offrent d&#8217;extraordinaires possibilités.&#8221;</i> Possibilités que le journaliste du <i>Guardian</i> trouve inquiétantes dans la mesure où l&#8217;on ne sait pas toujours avec qui on partage ces informations.</p>
<p>La &#8220;gamification&#8221;. Par ce mot, explique Burkeman, on désigne l&#8217;utilisation de procédés ludiques, provenant du jeu vidéo, pour garder l&#8217;attention et l&#8217;engagement de l&#8217;usager. Mais dans des secteurs qui n&#8217;ont plus rien à voir avec le jeu : l&#8217;éducation ou la santé par exemple. Si on comprend bien le principe, les choses deviennent très floues quand on entre dans le détail. Néanmoins, le journaliste cite quelques exemples qui le convainquent que cette tendance est une autre preuve du symptôme identifié : la fin d&#8217;une séparation entre la vie réelle et la vie en ligne.</p>
<p>Le dilemme du dictateur. Burkeman reprend là une expression de <a href="http://www.shirky.com/">Clay Shirky</a>, un des gourous d&#8217;Internet. Que veut dire Shirky avec cette expression &#8220;le dilemme du dictateur&#8221; ? Les régimes autoritaires, tout autant que leurs opposants, peuvent exploiter le pouvoir d&#8217;Internet concède Shirky, mais l&#8217;asymétrie est cruciale. L&#8217;Internet est une part à ce point envahissante de la vie des gens que bloquer certains sites &#8211; ou carrément fermer Internet comme ont récemment essayé de le faire les gouvernements de l&#8217;Egypte ou du Bahrein -peut se révéler parfaitement contre-productif, en augmentant la colère des opposants et en empirant la situation. <i>&#8220;L&#8217;état ultime de la connectivité, explique Shirky, est ce qui fournit aux citoyens un plus grand pouvoir.&#8221;</i></p>
<p>Le biomimétisme arrive. Le biomimétisme, c&#8217;est chercher dans la nature les solutions qu&#8217;elle a trouvées à certains problèmes. L&#8217;idée n&#8217;est pas neuve, explique le journaliste, des architectes et des designers industriels l&#8217;ont eue depuis longtemps. Mais à Austin, Burkeman en a vu de multiples exemples : <a href="http://www.asknature.org/">AskNAture</a>, un moteur de recherche qui donne une solution naturelle à un problème (Comment flotter dans l&#8217;eau ? Comment se déplacer sur un sol instable ?&#8230;) ou Nissan, qui essaie de comprendre le système qui permet aux poissons de ne jamais se percuter pour l&#8217;appliquer aux ordinateurs de bord des voitures, ou encore Bank of England qui consulte des biologistes pour appliquer aux systèmes financiers les mécanismes d&#8217;immunité dont sont dotés les organismes.</p>
<p>Nous sommes faits pour l&#8217;impulsion. Jusqu&#8217;à très récemment explique le journaliste, le débat sur la distraction numérique était l&#8217;un des plus intéressants : il opposait des nostalgiques de la lecture des livres aux zélotes de la technologie. Mais la fusion du monde virtuel et du monde réel l&#8217;a rendu caduque et apporte une réponse simple : l&#8217;Internet nous distraie s&#8217;il nous empêche de faire ce que nous voulons vraiment faire. Si tel n&#8217;est pas le cas, il ne nous distrait pas.</p>
<p>En guise de conclusion, Burkeman explique qu&#8217;il y a malgré tout un danger à ce mélange de la vie en ligne et de la vie hors ligne, et il cite là <a href="http://www.theenergyproject.com/about/meet-the-team/tony-schwartz">Tony Schwartz</a>, l&#8217;auteur de <a href="http://www.amazon.fr/Way-Were-Working-Isnt-Performance/dp/1439127662/internetnet-21"><i>La façon dont nous travaillons ne marche pas</i></a> : ce danger, c&#8217;est la tendance que nous avons à nous considérer comme des ordinateurs, en travaillant des heures d&#8217;affilée, sans pause et à grand renfort de café. Mais <i>&#8220;nous ne sommes pas faits pour fonctionner comme des ordinateurs, dit Schwartz, nous sommes faits pour l&#8217;impulsion. En ce qui concerne la manière de gérer notre énergie, nous devons remplacer la perspective linéaire par une perspective cyclique. Nous vivons sur le mythe que la meilleure façon de travailler est de travailler des heures durant.&#8221;</i> Or les recherches de Schwartz montrent que nous ne devrions pas travailler plus de 90 minutes d&#8217;affilée avant de nous reposer. Conclusion du journaliste du <i>Guardian</i> : <i>&#8220;Quoique vous étiez imaginé de l&#8217;infiltration de la culture numérique dans tous les aspects de nos vies, au final, nous ne sommes pas des ordinateurs.&#8221;</i></p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p>A l&#8217;occasion du <a href="http://www.salondulivreparis.com/">Salon du livre</a>, <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-d-autres-livres-d-autres-textes-salon-du-livre-2011-03-20.html">l’émission du 20 mars</a> était consacrée au livre et à la littérature en compagnie d&#8217;<a href="http://www.my-os.net/blog/">Etienne Mineur</a> et Bertrand Duplat des <a href="http://www.volumique.com/fr/">Editions Volumiques</a> (voir <a href="http://www.internetactu.net/2011/02/16/retourner-au-plaisir-de-jouer/">la présentation d&#8217;Etienne Mineur à Lift</a>), de <a href="http://www.celiahoudart.com">Célia Houdart</a>, auteure chez POL, et <a href="http://www.andrebaldinger.com/hp.php?item.1">André Baldinger</a>, concepteur visuel et typographe. Tous deux, avec d&#8217;autres, ont créé <a href="http://itunes.apple.com/fr/app/frequences-livre-audio/id415841582?mt=8">&#8220;Fréquences&#8221;</a>, texte d&#8217;un genre nouveau à lire, regarder, écouter via une application pour iPhone, le &#8220;smartphone&#8221; développé par Apple.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a><br />
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		<title>Technologies et prostitution</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/03/14/technologies-et-prostitution/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Mar 2011 10:37:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article paru dans le numéro de février du magazine américain Wired. On le doit à Sudir Venkatesh, professeur de sociologie de l&#8217;université de Columbia, New York. Et l&#8217;article s&#8217;intitule : &#8220;Comment les technologies ont transformé la prostitution à New York ?&#8221;. Si cette question rejoint les questions qu&#8217;on se pose aujourd&#8217;hui, c&#8217;est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article paru dans le numéro de février du magazine américain <i>Wired</i>. On le doit à <a href="http://www.sudhirvenkatesh.org/">Sudir Venkatesh</a>, professeur de sociologie de l&#8217;université de Columbia, New York. Et l&#8217;article s&#8217;intitule : <a href="http://www.wired.com/magazine/2011/01/ff_sextrade/all/1">&#8220;Comment les technologies ont transformé la prostitution à New York ?&#8221;</a>. Si cette question rejoint les questions qu&#8217;on se pose aujourd&#8217;hui, c&#8217;est parce qu&#8217;il en va d&#8217;abord de <i>&#8220;la forme d&#8217;une ville&#8221;</i>, comme dirait Baudelaire.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/prostitutionwired.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/prostitutionwired.jpg" alt="prostitutionwired" title="prostitutionwired" width="580" /></a><br />
<i>Image : Evolution de la prostitution à New York entre 1991 et 2010 via <a href="http://www.wired.com/magazine/2011/01/ff_sextrade/all/1">Wired</a>.</i></p>
<p>Venkatesh raconte dans son papier qu&#8217;il a commencé par s&#8217;intéresser aux effets qu&#8217;avaient sur la prostitution les efforts qui étaient fournis par les autorités locales pour ramener dans le centre de la ville les classes moyennes aisées, qui l&#8217;avaient largement désertée depuis des décennies. C&#8217;était en 1999. Sa question était : qu&#8217;advient-il des prostituées quand la gentrification les empêche de travailler dans la rue ? Son hypothèse était que la prostitution n&#8217;allait pas disparaître, mais qu&#8217;elle allait se transformer, et qu&#8217;il allait documenter l&#8217;apparition d&#8217;un nouveau marché du sexe en intérieur, dans lequel les filles des rues allaient laisser place à des professionnelles.</p>
<p>De fait, Venkatesh raconte avoir assisté à une transformation de la prostitution. Les prostituées de la rue ont laissé la place à des <i>escort girls</i> ou des hôtesses de salon de massage. Cela a eu pour effet de rendre le sexe tarifé plus cher, mais aussi, écrit-il avec quelques précautions, de le rendre plus respectable.</p>
<p>Et, ajoute Venkatesh, la technologie a joué un rôle fondamental dans ce changement. Aucun bourgeois respectable ne va trouver une fille en baissant la fenêtre de sa voiture et en la sifflant à un feu rouge. L&#8217;internet et les téléphones mobiles ont permis à ces travailleuses du sexe de professionnaliser leur pratique. Aujourd&#8217;hui, explique Venkatesh, elles peuvent contrôler leur image, fixer leurs prix, et éliminer les maquereaux, maquerelles et autres intermédiaires avec lesquels elles partageaient jadis leurs revenus. Mais, tout aussi intéressante, cette évolution a changé la provenance sociologique de ces prostitués du centre de New York. A mesure que le métier est devenu moins risqué et plus lucratif, explique encore Venkatesh, il a attiré des femmes de la classe moyenne à la recherche d&#8217;argent rapidement acquis et non imposable.</p>
<p>Avant de proposer quelques chiffres montrant comment cette nouvelle prostitution se distingue de l&#8217;ancienne, Venkatesh garantit le sérieux de sa méthode et tempère les bouleversements :  <i>&#8220;[mes travaux], prévient-il, montrent aussi que certaines choses n&#8217;ont pas changé : même si elles ne travaillent plus dans la rue, ces femmes le cachent à leur famille et subissent des viols.&#8221;</i></p>
<p>Dans les détails de cette étude, et en ce qui concerne particulièrement les technologies, on relève quelques faits intéressants.</p>
<p>Sur la manière dont les prostituées trouvent leur client, l&#8217;évolution est très nette, même dans les toutes dernières années. En 2003, 40 % des clients leur venaient des agences d&#8217;escorts. Ces agences, si elles sont prisées des hommes, parce qu&#8217;elles les rassurent et qu&#8217;elles leur fournissent de faux reçus qui permettent de justifier la dépense, ne sont pas appréciées des prostituées parce qu&#8217;elles prélèvent une part de leur revenu, c&#8217;est évident, mais aussi parce qu&#8217;elles ne garantissent pas pour autant plus de sécurité. Donc, si en 2003, 40% des clients provenaient des agences, cette part est tombée à 31 % en 2008. En 2003, les clubs de strip-tease apportaient un quart des clients, 5 ans plus tard, ce chiffre est tombé à 10 %. Et cette baisse concerne toutes les autres sources : les relations personnelles, les bars, les clubs, etc. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/sourceclientsnyprostitution.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/03/sourceclientsnyprostitution.png" alt="sourceclientsnyprostitution" title="sourceclientsnyprostitution" width="300" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a><br />
Au profit de quoi, vous demandez-vous ? Eh bien de Facebook ! N&#8217;existant pas en 2003, Facebook représente, en 2008, un quart de l&#8217;apport en client. 83 % des prostituées interrogées par Venkatesh en 2008 ont un profil Facebook. Ce qui lui laisse penser que d&#8217;ici la fin 2011, Facebook deviendra la première source de recrutement de clients.</p>
<p>L&#8217;étude du sociologue de Columbia montre aussi que le web permet de contourner certaines difficultés du métier. Par exemple cette question des agences dont j&#8217;ai parlé plus haut. Comme les agences d&#8217;escorts rassurent les clients, beaucoup de prostituées créent sur l&#8217;internet une fausse agence avec des photos récupérées à droite et à gauche et y intègrent leur profil. Elles donnent l&#8217;impression au client d&#8217;appartenir à une structure, ça le rassure.</p>
<p>Ensuite, les technologies, ce sont aussi des objets et elles ont leur part dans le côté pratique du métier. Par exemple, les prostituées interrogées expliquent à Venkatesh qu&#8217;elles ont toujours deux téléphones mobiles sur elles. Il leur arrive souvent de s&#8217;en faire voler par un client qui cherche ainsi à affirmer son pouvoir et sa volonté de contrôle. Mais, sur aucun des deux téléphones, elles ne laissent la trace d&#8217;un contact. Ils doivent être vierges de toute information.</p>
<p>Autre détail intéressant : quel type de téléphone ces nouvelles prostituées ont-elles sur elles ? Le iPhone ne remporte que 20 % des parts de marché. La grande majorité, 70%, ce sont des Blackberries. Comment expliquer cette domination du Blackberry dans la population des prostituées du centre de NY ?</p>
<p>Parmi les actes ou objets qui font monter les prix d&#8217;une prostituée, ont expliqué ces femmes au sociologue, il y a des choses qu&#8217;on peut deviner (la blondeur, la taille des seins&#8230;) mais aussi, et c&#8217;est plus étonnant, la possession d&#8217;un BlackBerry. Symbolisant aux Etats&#8211;Unis la vie professionnelle, le BlackBerry rassure le client, lui laissant penser que la prostituée ne se drogue pas, et n&#8217;est pas malade. Une raison suffisante pour augmenter le tarif.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-internet-et-geographie-les-imaginaires-de-l-espace-2011-03-13.html">L’émission du 12 mars</a> était consacrée à &#8220;l&#8217;internet et la géographie : les imaginaires de l&#8217;espace&#8221;, en compagnie de Henri Desbois, maître de conférences en géographie à l&#8217;université Paris-X Nanterre, membre de l&#8217;équipe <a href="http://barthes.ens.fr/equipe/">Réseaux, Savoirs &#038; Territoires</a> de l&#8217;Ecole nationale supérieure, auteur notamment de &#8220;<a href="http://www.scienceshumaines.com/quand-les-cartes-se-numerisent_fr_22361.html">Quand les cartes se numérisent</a>&#8221; pour la revue <i>Sciences Humaines</i>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-local/" title="web local" rel="tag nofollow">web local</a><br />
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		<title>Néo-nomade : concevoir pour l&#8217;éphémère</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/02/09/neo-nomade-concevoir-pour-lephemere/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Feb 2011 12:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La designer et architecte Yasmine Abbas, de l&#8217;agence Panurban Intelligence, s&#8217;intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilités. &#8220;Nous sommes tous des néo-nomades&#8221;, explique-t-elle sur la scène de la conférence Lift à Genève. Ce qui les caractérise est d&#8217;être mobiles non seulement physiquement, mais également mentalement et numériquement. Le déplacement implique par essence de devoir s&#8217;adapter, et bien le néo-nomadisme,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La designer et architecte <a href="http://blog.neo-nomad.net/">Yasmine Abbas</a>, de l&#8217;agence <a href="http://panurbanintelligence.com/">Panurban Intelligence</a>, s&#8217;intéresse depuis longtemps aux nouvelles formes de mobilités. <em>&#8220;Nous sommes tous des néo-nomades&#8221;</em>, explique-t-elle sur la scène de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift</a> à Genève. Ce qui les caractérise est d&#8217;être mobiles non seulement physiquement, mais également mentalement et numériquement. Le déplacement implique par essence de devoir s&#8217;adapter, et bien le néo-nomadisme, c&#8217;est la manière dont un individu s&#8217;adapte d&#8217;une culture à une autre quand il en change. <em>&#8220;Les néo-nomades vont d&#8217;un projet à l&#8217;autre, préfèrent le confort, la vitesse, la souplesse, la flexibilité. Ils savent se réorganiser sans cesse, s&#8217;adapter&#8221;</em>&#8230; et développent de nombreuses stratégies pour adapter leurs espaces à leurs déplacements incessants. </p>
<p>Les néo-nomades organisent leurs territoires de manière disséminée, sur plusieurs pays, voire plusieurs continents, de manière toujours mouvante. Ils utilisent beaucoup des espaces à la demande : les cafés sont leurs espaces de travail, leur banque est nécessairement en ligne&#8230; La forme, l&#8217;architecture sont séparées de la fonction. Le néo-nomade utilise différents espaces de manière simultanée et improvise son espace de manière dynamique. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/neonomadedeflit.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/neonomadedeflit.png" alt="neonomadedeflit" title="neonomadedeflit" width="580" height="384" class="alignright size-full wp-image-12512" /></a><br />
<em>Image : Les néo-nomades de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5418309941/">photographiés par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p>Les gens adorent l&#8217;idée d&#8217;être mobile, explique Yasmine Abbas, mais ils sont dans le déni total de ses conséquences. Ils ne reconnaissent pas que la mobilité est à la fois très stressante (on a toujours peur de rater son vol, on subit sans cesse la perte de repère, la fatigue, les décalages horaires&#8230;) et peu économique (le néo-nomade a tendance à surconsommer que ce soit de la nourriture à emporter comme de l&#8217;espace inutilisé&#8230;). Dans <em>Espèces d&#8217;Espaces</em>, <a href="http://blog.neo-nomad.net/2010/08/habiter-une-chambre/">Georges Perec se demandait</a> pourquoi nous n&#8217;aurions pas plusieurs chambres réparties dans tout Paris, pour voir la ville différemment selon nos humeurs. </p>
<p>Ce néo-nomadisme n&#8217;est pas sans faire naitre de nouveaux problèmes. Ils participent à la prolifération des espaces vacants et augmentent le coût de la mobilité. Comment le design et la technologie peuvent-ils réduire ce coût alors que nous sommes de plus en plus contraints de bouger ?  Les designers se sont déjà souvent penchés sur le stress du voyage individuel, montrant comment nous nous rassurons en nous connectant aux autres ou à nos expériences passées, par le biais d&#8217;habits ou d&#8217;images qui nous accompagnent, qui nous rappellent quelque chose ou quelqu&#8217;un&#8230; Mais peut-on concevoir pour l&#8217;éphémère, la brièveté ? Peut-on intégrer le caractère éphémère de ces nouvelles formes de mobilités dans leur conception même ? </p>
<p>Pour cela, explique Yasmine Abbas, les designers doivent intégrer l&#8217;éphémère dans leur travail. Ce qui signifie que la seule chose qu&#8217;ils peuvent planifier c&#8217;est que cela va changer. Ce qui signifie qu&#8217;il leur faut concevoir des programmes flexibles, des bâtiments qui peuvent changer de fonction (comme <a href="http://www.youtube.com/watch?v=UrVuJ7WXvQU&#038;feature=player_embedded">la fenêtre qui se transforme en balcon</a> ou <a href="http://vimeo.com/4197108">le bureau pop-up</a>). Ce qui signifie qu&#8217;il faut imaginer des espaces partagés d&#8217;autant plus qu&#8217;ils sont coûteux, qu&#8217;ils puissent être à la fois individuels et communautaires. Ce qui signifie qu&#8217;il faut permettre de s&#8217;approprier des espaces pouvant répondre à des besoins différents. Ce qui signifie qu&#8217;il faut permettre la dispersion, le démontage. Et qu&#8217;on ne peut plus laisser d&#8217;espaces vides, non utilisés&#8230; </p>
<p><em>&#8220;On intègre l&#8217;éphémère dans le design quand on intègre le fait que les choses sont éphémères plutôt que là pour toujours. Il faut favoriser la partageabilité des objets, des espaces et pas seulement de l&#8217;information&#8221;</em>. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/lift/" title="lift" rel="tag nofollow">lift</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift11/" title="lift11" rel="tag nofollow">lift11</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/mobilite/" title="mobilité" rel="tag nofollow">mobilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/objets/" title="objets" rel="tag nofollow">objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
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		<title>La nouvelle science des données</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 13:50:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comment pouvons-nous créer et partager de la connaissance des masses de données que nous accumulons ? Telle était la question que posaient Fabien Girardin et Jan Blom lors de la conférence Lift France dont la seconde édition avait lieu la semaine dernière à Marseille.
On commence à bien connaître Fabien Girardin, chercheur au Lift Lab, dont nous avons de nombreuses&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Comment pouvons-nous créer et partager de la connaissance des masses de données que nous accumulons ? Telle était la question que posaient Fabien Girardin et Jan Blom lors de la <a href="http://www/liftconference.com">conférence Lift France</a> dont la seconde édition avait lieu la semaine dernière à Marseille.</em></p>
<p>On commence à bien connaître <a href="http://www.liftlab.com/think/fabien/">Fabien Girardin</a>, chercheur au <a href="http://www.liftlab.com/">Lift Lab</a>, dont <a href="http://www.internetactu.net/?s=Fabien+Girardin">nous avons de nombreuses fois évoqué les travaux sur InternetActu</a>. En 2009, à Lift <a href="http://www.internetactu.net/2009/06/23/linternet-des-objets-va-t-il-changer-la-nature-des-objets/">Timo Arnall avait montré comment le réseau est imbriqué dans notre vie quotidienne</a>. Il a depuis produit une <a href="http://vimeo.com/12187317">vidéo</a> qui montre justement de manière imagée les flux d&#8217;information qui parcourent la ville.</p>
<p><object width="580" height="326"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12187317&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=12187317&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="580" height="326"></embed></object>
<p><a href="http://vimeo.com/12187317">Wireless in the world 2</a> from <a href="http://vimeo.com/timoarnall">timo</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>La technologie qui nous entoure au quotidien produit un nombre considérable de données. Nos interactions constantes avec ces réseaux d&#8217;infrastructures génèrent des données qui alimentent les fonctions des services que nous utilisons en permanence. Si on fait l’exercice de cartographier dans une journée tous les moments où l’on génère des données, pour faire attention à comment nous générons ce réseau de données, comme l’a fait Fabien Girardin en cartographiant une de ses journées à Barcelone (<a href="http://www.girardin.org/fabien/presentations/girardin_lift_france10_notes.pdf">voir sa présentation .pdf</a>), on se rend compte que nous produisons des données en réseau presque en continu : quand on loue un vélo, quand on retire de l’argent, dès qu’on téléphone… </p>
<p>Les sociétés cherchant à exploiter ces données sont nombreuses, d’autant qu’il existe de nombreux niveaux d’informations dans la ville, de nombreux de filtres pour mieux comprendre les différents types d’information qui y sont produits. Ces données sont le sang de l&#8217;économie d&#8217;aujourd&#8217;hui, <a href="http://www.slideshare.net/slidesharefing/digital-privacy-revisited">dit Daniel Kaplan</a>. La géographie et la topologie sont un niveau parmi d’autres pour comprendre ces productions d’information, qui vont du sensible à des observations plus spécifiques, qualitatives,  ethnologiques. </p>
<h3>Utiliser les données de réseaux pour construire de nouvelles stratégies urbaines</h3>
<p>Les données génèrent du matériel, auquel il faut pouvoir accéder, qu’il faut collecter, anonymiser, gérer et modéliser, fouiller, y appliquer des traitements statistiques et enfin les rendre plus visible, plus lisible, les analyser et les communiquer. Ce processus complexe et itératif d’analyse permet de définir des indicateurs et des éléments de gestion. Il nécessite de nombreuses compétences différentes : celles des ingénieurs en télécommunication, celle des physiciens qui ont l’habitude d’utiliser de vastes volumes de données, celles des statisticiens, des designers et des analystes pour les comprendre.</p>
<p>Cette distribution des compétences nécessaires pour faire de l&#8217;analyse de données nécessite 3 &#8220;types d&#8217;arts&#8221; pour appliquer cette science dans le domaine des stratégies urbaines, explique Fabien Girardin. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/07/fabiengirardin.jpg" alt="fabiengirardin" title="fabiengirardin" width="580" class="alignright size-full wp-image-10898" /><br />
<em>Image : Fabien Girardin sur la scène de Lift à Marseille, <a href="http://www.flickr.com/photos/userstudio/4777809164/">photographié par User Studio</a>.</em></p>
<p>Celui de la visualisation bien sûr, est le plus évident. Il faut savoir représenter les données pour qu’elles soient lisibles, accessibles, à l’image des <a href="http://senseable.mit.edu/wikicity/">City Wall mis en place par le MIT à Rome</a> pour montrer sur des écrans géants l’utilisation des mobiles dans la ville. Cette visualisation permet d&#8217;engager des dialogues et des débats ouverts sur la qualité des données et leur valeur potentielle. </p>
<p>Il faut aussi connaître “l’art de prendre le pouls”, c&#8217;est-à-dire comprendre les modes et les rythmes de l&#8217;activité d&#8217;un réseau sur un espace. Saisir le pouls de l’information urbaine à l’image des antennes de réseaux mobiles qui chaque week-end montrent une accalmie, comme nos battements cardiaques ont eux-mêmes leurs accalmies. L&#8217;analyse d&#8217;une impulsion est souvent axée sur la détection des tendances et des anomalies à partir des données alimentées en temps réel. La visualisation souvent est le début du processus, plus que la fin, et sert à tirer du sens de ces données. Mais il ne sert à rien si on ne met pas en avant des données “parlantes”, évocatrices, qui permettent de mesurer ce que l’on cherche à mettre en avant. </p>
<p>Enfin, cela nécessite d’avoir recours à l’art du &#8220;carottage&#8221;, c’est-à-dire savoir utiliser l’accumulation de données numériques jour après jour, comme on regarde une carotte de glace pour comprendre le climat de la planète. L’important est de sonder l’évolution de l&#8217;activité de ces données de réseaux dans le temps.</p>
<p>Pour illustrer ces aspects, Fabien Girardin évoque <a href="http://liftlab.com/think/fabien/2009/08/27/published-quantifying-urban-attractiveness-from-the-distribution-and-density-of-digital-footprints/">un projet mené à New York en 2008 sur la rénovation du front de Mer de Manhattan</a>. La stratégie de rénovation urbaine s’est accompagnée d’une exposition artistique (présentant 4 immenses chutes d&#8217;eau) pour attirer les New-Yorkais à découvrir ce nouveau front de mer. La ville de New York a voulu mesurer l’activité de cette exposition en mettant des capteurs dans certains lieux liés à l’exposition et d’autres dans des endroits non liés à l’exposition. Les chercheurs ont ainsi pu mesurer une augmentation d’activité dans les zones d’exposition, permettant de montrer ce qu&#8217;ils ont appelé &#8220;un indicateur d’attirance&#8221;. Autre indicateur utilisé également : les photos publiées sur Flickr montrant les chutes d’eau installées sur les sites de l&#8217;exposition. En collectant les photos sur les bords de l&#8217;Hudson pendant trois ans, les chercheurs ont peu reconstruire les parcours de visites, montrant comment le front de mer est devenu un lieu touristique après sa rénovation. En collaboration avec Andrea Vaccari, <a href="http://ijsdir.jrc.ec.europa.eu/index.php/ijsdir/article/viewFile/147/152">les chercheurs du MIT ont mis au point un PlaceRank (.pdf)</a> sur le modèle du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/PageRank">Page Rank</a> de Google pour mesurer la popularité des lieux.</p>
<p><a title="View Girardin Lift France10 Notes on Scribd" href="http://www.scribd.com/doc/34207354/Girardin-Lift-France10-Notes" style="margin: 12px auto 6px auto; font-family: Helvetica,Arial,Sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; display: block; text-decoration: underline;">Girardin Lift France10 Notes</a> <object id="doc_1865" name="doc_1865" height="500" width="100%" type="application/x-shockwave-flash" data="http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf" style="outline:none;" ><param name="movie" value="http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf"></param><param name="wmode" value="opaque"></param><param name="bgcolor" value="#ffffff"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><param name="FlashVars" value="document_id=34207354&#038;access_key=key-2k02k05ea0cfrhcpspjr&#038;page=1&#038;viewMode=list"><embed id="doc_1865" name="doc_1865" src="http://d1.scribdassets.com/ScribdViewer.swf?document_id=34207354&#038;access_key=key-2k02k05ea0cfrhcpspjr&#038;page=1&#038;viewMode=list" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" height="500" width="100%" wmode="opaque" bgcolor="#ffffff"></embed></param></object></p>
<p>Autre exemple. Fabien Girardin a également travaillé pour le musée du Louvre afin de les aider à mesurer et réagir à l’hypercongestion de certaines zones du musée dans le but d’améliorer l’expérience des visiteurs et la sécurité. L’étude a consisté à capter la présence des téléphones mobiles dans le musée pour mesurer en temps réel le niveau d’occupation des différents bâtiments du musée. D’une perception qualitative de la congestion, le musée est passé à une information quantitative et précise, permettant de mettre en place des indicateurs d’hypercongestion dans le temps… Le musée a utilisé ces informations pour modifier sa politique de distribution des oeuvres et surtout pour mieux réagir au trafic en temps réel, fermant certaines zones quand elles sont trop chargées. </p>
<p>Bien sûr, rappelle le chercheur, les informations quantitatives ne donnent pas tout. Il faut y ajouter du qualitatif pour expliquer pourquoi les gens se comportent de cette manière.</p>
<p>Pour Fabien Girardin, ces recherches offrent plusieurs potentialités qu’il faut intégrer…</p>
<p>Tout d’abord, l’extraction de données commence à faire partie de la valeur de l’espace. A Palexpo, le palais d’exposition de Genève, on est capable de mesurer les points chauds lors d’un salon ce qui permettrait par exemple de commercialiser différemment les différentes zones du hall d’exposition.</p>
<p>Autre possibilité offerte, permettre l’émergence de nouveaux fournisseurs d’information urbaine, comme Idealista.com en Espagne qui analyse la qualité du marché immobilier et ses évolutions via les données de vente, d&#8217;achat et de location en provenance de son site. Ils ont utilisé les informations de leur site pour proposer <a href="http://www.idealista.com/pagina/informacion urbain">un nouveau service d&#8217;analyse du marché immobilier</a>. </p>
<p>Enfin, les réseaux de données permettent aux citoyens de saisir de nouvelles possibilités pour s&#8217;approprier, détourner ou peaufiner les systèmes urbains. A Barcelone, un jeune étudiant a exploité les données du réseau de location de vélo urbain pour mettre au point <a href="http://liftlab.com/think/fabien/2009/03/14/citizens-to-improve-bicing/">un algorithme permettant d&#8217;optimiser le remplissage des bornes à vélo</a>.</p>
<h3>&#8230; et de nouveaux services</h3>
<p>Les traces laissées par les utilisateurs de réseaux mobiles sont énormes, explique Jan Blom, directeur de recherche pour l&#8217;équipementier Nokia dans sa succursale de Lausanne. Elles constituent de que les scientifiques appellent des &#8220;big data&#8221; dont tout l&#8217;enjeu est de trouver le moyen d&#8217;en tirer parti. </p>
<p>Pourtant, il y a matière, comme le montre les recherches de <a href="http://www.inma.ucl.ac.be/~blondel/">Vincent Blondel</a>, professeur en mathématiques appliquées à l&#8217;école polytechnique de Louvain. En analysant les communications téléphoniques en Belgique, Vincent Blondel a superposé les informations communautaires et les informations linguistiques pour démontrer la réalité de la séparation entre les groupes néerlandophones et francophones. Et Jan Blom d&#8217;évoquer également le <a href="http://reality.media.mit.edu/">laboratoire de fouille de la réalité</a> de Nathan Eagle et Alex Pentland qui ont utilisé les données recueillies par les mobiles de leurs étudiants pendant plusieurs mois pour en déduire des conclusions sur l&#8217;évolution des dynamiques de population (<a href="http://www.internetactu.net/?s=Pentland">voir nos articles sur ce laboratoire</a>). </p>
<p>Le projet que porte Jan Blom pour Nokia sur Lausanne est très proche de celui mené par le Laboratoire de fouille de la réalité du MIT il y a 5 ans, même s&#8217;il a été réactualisé notamment en y intégrant le positionnement GPS et en élargissant le panorama des appareils utilisés, tout en n&#8217;étant pas limités aux étudiants, mais en prenant en compte l&#8217;ensemble de la population. <a href="http://transp-or2.epfl.ch/displayProject.php?id=NOKIA08">Cette campagne qui se déroule depuis un an</a> ne s&#8217;intéresse pas au contenu des messages, mais à la localisation, aux données sociales (qui appelle qui ?), aux médias et applications utilisés ainsi qu&#8217;aux données de contrôles (savoir si le téléphone est en mode silencieux ou pas, quel est l&#8217;état de sa batterie&#8230;).  </p>
<p>Ainsi, les chercheurs de Nokia ont découvert que les applications de communication sont surtout utilisées en journées, tandis que la caméra est utilisée en journée, mais aussi en soirée. L&#8217;étude a ainsi permis de mieux identifier les besoins des utilisateurs de mobiles en fonction des plages horaires. Pour Nokia, estime Blom, le but est avant tout d&#8217;en faire profiter les utilisateurs, de permettre aux utilisateurs de services de savoir où se déplacent les gens pour leur donner des idées sur l&#8217;endroit où aller. Reste que pour l&#8217;instant, toutes ces données sont loin d&#8217;être accessibles à tout le monde. Et Nokia s&#8217;en sert surtout pour spécifier les services qu&#8217;il déploie dans le cadre de sa <a href="http://research.nokia.com/files/insight/NTI_Sensing_-_Dec_2008.pdf">stratégie de détection du monde via les outils mobiles que la firme définissait fin 2008 (.pdf)</a>. Pour l&#8217;instant, à écouter la présentation de Jan Blom, les utilisateurs de téléphones mobiles ne semblent pas encore vraiment plus que des capteurs pour les analystes de données&#8230; Ou, à tout le moins, Jan Blom ne nous l&#8217;a pas montré. </p>
<p>Hubert Guillaud et Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/flux/" title="flux" rel="tag nofollow">flux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift10/" title="lift10" rel="tag nofollow">lift10</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/mobile/" title="mobile" rel="tag nofollow">mobile</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux/" title="réseaux" rel="tag nofollow">réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/visualisation/" title="visualisation" rel="tag nofollow">visualisation</a><br />
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		<title>Notre mobilité est prévisible et régulière</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 15:38:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<description><![CDATA[La mobilité, c&#8217;est la liberté d&#8217;aller comme bon nous semble, croit-on souvent&#8230; Pas si sûr, vient de constater le professeur Albert-László Barabási et son équipe, qui ont étudié les déplacements de quelques 50 000 utilisateurs de téléphone mobiles.
&#8220;Nous sommes tous d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre ennuyeux. Les individus spontanés sont largement absents de la population. Malgré de grandes différences&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mobilité, c&#8217;est la liberté d&#8217;aller comme bon nous semble, croit-on souvent&#8230; Pas si sûr, vient de constater le professeur Albert-László Barabási et son équipe, qui ont étudié les déplacements de quelques 50 000 utilisateurs de téléphone mobiles.</p>
<p><em>&#8220;Nous sommes tous d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre ennuyeux. Les individus spontanés sont largement absents de la population. Malgré de grandes différences dans les modèles de déplacements, nous avons trouvé que la plupart des gens sont également prévisibles&#8221;</em>, reconnaît le professeur Barabasi, directeur du <a href="http://www.barabasilab.com/">Centre de recherche sur les réseaux complexes</a> au <a href="http://www.newscientist.com/article/mg20527495.600-cellphone-traces-reveal-youre-so-predictable.html"><em>New Scientist</em></a>. La prévisibilité, explique-t-il représente la probabilité que nous sachions prévoir les allées et venues d&#8217;un individu dans l&#8217;heure suivante, en se basant sur ses trajets précédents. Cette prévisibilité n&#8217;est pas liée à la distance parcourue : ceux qui font de grands voyages réguliers (les &#8220;<em>jetsetters</em>&#8220;) comme ceux qui restent à proximité de chez eux (les &#8220;<em>homebodys</em>&#8220;) sont également prévisibles, à quelque 93 %. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/previsibilitedesdeplacements.png" alt="Exemples de modèles de prévisibilité de nos déplacements" width="500" height="303" class="alignleft size-full wp-image-9766" hspace="6" vspace="6" align="left" /></p>
<p>Alors qu&#8217;on pourrait penser qu&#8217;il est plus difficile de prédire le mouvement de ceux qui voyagent beaucoup, <a href="http://www.barabasilab.com/pubs/CCNR-ALB_Publications/201002-19_Science-Predictability/201002-19_Science-Predictability.pdf">l&#8217;étude (.pdf)</a> a montré le contraire : malgré notre hétérogénéité dans nos déplacements, nos schémas de déplacements sont réguliers, routiniers et tous également prévisibles. Autre surprise, cette régularité et cette prévisibilité ne diffèrent pas significativement selon les catégories sociales  ou la densité démographique : quel que soit notre âge, notre sexe, notre groupe linguistique, que nous habitions à la campagne ou en ville, notre manière de bouger est pour tous également prévisible !</p>
<p><em>&#8220;Les individus suivent tous un motif simple, indépendamment du temps et de la distance qu&#8217;ils parcourent, et ils ont une forte tendance à retourner aux endroits qu&#8217;ils ont visités auparavant&#8221;</em>, explique le spécialiste des réseaux. Pas sûr que la routine soit pour autant enracinée dans la nature humaine, comme le laisse penser le chercheur : notre mode de vie sédentarisé nous contraint par exemple à revenir toujours à nos domiciles&#8230; Mais c&#8217;est en tout cas un bon exemple des multiples modèles que l&#8217;étude des réseaux permet de mettre à jour, comme il le détail dans son livre à paraître, intitulé <em><a href="http://barabasi.com/bursts/">Bursts</a></em> (<em>Eclats</em>, sous-titré &#8220;les modèles cachés derrière tout ce que nous faisons&#8221;, <a href="http://www.amazon.com/Bursts-Hidden-Pattern-Behind-Everything/dp/0525951601/internetnet-21">Amazon</a>). </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/Burstsbarabasi.jpg" alt="Burstsbarabasi" title="Burstsbarabasi" width="125" height="188" hspace="6" vspace="6" align="right" />Ce comportement prévisible permet d&#8217;entrevoir une large gamme d&#8217;applications dans le domaine de la modélisation des phénomènes épidémiques, la gestion des ressources en télécommunications, l&#8217;urbanisme ou l&#8217;ingénierie des trafics. D&#8217;autant que de nombreux modèles utilisés jusqu&#8217;à présent sont construits sur l&#8217;hypothèse que les gens se comportent de façon aléatoire&#8230; Nathan Eagle, directeur du <a href="http://ess.mit.edu/">Laboratoire de l&#8217;ingénierie des systèmes sociaux au MIT</a>, qui travaille sur des sujets similaires  &#8211; et a montré notamment que 85 % du temps, nous sommes localisés dans des endroits où nous avons nos habitudes -, semble plus optimiste, puisqu&#8217;il insiste <a href="http://reality.media.mit.edu/pdfs/bayir.pdf">sur la longue traîne de nos comportements (.pdf)</a> : 15 % de notre temps est dévolu à des localisations variées qui nous prennent moins d&#8217;un pourcent de notre temps. </p>
<p>Nos routines permettent d&#8217;envisager de concevoir les villes et bâtiments afin qu&#8217;ils s&#8217;adaptent à la façon dont les gens se comportent vraiment, plutôt que de la façon dont les planificateurs pensent qu&#8217;ils se comportent. <em>&#8220;Le principal impact de cet enseignement va être sur le monde en développement, notamment pour les villes qui ne disposent pas de planification urbaine traditionnelle&#8221;</em>, estime-t-il. </p>
<p>Pas si sûr. L&#8217;étude des mobilités permet par exemple de montrer que le succès du vélo à Copenhague n&#8217;est pas un hasard dû seulement à une politique volontariste de la ville&#8230; Mais qu&#8217;il est lié à une répartition très homogène des équipements. Comme le signalait un <a href="http://www.groupechronos.org/themas/dossiers/copenhague-le-velo-massif-n-est-pas-un-hasard">dossier du Groupe Chronos sur le sujet</a>, pour augmenter la part modale du vélo dans les déplacements, la ville de Copenhague <a href="http://www.kk.dk/~/media/Files/PolitikOgIndflydelse/Byudvikling/Miljoe/kk_brochure_gb_09.ashx">a affiché que d&#8217;ici 2015 (.pdf)</a>, 90 % des habitants devaient se trouver à 15 minutes maxi à pied ou à vélo d&#8217;un parc, d&#8217;une piscine ou d&#8217;un espace naturel&#8230; Et pour optimiser encore l&#8217;emplacement de ces équipements, il va être encore plus nécessaire de comprendre les parcours des habitants qui dorment dans leurs téléphones mobiles.</p>
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		<title>La généralisation du téléphone mobile transforme-t-elle les comportements ?</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 06:41:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<description><![CDATA[La manière dont on utilise son téléphone mobile a longtemps été influencée par les différences culturelles, explique The Economist, mais &#8220;l&#8217;esprit des machines&#8221; n&#8217;est-il pas en train de réduire ces différences ? 
Si les technologies ont tendances à être mondiales, elles sont aussi des marqueurs de différences culturelles car les usages sont loin d&#8217;être parfaitement homogènes. C&#8217;est le cas des&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La manière dont on utilise son téléphone mobile a longtemps été influencée par les différences culturelles, explique </em><a href="http://www.economist.com/displaystory.cfm?story_id=15172850">The Economist</a><em>, mais &#8220;l&#8217;esprit des machines&#8221; n&#8217;est-il pas en train de réduire ces différences ? </em></p>
<p>Si les technologies ont tendances à être mondiales, elles sont aussi des marqueurs de différences culturelles car les usages sont loin d&#8217;être parfaitement homogènes. C&#8217;est le cas des téléphones mobiles notamment. Tout d&#8217;abord, on ne parle pas d&#8217;eux de la même manière selon l&#8217;endroit d&#8217;où on en parle : on parle de Mobiles en Allemagne ou en Espagne pour désigner des appareils qui s&#8217;inscrivent dans l&#8217;itinérance ; on parle d&#8217;<em>Handys</em>, de <em>Kännykät</em> ou de <em>Sho Ji</em>, en Allemagne, Finlande et Chine pour désigner ses appareils qui tiennent dans la main, soulignant ainsi leur fonctionnalité. Les Japonais parlent de <em>Ketaï</em> pour désigner ces appareils qu&#8217;on peut emporter avec soi. Les <em>Cellular</em> américains traduisent une vision plus technologique. <em>&#8220;Ces distinctions sont révélatrices d&#8217;objets qui, en l&#8217;espace d&#8217;une décennie, sont devenus aussi essentiels au fonctionnement de l&#8217;homme qu&#8217;une paire de chaussures.&#8221;</em>  </p>
<h3>Comment la culture détermine des pratiques différentes ?</h3>
<p>En 10 ans, on est passé de 500 millions de mobiles à 4,6 milliards. Si dans les pays riches on trouve plus d&#8217;abonnements que d&#8217;habitants, force est de constater que plus de la moitié des habitants des pays pauvres sont désormais équipés en téléphones mobiles, donnant une toute autre configuration à la question de la fracture numérique. </p>
<p>Le temps d&#8217;utilisation moyen est en progression : nous sommes passés de 174 minutes de télécommunication par mois en 2000 depuis nos mobiles à quelques 261 minutes en 2009, sans compter l&#8217;explosion de l&#8217;usage des SMS ou <a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2010/jan/08/stuart-jeffries-camera-phones">des échanges d&#8217;images ou de vidéos</a>. Et la révolution des téléphones permettant de se connecter à l&#8217;internet et de télécharger des applications est encore appelée à bouleverser nos modes d&#8217;utilisation de ces appareils. <a href="http://www.morganstanley.com/about/press/articles/4659e2f5-ea51-11de-aec2-33992aa82cc2.html">Morgan Stanley ne vient-il pas de souligner que l&#8217;internet mobile était en train de nous faire entrer dans un nouveau cycle technologique ?</a></p>
<p>Ces tendances mondiales masquent pourtant des différences régionales parfois encore assez contrastées. <em>&#8220;La culture influe sur le mode de vie et le mode de vie influence la façon dont nous communiquons&#8221;</em>, rappelle Vittorio Colao, le patron de Vodafone.  Les technologies sont <em>&#8220;à la fois constitutives et construites par des facteurs historiques, sociaux et des contextes culturels&#8221;</em>, explique l&#8217;anthropologue <a href="http://www.itofisher.com/mito/">Mimi Ito</a>, auteure d&#8217;un livre sur la sous-culture mobile au Japon. Pour elle, le boom des services mobiles au Japon, lancé notamment par l&#8217;i-mode est à relier <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/04/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons/">au harcèlement social que subissent les adolescents</a>  : la société japonaise laisse peu de place pour les conversations privées et l&#8217;usage du téléphone en public, même dans les transports en commun, y est très mal vu, quand il n&#8217;est pas puni par la loi. Cela explique en partie le développement de services de données mobiles, d&#8217;autant que l&#8217;écriture japonaise permet d&#8217;afficher davantage d&#8217;information sur un écran de petite taille que les langues qui utilisent l&#8217;alphabet romain.  En 2009, les Japonais ne conversaient en moyenne que 133 minutes sur leur téléphone (bien moins que la moyenne mondiale et même bien moins qu&#8217;en 2002, où ils conversaient 181 minutes en moyenne). Ils compensent par une frénésie textuelle : certains opérateurs ont des moyenne de quelque 1000 SMS par mois par abonnés ! <em>&#8220;Pas étonnant que les adolescents de Tokyo aient été appelés la &#8220;génération du pouce&#8221;.&#8221;</em> </p>
<p>Les Allemands sont également économes : ils parlent en moyenne seulement quelque 89 minutes par mois, mais la raison en incombe surtout au prix des communications mobiles. En revanche, les Américains passent quelque 788 minutes à parler sur leurs mobiles ! Outre le biais statistique (les abonnés paient aussi pour les appels entrants), l&#8217;une des explications repose sur le fait que les conversations téléphoniques sont peu chères et qu&#8217;ils privilégient les transports individuels leur permettant de s&#8217;affranchir des règles sociales. Le record est détenu par les Portoricains (1875 minutes !) grâce à des tarifs imbattables et au fait que le pays soit un noeud du routage des appels internationaux. </p>
<p>Les différences comportementales dans l&#8217;utilisation du mobile ont longtemps été une question de culture, explique la sociologue Amparo Lasèn de l&#8217;<a href="http://www.ucm.es/">université d&#8217;informatique de Madrid</a> et du groupe de recherche <a href="http://www.cibersomosaguas.com">CiberSomosAguas</a> (<a href="http://www.cibersomosaguas.com/blog/">blog</a>) qui a comparé l&#8217;usage du mobile en Europe, montrant que Parisiens et Madrilènes se sentaient plus libres de parler dans la rue dans les années 2000 que les Londoniens. Les comportements sont différents : en Espagne, les utilisateurs désactivent massivement leur messagerie vocale, considérant qu&#8217;il est impoli de laisser un message sans réponse, même si l&#8217;appel dérange. Ces variations reflètent les différences d&#8217;utilisation traditionnelles de l&#8217;espace urbain, estime Mme Lasèn. En Chine également on laisse rarement un appel sans réponse, alors qu&#8217;en Ouzbékistan on ne répond jamais à un appel en public. On note également des différences dans les façons de porter les téléphones explique <a href="http://younghee.com/">Younghee Jung</a>, designer chez Nokia. Les t-shirts des hommes en Inde se sont dotés de poches pour accueillir de petits téléphones, alors que les femmes les portent dans des sacs colorés, plus pour les protéger et prolonger leur valeur de revente que pour être à la mode. Au Japon, on le personnalise aussi facilement qu&#8217;on en change. Les travailleurs en ont d&#8217;ailleurs souvent deux : l&#8217;un privé, l&#8217;autre pour le travail. Les managers latino-américains aussi en ont plusieurs, mais plutôt pour démontrer l&#8217;importance d&#8217;être connecté. </p>
<p>Reste à savoir si ces différences sont en train de céder la place à une culture mondiale et globale ? Si ces différences culturelles vont persister ou au contraire si elles vont avoir tendance à s&#8217;estomper ? </p>
<h3>Vers une globalisation des comportements ?</h3>
<p>Cette question a suscité quelques controverses. Tout le monde n&#8217;est pas d&#8217;accord avec l&#8217;argument de Mimi Ito selon lequel la technologie est toujours socialement construite. <a href="http://comminfo.rutgers.edu/ci/cmcs/director/">James Katz</a>, un professeur de communication de l&#8217;université Rutgers défend l&#8217;idée qu&#8217;il existerait un &#8220;esprit de la machine&#8221; (<em>Apparatgeist</em>, en allemand). <em>&#8220;Indépendemment de la culture, quand les gens interagissent avec des technologies de communication personnelles, ils ont tendance à standardiser l&#8217;infrastructure et à graviter vers des goûts cohérents et des fonctionnalités universelles.&#8221;</em> Le professeur Amparo Lasèn constate également que les différences qu&#8217;elle observait en 2000 en Europe ont eu tendance à s&#8217;estomper (hormis le rejet de la messagerie vocale par les Espagnols). Mais il n&#8217;y a pas que l&#8217;esprit de la machine qui est en cause, modère-t-elle. <em>&#8220;Partout en Europe, les gens font face à des vies de plus en plus complexes et ont besoin du téléphone mobile pour les gérer.&#8221;</em> Pour Mimi Ito également : la vie de plus en plus réglementée des adolescents américains tend à leur faire utiliser les communications textuelles autant que les jeunes Japonais.<br />
Et il y a de fortes chances que cette convergence des comportements se poursuive, notamment parce qu&#8217;il est de l&#8217;intérêt des industriels de trouver des réponses globales. Chez Nokia,Younghee Jung travaille notamment à <a href="http://conversations.nokia.com/tag/younghee-jung/">un projet d&#8217;esperanto des gestes</a> pour contrôler son mobile et trouver un geste internationalement acceptable pour rendre simplement silencieux son mobile quand il sonne. </p>
<p>À long terme, les différences d&#8217;usages nationales vont disparaître, estime <a href="http://www.lsa.umich.edu/umich/v/index.jsp?vgnextoid=5b5a70b668af1110VgnVCM10000096b1d38dRCRD&#038;vgnextchannel=89e86af629641110VgnVCM10000096b1d38dRCRD&#038;vgnextfmt=default">Scott Campbell</a>, chercheur à l&#8217;université du Michigan, mais les différences économiques, elles ne vont pas s&#8217;estomper comme cela. En Afrique les temps de communication vont demeurer prépayés et la pratique du signal pour se faire rappeler devrait perdurer. Plutôt que des différences culturelles, Nokia envisage d&#8217;ailleurs de mieux distinguer ses utilisateurs selon leurs pratiques : entre ceux qui veulent de la simplicité et ceux qui souhaitent des fonctionnalités. Dans les pays pauvres, Nokia développe une gamme de services appelée &#8220;<a href="http://europe.nokia.com/explore-services/life-tools">Life Tools</a>&#8221; allant de l&#8217;information agricole à des services éducatifs&#8230; alors que dans les pays riches les combinés sont plutôt livrés avec des abonnements pour télécharger de la musique. </p>
<p>A croire que certains ont plus à gagner que d&#8217;autre dans cette globalisation des pratiques. </p>
<p><a href="http://www.rferl.org/content/Welcome_To_The_Decade_Of_The_Mobile_Internet/1922364.html">Comme le dit Luke Allnutt, rédacteur en chef de Radio Free Europe</a>, dans un intéressant édito sur la révolution mobile : <em>&#8220;Ce n&#8217;est pas la technologie par elle-même qui a le pouvoir de changer le monde (en bien ou en mal), mais plutôt l&#8217;innovation et la créativité des gens qui l&#8217;utilisent&#8221;</em>.</p>
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		<title>Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement (3/3) : mesurer l&#8217;efficacité des programmes utilisant les technologies mobiles</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 08:08:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans les pays en développement et notamment en Afrique, les technologies mobiles peuvent-elles combler le vide laissé par l&#8217;absence de développement de systèmes de soins ?, s&#8217;interroge This is Africa. L&#8217;absence de personnel soignant et de ressources en terme de santé demeure le principal problème de la plupart des régions les plus pauvres du globe. Oui, explique Katrin Verclas pour&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les pays en développement et notamment en Afrique, les technologies mobiles peuvent-elles combler le vide laissé par l&#8217;absence de développement de systèmes de soins ?, <a href="http://www.thisisafricaonline.com/news/fullstory.php/aid/109/Healthcare_at_the_touch_of_a_button.htm">s&#8217;interroge <em>This is Africa</em></a>. L&#8217;absence de personnel soignant et de ressources en terme de santé demeure le principal problème de la plupart des régions les plus pauvres du globe. Oui, <a href="http://mobileactive.org/demystifying-mobile-m-health-financial-times">explique Katrin Verclas pour MobileActive</a> : la plupart des projets de m-Santé (c&#8217;est-à-dire de système de santé utilisant les téléphones mobiles) n&#8217;ont pas d&#8217;échelle, de barème permettant de les comparer les uns les autres&#8230; Le manque d&#8217;objectifs quantifiable sur leur efficacité conduit de plus en plus de monde à s&#8217;interroger sur leur efficacité. Sans compter que le déficit d&#8217;infrastructure et la fragmentation des expérimentations sont un frein à toute généralisation de solutions. </p>
<p><em>&#8220;La plupart des stratégies en matière de m-Santé présument qu&#8217;en se soustrayant au problème des infrastructures physiques, ils vont résoudre les contraintes. Mais le plus souvent, elles créent de nouveaux problèmes d&#8217;infrastructures&#8221;</em>, explique Bright Simons, directeur du développement de <a href="http://mpedigree.net">MPedigree</a>, une initiative mobile qui s&#8217;attaque à la contrefaçon de médicaments en Afrique. Des problèmes d&#8217;analphabétisme, de comportement de consommation ne sont pas correctement traités. Le plus gros risque est de tenter d&#8217;introduire une technologie dans un environnement social qui n&#8217;y est pas préparé. Une conclusion assez proche à celle que dessine le <a href="http://www.unfoundation.org/global-issues/technology/mhealth-report.html">rapport du Nations Unies sur le sujet</a> qui s&#8217;inquiète du fait qu&#8217;on ne sache pas vraiment à combien de patients ces programmes s&#8217;adressent.</p>
<h3>La m-Santé une solution face à l&#8217;absence de développement des systèmes de santé ?</h3>
<p>Le succès des systèmes de santé via mobiles dépendra en définitive de leurs capacités à réaliser une amélioration significative de la capacité de prestation des soins. Or pour l&#8217;instant, ils ont parfois permis d&#8217;améliorer la diffusion d&#8217;information de santé (au public comme aux professionnels de santé), la consultation à distance, le diagnostic et le traitement, la gestion des patients&#8230; Mais ont-ils eu des effets réels sur les systèmes de soins ? Le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) mène une étude pour évaluer l&#8217;impact des téléphones mobiles sur la santé, comme l&#8217;explique Laurent Elder chef d&#8217;équipe au CRDI : <em>&#8220;Sur la base des recherches menées par les spécialistes en technologies de l&#8217;information et de la communication pour le développement, il est clair que les technologies mobiles pourraient être un système très efficace pour dispenser des services de soins. En l&#8217;absence d&#8217;infrastructures, les mobiles peuvent être précieux dans la lutte contre des maladies graves, comme le virus du Sida en Afrique australe et orientale. Reste que peu de projets ont rencontré le même succès que le réseau d&#8217;information de santé de l&#8217;Ouganda (<a href="http://www.healthnet.org/uhin">Uganda Health Information Network</a>).&#8221;</em> Les efforts pour intégrer les TIC dans la santé ont généralement été sporadiques. La plupart des innovations dans les technologies mobiles pour la santé et la médecine n&#8217;ont pas dépassé le stade du pilote. </p>
<p>Et d&#8217;appeler à prêter plus d&#8217;attention à la façon dont ces technos améliorent et intègrent la prestation de services de base sur le terrain. Les avantages potentiels d&#8217;améliorer l&#8217;accès, la qualité des soins, et d&#8217;obtenir de meilleurs résultats cliniques doivent être clairement démontrés. Pour Laurent Elder il faut mieux comprendre la viabilité économique de ces services&#8230; Même dans le domaine de la télémédecine, il existe encore peu d&#8217;études qui apportent des preuves convaincantes quant au rapport coût/efficacité du téléphone mobile. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/pays-en-developpement/" title="pays en développement" rel="tag nofollow">pays en développement</a><br />
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		<title>Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement (2/3) : l&#8217;essor du mobile n&#8217;a pas fait disparaître les disparités sociales</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/11/12/mythes-et-realites-des-usages-mobiles-dans-les-pays-en-developpement-23-lessor-du-mobile-na-pas-fait-disparaitre-les-disparites-sociales/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 15:04:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[eDémocratie]]></category>
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		<description><![CDATA[Si la technologie mobile a la capacité de changer la façon de communiquer dans les pays en développement, ces effets ne sont pas uniformément répartis. Les femmes, et en particulier, les femmes qui vivent en milieu rural, apparaissent parmi les laissés pour compte de la révolution mobile, explique Anneryan Heatwole pour MobileActive. 
La disparité entre les sexes trouve souvent un&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si la technologie mobile a la capacité de changer la façon de communiquer dans les pays en développement, ces effets ne sont pas uniformément répartis. Les femmes, et en particulier, les femmes qui vivent en milieu rural, apparaissent parmi les laissés pour compte de la révolution mobile, explique <a href="http://mobileactive.org/deconstructing-mobiles-women-and-mobiles">Anneryan Heatwole pour MobileActive</a>. </p>
<p>La disparité entre les sexes trouve souvent un écho dans les usages mobiles : si la technologie offre à certaines femmes une plus grande liberté sociale et économique, pour d&#8217;autres, elle confirme aussi la pesanteur des rapports sociaux. Equiper les habitants des pays pauvres de mobiles n&#8217;est pas une solution à la pauvreté ou à l&#8217;inégalité entre les sexes. Dans <a href="http://www.w3.org/2008/02/MS4D_WS/papers/position_paper-diga-2008pdf.pdf">son étude sur les téléphones mobiles et la réduction de la pauvreté en Ouganda (.pdf)</a>, Kathleen Diga (<a href="http://kdiga.blogspot.com/">blog</a>) rappelle que <em>&#8220;les membres les plus vulnérables des familles ne bénéficient pas toujours des nouvelles technologies, qui demeurent souvent contrôlées et détenues par le chef de famille&#8221;</em>. Non seulement les chefs de famille craignent une utilisation excessive du crédit d&#8217;unités, mais aussi, ils redoutent un effondrement de leur autorité. Ces perceptions négatives ont même tendance à renforcer l&#8217;autorité du chef de famille dans les foyers où il contrôle revenus et dépenses. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/11/africanwomanphoning.jpg" alt="Femme africaine téléphonant par CabreraLetelier" width=580" /><br />
<em>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/cabreraletelier/3670110633/">Femme africaine téléphonant par CabreraLetelier</a>.</em></p>
<p>En plus de la disponibilité du téléphone, de la difficulté à apprendre à le faire fonctionner, il y a également des barrières sociales et culturelles qui empêchent d&#8217;accepter le téléphone comme un moyen légitime de communication. Dans de nombreuses cultures de tradition orale, le face à face est important, <a href="http://www.idrc.ca/en/ev-137003-201-1-DO_TOPIC.html">comme l&#8217;explique l&#8217;étude de Kazanka Comfort et John Dada</a>. Même en contact avec leur famille, du fait de l&#8217;absence de face à face et sous la contrainte d&#8217;une utilisation limitée, les messages échangés peuvent demeurer très impersonnels. </p>
<p>Le coût des communications est d&#8217;autant plus lourd à porter pour les femmes qu&#8217;il faut la comparer à leurs propres revenus alors que la plupart ne travaillent pas et ne sont pas capables de les payer, étant plutôt chargées de s&#8217;occuper des enfants et de la maison. La pratique d&#8217;envoyer un SMS pour se faire rappeler, par exemple, nécessite un minimum d&#8217;alphabétisation et demande d&#8217;avoir des relations qui ont elles-mêmes accès à un mobile. </p>
<p>Bien sûr, certains programmes comme <a href="http://www.texttochange.com/">Text to change</a>, <a href="http://mobileactive.org/case-studies/bridgeit">BridgeIT</a> ou <a href="http://www.souktel.org/">Souktel</a> par exemple se sont révélés être un moyen de développement professionnel pour les femmes, comme le rapporte Steven Klonner et Patrick Nolen dans <a href="http://privatewww.essex.ac.uk/~pjnolen/KlonnerNolenCellPhonesSouthAfrica.pdf">leur étude sur les bénéfices des TIC pour les pauvres en Afrique du Sud (.pdf)</a>. Les téléphones mobiles peuvent avoir un impact économique très positif pour certaines d&#8217;entre elles. Le développement des réseaux de télécommunication a, par exemple, un effet substantiel sur le marché du travail. Ainsi, on a constaté que l&#8217;emploi augmentait de 15 % dans une localité quand celle-ci accède à une couverture totale du réseau, et ce, au bénéfice de l&#8217;emploi salarié des femmes, notamment de celles qui n&#8217;ont pas de lourdes charges de famille à la maison. En milieu rural, l&#8217;emploi dans le secteur agricole diminue substantiellement, notamment auprès des hommes. Enfin, la baisse de l&#8217;extrême pauvreté est sensible. Reste à savoir si c&#8217;est le mobile qui a une action directe sur l&#8217;augmentation de l&#8217;emploi féminin et la réduction de la part du secteur agricole ou si c&#8217;est l&#8217;inverse&#8230;</p>
<p>En théorie, le téléphone mobile permet à un utilisateur d&#8217;accéder à un cercle beaucoup plus large de relations que par le passé, mais ce n&#8217;est pas nécessairement le cas d&#8217;abord et avant tout parce que la grande majorité des femmes pauvres des pays en développement sont incapables d&#8217;accéder à cette technologie. <a href="http://mobileactive.org/files/file_uploads/MobilePhonesAndWomenInIndia.pdf">L&#8217;étude de Dayoung Lee sur l&#8217;impact des téléphones mobiles sur la condition des femmes en Inde (.pdf)</a> constate qu&#8217;il y a une corrélation positive entre la propriété de téléphones mobiles et l&#8217;autonomie des femmes : les femmes qui utilisent des mobiles ont une plus grande intolérance face à la violence familiale par exemple. Mais encore une fois, le fait qu&#8217;un foyer possède un téléphone mobile ne signifie pas que les femmes y aient accès. Par sa mobilité même, les maris ont un plus grand contrôle des communications avec le téléphone mobile qu&#8217;ils ne l&#8217;avaient avec le téléphone fixe : quand ils prennent leur téléphone avec eux, les femmes ne peuvent y accéder. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/11/africanwomenict.jpg" alt="Couverture du livre African Women and ICT" hspace="6" vspace="6" align="left" />Dans les zones les plus pauvres, les téléphones mobiles sont plus rares que dans les zones les plus riches et les femmes y sont aussi plus pauvres et moins alphabétisées et donc ont encore moins accès au téléphone. Pour Kiss Brian Abraham (<a href="http://graceresearchzambia.blogspot.com/">blog</a>) l&#8217;une des auteurs de <a href="http://www.idrc.ca/en/ev-135944-201-1-DO_TOPIC.html"><em>Femmes Africaines et TIC</em></a>, cela nous conduit à une classe féminine divisée entre celles qui ont accès aux téléphones et qui ont suffisamment de revenus pour l&#8217;utiliser d&#8217;une part et celles qui n&#8217;y ont pas accès de l&#8217;autre. Les femmes les plus pauvres perdent leur voix : <em>&#8220;elles deviennent des auditrices silencieuses et de simples destinataires de messages et d&#8217;alertes de la part de gens financièrement plus autonomes.&#8221;</em> Les capacités financières et l&#8217;éducation deviennent primordiales pour tirer parti des possibilités du téléphone dont il faut pouvoir s&#8217;acheter constamment des unités de communication. La capacitation des femmes pauvres par le mobile nécessite de prendre d&#8217;abord des mesures volontaristes pour leur permettre d&#8217;être autonomes économiquement. <em>&#8220;A cause des coûts de communication, la &#8220;liberté&#8221; associée à l&#8217;accès mobile est un concept irréaliste et trompeur&#8221;</em>, insiste Anneryan Heatwole. </p>
<p>Les téléphones mobiles permettent malgré tout de contourner les normes sociales et peut-être de les faire progresser. Kazanka Confort et John Dada dans <em>Femmes Africaines et TIC</em> <a href="http://www.idrc.ca/en/ev-137003-201-1-DO_TOPIC.html">rapportent ainsi</a> que les femmes entrepreneures dans le Nigeria musulman utilisent le téléphone pour dépasser les contraintes religieuses qui leur interdisent de parler directement aux hommes ou d&#8217;obtenir un compte bancaire. Les mobiles permettent également à de nombreuses femmes de consolider leur indépendance : <a href="http://mobileactive.org/research/aceh-besar-midwives-mobile-phones-program-design-and-evaluation-perspectives-using-ict-heal">sages-femmes d&#8217;Aceh Besar</a>, programme d&#8217;information prénatal par SMS <a href="http://mobileactive.org/prenatal-care-through-sms">de ZMQ Software Systems en Inde</a>, lutte contre le harcèlement et la violence à l&#8217;égard des femmes via le programme <a href="http://www.takebackthetech.net/frontpage">Take Back The Tech</a>&#8230; </p>
<p>Si les téléphones mobiles permettent bien à de nombreuses femmes des pays en développement d&#8217;avoir un meilleur accès à de l&#8217;information ou à la communication, ils ne sont pas une panacée pour lutter contre la pauvreté ou la disparité entre les sexes. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/pays-en-developpement/" title="pays en développement" rel="tag nofollow">pays en développement</a><br />
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		<title>Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement (1/3) : le mobile n&#8217;est pas l&#8217;internet&#8230; hélas</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/11/10/mythes-et-realites-des-usages-mobiles-dans-les-pays-en-developpement-13-le-mobile-nest-pas-linternet-helas/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 08:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
		<category><![CDATA[eDémocratie]]></category>
		<category><![CDATA[pays en développement]]></category>

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		<description><![CDATA[MobileActive a publié une passionnante série d&#8217;articles allant plutôt à l&#8217;encontre du panégyrique de la mobilité dans les pays en développement, comme on le lit souvent. Non, les téléphones mobiles ne vont pas transformer d&#8217;un claquement de doigt les pays en développement, pas plus qu&#8217;ils ne mettront fin à la pauvreté. 
&#8220;Le rôle des technologies de l’information et de la&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://mobileactive.org">MobileActive</a> a publié une passionnante série d&#8217;articles allant plutôt à l&#8217;encontre du panégyrique de la mobilité dans les pays en développement, <a href="http://www.economist.com/specialreports/displayStory.cfm?story_id=14483896">comme on le lit souvent</a>. Non, les téléphones mobiles ne vont pas transformer d&#8217;un claquement de doigt les pays en développement, pas plus <a href="http://www.nytimes.com/2008/04/13/magazine/13anthropology-t.html?_r=1">qu&#8217;ils ne mettront fin à la pauvreté</a>. </p>
<p><em>&#8220;Le rôle des technologies de l’information et de la communication dans le développement humain, la croissance économique et la réduction de la pauvreté&#8221;</em> a été le coeur d&#8217;un <a href="http://cyber.law.harvard.edu/events/2009/09/idrc">important colloque</a> organisé par le <a href="http://cyber.law.harvard.edu/">Centre Berkman pour l&#8217;internet et la société</a> de l&#8217;université d&#8217;Harvard et le <a href="http://www.idrc.ca/fr/ev-1-201-1-DO_TOPIC.html">Centre de recherches pour le développement international</a> du 23 au 24 septembre 2009 sur le thème &#8220;communication et développement : la connexion de la liberté&#8221;. Le colloque a donné lieu à la publication <a href="http://publius.cc/dialogue_icts_human_development_growth_and_poverty_reduction/091109">d&#8217;un dialogue lancé par Randy Spence et Matthew Smith</a> (<a href="http://www.idrc.ca/fr/ev-139409-201-1-DO_TOPIC.html">voir sa traduction en français sur le site du CRDI</a>) en réponse à <a href="http://www.idrc.ca/fr/ev-46261-201-1-DO_TOPIC.html">un premier colloque sur la Pauvreté et les technologies</a> qui avait eu lieu en 2003. </p>
<p>L&#8217;article de Randy Spence et Matthew Smith a donné lieu à <a href="http://publius.cc/dialogue_icts_human_development_growth_and_poverty_reduction/091109">un fructueux dialogue</a> et de nombreuses réponses d&#8217;experts, critiques sur le développement des TIC dans les pays pauvres. Pour Ethan Zuckerman (<a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/">blog</a>), chercheur au Centre Berkman pour l&#8217;internet et la société, <a href="http://mobileactive.org/rip-van-winkles-surprise-critical-perspectives-mobiles-development-and-social-change">l&#8217;essor de la téléphonie mobile dans le monde en développement est allé à l&#8217;encontre de bien des prédictions des spécialistes</a>. Par exemple, au lieu d&#8217;opter pour des solutions communautaires, offrant un accès partagé à l&#8217;information, comme on l&#8217;a longtemps cru, de nombreuses personnes démunies ont été disposées à payer des sommes importantes &#8211; parfois <a href="http://www.researchictafrica.net/new/images/uploads/ria-policy-paper_ict-access-and-usage-2008.pdf">plus de 50 % de leurs revenus disponibles rapporte dans une étude (.pdf)</a> le chercheur Steve Song (<a hef="http://manypossibilities.net/">blog</a>) &#8211; pour un accès personnel aux outils de communication d&#8217;aujourd&#8217;hui. </p>
<h3>Un réseau de communication mobile n&#8217;offre pas le même potentiel que l&#8217;internet</h3>
<p><em>&#8220;Nombre des comportements émergents que nous avons célébrés sur l&#8217;internet, ne vont pas pouvoir être transposés facilement dans un monde centré autour du mobile&#8221;</em>, signale Ethan Zuckerman. Comme l&#8217;explique Jonathan Zittrain dans son livre sur <a href="http://futureoftheinternet.org/"><em>L&#8217;avenir de l&#8217;internet</em></a>, une grande partie du succès de l&#8217;internet vient de sa <a href="http://www.harvardlawreview.org/issues/119/may06/zittrain.shtml">&#8220;capacité générative&#8221;</a>. Or, rappelle Zuckerman, créer des fonctionnalités nouvelles sur un réseau de téléphonie mobile est beaucoup plus difficile. Des applications révolutionnaires comme le transfert d&#8217;argent via les téléphones mobiles ont été déployées en étroite collaboration avec des opérateurs de réseaux : nul ne sait si ceux-ci permettront à des systèmes concurrents de voir le jour, ou autoriseront le développement de fonctionnalités élargies sur le même réseau. </p>
<p>Aujourd&#8217;hui, rappelle Ethan Zuckerman, les applications mobiles dans le monde en développement se concentrent généralement sur la fourniture de services via les services de messages courts (SMS) (voir <a href="http://www.internetactu.net/2009/05/04/les-pays-pauvres-reinventent-le-sms-et-lavenir-des-mobiles/">&#8220;Les pays pauvres réinventent le SMS, et l&#8217;avenir des mobiles&#8221;</a>). Cela est dû à la fois à la nécessité de fournir des services sur un large éventail de dispositifs, et en partie à la relative facilité de déploiement de passerelles SMS. Pourtant des services basés sur la voix seraient mieux adaptés à des utilisateurs faiblement alphabétisés estime Zuckerman, mais pour cela, il faudrait plus encore avoir recours aux équipements des opérateurs. Or la simple utilisation de passerelles SMS pose parfois déjà problème. Ushahidi par exemple (voir <a href="http://www.internetactu.net/2008/09/30/ethan-zuckerman-que-se-passera-t-il-quand-nous-porterons-attention-a-l%E2%80%99afrique/">&#8220;Que se passera-t-il quand nous porterons attention à l&#8217;Afrique ?&#8221;</a>), cette plateforme de cartographie de crise qui permet aux citoyens de dénoncer la violence ou la fraude électorale par SMS, nécessite pour fonctionner des accords avec les opérateurs. Contrairement au système DNS décentralisé de l&#8217;Internet, l&#8217;attribution de numéros courts pour l&#8217;envoi de SMS est centralisée, ce qui donne aux opérateurs de télécommunications de nombreux pouvoirs, parfois insidieux, comme le contrôle de la promotion de plates-formes tierces, en refusant de délivrer des numéros faciles à mémoriser.</p>
<p>Parce que les réseaux de téléphonie mobiles sont centralisés, ils sont plus facilement contrôlables par les gouvernements que l&#8217;internet, rappelle également Zuckerman. Alors que le filtrage et la censure de l&#8217;internet sont souvent un jeu de chat et de souris comme l&#8217;illustre l&#8217;exemple chinois, il a suffi à l&#8217;Ethiopie de désactiver les services SMS en juin 2005 pour faire s&#8217;éteindre les protestations à l&#8217;encontre des fraudes électorales. Au Kenya, suite aux élections parlementaires et présidentielles de 2007, l&#8217;opérateur national a bloqué les services d&#8217;envoi en masse de messages SMS. Une mesure qui a été efficace pour limiter les incitations à la violence certes, mais qui a également coûté à l&#8217;opposition la perte de son plus précieux outil d&#8217;organisation. Grâce à la coopération des opérateurs de télécommunication, le gouvernement d&#8217;union nationale du Kenya a compilé une liste de 1700 utilisateurs qui avaient rédigé ou transmis des messages d&#8217;appel à la violence et envisage de les poursuivre en justice. On comprendra que cette facilité de surveillance et de contrôle paralysent certains développements. Des activistes russes qui avaient imaginé un système permettant de relever des faits de corruption par SMS ou appel téléphonique ont du faire marche arrière sous la pression de leurs utilisateurs qui craignaient des représailles&#8230; </p>
<p><em>&#8220;Alors que l&#8217;Internet n&#8217;était pas conçu pour assurer un anonymat fort, les défenseurs des droits de l&#8217;homme ont fini par l&#8217;adopter parce qu&#8217;il suffit de modestes efforts techniques pour dissimuler l&#8217;identité d&#8217;un individu. Ce qui est pour l&#8217;instant bien plus difficile avec les réseaux mobiles&#8221;</em>, conclut Ethan Zuckerman. <em>&#8220;Les tensions entre l&#8217;accès omniprésent offert par le téléphone mobile et la centralisation montrent la difficulté à prédire l&#8217;avenir des communications dans les pays en développement à partir de modèles nés dans les pays développés.&#8221;</em></p>
<p><a href="http://publius.cc/capital_power_and_next_step_decentralization/091609">Son collègue Yochaï Benkler ne dit pas autre chose</a>, en rappelant le rôle capital qu&#8217;à joué la mise en réseau de l&#8217;information avec l&#8217;essor d&#8217;internet en matière de décentralisation de l&#8217;information, des connaissances et de la production culturelle qu&#8217;à joué la mise en réseau de l&#8217;information avec l&#8217;essor d&#8217;internet. Pour lui, comme il l&#8217;explique dans son livre <em>la Richesse des réseaux</em>, l&#8217;internet a bouleversé la structure capitalistique de la production d&#8217;information. Le problème est que les réseaux de téléphonie mobiles ne sont ni neutres, ni ouverts à la collaboration distribuée. <em>&#8220;Quand nous pensons aux TIC pour le développement, nous devons comprendre que le défi est de focaliser sur la distribution généralisée de dispositifs de grande capacité dans les mains d&#8217;une population hautement qualifiée sur des réseaux ouverts qui fonctionnent avec des standards simples et non-propriétaires.&#8221;</em> Il serait alors plus important de soutenir le développement de l&#8217;informatique personnelle plutôt que sur celui de la téléphonie mobile, à moins que les interventions réglementaires permettent de rendre ces réseaux plus ouverts et plus flexibles &#8211; ce qui semble tout de même loin d&#8217;être le cas. </p>
<p>Pour les deux chercheurs, il y a un risque évident à laisser se développer les seuls usages mobiles. <em>&#8220;Les raisons qui ont fait des téléphones portables des embryons de plateformes technologiques si populaires dans les pays les plus pauvres, étaient qu’ils étaient beaucoup moins chers que les ordinateurs et qu’ils étaient basés sur des réseaux qui contiennent tout le savoir dans l&#8217;infrastructure, permettant l’accès à un équipement très bon marché.&#8221;</em> Assurément, conclut Benkler, le risque est d&#8217;aboutir à une plateforme très éloignée de celle créative et productive à la fois dont nous bénéficions dans les économies développées. </p>

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		<title>Le téléphone mobile : 1er des médias de masse</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 09:56:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
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		<description><![CDATA[On peut connaître l’âge d’un utilisateur selon la façon dont il utilise son mobile, selon qu&#8217;il est capable d’envoyer un SMS, ou seulement de le lire, voir s&#8217;il ne sait même pas ce que c&#8217;est, explique amusé le gourou de la mobilité, Tomi Ahonen, à l&#8217;occasion d&#8217;une plénière sur la scène de Picnic, la conférence hollandaise sur la créativité et&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On peut connaître l’âge d’un utilisateur selon la façon dont il utilise son mobile, selon qu&#8217;il est capable d’envoyer un SMS, ou seulement de le lire, voir s&#8217;il ne sait même pas ce que c&#8217;est, explique amusé le gourou de la mobilité, <a href="http://www.tomiahonen.com">Tomi Ahonen</a>, à l&#8217;occasion d&#8217;une plénière sur la scène de <a href="http://www.picnicnetwork.org/">Picnic</a>, la conférence hollandaise sur la créativité et les nouvelles technologies.</p>
<p>Les 4 prochains milliards d&#8217;utilisateurs qu’évoque Tomi Ahonen dans sa présentation désignent les prochains abonnés aux téléphones mobiles. Et de rappeler que le mobile est devenu le premier des médias. Alors qu’on dénombre 480 millions de quotidiens distribués chaque jour, 1,4 milliard d’utilisateurs d’internet, 1,5 milliard de télévisions, 2,1 milliards de personnes ayant un compte bancaire, 3,9 milliards de personnes possédant une radio FM… On compte déjà 4 milliards d’abonnés au téléphone mobile (pour seulement 3,4 milliards de téléphones mobiles en circulation).</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/10/picnicahonen.jpg" alt="Tomi Ahonen sur scène à Picnic par Thomas Schlijper" title="Tomi Ahonen sur scène à Picnic par Thomas Schlijper" width="580" /><br />
<em>Image : Tomi Ahonen sur scène à Picnic <a href="http://www.flickr.com/photos/crossmediaweek/3968348493/">par Thomas Schlijper</a>.</em></p>
<p>Dans un de ses livres, Tomi Ahonen classe <em><a href="http://www.mobile7th.futuretext.com/">Le mobile comme le 7e média de masse</a></em> (<a href="http://www.scribd.com/doc/5306682/Tomi-Ahonens-Mobile-As-The-7th-Mass-Media-Excerpt">extraits</a>) venant, dans le temps, après l&#8217;imprimerie, l&#8217;enregistrement audio, le cinéma, la radio, la télévision et l&#8217;internet. </p>
<p><em>“Les mobiles sont aussi différents de l’internet que la télé l’a été de la radio”</em>, insiste-t-il. Si les contenus de l’internet et de nombreux autres médias sont aussi accessibles sur mobiles, ce n&#8217;est pas nécessairement d’une manière totalement adaptée, comme le montre souvent la difficulté d&#8217;accéder à des films ou contenus radio depuis son mobile. Le mobile est appelé à générer des formes médiatiques adaptées (<em>“On n’a pas de sonneries sur l’internet ou à la radio !”</em>). Le mobile n’est pas un PC plus bête, mais bien un autre support, bien souvent très présent quand on consomme d’autres formes médiatiques. </p>
<p>Le mobile propose également de nouvelles interfaces, pas nécessairement liées à la taille de l&#8217;écran (<em>&#8220;Si la taille de l’écran était si importante, on ne regarderait que des films au cinéma !&#8221;</em>). Si l’ordinateur n’a que deux interfaces &#8211; les 101 touches du clavier et la souris -, les smartphones en ont beaucoup plus : clavier, écran tactile, caméra, capteurs de mouvements…</p>
<p>En tant que média, le mobile propose 7 uniques bénéfices, <a href="http://communities-dominate.blogs.com/brands/2008/05/deeper-insights.html">comme il l&#8217;explique sur son blog</a> :</p>
<ul>
<li>il est le premier média massivement personnel,</li>
<li>il est un média qu&#8217;on a toujours sur soi,</li>
<li>il est connecté ou plutôt connectable en permanence,</li>
<li>il est le seul média avec un terminal de paiement intégré,</li>
<li>il est le seul média disponible au moment de l&#8217;inspiration créatrice,</li>
<li>il est le seul média capable de mesurer très précisément son audience,</li>
<li>il capture le contexte social de votre consommation.</li>
<li>Le mobile est bien plus qu’une plateforme média.</li>
</ul>
<p><em>&#8220;Qu’y a-t-il de magique avec le mobile ?&#8221;</em> Qu&#8217;est-ce qui explique le succès du mobile ? Tomi Ahonen a résumé la magie du mobile par le concept des <em>&#8220;6 M&#8221;</em>. Le mobile permet :</p>
<ul>
<li>le Mouvement : selon la vitesse et la modalité de votre déplacement, par exemple il est capable de savoir quel moyen de déplacement vous utilisez. Il est capable de mesurer notre empreinte carbone, sans capteur dédié !</li>
<li>le Moment : il est capable à la fois d’étendre le concept de temps et de le focaliser…</li>
<li>le Moi : Le mobile en sait plus de vous que n’importe qui, selon le timbre de votre voix, il peut par exemple connaître votre état émotionnel pour servir de détecteur de mensonge ou de détecteur d’empathie avec votre correspondant.</li>
<li>le Multi-utilisateur : il permet de vous connecter à votre communauté.</li>
<li>le Moyen de paiement (et le canal de vente) : les M-books au Japon, ces livres qu&#8217;on lit sur son mobile, ont généré 435 millions de dollars de chiffre d’affaires.</li>
<li>la machine : la navigation augmentée que propose Layar par exemple n’est accessible qu’avec des mobiles.</li>
</ul>
<p>La planète ne compte que 6,7 milliards d’habitants. Comment alors pourrions-nous arriver à 8 milliards d’utilisateurs si nous sommes en tout moins que cela ? C’est parce que, sur les marchés émergents notamment, la pénétration du mobile est bien souvent supérieure à 100% et elle continue de croître, explique Tomi Ahonen. Pour lui, à terme, la pénétration du marché dépassera les 120 %. Ce qui signifie que nous aurons plusieurs téléphones : <em>“deux mains, deux mobiles, deux réseaux, deux usages&#8230;”</em></p>
<p>Cette forte pénétration a des impacts directs sur la structuration du marché et les usages. Alors que le cycle de vie d’un ordinateur est de 3,5 ans, celui d’un mobile est seulement de 18 mois. Les nouvelles générations de téléphones mobiles (comme l&#8217;iPhone ou Androïd…) s’apprêtent à transformer en profondeur le marché. Et qu’en sera-t-il demain avec des enfants qui ont aujourd’hui 9 ans et pour qui le mobile est déjà l’outil qu’ils plébiscitent dans leurs usages…</p>
<p>Les 4 prochains milliards d’utilisateurs ne seront pas connectés à l’internet, ils n’auront pas d’ordinateurs personnels… Mais ils n’auront pas non plus accès aux téléphones de nouvelle génération. Les 4 prochains milliards d’utilisateurs utiliseront les téléphones qu&#8217;on utilise aujourd&#8217;hui. Ils seront mordus de SMS comme le montre l&#8217;explosion mondiale du marché : 130 milliards de dollars en 2008, avec un trafic en progression de 50 %, des revenus de 25 % et des utilisateurs de 20 %.</p>
<p>Aujourd’hui, la Finlande supprime les cabines téléphoniques. 60 % des foyers y ont abandonné la connexion filaire. Déjà 13 % des utilisateurs de mobiles ne s’en servent pas pour passer des appels téléphoniques ! 46 % des comptes bancaires au Kenya sont des comptes mobiles. En Estonie on peut voter avec son mobile. Seulement 14 % des Anglais mettent leur mobile en mode silencieux quand ils dorment !</p>
<p>Le mobile est la plus grande opportunité qui soit en terme de média. Et ce ne sont pas les applications comme celles qu&#8217;on croise sur l&#8217;Apple Store, malgré leur succès foudroyant, qui vont l’emporter, ni la télé sur mobile… &#8220;L&#8217;application tueuse&#8221; de la téléphonie mobile pourrait bien être une vieille invention, celle du successeur du SMS : le MMS (pour <em>Multimedia messaging service</em>, c&#8217;est-à-dire la version multimédia du <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Short_message_service">Short Message Service</a></em>)! Derrière cette proposition qui semble porter à sourire, car le MMS annoncé depuis longtemps a pour l’instant eu du mal à s&#8217;imposer, Tomi Ahonen ne propose qu’un exemple pour distiller le doute. Un exemple marquant : <a href="http://communities-dominate.blogs.com/brands/2008/12/the-bmw-winter.html">BMW a récemment utilisé les MMS pour faire une campagne publicitaire de vente de pneus neige</a> auprès d’acheteurs de modèles récents, en envoyant à chacun l’image personnalisée de sa voiture équipée de ces nouveaux pneus. Le résultat en terme marketing semble éclatant, annonce le gourou de la mobilité, annonçant un taux de conversion exceptionnel de 30 % : <em>&#8220;pour 10 publicités envoyées, 3 personnes ont commandé des pneus neige !&#8221;</em> BMW aurait récolté 45 millions de dollars de gains pour une campagne qui ne lui aurait couté que 60 000 euros ! </p>
<p>La messe est dite !</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/picnic09/" title="picnic09" rel="tag nofollow">picnic09</a><br />
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		<title>Augmenter la ville : pour quoi faire ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/09/29/augmenter-la-ville-pour-quoi-faire/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 14:32:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de l&#8217;édition 2009 de la conférence hollandaise Picnic, dédiée à la créativité et aux nouvelles technologies, nous revenons sur quelques-unes des présentations les plus intéressantes de ces trois jours (d&#8217;autres comptes rendus de présentations sont disponibles sur le blog en direct que nous avons tenu pendant la conférence).
Dans le cadre de l’atelier Laboratoire de la ville augmentée&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>A l&#8217;occasion de l&#8217;édition 2009 de la conférence hollandaise <a href="http://www.picnicnetwork.org">Picnic</a>, dédiée à la créativité et aux nouvelles technologies, nous revenons sur quelques-unes des présentations les plus intéressantes de ces trois jours (d&#8217;autres comptes rendus de présentations sont disponibles sur <a href="http://fing.tumblr.com/tagged/picnic09">le blog en direct que nous avons tenu pendant la conférence</a>).</em></p>
<p>Dans le cadre de l’atelier Laboratoire de la ville augmentée (<a href="http://www.augmentedcity.org/">blog dédié</a>),  qui se déroulait à Amsterdam, <a href="http://www.waag.org/persoon/frank">Frank Kresin</a> de la <a href="http://www.waag.org/">Waag Society</a>, le <em>think tank</em> hollandais consacré aux nouvelles technologies, a présenté les nombreuses applications mobiles de réalité augmentée que développe la Waag à Amsterdam, comme un parcours autour de l’oeuvre de Christian Andersen dans Amsterdam ou <a href="http://7scenes.com/content/first-experiment-anne-frank-foundation">un autre autour du Musée Anne Frank</a>, des jeux historiques géolocalisés comme celui de <a href="http://fortamsterdam.org/">Fort Amsterdam</a> ou <a href="http://freq1550.waag.org/">Frequency 1550</a>, ou encore des jeux <a href="http://www.waag.org/search/games%20atelier">permettant aux plus jeunes d’apprendre la citoyenneté</a> voire <a href="http://www.waag.org/project/rituals">Rituals</a>, un jeu en réalité augmenté où les gens étaient invités à raconter des histoires sur leurs rituels religieux à l’occasion de l’année de l’héritage religieux qui a eu lieu en 2008…</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/09/augmentedcitylabkresin.jpg" alt="Frank Kresin lors de l'atelier Augmented City Lab" title="Frank Kresin lors de l'atelier Augmented City Lab" width="580" /><br />
<em>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/ronaldlenz/3962454488/">Frank Kresin lors de l&#8217;atelier Augmented City Lab par Ronald Lenz</a>.</em></p>
<h3>La réalité augmentée : une plateforme pour la ville ?</h3>
<p>Pour développer toutes ces applications, la Waag a créé une start-up baptisée <a href="http://7scenes.com/">7scenes</a> qui a développé une plateforme pour créer et partager des jeux et des parcours d’excursion par GPS pour téléphones mobiles. 7scenes est un éditeur de contenus géolocalisés à destination d’organisations qui souhaitent fournir de nouvelles expériences mobiles à leurs audiences. Ils ont développé une solution logicielle simple, accessible sur de nombreux mobiles, permettant notamment de mutualiser l’équipement (un seul logiciel permet l’accès à une large gamme de jeux et de modules interactifs).</p>
<p>Les défis sont encore nombreux, rappelle Frank Kresin :</p>
<ul>
<li> il faut parvenir à développer des collections et des expériences thématisées ; </li>
<li>mieux observer qui se connecte pour peut-être pouvoir mieux interagir avec lui ; </li>
<li>recevoir les retours des utilisateurs et savoir mieux accueillir les contenus proposés par les gens ;</li>
<li>faciliter le passage sans couture d’une expérience culturelle, dans et hors des musées ;</li>
<li>accompagner l’expérience encore très balbutiante des institutions dans ces domaines ;</li>
<li>développer des modèles économiques payants (pour l&#8217;instant ils sont encore bien souvent gratuits)… </li>
<li>&#8230; et surtout continuer de développer de nouvelles collaborations.</li>
</ul>
<h3>La réalité augmentée : un moteur de business ?</h3>
<p>Pour Raimo van der Klein (<a href="http://marikaya.wordpress.com/">blog</a>) de <a href="http://layar.com/">Layar</a>, la firme qui propose le navigateur de réalité augmentée, il faut considérer la réalité augmentée comme un nouveau média au même titre que la télévision ou la radio. </p>
<p>La qualité de la réalité augmentée est d’ajouter une troisième dimension à la réalité… Comme si nous n’étions plus uniquement derrière des écrans, explique-t-il en nous montrant le sien. En ajoutant une couche d’information sur la réalité, la réalité augmentée exige une autre expérience que le simple copié collé de contenu d’un médium à l’autre. Pour lui, la réalité augmentée est un <em>&#8220;médium d’expérience&#8221;</em> et non pas seulement un jeu fonctionnel. La force de l’expérience immersive est simple, explique-t-il d&#8217;un mantra : <em>“Dites-moi et j’oublierai. Montrez-moi et je me souviendrai peut-être. Impliquez-moi et je comprendrai.”</em></p>
<p>Pour Raimo van der Klein, c’est à travers les objets en 3D qu’on a une expérience, explique-t-il alors que Layar vient justement d’intégrer <a href="http://layar.com/3d/">des objets 3D</a> à sa plateforme (voir les exemples en image et vidéo dans <a href="http://layar.com/layar-reality-browser-adds-3d-to-its-platform">ce communiqué</a>). Si la réalité augmentée fonctionne, cela est dû au fait que les objets se mettent à parler, que c’est une expérience fixée dans le temps et l’espace et enfin, que c’est une expérience en 3D (et pas en 2D), multisensorielle (impliquant images, vidéos et sons). Affutant son argumentaire commercial, Raimo van der Klein a alors essayé de nous montrer, par des exemples encore rares, que la réalité augmentée pouvait aussi être un nouveau vecteur d’expériences publicitaires, à l’image de ces voitures publicitaires pour une marque de bière, cachées dans une ville, qui quand elles étaient découvertes permettaient de gagner des boissons gratuites… Il reconnaissait lui-même que ce marché était balbutiant, mais il avait l’air de croire en son potentiel… Pas sûr pourtant qu&#8217;il soit aussi simple de transformer la réalité augmentée en application marketing grand public.</p>
<h3>La réalité augmentée n’est qu’une expérience de jeu</h3>
<p>Pour Kevin Slavin d’<a href="http://playareacode.com/">Area Code</a> &#8211; qui illustre sa présentation d’extraits de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Denn%C5%8D_Coil">Denno Coil</a>, un dessin animé japonais qui se passe dans un futur proche et qui use et abuse de la réalité augmentée -, pour comprendre ce qu&#8217;est la ville augmentée, il faut pouvoir la comparer à autre chose. A quoi la ville augmentée s’oppose-t-elle ? Pour lui, la réalité augmentée évoque les sens mis en action par la ville : c’est-à-dire comment on ressent par le regard, par les sons, ce qu’il se passe autour de nous.</p>
<p>Kevin Slavin rejette la définition d&#8217;espace augmenté, inventé par <a href="http://www.manovich.net">Lev Manovich</a> en 2002 dans son article sur <a href="http://www.manovich.net/DOCS/Augmented_2005.doc">&#8220;La poétique de l&#8217;espace augmenté&#8221; (.pdf)</a> qui décrivait l&#8217;espace augmenté par la superposition d&#8217;informations numériques sur le champ visuel d&#8217;un utilisateur. Pour Slavin, l&#8217;espace urbain n&#8217;est pas augmenté par l&#8217;ajout d&#8217;information (il y en a bien assez) mais par les secrets qui s&#8217;y cachent. Et Slavin de nous mettre en garde contre la réalité augmentée qui risque de générer trop de réalité virtuelle dans la ville, au risque que nous fassions bientôt tous la désagréable expérience de ne pas parvenir à savoir si l&#8217;objet ou l&#8217;espace que nous voyons est réel ou pas. </p>
<p>La réalité augmentée n’est pas qu’une expérience sensorielle, insiste Slavin. Dans l’expérience de réalité augmentée, le plus important, c’est comment le système interactif se comporte plutôt que comment il apparaît. L’expérience qu’il faut recréer est plus celle du Tamagotchi que celle de Doom, explique-t-il en prenant pour exemple deux jeux nés à la même période, dont l’un est demeuré le prototype de la réalité augmentée puisqu’il place la scène de jeu face au joueur. Pour Kevin Slavin, l’avenir des jeux en réalité augmentée repose plus sûr de la basse définition que sur des représentations ultras réalistes ou démesurées qui planeraient sur les villes… Car l’important ne repose pas tant sur la qualité de ce qu&#8217;on voit sur nos écrans, mais dans la qualité de ce à quoi on joue ! Quand on joue dans la ville, même avec des systèmes de réalité augmentée, c’est visible : les gens courent dans les rues !</p>
<p>Les jeux sont une interaction entre des systèmes, un territoire et des gens, rappelle-t-il. Le but est de créer une expérience de jeu riche. <em>&#8220;Les polygones de la réalité augmentée ne l’emporteront jamais sur l’expérience réelle&#8221;</em>, explique-t-il en citant <em><a href="http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/0262240459/internetnet-21">Rules of Play</a></em>, l&#8217;ouvrage de <a href="http://www.gamersmob.com/">Katie Salen</a> et <a href="http://www.ericzimmerman.com/">Eric Zimmerman</a> et notamment <a href="http://www.nyls.edu/user_files/1/2/23/144/216/217/218/zimmerman.pdf">le chapitre consacré à &#8220;l&#8217;illusion de l&#8217;immersion&#8221; (.pdf)</a>. <em>&#8220;Les gens derrière un écran d’ordinateur ne peuvent pas créer des jeux en réalité augmentée&#8221;</em>, explique Kevin Slavin, parce qu&#8217;ils ne concernent pas des données, mais la manière de naviguer dans les villes à travers des histoires.</p>
<h3>La réalité augmentée est une plateforme fonctionnelle</h3>
<p>Pour Rick Batelaan, du service des transports et du trafic de la ville d’Amsterdam, la réalité augmentée permet d’être en prise directe avec le quotidien des gens, explique-t-il en nous montrant le projet d’Assistant personnel de déplacement (<em>Personal Travel Assistan</em>t, PTA) que développe la ville. Le but de cet assistant est de permettre aux gens de prendre le contrôle de leurs déplacements face à une trop grande multitude de modalités, de services et de sociétés de services…</p>
<p>Pour la ville d’Amsterdam, il y avait un besoin de créer une plateforme d’information commune pour faciliter les déplacements de chacun. Celle-ci, encore en développement, devrait aboutir à une première version d’ici la fin 2009 avant d’être exploitable d’ici la fin 2010. Le PTA se connecte à l’agenda des gens et leur propose des modalités de transport selon le lieu où ils sont et celui où ils se rendent, s’adaptant à leurs particularités et leurs choix de déplacements. Les gens pourront choisir selon le prix, le temps de transport ou selon le bilan carbone des solutions qu’ils envisagent. Le système intègre une multitude de données en temps réel provenant de multiples sociétés.</p>
<p>Le projet en tout cas, pour l’instant, tente d’apporter une réponse complète et simple à la problématique de l’information de transport public, comme le montre l’excellente <a href="http://www.vimeo.com/3217447">vidéo</a> qui détaille le projet.</p>
<p><object width="580" height="326"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=3217447&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=3217447&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="580" height="326"></embed></object>
<p><a href="http://vimeo.com/3217447">Meet Eric&#8217;s PTA &#8211; Personal Travel Assistant</a> from <a href="http://vimeo.com/user1170528">Rick Batelaan</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<h3>La réalité augmentée révélera-t-elle la vie sociale de nos villes ?</h3>
<p><a href="http://stamen.com/studio/neb">Ben Cerveny</a> du studio de design Stamen très impliqué dans la construction d&#8217;applications urbaines comme le montre <a href="http://stamen.com/everything">plusieurs des projets qu&#8217;ils ont réalisés</a>, depuis peu à la tête du projet <a href="http://www.vurb.eu/">Vurb</a>, un projet qui tente de baliser la politique et la conception de systèmes informatiques urbains, prend un peu de hauteur.<br />
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/09/augmentedcitylabcerveny.jpg" alt="Ben Cerveny lors durant sa présentation à l'atelier Augmented City Lab" title="Ben Cerveny lors durant sa présentation à l'atelier Augmented City Lab" width="580" /><br />
<em>Image : <a href="http://www.flickr.com/photos/ronaldlenz/3961733351/">Ben Cerveny à l&#8217;atelier Augmented City Lab par Ronald Lenz</a>.</em></p>
<p>Les villes sont déjà un réseau sur lequel nous avons des expériences, rappelle-t-il. La ville est née sur le modèle de la cellule, comme une cristallisation de la civilisation. Elle est un moyen d’organiser les flux de transactions, de ressources, d’échanges. Ces ensembles de cellules forment des réseaux et leur mise en relation sert à optimiser les trafics, les relations, les commerces… Aujourd’hui, la Metropolis (<a href="http://www.vurb.eu/?p=1">c’est-à-dire la métropole que sont devenus chacune de nos villes</a>) devient le médium, le réseau : <em>“la ville est devenue un métabolisme multicellulaire”</em>.</p>
<p>L’identité des villes résulte d’une agrégation d’identité, de ce qu’il se passe sur le réseau. La ville est composée de l’agrégation des expériences de chacun, de l’agrégation des relations sociales de chacun. Les villes augmentées sont devenues conscientes d’elles-mêmes, c’est-à-dire qu’elles regardent et sont capables d’utiliser toutes les données qu’elles produisent. Nos villes sensibles perçoivent leurs environnements : elles sont capables de comprendre les processus en cours et d’échanger avec d’autres environnements. Les flux de ressources sont devenus la nourriture des villes. On passe de la ville matérielle à la ville logicielle. A laquelle il faut ajouter les flux de produits et de citoyens.</p>
<p>Mais les lieux ont leurs personnalités. Les applications de réalité augmentée ont tendances à être agnostiques aux lieux en n’en regardant que les données qui les traversent, sans rendre compte de la singularité des villes. Pourtant, pour Ben Cerveny, on ne peut pas traduire numériquement toutes les villes de la même manière… Il faut sentir l’humeur d’une métropole à travers les interfaces de nos outils sociotechniques. Comment la réalité augmentée nous aidera-t-elle à révéler la personnalité d’une ville plutôt que de détruire toute illusion d’expérience partagée ?</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/picnic09/" title="picnic09" rel="tag nofollow">picnic09</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
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		<title>Rallumons les téléphones mobiles dans les classes !</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 11:35:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
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		<description><![CDATA[Et si à l&#8217;école, on arrêtait de considérer les téléphones mobiles comme des outils de distraction, et qu&#8217;on les utilisait enfin comme des machines pour apprendre ? Et si on arrêtait de penser qu&#8217;ils sont une arme de guerre entre élèves et professeurs, entre la vie sociale et les cours ?
Bien qu&#8217;ils soient devenus de véritables ordinateurs personnels, le&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/dthai/3800137191/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/09/eleveautelephone.jpg" alt="Teacher Wait ! par TheDTQ" title="Teacher Wait ! par TheDTQ" border="0" align="left" hspace="6" vspace="6" /></a>Et si à l&#8217;école, on arrêtait de considérer les téléphones mobiles comme des outils de distraction, et qu&#8217;on les utilisait enfin comme des machines pour apprendre ? <a href="http://lemonde.fr/societe/article/2009/08/31/la-guerre-entre-sms-et-tableau-noir_1233735_3224.html">Et si on arrêtait de penser qu&#8217;ils sont une arme de guerre entre élèves et professeurs</a>, entre la vie sociale et les cours ?</p>
<p>Bien qu&#8217;ils soient devenus de véritables ordinateurs personnels, le bannissement des téléphones mobiles à l&#8217;école ne cesse de s&#8217;étendre, parce que <em>&#8220;leur utilisation dérange les cours, parce qu&#8217;ils distraient les élèves, parce qu&#8217;ils peuvent être utilisés pour tricher et qu&#8217;ils n&#8217;apportent aucune valeur éducative&#8221;</em>&#8230; <a href="http://changeobserver.designobserver.com/entry.html?entry=10277">rapporte Juliette LaMontagne pour le Design Observer Group</a>. Mais les écoles n&#8217;ont pas fondé leurs politiques sur des données statistiques, pas plus qu&#8217;elles n&#8217;ont considéré en profondeur le potentiel que représenterait l&#8217;usage de mobiles en classe, renchérit <a href="http://tonitwiss.com/?p=483">Toni Twiss</a>, directrice d&#8217;une section d&#8217;apprentissage électronique dans une école d&#8217;Hamilton en Nouvelle-Zélande. <em>&#8220;Il semble quelque peu ironique que les écoles essaient de trouver des fonds supplémentaires pour augmenter l&#8217;accès des étudiants et des enseignants aux TIC, alors que l&#8217;outil que beaucoup d&#8217;étudiants ont déjà dans leurs poches est négligé et que son utilisation a été énergiquement niée par des politiques scolaires restrictives.&#8221;</em></p>
<p>Pourtant, il y a quelques semaines, le secrétaire américain à l&#8217;éducation, Arne Duncan a souligné qu&#8217;il fallait trouver des moyens pour utiliser les téléphones pour délivrer des cours et améliorer l&#8217;apprentissage. D&#8217;autant qu&#8217;ils sont plus accessibles et moins chers que les ordinateurs et que les élèves en sont massivement équipés. Sans compter, comme le souligne la <a href="http://www.cellphonesinlearning.com/">spécialiste en technologies éducatives mobiles</a>, Liz Kolb auteure de <a href="http://www.iste.org/source/Orders/isteProductDetail.cfm?product_code=TOYTUL">Toys to Tools: Connecting Student Cell Phones to Education</a> (Des jouets aux outils : connecter les téléphones des étudiants à l&#8217;éducation), que les professeurs ont toujours eu besoin d&#8217;utiliser les technologies qui sont disponibles. </p>
<p>Oui, insiste Juliette LaMontagne chercheuse et enseignante pour le réseau d&#8217;écoles internationales de l&#8217;Asia Society à New York, qui a notamment bénéficié du <a href="http://www.google.com/educators/gta.html">programme d&#8217;apprentissage de Google dédié aux enseignants</a>, mais le taux d&#8217;équipement n&#8217;est pas un argument suffisant en faveur de l&#8217;utilisation du mobile à l&#8217;école&#8230; <em>&#8220;Les objectifs pédagogiques sont toujours notre première préoccupation et la technologie, quelle que soit sa forme, reste un outil pour nous aider à atteindre ces objectifs.&#8221;</em> <a href="http://www.asiasociety.org/education-learning/school-models/international-studies-schools-network/international-studies-schools">Le réseau d&#8217;école de l&#8217;Asia Society</a> auquel elle participe travaille par exemple à l&#8217;intégration de services mobiles lors de déplacements extérieurs des élèves et pousse les étudiants à être producteurs de connaissances pour leurs camarades, tout en développant la critique et l&#8217;esprit de collaboration. <em>&#8220;Comme éducateurs, nous devons tirer parti de l&#8217;attrait des étudiants pour leurs mobiles pour transformer leurs réseaux de communication en réseaux d&#8217;apprentissage : il y a une richesse inexploitée pour développer le potentiel d&#8217;apprentissage dans des messages textes apparemment ineptes, comme ceux de Twitter&#8221;</em>, explique-t-elle en faisant référence à la polémique de l&#8217;été autour de la vacuité des messages que l&#8217;on trouve sur Twitter que soulignait <a href="http://www.pearanalytics.com/2009/twitter-study-reveals-interesting-results-about-usage/">l&#8217;étude de PeerAnalytics</a> expliquant que 40% des gazouillis ne contiennent aucune information <em>&#8220;utile&#8221;</em>. <a href="http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2009/08/16/twitter_pointle.html">Or comme l&#8217;explique la chercheuse danah boyd</a>, l&#8217;essentiel de nos conversations est composé d&#8217;informations inutiles pour tout autres que ceux auxquelles elles s&#8217;adressent&#8230; On parle pour ne rien dire, c&#8217;est la fonction phatique des sites sociaux. Cela ne veut pas dire qu&#8217;on ne peut pas utiliser ces mêmes outils pour construire des apprentissages : que cela ne vous empêche pas d&#8217;utiliser Twitter en salle de classe par exemple, comme <a href="http://teachingtechnology.suite101.com/article.cfm/12_expert_twitter_tips_for_the_classroom">le suggère ces 12 activités imaginées par David R. Wetzel</a>. </p>
<h3>&#8220;Aidons les élèves à percevoir leurs outils mobiles comme des portails de l&#8217;apprentissage&#8221;</h3>
<p><em>&#8220;Si nous réussissons à faciliter cette transformation, alors nous pouvons créer une culture d&#8217;apprentissage permanent où les élèves ne feront aucune différence entre des environnements d&#8217;apprentissage formels et informels, apprenant où et quand il sont curieux&#8221;</em>, insiste Juliette LaMontagne.</p>
<p>Pour Toni Twiss, l&#8217;utilisation de ces nouveaux outils pose de nombreux problèmes bien sûr, mais libère aussi de nombreux potentiels, comme celui de réunir des expériences d&#8217;apprentissage dans et hors la salle de classe. <a href="http://tonitwiss.com/?page_id=35">Cela a d&#8217;ailleurs été le coeur de ses recherches jusqu&#8217;à présent</a> : quel est l&#8217;impact de cet accès permanent à l&#8217;information ? Comme le dit <a href="http://davidwarlick.com/2cents/?s=Google+pocket#identifier_0_1845">David Warlick</a>, un autre spécialiste de ces questions : <em>&#8220;Comment nos examens doivent-ils évoluer à l&#8217;heure où les élèves arrivent avec Google dans leurs poches ?&#8221;</em></p>
<p>Via leurs téléphones mobiles, les élèves constatent d&#8217;un coup que les sites internet ne sont pas bloqués par les outils de filtrage mis en place par le système scolaire, explique encore Tony Twiss. Plutôt que de délivrer de l&#8217;information, les enseignants doivent aider les étudiants à apprendre à critiquer et exploiter les informations auxquelles ils accèdent. <em>&#8220;Un grand nombre d&#8217;étudiants impliqués dans les recherches que j&#8217;ai menées ont montré un manque de compréhension de maîtrise de l&#8217;information et des compétences générales nécessaires pour accéder au Web&#8221;</em>, rappelle Tony Twiss <a href="http://www.internetactu.net/2008/12/01/comment-les-jeunes-vivent-ils-et-apprennent-ils-avec-les-nouveaux-medias/">critiquant le concept de natifs du numérique cher à Marc Prensky</a>.</p>
<p>Bien sûr, cet objectif n&#8217;est pas si simple. Le manque d&#8217;uniformité et d&#8217;interopérabilité entre les appareils, la petite taille des écrans, le style de communication souvent nécessairement tronqué sont de réelles difficultés &#8211; et ce ne sont pas les seules. Le téléphone mobile reste un outil de consultation personnel, il est encore souvent difficile de l&#8217;utiliser en groupe ou de manière contributive, même s&#8217;il interagit de mieux en mieux avec d&#8217;autres supports. Nous ne devons pas céder à une interprétation trop rapide, estime Juliette LaMontagne. Nous avons besoin d&#8217;établir des normes de comportement bien sûr, mais ne nous arrêtons pas à cela : <em>&#8220;aidons les élèves à percevoir leurs outils mobiles comme des portails de l&#8217;apprentissage&#8221;</em>. </p>
<p>Via <a href="http://www.experientia.com/blog/opinion-piece-on-the-value-of-mobile-phones-in-schools/">Putting People First</a>.<br />
<em>Image : CC <a href="http://www.flickr.com/photos/dthai/3800137191/">Teacher Wait ! par The DTQ</a>.</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Technologies de surveillance&#8230; ou de discrimination ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/08/31/technologies-de-surveillance-ou-de-discrimination/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2009/08/31/technologies-de-surveillance-ou-de-discrimination/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 10:58:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Si les statistiques de la délinquance ressemblaient aux personnes les plus surveillées par ceux dont le métier est de regarder les écrans de contrôle des systèmes de vidéosurveillance, les jeunes femmes en mini-jupe ou décolletés pigeonnants deviendraient probablement l&#8217;ennemi public n°1, talonnées de près par les personnes vêtues d&#8217;accoutrements particulièrement étonnants, ou qui ont des comportements quelque peu anormaux (personnes qui s&#8217;arrêtent au beau milieu du flux des gens, repassent inlassablement devant la caméra, s&#8217;obstinent à rester sur le quai et à ne pas prendre le métro, et caetera).</p>
<p>Ces dernières n&#8217;ayant pas précisément le &#8220;<em>bon profil</em>&#8221; des délinquants, ceux dont le métier est de nous vidéosurveiller se rabattent donc généralement, et de préférence, sur les jeunes (de banlieue / basanés / de couleur / encapuchonnés / rroms / en bande), les SDF et les &#8220;<em>marginaux</em>&#8220;. Regarder, toute la journée, des images de vidéosurveillance n&#8217;est pas particulièrement gratifiant, et pour tout dire relativement ennuyeux. Il y a quelques années, un de ces employés s&#8217;était ainsi plaint qu&#8217;en plus, &#8220;<em>les images sont en noir et blanc</em>&#8220;. </p>
<div align="center">
<a href="http://www.flickr.com/photos/no-cctv/3791339281/" title="Photo by Dana Mendonca for www.no-cctv.org.uk"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908nocctv4.jpg" alt="Photo by Dana Mendonca for www.no-cctv.org.uk" width="580" /><br />
<font size="2">Dana Mendonca for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 &#8211; sur Flickr</font></a></div>
<h3>Vidéodiscrimination</h3>
<p>Depuis, la technologie a évolué, la couleur a tendance à se généraliser, certains systèmes sont même couplés à des modules improprement qualifiés d&#8217;&#8221;<em>intelligents</em>&#8221; et censés aider le regardant à identifier les comportements suspects, ou déviants, mais le fond du problème reste entier. La vidéosurveillance permet d&#8217;abord et avant tout de stigmatiser certaines catégories de la population considérées, a priori, comme criminogènes, quand bien même elles n&#8217;auraient rien fait de répréhensibles, et n&#8217;auraient rien à se reprocher.</p>
<p>Noé Le Blanc, auteur de <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/01/23/les-cameras-de-videosurveillance-sont-aussi-efficaces-que-des-boites-en-carton-peintes-en-noires-sur-des-poteaux/">plusieurs articles</a> très fouillés démontrant, études universitaires et indépendantes à l&#8217;appui, l&#8217;inefficacité de la vidéosurveillance, soulignait ainsi l&#8217;an passé que, en Grande-Bretagne : </p>
<blockquote><p>
&#8220;15% du temps passé par les opérateurs devant leurs écrans de contrôle relèverait du voyeurisme, 68% des noirs qui sont surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86% des jeunes de moins de 30 ans, et 93% des hommes. En résumé, un jeune homme noir a beaucoup plus de probabilité d’être vidéosurveillé par les caméras, mais du coup, ça ne correspond plus à la délinquance.</p>
<p>Les caméras, c’est comme des boites en carton peintes en noir sur des poteaux, mais ça coûte beaucoup plus cher : ça n’affecte presque rien, sauf votre porte-monnaie, par rapport à l’investissement réalisé. Ce sont de gros panneaux publicitaires pour une politique répressive, une certaine idéologie : partout il est écrit attention aux méchants, on va tous les avoir, et c’est comme ça qu’il faut se comporter.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Plutôt que de parler de vidéosurveillance, ou encore de &#8220;<a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/">vidéoprotection</a>&#8221; -comme tente de le faire le ministère de l&#8217;Intérieur-, Noé Le Blanc <a href="http://www.dailymotion.com/playlist/xrxxg_Boutault2008_videosurveillance-dbats-du-2e/video/x816h5_videosurveillance-noe-le-blanc-au-d_news">propose</a> ainsi de parler de &#8220;<em>vidéodiscrimination</em>&#8220;, puisque la vidéosurveillance, c&#8217;est aussi &#8220;<em>l&#8217;institutionnalisation, et la technologisation, du délit de faciès</em>&#8220;, ou de &#8220;<em>vidéonormalisation</em>&#8220;, avec comme exemple ces centres commerciaux qui, au moyen de la vidéosurveillance, créent &#8220;<em>des zones d&#8217;apartheid social et géographique</em>&#8221; (<a href="#pariscctv">1</a>).</p>
<div align="center">
<a href="http://www.flickr.com/photos/no-cctv/3791321957/" title="Photo by Artemis Meereis for www.no-cctv.org.uk"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908nocctv5.jpg" alt="Photo by Artemis Meereis for www.no-cctv.org.uk" width="580" /><br />
<font size="2">Artemis Meereis for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 &#8211; sur Flickr</font></a></div>
<h3>Comment sont nés les instruments du contrôle social ?</h3>
<p>Dans un <a href="http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&#038;file=article&#038;sid=442472">article</a> passionnant, <a href="http://www.unige.ch/lettres/istge/hmo/Enseignants/Cicchini.html">Marco Cicchini</a>, qui prépare une thèse sur la police au siècle des Lumières, rappelle de son côté comment la numérotation des maisons, aujourd&#8217;hui considérée comme banale, fut elle aussi pensée et conçue comme un &#8220;<em>instrument du contrôle social</em>&#8221; : </p>
<blockquote><p>
&#8220;Objet banalisé par plus de deux siècles de pratiques quotidiennes, la numérotation des maisons apparaît en Europe à partir du siècle des Lumières comme un outil administratif et policier. Imposée aux populations par les pouvoirs publics, elle reconfigure durablement les perceptions de l&#8217;espace urbain. Grâce au numéro, la localisation des populations ne repose plus sur l&#8217;interconnaissance entre voisins ou sur la connaissance intime du territoire, mais sur des coordonnées numériques qui désignent et assignent une place à chacun dans la ville. </p>
<p>Instrument d&#8217;identification, le numérotage des maisons devient en même temps, à l&#8217;instar du passeport, un support de l&#8217;identité administrative des personnes. (&#8230;) Les «gens sans aveu», ceux dont aucune attestation ne permet l&#8217;identification ou la connaissance, sont traqués et chassés hors des villes comme fauteurs de désordre. </p>
<p>Sortir de l&#8217;ombre les indésirables que masquent la densité et l&#8217;anonymat du tissu urbain, débusquer les individus désaffiliés pour les contrôler, rendre connaissables ceux que la proximité vicinale ne permet plus d&#8217;identifier : registres de police, certificats, éclairage public et numérotation des maisons sont quelques-unes des techniques de surveillance en plein essor au XVIIIe siècle. Toutes, de près ou de loin, contribuent à l&#8217;étatisation du contrôle social.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Certains, d&#8217;ailleurs, le vivent mal, au point d&#8217;aller effacer les nouveaux numéros inscrits par les autorités à l&#8217;entrée de leurs maisons, pour protester contre cette &#8220;<em>nouvelle forme de contrôle (qui) porte atteinte à la dignité des personnes en faisant peser le soupçon policier sur tous</em>&#8220;.</p>
<p>Dans leur livre &#8220;<a href="http://www.sig-la-lettre.com/?A-lire-Sous-surveillance-Demeler-le-mythe-de-la-realite-par-Francoise-de-Blomac-et-Thierry-Rousselin">Sous surveillance !</a>&#8221; Françoise de Blomac et Thierry Rousselin rappellent de leur côté que &#8220;<em>les passeports, destinés aux voyageurs qui devaient se rendre dans des pays étrangers en passant de port en port</em>&#8220;, ont évolué afin de &#8220;<em>protéger le pays contre les étrangers</em>&#8220;, ou pour &#8220;<em>encarter</em>&#8221; certaines catégories de la population (nomades, ouvriers, juifs&#8230;) que les autorités voulaient surveiller. </p>
<p>Au nombre des premiers fichés -ou surveillés- figuraient ainsi les vagabonds, et les pestiférés, comme le rappelle Vincent Denis dans son ouvrage sur les origines de la société de surveillance, &#8220;<a href="http://www.laviedesidees.fr/Naissance-de-l-identification.html">Une histoire de l&#8217;identité</a>&#8220;, facilitant d&#8217;autant le mouvement de déshumanisation qui a depuis accompagné l&#8217;essor fulgurant des technologies et politique de surveillance, comme le soulignait de son côté Armand Mattelart dans &#8220;<a href="http://www.identites-numeriques.net/dossiers/notes-de-lecture/mattelart-armand-la-globalisation-de-la-surveillance">La globalisation de la surveillance</a>&#8220;. </p>
<div align="center">
<a href="http://www.flickr.com/photos/no-cctv/3791372321/" title="No CCTV, from Anita Lasocka"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908npcctv0.jpg" alt="No CCTV, from Anita Lasocka" width="580" /><br />
<font size="2">Anita Lasocka for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 &#8211; sur Flickr</font></a></div>
<h3>Du panoptique centralisé et clos à la surveillance distribuée, omniprésente et mobile</h3>
<p>Avec le développement des grandes villes et des états modernes, les outils de surveillance ont ainsi &#8220;<em>suivi et ordonné, et non plus réfréné ou paralysé, les multiples formes de mobilité, afin d&#8217;en développer les potentialités</em>&#8220;, et permis aux autorités de déployer un certain nombre de dispositifs de surveillance policiers et sanitaires chargés de dresser des limites, frontières, de chasser les étrangers et les &#8220;<em>indésirables</em>&#8220;, tout en garantissant la sécurité des biens et des personnes dûment autorisées à y résider, et s&#8217;y déplacer.</p>
<p>Avec le développement des technologies, c&#8217;est la nature même de la surveillance qui a changé. C&#8217;est en tout cas la thèse de <a href="http://dispositivodevisibilidade.blogspot.com/">Fernanda Bruno</a>, professeure associée à l&#8217;université de Rio de Janeiro, dans un <a href="http://wi.hexagram.ca/?p=57">article</a> publié dans le <a href="http://wi.hexagram.ca/?cat=47">n° d&#8217;été 2009</a> de <em>Wi</em>, revue universitaire canadienne consacrée aux liens entre médias et mobilité.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les instruments de contrôle social se sont complexifiés, densifiés et la surveillance, diffuse et omniprésente, s&#8217;est &#8220;<em>distribuée</em>&#8220;. Le modèle n&#8217;est plus celui du panoptique, qui permet -à l&#8217;instar de ce qui se passe en prison- de centraliser la surveillance de toute une communauté. </p>
<p>D&#8217;ordinaire associée aux forces d&#8217;inertie ou de rétention, la surveillance sert aussi et surtout, aujourd&#8217;hui, à faciliter nos déplacements, et la &#8220;<em>libre circulation</em>&#8221; (ou non) des gens, des biens et des marchandises. </p>
<p>A contrario, la mobilité, qui permettait précisément d&#8217;échapper aux instruments de surveillance, et politiques de contrôle, tend à devenir interdépendante des technologies qui, en tout ou partie, relèvent aussi de la surveillance : géolocalisation (GPS, outils de cartographie), cloud computing et web 2.0, CB et transactions électroniques, sans oublier, bien sûr, la téléphonie mobile.</p>
<blockquote><p>
&#8220;Être en mouvement revient souvent à être surveillé, dans la mesure où il n&#8217;existe plus de distance matérielle, spatiale, temporelle ou informationnelle entre le système de surveillance et l&#8217;individu (ou l&#8217;objet) surveillé. (&#8230;) </p>
<p>La mobilité n&#8217;est plus un élément pouvant potentiellement mettre en danger ou perturber les espaces sous surveillance, mais ce qui est garanti, et sécurisé, par la surveillance.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Dans le même temps, l&#8217;immobilité, tout comme la non-utilisation de ces outils de communication (et de surveillance), sont, elles, perçues comme une menace ou un motif de suspicion (<a href="#brazil">2</a>) : </p>
<blockquote><p>
&#8220;Si, d&#8217;un côté, la vidéosurveillance des espaces publics garantit la mobilité des citoyens qui ont un accès libre à la consommation, élargissant leur espace de mobilité sécurisée au-delà de leurs &#8220;enclaves fortifiées&#8221;, d&#8217;un autre côté, ils contribuent également à un processus de gentrification (embourgeoisement) éloignant des espaces vidéosurveillés une autre partie de la population, celle dont la mobilité est perçue comme menaçante, et qu&#8217;il convient de contrôler et enrayer.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Alors que le modèle panoptique impliquait la surveillance des individus dangereux, dans des espaces clos, afin d&#8217;établir une norme comportementale au sein d&#8217;une population déviante, la &#8220;<em>surveillance distribuée</em>&#8221; vise à rassurer, et protéger, les &#8220;<em>victimes virtuelles</em>&#8220;, et à faire fuir, ou identifier, les &#8220;<em>suspects potentiels</em>. </p>
<p>En opposant ainsi deux types de population, l&#8217;une présumée innocente, et victimisée, l&#8217;autre présumée délinquante, et à exclure, les technologies de surveillance -qu&#8217;elles soient à vocation sécuritaires, ou non- ne pourraient dès lors qu&#8217;entraîner toujours plus de suspicion, de violences, de discriminations et d&#8217;exclusion.</p>
<div align="center">
<a href="http://www.flickr.com/photos/no-cctv/3792175372/" title="No CCTV, by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908nocctv1.jpg" alt="No CCTV, by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk" width="580" /><br />
<font size="2">No CCTV, by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 &#8211; sur Flickr</font></a></div>
<h3>Demain : moins de délinquance, mais plus d&#8217;insécurité</h3>
<p>Cette fuite en avant technologique est d&#8217;autant plus problématique qu&#8217;elle intervient également au moment où les gouvernements (en France notamment) prévoient de réduire les effectifs de la police, et de transférer certaines de ses missions à des entreprises de sécurité privée, associée à des technologies de surveillance.</p>
<p>Olivier Hassid, universitaire spécialiste de la &#8220;<em>gestion du risque en secteur public</em>&#8221; avait ainsi <a href="http://bigbrotherawards.eu.org/Olivier-Hassid.html">brillamment décrypté</a> le cynisme de ce transfert de compétence dans le <a href="http://www.securite-privee.org/lancement-du-livre-blanc-de-la.html">Livre blanc</a> de l&#8217;organisation patronale de la sécurité privée : </p>
<blockquote><p>
&#8220;La société française sera confrontée dans les dix prochaines années à une baisse relative du nombre de crimes et de délits. Parallèlement, le sentiment d&#8217;insécurité se maintiendra à des niveaux élevés et sera alimenté par des faits divers violents relayés par les médias.</p>
<p>Dans ces conditions, la société française sera confrontée à une déconnexion toujours plus forte entre sentiment d’insécurité et faits réels d’insécurité. Pour rassurer les individus, un maillage plus étroit sera recherché entre acteurs publics et privés confrontés à ces problèmes.</p>
<p>Dans ce contexte, il serait rationnel que les gouvernements successifs baissent les effectifs de police, à moins que l’opinion publique ne les pousse à les maintenir à des niveaux élevés.</p>
<p>Parallèlement, les effectifs de sécurité privée continueront d’augmenter pour répondre à une demande de sécurité forte et pour compenser la décrue du nombre de policiers. La qualification du privé croîtra substantiellement (et) le secteur privé connaîtra, par conséquent, une institutionnalisation de plus en plus forte.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Olivier Hassid reconnaissait également que &#8220;<em>parallèlement, les forces de l’ordre devront plus cibler leurs actions et, notamment, allouer leurs ressources sur des &#8220;zones reconnues par tous comme à risque&#8221; : certains quartiers d’habitat social, zones de prostitution et de deal&#8230;  La police devra alors de plus en plus faire état de sa force sur des espaces concentrés, ce qui accroîtra l’efficacité et l’efficience de son travail et entraînera un nombre croissant de bavures</em>&#8220;.</p>
<p>Or, ce n&#8217;est pas forcément en multipliant le nombre de vigiles qu&#8217;on limitera le nombre de bavures, d&#8217;autant qu&#8217;ils sont a priori moins bien formés que ne le sont les policiers : il suffit en effet de 70 heures de formation -pour ceux qui ont une première expérience- ou de 115 heures -pour les nouveaux entrants- pour se voir décerner un certificat de qualification professionnelle <a href="http://www.e-snes.org/i_zip/guide_pratique_cqp.pdf">&#8220;Agent de Prévention et Sécurité&#8221; (.pdf)</a>&#8230;</p>
<div align="center">
<a href="http://www.flickr.com/photos/no-cctv/3792191898/" title="Photo by Aaron Kilby for www.no-cctv.org.uk"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908nocctv2.jpg" alt="Photo by Aaron Kilby for www.no-cctv.org.uk" width="580" /><br />
<font size="2">Aaron Kilby for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 &#8211; sur Flickr</font></a></div>
<h3>La vidéosurveillance ? Un &#8220;véritable fiasco&#8221;</h3>
<p>La multiplication du nombre de caméras de vidéosurveillance -et autres technologies de sécurité- ne peut entraîner qu&#8217;une démultiplication des technologies associées, et des employés chargés de les gérer, comme le rappelait de son côté <a href="http://www.dailymotion.com/playlist/xrxxg_boutault2008_videosurveillance-debats-du-2e/video/x81prv_videosurveillance-andre-gunthert-au_news">André Gunthert</a>, enseignant et chercheur à l&#8217;EHESS (école des hautes études et sciences sociales). </p>
<p>Trop d&#8217;informations tuent l&#8217;information, et cette infobésité est d&#8217;ailleurs en bonne partie ce qui a conduit le responsable policier de la vidéosurveillance à Londres, probablement la ville la plus vidéosurveillée au monde, de qualifier le programme dont il a la charge de &#8220;<a href="http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2624">véritable fiasco</a>&#8220;.</p>
<p>Car, et comme le <a href="http://moreas.blog.lemonde.fr/2009/02/09/video-sur-la-videosurveillance/">souligne</a> de son côté George Moreas, Commissaire principal honoraire de la Police Nationale (il dirigea l&#8217;Office central pour la répression du banditisme), &#8220;<em>tout le monde est d’accord pour admettre que les caméras de vidéosurveillance n’ont aucune incidence sur la protection des citoyens, et la preuve est faite que ça ne sert pas à grand-chose pour diminuer la délinquance, sur la voie publique en tout cas. Il n’est donc pas « loyal » de parler de &#8220;vidéo-protection&#8221;.</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>
&#8220;Il va y avoir automatiquement un déplacement de la délinquance : on met des caméras dans une rue, ça va se déplacer dans une autre rue, on met le doigt dans un engrenage et ça ne va pas s&#8217;arrêter, il faudra installer d&#8217;autres caméras, et embaucher d&#8217;autres gens pour les regarder&#8230;</p>
<p>Ca ne limitera pas la délinquance, ça permettra par contre d&#8217;avoir le visage d&#8217;un agresseur, et éventuellement de l&#8217;identifier, et éventuellement de servir de preuve. </p>
<p>Mais là on a un vrai problème parce qu&#8217;il faut des images de grande qualité, ce qui n&#8217;est pas le cas la nuit, et on risque d&#8217;avoir un retournement de la preuve si on commence à demander au suspect : on voit que cette image te ressemble, prouve-nous que ce n&#8217;est pas toi sur les images&#8230;</p>
<p>On risque demain d&#8217;avoir : vous, madame, vous partez de chez vous avec votre portable, on sait où vous vous déplacez, on va coupler ça avec les caméras pour pouvoir vous suivre&#8230; C&#8217;est un exemple, c&#8217;est de la science-fiction, mais je suis un ancien policier, je m&#8217;exprime franchement, ça peut aller très loin l&#8217;automatisme en la matière.&#8221;
</p></blockquote>
<div align="center">
<table align="center">
<tr>
<td>
<div><object width="250"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x816h5_videosurveillance-noe-le-blanc-au-d_news&#038;related=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x816h5_videosurveillance-noe-le-blanc-au-d_news&#038;related=0" type="application/x-shockwave-flash" width="250" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object></div>
</td>
<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td>
<td>
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</td>
</tr>
</table>
</div>
<p>Ce qui s&#8217;est passé dans la foulée des attentats de Londres illustre bien cette spirale infernale : si les caméras de vidéosurveillance n’ont pas empêché les terroristes de tuer, elles ont par contre <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/07/02/quand-la-videosurveillance-tue/">contribué</a> à la mort de Jean Charles de Menezes, ce Brésilien tué de plusieurs balles dans la tête par des policiers qui trouvaient qu’il ressemblait à ceux qui avaient été identifiés, grâce aux images de vidéosurveillance, comme étant des terroristes… </p>
<p>Signe supplémentaire des dysfonctionnements que de tels systèmes peuvent engendrer, alors que la police britannique avait déployé une énergie considérable afin de visionner des dizaines de milliers d’heures de vidéosurveillance, et retrouver la trace des terroristes, elle a prétexté un &#8220;<em>problème technique</em>&#8221; pour justifier l’absence d’images des derniers instants de cet innocent&#8230;</p>
<div align="center">
<a href="http://www.flickr.com/photos/no-cctv/3792175372/" title=""><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908nocctv3.jpg" alt="Photo by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk" width="580" /><br />
<font size="2">Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 &#8211; sur Flickr</font></a></div>
<h3>La surveillance ne fonctionne pas, mais&#8230; se vend très bien</h3>
<p>Alors que l&#8217;on ne met sur écoute téléphonique que les suspects -avec l&#8217;aval d&#8217;un juge-, nos déplacements urbains, tout comme les &#8220;<em>logs</em>&#8221; de ce que l&#8217;on fait sur l&#8217;internet, de nos conversations téléphoniques, ainsi que la géolocalisation de nos mobiles sont, a contrario, surveillés et conservés par principe, pendant des mois, voire des années. Au cas où&#8230; </p>
<p>La surveillance n&#8217;est plus seulement dissuasive, mais également préventive, et renverse donc la charge de la preuve, rompant avec le principe (démocratique) de la présomption d&#8217;innocence pour ériger un système de présomption de culpabilité que l&#8217;on associerait plus volontiers aux régimes totalitaires qu&#8217;à nos démocraties.</p>
<p>Dernier problème, et non des moindres : si ces technologies de surveillance sont relativement inefficaces, et qu&#8217;elles bouleversent durablement le contrat social, elles marchent par contre très bien d&#8217;un point de vue&#8230; <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/04/30/a-quoi-sert-la-videosurveillance/">électoraliste</a>. </p>
<p>Taraudés, <a href="http://www.dailymotion.com/playlist/xrxxg_Boutault2008_videosurveillance-dbats-du-2e/video/x81qz8_videosurveillance-laurent-bonelli-a_news">note</a> Laurent Bonelli, enseignant-chercheur à Paris X, entre un désengagement de l&#8217;Etat, les pétitions des groupes de pression (de commerçants, petits propriétaires, etc.), la précarisation et la démoralisation des classes populaires (qui ont &#8220;<em>des effets directs sur la délinquance juvénile</em>&#8220;), les élus ont vite fait de céder aux sirènes, et d&#8217;acheter les diagnostics &#8220;<em>catastrophiques</em>&#8221; et &#8220;<em>solutions</em>&#8221; clefs en main des &#8220;<em>experts de la sécurité</em>&#8220;, que Bonelli préfère qualifier de &#8220;<em>marchands de peur</em>&#8220;.</p>
<p>Ainsi, et quand bien même les systèmes et politiques de surveillance n&#8217;ont guère d&#8217;impacts réels sur la criminalité, ils rassurent les &#8220;<em>bonnes familles</em>&#8220;, inquiètent les &#8220;<em>mauvaises familles</em>&#8220;, et servent ainsi et avant tout à faire (ré)élire ceux qui les ont installés. C&#8217;est même très probablement ce qu&#8217;elles font de mieux. </p>
<div align="center">
<table align="center">
<tr>
<td>
<div><object width="250"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x81prv_videosurveillance-andre-gunthert-au_news&#038;related=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x81prv_videosurveillance-andre-gunthert-au_news&#038;related=0" type="application/x-shockwave-flash" width="250" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object>
</div>
</td>
<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td>
<td>
<div><object width="250"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x81qz8_videosurveillance-laurent-bonelli-a_news&#038;related=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x81qz8_videosurveillance-laurent-bonelli-a_news&#038;related=0" type="application/x-shockwave-flash" width="250" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object>
</div>
</td>
</tr>
</table>
</div>
<p>En France, le nombre de villes vidéosurveillées a augmenté de <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/03/25/videosurveillance-50-en-2-ans/">50%</a> entre 2005 et 2007. Et Michèle Alliot-Marie a annoncé son intention de <a href="http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/le_ministre/interventions/archives-mam/commission-videosurveillance">tripler</a> le nombre de caméras de vidéosurveillance sur la voie publique. </p>
<p>Dans le même temps, le gouvernement décidait de supprimer <a href="http://www.lepost.fr/article/2008/11/08/1319931_la-police-se-rebiffe.html">10 000</a>, puis <a href="http://www.sgp-fo.net/article%3B514%3Bpolice-4800-suppressions-de-poste.html">4800</a> policiers d&#8217;ici à 2012. Les entreprises de sécurité privée tablent, quant à elles, sur l&#8217;embauche de <a href="http://www.securite-privee.org/l-usp-signe-une-convention-avec-le.html">150 000</a> personnes d&#8217;ici à 2015. </p>
<p>Quant aux industriels de la sécurité, le dernier graphique publié par SecurityStockWatch.com, qui s&#8217;intéresse à leurs performances boursières, date de <a href="http://www.securitystockwatch.com/InvestmentGuides/Index_Chart_2008_03.html">mars 2008</a>. Si les cotations boursières de toutes les valeurs baissaient depuis septembre 2007, les performances des industries sécuritaires restaient bien au-dessus de toutes les autres.</p>
<div align="center"><a href="http://www.securitystockwatch.com/InvestmentGuides/Index_Chart_2008_03.html" title="SecurityStock Watch Index"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/08/0908sswchart-03-2008.gif" alt="SecurityStock Watch Index" /></a></div>
<p><em><br />
Notes : </p>
<p><a name="pariscctv">1.</a> propos tenus lors d&#8217;une <a href="http://moreas.blog.lemonde.fr/2009/02/09/video-sur-la-videosurveillance/">table ronde</a>, organisée par Jacques Boutault, le maire du II° arrondissement de Paris, sur la vidéosurveillance, et où intervenaient également Georges Moréas, André Gunthert et Laurent Bonelli.</p>
<p><a name="brazil">2.</a> situation d&#8217;autant plus explicite au Brésil que les problèmes de violence et d&#8217;insécurité ont entraîné le développement de quartiers sécurisés recourant largement aux technologies de surveillance, et aux sociétés de sécurité privée.<br />
</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/apprenti-sorcier/" title="apprenti sorcier" rel="tag nofollow">apprenti sorcier</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les pays pauvres réinventent le SMS, et l&#8217;avenir des mobiles</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/05/04/les-pays-pauvres-reinventent-le-sms-et-lavenir-des-mobiles/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 May 2009 05:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il a fallu 15 ans pour que le quart de l&#8217;humanité soit doté d&#8217;un téléphone mobile, en 2003, et quatre ans seulement pour que la moitié de la population mondiale, soit 3,8 milliards d&#8217;individus, en soit équipée. La quasi-totalité des futurs nouveaux entrants résident désormais dans les pays du Sud, où les usages sont bien différents de ce que l&#8217;on&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il a fallu 15 ans pour que le quart de l&#8217;humanité soit doté d&#8217;un téléphone mobile, en 2003, et quatre ans seulement pour que la moitié de la population mondiale, soit 3,8 milliards d&#8217;individus, en soit équipée. La quasi-totalité des futurs nouveaux entrants résident désormais dans les pays du Sud, où les usages sont bien différents de ce que l&#8217;on connaît dans nos contrées dites &#8220;<em>développées</em>&#8220;.</p>
<p>InternetActu a déjà plusieurs fois relayé la thèse selon laquelle le futur des usages, innovations, technologies et marchés liés à la téléphonie mobile se dessinait notamment dans les pays pauvres, en évoquant par exemple ce qui se passe en <a href="http://www.internetactu.net/2005/07/07/accs-collectifs-en-milieu-rural-le-far-net-indien/">Inde</a> ou au <a href="http://www.internetactu.net/2006/09/18/le-futur-de-la-telephonie-mobile-se-joue-aussi-au-kenya/">Kenya</a>.</p>
<p>Cette thèse a récemment fait l&#8217;objet d&#8217;un rapport d&#8217;<a href="http://www.internews.fr/spip.php?article6">Internews</a>, une organisation créée du temps de la guerre froide, qui regroupe 30 ONG oeuvrant pour la liberté d&#8217;expression dans le monde, et dont l&#8217;objet est de favoriser l&#8217;indépendance des médias vis-à-vis des pouvoirs politiques et financiers, et la libéralisation des pratiques des télécommunications. </p>
<p>Le titre du rapport, <a href="http://www.internews.fr/spip.php?article459">La promesse de l&#8217;ubiquité</a>, résume bien les enjeux, et promesses, du développement de la téléphonie mobile dans les pays du Sud. Car la question n&#8217;est pas tant celle du développement des infrastructures, ni de l&#8217;abaissement des coûts d&#8217;abonnement ou des portables, que celle des bouleversements qu&#8217;engendreront la profusion des usages, et la connectivité permanente, dès lors que toute l&#8217;humanité, ou presque, sera connectée.</p>
<p><center><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/04/0904promiseofubiquity.png" alt="The promise of ubiquity" /></center></p>
<p>Si, au-delà de pouvoir être joint ou contacter quelqu&#8217;un en permanence, en Occident, les services mobiles se sont en bonne partie focalisés sur les loisirs, dans les pays pauvres, ils doivent d&#8217;abord répondre à des besoins. Ainsi, Internews dit s&#8217;intéresser aux innovations liées à la téléphonie mobile &#8220;<em>dans les situations d&#8217;urgence ainsi que dans les pays fermés</em>&#8220;, depuis qu&#8217;elle avait mis en place un système de communication par SMS à l&#8217;intention des journalistes qui couvraient le tremblement de terre à Java en 2006.</p>
<p>Dans le même ordre d&#8217;idée, John West, l&#8217;auteur du rapport, avait pour sa part mis en place un système de messagerie instantanée depuis Bagdad lorsque la capitale irakienne était bombardée par l&#8217;armée US en 1998, installé des radios numériques en Afghanistan entre 2002 et 2004, et développé un système d&#8217;alerte par SMS pour une agence de presse irakienne l&#8217;an dernier.</p>
<h3>La question n&#8217;est pas de savoir si, mais quand tout le monde sera connecté</h3>
<p>Le rapport avance que dans les 50 pays les plus pauvres, la croissance de la téléphonie mobile avoisine les 70% par an, et ce, depuis l&#8217;an 2000. Les acteurs industriels savent s&#8217;adapter, ne serait-ce que parce que s&#8217;ils n&#8217;intègrent pas dès maintenant ce marché, d&#8217;autres pourraient s&#8217;y implanter plus et mieux. Ainsi, Vodaphone, qui proposaient des forfaits à 100$ par mois il y a quelques années, commercialise aujourd&#8217;hui des abonnements de l&#8217;ordre de 5$, et des fabricants comme Nokia proposent des portables pour moins de 25$.</p>
<p>En terme de services, le pourcentage de Kenyans utisateurs du &#8220;<em>m-commerce</em>&#8221; (pour commerce par téléphonie mobile) est supérieur à celui des Américains ou des Finlandais. Et c&#8217;est le Pakistan qui a inauguré le premier déploiement national de la technologie Wimax, qui permet un accès sans fil à plusieurs kilomètres de distance. En Jamaïque, on compte plus de mobinautes que d&#8217;internautes, et les trois quarts de ceux qui n&#8217;ont pas encore accès à l&#8217;internet y entreront a priori depuis un téléphone portable.</p>
<p>Pour John West, &#8220;<em>en terme d&#8217;ubiquité, la question n&#8217;est plus de savoir si la quasi-totalité des gens possèdera un téléphone mobile relié à des réseaux avancés permettant la diffusion de vidéos ainsi que la géolocalisation, mais quand</em>&#8220;. Et pour lui, cet horizon ne sera pas atteint dans quelques décennies, mais dans quelques années.</p>
<p>En attendant, West présente plusieurs services et usages innovants qui n&#8217;auraient probablement pas pu être développés dans nos pays développés :</p>
<ul>
<li>
<a href="http://www.frontlinesms.com/">FrontlineSMS</a>, un logiciel de gestion (envoi, et réception) de SMS utilisé dans une cinquantaine de pays, a servi à la surveillance des élections au Nigeria, au Bangladesh et au Mexique. Il permet à des paysans indonésiens, laotiens et salvadoriens d&#8217;être informé du cours de ce qu&#8217;ils produisent, à des malades d&#8217;être alertés lorsqu&#8217;ils doivent prendre leurs médicaments (et à quelles doses), à des ONG de dénoncer des abus, ou d&#8217;alerter leurs bases en cas de problèmes, aux Philippins ayant migré à l&#8217;étranger de continuer à converser avec leur pays, à des travailleurs sociaux pour garder le contact avec des SDF américains, à faciliter les transferts d&#8217;argent et la micro-finance en Suisse&#8230;</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/04/0904frontlinesms.png" alt="FrontLine SMS" width="500" />
</li>
<li>
<a href="http://www.jasminenews.com/about-jnw">Jasmine News Service</a>, une agence de presse créée au Sri Lanka par un journaliste passé par Reuters et Dow Jones, avait d&#8217;abord tenté de commercialiser un système d&#8217;alerte par l&#8217;internet, mais il revenait à 7$ par mois aux abonnés. En passant au SMS, il a réuni quelque 100 000 abonnés, qui ne paient plus que 30 centimes par mois.
</li>
<li>
<a href="http://www.xs4all.nl/~jmarks/index.html">John Marks</a> -qui préfère se présenter comme &#8220;insultant&#8221; plutôt que comme &#8220;consultant&#8221; des médias- travaille avec de nombreuses radios communautaires en Afrique, arguant du fait que leur succès réside en partie dans leur capacité à passer d&#8217;un modèle de radio &#8220;<em>qui crie</em> à un média &#8220;<em>qui échange</em>&#8220;. </p>
<p>Afin de lutter contre les risques de fraude électorale, certaines ont déployé tout un réseau de correspondants, dans les bureaux de vote, dans le but d&#8217;annoncer, en temps réel, le résultat des élections. Pour motiver les volontaires, une expérimentation de &#8220;micro-paiement&#8221; de ceux qui témoignent, depuis leur téléphone mobile, est ainsi à l&#8217;expérimentation.
</li>
<li>
Mike Grenville a créé <a href="http://www.160characters.org">160characters.org</a> pour promouvoir les usages du SMS en 2001. Convaincu de la pertinence du &#8220;<em>texting</em>&#8221; et des SMS, il n&#8217;en déplore pas moins le peu de cas que fait l&#8217;industrie de toutes les possibilités qui y sont associées : &#8220;<em>Le SMS a toujours été un succès en dépit, plutôt que grâce, aux opérateurs</em>&#8220;. Créé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sms">initialement</a> pour permettre aux opérateurs téléphoniques d&#8217;envoyer des messages de service, Grenville note ainsi qu&#8217;il a fallu attendre près de 10 ans avant qu&#8217;il ne devienne un média populaire. </p>
<p>Il déplore également le fait qu&#8217;on manque toujours d&#8217;un certain nombre de fonctionnalités basiques à même de contribuer aux développements des usages, telles que la possibilité de placer certains numéros en liste noire, de paramétrer un répondeur automatique, de consulter les SMS sous forme d&#8217;enfilade, de les retransmettre par e-mail&#8230; </p>
<p>Pour Grenville, &#8220;<em>le SMS est un peu comme de la colle entre les choses : entre un forum et ses utilisateurs, un article de presse et ses lecteurs, une publicité et des consommateurs</em>&#8220;, voire comme de la colle entre les gens, ce que résume également l&#8217;expression &#8220;<em>Application to Person (A2P)</em>&#8220;.
</li>
<li>
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/04/0904txtpower.gif" alt="TxtPower" vspace="3" hspace="3" align="right" />Aux Philippines, où l&#8217;utilisation du SMS est telle qu&#8217;on a surnommé le pays &#8220;<em>la capitale mondiale du texting</em>&#8220;, le président Estrada avait été <a href="http://www.temps-reels.net/article1077.html">renversé</a> en 2001 par un mouvement social en bonne partie coordonné par SMS. L&#8217;organisation <a href="http://www.txtpower.org/">TxtPower</a>, née de cette mobilisation, est aujourd&#8217;hui devenue un puissant mouvement de défense des consommateurs qui lutte autant pour faire baisser les prix que pour défendre les droits des utilisateurs de mobiles. </p>
<p><a href="http://cpcabrisbane.org/Kasama/2006/V20n2/SOS_SMS.htm"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/04/0904sossms.JPG" alt="SOS SMS" /></a></p>
<p>Le rapport cite également <a href="http://mobileactive.org/sos-sms-text-helpline-philippine-workers">SOS SMS</a>, créé pour permettre aux migrants d&#8217;alerter leurs proches en cas de problème ou d&#8217;abus. 90% des 8 millions de Philippins ayant migré à l&#8217;étranger disposent en effet d&#8217;un téléphone portable, et ils sont nombreux à garder leur carte SIM philippine pour rester en contact avec leurs proches, à moindres frais.
</li>
<li>
le designer Jan Blom est à la tête du <a href="http://research.nokia.com/research/labs/teams/systems_research_india">Centre de recherche</a> de Nokia à Bangalore. Pour lui, les nouveaux utilisateurs des pays émergents se distinguent assez nettement de ceux des pays riches. D&#8217;une part, ils ne sont pas confrontés à la saturation d&#8217;information, non plus qu&#8217;à l&#8217;&#8221;<em>infobésité</em>&#8220;, dont pâtissent nombre des occidentaux.</p>
<p>D&#8217;autre part, une bonne partie d&#8217;entre eux sont illettrés, voire analphabètes. Or, les interfaces sont essentiellement textuelles, et les représentations iconographiques demeurent basées sur les cultures occidentales. Qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;amélioration des soins, de l&#8217;éducation, des rapports à l&#8217;administration, note Blom, &#8220;<em>quand le prix des portables aura baissé suffisamment pour que cinq milliards d&#8217;individus puissent être connectés, comment cela changera-t-il le monde ?</em>&#8221;
</li>
</ul>
<p>Des exemples qui montrent surtout qu&#8217;on n&#8217;a pas fini d&#8217;explorer les usages des SMS, qui impactent toute la gamme des pratiques : communication, commerce, démocratie, médias, administration, santé&#8230; Malgré le design sommaire des messages et des appareils &#8211; qu&#8217;en Occident nous avons déjà tendance à reléguer dans les oubliettes des technologies <a href="http://www.groupereflect.net/blog/archives/2009/04/lecon_deconomie.html">à l&#8217;heure où l&#8217;iPhone canibalise le trafic mobile</a> -, il n&#8217;est pas exclu que l&#8217;avenir de la mobilité, voire de la connexion ubiquitaire, dépende, en partie, de cette technologie rudimentaire.  </p>
<p><em>Voir aussi : <br />
<a href="http://www.internetactu.net/2006/09/18/le-futur-de-la-telephonie-mobile-se-joue-aussi-au-kenya/">Le futur de la téléphonie mobile se joue aussi au Kenya</a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/2005/07/07/accs-collectifs-en-milieu-rural-le-far-net-indien/">Accès collectifs en milieu rural : le “far net” indien</a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/2005/07/08/le-dveloppement-passera-t-il-par-linternet-ou-par-le-tlphone/">Le développement passera-t-il par l’internet ou par le téléphone ?</a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/2005/07/14/annie-chneau-loquay-ce-qui-sert-le-plus-en-afrique-cest-la-voix/">Annie Chéneau-Loquay : “Ce qui sert le plus en Afrique, c’est la voix”</a><br />
</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/mobilite/" title="mobilité" rel="tag nofollow">mobilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/non-usages/" title="non-usages" rel="tag nofollow">non-usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>GPS : Chacun son chemin</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/04/20/gps-chacun-son-chemin/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2009/04/20/gps-chacun-son-chemin/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2009 13:17:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la conférence annuelle Computer Human Interaction qui se tenait la semaine dernière à Boston, Chris Schmandt, le directeur du Groupe sur la parole et la mobilité du Media Lab du MIT et Jae-Woo Chung, l&#8217;un de ses étudiants, ont présenté une approche plutôt intéressante dans le repérage GPS. 
Souvenez-vous, l&#8217;année dernière Gilly Leshed, du groupe interaction hommes-ordinateurs&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la conférence annuelle <a href="http://www.chi2009.org">Computer Human Interaction</a> qui se tenait la semaine dernière à Boston, <a href="http://web.media.mit.edu/~geek/">Chris Schmandt</a>, le directeur du <a href="http://www.media.mit.edu/speech/">Groupe sur la parole et la mobilité</a> du Media Lab du MIT et <a href="http://web.media.mit.edu/~jaewoo/">Jae-Woo Chung</a>, l&#8217;un de ses étudiants, <a href="http://portal.acm.org/citation.cfm?id=1518701.1518992&#038;coll=ACM&#038;dl=ACM&#038;type=series&#038;idx=SERIES260&#038;part=series&#038;WantType=Proceedings&#038;title=CHI&#038;CFID=29176003&#038;CFTOKEN=94010944">ont présenté une approche</a> plutôt intéressante dans le repérage GPS. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2008/04/21/le-gps-comme-systeme-dinteraction-avec-le-monde/">Souvenez-vous</a>, l&#8217;année dernière Gilly Leshed, du groupe interaction hommes-ordinateurs de l’université de Cornell expliquait combien la technologie GPS et sa représentation abstraite s&#8217;adaptaient mal à la représentation réelle de notre environnement. <em>&#8220;Le GPS du futur doit pouvoir prendre en compte les marques du territoire plutôt que les distances : plutôt que de nous dire, “tournez à gauche à 100 mètres”, il doit savoir dire “tournez à gauche après le pont”</em>. Et bien c&#8217;est ce qu&#8217;ont essayé de mettre au point les chercheurs du MIT avec leur projet Going My Way (c&#8217;est-à-dire &#8220;C&#8217;est sur mon chemin&#8221;). Quand Google Maps nous produit un itinéraire, il prend la forme d&#8217;une longue liste de directions, alors que si l&#8217;on demande à un ami, celui-ci va plutôt utiliser des points de références visibles, compréhensibles ou partagés pour nous guider. En utilisant la connaissance qu&#8217;il a de nous, notre ami nous guide ensuite de ces repères personnels jusqu&#8217;à notre destination. Ces repères du paysage (un magasin avec des vitrines remplies de tee-shirt, un panneau bleu, un bureau de poste&#8230;) sont tout autant utiles quand on explore un territoire qu&#8217;on ne connait pas. Mais comment faire saillir l&#8217;information du paysage sur les chemins qu&#8217;on emprunte ? </p>
<p>GoingMyWay essaye de donner des instructions de la façon dont le ferait un ami. Le système apprend de nos déplacements. Il identifie les endroits familiers qui sont proches de notre destination et se sert de cette connaissance pour présenter une série de repères que nous connaissons déjà ou que nous sommes capables d&#8217;identifier facilement. Le système <a href="http://www.cs.washington.edu/homes/kayur/papers/uist2006.pdf">MyRoute développé en 2006 par Kayur Patel (.pdf)</a> proposait une solution assez proche, mais nécessitait pour chaque utilisateur d&#8217;entrer ses repères personnels dans le système. GoingMyWay tente d&#8217;identifier des marqueurs de territoire de manière automatique. </p>
<p>Le système mobile utilise le GPS pour tracer les déplacements de l&#8217;utilisateur. Quand vous cherchez une adresse, le système la géolocalise et regarde si vous êtes déjà passé à proximité des antennes de téléphones mobiles qui l&#8217;entourent. Ensuite, le système utilise une grille sémantique pour faire ressortir des lieux remarquables depuis les annuaires à sa disposition, mettant en avant par exemple, certaines chaînes de magasins connues ou des administrations&#8230; Le système présente enfin les destinations comme des descriptions plutôt que comme des adresses. </p>
<p>D&#8217;après les premières expériences menées, il faut encore améliorer la sélection des points de repère : le système en produit plus que les gens n&#8217;en reconnaissent réellement. Bien sûr, Going My Way est plus adapté pour trouver une nouvelle destination dans un environnement connu que dans une ville inconnue. Pire, reconnaissent les auteurs, les différences et particularités de topographie des villes et des rues empêchent d&#8217;envisager une généralisation du système aux villes européennes, africaines ou asiatiques&#8230; Mais comme ils le soulignent eux-mêmes, Going My Way reste une expérimentation qui n&#8217;est pas prête à remplacer les services existants, mais qui pourrait contribuer à fournir des pistes pour apporter une meilleure expérience à l&#8217;utilisateur final. Le résultat est imparfait, mais utiliser les connaissances des gens (et donc les bases de connaissances disponibles en ligne) est certainement une voie d&#8217;avenir dans le domaine.</p>
<p>Via <a href="http://www.daniellafreniere.com/archives/2009/04/en_direct_du_ch_40.html">Daniel Lafrenière</a>. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a><br />
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		<title>Des codes visuels compréhensibles par les machines&#8230; et par les hommes</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/04/15/des-codes-visuels-comprehensibles-par-les-machines-et-par-les-hommes/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 06:34:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[Image]]></category>
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		<description><![CDATA[En règle général, les marqueurs visuels sont des éléments destinés à être reconnus par nos machines électroniques, comme les code-barres, les QR codes et autres codes 2D &#8211; dont l&#8217;actualité est toujours riche. Mais, si ces suites de chiffres et de signes sont compréhensibles par un logiciel, ils demeurent incompréhensibles des humains. 

Enrico Costanza et Jeffrey Huang du Laboratoire Media&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En règle général, les marqueurs visuels sont des éléments destinés à être reconnus par nos machines électroniques, comme les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_barre">code-barres</a>, les <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/QR_Code">QR codes</a> et autres codes 2D &#8211; dont <a href="http://mobilecrossmedia.blogspot.com/">l&#8217;actualité est toujours riche</a>. Mais, si ces suites de chiffres et de signes sont compréhensibles par un logiciel, ils demeurent incompréhensibles des humains. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/04/dtouchcode.jpg" alt="Exemples de codes produits avec d-touch : ce ne sont plus des codes, mais des dessins !" title="Exemples de codes produits avec d-touch : ce ne sont plus des codes, mais des dessins !"/></p>
<p><a href="http://web.media.mit.edu/~enrico/">Enrico Costanza</a> et <a href="http://people.epfl.ch/jeffrey.huang">Jeffrey Huang</a> du Laboratoire <a href="http://ldm.epfl.ch/">Media et Design</a> de l&#8217;Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ont proposé, à l&#8217;occasion de la conférence <a href="http://www.chi2009.org">Computer Human Interaction</a>, de développer des marqueurs visuels qui puissent être utilisés et compréhensibles autant par les machines que par les humains. Ils les appellent les <a href="http://web.media.mit.edu/~enrico/research/research.php?projectTitle=d-touch">d-touch</a> (voire également <a href="http://portal2.acm.org/citation.cfm?id=1518701.1518990&#038;coll=portal&#038;dl=ACM&#038;type=series&#038;idx=SERIES260&#038;part=series&#038;WantType=Proceedings&#038;title=CHI&#038;CFID=575755565&#038;CFTOKEN=575755565">leur étude</a>). d-touch est un projet de marqueurs visuels lisibles par les machines et par les hommes, permettant à chacun de créer ses propres codes tout en restant visuels, fonctionnels, compréhensibles et esthétiques (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=k1YUCYNJQdo">Vidéo</a>). Finis les affreux pictogrammes cabalistiques ! </p>
<p>En fait, ce n&#8217;est pas ce qui est représenté sur le dessin qui prend sens, mais c&#8217;est la façon dont chaque image peut-être identifiée différemment par les spécifications technique de ses tracés qui est importante pour le système. Le marqueur est basé sur la topologie du dessin ce qui laisse toute liberté sur la géométrie, la forme ou le symbole utilisé. Il est bien sûr possible de dessiner alors des symboles qui aient également du sens pour les personnes, expliquent les chercheurs. </p>
<p>Reste à trouver les symboles qui rendent compréhensible que c&#8217;est code !</p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/k1YUCYNJQdo&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/k1YUCYNJQdo&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>
<p>Via <a href="http://www.daniellafreniere.com/archives/2009/04/en_direct_du_ch_40.html">Daniel Lafrenière</a>.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a><br />
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		<title>La réalité augmentée du bout des doigts</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/02/09/la-realite-augmentee-du-bout-des-doigts/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Feb 2009 15:20:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[réalité augmentée]]></category>

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		<description><![CDATA[Pattie Maes, directrice du Groupe des interfaces fluides au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a fait sensation à la conférence TED (celle qui ne sélectionne que les &#8220;idées qui valent d&#8217;être diffusées&#8221;), la semaine dernière. Elle y a présenté &#8220;Sixième sens&#8221; (Sixth Sense), un concept d&#8217;interface miniaturisée qui permet d&#8217;interagir avec l&#8217;internet sans plus avoir besoin d&#8217;écrans, développé notamment par&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://web.media.mit.edu/~pattie/">Pattie Maes</a>, directrice du <a href="http://ambient.media.mit.edu/">Groupe des interfaces fluides</a> au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a fait sensation à la conférence <a href="http://www.ted.com">TED</a> (celle qui ne sélectionne que les &#8220;idées qui valent d&#8217;être diffusées&#8221;), la semaine dernière. Elle y a présenté &#8220;Sixième sens&#8221; (<a href="http://www.pranavmistry.com/projects/sixthsense/index.htm">Sixth Sense</a>), un concept d&#8217;interface miniaturisée qui permet d&#8217;interagir avec l&#8217;internet sans plus avoir besoin d&#8217;écrans, développé notamment par l&#8217;un de ses étudiants, <a href="http://www.pranavmistry.com">Pranav Mistry</a>. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/02/sixsense.jpg" alt="Le système Sixth Sense : caméra, projecteur et bagues aux doigts" title="Le système Sixth Sense : caméra, projecteur et bagues aux doigts" align="left" hspace="6" vspace="6" />Sixième Sense est composé d&#8217;une webcam qui se porte autour du cou comme un bijou et qui permet au système de voir ce que vous faites ou ce que vous regardez. Si vous mettez une couverture de livre en face de l&#8217;oeil de la caméra, le système serait ainsi capable d&#8217;identifier le livre en question en puisant dans des banques de données en ligne (il pourrait également le faire en lisant la puce RFiD du livre, via votre mobile doté d&#8217;un capteur de puce). En dessous de la webcam se trouve également un mini-projecteur qui permet au système de projeter images et données sur les surfaces que vous observez. Ainsi, une fois que le système a identifié le livre que vous avez pris en main, le projecteur peut projeter sur la couverture la note moyenne des critiquesque ce livre a obtenue auprès de ceux qui l&#8217;ont déjà acheté. </p>
<p>Pour interagir avec le système, il suffit d&#8217;équiper les bouts de ses pouces et index de petites bagues plastiques de couleurs (chacune différente). La webcam, en repérant le mouvement des bagues de couleurs au bout de vos doigts, active les fonctions de ce qui est projeté, un peu comme vos doigts vous servent aujourd&#8217;hui à naviguer sur l&#8217;écran tactile d&#8217;un iPhone. C&#8217;est votre téléphone mobile, dans votre poche qui sert de serveur pour capter, envoyer et recevoir les données dont vous avez besoin, via l&#8217;internet. Reste à définir les gestes que le système puisse comprendre : en mettant vos doigts en carré, comme une fenêtre, la webcam prend une photo ; en dessinant une montre sur votre poignet, le système y projette l&#8217;heure, etc. </p>
<p><embed src="http://c.brightcove.com/services/viewer/federated_f9/1813626064?isVid=1&#038;publisherID=1564549380" bgcolor="#FFFFFF" flashVars="videoId=10280440001&#038;playerID=1813626064&#038;domain=embed&#038;" base="http://admin.brightcove.com" name="flashObj" width="404" height="436" seamlesstabbing="false" type="application/x-shockwave-flash" allowFullScreen="true" swLiveConnect="true" pluginspage="http://www.macromedia.com/shockwave/download/index.cgi?P1_Prod_Version=ShockwaveFlash"></embed>Voir les vidéos que propose <em>Wired</em> : <a href="http://link.brightcove.com/services/link/bcpid1815813330/bctid10280440001">la première</a>, qui montre quelques scénarios d&#8217;usages du &#8220;Sixième Sens&#8221; et <a href="http://link.brightcove.com/services/link/bcpid1815813330/bctid10288173001">une seconde</a>, qui montre plutôt des exemples de manipulations du système.</p>
<p>Comme l&#8217;expliquait Pattie Maes, Sixième Sens est une sorte de <a href="http://www.microsoft.com/SURFACE/index.html">Microsoft Surface</a> portable, qui permet de transformer toute surface ou n&#8217;importe quel objet en interface. Le tee-shirt de la personne que vous êtes en train de rencontrer devient ainsi la toile sur laquelle se projette les informations qui la concerne. Le produit que vous consultez dans un supermarché devient le support pour accéder à de l&#8217;information sur celui-ci ou sur l&#8217;entreprise qui le fabrique. Le prototype, conçu pour 350 dollars, est une manière de repenser la façon dont nous interagissons avec le monde, sans exiger de nous de changer notre comportement, a expliqué la chercheuse. En cela, il dépasse bien des interfaces électroniques que nous connaissons, car il ne nécessite pas qu&#8217;on se réfère à un objet pour servir de passerelle entre l&#8217;internet et le monde réel, comme <a href="http://www.internetactu.net/2006/11/24/quand-le-telephone-augmente-la-realite/">il faut aujourd&#8217;hui regarder l&#8217;écran de son mobile pour nous aider à voir le monde réel &#8220;augmenté&#8221; d&#8217;information</a>. Pour Pattie Maes, l&#8217;information en réseau pourrait nous nourrir d&#8217;information, d&#8217;une manière aussi organique que nos autres sens. </p>
<h3>Des interfaces fluides</h3>
<p>Voilà longtemps que ce laboratoire du MIT travaille à rendre <a href="http://www.internetactu.net/2007/06/20/les-medias-invisibles/">nos interfaces invisibles</a> pour que nous ayons un rapport naturel avec les objets qui composent notre environnement, tout en les augmentant d&#8217;information.</p>
<p>L&#8217;occasion de regarder d&#8217;autres réalisations récentes du laboratoire, particulièrement remarquables et stimulantes, comme <a href="http://www.pranavmistry.com/projects/thirdeye.htm">ThirdEye</a>, un système qui permet à plusieurs personnes de regarder différentes choses sur un seul et même écran au même moment, permettant par exemple d&#8217;afficher des informations dans des langues différentes pour différents publics. Prenez le temps de regarder l&#8217;excellent projet <a href="http://www.pranavmistry.com/projects/quickies/index.htm">Quickies</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=HQT5_4aVvHU">vidéo</a>), un système qui permet de numériser ses post-it en même temps qu&#8217;on les écrit, d&#8217;identifier les commandes qui y sont inscrites (la date permet de l&#8217;intégrer à un agenda électronique, le nom d&#8217;une personne d&#8217;en faire un destinataire, une commande de l&#8217;intégrer à sa <em>to do list</em>&#8230;). A partir de simples Post-it augmentés de puces RFiD, on peut ainsi taguer des livres physiques et retrouver ses notes via un capteur de puces ou via les contenus pris en notes sur ses post-it et automatiquement numérisés. </p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/HQT5_4aVvHU&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/HQT5_4aVvHU&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>
<p>Pranav Mistry est également à l&#8217;origine de <a href="http://www.pranavmistry.com/projects/tapuma/index.htm">Tapuma</a> (<em>Tangible Public Map</em> pour Carte publique tangible) (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=l4bz9shk8UU">vidéo</a>), permettant aux gens d&#8217;utiliser leurs propres objets pour afficher des informations pertinentes sur une carte publique : on pose un billet d&#8217;avion sur une carte de l&#8217;aéroport, et il vous indique où se situe votre zone d&#8217;embarquement, vous posez une carte bancaire et il vous indique où sont les distributeurs de billets&#8230;</p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/l4bz9shk8UU&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/l4bz9shk8UU&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>
<p>Autre projet intéressant, <a href="http://web.media.mit.edu/~dmerrill/siftables.html">Siftables</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=j2OxanDFkeE">vidéo</a>), développé par <a href="http://web.media.mit.edu/~dmerrill/index.html">David Merrill</a> et <a href="http://web.media.mit.edu/~jeevan/">Jeevan Kalanithi</a>, qui consistent en un ensemble de petits disques d&#8217;information (qui rappellent <a href="http://www.internetactu.net/2006/04/14/les-tuiles-de-donnees-de-jun-rekimoto/">les tuiles de Jun Rekimoto</a>) afin d&#8217;interagir avec l&#8217;information et les médias électroniques avec la fluidité des interactions physiques, pour les mixer ou les ré-aranger à l&#8217;envie. </p>
<p><object width="480" height="295"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/j2OxanDFkeE&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/j2OxanDFkeE&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="295"></embed></object></p>
<p>Via <a href="http://www.fastcompany.com/blog/kit-eaton/technomix/mits-sixth-sense-machine-makes-reality-better">FastCompany</a>, <a href="http://blog.wired.com/business/2009/02/ted-digital-six.html"><em>Wired</em></a> et <a href="http://www.worldchanging.com/archives/009397.html">WorldChanging</a>. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a><br />
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		<title>WideNoise : la mesure de la pollution sonore participative</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/01/30/widenoise-la-mesure-de-la-pollution-sonore-participative/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Jan 2009 13:47:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On connaissait déjà WideTag, une société qui se propose de construire une infrastructure pour un internet des objets ouverts. On avait déjà évoqué leur bibliothèque en open source et certains de leurs projets. Voici qu&#8217;ils lancent WideNoise, un outil de mesure de la pollution sonore sous forme d&#8217;application pour iPhone. WideNoise consiste en un applicatif qui utilise le microphone du&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/01/widenoisedewidetag.jpg" alt="Le compteur de décibels de WideNoise" hspace="6" vspace="6" align="right" width="200"/><a href="http://www.internetactu.net/2008/10/02/l%E2%80%99internet-des-objets-des-outils-pour-hackers-ou-une-veritable-opportunite-d%E2%80%99affaire/">On connaissait déjà</a> <a href="http://www.widetag.com/">WideTag</a>, une société qui se propose de construire une infrastructure pour un internet des objets ouverts. On avait déjà évoqué <a href="http://developer.openspime.com/">leur bibliothèque en open source</a> et certains de leurs projets. Voici qu&#8217;ils lancent <a href="http://www.widetag.com/widenoise/">WideNoise</a>, un outil de mesure de la pollution sonore sous forme d&#8217;application pour iPhone. WideNoise consiste en un applicatif qui utilise le microphone du mobile pour mesurer le niveau de décibels des lieux où vous circulez. Bien sûr, le logiciel calibre le micro et tente de compenser ses limites physiques pour affiner la mesure. Il permet enfin à chacun de géolocaliser les mesures qu&#8217;il réalise et de les publier sur une cartographie collaborative. </p>
<p>La carte de toutes les contributions aux mesures environnementales n&#8217;est pas accessible en ligne, seulement via l&#8217;application iPhone, mais parions que les activistes de WideTag vont trouver des solutions pour rendre plus visibles les contributions de chacun. Une réalisation concrète qui devrait inspirer les initiateurs du <a href="http://www.villes2.fr/index.php?action=article&#038;numero=246">projet Montre verte</a> auquel travaille le programme Villes 2.0 de la Fing. </p>
<p>Reste que le concept développé ne va pas au bout <a href="http://www.openspime.com/2008/12/23/awareness-is-the-key-to-spimes/">de celui imaginé</a> par David Orban, cofondateur de WideTag, qui explique que le rôle du capteur est d&#8217;être conscient du monde qui l&#8217;entoure. Comme nos téléphones sont conscients des modes de connectivité qui leurs sont disponibles à tout moment, ou comme un appareil photo peut-être conscient du contexte quand il intègre une fonction de reconnaissance de visages et de détection de sourires, ou comme les systèmes de freinages automobiles sont capables de vous alerter quand vous vous approchez trop près de la voiture qui vous précède. Conscients de la pollution sonore qui les entoure par exemple, demain, nos téléphones mobiles pourront être capables d&#8217;adapter le niveau sonore de votre écoute ou d&#8217;adapter la façon dont le micro capte votre parole et le bruit alentour. </p>
<p>Via <a href="http://www.openspime.com/2009/01/25/widenoise-to-let-all-familiarize-with-the-concept-of-spimes/">David Orban</a>, <a href="http://www.presse-citron.net/widenoise-construit-la-carte-mondiale-du-bruit-sur-iphone">Presse-Citron</a> et <a href="http://loichay.tumblr.com/">Loïc Haÿ</a>.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
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