Peut-on utiliser le corps humain comme réseau ?

RedTacton en réel... Après avoir élaboré le concept il y a quelques années sous le nom d’ElectAura-Net, NTT vient de présenter une technologie plus aboutie pour transformer le corps humain en réseau de transmission de données à haut débit. Désormais, plus besoin d’équiper les sols ou les plafonds de capteurs comme c’était le cas dans la version antérieure de cette technologie, RedTacton utilise un transmetteur et des récepteurs pour faire passer les données via le faible champ électrique généré par le corps. La connexion entre deux appareils se fait naturellement par les mouvements physiques. RedTacton fonctionne par le toucher : il suffit de saisir, d’effleurer ou de faire un pas pour générer le champ électrique entre deux appareils et déclencher ou arrêter un transfert.

Avec un site très didactique et visiblement destiné à faire parler de son innovation, NTT introduit le concept de “réseau local humain” (Human Area Network, HAN) en complément, voire en substitution du “réseau local personnel” (Personal Area Network, PAN) bien connu des utilisateurs de Bluetooth notamment. Il faut reconnaître qu’avec un taux de transfert possible de 10 Mb/s, qui ne souffre pas des problèmes d’interférence que rencontrent les technologies radios, la technologie de NTT semble ne pas craindre les comparaisons. A priori, pas de problèmes non plus d’ondes néfastes à la santé – quoiqu’on ne sache rien encore d’une exposition permanente du corps à la polarisation. Enfin, un environnement de communication peut être établi facilement et à coût réduit en utilisant les propriétés conductrices des objets.

Une application de RedTacton : toucher une affiche pour recevoir des informationsLes applications envisagées sont assez proches de celles des PAN. En serrant la main d’une personne, vous transférez automatiquement votre carte de visite à son téléphone qui se trouve dans une de ses poches. Quand vous touchez votre ordinateur, la carte de visite est transmise à votre gestionnaire de contact. Il suffit de toucher sa chaîne hifi pour entendre la musique sélectionnée dans son casque audio. Il suffit d’effleurer la télévision pour que son camescope numérique portable y diffuse un film. Il suffit de s’asseoir à une table pour qu’un réseau local se forme entre les participants d’une réunion. En attrapant une boîte de médicament qui ne vous est pas destinée, celle-ci pourrait se mettre à sonner. Juste en vous asseyant dans votre voiture, les réglages se mettent en place automatiquement…

La différence avec d’autres technologies comme les puces sans fil (Rfid), souligne Cyril Fiévet sûr Nanoblog, c’est que “l’utilisateur décide ou non de se “connecter », en touchant quelque chose. NTT imagine ainsi des affiches publicitaires qui fournissent des informations complémentaires sur le produit, dès qu’on les touche. C’est plus intéressant qu’un procédé similaire qui consisterait à envoyer ces mêmes informations à tous les individus qui sont à proximité de l’affiche…” conclut-il.

XandreX, lecteur d’Akihabara News, pointe néanmoins certains dangers de ce type de technologie. Premier problème : comment être sûr de ne communiquer qu’avec les personnes et les objets que l’on souhaite ? Dans le métro à l’heure de pointe, je n’ai pas forcément envie de donner mon numéro de téléphone à toutes les personnes que je touche. Second problème : comment maîtriser ce que l’on échange avec d’autres ? Quand je touche une affiche publicitaire, celle-ci pourrait également recueillir des données sur moi (ou me transmettre un spyware). Plus la communication s’établit facilement et sans intervention particulière, plus il devient important de pouvoir gérer un système d’autorisations, de distinguer parmi ses interlocuteurs les connus des inconnus, les collègues des amis… Bien sûr, la difficulté de répondre à la gestion des autorisations n’est pas propre à cette technologie-ci, le HAN souligne juste celle-ci avec plus d’acuité.

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4 commentaires

  1. Tout ça me rappelle le projet de bague / carte de visite. L’idée est de faire porter à des représentants des bagues magnétisées contenant leurs données professionnelles (contacts…). Lorsque 2 représentants équipés de bagues magiques se serrent la main, hop ! les infos sont transférées. Est-ce que j’affabule ou est-ce que quelqu’un a déjà entendu parlé de ce projet ?

  2. Pas d’erreur,le concept a été longuement étudié, et mis en oeuvre, par IBM qui doit encore plancher dessus. La bague, c’était celle de SUN. Elle emportait un microprocesseur et un peu de mémoire.

  3. Bonsoir,

    Même si théoriquement c’est possible … Je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour le corps! Même si cela ne représentait pas de danger … Vis à vis de la morale et de la dépendance à son environnement, ce serait néfaste! Développons notre corps par lui même plutôt que de l’accoutmer à des corps étranger … Enfin bon c’est que mon avis!

    Pour mieux disséquer son corps et cela ne fait pas mal! Deux liens :
    – SPCF.FR :
    http://www.spcf.fr/documentation_corps_humain.html
    – Wikipédia.org : http://fr.wikipedia.org/wiki/Corps_humain

    Bonne soirée!

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