La captologie : l’ordinateur outil de persuasion

Schéma captologie Le « laboratoire des technologies persuasives » de l’université de Stanford (Etats-Unis) a créé une discipline : la captologie, qui consiste à « étudier, concevoir et analyser des produits informatiques destinés à modifier les attitudes ou les comportements des individus ». Les exemples vont de la conception d’outils ou de sites destinés à motiver les fumeurs décidés à arrêter ou à prévenir les grossesses adolescentes, aux messages incitant les utilisateurs de sharewares à payer pour leur utilisation, en passant par le dispositif d’évaluation des utilisateurs d’eBay par leurs pairs. Un blog recense des exemples récents (parfois plutôt inquiétants), ainsi que les interventions des membres du laboratoire. Un autre site se concentre sur leurs réalisations dans le domaine de la « crédibilité » des sites web.

Dans le même ordre d’idées, le laboratoire technologique d’Accenture teste à Sophia Antipolis un « miroir » qui vous restitue une image future de vous-même, en fonction de votre hygiène de vie. Si vous mangez mal et prenez trop peu d’exercice, l’ordinateur situé derrière l’écran-« miroir » vous fera grossir, si vous buvez trop il vous fera le visage bouffi. Cette expérimentation fait partie d’une série de travaux autour des concepts de « suivi prédictif » et d' »applications émotionnellement intelligentes« , scénarisés autour de la maison, de l’entreprise, du commerce… Ramit Sethi, du laboratoire de captologie, réfléchit aux implications d’un tel projet : s’agit-il simplement de design, ou bien d’autre chose ? Qui peut programmer ce miroir, et à quelles fins ? Peut-on imaginer que son miroir communique avec ceux de ses amis ? Sethi conclut par un rappel à l’éthique qui traverse la plupart des textes des « captologues » et laisse pensif : certes, il vaut mieux éviter que ces méthodes soient utilisées à de mauvaises fins ; mais qui décide qu’une fin est « bonne » ?

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2 commentaires

  1. Pour ceux que cela intéresse, je vous recommande le très bon livre ‘Submit Now’ d’Andrew Chak (plus facile à lire en plus !).

  2. Bonjour,

    De passage… Je n’ai certainement pas tous les outils conceptuels pour en parler clairement. Cependant, cela me fait penser au mythe du contrôle. Contrôler les comportements à l’insu des autres par des techniques comme la persuasion ou la rhétorique.

    Selon moi c’est à la fois une vieille peur mais aussi une réalité (la publicité n’est-elle pas une technique de persuasion utilisant la technologie ? Sommes-nous pour autant plus contrôlables ?)

    Capter l’attention à des fins commerciales ? Nous savons ce qu’il en est et ce qui a été dit à ce sujet (la fameuse expression « des cerveaux disponibles »). Comment tirer le vrai du faux ? C’est du même ordre que l’utilisation nucléaire à la fois civile et militaire.

    Y a-t-il vraiment une manière de séparer cette ambiguité fondamentalement humaine ? Utilisation d’une technique à des fins louables et d’autres non louables mais comment évaluer ce qui est louable et ce qui ne l’est pas ?

    C’est un cercle vicieux propre à l’être humain et, surtout, dépendant du monde qu’il s’est créé donc ceci explique peut-être cela.

    Finalement, n’est-ce pas là ce qui manque le plus ; rappeler que ces questions appartiennent au monde dont elles émanent ou découlent ? S’il y avait un « autre monde » comme il est souhaité actuellement ; est-ce que ce genre de question existerait ?

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