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	<title>InternetActu.net &#187; Rfid</title>
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	<description>InternetActu.net est un site d&#039;actualité consacré aux enjeux de l&#039;internet, aux usages innovants qu&#039;il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>De l&#8217;internet des objets au web des objets</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Feb 2011 05:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&#8220;La promesse de l&#8217;internet des objets est de construire un réseau fluide d&#8217;appareils hétérogènes connectés ensemble pour former un dispositif unique et cohérent. Mais en fait, cette promesse est une escroquerie&#8221;</em>, attaque, bille en tête, <a href="http://www.vladtrifa.com/">Vlad Trifa</a>, ingénieur à l&#8217;Institut d&#8217;informatique pervasive de l&#8217;Institut de technologie de Zurich sur la <a href="http://www.liftconference.com">scène de Lift</a> à Genève. Il existe déjà plus d&#8217;une quinzaine de protocoles techniques pour assurer les communications domotiques et machines à machines (M2M), mais ceux-ci demeurent largement inconnues des programmeurs qui ne sont pas spécialisés sur ces sujets. Si l&#8217;industrie a construit des normes pour contrôler l&#8217;internet des objets, elle est loin d&#8217;être parvenue à un accord. <em>&#8220;La réalité aujourd&#8217;hui est que nous avons plutôt construit des intranets pour un grand nombre de choses qu&#8217;un internet des objets, chacun formant un îlot isolé de quelques appareils connectés qui n&#8217;ont pratiquement aucun moyen d&#8217;interagir les uns avec les autres&#8221;</em>. L&#8217;internet des objets est donc une utopie. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/trifalift11.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/trifalift11.png" alt="trifalift11" title="trifalift11" width="580" height="385" class="alignright size-full wp-image-12670" /></a><br />
<em>Image : Vlad Trifa sur la scène de Lift, <a href="http://www.flickr.com/photos/liftconference/5417730333/">photographié par Ivo Näpflin</a>.</em></p>
<p><em>&#8220;Il existe un protocole pourtant qui pourrait mettre tout le monde d&#8217;accord, c&#8217;est le web&#8221;</em>, estime Vlad Trifa dans <a href="http://www.webofthings.com/2011/02/04/lift11-talk-transcript/">sa présentation</a>. <em>&#8220;L&#8217;infrastructure existe, elle est ouverte, simple, libre, flexible, et elle est capable de passer à l&#8217;échelle. Tout le monde peut l&#8217;utiliser facilement et créer quelque chose avec. Elle permet une réelle simplicité d&#8217;accès.&#8221;</em> Reste à l&#8217;utiliser pour les objets physiques et pas seulement pour l&#8217;information et la communication de nos machines électroniques.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/les5web.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/les5web.jpg" alt="les5web" title="les5web" width="480" height="360" class="alignright size-full wp-image-12671" /></a><br />
<em>Image : les 5 web selon Vlad Trifa.</em></p>
<p>D&#8217;ailleurs, il n&#8217;y a pas un web, mais 5, rappelle Trifa : le web physique, social, sémantique, programmable et temps réel. L&#8217;internet des objets étant pour lui au centre de tous ces ingrédients, prêt à proposer de toutes nouvelles expériences. </p>
<p>Pour Vlad Trifa, l&#8217;accès à la programmation des objets se démocratise, notamment grâce à Arduino (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arduino">Wikipédia</a>), qui permet à chacun de créer des objets programmables. De la même manière que chacun a créé son propre site ou blog&#8230; on peut désormais assez facilement lire et écrire des données provenant de capteurs et les façonner comme bon nous semble. Ce n&#8217;est peut-être pas encore aussi simple que cela, car utiliser Arduino demande tout de même quelques bases en électronique, mais rien qui ne semble impossible à tous ceux qui voient dans Arduino l&#8217;outil pour démocratiser l&#8217;internet des objets. </p>
<p>Si la construction d&#8217;objets connectés n&#8217;est pas des plus simple, leur utilisation, elle, est incontestablement plus accessible.  </p>
<p>Pour expliquer la différence de conception des objets entre ceux produits par le monde industriel et ceux qu&#8217;on pourrait imaginer dans un écosystème de capteurs réutilisables et partageables &#8211; formant des dispositifs et services qui pourraient être accessible simplement, via une interface de programmation en ligne, en utilisant tout simplement votre login Facebook par exemple -, Vlad Trifa nous montre une télécommande qu&#8217;on lui a donnée pour faire fonctionner la climatisation de sa chambre dans un hôtel japonais. Mais les commandes des boutons sont tous écrits en japonais, ce qui la rend inutilisable pour beaucoup des clients de l&#8217;hôtel. Pour lui, on peut faire l&#8217;internet des objets autrement. Via des applications web nativement interopérables (<a href="http://liip.to/niwea">Niwea</a>). En les couplant avec des outils comme <a href="http://www.phonegap.com/">PhoneGap</a>, vous pouvez transformer votre application Web en une véritable application native. L&#8217;idée est de faire entrer les fonctions de la télécommande dans une application accessible en ligne ou via son smartphone, qui permette de faire exactement la même chose pour autant que l&#8217;électronique domestique soit connectée au web &#8211; ce qui n’est pas possible aujourd’hui a cause des différents “protocoles” utilisés par tous les services domotiques -, ce qui nécessiterait que quelques puces et un réseau Wi-Fi. L&#8217;application permettrait de régler les mêmes éléments de son environnement, mais en passant par l&#8217;internet : on pourrait ainsi éteindre la lumière, régler la climatisation&#8230; Avec un appareil qui s&#8217;adapte au contexte de l&#8217;utilisateur (en permettant d&#8217;accéder aux fonctions directement dans sa langue) et permettant même de régler les fonctionnalités à une distance plus grande que ne sait le faire une télécommande. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/telecommandetrifalift11.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2011/02/telecommandetrifalift11.jpg" alt="telecommandetrifalift11" title="telecommandetrifalift11" width="480" height="360" class="alignright size-full wp-image-12672" /></a><br />
<em>Image : la télécommande japonaise de Vlad Trifa et l&#8217;application sur smartphone.</em></p>
<p>L&#8217;internet des objets qui passe par l&#8217;internet n&#8217;a rien à voir avec la domotique traditionnelle, explique Vlad Trifa. Des interfaces de programmation permettent à des services ou des outils de se brancher sur les données que ces objets produisent et ce en temps réel. Mais ce pas seulement valable pour nos objets du quotidien : <a href="http://www.libelium.com/libeliumworld/articles/110190193831">c&#8217;est également de villes entières dont on parle</a>, comme le montre le projet <a href="http://senseable.mit.edu/livesingapore">LiveSingapore développé par le Senseable Lab du MIT</a>. Le projet consiste à construire une plateforme pour recueillir des centaines de flux de données provenant de divers organismes pour produire des informations de haut niveau sur la ville et son fonctionnement. A Rio de Janeiro, IBM, avec leur <a href="http://asmarterplanet.com">Smart Planet initiative</a>, a construit, en partenariat avec la ville, <a href="http://asmarterplanet.com/blog/2010/12/ibm-helps-rio-de-janeiro-become-a-smarter-city.html">un centre d&#8217;opération</a> qui fonctionne indépendamment de tout organisme tout en recevant des données de plusieurs d&#8217;entre eux (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=kj3d_nIvt8o&#038;">vidéo</a>). Ce centre d&#8217;opération fonctionne grâce à une batterie d&#8217;algorithmes pour contrôler, prévoir et visualiser les informations vitales en temps réel de la ville et déterminer la meilleure façon d&#8217;y répondre : quelles sont les collines les plus sujettes à des coulées de boue ? Quels hôpitaux ont des lits disponibles ? Où sont les voitures de police d&#8217;urgence et les ambulances ?&#8230;</p>
<p>Autre exemple. On sait que l&#8217;eau potable est un bien de plus en plus précieux et que pour nombre de grandes villes, la distribution de l&#8217;eau est un problème majeur. L&#8217;infrastructure d&#8217;adduction d&#8217;eau est souvent vieillissante et les défaillances fréquentes. La gestion du système est souvent inefficace et 30 % de l&#8217;eau est la plupart du temps perdu dans l&#8217;acheminement. A Singapour, <a href="http://aqueduct.nus.edu.sg/waterwise">le projet WaterWise</a> a consisté à placer des capteurs sur les conduites d&#8217;eau pour surveiller en temps réel la pression, la température, et analyser la composition chimique et biologique de l&#8217;eau&#8230; ce qui permet de repérer les fuites, de réagir plus vite à un incident. Et surtout de mieux étalonner la consommation selon la demande. </p>
<p>Mais le web des objets peut avoir également des applications encore plus concrètes. Dans une chaine d&#8217;approvisionnement, on doit savoir tout le temps et en temps réel où sont les produits ou les matériaux dont on a besoin. Pour créer une logistique en temps réel, il existe des solutions techniques coûteuses, comme le réseau EPCIS (<a href="http://www.gs1.org/epcglobal">Electronic Product Code Information System</a>), un ensemble d&#8217;outils et de normes pour le suivi et le partage de produits dotés d&#8217;étiquettes RFID. Des systèmes de ce type permettent de suivre et localiser des produits tout le long d&#8217;une chaîne d&#8217;approvisionnement. Les systèmes d&#8217;informations EPC utilisent des systèmes complexes et peu malléables. <a href="http://epcmashup.webofthings.com">EPC mashups</a> est une plateforme qui permet d&#8217;accéder à toutes les informations produites par sa chaine logistique via le web d&#8217;une manière plus souple et plus fluide que le système d&#8217;information d&#8217;EPC et de construire des outils et des applications pour rendre la chaine d&#8217;approvisionnement toujours plus intelligente et malléable. </p>
<p>Le <a href="http://www.webofthings.com/">Web des objets</a> sur lequel travaille Vlad Trifa propose de faire l&#8217;internet des objets autrement. En ligne. Sur le web. Pour profiter des avantages du web, plutôt que d&#8217;être contraints par des protocoles, peut-être plus sûrs, mais en tout cas moins flexibles. </p>

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		<title>Demain, les réseaux sociaux d&#8217;objets</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 10:23:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article du New York Observer qui date de début novembre, article que l&#8217;on doit à Ben Popper et qui s&#8217;intitule &#8220;Créer le Facebook des objets&#8221;.
L&#8217;article commence très à l&#8217;américaine, le journaliste raconte être assis en face d&#8217;une jeune entrepreneure du nom de Joe Einhorn, dans son bureau. Ils discutent. Soudain, Einhron&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s&#8217;agit d&#8217;un article du <em>New York Observer</em> qui date de début novembre, article que l&#8217;on doit à Ben Popper et qui s&#8217;intitule <a href="http://www.observer.com/2010/media/creating-facebook-stuff">&#8220;Créer le Facebook des objets&#8221;</a>.</p>
<p>L&#8217;article commence très à l&#8217;américaine, le journaliste raconte être assis en face d&#8217;une jeune entrepreneure du nom de Joe Einhorn, dans son bureau. Ils discutent. Soudain, Einhron regarde l&#8217;anneau que le journaliste porte au doigt et lui demande : <em>&#8220;Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que ça ?&#8221;</em>. Le journaliste explique porter à son majeur la réplique d&#8217;une vieille chevalière gravée des initiales de son grand-père. Le grand-père qui avait perdu l&#8217;original avait donc fait faire une réplique, avant de retrouver la bague quelques années plus tard. La réplique fut offerte à Ben Popper pour l&#8217;anniversaire de ses 25 ans. A ce récit, et tout en faisant tourner l&#8217;anneau dans la paume de sa main, Joe Einhorn répond : <em>&#8220;Vous voyez, ça dit beaucoup d&#8217;une personne&#8221;</em>.<br />
&#8220;Pour Einhorn, reprend Popper, chaque objet a une provenance, une histoire, qui exercent un attrait puissant sur les gens qui l&#8217;entourent. Mettre tout çà dans une base de données numérique, pense-t-il, donnerait un nouveau visage au Web.&#8221;</p>
<p>&#8220;Google, poursuit le journaliste, a créé le plus gros moteur de recherche du monde en trouvant la meilleure manière de classer les relations entre les milliards de pages qui constituent le Web. Facebook est devenu le plus gros réseau social au monde en construisant le système permettant de comprendre le mieux les identités et les relations des gens qui utilisent le Web. Une base de données qui permettrait aux usagers d&#8217;identifier et de chercher tous les objets du monde serait aussi élémentaire, et aussi profitable. Au lieu de seulement cataloguer leurs amis sur Facebook, les usagers pourraient commencer à construire aussi l&#8217;inventaire de leurs biens. En lien avec cela, serait inévitablement inclus le fait de pouvoir partager, échanger, vendre ou acheter.&#8221;<br />
&#8220;Je vois les objets comme au dernier territoire vierge de l&#8217;espace numérique&#8221;, explique Joe Einhorn.</p>
<p>Et son projet, c&#8217;est de conquérir ce territoire. Ce projet a un nom -Thing daemon -, le démon des objets, raccourci en <a href="http://www.thingd.com/">Thingd</a>. Un démon est un programme informatique qui fonctionne en arrière-plan, que l&#8217;on nomme ainsi en référence au concept grec. Pour les Anciens, un démon était ce qu&#8217;on ne voyait pas, mais qui était toujours présent et toujours au travail. Le démon est une partie du plan de Einhorn pour construire la base de données mondiale des objets. Les programmes qu&#8217;il est en train de développer avec son équipe parcourent le web en continu, examinant les images, identifiant les objets en se fondant sur les textes qui l&#8217;entourent, sur les tags, mais aussi sur la forme, la taille et la couleur des images elles-mêmes. &#8220;Nous avons des centaines de millions d&#8217;objets dans notre base de données, explique Joe Einhorn, et nous en ajoutons plus de deux millions par semaine.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/11/thingdaemon.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/11/thingdaemon.png" alt="thingdaemon" title="thingdaemon" width="580" height="634" class="alignright size-full wp-image-11871" /></a><br />
<em>Image : Homepage de l&#8217;un des services de Thing Daemon.</em></p>
<p>Mais, remarque le journaliste, une base de données n&#8217;est pas très intéressante, ni même efficace, s&#8217;il n&#8217;y a pas quelque chose au-dessus d&#8217;elle, et si les gens ne se mettent pas à l&#8217;utiliser. L&#8217;interaction humaine autour de ces objets est ce qui pourra élever Thing deamon au dessus de Google et d&#8217;Amazon et aidera le logiciel à identifier de manière plus sûre les éléments et les marques.</p>
<p>Le but, explique Einhorn, est de suivre le modèle de Facebook. &#8220;Nous devions d&#8217;abord avoir une base de données solide. Maintenant, nous sommes prêts à commencer la construction de la plateforme.&#8221; Et Einhold a déjà développé deux plates-formes. <a href="http://www.thefancy.com/">The Fancy</a>, un site qui s&#8217;intéresse à la mode, permet aux usagers de taguer les objets, et manifestement, le site a du succès. Un autre <a href="http://www.plastastic.com/">Plastastic</a>, va tenter de provoquer le même enthousiasme chez les collectionneurs de jouet. Un site sur les comics va bientôt être mis en ligne. Et Einhorn pense rapidement permettre aux gens de créer des applications ou des sites autour des objets qui sont contenus dans la base de données.</p>
<p>Pour penser ce travail de mise en relation sociale des objets, Einhron a reçu le soutien de Jack Dorsey et Chris Hughes qui ont participé respectivement à la fondation de Twitter et de Facebook. C&#8217;est dire que ce n&#8217;est pas un petit projet.</p>
<p>Il faut attendre la fin du papier pour comprendre à quel type de relations sociales pense Einhorn quand il pense à des liens qui passerait par les objets : &#8220;Qui peut dire comment on devrait être relié les uns aux autres ? demande-t-il au journaliste de <em>The Observer</em>. Ce n&#8217;est pas aussi simple que le fait de bien aimer quelqu&#8217;un et d&#8217;en faire son ami. Le commerce est le coeur de beaucoup de ces relations et ça complique tout.&#8221;<br />
L&#8217;anecdote finale est tout aussi ambiguë : Einhorn raconte au journaliste un article qu&#8217;il a lu récemment. </p>
<p>L&#8217;article raconte l&#8217;histoire d&#8217;un tableau qui est tombée derrière un canapé. Bien des années après, la famille bouge les meubles, et regarde le tableau avec un nouvel oeil. D&#8217;éminents historiens de l&#8217;art y voient un Michel-Ange, qui vaut probablement des millions. Pour Einhorn, il est évident que le vieux canapé est un acteur de l&#8217;histoire aussi intéressant que l&#8217;inestimable tableau.&#8221;</p>
<p>Quelques mots sur ce papier. A première vue, je trouve l&#8217;idée d&#8217;un Facebook des objets assez belle et même, une sorte d&#8217;équivalent numérique du &#8220;Parlement des choses&#8221;. Chez Bruno Latour, le &#8220;Parlement des choses&#8221; était, ou serait, le moyen de donner une représentation politique aux choses. Je trouve assez belle l&#8217;idée d&#8217;utiliser le modèle de Facebook pour donner une sorte de sociabilité aux objets, de pouvoir cartographier le réseau d&#8217;un objet, c&#8217;est-à-dire aussi une sorte d&#8217;histoire et de géographie de ces objets. Avec ce paradoxe, mais qui n&#8217;est qu&#8217;apparent, que le numérique, qui est souvent dénoncé comme lieu d&#8217;une dématérialisation, soit le lieu qui permette cela. Mais je n&#8217;ai pas l&#8217;impression que le projet soit vraiment celui-là. En fait, je ne comprends pas bien l&#8217;idée. Est-ce qu&#8217;il s&#8217;agit de faire sortir les objets du rapport strictement matérialiste que nous entretenons avec eux ? Pourquoi pas. Ou est-ce qu&#8217;il s&#8217;agit de passer par les objets pour créer un vaste réseau social (ou une multiplicité de réseaux sociaux de niche) qui dépasse Facebook parce qu&#8217;au fond, selon Einhorn, le plus fort rapport que les hommes entretiennent entre eux passe par les objets, leur échange et leur commerce ? Ce qui serait une hypothèse assez déprimante.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile.html-0">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.com/emission-place-de-la-toile-qu-est-ce-qu-une-oeuvre-de-net-art-la-modelisation-des-imaginaires-2010-1">L’émission du 28 novembre 2010</a> était consacrée au Net(art) avec le sociologue <a href="http://cespra.ehess.fr/document.php?id=80">Jean-Paul Fourmentraux</a>, qui vient de publier <em><a href="http://www.amazon.fr/Art-Internet-Jean-Paul-Fourmentraux/dp/2271070996/internetnet-21">Art et internet, les nouvelles figures de la création</a></em> et à &#8220;la modélisation des imaginaires&#8221;, du nom de la <a href="http://imaginaires.telecom-paristech.fr/">Chaire d&#8217;enseignement et de recherche</a> que vient d&#8217;inaugurer Pierre Musso. </p></blockquote>

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		<title>La prochaine révolution ? Faites-la vous même&#160;!</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 05:52:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;Dans la prochaine révolution industrielle, les atomes seront les nouveaux bits&#8220;
En janvier 2010, Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired et auteur de La longue traîne, tentait ainsi de résumer la révolution en cours du Do It Yourself (DIY, Faites-le vous même, en français). Après avoir considérablement contribué à développer, et démocratiser, ce que l&#8217;on appelait au siècle dernier&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>&#8220;<a href="http://www.wired.com/magazine/2010/01/ff_newrevolution/all/1">Dans la prochaine révolution industrielle, les atomes seront les nouveaux bits</a>&#8220;</p></blockquote>
<p>En janvier 2010, Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired et auteur de <a href="http://www.internetactu.net/2005/04/12/la-longue-traine/">La longue traîne</a>, tentait ainsi de résumer la révolution en cours du <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Do_it_yourself">Do It Yourself</a></em> (DIY, Faites-le vous même, en français). Après avoir considérablement contribué à développer, et démocratiser, ce que l&#8217;on appelait au siècle dernier la &#8220;<i>micro-informatique</i>&#8220;, puis l&#8217;internet, hackers et bidouilleurs s&#8217;attèlent aujourd&#8217;hui à la fabrication et au développement de nouveaux objets, &#8220;<i>libres</i>&#8220;.</p>
<p><a href="http://www.local-motors.com/rallyFighter.php?p=theCar&#038;focus=wallpaper"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/10/1010RallyFighter1-300x185.jpg" alt="RallyFighter" title="RallyFighter" width="300" height="185" class="alignnone size-medium wp-image-11660" hspace="3" vspace="3" align="right" /></a>Chris Anderson évoque ainsi la <a href="http://www.local-motors.com/rallyFighter.php">Rally Fighter</a>, la première voiture de course &#8220;<i>open source</i>&#8221; (ses spécifications sont &#8220;<i>libres</i>&#8220;), développée de façon communautaire, en mode &#8220;<i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing">crowdsourcing</a></i>&#8221; (du nom donné au fait d&#8217;utiliser la créativité, l&#8217;intelligence et le savoir-faire d&#8217;un grand nombre d&#8217;internautes). </p>
<p>Pour lui, c&#8217;est une véritable révolution, non seulement industrielle, mais également dans le rapport que l&#8217;on entretient avec les technologies, les objets. Pour Marten Mickos, ex-PDG de MySQL, cette révolution porte encore bien plus sur ce que peuvent faire les êtres humains entre-eux, dès lors qu&#8217;ils se mettent en réseau : </p>
<blockquote><p>&#8220;Auparavant, les gens collaboraient dans leurs villages. Aujourd&#8217;hui, le village, c&#8217;est la planète. Ca a débuté avec le développement de logiciels libres et open source, mais c&#8217;était une pure coïncidence : les développeurs de logiciels ont été les premiers êtres humains à véritablement embrasser l&#8217;internet. </p>
<p>N&#8217;importe quel autre groupe peut aujourd&#8217;hui connaître de tels bouleversements : on commence à le voir avec des journalistes, chercheurs, hommes politiques, professionnels de la santé, et aujourd&#8217;hui avec des fabriquants de voiture&#8230;&#8221;</p></blockquote>
<div align="center"><object width="549" height="334"><param name="movie" value="http://www.youtube-nocookie.com/v/SSuCMae2uyg?fs=1&amp;hl=fr_FR"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube-nocookie.com/v/SSuCMae2uyg?fs=1&amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="549" height="334"></embed></object></div>
<p>Dans les années 50, l&#8217;expression Do It Yourself était utilisée pour qualifier ceux qui ne voulaient pas se contenter de consommer, mais également d&#8217;améliorer ce qu&#8217;ils avaient acheté (maison, voiture et autres biens de consommation). </p>
<p>Dans les années 60-70, l&#8217;essor de la contre-culture et des mouvements de refus de la société de consommation lui donnèrent une tournure plus politique, renouant avec les valeurs anti-industrielles prônées par le &#8220;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Arts_and_Crafts_movement">mouvement des arts et métiers</a>&#8221; de la fin du XIXe siècle (voir <a href="http://www.internetactu.net/2010/10/04/pdlt-houellebecq-et-les-fab-labs/">Houellebecq et les Fab Labs</a>).</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, le DIY est aussi un marché, et même une industrie : magasins, livres, émissions de télévision et magazines de bricolage, jardinage, décoration, cuisine&#8230; à quoi il faut rajouter, ces dernières années, le succès de places de marché comme <a href="http://etsy.com">etsy.com</a>, qui permet à ses utilisateurs de vendre les objets qu&#8217;ils ont fabriqué (et à certains d&#8217;en faire leur métier).</p>
<p>La démocratisation (et la baisse des prix) des technologies a fait exploser l&#8217;offre et la demande de kits et composants permettant de créer ses propres <a href="http://www.pcmag.com/slideshow_viewer/0,1205,l%253D205318%2526a%253D205318%2526po%253D9,00.asp?p=n">robots</a>, <a href="http://diydrones.com/">drônes</a> et autres <a href="http://www.coolest-gadgets.com/category/diy-gadgets/">gadgets</a>.</p>
<p>L&#8217;envol des valeurs du &#8220;<i>Libre</i>&#8221; (logiciels libres et open source, creative commons, réseaux sociaux et web 2.0) se traduit également aujourd&#8217;hui dans la démultiplication des <a href="http://fing.org/?-FabLab-Squared,139-">Tech Shops, HackerSpaces, Fab Labs</a>&#8230; lieux physiques où hackers et bidouilleurs peuvent partager outils, composants et compétences. A ce jour, on dénombre <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fab_lab">45 FabLabs, dans 16 pays</a> (de <a href="http://www.fablab.af/">Jalalabad</a> en Afghanistan à <a href="http://www.fablabcolombia.com/A-Cerca-ESP.html">Medellin</a> en Colombie en passant par le <a href="http://www.fablab.co.ke/">Kenya</a>, les USA et les Pays-Bas), et près de <a href="http://hackerspaces.org/wiki/List_of_Hacker_Spaces">340 hackerspaces actifs, plus 259 autres en préparation</a> :</p>
<div align="center">
<table>
<tr>
<td><a href="http://www.fablab.af/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/10/1010MakeThingsNotWar.jpg" alt="1010MakeThingsNotWar" title="1010MakeThingsNotWar" height="269" class="alignnone size-full wp-image-11630" /></a></td>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/10/1010HackerSpaces.jpg" alt="1010HackerSpaces" title="1010HackerSpaces" height="269" class="alignnone size-full wp-image-11631" /></td>
</tr>
</table>
</div>
<p>Le magazine <a href="http://www.makezine.com/">Make</a>, créé par O&#8217;Reilly en 2005, et les <a href="http://www.makerfaire.com/">Maker Faire</a>, lancés dans la foulée pour réunir, et célébrer, les adeptes du DIY, constituent la partie la plus visible du phénomène. Le nombre de sites web, de projets mais également d&#8217;approches pratiques de la question est tel qu&#8217;il est impossible d&#8217;en résumer la diversité. </p>
<p>On peut, par contre, en proposer un bref tour d&#8217;horizon, augmenté de nombreuses vidéos, afin de se faire une petite idée de ce qui est en train de se tramer, en ce moment, dans les garages des hackers du XXIe siècle.</p>
<div align="center"><iframe src="http://player.vimeo.com/video/12218652" width="560" height="315" frameborder="0"></iframe></p>
<table>
<tr>
<td><iframe src="http://player.vimeo.com/video/14501842" width="276" height="155" frameborder="0"></iframe></td>
<td>&nbsp;&nbsp;</td>
<td><iframe src="http://player.vimeo.com/video/13795582" width="276" height="155" frameborder="0"></iframe>
</td>
</tr>
</table>
</div>
<p><a href="http://www.wired.com/geekdad/">Papas geeks</a>, hackers décidant de modifier leurs matériel en profitant de leurs compétences logicielles (voir <a href="http://www.internetactu.net/2008/06/20/hackers-et-sans-complexe/">Hackers et sans complexe</a>), universitaires créant des <a href="http://www.internetactu.net/2010/07/15/fablabs-refabriquer-le-monde/">Fab Labs</a> pour apprendre aux gens à créer leurs matériels par eux-mêmes, plutôt que d&#8217;avoir à les acheter… on est bien loin des bricoleurs du dimanche, et plus proches des bidouilleurs de l&#8217;<a href="http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/">internet des objets</a>, de ces <a href="http://www.internetactu.net/2009/12/02/entretiens-du-nouveau-monde-industriel-concevoir-les-objets-de-demain/">néoObjets</a> du <a href="http://www.internetactu.net/2010/07/13/concevoir-les-objets-du-futur/">futur</a> qui pourraient bien <a href="http://www.internetactu.net/2009/06/23/linternet-des-objets-va-t-il-changer-la-nature-des-objets/">changer la nature</a> de nos objets, sinon de la société.</p>
<p>Le phénomène commence d&#8217;ailleurs à se structurer, y compris d&#8217;un point de vue théorique, avec notamment la rédaction d&#8217;une <a href="http://www.lagrottedubarbu.com/2010/07/14/open-source-hardware-oshw-ebauche-de-definition-traduction/">définition</a> de ce que peut et doit être un &#8220;<em>matériel libre</em>&#8221; (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Open_source_hardware">Open Source Hardware</a>, en VO). Les projets, tout comme les objets, ne sont pas tous stricto sensu &#8220;<em>open source</em>&#8220;, mais la quasi-totalité proposent un mode d&#8217;emploi permettant de les refabriquer, et de plus en plus nombreux sont ceux qui partagent toutes les sources, schémas, firmware, logiciels, nomenclatures, listes de pièces, dessins, manuels et modes d&#8217;emploi de sorte que tout un chacun puisse les recréer, voir en commercialiser des projets dérivés, à la manière des logiciels libres et open source.</p>
<p>En 2008, le magazine Make avait répertorié <a href="http://blog.makezine.com/archive/2008/11/_draft_open_source_hardwa.html">60 projets</a> de matériel (hardware) &#8220;<em>open source</em>&#8220;. Fin 2009, il en dénombrait <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/open_source_hardware_2009_-_the_def.html">125, répartis en 19 catégories</a>. En 2010, il a arrêté de les compter. </p>
<p>On y trouve bien évidemment des <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/3d_printing_and_fabrication_open_so.html">imprimantes 3D</a> permettant de créer toutes sortes de pièces et objets en plastique, silicone ou epoxy, de la célèbre <a href="http://www.reprap.org/bin/view/Main/WebHome">RepRap</a>, conçue pour pouvoir s&#8217;auto-répliquer jusqu&#8217;à la jolie petite <a href="http://store.makerbot.com/">MakerBot</a> (649$) en passant par la luxueuse <a href="http://fabathome.org/wiki/index.php?title=Main_Page">Fab@Home</a> (à partir de <a href="http://www.nextfabstore.com/servlet/StoreFront">1950$</a>), qui entend &#8220;<em>démocratiser l&#8217;innovation</em>&#8220;.</p>
<div align="center">
<table>
<tr>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/MakerBot.jpg" alt="MakerBot" title="MakerBot" height="250" hspace="3" vspace="3" align="right" /></td>
<td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</td>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/10/FabAtHomeModel2.jpg" alt="FabAtHomeModel2" title="FabAtHomeModel2" height="250" hspace="3" vspace="3" align="right" /></td>
</tr>
</table>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/5202148" width="550" height="440" frameborder="0"></iframe></div>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/10/3Dportrait2.jpg" alt="3Dportrait2" title="3Dportrait2" width="200" height="150" class="aligncenter size-full wp-image-11493" hspace="3" vspace="3" align="right" />A quoi servent-elles ? A créer des petites pièces en plastique, coques ou socles d&#8217;iphone, briques et roues de légo, circuits électroniques personnalisés, bracelets, petits jouets ou personnages, <a href="http://graphism.fr/quand-le-design-se-penche-sur-les-pieges-a-souris">pièges à souris</a> (qui ne tuent pas les souris), toutes sortes de petits gâteaux ou chocolats (voir la <a href="http://fabathome.org/wiki/index.php?title=Fab%40Home:Gallery">galerie</a> de Fab@Home), et même des <a href="http://www.thingiverse.com/thing:749">auto-portraits en 3D</a>&#8230;</p>
<p><a href="http://www.arduino.cc/">Arduino</a>, utilisé par des milliers d&#8217;artistes, ingénieurs, designers et passionnés désireux de créer des objets ou environnements interactifs, indépendants, reliés à des capteurs ou des ordinateurs, est probablement le projet le plus avancé, c&#8217;est en tout cas le plus vendu (plus de 100 000 unités &#8211; à partir de 20$), et <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/arduino_open_source_hardware_2009_-.html">cloné</a>, entraînant également un certain nombre de <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/arduino_shields_open_source_hardwar.html">projets dérivés</a> permettant d&#8217;y interfacer de la musique, une connexion internet ou encore un signal GPS. </p>
<p>A quoi ça sert ? A créer des <a href="http://vimeo.com/3187100">interfaces tactiles</a>, <a href="http://vimeo.com/1383359">jeux en 3D</a>, <a href="http://vimeo.com/2658223">petits robots</a>, <a href="http://vimeo.com/965417">exosquelettes</a>, <a href="http://rabade.net/">imprimantes thermiques</a>, des <a href="http://vimeo.com/8196236">vitrines interactives</a> réagissant aux mouvements des passants, systèmes permettant d&#8217;<a href="http://bakertweet.com/">alerter</a> les clients de ce que vient de cuire un boulanger, <a href="http://vimeo.com/4551381">robots serveurs</a> dotés de capteurs afin d&#8217;ajuster le volume d&#8217;alcool à servir au taux d&#8217;alcoolémie des clients, des <a href="http://vimeo.com/7283341">chapeaux</a> interactifs vous punissant si vous ne souriez pas ou <a href="http://vimeo.com/2402904">inspirés</a> du casque des Daft Punk, un <a href="http://vimeo.com/9056286">jeu vidéo</a> permettant de contrôler une vraie petite voiture sur un vrai circuit…</p>
<div align="center">
<table align="center">
<tr>
<td>
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/2402904" width="275" height="206" frameborder="0"></iframe>
</td>
<td>&nbsp;&nbsp;</td>
<td>
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/13995215" width="275" height="206" frameborder="0"></iframe></td>
</tr>
<tr>
<td>
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/9056286" width="275" height="206" frameborder="0"></iframe>
</td>
<td>&nbsp;&nbsp;</td>
<td>
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/8196236" width="275" height="206" frameborder="0"></iframe></td>
</tr>
</table>
</div>
<p>Dans le <a href="http://hacknmod.com/hack/top-40-arduino-projects-of-the-web/">Top 40</a> des projets Arduino compilé par HacknMod, on trouve aussi toutes sortes d&#8217;objets truffés de Leds, un capteur de pollution, une pédale &#8220;<em>low teck</em>&#8221; pour guitare électrique, un piano de poche, un robot qui lit votre fil RSS, une machine à café contrôlée par Wiimote, des drônes et voitures télécommandées, une harpe laser (voir aussi cette <a href="http://www.arduino.cc/playground/Projects/ArduinoUsers">liste de projets</a> sur le site d&#8217;Arduino).</p>
<table>
<tr>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/gamekit_500-300x244.jpg" alt="gamekit_500" title="gamekit_500" width="75%" class="alignnone size-medium wp-image-8826" /></td>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/PocketPianoOne-700-300x225.jpg" alt="PocketPianoOne-700" title="PocketPianoOne-700" width="75%" class="alignnone size-medium wp-image-8825" /></td>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/metrognome-300x217.jpg" alt="metrognome" title="metrognome" width="75%" class="alignnone size-medium wp-image-8827" /></td>
</tr>
</table>
<p>Les objets DIY ont aussi parfois une <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/culture_jamming_open_source_hardwar.html">dimension culturelle, sinon politique</a>. On connaît le <a href="http://www.tvbgone.com/">TV-B-Gone</a>, télécommande universelle dotée d&#8217;un seul bouton, le &#8220;<em>OFF</em>&#8220;. On peut l&#8217;acheter tout fabriqué (25$), mais aussi en kit (22$, tout de même), tout comme <a href="http://www.ladyada.net/make/wavebubble/">Wave Bubble</a>, un brouilleur de téléphones portables, ou encore le <a href="http://www.ladyada.net/make/bedazzler/">BeDazzler</a>, conçu pour se moquer des autorités américaines qui avaient dépensé 1M$ pour concevoir une nouvelle arme non létale, le Dazzler, censée rendre les gens malades grâce à des flashs lumineux. Sa réplique open source, créée par l&#8217;incontournable <a href="http://www.ladyada.net/make/">Lady Ada</a> (qui vend se qu&#8217;elle crée sur <a href="http://www.adafruit.com">Adafruit</a>), a coûté moins de 250$…</p>
<div align="center">
<table>
<tr>
<td>
<object width="273" height="179"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/UUnThqHqK9g&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/UUnThqHqK9g&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="273" height="179"></embed></object>
</td>
<td>&nbsp;&nbsp;</td>
<td>
<object width="273" height="179"><param name="movie" value="http://www.youtube-nocookie.com/v/qE-I2VMGOJA?fs=1&amp;hl=fr_FR"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube-nocookie.com/v/qE-I2VMGOJA?fs=1&amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="273" height="179"></embed></object>
</td>
</tr>
</table>
</div>
<table>
<tr>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/botanicalls.jpg" alt="botanicalls" title="botanicalls" height="270" class="alignright size-full wp-image-8830" /></td>
<td><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/botanicalls_winstom_salem_schema_small.jpg" alt="botanicalls_winstom_salem_schema_small" title="botanicalls_winstom_salem_schema_small" height="270"  class="aligncenter size-full wp-image-8829" /></td>
</tr>
</table>
<p>Le DIY permet aussi de faire des <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/energy_power_and_green_open_source.html">économies d&#8217;énergie</a>, qu&#8217;il s&#8217;agisse de jauger la charge d&#8217;électricité d&#8217;une batterie, de fabriquer son propre chargeur USB pour téléphone portable ou lecteur MP3, ou encore de communiquer, par téléphone, SMS ou twitter avec… des plantes vertes, afin de savoir quand elles ont besoin d&#8217;eau, ou quand elles en ont trop (<a href="http://www.botanicalls.com/">BotaniCalls</a> &#038; <a href="http://gardenbot.org/">GardenBot</a>).</p>
<p>De son côté, le projet <a href="http://openmaterials.org/2010/03/24/refarm-the-city-open-source-tools-for-urban-farmers/">re:farm the city</a> s&#8217;est donné pour mission de fournir logiciels et matériels libres aux &#8220;<em>fermiers des villes</em>&#8221; afin de promouvoir l&#8217;auto-production locale, et l&#8217;agriculture bio, en milieu urbain.</p>
<p>La culture DIY étant essentiellement affaire de geeks, il était normal d&#8217;y retrouver <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/12/fun_games_and_entertainment_open_so.html">un certain nombre de jeux</a>, plus ou moins électroniques, tel <a href="http://web.media.mit.edu/~silver/drawdio/">Drawdio</a>, un crayon qui joue de la musique lorsqu&#8217;on dessine, une &#8220;<a href="http://makezine.com/10/brainwave/">Brain Machine</a>&#8221; créée par Mitch Altman, l&#8217;inventeur de la TV-B-Gone, qui mixe musique et flashs lumineux pour vous aider à méditer (existe aussi en version toute prête : <a href="http://www.tripglasses.com/">Trip Glasses</a>).</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/tripglasses.jpg" alt="tripglasses" title="tripglasses" width="100%" class="aligncenter size-full wp-image-8831" /><br />
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/10/Cheesecake-Car2.jpg" alt="Instructables Retaurant" title="Instructables Retaurant" width="100%" class="aligncenter size-full wp-image-11511" /></p>
<p>On peut aussi trouver des modes d&#8217;emploi pour se fabriquer des vélos <a href="http://www.bikehacks.com/bikehacks/2010/03/good-wood.html">en bois</a>, <a href="http://www.instructables.com/id/Bamboo-Bike-2/">en bambou</a>, <a href="http://www.instructables.com/id/DIY-Electric-Bike-Conversion/">électriques</a> ou dotés d&#8217;un <a href="http://www.instructables.com/id/Build-a-Bicycle-Sidecar/">sidecar</a>, une <a href="http://openmaterials.org/2010/03/17/the-open-source-washing-machine-project/">machine à laver</a> open source fonctionnant à l&#8217;énergie solaire, une maison faite avec <a href="http://openmaterials.org/2010/04/02/a-house-made-of-6-million-empty-bottles-other-eco-ideas/">6 millions de bouteilles vides</a> (en 19 ans), des <a href="http://openprosthetics.org/">prothèses open source</a>, et même un <a href="http://instructablesrestaurant.com/">restaurant open source</a>, lancé au début du mois de juillet afin de &#8220;<em>digérer la culture libre de l&#8217;internet</em>&#8220;, et qui a été pensé, fabriqué et lancé à partir de modes d&#8217;emploi disponibles sur <a href="http://instructables.com">instructables.com</a>, l&#8217;un des sites de référence de la culture DIY, avec <a href="http://makeprojects.com/">make:</a>, ou <a href="http://www.thingiverse.com/">Thingiverse</a>. </p>
<p>En France, le <a href="http://www.tmplab.org/wiki/index.php/A_little_history_of_/tmp/lab#Fran.C3.A7ais">/tmp/lab</a> et ses <a href="http://www.hackerspace.net/">Hackers Space Festivals</a> ont redonné au terme &#8220;<em>hacker</em>&#8221; sa connotation positive de bidouilleur de génie, et contribué à l&#8217;essor et à la reconnaissance des hacklabs (à noter que son <a href="http://www.hackerspace.net/">Plastic Hacker Space Festival</a> se tient du 29 au 31 octobre 2010).</p>
<p><a href="http://hackable-devices.org/">Hackable:Devices</a>, à la fois boutique en ligne de matériel libre, et communauté fédérant 500 utilisateurs actifs (hackers, créateurs, fabricants, investisseurs), s&#8217;est de son côté donné pour objectif de &#8220;<em>libérer les appareils (pour) libérer la créativité des hackers, leur donner autant de contrôle que possible afin qu&#8217;ils ne perdent pas leur temps dans l&#8217;ingénierie inverse et se concentrent sur la création pure</em>&#8220;. <a href="http://planet.madeinfr.org/">MadeInFr.org</a>, plus technique, veut de son côté regrouper les contributions de bidouilleurs, électroniciens, et du &#8220;<em>DIY français</em>.</p>
<p>Babozor, dans sa <a href="http://www.lagrottedubarbu.com/">Grotte du Barbu</a>, contribue lui aussi à démocratiser le phénomène, expliquant que l&#8217;on peut tout hacker, du <a href="http://vimeo.com/12157270">métro parisien</a> au vieux PC , transformé en <a href="http://vimeo.com/7987128">BarBQ</a> grâce à un caddie de supermarché, et qui passe allègrement des nouvelles technologies au <a href="http://vimeo.com/2214970">kitchen hacking</a>, pour faire <a href="http://www.lagrottedubarbu.com/2009/02/01/lgdb-s01e0b-la-biere-des-barbus-vol-2/">de la bière</a>, un gâteau au chocolat sans four et de la crème au beurre à la perceuse&#8230;</p>
<div align="center">
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<table>
<tr>
<td>
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<td>&nbsp;&nbsp;</td>
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</td>
</tr>
</table>
</div>
<p><a href="http://www.semageek.com/category/do-it-yourself/">Semageek</a>, de son côté, regorge d&#8217;infos et modes d&#8217;emploi permettant, notamment, de recycler une vieille machine à écrire en <a href="http://www.semageek.com/diy-recycler-votre-vieille-machine-ecrire-en-clavier-usb/">clavier USB</a>, de transformer une brosse à dent <a href="http://www.semageek.com/diy-bristlebot-transformer-une-bosse-a-dent-en-robot-vibrobot/">en robot</a>, de modifier un téléphone portable pour <a href="http://www.semageek.com/diy-demarer-sa-voiture-distance-avec-telephone/">démarrer</a> sa voiture à distance, de <a href="http://www.semageek.com/diy-conduire-une-voiture-avec-un-iphone/">bricoler</a> voiture pour la piloter depuis un iPhone, de créer une <a href="http://www.semageek.com/pratique-transformer-sa-copine-en-controleur-de-jeu-en-la-massant/">veste interactive</a> permettant de &#8220;<em>transformer sa copine</em>&#8221; en manette de jeux vidéos tout en la massant… ou de relier un pour capteur de gaz à un kit Arduino pour <a href="http://www.semageek.com/diy-montage-pour-changer-de-chaine-chaque-fois-vous-petez/">changer de chaine</a> de TV &#8220;<em>chaque fois que vous pétez</em>&#8220;.</p>
<p>Les deux derniers exemples sont choisis à dessein : d&#8217;aucuns les considéreront (avec raison) comme de mauvais goût. Mais là n&#8217;est pas la question : ces objets modifiés, augmentés, hackés, détournés, l&#8217;ont été parce que les bidouilleurs en avaient besoin, mieux : parce qu&#8217;ils en avaient envie, et que ça leur faisait plaisir, même si ça ne sert à rien. Leurs bidouilles ne relèvent pas tant de l&#8217;économie de marché (même si tous ces objets ont un coût) que d&#8217;une volonté d&#8217;indépendance, et de s&#8217;amuser.</p>
<p>A l&#8217;ère de la <a href="http://standblog.org/blog/post/2009/12/01/Intro-Bidouillabilite">bidouillabilité</a>, définie par Tristan Nitot comme la &#8220;<em>capacité – pour un objet technique ou un outil – à être détourné de sa fonction première en vue d&#8217;essayer de lui trouver de nouveaux usages</em>&#8220;, la profusion de projets, et d&#8217;objets, issus de la culture DIY, et des valeurs des hackers, dessine un Nouveau Monde où, à la manière des transformations à l&#8217;oeuvre dans le web 2.0, de nouveaux modèles économiques émergent, et qui reposent, non pas sur la &#8220;<em>vente</em>&#8221; d&#8217;un produit, mais sur la &#8220;<em>participation</em>&#8221; à son élaboration, création, fabrication, modification&#8230;</p>
<p>On a coutume de décrire les créateurs de startups sous le forme de jeunes geeks équipés de portables, dans une chambre d&#8217;étudiant ou un garage. L&#8217;image vaut aussi aujourd&#8217;hui pour ceux qui vont bouleverser l&#8217;industrie, la création et la distribution de produits physiques. Des machines industrielles qui coûtaient auparavant plusieurs centaines de milliers de dollars peuvent aujourd&#8217;hui être achetées pour quelques milliers, voire fabriquées pour quelques centaines seulement. </p>
<p>Comme le souligne Chris Anderson, &#8220;<em>n&#8217;importe quel garage est une usine high tech potentielle. Marx aurait été content</em>&#8220;. Je ne sais si Marx l&#8217;aurait vraiment été, mais Anderson l&#8217;est très certainement. <a href="http://diydrones.com/">DIY Drones</a>, un portail communautaire qu&#8217;il a lancé afin de développer des drônes pour pas cher, a généré un chiffre d&#8217;affaires de 250 000 dollars la première année, les 2/3 à l&#8217;export, et il espère atteindre le million d&#8217;ici trois ans. </p>
<p>Ses principaux concurrents ? Lockheed Martin et Boeing, dont il divise les coûts technologiques par 10, essentiellement en économisant sur les brevets et la propriété intellectuelle, en crowdsourçant la recherche et développement, tout en s&#8217;affranchissant de la bureaucratie, des commerciaux, communicants, bureaux, usines&#8230; la production des étant externalisée dans un TechShop du Colorado.</p>
<p>Dans son article sur ce qu&#8217;il qualifie de &#8220;<i><a href="http://www.wired.com/magazine/2010/01/ff_newrevolution/all/1">nouvelle révolution industrielle</a></i>, Chris Anderson résume la situation d&#8217;une phrase : &#8220;<em>si ces 10 dernières années ont permis la découverte et l&#8217;émergence, sur le web, de nouveaux modèles sociaux post-institutionnels, les 10 prochaines années les verront s&#8217;appliquer dans le monde réel</em>&#8221; : </p>
<blockquote><p>&#8220;L&#8217;internet a démocratisé la publication, la diffusion et la communication, ce qui a eu pour conséquence d&#8217;accroître de façon massive le degré de participation et de participants dans le monde digital -la longue traîne des bits. </p>
<p>La même chose est en train de se produire en terme de fabrication &#8211; la longue traîne des objets. Le web n&#8217;était qu&#8217;une démonstration de faisabilité (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Preuve_de_concept">proof of concept</a>, en VO). Maintenant, la révolution va aussi toucher le monde réel.&#8221;</p></blockquote>
<p>Cette façon de créer, en réseau, en partageant avec les autres méthodes, schémas et réalisations, sur le modèle des logiciels libres et open source (voir <a href="http://www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/cathedrale-bazar.html">La cathédrale et le bazar</a>), procèdent aussi de cette démocratisation de l&#8217;innovation évoquée par Eric von Hippel, pour qui &#8220;<i><a href="http://www.internetactu.net/2010/09/23/eric-von-hippel-il-y-a-2-a-3-fois-plus-dinnovations-de-la-part-des-consommateurs-quil-ny-en-a-dans-lindustrie/">il y a 2 à 3 fois plus d’innovations de la part des consommateurs qu’il n’y en a dans l’industrie</a></i>&#8220;.</p>
<p>En attendant de connaître la portée d&#8217;une telle &#8220;<i>révolution</i>&#8220;, et des créations (d&#8217;objets, mais également d&#8217;entreprises) qu&#8217;elle entraînera, on voit bien bien que désormais, après la nature (le jardinage), le bricolage (objets réels), le numérique (données et programmes), voici venu le temps des objets hybrides, à la fois réels (voire biologiques) et numériques. </p>
<p>Tout cela reste encore un peu technique, mais c&#8217;était aussi ce que l&#8217;on disait, dans les années 90, quand des myriades d&#8217;internautes ont commencé à créer leurs propres sites web, sans formation ni école, mais en bidouillant à partir de ce que les autres avaient fait. La question reste de savoir si, tout comme on est passé du langage <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/HTML">HTML 1.0</a> aux technologies et usages du <a href="http://www.internetactu.net/2005/09/29/quest-ce-que-le-web-20/">web 2.0</a>, le DIY dépassera le seul stade de la &#8220;<i>bidouille</i>&#8221; pour accéder au grand public et permettre aux gens de se réapproprier les objets, de les améliorer, de les partager aussi. </p>
<p>C&#8217;est tout l&#8217;enjeu du <a href="http://www.internetactu.net/2009/09/01/le-web-a-la-puissance-2-le-web-20-cinq-ans-plus-tard/">Web²</a>, ce &#8220;<i>web à la puissance 2</i>&#8221; qui, après avoir déplacé les utilisateurs au coeur du système (le Web 2.0), veut exploiter l’intelligence collective des capteurs et des données. La question est donc aussi de savoir si on fera de cet ”<a href="http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/">internet des objets</a>” un <a href="http://www.internetactu.net/2006/10/30/de-linternet-des-objets-a-linternet-du-peuple/">”internet du peuple”</a>.</p>
<p><i>&#038; rendez-vous au <a href="http://www.hackerspace.net/">Plastic Hacker Space Festival</a>, au /tmp/lab à Vitry sur Seine, du 29 au 31 octobre 2010, ou encore au <a href="http://makeart.goto10.org/">make art</a>, festival des arts et technologies libres, du 4 au 7 novembre 2010 à Poitiers.</p>
<p>Voir aussi l&#8217;excellente présentation de Jean-Michel Cornu sur <a title="Présentation sur les lieux de fabrication numérique : hacker spaces, fab labs, tech shop..." href="http://prezi.com/tbd0-imw75fy/la-fabrication-numerique/">La fabrication numerique</a>  :</i></p>
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<p><object id="prezi_tbd0-imw75fy" name="prezi_tbd0-imw75fy" classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" width="550" height="400"><param name="movie" value="http://prezi.com/bin/preziloader.swf"/><param name="allowfullscreen" value="true"/><param name="allowscriptaccess" value="always"/><param name="bgcolor" value="#ffffff"/><param name="flashvars" value="prezi_id=tbd0-imw75fy&amp;lock_to_path=0&amp;color=ffffff&amp;autoplay=no&amp;autohide_ctrls=0"/><embed id="preziEmbed_tbd0-imw75fy" name="preziEmbed_tbd0-imw75fy" src="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="550" height="400" bgcolor="#ffffff" flashvars="prezi_id=tbd0-imw75fy&amp;lock_to_path=0&amp;color=ffffff&amp;autoplay=no&amp;autohide_ctrls=0"></embed></object></div>
<p>Ainsi que, sur Internet Actu :<br />
<a href="http://www.internetactu.net/2008/06/20/hackers-et-sans-complexe/">Hackers et sans complexe</a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/2010/07/15/fablabs-refabriquer-le-monde/">FabLabs : refabriquer le monde</a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/2009/06/24/les-enjeux-de-la-fabrication-personnelle/">Les enjeux de la fabrication personnelle</a><a href="http://www.internetactu.net/2010/09/23/eric-von-hippel-il-y-a-2-a-3-fois-plus-dinnovations-de-la-part-des-consommateurs-quil-ny-en-a-dans-lindustrie/">Eric von Hippel : il y a 2 à 3 fois plus d’innovations de la part des consommateurs qu’il n’y en a dans l’industrie</a></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/ecologie/" title="écologie" rel="tag nofollow">écologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/craftware/" title="craftware" rel="tag nofollow">craftware</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fablab/" title="fablab" rel="tag nofollow">fablab</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hacker/" title="hacker" rel="tag nofollow">hacker</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/savoir-faire/" title="savoir-faire" rel="tag nofollow">savoir-faire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/wearable/" title="wearable" rel="tag nofollow">wearable</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>FabLabs : refabriquer le monde</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 05:30:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Que ce passerait-il si demain n&#8217;importe qui pouvait fabriquer presque n&#8217;importe quoi ? Ou, pour être un peu moins caricatural, si tout un chacun pouvait fabriquer presque tout ce qu&#8217;il voulait ? C&#8217;est ce que proposent dès à présent les FabLabs (abréviation de Fabrication laboratory, laboratoires de fabrication), ces ateliers permettant à tout un chacun de concevoir et construire tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Que ce passerait-il si demain n&#8217;importe qui pouvait fabriquer presque n&#8217;importe quoi ? Ou, pour être un peu moins <a href="http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:emedia.free.fr/regul.htm+%22l'internet+est+un+danger+public+puisque+ouvert+%C3%A0+n'importe+qui+pour+dire+n'importe+quoi%22&#038;cd=1&#038;hl=fr&#038;ct=clnk&#038;gl=fr">caricatural</a>, si tout un chacun pouvait fabriquer presque tout ce qu&#8217;il voulait ? C&#8217;est ce que proposent dès à présent les FabLabs (abréviation de </em>Fabrication laboratory<em>, laboratoires de fabrication), ces ateliers permettant à tout un chacun de concevoir et construire tout et n&#8217;importe quoi. Quels que soient leurs noms (<a href="http://fablabsquared.org/?Qu-est-ce-qu-un-TechShop">TechShops</a>, <a href="http://fablabsquared.org/?Qu-est-ce-qu-un-Hackerspace">HackerSpaces</a>, <a href="http://fablabsquared.org/?Qu-est-ce-qu-un-fab-lab">FabLabs</a>&#8230;) des centaines d&#8217;espaces de ce type ont récemment vus le jour de part le monde. Que s&#8217;y passe-t-il ? Comment y travaille-t-on ? Quelles nouvelles perspectives ces endroits permettent-ils ? Telle était la question que la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift à Marseille</a> voulait poser à certains de ceux qui sont à l&#8217;origine de ces nouveaux espaces censé repenser l&#8217;avenir de la production.</em></p>
<h3>RepRap : se réapproprier les outils de production</h3>
<p><a href="http://people.bath.ac.uk/ensab/">Adrian Bowyer</a>, cet ingénieur et mathématicien britannique, inventeur de la <a href="http://reprap.org/wiki/Main_Page">RepRap</a>, cette imprimante 3D libre capable d’imprimer des objets en volume, a commencé par citer Karl Marx. Pour Marx, le prolétaire désigne des travailleurs qui sont réduits à vendre leur force de travail pour vivre parce qu’ils ne possèdent pas d’outils de production. La solution pour libérer le prolétariat consistait à faire la révolution pour confisquer les moyens et les outils de production. On a su par la suite qu’il s’agissait d’une mauvaise idée, s’amuse Bowyer, mais Marx avait cependant raison sur le diagnostic estime-t-il : la pauvreté consiste à ne pas avoir accès aux moyens de production. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/07/adrianBoywer.jpg" alt="Adrian Bowyer" title="Adrian Bowyer" width="580" class="alignright size-full wp-image-10944" /><br />
<em>Image : Adrian Bowyer sur la scène de Lift France, <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/4786833566/">photographié par Florent Kervokian</a>.</em></p>
<p>Adrian Bowyer propose une autre solution au problème qui passe par une autre révolution, celle d’avoir accès plus facilement à des outils de production. C’est l’idée qui préside à la RepRap qu’il a conçu : une imprimante 3D capable d’imprimer une partie de ses propres pièces, à peu près la moitié &#8211; le reste des pièces pouvant facilement s’acheter dans la plupart des grandes villes. Le prix total d’une RepRap se monte à environ 350 euros.</p>
<p>La machine est capable de reproduire des objets en plastique, en déposant des couches de plastiques les unes sur les autres pour produire des objets pour l’instant d’un volume de presque 20 cm cube (<a href="http://vimeo.com/5202148">vidéo</a>). Elle est capable de s’autoréparer en produisant ses propres pièces de rechange (on parle de machine autoréplicante). </p>
<p>Bien sûr, les spécifications de la machine sont libres et gratuites, permettant à chacun de construire la sienne. Aujourd’hui, elle est utilisée dans de nombreux pays occidentaux, et commence à pénétrer des pays comme l’Afrique. Les utilisateurs peuvent partager et diffuser des plans d’objets conçus pour la RepRap via par exemple <a href="http://www.thingiverse.com/tag:reprap">un site comme Thingiverse</a>. </p>
<p>Après avoir présenté sa machine, Bowyer a tenté de montrer comment la RepRap s’insère dans un fonctionnement global en présentant les différentes contraintes que la machine doit relever. Pour lui, il y a différent types de contraintes : celle des règles, de la loi et de la coutume. Au-dessus d’elles, il y a la contrainte économique, puis celle de la biologie et celle de la physique, couche fondamentale de l’existence. </p>
<p>En ce qui concerne le premier niveau, celui des règles, du droit, du copyright et des brevets, Bowyer rappelle qu’il est permis d’imprimer n’importe quel type d’objet. S’il existe des contraintes, tout n’est pas interdit, au contraire. Par exemple, si on désire réparer un rétroviseur cassé et qu’on doit lui donner une forme “brevetée”, on n’enfreint pas la loi. On n’est pas non plus dans l’illégalité si on reproduit un objet breveté qu’on ne souhaite pas vendre. </p>
<p>Au niveau économique, la RepRap, avec son prix moyen de 350 euros, est bien moins chère que la moins onéreuse des imprimantes 3D (12 000 euros pour les premiers modèles). Elle est également écologique puisqu’elle ne consomme que 8 grammes de carbone pour produire un objet et en enferme 17 dans les objets imprimés. </p>
<p>Sur le plan biologique, la machine repose sur la notion d’autoreproduction propre au vivant.</p>
<p>Quant au plan de la physique, il n’est pas sûr que la centralisation et le grossissement soit un principe d’évolution unique pour les êtres vivants comme pour les objets. Si c’est aujourd’hui le cas par exemple des voitures, qui sont créées dans des usines de plus en plus imposantes, d’autres mouvements vont dans le sens inverse, favorisant plutôt la décentralisation et la réduction. La machine à laver personnelle a ainsi remplacé la blanchisserie centrale. C’est dans cette dernière logique que se situe la RepRap… avec l’espoir qu’un jour, les gens possèderont chez eux de plus en plus d’outils effectuant un travail longtemps réservé aux industries. </p>
<h3>FabLabs : des fabriques de communautés</h3>
<p>Quand il avait cinq ans, <a href="http://tonzijlstra.eu/">Ton Zijlstra</a> (<a href="http://zylstra.org/blog/">blog</a>) était persuadé que ses grands-parents étaient des gens très riches : ils avaient leur propre jardin potager, ainsi qu’un atelier où son grand-père pouvait réparer tout ce qu’il voulait. Et pour le petit Ton, être capable de pouvoir faire les choses par soi-même représentait une richesse extraordinaire.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/07/tonzeltija.jpg" alt="Ton Zijlstra" title="Ton Zijlstra" width="580" class="alignright size-full wp-image-10945" /><br />
<em>Image : Ton Zijlstra sur la scène du théâtre de la Criée à Marseille, <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/4786834444/">photographié par Florent Kervokian</a>.</em></p>
<p>Adulte, il s’est retrouvé à travailler en solitaire, isolé, alors même qu’il occupait un poste de directeur dans une entreprise. Et c’est grâce à son blog qu’il a pu se réaliser : <em>“j’avais plein de connexions dans le monde entier, un feedback extraordinaire. Et c’est en combinant les deux, la résilience de mes grands-parents, et le réseau global”</em> qu’il a commencé à s’interesser aux <a href="http://fab.cba.mit.edu/">FabLabs</a>, ces espaces imaginés il y a presque 10 ans par <a href="http://ng.cba.mit.edu/">Neil Gershenfeld</a>, directeur du <a href="http://cba.mit.edu/">Laboratoire Bits and atoms</a> du MIT, <a href="http://fing.tumblr.com/post/248483458/neil-gershenfeld-les-vraies-promesses-de-la">comme il l&#8217;expliquait à TED 2007</a>). Les FabLabs, <a href="http://www.slideshare.net/TonZijlstra/fab-lablift-marseillesme">explique-t-il dans sa présentation</a>, sont ces endroits qui <em>&#8220;contiennent des machines qui permettent de faire n’importe quoi y compris des machines&#8221;</em>, mouvement dans lequel il est très impliqué depuis, et qui, pour lui, repose sur ces deux fondements : la possibilité de pouvoir fabriquer, par soi-même, et celle de pouvoir en discuter, en insérant ces fabrications personelles dans une communauté.</p>
<div style="width:425px" id="__ss_4720336"><strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/TonZijlstra/fab-lablift-marseillesme" title="Lift10 - FabLabs / The Makers Are Coming">Lift10 &#8211; FabLabs / The Makers Are Coming</a></strong><object id="__sse4720336" width="580" height="355"><param name="movie" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=fablabliftmarseillesme-100709091052-phpapp01&#038;stripped_title=fab-lablift-marseillesme" /><param name="allowFullScreen" value="true"/><param name="allowScriptAccess" value="always"/><embed name="__sse4720336" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/ssplayer2.swf?doc=fablabliftmarseillesme-100709091052-phpapp01&#038;stripped_title=fab-lablift-marseillesme" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="355"></embed></object>
<div style="padding:5px 0 12px">View more <a href="http://www.slideshare.net/">presentations</a> from <a href="http://www.slideshare.net/TonZijlstra">Ton Zijlstra</a>.</div>
</div>
<p><em>“Il faut respecter les concepts d’accessibilité ouverte et d’utilisation pour tous, et donc que ce soit ouvert, qu’on puisse y entrer, y partager expériences et compétences. Il s’agit aussi d’y construire une communauté.&#8221;</em></p>
<p>Pour lui, un FabLab doit être “libre”, et être doté de machines (imprimantes 3D, découpeurs laser ou vynil, RepRaps, etc.) et des logiciels, pour concevoir, construire et fabriquer. Mais surtout, il ne faut pas qu’il n’y ait qu’un seul FabLab, mais plusieurs, d&#8217;abord et avant tout pour échanger. Le premier <a href="http://www.fablab.nl/">FabLab néerlandais</a> a été créé en 2007 <a href="http://amsterdam.fablab.nl/">à Amsterdam</a>. Depuis, quatre autres ont été lancés au Pays-Bas (<a href="http://www.protospace.nl/">Utrecht en 2008</a>, <a href="http://cabfablab.nl/">La Haye</a> en 2009, <a href="http://www.fablabgroningen.nl/">Groningen</a> et <a href="http://www.fablabarnhem.nl">Arnhem</a> en 2010), et au Bénélux (à <a href="http://www.fablab-leuven.be/">Louvain</a> et <a href="http://www.timelab.org/">Gent</a> notamment), dont un <a href="http://www.fablabtruck.nl/">FabLab mobile</a>, et 11 autres projets devraient voir le jour dans les 18 mois à venir (7 autres projets seraient en cours d’élaboration en France dont le <a href="http://fablabsquared.org/">FabLabSquared, un prototype mobile</a>).</p>
<p>Ces projets sont indépendants, mais connectés : des réunions réunissent régulièrement, non seulement leurs dirigeants, mais également leurs utilisateurs, des conférences annuelles leur permettent de rencontrer les autres FabLabs du monde entier (comme la <a href="http://fab6.nl/">6e conférence internationale des FabLabs</a> qui aura lieu en août à Amsterdam), mais ils partagent également certaines compétences et ressources humaines, à l’image de ce spécialiste pointu de l’impression en 3D, qui passe d’un FabLab à un autre et permet de mutualiser son expertise, et son coût.</p>
<p>A la question de savoir si ces FabLabs pourraient se retrouver en concurrence, Ton Zijlstra répond que <em>&#8220;non, parce que chacun d’entre eux est unique en son genre, bien ancré dans sa communauté, dans sa ville, avec son propre écosystème, qu’ils répondent aux besoins locaux, et sont suffisamment différents pour ne pas se marcher sur les pieds. On a une infrastructure, qui donne un effet réseau, et chaque nouveau FabLab augmente la valeur des autres, parce que ça apporte une expertise nouvelle, parce qu’on peut dire que pour telle chose il vaut mieux s’adresser à tel ou tel FabLab.&#8221;</em></p>
<p>Concrètement, on y fait quoi ? Difficile de dresser de grandes lignes, et un <a href="http://issuu.com/fablab.ch/docs/fabyearbook_2010">FabYearBook</a> revient chaque année sur les projets les plus marquants. Ton Zijlstra n’en cite pas moins un rideau fait en béton, des mobiliers de bureau, bijoux, lampes, jeux, stickers, T-shirts, robots… créés tant par des particuliers que sous forme de prototypes par des professionnels (notamment via <a href="http://unlimiteddesigncontest.org">un concours de conception permanent</a>), mais également <a href="http://amsterdam.fablab.nl/node/1943">un projet de prothèses</a> coûtant moins de 40$, à destination des pays émergents, ou encore <a href="http://fabprojects.org/index.php/BigBird">le projet Big Bird</a> destiné à aider les villages indiens à récupérer l’eau de la pluie…</p>
<div><object style="width:580px;height:424px" ><param name="movie" value="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Flight%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=100310133915-413b4b2e698c452aa0c2bb1988672fe5&amp;docName=fabyearbook_2010&amp;username=fablab.ch&amp;loadingInfoText=Fab%20Year%20Book%202010&amp;et=1279031993816&amp;er=84" /><param name="allowfullscreen" value="true"/><param name="menu" value="false"/><embed src="http://static.issuu.com/webembed/viewers/style1/v1/IssuuViewer.swf" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" menu="false" style="width:580px;height:424px" flashvars="mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Flight%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true&amp;documentId=100310133915-413b4b2e698c452aa0c2bb1988672fe5&amp;docName=fabyearbook_2010&amp;username=fablab.ch&amp;loadingInfoText=Fab%20Year%20Book%202010&amp;et=1279031993816&amp;er=84" /></object>
<div style="width:580px;text-align:left;"><a href="http://issuu.com/fablab.ch/docs/fabyearbook_2010?mode=embed&amp;layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Flight%2Flayout.xml&amp;showFlipBtn=true" target="_blank">Open publication</a> &#8211; Free <a href="http://issuu.com" target="_blank">publishing</a> &#8211; <a href="http://issuu.com/search?q=3d%20printing" target="_blank">More 3d printing</a></div>
</div>
<p>Dans sa présentation des FabLabs, Ton Zijlstra montre une communauté organisée, en réseau, qui utilise tous les moyens de communication d&#8217;aujourd&#8217;hui (même un <a href="http://fablab.23video.com">canal vidéo</a>), s&#8217;appuyant notamment sur une <a href="http://www.fabacademy.org">université permanente</a> où les projets se rencontrent les uns les autres, qui explore des modèles économiques de longue traîne en partie locaux et en partie via le réseau. Et qui a encore pour défi de continuer à consolider sa communauté, de réussir la construction d&#8217;un écosystème local.   </p>
<h3>FabLabs : La puissance du réseau</h3>
<p>Haakon Karlsen Jr, est le créateur de la <a href="http://www.fabfoundation.org/">FabFoundation</a> et du <a href="http://www.fablab.no/">FabLab Norvégien</a> installé au-dessus du cercle Artique. </p>
<p>Tout à commencé par l’installation d’antennes et de capteurs sur des moutons dont Haakon était propriétaire pour repérer leurs déplacements dans la montagne. C’est pour trouver une solution technique à ce besoin qu’il a développé le premier FabLab norvégien. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/07/haakonfablab.jpg" alt="haakon fablab" title="haakon fablab" width="580" class="alignright size-full wp-image-10946" /><br />
<em>Image : Haakon Karlsen Jr, l&#8217;organisateur de la FabFoundation, <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/4786205471/">photographié par Florent Kervokian.</a></em></p>
<p>Le FabLab a été monté en octobre 2002 et a ouvert en juin 2003. Au début, il ne consistait qu’en une fraiseuse, une machine à découper et quelques ordinateurs installés dans une grande de ferme. En 2003, <a href="http://ng.cba.mit.edu/">Neil Gershenfeld</a>, directeur du <a href="http://cba.mit.edu/">Centre Bits et Atomes</a> du MIT et créateur du modèle des FabLabs a envoyé une machine à découpe laser du MIT qui est devenu depuis la machine de base du FabLab. Il en a envoyé de nombreuses autres alors que le projet se transformait en un “village de l’invention” en 2005. Le FabLab norvégien, malgré sa situation géographique particulière accompagne quelques 120 projets par an et accueille chaque année quelque 6000 personnes et plus de 5 millions de visites sur son site web. </p>
<p>Le FabLab au début était un endroit de prototypage rapide permettant de reproduire tout et n’importe quoi. Mais désormais, c’est avant tout un réseau de personnes souhaitant coopérer et partager leurs connaissances. Les outils permettent d’atteindre cet objectif, comme le réseau de vidéoconférence qui les relie, explique Haakon Karlsen Jr avant de montrer <a href="http://www.principalvoices.com/2007/technology.innovation/video/neil.gershenfeld/">un reportage de CNN présentant le FabLab du cercle arctique</a>.</p>
<p><object width="580" height="405"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Y9HDMmyDwjE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/Y9HDMmyDwjE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="405"></embed></object></p>
<p>Il est devenu difficile de dénombrer le nombre de FabLabs existants dans le monde. Et il a fallu du temps à la fondation pour qu’elle organise et structure le réseau et les missions, entre les laboratoires (.org), les services commerciaux (.com) et éducatifs (.edu).</p>
<p>Le FabLab est un endroit pour répondre aux besoins des gens quels qu’ils soient explique Haakon Karlsen Jr. en se souvenant d’une femme venue leur commander un moule pour créer des chocolats, puis un autre… puis une boîte pour les emballer. Puis 100. Puis 1000 puis 10 000. Le FabLab a fini par lui en fabriquer 40 000 ! Jusqu’à devenir trop petit pour cela… </p>
<p>De nombreuses petites entreprises se lancent ainsi, petit à petit, en commençant une production unitaire. Le <a href="http://www.fablab.co.ke/">FabLab du Kenya</a> produit des médicaments antipaludéens, et disposent d’une vingtaine d’employés. <em>&#8220;Nous faisons à la fois de la recherche, de l’éducation et de la commercialisation… Mais c’est là encore une difficulté : on a des problèmes pour aider à la création de commerces et d’entreprises notamment.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;Malgré ces succès, il nous reste du chemin à faire pour mieux esquisser le réseau des FabLab&#8221;</em>, estime celui qui en est le maître d’oeuvre. Et de nous inviter <a href="http://www.fablab.no/index.php?option=com_content&#038;view=article&#038;id=265:summer-boot-camp-2010-the-projects&#038;catid=1&#038;Itemid=34">au BootCamp annuel qu’il organise au fin fond de la Norvège</a>, pour partager et échanger techniques, projets mais aussi savoir-faire autour de la gestion et de l’organisation des FabLab. On y va ?</p>
<p>Hubert Guillaud, Jean-Marc Manach, Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fablab/" title="fablab" rel="tag nofollow">fablab</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hacker/" title="hacker" rel="tag nofollow">hacker</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift10/" title="lift10" rel="tag nofollow">lift10</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/objets/" title="objets" rel="tag nofollow">objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pays-en-developpement/" title="pays en développement" rel="tag nofollow">pays en développement</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Entretiens du Nouveau Monde industriel : Quand les objets passent du numérique au physique</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/12/03/entretiens-du-nouveau-monde-industriel-quand-les-objets-passent-du-numerique-au-physique/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 06:12:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
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		<description><![CDATA[A l’occasion des entretiens du Nouveau Monde industriel consacrés aux nouveaux objets communicants, qui se tenaient la semaine dernière au Centre national des arts et métiers, retour sur quelques présentations parmi celles qui nous ont semblé les plus marquantes de ces deux jours.
Reprendre un imaginaire d&#8217;avance&#8230; 
&#8220;Que peut-on faire de transformateur à partir de la rencontre du numérique et&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>A l’occasion des <a href="http://digitallyours.fr/les-entretiens-du-nouveau-monde-industriel/">entretiens du Nouveau Monde industriel</a> consacrés aux nouveaux objets communicants, qui se tenaient la semaine dernière au Centre national des arts et métiers, retour sur quelques présentations parmi celles qui nous ont semblé les plus marquantes de ces deux jours.</p></blockquote>
<h3>Reprendre un imaginaire d&#8217;avance&#8230; </h3>
<p><em>&#8220;Que peut-on faire de transformateur à partir de la rencontre du numérique et du physique ?&#8221;</em>, se demande Daniel Kaplan, délégué général de la <a href="http://www.fing.org">Fondation internet nouvelle génération</a>. Le paradigme des objets communicants ressemble plutôt à la gestion de flotte de véhicule, à de l&#8217;habitat ultra connecté que l&#8217;on pense au bénéfice de gens qui sont sensés en avoir besoin, comme les personnes âgées dont on puce les habitations&#8230; Force est de constater que nul n&#8217;éprouve un énorme désir à habiter une maison de ce type. <em>&#8220;On fait fuir les gens dès qu&#8217;on parle de l&#8217;internet des objets&#8221;</em>, constate Daniel Kaplan, car en étendant à nouveau le domaine de l&#8217;automatisation, on renforce une source légitime d&#8217;inquiétude. </p>
<p><em>&#8220;Il faut reprendre un imaginaire d&#8217;avance&#8221;</em>, propose le délégué général de la Fing en évoquant les artistes de l&#8217;art bio et des objets communicants. Et d&#8217;évoquer par exemple les travaux de Matt Cottam de <a href="http://tellart.com/">TellArt</a> comme ces arbres arrosés d&#8217;encre conductrice pour que leurs stries deviennent supports de mémoire (<a href="http://www.openarts.org/matt/2009/06/03/computational-wood-2/">Computational Wood</a>) où ces objets de bois qu&#8217;on peut assembler et qui échangent des informations ou des sentiments via de l&#8217;électronique (<a href="http://www.openarts.org/matt/2009/06/03/patina-pairs/">Patina Pairs</a>). Ou encore <a href="http://www.internetactu.net/2009/03/05/le-design-pour-construire-le-futur-dans-lequel-nous-voulons-vivre/">ces objets domestiques carnivores tels qu&#8217;imaginés par James Auger</a>, <a href="http://www.ekac.org/transgenicindex.html">les lapins fluorescents et autres interventions dans le domaine du bio art imaginés par Edouardo Kac</a>, ou encore les pièces mariant artisanat traditionnel indien et dispositifs de navigation électronique exposés <a href="http://www.internetactu.net/2006/02/16/gandhi-un-hommage-entre-tradition-et-innovation/">au musée Gandhi de la Sacred World Foundation</a>&#8230;</p>
<p>Les artistes se sont débarrassés du paradigme de la sécurité qui nous contraint si souvent dans le monde de l&#8217;internet des objets, pour explorer de nouveaux territoires, sous des formes à fois techniques, mais aussi créatives et poétiques.  </p>
<p>Beaucoup de propositions de plates-formes technologiques ont été inventées par des designers pour répondre à des besoins concrets, pour que les créateurs puissent formuler leurs idées.  <a href="http://www.internetactu.net/2009/02/05/pachube-des-applications-pour-linternet-des-objets/">Usman Haque avait besoin de partager des flux de capteurs et a inventé Pachube</a> (voir également <a href="http://www.internetactu.net/2009/06/23/linternet-des-objets-va-t-il-changer-la-nature-des-objets/">son intervention à Lift France</a>). </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/enmikaplan.jpg" alt="Daniel Kaplan lors des Entretiens du Nouveau Monde industriel par Samuel Huron" title="Daniel Kaplan lors des Entretiens du Nouveau Monde industriel par Samuel Huron" width="580" /><br />
<em>Image : Daniel Kaplan lors des Entretiens du Nouveau Monde industriel, <a href="http://www.flickr.com/photos/samuel-huron/4138533866/">par Samuel Huron</a>.</em></p>
<p>On peut échanger et mettre à disposition des données, mais il faut aussi ajouter de l&#8217;intelligence aux environnements : les designers ont ainsi imaginé en 2005 Arduino, et inventé l&#8217;électronique open source. <em>&#8220;Ils ont construit une carte aux plans libres dont le langage de programmation est libre et permet de traiter des données et renvoyer des instructions à d&#8217;autres actionneurs, à d&#8217;autres mécanismes&#8221;</em>. Pour quelques dizaines d&#8217;euros, on peut construire sa propre électronique et inventer tout et n&#8217;importe quoi&#8230; <em>&#8220;Un univers de possibilité s&#8217;est ouvert, car un morceau d&#8217;infrastructure est devenu disponible&#8221;</em>, explique Daniel Kaplan.  </p>
<p>On peut désormais aller encore plus loin dans la fabrication d&#8217;objets. Voilà longtemps que nos objets industriels vivent sous formes numériques avant d&#8217;être instanciés par des machines elles-mêmes numériques, puis distribués et gérés également de manière numérique. Machines à découper, imprimantes 3D qui permettent de fabriquer couche par couche des objets depuis un simple modèle numérique n&#8217;importe quel objet&#8230; Ces outils sont en passe de devenir accessible : <a href="http://reprap.org/">la RepRap</a>, cette machine autoréplicante est disponible pour quelques 300 euros et quelques heures de manipulation. Au <a href="http://www.tmplab.org/">TMP/lab</a> à Vitry, des bidouilleurs bricolent une imprimante 3D pilotée par une carte Arduino&#8230; </p>
<p>Ces nouveaux systèmes de production d&#8217;objet sont en train d&#8217;ouvrir le champ de la production. Par cette nouvelle étape qui s&#8217;esquisse, on ajoute une nouvelle brique à la conception d&#8217;objets grâce au mariage des outils de productions avec l&#8217;écosystème ouvert du web. Un écosystème de services et d&#8217;espaces de collaboration (comme <a href="http://www.thingiverse.com/">Thingiverse</a>, <em><a href="http://makezine.com/">Make Magazine</a></em>, <a href="http://www.ponoko.com/">Ponoko</a>, <a href="http://www.3dvia.com/">3DVia</a>&#8230;) permet d&#8217;échanger ou d&#8217;acheter ce dont on a besoin.</p>
<p>Ce mouvement a ses militants, qui inventent des objets ouverts afin de changer notre dialogue à la technologie : extincteurs de télévision, brouilleurs de téléphonie mobile ou de puces RFID&#8230; Ce mouvement a aussi ses lieux, ses espaces, ses endroits de co-design, de coproduction où l&#8217;on peut rencontrer d&#8217;autres personnes, où l&#8217;on peut partager des pièces, des machines, des compétences&#8230; Car on va avoir besoin de compétences, souligne Daniel Kaplan : ouvrir le monde physique à l&#8217;innovation est plus difficile que dans le numérique : la logistique impose d&#8217;être réelle, il y a des problèmes de sécurité, de fabrication&#8230; On a donc besoin d&#8217;espaces qui émergent comme ces communautés militantes du TMP/Lab à Vitry ou de <a href="http://www.lasuitelogique.org/">la Suite logique</a> à Paris&#8230; Ou encore, du mouvement des <a href="http://fab.cba.mit.edu">Fabs Labs</a> conçus dans les années 2000 par Neil Gershenfeld, directeur du <a href="http://cba.mit.edu/">Center for Bits and Atoms</a> du MIT, qui a lancé le mouvement en proposant un cours sur &#8220;Comment faire aboutir n&#8217;importe quoi ?&#8221; (voir <a href="http://fing.tumblr.com/post/248483458/neil-gershenfeld-les-vraies-promesses-de-la">la traduction de sa présentation à TED 2007</a> sur les vraies promesses de la fabrication personnelle).  On compte plus de 40 FabLabs dans le monde aujourd&#8217;hui, qui s&#8217;occupent de fabriquer des pièces de rechange pour des pompes au Ghana ou des puces capables de vérifier la qualité du lait en Inde. </p>
<p><em>&#8220;On voit que tout cela s&#8217;assemble, s&#8217;agence. On a les données, les lieux, la chaine de production, les médias, les lieux de partages&#8230; Autant de briques encore fragiles et pas assez présentes. Que pourrait-on faire émerger au croisement originel de ces différentes cultures ? <a href="http://www.fing.org/?Le-Fab-Lab-lieu-d-artisanat">Nous sommes en train de réfléchir activement à l&#8217;émergence de Fab Labs en France</a> (<a href="http://vimeo.com/7590532">vidéo</a>) et nous sommes preneurs de toutes propositions. Mais notre souhait serait de vouloir faire émerger des FabLabs dans des lieux de formation qui s&#8217;ouvriraient à d&#8217;autres publics que leurs publics propres. La Fing et de nombreux autres partenaires imaginent également un FabLab mobile qui essaimerait des Fab Labs locaux pour favoriser la prise d&#8217;initiatives locales.&#8221;</em> </p>
<p><em>&#8220;C&#8217;est au croisement du physique et du numérique que l&#8217;imaginaire de demain est en train de naître&#8221;</em>, conclut Daniel Kaplan. Si on laisse le mouvement de l&#8217;internet des objets aller vers plus de centralisation et de dissimulation, comme le proposent la plupart des acteurs industriels du domaine, on risque d&#8217;aller vers une proposition qui n&#8217;en finira pas d&#8217;être aliénante. <em>&#8220;Aucun des usages majeurs n&#8217;est né dans les laboratoires ou dans les grandes entreprises&#8221;</em>, assène Daniel Kaplan comme un mantra : on a jusqu&#8217;à présent distribué les moyens de concevoir, d&#8217;échanger, de faire savoir&#8230; <em>&#8220;On a maintenant la possibilité d&#8217;aller jusqu&#8217;au monde physique et de mettre à la disposition de tous une technologie libératrice. C&#8217;est une chance à saisir !&#8221;</em></p>
<h3>Bidouiller et faire</h3>
<p>Massimo Banzi est l&#8217;un des cofondateurs du projet <a href="http://www.arduino.cc/">Arduino</a> et l&#8217;un des responsables de l&#8217;agence <a href="http://www.tinker.it">Tinker.it</a> (<a href="http://www.internetactu.net/2009/05/05/alexandra-deschamps-sonsino-arduino-la-passerelle-entre-ce-quil-se-passe-en-ligne-et-le-monde-physique/">souvenez-vous de l&#8217;interview d&#8217;Alexandra Deschamps-Sonsino</a>, sa collègue, que nous avions réalisé l&#8217;année dernière). Sa présentation avait l&#8217;avantage de donner encore plus de matière à celle de Daniel Kaplan, en évoquant d&#8217;innombrables projets réalisés grâce à Arduino. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/12/enmimassimo.jpg" alt="Massimo Banzi lors des Entretiens du Nouveau Monde industriel photographié par Samuel Huron" title="Massimo Banzi lors des Entretiens du Nouveau Monde industriel photographié par Samuel Huron" width="580" /><br />
<em>Image : Massimo Banzi lors des Entretiens du Nouveau Monde industriel <a href="http://www.flickr.com/photos/samuel-huron/4138619780/in/set-72157622880031426/">photographié par Samuel Huron</a>.</em></p>
<p>Arduino est une petite carte semblable à un petit ordinateur de quelques euros, conçu pour être facile à programmer, explique le designer. Arduino est né en Italie à l&#8217;école de design d&#8217;Ivrea (<a href="http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/">voir Arduino Storia</a>), où les designers ont développé de très nombreuses plates-formes de programmation pour répondre à leurs besoins. Les interfaces de programmation, souvent conçues par des ingénieurs, étaient complexes et difficiles à intégrer pour les designers. Le but était de les rendre pratiques à utiliser, que des gens qui ne sont pas ingénieurs en électronique puissent  s&#8217;en servir, que les étudiants puissent se mettre en situation très rapidement. Arduino permet de construire des prototypes plus facilement, plus rapidement&#8230; Arduino est une plate-forme ouverte : le code source et le matériel sont accessibles à tous. Seul le nom porte un copyright afin de défendre une certaine qualité des produits et de la conception, même si de très nombreux clones existent. </p>
<p>Grâce à un langage accessible au plus grand nombre, de nombreuses personnes et notamment des artistes, utilisent Arduino dans leurs conceptions et installations. De nombreux outils de partages de connaissances sont disponibles, comme <em>Make Magazine</em> ou <a href="http://www.instructables.com/">Instructables</a>, ainsi qu&#8217;une <a href="http://makezine.com/04/ownyourown/">Déclaration des droits des faiseurs</a> (<em>makers</em>, terme que Massimo Banzi préfère à <em>hackers</em>)&#8230;</p>
<p>Alors que fait-on avec Arduino ? A en croire la longue liste que dresse Massimo Banzi, il faudrait peut-être mieux se poser la question de savoir ce qu&#8217;on ne fait pas avec Arduino ! Et d&#8217;évoquer <a href="http://makerbot.com/">Makerbot</a>, un kit pour construire sa mini RepRap (imprimante 3D) ; <a href="http://www.nastypixel.com/prototype/not-so-white-walls">Not so White walls</a>, un magnifique papier peint communicant imaginé en 2005 à Ivrea (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=2UgJVA2MQEM">vidéo</a>) ; <a href="http://www.zambetti.com/projects/teddybearalarmclock/">un radio-réveil tactile piloté par un doudou</a> imaginé en 2004 par Nicholas Zambetti et Didier Hilhorst ; <a href="http://www.goodnightlamp.com/">Goodnight Lamp</a> d&#8217;Alexandra Deschamps-Sonsino, un projet de lampes connectées entre plusieurs appartements permettant de rester en contact avec nos amis ; <a href="http://growdown.blogspot.com/2008/04/arduino-and-silvia-two-italians-one.html">la machine à café de Tim Hirzel</a> contrôlée via un Nunchuck de Wii ou <a href="http://growdown.blogspot.com/2008/07/half-bot-all-boat.html">son récent bateau à moteur</a> contrôlé de la même façon ; <a href="http://blog.makezine.com/archive/2009/09/arduino_ipod_remote.html">une télécommande toute simple</a> (un gros bouton poussoir) pour contrôler la musique de son iPod à distance imaginée par David Findlay ; la <a href="http://www.tabletalk.se/">table de bavardage</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=jEGwsfpHevU">vidéo</a>), une table lumineuse qui montre la densité de parole qui s&#8217;échange ; <a href="http://www.pntsstln.com/luxus.html ">Luxus</a>, le rocking-chair de Markus Hannerstig et Pontus Stalin qui grâce à un accéléromètre et quelques leds s&#8217;illumine à mesure que vous vous bercez ; <a href="http://www.getinpulse.com/">la montre d&#8217;Allerta</a> qui se connecte au BlackBerry et permet d&#8217;afficher des messages d&#8217;alertes provenant de son smartphone intègre des composants Arduino ; ou encore <a href="http://www.jeromedemers.com/blog/">ce type qui a mis un moteur à sa trottinette</a> ou celui qui a construit<a href="http://diysegway.blogspot.com/">son propre Segway avec des composants Arduino</a> ; <a href="http://www.botanicalls.com">Botanicalls</a> est certainement l&#8217;une des applications les plus connues d&#8217;Arduino et consiste en de petits capteurs qu&#8217;on plante dans la terre de ses plantes et qui vous alerte quand vos plantes ont soif ; <a href="http://www.tinker.it/en/Projects/Twatrace">Twat Race</a> est un panneau imaginé par Tinker.it qui permet de monitorer le niveau de tweets politiques selon les principaux partis britanniques : l&#8217;ensemble a été récemment installé dans le hall d&#8217;entrée du <em>Guardian</em> ; <a href="http://ecomodder.com/wiki/index.php/MPGuino">MPGuino</a> est un appareil pour mesurer sa consommation d&#8217;essence ; <a href="http://portfolio.menscher.com/itp/kickbee/">KickBee</a> de Corey Menscher est une ceinture qu&#8217;une femme enceinte se met autour du ventre et qui envoie des messages chaque fois que bébé donne un coup dans le ventre de sa mère ; <a href="http://www.suchablog.com/kasabian-football-hero">le groupe de rock Kazabian a réalisé son dernier clip en transformant Guitar Hero en Football Guitar Hero</a> (<a href="http://www.dailymotion.com/video/xaxtqt_kasabian-football-hero_music">vidéo</a>) ; en utilisant de <a href="http://www.bareconductive.com">l&#8217;encre conductrice</a> et des modules Arduino, Calvin Harris a créé <a href="http://createdigitalmusic.com/2009/08/11/human-synthesizer-with-calvin-harris-lots-of-girls-electric-ink-behind-the-scenes/">un synthétiseur humain</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=dnUqaZ7IVQg">vidéo</a>)&#8230; </p>
<p>Assurément, à voir la densité et la créativité des projets qui utilisent Arduino, on se rend compte combien la plate-forme est devenue le lieu de passage obligé entre la technologie et l&#8217;informatique ambiante. </p>
<p>Si le sujet vous intéresse, <a href="http://hacknmod.com/hack/top-40-arduino-projects-of-the-web/">HacknMod a dressé la liste du top 40 des projets Arduino</a> ou vous découvrirez encore d&#8217;autres étonnantes réalisations comme <a href="http://hacknmod.com/hack/create-techno-with-a-laser-harp/">la harpe laser</a>, <a href="http://diymagicmirror.com/index_video.html">le miroir magique</a>, <a href="http://prusadjs.cz/2009/07/iphone-controlled-rc-car-updated/">la voiture télécommandée depuis son iPhone</a>, <a href="http://hacknmod.com/hack/website-visitor-blinker/">la lampe qui s&#8217;allume quand vous avez des visiteurs sur votre site</a>, etc.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/enmi09/" title="enmi09" rel="tag nofollow">enmi09</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fablab/" title="fablab" rel="tag nofollow">fablab</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a><br />
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		<title>&#8220;Objets bavards&#8221;, de Bruce Sterling : l&#8217;avenir par l&#8217;objet ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/07/10/objets-bavards-de-bruce-sterling-lavenir-par-lobjet/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2009 12:21:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Kaplan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
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		<description><![CDATA[Ecrit en 2005 et publié aux éditions du MIT, Shaping Things, l&#8217;essai de Bruce Sterling, est enfin disponible en Français sous le titre Objets bavards (chez Fyp Editions). Nous en publions ci-dessous la préface, écrite par Daniel Kaplan. Et nous vous invitons plus encore à lire ce livre fondateur sur l&#8217;avenir des objets, de la technologie et même, pourquoi pas,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Ecrit en 2005 et publié aux éditions du MIT, <em>Shaping Things</em>, l&#8217;essai de Bruce Sterling, est enfin disponible en Français sous le titre <a href="http://www.amazon.fr/Objets-bavards-lavenir-par-lobjet/dp/2916571019/internetnet-21"><em>Objets bavards</em> (chez Fyp Editions)</a>. Nous en publions ci-dessous la préface, écrite par Daniel Kaplan. Et nous vous invitons plus encore à lire ce livre fondateur sur l&#8217;avenir des objets, de la technologie et même, pourquoi pas, de notre planète. </p>
<p>Bruce Sterling était également l&#8217;un des intervenants de <a href="http://www.liftconference.com/lift-france-09">Lift with Fing</a>, qui vient de se tenir à Marseille (voir <a href="http://www.internetactu.net/2009/06/23/linternet-des-objets-va-t-il-changer-la-nature-des-objets/">L&#8217;internet des objets va-t-il changer la nature des objets ?</a>).</p></blockquote>
<p><a href='http://www.amazon.fr/Objets-bavards-lavenir-par-lobjet/dp/2916571019'><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/06/objetsbavards.jpg' alt='Couverture Objets Bavards' align='left'/></a>Vous avez en mains un essai politique travesti en livre d’anticipation, camouflé en philosophie du design, déguisé en pamphlet écologiste. Et inversement.</p>
<p>Bruce Sterling, qui en a beaucoup écrit, sait que l’une des plus intéressantes questions que nous pose la science-fiction est la suivante : comment pouvons-nous faire quelque chose de notre avenir ? Quelque chose d’autre que ce qu’il deviendra tout seul, s’il suit son propre cours ?</p>
<p>Ce cours est à peu près tracé : celui de l’effondrement lent, cruel et morose du monde sous le poids de son système matériel, étouffé par ses déchets, déséquilibré par ses rejets, asphyxié par le manque de matières premières à brûler.</p>
<p>Pour vivre un autre futur, Bruce Sterling nous suggère la plus inattendue et la plus humaine des voies : celle de l’objet – le barrage, la casserole, la bouteille de vin, le site web. L’objet, dit-il, est un pari sur l’avenir : pourquoi inventer, acquérir, fabriquer, bricoler, utiliser des objets si nous n’avons pas d’avenir ? Oui, mais n’est-ce pas notre civilisation matérielle, celle de l’accumulation d’objets, qui nous mène dans le mur ? Absolument. Mais à la question d’un avenir humain, on ne peut répondre que dans le désordre, par un mélange de raison et de désir, d’invention et d’intérêt, d’espoir et de mémoire. Par une réinvention du système des objets, dans un sens qui à la fois étend le champ des possibles des générations futures et organise un lien moins prédateur aux ressources du présent.</p>
<p><strong>Un livre moins spéculatif qu&#8217;il n&#8217;y paraît</strong></p>
<p>Nous laisserons Sterling décrire sa vision, lui offrir des mots quand nécessaire. Mais pour nous préparer à le lire, regardons autour de nous et lisons les signes : ces emballages de plus en plus bavards à propos d’eux-mêmes et de ce qu’ils contiennent ; ces règles qui contraignent un nombre croissant de produits à prévoir d’emblée, avant même leur mise en production, leur recyclage ou leur élimination ; l’insistance sur la traçabilité des aliments qui alimentent nos aliments, des matériaux et des conditions sociales à partir desquels nos produits ont été produits ; les forums de discussion en ligne sur les livres, les machines, les tour operators ; l’extraordinaire succès des marchés d’occasion sur l’internet ; la coconception d’objets complexes à partir de modèles 3D qui permettent des échanges sans précédent entre partenaires industriels, entre clients et producteurs, entre citoyens et élus ; l’usage de circuits et réseaux électroniques pour réduire l’appétit en énergie des machines ou rendre possible l’achat des surplus d’électricité produits par nos quelques panneaux solaires&#8230;</p>
<p>L’avenir durable sera technique ou ne sera pas, affirme Bruce Sterling. Les autres voies proposées font trop peu la part du désir et du désordre : sous la frugalité, la tentation moraliste et autoritaire&#8230; Mais c’est une autre techno-société qu’il s’agit de construire, en recyclant celle d’aujourd’hui. Le système des objets tel que l’imagine Bruce Sterling se reconnaît lui-même, d’emblée, comme un récit collectif sur l’avenir, les manières de le faire advenir et celles de le faire durer. Nous ne sommes presque plus propriétaires de ces objets, nous en devenons actionnaires ou ayants-intérêt (stakeholders), en même temps que bien d’autres. Nous participons à sa réinvention constante et contribuons à son cheminement du concept au déchet – recyclé bien sûr, depuis le modèle 3D (l’idée, recyclée en variantes et autres idées) jusqu’à ses incarnations physiques (désassemblées et réintroduites dans le circuit industriel), en passant par ses traces (recyclées en expériences et connaissances).</p>
<p>Bref, notre relation aux objets est une relation au monde et aux autres, ce qui en soi n’a rien de neuf – mais Sterling imagine de rendre cette relation explicite, donc sujet de discussion et d’action, et spécifique, pour chaque objet. Et ça change tout.</p>
<p><strong>Le monde sauvé par les designers ?</strong></p>
<p>C’est donc aux designers que Bruce Sterling confie le soin de sauver le monde. L’idée peut faire sourire. Pas beaucoup plus, en même temps, que celle qui consiste à se reposer sur les organismes internationaux&#8230; Reconnaissons a minima que pour s’élever à la hauteur du défi, les uns comme les autres ont du travail ! Mais il fallait formuler le défi, c’est tout l’intérêt de ce petit ouvrage : dessiner une voie créative, excitante, paradoxale, vers un futur durable, une voie qui, parce qu’elle ressemble assez à notre monde, peut contribuer à le changer.</p>
<p>Vous serez tour à tour surpris, amusé, dubitatif, convaincu, choqué par <em>Objets bavards</em>. Lisez-le l’esprit ouvert. Levez souvent le regard et regardez autour de vous, réfléchissez à vos propres pratiques, ou à celles de vos enfants. Et connaissez votre chance : sous ses dehors spéculatifs et facétieux, vous lisez l’un des essais les plus stimulants du moment, sur la manière dont nous pouvons créer notre avenir.</p>
<p>Daniel Kaplan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a><br />
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		<title>Repenser l&#8217;internet des objets (3/3) : Industrialiser l&#8217;internet ou internetiser l&#8217;industrie ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 07:53:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Kaplan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
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		<description><![CDATA[Il n&#8217;existe pas aujourd&#8217;hui d&#8217;&#8221;internet des objets&#8221;, mais tout au plus une connexion en silos d&#8217;objets conçus et régis selon les règles les plus classiques de l&#8217;économie industrielle. La connectivité des objets et des espaces pourrait même signer la fin de la &#8220;parenthèse internet&#8221;, celle d&#8217;un réseau sans tête, sans finalité et totalement ouvert. Ce serait sans compter sur ceux&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Il n&#8217;existe pas aujourd&#8217;hui d&#8217;&#8221;internet des objets&#8221;, mais tout au plus une connexion en silos d&#8217;objets conçus et régis selon les règles les plus classiques de l&#8217;économie industrielle. La connectivité des objets et des espaces pourrait même signer la fin de la &#8220;parenthèse internet&#8221;, celle d&#8217;un réseau sans tête, sans finalité et totalement ouvert. Ce serait sans compter sur ceux qui, venant du monde numérique ou du design, s&#8217;activent dans le sens contraire : celui de doter le monde physique de certaines des propriétés de plasticité et d&#8217;ouverture qui caractérisent le monde numérique. D&#8217;internetiser l&#8217;industrie, alors que celle-ci rêverait d&#8217;industrialiser l&#8217;internet….</p>
<p>Troisième et dernière partie d&#8217;une série de trois articles sur la perspective de &#8220;l&#8217;internet des objets&#8221; &#8211; <a href="http://www.internetactu.net/2009/04/23/repenser-linternet-des-objets">lire la 1re partie</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/">la seconde</a>. Un thème qui sera au cœur de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift</a>, qui se tiendra à Marseille les 18, 19 et 20 juin prochains.</p></blockquote>
<h3>Ca commence comme une conversation</h3>
<p>Que fait donc un capteur, se demande en substance l&#8217;enseignant et designer Julian Bleecker dans son &#8220;<a href="http://www.nearfuturelaboratory.com/2006/02/26/a-manifesto-for-networked-objects/">Manifeste pour les objets en réseau</a>&#8221; (2006) ? Il recueille des informations et les transmet sous la forme d&#8217;un flux signé et horodaté. Rien de plus semblable à un blog, au fond. Imaginons alors que ce flux devienne accessible à tous – logiquement, au format RSS grâce auquel tous les blogs (et un nombre croissant d&#8217;autres publications du web) se rendent accessibles. Toutes sortes de personnes (et de machines) pourront alors s&#8217;abonner à ce flux, et à d&#8217;autres, puis croiser ces données, produire des calculs et des cartes, republier des données travaillées…</p>
<p>Sans pour autant devenir &#8220;intelligents&#8221;, ces &#8220;<a href="http://www.internetactu.net/2006/03/09/un-univers-dobjets-citoyens/">blogjets</a>&#8221; (objets qui bloguent) s&#8217;imposent alors comme des participants à part entière de la conversation et de la coproduction qui caractérisent le web d&#8217;aujourd&#8217;hui : &#8220;<em>Comme les blogueurs humains, les blogjets deviennent des sources essentielles de sujets de conversation &#8211; en démarrant et en alimentant des conversations portant sur des sujets qui comptent. Le fait que leur contribution à cette discussion prenne la forme d’une simple série de données publiée sur le réseau a peu d’importance. Un blogjet peut démarrer une conversation à partir de quelque chose d’aussi simple qu’une mesure de la pollution des nappes phréatiques.</em>&#8221;</p>
<p><strong>Matière à réflexions</strong><br />
<a href="http://www.pachube.com"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/05/pachubecarte.jpg" alt="La carte des objets disponibles sur Pachube" hspace="6" vspace="6" align="left" title="La carte des objets disponibles sur Pachube" border="0" /></a>Il ne faut donc pas grand-chose pour franchir cette première étape : juste partager les données que captent les objets et les rendre exploitables par d&#8217;autres. Mais ce petit pas peut avoir de grandes conséquences : &#8220;<em>les objets, une fois connectés à l’internet, deviendront des agents qui fourniront matière à réflexion, qui parleront des choses d’un point de vue nouveau et apporteront une perspective &#8216;objetesque&#8217; sur les questions sociales, culturelles et politiques, tant au niveau individuel qu’au plan général.</em>&#8221; D&#8217;une manière moins emphatique, on imagine le miel qu&#8217;un grand nombre d&#8217;entrepreneurs, d&#8217;innovateurs, de chercheurs, d&#8217;activistes et de décideurs publics pourrait faire d&#8217;une telle richesse d&#8217;information brute, directement extraite du monde tel qu&#8217;il va.</p>
<p>Un autre designer, <a href="http://www.haque.co.uk/">Usman Haque</a>, a d&#8217;ailleurs décidé de les y aider. Il a créé <a href="http://www.pachube.com/">Pachube</a>, un service web destiné à recevoir, indexer, rendre accessible et surtout, exploiter les données produites pas les capteurs disséminés dans le monde entier. Une sorte de grand agrégateurs de &#8220;blogjets&#8221;, doublé d&#8217;un langage de description et de programmation destiné à  <a href="http://www.internetactu.net/2009/02/05/pachube-des-applications-pour-linternet-des-objets/">faciliter la production d&#8217;applications qui croiseraient ces données</a>.</p>
<h3>Des objets habitables</h3>
<p>Entrons un peu plus profondément dans la nature même de l&#8217;objet. Les objets emblématiques de l&#8217;ère numérique, ordinateurs, téléphones mobiles ou baladeurs, se présentent à la fois comme des produits finis – censés fonctionner – et comme des plates-formes. Comme il transforme son domicile afin de l&#8217;habiter, leur possesseur va les personnaliser, les nourrir, les associer, les détourner. Il s&#8217;y attend, cela fait partie de l&#8217;incorporation de l&#8217;objet dans son univers personnel et social. Et si cette forme de &#8220;postproduction&#8221;, s&#8217;étendait à d&#8217;autres objets ? Un jouet peut-il servir à autre chose qu&#8217;à jouer ? Un Segway,  <a href="http://www.internetactu.net/2008/12/03/dustbot-les-robots-nettoyeurs-sont-dans-la-rue">à ramasser les ordures ?</a></p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/05/objetbavard.jpg" alt="Objets Bavards, la couverture" title="Objets bavards, la couverture" hspace="6" vspace="6" align="right" />Ecrivain reconnu de science-fiction, mais également promoteur d&#8217;un (désormais défunt) <a href="http://www.viridiandesign.org/">mouvement de design &#8220;vert&#8221;</a>, Bruce Sterling trace cette perspective dans son ouvrage <em><a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?tid=10603&#038;ttype=2">Shaping Things</a></em> (2005, à paraître en Français sous le titre &#8220;<a href="http://fypeditions.com/objets.htm">Objets bavards</a>&#8220;). Retraçant à sa manière l&#8217;histoire des objets, il invente un mot pour désigner les objets à venir : &#8220;spime&#8221;, une contraction de l&#8217;espace (<em>space</em>) et du temps (<em>time</em>. Un bon spime est à la fois plus complexe que ce qu’exigerait son usage premier (&#8221;trop&#8221; riche en fonctions) et jamais fini. Il <a href="http://www.internetactu.net/2005/03/16/blogbjets-chances-risques-thique-de-lintelligence-ambiante/">se présente</a> comme &#8220;<em>un projet technologique ouvert dont l’évolution est déléguée à ses utilisateurs finaux.</em>&#8221; Il fonctionne comme &#8220;<em>une plate-forme, un terrain de jeu pour les développeurs futurs, (…) dans un délicat équilibre entre commodité et chaos&#8221;, et &#8220;tout entier tourné vers l’avenir</em>&#8220;. Selon le degré de complexité de l’objet, cette ouverture peut prendre des formes diverses : simple personnalisation, dialogue permanent entre une communauté d’utilisateurs et le fabricant, &#8220;hacking&#8221; amical de machines ou de logiciels&#8230; On n&#8217;utilise pas un spime, on se collette (<em>wrangle</em>) avec lui.</p>
<p><strong>Auto-documentés et collectifs</strong><br />
L&#8217;objet ouvert présente nécessairement deux autres caractéristiques. Il s&#8217;auto-documente ; il a une dimension collective.</p>
<p>L&#8217;existence numérique d&#8217;un tel objet précède son instanciation physique. Un spime <a href="http://www.internetactu.net/2007/10/04/objets-telechargeables/">commence sa vie comme modèle et plan de production</a>, il la termine en entrant dans un processus de recyclage. Mais sa vie numérique s&#8217;enrichit également en continu à partir de son usage. &#8220;<em>Les spimes se localisent précisément dans l&#8217;espace et le temps. Ils s&#8217;enregistrent, se tracent, se comptent et s&#8217;accompagnent toujours d&#8217;une histoire. Ils possèdent une identité. On peut les &#8216;chercher&#8217; comme dans un moteur de recherche.</em>&#8221;</p>
<p>Concrètement, &#8220;<em>vous serez capable de savoir immédiatement où l’objet se trouve, quand vous l’avez obtenu, combien il coûtait, qui l’a fabriqué, de quoi il se compose, d’où proviennent ses matériaux, à quoi ressemblaient le modèle au-dessus et le modèle moins cher, qui remercier pour l’avoir conçu, à qui se plaindre de ses défauts, ce que faisaient ses versions précédentes, ce que les gens souhaitent voir figurer dans la version suivante, ce que vous pouvez faire pour y contribuer, à qui l’objet a appartenu auparavant, à quoi, où et quand il a servi, ce que les autres possesseurs de cet objet en pensent, comment d’autres personnes qui vous ressemblent ont transformé, personnalisé ou rhabillé leur objet, à quoi la plupart des gens l’utilisent, toute la gamme des utilisations hétérodoxes inventées par ses fans les plus extrêmes dans le monde, combien votre objet s’achète sur un site d’enchères et enfin &#8211; absolument essentiel &#8211; comment s’en débarrasser sans dommage.</em>&#8221;</p>
<p>Le spime vit donc une partie de sa vie dans l&#8217;internet, ce qui lui donne sa dimension sociale – on retrouve Julian Bleecker. Ouvert, évolutif, bavard, collectif, le spime décrit &#8220;<em>un groupe d’utilisateurs autant qu’un objet physique</em>&#8220;.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/openspimeleandeer.jpg" alt="OpenSpime" title="OpenSpime" hspace="6" vspace="6" align="left" width="250" />On peut émettre des réserves sur la vision de Sterling. Elle fait l&#8217;hypothèse que nous désirions tous négocier en permanence avec des objets, elle prophétise tout autant une société de surveillance de tous par tous, que l&#8217;acquisition par (tous ? certains ?) d&#8217;une nouvelle capacité d&#8217;action et d&#8217;invention. Mais on ne peut en nier la fécondité. Beaucoup de concepteurs s&#8217;y appuient pour inventer de nouveaux concepts d&#8217;objets. Des entrepreneurs <a href="http://www.internetactu.net/2008/03/18/openspime-transformer-son-telephone-en-outil-de-mesure-environnemental/">s&#8217;efforcent de concevoir des spimes</a>. D&#8217;autres amassent des données à propos d&#8217;objets classiques, <a href="http://compare-everywhere.com/">qu&#8217;il suffit de scanner</a> pour obtenir une masse d&#8217;informations que leur fabricant n&#8217;a pas toujours désiré rendre publiques. Un protocole ouvert destiné à favoriser le déploiement de réseaux de capteurs s&#8217;appelle <a href="http://developer.openspime.org/">OpenSpime</a>. Bruce Sterling <a href="http://www.wired.com/sterling/spime_watch/index.html">suit sur son blog l&#8217;actualité des spimes</a>, et elle est riche.</p>
<h3>Faisons-le nous-mêmes</h3>
<p>Le spime annonce donc un autre type d&#8217;objets, mais on peut encore concevoir et produire un spime comme on produisait un objet industriel classique. D&#8217;autres communautés s&#8217;attaquent aujourd&#8217;hui à la conception et la production d&#8217;objets elle-même, réhabilitant à grande échelle le bricolage et le <em>hacking</em> et transférant au monde des objets physiques certains principes de la conception <em>open source</em>. Ces communautés n&#8217;émanent pas seulement de milieux technophiles, mais tout autant de designers et d&#8217;artistes.</p>
<h4>Arduino storia</h4>
<p>En 2005, un groupe d&#8217;enseignants et d&#8217;étudiants de l&#8217;institut de design d&#8217;interaction d&#8217;Ivrea (Italie) entreprenait de concevoir un microcontrôleur électronique destiné à rendre plus facile la conception de systèmes communicants ou d&#8217;installations artistiques. En quelques semaines, ils produisaient leur première carte électronique – baptisée <a href="http://www.arduino.cc/">Arduino</a>, comme le café où l&#8217;équipe aimait se réunir – et le langage de programmation qui l&#8217;accompagne, dérivé de l&#8217;environnement de programmation <a href="http://wiring.org.co/">Wiring</a>. Les premiers exemplaires ayant trouvé preneur, ils décidaient alors, d&#8217;une part, d&#8217;en faire une entreprise et d&#8217;autre part, de publier le schéma de la carte sous licence Creative Commons et les librairies de programmation sous GPL, la licence des logiciels &#8220;libres&#8221;. On peut ainsi, soit acheter des Arduino tout assemblés (entre 15 et 40 €), soit les assembler soi-même à partir de composants du commerce, à l&#8217;aide de plans disponibles de manière libre. Et bien sûr, on peut en modifier les plans.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/05/arduinomega.jpg" alt="Une carte Arduino Mega" title="Une carte Arduino Mega" hspace="6" vspace="6" align="right" width="250" />L&#8217;Arduino fonctionne comme un connecteur : la carte enregistre des signaux venus de capteurs, ou encore d&#8217;interfaces qu&#8217;un utilisateur active, puis, <em>via</em> son langage de programmation, les redirige vers un réseau, un écran, un périphérique (lumière, son…), un moteur, etc. Il s&#8217;adresse aux artistes, designers, hobbyistes et à tous ceux qui cherchent à créer eux-mêmes des objets et des environnements interactifs.</p>
<p>L&#8217;entreprise a vendu plus de 60 000 Arduino, ce qui ne compte pas les dispositifs compatibles qu&#8217;ont fabriqué des individus ou des collectifs issus d&#8217;Arduino, tels Freeduino, Boarduino, Sanguino&#8230; Un mouvement de développeurs a émergé, <a href="http://www.internetactu.net/2009/05/05/alexandra-deschamps-sonsino-arduino-la-passerelle-entre-ce-quil-se-passe-en-ligne-et-le-monde-physique/">comme l&#8217;explique Alexandra Deschamps-Sonsino</a>. Des <a href="http://www.freeduino.org/">sites</a> aident les designers et concepteurs à associer différents composants électroniques à un Arduino, ou à programmer leurs applications. Des groupes et des entreprises proposent des <a href="http://www.tinker.it/en/Projects/TinkerKit">composants plus complexes construits autour d&#8217;un Arduino</a>.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/05/botanicalls_winstom_salem_schema_small.jpg" alt="Schéma de fonctionnement de Botanicalls" title="Schéma de fonctionnement de Botanicalls" hspace="6" vspace="6" align="left" width="250" /><a href="http://blog.makezine.com/archive/arduino/">Toutes sortes de réalisations</a> s&#8217;appuient aujourd&#8217;hui sur Arduino : des installations interactives, bien sûr, mais aussi <a href="http://www.botanicalls.com/">des capteurs d&#8217;humidité à placer dans des pots de fleurs</a>, des <a href="http://pcbo.dcs.aber.ac.uk/blog/2008/01/29/arduino-model-railway-control/">circuits de train électrique</a>, des <a href="http://www.electronics-lab.com/blog/?p=3150">thermostats</a>&#8230; L&#8217;un des modèles les plus récents, le &#8220;Lilypad&#8221;, est conçu pour <a href="http://www.internetactu.net/2009/04/10/coudre-et-peindre-son-electronique-personnelle/">se coudre dans des tissus que l&#8217;on voudrait rendre interactifs</a>.</p>
<p><strong>Une communauté émergente</strong><br />
Et les créateurs qui s&#8217;appuient sur Arduino, ou sur d&#8217;autres technologies ouvertes destinées à la fabrication d&#8217;objets sensibles, interactifs, programmables, échangent et collaborent entre eux. <a href="http://www.internetactu.net/2009/04/28/nous-sommes-tous-des-hackers/">Un mouvement de bricoleurs est en train de voir le jour</a>, appuyé sur des réseaux de lieux tels que les &#8220;<a href="http://www.hackerspaces.org">Hacker spaces</a>&#8220;, des communautés telles que <a href="http://dorkbot.org/">dorkbot</a>, un magazine tel que <a href="http://makezine.com">Make</a> (publié par l&#8217;éditeur de référence du logiciel libre, Tim O&#8217;Reilly) et sa &#8220;foire&#8221; associée, la <a href="http://www.makerfaire.com/">Maker Faire</a>.</p>
<p>Douglas Repetto, l&#8217;enseignant et artiste à l&#8217;origine de dorkbot, <a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/cultures-electroniques/2591188.html">constate avec plaisir</a> que &#8220;<em>les gens qui font des trains électriques utilisent aujourd&#8217;hui des Arduinos ou d&#8217;autres types de contrôles numériques. C&#8217;est le web et l&#8217;influence des technologies. Tout ça est devenu si accessible que divers groupes de hobbyistes se rassemblent autour des technologies plutôt qu&#8217;autour de thèmes spécifiques (les avions miniatures, le net art ou autres). Les ateliers ne sont généralement pas regroupés autour d&#8217;un centre d&#8217;intérêt, mais plutôt liés à un outil ou une technologie. Quelqu&#8217;un veut faire un train contrôlable à distance, et quelqu&#8217;un d&#8217;autre une installation de net art ; et ils peuvent utiliser le même type de technologies.</em>&#8221;</p>
<p>L&#8217;ouverture de ces technologies et l&#8217;existence du web favorisent ce renouveau du bricolage. Mais surtout, elles le font passer du &#8220;faites-le vous-même&#8221; à un &#8220;<a href="http://www.internetactu.net/2009/04/28/nous-sommes-tous-des-hackers/">faisons-le nous-mêmes</a>&#8221; autrement plus puissant.</p>
<h3>Des ateliers de fabrication de presque tout</h3>
<p>Franchissons encore une étape. Tout le monde ne désire pas jouer du fer à souder. Et l&#8217;on ne produit de cette manière que des objets complexes à partir de composants qui leur préexistent. Saurait-on modifier la production de ces composants eux-mêmes, ou encore celle d&#8217;objets qui ne susciteront pas le même regroupement de passionnés, des pompes par exemple, ou des vélos ?</p>
<p>La conception et la fabrication assistées par ordinateur se préoccupent depuis longtemps de concilier la flexibilité et l&#8217;évolutivité croissante des produits avec les conditions industrielles de la production en série. Comme l&#8217;informatique dans les premiers temps, elles ont d&#8217;abord répondu aux besoins de grandes entreprises, dans le cadre d&#8217;installations industrielles de grande taille. Comme l&#8217;informatique, ce mouvement fait désormais son chemin vers la petite taille et pourquoi pas, un jour, la production individuelle. Pilotées par ordinateur, des machines à découper, des machines multi-outils,  <a href="http://www.internetactu.net/?s="imprimantes%203D"">des imprimantes 3D</a>, parviennent à produire des objets de plus en plus complexes dans de petites unités de production, en petites séries, voire à l&#8217;unité.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/documents/fablabbook.jpg" alt="FabLab le livre" title="Fab Lab, le livre" hspace="6" vspace="6" align="right" width="100" />Il n&#8217;en fallait pas plus à Neil Gershenfeld, qui dirige le <a href="http://cba.mit.edu/">Centre pour les bits et les atomes</a> du MIT, pour prophétiser le passage &#8220;<em>de l&#8217;ordinateur personnel à la fabrication personnelle</em>&#8220;. A son tour, il invente une expression, celle de &#8220;Fab Lab&#8221;, des &#8220;ateliers de fabrication de presque tout&#8221;. Il leur consacre <a href="http://www.perseusbooksgroup.com/basic/book_detail.jsp?isbn=0465027466">un livre</a> en 2005, dans lequel il développe sa perspective : &#8220;<em>exporter la programmabilité du monde numérique au reste du monde</em>&#8221; en s&#8217;appuyant sur l&#8217;amélioration constante du rapport puissance/prix des ordinateurs et des logiciels (pour concevoir des modèles numériques de produits et de systèmes), des réseaux (pour échanger ces modèles) et des machines à commande numérique (pour produire les objets modélisés, ou du moins chacune des pièces qui les composent). Au bout du rêve, deux machines qui n&#8217;existent pas encore : l&#8217;imprimante de bureau en 3 dimensions, capable de réaliser des objets couche par couche à partir d&#8217;un modèle, et la machine-outil autoréplicante, c&#8217;est-à-dire capable de se reproduire elle-même.</p>
<p><strong>C&#8217;est déjà demain</strong><br />
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/05/fablabafghanistan.jpg" title="Deux jeunes Afghanes dans le Fab Lab Afghan" alt="Deux jeunes Afghanes dans le Fab Lab Afghan" hspace="6" vspace="6" align="left" width="250"/>Dans l&#8217;immédiat, Gershenfeld soutient l&#8217;émergence de <a href="http://www.internetactu.net/2005/04/19/bienvenue-aux-silicon-villages/">petits centres de production</a> connectés et équipés de diverses machines pilotées par ordinateurs. On en trouve aux Etats-Unis en en <a href="http://fablab.waag.org/">Europe</a>, mais aussi en Afrique (Ghana, <a href="http://www.fablab.co.ke/">Kenya</a>, Afrique du Sud), au Costa Rica ou en <a href="http://www.fablab.af/">Afghanistan</a>. On y produit des colliers émetteurs pour les troupeaux de rennes norvégiens, des pompes à eau, des instruments agricoles. Plus précisément, les modèles numériques permettent de produire la plupart des composants à partir de matériaux bruts, l&#8217;assemblage restant manuel. La plupart de ces labs se financent sur fonds publics, mais un <a href="http://www.fabcompany.com/">Fab Fund</a> se propose désormais de financer des initiatives à but commercial.</p>
<p>Pour ceux –nombreux – qui ne disposent pas d&#8217;un Fab Lab à proximité, d&#8217;autres possibilités s&#8217;ouvrent. Le site <a href="http://www.emachineshop.com">eMachineShop</a> propose de fabriquer n&#8217;importe quelle pièce mécanique, à l&#8217;unité ou en série, à partir d&#8217;un modèle. <a href="http://www.ponoko.com/">Ponoko</a> propose trois chemins de l&#8217;idée à la fabrication : à partir d&#8217;un schéma 3D, à partir d&#8217;un simple dessin, ou avec l&#8217;aide (payante) d&#8217;un designer associé au site. <a href="http://www.screamingcircuits.com/">Screaming Circuits</a> s&#8217;engage à produire n&#8217;importe quel circuit imprimé, sur spécifications, en 24 heures&#8230;</p>
<p>Et pendant ce temps, plusieurs groupes travaillent à <a href="http://www.fabathome.org">améliorer, miniaturiser et réduire le coût des imprimantes en trois dimensions</a> et à les rendre capables de produire, non pas seulement des prototypes, mais des pièces ou des objets de qualité industrielle. D&#8217;autres expérimentent des machines capables d&#8217;approcher l&#8217;autoréplication, telles que la <a href="http://reprap.org/">RepRap</a> <a href="http://www.internetactu.net/2008/04/23/reprap-l’imprimante-3d-autoreplicatrice/">qu&#8217;évoquait Rémi Sussan il y a quelque temps</a>. Les abonnés du site <a href="http://www.thingiverse.com/">Thingiverse</a> partagent les modèles numériques des objets qu&#8217;ils ont conçus, pour permettre à d&#8217;autres de les fabriquer.</p>
<p>Imaginons que ces techniques se démocratisent vraiment. Des modèles &#8220;libres&#8221; d&#8217;objets simples et complexes se produisent, se modifient et s&#8217;échangent sur le web. Des réseaux <em>peer to peer</em>, ou équivalents, organisent le partage de modèles de produits commerciaux, piratés à partir des modèles originaux ou reconstruits à partir des produits finis. Une loi Hadopi-bis s&#8217;efforce de limiter les effets de ce partage, mais de nouveaux acteurs, militants pour certains, commerciaux pour d&#8217;autres, la combattent. Les pays en développement réclament le droit à produire chez eux certains objets &#8220;génériques&#8221; de première nécessité&#8230;</p>
<h3>Un début de cohérence</h3>
<p>Bien sûr, toutes ces perspectives demeurent minoritaires, sinon marginales. Certaines, en particulier les fab labs, relèvent de la vision ou (s&#8217;agissant des imprimantes 3D de bureau) de la recherche, au mieux de l&#8217;expérimentation. On voit mal, aussi, comment (et pourquoi) se fabriqueraient de cette manière des automobiles ou des machines à laver. On aimerait enfin que ces récits prospectifs nous parlent moins d&#8217;outils et plus des produits eux-mêmes, des formes et des fonctions nouvelles qui pourraient émerger de ces dynamiques.</p>
<p>Il en allait de même de l&#8217;internet dans les années 1990, et du micro-ordinateur dans les années 1980. A nouveau, il s&#8217;agit de mettre de nouveaux outils entre les mains d&#8217;un grand nombre de gens – et de connecter ces gens, ainsi que leurs idées, projets, réalisations, problèmes. A nouveau, nous assistons à l&#8217;émergence rapide d&#8217;un ensemble d&#8217;outils, d&#8217;un écosystème de services, de communautés d&#8217;acteurs et d&#8217;utilisateurs actifs, de médias. Du simple échange de données issues des capteurs à l&#8217;ouverture des objets, puis aux objets &#8220;open source&#8221;, et enfin à la fabrication décentralisée à partir de modèles numériques libres ou non, une cohérence se fait jour.</p>
<p><strong>Une ambition transformatrice</strong><br />
Et l&#8217;ambition ne fait pas défaut. Usman Haque parle de &#8220;<a href="http://www.ugotrade.com/2009/01/28/pachube-patching-the-planet-interview-with-usman-haque/">réparer la planète</a>&#8221; en partageant l&#8217;information sur l&#8217;environnement. Pour Bruce Sterling aussi, les spimes sauveront le monde en nous en donnant conscience.</p>
<p>En passant, Sterling nous rappelle que l&#8217;essence numérique des objets contemporains et leur existence en réseau (qu&#8217;ils soient dotés de puces <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/19/les-images-comme-hyperliens/">ou non</a>) produit déjà de nouvelles formes et changera progressivement la nature même des objets, le partage entre objets physiques et services &#8220;immatériels&#8221;, la relation des objets entre eux et avec les humains. Le designer Jean-Louis Fréchin parle, lui, de <a href="http://www.nodesign.net/blog/index.php/post/2009/03/27/Nouveaux-Objets-N%C3%A9oObjets"> néoObjets</a>.</p>
<p>Les créateurs d&#8217;Arduino et leurs élèves se voient en pionniers d&#8217;un tel monde – un monde où par ailleurs, comme aujourd&#8217;hui l&#8217;information, les plans d&#8217;un objet technique circuleront si vite qu&#8217;il ne servira à rien de les protéger.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/05/bricolabs.jpg" alt="Les bricoLabs" title="Les bricolabs" hspace="6" vspace="6" align="right" width="300"/>Pour Gershenfeld et tous ceux qui travaillent sur le rapprochement des bits et des atomes, il s&#8217;agit de transformer la conception et la production mêmes des objets, de rendre le monde physique plus plastique, plus mobile, plus sociable – mais aussi de mieux distribuer certaines capacités de production : &#8220;<em>Au lieu de fournir les technologies de l’information et de la communication aux masses, les fab labs leurs montrent qu’il est possible de leur donner des outils qui leur permettent de développer et de trouver des solutions technologiques locales à des problèmes locaux</em>&#8220;, écrit-il. &#8220;<em>Plus encore que la fracture numérique, le vrai problème est la fracture dans l’accès aux outils et aux capacités de fabrication.</em>&#8221; (<a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2005/08/22/2005_08__fab_labs_et_pa/">traduction de Francis Pisani</a>).</p>
<p>Enfin, le mouvement des &#8220;<a href="http://bricolabs.net">Bricolabs</a>&#8221; envisage l&#8217;appropriation citoyenne des technologies, à la fois comme une manière de contrecarrer leurs usages à des fins sécuritaires, comme une extension logique du mouvement du logiciel libre, et comme une forme écologique et sociale qui, par le détournement, élargit l&#8217;accès aux technologies et augmente la durée de vie des machines.</p>
<p>Là encore, on a le droit d&#8217;ironiser sur la naïveté ou l&#8217;incohérence de certaines de ces perspectives. L&#8217;omniprésence de l&#8217;argument environnemental, en particulier, rend parfois dubitatif.</p>
<p>Mais on ne peut nier ni l&#8217;ambition, ni l&#8217;énergie qu&#8217;elle libère, ni la fécondité des pistes qu&#8217;elle ouvre. S&#8217;il doit y avoir un &#8220;internet des objets&#8221;, il viendra de là.</p>
<p>Daniel Kaplan</p>
<p><em>Le dossier &#8220;Repenser l&#8217;internet des objets&#8221; : </p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/04/23/repenser-linternet-des-objets-13-linternet-des-objets-nest-pas-celui-que-vous-croyez/">1re partie : L&#8217;internet des objets n&#8217;est pas celui que vous croyez !</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/">2e partie : Révolution ou déception ?</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/?p=8455">3e partie : Industrialiser l&#8217;internet ou internetiser l&#8217;industrie ?</a></li>
</ul>
<p></em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/fablab/" title="fablab" rel="tag nofollow">fablab</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfr09/" title="liftfr09" rel="tag nofollow">liftfr09</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a><br />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Repenser l&#8217;internet des objets (2/3) : Révolution ou déception ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/</link>
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		<pubDate>Thu, 30 Apr 2009 07:26:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Kaplan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tous les &#8220;récits&#8221; construits à partir des objets et des espaces communicants &#8211; machine to machine, intelligence ambiante, société ubiquitaire, société du contrôle &#8211; décrivent des scénarios d&#8217;applications et de services relativement spécifiques, des mises en réseau limitées et concentrées autour d&#8217;un système d&#8217;information central. Peut-on vraiment décrire cela comme un &#8220;internet&#8221; ? Et par ailleurs, de quels &#8220;objets&#8221; parle-t-on&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em>Tous les &#8220;récits&#8221; construits à partir des objets et des espaces communicants &#8211; machine to machine, intelligence ambiante, société ubiquitaire, société du contrôle &#8211; décrivent des scénarios d&#8217;applications et de services relativement spécifiques, des mises en réseau limitées et concentrées autour d&#8217;un système d&#8217;information central. Peut-on vraiment décrire cela comme un &#8220;internet&#8221; ? Et par ailleurs, de quels &#8220;objets&#8221; parle-t-on ? Bref, parler d&#8217;&#8221;internet des objets&#8221; ne relève-t-il pas, aujourd&#8217;hui, d&#8217;un abus de langage ?, nous explique Daniel Kaplan, délégué général de la <a href="http://www.fing.org">Fondation internet nouvelle génération</a>.</p>
<p>Seconde partie d&#8217;une série de trois articles sur la perspective de &#8220;l&#8217;internet des objets&#8221; [<a href="http://www.internetactu.net/2009/04/23/repenser-linternet-des-objets">lire la 1e partie</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/">la 3e</a>]. Un thème qui sera au cœur de la <a href="http://www.liftconference.com">conférence Lift</a>, qui se tiendra à Marseille les 18, 19 et 20 juin prochain.</em></p></blockquote>
<h3>Un internet ?</h3>
<p>Deux caractéristiques font aujourd&#8217;hui défaut à l&#8217;informatique &#8220;ubiquitaire&#8221; pour lui permettre de se nommer internet : l&#8217;interconnexion généralisée et agnostique, et la volonté transformatrice.</p>
<p><strong>Une interconnexion finalisée et en silos</strong><br />
La force de l&#8217;internet réside dans la simplicité, le caractère même sommaire de ce qui le constitue : un système d&#8217;adressage (IP), des protocoles de communication de base (TCP par exemple) et une architecture générale qui n&#8217;établit pas (en principe du moins) de hiérarchie entre les appareils connectés. On entre dans l&#8217;internet parce qu&#8217;on sait parler avec le reste de l&#8217;internet, rien de plus. L&#8217;internet vise à tout connecter, il ne fixe pas de limite, <a href="http://www.internetactu.net/2004/03/02/linternet-de-demain-plus-transparent-ou-plus-intelligent/">il ne dit pas pourquoi cette connexion a lieu</a>.</p>
<p>Cette simplicité est à l&#8217;origine de l&#8217;invraisemblable succès de l&#8217;internet, qui a su, en 20 ans, accueillir 15 000 fois plus d&#8217;utilisateurs, supporter des usages de plus en plus divers et exigeants, sans jamais s&#8217;effondrer, sans non plus fondamentalement changer. Certes, le système craque un peu, il rencontre des problèmes et en pose d&#8217;autres, mais visiblement ses bénéfices dépassent encore ses inconvénients. Nous avons accepté des arbitrages tout à fait inattendus en adoptant aussi massivement l&#8217;internet, alors que des alternatives existaient et continuent régulièrement d&#8217;être proposées : une qualité relative et jamais garantie, ainsi qu&#8217;un certain degré d&#8217;insécurité, en échange de la possibilité de connecter tout avec tout, tout le monde avec tout le monde, et d&#8217;inventer sans cesse de nouveaux services et de nouveaux usages.</p>
<p>Rien de tel aujourd&#8217;hui dans le monde des objets et des espaces communicants. Les identifiants des puces Rfid ont seulement vocation à être lus. Ils ne transforment pas des objets en acteurs des réseaux &#8211; du moins <a href="http://www.internetactu.net/2009/02/11/rfid-20-des-puces-ou-des-ordinateurs/">pas pour l&#8217;instant</a>. Les capteurs et actionneurs se connectent aux réseaux de ceux qui les ont installés, ils envoient leurs données où on leur dit de le faire, ils prennent leurs instructions d&#8217;une source prévue à l&#8217;avance et en général, unique. Les objets et les espaces se mettent bien en réseau, mais d&#8217;une manière sélective et le plus souvent hiérarchique, à l&#8217;intérieur de silos.</p>
<p>Nous verrons peut-être, au terme <a href="http://www.internet2008.eu/">des discussions diplomatiques et des négociations économiques en cours</a>, émerger un système commun et non ambigu de &#8220;nommage&#8221;, d&#8217;identification des objets, tel qu&#8217;<a href="http://www.epcglobalinc.org/home">EPC Global</a>. Mais ce système attribuera une identité à des objets selon des règles propres aux industries qui les produisent, les exploitent, les distribuent. Il ne fera nullement des objets des nœuds de réseau, tout au plus des terminaisons.</p>
<p><strong>Une combinatoire bridée</strong><br />
<a href="http://www.apprion.com/ION.IONSystem.asp"><img src="http://www.apprion.com/images/ION.800x600.gif" alt="Un système de connexion d'objets (Apprion)" width="300" align="right" /></a>Ainsi, on ne peut en général pas accéder aux capteurs et actionneurs pour leur faire faire autre chose que ce qu&#8217;ont prévu leurs installateurs ; on n&#8217;accède pas plus aux données qu&#8217;ils produisent : les images des caméras vont au PC de surveillance, les mesures de trafic à celui de la circulation, et personne d&#8217;autre n&#8217;en fera jamais rien. Les objets connectés ne répondent qu&#8217;à la voix de leur maître. A brève échéance, on saura probablement les identifier d&#8217;une manière à peu près universelle, mais guère plus.</p>
<p>Ce qui a deux conséquences liées : d&#8217;une part, la plupart des puces installées dans des objets ou des espaces doivent se rentabiliser sur un seul usage, pour un seul acteur – celui qui les a installées. Comme, jadis, les ordinateurs spécialisés, mono-tâches et mono-utilisateurs. Et d&#8217;autre part, l&#8217;imagination innovante trouve peu à s&#8217;appliquer, puisque l&#8217;accès à l&#8217;infrastructure de facto que constituent toutes ces puces demeure sous contrôle, que la combinatoire de ces puces, objets, espaces, utilisateurs demeure bridée.</p>
<p>Rien à voir, donc, avec l&#8217;internet. Ni techniquement, ni socialement, ni économiquement : un marché aussi contraint se condamne à rester petit. Et par construction, il vise à renforcer les circuits, acteurs et modèles existants, pas à les changer.</p>
<p><strong>L&#8217;absence de vision transformatrice</strong><br />
Or l&#8217;internet se caractérise depuis son origine par les visions transformatrices qu&#8217;il porte, ou qui le portent – visions auxquelles on peut adhérer ou non, mais qui font partie intégrante de son extraordinaire dynamique : connecter le monde entier, changer notre rapport à la connaissance et à l&#8217;autorité, rendre les pouvoirs et les circuits transparents, annuler les distances géographiques et sociales, supprimer les frictions économiques, partager l&#8217;information et le savoir, transformer pour toujours certains secteurs économiques… Certaines de ces espérances font sourire, leurs expressions extrêmes (la <a href="http://www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Barlow/barlowtxt.html">Déclaration d&#8217;indépendance du cyberespace</a>, la <a href="http://www.wired.com/wired/archive/4.12/fftransparent.html">Société transparente</a>…) peuvent même faire frémir. Mais on doit constater que cette ambition a permis à l&#8217;internet de devenir l&#8217;une des infrastructures critiques du monde contemporain, transformant au passage et pour toujours certains domaines et secteurs : la communication entre les gens, les industries culturelles et touristiques, la recherche et l&#8217;innovation, les organisations militantes et les réseaux dissidents, les médias… on en oublie.</p>
<p>L&#8217;&#8221;internet des objets&#8221; paraît bien sage par comparaison. Par-delà certains discours un peu convenus, dans le concret, on n&#8217;y entend que service, confort, optimisation, santé, fiabilité, durabilité. Et bien sûr, qualité et sécurité : identifier les objets sert d&#8217;abord à tracer &#8211; et tracer, à assurer la qualité et la sécurité. Nous ne nous interrogerons pas ici pour savoir qui il s&#8217;agit d&#8217;abord de protéger, <a href="http://www.internetactu.net/2008/07/17/les-apprentis-sorciers-de-linformatique-ambiante/">d&#8217;autres le font par ailleurs</a>. Mais nous soulignerons à nouveau combien cette ambition va à rebours de l&#8217;internet tel que nous le connaissons.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas de constituer l&#8217;internet d&#8217;aujourd&#8217;hui en dogme. Rien n&#8217;interdit de faire autre chose. Les applications actuelles des objets communicants répondent sans aucun doute à des besoins et à des priorités d&#8217;entreprises : fluidifier les flux logistiques, tracer l&#8217;origine de produits, sécuriser des accès, offrir de nouveaux services&#8230; Mais alors, pourquoi vouloir nommer cela &#8220;internet&#8221; ? Version positive : par le pressentiment qu&#8217;il y a plus et mieux à faire, les usages actuels servant d&#8217;éclaireurs. Version inquiétante : pour préempter le mot sans en convier le sens, celui de la connexion universelle et agnostique et de l&#8217;ambition transformatrice, appliquée cette fois au cœur des modèles de production et de distribution du monde physique…</p>
<p>En tout cas, la forme actuelle que prend la mise en réseau des objets et des espaces ne produira pas beaucoup de points de croissance, pas plus de grandes innovations, et ne contribuera que marginalement à résoudre les problèmes économiques, sociaux et environnementaux auxquels, si l&#8217;on en croit l&#8217;UIT, elle ambitionne de s&#8217;attaquer. Elle fera en revanche nettement progresser la &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_de_contr%C3%B4le">société de contrôle</a>&#8220;.</p>
<h3>Quels objets ?</h3>
<p>En esquivant la question de l&#8217;internet, on esquive aussi, de fait, celle des objets et de leur éventuelle transformation.</p>
<p><strong>Rareté et abondance</strong><br />
Les objets physiques n&#8217;obéissent évidemment pas aux mêmes règles que les objets purement numériques. Chaque objet produit, même en grande série, a un coût. Il faut le fabriquer, en amortir les frais de conception, le transporter, le vendre, éventuellement l&#8217;installer et l&#8217;entretenir, le recycler. Quand j&#8217;acquiers un objet, j&#8217;en réduis le stock – on parle de &#8220;rivalité&#8221; –, alors qu&#8217;un fichier se duplique sans limite ni coût.</p>
<p>Un objet physique occupe une place dans un espace limité. Il s&#8217;offre aux sens, à un plus grand nombre de sens que les objets numériques d&#8217;aujourd&#8217;hui, et ceci, d&#8217;une part, de manière intrusive (s&#8217;il est présent, on a des chances de le percevoir même sans le vouloir) et collective (nous le percevrons ensemble). Ces caractéristiques-là ne diffèrent de celles des objets numériques (qui occupent de l&#8217;espace disque et de la bande passante, qui peuvent s&#8217;imposer à l&#8217;attention et entrent en compétition pour capter cette attention limitée) que d&#8217;une manière relative, mais tout de même nette.</p>
<p>Pour simplifier, l&#8217;abondance caractérise la gestion des objets dans le monde numérique, la rareté celle des objets physiques.</p>
<p>Enfin, la mauvaise conception ou le dysfonctionnement des objets physiques font courir des risques objectivement plus grands (et en tout cas moins acceptés, peut-être parce que plus aisés à identifier) que celle des systèmes numériques : si les virus informatiques n&#8217;ont pas encore tué grand monde, il en irait autrement s&#8217;ils infectaient des automobiles, des pacemakers ou la régulation du trafic urbain.</p>
<p><strong>Objets serviciels et réticulaires</strong><br />
Aujourd&#8217;hui tous les objets, ou presque, ont de fait une existence numérique. Ils naissent dans un logiciel 3D, évoluent dans des systèmes de gestion, reçoivent différentes étiquettes qui les suivront jusqu&#8217;à la fin, assemblent des composants eux-mêmes tracés.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/knolleary/3204258539/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3500/3204258539_9fabdc733a.jpg?v=0" alt="Un objet étiqueté et donc, connectable - photo Nicholas O'Leary" width="200" align="left" /></a>Suivis en continu jusqu&#8217;à la sortie des caisses d&#8217;un magasin, ils se mettent aussi à communiquer par la suite. Les objets techniques complexes échangent avec ceux qui les entretiennent et les réparent, jusqu&#8217;aux imprimantes d&#8217;entreprises ou désormais aux machines à laver, qui se transforment en services d&#8217;impression-reprographie ou de nettoyage, gérés à distance par une entreprise qui remplace les consommables et prévient les pannes. D&#8217;autres objets se transforment en supports de services, comme le fameux (mais encore théorique, 10 ans après les premiers prototypes) <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/27/les-frigos-intelligents-ne-sont-ni-utiles-ni-desirables/">frigo communicant</a>, ou les <a href="http://www.apple.com/fr/ipod/nike/">chaussures Nike qui communiquent les performances du coureur à un iPod</a> et, par son intermédiaire, à une sorte de réseau social de coureurs aisés. Des objets plus simples, tels qu&#8217;un vêtement ou une bouteille de vin, se scannent en magasin pour en consulter des commentaires de consommateurs, ou à domicile pour des conseils d&#8217;assortiment.</p>
<p>Le monde physique se charge de &#8220;métadonnées&#8221;, de données qui étiquettent et décrivent l&#8217;espace et les objets qui le parsèment : données pérennes d&#8217;identification, de composition, de commercialisation ou de consignes d&#8217;usage, données immédiates (mais durablement conservées) de localisation et d&#8217;utilisation. Un nombre croissant d&#8217;objets se dote d&#8217;interfaces de paramétrage et de dialogue, écrans et/ou boutons. Des appareils, en premier lieu les téléphones mobiles, les <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Suica">cartes multiservices</a>, les caméras de surveillance et toutes sortes de points de passage électroniques, se proposent de les mettre en relation et si nécessaire, d&#8217;opérer la médiation qui permettra de passer d&#8217;un silo (par exemple un système de transport) à un autre (par exemple un magasin).</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2005/02/02/pirates-de-robots/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/documents/rh_feral_upgrades.gif" alt="Les robots modifiés de Nathalie Jeremijenko" width="300" align="left" /></a>Tout cela pourrait engager la fabrication et l&#8217;utilisation des objets dans des directions profondément nouvelles, et le fait parfois. Les interfaces, les services associés, la combinaison de différents objets et services, la programmabilité, permettent d&#8217;envisager autrement la tension entre la singularité de chaque objet, adapté à chacun de ses utilisateurs, et les contraintes de la production en série. Ils permettent également d&#8217;imaginer que des objets individuels simples d&#8217;utilisation s&#8217;agencent de manière inattendue, en des dispositifs complexes, adaptés à une multiplicité de situations et de contextes.</p>
<p>Depuis que l&#8217;on produit en série, on sait que, s&#8217;il a une quelconque valeur, l&#8217;objet de série cesse de ressembler à tous les autres au moment de son acquisition, par ce que son propriétaire projette en lui. Désormais, cette projection peut se concrétiser sur un objet conçu comme inachevé, habitable, reprogrammable – sans cesser d&#8217;appartenir au monde industriel.</p>
<p><strong>Un chemin à peine ouvert</strong><br />
Mais nous avons à peine commencé d&#8217;explorer ce nouveau monde. Nous restons encore loin de <a href="http://internetdesobjets.over-blog.com/categorie-10839255.html">ce que Bernard Stiegler décrit comme une &#8220;hypermatière&#8221;</a>, constituée d&#8217;hyperobjets et constituant <em>&#8220;une société de l’indexation généralisée fondée sur l’attribution, la production, la recherche et le contrôle de métadonnées installant un système relationnel sans délais ni distances&#8221;</em>.</p>
<p>Ou plutôt, nous concrétisons ses menaces plus rapidement que ses opportunités. Parce que la technique n&#8217;est pas tout à fait prête, mais surtout, parce qu&#8217;il manque une vision, une volonté d&#8217;ouvrir le champ des possibles&#8230; et plus encore, celui des intervenants dans la construction de ce qui pourrait devenir, un jour, un vrai internet des objets.</p>
<p>Daniel Kaplan</p>
<p><em>Pourtant ces nouveaux intervenants émergent, et avec eux un tout autre &#8220;internet des objets&#8221;. Ils font l&#8217;objet la <a href="http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/">3e et dernière partie</a>.</em></p>
<p>&#8212;-</p>
<p><em>Le dossier &#8220;Repenser l&#8217;internet des objets&#8221; : </p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/04/23/repenser-linternet-des-objets-13-linternet-des-objets-nest-pas-celui-que-vous-croyez/">1re partie : L&#8217;internet des objets n&#8217;est pas celui que vous croyez !</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/">2e partie : Révolution ou déception ?</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/?p=8455">3e partie : Industrialiser l&#8217;internet ou internetiser l&#8217;industrie ?</a></li>
</ul>
<p></em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfr09/" title="liftfr09" rel="tag nofollow">liftfr09</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Repenser l&#8217;internet des objets (1/3) : L&#8217;internet des objets n&#8217;est pas celui que vous croyez !</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/04/23/repenser-linternet-des-objets-13-linternet-des-objets-nest-pas-celui-que-vous-croyez/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Apr 2009 07:17:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Kaplan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
		<category><![CDATA[internet des objets]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;&#8221;internet des objets&#8221; (internet of things), ne mérite pas son nom, explique Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation internet nouvelle génération (Fing). D&#8217;une part, parce que la mise en réseau des objets se réalise aujourd&#8217;hui en silos – applications, services, organisations –, ce qui n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;interconnexion généralisée qu&#8217;incarne l&#8217;idée d&#8217;inter-réseau. Ensuite, parce qu&#8217;au contraire de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em>L&#8217;&#8221;internet des objets&#8221; (</em>internet of things<em>), ne mérite pas son nom, explique Daniel Kaplan, délégué général de la <a href="http://www.fing.org">Fondation internet nouvelle génération</a> (Fing). D&#8217;une part, parce que la mise en réseau des objets se réalise aujourd&#8217;hui en silos – applications, services, organisations –, ce qui n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;interconnexion généralisée qu&#8217;incarne l&#8217;idée d&#8217;inter-réseau. Ensuite, parce qu&#8217;au contraire de l&#8217;internet depuis son origine, il ne porte en général aucune vision transformatrice. Mais peut-on imaginer de porter le fer de l&#8217;internet au cœur du système des objets, du système industriel ? Comment, et pourquoi faire ?</p>
<p>Première partie d&#8217;une série de trois articles [<a href="http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/">lire la 2e partie</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2009/05/07/repenser-linternet-des-objets-33-industrialiser-linternet-ou-internetiser-lindustrie/">la 3e</a>] sur la perspective de l&#8217;&#8221;internet des objets&#8221;, ce qu&#8217;il dit de l&#8217;avenir des réseaux, du numérique – et des objets. Ce thème sera au cœur de la <a href="http://www.liftconference.com/">conférence Lift</a>, qui se tiendra à Marseille les 18, 19 et 20 juin prochains.</em></p></blockquote>
<h3>L&#8217;objet internet</h3>
<p>Le 30 juin 2008, la justice française tranchait en faveur de LVMH dans son conflit avec eBay. Le grand groupe français du luxe reprochait deux choses à eBay : de laisser vendre des contrefaçons, mais aussi de casser son modèle de distribution exclusive, dont dépendrait son image et la valeur de ses produits.</p>
<p><img src="http://www.blogcdn.com/www.wowinsider.com/media/2009/03/cowlofsheetlightning.jpg" alt="Armure épique de Wow : revente interdite en dehors du jeu !" align="left" width="180" />Ce second motif nous intéresse beaucoup. Si l&#8217;on comprend bien, même authentique, un sac Louis Vuitton n&#8217;appartient donc pas entièrement à son acheteur, puisque celui-ci n&#8217;a pas le loisir de le revendre sur la plate-forme de son choix. Au sac s&#8217;ajoute de fait une forme de licence d&#8217;accès à la marque, qu&#8217;on ne peut pas céder comme on l&#8217;entend. Le sac Vuitton devient un objet virtuel autant que physique, assez proche, au fond, d&#8217;une <a href="http://www.culturedunivers.org/?page_id=8">armure épique de World of Warcraft</a> (que son éditeur Blizzard interdit rigoureusement de revendre en dehors du jeu).</p>
<p>Un objet de l&#8217;internet, en quelque sorte.</p>
<h3>La confusion des mots</h3>
<p>Le sac Vuitton apparaît alors comme une incarnation possible de l&#8217;&#8221;internet des objets&#8221;. Pas la plus fréquemment citée, bien sûr, d&#8217;autant qu&#8217;il n&#8217;intègre pas (encore) la moindre puce. Mais pas moins légitime qu&#8217;une autre.</p>
<p>On met en effet beaucoup de choses derrière cette expression d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_des_objets">internet des objets</a>, censée traduire la mise en connexion généralisée des espaces et des choses (en anglais on parle d&#8217;<em>Internet of Things</em>, <a href="http://adscriptum.blogspot.com/2006/12/is-internet-of-things-next-big-thing.html#2006/12/is-internet-of-things-next-big-thing.html#Internet_des_choses">c&#8217;est-à-dire d&#8217;&#8221;internet des choses&#8221; si on le traduit littéralement</a>). Pour deux raisons. D&#8217;abord, parce que le concept demeure aujourd&#8217;hui confus. Ensuite, parce qu&#8217;il s&#8217;inscrit comme un moment dans des récits fédérateurs  – &#8220;machine to machine&#8221;, &#8220;informatique omniprésente&#8221;, &#8220;intelligence ambiante&#8221;… – au fond assez différent les uns des autres, voire même incompatibles.</p>
<p><strong>Confusion du concept, d&#8217;abord</strong><br />
Dans la plupart des conférences aujourd&#8217;hui, &#8220;internet des objets&#8221; veut dire &#8220;Rfid et sans contact&#8221; et fait référence à l&#8217;étiquetage électronique généralisé des objets, des lieux, voire des êtres, à des fins d&#8217;identification. La valeur de cette numérisation partielle de l&#8217;identité de l&#8217;objet se situe alors en dehors de lui : dans l&#8217;optimisation de son système de production et de distribution ; dans les fonctions et services associés, pilotés par de grands systèmes d&#8217;information ; ou dans la mise en relation d&#8217;objets entre eux, mais toujours par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un service extérieur, quelque part dans un réseau.</p>
<p>D&#8217;autres y ajoutent les capteurs, des objets producteurs de données. Données qui pourraient vivre leur vie dans l&#8217;internet, via le web, mais qui, en général, ne le font pas : elles ne servent qu&#8217;à ceux qui ont installé ces capteurs.</p>
<p>Et le plus souvent, dans la littérature, les discours et les stratégies, on omet d&#8217;y ajouter les &#8220;actionneurs&#8221; et les interfaces – ces ajouts électriques, mécaniques, sensoriels… qui rendent pourtant ces objets &#8220;intelligents&#8221;, capables de comportements autonomes et/ou relationnels.</p>
<p>Chacun de ces périmètres a évidemment un sens, et l&#8217;&#8221;internet des objets&#8221; les désigne tous à la fois, mais bien souvent, on ne s&#8217;aperçoit qu&#8217;au bout de quelque temps que notre interlocuteur parle d&#8217;un des ces univers, et pas des autres.</p>
<h3>Les multiples récits de l&#8217;internet des objets</h3>
<p>Admettons donc que ce qui précède décrive le substrat technologique de l&#8217;internet des objets. On constate alors que plusieurs &#8220;grands récits&#8221; très différents les uns des autres proposent de donner un sens à cet ensemble.</p>
<p><strong>Machine to machine (M2M) : des organisations et des processus</strong><br />
Le récit du &#8220;machine to machine&#8221; présente sur les autres l&#8217;avantage de s&#8217;appuyer sur des décennies d&#8217;expérience (cela fait longtemps, par exemple, que les autoroutes sont truffées de capteurs, qu&#8217;il s&#8217;agisse de mesurer le trafic ou de surveiller l&#8217;affaissement des bas-côtés) et de correspondre à un réel marché, aujourd&#8217;hui plutôt que demain. <a href="http://www.fing.org/?Machine-To-Machine-M2M-enjeux-et">Dans le livre blanc &#8220;M2M : enjeu et perspectives&#8221;</a> que nous cosignions en 2007 avec Syntec informatique et Orange, nous le décrivions ainsi : &#8220;<em>L’association des technologies de l’information et de la communication (TIC), avec des objets intelligents et communicants, dans le but de donner à ces derniers les moyens d’interagir sans intervention humaine avec le système d’information d’une organisation ou d’une entreprise.</em>&#8221;</p>
<p>Le M2M voit le monde à partir des organisations et le décrit sous la forme de processus, qu&#8217;il s&#8217;agit le plus souvent d&#8217;optimiser. Il peut par ailleurs faire rêver les informaticiens de l&#8217;ancienne école, puisqu&#8217;il réalise enfin l&#8217;exploit de les débarrasser totalement des &#8220;utilisateurs&#8221;…</p>
<p><strong>Intelligence ambiante (AmI) : des espaces et des services</strong><br />
On connaît mieux, parce qu&#8217;il fait plus appel à l&#8217;imaginaire, le récit fondateur de Mark Weiser, dans son article <a href="http://nano.xerox.com/hypertext/weiser/SciAmDraft3.html">&#8220;The computer for the XXIst century&#8221; (1991)</a> (&#8221;L&#8217;ordinateur pour le XXIe siècle&#8221;) : &#8220;<em>Les technologies les plus profondes sont celles qui disparaissent. Elles se tissent dans la vie quotidienne au point qu&#8217;on ne sait plus les en distinguer (…) Les machines s&#8217;adaptent à l&#8217;environnement humain, plutôt que de forcer l&#8217;humain à entrer dans le leur.</em>&#8221;</p>
<p>Avec d&#8217;autres, l&#8217;Union européenne a adopté cette vision, adoptant au passage l&#8217;expression de Philips, &#8216;&#8221;intelligence ambiante&#8221;, au point de lui inventer un petit nom : &#8220;AmI&#8221;. Dans ses <a href="ftp://ftp.cordis.europa.eu/pub/ist/docs/istagscenarios2010.pdf">&#8220;Scénarios pour l&#8217;intelligence ambiante en 2010&#8243; (2001, .pdf)</a>, l&#8217;<a href="http://cordis.europa.eu/fp7/ict/istag/home_en.html">Istag</a>, une sorte de think tank associé à la Commission européenne, imaginait ainsi &#8220;<em>un environnement capable de reconnaître des individus et de réagir à leur présence d&#8217;une manière discrète, non intrusive et souvent même invisible.</em>&#8221; L&#8217;intelligence ambiante se focalise donc, cette fois, sur l&#8217;espace, le service et le comportement de l&#8217;utilisateur. En 2007, Walter van de Velde, en charge pour la Commission européenne du programme sur les &#8220;technologies futures et émergentes&#8221;, <a href="http://iva.ntier.se/upload/Verksamhet/Projekt/Internetframsyn/U%20japan%20Van%20de%20Velde%20071122.pdf">le disait encore plus clairement (.pdf)</a>  : &#8220;<em>le problème de l&#8217;attention est au coeur de l&#8217;intelligence ambiante. L&#8217;information est un moyen, la finalité est d&#8217;influer sur les comportements.</em>&#8221;</p>
<p>L&#8217;extraordinaire fortune qu&#8217;a connue la vision de Weiser ne doit pas occulter deux de ses limites. D&#8217;abord, certaines des technologies les plus profondes n&#8217;ont pas &#8220;disparu&#8221;, tout au contraire : l&#8217;automobile a refondu le territoire autour d&#8217;elle, la télévision a largement réorganisé les familles, les temps sociaux, et jusqu&#8217;à l&#8217;architecture des maisons. Ensuite, ce récit se conjugue au futur depuis 20 ans, et le fait qu&#8217;il ne se concrétise toujours pas ne semble pas encore l&#8217;affaiblir.</p>
<p><strong>Réseau et société ubiquitaire (U-Society) : des humains et des machines</strong><br />
<img src="http://www.uidcenter.org/image/02e.jpg" alt="Schéma de la "société ubiquitaire" selon l'UID Forum (Japon)" align="left" />De la Corée et du Japon nous parvient encore un autre récit : celui de la &#8220;société ubiquitaire&#8221; (U-Society) et du &#8220;réseau omniprésent&#8221; – que les Japonais tiennent explicitement à distinguer de l&#8217;&#8221;informatique ubiquitaire&#8221; (<em>ubiquitous computing</em>, ou Ubicomp, une variante de la vision Weiserienne). <a href="http://www.cinum.org/fr/experts-asie/4-16-168/partie-6.html">Pour Teruyasu Murakami</a>, l&#8217;un des pères fondateurs de cette vision, &#8220;<em>la civilisation du réseau ubiquitaire connectera tous les êtres humains entre eux. L’utilisateur sera connecté partout, à tout et tout le temps (…). L’étape suivante consistera à vouloir être connecté non pas aux gens mais aussi aux objets.</em>&#8221;</p>
<p>L&#8217;humain – le plus souvent équipé d&#8217;un &#8220;communicateur universel&#8221; – se situe au cœur de tous les scénarios et les schémas qui illustrent cette vision. Mais il dialogue avec des machines qui ne se cachent pas du tout, qui se revendiquent machines. Elles peuvent, dans l&#8217;intérêt du dialogue, prendre des aspects sympathiques et humanoïdes (ou animaloïdes), mais sans aller jusqu&#8217;à masquer leur différence.</p>
<p><strong>L&#8217;internet des objets version UIT : des réseaux et des opportunités</strong><br />
Dans son rapport <a href="http://www.itu.int/osg/spu/publications/internetofthings/">&#8220;The Internet of Things&#8221; (2005)</a>, l&#8217;Union internationale des télécommunications propose encore un autre point de vue. Elle part de l&#8217;internet, <em>&#8220;en passe de devenir pleinement omniprésent, interactif et intelligent.&#8221;</em> Et se projette : <em>&#8220;l&#8217;avènement de l&#8217;internet des objets créera une pléthore d&#8217;applications et de services innovants, qui amélioreront la qualité de la vie et réduiront les inégalités, tout en ouvrant de nouvelles opportunités de croissance à un très grand nombre d&#8217;entreprises.&#8221;</em> Nous voilà un peu dans la pensée magique, qui présente toutefois – nous y reviendrons – l&#8217;avantage de fixer une ambition sociétale.</p>
<p><strong>La société de surveillance : des pouvoirs et des consommateurs</strong><br />
<img src="http://www.joannaelizabeth.com/images/performance%20art%20signs/amnesia/watching-all-day.jpg" alt="Amnesia, une performance de Bill Brown, New York, 2002" align="right" width="180" />On ne saurait occulter l&#8217;autre récit qui se développe en même temps que les précédents et à mesure que certaines applications de l&#8217;internet des objets deviennent réalité – dont font partie la vidéosurveillance et les passeports Rfid –, celui d&#8217;une nouvelle aliénation. D&#8217;une double aliénation, d&#8217;ailleurs, si l&#8217;on suit l&#8217;un des plus intéressants penseurs et acteurs sur ce sujet, Rob van Kranenburg de la Waag Society (dans un opuscule de 2008, lui aussi intitulé <a href="http://www.networkcultures.org/_uploads/notebook2_theinternetofthings.pdf"><em>The Internet of Things</em> (.pdf)</a>) : &#8220;<em>Deux voies auront pour résultat moins de dialogue, moins de communication, moins d&#8217;innovation, moins d&#8217;options durables. La première s&#8217;organise autour du contrôle (…) La seconde cherche à masquer la complexité technologique derrière des interfaces utilisateurs toujours plus simples (…) Dans les deux cas, les citoyens ne peuvent pas apprendre comment fonctionner au sein d&#8217;un tel système, ce qui ouvre par conséquent toutes sortes de scénarios d&#8217;effondrement.</em>&#8221;</p>
<p>Nous avons préféré Kranenburg à d&#8217;autres dénonciateurs de la &#8220;société de surveillance&#8221; (parmi les plus solides, citons tout de même  le collectif <a href="http://www.piecesetmaindoeuvre.com/">Pièces et main d&#8217;oeuvre</a>), parce qu&#8217;il place sur le même plan – de domination – l&#8217;approche sécuritaire des pouvoirs politiques et économiques, et la sollicitude servicielle des partisans de l&#8217;&#8221;intelligence ambiante&#8221;. Dans les deux cas, l&#8217;individu et la société perdent (ou cèdent) le contrôle de pans entiers de leur existence. Dans les deux cas, la technologie leur ôte à la fois des soucis, et du pouvoir.</p>
<p><center>**</center></p>
<p>Ôter des soucis et du pouvoir aux individus : l&#8217;inverse de ce que l&#8217;internet réalise depuis le début de son histoire ! Voilà, au fond, ce qui trouble (ou devrait troubler) dans les récits de l&#8217;internet des objets : ils racontent le contraire des visions transformatrices qui accompagnent depuis toujours le développement et les mutations de l&#8217;internet.</p>
<p>Daniel Kaplan</p>
<p><em>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;&#8221;internet des objets&#8221; ne mérite donc pas son nom. Ce sera l&#8217;objet de l&#8217;article suivant : <a href="http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/">&#8220;Révolution ou déception ?&#8221;</a></em></p>
<p><em>Le dossier &#8220;Repenser l&#8217;internet des objets&#8221; : </p>
<ul>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/04/23/repenser-linternet-des-objets-13-linternet-des-objets-nest-pas-celui-que-vous-croyez/">1re partie : L&#8217;internet des objets n&#8217;est pas celui que vous croyez !</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/2009/04/30/repenser-linternet-des-objets-23-revolution-ou-deception/">2e partie : Révolution ou déception ?</a></li>
<li><a href="http://www.internetactu.net/?p=8455">3e partie : Industrialiser l&#8217;internet ou internetiser l&#8217;industrie ?</a></li>
</ul>
<p></em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfr09/" title="liftfr09" rel="tag nofollow">liftfr09</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/liftfrance/" title="liftfrance" rel="tag nofollow">liftfrance</a><br />
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>David Rose : Les objets enchantés</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/03/03/david-rose-les-objets-enchantes/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Mar 2009 08:02:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
		<category><![CDATA[Robotique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[internet des objets]]></category>
		<category><![CDATA[lift09]]></category>

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		<description><![CDATA[David Rose est le président fondateur d&#8217;Ambient Device, la célèbre société qui intègre les technologies internet dans les des objets du quotidien comme des ampoules, des miroirs ou même des parapluies, ainsi que de Vitaly, une société qui réinvente l&#8217;emballage des médicaments via les technologies sans fil. A Lift, la conférence sur les l&#8217;impact des nouvelles technologies sur la société,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://web.mac.com/david.rose/home/David_Rose.html">David Rose</a> est le président fondateur d&#8217;<a href="http://www.ambientdevices.com/cat/index.html">Ambient Device</a>, la célèbre société qui intègre les technologies internet dans les des objets du quotidien comme des ampoules, des miroirs ou même des parapluies, ainsi que de <a href="http://www.rxvitality.com/">Vitaly</a>, une société qui réinvente l&#8217;emballage des médicaments via les technologies sans fil. A <a href="http://www.liftconference.com">Lift</a>, la conférence sur les l&#8217;impact des nouvelles technologies sur la société, il a présenté ces &#8220;objets enchantés&#8221; comme il les appelle.</em></p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/mrtnk/3311534460/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/davidroseparmrtnk.jpg" alt="David Rose à Lift par MRTNK" border="0" width="580" /></a><br />
<em>Image : CC. David Rose à Lift <a href="http://www.flickr.com/photos/mrtnk/3311534460/">par MRTNK</a>.</em></p>
<p>Pour David Rose, la technologie permet désormais de donner vie aux fictions que nous imaginons, que ce soit le miroir magique de la reine dans <em>Blanche Neige</em> ou l’épée magique de Frodon dans le <em>Seigneur des Anneaux</em> qui scintille pour prévenir d’un danger… </p>
<p>Ainsi, nos objets peuvent être utilisés pour nous apporter une plus grande clairvoyance, à la manière d&#8217;une boule de cristal. <a href="http://www.ambientdevices.com/cat/orb/orborder.html">L&#8217;Orb</a>, d&#8217;Ambient Device, connecté à des services internet, est ainsi capable de nous informer du temps qu&#8217;il va faire ou de l&#8217;évolution du risque d&#8217;allergie aux pollens, simplement en changeant de couleur. Dès à présent, l&#8217;informatique ambiante permet que nos objets &#8220;s&#8217;enchantent&#8221;, répondent à nos attentes avant même que nous les sollicitions. <a href="http://www.internetactu.net/2005/12/27/gadgets-familiaux-de-demain/">Nos horloges peuvent nous dire où sont nos proches</a>. <a href="http://www.engadget.com/2005/04/13/switched-on-the-ambient-dashboard-moves-the-needles/">L&#8217;ambient Dashboard</a> permet lui d&#8217;insérer des cartes dans un tableau de bord pour programmer les informations que l&#8217;on veut faire apparaître (le trafic, la météo, les pollens&#8230;), selon les critères de son choix. <em>&#8220;L&#8217;information est devenue un matériau physique&#8221;</em>, explique David Rose. Les objets sont capables d&#8217;afficher seuls des informations qui nous sont utiles, sans nécessiter de navigation, comme le montre le <a href="http://www.ambientdevices.com/products/weatherwatcher.html">Weather Watcher</a> ou le Weather Glass, de petits cadres connectés qui affichent l&#8217;information météo de manière colorée ou lisible. <em>&#8220;La possibilité de naviguer dans l’information n’est pas toujours nécessaire. L’important parfois est aussi d’apporter l’information, même sans interaction possible.&#8221;</em> </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/energyjouledambientdevices.jpg" alt="EnergyJoule d'Ambient Devices" width="190" Title="EnergyJoule d'Ambient Devices" align="left" /><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/orbambientdevices.jpg" width="170" align="left" Title="L'Orb d'Ambient Devices" Alt="L'Orb d'Ambient Devices"/><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/parapluieambientdevice.jpg" alt="Le parapluie lumineux d'Ambient Devices" width="170" align="left" Title="Le parapluie lumineux d'Ambient Devices"/><br />
<em>Images : c. Ambient Devices.</em>.</p>
<p>L’important également est d’utiliser des techniques capables de résumer l’information, parce qu’ainsi elles nécessitent moins de temps et d’attention. Pour cela, il faut utiliser le mouvement, la couleur, l’angle, montrer une tendance, voir présenter du texte… Autant de façon de faire ressentir l’information dans l’instant, adaptée à des besoins différents, à des rythmes différents. Le compteur électrique par exemple donne des informations très intéressantes, mais il n’est pas placé au bon endroit dans nos maisons, suggère David Rose. D’où l’idée d’utiliser les objets ambiants pour montrer autrement nos consommations électriques. L’Orb peut afficher simplement, juste par une indication de couleur, le niveau de consommation électrique de notre maison. <a href="http://www.ambientdevices.com/products/energyjoule.html">L’EnergyJoule</a> également. Avec Orange, Ambient Device a imaginé un écran capable de plusieurs niveaux de lectures selon la distance à laquelle nous sommes de lui : quand nous sommes loin, il utilise la couleur et affiche de très gros caractères pour indiquer la température par exemple. Quand on s’approche, il affiche en plus petit la température extérieure par exemple, et quand on le touche, on peut lire plus en détail l’information. Plus on s’approche de l’écran, et plus l’information est précise, écrite, complète… Dommage que ce beau projet ne soit jamais sorti des laboratoires. </p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/lucamascaro/3313804364/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/kevinrosealiftsuite.jpg" alt="L'écran imaginé pour Orange quand il donne une information pour quelqu'un d'éloigné, par Lucamascaro" border="0" width="580" title="L'écran imaginé pour Orange quand il donne une information pour quelqu'un d'éloigné, par Lucamascaro"/></a><br />
<em>Image : L&#8217;écran imaginé pour Orange quand il donne une information pour quelqu&#8217;un d&#8217;éloigné, cc. <a href="http://www.flickr.com/photos/lucamascaro/3313804364/">Lucamascaro</a>.</em></p>
<p>Les objets enchantés posent la question de notre désir à communiquer. Ils vont nous permettre d’être plus sensible à la communication, avec une fréquence d’interaction et une richesse qui s’adapte aux outils que nous utilisons, à la manière du <a href="http://web.media.mit.edu/~anjchang/PORT/LumiTouch.html">LumiTouch</a>, un cadre photo interactif qui s’illumine quand deux personnes en sont proches, chacune de l’autre, et que l’on peut presser pour envoyer une pensée matérialisée sous forme de lumière ou de vibration. Les objets ambiants permettent de partager un sentiment de présence sans nécessiter d’actes de communication délibérés.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/03/glowcaps.jpg" alt="Le Glow Caps de Vitality" title="Le Glow Caps de Vitality" width="240" align="right" hspace="6" vspace="6" />Les objets enchantés interrogent également notre désir de guérir. 25 % des Américains ont une maladie chronique qui les oblige à se soigner, mais les gens oublient souvent de prendre leurs médicaments. <a href="http://www.rxvitality.com/glowcaps_connect.html">GlowCaps</a> de Vitality est une boîte qui contient les médicaments à prendre, qui clignote, vibre ou joue une musique pour que vous pensiez à les prendre, vérifie qu’ils sont pris, communique avec le médecin ou les proches, émet des rapports sur votre prise de médicament. Demain il faudra embarquer la technologie dans la maison elle-même pour faciliter une plus grande transparence dans l’accès à l’information, comme le montre le projet de balance intégrée dans le carrelage d&#8217;une salle de bain.</p>
<p>Ils interrogent bien sûr notre désir de nous protéger. A la manière de l’épée de Frodon, Ambient Device a imaginé <a href="http://www.ambientdevices.com/products/umbrella.html">des parapluies</a> qui nous disent, par une indication lumineuse, s’il est utile de les prendre avant de sortir de chez soi, grâce à une connexion sans fil aux informations météorologiques. Et David Rose d’insister sur le besoin de faire sortir l’informatique du navigateur et des téléphones mobiles pour l’insérer dans les objets du quotidien.</p>
<p>Ils interrogent notre désir de créer, en libérant du temps créatif et en prenant en charge pour nous les tâches pénibles comme le fait <a href="http://store.irobot.com/product/index.jsp?productId=2898148&#038;cp=2804605&#038;ab=CMS_IRBT_StoreHome_022209_Roomba580">Roomba</a>, le célèbre robot aspirateur d&#8217;iRobot. Mais également, ils développent notre créativité, comme l’<a href="http://www.internetactu.net/2006/02/24/io-brush-le-monde-comme-palette/">IO/Brush</a> du MIT, ce pinceau qui grâce à une caméra capte les couleurs, les images pour nous permettre de peindre avec (vidéo). <em>&#8220;La créativité du futur doit nous permettre d’avoir les outils pour la libérer&#8221;</em>.</p>
<p>Ils interrogent également notre désir de mobilité. Le GPS de <a href="http://www.dash.net/">Dash Networks</a>, qui inclut des informations de trafic, nous permet d’avancer un peu plus vers le déplacement sans effort, en nous permettant d’éviter les embouteillages. A San Francisco, <a href="http://www.nextbus.com/predictor/newUserWelcome.shtml">Next Bus</a> permet de localiser les bus et de prendre une décision adaptée au trafic. L’Ambient Bus Pole, imaginée par Ambient Design est un panneau de bus qui affiche de manière visible et de loin, à quelle distance se trouve le prochain bus, permettant de presser le pas ou pas, afin de nous éviter &#8220;la douleur d’attendre&#8221; de nos vies modernes.</p>
<p>Telles étaient quelques-unes des perspectives dressées par David Rose, sur l&#8217;avenir de l&#8217;internet des objets, qui sait montrer par des exemples concrets, leur potentiel définitivement <a href="http://www.internetactu.net/2007/04/17/linformatique-omnipresente-sera-t-elle-magique/">&#8220;magique&#8221;</a>.</p>
<p>Hubert Guillaud et Daniel Kaplan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lift09/" title="lift09" rel="tag nofollow">lift09</a><br />
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		<title>RFiD 2.0 : des puces ou des ordinateurs ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2009/02/11/rfid-20-des-puces-ou-des-ordinateurs/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Feb 2009 06:29:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance de l'internet]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
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		<description><![CDATA[Et si les étiquettes intelligentes (les puces RFiD) se mettaient en mode &#8220;2.0&#8220;, et devenaient plus participatives et ouvertes aux usages des gens &#8211; selon la définition du web 2.0 qu&#8217;on en retient ? Plusieurs projets en revendiquent l&#8217;épithète. La question reste de savoir ce que cette &#8220;RFID 2.0&#8221; exprime au juste. Et ce qui sera réellement fait, au-delà des&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et si les étiquettes intelligentes (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/RFID">les puces RFiD</a>) se mettaient en mode &#8220;<em>2.0</em>&#8220;, et devenaient plus participatives et ouvertes aux usages des gens &#8211; selon la définition du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Web2">web 2.0</a> qu&#8217;on en retient ? Plusieurs projets en revendiquent l&#8217;épithète. La question reste de savoir ce que cette &#8220;<em>RFID 2.0</em>&#8221; exprime au juste. Et ce qui sera réellement fait, au-delà des propositions.</p>
<p>Pour certains, la RFiD &#8220;<em>2.0</em>&#8221; consiste à rajouter les données de traçabilité issues de la lecture des puces à des applications ou process existants, ou à les <a href="http://wirelesswatch.jp/2006/09/05/rfid-20-proposals-announced/">partager</a> avec d&#8217;autres sociétés.</p>
<p>D&#8217;autres y voient un moyen d&#8217;aller plus loin dans la fouille de la réalité (&#8221;<em>reality mining</em>&#8220;, en anglais), à l&#8217;instar de ces<a href="http://www.rfidjournal.com/article/articleview/4026/1/476/">services</a> de géolocalisation, dans l&#8217;espace et en 3D, capables de repérer des étiquettes RFiD à plusieurs dizaines de mètres de distance, au beau milieu d&#8217;un container truffé d&#8217;objets, de métaux et de liquides faisant écran par exemple. Le <a href="http://rtvs.wordpress.com/2009/01/20/ushering-in-the-rfid-20-revolution/">dernier en date</a> à avoir utilisé l&#8217;expression &#8220;<em>RFiD 2.0</em>&#8220;, <a href="http://www.s3edge.com/">S3Edge</a>, y voit pour sa part une façon d&#8217;optimiser la relation client, et d&#8217;accélérer le temps de réaction des fournisseurs, et se sert surtout du terme pour faire la promotion de la nouvelle plateforme <a href="http://www.microsoft.com/biztalk/en/us/rfid.aspx">Microsoft BizTalk RFiD Mobile</a>. </p>
<p>Mais la <a href="http://www.rfidsec.com/publications/RFID2.0.html">vision</a> de la RFiD 2.0 que propose Henrik Granau, de la société de sécurité <a href="http://www.rfidsec.com/">RFiDSec</a> est autrement plus stimulante. Elle a d&#8217;ailleurs été <a href="http://www.rfidglobal.eu/presentations/Privacy%20etc.%20Nov%2008.ppt">reprise (.ppt)</a>, telle que, par le projet <a href="http://cordis.europa.eu/fetch?CALLER=FR_NEWS&#038;ACTION=D&#038;SESSION=&#038;RCN=30283">Casagras</a> qui, financé par l&#8217;UE, a pour objectif d&#8217;aider la Commission européenne à envisager l&#8217;évolution de la RFiD et de l&#8217;internet des objets.</p>
<h3>La puce RFiD est un ordinateur</h3>
<p>Granau part du constat que les puces RFiD ne servent plus seulement à remplacer les codes-barres, qu&#8217;il y en aura de plus en plus, avec de plus en plus de données dedans. Dans le même temps, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à voir dans le maillage de ces puces &#8220;<em>intelligentes</em>&#8221; une forme d&#8217;érosion, sinon d&#8217;atteinte, à leur vie privée, ce que la <a href="http://www.internetactu.net/2006/07/10/la-revolution-de-la-rfid-vue-par-lindustrie-et-les-syndicats/">consultation</a> lancée par la Commission européenne en 2006 avait entre autres démontré.</p>
<p>Du temps où il était commissaire à la CNIL, Philippe Lemoine (qui préside également la Fing, éditeur d&#8217;Internet Actu) avait contribué à faire reconnaître les puces RFiD comme des <a href="http://www.cnil.fr/index.php?id=1063">identifiants personnels</a>. Co-Président de GS1 France, l&#8217;organisme de <a href="http://www.gs1.fr/gs1_fr/presentation/missions">standardisation</a> des codes-barres et des puces RFiD, il avait aussi proposé de <a href="http://www.gs1.fr/index.php/gs1_fr/actualites__1/informations__1/communiques_de_presse/communiques_de_presse_2007/l_universite_de_gs1_france">désactiver les puces lors du passage en caisse</a>, afin de garantir la &#8220;<em>clarté des « règles du jeu », le rappel au droit individuel d’être exposé ou non aux TICs, la dimension de confiance nécessaire entre consommateurs et acteurs du commerce, la transparence des objectifs et des moyens, la concertation de tous les acteurs et le partage de valeurs communes</em>&#8220;.</p>
<p>Mais pour Henrik Granau, désactiver les puces reviendrait à empêcher l&#8217;internet des objets de se développer. Il propose donc de les considérer, non plus comme des étiquettes passives, mais comme des ordinateurs, dans toutes leurs potentialités :</p>
<p><center><a href="http://www.rfidsec.com/publications/RFID2.0.html" title="RFiD 1.0 vs 2.0, par RFiDSec"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/02/0902rfid20.jpg' alt='RFiD 1.0 vs 2.0, par RFiDSec' /></a></center></p>
<p>Et pour que cette &#8220;<em>RFiD 2.0</em>&#8221; puisse se développer, il convient d&#8217;en redonner le contrôle et le pouvoir à l&#8217;utilisateur, de sorte qu&#8217;il puisse définir qui a accès à quelles données, quand, et pour quelles utilisations, mais aussi de l&#8217;autoriser à écrire, et effacer, tout ou partie des informations :</p>
<p><center><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2009/02/0902-rfid2.jpg" alt="RFiD 2.0, par RFiDSec" /></center></p>
<p>Pour Henrik Granau, l&#8217;internet des objets ne pourra se développer si le contrôle des puces n&#8217;est pas redonné à ceux qui, précisément, se retrouvent &#8220;<em>pucés</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Nous sommes au début d&#8217;une nouvelle vague dans l&#8217;utilisation de la RFiD. La première visait à remplacer les codes-barres. La seconde étend considérablement l&#8217;horizon. Considérer les puces RFiD comme des ordinateurs, et s&#8217;assurer que les utilisateurs disposeront d&#8217;un contrôle complet et exclusif de leurs données et communications, rendra possibles de très nombreuses applications dans de nombreux secteurs. L&#8217;industrie de la RFiD doit donc résoudre dès aujourd&#8217;hui les problèmes de vie privée et de sécurité auxquels ils sont confrontés.&#8221;</p></blockquote>
<p>Mais concrètement, à quoi pourrait-on s&#8217;attendre ? Comment contrôler des puces quand leurs identifiants appartiennent à des bases de données commerciales sur lesquelles on n&#8217;a aucun accès ? Dit autrement, et en cas de partenariat, par exemple, entre Gillette et la RATP pour tracer les acheteurs de rasoirs qui empruntent les transports en commun, à quoi aurions-nous accès, et que pourrions-nous contrôler ? La RATP nous demanderait-elle l&#8217;autorisation de tracer le fait que l&#8217;on a un rasoir Gillette dans notre sac ? Se contenterait-elle de nous indiquer que nous sommes tracés ? Et si oui, comment : par Bluetooth sur nos portables, par un affichage du type &#8220;<em>Souriez, vous êtes pucés</em>&#8221; similaire à celui relatif à la vidéosurveillance, par une mention rajoutée au service web répertoriant tous les accès à nos puces RFiD ? Ou, plus simplement, ne serons-nous informés de rien ?</p>
<h3>A qui profite la puce ?</h3>
<p>Le modèle proposé par Granau est séduisant, mais il ne résoudra pas les problèmes de confidentialité posés par les sites de réseaux sociaux et du &#8220;<em>web 2.0</em>&#8220;, que certains qualifient d&#8217;&#8221;<a href="http://www.internetactu.net/2006/05/11/la-nouvelle-sagesse-du-web-ou-lesclavage-20/">esclavage 2.0</a>&#8221; dans la mesure où leur modèle économique repose en tout ou partie sur la commercialisation des informations et données personnelles que nous leur confions sans contrepartie financière, et bénévolement. </p>
<p>On le sait, les utilisateurs du web 2.0 et des sites sociaux se <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/20/reseaux-sociaux-quand-les-utilisateurs-sen-fichent/">fichent</a>&#8221; (à tous les sens du terme) de ces questions de vie privée, ne serait-ce que parce que les services offerts en échange leur donnent l&#8217;impression de valoir ces libertés qu&#8217;ils acceptent de concéder, et les risques associés. Mais la question ne se pose pas de la même manière avec l&#8217;internet des objets.</p>
<p>L&#8217;internet, qui n&#8217;a pas été conçu pour être sécurisé, s&#8217;est développé grâce aux usages et contenus créés par ses utilisateurs. A l&#8217;inverse, l&#8217;internet des objets et la RFiD ne se développent pour le moment qu&#8217;au profit de l&#8217;industrie, et ne pourront faire l&#8217;économie de la sécurité -ne serait-ce que pour éviter l&#8217;espionnage industriel. Des conditions de leur rencontre, et de leur interconnexion, dépendra notre future vie numérique. Mais il n&#8217;est pas certain que des outils permettant des usages aussi différents arrivent facilement à trouver des points d&#8217;entente, d&#8217;accroche qui ne soient pas des points de frictions.</p>
<p>Sans compter que d&#8217;un côté, nous avons des industriels, qui veulent fluidifier leurs flux et process, et en assurer une meilleure traçabilité. De l&#8217;autre, nous avons des professionnels de la sécurité informatique qui démontrent que les puces sont <a href="http://www.internetactu.net/2007/07/13/payes-pour-pirater-la-rfid/">piratables</a>, et en appellent à plus de respect de la vie privée de ceux qui, indirectement, seront pucés. Entre les deux, nous avons des instances de régulation qui en appellent au &#8220;<em>silence des puces</em>&#8220;.</p>
<p>Pour l&#8217;instant, les usages de la RFiD sont essentiellement industriels, mais touchent de plus en plus les consommateurs. Alors que Benjamin Bayard, président de FDN (French Data Network), le plus vieux fournisseur d’accès Internet français, tirait récemment la sonnette d&#8217;alarme en déclarant que les principaux acteurs industriels des réseaux ont &#8220;<a href="http://www.ecrans.fr/Tout-le-monde-a-interet-a,5762.html">intérêt à transformer l&#8217;internet en Minitel</a>&#8221; (question qui se pose également en matière de <a href="http://www.internetactu.net/2008/03/27/le-web-mobile-sera-t-il-plus-quun-minitel-ameliore/">téléphonie mobile</a>), la question reste de savoir si l&#8217;internet des objets sera &#8220;<em>au service</em>&#8221; de ses utilisateurs, considérés comme coproducteurs, à l&#8217;instar de ce que propose Granau, ou bien au seul profit des prestataires de service (et sans réelle valeur ajoutée dont ils pourraient profiter). </p>
<p>Dans le premier cas, nous aurons des puces fonctionnant comme autant de briques informatiques (logicielles et/ou matérielles) et dont les usages seront définis par la communauté. Dans le second, une infrastructure &#8220;<em>top-down</em>&#8221; pour qui les clients finaux ne seront que des consommateurs ou usagers etiquetés, à la manière de ce qui se passe, par exemple et pour l&#8217;instant, avec le <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/01/07/le-passe-navigo-%e2%80%9canonyme%e2%80%9d-nexiste-pas/">passe Navigo</a>. </p>
<p>Dans les deux cas, les problèmes de surveillance et de traçabilité posés par la RFiD restent entiers, nos objets seront pucés, et nos activités tracées. Il faudra donc, non seulement sécuriser l&#8217;infrastructure, mais aussi en rassurer les utilisateurs, ce qui n&#8217;est pas tout à fait la même chose.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/mobilite/" title="mobilité" rel="tag nofollow">mobilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Rfid : Le moteur de recherche du monde réel (suite)</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/12/23/rfid-le-moteur-de-recherche-du-monde-reel-suite/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2008/12/23/rfid-le-moteur-de-recherche-du-monde-reel-suite/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2008 12:39:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilité]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[Wi-fi et sans fil]]></category>
		<category><![CDATA[internet des objets]]></category>

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		<description><![CDATA[
Utiliser les étiquettes intelligentes pour détecter les objets du monde réel est l&#8217;une des promesses des puces sans contact, annoncions-nous il y a quelques années. C&#8217;est à ce type de systèmes que travaille avec application la start-up ThingMagic, explique la Technology Review. L&#8217;une de ses réalisations, Tool Link, un lecteur de puce RFID imaginé pour Ford et l&#8217;outilleur DeWalt, permet&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/12/forddewalttruck.jpg" alt="Le Truck de Ford, son capteur RFID et les outils de DeWalt" width="580" title="Le Truck de Ford, son capteur RFID et les outils de DeWalt" /><br />
Utiliser les étiquettes intelligentes pour détecter les objets du monde réel est l&#8217;une des promesses des puces sans contact, <a href="http://www.internetactu.net/2005/09/30/rfid-le-moteur-de-recherche-du-monde-rel/">annoncions-nous il y a quelques années</a>. C&#8217;est à ce type de systèmes que travaille avec application la start-up <a href="http://www.thingmagic.com/home">ThingMagic</a>, <a href="http://www.technologyreview.com/computing/21828/?a=f">explique la <em>Technology Review</em></a>. L&#8217;une de ses réalisations, <a href="http://www.thingmagic.com/applications-overview/toollink-by-dewalt/8-applications/40-toollink-by-dewalt%20class=home_splitcol_module">Tool Link</a>, un lecteur de puce RFID imaginé pour Ford et l&#8217;outilleur DeWalt, permet aux techniciens et entrepreneurs du bâtiment de faire la check-list des outils qu&#8217;ils doivent embarquer pour se rendre sur un chantier. Oublier un outil coute en effet cher en déplacements et temps perdu. D&#8217;où l&#8217;idée d&#8217;équiper les outils électroportatifs de DeWalt de puces RFID et les camionnettes Ford de lecteurs : à partir de la liste des outils à emporter, qui peut par exemple se fonder sur le devis signé avec le client, l&#8217;ordinateur de bord de la camionnette peut alors vérifier que tous les outils sont bien à bord (<a href="http://fr.youtube.com/watch?v=3Soz7bkzPe4">vidéo promotionnelle</a>). Le but : ne plus rien oublier.</p>
<p><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/3Soz7bkzPe4&#038;hl=fr&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/3Soz7bkzPe4&#038;hl=fr&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a><br />
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		<title>Hackers et sans complexe</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/06/20/hackers-et-sans-complexe/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jun 2008 15:37:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comptes rendus]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[culture libre]]></category>

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		<description><![CDATA[Un orgue à patates et une &#8220;double plaque chauffantes musicale&#8221; (de poche). Un Wiibrator, c&#8217;est-à-dire un logiciel pour transformer une manette Wii en vibromasseur. Un Bricophone, un projet de téléphones mobiles &#8220;libres&#8221; à très bas couts pour téléphoner, gratuitement, en réseau maillé&#8230;

Des ateliers pour fabriquer des écrans tactiles &#8220;Multitouch&#8220;, un transmetteur FM USB, ou encore des circuit bending, du&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un <a href="http://youtube.com/watch?v=79MRgbWyaqA">orgue à patates</a> et une &#8220;<a href="http://krockshire.podemus.com/2007/05/double-plaques-chauffantes-musicale-pocket/">double plaque chauffantes musicale</a>&#8221; (de poche). Un <a href="http://sam.zoy.org/blog/2006-12-17-wiibrator-wiimote-trancevibrator-interface">Wiibrator</a>, c&#8217;est-à-dire un logiciel pour transformer une manette Wii en vibromasseur. Un <a href="http://www.craslab.org/bricophone/">Bricophone</a>, un projet de téléphones mobiles &#8220;libres&#8221; à très bas couts pour téléphoner, gratuitement, en réseau maillé&#8230;</p>
<p><center><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/79MRgbWyaqA&#038;hl=en"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/79MRgbWyaqA&#038;hl=en" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344"></embed></object></center></p>
<p>Des ateliers pour fabriquer des écrans tactiles &#8220;<a href="http://sassexperience.free.fr/projectmultitouch1.html">Multitouch</a>&#8220;, un transmetteur FM USB, ou encore des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_bending">circuit bending</a>, du nom donné aux bidouillages (ou <em>&#8220;court-circuitages&#8221;</em>) de jouets électroniques afin de les transformer en instruments de musiques expérimentaux.</p>
<p>Le premier &#8220;<a href="http://www.hackerspace.net">Hacker Space Festival</a> (HSF), comme son nom ne l&#8217;indique pas, se déroule jusqu&#8217;à ce dimanche 22 juin dans un atelier d&#8217;artiste, au sous-sol d&#8217;un ancien entrepôt de la zone industrielle de Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne (il est aussi plus ou moins retransmis sur <a href="http://www.justin.tv/hackerspace">justin.tv</a>).</p>
<blockquote><p>A quoi ressemblerait l&#8217;internet sans hackers ? Que serait l&#8217;informatique sans le logiciel libre ? Que serait une culture sans partage, enclose par des canaux médiatiques et restreinte par des techniques de DRM ?</p></blockquote>
<p>Comme il s&#8217;agit donc d&#8217;un hackmeeting, on y cause aussi de cryptographie, de RFiD, de biométrie, des moyens de s&#8217;en protéger, de les sécuriser ou encore de les contourner. <a href="http://www.cs.virginia.edu/~kn5f/">Karsten Nohl</a>, chercheur à l&#8217;université de Virginia, est ainsi venu expliquer comment il était parvenu à <a href="http://www.smallbrothers.org/actu032008.htm#cryptage Mifare0">casser</a> la puce RFiD des transports en communs néerlandais, vendues à plus d&#8217;un milliard d&#8217;exemplaires dans le monde.</p>
<p>Inspiré de la <a href="http://www.tvbgone.com/">TV B Gone</a> (une télécommande universelle de poche dotée d&#8217;un seul bouton : le OFF), le <a href="http://www.tmplab.org/2008/06/18/consumer-b-gone/">Consumer B Gone</a> se propose quant à lui de (dé)bloquer les roulettes des charriots de type Caddie. De nombreux supermarchés les ont en effet équipé d&#8217;un frein antivol destiné à les empêcher de quitter la zone <em>&#8220;sécurisée&#8221;</em> des parkings. Or, des hackers du groupe <em>&#8220;Al Qaddie&#8221;</em> (sic) ont découvert qu&#8217;il suffisait pour cela de faire vibrer un haut parleur, et ont créé <a href="http://www.youtube.com/v/dPQ6yPr4Ueg">deux sonneries de téléphone portable à cet effet</a>.</p>
<p><center><object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/dPQ6yPr4Ueg"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/dPQ6yPr4Ueg" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="344"></embed></object></center></p>
<p><strong>&#8220;Femmes des années 2001&#8243;</strong><br />
Au HSF, parfois, on rigole moins : journaliste allemande, <a href="http://annalist.noblogs.org/">Anne Roth</a> narra ainsi ce que cela fait d&#8217;être la <a href="http://einstellung.so36.net/en">femme d&#8217;un terroriste</a>. Son mari, <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/europe/20070822.OBS1617/la_petition_de_soutien_a_andrej_h..html">Andrej Holm</a>, un sociologue allemand, a été arrêté l&#8217;an passé et accusé de participation à une organisation terroriste. </p>
<p>Les policiers n&#8217;avaient aucune preuve. Mais après les avoir placé sous surveillance, pendant un an, ils estimèrent avoir réuni suffisamment d&#8217;éléments indiquant des <em>&#8220;intentions conspirationnistes&#8221;</em> : il avait en effet effectué des requêtes sur des moteurs de recherche, et écrit des textes comportant certains &#8220;mots-clefs&#8221; suspicieux. Il avait également <a href="http://libertesinternets.wordpress.com/category/libertes-publiques/andrej-holm/">accès</a>, &#8220;en tant que collaborateur d’un institut de recherche, à des bibliothèques qu’il (pouvait) utiliser en toute discrétion pour mener les recherches nécessaires à la rédaction des textes&#8221; du groupe terroriste recherché&#8230; et son bagage intellectuel et ses réseaux militants laissaient supposer qu&#8217;il pouvait en être l&#8217;auteur.</p>
<p><a href="http://einstellung.so36.net/en/what-is-terror"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/06/banner_en_big_pink.png" alt="What is terrorism?" hspace="4" vspace="4" align="right" border="0" /></a>De plus, son email n&#8217;était pas de la forme prenom.nom@, et il lui arrivait de ne pas préciser (au téléphone) la raison pour laquelle il donnait rendez-vous à ses amis. Pire : il lui arrivait aussi de ne pas prendre son téléphone portable avec lui. C&#8217;est donc qu&#8217;il avait des choses à se reprocher. Libéré en novembre dernier, après près de quatre mois de détention, Andrej Holm n&#8217;a toujours pas été jugé.</p>
<p><strong>Le hacking décomplexé</strong><br />
HSF est le premier évènement public du <a href="http://www.tmplab.org/">/tmp/lab</a>, un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hacklab">hacklab</a> créé fin 2007 et réunissant quelques passionnés d&#8217;informatique, d&#8217;électronique, d&#8217;arts technologiques et donc de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hacking">hacking</a>, entendu comme <em>&#8220;usage créatif de la technologie&#8221;</em>. </p>
<p>Il existe plusieurs dizaines de <a href="http://www.hacklabs.org/index_en.php">hacklabs</a> dans le monde. Certains, politiques, revendiquent une forme d&#8217;&#8221;autonomie&#8221; technologique. D&#8217;autres, à l&#8217;image du <a href="http://ccc.de">Chaos Computer Club</a> allemand, cherchent aussi à interpeler les autorités sur les risques et possibilités des nouvelles technologies. Tous ont pour point commun d&#8217;organiser des ateliers, parce qu&#8217;il n&#8217;y a rien de mieux que de mettre les doigts dans les circuits, et les programmes, pour apprendre à vivre et se libérer <s>des</s> avec les nouvelles technologies.</p>
<p>/tmp/lab participe ainsi au lancement d&#8217;<a href="http://llaske.free.fr/olpcfrance/index.php?title=Accueil">Olpc France</a> (le projet d&#8217;ordinateur pour enfants à 100 dollars du MIT, dit <em>&#8220;one laptop oper child&#8221;</em>), et espère essaimer ce type de hacklabs un peu partout en France. </p>
<p>Une initiative d&#8217;autant plus à suivre que, comme le <a href="http://www.01net.com/editorial/382864/les-hackers-ont-rendez-vous-a-vitry-sur-seine/">souligne Philippe Crouzillacq dans <em>01net</em></a>, et comme nous l&#8217;avons déjà plusieurs fois <a href="http://www.internetactu.net/?s=hacking">écrit</a> sur InternetActu, en France, le hacking est plutôt mal perçu. Les (ex-)hackers préférant se présenter comme <em>&#8220;professionnels de la sécurité&#8221;</em>, et vendre leur compétence à de grandes entreprises, voire travailler pour les intérêts de la Défense nationale, plutôt que de participer, à visage découvert, à la vie de la cité.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/culture-libre/" title="culture libre" rel="tag nofollow">culture libre</a><br />
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		<title>Rendre visible l&#8217;invisible</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/04/08/rendre-visible-linvisible/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2008/04/08/rendre-visible-linvisible/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2008 11:50:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[Wi-fi et sans fil]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite à la consultation sur les RFiD de 2006, l&#8217;Union européenne conduit actuellement une consultation en ligne sur la confidentialité et les principes de sécurité des applications Rfid, en mettant en discussion les recommandations qu&#8217;elle s&#8217;apprête à formuler. Parmi celles-ci, la commission s&#8217;inquiète de l&#8217;invisibilité de la technologie : &#8220;Quand des applications Rfid sont implémentées dans les espaces publics, les&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à <a href="http://www.internetactu.net/2006/07/10/la-revolution-de-la-rfid-vue-par-lindustrie-et-les-syndicats/">la consultation sur les RFiD de 2006</a>, <a href="http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/forms/dispatch?form=RFIDRec">l&#8217;Union européenne conduit actuellement une consultation en ligne sur la confidentialité et les principes de sécurité des applications Rfid</a>, en mettant en discussion les recommandations qu&#8217;elle s&#8217;apprête à formuler. Parmi celles-ci, la commission s&#8217;inquiète de l&#8217;invisibilité de la technologie : <em>&#8220;Quand des applications Rfid sont implémentées dans les espaces publics, les opérateurs devraient informer les individus sur leur utilisation, par une signalisation claire, accessible à tous, qui explique la présence de lecteur Rfid. L&#8217;information devrait indiquer, le cas échéant, que les étiquettes et les lecteurs peuvent récupérer de l&#8217;information sans requérir une action de la part des individus.&#8221;</em></p>
<p><a href="http://www.nearfield.org/2008/03/the-eu-on-the-visibility-of-rfid">Une occasion pour Timo Arnal</a>, designer à l&#8217;Ecole d&#8217;architecture et de design d&#8217;Oslo, de rappeler son travail de conception de logos sur la présence et les usages possibles des systèmes pervasifs (voire <a href="http://www.internetactu.net/2007/11/14/la-rfid-a-portee-de-tous/">La RFiD à portée de tous</a>). Comment rendre visible l&#8217;invisible ? Comment prévenir les gens qu&#8217;ils peuvent télécharger ou déposer ici quelque chose d&#8217;invisible ? Pour Timo, il faut créer une taxonomie des risques orientés utilisateurs. Pour cela, il a imaginé un langage graphique pour signaler les usages possibles des étiquettes intelligentes.</p>
<p>Au printemps 2007, avec des étudiants conduits par <a href="http://immelie.wordpress.com/">Ingeborg Marie Dehs Thomas</a>, il a également imaginé toute une galerie de &#8220;monstres&#8221;, sur le modèle des catalogues d&#8217;histoire naturelle, pour représenter les différents signaux radios. Ces <a href="http://www.nearfield.org/downloads/Bubbles_of_radio.pdf">&#8220;bulles de radio&#8221; (.pdf)</a> avaient pour but d&#8217;explorer la perception des champs électromagnétiques et ont donné naissance à une courte <a href="http://www.nearfield.org/2007/12/fictional-radio-spaces">&#8220;Encyclopédie des ondes radios&#8221;</a>, contenant des espèces d&#8217;ondes fictionnelles, représentant les différentes manières dont les ondes habitent l&#8217;espace, comme les technologies Bluetooth, GSM, RFiD, Wi-Fi ou Zigbee. Une autre façon de donner une existence concrète à l&#8217;invisible.</p>
<p><a href="http://www.nearfield.org/downloads/Bubbles_of_radio.pdf"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/04/montresdesondes.jpg' alt='L'Encyclopédie des ondes radios' border='0' /></a></p>
<p>Dès 2005, Timo Arnall avait imaginé, lors d&#8217;un atelier, <a href="http://www.hcilab.org/events/mirw2006/pdf/mirw2006_proceedings.pdf">&#8220;un langage graphique pour le toucher&#8221; (.pdf)</a>. Dans ce travail exploratoire, il avait conçu un ensemble de logos pour représenter les différentes possibilités d&#8217;interagir avec des données invisibles. Un travail complété en 2007 par <a href="http://www.nearfield.org/2007/05/a-graphic-language-for-rfid">un langage graphique dédié aux RFiD</a> consacré là aussi, à décrire les possibilités d&#8217;interaction avec la technologie. Une façon d&#8217;interroger nos manières d&#8217;interagir : Comment visualiser la présence de RFiD ? Comment inviter les utilisateurs à toucher, à prendre, à ouvrir, à fermer, à s&#8217;identifier, à télécharger ?&#8230; Comment re-concevoir un distributeur de tickets ou un terminal de paiement à l&#8217;heure des transactions invisibles ? Comment optimiser la localisation, la forme, le placement des lecteurs RFiD ? Est-il utile de représenter les modes d&#8217;interactions possibles et les fonctionnalités proposées ? L&#8217;idée n&#8217;était pas seulement de signaler un risque éventuel, mais d&#8217;expliquer aux usagers, le contenu et la façon d&#8217;interagir.</p>
<p>Comme le signalait déjà Timo, cela pose plus de questions que cela n&#8217;en résout. <em>&#8220;Est-ce que les gens peuvent comprendre rapidement le sens de ces icônes ? Y&#8217;a-t-il des différences entre toucher et s&#8217;approcher ? Est-ce que les gens peuvent comprendre la bonne action dans un univers où différentes fonctions sont possibles ?&#8230;&#8221;</em></p>
<p><a href="http://www.nearfield.org/2008/03/the-eu-on-the-visibility-of-rfid"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/04/rfidtimoarnall.jpg' alt='rfidtimoarnall.jpg' border='0' /></a></p>
<p>Plus fonctionnel, signalons l&#8217;étonnant <a href="http://spectrumatlas.org/spectrum/">Atlas de l&#8217;espace électromagnétique</a> qui permet de voir le spectre d&#8217;onde des technologies superposé à une base de ressource de projets artistiques. Via <a href="http://www.ecrans.fr/Zoom-Atlas-de-l-espace,3653.html">Ecrans</a>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les Français veulent tracer les OGM, les Anglo-saxons les &#8220;malades&#8221;, et la Chine les Chinois</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/04/08/les-francais-veulent-tracer-les-ogm-les-anglo-saxons-les-malades-et-la-chine-les-chinois/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2008 06:01:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
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		<description><![CDATA[A qui profite la traçabilité ? Du point de vue industriel, les gains sont d&#8217;abord et avant tout d&#8217;ordre logistique. Mais qu&#8217;en est-il des consommateurs, et de la confiance qu&#8217;ils accordent (ou non) aux produits qui leur sont proposés, et donc à leurs fabricants, et distributeurs ?
Peu connue du grand public, GS1 (Global Standard, &#8220;1&#8243; pour unique et universel)&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A qui profite la traçabilité ? Du point de vue industriel, les gains sont d&#8217;abord et avant tout d&#8217;ordre logistique. Mais qu&#8217;en est-il des consommateurs, et de la confiance qu&#8217;ils accordent (ou non) aux produits qui leur sont proposés, et donc à leurs fabricants, et distributeurs ?</p>
<p><a href="http://www.gs1.fr/gs1_fr/actualites/le_code_a_barres_a_30_ans"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/04/codebarres.jpg' alt='Le code à barres a 30 ans' hspace="3" vspace="3" align="left" border="0" /></a>Peu connue du grand public, GS1 (Global Standard, &#8220;1&#8243; pour unique et universel) fédère quelque 30 000 entreprises en France (et un million dans le monde). Sa <a href="http://www.gs1.fr/gs1_fr/qui_sommes_nous/de_1972_a_nos_jours">mission</a> : accompagner &#8220;<em>l’émergence de standards internationaux qui optimisent les échanges d’informations entre l’industrie et le commerce et simplifient la vie quotidienne des consommateurs</em>&#8220;, et donc les codes-barres, étiquettes radiofréquence (RFiD) et autres EDI (Echange de données informatisé). </p>
<p>Dans <a href="http://www.gs1.fr/gs1_fr/a_la_une/tracabilite_et_consommateurs">une étude</a> sur &#8220;<a href="http://www.gs1.fr/gs1_fr/actualites/communiques_de_presse/communiques_de_presse_2008/la_tracabilite_au_coeur_de_l_actualite">la traçabilité perçue par les consommateurs des 5 continents</a>&#8221; (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Australie, Afrique du Sud, Brésil, Chine et Russie), GS1 et l&#8217;éditeur de logiciels <a href="http://www.traceone.eu/">Trace One</a> ont interrogé un échantillon représentatif de 4344 internautes, révélant les écarts de culture, et de perception, autour de cette notion de &#8220;<em>traçabilité</em>&#8220;.</p>
<h3>La différence entre aliment et médicament ? Le dosage&#8230;</h3>
<p>Ainsi, Français, Russes et Brésiliens s&#8217;intéressent tout particulièrement à l&#8217;alimentation, et plébiscitent la traçabilité de la viande, des produits laitiers, de la mer, frais et surgelés. La traçabilité des OGM est elle aussi considérée comme prioritaire par 66% des Brésiliens, 59% des Français, 55% des Chinois, mais seulement 36% des Britanniques, et&#8230; 19% des Américains.</p>
<p>Les Anglo-saxons, moins sensibles à la notion de traçabilité alimentaire, plébiscitent plutôt la traçabilité du courrier, mais aussi et surtout celle des &#8220;<em>personnes dépendantes ou dangereuses</em>&#8221; (65% des Britanniques, 57% des Américains et 58% des Australiens, contre 43% des Chinois, 42% des Français, et&#8230; 26% des Russes).</p>
<p>Comme le résume le Crédoc, dans son <a href="http://www.gs1.fr/gs1_fr/securedownload/dl/50029/465694/file/Barom%C3%A8tre%20Tra%C3%A7abilit%C3%A9Consommateurs.pdf">analyse (.pdf)</a> de l&#8217;étude :</p>
<blockquote><p>&#8220;Pour les Américains et les Britanniques, l&#8217;aliment et le médicament se situent sur un continuum, l&#8217;aliment est pensé en termes biochimiques et apparaît donc comme un composé ou une association de macro et micro nutriments. Il n&#8217;y a plus de différence entre l&#8217;aliment et le médicament, si ce n&#8217;est une différence de dosage. Par contre pour le Français, le médicament est associé au chimique, donc à l&#8217;artificiel, donc au toxique (&#8230;) En France, la tradition garantit le bien manger, dans les pays Anglo-Saxon, c&#8217;est le choix individuel, sur une base scientifico-médicale.&#8221;</p></blockquote>
<h3>Les Français sont plus effrayés que les autres</h3>
<p>A la question de savoir qui se portera garant de la traçabilité d&#8217;un produit, 73% des Russes et des Américains citent les fabricants, et 55% des Français et des Brésiliens les pouvoirs publics. 92% des Chinois font confiance aux supermarchés, mais seulement 50% des Français. </p>
<p><center><a href="http://www.pdcorp.com/fr/crowd-control/rfid_wristbands.html"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/04/rfid_wristbands.gif' alt='Bracelets RFID' /></a></center></p>
<p>Les risques les plus importants ? Le coût (62% des sondés), les contraintes pour les fabricants (53%) puis le fait de &#8220;<em>vivre dans une société où tout est contrôlé</em>&#8221; (51% de l&#8217;ensemble des sondés, mais 60% des anglo-saxons). Les internautes, étant invités à donner 3 réponses possibles, redoutent également, à 34%, le fait que &#8220;<em>tout sera fiché dans d&#8217;immenses bases de données</em>&#8221; ainsi que, pour 28% d&#8217;entre-eux, le &#8220;<em>climat de peur, de paranoïa</em>&#8221; que cela va créer.</p>
<p>Globalement, les sondés sont 60% à penser que la traçabilité représente des avantages, mais qu&#8217;elle devrait être contrôlé, 28% qu&#8217;elle devrait être développé, et 12% à en être effrayé. Là encore, les différences culturelles se précisent : 28% des Français se disent effrayés, contre 9% des Russes, et 2% des Chinois.</p>
<h3>La Chine, championne olympique de la RFiD</h3>
<p>19% seulement des sondés ont entendu parler de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Radio-identification">RFiD</a>, encore que les chiffres soient faussés par le taux de réponse des Chinois. En effet, seuls 5% des Britanniques et des Russes, et 7% des Français savent de quoi il s&#8217;agit, contre&#8230; 73% des Chinois ! </p>
<p><a href="http://www.taggedplanet.com/2006/11/12/chinese-babies-issued-id-cards.php"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/04/chinese-baby-id-card.thumbnail.jpg' alt='Chinese Babies Issued ID Cards' vspace="3" hspace="3" align="right" border="0" /></a>La raison est probablement à chercher du côté du fait que la Chine a décidé de généraliser l&#8217;utilisation de puces RFiD dans ses relations commerciales et process industriels (ne serait-ce qu&#8217;au regard des <a href="http://www.trends.be/fr/economie/politique-economique/12-1635-43458/la-chine-nous-empoisonne-t-elle-.html">scandales</a>, notamment <a href="http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2096">alimentaires</a>, répertoriés ces dernières années), mais aussi, voire surtout, du fait qu&#8217;elle a dépensé, l&#8217;an dernier, 1,65 milliard de dollars dans le plus grand <a href="http://www.idtechex.com/products/en/view.asp?productcategoryid=138">projet RFiD</a> recensé à ce jour dans le monde : doter 300 millions de Chinois de cartes d&#8217;identité RFiD, à l&#8217;approche des JO de Pékin.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		</item>
		<item>
		<title>Des &#8220;poussières intelligentes&#8221; pour surveiller l&#8217;internet des objets&#8230; et leurs utilisateurs</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/04/01/des-poussieres-intelligentes-pour-surveiller-linternet-des-objets-et-leurs-utilisateurs/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 10:48:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
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		<description><![CDATA[Les &#8220;poussières intelligentes&#8221; (&#8221;smart dust&#8221; en anglais) font frissonner, depuis des années, les prospectivistes de tous poils. L&#8217;idée : couvrir un territoire de micro-capteurs invisibles servant à surveiller les déplacements des gens ou des objets. 
Si l&#8217;on peut facilement imaginer les avantages que de tels systèmes pourraient apporter à l&#8217;étude et à la protection de l&#8217;environnement, on conçoit aussi aisément&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les &#8220;<em>poussières intelligentes</em>&#8221; (&#8221;<em>smart dust</em>&#8221; en anglais) font frissonner, depuis <a href="http://www.automatesintelligents.com/actu/031031_actu.html#actu10">des années</a>, les prospectivistes de tous poils. L&#8217;idée : couvrir un territoire de micro-capteurs invisibles servant à surveiller les déplacements des gens ou des objets. </p>
<p>Si l&#8217;on peut facilement imaginer les avantages que de <a href="http://www.internetactu.net/2007/05/02/quand-les-murs-auront-des-capteurs/">tels systèmes pourraient apporter à l&#8217;étude et à la protection de l&#8217;environnement</a>, on conçoit aussi aisément que d&#8217;aucuns <a href="http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article66">craignent</a> le déploiement de telles myriades de puces-espionnes, invisibles ou furtives.</p>
<p>Jusqu&#8217;ici, ces &#8220;<em>poussières intelligentes</em>&#8221; n&#8217;existaient qu&#8217;à l&#8217;état de fantasme. <a href="http://www.simplyrfid.com/support/SimplyRFID%20Support/Press%20Releases/2AF29E53-2640-4991-B6F7-BBABCE908446.html">Annoncé</a> en novembre dernier, le système &#8220;<em>clandestin</em>&#8221; de vidéosurveillance RFiD de <a href="http://www.simplyrfid.com/nox/html/Nox.html">Nox Defense</a> est probablement le premier à concrétiser -et commercialiser- une telle menace.</p>
<p><center><a href="http://www.simplyrfid.com/nox/index.html" title='Nox Defense'><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/noxblockunderearth.jpg' alt='Nox Defense' /></a></center></p>
<p>Ce &#8220;<em>périmètre invisible de défense technologique</em>&#8221; combine en effet vidéosurveillance (de &#8220;<em>très haute résolution</em>&#8220;) et puces RFiD, afin de suivre à la trace les objets, mais aussi, et à leur insu, ceux qui les auraient dérobés, quand bien même ils les auraient cachés <em>&#8220;dans une malette, sous leur veste ou dans leur chaussette&#8221;</em>. </p>
<p>Les puces sont en effet discrètement placées sur les objets à protéger, voire sur les badges des employés, et les capteurs &#8220;<em>clandestins</em>&#8221; répartis dans les murs, plafonds et planchers des bâtiments à surveiller (entrepôts, bureaux, hôpitaux, prisons, et même &#8220;<em>lieux de crimes possible&#8221;</em>). </p>
<p>Mieux : le système propose également de &#8220;<em>saupoudrer</em>&#8221; à même le sol des &#8220;<em>poussières d&#8217;identification</em>&#8221; (&#8221;<em>ID-Dust</em>&#8220;) afin qu&#8217;elles se collent aux semelles des &#8220;<em>voleurs et intrus (qui) ne voient rien : seul les employés de la sécurité connaissent l&#8217;existence du système et le personnel est surveillé sans son consentement</em>&#8220;. </p>
<p>Ces <a href="http://www.rfidjournal.com/article/articleview/3981/1/1/">poussières</a> sont en fait des fibres optiques microporeuses invisibles à l&#8217;oeil nu, mais qui luisent lorsqu&#8217;elles sont exposées au faisceau laser associé aux caméras de vidéosurveillance. </p>
<p>Contrairement aux systèmes de vidéosurveillance &#8220;<em>traditionnels</em>&#8220;, dont le fonctionnement nécessite la présence d&#8217;êtres humains devant les écrans &#8220;<em>au cas où</em>&#8221; il se passerait quelque chose, le système de Nox Defense ne s&#8217;active, lui, que lorsqu&#8217;il détecte un &#8220;<em>problème</em>&#8221; (c&#8217;est-à-dire lorsqu&#8217;une puce entre ou sort du périmètre sécurisé), afin d&#8217;activer les caméras de vidéosurveillance. </p>
<p>Les services de sécurité reçoivent alors une alerte sur leurs téléphones mobiles, afin de leur permettre de suivre, en direct et sur leur iPhone (comme le raconte <a href="http://industrywizards.com/index.php?option=com_content&#038;task=view&#038;id=350&#038;Itemid=173">IndustryWizards</a>) le vol en train de se faire, et d&#8217;en reconstituer un historique sur une cartographie du périmètre surveillé.</p>
<p>En sus de l&#8217;image de la scène qui a déclenché l&#8217;alerte, les surveillants disposent également, sur leur écran, des références de l&#8217;endroit et de l&#8217;heure de la prise de vue, ainsi que des identifiants associés aux objets et individus dotés de puces RFiD.</p>
<p>Dans son communiqué de presse, Simply RFiD avance que son système est d&#8217;ores et déjà utilisé par des services de renseignement dans le monde entier, mais que &#8220;<em>le marché commercial est tout aussi sérieux en terme de sécurité</em>&#8220;. L&#8217;objectif affiché est en effet de lutter contre les vols effectués par les employés. </p>
<p><center><a href="http://industrywizards.com/index.php?option=com_content&#038;task=view&#038;id=350&#038;Itemid=173"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/noxops2.jpg' alt='Nox Defense' /></a></center></p>
<p>Nox Défense préconise ainsi d&#8217;installer (de préférence de nuit, pour ne pas alerter les employés) leurs puces espionnes dans les escaliers, entrepôts, mais aussi dans les toilettes, qui seraient les lieux les plus utilisés par les employés indélicats pour cacher leurs méfaits. Conscient des risques d&#8217;atteintes à la vie privée, la société précise qu&#8217;elle n&#8217;installe que les puces dans les toilettes, les caméras restant à l&#8217;extérieur, placées en face de leurs portes.</p>
<p><a href="http://www.computerworld.com/action/article.do?command=viewArticleBasic&#038;articleId=9070358&#038;pageNumber=1">Interrogé par <em>ComputerWorld</em></a>, Carl Brown, le président de Simply RFiD, propose également de s&#8217;en servir dans les aéroports afin d&#8217;identifier, lors du passage à la douane, les puces qui auraient été discrètement placées dans les bagages de personnes que l&#8217;on chercherait à surveiller, ou saupoudrées dans des endroits placés sous surveillance.</p>
<p>L&#8217;avantage serait double : les puces RFiD ne coûtent que 20 cents l&#8217;unité, et, passives, elles ne sont pas détectables par les dispositifs de contre-surveillance électronique.</p>
<p><a href="http://simplyrfid.typepad.com/about.html">Simply RFiD</a>, la société mère de Nox Defense, <a href="http://simplyrfid.typepad.com/simplyrfid1/2007/10/rfid-propoganda.html">compterait</a> déjà, comme client, près de la moitié des 5000 fournisseurs de l&#8217;armée US amenés à utiliser la RFiD. Le déploiement de son système coûterait entre 50 et 500 000 $.</p>
<p>Reste à savoir qui inventera l&#8217;aspirateur qui nettoiera tout, sauf les puces RFiD saupoudrées au sol, ou qui sera précisément conçu pour trier de telles &#8220;<em>poussières d&#8217;identification</em>&#8221; pour les redisperser une fois le ménage effectué. Sans bien évidemment oublier les risques d&#8217;erreurs, de dispersions involontaires, d&#8217;usurpation d&#8217;identité, d&#8217;atteintes à la vie privée et autres dommages collatéraux.</p>
<p><center><a href='http://www.simplyrfid.com/nox/index.html' title='Nox Defense'><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/noxsitenovsplash3.jpg' alt='Nox Defense' /></a></center></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/realite-augmentee/" title="réalité augmentée" rel="tag nofollow">réalité augmentée</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>Expérimenter un écosystème RFID</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/03/05/experimenter-un-ecosysteme-rfid/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Mar 2008 08:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
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		<description><![CDATA[
Sur l&#8217;un de ses sites, le Paul Allen Center, un ensemble de bâtiment consacré à l&#8217;informatique, l&#8217;université de l&#8217;Etat de Washington a mis en place un réseau (baptisé &#8220;écosystème&#8221;) de 200 antennes qui capteront les mouvements d&#8217;une cinquantaine d&#8217;étudiants cobayes et de leur matériel (habits, gadgets high-tech, sacs, livres&#8230;) via des puces électroniques (RFID). Les informations récupérées seront publiées sur&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://rfid.cs.washington.edu/projects.html"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/rfidecosystem02.jpg' alt='rfidecosystem02.jpg' border='0' width='500' /></a></p>
<p>Sur l&#8217;un de ses sites, le Paul Allen Center, un ensemble de bâtiment consacré à l&#8217;informatique, l&#8217;université de l&#8217;Etat de Washington a mis en place un réseau (baptisé &#8220;écosystème&#8221;) de 200 antennes qui capteront les mouvements d&#8217;une cinquantaine d&#8217;étudiants cobayes et de leur matériel (habits, gadgets high-tech, sacs, livres&#8230;) via des puces électroniques (RFID). Les informations récupérées seront publiées sur le web et donneront lieu <a href="http://rfid.cs.washington.edu/projects.html">à de nombreuses applications</a> (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=DxZzDMQ7D4A">vidéo</a>): enregistrement sur Google Calendar des déplacements des participants pour nourrir leur réseau social, alerte par SMS ou e-mail pour prévenir qu&#8217;un ami se trouve à proximité&#8230; Une cartographie permettra ainsi de localiser les objets où les personnes, avec lesquels ont a échangé des droits d&#8217;utilisation (on peut repérer ses clefs mais pas celles d&#8217;un autre, on ne peut localiser un ami ou un collègue que s&#8217;il vous y a autorisé&#8230;). Une autre application, Rfidder, utilise les évènements détectés par l&#8217;&#8221;écosystème&#8221; pour informer du statut des utilisateurs (&#8221;Kai est entré dans le laboratoire Ubicomp&#8221;, &#8220;Turiya déjeune avec Ying&#8221;&#8230;). Rfidder est accessible via le web et un mobile et peut être connecté à Twitter. </p>
<p><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/DxZzDMQ7D4A"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/DxZzDMQ7D4A" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="355"></embed></object></p>
<p><a href="http://rfid.cs.washington.edu/projects.html"><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/03/rfidecosystem01.jpg' alt='rfidecosystem01.jpg' border='0' hspace='6' vspace='6' align='left' /></a>Le projet <a href="http://rfid.cs.washington.edu">RFID Ecosystem</a> a pour but d&#8217;explorer les effets complexes de la surveillance permanente et réciproque des gens et des objets, explique son promoteur, Magda Balazinska : <em>&#8220;Nous voulons observer comment un groupe de personnes utilise ces outils, s&#8217;ils les trouvent utiles ou pas, comment ils les adoptent&#8230;&#8221;</em>. L&#8217;idée est de mieux comprendre comment se déplacent l&#8217;intimité et la confidentialité dans un tel environnement. Comment les informations s&#8217;imbriquent-elles entre les gens et les objets ? Comment, dans la pratique, l&#8217;information recueillie est-elle vraiment exploitable ? Le système ne va-t-il pas faire disparaître des signaux faibles essentiels et sur-évaluer des informations redondantes ?&#8230; Les chercheurs expliquent qu&#8217;ils veulent mieux comprendre les arbitrages entre intimité et utilité : <em>&#8220;Les applications Rfid sont-elles vraiment utiles ? Comment peuvent-elles être conçues pour minimiser la perte d&#8217;intimité ? Finalement, si ces applications sont réellement utiles, est-ce que leur utilité dépasse [en avantages, en facilité, en commodité...] la perte potentielle de vie privée qu&#8217;ils supposent ?&#8221;</em> </p>
<p><em>&#8220;Nous nous inquiétons que ces technologies soient implémentées trop rapidement, c&#8217;est pourquoi nous voulons avec ce système explorer cela dans un environnement contrôlé pour informer le public et les décideurs des questions auxquelles nous devrons faire face&#8221;</em>, <a href="http://uwnews.washington.edu/ni/article.asp?articleID=39698">conclut Magda Balazinska</a>.</p>
<p>Assurément, une expérimentation dont il faudra venir lire les enseignements.</p>
<p>Via <a href="http://blog.wired.com/wiredscience/2008/02/social-networks.html">Wired et </a><a href="http://www.atelier.fr/article.php?artid=36014">l&#8217;Atelier</a>.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;informatique ambiante piratée</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2008/02/19/linformatique-ambiante-piratee/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2008/02/19/linformatique-ambiante-piratee/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Feb 2008 10:37:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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		<description><![CDATA[Le dôme de l&#8217;Institut de technologie du Massachusetts (MIT) rhabillé en R2D2, la façade d&#8217;un immeuble transformée en feu de circulation géant et sauvage, un panneau de signalisation lumineux qui annonce que l&#8217;un des ponts de la ville va être fermé en hommage à Godzilla&#8230;
Le hacking fait partie de la culture du MIT. C&#8217;est là que le terme de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href='http://hacks.mit.edu/Hacks/by_year/1999/r2d2/' title='MIT R2D2'><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/02/r2d2.thumbnail.jpg' alt='MIT R2D2' vspace="4" hspace="4" align="right" border="0" /></a>Le dôme de l&#8217;Institut de technologie du Massachusetts (MIT) <a href="http://hacks.mit.edu/Hacks/by_year/1999/r2d2/">rhabillé</a> en R2D2, la façade d&#8217;un immeuble transformée en feu de <a href="http://hacks.mit.edu/Hacks/by_year/2007/e25_trafficlight/">circulation</a> géant et sauvage, un panneau de signalisation lumineux qui <a href="http://hacks.mit.edu/Hacks/by_year/2007/sign_hacked/">annonce</a> que l&#8217;un des ponts de la ville va être fermé en hommage à Godzilla&#8230;</p>
<p>Le hacking fait partie de la <a href="http://hacks.mit.edu/">culture</a> du MIT. C&#8217;est là que le terme de &#8220;hacker&#8221; a été <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hack_(technology_slang)">inventé</a>, là aussi que le hacking a acquis ses <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/MIT_hack">lettres de noblesse</a>, avant que le terme ne soit repris, et détourné de son <a href="http://www.secuser.com/dossiers/devenir_hacker.htm">sens originel</a>, pour désigner le piratage informatique. Initialement, le terme ne relevait pas particulièrement du seul vocabulaire informatique, et visait à désigner une façon ingénieuse de contourner un obstacle technique. </p>
<p>Après s&#8217;être focalisé sur le seul monde de l&#8217;internet, il commence aujourd&#8217;hui à revenir à l&#8217;espace physique, grâce au retour en force du &#8220;<em>Do It Yourself</em>&#8220;, mais aussi à mesure que se développe l&#8217;informatique omniprésente.</p>
<p>Dans son classement des hacks &#8220;<em>les plus cools</em>&#8221; de l&#8217;année 2007, le magazine <a href="http://www.darkreading.com/document.asp?doc_id=145319&#038;WT.svl=news1_1">Dark Reading</a> évoque lui aussi le piratage de panneaux de signalisation électroniques, mais aussi l&#8217;espionnage d&#8217;oreillettes BlueTooth qui, non protégées, deviennent autant de micro-espions, ou encore la découverte d&#8217;une technique permettant de pirater un ordinateur à partir d&#8217;un&#8230; <a href="http://www.darkreading.com/document.asp?doc_id=141404">grille-pain</a>. </p>
<p><em>[Mise A Jour : la vidéo qui illustrait précédemment ce billet, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=32JgSJYpL8o">Hacking the highway traffic signs - subtitled</a>, fait en réalité partie d'une série de soit-disant "<a href="http://www.youtube.com/user/maxcornelisse">hacks</a>" destinés à faire du buzz autour d'une <a href="http://www.infosupport.nl/max">école</a> d'informatique néerlandaise]</em></p>
<p>Il est aussi question de ces cadres photos numériques (l&#8217;un des succès commerciaux high-tech de ce dernier Noël) vendus alors qu&#8217;ils étaient <a href="http://techno.branchez-vous.com/actualite/2008/01/best_buy_des_cadres_pour_photo.html">contaminés</a> par un virus informatique afin d&#8217;infecter les PC auxquels ils allaient être reliés par USB ou connexion WiFi, un risque également <a href="http://www.securite-informatique.gouv.fr/gp_rubrique10.html">pointé</a> du doigt par le Centre d&#8217;expertise gouvernemental de réponse et de traitement des attaques informatiques (Certa) sur le site <a href="http://www.securite-informatique.gouv.fr/">securite-informatique.gouv.fr</a>, qu&#8217;il vient de lancer. Dark Reading et le Certa évoquent tous deux le <a href="http://aaron.weaver2.googlepages.com/CrossSitePrinting.pdf">détournement (.pdf)</a> de périphériques reliés à des intranets afin d&#8217;envoyer des télécopies, d&#8217;imprimer des documents, et donc de spammer, ou encore d&#8217;usurper une identité.</p>
<p>Dark Reading évoque enfin :</p>
<ul>
<li>le <a href="http://www.darkreading.com/document.asp?doc_id=120688">détournement</a> de systèmes électroniques de navigation des voitures, afin de leur faire perdre leur chemin, d&#8217;éteindre la climatisation ou encore de saturer l&#8217;électronique embarquée; </li>
<li>le vol de cookies et d&#8217;identifiants de sessions de ceux qui se connectent en Wi-Fi afin d&#8217;<a href="http://www.darkreading.com/document.asp?doc_id=130692">usurper</a> leur identité; </li>
<li>le <a href="http://www.darkreading.com/document.asp?doc_id=128474">piratage</a> des systèmes informatiques bancaires qui, ne pouvant être déconnectés, et ne reposant pas sur les protocoles standards de l&#8217;internet, ne peuvent être sécurisés comme le sont les réseaux informatiques plus &#8220;<em>classiques</em>&#8220;; </li>
<li>l&#8217;<a href="http://www.darkreading.com/document.asp?doc_id=127561">écoute</a> des puces RFiD dont sont dotées les cargaisons embarquées dans les camions de fret afin, soit de savoir quels sont ceux qui valent la peine d&#8217;être volés, soit d&#8217;espionner la concurrence (une technique que nous avions déjà <a href="http://www.internetactu.net/2007/07/13/payes-pour-pirater-la-rfid/">évoquée</a> l&#8217;an passé). </li>
</ul>
<p>Dans le même genre, on peut aussi chercher, sur <a href="http://www.zuneo.fr/2005/01/google-indexe-les-cameras-de-securit.html">Google</a>, ou via le <a href="http://www.dailymotion.com/video/x3pxau_workshop-dorkbot-les-mondes-hors-pi_politics">Wi-Fi</a>, les caméras de vidéosurveillance par IP dont le réseau n&#8217;a pas été sécurisé, et même, dans certains cas, en prendre le contrôle depuis l&#8217;extérieur. </p>
<p><a href='http://www.tvbgone.com/' title='TV-B-Gone'><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2008/02/tv-b-gone.thumbnail.jpg' alt='TV-B-Gone' hspace="4" vspace="4" align="right" border="0" /></a>Au-delà des problèmes de sécurité que cela peut engendrer, de tels bidouillages ont également tendance à se démocratiser au prorata des nuisances que les technologies concernées peuvent engendrer. Les blogueurs de Gizmodo ont ainsi récemment fait <a href="http://gizmodo.com/344447/giz-banned-for-life-and-loving-it-on-pranks-and-civil-disobedience-at-ces">scandale</a> en se permettant d&#8217;<a href="http://gizmodo.com/343348/confessions-the-meanest-thing-gizmodo-did-at-ces">éteindre</a> nombre d&#8217;écrans lors du dernier International Consumer Electronics Show (CES) au moyen d&#8217;une <a href="http://www.tvbgone.com/">TV-B-Gone</a>, cette télécommande universelle dotée d&#8217;un seul bouton : OFF. Celle-ci leur avait été confiée par <a href="http://store.makezine.com/ProductDetails.asp?ProductCode=MKTVBGOKIT">Make:</a>, le plus célèbre des sites grands publics de bidouillages high-tech. </p>
<p>Sur <a href="http://www.instructables.com">Instructables</a>, un site du même acabit créé par des anciens du MIT, on trouve ainsi des modes d&#8217;emploi pour adapter aux fréquences locales les <a href="http://www.instructables.com/id/Modifying-a-Cheap-Portable-Cellphone-Jammer/">brouilleurs</a> de téléphone portable vendus par <a href="http://www.dealextreme.com/details.dx/sku.4355">DealExtreme</a>, un site de vente en ligne de gadgets &#8220;<em>made in China</em>&#8220;, pour transformer un portefeuille afin qu&#8217;il <a href="http://www.instructables.com/id/RFID-Secure-Wallet/">bloque</a> les puces RFiD, pour <a href="http://www.instructables.com/id/How-To-Fool-a-Fingerprint-Security-System-As-Easy-/">flouer</a> certains dispositifs de reconnaissance biométriques, ou encore pour&#8230; <a href="http://www.instructables.com/id/SJZ1K9KF8MMCD19/?ALLSTEPS">profiter</a> facilement et gratuitement des contenus réservés aux seuls abonnés payants d&#8217;Instructables.com.</p>
<p>Des bidouillages qui ne sont plus réservés aux seuls initiés, mais accessibles à tous, par le biais d&#8217;instructions clairement détaillées sur les nombreux forums qui leurs sont dédiés : plus de 25% des iPhone vendus aux USA auraient été <a href=http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2008/01/20080131-104257.html">déverrouillés</a>. </p>
<p>Mais l&#8217;une des démonstrations les plus spectaculaires, probablement, qui aient jamais été faite des limites, fausses bonnes idées, et détournements possibles d&#8217;une technologie, fut effectuée, en 2006, par Kevin Mahaffey, de la société <a href="http://web.archive.org/web/20070128132048/http://www.flexilis.com/epassport.php">Flexilis</a>, spécialiste de la sécurité des mobiles. Pour démontrer que l&#8217;insertion de puces RFiD dans les papiers d&#8217;identité n&#8217;était pas forcément une bonne idée, il a <a href="http://www.xmcopartners.com/article-blackhat.html">exposé</a> comment des terroristes pourraient précisément s&#8217;en servir afin de ne déclencher leurs bombes qu&#8217;à proximité de tels papiers &#8220;sécurisés&#8221; par ce genre de puces sans contact&#8230; ou comment une mesure sécuritaire peut faciliter, a contrario, les visées des terroristes :</p>
<p><center><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/-XXaqraF7pI&#038;rel=1"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/-XXaqraF7pI&#038;rel=1" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="355"></embed></object><br /><a href="http://www.youtube.com/watch?v=-XXaqraF7pI">RFID Passport Shield Failure Demo</a></center></p>
<p>Voir aussi : <a href="http://www.internetactu.net/2006/02/13/la-surveillance-high-tech-est-elle-soluble-dans-le-low-tech/">La surveillance high-tech est-elle soluble dans le low-tech ?</a></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Jusqu&#8217;où un musée peut-il être &#8220;intelligent&#8221; ?</title>
		<link>http://www.internetactu.net/2007/11/23/jusquou-un-musee-peut-il-etre-intelligent/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2007/11/23/jusquou-un-musee-peut-il-etre-intelligent/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Nov 2007 10:10:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;intelligence ambiante est-elle soluble dans la culture ? Un musée peut-il équiper ses visiteurs de puces RFiD sans être accusé de flicage ? Et comment faire de sorte que les nouvelles technologies ne soient plus perçues comme d&#8217;abord et avant tout sécuritaires ? Faut-il cacher les technologies pour mieux en faciliter la compréhension ? Jusqu&#8217;où peut-on aller dans l&#8217;observation des&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;intelligence ambiante est-elle soluble dans la culture ? Un musée peut-il équiper ses visiteurs de puces RFiD sans être accusé de flicage ? Et comment faire de sorte que les nouvelles technologies ne soient plus perçues comme d&#8217;abord et avant tout sécuritaires ? Faut-il cacher les technologies pour mieux en faciliter la compréhension ? Jusqu&#8217;où peut-on aller dans l&#8217;observation des usagers, et dans l&#8217;&#8221;<em>amélioration</em>&#8221; de leurs perceptions ?</p>
<p>Telles sont quelques-unes des questions soulevées par l&#8217;&#8221;<em>expérimentation technologique portant sur l&#8217;observation du comportement des visiteurs</em>&#8221; effectuée lors de l&#8217;exposition &#8220;<em><a href="http://www.museum-lyon.org/expo_temporaires/ni_vu_ni_connu/">Ni vu, ni connu</a></em>&#8220;, présentée au Musée des Confluences, à Lyon, en 2005-2006.</p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/ocim.jpg' alt='La lettre de l'OCIM : Observer les publics' hspace="4" vspace="4" align="left"  />Le <a href="http://www.ocim.fr/La-lettre-de-l-OCIM-Sommaire-du,697">n° 113</a> de septembre 2007 de la lettre de l&#8217;Office de coopération et d&#8217;information muséographiques (Ocim) revient <a href="http://multicom.imag.fr/recherche/?type=article&#038;id_article=100&#038;Mode=ArticleListe">en détail (.pdf)</a> sur cette &#8220;<em>scénographie de camouflages</em>&#8221; ayant servi de plateforme de test à un &#8220;<em>démonstrateur RFiD</em>&#8221; conçu par <a href="http://multicom.imag.fr/recherche/?type=article&#038;id_article=1">Multicom</a>, l&#8217;équipe de recherche du LIG (Laboratoire d&#8217;Informatique de Grenoble) dédiée à la conception et l&#8217;évaluation des systèmes interactifs, et donc à l&#8217;étude de l&#8217;activité des utilisateurs. </p>
<p>Officiellement consacrée aux diverses formes de camouflage, en matière de sciences de la vie, humaines ou sociales, du monde militaire, de la séduction et de la mode, la télé-réalité, la publicité&#8230; l&#8217;exposition avait aussi, écrivent les responsables de l&#8217;exposition, un autre but, caché : </p>
<blockquote><p>&#8220;Il nous importait de montrer le fonctionnement et l&#8217;utilisation accrue dans notre vie quotidienne de certaines technologies de l&#8217;information dites « pervasives » (omniprésentes). (&#8230;) </p>
<p>Nous souhaitions que le visiteur vive une véritable expérience de « surveillance » sans y être préparé pour que la surprise et la réaction provoquées au moment de sa découverte lui permettent une réflexion d&#8217;ordre éthique sur une problématique sociale et politique contemporaine : quelles peuvent être les conséquences possibles de l&#8217;utilisation des technologies capables de détecter, stocker et transmettre des informations personnelles et de notre vie quotidienne ?&#8221;</p></blockquote>
<p><strong>Un musée pour &#8220;people-iser&#8221; la Cnil</strong></p>
<p>Pour cela, les organisateurs avaient décidé de &#8220;<em>camoufler une puce RFID dans une carte donnée au visiteur à l&#8217;entrée de sa visite de l&#8217;exposition, de collecter à son insu un certain nombre de renseignements dans certaines zones du parcours pour les lui révéler en fin de visite et ouvrir le débat sur les caractéristiques de ces technologies</em>&#8220;. Cette expérience de &#8220;<em>médiation participative, impliquante, ludique et réflexive</em>&#8221; se doublait ainsi d&#8217;un dispositif d&#8217;observation et de surveillance du comportement du public tout au long de son parcours de visite : </p>
<blockquote><p>&#8220;Secondairement ce choix nous offrait également la possibilité de récolter un certain nombre d&#8217;informations sur l&#8217;ensemble du parcours des visiteurs dans l&#8217;exposition, l&#8217;usage, l&#8217;ergonomie et la fiabilité des systèmes interactifs et de ce système d&#8217;identification automatique. (&#8230;) </p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/rfid_nivuniconnu.jpg' alt='Ni vu, ni connu (RFiD)' hspace="4" vspace="4" align="right" width="50%" />L&#8217;utilisateur était suivi, identifié, reconnu, photographié, puis à la sortie du parcours sa photographie et l&#8217;identité qu&#8217;il nous avait fournie étaient affichées à la « Une » d&#8217;un journal « people » fictif qui lui était uniquement destiné. </p>
<p>S&#8217;ensuivaient alors une explication du procédé utilisé dans l&#8217;exposition, une information sur l&#8217;utilisation des systèmes d&#8217;identification automatique par radiofréquence et une communication sur le rôle de la Commission nationale de l&#8217;Informatique et des Libertés (CNIL) et sur les droits et protections du citoyen. </p>
<p>Le visiteur avait alors le choix de détruire les informations le concernant ou bien de se les faire envoyer à son adresse courriel. Elles étaient accompagnées de la « Une » du journal « people » et d&#8217;une information sur le rôle et le fonctionnement de la CNIL.&#8221;</p></blockquote>
<p><strong>Bugs : la moitié des visiteurs ne jouent pas le jeu</strong></p>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/aff_nivuniconnu.jpg' alt='Affiche de l'exposition Ni vu, ni connu' hspace="4" vspace="4" align="left" width="30%" />L&#8217;étude préliminaire des parcours a &#8220;<em>révélé un certain nombre de données a priori incohérentes</em>&#8221; : absence de passage à l&#8217;accueil, déplacements impossibles, passages comptabilisés plusieurs fois&#8230; La faute à des &#8220;<em>anomalies techniques</em>&#8221; (19 des 492 cartes distribuées n&#8217;ont pas été détectées), ainsi qu&#8217;à des &#8220;<em>erreurs</em>&#8221; dans le protocole : les cartes étaient censées n&#8217;être utilisées qu&#8217;une seule fois par jour, mais certaines, retournées à l&#8217;accueil au lieu d&#8217;être déposées dans une urne à la sortie, ont servi plusieurs fois. Et 12% d&#8217;entre elles, emportées par les visiteurs, ont été perdues. </p>
<p>Au final, 46,3% seulement des visiteurs ont réalisé le parcours complet de l&#8217;exposition tel qu&#8217;il était prévu dans le scénario, 17% un &#8220;<em>parcours minimum</em>&#8220;, 11% un &#8220;<em>parcours imprévu</em>&#8221; (dont 8% parce qu&#8217;ils sont partis avec leur badge), le quart restant ayant effectué un parcours étrangement qualifié d&#8217;&#8221;<em>incomplet</em>&#8221; : leur comportement n&#8217;est en effet nullement mis en cause, c&#8217;est le dispositif technique de prise de photos qui n&#8217;a pas fonctionné, dans 23% des cas.</p>
<p><strong>Un imaginaire fortement connoté</strong></p>
<p>L&#8217;enquête qualitative effectuée auprès de 18 des visiteurs ainsi surveillés souligne la confusion dans laquelle baigne encore la RFiD : ils en ont bien entendu parler, mais peu savent vraiment ce dont il s&#8217;agit. De plus : </p>
<blockquote><p>&#8220;Lorsque c&#8217;est le cas, les applications évoquées montrent une confusion avec les technologies de géolocalisation aux applications sécuritaires, comme la surveillance de condamnés, militaires, ou scientifiques, comme l&#8217;observation de la faune. </p>
<p>L&#8217;imaginaire collectif lié à cette technologie est également très influencé par la littérature et le cinéma de fiction qui constituent un cadre commun de références. Lorsque que l&#8217;explication du système RFID est dévoilée au visiteur, apparaissent des références à la biométrie, la biotechnologie, au flicage (&#8221;big brother, &#8220;Minority report&#8221;), à la vidéosurveillance&#8230; des applications largement exploitées par la fiction et qui ont généré ou formaté un imaginaire fortement connoté.&#8221;</p></blockquote>
<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/rfid_nivuniconnu2.jpg' alt='Ni vu, ni connu (RFiD)'  hspace="4" vspace="4" align="right" width="50%" />Pour la plupart des interviewés, la RFiD n&#8217;est qu&#8217;un &#8220;<em>système de comptage et de traçage à l&#8217;image des applications de ces puces dans d&#8217;autres domaines : applications sécuritaires, statistiques, marketing&#8230;</em>&#8220;. S&#8217;ils comprennent spontanément les problèmes éthiques et de vie privée que cela peut poser, leur réflexion s&#8217;arrête tout net : </p>
<blockquote><p>&#8220;L&#8217;absence quasi-totale de référence spontanée à un encadrement juridique de l&#8217;utilisation des technologies de contrôle est l&#8217;un des résultats les plus nets de l&#8217;enquête. Le besoin d&#8217;exercer un contrôle sur les données personnelles enregistrées par le système est très faible et se décline sous deux formes majeures : une posture renvoyant à la dérision ou l&#8217;indifférence (« noyé dans la masse ») ou une posture relevant du fatalisme (inexorable, « on est déjà fiché »).&#8221;</p></blockquote>
<p>Le dispositif d&#8217;observation des usagers avait pourtant été déclaré à la CNIL, qui avait d&#8217;ailleurs souhaité être partenaire du projet &#8220;<em>pour connaître la perception et l&#8217;avis des visiteurs sur leur suivi par la technologie des étiquettes radiofréquence</em>&#8220;. Faute d&#8217;une deuxième demande d&#8217;autorisation, les profils enregistrés via la RFiD n&#8217;ont pu être croisés avec l&#8217;enquête qualitative effectuée à l&#8217;issue de l&#8217;exposition, et l&#8217;on ne sait pas ce que la CNIL a retiré du projet.</p>
<p><strong>Le bon &#8220;profil&#8221; des &#8220;usagers&#8221; de lieux culturels</strong></p>
<p><a href='http://multicom.imag.fr/index.php?type=article&#038;id_rubrique=10&#038;id_article=70' title='Étude de la capacité de détection des puces RFID'><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/arton70.png' alt='Étude de la capacité de détection des puces RFID' hspace="4" vspace="4" align="right" border="0" /></a>Force est néanmoins de constater que la possibilité que la RFiD puisse servir d&#8217;outil de médiation entre le musée et ses visiteurs ne semble pas encore vraiment intéresser les visiteurs : </p>
<blockquote><p>&#8220;Les usagers sont peu favorables à cette idée d&#8217;une personnalisation de l&#8217;offre qui fige l&#8217;individu dans un profil défini. La spécificité du lieu culturel comme lieu de création tient justement à cette capacité de surprendre, de proposer des offres qui ne vont pas systématiquement dans le sens des attentes des publics, qui les surprennent, les amènent vers des territoires méconnus voire inconnus. </p>
<p>La tentative de proposer des offres « sur mesure » s&#8217;inscrit en faux par rapport à la philosophie du projet culturel. Les visiteurs souscrivent à ce projet lorsqu&#8217;ils rejettent l&#8217;idée d&#8217;un musée qui utiliserait les technologies de personnalisation pour se contenter de leur offrir ce qu&#8217;ils demandent ou ce qui correspond à leur « profil ».&#8221;</p></blockquote>
<p>En <a href="http://www.erasme.org/IMG/pdf/rap_final_rfid.pdf">conclusion (.pdf)</a> de leur étude, les organisateurs de l&#8217;exposition recommandent de : </p>
<ul>
<li>Ne pas occasionner une gêne supplémentaire à la visite du musée en remettant le dispositif RFID au visiteur (carte, ticket ou autre) ;</li>
<li>Jouer la transparence : informer l&#8217;utilisateur sur les technologies utilisées, sur l&#8217;utilisation des données personnelles et garantir la confidentialité et la destruction de ces données si nécessaire, ainsi que la possibilité pour les utilisateurs de se soustraire au dispositif;</li>
<li>Dans la logique d&#8217;interactivité ou d&#8217;immersion proposée par certains dispositifs de médiation, préserver un rôle actif et dominant au visiteur qui redoute d&#8217;être manipulé;</li>
<li>Utiliser les technologies RFID comme moyen de conception participative et dynamique (et) entretenir une relation ludique avec les visiteurs;</li>
<li>Considérer les problématiques sociales liées à ces technologies (ex. politiques sécuritaires et marchandes&#8230;) qui structurent les représentations et les pratiques.</li>
</ul>
<p><strong>Cacher la techno aux enfants, pour mieux les y intéresser</strong></p>
<p>Revenant sur l&#8217;exposition &#8220;Ni vu, ni connu&#8221;, ils rappellent à quel point la RFiD n&#8217;est que l&#8217;un des nombreux biais par lequel nous pourrons être reliés, sinon connectés, aux musées :</p>
<blockquote><p>&#8220;Au-delà de la technologie RFiD, cette expérience permet de réfléchir plus largement au rôle des systèmes d&#8217;intelligence ambiante dans les musées. Bien que modeste au niveau des performances (RFiD uniquement) le dispositif testé est représentatif de fonctionnalités typiques des systèmes d&#8217;intelligence ambiante, c&#8217;est-à-dire sensible au contexte : le visiteur, les objets, l&#8217;environnement et fonctionnant de manière « proactive et pervasive » : autonomie de fonctionnement, anticipation, transparent pour l&#8217;utilisateur&#8230;</p>
<p>C&#8217;est donc c&#8217;est la possibilité d&#8217;utiliser ce type de technologie « sensible au contexte » qui pose question. Il sera possible d&#8217;aller beaucoup plus loin dans l&#8217;interactivité et « l&#8217;immersion » dans les années à venir, grâce notamment à la possibilité d&#8217;utiliser des capteurs (mouvement, présence, ambiance et pourquoi pas état psychologique : plaisir/ennui&#8230; du visiteur).&#8221;</p></blockquote>
<p>L&#8217;objectif est en effet de tester d&#8217;éventuelles applications de la RFiD (pour &#8220;<em><a href="http://www.slideshare.net/yamartin/technologies-confluences/">personnaliser</a> la visite et emporter avec soi l&#8217;exposition</em>&#8220;) au sein du futur <a href="http://www.museedesconfluences.fr/">Musée des Confluences</a>, musée des sciences et des sociétés encore en chantier et qui doit succéder au Muséum de Lyon. </p>
<p>Dans ce <a href="http://reseau.erasme.org/-MUSEOLAB-">MuséoLab</a>, centre d&#8217;expérimentation multimédia qui s&#8217;interroge sur l&#8217;<a href="http://www.slideshare.net/yamartin/technologies-confluences" title="View 'Technologies à Confluences' on SlideShare">utilisation des nouvelles technologies dans le musée</a>, &#8220;<em>un bâtiment sensible à ses visiteurs</em>&#8220;, &#8220;<em>très numérique mais sans écrans ni claviers ni souris</em>&#8220;, on veut &#8220;<em>participer à l&#8217;&#8221;enchantement&#8221; du visiteur et multiplier les expériences sensorielles</em>&#8220;. Les visiteurs se voient ainsi proposer un badge RFiD afin de personnaliser l&#8217;exposition, de &#8220;<em>marquer des éléments à retrouver en ligne</em>&#8220;, de &#8220;<em>pouvoir emporter avec soi l&#8217;exposition</em>&#8220;, et, pour le musée, d&#8217;agréger des statistiques sur les usages.</p>
<div align="center"><object width="425" height="252"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/51ZgtfxF6SGjgfsJ5"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/51ZgtfxF6SGjgfsJ5" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="252" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object></div>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x26zmr_museolab">MUSEOLAB</a> <i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/Erasme_Museolab">Erasme_Museolab</a></i></p>
<p>Le Musée n&#8217;en est pas à sa première expérimentation du genre. En décembre 2006, il avait ainsi proposé à des enfants de 8 à 12 ans un jeu de piste RFiD &#8220;<em>dans lequel la technologie permet une certaine magie tout en étant apparemment peu présente</em>&#8220;. Intitulée &#8220;<a href="http://www.erasme.org/Objets-en-Transit-Jeu-de-piste,1190">Objets en transit</a>&#8220;, son objectif était de &#8220;<em>masquer la technologie et, en même temps, d&#8217;offrir aux visiteurs la possibilité de manipuler un système complexe, un ordinateur, des puces RFiD, la reconnaissance de mouvements&#8230;</em>&#8220;. </p>
<div align="center"><object width="425" height="252"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/1TG9ZeWcqpPswfsKN"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/1TG9ZeWcqpPswfsKN" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="252" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object></div>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x26zpp_objet-en-transit_school">Objet en transit</a> <i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/Erasme_Museolab">Erasme_Museolab</a></i></p>
<p>Cette façon de &#8220;<em>cacher</em>&#8221; la technologie pour mieux la fondre dans l&#8217;espace ambiant, au prétexte de pouvoir plus et mieux intéresser les enfants, peut étonner, et tranche avec la volonté de &#8220;<em>transparence</em>&#8221; précédemment évoquée. Mais, comme le notent deux des responsables du musée, en exergue de leur article sur l&#8217;exposition &#8220;<em>Ni vu, ni connu</em>&#8220;, reprenant &#8220;<em>Le Prince</em>&#8221; de Machiavel : </p>
<blockquote><p>« Les hommes en général jugent plus par les yeux que par les mains ; car il échoit à chacun de voir, à peu de gens de percevoir. Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es ».</p></blockquote>
<p><em>Voir aussi les <a href="http://www.erasme.org/Ni-Vu-Ni-Connu-Experimentation">documents de synthèse</a> sur l&#8217;expérimentation faite lors de l&#8217;exposition &#8220;</em><em>Ni vu, ni connu</em>&#8221; et les actes de la rencontre consacrée aux <a href="http://reseau.erasme.org/5-juin-rencontre-sur-les?var_mode=calcul">technologies de l&#8217;information au musée</a> et qui s&#8217;est tenue en juin dernier au centre Erasme de développement de l&#8217;utilisation des technologies de l&#8217;information au sein du Département du Rhône, ainsi que l&#8217;<a href="http://www.erasme.org/Les-RFID-possibilites-pour-les">étude</a> commandée à Multicom sur les possibilités des différentes normes RFiD pour les musées.</p>
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		<title>Prenez un siège</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Nov 2007 14:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Rfid]]></category>
		<category><![CDATA[Robotique]]></category>
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		<description><![CDATA[
La robotisation de notre environnement est une des perspectives que décrit l&#8217;internet des objets, dont on commence à voir apparaître des prototypes plus intéressants que ce que nous proposait jusqu&#8217;alors la domotique. Après la lampe robotisée, voici le siège robot. 
Jelte van Geest, étudiant à la Eindhoven Design Academy propose à l&#8217;utilisateur de bénéficier d&#8217;un siège mobile et interactif, qui&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2007/11/takeaseateindovhen.jpg' alt='Image du projet Take a Seat, réalisé par Jelte van Geest' /></p>
<p>La robotisation de notre environnement est une des perspectives que décrit <a href="http://www.itu.int/itunews/manager/display.asp?lang=fr&#038;year=2005&#038;issue=09&#038;ipage=things&#038;ext=html">l&#8217;internet des objets</a>, dont on commence à voir apparaître des prototypes plus intéressants que ce que nous proposait jusqu&#8217;alors la domotique. Après <a href="http://www.internetactu.net/?p=7143">la lampe robotisée</a>, voici le siège robot. </p>
<p><a href="http://www.jeltevangeest.nl/">Jelte van Geest</a>, étudiant à la <a href="http://www.designacademy.nl/intro.htm">Eindhoven Design Academy</a> propose à l&#8217;utilisateur de bénéficier d&#8217;un siège mobile et interactif, qui le suit dans ses déplacements au moyen d&#8217;une carte d&#8217;identification RFiD. Testé dans une bibliothèque d&#8217;Eindhoven (Hollande), le dispositif permet d&#8217;avoir accès à un siège quand on s&#8217;arrête dans les rayons de la bibliothèque pour feuilleter des livres et pour assurer plus de confort à l&#8217;usager. Dès que vous sortez de la zone d&#8217;action, le siège retourne tout seul dans son parc. Les sièges savent également fonctionner de concert pour s&#8217;assembler et proposer un espace de réunion (<a href="http://fr.youtube.com/watch?v=2Dgaz6NIUFk">vidéo</a>).</p>
<p><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/2Dgaz6NIUFk&#038;rel=1"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/2Dgaz6NIUFk&#038;rel=1" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="355"></embed></object></p>
<p>Via <a href="http://www.regarde.org/blog/2007/11/15/robots/take-a-seat-un-mobilier-robotise/">Regarde.org</a>.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a><br />
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