L’infrastructure de la démocratie

Pour commémorer l’anniversaire de l’attentat de madrid du 11 mars 2004, la capitale espagnole organisait un Sommet mondial consacré à la démocratie, au terrorisme et à la sécurité. Loin des nombreux responsables d’Etat et d’organisations non gouvernementales présents, on trouvait parmis les participants certains ténors de la blogosphère (comme Joi Ito, John Perry Barlow, Dave Weinberger ou Dan Gilmor).

Leur groupe de travail a rendu un très intéressant manifeste de l’internet ouvert pour un monde plus sûr, vibrant éloge de l’infrastucture décentralisée d’internet et réponse argumentée à ceux qui suggèrent de combattre le terrorisme en verrouillant les réseaux.

[…]
II. Les systèmes décentralisés peuvent combattre les ennemis décentralisés
1. Les réseaux terroristes sont hautement décentralisés et distribués. Un réseau centralisé ne peut combattre efficacement le terrorisme.
2. Le terrorisme est l’affaire de chacun. L’internet relie chacun. Un réseau de citoyen est la meilleure défense contre la propagande de terroriste.
3. Comme on l’a vu après les attentats du 11 mars, la réaction était spontanée et rapide parce que les citoyens ont été capables d’utiliser l’internet pour s’organiser eux-mêmes.
4. Comme nous le voyons dans le monde distribué des blogs et d’autres médias citoyens, la vérité émerge mieux dans des conversations ouvertes entre des personnes ayant des vues différentes.
III. La meilleure réponse aux attaques contre l’ouverture est plus d’ouverture
1. Des environnements ouverts et transparents sont plus sécurisés et stables que les environnements fermés et opaques.
2. Alors que les services internet peuvent être interrompus, l’internet comme système global est finalement résistant aux attaques, mêmes les plus sophistiquées et distribuées d’entre elles.
3. La connectivité de l’internet – le fait que les gens puissent parler à d’autres – compte pour combattre la division que les terroristes essayent de créer.
4. L’ouverture de l’internet peut être exploitée par les terroristes, mais, comme dans les régimes démocratiques, l’ouverture réduit la probabilité des actes terroristes et permet des réponses efficaces à son encontre.
[…]
V. En conclusion
1. Reconnaissons l’internet ouvert comme un élément fondateur de la démocratie du 21e siècle et comme un outil majeur pour combattre le terrorisme.
2. Reconnaissons les valeurs de l’internet comme une infrastructure de communication majeure, investissons pour la renforcer contre les attaques et pour la rétablir rapidement en cas de dommages.
3. Travaillons à rendre l’accès plus égal, combattons la fracture numérique et promouvons l’accès internet pour tous.
4. Protégrons la liberté de parole et d’association et assumons la disponibilité des communications anonymes pour tous.
5. Résistons aux tentatives de gouvernance internationale de l’internet. Elles peuvent présenter des processus qui auront pour effets fortuits de violer la nature démocratique et ascendante (
bottum-up) du Net.

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