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	<title>InternetActu.net &#187; Moteur de recherche</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>Eclairages pour le 21e siècle : Google, le monde et moi</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2011/03/23/eclairages-pour-le-21e-siecle-google-le-monde-et-moi/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2011/03/23/eclairages-pour-le-21e-siecle-google-le-monde-et-moi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 05:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 9 mars avait lieu à la Bibliothèque publique d&#8217;information du Centre Pompidou, dans le cadre du cycle &#8220;Eclairage pour le 21e siècle&#8221;, un débat sur Google, organisé en partenariat avec Place de la Toile, Chronique de la rentrée littéraire et InternetActu.net. 
Animé par Abeline Majorel, le débat réunissait 

Ariel Kyrou, l&#8217;auteur de Google God, cette déclaration d&#8217;amour et de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Le 9 mars avait lieu à la <a href="http://www.bpi.fr">Bibliothèque publique d&#8217;information</a> du Centre Pompidou, dans le cadre du cycle <a href="http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&#038;id_doc=1790">&#8220;Eclairage pour le 21e siècle&#8221;</a>, un débat sur Google, organisé en partenariat avec <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a>, <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/">Chronique de la rentrée littéraire</a> et <a href="http://www.internetactu.net">InternetActu.net</a>. </p>
<p>Animé par Abeline Majorel, le débat réunissait </p>
<ul>
<li>Ariel Kyrou, l&#8217;auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/Google-God-Brother-nexiste-partout/dp/2916940383/internetnet-21">Google God</a></i>, cette déclaration d&#8217;amour et de haine, de fascination et de rejet sur ce monstre du quotidien, également rédacteur en chef du site <a href="http://www.culturemobile.net">Culture Mobile</a> et membre du collectif de rédaction de la revue <i><a href="http://multitudes.samizdat.net/">Multitudes</a></i> ;</li>
<li>Daniel Ichbiah rédacteur en chef du magazine <i>Comment ça marche</i>, écrivain, auteur notamment de <i><a href="http://www.amazon.fr/Comment-Google-mangera-Daniel-Ichbiah/dp/2809803641/internetnet-21">Comment Google mangera le monde ?</a></i> ;</li>
<li>Bernard Girard, consultant en management, qui a écrit en 2006 <i><a href="http://www.amazon.fr/Une-révolution-management-modèle-Google/dp/2916260110/internetnet-21">Une révolution du management &#8211; le modèle Google</a></i><i>, qui reconnait avoir choisi d&#8217;utiliser Google dès 1998 pour découvrir que leurs méthodes de management reposaient sur tout le contraire de ce qu&#8217;il enseignait à ses étudiants et clients ;</i></li>
<li> et enfin de Matthieu Lecomte, analyste chez <a href="http://www.fabernovel.com/">Faber Novel</a>, l&#8217;éditeur français de <i><a href="http://www.amazon.fr/m%C3%A9thode-Google-ferait-votre-place/dp/2753300917/internetnet-21">La méthode Google</a></i> de Jeff Jarvis et qui a participé en 2008 à la rédaction d&#8217;une étude sur Google : &#8220;<a href="http://www.scribd.com/doc/25870814/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-su-Google-sans-jamais-oser-le-demander">Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Google sans jamais oser le demander</a>&#8221; et &#8220;<a href="http://www.slideshare.net/misteroo/pourquoi-google-nest-pas-invincible">Pourquoi Google n&#8217;est pas invincible&#8221;</a>.</li>
</ul>
<p>Ceux qui le souhaitent peuvent réécouter en ligne <a href="http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&#038;id_doc=3381">le débat</a>.</p></blockquote>
<h3>Comment et en quoi Google est-il pertinent ?</h3>
<p>La principale qualité de Google repose sur celle de son moteur. Mais est-ce que son modèle économique a une incidence sur sa pertinence comme l&#8217;exprime Renaud Chareyre dans son livre <a href="http://www.googlespleen.com/">Google Spleen</a> &#8211; un réquisitoire argumenté sur la la collusion d&#8217;intérêt entre le modèle publicitaire de Google et sa fonction de moteur de recherche ? En quoi, par exemple, le dernier changement d&#8217;algorithme de Google, a-t-il des effets sur la manière dont on trouve ce qu&#8217;on cherche, questionne Abeline Majorel. </p>
<p>Pour Matthieu Lecomte, Google cherche sans cesse à améliorer l&#8217;expérience utilisateur, alors que les éditeurs cherchent à contourner les règles mises en place par le moteur. Depuis quelques années, explique-t-il sont apparues des fermes de contenus, produisant quotidiennement des quantités astronomiques de contenus basés sur les requêtes que produisent les internautes. Des contenus de faibles qualités qui monopolisent les premières pages de résultats du moteur. Google a donc récemment modifié son algorithme, comme il le fait régulièrement, mais de manière drastique, pour pénaliser ces fermes de contenus. </p>
<p>Après avoir expliqué le fonctionnement du <i>page rank</i> de Google, qui lui permet de classer les contenus selon le nombre de liens et la qualité des sites qui pointent vers eux, Ariel Kyrou pose une question : qu&#8217;est-ce qui fait la qualité de Google ? Google privilégie de plus en plus la qualité, mais aussi la subjectivité. Qu&#8217;est-ce qui fait qu&#8217;un site va être meilleur qu&#8217;un autre ? Ne va-t-on pas vers une &#8220;efficacité&#8221; et une &#8220;subjectivité&#8221; de plus en plus grandes ? <i>&#8220;Cette &#8220;efficacité&#8221; et cette &#8220;subjectivité&#8221; ne doivent-elles pas nous interroger ?&#8221;</i> </p>
<p>Daniel Ichbiah et Bernard Girard semblent plus angéliques. Pour le premier, Google se doit d&#8217;offrir le meilleur moteur possible, car il ne vend rien. On y revient, car il doit être l&#8217;ami de l&#8217;internaute, il a besoin que vous l&#8217;utilisiez pour cliquer sur ces publicités. <i>&#8220;97 % de ces 28 milliards de revenus annuels proviennent de la publicité&#8221;</i>. Tout à fait, acquiesce Bernard Girard. Google n&#8217;est qu&#8217;un outil documentaire comme un autre. </p>
<p>Dans son livre, Renaud Chareyre tente de démontrer que le système des <a href="https://adwords.google.fr/select/home">Adwords</a> est biaisé, explique Ariel Kyrou. Le système n&#8217;est pas aussi angélique qu&#8217;il y a paraît. Les publicités les mieux placées ne sont pas forcément les meilleures. <i>&#8220;Cette étude est intéressante par rapport au discours de Google, car il en pointe certaines incohérences. Pendant des années, Google s&#8217;est défié de la publicité. Chareyre met en avant un potentiel conflit d&#8217;intérêts entre la pertinence de la recherche et le système publicitaire de Google. Il souligne que le système, tel qu&#8217;il fonctionne, est relativement opaque.&#8221;</i> </p>
<p>Matthieu Lecomte n&#8217;est pas d&#8217;accord. Lui qui est utilisateur d&#8217;Adwords n&#8217;a jamais constaté ce type de problèmes. Google propose des formations pour apprendre aux gens comment ce système fonctionne. <i>&#8220;Si jamais Google truquait les résultats, les utilisateurs s&#8217;enfuiraient&#8221;</i>. De plus, <i>&#8220;Google est une société cotée. Elle propose bien plus d&#8217;information sur son fonctionnement qu&#8217;on ne le pense. Certes, ils ne donnent pas la formule de leur algorithme, mais ils tiennent un blog pour informer des changements.&#8221;</i> Adwords est le système publicitaire de Google qui consiste à acheter des mots clefs, par enchères, pour avoir des publicités simples sur les premières pages de résultats de Google sur ces mots clefs. Deux critères entrent en ligne de compte : le niveau de l&#8217;enchère et le <i>quality score</i>, c&#8217;est-à-dire la pertinence de l&#8217;annonce mesurée par son taux de clic. </p>
<p>Tout à fait poursuit Bernard Girard : on achète un espace publicitaire sur Google à partir de mots clefs. On indique la somme qu&#8217;on souhaite payer par jour et un algorithme calcule en fonction des occurrences et des autres enchérisseurs, votre place et le nombre d&#8217;affichages de votre publicité, ce qui a pour tendance de faire monter le prix des annonces. Mais vous ne payez Google que quand les visiteurs cliquent sur la publicité. <i>&#8220;C&#8217;est un modèle publicitaire doublement innovant. D&#8217;abord parce qu&#8217;il repose sur l&#8217;absence de commerciaux. Ensuite parce que ces annonces sont très simples et ne nécessitent pas de passer par une agence publicitaire pour les faire&#8221;</i>. C&#8217;est un modèle performant et novateur (on ne paye qui si quelqu&#8217;un a cliqué, contrairement à la publicité traditionnelle), qui en explique le succès.</p>
<p>Google a un intérêt économique à être honnête, insiste Daniel Ichbiah. Sans compter que Google est né en réaction aux moteurs de recherches qui pratiquaient l&#8217;amalgame, explique Girard. <i>&#8220;Nous pouvons d&#8217;un clic l&#8217;abandonner. Google est d&#8217;une extrême fragilité. C&#8217;est un monstre bâti sur des pieds d&#8217;argile. S&#8217;ils trichaient, ils seraient automatiquement punis.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/googledigitalleadership.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/googledigitalleadership.png" alt="googledigitalleadership" title="googledigitalleadership" width="579" height="334" class="alignright size-full wp-image-12541" /></a><br />
<i>Image : le Leadership de Google vu <a href="http://www.flickr.com/photos/phploveme/4040844333/">par Jinho Jung</a>.</i></p>
<h3>Le risque du profilage</h3>
<p>Google n&#8217;est pas angélique concède Daniel Ichbiah. Là où il nous pose un problème est que nulle part, sur sa page d&#8217;accueil, il ne nous prévient que toutes les requêtes que nous ferons seront conservées&#8230; et pire, comme c&#8217;est le cas avec le Patriot Act aux Etats-Unis, que le gouvernement américain peut demander ces données sur simple requête. <i>&#8220;Ils voulaient conserver tous nos e-mails ad vitam aeternam. Imaginez notre réaction, si tous nos échanges de courrier papier étaient dupliqués et conservés pour l&#8217;éternité par une entreprise privée. C&#8217;est pourtant ce qu&#8217;il se passe&#8221;</i>, même si la durée de conservation des e-mails a été réduite à 9 mois, grâce au travail de l&#8217;Electronic Frontier Foundation. </p>
<p>Mais Google n&#8217;est pas le seul à conserver nos données, nuancent Matthieu Lecomte et Bernard Girard. Le problème n&#8217;est pas lié à Google : on laisse des traces de partout, pas uniquement sur le web d&#8217;ailleurs&#8230; <i>&#8220;Google n&#8217;est pas le premier ni l&#8217;acteur le plus important du profilage&#8221;</i>, rappelle Matthieu Lecomte, <i>&#8220;mais peu de monde connait les sociétés leaders de ces marchés que sont <a href="http://www.criteo.com/">Criteo</a> ou <a href="http://www.wunderloop.com">Wunderloop</a> par exemple&#8221;</i>. </p>
<p>Oui, Google fait comme les autres, reconnaît Ariel Kyrou. Le traçage et le profilage ne vont cesser d&#8217;augmenter avec le mobile et notamment Androïd, le système d&#8217;exploitation de Google pour mobile. <i>&#8220;Il va être toujours plus fin, plus précis. Tissant un double de nous-mêmes. Il y a un réel danger à prendre cet avatar &#8211; qui sait où l&#8217;on est, ce qu&#8217;on apprécie, ce qu&#8217;on va aimer &#8211; pour le corps statistique de nous-mêmes. Ce n&#8217;est pas parce que Google fait du profilage comme les autres que cela doit justifier le profilage qu&#8217;il accomplit.&#8221;</i> </p>
<p>Oui, concède Bernard Girard. Mais le profilage a une valeur statistique importante. <a href="http://www.google.org/flutrends/">Google trends par exemple permet d&#8217;anticiper les épidémies de grippe</a>, car bien souvent les gens cherchent des informations sur leurs symptômes avant d&#8217;aller chez le médecin. Ces données ont un intérêt statistique, mais elles deviennent inquiétantes quand on peut dire que c&#8217;est un tel qui regarde telle ou telle information.</p>
<h3>La connaissance se résume-t-elle à l&#8217;accès ?</h3>
<p>Avec Google, tout est chiffres, données. Avec Google, la connaissance semble se réduire à une variable mathématique. </p>
<p><i>&#8220;Google croit profondément à la connaissance&#8221;</i>, explique Ariel Kyrou. Ses fondateurs viennent du meilleur milieu universitaire de la planète. Pour eux, la connaissance mathématique peut changer le monde. Dans ce cadre, ils considèrent les livres comme une source d&#8217;information, une source encore plus crédible que d&#8217;autres. On sous-estime la logique de diffusion de la connaissance de Google. Pourtant, ils ne vont pas s&#8217;en servir de la même manière qu&#8217;une institution publique, car Google est avant tout une entreprise privée. </p>
<p>Avec Google Books, Google a construit une immense bibliothèque où tous les livres sont accessibles immédiatement, explique Bernard Girard. <i>&#8220;Je suis utilisateur de <a href="http://books.google.fr/">Google Books</a>, et je dois reconnaître qu&#8217;il me donne accès à des livres dont nous n&#8217;imaginions pas même l&#8217;existence. La facilité d&#8217;accès élargit considérablement notre capacité à travailler. Mais aujourd&#8217;hui, Google a un problème : ils ne gagnent pas d&#8217;argent avec !&#8221;</i> Néanmoins, cela montre bien le fonctionnement de Google, estime Bernard Girard : <i>&#8220;ils satisfont d&#8217;abord les utilisateurs et cherchent ensuite des moyens pour se rémunérer et gagner de l&#8217;argent. Nous sommes dans une logique managériale et de business totalement différente des logiques traditionnelles.&#8221;</i></p>
<p><i>&#8220;Reste qu&#8217;une donnée n&#8217;est pas l&#8217;information, comme l&#8217;information n&#8217;est pas la connaissance&#8221;</i>, rappelle Ariel Kyrou. <i>&#8220;La connaissance n&#8217;est pas que l&#8217;accès. Il y a là une limite à la construction de la connaissance telle que la conçoit Google. Google favorise par exemple la recherche rapide à la recherche lente, comme le montre <a href="http://www.google.fr/instant/">Google Instant</a>, qui devance, avant que vous ne les tapiez les mots que vous recherchez. Or, la connaissance suppose de prendre du temps, du recul, des chemins de détour&#8230; La connaissance suppose une hygiène de pratique qui ne se résume pas à l&#8217;accès, à Google, à l&#8217;internet.&#8221;</i> </p>
<h3>Google nous rend-il stupides&#8230; ou plus intelligents ?</h3>
<p>Google change incontestablement nos manières de travailler, insiste Bernard Girard. En nous permettant d&#8217;accéder à plus de documents, il modifie notre manière de lire et d&#8217;écrire. Nous sommes sans aucun doute au tout début d&#8217;une véritable révolution cognitive. Dont on voit déjà les effets, explique Matthieu Lecomte. Le travail d&#8217;un journaliste bien souvent consiste à faire l&#8217;article le plus Googolocompatible possible.<i>&#8221; La valeur d&#8217;un article pour un éditeur de presse, c&#8217;est un article bien indexé par Google&#8221;</i>. Nous sommes confrontés à un risque de dérive et d&#8217;appauvrissement général. <a href="http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/">Après avoir cité Nicholas Carr et son article &#8220;Google nous rend-il stupide ?&#8221;</a>, Ariel Kyrou rappelle qu&#8217;une technologie n&#8217;est jamais neutre. <i>&#8220;Or Google prétend que la techno est neutre, donc bonne par essence&#8221;</i>. </p>
<p>Bernard Girard rappelle que les auteurs antiques ne citaient pas les auteurs dans leurs textes, car ils en avaient la mémoire. Aujourd&#8217;hui, nous sommes majoritairement incapables de reconnaître un passage de Platon ou d&#8217;Aristote. Avec des outils comme Google notre mémoire s&#8217;externalise, permettant de développer d&#8217;autres capacités cognitives. </p>
<p>Pour Daniel Ichbiah, Google est en train d&#8217;avoir un énorme impact sur le XXIe siècle. Depuis l&#8217;internet, aucun nouveau mouvement culturel n&#8217;a émergé. On a un outil qui permet d&#8217;un coup de consulter les connaissances amassées&#8230; et tout le monde les regarde en en attendant quelque chose. </p>
<p><i>&#8220;Il est plus difficile de trouver un livre entre 10 millions qu&#8217;en 10&#8243;</i>, rappelle Ariel Kyrou. <i>&#8220;Nous avons besoin de trouver de nouveaux points de référence dans cet océan, de nouvelles bouées sur lesquelles s&#8217;appuyer.&#8221;</i></p>
<h3>Le dieu Google ?</h3>
<p>L&#8217;hégémonie de Google est très différente de celle de Microsoft, explique Ariel Kyrou. La grande force de Google repose sur ses deux devises : &#8220;ne faisons pas le mal&#8221; et &#8220;être le relais de toute l&#8217;information du monde&#8221;. Aucune information ne doit donc échapper à leurs filtres. C&#8217;est une hégémonie qui laisse les gens faire, mais c&#8217;est une hégémonie tout de même, car personne ne doit échapper à leur présence. <i>&#8220;C&#8217;est une hégémonie douce, dont l&#8217;idéal est d&#8217;être présent en permanence, jusqu&#8217;à nous dessaisir de nous-mêmes&#8221;</i>. </p>
<p>Pour Daniel Ichbiah, cette hégémonie est fragile. Facebook, né en 2004, a depuis août 2010 plus de visiteurs que Google. Cela montre bien que d&#8217;autres modèles peuvent émerger. <i>&#8220;Le pire risque que court Google est celui de devenir ringard&#8221;</i>. Or, Google est toujours passé à travers cela. Sans compter qu&#8217;on a toujours le libre choix de l&#8217;utilisation de Google ou pas. </p>
<p>Certes, mais quitter Google n&#8217;est pas si simple quand on utilise nombre de ses services, rappelle Matthieu Lecomte. On entre dans l&#8217;univers Google par le moteur de recherche puis on souscrit à d&#8217;autres services. Or, transférer l&#8217;ensemble des services qu&#8217;on utilise chez Gogle serait long et compliqué&#8230; <i>&#8220;Mais c&#8217;est possible, car contrairement à bien d&#8217;autres, <a href="https://www.google.com/dashboard">Google propose des moyens pour changer de service</a>&#8220;</i>, nuance Bernard Girard. </p>
<h3>Nous n&#8217;avons pas le même rapport avec Facebook qu&#8217;avec Google</h3>
<p>Comment expliquer ce qui apparaît comme l&#8217;échec de Google, de n&#8217;avoir pas réussi à prendre le virage des réseaux sociaux ? </p>
<p>C&#8217;est effectivement un ratage, estime Bernard Girard, malgré le succès ponctuel d&#8217;<a href="http://www.orkut.com">Orkut</a>, le réseau social de Google, dans quelques pays : Google n&#8217;a pas saisit que les jeunes pouvaient s&#8217;installer sur ces systèmes. Mais ça n&#8217;a pas impacté leurs revenus, rappelle Daniel Ichbiah. Microsoft a raté bien des virages, ils demeurent encore le numéro un du logiciel. Certes, <i>&#8220;mais ils ont quand même raté Facebook&#8221;</i>, concède Bernard Girard. </p>
<p>Facebook est certainement ce qui fait le plus peur à Google, estime Ariel Kyrou, car si demain la recherche fonctionnait par la recommandation sociale, cela serait une réponse bien différente de ce que propose Google. <i>&#8220;Il y a peut-être quelque chose de l&#8217;ordre de l&#8217;humain, de l&#8217;intime, qui a échappé à la froide mécanique des ingénieurs de Google.&#8221;</i> </p>
<p>Y&#8217;a-t-il un enjeu important dans la personnalisation de la recherche ? Si deux personnes soumettent la même requête, ils n&#8217;auront pas le même résultat. De prime abord, cela à l&#8217;air pertinent, mais cela ne remet-il pas en question l&#8217;espace commun qui permet de construire le savoir ?, demande dans le public Louise Merzeau. Dans le rapport entre Google et Facebook semble se confronter deux modèles philosophiques du web : Google, fondé sur une logique centrifuge de tissage de liens exponentiels et Facebook, fondé sur une logique centripète, rapatriant tous les parcours vers le même centre : le mur de l&#8217;utilisateur. </p>
<p>Les résultats de recherche dépendent déjà des profils de chacun, souligne Matthieu Lecomte. L&#8217;espace personnel semble pouvoir cohabiter avec un espace plus neutre. Effectivement, dans la bataille entre Google et Facebook, les deux logiques se sont longtemps affrontées. Mais désormais les approches convergent et Facebook a pris un virage permettant de l&#8217;utiliser bien au-delà du seul portail qu&#8217;il propose. </p>
<p>Bernard Girard n&#8217;est pas d&#8217;accord. Pour lui, les deux modèles sont différents et risquent de diverger de plus en plus. D&#8217;ailleurs, les rapports des utilisateurs aux deux géants sont différents : <i>&#8220;les gens s&#8217;inquiètent du rapport intime qu&#8217;ils ont à Facebook, alors qu&#8217;on ne sent pas autant de réticence envers Google, certainement parce que les données que Google collecte sont abstraites, invisibles et ne pointent pas vers chacun de nous&#8221;</i>. </p>
<h3>Google, un modèle de management ?</h3>
<p>Marissa Mayer, l&#8217;une des vice-présidentes de Google, enchaine quelque 70 réunions par semaine. Comment fait-elle ? Comment Google est-il organisé ?&#8230; Il y a quelques années, <i><a href="www.businessweek.com/smallbiz/content/sep2006/sb20060927_259688.htm">Business Week</a></i> tirait de cet exemple de fonctionnement plusieurs conseils : &#8220;démultipliez les agendas, faites des comptes rendus, chaque sujet doit avoir un temps très limité et les durées respectées, délivrez des données et non pas de la politique ou des sentiments, et encore une fois respectez les horaires !&#8221; </p>
<p>Mais en même temps, ce modèle cache autre chose que ce qu&#8217;il dit : aucune décision ne peut se faire sur des sentiments : au contraire, toute décision doit être appuyée par des chiffres, ce qui relève plutôt d&#8217;une culture très industrielle, fondée sur l&#8217;algorithmique. Contrairement à la règle bien connue des 20 % de temps libre, aux <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Googleplex">GooglePlex</a> aux couleurs chatoyantes, offrant de multiples possibilités de réunion et de détentes, il n&#8217;est pas sûr qu&#8217;il y ait beaucoup de place pour l&#8217;humain et l&#8217;aléatoire chez Google. Si l&#8217;organisation de l&#8217;espace est de qualité et permet une grande fluidité, c&#8217;est assurément pour servir des objectifs de management. </p>
<p>Pour Bernard Girard, dont le livre a longuement étudié le modèle, le texte de <i>Business Week</i> est un bon exemple de méthodes de conduites de réunion, comme on les trouve désormais dans la plupart des grandes entreprises américaines. La règle des 20 % du temps consacré aux projets personnels est une liberté importante selon lui, très utile pour maintenir les ingénieurs chez Google face à la concurrence, surtout dans une Silicon Valley où les clauses de non-concurrence n&#8217;existent pas. Chez Google, plusieurs produits sont nés ainsi, en permettant aux ingénieurs de développer leurs idées avec les outils de l&#8217;entreprise. </p>
<p>Ariel Kyrou reconnait que la règle des 20 % est bien inscrite dans le contrat que l&#8217;on signe en entrant chez Google, mais qu&#8217;elle fait plus partie du mythe que de la réalité. <i>&#8220;Bien sûr, la cantine gratuite, les massages&#8230; : tout cela fonctionne. Il est vrai que Google est allé très loin dans cette logique de cocon pour l&#8217;employé.&#8221;</i> Dans les faits, le management de Google est très sélectif (en 2007, l&#8217;entreprise a reçu 1 million de candidatures spontanées alors qu&#8217;elle comptait 18 salariés à l&#8217;époque). En réalité, la règle des 20 % se confronte à la réalité : <i>&#8220;les gens n&#8217;ont pas le temps de consacrer du temps à leurs projets personnels&#8221;</i>. </p>
<p>Tout à fait renchérit Mathieu Lecomte : cela participe surtout du mythe. &#8220;<i>Dans la réalité, chez Google, on bosse énormément et on subit beaucoup de pression. On en trouve beaucoup d&#8217;expression sur bien des forums&#8221;</i>. Le modèle Google n&#8217;est pas singulier, on le retrouve dans beaucoup de sociétés du même type. Chez Google, renchérit Ariel Kyrou, il y a peu de niveaux hiérarchiques et un faible <i>middle management</i> Le seul processus lourd et long, c&#8217;est l&#8217;embauche qui nécessite de passer 13 à 15 étapes très sélectives. </p>
<p><i>&#8220;J&#8217;ai passé le processus de recrutement de Google&#8221;</i>, reconnaît Matthieu Lecomte. <i>&#8220;Une des spécificités est que Google recherche des profils brillants. A l&#8217;époque, je postulais comme simple stagiaire. J&#8217;ai participé à 3 entretiens par téléphone avec Dublin et 4 avec Paris. J&#8217;ai été retenu, mais ils m&#8217;ont alors demandé toutes mes notes de classe depuis le Bac. Et trois semaines après, j&#8217;ai reçu une lettre qui me disait que mes notes n&#8217;étaient pas suffisantes pour entrer chez Google !&#8221;</i></p>
<p>Pour Daniel Ichbiah, s&#8217;il ne devait retenir qu&#8217;un enjeu de Google, c&#8217;est le fait qu&#8217;on ne puisse pas faire corriger les données que ce type de société privée amasse sur nous. <i>&#8220;On est à la merci d&#8217;un outil qui peut détruire une réputation, mais on n&#8217;a pas les moyens de faire rectifier des données !&#8221;</i> </p>
<p>Pour Ariel Kyrou, Google est la preuve que <a href="http://multitudes.samizdat.net/-Multitudes-40-printemps-2010-en-">Big Brother n&#8217;existe pas, mais qu&#8217;il est partout</a>, comme le titrait la revue <i>Multitudes</i>. </p>
<p>Pour Matthieu Lecomte, s&#8217;il est facile de diaboliser Google, il ne faut pas pour autant sous-estimer les contre-pouvoirs que Google nous a apportés.</p>
<p>Et Bernard Girard de recommander la lecture du livre de l&#8217;anthropologue britannique Jack Goody <i>La logique de l&#8217;écriture</i> qui décrit la révolution mentale liée à la diffusion de l&#8217;écriture et qui permet de comprendre l&#8217;évolution que nous sommes en train de vivre. Parce qu&#8217;avec Google, ce ne sont pas seulement nos outils de travails qui sont en train d&#8217;évoluer, mais surtout nos outils cognitifs : nos manières de penser, de travailler&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/google/" title="google" rel="tag nofollow">google</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/management/" title="management" rel="tag nofollow">management</a><br />
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		<title>La vie privée peut tuer</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 09:46:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance de l'internet]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;En compagnie de nudistes, personne n&#8217;est nu, et il n&#8217;y a nulle part où se cacher.&#8221;
&#8211;Jeff Jarvis
Journaliste et auteur de &#8220;La méthode Google : que ferait Google à votre place ?&#8220;, Jeff Jarvis est surtout connu pour son blog, BuzzMachine. Il y défend notamment le fait qu&#8217;avec l&#8217;internet, nous entrons dans une nouvelle ère de vie publique (publicness,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.buzzmachine.com/archives/2003_06_01.html#003916"></a><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002ynakedair-010.jpg" alt="Compagnie aérienne nudiste" title="Compagnie aérienne nudiste" hspace="3" vspace="3" align="right" width="200"  class="alignnone size-full wp-image-9470" />&#8220;En compagnie de nudistes, personne n&#8217;est nu, et il n&#8217;y a nulle part où se cacher.&#8221;<br />
&#8211;Jeff Jarvis</p></blockquote>
<p>Journaliste et auteur de &#8220;<a href="http://www.amazon.fr/méthode-Google-ferait-votre-place/dp/2753300917/internetnet-21"><em>La méthode Google : que ferait Google à votre place ?</em></a>&#8220;, Jeff Jarvis est surtout connu pour son blog, <a href="http://www.buzzmachine.com/">BuzzMachine</a>. Il y défend notamment le fait qu&#8217;avec l&#8217;internet, nous entrons dans une nouvelle ère de vie publique (<em>publicness</em>, en VO) qui va révolutionner nos manières de vivre, de travailler et de gouverner, et estime que gouvernements et entreprises privées devraient être transparentes &#8220;<em>par défaut</em>&#8221; si elles veulent garder la confiance des citoyens, et consommateurs.</p>
<blockquote><p>&#8220;Aussi, je n&#8217;avais pas le choix, quand j&#8217;ai appris que j&#8217;avais un cancer de la prostate. Il fallait que j&#8217;en parle sur mon blog.&#8221;</p></blockquote>
<p><a href="http://www.buzzmachine.com/2009/08/17/the-public-life-2/">Et il ne le regrette pas</a>. En commentaires, par mail, via Twitter, il a reçu beaucoup plus d&#8217;informations et de soutien, tant de la part d&#8217;autres malades, d&#8217;amis que d&#8217;inconnus, qu&#8217;il n&#8217;a pâti de cette exposition d&#8217;une partie de son intimité et de sa &#8220;<em>vie privée</em>&#8220;.</p>
<p>Si cela a permis de ne sauver ne serait-ce qu&#8217;une seule vie, écrit-il, son &#8220;<em>outing</em>&#8221; valait la peine d&#8217;être effectué. D&#8217;autant qu&#8217;il a également incité d&#8217;autres malades à en parler, et donc à insister sur l&#8217;importance de se faire dépister.</p>
<p><a href ="http://www.buzzmachine.com/archives/2004_01_15.html#005874"></a><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002HandsOffOurBoobs.jpg" alt="Hands Off Our Boobs" title="Hands Off Our Boobs" width="150" class="alignnone size-full wp-image-9475" hspace="3" vspace="3" align="right" />Les hommes ont de ces pudeurs que les femmes ont moins. Les hommes, dit-on, taisent leurs émotions, ne parlent pas de leurs problèmes intimes. Les femmes n&#8217;ont pas forcément ce genre de pudeur, et un autre rapport à l&#8217;&#8221;<em>intimité</em>&#8220;, tant de leur corps que de leurs états d&#8217;âmes.</p>
<p>Ainsi, et comme l&#8217;a découvert Jarvis suite à son billet, le cancer du sein est bien plus médiatisé, et reçoit bien plus d&#8217;attention, d&#8217;argent et donc de recherches, que celui de la prostate, alors qu&#8217;il touche à peu près autant d&#8217;hommes qu&#8217;il n&#8217;y a de femmes atteintes du cancer du sein.</p>
<p>Jarvis a enfin pris conscience que le fait de ne pas parler des problèmes que l&#8217;on peut avoir avec son pénis, par timidité, par honte ou parce que cela relève de son intimité, empêche certains hommes de se confier à leurs médecins, et que certains en meurent. Dit de façon plus brutale : &#8220;<em><a href="http://e-patients.net/archives/2010/02/privacy-can-kill-openness-can-heal.html">la vie privée peut tuer</a></em>&#8220;.</p>
<h3>La &#8220;vie privée&#8221; ? Une peur galvaudée</h3>
<p>Pour Jarvis, il y a plus d&#8217;avantages à avoir une vie publique sur le Net que de risques à y perdre son intimité :</p>
<blockquote><p>&#8220;<a href="http://www.buzzmachine.com/2007/11/28/friends-forever-the-advantages-of-publicness/">Ma vie est un blog ouvert</a>. Aussi, je préfère regarder les bénéfices que je peux tirer de cette vie publique, et m&#8217;intéresser à ce que je pourrais perdre en maintenant, de façon exagérée, certaines informations dans la sphère privée. Quel est le coût de la vie privée ?&#8221;</p></blockquote>
<p>Jeff Jarvis rappelle que Vint Cerf, l&#8217;un des pères de l&#8217;internet, avait déclaré, ironiquement, qu&#8217;&#8221;<em>il n&#8217;y a plus de vie privée, autant vous y faire</em>&#8220;. Pas tant parce qu&#8217;elle n&#8217;existe pas, mais parce que ce n&#8217;est pas la question :</p>
<blockquote><p>&#8220;La notion de &#8220;<em>vie privée</em>&#8221; est l&#8217;une des peurs les plus galvaudées de notre époque. Le problème, ce n&#8217;est pas la vie privée. C&#8217;est le contrôle.</p>
<p>Nous avons besoin de pouvoir contrôler nos données personnelles, de savoir si elles sont rendues publiques, auprès de qui, et comment elles sont utilisées.&#8221;</p></blockquote>
<p>Cette peur de voir nos données être récupérées, et contrôlées, par des tiers, est au coeur du &#8220;<em>paradoxe de la vie privée</em>&#8220;, que l&#8217;on peut <a href="http://www.identitesactives.net/?q=lexique-terme21-paradoxe-de-la-vie-privee">définir</a> comme suit :</p>
<blockquote><p>&#8220;Contradiction au moins apparente entre, d&#8217;une part, l&#8217;inquiétude générale ressentie par les individus vis-à-vis de la protection de leur vie privée dans un monde numérique et, d&#8217;autre part, leurs pratiques quotidiennes de dévoilement volontaire, lorsqu&#8217;ils remplissent un formulaire, répondent à un questionnaire ou cherchent à nouer des relations en ligne.&#8221;</p></blockquote>
<p><a href ="http://www.buzzmachine.com/2010/02/11/the-german-privacy-paradox/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002sauna-sign-150x150.jpg" alt="sauna-sign" title="sauna-sign" width="150" height="150" class="alignnone size-thumbnail wp-image-9479" hspace="3" vspace="3" align="right" /></a>Jeff Jarvis s&#8217;est ainsi <a href="http://www.buzzmachine.com/2010/02/11/the-german-privacy-paradox/">penché</a> sur le &#8220;<em>paradoxe de la vie privée</em>&#8221; des Allemands qui, dans leurs saunas (mixtes) n&#8217;ont aucun problème à être nus, mais qui, par contre, estiment que Facebook ou Google Analytics vont à l&#8217;encontre de leurs lois, qui <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Werl%C3%A9">autorisent</a> (au nom du droit à l&#8217;oubli) des meurtriers à retirer leurs noms de l&#8217;article de Wikipedia consacré à celui qu&#8217;ils ont tué, et qui n&#8217;hésitent pas à <a href="http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,676616,00.html">porter plainte</a> contre Google Street View, qui rend publiques des photographies prises&#8230; dans les espaces publics.</p>
<p>Jeff Jarvis n&#8217;en estime pas moins que les Allemands ont probablement &#8220;<em>l&#8217;attitude la plus mature pour ce qui est des rapports entre vie publique et vie privée</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>Une bonne façon de poser la question est de se demander quel dommage pourrait résulter de l&#8217;exposition au public de quelque chose de privé.</p>
<p>Regardons les Allemands : quel mal y a-t-il à être nu lorsque tout le monde l&#8217;est ? <a href="http://www.buzzmachine.com/2009/08/17/the-public-life-2/">En compagnie de nudistes, personne n&#8217;est &#8220;nu&#8221;</a>. Alors comme ça, vous avez des seins, et mois un pénis. Surprise, surprise, surprise.</p>
<p>Le problème ne relève pas de la vie privée, mais du contrôle : nous avons le droit de contrôler nos données, et comment elles sont utilisées. Et qu&#8217;y a-t-il de mal à avoir une vie publique ? Où se situe la limite ?</p></blockquote>
<h3>Le problème, ce n&#8217;est pas la vie privée. C&#8217;est le contrôle</h3>
<p>Il ne plaide pas pour autant pour une transparence totale, mais pour le libre choix de tout un chacun de disposer librement de ce qu&#8217;il veut rendre public, ou pas, de sa vie privée :</p>
<blockquote><p>&#8220;Je pense que nous devrions déplacer la discussion des dangers qui pèsent sur la vie privée aux bénéfices qu&#8217;il y a à tirer de la vie publique.</p>
<p>Le problème, ce n&#8217;est pas la vie privée, mais le contrôle qu&#8217;on en a. Et je dois avoir le droit, et les moyens, de garder secrète la maladie si j&#8217;en ai envie.&#8221;</p></blockquote>
<p>Pourtant, dans le même temps, Jarvis prédit aussi que viendra le temps où ceux qui ne se prêteront pas à ce type de transparence passeront pour &#8220;<em>égoïstes</em>&#8220;, de même que les entreprises, gouvernements ou institutions qui refuseraient d&#8217;agir en toute transparence, et de rendre publiques leurs données publiques, sont et seront accusés d&#8217;avoir quelque chose à cacher.</p>
<p>Pour autant, ce n&#8217;est pas parce que l&#8217;on peut, sur l&#8217;internet, partager beaucoup d&#8217;informations, et donc aussi rendre publiques des données qui relevaient auparavant l&#8217;internet de la seule sphère personnelle, que l&#8217;on devient pour autant totalement transparent : avoir une &#8220;<em>vie publique</em>&#8221; ne signifie pas tirer un trait sur sa &#8220;<em>vie privée</em>&#8220;.</p>
<p><a href="http://www.buzzmachine.com/archives/2004_12_11.html#008655"></a><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002greek2.jpg" alt="Greek naked" title="Greek naked" width="100" height="199" class="alignnone size-full wp-image-9477" vspace="3" hspace="3" align="right" />Et il est évident que l&#8217;<a href="http://standblog.org/blog/post/2009/12/11/D%C3%A9rapage-d-Eric-Schmidt-de-Google">on a tous des choses à cacher</a>, et des choses que l&#8217;on n&#8217;aimerait pas forcément voir : nous sommes nés parce que nos parents ont fait l&#8217;amour, par exemple. On va tous aux toilettes, sous la douche, chez le médecin, voire à confesse, toutes choses qui relèvent de notre intimité, de la sphère privée.</p>
<p>&#8220;<em><a href="http://www.buzzmachine.com/2009/03/14/sxsw-privacy-and-publicness/">La vie publique, c&#8217;est du social</a></em>&#8220;, souligne Jarvis, et là est toute la différence. Le web 2.0 en a fait sa force de travail, sinon son modèle économique : je consens à obtenir un service en contrepartie, soit de ma force de travail bénévole, soit de certaines données personnelles, voire les deux.</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui a fait le succès de Flickr, qui postulait que, par défaut, les utilisateurs rendraient publiques leurs photographies, quand leurs concurrents proposaient, essentiellement, de les garder pour soi, en mode &#8220;<em>privé</em>&#8220;. Dès lors, les utilisateurs ont commencé à regarder les photos des autres, à les commenter, partager, à créer des groupes et communautés, à expliquer comment faire de plus belles photos&#8230;</p>
<h3>S&#8217;informer, ce n&#8217;est pas espionner</h3>
<p>Pour David Weinberger (<a href="http://www.hyperorg.com/blogger/">blog</a>), &#8220;<em>la transparence est la <a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/08/18/la-transparence-est-la-nouvelle-objectivite/">nouvelle objectivité</a></em>&#8220;, comme le résumait Francis Pisani, &#8220;<em>parce qu’elle permet de voir les sources de l’auteur et les valeurs qui l’ont amené à prendre la position qui est la sienne</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Hier, l’objectivité du reporter nous donnait des raisons de croire. Elle avait pour inconvénient de nous encourager à cesser de douter, de renoncer à enquêter par nous même.</p>
<p>Mais à l’heure du web, &#8220;<em>L’objectivité sans transparence ressemblera de plus en plus souvent à de l’arrogance</em>&#8220;. Pourquoi faire confiance quand on peut avoir accès aux faits, à la source des idées, aux arguments ?&#8221;</p></blockquote>
<p><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/07/04/nouveautes/mthode-google-livre-de-jeff-jarvis-sort-enfin-en-france/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002la_methode_google-150x150.jpg" alt="La méthode Google" title="La méthode Google" width="150" height="150" class="alignnone size-thumbnail wp-image-9481" hspace="3" vspace="3" align="right" /></a>La &#8220;<em>génération Google</em>&#8221; fait quelque chose que l&#8217;on ne pouvait pas faire auparavant : chercher, par soi-même, à recouper, vérifier et valider une information. C&#8217;est la force des moteurs de recherche, c&#8217;est aussi ce pour quoi blogueurs et bons journalistes donnent les liens vers leurs sources, tout comme les universitaires mettent leurs références en notes de bas de page.</p>
<p>S&#8217;informer sur quelqu&#8217;un, ce n&#8217;est pas forcément de l&#8217;espionnage. Cela relève même rarement de l&#8217;espionnage, ou de la surveillance. Journalistes et blogueurs ne sont pas au service d&#8217;un quelconque Big Brother, et n&#8217;ont que très rarement recours à des méthodes ou techniques relevant de l&#8217;espionnage lorsqu&#8217;ils s&#8217;informent. Quant aux atteintes à la vie privée dont font les frais les people, il s&#8217;agit souvent d&#8217;un <a href="http://www.slate.fr/story/15569/business-people-presse-argent-proces-vie-privee-jennifer-aniston">business</a>, plus que de réelles atteintes à l&#8217;intimité.</p>
<p>Il est donc faux de déclarer que le problème, dans cette société de l&#8217;information qu&#8217;est l&#8217;internet, ce serait la &#8220;<em>vie privée</em>&#8220;. Le problème, c&#8217;est la possibilité (ou non) de contrôler ce que l&#8217;on décide de rendre public. Et, faut-il le rappeler, la majeure partie des internautes le vivent très bien, merci -même si on peut toujours faire mieux.</p>
<p><a href="http://fr-fr.facebook.com/jean.marc.manach">jean.marc.manach</a> (sur Facebook) &amp; <a href="http://twitter.com/manhack">@manhack</a> (sur Twitter)</p>
<p><em>PS : ceux qui voudraient en savoir plus sur le <a href="http://www.buzzmachine.com/2009/09/17/the-small-c-and-the-big-robot/">robot chirurgien</a> qui a opéré Jeff Jarvis de son cancer de la prostate, ou encore de l&#8217;<a href="http://www.buzzmachine.com/2009/10/16/small-c-the-penis-post/">ordre</a> qui lui a été donné de prendre du Viagra et de se masturber pour que son sexe retrouve toutes ses fonctions, trouveront toutes ces informations réunies, sous l&#8217;étiquette <a href="http://www.buzzmachine.com/tag/prostate/">prostate</a>, sur son blog dont sont également extraites les illustrations de ce billet.</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/longue-vie/" title="longue vie" rel="tag nofollow">longue vie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		<title>La Googlisation est dans l&#8217;Entonnoir</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/12/18/la-googlisation-est-dans-lentonnoir/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Dec 2009 06:01:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Publication]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour conclure le dossier sur la société de la requête, il semblait important de montrer que les réflexions sur Google sont assez nourries en France et qu&#8217;elles ne se résument pas, loin de là, au pamphlet de Jean-Noël Jeanneney, comme l&#8217;estimait Geert Lovink. 
La publication de L&#8217;entonnoir, aux éditions C&#038;F, réunissant plusieurs contributions de chercheurs provenant essentiellement des sciences de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/entonnoir-300x300.jpg" alt="La couverture de l&#039;entonnoir" title="La couverture de l&#039;entonnoir" width="300" height="300" class="size-medium wp-image-8790" hspace="6" vspace="6" align="right" />Pour conclure <a href="http://www.internetactu.net/?s=%22Une+soci%C3%A9t%C3%A9+de+la+requ%C3%AAte%22">le dossier sur la société de la requête</a>, il semblait important de montrer que les réflexions sur Google sont assez nourries en France et qu&#8217;elles ne se résument pas, loin de là, au pamphlet de Jean-Noël Jeanneney, <a href="http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/">comme l&#8217;estimait Geert Lovink</a>. </p>
<p>La publication de <a href="http://www.amazon.fr/Lentonnoir-Google-sciences-linformation-communication/dp/291582505X/internetnet-21"><em>L&#8217;entonnoir</em></a>, <a href="http://cfeditions.com/entonnoir/">aux éditions C&#038;F</a>, réunissant plusieurs contributions de chercheurs provenant essentiellement des sciences de l&#8217;information et de la communication, est un condensé de quelques-unes des nombreuses interrogations qui agitent l&#8217;univers de la recherche quand on évoque Google. Il nous a semblé intéressant de vous en livrer l&#8217;introduction qui donne un bon aperçu de la richesse de son contenu, notamment en questionnant la notion de la pertinence du moteur ou en analysant le discours que porte Google sur lui-même. </p>
<p>Comme le dit Hervé Le Crosnier, éditeur et <a href="http://cfeditions.com/entonnoir/?a=preface">préfacier</a> de l&#8217;ouvrage : <em>&#8220;La formation du citoyen du vingt-et-unième siècle passe par le décryptage des processus de condensation des méga-entreprises du web, non pour les mettre de côté, ce qui est impossible, il faut et il a toujours fallu des filtres à information pour éviter la noyade, mais plus simplement pour les mettre &#8220;à leur place&#8221;.&#8221;</em> Comprendre Google, décoder les projections mentales de l&#8217;entreprise et nos propres représentations, sont nos premières armes pour donner place au recul critique nécessaire pour comprendre l&#8217;évolution de la société de la connaissance.</p></blockquote>
<h3>Introduction à l&#8217;Entonnoir</h3>
<p>Depuis leur avènement au milieu des années 1990, les moteurs de recherche commerciaux ont pris une place de choix dans les habitudes des internautes. Le succès rencontré par ces outils n’a cessé de se renforcer et oblige à l’analyse. La position hégémonique du moteur de recherche Google dans le paysage français et occidental, son positionnement particulier et le changement de modèle qu’il a imposé dans la recherche d’information en ligne en font un dispositif qui mérite d’être interrogé.</p>
<p>Cet ouvrage cherche à passer au-delà du fonctionnement intrinsèque des services de Google pour mettre en débat les valeurs qu’ils promeuvent et les pratiques dont ils font l’objet. Dans l’entonnoir de Google se joue à la fois la contraction de &#8220;tout le web&#8221; dans un champ de recherche unique, devenu indispensable, et la construction d’un discours auto-justificatif et moralisateur qui en retour inonde tout le web. Double circulation en entonnoir. Nous souhaitons au long des divers articles qui composent cet ouvrage rendre compte de phénomènes distincts et pourtant connexes.</p>
<p>Pour une partie des usagers, la méconnaissance des outils de recherche tend à objectiver les résultats fournis par Google. Ce phénomène nous semble lié à l’intelligibilité des typologies et techniques documentaires, des techniques (algorithmiques) stochastiques et à la surcharge informationnelle. De l’autre côté, nous avons des usagers désorientés par la déconstruction/reconstruction de leur univers documentaire. En cause la versatilité des services, des sources, des interfaces d’interrogation, rythmée par les rachats et les fusions d’entreprises et par l’évolution des techniques. Aussi, même si chacun des textes de l’ouvrage peut être lu indépendamment des autres, l’ensemble est agencé selon un fil rouge, une certaine progression entre une perte d’intelligibilité (flou cognitif) et une perte de repères (flou sémiotique).</p>
<p>Nous avons organisé les articles proposant les résultats de recherches en sciences de l’information et de la communication des universités françaises en trois parties : les pratiques, les méthodes et l’analyse du discours de Google. De l’usage de l’outil Google à la volonté de pouvoir de l’entreprise Google Inc.</p>
<p>Nous ouvrons l’ouvrage par une démonstration du flou cognitif des usages dans l’appréhension des outils de recherche d’information par le public estudiantin. Public intéressant à observer, puisqu’il constitue un échantillon parmi les personnes acculturées aux moteurs de recherche, qui plus est placées dans une situation d’acquisition de méthodologie de travail. Ceux qui arrivent à l’université de nos jours font un usage banalisé des moteurs commerciaux en ligne. À partir d’une enquête menée auprès d’étudiants de première année, Brigitte Simonnot cherche à cerner les représentations des outils chez ce public. L’enquête, comme d’autres menées ailleurs, montre la position hégémonique qu’occupe le moteur Google, plébiscité pour sa facilité d’usage et son côté intuitif. Cependant, le recours fréquent aux moteurs n’amène pas les étudiants à questionner les fondements d’une démarche informationnelle aboutie et n’améliore pas leurs connaissances info-documentaires. Il leur donne surtout une illusion d’autonomie dans ce domaine. Illusion entretenue par un manque d’intelligibilité des outils de recherche et des ressources documentaires. L’illusion constitue-t-elle un frein à la connaissance ? Les formations dispensées à l’université méritent d’être repensées pour promouvoir et approfondir les compétences info-documentaires et offrir aux étudiants des catégories permettant de mieux gérer, évaluer et maîtriser la densité d’information, d’acquérir une meilleure autonomie et ne pas laisser le moteur régler la sélection des sources à leur place.</p>
<p>Autre public dont l’observation peut se révéler charnière, celui d’une catégorie essentielle de spécialistes de l’information : les journalistes. Ils ont fait la part belle à la communication marketing du moteur dans leurs colonnes. Ils ne sont pas non plus les derniers à utiliser les moteurs de recherche dans leur activité professionnelle. Nicolas Pélissier et Mamadou Diouma Diallo interrogent la place grandissante qu’occupent les moteurs dans les pratiques journalistiques. Ils constatent la montée en puissance des sources électroniques par rapport aux sources traditionnelles – orales et imprimées – dans cette profession. À partir d’une série d’entretiens menés avec des journalistes d’un grand quotidien français, les auteurs évoquent des pratiques d’enquêtes de plus en plus sédentaires où les réseaux télématiques, qu’il s’agisse d’internet ou du téléphone, prennent une part grandissante. Chez les journalistes avec lesquels ils se sont entretenus, Google occupe une place de choix, mais, paradoxalement, ces professionnels de l’information semblent prendre peu de recul par rapport à leurs usages du moteur. Une fois de plus le flou cognitif s’installe et les formations des journalistes devraient prendre en compte cet aspect pour doter les futurs professionnels d’éléments méthodologiques et éthiques plus poussés dans ce domaine.</p>
<p>Au chapitre des méthodes, nous retrouvons au cœur la question de la formation. Alexandre Serres et Olivier Le Deuff font directement écho aux besoins de formation évoqués dans les deux précédents textes. Les auteurs interrogent principalement l’intelligibilité des moteurs de recherche, le flou cognitif dans lequel peuvent être plongés les utilisateurs. Mais plus généralement, ils soulignent qu’une formation aux outils de recherche doit s’appuyer plus largement sur le développement de la culture informationnelle. Les auteurs relèvent plusieurs &#8220;confusions sémantiques&#8221; induites par les moteurs qui participent à un &#8220;brouillage&#8221; des notions info-documentaires. Confusion entre les différentes approches de la pertinence : pertinence thématique ou topicale (relevance), pertinence-système calculée par agrégation ou conjonction de mesures statistiques, et pertinence-utilisateur, c’est-à-dire adéquation à un besoin d’information en contexte. Confusion entre mesure d’audience (affluence et fréquentation des sites) et influence. Confusion enfin entre autorité et popularité. Face aux enjeux sociopolitiques soulevés par les nouveaux infomédiaires machiniques que représentent les moteurs de recherche, ils plaident pour une nouvelle approche de la formation documentaire dans les universités et la mise en œuvre d’un véritable travail de réflexion sur la didactique de l’information.</p>
<p>Pour poursuivre sur cette voie, Olivier Ertzscheid, Gabriel Gallezot et Éric Boutin se penchent sur le fameux algorithme PageRank du moteur. Inspiré à l’origine par des indicateurs scientométriques, cet algorithme s’en est ensuite éloigné pour s’adapter à l’évolution des ressources en ligne. L’application de tels indicateurs à des corpus de documents aussi hétérogènes que ceux que l’on trouve sur le web visible pour évaluer leur pertinence documentaire par rapport aux requêtes des internautes ne va pas sans poser question. Les auteurs soulignent l’instrumentalisation du concept de pertinence par le moteur et son détournement au profit d’une logique marchande. Des situations de flou et d’ambiguïté s’installent, comprises entre une vision appauvrie de la réalité documentaire et une fuzzy search contrôlée. À l’origine de ces situations, des cultures informationnelles diverses et des pratiques documentaires variées qui relèvent d’un paradigme qui pourrait être celui de la sérendipidité. Pour réduire leurs propos, les usagers ont ou n’ont pas la possibilité ou la capacité de subjectiver leur recherche, du moins ne savent pas ou peu se défaire de l’&#8221;objectivation&#8221; imposée par les outils de recherche du web.</p>
<p>Ces pratiques et réflexions méthodologiques rencontrent un discours diffusé avec insistance par Google Inc. Nous passons de l’usage technique des ressources au positionnement économique et idéologique de l’entreprise. Les visées de celle-ci dépassent la promotion pour se placer comme référent dans l’imaginaire des usagers. C’est la construction d’un discours qui organise le flou sémiotique, au travers des mots, des concepts, de la communauté des usages et des implicites de l’interface qui sont passés au crible dans la troisième partie du livre.</p>
<p>Après avoir appréhendé les usagers des moteurs de recherche, souligné le flou cognitif qu’ils semblent entretenir et la nécessité de formation à une culture informationnelle capable de rendre intelligibles les outils de recherche d’information, Philippe Dumas et Daphné Duvernay rendent compte d’une dialectique entre usagers et concepteurs des moteurs. Le flou est ici dans la co-construction, à la fois cognitive et sémiotique : qui se sert de qui, en toute connaissance de cause ou par mimétisme ? Les repères sont brouillés ou du moins difficiles à démêler. Les auteurs procèdent à une analyse du googling, usage banalisé du moteur de recherche, en s’appuyant sur les travaux de Patrice Flichy définissant l’imaginaire technique. Dans une approche anthropologique, ils décortiquent certains mythes qui entourent Google et qui participent à la popularité du service qu’ils qualifient de postmoderne. Selon eux, par son cycle incessant d’innovations, le moteur transforme les internautes en usagers-concepteurs, ce qui est emblématique d’une nouvelle culture.</p>
<p>L’usager ne connaît du moteur que son interface, dans lequel il se perd comme sujet, comme avalé par le moteur. Avec <em>Le grand avaleur</em> (The Big Swallow), Jacques Araszkiewiez apporte une contribution riche et inédite par le biais d’une analyse sémiologique de l’interface du moteur de recherche Google. S’appuyant sur les travaux de Michel de Certeau et de Georgio Agamben, il mobilise le concept de dispositif socio-technique pour le caractériser. Son analyse sémiologique de la page d’accueil du moteur et de certains éléments des pages de résultats l’amène à qualifier l’énonciation du moteur de &#8220;voix moyenne&#8221;, entre le &#8220;je&#8221; et le &#8220;il&#8221;, &#8220;à mi-chemin entre l’actif et le passif&#8221;. Il discute à partir de cet exemple l’hypothèse de Georgio Agamben selon laquelle de tels dispositifs sociotechniques agiraient par des processus de désubjectivation. Enfin, l’auteur souligne qu’avec le web, les médias comme dispositifs ne sont plus seulement des représentations métaphoriques du monde mais ont une dimension métonymique, jetant en cela un flou sur notre réel.</p>
<p>Nouvelle culture, innovation ininterrompue, Céline Masoni-Lacroix et Paul Rasse montrent que le discours de la société Google pour introduire l’innovation, oscille entre culture d’entreprise et valeurs culturelles universelles. En étudiant le corpus des pages de rubrique du site Google, les auteurs dégagent les métaphores récurrentes. Le discours de Google s’appuie à la fois sur des valeurs politiques (notamment la démocratie) et économiques dont il joue à contre-pied pour finalement mettre en exergue deux sentiments : la croyance et la confiance, qui sont dès lors érigées en valeurs. Beaucoup reconnaissent que la société de Mountain View a imposé un nouveau modèle économique des services commerciaux du web. Ce texte tente de démontrer qu’elle cherche aussi à imposer un nouveau modèle en matière de communication d’entreprise. Comme l’expose John Battelle en 2005 dans son ouvrage La révolution Google. Comment les moteurs de recherche ont réinventé notre économie et notre culture, les deux créateurs de l’entreprise étaient réticents à l’origine vis-à-vis de la publicité classique. Ils ont inventé leur forme de communication. Cependant, le discours affiché sur le site de Google procède d’une rhétorique publicitaire masquée faite de glissements de sens, un flou sémiotique bien entretenu.</p>
<p>L’ouvrage que vous tenez dans vos mains ou dont vous consultez une version électronique, propose un regard souvent original mais toujours critique sur les moteurs de recherche commerciaux, les discours qui les accompagnent et les valeurs qui les sous-tendent. Il aborde sous un angle différent l’analyse de ces dispositifs, et ouvre de nouvelles questions sur la façon de les étudier.</p>
<p>Les sciences de l’information et de la communication proposent en général des approches holistiques des dispositifs de médiatisation, des rapports contenu-contenant et de la distorsion apportée par les usages, en ce qu’ils éclairent des intentions cachées. C’est au crible de cette approche scientifique que les universitaires réunis ici veulent analyser le phénomène Google. Après les discours de glorification, souvent repris par les médias de masse, après les dénonciations, voici venu le temps des analyses. Nous espérons que ce livre offrira aux étudiants, aux chercheurs, aux professionnels de l’information, depuis les journalistes jusqu’aux bibliothécaires, des outils pour mieux comprendre et décrypter ce qui se joue derrière le flou entretenu par les moteurs de recherche.</p>
<p>Mais un livre vraiment sérieux ne saurait se contenter d’une approche strictement universitaire. Les auteurs de nouvelles, notamment les auteurs de science fiction, savent aussi produire des analyses au travers de la force des situations. Il s’agit d’une respiration nécessaire et quand les éditeurs nous ont proposé de publier la nouvelle <em>enGooglés</em> (Scroogled) publiée dans la revue Radar en 2007 par Cory Doctorow, auteur souvent primé et coresponsable du blog Boing-Boing, nous avons évidemment accepté ce bol d’air. La déconstruction du discours de Google par le biais de la SF, loin de nous effrayer, nous incite à continuer l’étude académique pour que toute la société puisse éviter que n’advienne le cauchemar décrit dans la nouvelle.</p>
<p>Gabriel Gallezot &#038; Brigitte Simonnot </p>
<p><em>Gabriel Gallezot est maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, enseignant à <a href="http://urfist.unice.fr">l’URFIST</a> (Unité Régionale pour la Formation à l’Information Scientifique et Technique). Il est membre du <a href="http://i3m.univ-tln.fr/">laboratoire I3M</a> (Information, Médias, Milieux, Médiations). Gabriel Gallezot est co-fondateur de l’Archive Ouverte (<a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/">@rchiveSIC</a>). </p>
<p>Brigitte Simonnot est maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paul Verlaine-Metz. Elle est membre du <a href="http://www.univ-metz.fr/ufr/sha/CENTREDERECHERCHE/CREM.html">Centre de Recherche sur les Médiations</a>. Ses travaux portent sur l’analyse des dispositifs d’accès à l’information et leurs usages, notamment dans le domaine de la formation. </em></p>
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		<title>Une société de la requête (4/4) : Comprendre Google</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 06:45:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[La machine à globaliser : réinterpréter les résultats des machines
Pour la chercheuse Esther Weltevrede, membre de GovCom.org, une association hollandaise dédiée à la création d&#8217;outils politique en ligne, et de l&#8217;Initiative Méthodes numériques (Digital methods initiative), la question clef à se poser est &#8220;quel type de machine à globaliser est Google ?&#8221;
Image : Esther Weltevrede photographiée par Anne&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>La machine à globaliser : réinterpréter les résultats des machines</h3>
<p>Pour la chercheuse <a href="http://mastersofmedia.hum.uva.nl/author/esther/">Esther Weltevrede</a>, membre de <a href="http://www.govcom.org">GovCom.org</a>, une association hollandaise dédiée à la création d&#8217;outils politique en ligne, et de l&#8217;Initiative Méthodes numériques (<a href="http://www.digitalmethods.net/">Digital methods initiative</a>), la question clef à se poser est <em><a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/16/esther-weltevrede-the-globalisation-machine-reinterpreting-engine-results/">&#8220;quel type de machine à globaliser est Google ?&#8221;</a></em></p>
<div id="attachment_8797" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4103442858/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/EstherWeltevrede.jpg" alt="Esther Weltevrede photographiée par Anne Helmond" title="Esther Weltevrede photographiée par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8797" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Esther Weltevrede photographiée par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Si le PageRank est considéré comme un système de classement mondial de toutes les pages web, conçu pour toutes les informations du monde, que se passe-t-il quand Google passe à l&#8217;échelle locale ? Qu&#8217;arrive-t-il aux résultats locaux ? Quand on cherche Amsterdam dans Google.com et dans Google.nl, on n&#8217;obtient pas les mêmes résultats, constate la chercheuse. Or il y a 157 Google locaux dont les variables clefs sont l&#8217;adresse IP, le domaine de premier niveau et les pages web. Google sait distinguer les langues, les régions, les pays&#8230; Néanmoins, <em>&#8220;si Google pense globalement, il agit localement&#8221;</em> explique Esther Weltevrede.</p>
<p>Elle a ainsi comparé les 10 premiers résultats à la requête &#8220;droits de l&#8217;homme&#8221; dans chacun des Google nationaux. Dans toutes les listes, l&#8217;ONU est l&#8217;une des sources les plus importantes, ainsi que les traductions des Déclarations des droits de l&#8217;homme. Mais 40% des Google nationaux n&#8217;obtiennent pas de résultats locaux sur cette requête : si l&#8217;Europe est bien servie en résultats locaux, ce n&#8217;est pas le cas de l&#8217;Afrique ou du Moyen-Orient. Dans certaines langues ou pays, les sources locales n&#8217;arrivent pas avant la deuxième page de résultats, voire au-delà.</p>
<p>En exécutant une requête sur le terme &#8220;droits&#8221; Esther montre que ceux qui arrivent en tête de résultats sont assez différents d&#8217;un domaine local à l&#8217;autre. En Italie les droits à la nationalité arrivent en tête, au Japon ce sont ceux de la programmation informatique alors qu&#8217;en Finlande ce sont ceux d&#8217;errer dans la nature&#8230; Les résultats locaux de recherches ne sont pas synonymes de sources locales explique la chercheuse, cependant de réelles distinctions semblent se faire  par la langue.</p>
<p>Le chercheur <a href="http://martinfeuz.net/">Martin Feuz</a>, a conçu lui, <a href="http://www.perspectoma.com">Perspectoma</a>, un moteur de recherche qui nous permet d&#8217;avoir un aperçu de la façon dont Google Personal Search propose des résultats de recherche personnalisés sur la base de nos requêtes et de notre historique web. Pour une même recherche, Perspectoma permet d&#8217;obtenir les résultats disponibles pour le profil enregistré et ceux d&#8217;un utilisateur anonyme en les comparant de multiples manières (<a href="http://www.martinfeuz.net/Society_the_Query_MartinFeuz.pdf">voir sa présentation .pdf</a>). Google Recherche Personnelle ne donne pas d&#8217;indication sur les modifications des classements qu&#8217;il opère en fonction de votre historique web. En créant Perspectoma, Feuz souhaitait savoir à partir de quand le moteur commence à renvoyer des résultats personnalisés. Pour cela il a créé plusieurs profils à partir des oeuvres et des personnages de Kant, Foucault et Nietzsche et a constaté que le profil de Foucault a donné des résultats personnalisés assez rapidement alors que cela a moins été le cas de Kant. Et de constater que la personnalisation consiste surtout à altérer les résultats et à faire remonter des résultats qu&#8217;on trouve plus bas dans les pages avec un profil neutre. La personnalisation n&#8217;est pas encore capable de faire ressortir les résultats les moins dominants, mais qui peuvent être pourtant plus pertinents, <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/17/martin-feuz-ch-google-personal-search-%E2%80%93-what-are-we-to-make-of-it/">constate-t-il</a>. A croire que l&#8217;ogre n&#8217;a pas encore atteint sa taille adulte.</p>
<h3>Quelles alternatives ?</h3>
<p>Pour <a href="http://www.spc.org/fuller/">Matthew Fuller</a>, la mythologie du moteur de recherche est <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/14/matthew-fuller-search-engine-alternatives/">qu&#8217;il n&#8217;existe qu&#8217;un seul type d&#8217;utilisateur et qu&#8217;un seul point final pour une recherche donnée</a>. Ce n&#8217;est pas le cas,  rappelle-t-il en dressant la liste de quelques moteurs de recherches intéressants.  Selon lui, le document fondateur de Google, <a href="http://infolab.stanford.edu/~backrub/google.html">l&#8217;article de Brin et Page</a>, propose une méthodologie qui peut être le fondement de bien d&#8217;autres possibilités. <em>&#8220;Si nous comprenons la dynamique et les conditions de ce que comporte un moteur de recherche, et si nous le pensons à travers une métaphore biologique (dans son anatomie), alors nous pouvons comprendre comment les moteurs de recherche vont être incités à changer&#8221;</em>.</p>
<div id="attachment_8798" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4102781870/in/photostream/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/MatthewFuller.jpg" alt="Matthew Fuller photographié par Anne Helmond" title="Matthew Fuller photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8798" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Matthew Fuller photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Et d&#8217;évoquer <a href="http://www.viewzi.com/">Viewzi</a>, <a href="http://www.oamos.com/">Oamos</a> ou <a href="http://www.kartoo.com">Kartoo</a> comme autant de pistes d&#8217;alternatives à Google. Les moteurs de recherches ne doivent pas seulement être un moyen de retourner des résultats, comme Google le fait d&#8217;une manière bien linéaire. <em>&#8220;La conception d&#8217;interfaces qui correspondent au potentiel de la complexité du web est sous-développée&#8221;</em>. C&#8217;est certainement là que repose le défi de la prochaine génération de moteurs. Même si on doit reconnaître que c&#8217;est la simplicité linéaire de Google qui pour l&#8217;instant, justement, a fait la différence face à ces autres alternatives.</p>
<h3>Googlisation : mais qui a les compétences pour s&#8217;en extraire ? </h3>
<p>Siva Vaidhyanathan est historien de la culture et professeur d&#8217;étude des médias et de droit à l&#8217;université de Virginie. Il s&#8217;apprête à publier <em><a href="http://www.amazon.fr/Googlization-Everything-Siva-Vaidhyanathan/dp/1846681812/internetnet-21">La Googlisation de toutes choses</a></em>, une enquête sur les actions et les intentions de Google qu&#8217;il a longtemps mené par l&#8217;intermédiaire <a href="http://www.googlizationofeverything.com/">du blog qu&#8217;il a consacré à ce sujet</a>. <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/19/siva-vaidhyanathan-on-googlization-only-the-elite-and-proficient-get-to-opt-out/">Dans sa présentation concluant la conférence</a>, il a restreint son attention sur sa critique de la politique et des implications de Google Street View (GSV), un bon exemple pour comprendre le fonctionnement de &#8220;l&#8217;ogre&#8221; de Mountain View.</p>
<div id="attachment_8799" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4102613951/in/photostream/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/SivaVaidhyanathan.jpg" alt="Siva Vaidhyanathan photographié par Anne Helmond" title="Siva Vaidhyanathan photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8799" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Siva Vaidhyanathan photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Conformément à la législation, il ne peut y avoir aucune information identifiable sur une personne dans GSW&#8230; Et Google s&#8217;est défendu jusqu&#8217;à présent par une technique de brouillage des visages et des plaques d&#8217;immatriculation. Mais est-ce que cela suffit ? Siva Vaidhyanathan habite un quartier de New York rempli de jeux de hasard illégaux. Plutôt fort, particulièrement grand, il se promène souvent avec son chien blanc, faisant un couple assez reconnaissable dans le quartier. Quand bien même on brouillerait son visage sur Google Street Map, qu&#8217;une photo de lui et son chien serait reconnaissable par beaucoup de gens. <em>&#8220;L&#8217;anonymisation n&#8217;est pas une mesure efficace&#8221;</em>, pas plus sur GSW qu&#8217;elle ne l&#8217;est avec les données. Les autorités suisses envisagent de faire un procès à GSW car, selon eux, le procédé n&#8217;est pas assez rigoureux dans le respect de la vie privée. <em>&#8220;La plus forte réaction contre GSW est venue du Japon&#8221;</em>, tant et si bien que Google est en passe de retirer GSV dans ce pays.</p>
<p><em>&#8220;Google a mal mesuré le rapport des Japonais à l&#8217;espace public. Dans les quartiers les plus anciens de Tokyo, la rue en face de sa maison est considérée comme étant de la responsabilité de celui qui occupe la maison, elle est vue comme une extension de leur maison. GSW s&#8217;est donc mis à envahir l&#8217;espace privé des gens&#8221;</em>.</p>
<p>A mesure que Google s&#8217;épanouit dans d&#8217;autres parties du monde, il y aura d&#8217;autres exemples de frictions, prédit-il, d&#8217;autant qu&#8217;il n&#8217;est pas évident de comprendre comment on peut faire attention à ses données. Certes, reconnaît-il, il est important de noter que Google offre et améliore couramment ses services pour protéger et gérer les données de l&#8217;utilisateur : GSV permet de signaler un contenu répréhensible par exemple et le récent Tableau de bord de Google montre un résumé &#8211; incomplet &#8211; de toutes les données que Google stocke sur vous.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/Googlebascote.jpg" alt="Un homme immortalisé sans son consentement par Google Street View" title="Un homme immortalisé sans son consentement par Google Street View" width="300" height="147" class="size-full wp-image-8800"align="right" hspace="6" vspace="6" /><em>&#8220;Nous, dans cette salle ne sommes pas susceptibles d&#8217;être lésés par Google, car nous faisons partie d&#8217;une techno-élite cosmopolite&#8230;&#8221;</em> Nous avons les compétences pour obtenir le retrait de certaines de nos informations de Google, mais est-ce le cas de tous, s&#8217;interroge-t-il en montrant l&#8217;image d&#8217;un homme immortalisé en train d&#8217;uriner sur le bas-côté d&#8217;une route dans GSV. <em>&#8220;Cet homme ne sait pas qu&#8217;il est dans GSV donc nous pouvons rire de lui. Il ne sait pas qu&#8217;il est la clef pour être la victime d&#8217;un tel système.&#8221;</em></p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p>Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, plusieurs des contributeurs de cette journée ont participé au livre dirigé par Konrad Becker, cofondateur de l&#8217;<a href="http://world-information.org/wii">Institut pour l&#8217;information mondial</a> et organisateur d&#8217;une série de conférences sur le sujet, intitulé <em><a href="http://www.amazon.fr/Search-Politics-Search-beyond-Google/dp/3706547953/internetnet-21">Deep Search – The Politics of Search beyond Google</a></em> (Recherches profondes, politiques de recherche au-delà de Google).</p>
<p><strong>Le dossier &#8220;Une société de la requête&#8221; :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/">1/4 : De la Googlisation de nos vies</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-24-comprendre-la-nouvelle-economie-cognitive/">2/4 : Comprendre la nouvelle économie cognitive</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-34-subvertir-google/">3/4 : Subvertir Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/17/la-societe-de-la-requete-44-comprendre-google/">4/4 : Comprendre Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/18/la-googlisation-est-dans-lentonnoir/">#bonus : La Googlisation est dans <em>L&#8217;entonnoir</em></a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une société de la requête (3/4) : Subvertir Google</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-34-subvertir-google/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 13:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Pourquoi sommes-nous si passifs à faire respecter nos droits ?&#8221;
&#8220;Dans une société de la requête, il est intéressant de se demander ce qu&#8217;il advient de toutes ces requêtes : quelles normes juridiques s&#8217;appliquent aux enregistrements, aux traitements et à l&#8217;accès de ces requêtes et si ces normes sauvegardent avec succès les intérêts les plus fondamentaux des utilisateurs des moteurs&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>&#8220;Pourquoi sommes-nous si passifs à faire respecter nos droits ?&#8221;</h3>
<p><em>&#8220;Dans une société de la requête, il est intéressant de se demander ce qu&#8217;il advient de toutes ces requêtes : quelles normes juridiques s&#8217;appliquent aux enregistrements, aux traitements et à l&#8217;accès de ces requêtes et si ces normes sauvegardent avec succès les intérêts les plus fondamentaux des utilisateurs des moteurs de recherche&#8221;</em>, explique <a href="http://www.jorisvanhoboken.nl/">Joris van Hoboken</a>, de l&#8217;<a href="http://www.ivir.nl/index-english.html">Institut pour le droit de l&#8217;information</a> d&#8217;Amsterdam, qui a publié une thèse sur les moteurs de recherche et la liberté d&#8217;expression. <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/13/joris-van-hoboken-does-privacy-still-exist-in-an-environment-of-search/">La vie privée existe-t-elle encore dans un environnement où tout devient cherchable ?</a></p>
<div id="attachment_8764" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4100766364/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/hobokenAnneHelmond1.jpg" alt="Joris van Hoboken photographié par Anne Helmond" title="Joris van Hoboken photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8764" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Joris van Hoboken photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Les utilisateurs ne savent pas que la loi leur accorde le droit d&#8217;accéder à toutes données personnelles enregistrées sur eux (article 12 de la directive européenne 95/46/CE : <em>&#8220;les États membres garantissent à toute personne concernée le droit d&#8217;obtenir du responsable du traitement: [...] connaissance de la logique impliquée dans tout traitement automatisé des données le concernant.&#8221;</em>) <em>&#8220;Pourquoi alors sommes-nous si passifs à faire respecter nos droits ?&#8221;</em>, s&#8217;indigne Hoboken. En rappelant l&#8217;affaire des logs d&#8217;AOL qui avaient permis d&#8217;identifier plusieurs centaines d&#8217;utilisateurs (<a href="http://www.nytimes.com/2006/08/09/technology/09aol.html?_r=1">comme cette dame</a> voir <a href="http://www.internetactu.net/2006/09/07/a-qui-appartiennent-mes-logs/">&#8220;A qui appartiennent mes logs&#8221;</a>), Hoboken rappelle que les données ne sont jamais complètement anonymes. Et de dénoncer l&#8217;opacité des moteurs de recherche &#8211; et de nos Etats &#8211; qui préconisent le stockage des données à des fins répressives. Le sort de la confidentialité réside dans le défi à tirer avantage des nombreuses lois sur la protection des données et dans notre capacité à les comprendre et à faire exercer nos droits.</p>
<h3>Construire des alternatives</h3>
<p><a href="http://mastersofmedia.hum.uva.nl/author/michael/">Michael Stevenson</a>, étudiant au <a href="http://mastersofmedia.hum.uva.nl">Département d&#8217;études des médias</a> de l&#8217;université d&#8217;Amsterdam, <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/16/michael-stevensons-evening-google-art-expose/">a présenté une sélection de projets artistiques et activistes liés à la recherche sur le web</a>.</p>
<p>Ainsi, <a href="http://ipbrowser.digitalmethods.net/">IP-Browser</a> cherche à créer une expérience de navigation alternative permettant de surfer sur des adresses IP proches de la votre.  <a href="http://www.missdata.org/cgi-bin/shmoogle_form.cgi">Shmoogle</a> permet d&#8217;accéder aux résultats de Google de manière chaotique, bouleversant le saint ordre du PageRank. <a href="http://www.thedisagreeinginternet.com/">L&#8217;internet qui dit non</a>, vous rappelle concrètement que vous ne devez pas utiliser Google en essayant de rendre votre navigation depuis Google insupportable. <a href="http://misspelling-generator.org/">Le générateur de faute d&#8217;orthographe</a> d&#8217;<a href="http://twiki.justlol.net/twiki/bin/view/ErikBorra/WebHome">Erik Borra</a> et Linda Hilfling est né en se rendant compte qu&#8217;introduire une faute d&#8217;orthographe sur le terme Tiananmen permettait d&#8217;obtenir des résultats contournant la censure sur ce terme dans l&#8217;index chinois de Google, permettant alors d&#8217;accéder à des images de la manifestation par exemple. Une manière de subvertir le correcteur orthographique et l&#8217;index de Google.</p>
<p>La ZAP Machine (<a href="http://vimeo.com/5124399">vidéo</a>) du collectif <a href="http://www.apfab.com/">APFAB</a> est une installation qui cherche les images qui, pour l&#8217;autorité que représente Google, correspondent aux mots que nous cherchons afin de les réintroduire dans d&#8217;autres contextes, afin de créer une tensions sur le sens des résultats que nous livre le moteur. Le <a href="http://constantdullaart.com/site/html/new/diseasedisco.html">&#8220;Maladie Disco&#8221; de </a><a href="http://constantdullaart.com/">Constant Dullaart</a> consiste à utiliser la recherche d&#8217;images de Google par option de couleur pour interroger des termes de maladies en les mixant avec de la musique disco, permettant de faire contraster le fond et la forme de nos requêtes. <a href="http://www.geuzen.org/anxiety/">The Anxiety Global Monitor</a> utilise des cadres pour afficher des recherches d&#8217;images dans différentes langues, permettant de voir à quoi ressemblent des termes comme la peur en arabe, hébreu, anglais ou néerlandais&#8230; <a href="http://monster.cookiecensus.org/">Cookie Monster</a> d&#8217;Andrea Fiore a recueilli les cookies d&#8217;utilisateurs pour donner à voir leurs habitudes et leurs goûts. <a href="http://www.minimovies.org/documentaires/view/ilovealaska">I love Alaska</a> de Lernert Engelberts et Sander Plug a utilisé les données de requêtes libérées par AOL pour en faire une véritable histoire sous forme de petits films.</p>
<p>Pour le collectif <a href="http://ippolita.net/">Ippolita</a>, auteur d&#8217;un livre sur <em><a href="http://www.amazon.fr/face-cachée-Google-Ippolita/dp/2228902845/internetnet-21">La face cachée de Google</a></em>, <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/14/the-ippolita-collective-stop-questioning-and-start-building/">il faut arrêter de s&#8217;interroger pour construire et expérimenter des réponses</a>&#8230; Celles-ci commencent par une attitude propice à l&#8217;éducation aux médias. Ainsi que dans une opposition au modèle industriel de la productivité : il faut construire une réponse sur un modèle convivial qui implique le maintien de l&#8217;autonomie, la créativité et la liberté.  Pour répondre aux interrogations sur les risques que fait peser Google sur nos vies privées, le collectif Ippolita a d&#8217;ailleurs conçu <a href="http://www.autistici.org/bakunin/scookies/">SCookies</a>, qui permet de partager ses cookies avec d&#8217;autres pour leurrer les moteurs et les sites web.</p>
<h3>Libérez les silos de données !</h3>
<p><a href="http://research.yahoo.com/Ingmar_Weber">Ingmar Weber</a>, chercheur à Yahoo!, a présenté un point de vue assez iconoclaste et très personnel, consistant à demander <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/14/ingmar-weber-its-hard-to-rank-without-being-evil-where-evil-means-big-centralized-and-keeping-track-of-a-huge-query-log/">la libération des logs de recherche</a>. Le journal des actions de recherche des individus est une source puissante de données : qui permet de connaître l&#8217;évolution de la grippe ou le bar préféré des gens. Le problème si vous souhaitez construire un moteur de recherche, c&#8217;est que vous ne pouvez pas avoir accès à des journaux de recherches : les principaux moteurs de recherche accumulent leurs logs comme les avares assis sur des monceaux d&#8217;or, explique le chercheur. Il existe d&#8217;autres monticules d&#8217;ors ou silos d&#8217;informations fermés comme les appelle Weber : telles les données de connexion des téléphones mobiles ou de nos cartes de crédit qui pourtant pourraient permettre par exemple de prévoir les embouteillages ou de faire une cartographie de nos consommations&#8230;</p>
<div id="attachment_8765" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4102784472/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/IngmarWeberParAnneHelmond.jpg" alt="Ingmar Weber photographié par Anne Helmond" title="Ingmar Weber photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8765" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Ingmar Weber photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Saurons-nous déverrouiller ces silos et en chasser les avares tout en respectant les questions évidentes de confidentialité et les éventuels abus ? Comment pourrions-nous tous contribuer aux journaux de recherche tout en nous protégeant des intrusions et des mauvais usages de nos données personnelles ? SCookies d&#8217;Ippolita apporte une solution de partage de données sans facteur terrifiant. Mais quelles autres innovations légales ou techniques pourraient nous permettre d&#8217;ouvrir les journaux de requêtes comme des biens publics ?</p>
<h3>Comprendre la transmutation du langage en un marché global</h3>
<p>L&#8217;artiste français <a href="http://www.christophebruno.com/">Christophe Bruno</a> travaille depuis longtemps à des projets artistiques <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/14/christophe-bruno/">qui interrogent notre manière d&#8217;utiliser les moteurs de recherche</a>. Comme <a href="http://www.christophebruno.com/2001/08/08/epiphanies/">Epiphanies</a> en 2001, inspirées des épiphanies de James Joyce qui se promenait à Dublin en notant des fragments de phrases entendues à la volée, l&#8217;installation de Christophe Bruno vole et assemble des textes au hasard des requêtes que les gens lancent sur Google. <a href="http://www.christophebruno.com/2001/12/03/fascinum/">Fascinum</a>, qui date également de 2001, était un programme qui allait chercher dans les différents sites régionaux d&#8217;actualités de Yahoo! les images les plus regardées dans chaque pays, c&#8217;est-à-dire ce qui nous fascine le plus tout autour du monde. Avec <a href="http://www.christophebruno.com/2002/04/09/google-adwords-happening/">Adwords Happening</a>, Bruno s&#8217;attaque au capitalisme sémantique : il achète des mots via Google AdWord et les présente avec leur prix afin de nous faire prendre conscience que désormais chaque mot a un prix et peut être acheté.</p>
<div id="attachment_8766" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4102288161/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/christopheBrunoParAnneHelmond.jpg" alt="Christophe Bruno photographié par Anne Helmond" title="Christophe Bruno photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8766" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Christophe Bruno photographié par Anne Helmond</em></p></div>
<p>En 2004, avec <a href="http://www.christophebruno.com/2004/10/02/human-browser/">Human Browser</a>, Bruno a fait le constat que les entreprises ont commencé à détourner les méthodes de Guerilla Marketing qu&#8217;utilisaient certains artistes conceptuels. Dans cette installation, des humains récitent des résultats de recherches faits par d&#8217;autres utilisateurs en temps réel. L&#8217;être humain incarne alors le World Wide Web.</p>
<p><a href="http://www.christophebruno.com/2006/11/24/logohallucination/">Logo hallucination</a> est un projet qui scanne les images du web à la recherche de logos et, quand il en trouve, adresse à ceux qui ont posté la photo un e-mail pour se plaindre d&#8217;une violation de copyright.</p>
<p>Son plus récent projet, le <a href="http://www.iterature.com/dadameter/index.fr.php">DadaMètre</a>, s&#8217;inspire des travaux de Raymond Roussel, le précurseur du mouvement Dada, pour surveiller l&#8217;évolution du langage et des mouvements artistiques.</p>
<h3>Manger Google !</h3>
<p>Alessandro Ludovico, chercheur et artiste, éditeur du magazine <a href="http://www.neural.it/">Neural.it</a>, célèbre pour ses projets <a href="http://www.amazon-noir.com/">Amazon Noir</a> et <a href="http://gwei.org">Google will eat itself</a> (Google va se manger lui-même, GWEI),  <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/14/allesandro-ludovico-%E2%80%9Cthe-google-paradigm-for-the-final-dictator-it-is-never-enough%E2%80%9D/">est venu discuter de la vision très critique qu&#8217;il porte sur la firme de Mountain View</a>.</p>
<div id="attachment_8768" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4103008866/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/AllessandroLudovicoParAnneHelmond.jpg" alt="Alessandro Ludovico photographié par Anne Helmond" title="Alessandro Ludovico photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8768" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Alessandro Ludovico photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Google établit des monopoles par son omniprésence, sa &#8220;coolitude&#8221; et par les fonctionnalités attirantes qu&#8217;il développe. La firme a un taux d&#8217;innovation accéléré grâce à des règles flexibles. En interne, la devise de leur organisation est la liberté et elle s&#8217;avère plutôt efficace. Extérieurement, les produits conçus sont clairs et convaincants. Leurs services sont amusants et attrayants, constate l&#8217;artiste.</p>
<p><a href="http://gwei.org">GWEI</a> est un hack qui consiste à concevoir de faux sites web qui souscrivent au programme Google AdSense, programme par lequel Google rémunère des publicités contextuelles aux clics. Ces revenus servent à acheter des actions Google. &#8220;Google nous donne de l&#8217;argent pour s&#8217;acheter lui-même&#8221;, c&#8217;est tout le principe de ce Google qui se mange lui-même. <em>&#8220;Après un certain temps de fonctionnement, Google a compris que nous cherchions à détourner son programme et nous a fermé nos annonces&#8230;&#8221;</em> Ce qui n&#8217;a visiblement pas empêché le collectif de continuer l&#8217;expérience en ouvrant d&#8217;autres comptes&#8230; <em>&#8220;Notre logiciel génère des clics frauduleux à chaque fois qu&#8217;un utilisateur accède à nos sites et envoie à Google des données, comme si l&#8217;utilisateur avait cliqué sur l&#8217;annonce. Notre logiciel simule le comportement d&#8217;utilisateurs.&#8221;</em> C&#8217;est une expérience scientifique (et artistique) autour d&#8217;une faille de Google : qu&#8217;est-ce qui distingue un clic frauduleux d&#8217;un clic qui ne le serait pas ?</p>
<p>Comme s&#8217;en amuse leur auteur, il faudra 23 millions d&#8217;années au logiciel pour arriver à racheter les actions de Google. Ce qui fait que le projet ressemble bien plus à un pied de nez qu&#8217;à une fraude.</p>
<p>Les interfaces de Google &#8211; si propres, arrondies, simples, standards et si reconnaissables -, comme leur logo lisse, rond, brillant et familier, sont impénétrables. Alessandro Ludovico les qualifie d&#8217;interfaces en porcelaine. <em>&#8220;Google sait très bien divertir les utilisateurs : en libérant régulièrement de nouveaux services, toujours plus efficaces. Via cette interface en porcelaine Google se présente comme un bien public. Les services et les interfaces nous hypnotisent, pour servir de la publicité qui reste le coeur de métier de Google. (&#8230;) Mais Google n&#8217;est pas un système naturel, il est un système économique.&#8221;</em> La mission de Google est d&#8217;obtenir des informations pour les rendre universellement accessibles. Une mission comparable avec celle de la bibliothèque du Congrès, si ce n&#8217;est que cette dernière est un service public, ce que Google ne sera jamais. Il reste un service public privatisé : et la question est de savoir si c&#8217;est ce que nous voulons, si c&#8217;est ce à quoi nous voulons que nos services publics ressemblent&#8230;</p>
<p><em>&#8220;Le plus grand ennemi d&#8217;un géant est le parasite&#8221;</em>, conclut Alessandro Ludovico. <em>&#8220;Nous devons commencer à décoder et éliminer ces mécanismes (&#8230;). Nous devons créer des anticorps aux interfaces de Google.&#8221;</em></p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p><strong>Le dossier &#8220;Une société de la requête&#8221; :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/">1/4 : De la Googlisation de nos vies</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-24-comprendre-la-nouvelle-economie-cognitive/">2/4 : Comprendre la nouvelle économie cognitive</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-34-subvertir-google/">3/4 : Subvertir Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/17/la-societe-de-la-requete-44-comprendre-google/">4/4 : Comprendre Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/18/la-googlisation-est-dans-lentonnoir/">#bonus : La Googlisation est dans <em>L&#8217;entonnoir</em></a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Une société de la requête (2/4) : Comprendre la nouvelle économie cognitive</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-24-comprendre-la-nouvelle-economie-cognitive/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 08:47:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=8748</guid>
		<description><![CDATA[Suite à la publication de l&#8217;article de Geert Lovink sur la société de la requête et la googlisation de nos vies, celui-ci a organisé mi-novembre 2009 une conférence sur ces sujets, visiblement très riche. Le blog de comptes-rendus a servi de trame pour essayer d&#8217;en rendre un aperçu &#8211; notez que toutes les vidéos des présentations sont également accessibles en&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à la publication <a href="http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/">de l&#8217;article de Geert Lovink sur la société de la requête et la googlisation de nos vies</a>, celui-ci a organisé mi-novembre 2009 une conférence sur ces sujets, visiblement très riche. <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/">Le blog de comptes-rendus</a> a servi de trame pour essayer d&#8217;en rendre un aperçu &#8211; notez que toutes <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/videos/">les vidéos des présentations sont également accessibles en ligne</a>. </p>
<h3>Nous sommes tous les ouvriers de Google !</h3>
<p><a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/13/yann-moulier-boutang-asks-are-we-all-just-googles-worker-bees/">La conférence a été introduite</a> par l&#8217;économiste Yann Moulier-Boutang, qui avait coordonné cet été <a href="http://multitudes.samizdat.net/-Multitudes-36-ete-2009-">un passionnant numéro de <em>Multitudes</em></a> sur la question, une revue dont il est le directeur. Yann Moulier-Boutang est l&#8217;auteur du <em><a href="http://www.amazon.fr/capitalisme-cognitif-Nouvelle-Grande-Transformation/dp/2354800169/internetnet-21">Capitalisme cognitif</a></em> et prépare un livre sur les rapports entre la finance et le capitalisme intitulé <a href="http://www.carnetsnord.fr/titre/l-abeille-et-l-economiste"><em>L&#8217;abeille et l&#8217;économiste</em></a>. <em>&#8220;Ne sommes-nous pas tous en train de devenir les abeilles ouvrières de Google ?&#8221;</em>, interroge l&#8217;économiste. Pour lui, Google est devenu l&#8217;emblème du capitalisme cognitif, car il a inventé un nouveau modèle économique s&#8217;appuyant sur le développement maîtrisé des réseaux d&#8217;intelligence collective. </p>
<div id="attachment_8750" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4099725085/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/moulierboutangannehelmond.jpg" alt="Yann Moulier-Boutang photographié par Anne Helmond" title="Yann Moulier-Boutang photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8750" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image :Yann Moulier-Boutang photographié par Anne Helmond</em>.</p></div>
<p><em>&#8220;Vous travaillez pour Google ! Chaque seconde, 15 millions de personnes cliquent et alimentent Google en données&#8221;</em>, explique-t-il. Ce que Google vend n&#8217;est pas un service ordinaire, mais un méta-service, qui dépend de la contribution de chacun. Et de comparer cette activité humaine à celle de l&#8217;abeille ouvrière qui pollinise l&#8217;économie de Google. <em>&#8220;Les apiculteurs des Etats-Unis ne gagnent plus leur vie en vendant de la cire ou du miel. Ils vendent l&#8217;activité de leurs abeilles : ils louent leurs services de pollinisation. &#8220;</em></p>
<p>Pour Moulier-Boutang, ce nouveau modèle économique est en train de remodeler le capitalisme sous la forme de ce qu&#8217;il appelle un &#8220;<em>méta-marché</em>&#8220;. Dans ce type de marché, la connaissance devient un bien public, c&#8217;est-à-dire un bien non rival qui peut facilement être échangé sur le réseau. Peut-on libérer le travailleur du clic (<em>clickworker</em>) de Google ? Boutang n&#8217;en semble pas certain, mais imiter Google par un moteur de connaissance open source ou public pourrait être le dernier espoir de libérer les abeilles de l&#8217;apiculteur.</p>
<h3>La science des bases de données transforme notre société</h3>
<p>Pour l&#8217;historien suisse des technologies, <a href="http://www.tg.ethz.ch/forschung/mitarbeiter/DavidGugerli.htm">David Gugerli</a>, auteur de <em><a href="http://www.amazon.fr/Suchmaschinen-David-Gugerli/dp/3518260197/internetnet-21">Suchmaschinen, Die Welt als Datenbank</a></em> (Moteurs de recherches, le monde comme base de données), <a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/13/david-gugerli-a-dead-body-in-a-csi-show-is-a-database-full-of-traces/">la recherche est devenue aussi cruciale qu&#8217;un cadavre dans la série <em>Les Experts</em></a>. Pourquoi ? Parce que le cadavre est une base de données de traces qui permettent toujours de confondre le coupable et résoudre l&#8217;enquête, s&#8217;amuse l&#8217;historien. Le processus de recherche est à cette image : il voit le monde comme une base de données. </p>
<div id="attachment_8751" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4100740866/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/DavidGugerliparAnneHelmond.jpg" alt="David Gugerli photographié par Anne Helmond" title="David Gugerli photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8751" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : David Gugerli photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Les systèmes de gestion de bases de données sont devenus une variable capitale qui façonne notre monde réel. L&#8217;utilisation et la gestion de ces systèmes sont devenus un instrument qui produit et influence le changement social. Déjà dans les années 60, quand elles ont été inventées, les bases de données devaient être en mesure de donner des réponses inattendues et recombiner des informations. Depuis, nous sommes entrés dans l&#8217;ère des sciences des bases de données qui ont produit une nouvelle réalité sociale : nouvelles structures d&#8217;organisation, nouvelles formes administratives, nouvelles formes d&#8217;attribution&#8230; Comme le montre l&#8217;entreprise moderne utilisant des systèmes logistiques complexes lui permettant de gérer la chaîne d&#8217;approvisionnement et de production en temps réel, qui ne sont possibles justement que grâce aux systèmes de gestion en base de données. </p>
<h3>Le parasite Google</h3>
<p><a href="http://networkcultures.org/wpmu/query/2009/11/13/matteo-pasquinelli-from-intellectual-property-to-%E2%80%9Ccognitive-rent%E2%80%9D-in-the-context-of-cognitive-capitalism/">La présentation</a> du théoricien des médias italien, <a href="http://matteopasquinelli.com/">Matteo Pasquinelli</a>, s&#8217;appuyait <a href="http://matteopasquinelli.com/docs/Pasquineli_PageRank.pdf">sur son article consacré à &#8220;l&#8217;algorithme Page Rank de Google, un schéma du capitalisme cognitif&#8221; (.pdf)</a>. Selon lui, l&#8217;algorithme de Google, qui détermine la valeur d&#8217;un site en fonction du nombre de liens qu&#8217;il reçoit, et de leur provenance (entre autres), est à la base de la puissance de Google, explique-t-il <a href="http://matteopasquinelli.com/society-of-the-query">dans sa présentation</a>. Inspiré par le système de référence des publications universitaires dans lequel la valeur d&#8217;une publication est déterminée par le nombre de citations que cette publication reçoit, le PageRank découle de la notion de plus value machinique initiée par Guatarri. Elle est caractéristique de l&#8217;économie cognitive, car elle s&#8217;appuie sur la valeur du réseau. Google est le <em>&#8220;rentier de l&#8217;intelligence commune&#8221;</em>, c&#8217;est-à-dire que le contenu libre produit par le travail libre des personnes qui naviguent sur le réseau est indexé par Google et utilisé dans des activités génératrices de profits. En cela, elle s&#8217;oppose à la notion de <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/">&#8220;Culture libre&#8221;</a>, théorisée par Lawrence Lessig dans la mesure où, si Google propose une plate-forme et des services gratuits, chacun de nous contribue à son activité économique lorsqu&#8217;on effectue une recherche &#8211; pas seulement d&#8217;ailleurs puisque Google introduit de plus en plus d&#8217;instruments de classements notamment en provenance d&#8217;évaluateurs humains. </p>
<div id="attachment_8752" class="wp-caption alignnone" style="width: 590px"><a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4100537096/in/set-72157622669801611/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/MatteoPasquinelliParAnneHelmond.jpg" alt="Matteo Pasquinelli photographié par Anne Helmond" title="Matteo Pasquinelli photographié par Anne Helmond" width="580" class="size-full wp-image-8752" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Image : Matteo Pasquinelli photographié par Anne Helmond.</em></p></div>
<p>Existe-t-il une alternative au parasitisme de Google sur la production collective de connaissance ? Comment pouvons-nous nous réapproprier cette valeur ?, se demande le philosophe. Peut-être par la création d&#8217;un algorithme de PageRank ouvert ? Ou par un classement reposant sur la confiance ? La question demeure ouverte. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>
<p><strong>Le dossier &#8220;Une société de la requête&#8221; :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/">1/4 : De la Googlisation de nos vies</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-24-comprendre-la-nouvelle-economie-cognitive/">2/4 : Comprendre la nouvelle économie cognitive</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-34-subvertir-google/">3/4 : Subvertir Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/17/la-societe-de-la-requete-44-comprendre-google/">4/4 : Comprendre Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/18/la-googlisation-est-dans-lentonnoir/">#bonus : La Googlisation est dans <em>L&#8217;entonnoir</em></a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une société de la requête (1/4) : De la Googlisation de nos vies</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 06:30:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[économie de l'attention]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2008, Geert Lovink, animateur de NetworkCultures, l&#8217;Institut des cultures en réseau, a publié, un intéressant essai sur la Société de la requête et la Googlisation de nos vies. Dans cet article, il adressait de pertinentes question à notre dépendance à Google et tentait de faire le point sur les rares critiques à l&#8217;encontre de l&#8217;Ogre de Mountain View. En&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>En 2008, <a href="http://networkcultures.org/wpmu/geert/">Geert Lovink</a>, animateur de <a href="http://networkcultures.org">NetworkCultures</a>, l&#8217;Institut des cultures en réseau, a publié, un intéressant essai sur <a href="http://www.eurozine.com/articles/2008-09-05-lovink-en.html">la Société de la requête et la Googlisation de nos vies</a>. Dans cet article, il adressait de pertinentes question à notre dépendance à Google et tentait de faire le point sur les rares critiques à l&#8217;encontre de l&#8217;Ogre de Mountain View. En ouverture d&#8217;un dossier sur Google et les moteurs de recherche, la traduction de cette article nous a semblé une première adresse importante. Traduction. </p></blockquote>
<h3>La société de la requête et la Googlisation de nos vies</h3>
<p><em>Un hommage à Joseph Weizenbaum.</em></p>
<p>Un spectre hante les élites intellectuelles du monde : la surcharge d&#8217;information. Les gens ordinaires ont détourné les ressources stratégiques de la connaissance et engorgent les canaux médiatiques d&#8217;habitude soigneusement policés. Avant l&#8217;internet, les cours des mandarins reposaient sur l&#8217;idée qu&#8217;ils pouvaient séparer le bavardage de la connaissance. Avec la montée des moteurs de recherche, il n&#8217;est plus possible de distinguer les idées des patriciens des potins des plébéiens. La distinction entre la base et le sommet, et leur mélange réservé aux moments de carnaval, appartiennent à une époque révolue qui ne doit plus nous préoccuper davantage. De nos jours un phénomène tout à fait nouveau est à l&#8217;origine d&#8217;une inquiétude bien plus forte : les moteurs de recherches classent selon la popularité, pas selon la vérité. La requête est devenue la façon dont nous vivons aujourd&#8217;hui. </p>
<p>Avec l&#8217;augmentation spectaculaire des informations accessibles, nous sommes devenus accros aux outils de recherche. Nous cherchons des numéros de téléphones, des adresses, des horaires d&#8217;ouvertures, des noms de personnes, des informations de transport, les meilleures offres et, dans cette ambiance frénétique, nous appelons cette matière grise toujours croissante des &#8220;données&#8221;. Demain nous chercherons et nous nous perdrons. Les anciennes hiérarchies de la communication n&#8217;ont pas seulement implosé, mais la communication elle-même a assumé son statut d&#8217;agression cérébrale. Non seulement le bruit a atteint des niveaux insupportables, mais même une demande bénigne d&#8217;un collègue ou d&#8217;amis a acquis le statut d&#8217;une corvée dans l&#8217;attente de réponse. </p>
<p>La classe instruite déplore le fait que le bavardage est entré dans le domaine jusque là protégé de la science et de la philosophie, plutôt que de s&#8217;inquiéter de savoir qui contrôle cette grille de calcul de plus en plus centralisée. </p>
<p>Ce que les administrateurs actuels de la noble simplicité et de la tranquille grandeur ne peuvent pas exprimer, nous allons le dire pour eux : il y a un mécontentement croissant à l&#8217;égard de Google et de la façon dont l&#8217;internet organise notre recherche d&#8217;information. La communauté scientifique a perdu le contrôle de l&#8217;un de ses projets de recherche clés : la conception et la propriété des réseaux informatiques, désormais utilisés par des milliards de personnes. Mais comment tant de gens finissent-ils par être dépendants d&#8217;un seul moteur de recherche ? Pourquoi répétons-nous à nouveau la saga Microsoft ? Cela fait un peu rabat-joie de se plaindre d&#8217;un monopole en devenir alors que les utilisateurs de l&#8217;internet ont une telle multitude d&#8217;outils à leur disposition pour distribuer le pouvoir. Une manière possible de surmonter cette difficulté serait de redéfinir positivement le bavardage, le <em>Gerede</em> tel que l&#8217;entendait Heidegger. Plutôt qu&#8217;une culture de la plainte qui rêverait d&#8217;une vie en ligne sans distraction et de mesures radicales pour filtrer le bruit, il est temps d&#8217;affronter ouvertement les formes triviales du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dasein">Dasein</a> que l&#8217;on trouve dans les blogs, les SMS et les jeux vidéos. Les intellectuels ne devraient plus représenter les utilisateurs de l&#8217;internet comme des amateurs secondaires, coupés d&#8217;une relation primaire et primordiale avec le monde. Il y a une question plus importante en jeu qui nécessite de s&#8217;aventurer dans la politique de la vie informatique. Il est temps d&#8217;aborder l&#8217;émergence d&#8217;un nouveau type de société qui nous transcende : Google !</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/geertlovink.jpg" alt="Geert Lovink" width="580" /><br />
<em>Image : Geert Lovink introduisant le colloque sur la Société de la requête, en nombre dernier, photographié par <a href="http://www.flickr.com/photos/silvertje/4104961811/">Anne Helmond</a>.</em></p>
<p>Le World Wide Web, qui se proposait de réaliser la bibliothèque infinie que décrivait Borges dans sa nouvelle <em>La bibliothèque de Babel</em> (1941), est considéré par nombre de ses détracteurs comme rien d&#8217;autre qu&#8217;une variante du <em>Big Brother</em> d&#8217;Orwell (1948). Mais ici, le pouvoir n&#8217;appartient plus à un monstre maléfique, mais a une collection de jeunes gens cools dont le slogan d&#8217;entreprise responsable est &#8220;Don&#8217;t be evil&#8221;.  Guidé par une génération bien plus âgée et expérimentée de gourous des technologies de l&#8217;information (Eric Schmidt), des pionners de l&#8217;internet (Vint Cerf), des économistes (Hal Varian), Google s&#8217;est étendu si rapidement et dans une si grande variété de domaines que pratiquement aucun critique, chercheur ou journaliste n&#8217;a été en mesure de faire face à l&#8217;ampleur et à la rapidité avec laquelle il s&#8217;est développé ces dernières années. Les nouveaux services et les applications s&#8217;empilent comme autant de cadeaux de Noël indésirables : tel le service d&#8217;e-mail gratuit Gmail, la plateforme de partage vidéo YouTube, le réseau social Orkut, GoogleMaps et GoogleEarth, ses principaux revenus provenant des services AdWords avec ses publicités au Pay-per-Click, ses applications bureautiques comme Google Calendar, Google Talk et Google Documents. Google n&#8217;est pas seulement en concurrence avec Microsoft et Yahoo!, mais aussi avec des entreprises de divertissement, des bibliothèques publiques (via son programme de numérisation massive de livres) et même des entreprises de télécommunications. Croyez-le ou non, le téléphone de Google sera bientôt disponible. J&#8217;ai récemment entendu un membre peu féru de technologie de ma famille dire que Google était bien mieux et plus facile à utiliser que l&#8217;internet. Cela semblait mignon, mais elle avait raison. Non seulement Google est devenu le meilleur de l&#8217;internet, mais il a pris en charge les tâches logicielles de votre ordinateur afin que vous puissiez accéder à ces données depuis n&#8217;importe quel terminal ou appareil de poche. Le MacBook Air d&#8217;Apple est une autre indication de la migration des données vers des silos de stockage sous contrôle privé. La sécurité et la confidentialité de l&#8217;information sont en passe de devenir les nouvelles économie et technologie de contrôle. Et la majorité des utilisateurs, voire des entreprises, abdiquent avec bonheur leur pouvoir sur leur ressources informationnelles. </p>
<h3>L&#8217;art de poser la bonne question</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/weizenbaumentretiens.jpg" alt="Le livre d'entretien de Joseph Weizenbaum auquel fait référence cet article" title="Le livre d'entretien de Joseph Weizenbaum auquel fait référence cet article" hspace="6" vspace="6" align="left" />Mon intérêt pour les concepts qui se trouvent derrière les moteurs de recherche a été renouvelé par la lecture d&#8217;un livre d&#8217;entretien [1] avec le professeur du MIT et critique des sciences de l&#8217;information Joseph Weizenbaum (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Weizenbaum">Wikipédia</a>), connu pour son programme d&#8217;agent conversationnel Eliza (1966) et son livre <em>Computer Power and Human Reason</em> (La puissance de l&#8217;ordinateur et la raison humaine, 1976, <a href="http://www.amazon.fr/s/ref=nb_ss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&#038;url=search-alias%3Denglish-books&#038;field-keywords=Joseph+Weizenbaum+%22Computer+Power+and+Human+Reason%22&#038;x=0&#038;y=0">Amazon</a>). Weizenbaum est décédé le 5 Mars 2008 à l&#8217;âge de 84 ans. Il y a quelques années, il a déménagé de Boston pour revenir à Berlin, la ville où il a grandi avant de fuir le nazisme avec ses parents en 1935. L&#8217;histoire de sa jeunesse à Berlin, son exil aux Etats-Unis et la façon dont il s&#8217;impliqua dans l&#8217;informatique durant les années 50, sont particulièrement intéressantes. Son livre se lit comme un résumé de sa critique des sciences informatiques, à savoir que les ordinateurs imposent un point de vue mécaniste à leurs utilisateurs. Ce qui m&#8217;intéressait surtout, c&#8217;est la façon dont &#8220;l&#8217;hérétique&#8221; Weizenbaum forma ses arguments à la manière d&#8217;un initité informé et respecté &#8211; représentant une position critique semblable à la net critique de Pit Schultz que j&#8217;ai abordé depuis que j&#8217;ai développé le projet NetTime en 1995 (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Nettime">Wikipédia</a>). </p>
<p>Le titre et le sous titre de son livre d&#8217;entretien est fascinant : <em>Où sont les îles de la raison dans le flot numérique ? Comment sortir de la société programmée ?</em> Le système de croyance de Weizenbaum peut se résumer par quelque chose comme : <em>&#8220;Tous les aspects de la réalité sont prévisibles&#8221;</em>. La critique d&#8217;internet de Weizenbaum est d&#8217;ordre général. Il évite d&#8217;être spécifique. Ses remarques sur l&#8217;internet n&#8217;apportent rien de nouveau pour ceux qui sont familiers avec son oeuvre : l&#8217;internet est un gros tas d&#8217;ordures, un média de masse qui se compose à 95 % de choses sans sens, tout comme le médium télévision dans la direction duquel le web se développe inévitablement. La révolution dite de l&#8217;information a basculé dans un flot de désinformation. La raison en est l&#8217;absence d&#8217;éditeur ou plutôt de principe éditorial. Le livre n&#8217;explique pas pourquoi ce principe essentiel des médias n&#8217;a pas été intégré par les premières générations de programmeurs informatiques, dont Weizenbaum était un membre éminent. La réponse réside probablement dans le fait que l&#8217;emploi initial de l&#8217;ordinateur était celui d&#8217;une calculatrice. Les techno-déterministes de la Sophienstrasse à Berlin et d&#8217;ailleurs insistaient pour voir dans le calcul mathématique l&#8217;essence même de l&#8217;informatique.  La mauvaise utilisation des ordinateurs à des fins médiatiques n&#8217;a pas été prévue par les mathématiciens, et les maladroites interfaces et systèmes de gestion de l&#8217;information d&#8217;aujourd&#8217;hui ne peuvent pas être imputées à ceux qui ont conçus les premiers ordinateurs. L&#8217;ordinateur est né machine de guerre, et la route sera longue et sinueuse, pour transformer le calculateur numérique en un dispositif humain universel qui réponde à nos buts de communication et d&#8217;information toujours plus riches et diversifiés. </p>
<p>A plusieurs occasions, j&#8217;ai formulé une critique de &#8220;l&#8217;écologie des médias&#8221;, qui se fixe pour but de filtrer l&#8217;information &#8220;utile&#8221; pour la consommation individuelle. Hubert Dreyfus et son <em><a href="http://www.amazon.fr/Internet-Hubert-L-Dreyfus/dp/0415775167/internetnet-21">On the Internet</a></em> (2001) est l&#8217;un des principaux coupables. Je ne crois pas qu&#8217;il appartient à un professeur, éditeur ou codeur de décider pour nous ce qui est ou n&#8217;est pas absurde. Cela devrait résulter d&#8217;un effort distribué, intégré dans une culture qui facilite et respecte la différence d&#8217;opinion. Nous devrions faire l&#8217;éloge de la richesse et faire des nouvelles techniques de recherche une part de notre culture générale. Une façon d&#8217;y parvenir serait de révolutionner les outils de recherche et d&#8217;augmenter le niveau général d&#8217;éducation aux médias. Quand nous nous promenons dans une librairie ou une bibliothèque, notre culture nous a appris à naviguer à travers les milliers de titres disponibles. Au lieu de nous plaindre au bibliothécaire ou au libraire du fait qu&#8217;ils proposent trop de livres, nous demandons de l&#8217;aide, ou faisons ce travail par nous-mêmes. Weizenbaum voulait que nous nous méfions de ce que nous voyons sur nos écrans, que ce soit à la télévision ou sur l&#8217;internet. Mais il omet de mentionner qui va nous conseiller sur ce qu&#8217;il faut faire, si quelque chose est digne de confiance ou non, ou comment hiérarchiser l&#8217;information que nous récupérons. En bref, il se débarrasse du médiateur au profit d&#8217;une suspicion généralisée. </p>
<p>Oublions l&#8217;anxiété informationnelle de Weizenbaum. Ce qui fait de cet entretien une lecture si intéressante, c&#8217;est son insistance sur l&#8217;art de poser la bonne question. Weizenbaum nous met en garde contre une utilisation non-critique du mot &#8220;information&#8221;. <em>&#8220;Les signaux à l&#8217;intérieur des ordinateurs ne sont pas de l&#8217;information. Ils ne sont rien de plus que des signaux. Il n&#8217;y a qu&#8217;un moyen de transformer les signaux en information, par l&#8217;interprétation.</em>&#8221; Pour cela nous comptons sur le travail du cerveau humain. Le problème de l&#8217;internet, selon Weizenbaum, est qu&#8217;il nous invite à le voir comme un oracle de Delphes. L&#8217;internet va apporter la réponse à toutes nos questions et problèmes. Mais l&#8217;internet n&#8217;est pas un distributeur automatique dans lequel on jette une pièce de monnaie et qui vous donne tout ce que vous voulez. La clé, ici, est l&#8217;acquisition d&#8217;une formation adéquate en vue de formuler la bonne requête. Tout tourne autour de la manière d&#8217;arriver à poser la bonne question. Pour cela, on a besoin d&#8217;éducation et d&#8217;expertise. Des normes plus élevées d&#8217;éducation ne sont pas atteintes simplement en rendant les choses plus faciles à publier. Weizenbaum : <em>&#8220;Le fait que n&#8217;importe qui peut mettre n&#8217;importe quoi en ligne ne signifie pas grand chose. Jeter quelque chose au hasard accomplit aussi peu de choses que pêcher quelque chose au hasard.&#8221;</em> La communication seule ne nous conduira pas à une connaissance utile et durable. </p>
<p>Weizenbaum relie la croyance incontestée dans les requêtes (des moteurs de recherche) à la montée du discours du &#8220;problème&#8221;. Les ordinateurs ont été présentés comme des &#8220;solutionneurs de problèmes généraux&#8221; et leur but était de fournir une solution pour tout. Les gens étaient invités à déléguer leur vie à l&#8217;ordinateur. <em>&#8220;Nous avons un problème&#8221;</em>, argumentait Weizenbaum, <em>&#8220;et le problème exige une réponse&#8221;</em>. Mais les tensions personnelles ou sociales ne peuvent pas être résolues en les qualifiant de problèmes. Ce dont nous avons besoin à la place de Google ou de Wikipédia, c&#8217;est de la &#8220;capacité à examiner et à exercer son esprit critique&#8221;.  Weizenbaum explique cela en faisant référence à la différence entre l&#8217;audition et l&#8217;écoute. Une compréhension critique exige que nous nous asseyons et que nous écoutions. Ensuite, nous avons besoin de lire (pas seulement de déchiffrer) et d&#8217;apprendre à interpréter et à comprendre. </p>
<p>Comme vous pouvez vous l&#8217;imaginer, ce que l&#8217;on appelle le web 3.0 est annoncé comme la réponse technocratique à la critique de Weizenbaum. Au lieu d&#8217;algorithmes à la Google basés sur les mots clefs et sur des résultats classés, nous serons bientôt capables de poser des questions en langage naturel à des moteurs de recherche de nouvelle génération comme <a href="Powerset">Powerset</a>. Nous supposerons tout de même que les spécialistes d&#8217;informatique linguistique éviteront de se poser en &#8220;brigade du contenu&#8221; qui trie la qualité du déchet sur l&#8217;internet. La même prudence est de mise pour le web sémantique et les technologies d&#8217;intelligence artificielle qui lui sont proches. Nous sommes coincés dans l&#8217;ère de la recherche d&#8217;information sur le web. Alors que le paradigme de Google reposait sur l&#8217;analyse de liens et le classement de pages, la prochaine génération de moteurs de recherche sera visuelle et indexera les images du monde, cette fois non sur la base d&#8217;étiquettes que les utilisateurs ajouterons, mais sur la &#8220;qualité&#8221; de l&#8217;image elle-même. Bienvenue dans la hiérarchisation du réel. Les prochains volumes de manuels d&#8217;utilisateurs d&#8217;informatique vont amener les programmeurs à la culture esthétique. Les amateurs des clubs photos transformés en codeurs seront les prochains agents du mauvais gout en ligne. </p>
<p>Depuis l&#8217;avènement des moteurs de recherche dans les années 90, nous vivons dans une &#8220;société de la requête&#8221;, qui, comme l&#8217;indique Weizenbaum, n&#8217;est pas loin de la &#8220;société du spectacle&#8221;. Ecrite à la fin des années 60, l&#8217;analyse situationniste de Guy Debord se fondait sur l&#8217;avènement des industries du cinéma, de la télévision et de la publicité. La principale différence aujourd&#8217;hui est qu&#8217;on nous demande explicitement de réagir. Nous ne sommes plus traités comme une masse anonyme mais plutôt comme des &#8220;acteurs distribués&#8221; présents sur une multitude de canaux. La critique de Debord contre la marchandisation n&#8217;est plus révolutionnaire. Le plaisir de la consommation est si répandu qu&#8217;il a atteint le statut de droit humain universel. Nous aimons tous le fétichisme des produits, les marques, et l&#8217;éclat que leur célébrité mondiale apporte à nos comportements. Il n&#8217;y a pas de mouvement social ou de pratique culturelle, même radicale, qui puisse échapper à la logique des marchandises. Aucune stratégie n&#8217;a été conçue pour vivre à l&#8217;ère de l&#8217;après-spectacle. Les préoccupations ont plutôt mis l&#8217;accent sur la vie privée, ou ce qu&#8217;il en reste. La capacité du capitalisme à absorber ses adversaires est telle que, à moins que toutes les conversations téléphoniques privées et le trafic internet soient rendus publics, il est presque impossible d&#8217;expliquer pourquoi nous avons encore besoin du sens critique&#8230; même si cette critique ressemblerait à la &#8220;démocratie des actionnaires&#8221; en action. La question sensible de la vie privée deviendrait le catalyseur d&#8217;une conscience plus large sur les intérêts financiers, mais ses participants seraient soigneusement sélectionnés : la participation de masse est limitée aux classes moyennes et supérieures. Cela ne fait qu&#8217;amplifier la nécessité d&#8217;un domaine public vivant et diversifié dans lequel ni la surveillance par les Etats ni les intérêts de marché n&#8217;ont un rôle vital à jouer. </p>
<h3>Ne cherchons plus, interrogeons</h3>
<p>En 2005, le président de la Bibliothèque nationale de France, Jean-Noël Jeanneney, publiait un essai dans lequel il mettait en garde contre la volonté de Google à &#8220;organiser l&#8217;information mondiale&#8221;. <em>Quand Google défie l&#8217;Europe : Plaidoyer pour un sursaut</em> (Mille et une nuits, 2005) reste l&#8217;un des rares documents qui conteste l&#8217;hégémonie incontestée de Google. Jeanneney dénonçait uniquement un projet spécifique, celui de Google recherche de livre, dans lequel des millions de livres de bibliothèques universitaires américaines sont en passe d&#8217;être numérisées. Son argument est très franco-européen. En raison de la manière non systématique et non organisée dont Google sélectionne ses livres, les archives ne représenteront pas correctement les géants des littératures nationales comme Hugo, Cervantès et Goethe. Google, avec son parti pris d&#8217;utiliser des sources anglaises, ne serait pas un partenaire approprié pour construire une archive publique du patrimoine culturel mondial. <em>&#8220;Le choix des livres à numériser sera imprégné par l&#8217;atmosphère anglo-saxonne&#8221;</em>, écrit Jeanneney. </p>
<p>Même s&#8217;il s&#8217;agit en soi d&#8217;un argument légitime, le problème est que Google n&#8217;est pas intéressé par la création et l&#8217;administration d&#8217;une archive en ligne, en premier lieu. Google souffre d&#8217;obésité de données et est indifférent aux appels à la préservation attentive d&#8217;archives. Il serait naïf d&#8217;exiger de lui une attention culturelle particulière. L&#8217;objectif premier de cette entreprise cynique est de surveiller le comportement des utilisateurs afin de vendre des données de trafic et des profils à des parties tierces intéressées par ceux-ci. Google n&#8217;a pas pour objectif de s&#8217;approprier Emile Zola, au contraire :  son intention est d&#8217;attirer les amateurs de Proust loin de l&#8217;archive. Même si pour les Français, l&#8217;oeuvre complète de Balzac constitue l&#8217;épiphanie de la langue et de la culture française, pour Google elles sont des données abstraites, une matière première dont le seul but est de faire du profit.</p>
<p>Nul ne sait si la réponse européenne à Google, le moteur de recherche multimédia Quaero, deviendra un jour opérationnel, ni si elle incarnera les valeurs défendues par Jeanneney. </p>
<p>Ce n&#8217;est donc pas une grande surprise de constater que les plus féroces critiques à l&#8217;encontre de Google sont Nord-Américains. Jusqu&#8217;à présent, l&#8217;Europe a investi étonnamment peu de ressources dans la compréhension conceptuelle et la cartographie de la culture des nouveaux médias. Au mieux, l&#8217;Union européenne est la première à adapter des standards techniques et des produits venus d&#8217;ailleurs. Mais ce qui compte dans la recherche sur les nouveaux médias est la suprématie conceptuelle. La recherche technologique ne suffira pas, quelles que soient les sommes que l&#8217;Union européenne investira dans la recherche sur l&#8217;internet du futur. Tant que l&#8217;écart entre la culture des nouveaux médias et la gouvernance institutionnelle privée comme publique restera béant, nous n&#8217;établirons pas une culture technologique vivace. Dit autrement, nous devons cesser de voir l&#8217;opéra et les autres beaux arts comme des compensations face à l&#8217;insoutenable légerté du cyberespace. En plus de l&#8217;imagination, de la volonté collective et d&#8217;une bonne dose de créativité, les européens pourraient mobiliser leur capacité unique à grommeler dans une forme productive de négativité. La passion collective pour la réflexion et la critique pourrait être utilisée pour surmonter le syndrome d&#8217;outsider que beaucoup ressentent dans leur rôle de simples utilisateurs et consommateurs. </p>
<p>Jaron Lanier a écrit dans sa nécrologie de Weizenbaum : <em>&#8220;Nous ne laisserions pas un étudiant devenir chercheur professionnel en médecine sans lui apprendre les expériences en double aveugle, les groupes témoins placebos et la réplication des résultats. Pourquoi la science informatique nous donne-t-elle un passeport unique qui nous permet d&#8217;être pu exigeants avec nous-mêmes ? Chaque étudiant en informatique doit être formé par le scepticisme Weizenbaumien, et devrait tenter de faire passer cette précieuse discipline aux utilisateurs de nos inventions.&#8221;</em> Nous devons nous demander pourquoi les meilleurs et les plus radicaux critiques de l&#8217;internet sont américains. Nous ne pouvons plus utiliser l&#8217;argument selon lequel ils seraient mieux informés. Mes deux exemples, en travaillant sur les traces de Weizenbaum, sont Nicolas Carr et Siva Vaidhyanathan. Carr vient de l&#8217;industrie (Harvard Business Review) et est un parfait critique de l&#8217;intérieur (<a href="http://www.roughtype.com/">blog</a>). Son récent livre <em><a href="http://www.amazon.fr/Big-Switch-Rewiring-Edison-Google/dp/0393333949/internetnet-21">The Big Switch</a></em> décrit la stratégie de Google qui vise à centraliser et à contrôler l&#8217;infrastructure internet via ses centres de données. Les ordinateurs deviennent de plus en plus petits, moins chers et plus rapides. Ces économies d&#8217;échelles permettent d&#8217;externaliser le stockage et les applications à un coût faible ou nul. Les entreprises passent de départements informatiques internes aux services en réseaux. </p>
<p>Il y a quelque chose d&#8217;ironique ici. Des générations de gourous technologiques à la mode se sont moqués de la prédiction de Thomas Watson à la tête d&#8217;IBM qui pensait que le monde n&#8217;aurait pas besoin de plus de 5 ordinateurs &#8211; et c&#8217;est pourtant exactement ce qu&#8217;il se passe ! Au lieu d&#8217;une plus grande décentralisation, l&#8217;usage de l&#8217;internet se concentre dans quelques centres de données, nécessitant énormément d&#8217;énergie. Carr ignore la cupidité des entreprises point com devenues 2.0 et se spécialise plutôt dans les observations amorales de la technologie. Le projet de Siva Vaidhyanathan, <a href="http://www.googlizationofeverything.com/">&#8220;la Googlisation de tout&#8221;</a>, a pour objectif de synthétiser les recherches critiques sur Google dans un livre à paraître en 2009. Dans l&#8217;intervalle, il recueille la matière première sur l&#8217;un de ses blogs. </p>
<p>Pour le moment, nous restons obsédés par la diminution de la qualité des réponses à nos questions &#8211; et non par le problème sous-jacent, à savoir la mauvaise qualité de notre éducation et la diminution de notre capacité à penser de manière critique. Je suis curieux de savoir sir les générations futures devront incarner &#8211; ou peut-être devrions nous dire concevoir &#8211; les &#8220;îles de la raison&#8221; de Weizenbaum. Ce qui est nécessaire est une réappropriation du temps. A l&#8217;heure actuelle, nous ne disposons tout simplement pas assez de temps pour nous promener comme un flâneur. Toutes les informations, objets ou expériences doivent être accessibles instantanément. Notre pratique techno-culturel habituelle repose sur une intolérance au temps. Nos machines considèrent l&#8217;obsolescence  des logiciels avec une impatience croissante, exigeant que l&#8217;on installe sans cesse des mises à jour. Et nous sommes tous obligés d&#8217;y répondre, mobilisés par la crainte d&#8217;un ralentissement de la performance. Les experts de l&#8217;usabilité mesurent la fraction de seconde dans laquelle nous décidons si les informations qui s&#8217;affichent à l&#8217;écran sont celles que nous recherchons. Si nous ne sommes pas satisfaits, nous cliquons pour nous éloigner. Or, la sérendipité nécessite beaucoup de temps. Nous faisons volontiers l&#8217;éloge du hasard, mais nous peinons à nous appliquer cette vertu. Si nous ne pouvons plus tomber au hasard sur des îles de la raison à travers nos requêtes, il nous faudra bien les construire. Avec <a href="http://www.manovich.net/">Lev Manovich</a> et d&#8217;autres collègues, je soutiens que nous avons besoin d&#8217;inventer de nouvelles façons d&#8217;interagir avec l&#8217;information, de nouvelles façon de la représenter et de nouvelles façons d&#8217;en faire émerger le sens. Comment les artistes, les designers, les architectes répondent-ils à ces défis ? Arrêtons de chercher. Commençons à interroger. Plutôt que d&#8217;essayer de nous défendre contre l&#8217;&#8221;infobésité&#8221;, nous pourrions aborder cette situation de façon plus créative, comme une opportunité d&#8217;inventer de nouvelles formes appropriées à un monde riche en information. </p>
<p>Geert Lovink</p>
<p><em>Traduction Hubert Guillaud.</em></p>
<p><strong>Le dossier &#8220;Une société de la requête&#8221; :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/">1/4 : De la Googlisation de nos vies</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-24-comprendre-la-nouvelle-economie-cognitive/">2/4 : Comprendre la nouvelle économie cognitive</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/16/une-societe-de-la-requete-34-subvertir-google/">3/4 : Subvertir Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/17/la-societe-de-la-requete-44-comprendre-google/">4/4 : Comprendre Google</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/12/18/la-googlisation-est-dans-lentonnoir/">#bonus : La Googlisation est dans <em>L&#8217;entonnoir</em></a></li>
</ul>
<p>_________<br />
[1]  Joseph Weizenbaum et Gunna Wendt, <em>Wo sind sie, die Inseln der Vernunft im Cyberstrom, Auswege aus der programmierten Gesellschaft</em>, Herder Verlag, Freiburg, 2006. <em>Où sont les îles de la raison dans le flot numérique ? Comment sortir de la société programmée ?</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>De la prévisibilité des tendances de recherche</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 08:58:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Yoosi Matias, Niv Efron et Yair Shimshoni, chercheurs aux Google Labs d&#8217;Israël travaillent sur Google tendance de recherche, l&#8217;outil qui permet d&#8217;accéder aux pratiques de recherches des utilisateurs du moteur. Comme ils l&#8217;expliquent dans un billet sur le blog de Google Research, l&#8217;évolution de certaines requêtes sont très saisonnières, comme la recherche &#8220;ski&#8221; liée à l&#8217;hiver, ou celles autour du&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Yoosi Matias, Niv Efron et Yair Shimshoni, chercheurs aux Google Labs d&#8217;Israël travaillent sur <a href="http://www.google.com/insights/search/#">Google tendance de recherche</a>, l&#8217;outil qui permet d&#8217;accéder aux pratiques de recherches des utilisateurs du moteur. Comme ils l&#8217;expliquent <a href="http://googleresearch.blogspot.com/2009/08/on-predictability-of-search-trends.html">dans un billet sur le blog de Google Research</a>, l&#8217;évolution de certaines requêtes sont très saisonnières, comme la recherche &#8220;ski&#8221; liée à l&#8217;hiver, ou celles autour du basket-ball liée aux matchs. <em>&#8220;Lorsque l&#8217;on regarde les tendances de l&#8217;ensemble du volume de recherches liées à des catégories particulières, on observe des habitudes régulières dans certaines catégories&#8221;</em>&#8230; Des tendances assez prévisibles qui finissent même par se répéter d&#8217;année en année. Bien sûr, ceci n&#8217;est pas valable pour toutes les catégories : les tendances sont très irrégulières et difficiles à prévoir, notamment en ce qui concerne des requêtes liées à des évènements, des personnalités ou de l&#8217;information. </p>
<p>On comprend vite l&#8217;intérêt de pouvoir établir des estimations des tendances de recherches à venir, comme l&#8217;a montré <a href="http://www.internetactu.net/2008/11/20/quand-nos-requetes-aident-a-tracer-les-evolutions-de-la-grippe/">le travail d&#8217;autres chercheurs de Google sur la grippe aviaire</a>. Quelles sont donc les requêtes qui sont les plus prévisibles ? Quelles sont les thématiques les plus prévisibles et comment se fait la distribution de la prévisibilité entre les différentes catégories ? </p>
<p>A ce jour, <a href="http://research.google.com/archive/google_trends_predictability.pdf">le travail des chercheurs (.pdf)</a> montre que :</p>
<ul>
<li>plus de la moitié des requêtes les plus populaires de Google sont prévisibles sur une période de 12 mois, avec un taux d&#8217;erreur moyen de 12 % environ. Et à contrario, bien évidemment près de la moitié des requêtes les plus populaires ne sont pas prévisibles.</li>
<li>Certaines catégories sont particulièrement prévisibles (la santé, l&#8217;alimentation et la boisson, les voyages&#8230;), alors que d&#8217;autres le sont beaucoup moins (le divertissement, les communautés en ligne&#8230;).</li>
<li>Les tendances de requêtes agrégées par catégories sont plus prévisibles qu&#8217;isolées.</li>
<li>Il existe un lien évident entre la prévisibilité et la saisonnalité pour de nombreux types de requêtes.</li>
<li>L&#8217;intérêt est de montrer à la fois la réalité des requêtes et le niveau de prévision de la méthode utilisée, car tout se joue dans les écarts. </li>
</ul>
<p>Comme souvent avec Google, le modèle a été jugé suffisamment pertinent pour qu&#8217;il soit dès à présent intégré à Google tendance de recherche. Quand vous faites une requête, vous pouvez désormais avoir accès aux prévisions de recherches sur ce terme pour les 12 prochains mois. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/09/skidansgoogletrends.jpg" alt="La requête ski dans Google trends avec les tendances à venir" title="La requête ski dans Google trends avec les tendances à venir" /><br />
<em>Image : La requête ski dans Google Trends avec les tendances de requête à venir sur ce terme.</em></p>
<h3>Comprendre la chaine alimentaire</h3>
<p>L&#8217;algorithme de Google peut d&#8217;ailleurs servir à bien d&#8217;autres choses, <a href="http://www.wired.com/wiredscience/2009/09/googlefoodwebs/">comme le raconte <em>Wired</em></a>. Les scientifiques savent depuis longtemps que la chaîne alimentaire et les interactions entre espèces sont des éléments clefs dans la compréhension des facteurs qui président à l&#8217;extinction des espèces. D&#8217;où l&#8217;idée de Stefano Allesina, écologiste à l&#8217;université de Californie, et Mercedes Pascual de l&#8217;université du Michigan, d&#8217;adapter l&#8217;algorithme de Google, le célèbre PageRank, à la chaîne alimentaire, comme l&#8217;explique leur article publié dans <em><a href="http://www.ploscompbiol.org/article/info:doi/10.1371/journal.pcbi.1000494">PLoS</a></em>. L&#8217;idée était de répondre à la question : quelle extinction d&#8217;espèce, dans un réseau alimentaire, pouvait conduire à la plus grande réaction en chaîne ? </p>
<p>L&#8217;algorithme de Google permet de prendre en compte les connexions entre espèces, mais aussi leur importance relative. <em>&#8220;Ce que nous avons prouvé c&#8217;est que l&#8217;importance d&#8217;une espèce peut être connectée à la quantité de matière qui s&#8217;écoule d&#8217;eux&#8221;</em>, explique Stefano Allesina. <em>&#8220;Si une espèce mange beaucoup de choses et que beaucoup de choses la mangent, elle tend à être importante.&#8221;</em></p>
<p>La plupart des défenseurs de l&#8217;environnement concentrent leur action et leur étude sur une seule espèce. Or il faut tenir compte du fait que les espèces sont interdépendantes et qu&#8217;elles sont empêtrées dans un réseau d&#8217;interaction multi-espèces. Pour les écosystèmes sur le point de s&#8217;effondrer, comme les environnements marins mis en périls par la surpêche, Allesina affirme qu&#8217;une approche réseau pourrait faire toute la différence dans les politiques de préservation à mettre en place.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag nofollow">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux/" title="réseaux" rel="tag nofollow">réseaux</a><br />
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		<title>WolframAlpha : Une nouvelle sorte de science pour une nouvelle sorte de moteur de recherche</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 13:07:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, vous avez sans doute déjà visité et utilisé WolframAlpha, et, selon vos préférences, vous l&#8217;avez trouvé plutôt extraordinaire, ou (surtout si vous êtes peu porté sur les chiffres), globalement décevant. Difficile pour l&#8217;instant de juger l&#8217;engin, qui n&#8217;en est, nous affirme-t-on, qu&#8217;à ses débuts (un truc à noter pour les collégiens et lycéens : il donne la solution des&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui, vous avez sans doute déjà visité et utilisé <a href="http://www71.wolframalpha.com/">WolframAlpha</a>, et, selon vos préférences, vous l&#8217;avez trouvé plutôt extraordinaire, ou (surtout si vous êtes peu porté sur les chiffres), globalement décevant. Difficile pour l&#8217;instant de juger l&#8217;engin, qui n&#8217;en est, nous affirme-t-on, qu&#8217;à ses débuts (un truc à noter pour les collégiens et lycéens : il donne la solution des équations et trace les courbes de fonctions !). En revanche, on peut déjà se poser des questions sur sa signification exacte, et se demander si sa naissance constitue ou pas une date mémorable dans l&#8217;histoire de l&#8217;informatique et dans le domaine de l&#8217;intelligence artificielle notamment.</p>
<p>Car pour son créateur, le physicien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stephen_Wolfram">Stephen Wolfram</a>, également créateur du fameux logiciel <a href="http://www.wolfram.com/products/mathematica/index.html">Mathematica</a>, pas de doute. Si WolframAlpha est important, <a href="http://blog.wolfram.com/2009/05/14/7-years-of-nksand-its-first-killer-app/">explique-t-il sur son blog</a>, c&#8217;est parce qu&#8217;il constitue la première &#8220;killer application&#8221; de ses théories sur la vie l&#8217;univers et le reste, théories qu&#8217;il exprimait dans son monumental (au moins par le poids) ouvrage, <em><a href="http://www.amazon.com/New-Kind-Science-Stephen-Wolfram/dp/1579550088/internetnet-21">A New Kind of Science</a></em> (Une nouvelle sorte de science), sorti en 2001 (<a href="http://www.wolframscience.com/">disponible en ligne</a>). </p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/hybernaut/87907765/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/06/wolframstephen.jpg" alt="Stephen Wolfram, le créateur de WolframAlpha" title="Stephen Wolfram, le créateur de WolframAlpha" border="0" hspace="6" vspace="6" width="580" /></a><br />
<em><a href="http://www.flickr.com/photos/hybernaut/87907765/">Image : Stephen Wolfram, le créateur de Wolfram Alpha par Hybernaut.</a></em></p>
<h3>L&#8217;informatique est le socle de la structure du monde</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/06/a_new_kind_of_sciencebook.jpg" alt="La couverture du livre A new kind of science" title="La couverture du livre A new kind of science" align="left" hspace="6" vspace="6" width="200" />Qu&#8217;affirmait NKS (comme on a affectueusement surnommé ce livre) ? En gros, deux propositions assez radicales. La première est que tout dans l&#8217;univers, y compris des catégories aussi fondamentales que l&#8217;espace et le temps, est le produit de programmes, d&#8217;algorithmes.</p>
<p>Autrement dit, le postulat en cours depuis Newton selon lequel les mathématiques étaient le langage de choix pour comprendre l&#8217;univers était une mauvaise habitude. En, fait, le socle de la structure du monde, ce ne sont pas les maths, c&#8217;est l&#8217;informatique. Et comme disait en 2001 le physicien <a href="http://astro.uchicago.edu/~rocky/">Rocky Kolb</a> dans <em><a href="http://www.wired.com/wired/archive/10.06/wolfram.html">Wired</a></em>, si le mathématicien <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Babbage">Charles Babbage</a>, précurseur de l&#8217;informatique, était venu avant Newton, toute notre vision du monde en aurait été changée.</p>
<p>Mais l&#8217;autre postulat est encore plus radical. Non seulement l&#8217;ensemble de notre cosmos est le produit de programmes informatiques variés, mais ceux-ci sont de surcroit simples et courts. Ce qui caractérise ces petits programmes (dont <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Automate_cellulaire">les automates cellulaires</a> comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_la_vie">le jeu de la vie</a> sont l&#8217;exemple le plus typique ) c&#8217;est qu&#8217;au fur et à mesure de leurs itérations, ils produisent des résultats de plus en plus complexes. Certains de ces programmes possèdent en effet une telle propension à créer du nouveau qu&#8217;ils sont pour toujours imprévisibles. Pour Wolfram, le programme ultime, celui dont dérive tous les autres, le programme Dieu à l&#8217;origine de l&#8217;univers, pourrait être représenté sous la forme d&#8217;un code mathématique de quatre ou cinq lignes au maximum. En fait, ce pourrait être un algorithme assez trivial et ennuyeux, <a href="http://www.wired.com/wired/archive/10.06/wolfram.html?pg=6&#038;topic=&#038;topic_set=">a même supposé Wolfram</a>, apparemment difficile à distraire&#8230;</p>
<p><object width="580"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/OEbCsKJKXaE&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/OEbCsKJKXaE&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="350"></embed></object><br />
<em>Vidéo : un exemple d&#8217;automate cellulaire imitant le &#8220;jeu de la vie&#8221;, ou comment quelques règles simples peuvent donner des figures complexes.</em> </p>
<p>De cela Wolfram tire le <em>principe d&#8217;équivalence computationelle</em>, qui peut s&#8217;exprimer ainsi : tout phénomène existant atteint le maximum de complexité possible. Il n&#8217;existe pas de choses &#8220;simples&#8221; en opposition à des choses &#8220;compliquées&#8221;. Cette différence dans la sophistication tient aux résultats fournis par les programmes, non à la complexité de leur mécanisme interne. L&#8217;algorithme de base, lui, est toujours simple, qu&#8217;il soit à l&#8217;origine d&#8217;une pierre, d&#8217;une fleur, d&#8217;un humain ou du cosmos entier.</p>
<h3>Mettre en équation les connaissances humaines</h3>
<p>Tout cela est bel et bon. Très philosophique, métaphysique. Mais quel rapport avec WolframAlpha ?</p>
<p>Tout d&#8217;abord, cela rend possible l&#8217;idée d&#8217;une machine comprenant le langage humain et capable de calculer des réponses. Jusqu&#8217;ici, on a pensé que cela impliquerait un programme très compliqué. Or, il n&#8217;existe rien de compliqué. Comme l&#8217;explique Wolfram à l&#8217;écrivain Rudy Rucker, <a href="http://hplusmagazine.com/media/sw_alphapodcast.mp3">dans un podcast</a> associé à une <a href="http://www.hplusmagazine.com/articles/ai/wolframalpha-searching-truth">interview pour la revue h+</a>, le magazine transhumaniste, <em>&#8220;si la connaissance humaine est finie et qu&#8217;elle peut être réduite à quelques primitives computationnelles, le projet cesse d&#8217;apparaitre comme fou&#8221;</em>.</p>
<p>De plus, ce principe d&#8217;équivalence entre les programmes ouvre la porte à une méthodologie originale. La nouvelle méthode scientifique s&#8217;apparente à une zoologie. En fait, le rôle du chercheur est maintenant de répertorier comme le ferait un naturaliste l&#8217;ensemble des programmes courts possibles. Par bien des côtés, <em>New Kind of Science</em> ressemble ainsi à une espèce de bestiaire de programmes, certains aux effets limités, d&#8217;autres possédant des possibilités beaucoup plus larges. C&#8217;est cette méthodologie, qui, si l&#8217;on écoute Wolfram, serait à la base de la méthode employée pour WolframAlpha.</p>
<blockquote><p><em>&#8220;Plus spécifiquement&#8221;</em>, explique-t-il à Rucker, <em>&#8220;nous avons utilisé la notion propre à NKS de chercher dans l&#8217;espace des computations possibles pour trouver les règles à utiliser pour comprendre les inputs de l&#8217;utilisateur. (&#8230;) Donc nous créons une grosse liste de cas types et leur appliquons une multitude d&#8217;algorithmes. Et nous utilisons également les méthodes de recherche de NKS pour concevoir les pages web personnalisées dans lesquelles nous présentons nos données. &#8220;</em></p></blockquote>
<p>Lorsqu&#8217;il analyse une phrase en langage naturel, l&#8217;opération consiste, précise Wolfram dans le podcast, à essayer de la formaliser sous une forme symbolique, mathématique, et ensuite à trouver la réponse associée. Il s&#8217;agirait donc d&#8217;une espèce de &#8220;lit de Procuste&#8221;, c&#8217;est-à-dire une tentative de réduire l&#8217;ensemble à un seul modèle : soit la question entre dans un des nombreux modèles utilisés par WolframAlpha, soit elle est rejetée.</p>
<p>Autrement dit, plus besoin de comprendre réellement toutes les subtilités de la question. Wolfram s&#8217;éloigne complètement donc des recherches en Intelligence artificielle classique sur le langage naturel et la question sémantique. Pour lui, continue-t-il, leur méthodologie se rapproche de la scolastique médiévale, avec toutes ses complexes catégories. C&#8217;est un mode de raisonnement pré-Newton, antérieur à la publication des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophiae_Naturalis_Principia_Mathematica">Principia Mathematica</a>, qui ont permis de réduire la multitude des phénomènes existants à un ensemble de formules mathématiques.</p>
<p>Certes, cette posture admet que seul ce qui peut être émis en langage formel à de la valeur. Les critiques les plus acerbes pourraient objecter que si aujourd&#8217;hui WolframAlpha se contente bien trop souvent d&#8217;aligner quelques chiffres en réponse aux questions de l&#8217;utilisateur, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il est trop jeune, mais parce que le postulat épistémologique de base est tout simplement faux. L&#8217;avenir le dira. </p>
<p>En tout cas, Wolfram a des projets ambitieux pour son bébé. Ainsi, note-t-il, bien qu&#8217;il s&#8217;inspire aujourd&#8217;hui de NKS pour la construction de son système, la plupart des modèles utilisés sont encore OKS (c&#8217;est-à-dire <em>old kind of science</em>, ils appartiennent à l&#8217;ancienne sorte de science). Il s&#8217;agit d&#8217;algorithmes et de structures déjà largement utilisés par les sciences traditionnelles, même si Wolfram souhaite aller plus loin et introduire un esprit encore plus &#8220;NKS&#8221; dans les recherches à venir.</p>
<p><em>&#8220;Aujourd&#8217;hui, <a href="http://blog.wolfram.com/2009/05/14/7-years-of-nksand-its-first-killer-app/">affirme-t-il sur son blog</a>,  WolframAlpha utilise des modèles existants en science et dans d&#8217;autres domaines, et effectue des calculs basés sur ces modèles. Mais s&#8217;il devenait capable de trouver de nouveaux modèles ? S&#8217;il lui était possible de les inventer à la volée ? De faire de la science à la volée ?&#8221;</em></p>
<p>Pas d&#8217;indication pour le moment sur le moyen qu&#8217;aurait WolframAlpha d&#8217;inventer ses propres modèles, sa propre façon de pensée. En tout cas pas de doute : dans l&#8217;esprit de son créateur (que la modestie n&#8217;a jamais véritablement étouffé), WolframAlpha n&#8217;est pas un simple utilitaire de recherche, mais une vraie machine philosophique dans la lignée de celles de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Wilkins">John Wilkins</a> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Leibniz">Leibniz</a>.</p>
<blockquote><p><em>“WolframAlpha n&#8217;est pas réellement un moteur de recherche, parce que nous calculons les réponses et découvrons de nouvelles vérités. Au mieux, vous pourriez le considérer comme un moteur de recherche platonicien découvrant des vérités éternelles qui n&#8217;avaient jamais été écrites auparavant&#8221;.</em></p></blockquote>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-artificielle/" title="intelligence artificielle" rel="tag nofollow">intelligence artificielle</a><br />
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		<title>10 technologies émergentes 2009</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/02/25/10-technologies-emergentes-2009/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2009/02/25/10-technologies-emergentes-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 09:12:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Normes et standards]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[NBIC]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme chaque année, la Technology Review, vient de sélectionner ses 10 technologies émergentes 2009 : au programme logiciels intelligents, machines biologiques, nouvelles batteries et mémoires &#8220;révolutionnaires&#8221;&#8230; 
Adam Cheyer, cofondateur de Siri, travaille à développer une nouvelle espèce de logiciel intelligent qui vise à créer &#8220;un moteur à faire&#8221; (do engine) plutôt qu&#8217;un &#8220;moteur de recherche&#8221;. Siri, qui s&#8217;inspire du projet&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, la <em>Technology Review</em>, vient de sélectionner <a href="http://www.technologyreview.com/specialreports/specialreport.aspx?id=37">ses 10 technologies émergentes 2009</a> : au programme logiciels intelligents, machines biologiques, nouvelles batteries et mémoires &#8220;révolutionnaires&#8221;&#8230; </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/02/technologyreview.jpg" alt="Technology Review" align="right" /><a href="http://www.adam.cheyer.com/">Adam Cheyer</a>, cofondateur de <a href="http://siri.com/">Siri</a>, travaille à développer <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22117">une nouvelle espèce de logiciel intelligent</a> qui vise à créer &#8220;un moteur à faire&#8221; (<em>do engine</em>) plutôt qu&#8217;un &#8220;moteur de recherche&#8221;. Siri, qui s&#8217;inspire du <a href="http://caloproject.sri.com/about/">projet Calo</a> financé par la Darpa, travaille à un assistant personnel virtuel qui a pour but d&#8217;aider les utilisateurs à accomplir leurs requêtes plutôt qu&#8217;à juste les aider à collecter l&#8217;information qu&#8217;ils cherchent. La clef, explique Adam Cheyer est de prendre en compte le contexte : <em>&#8220;Pour avoir un système qui peut agir et raisonner, vous avez besoin d&#8217;avoir un système capable d&#8217;interagir et de comprendre&#8221;</em>, explique-t-il. Le prototype logiciel qui doit être publié cette année est destiné aux mobiles et ne proposera dans un premier temps qu&#8217;un nombre limité de fonctions : une aide pour réserver un restaurant, un billet d&#8217;avion ou organiser un week-end. Le logiciel est connecté à de multiples services en ligne qui lui permet par exemple de trouver un restaurant bon marché dans une zone spécifique d&#8217;une ville et de faire automatiquement une réservation. Pour Dag Kittlaus, l&#8217;autre cofondateur de Siri, d&#8217;ici 5 ans, chacun aura un assistant virtuel <em>&#8220;auquel il déléguera une grande partie des petites tâches subalternes&#8221;</em> que nous sommes appelés à effectuer. Ce qui est intéressant dans leur approche, c&#8217;est qu&#8217;ils ne cherchent pas à construire une intelligence artificielle, mais à être pragmatiques, en essayant de trouver des solutions pour nous aider à accomplir de petites tâches simples, mais chronophages. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/02/paperdiagnostic.jpg" alt="Exemples de diagnostics papiers par Bruce Peterson pour la Technology Review" title="Exemples de diagnostics papiers par Bruce Peterson pour la Technology Review"hspace="6" vspace="6" align="right" width="300" /><a href="http://gmwgroup.harvard.edu/">George Whitesides</a>, professeur à l&#8217;université d&#8217;Harvard, travaille lui à <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22113">des outils de diagnostics peu coûteux à fabriquer</a>, simple à utiliser et suffisamment robustes pour être utilisés n&#8217;importe où dans le monde. Il est en train de mettre au point du papier, qui, couplé avec des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Microfluidique">microfluides</a>, est capable d&#8217;établir un diagnostic de manière simple et visuel. Il suffit de déposer une goutte de sang ou d&#8217;urine sur le papier pour que, selon les produits chimiques présents dans celui-ci, il change de couleur et indique si la molécule qu&#8217;il détecte est présente ou non dans l&#8217;échantillon. Le papier peut détecter différents types de molécules selon la manière dont il est traité et le procédé exploite la capacité naturelle du papier à absorber rapidement les liquides. Le papier s&#8217;incinère facilement, ce qui permet d&#8217;éliminer les tests en toute sécurité et sa simplicité d&#8217;emploi permet à des gens avec peu de formation médicale de les réaliser. Le papier de diagnostic existe déjà, notamment pour les tests de grossesse, mais Whitesides travaille à élargir l&#8217;éventail des diagnostics réalisables : sur un même bout de papier de la taille d&#8217;un timbre-poste, on pourrait ainsi tester un large éventail de réactions à partir d&#8217;un minuscule échantillon. Georges Whitesides travaille à développer des tests hépatiques et des tests de maladie infectieuse, du type de celui de la tuberculose. </p>
<p>Han Cao, de <a href="http://www.bionanomatrix.com/">BioNanomatrix</a>, a produit une puce qui elle aussi utilise la nanofluidique. Sa puce serait capable d&#8217;ici 5 ans de séquencer l&#8217;ADN d&#8217;une personne en huit heures pour moins de 100 dollars, <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22112">explique la <em>Technology Review</em></a>. </p>
<p>Stuart Parkin est lui spécialiste de la physique fondamentale des matériaux magnétiques chez IBM où il a contribué à multiplier les capacités de stockage des disques durs jusqu&#8217;à ce qu&#8217;en 2002, IBM revende son activité disque dur à Hitachi. <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22115">C&#8217;est alors qu&#8217;il s&#8217;est mis à élaborer une nouvelle façon de stocker l&#8217;information</a> via les nanotechnologies : une puce avec une capacité de mémoire égale à un disque dur magnétique, aussi résistante qu&#8217;une mémoire flash et avec une vitesse de stockage bien supérieure. </p>
<p><a href="http://www.eecs.umich.edu/maharbiz/index.html">Michel Maharbiz</a> a mis au point <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22111">les premières  machines biologiques</a> en créant une nouvelle génération <a href="http://www.eecs.berkeley.edu/Research/Projects/Data/105682.html">d&#8217;insectes cyborgs</a>. En implantant des électrodes dans des coléoptères pour contrôler leur cerveau et leurs muscles, Maharbiz a réussi à piloter le vol d&#8217;insectes à distance : créant des <a href="http://www.darpa.mil/mto/programs/himems/index.html">hybrides entre l&#8217;insecte et les puces</a>, comme les appelle la Darpa (<a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/robotique/d/letrange-projet-de-la-defense-americaine-linsecte-telecommande_15431/">voir les explications techniques de Futura-Sciences</a>). Donald Sadoway a conçu des <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22116">batteries liquides</a> capables d&#8217;emmagasiner l&#8217;énergie solaire en journée pour la redistribuer la nuit. <a href="http://www.nanoscience.gatech.edu/zlwang/">Zhong Lin Wang</a> du groupe de recherche sur les nanotechnologies de la Georgia Tech cherche lui à tirer avantage de l&#8217;énergie piézoélectrique à un niveau nanométrique. L&#8217;effet <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Piezzo-%C3%A9lectrique">piézoélectrique</a> consiste à produire de l&#8217;électricité via une action mécanique. Zhong Lin Wang <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22118">cherche à appliquer ce potentiel à une échelle nanométrique pour créer des capteurs capables de tirer leur énergie des vibrations qui nous entourent</a> : le son des vagues, le vent, voire l&#8217;écoulement du sang dans nos veines pourraient demain être des sources d&#8217;énergie. Wang imagine ainsi des générateurs électriques tissés dans le tissu permettant de charger un iPod en enfilant sa chemise. Reste que la production électrique générée par ses nanogénérateurs est encore bien trop faible pour cela, et il lui faudra encore quelques années pour que la perspective qu&#8217;il dessine permette de générer suffisamment d&#8217;énergie pour avoir des applications réelles.  </p>
<p><a href="http://www.cs.princeton.edu/~vivek/#research">Vivek Pai</a>, du <a href="http://nsg.cs.princeton.edu">Groupe sur les systèmes en réseau</a> de l&#8217;université de Princeton, a développé <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22119">une nouvelle méthode de stockage de contenus</a> pour le web qui vise à rendre l&#8217;internet plus accessible à tous, en stockant le contenu le plus fréquemment consulté. La technologie d&#8217;HashCache utilise le disque dur local pour mettre le contenu en cache afin d&#8217;économiser la bande passante, la mémoire vive et l&#8217;électricité des utilisateurs qui se connectent à l&#8217;internet, notamment pour les pays en voie de développement. </p>
<p>Nick McKeown, responsable du programme de recherche <a href="http://cleanslate.stanford.edu/">Clean Slate</a> à Stanford, a développé un standard baptisé <a href="http://www.openflowswitch.org/">OpenFlow</a> qui vise à <a href="http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?ch=specialsections&#038;sc=&#038;id=22120">refonder le fonctionnement du réseau</a>. Sur l&#8217;internet, les routeurs et commutateurs qui font fonctionner le réseau sont bien souvent inaccessibles : leurs logiciels sont la propriété d&#8217;entreprises comme Cisco ou HP. OpenFlow permet d&#8217;accéder, de manipuler et de tester les routeurs et les commutateurs pour diriger le trafic sur les réseaux. <em>&#8220;Aujourd&#8217;hui, la sécurité, l&#8217;acheminenement et la gestion de l&#8217;énergie dans les réseaux sont dictés par la technologie et il est très difficile d&#8217;en changer. C&#8217;est pourquoi l&#8217;infrastructure n&#8217;a pas changé depuis 40 ans&#8221;</em>, commente le chercheur. Quand un paquet de données arrive à un aiguillage, le firmware contrôle la destination du paquet et le transmet selon des règles prédéfinies, explique la <em>Technology Review</em>. Une opération au cours de laquelle les opérateurs de réseau n&#8217;ont aucun contrôle. Tous les paquets qui vont au même endroit sont acheminés par le même chemin et traités de la même façon. Mais sur OpenFlow, les chercheurs peuvent préciser les règles : donner par exemple priorité aux e-mails vidéo ou établir et affiner des règles pour le trafic en provenance de certaines adresses ou à destination de certaines autres, leur permettant de mettre en quarantaine le trafic d&#8217;un ordinateur soupçonné d&#8217;abriter des virus par exemple. OpenFlow peut également être utilisé pour améliorer les réseaux téléphoniques mobiles. Destiné dans un premier temps aux administrateurs de réseaux de campus, ce type d&#8217;outil pourrait également, à terme, mettre à mal la neutralité d&#8217;internet. </p>

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		<title>Twitter : le filtre de l&#8217;internet en temps réel</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/01/22/twitter-le-filtre-de-linternet-en-temps-reel/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 09:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<description><![CDATA[Quand l&#8217;avion de ligne américain s&#8217;est abîmé dans l&#8217;Hudson, la semaine dernière, les premières images et les premières réactions furent postées via Twitter, le système de messagerie instantané en ligne, bien avant que l&#8217;information soit accessible sur le reste du web. Un exemple qui démontre que la réactivité des messageries instantanées communautaires est plus forte que celle des moteurs d&#8217;information&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand l&#8217;avion de ligne américain s&#8217;est abîmé dans l&#8217;Hudson, la semaine dernière, les premières images et les premières réactions furent postées via Twitter, le système de messagerie instantané en ligne, bien avant que l&#8217;information soit accessible sur le reste du web. Un exemple qui démontre que la réactivité des messageries instantanées communautaires est plus forte que celle des moteurs d&#8217;information traditionnels. <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/sorry_google_you_missed_the_real_time_web.php">Comme le signale Bernard Lunn sur le ReadWriteWeb</a>, c&#8217;est d&#8217;ailleurs un exemple qui montre une réelle faiblesse de la plupart des moteurs de recherche et notamment de Google, le plus emblématique d&#8217;entre eux. Analyser le web en temps réel est encore le talon d&#8217;Achille du web, et ce, alors que l&#8217;information en temps réel ne va cesser de s&#8217;y déverser toujours plus abondamment. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/01/hudsen_twitter.jpg" alt="Les premières réactions sur Twitter suite à l'amerrissage d'un avion sur l'Hudson" width="580" title="Les premières réactions sur Twitter suite à l'amerrissage d'un avion sur l'Hudson" /></p>
<p>Mais peut-être plus pour longtemps. Yahoo! a annoncé qu&#8217;ils allaient désormais utiliser Twitter pour améliorer leur service d&#8217;information, via <a href="http://tweetnews.appspot.com">TweetNews</a>, un moteur de recherche et un algorithme qui vont permettre de faire remonter les informations de Yahoo News selon la fraîcheur de l&#8217;information et notamment selon les sujets les plus fréquemment twittés. C&#8217;est un ajustement important, <a href="http://www.technologyreview.com/blog/editors/22511/?a=f">explique Kate Greene de la <em>Technology Review</em></a> par rapport aux agrégateurs d&#8217;information automatique qu&#8217;utilisent Google News ou Yahoo!, qui ont tendances à n&#8217;être pas assez réactifs par rapport à des sites d&#8217;information communautaires comme Digg ou Twitter, comme l&#8217;explique <a href="http://www.technologyreview.com/business/21145/?a=f">un article plus ancien sur la rapidité des sites d&#8217;information sociaux</a>. Selon Vik Singh, un chercheur de chez Yahoo!, l&#8217;information récente que l&#8217;on trouve sur Yahoo! actualité a tendance à classer l&#8217;information selon la date à laquelle l&#8217;information a été publiée, une mesure qui ignore la grande importance d&#8217;une histoire. Pour résoudre ce problème Vik Singh a utilisé <a href="http://developer.yahoo.com/search/boss/">Boss</a>, <a href="http://motrech.blogspot.com/2008/07/yahoo-boss-une-rvolution-est-en-marche.html?showComment=1216315680000">le moteur de recherche open-source de Yahoo</a>, pour construire un moteur de recherche spécialisé qui surveille les gazouillis du microblogging pour déterminer les sujets chauds. <em>&#8220;La fraîcheur de l&#8217;information est un problème difficile à relever&#8221;</em>, <a href="http://zooie.wordpress.com/2009/01/15/twitter-boss-real-time-search/">explique Vik Singh dans un billet de son blog</a>, <em>&#8220;les algorithmes de classements comme le PageRank n&#8217;arrivent pas à faire remonter une URL suffisamment nouvelle et à lui créditer suffisamment de liens par rapport à une information plus ancienne.&#8221;</em> Et d&#8217;évoquer encore les feux qui ont embrasés la Californie cet été ou des résultats sportifs, où les twitts s&#8217;avèrent souvent, et assez naturellement, les plus réactifs. En fait, explique-t-il, l&#8217;information existe, mais elle n&#8217;est pas assez mise en valeur dans les moteurs de recherche d&#8217;information. D&#8217;où l&#8217;idée de mettre en avant des articles, selon le nombre de twitts qui parlent du même sujet et de mieux corréler l&#8217;information avec les pulsations qui la scandent.</p>
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		<title>Quand YouTube remplacera Google</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Dec 2008 12:50:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>

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		<description><![CDATA[La facilité d&#8217;accès aux vidéos en ligne, incarnée par la plateforme de partage de vidéo YouTube, change profondément la société, concluaient les intervenants du Web 2.0 Summit à San Francisco qui discutaient sur le sujet du web et de la politique (vidéo, transcription en français des meilleurs moments). YouTube est récemment devenu le second moteur de recherche du monde selon&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La facilité d&#8217;accès aux vidéos en ligne, incarnée par la plateforme de partage de vidéo YouTube, change profondément la société, concluaient les intervenants du <a href="http://en.oreilly.com/web2008/public/content/home">Web 2.0 Summit</a> à San Francisco qui discutaient sur le sujet du web et de la politique (<a href="http://blip.tv/play/gfIU2P0FhZlM">vidéo</a>, <a href="http://fr.readwriteweb.com/2008/11/27/entrevues/politique-internet-premier-bilan-election-obama/">transcription en français des meilleurs moments</a>). YouTube est récemment devenu <a href="http://www.tgdaily.com/content/view/39777/113/">le second moteur de recherche du monde selon Comscore</a> (passant devant Yahoo!), avec 344 millions de visiteurs uniques (<a href="http://media-tech.blogspot.com/2008/12/youtube-rpartition-mondiale-de.html">voir les chiffres d&#8217;audience mis en avant par Didier Durand</a>). En juillet 2008, 75 % des internautes américains ont visionné 5 milliards de vidéos en ligne, soit plus de 54 vidéos en moyenne par personne et par mois, <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/comscore_says_almost_everyone.php">estime Comscore</a>. Non seulement presque tout le monde regarde des vidéos en ligne, mais toute conversation, significative comme insignifiante, est désormais filmée &#8211; et tous ces films sont accessibles sur YouTube.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/12/youtuberecherche.jpg" alt="Le champ de recherche qui s'affiche dans les vidéos de YouTube" title="Le champ de recherche qui s'affiche dans les vidéos de YouTube" hspace="6" vspace="6" align="left" /><a href="http://www.readwriteweb.com/archives/youtube_search_bar_more_graceful.php">En affichant depuis quelques jours sur toutes les vidéos embarquées un champ de recherche</a>, la fonction de YouTube comme moteur de recherche est devenue d&#8217;un coup plus manifeste. Est-ce que cela suffit pour penser, comme le suggèrent certains observateurs, que YouTube pourrait devenir le prochain Google (et comme YouTube appartient à Google, voilà qui devrait limiter les querelles de succession) ? Est-ce que les contenus vidéos vont transformer notre expérience du web ? Et si l&#8217;après-Google, correspondait à un web où les textes seraient devenus non seulement une part mineure des contenus (c&#8217;est déjà le cas), mais leur consultation également une part mineure des usages ?  </p>
<p>Les plus jeunes ont tendance à utiliser YouTube comme moteur de recherche, c&#8217;est-à-dire à regarder les contenus du web seulement sous l&#8217;angle vidéo, comme si les contenus textuels n&#8217;existaient pas ou plus. Pour eux, une grande partie de leur expérience du web s&#8217;arrête aux vidéos qu&#8217;ils y trouvent. Dès à présent, <a href="http://www.webmetricsguru.com/archives/2008/11/is-youtube-video-search-gradually-replacing-textual-search/">les usages de YouTube explosent auprès des pré-adolescents remarque WebMetricsGuru</a> et on ne compte plus ceux qui écoutent de la musique via YouTube, pour profiter des clips en même temps que des morceaux de musique. <a href="http://www.diva-portal.org/hik/abstract.xsql?dbid=511">Comme l&#8217;explique une étude suédoise</a>, regarder des clips vidéos sur YouTube est une activité sociale pleine et entière, tant pour en discuter que pour les échanger. </p>
<p>Force est de constater, à la suite d&#8217;Alex Iskold du <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/is_youtube_the_next_google.php">ReadWriteWeb</a>, qu&#8217;on trouve tout sur YouTube et que le site est en passe de devenir l&#8217;encyclopédie vidéo qui vous renseigne sur la danse contemporaine comme sur la politique locale, qui permet de porter un regard sur l&#8217;actualité des personnalités comme sur l&#8217;activité numérique de nos semblables, voire sur <a href="http://www.fluctuat.net/blog/tag-avant-garde-involontaire.html">le caractère avant-gardiste de leurs productions</a>. Comme c&#8217;était le cas avec Google : si on ne vous trouve pas sur YouTube c&#8217;est que vous n&#8217;existez pas. D&#8217;où le fait que tout le monde cherche à investir le site de partage vidéo, que ce soit <a href="http://www.youtube.com/user/ChangeDotGov">le futur président des Etats-Unis</a>, comme <a href="http://www.zdnet.fr/blogs/2008/12/04/youtube-apres-google-youtube-vecteurs-de-propagande/">les terroristes islamiques</a>. Voilà longtemps que, dans une folle course en avant, les grands succès du web imposent leurs pratiques aux utilisateurs si ceux-ci veulent y exister. </p>
<blockquote><p><strong>Encadré : Les limites techniques et économiques</strong><br />
Bien sûr, YouTube pour l&#8217;instant ne fonctionne que sur les contenus que les internautes lui fournissent et n&#8217;indexe pas les contenus vidéos provenant d&#8217;autres plates-formes. En cela, il n&#8217;est pas un &#8220;vrai&#8221; moteur de recherche à la recherche de toutes les vidéos disponibles sur le web quelque soit leurs formats. De plus, comme tout moteur de recherche, YouTube n&#8217;est pas parfait : les recherches spécifiques fonctionnant bien souvent mieux que celles sur des sujets généraux, qui peinent à renvoyer des résultats pertinents (<a href="http://www.youtube.com/results?search_query=Astrophysique&#038;search_type=&#038;aq=f">Astrophysique</a> fonctionne beaucoup moins bien que <a href="http://www.youtube.com/results?search_query=Simpsons+Mapple&#038;search_type=&#038;aq=f">Simpsons Mapple</a> par exemple). Autre difficulté technique encore à résoudre : les propos de ces vidéos ne sont pas indexés par le moteur. Ce qui rend impossible de retrouver un passage particulier perdu dans la nasse des milliards de vidéos indexés. Mais comme le montre Google lui-même avec <a href="http://labs.google.com/gaudi">son outil d&#8217;indexation audio</a>, à la suite de <a href="http://www.blinkx.com/">Blinkx</a> ou <a href="http://search.everyzing.com/">EveryZing</a>, l&#8217;indexation des contenus vidéos est amenée à progresser. Nous serons donc capables demain de chercher de l&#8217;information dans les propos tenus dans les vidéos, de sélectionner les commentaires vidéos selon des mots clés ou des termes de recherche. Enfin, l&#8217;ajout d&#8217;outils de reconnaissance des formes ou des visages, comme <a href="http://www.viewdle.com/">Viewdle</a> permettra également d&#8217;aller plus loin dans l&#8217;indexation et donc à terme dans la fluidité avec laquelle nous naviguons entre et dans les vidéos.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/12/youtube_google_nov08c.png" alt="La comparaison Youtube Google en terme de pages vues" title="La comparaison Youtube Google en terme de pages vues" width="480" /></p>
<p>Autre problème majeur pour Youtube : rendre cette révolution technologique économiquement soutenable. Car transformer le coût de la bande passante de ce milliard de vidéos vu chaque jour sur YouTube en argent sonnant n&#8217;est pas si simple <a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/12/08/885-extension-du-domaine-de-la-recherche-video">explique Rémi Douine sur le blog d&#8217;Actualité de la recherche en histoire visuelle</a>. En effet, YouTube a besoin de centaines de milliers de serveurs pour distribuer des vidéos qui ne sont vus en moyenne que par une poignée d&#8217;utilisateurs. Et la question de comment rentabiliser ce trafic reste pendante. Même si <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/youtube_monetizes_embeds.php">YouTube vient visiblement de décider d&#8217;utiliser AdSense pour monétiser ses contenus</a>, en faisant s&#8217;afficher des publicités en bas des fenêtres vidéos, rien n&#8217;indique que la solution sera suffisante pour rentabiliser le trafic. Pourtant, des solutions commencent à s&#8217;esquisser, comme celle suggérée par <a href="http://www.auditude.com/">Auditude</a> : le système identifie le contenu originel de chaque vidéo publiée sur MySpace et fait apparaître en surimpression le programme d&#8217;origine, sa date de diffusion et un lien vers des magasins où l&#8217;on peut acheter la musique ou l&#8217;épisode en question. Surtout, une fois le contenu originel trouvé <a href="http://fr.techcrunch.com/2008/11/03/myspace-lance-auditude-et-a-peut-etre-trouve-une-facon-efficace-de-monetiser-les-videos-en-ligne/">explique TechCrunch</a>, Auditude ajoute un encart publicitaire à la vidéo dont les revenus iront au propriétaire du contenu original, quelque soit la personne qui a chargé la vidéo. Une invention qui permet d&#8217;imaginer une rémunération de facto de la dissémination des contenus par la foule comme <a href="http://www.groupereflect.net/blog/archives/2008/11/il_faut_arreter.html">le dit très bien Alexis Mons</a> : <em>&#8220;le piratage devient l&#8217;essence même du business&#8221;</em>. On pourraitimaginer bien d&#8217;autres solutions comme ajouter des publicités facilement dans les vidéos, à la manière du projet <a href="http://zunavision.stanford.edu/">ZunaVision</a>, capable d&#8217;ajouter des publicités d&#8217;une manière réaliste dans les surfaces planes qui figurent dans un film. Dans le domaine, il est à parier que l&#8217;innovation va faire feu de tout bois dans les prochains mois. Le temps presse : <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39381758,00.htm">la rentabilité de YouTube est devenue une priorité pour Google</a>. </p></blockquote>
<h3>Tout contenu peut-il devenir une vidéo ?</h3>
<p>Dans ce monde où la recherche vidéo rattrape la recherche tout court, une question doit être à présent posée : tout contenu peut-il devenir une vidéo ? Chaque texte que nous produisons pour le net peut-il être transformé en vidéo ? Les amoureux de l&#8217;écrit comme nous vous diront que ce n&#8217;est pas possible, que la vidéo ne concurrence pas l&#8217;écrit et ne s&#8217;y substitue pas. Néanmoins, on le voit bien déjà, le champ de la vidéo semble s&#8217;étendre toujours un peu plus. Après ce qui tenait naturellement de la vidéo (clip, pub, émissions de télé, interviews&#8230;), celle-ci arrive sur de nouveaux champs, comme le montrent par exemple ces vidéos de chercheurs qui rendent accessibles sous forme visuelle leurs résultats de recherches ou ces tutoriels en vidéo (sur un spectre grandissant de sujets) qui remplacent de plus en plus les communiqués de presse, les articles et les guides d&#8217;antan. Si le flux de la vidéo continue de progresser, pourrons-nous nous passer de transformer tout propos, tout communiqué de presse, toute information en vidéo ? Assurément pas et c&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui commence à se passer comme le montre les vidéos accompagnant le lancement de tout nouveau service ou de toute nouvelle start-up du web.</p>
<p>Alex Iskold n&#8217;est pas convaincu de cette transformation automatique. Pour lui, ce sont les hyperliens qui rendent le web possible. Or, <a href="http://fr.mashable.com/2008/06/04/ajouter-des-annotations-sur-vos-videos-youtube/">s&#8217;il est désormais possible d&#8217;intégrer des liens dans les vidéos</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=SzEvcS01Cl0&#038;feature=related">exemple</a>), force est de reconnaître que le support s&#8217;y prête mal, que le lien n&#8217;a pas la même clarté qu&#8217;un lien dans un texte. Mais est-ce un obstacle suffisant à la visibilité immédiate que promet l&#8217;image animée par rapport au texte ? Autre critique fréquente : la vidéo est moins facile à copier-coller. Le remixage demande plus de technicité, malgré l&#8217;existence d&#8217;outils toujours plus simples d&#8217;utilisation comme <a href="http://www.jumpcut.com/">JumpCut</a>, <a href="http://www.rifftrax.com/cuts">Rifftrax</a>, <a href="http://fr.techcrunch.com/2007/03/18/cuts-et-autres-alternatives-de-ledition-video-en-ligne/">ou d&#8217;autres</a>. Mais là encore, notre utilisation accrue du support vidéo nous conduira certainement à être tous mieux à même de produire des contenus vidéos.</p>
<p>Autre objection courante : écouter une vidéo monopolise plus l&#8217;attention que parcourir un texte. C&#8217;est une critique récurrente qui a été faite à l&#8217;encontre de tous les contenus au format vidéos, <a href="http://loiclemeur.com/english/2008/05/my-reasons-why.html">que ce soit les commentaires en vidéo de Seesmic</a> aux <a href="http://altaide.typepad.com/jacques_froissant_altade/2008/12/pourquoi-je-ne.html">CV en vidéo</a>. Certes, la vidéo n&#8217;est pas une fin en soi. Malgré la justesse de ces critiques, que j&#8217;aurais tendance à partager d&#8217;ailleurs, je me demande si nous ne passons tout de même pas à côté de quelque chose. On le sait, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;elles ne sont pas pratiques, pas fluides, pas simples à utiliser que les gens ne font pas usage de certaines technologies. On peut dire que les commentaires vidéos ou les CV en vidéo ne sont pas une bonne option, raisonnablement, cela ne veut pas dire que la pratique ou la mode ne vont pas l&#8217;imposer : au moins parce qu&#8217;il n&#8217;y a pas que des arguments rationnels à utiliser ou pas un support. Les internautes qui échangent des commentaires en vidéo sur Seesmic ne le font pas avec une volonté d&#8217;optimisation de leur commentaire, mais parce que le mode de communication leur convient. Si nous ramenions toutes nos pratiques à l&#8217;utilitaire, il n&#8217;y a pas beaucoup de Twitter, de Facebook ou même de YouTube qui y résisteraient.  </p>
<h3>La Génération YouTube</h3>
<p><em>&#8220;Imaginez une génération entière de gamins grandissant et apprenant le monde via YouTube. Dans la première moitié du XXe siècle, les gens grandissaient en lisant des livres et des journaux. Ensuite, il y a eu une génération qui a grandi avec la télévision. La suivante a grandi avec l&#8217;internet. Et maintenant la vidéo en ligne est en train de dessiner une nouvelle génération&#8221;</em>, explique encore Alex Iskold. Nous consommerons d&#8217;énormes volumes d&#8217;informations via la vidéo, tout comme nous le faisons aujourd&#8217;hui du texte. Tout en étant plus maître de ce que nous allons regarder. On veut pouvoir regarder ce qu&#8217;on veut au moment où on est disponible pour le faire. Certes, <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/online_video_not_killing_tv_says_nielsen.php">comme le dit l&#8217;Institut Nielsen</a>, les grands messes ne sont pas terminées pour autant. La vidéo en ligne n&#8217;est pas encore tout à fait une <a href="http://www.demos.co.uk/publications/videorepublic">République Vidéo</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=h0JX5jWv-tk">vidéo</a>), comme le prophétise le think tank britannique Demos dans l&#8217;une de ses dernières publications. En effet, contrairement à ce qu&#8217;en disent les Cassandres, la vidéo en ligne n&#8217;a visiblement pas encore tué la télévision puisque si le temps passé sur la télé, l&#8217;internet et le mobile ont tout trois progressé aux Etats-Unis en 2008, le temps passé sur l&#8217;internet est tout de même 5 fois moindre que le temps passé devant la télé, pour la grande majorité des gens. </p>
<p>Comme <a href="http://vlog.rheingold.com/">l&#8217;explique Howard Rheingold sur son vidéo blog</a>, <em>&#8220;dans les prochaines années, les présentations et les discussions vidéos vont envahir les cours, des jardins d&#8217;enfants aux grandes écoles. La vidéo vernaculaire est déjà en train de changer la culture populaire. Demain, elle transformera nos façons d&#8217;enseigner et d&#8217;apprendre.&#8221;</em> Assurément, à bien y penser, il y a là une transformation culturelle forte que l&#8217;invention du cinéma et de la télévision n&#8217;avaient fait que préfigurer. Si YouTube est l&#8217;après Google, nous allons pouvoir remiser nos claviers. Mais nous risquons d&#8217;y perdre quelque chose. Cette impression de devenir toujours plus consommateur qu&#8217;acteur des contenus que l&#8217;on visionne, non pas parce que nous serions moins capables de produire des vidéos que des textes à l&#8217;avenir (nous nous adapterons), mais parce que le visionnage semble toujours plus passif qu&#8217;un temps de lecture. Alors que notre regard est maître de ce qu&#8217;on lit sur une page, nous ne sommes pas encore maîtres de la linéarité de la vidéo. Peut-être est-ce là un champ de recherche à pousser plus avant ? </p>
<p>Hubert Guillaud</p>
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		<title>Comment Google apprend-t-il à nous écouter ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/12/10/comment-google-apprend-t-il-a-nous-ecouter/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Dec 2008 09:12:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Services]]></category>
		<category><![CDATA[eBusiness]]></category>
		<category><![CDATA[reconnaissance vocale]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà longtemps que Google cherche à nous écouter, comme si suivre le moindre de nos mouvements en ligne ne lui suffisait pas. Mais c&#8217;est par le mobile que Google va peut-être parvenir à ses fins. 
La nouvelle application de recherche vocale pour l&#8217;iPhone développée par Google est ambitieuse (à télécharger ici), explique Kate Greene dans la Technology Review. Le principe&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/2006/08/25/quand-google-ecoutera-notre-television/">Voilà longtemps que Google cherche à nous écouter</a>, comme si suivre le moindre de nos mouvements en ligne ne lui suffisait pas. Mais c&#8217;est par le mobile que Google va peut-être parvenir à ses fins. </p>
<p>La nouvelle application de recherche vocale pour l&#8217;iPhone développée par Google est ambitieuse (<a href="http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewSoftware?id=284815942&#038;mt=8">à télécharger ici</a>), explique Kate Greene dans la <a href="http://www.technologyreview.com/communications/21696/?a=f"><em>Technology Review</em></a>. Le principe est pourtant simple : permettre aux gens d&#8217;utiliser un moteur de recherche en faisant une requête vocale comme l&#8217;explique avec beaucoup de pédagogie cette <a href="http://www.youtube.com/watch?v=y3z7Tw1K17A">vidéo de présentation</a>. </p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/y3z7Tw1K17A&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/y3z7Tw1K17A&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>
<p>La difficulté de ce type d&#8217;entreprise est connue : la compréhension des termes énoncés peut être multiple. Et cela n&#8217;est pas sans difficultés pratiques, comme le montre les problèmes que connait l&#8217;application avec certains accents britanniques, <a href="http://tech.yahoo.com/news/afp/britainusitinternetcompanyapplegoogleoffbeat">rapporte l&#8217;AFP</a>.</p>
<p>Heureusement pour lui, Google a un énorme volume de données sur comment les internautes utilisent les moteurs de recherche : une connaissance que Google va utiliser pour entraîner son algorithme. Si le système a un problème pour interpréter un mot dans une phrase, il va pouvoir regarder quels termes sont fréquemment groupés ensemble pour mieux les reconnaître. Google possède déjà des données corrélant des données parlées à des mots écrits, via son service <a href="http://www.google.com/goog411/">Goog411</a>, un système de pages jaunes vocales qui permet, selon votre localisation et votre requête d&#8217;être mis en contact avec le service de votre choix. Selon Mike Cohen, chercheur chez Google, les exemples vocaux provenant de ce service ont été une ressource utile pour entraîner le système. Mais les données que Google a utilisées pour Goog411 font encore pâle figure face à celles qu&#8217;il va pouvoir collecter : <em>&#8220;La bonne nouvelle par rapport à cette nouvelle application est que Google va collecter plein de données parlées&#8221;</em>, explique Jim Glass, chercheur au MIT et directeur du <a href="http://groups.csail.mit.edu/sls/">Groupe des systèmes des langages parlés</a>. <em>&#8220;En accumulant toutes ces données, ils vont améliorer plus encore leur système de reconnaissance vocale.&#8221;</em> C&#8217;est là le principe que Google applique à la plupart de ses innovations : faire qu&#8217;elles soient des réceptacles à données afin non seulement de les nourrir, mais plus encore de les développer.</p>
<p>Bien que Google n&#8217;ait pas dévoilé de détails sur le fonctionnement de son système de reconnaissance vocale, il est probable qu&#8217;il n&#8217;ait pas encore fait quelque chose de radicalement nouveau, explique Nelson Morgan de l&#8217;<a href="http://www.icsi.berkeley.edu/">Institut international pour la science de l&#8217;informatique</a>. <em>&#8220;Tous ceux qui font de la reconnaissance de la parole ont des systèmes qui ressemblent à celui-là&#8221;</em>. D&#8217;abord, le système analyse les caractéristiques de la voix. Ensuite, sur la base de probabilités, il corrèle les sons aux mots. Enfin, ces mots sont triés via des modèles qui utilisent des combinaisons ou des séquences de mots pour lever les ambiguïtés.</p>
<p><em>&#8220;La beauté des moteurs de recherche est qu&#8217;ils n&#8217;ont pas besoin d&#8217;être précisément exact&#8221;</em>, explique encore Jim Glass à la <em>Technology Review</em>. Quand un utilisateur soumet un mot, l&#8217;algorithme de Google ne fait que le placer dans son moteur et propose à l&#8217;utilisateur de choisir le bon résultat ou de recommencer. <em>&#8220;Comme les gens ont l&#8217;habitude de raffiner leurs requêtes quand ils font une recherche sur le web, ils sont plus tolérants avec l&#8217;imperfection des résultats&#8221;</em>. </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/reconnaissance-vocale/" title="reconnaissance vocale" rel="tag nofollow">reconnaissance vocale</a><br />
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		<title>Citysense : le pouls de la ville</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/06/20/citysense-le-pouls-de-la-ville/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jun 2008 10:40:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Que font les gens dans la ville, là, maintenant ? Où sortent-ils ? Pour répondre à la grande question des nightclubbers, à savoir &#8220;où vais-je passer la meilleure soirée ?&#8221;, Sense Network propose Citysense, un logiciel pour mobile qui vous montre quels sont les lieux les plus actifs du moment, c&#8217;est-à-dire ceux où se concentrent le plus de téléphones mobiles.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que font les gens dans la ville, là, maintenant ? Où sortent-ils ? Pour répondre à la grande question des nightclubbers, à savoir &#8220;où vais-je passer la meilleure soirée ?&#8221;, <a href="http://www.sensenetworks.com/">Sense Network</a> propose <a href="http://www.citysense.com">Citysense</a>, un logiciel pour mobile qui vous montre quels sont les lieux les plus actifs du moment, c&#8217;est-à-dire ceux où se concentrent le plus de téléphones mobiles.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/06/citysense.jpg" alt="citysense.jpg" title="Image d'écran du Citysense" border="0" align="left" />Pour parvenir à dresser la cartographie de l&#8217;activité d&#8217;une ville, le logiciel croise des informations liées aux déplacements provenant des téléphones mobiles, d&#8217;outils GPS, de bornes Wi-Fi et même de taxis et celles des utilisateurs qui ont téléchargé l&#8217;application. En échange de l&#8217;accès aux fonctionnalités de Citysense, les utilisateurs autorisent le logiciel à tracer leur localisation sur ses serveurs. En traitant en temps réel toutes ces informations géolocalisées, Citysense définit des points chauds d&#8217;une ville, qu&#8217;il mélange avec des sites web d&#8217;agendas culturels (comme <a href="http://www.yelp.com/">Yelp</a> à San Francisco) pour permettre à ceux qui utilisent son application de trouver et rejoindre l&#8217;événement où tout le monde se presse (voir les explications technologiques <a href="http://www.sensenetworks.com/technology.php">ici</a> et <a href="http://www.sensenetworks.com/machine_learning.php">là</a>).</p>
<p>Citysense n&#8217;est disponible pour l&#8217;instant que sur San Francisco, mais 6 villes devraient bientôt être couvertes dont Chicago, et pour l&#8217;instant seulement sur BlackBerry (mais bientôt sur iPhone), détaille <a href="http://radar.oreilly.com/archives/2008/06/citysense-reality-mining-iphone.html">Brady Forest d&#8217;O'Reilly</a>. Son mode d&#8217;analyse de la réalité via les mobiles semble assez proche du fonctionnement <a href="http://www.internetactu.net/2008/06/02/ce-que-dit-la-fouille-de-la-realite-lors-dun-congres/">que propose PathIntelligence que nous évoquions récemment</a>. Signalons enfin qu&#8217;une version entreprise est en développement, <a href="http://www.sensenetworks.com/macrosense.php/">Macrosense</a>, qui a pour but de mieux comprendre l&#8217;activité et les déplacements urbains dans leur ensemble.</p>
<p>Si l&#8217;on en croit ses concepteurs, le projet se présente une expérimentation pour mieux comprendre comment les utilisateurs vont utiliser ce type de données. Les ingénieurs de Citysense travaillent à améliorer leur modèle en essayant de définir plusieurs types de &#8220;tribus&#8221; correspondant à des types de comportements différents pour bientôt pouvoir mieux répondre à la question <em>&#8220;où sont les gens qui me ressemblent ?&#8221;</em>&#8230; Histoire d&#8217;éviter de vous envoyer dans un bar de footballeurs bondé, si vous n&#8217;aimez pas le foot. CitySense devrait être capable d&#8217;apprendre à connaître ses utilisateurs en analysant leurs déplacements pour leur proposer des cartes chaudes qui correspondent à leurs goûts : ainsi, si vous avez l’habitude de fréquenter certains lieux régulièrement, votre &#8220;carte d’activité personnalisée&#8221; pourrait surveiller ces lieux plus activement &#8211; ou des lieux similaires &#8211; pour vous avertir en cas d&#8217;activité irrégulière.</p>
<p>L&#8217;un des cofondateurs de Citysense n&#8217;est pas moins que Sandy Pentland, directeur du <a href="http://hd.media.mit.edu/">Laboratoire des recherches humaines dynamique au MIT</a> et fondateur du <a href="http://reality.media.mit.edu/">Laboratoire de fouille de la réalité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/2007/12/21/comment-proteger-notre-vie-privee-dans-un-monde-ou-la-tracabilite-explose/">un chercheur soucieux du respect de la vie privée des gens</a>. C&#8217;est pourquoi il a souhaité que cet outil respecte certains des principes qu&#8217;il a établis : aucune information personnelle n&#8217;est échangée et il est possible à tout moment d&#8217;effacer ses traces sur les dernières 24 heures ou depuis le début de votre enregistrement. Enfin, la carte sur laquelle s&#8217;affiche l&#8217;information ne donne aucun nom de commerce ou d&#8217;entreprise, la bascule sur la recherche d&#8217;évènement étant visiblement dissociée de l&#8217;application principale.</p>
<p>Bien évidemment, l&#8217;application ouvre des perspectives. Comme l&#8217;explique <a href="http://www.clocal.fr/2008/06/16/so-hot-is-the-city/">Eric Delord dans Clocal</a>, l&#8217;on va peut-être demain décider de sortir en ville là où les foules convergent, pour se réchauffer aux points chauds de la ville. Ce qui signifie aussi que ce type d&#8217;outils peut revisiter les règles de la visibilité des annonceurs, des produits, des messages.</p>
<p>Le designer <a href="http://speedbird.wordpress.com/2008/06/12/i-have-seen-the-future-of-urban-life/">Adam Greenfield est enthousiaste</a> : <em>&#8220;C&#8217;est une illustration parfaite de mon opinion que rien n&#8217;est aussi intéressant que de l&#8217;information sur un endroit quand on est à cet endroit, délivré de telle manière qu&#8217;on puisse l&#8217;utiliser tout de suite&#8221;</em>. Dommage que l&#8217;application parte d&#8217;un constat un peu simpliste qui veuille qu&#8217;on invente ses soirées selon la taille de la foule qui y participe, constate le designer en regrettant que les concepteurs aient choisi le prétexte un peu facile du nightclubbing pour commercialiser leur application. Pour Greenfield, l&#8217;avantage de l&#8217;outil est qu&#8217;il soit capable de caractériser les endroits selon les habitudes des gens, ce qui permet de prendre des décisions plus en adéquation avec ses propres goûts et d&#8217;éviter de se précipiter dans une soirée sportive alors qu&#8217;on préfère les soirées cuir.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/geolocalisation/" title="géolocalisation" rel="tag nofollow">géolocalisation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-local/" title="web local" rel="tag nofollow">web local</a><br />
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		<title>La photo comme limite du lifelogging</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/04/16/la-photo-comme-limite-du-lifelogging/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Apr 2008 15:34:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Les nouvelles technologies permettent d&#8217;enregistrer nos existences, de collecter et stocker images, vidéos et textes. Mais est-ce que cela fait sens pour les gens quand ils regardent ces amoncellements de données ?
Pour Daniela Petrelli du département des études de l&#8217;information de l&#8217;université de Sheffield, interviewée par Luca Chittaro, à l&#8217;occasion d&#8217;un atelier sur la mémoire qui s&#8217;est tenu à&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les nouvelles technologies permettent d&#8217;enregistrer nos existences, de collecter et stocker images, vidéos et textes. Mais est-ce que cela fait sens pour les gens quand ils regardent ces amoncellements de données ?</p>
<p>Pour <a href="http://dagda.shef.ac.uk/daniela/Home.html">Daniela Petrelli</a> du <a href="http://www.shef.ac.uk/is/">département des études de l&#8217;information</a> de l&#8217;université de Sheffield, <a href="http://lucachittaro.nova100.ilsole24ore.com/2008/04/digital-memorie.html">interviewée par Luca Chittaro</a>, à l&#8217;occasion <a href="http://www.chi2008.org/ap/94.html">d&#8217;un atelier sur la mémoire</a> qui s&#8217;est tenu à la <a href="http://www.chi2008.org">conférence sur les interfaces hommes-machines</a> de Florence, les technologies actuelles n&#8217;aident pas à organiser et à gérer nos collections numériques hétérogènes d&#8217;une manière naturelle. Les gens préservent des souvenirs numériques qui leur semblent précieux : des photos et des vidéos bien sûr, mais aussi des e-mails, des messages, des constructions numériques (photomontages, sites web&#8230;), mais leur valeur s&#8217;épuise alors qu&#8217;ils l&#8217;oublient dans leurs ordinateurs. <em>&#8220;La principale différence entre le monde physique et numérique est la perception de l&#8217;encombrement&#8221;</em>, explique la chercheuse. Lorsque l&#8217;encombrement de l&#8217;espace physique augmente, les gens nettoient, trient, jettent et se débarrassent des choses devenues inutiles. Ce qui survit à ces années de nettoyage correspond à ce qui, dans la vie de son propriétaire, vaut le coup d&#8217;être conservé.</p>
<p><em>&#8220;Avec les souvenirs numériques, il n&#8217;existe pas de perception de l&#8217;encombrement et le processus de tri et de sélection ne se produit pas. Au final, les fichiers sont tous stockés, les plus importants avec les moins significatifs. Cela diminue leur valeur d&#8217;autant, de la même façon que les gens rechignent à ouvrir une grande boîte de souvenirs qu&#8217;il faut trier.&#8221;</em> Quant à l&#8217;idée d&#8217;un moteur de recherche pour les souvenirs personnels, Daniela Patrelli l&#8217;écarte : <em>&#8220;Cela ne semble pas être une bonne réponse parce que les gens oublient ce qu&#8217;ils conservent, à moins qu&#8217;ils réexaminent périodiquement les objets qu&#8217;ils conservent.&#8221;</em></p>
<p>Daniela Patrelli et son équipe  ont comparé dans <a href="http://dagda.shef.ac.uk/daniela/publications/chi1126-petrelli.pdf">une étude ethnographique (.pdf)</a> les souvenirs matériels aux souvenirs immatériels. Alors que les premiers sont partagés dans des espaces communs au coeur de la maison, nos souvenirs numériques sont enfermés dans l&#8217;ordinateur, un appareil conçu pour une utilisation individuelle. Les souvenirs numériques souffrent aussi de leur manque d&#8217;immédiateté : un objet de souvenir sur le buffet du salon n&#8217;a pas la même disponibilité qu&#8217;un diaporama de vacances. Le numérique est donc perçu comme transitoire et non durable, alors que le physique semble rassurant et persistant. L&#8217;étude a également montré que les photos n&#8217;étaient pas les objets de souvenirs majoritaires : beaucoup d&#8217;objets du quotidien sont investis d&#8217;une valeur de mémoire et nos souvenirs ne sont pas composés que d&#8217;évènements exceptionnels, au contraire. Alors que nous sommes encore les dépositaires d&#8217;objets de nos parents et grands parents, nos enfants et petits-enfants seront-ils lire nos photos numériques ?</p>
<p><a href="http://lucachittaro.nova100.ilsole24ore.com/2008/04/whats-in-a-digi.html">Un propos à contrebalancer par les recherches que mène Siân Lindley</a> du <a href="http://research.microsoft.com/sds/">Groupe des systèmes socio-numériques</a> de Microsoft Research, qui, <a href="http://research.microsoft.com/%7East/chi/photo%5Fworkshop/">lors de l&#8217;atelier sur les pratiques sociales autour de la photo</a>, a montré comment la technologie peut faciliter l&#8217;édition, la discussion et la présentation de photos à des fins de sociabilité. Aujourd&#8217;hui, les outils de stockage et d&#8217;organisation des collections photographiques personnelles sont très limités. Sans compter que bien souvent, une seule personne à la charge de s&#8217;en occuper dans la famille. Le partage de photos est souvent vécu de manière négative, comme une perte d&#8217;intimité. Quand aux outils permettant leur partage, comme les cadres photos numériques, ils sont mal perçus, car ils proposent des photos de manière trop éphémères.</p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/04/phototable.jpg' alt='Photable, la table pour éditer des photos à plusieurs' title='Photable, la table pour éditer des photos à plusieurs' /></p>
<p>L&#8217;atelier a donné lieu à des présentations sociologiques sur les manières dont se partagent les photos dans d&#8217;autres cultures ou avec d&#8217;autres technologies comme le téléphone mobile. D&#8217;autres présentations se sont intéressées à la découverte fortuite de photos pour rendre le partage plus spontané, ce que les logiciels permettent encore assez peu. <a href="http://research.microsoft.com/%7East/chi/photo_workshop/sarvas_snapshot%20media.pdf">Une présentation a insisté sur l&#8217;émergence de la vidéo instantanée (.pdf)</a>, des clips vidéos, entre la photo et le film, facilités par le mode opératoire de nos appareils et qui dessinent une nouvelle approche de la vidéo dans un contexte social. <a href="http://research.microsoft.com/%7East/chi/photo_workshop/yousef_social%20album%20creation.pdf">Une autre présentation (.pdf)</a> a évoqué la création d&#8217;albums participatifs via téléphones mobiles. Deux présentations enfin évoquaient des tables d&#8217;édition de photos collaboratives et interactives comme <a href="http://research.microsoft.com/%7East/chi/photo_workshop/apted_photable.pdf">PhoTable (.pdf)</a> (voir <a href="http://chai.it.usyd.edu.au/Projects/Cruiser">Cruiser</a>, l&#8217;ancien nom du projet du <a href="http://chai.it.usyd.edu.au/Home">Groupe de recherche d&#8217;interaction adaptée entre l&#8217;homme et la machine</a>) et <a href="http://research.microsoft.com/%7East/chi/photo_workshop/hilliges_serendipity.pdf">PhotoHelix (.pdf)</a> (voir également <a href="http://www.fluidum.org/projects_photohelix.shtml">cette présentation de PhotoHelix</a>). </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a><br />
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		<title>Comment améliorer les moteurs de recommandation ?</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Mar 2008 08:09:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a deux ans, Netflix, le loueur de DVD en ligne américain, avait lancé un concours pour améliorer la pertinence de son moteur de recommandation de films de 10%. Plusieurs équipes de recherche s&#8217;étaient lancées dans le défi, mais les propositions avaient du mal à améliorer le moteur de plus de 8,5% (voire notre billet et les commentaires). Le&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux ans, Netflix, le loueur de DVD en ligne américain, avait lancé <a href="http://www.netflixprize.com">un concours</a> pour améliorer la pertinence de son moteur de recommandation de films de 10%. Plusieurs équipes de recherche s&#8217;étaient lancées dans le défi, mais les propositions avaient du mal à améliorer le moteur de plus de 8,5% (<a href="http://www.internetactu.net/2006/10/16/pourquoi-netflix-cherche-t-il-a-ameliorer-son-moteur-de-recommandation/">voire notre billet et les commentaires</a>). Le concours est toujours ouvert, <a href="http://www.wired.com/techbiz/media/magazine/16-03/mf_netflix">rappelle <em>Wired</em></a> et les équipes se sont même mises à collaborer entre elles pour essayer de décrocher le gros lot (1 million de dollars de récompense).</p>
<p><a href="http://www.readwriteweb.com/archives/rethinking_recommendation_engines.php">Pour Alex Iskold de ReadWriteWeb</a>, l&#8217;amélioration des moteurs de recommandation ne dépend pas de la qualité des algorithmes, mais plutôt de la présentation des résultats. Dit autrement : quelles recommandations les gens veulent-ils et quand sont-ils ouverts à celles-ci ? Quel est notre niveau de tolérance à une mauvaise recommandation ?</p>
<p><a href="http://www.netflixprize.com"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/netflixprizehome.jpg' alt='Le concours Netflix' border='0' align='left' hspace='6' vspace='6' /></a>Les moteurs de recommandation fonctionnent souvent de la même façon et se contentent d&#8217;offrir aux utilisateurs un système de notation pour faire des recommandations adaptées aux notes attribuées. Pour Alex Iskold, il faut distinguer les recommandations personnalisées (adaptées à nos comportements passés), sociales (adaptées au comportement d&#8217;utilisateurs similaires) ou sur l&#8217;objet (les spécifications du produit génèrent la recommandation, <a href="http://lafeuille.blogspot.com/2008/03/vers-le-graphe-social-du-livre.html">comme en comparant les qualités d&#8217;un livre à celles d&#8217;un autre</a>, à la manière du projet <a href="http://beta.booklamp.org/">BookLamp</a>).</p>
<p>Les recommandations sociales s&#8217;appuient sur un filtrage collaboratif : les gens qui aiment le <em>Seigneur des anneaux</em> vont apprécier <em>Eragon</em> et les <em>Chroniques de Narnia</em>. Le problème de ce type d&#8217;approche est que les goûts des gens ne se superposent pas toujours à des catégories aussi simples. Si deux personnes aiment les films de ce type, cela ne veut pas dire qu&#8217;ils aimeront les mêmes drames ou les mêmes polars. De même, on pourrait ajouter que si vous aimez un titre de ce genre pour ses qualités de réalisation, il n&#8217;est pas sûr que vous apprécierez un autre titre de ce genre dont la réalisation ou l&#8217;approche scénaristique seront différentes.</p>
<h3>La psychologie pour aider les moteurs</h3>
<p>Dans les moteurs de recommandation basés sur les objets, comme Pandora sur la musique, chaque morceau est doté de plusieurs centaines de caractéristiques, à la manière de gènes. La complexité des moteurs de recommandation est due à la multitude des compositions possibles. Quel est le gène particulier qui est responsable du trait distinctif qui fait que nous allons mettre 5 étoiles à tel morceau ? <em>&#8220;Le fait que ces classements soient faits par des humains est une information importante que devrait être mieux utilisée&#8221;</em>, explique à <a href="http://www.wired.com/techbiz/media/magazine/16-03/mf_netflix"><em>Wired</em></a>  le psychologue Gavin Potter (<a href="http://justaguyinagarage.blogspot.com/">blog</a>), qui s&#8217;est récemment lancé dans le concours Netflix. Potter suggère par exemple de donner plus de poids aux notes récentes qu&#8217;aux anciennes (Netflix existe depuis plus de 8 ans) ou de mieux évaluer notre inertie. Car notre façon de noter est contextuelle, explique Potter, elle dépend beaucoup de la précédente note que nous avons attribuée au précédent objet, film ou musique proposé par le système. <em>&#8220;Enrichir les formules avec une dose de psychologie humaine est donc certainement une bonne idée&#8221;</em>, clame Alex Iskold à la suite de Potter, qui vient de bousculer le classement des compétiteurs de Netflix par son approche.</p>
<p><em>&#8220;Quand un ami vous recommande un film ou un restaurant, vous avez souvent envie de le voir, mais vous êtes au final souvent déçu. Si un ami vous déconseillait un film et qu&#8217;au final vous l&#8217;appréciez, vous n&#8217;allez pas avoir une expérience aussi négative de la recommandation. Cet exemple démontre notre différence de réaction à un faux négatif (les films déconseillés qu&#8217;on apprécie) ou à un faux positif (les films recommandés qu&#8217;on n&#8217;apprécie pas)&#8221;,</em> explique Alex Iskold. <em>&#8220;Si les moteurs nous permettaient de connaître les films que nous ne devrions pas aimer, l&#8217;algorithme pourrait être le même, mais la perception serait différente&#8221;</em>.</p>
<p>D&#8217;où l&#8217;idée de défendre des systèmes de recommandation qui réduiraient le bruit ambiant plutôt que de le concentrer. <em>&#8220;Nous avons besoin de filtres à bruit, un algorithme qui nous dirait : tu ne vas pas aimer cela, comme nos boites à mails gèrent le spam. Nous avons besoin de boutons capables de filtrer les choses pour nous et de faire le tri pour les éliminer plutôt que pour nous les recommander.&#8221;</em></p>
<p>Construire un moteur de recommandation parfait est un défi complexe. En appliquant un peu de psychologie à nos systèmes sociotechniques, nous serions peut-être mieux à même d&#8217;apprécier leurs résultats, suggère avec raison Alex Iskold. Il est temps de préférer <a href="http://www.internetactu.net/2007/01/12/des-agregateurs-aux-disseminateurs/">les disséminateurs aux agrégateurs</a>.</p>
<p>A compléter avec <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/10_recommendation_engines.php">ce billet de ReadWriteWeb</a> qui distingue 10 moteurs de recommandation à surveiller comme <a href="http://www.mystrands.com/">MyStrands</a>, <a href="http://www.veenix.com/">Veenix</a>, <a href="http://www.thefilter.com/">The Filter</a>, <a href="http://www.seeqpod.com/">SeeqPod</a>, <a href="http://scouta.com/">Scouta</a> ou <a href="http://www.matchmine.com/">MatchMine</a> pour la musique, <a href="http://www.criticker.com/">Criticker</a> pour les films, ou <a href="http://www.zync.com/home.aspx">Zync</a> pour les lieux.</p>
<p>A compléter aussi <a href="http://spectrum.ieee.org/mar08/6019/3">avec un papier d&#8217;<em>IEEE Spectrum</em></a> qui s&#8217;intéresse aux moteurs de recommandation dans l&#8217;information en ligne, montrant comment la recommandation a permis à Google News d&#8217;augmenter son taux de clic de 38 % (<em>&#8220;Ils peuvent déterminer si un nouveau développement d&#8217;une histoire que vous avez suivi devrait vous intéresser, mais ils ne peuvent faire un saut logique, par exemple, reconnaître depuis votre intérêt dans un article passé sur l&#8217;intelligence extraterrestre que vous seriez fasciné par un article sur la découverte d&#8217;une planète habitable dans un autre système solaire&#8221;</em>).</p>
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		<title>Des cyberlunettes pour retrouver ses clés</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/03/13/des-cyberlunettes-pour-retrouver-ses-cles/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 08:37:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
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		<category><![CDATA[lifelog]]></category>
		<category><![CDATA[réalité augmentée]]></category>

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		<description><![CDATA[Une équipe de recherche du laboratoire des systèmes intelligents de l&#8217;université de Tokyo a mis au point des &#8220;cyberlunettes&#8221; dotées de caméras susceptibles d&#8217;enregistrer tout ce que voit leur possesseur, nous apprend l&#8217;excellent blog Pink Tentacle. Ces lunettes ne se contentent pas d&#8217;enregistrer des images : elles sont aussi capables d&#8217;assigner un nom à des objets, de les reconnaitre dans&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une équipe de recherche <a href="http://www.isi.imi.i.u-tokyo.ac.jp">du laboratoire des systèmes intelligents</a> de l&#8217;université de Tokyo a mis au point des &#8220;cyberlunettes&#8221; dotées de caméras susceptibles d&#8217;enregistrer tout ce que voit leur possesseur, nous apprend l&#8217;excellent blog <em><a href="http://www.pinktentacle.com/2008/03/cyber-goggles-high-tech-memory-aid/">Pink Tentacle</a></em>. Ces lunettes ne se contentent pas d&#8217;enregistrer des images : elles sont aussi capables d&#8217;assigner un nom à des objets, de les reconnaitre dans l&#8217;image et de créer ainsi une base de données visuelle facilement consultable. Les lunettes sont reliées à un ordinateur situé dans le dos de l&#8217;utilisateur et disposent sur le côté droit d&#8217;un mini-écran LCD permettant de visualiser les séquences filmées.</p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/cyberlunettesdumonderell.jpg' alt='Les cyberlunettes qui permettent d'identifier le monde réel' border='0' align='left' />Lors d&#8217;une démonstration effectuée à l&#8217;université de Tokyo, plus de 60 objets usuels ont été enregistrés dans la mémoire des lunettes. Observant les déplacements de l&#8217;expérimentateur, les spectateurs ont pu constater que les noms des objets s&#8217;affichaient dans l&#8217;écran des lunettes au fur et à mesure de leur apparition dans son champ de vision. Une simple recherche par mot clé suffisait ensuite pour repérer ces objets dans l&#8217;enregistrement.</p>
<p>Selon Tatsuya Harada, qui a dirigé l&#8217;équipe à l&#8217;origine de cette invention, un tel appareil pourrait faire de problèmes quotidiens comme la recherche de clés un souvenir appartenant au passé. Il suffirait de &#8220;rembobiner&#8221; les images pour trouver où on les a mises ! Il pourrait aussi contribuer au développement de l&#8217;intelligence des robots en leur permettant de mieux reconnaître leur environnement. Mais on ne peut s&#8217;empêcher de s&#8217;interroger sur l&#8217;intégration d&#8217;une telle interface à un système de lifelogging, cette pratique qui consiste à enregistrer tout ce que nous voyons et vivons, dans le but de se créer une mémoire artificielle, voire de de se préparer une espèce d&#8217;immortalité digitale. Ces lunettes pourraient bien être le prototype de <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/12/demain-les-mondes-virtuels-1011-limagination-au-pouvoir/">celles imaginées par l&#8217;écrivain de science fiction Charles Stross</a>, de véritables super-ordinateurs portables qui en viennent presque à se substituer à la personnalité de celui qui les porte&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a><br />
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		<title>Après Google : les moteurs de recherche P2P ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/01/15/apres-google-les-moteurs-de-recherche-p2p/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jan 2008 10:06:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[P2P]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand on évoque un moteur de recherche P2P, on pense le plus souvent à un moteur de Torrents pour chercher des albums ou des films sur des plateformes P2P. Pourtant, depuis Skype ou Joost, on sait que la technologie P2P peut avoir d&#8217;autres applications que le partage de fichiers.
A l&#8217;heure où les moteurs de recherches alternatifs ne parviennent pas&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on évoque un moteur de recherche P2P, on pense le plus souvent à un moteur de Torrents pour chercher des albums ou des films sur des plateformes P2P. Pourtant, depuis Skype ou Joost, on sait que la technologie P2P peut avoir d&#8217;autres applications que le partage de fichiers.</p>
<p>A l&#8217;heure où <a href="http://altsearchengines.com/2007/12/31/top-100-alternative-search-engines-of-the-year/">les moteurs de recherches alternatifs</a> ne parviennent pas à entamer l&#8217;hégémonie des principaux moteurs de recherche, <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/p2p_networks_search.php">&#8220;Est-ce que les réseaux P2P peuvent être un tueur de Google ?&#8221;</a>, s&#8217;interroge Bernard Lunn pour Read/Write Web. </p>
<p>Selon lui les barrières ne reposent pas sur la qualité des algorithmes de recherche, mais d&#8217;abord sur les pratiques et notamment le fait que changer de moteur de recherche nécessite de changer d&#8217;habitude. L&#8217;autre barrière est désormais que la profondeur de l&#8217;indexation demande d&#8217;investir des millions de dollars dans des fermes de serveurs pour arriver à scanner le web aussi massivement que le fait Google. Peu d&#8217;espoir à attendre de ce côté là, estime-t-il car pour prendre un autre exemple, voilà plus de dix ans que plus personne n&#8217;essaye d&#8217;investir pour défier Microsoft dans son hégémonie des systèmes d&#8217;exploitation. Pour Bernard Lunn, les réseaux P2P sont le seul moyen pour dépasser cette barrière technico-financière qui devient chaque jour plus élevée : il faut utiliser l&#8217;infrastructure des utilisateurs !</p>
<p>Et de signaler <a href="http://www.faroo.com">Faroo</a>, le moteur de recherche en P2P, qui outre sa proposition économique (Faroo propose aux utilisateurs de leur retourner 50 % des revenus des recherches), propose aussi quelques fonctionnalités intéressantes en matière de respect de vie privée ou du contrôle sur le Spam. Bien sûr, reconnaît-il, le modèle de Faroo n&#8217;est pas évident à entr&#8217;apercevoir à ce stade : encore en beta, et avec un nombre d&#8217;utilisateurs très limités, Faroo a plutôt tendance à ne renvoyer aucune réponse à vos résultats. Faroo indexe seulement les sites que ses utilisateurs visitent, ce qui a pour conséquence qu&#8217;aujourd&#8217;hui, la plupart des requêtes ne reçoivent aucune réponse. Tant que les utilisateurs ne se comptent pas en millions, le service risque bien d&#8217;être très décevant &#8211; et tant qu&#8217;il décevra, les utilisateurs manqueront&#8230; Peut-être que l&#8217;avenir d&#8217;un tel moteur est-il de s&#8217;allier avec un réseau P2P existant et étendu, pour arriver rapidement à un seuil d&#8217;utilisateurs qui donne des résultats satisfaisants ?, suggère Bernard Lunn.</p>
<p>Reste que par rapport aux moteurs de recherche sociaux, les moteurs de recherche P2P mettent les données sous le contrôle de l&#8217;utilisateur, comme l&#8217;expliquait les concepteurs de Faroo et <a href="http://www.jeremie.com/blog/">Jeremie Miller</a> de <a href="http://search.wikia.com">Wikia</a>/<a href="http://search.wikia.com/wiki/Atlas">Atlas</a> <a href="http://altsearchengines.com/2007/10/09/peer-to-peer-p2p-search-debate-part-ii/">aux auteurs de AltSearchEngine</a> : <em>&#8220;Faroo ne collecte pas les logs des utilisateurs. Toutes les requêtes ainsi que l&#8217;index distribué sont cryptés. Ni les autres pairs, ni les intermédiaires ne peuvent observer les requêtes ou les pages visitées. Du fait de son architecture distribuée, Faroo travaille comme un anonymiseur. Aucune information personnelle ne quitte l&#8217;ordinateur du client. Même la personnalisation est réalisée du côté client.&#8221;</em></p>
<p>A l&#8217;heure du <a href="http://www.internetactu.net/2007/07/06/vers-le-web-implicite/">web implicite</a>, il n&#8217;est pas sûr que ce soit forcément un atout. Mais donnons à Faroo comme à Wikia un peu de temps pour faire leurs preuves&#8230;</p>
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		<title>Indexer plus finement le contenu des vidéos</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2007/11/28/indexer-plus-finement-le-contenu-des-videos/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Nov 2007 12:07:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
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		<description><![CDATA[Si l&#8217;indexation vidéo automatisée continue de se répandre, avec des technologies souvent différentes (voir Moteurs de recherche vidéo, une nouvelle étape), reste qu&#8217;il est souvent difficile de retrouver un passage particulier dans une vidéo de 90 minutes. C&#8217;est pour répondre à ce besoin exprimé par nombre d&#8217;étudiants que le Laboratoire d&#8217;intelligence artificielle et de science de l&#8217;informatique du Massachusetts Institute&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&#8217;indexation vidéo automatisée continue de se répandre, avec des technologies souvent différentes (voir <a href="http://www.internetactu.net/?p=5872">Moteurs de recherche vidéo, une nouvelle étape</a>), reste qu&#8217;il est souvent difficile de retrouver un passage particulier dans une vidéo de 90 minutes. C&#8217;est pour répondre à ce besoin exprimé par nombre d&#8217;étudiants que le <a href="http://www.csail.mit.edu">Laboratoire d&#8217;intelligence artificielle et de science de l&#8217;informatique</a> du Massachusetts Institute of Technology <a href="http://web.mit.edu/newsoffice/2007/lectures-tt1107.html">a développé un nouveau moteur de recherche</a>. </p>
<p><em>&#8220;Notre but était de développer une technologie qui aiderait les professeurs à structurer leurs enregistrements vidéos et permettrait aux étudiants d&#8217;accéder plus facilement à ces matériaux&#8221;</em>, explique James Glass, responsable du <a href="http://groups.csail.mit.edu">Groupe sur les systèmes de langages parlés</a>. Sur <a href="http://web.sls.csail.mit.edu/lectures/">le site prototype</a>, les étudiants peuvent faire une requête parmi les 200 vidéos de conférences qui sont accessibles et lancer les passages qui correspondent aux résultats de leur requêtes. Une transcription des conférences est réalisé par un logiciel de reconnaissance de la parole.</p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/videoplayermit.jpg' alt='Exemple d'une requête sur le site prototype du MIT' width='500'/></p>
<p>Mais les conférences sont remplies de termes techniques que le vocabulaire des programmes de reconnaissance de la parole ne permet pas toujours de décoder. D&#8217;où l&#8217;idée d&#8217;aider le logiciel avec des cours en ligne, des résumés et des documents produits par les mêmes professeurs pour lui permettre de mieux identifier les mots clefs. Cela permet au logiciel d&#8217;identifier 4 termes inconnus sur 5 d&#8217;une manière correcte, expliquent les concepteurs du système. Une fois que la transcription est complète, un logiciel d&#8217;analyse divise le texte en différentes parties et analyse la répétition des mots clefs afin d&#8217;en dégager des groupes et éviter la démultiplication des occurrences qui pollue souvent une recherche. Ainsi, quand une personne cherche un mot clef, le lecteur propose un résultat sous forme de ligne temporelle ; les sections où le conférencier utilise les mots clefs sont surlignées, ce qui permet de les visualiser directement.</p>
<p>A l&#8217;avenir, les concepteurs espèrent améliorer la capacité du logiciel à produire des résumés, afin que les transcriptions soient toujours plus claires. Ils souhaitent également mieux impliquer les utilisateurs dans le projet afin de leur permettre de corriger les transcriptions et d&#8217;ajouter leurs propres comptes rendus.</p>
<p>Via la <em><a href="http://www.technologyreview.com/Infotech/19747/?a=f">Technology Review</a></em>.</p>
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		<title>Les images comme hyperliens</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2007/11/19/les-images-comme-hyperliens/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Nov 2007 08:20:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
		<category><![CDATA[Moteur de recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[réalité augmentée]]></category>

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		<description><![CDATA[Le centre de recherche de Nokia en Finlande a organisé un évènement baptisé The Way We Live Next (&#8221;Comment nous vivrons bientôt&#8221;), pour mettre en avant les concepts sur lesquels le fabricant de téléphone travaille dans ses centres de recherche-développement. L&#8217;un des service exposé, baptisé Point&#038;Find, avait pour objet de relier le monde réel et le monde virtuel via les&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le centre de recherche de Nokia en Finlande a organisé un évènement baptisé <a href="http://www.nokia.com/press/twwln">The Way We Live Next</a> (&#8221;Comment nous vivrons bientôt&#8221;), pour mettre en avant les concepts sur lesquels le fabricant de téléphone travaille dans ses centres de recherche-développement. L&#8217;un des service exposé, baptisé Point&#038;Find, avait pour objet de relier le monde réel et le monde virtuel via les téléphones mobiles.</p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/daeminteractive.jpg' alt='Le procédé en image expliqué par Daem Interactive' /></p>
<p>Le principe est simple : où que vous soyez, si vous souhaitez une information sur un objet ou un lieu (une affiche, un livre, une statue, un restaurant&#8230;), il vous suffit de le prendre en photo et de l&#8217;envoyer sur les serveurs de cette application. Grâce à des algorithmes d&#8217;intelligence artificielle, au géopositionnement et à des logiciels d&#8217;analyse d&#8217;image, Point&#038;Find est capable d&#8217;identifier l&#8217;objet que vous lui avez envoyé, de chercher de l&#8217;information sur celui-ci pour vous la renvoyer sur votre mobile. Finis les codes barres ou les Rfid : aucun identifiant physique n&#8217;est nécessaire. Le service fonctionne avec n&#8217;importe quel appareil photo embarqué et n&#8217;importe quel réseau mobile, quelque soit votre opérateur. Reste que le service risque d&#8217;être longtemps imparfait, car il dépend bien évidemment de la taille de la base qu&#8217;il est capable d&#8217;indexer. Pour autant, il pourrait même permettre un jour d&#8217;aller plus loin que de renseigner le monde des objets : il suffirait de prendre en photo quelqu&#8217;un dans le bus pour avoir accès à son profil sur Facebook ou à son blog.</p>
<p>Via <a href="http://mobilementalism.com/2007/10/23/nokia-researchs-futuristic-vision-for-camera-phones/ ">Mobile Mentalism</a>.</p>
<p>Précisons que Point&#038;Find est issu du rachat par Nokia de Pixto, une start-up qui a développé le principe. Comme le rappelle <a href="http://www.pushingthebarrier.typepad.com/pushing_the_barrier/2007/07/nokia-pointfind.html">Bena Roberts de GoMoNews</a>, ce n&#8217;est pas la seule société à travailler sur ce concept. En novembre dernier, au MobileMonday, une start-up catalane, <a href="http://www.daeminteractive.com">DaemInteractive</a> a fait la <a href="http://www.mobilemondayfrance.org/wp-content/uploads/DaemMoMo6nov06.pdf ">démonstration (.pdf)</a> d&#8217;une technologie basée également sur la reconnaissance d&#8217;image. On trouve aussi <a href="http://www.mobileacuity.com/">MobileAcuity</a>, <a href="http://www.evryx.com">Evryx</a>, <a href="http://www.dspv.net/">DSPV</a>, Craze Digital et son service <a href="http://www.mmsandbuy.com/">MMS and Buy</a>, et même des mastodontes comme Google (<a href="http://www.nevenvision.com/">Neven Vision</a>) ou Microsoft (<a href="http://lincoln.msresearch.us/">projet Lincoln</a>, expliqué par la <em><a href="http://www.technologyreview.com/Infotech/18368/?a=f">Technology Review</a></em>)&#8230;</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a><br />
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