Stephen Downes : Les nouvelles tendances dans le e-learning

Ce document est un résumé de la présentation de Stephen Downes du National Research Center Canada, lors des 2e Rencontres internationales du multimédia d’apprentissage à Québec, du 15 au 17 mars 2004 (http://www.rima2004.org) sur les cinq technologies émergeantes pour le e-learning : Objet d’apprentissage, référentiels, syndication, personnalisation et environnement.

Par Jean-Michel Cornu – Merci à Stephen Downes pour sa relecture et ses commentaires

Ce document est un résumé de la présentation de Stephen Downes du National Research Center Canada, lors des 2èmes Rencontres Internationales du Multimédia d’apprentissage à Québec, du 15 au 17 mars 2004 : http://www.rima2004.org/fr/default.html.
Stephen Downes tient un blog à jour sur le e-learning à l’adresse http://www.downes.ca

Il est possible de distinguer 5 grandes tendances technologiques qui influencent le e-learning. Cette présentation détaille chacun de ces concepts.

Premier concept : les objets d’apprentissage
Les objets d’apprentissage (learning objets) son rassemblés dans des pacquages et fournis aux étudiants en utilisant un « système de gestion d’apprentissage » (LMS : Learning Management Systems). L’objet d’apprentissage communique avec le LMS et lorsqu’il est terminé il l’indique pour que le LMS puisse fournir l’objet suivant. L’apprentissage est conçu grâce à une spécification qui décrit l’enchaînement des objets d’apprentissage.

On peut prendre la métaphore de la pièce de théâtre où les élèves et le formateur jouent différents rôles.

Il est donc nécessaire d’avoir des standards pour permettre une interopérabilité des objets d’apprentissages. Il en existe pour les méta-données (LOM : Leaning Objects Metadata) : IMS, IEEE-LOM, CanCore, SCORM), mais également pour l’assemblage de contenus, la description de l’apprentissage (EML), les questions et les tests d’interopérabilité, etc. (voir une description plus complète sur le site de Stephen Downes : http://www.imsglobal.org/specifications.cfm).

Deuxième concept : les répertoires (repositories)
Les répertoires permettent de remplir six rôles : l’enregistrement et le stockage des contenus, la recherche et la sélection de métadonnées, la localisation et la fourniture des contenus et l’interaction avec ce contenu. La spécification IMS fonctionne avec différents niveaux (alertes, recherches et répertoires eux même).

La spécification IMS

EduSource est un réseau Canadien de répertoires liés entre eux d’objets d’apprentissages situés à Montréal, Ottawa, Vacouver et Moncton : http://www.edusource.ca

Troisième concept : la syndication
La syndication permet d’utiliser un agrégateur pour connaître les nouveaux objets d’apprentissage en fonction de divers critères. Elle peut utiliser RSS (voir le dossier Fing : http://www.fing.org/index.php?num=4325,2) utilisé à l’origine pour la syndication de nouvelles, ou bien Open Archives Initiative (OAI : http://www.openarchives.org), utilisé pour indexer les archives électroniques et dont les bases de ressources rassemblent des millions d’articles.

La syndication est utilisée dans le répertoire distribué en réseau d’objets d’apprentissages (Dlorn : Distributed Learning Objects Repository Network – http://www.downes.ca/cgi-bin/dlorn/dlorn.cgi) et dans Edu-RSS (http://www.downes.ca/cgi-bin/xml/edu_rss.cgi). Il existe également une syndication de méta-données : RSS-LOM.

Quatrième concept : la personnalisation
La technologie d’origine a été utilisée dans les services en ligne de relation comme Friendster ou Orkut (voir le dossier Fing sur le « social networking » : http://www.fing.org/index.php?num=4367,2). Un concept commence à émerger par le croisement des services relationnels et les technologies de syndication : le réseau social sémantique. Il permet la sélection de ressources et le filtrage des contenus en fonction du profil de l’élève.

Pour cela, la qualité des méta-données est essentielle. Mais si ces dernières sont le plus souvent définies par le créateur de l’objet d’apprentissage, ce n’est certainement pas la meilleure pratique. Stephen Downes prend un exemple : « un producteur de film écrit-il les critiques sur son propre film ? »

Cinquième concept : les environnement s d’apprentissage
L’idée est de syndiquer des contenus en temps réel dans des environnements d’apprentissage. La sélection de ressources d’apprentissage ne dépend pas seulement du sujet et de l’élève, mais également du contexte d’apprentissage. Cette sélection peut se faire à la fois sur des contenus d’apprentissage pré-préparés mais aussi sur des flux d’informations en direct (des statistiques, des nouvelles, etc.).

En conclusion
La construction d’objets d’apprentissage avec des méta-données remplies séparément permet de constituer des flux de syndication qui vont construire un enchaînement en puisant dans un réseau de répertoires d’objets d’apprentissage et de flux en direct. La sélection se fait non seulement sur les objets, mais également en fonction du profil de l’élève et de l’environnement d’apprentissage.

Les objets d’apprentissages se retrouvent dans un contexte plus large : l’apprentissage n’est plus linéaire mais à flux multiples. On passe de la fourniture de contenus à l’interaction et l’immersion, du statique au dynamique, de la démonstration à l’inférence, des objectifs d’apprentissage aux buts de l’élève et finalement de la motivation au désir.

On arrive à la notion de réseau auto-organisé avec des individus qui prennent des décisions pour eux-même et un mécanisme pour recueillir et agréger ces décisions. Les nouvelles tendances de e-learning s’insèrent dans ce courant.

Pour en savoir plus :
Les transparents de la présentation de Stephen Downes (.ppt) : http://www.downes.ca/files/Emerging.ppt
Le blog de Stephen Downes (en anglais) : http://www.downes.ca

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