Ubérisation : comment éviter qu’elle tue la protection sociale – Arrêt sur Images

Anne-Sophie Jacques pour Arrêt sur Images esquisse avec l’économiste Guillaume Allègre (@g_allegre) et l’entrepreneur Nicolas Colin des solutions pour éviter que l’ubérisation de l’économie ne tue la protection sociale. Pour Guillaume Allegre : “comme le montre Robert Castel dans Les métamorphoses de la question sociale,
c’est le développement de la société salariale qui a permis le
développement d’une protection sociale. Avec l’uberisation, on risque de
revenir au travail à la tâche.” Si pour Guillaume Allègre il faut tenter d’intégrer ces nouveaux emplois au salariat traditionnel, pour Nicolas Colin le développement de “salariés” indépendants est appelé à devenir la forme dominante de l’emploi. L’enjeu est de créer de nouvelles institutions pour protéger ces nouvelles formes de travail plus proche des travailleurs indépendants ou des intermittents du spectacle… Reste que ces statuts pour l’instant n’offrent pas toujours une forte protection sociale. “Ensuite, il faut examiner le quotidien de ces nouveaux salariés :
est-ce que les chauffeurs d’Uber peuvent négocier le moment de leur
commissionnement ? Il faut inventer alors le dialogue entre eux et
l’opérateur de la plateforme“, estime Nicolas Colin.

L’un comme l’autre recommandent que les plateformes comme Uber ou Airbnb communiquent à l’administration fiscale les revenus générés par les utilisateurs, afin d’éviter la fraude ou mettre en place un prélèvement à la source et de déclarer les revenus des chauffeurs d’Uber pour les soumettre aux cotisations sociales et ceux des loueurs sur Airbnb.

Reste encore à créer des autorités de régulation de ces plateformes, pour qu’elles ne soient pas tentées de jouer de leurs monopsones.

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