Faut-il développer les usages ?

Pour les promoteurs de la société de l’information, la cause semble entendue  : une fois réglées les histoires de réseau, il faut s’occuper plus que jamais des « usages », c’est-à-dire de tout le reste. D’un côté, un univers de technologies et de grands travaux, l’affaire des spécialistes (de télécoms, d’informatique, de droit, d’économie, de gestion publique,…)  ; de l’autre, un monde d’internautes, de futurs internautes, les clients, les usagers. D’un côté, l’artillerie lourde, les combats de titans, les enjeux industriels et technologiques  ; de l’autre, la guerre en dentelles, avec des moyens (budgétaires, méthodologiques, humains) sans commune mesure. Cette dialectique est bien ancrée dans nos esprits, elle est vécue quotidiennement dans tout projet internet (la direction des systèmes d’information face à la direction de la communication), elle dessine le paysage inégal de la recherche (les bataillons organisés de la R&D, les troupes clairsemées et divisées de la recherche-usages), elle se propage dans l’éternelle assertion des « contenus qu’il faudra bien fabriquer pour faire passer dans tous ces réseaux ». Elle structure aussi les politiques publiques, les « usages » servant de discours d’escorte aux projets les plus techniques, et l’injonction du développement des usages étant répétée jusqu’à l’usure.

Si l’on tend un peu mieux l’oreille, les « usages » qui sont décrits semblent très intéressants  : l’e-administration, l’enseignement et la formation, les achats en ligne, les places de marché privées et publiques, l’information, la e-démocratie,… Et à la réflexion, il s’agit souvent, en premier lieu, d’offres de services. Le discours évolue, lentement, pour décrire un triptyque infrastructures-services-usages. Pour les collectivités territoriales, par exemple, et d’autant plus depuis qu’en France elles ont, depuis quelques semaines, le droit de maîtriser leurs réseaux, il s’agit de prendre en compte cette position d’offreur, de promoteur, de vendeur, analogue à celle qui leur est familière pour leur offre touristique, culturelle, de transports ou de télévision câblée. Une commune, une agglomération, un département ou une Région qui choisit une politique numérique offensive va devoir développer les usages des TIC pour que sa politique ait du succès, pour que ses investissements soient « rentables ». Nombreux sont d’ailleurs ceux qui se dotent d’observatoires, d’outils de mesure et de diagnostic permettant d’afficher sans peine chaque année des chiffres meilleurs que l’année précédente, et le cas échéant meilleurs que les voisins. Confronté à cette logique inexorable et compréhensible, le citoyen pourra avoir l’impertinence de suggérer que les TIC ne sont pas une fin en soi, que leur développement n’est pas un bien absolu, et de se montrer exigeant sur la définition du projet qui sous-tend ces efforts. Et de redouter que les moyens se substituent à leur but  : l’e-administration sert-elle vraiment à réformer l’Etat et à réduire la fracture administrative  ? Les TICE prennent-elles place dans une véritable évolution des projets et des pratiques pédagogiques  ? La télémédecine améliore-t-elle vraiment l’accès des patients aux soins et à l’information et accompagne-t-elle un véritable souci de couverture territoriale de l’offre de santé  ? On sait qu’une partie de ces projets est davantage conçue dans l’intérêt des offreurs et de leurs gains de productivité que dans le souci des usagers. Il est raisonnable d’espérer que l’offre de services publics sache se structurer et s’orienter vers les attentes de ses bénéficiaires  ; et de l’espérer avec le doute et l’exigence nécessaires.

« Développer les usages », est-ce donc simplement développer les services et leur adoption par le public, est-ce simplement aider à la vente (d’ordinateurs, d’ADSL, de logiciels, de services), éduquer le marché  ? Les espaces publics numériques sont, depuis les premiers cybercentres, confrontés à cette incertitude, et leurs animateurs, qui sont sans doute nos meilleurs experts des « usages » car ils sont en première ligne des difficultés et des demandes du public, s’interrogent souvent sur l’opportunité de promouvoir seulement les usages « officiels » et corrects, ou de pousser les nouveaux utilisateurs à la découverte la plus large et à la plus grande autonomie. Les plus expérimentés travaillent dans le sens d’une autonomie éclairée, tirant le meilleur parti des outils d’échange, de communication, de lien social en somme, et donnant les meilleures clés de compréhension face à l’information, aux services, aux équipements et aux logiciels. Et en effet, le développement des usages, bien distinct de celui des services, passe par l’éducation, la formation, la sensibilisation, l’accompagnement  ; il est un développement de l’appropriation, de l’autonomie face à des outils devenus omniprésents dans le monde contemporain, et qu’il est difficile d’ignorer. Ces outils sont multiples, et il est assurément délicat de mettre dans le même lot la question consumériste de l’usage des machines, de l’électroménager numérique, la question cognitive de l’usage des interfaces (clavier-souris, interfaces écran ,…), l’usage des logiciels, celui de l’information, celui des outils d’échange et de communication (le réseau lui-même ensemble), celui des services, mais aussi les usages sociaux qui prennent appui sur ceux-ci, les usages avancés et émergents qui s’inventent… Entre tous ces registres le continuum est tourmenté, et les pratiques sont d’une grande diversité.

Prendre au sérieux les usages, c’est accepter que le réseau soit sans maître, et ainsi que le suggérait Jacques Perriault dans La Logique de l’usage, que les utilisateurs ne fassent pas comme prévu. C’est aussi accepter, quand on est dans la posture de l’offre de services, privés ou publics, que l’usager puisse choisir de ne pas utiliser ce qui lui est proposé, ne soit pas satisfait, et se mettre en position de l’écouter, voire de lui donner des moyens pratiques et participatifs de modifier l’offre elle-même. Il faut pour cela que les projets numériques s’assument en tant qu’offres de services, avec les exigences d’environnement, de qualité, de confiance qui prévalent en la matière  ; que la société de l’information se désincarcère de la vision du « tous internautes » et du self-service, et accepte la diversité des scénarios d’usage et des canaux de communication, se contentant parfois d’organiser le back-office  ; et que les cités et territoires « numériques » aient une meilleure connaissance de leurs propres pratiques, par un recours à la recherche, à l’évaluation et au débat collectif.

Jacques-François Marchandise

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10 commentaires

  1. Bonjour.
    Je suis abonné à la lettre de la FING.Je suis technophile.
    J’aime la techno (pas la musique).Mais, finalement je m’interroge à quoi servent tous ces fils, toutes ces ondes, tous ces électrons qui parcourent notre monde.
    On nous « matraquent » à coup de haut débit, de e-truc, mais
    tout compte fait ca sert à quoi? C’est la véritable question.
    EN tant que ingénieur ntic, celà fait 2 ans que j’ai renoncé
    au téléphone portable.C’est un gadget franchement inutile.
    On s’en passe très bien.Je ne dis pas qu’i n’est pas utile aux métiers des urgences comme le samu, les pompier, la sécurité. Mais pour tous les autres métiers il n’est pas indispensable.Et internet: quelle consommateur de temps libre! Ne vaut t’il pas mieux rencontrer les gens sur des sentiers de randonnée, dans les stades, dans les conférences.Et puis cette société de l’information est extrêmement fragile: voir les pannes répétées des opérateurs.Ah peut être n’utilisent t’ils pas le bon système d’exploitation (suivez mon regard) :-).
    Nous ne savons même archiver à long terme de façon sure notre mémoire électronique.
    Vraiment je préfére le bon crayon,le bon papier qui sent bont et qui ne détruit pas les yeux comme un écran, ni les doigts comme le clavier.
    Alors tout ce Chari-Vari est il bien utile à l’humanité.

  2. Les questions soulevées par Clément sont très intéressantes. Journaliste et développeur, je suis moi aussi passionné par l’usage des technos dans le traitement de l’info. J’observe également l’agitation fébrile qu’il sucite (dans le microcosme des technophiles et des technobizz).
    Ce qui me pose vraiment question c’est que la promotion du développement des TIC semble dévolue aux acteurs privés et à leurs alliés plus ou moins consentants, dont on sait que la motivation première est de faire un max d’argent : c’est leur rôle. Le marketing a un rôle central. Des besoins existent, d’autres sont créés artificiellement.
    Le problème c’est que la liberté de choix se réduit à sa simple expression à mesure que le phénomène des TIC s’installe dans la société. Après, tout le monde est condamné à suivre sous peine d’être largué, victime de la fracture numérique.
    Personnellement, je n’ai pas supprimé mon portable, mais j’ai opté pour la formule la moins honéreuse : du coup, je ne téléphone quasiment plus et je réduis la durée de mes appels. Et ça ne me pénalise pas. Au contraire !
    Mais que ce fut dur de modifier mon forfait 2h + ajustement automatique : l’agent commercial au téléphone m’a au moins demandé à quatre reprises si j’étais sûr de vouloir renoncer à mon forfait ! M’expliquant que je perdrais définitivement tous mes avantages. La première fois je me suis laissé convaincre. Avant de revenir à la charge trois mois plus tard.
    Voici un exemple d’influence exercée par le marketing.
    Ce qui est pernicieux, ce n’est pas la multiplication des services, c’est le battage qui est fait autour des usages qui plaisent afin de donner envie aux gens de s’y mettre. Il faut trouver puis exploiter les bons filons de la mine d’or. Dès lors, entrent en action des éléments irrationnels (émotionnels) manipulés par des publicitaires parfaitement conscient de ce avec quoi ils jouent. Peut-on imaginer a contrario des acteurs privés mettant des fonds dans une campagne publicitaire mettant en avant tous les avantages et le bonheur qu’il peut y avoir à vivre sans téléphone portable, concourant ainsi à crééer un phénomène de société autour de cette attitude techno-sobre (ne pas confondre avec techno-snob et techno-phobe). De tout temps la logique du système rend absolument impossible une telle démarche, a fortiori en ces temps où on nous explique que le système à besoin d’une relance de la consommation pour stimuler la croissance.
    A ce stade, le jeu démocratique est biaisé. Probablement que la société n’est pas mure pour exiger les conditions permanentes du débat démocratique afin que des mécanismes régulateurs basés sur la citoyenneté et la co-décision se mettent en place. On peut supposer que les TIC y contribueront. Mais ne sera-ce pas un peu tard ? La logique du système incite à le penser. Rien ne le prédispose à couper de lui-même la branche sur laquelle il prospère.

  3. Bonjour,

    Heureux d’entendre un discours que je ne cesse de répéter et que j’essais d’appliquer au sein de ma collectivité.

    Alors oui, rendons le pouvoir aux usagers, sortons de l’ère des techniciens, sans pour autant nier que nous en avons besoin (n’est-ce pas FT et BT ?).

    Je ne pense pas que les TIC ou la société de l’information soit un secteur isolé dans ce domaine. La société est malade, le « commerce » et donc l’argent prime sur tout, et surtout, l’offre écrase totalement la notion de demande. Je ne vois pas les choses s’arranger rapidement, à l’ère où notre société prône les regroupements, les groupes internationaux etc. l’offre va se standardiser, le citoyen aura de moins en moins de choix pour au final s’entendre dire : « Monsieur, vous n’avez pas le choix c’est ça ou rien… ».

    La seule solution pour s’en sortir c’est que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et respectent les choix des citoyens qui les ont élus.

    Pour en revenir au débat sur les usages face aux services, il est temps que la société de l’information redevienne un outil au service des usagers qui au fur et à mesure de leur utilisation des systèmes développeront des usages et par là même des services. Aux sociétés de se tenir prêtes, d’écouter et non plus de ne travailler que sur de la R&D pour au final contenter 10% de la population.

    La perennité des actions de la société de l’information passera par le contentement de 80 à 90 % des ciytoyens. Il faudra désormais les écouter, les comprendre, puis les satisfaire.

    Ce n’est pas au citoyen de se remettre en question face à un système, mais au prestataire qui a conçu le système à l’améliorer en fonction des usages du dit citoyen.

    L’enjeu étant désormais à mon avis de changer vite de stratégie, afin de ne pas se retrouver quelques années en arrière. Décevoir les usagers béotiens d’aujourd’hui et de demain sera bien plus dangereux que de rebuter les techniciens qui forment aujourd’hui encore la majorité des utilisateurs du net et des SI.

    Merci pour ce magnifique manifeste que je vais m’empresser de reprendre sur mon blog !

    Cordialement

  4. Je vous remercie beaucoup pour votre article. Notamment le passage « On sait qu’une partie de ces projets est davantage conçue dans l’intérêt des offreurs et de leurs gains de productivité que dans le souci des usagers. Il est raisonnable d’espérer que l’offre de services publics sache se structurer et s’orienter vers les attentes de ses bénéficiaires ; et de l’espérer avec le doute et l’exigence nécessaires. »
    On pourrait espérer une évolution des entreprises vers une voie plus philosophique dans laquelle un aller retour régulier entre consommateur-sciences-techniques protègerait de l’hystérie générale et de l’indigestion d’informations, de contenus et de publicités.
    Je recommande aussi vivement la lecture de l’article « Anticiper la catastrophe » de Bernard Stiegler paru dans Beaux arts magazine (annuel 2004/2005, mais je crains qu’il ne soit pas disponible sur internet). Merci beaucoup.

  5. Les usages du réseau Internet se virtualisent…

    En lisant votre éditorial abordant le développement des usages d’Internet, on peut discerner, entre les lignes, des obstacles majeurs à leur multiplication.
    Ce sont les dysfonctions matérielles et logicielles, c’est la piètre qualité des offres actuelles de services, les virus, les spy, l’encombrement des millions de liens morts, les mesures de sécurité du e-commerce, la spécialisation des usages de consommation comme le clavardage, les jeux en lignes, les portails ludiques et pornographiques…
    Internet a le potentiel pour développer de nouveaux usages, c’est indiscutable. Mais, dans son évolution il charrie autant de culs-de-sac que d’avenues utiles. Le réseau construit son cercueil virtuel à mesure que son existence anarchique plonge dans le n’importe quoi, sans régler les problèmes criants rencontrés quotidiennement par les usagers.
    Ne serais-ce pas essentiel de disposer d’un système d’exploitation d’ordinateurs complètement COUPÉ d’Internet ? La création de logiciels branchés automatiquement au réseau Internet pour les mises à jour, l’aide, l’envoi de documents ou tout autre prétexte doit cesser. Des correctifs mériteraient d’être mis à la disposition des internautes pour débarrasser leurs PC d’une foule d’automatismes Internet superflus. Ceux-ci prennent de l’espace disque, interfèrent les uns les autres et sont une perte de temps incroyable.

    Le quasi monopole Microsoft avec Internet Explorer, et ses autres ingérences dans Internet, nous afflige toutes et tous d’un sérieux handicap pour la multiplication des usages. L’alternative Mozilla, avec Firefox 1 et le messager Thunderbird 0,9, n’est pour l’instant qu’une brèche dans le parc des navigateurs Internet employés ! Il y a encore du chemin à faire. Par exemple, qui m’informera de la solution dans Thunderbird pour qu’il ouvre une fenêtre Firefox dès que je clique sur un hyperlien noté dans un message ? L’obligation de copier l’adresse et de la coller dans Firefox pour y accéder devient fastidieuse.
    Ce n’est rien à comparer aux heures perdues à télécharger des correctifs chez Microsoft !
    La fortune de Bill Gates est directement proportionnelle à la valeur de l’ensemble des heures perdues par le large cercle des habitués à la gamme des logiciels de la firme. Si collectivement nous n’arrivons pas à extraire d’Internet cette machine à « correctifs », autant ne point rêver au développement d’usages Internet efficaces, épurés de l’inutile et de la perte de temps.
    Dans les conditions actuelles, l’Ecommerce suit le créneau ouvert par les sites pornographique dans le réseau. Il ressemble à un cancer généralisé où seulement les grosses métastases subsistent. Les places d’affaires virtuelles ne se positionnent pas, elles prolifèrent par contagion maladive. La sécurité ecommerce touche le comble du stupide et de l’inapproprié. Par exemple, on doit inscrire son numéro de compte à 10 ou 15 chiffres, puis écrire son mot de passe en un temps record, sinon, la transaction est à reprendre. Vous disposez de 3 fois pour réussir. L’internaute actif en échanges de toutes sortes gère des données fragiles et s’y perd souvent. Combien avez-vous de numéros de compte et de mot de passe à mémoriser dans un coin à part ?
    Vous avez raison, une intervention médicale à distance, même chirurgicale, ne vaut pas le coût pas plus que le coup !

    Jusqu’à un certain niveau, dans les conditions actuelles d’usage, beaucoup d’internautes ont jugé que le Réseau ne valait pas un clou et s’en tiennent loin. Les connexions à haute vitesse disponibles partout ne les ramèneront pas devant leur PC !
    On a tort de compter seulement les nouveaux abonnés sans se préoccuper de celles et de ceux qui lâchent. Pour les habitués de longue date, cela se traduit par des pertes de correspondants, des échanges plus espacés, moins de clavardage, moins de nouvelles aussi !
    Internet a perdu environ 40% de ses fidèles du début pour un tas de bonnes raisons. C’est une sérieuse érosion et personne ne s’y attarde. Bien sûr, ils ont été vite remplacés et comment ! Dans dix ans, les internautes d’aujourd’hui seront-ils encore des adeptes ?
    Sans changement de cap, la convergence collective du grand réseau risque d’être le cimetière virtuel des passions humaines. Un village global fantôme nous guette, englué dans une mauvaise toile d’araignée.
    En somme, l’avenir d’Internet repose entre les mains de ses usagers. C’est ce que les arnaqueurs logiciels ne semblent pas comprendre.
    Alors, il est évident que le développement des usages de Web commande un très grand nettoyage dans l’offre et la conduite du réseau. Le responsable de mon serveur a beau dire que mes logiciels interfèrent dans le branchement, au lieu d’avouer que sa machine est débordée, cela ne règle pas mon problème !

    Parlant nettoyage, j’essaie divers logiciels sur mon ordinateur depuis plus de trois ans, soient cinq à dix installations par semaine, une bagatelle près de 2 000 programmes en démonstration ou gratuits. Il est impossible d’en détruire toutes les traces, automatismes et violations de partage. Internet éparpille ses déchets sur chacun de nos PC. Avec ces 2 000 téléchargements est venu l’abonnement courriel à un bon nombre de lettres Internet, de la publicité et des nuisances diverses.
    En fait, rien de palpable, car seulement 5 logiciels sur 2 000 (0,25% !) demeurent en activité sur mon PC. Je conserve les autres sur CD, comme preuves de l’errance incroyable dans laquelle patauge l’offre de logiciels dans Internet.
    Espérons que ces quelques données pourront pousser à la réflexion, les personnes influant sur l’avenir du Web. Avant de s’éparpiller en usages, il serait temps de faire le ménage dans le décor virtuel à l’avantage des usagers.

    Léo-Gilles Savard
    Albanel, (Québec)

  6. Il ne fait aucun doute à personne qu’il existe un certain nombre de plaies à l’informatique et à Internet.
    Personne ne nie et surtout pas moi que pour un béotien, c’est compliqué et sources de déconvenues et frustrations. Et puis après tout, le net n’est qu’un champ des possibles avec ses joies et ses peines dont on use si on le veut bien.
    Ne sombrons pas dans le mythe d’un meilleur monde, sous la régulation forte de ces domaines, avec je ne sais qui ferait d’autorité le tri entre ce qui serait « bon » de ce qui serait « mauvais ». Pas de dictature. Les choses sont libres et doivent le rester.
    L’informatique est un domaine concurrentiel. Que les consommateurs se prennent en main. En tant qu’utilisateurs/acteurs c’est un un des rares domaines où ils en ont les moyens et ceux-ci sont décuplés par Internet. Le succès de certaines solutions open-source, Firefox récemment, est l’illustration que c’est possible.
    Les usages nous appartiennent et c’est à nous – usager – de les revendiquer, de les porter, de les faire vivre.
    Prenons-nous en main.

  7. Celà va être dur d’intervenir derrière tous ces posts ! Je cours le risque.
    Il n’y a qu’une seule parade à la marchandisation, matérialisation, productivisation, déshumanisation à outrance du Web (condensés de tous les griefs exprimés précédemment) : l’éducation et la formation.
    Je vais vous donner un exemple personnel : j’ai 38 ans et je suis étudiant en formation continue (demandeur d’emploi à la base) en Marketing des NTIC (argh! le diable diront certains). Je suis effaré du manque de curiosité des étudiants (23 ans de moyenne d’age) avec lesquels je travaille (la plupart sont de formation informatique). Pour eux le Web, celà se résume à Kazaa, aux chats et autres Instant Messaging pour draguer (très masculine ma promo). Beaucoup ne pratiquent pas ce sport extrême : le remue-méninges. Comme quand j’étais enfant, mes parents m’ont donné l’envie de lire, ma soeur m’a initié à la musique, il faudrait aujourd’hui des professeurs (des coachs : c’est très tendance) d’usage de l’Internet. Celà permettrait certainement à des enfants (ou d’autres publics non sensibilisés) de se découvrir des talents artistiques (écrivain notamment), d’approfondir de possibles réflexions philosophiques, d’appartenir à une communauté électronique peut être plus solidaire et plus juste que celle qui leur est proposée tous les jours, de savoir qu’il existe à portée de main un immense réservoir de richesse (la connaissance) dans lequel on peut puiser indéfiniment (malheureusement l’Internet à haut débit pour l’humanité, on en est très loin). L’Internet n’est rien d’autre qu’un formidable outil technologique mis à notre disposition (mieux que toutes autres évolutions technologiques jusqu’ici à mon sens) :seulement, il faut savoir s’en servir. Et si on est pas formé ou préparé à cela, ils viendront chercher sur le Net les mêmes choses que peuvent leur servir la TV par exemple : les mots clés les plus recherchés en septembre sur Google sont Star Ac’ et Salon de l’Auto.
    Il est temps d’éveiller les consciences autour de nous et de montrer qu’Internet est déjà autre chose que tout ce que l’on veut bien en entendre dire.
    PS : j’espère ne pas vous avoir ennuyé.

  8. Je ne me suis pas ennuyé. Cela m’a refait penser à un professeur d’université dont j’ai oublié le nom qui disait lors d’un colloque qu’il fallait développer une « écologie mentale » de l’Internet, ce qui correspondait, selon lui, au-delà de l’apprentissage des outils, à apprendre à leur donner du sens. Donner du sens aux outils, n’est-ce pas cela l’usage ?

  9. Je ai été heureux de lire la réponse de Alexis Mons à la fin de cette liste de commentaires bien pessimistes. Il est regrettable de remarquer qu’une bonne partie de mes compatriotes est tellement endoctrinée par notre chère Education Nationale qu’elle est incapable d’imaginer, espérer ou mettre en oeuvre des solutions sans avoir besoin de recourir à la coercicion étatique.
    Comme pour le débat sur l’environnement, les problèmes intelligemment identifiés (problème de la sécurité, virus
    SpyWares, du manque de flexibilité des services, co-création de valeur) sont noyés dans une énième diatribe anti-capitalisme et anti-libérale avec son lot de méchants assoifés de profits, d’êtres humains manipulés par le grand capital, d’entreprises Big Brother indestructible forçant à la consommation de produits inutiles (ah que les temps de l’homme-nature était meilleure…)
    Quelle dommage de gaspiller cette extraordinaire talent de pensée dans un refus rabajoie d’affronter la difficulté de définiton de solutions non coercitives (…non étatiques) où il faut convaincre et affronter les alternatives !!!
    Internet est aujourd’hui le plus incroyable outil d’expression jamais inventé. Avec les avancées de l’IPv6, des models Open Data / RDF et des sécurité décentralisé PGP,il est possible un jour d’envisager un système où chaque être humain serait capable de communiquer à tout instant à tous les autres ses avis, passions, compétences…dans un langage comprehensible par les ordinateurs.
    Ainsi, dans cette société, la confiance et la régulation serait obtenue non plus par la peur de la coercition (la police) mais par l’ostracisme, qui rend le côut de « triche » (concept évoluant avec les époques) et de non respect des engagements prohibitifs. E-bay (avec ses imperfections)représente selon moi la première révélation de ce concept.

    Pour résumer, soyez entreprenants, PROPOSEZ des solutions, DENONCEZ ce qui vous paraît mauvais, mais ARRETEZ de vous plaindre et de rechercher le pouvoir et la force (des hommes de l’ETAT) pour faire changer la société aux dépends de la minorité (démocratique).

    Julien, Paris
    http://www.u-blog.net/syd1980

  10. Le developpement des usages passent pas donner un sens aux actes de communication. L’etre est dureste essentiellement mu par son affect. Transmetre une photo MMS sur son mobile la recupérer sur son adresse mail et la transmettre à sa tribu. La maison Home City devient une vrai cité multimedia grace au wifi ou CPL .Les membres d’une famille vont utiliser qui le PDA , qui le site de Jeux GOA qui consulter la banque en ligne. Il y a une vrai appropriation de l’outil qui permet de communiquer plus de s’informer de transmettre ses émotion s on est loin de big brother merci ARPANET ..

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