Les « médias localisés » s’organisent

Constat n°1 : toutes nos actions, voire nos pensées, sont localisées, au sens où elles se déroulent quelque part.

Constat n° 2 : la numérisation permet à chacun d’entre nous, quand nous le voulons, d’associer nos actions et pensées à des coordonnées géographiques – et éventuellement, de permettre à d’autres d’accéder à ces associations, d’associer ces associationsn et ainsi de suite. La traditionnelle carte à deux dimensions s’enrichit d’une infinité de couches thématiques, personnelles, historiques… Certaines nous préexistent comme des « fonds de cartes » ; d’autres se définissent au fur et à mesure par nos propres actions, on pense aux traces d’Un Point C’est Tout ou de GPS Drawing.

Constat n°3 : ces associations spatiales sont aussi temporelles. « La localisation décrit une situation, pas un lieu », précise Karlis Kalnins, apparemment l’inventeur de l’expression « média localisé ».

Ces constats forment le socle du mouvement des « médias localisés » que nous décrivions ici-même dans un dossier et une interview d’Anthony Townsend. Ce mouvement s’organise, nous explique The Feature : une conférence à Londres (février 2005), une organisation (PLAN, Pervasive and Locative Arts Network , qui se fixe pour objectif de « soutenir la formation d’une communauté de recherche interdisciplinaire pour explorer la manière dont la convergence des médias pervasifs et des médias localisés doit évoluer dans le but de favoriser de nouvelles activités culturelles et créatives »), et même un « manifeste » (en fait, un texte précurseur de Ben Russell, fondateur du PLAN, écrit en 1999 et opportunément redécouvert) :

« Headmap » : un « manifeste » des médias localisés (Ben Russell)

L’espace, le réseau social, les outils pensants et les interfaces techniques dans le même champ de vision. Les frontières entre l’intérieur et l’extérieur se croisant de manière tangible devant nos yeux.

il y a des notes dans des champs vides

chaque chambre possède une histoire accessible

chaque espace possède des annexes émotionnelles que vous pouvez ouvrir et enregistrer

vous pouvez rechercher la tristesse dans New York

des individus éloignés d’un kilomètre et que ne se sont jamais rencontrés interrompent ce qu’ils sont en train de faire et s’organisent de manière spontanée pour s’entraider dans une tâche ou une autre

dans une ville inconnue vous frappez à la porte de quelqu’un que vous ne connaissez pas et qui vous donne des sandwiches

les chemins entrent en concurrence pour s’offrir à vous

la vie s’insuffle dans les objets inanimés

les arbres bruissent de refrains publicitaires

tout ce qui est au monde, animé et inanimé, abstrait et concret, est associé à des pensées

Yellow Arrows

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