Avons-nous encore le contrôle de notre réputation ?

Avons-nous encore le contrôle de notre réputation ?, s’interroge le chroniqueur Gary Wolf dans Wired ? Alors que de multiples versions de nous-même existent dans la sphère des données – tant, qu’il est même difficile de nous y reconnaître -, quelle maîtrise avons-nous sur celles-ci ?

« Quand vous y regardez de plus près, il est difficile de trouver une logique dans l’idée que vos données personnelles soient votre propriété privée. L’existence même de notre réputation résulte du fait que l’information est partagée. A mesure que nous achetons et nous vendons, empruntons et remboursons, nos identités se multiplient, accumulant de nouvelles qualités et de nouvelles cicatrices. C’est une bonne chose. Oui, l’accessibilité de l’information personnelle a provoqué une vague spectaculaire d’infractions, mais elle a également énormément étendu nos réseaux de confiance. Notre réputation nous précède, et c’est exactement ce qui nous permet de former des liens avec des étrangers sans partir de zéro. »

Comme le signale Gary Wolf, sur eBay, les vendeurs qui ont une très bonne réputation vendent leurs articles 8 % plus chers que les autres (cf. « La valeur de la réputation sur eBay : une expérience contrôlée [The Value of Reputation on eBay : a Controlled Experiment] par Paul Resnick, Richard Zeckhauser, John Swanson, and Kate Lockwood).

Cependant, rappelle-t-il, les données sur lesquelles notre réputation se fonde ne sauraient demeurer dans un simple dossier qu’on pourrait fermer à clef. Notre réputation est le fait de nombreuses bases de données et notre « personnalité numérique » – pour reprendre le terme forgé par Daniel Solove dans son livre éponyme, The Digital Person : Technology And Privacy In The Information Age -, émerge comme une image clignotante d’un jet constant de données. Le seul problème, bien souvent, c’est que vous n’avez pas toujours accès à ces données. Certaines bases de données fermées (comme celles des bureaux de crédits ou des agences de renseignement commerciaux) sont bien souvent opaques, et il est très difficile de savoir ce qu’il y est dit sur soi, voir même de se voir notifier ou de faire disparaître des erreurs. Par contraste, constate-t-il, sur des systèmes comme eBay, la transparence est de mise. Vous pouvez voir ce qu’on dit de vous et réagir – la dispute sur la notation du service rendu étant même assez courante.

« Si vous voulez dire quelque chose à mon sujet, dites le moi en face. Je ne dis pas cela comme une menace, mais bien comme une invitation », conclut-il.

Via SmartMobs.

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1 commentaire

  1. La question de l’identitée numérique est forcément complétée par la perspective de gérer sa réputation en ligne.
    Bien plus que la seule découverte/rencontre, c’est cet enjeu qui représente le mieux la future valeur d’usage des réseaux sociaux en ligne…

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