Critique des Creative Commons

Antoine Pitrou publie sur Libroscope une très intéressante critique des licences Creative Commons, qu’on assimile bien souvent trop rapidement aux petites soeurs des licences GPL. « Non seulement cette façon de présenter les choses occulte les grandes divergences politiques et morales des deux mouvements, rappelle-t-il, mais elle omet pudiquement de répondre à la question : comment, nous, auteurs de logiciels libres, pouvons-nous incorporer à nos créations des contenus sous licence Creative Commons ? » L’argument est simple et clair : « intégrer à un logiciel libre des contenus sous licence « non commerciale », ou n’autorisant pas les modifications, fait de ce logiciel un logiciel non libre. »

Son collègue Raphaël Rousseau va plus loin encore : « Les licences Creative Commons sont à cet égard assez nocives car elles mettent l’accent sur l’aspect économique, en renforçant l’impression (déjà assez répandue) que là se trouve un des noeuds du problème de la diffusion d’information. »

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4 commentaires

  1. Et pourtant …

    Richard Stallman, fondateur des licences GPL de GNU et de la Free Software Fondation, recommande lui-même les CC pour les oeuvres artistiques …
    http://www.fsf.org/licensing/licenses/index_html/view?searchterm=cr(…)

    Richard Stallman n’aurait-il vraiment rien compris au « libre »?

    Je crois plutôt que stallman voit dans les CC une passerelle progressive vers le « libre » : CC -BY-SA qui est le pendant de la GPL pour les arts.

    Il ne soutient d’ailleurs pas la Licence Art Libre alors qu’ Antoine Pitrou et Raphaël Rousseau sont tous les deux membres et grands promoteurs de la Licence Art Libre.

    Pour moi ces articles sont bien partisants, un point de vue neutre aurait été intéressant.

    A noter: LAL et CC-by-sa, ces deux GPL des arts libres ne sont pas compatibles entre elles. Un point important à considérer lorsqu’un artiste veut choisir une licence libre ouverte au monde …

  2. >>Il ne soutient d’ailleurs pas la Licence Art Libre alors qu’ Antoine Pitrou et Raphaël Rousseau sont tous les deux membres et grands promoteurs de la Licence Art Libre.

    Je ne comprends pas trop ce qu’est être « membre de la licence Art Libre ». J’utilise la licence Art Libre pour la plupart de mes écrits récents, comme d’autres utilisent la GPL pour la plupart de leurs logiciels. Cela ne fait pas de moi un « membre de la licence Art Libre »…

    >>Pour moi ces articles sont bien partisants, un point de vue neutre aurait été intéressant.

    Je ne sais pas ce qu’on peut appeler un point de vue neutre sur un tel sujet. Mon article annonce clairement qu’il est écrit selon le point de vue d’un membre de la communauté du libre qui s’interroge sur la possibilité pour les logiciels libres d’utiliser des contenus respectant leurs principes. En ce sens, oui, ce n’est pas un « point de vue neutre » ; mais cela est annoncé comme tel.
    (d’ailleurs cet article n’est pas spécifiquement une critique des Creative Commons, plutôt un exposé général du problème des contenus pour les logiciels libres)

    Amicalement

    Antoine.

  3. >> Richard Stallman n’aurait-il vraiment rien compris au « libre »?

    2 remarques concernant cet argument :

    – il s’agit d’un argumentum ad hominem (Cf. : http://www.infidels.org/news/atheism/logic.html#hominem ) ; autrement dit, une manière fallacieuse d’avancer un argument, puisqu’on n’entre pas dans l’argumentaire, mais on se réfère à la notoriété de quelqu’un pour l’instrumentaliser sans faire avancer autrement la réflexion.

    – Richard Stallman se déclare souvent lui-même incompétent en matière d’extension des principes du logiciel libre en dehors de la sphère informatique (Cf. : http://www.april.org/articles/theses/sbi-linux-loader.html ). Il n’est donc pas la meilleure référence sur le sujet.

    >> Il ne soutient d’ailleurs pas la Licence Art Libre

    Faux, puisque justement il la recommande pour les oeuvres autres que logicielles :
    http://www.gnu.org/licenses/license-list.fr.html#OtherLicenses

    >> Antoine Pitrou et Raphaël Rousseau sont tous les deux membres et grands promoteurs de la Licence Art Libre

    Même remarque qu’Antoine : nous ne sommes pas «membres» d’Art Libre, mais nous en sommes adoptants, au moins pour nos écrits sur http://Libroscope.org

    Pour ce qui est de nous qualifier de «grands» promoteurs, je n’aurais pas une telle prétention, mais je le prends comme un compliment ! 🙂 Pour ma part, je me vois plutôt comme promoteur de la liberté des créations numérisables telle qu’elle a été définie pour le logiciel.

    >> Pour moi ces articles sont bien partisants, un point de vue neutre aurait été intéressant.

    Mais qui est dupe ? N’importe qui viendrait apporter un éclairage serait biaisé par ses propres convictions !

    Vous jetez l’opprobre sur nos articles sans jamais vous engager sur le fond et vous ne faîtes que vous disculper en tentant maladroitement de nous décrédibiliser. Quel intérêt ?

    Vous préféreriez un point de vue neutre de quelqu’un qui ne serait que le pantin mal déguisé de l’un ou l’autre «camp» (si tant est qu’il faille parler de «camps») ?

    >> A noter: LAL et CC-by-sa, ces deux GPL des arts libres ne sont pas compatibles entre elles. Un point important à considérer lorsqu~Run artiste veut choisir une licence libre ouverte au monde

    Certes, mais une telle remarque serait à faire à Lawrence Lessig, car je crois que la LAL est antérieure aux licences CC…

    Librement,

    Raphael

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