UPFing06 : explorons l’Entrenet

Pour la 4e année consécutive, la Fing s’apprête à tenir son Université de printemps à Aix en Provence, les 7, 8 et 9 juin. La thématique de ce printemps 2006, l’Entrenet, prolonge les précédentes et couronne le chemin des trois premières éditions.

Pour la 4e année consécutive, la Fing s’apprête à tenir son Université de printemps à Aix en Provence, les 7, 8 et 9 juin, dans l’ambiance chaleureuse et studieuse de la Baume. Au cœur de la pinède de l’ancienne abbaye, nous restons fidèles à la formule qui a fait l’originalité et le succès des années passées : la confrontation entre acteurs et chercheurs, entre l’expertise et l’expérience. L’hybridation des profils plutôt que l’argument d’autorité professionnel ou scientifique. Cette modalité n’est pas neutre, dès lors que des questions complexes sont abordées et que chacun accepte que l’intelligence soit aussi dans la salle ; et dans ce contexte, rares sont les intervenants qui viennent prendre la parole et repartent sans écouter les autres, sauf cas de force majeure : une grande majorité des participants est présente dès le mercredi soir, pour le Carrefour des possibles, et jusqu’à la séance de clôture du vendredi. L’audience est multipliée par la diffusion en ligne, en streaming vidéo, assurée par Webcastors.

La thématique de ce printemps 2006, l’Entrenet, prolonge les précédentes et couronne le chemin des trois premières éditions. En 2003, nous posions la question de « l’internet, infrastructure d’échanges », et non pas seulement de diffusion « broadcast », et nous explorions ainsi les modalités de cet échange, courriel, partage, coopération, et tout autant de formes à la fois sociales et techniques. En travaillant sur l’Entrenet, nous avons d’abord eu le sentiment d’une thématique très proche, voire trop proche de celle de 2003 ; pour constater très vite que les pratiques qui nous intéressent aujourd’hui n’existaient pas ou n’étaient pas alors dans nos radars, soit parce que les outils et services n’étaient pas disponibles, soit parce qu’ils ont considérablement mûri et gagné en simplicité et en qualité, soit parce que l’internet, dans la société, a changé d’échelle et que les usages gagnent en maturité. Parmi les pistes de 2003, les participants auront retenu l’intervention de Valentin Lacambre, « Et si l’internet, c’était nous ? ». Il y aura à nouveau, cette année, matière à l’approfondir, puisque le carburant même de l’Entrenet est constitué de nos pratiques quotidiennes et ordinaires.

En 2004, nos travaux ont porté sur « le Bien commun », question philosophique permettant d’aborder des sujets bien concrets, ceux des infrastructures, et de la gouvernance, des standards ouverts, des logiciels libres, du partage et de la propriété des contenus, de la maîtrise collective. La question n’a pas perdu de son actualité, alors que les conflits du téléchargement sont loin d’être apaisés, au moment où Verizon et Bell tentent de reprendre la main en remettant en cause la gratuité du réseau, contrés en cela par quelques grands opérateurs de services, et alors que l’ « espace public » de l’internet, constamment menacé de marchandisation, est considérablement enrichi par la flambée des blogs et l’appropriation croissante par les usagers. Questions d’actualité, elles aussi, cette année, au regard du résultat des pratiques de l’Entrenet, qui rendent plus simple le partage, en enrichissent la portée et lui font atteindre des proportions considérables.

En 2005, nous avons réfléchi à « l’innovation », ou plutôt à ce qui change, en matière d’innovation, avec l’internet : ses auteurs (beaucoup plus nombreux, plus divers, plus petits) et leurs mobiles, ses conditions (les standards ouverts, la libre disposition d’un arsenal considérable d’outils), ses modalités (amélioration continue, accélération), ses champs de bataille (l’internet, qui est déjà un croisement, étant amené à s’hybrider avec la mobilité, les nanotechnologies et bien d’autres), sa nature même (d’une innovation purement technologique à la « synthèse créative » chère à Marc Giget), ses écueils (l’injonction d’innover, l’ « innovation jetable », la perte de sens,…). La séance de clôture avait permis de rendre lisible un champ d’innovation fertile, durable et qui fait sens, celui du « vivre ensemble ». L’exploration de l’Entrenet va permettre d’aller plus loin en ce sens, en prenant appui sur une vague considérable d’innovations récentes (parmi lesquelles celles du web 2.0) et sur les pratiques concomitantes.

Il est maintenant temps, pour tous ceux qui veulent participer à ces échanges, de s’inscrire et de se joindre au travail de préparation en ligne. N’hésitez pas à faire connaître ce rendez-vous autour de vous : loin d’un petit cénacle d’experts, c’est une réflexion à ciel ouvert à laquelle vous êtes conviés, chacun apportant ses pratiques, ses analyses ou ses questions.

Jacques-François Marchandise

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La dernière version du programme, en cours de finalisation, est disponible (.pdf).

Parmi les participants confirmés, signalons déjà la présence de Paul Mathias, du Collège international de Philosophie ; Euan Semple, The Obvious ; Christophe Aguiton et Dominique Cardon, France Télécom R&D ; Serge Proulx, de l’Université du Québec à Montréal ; Cyril Fiévet de Nanoblog ; Daniel Kaplan, de la Fing ; Laurent Haug, Ballpark ; Nicolas Nova, Pasta & Vinegar ; Guillaume Champeau, Ratiatum ; Fred Cavazza ; François Nonnenmacher, Padawan, auteur de Blogueur d’entreprise ; Clément Laberge ; Christophe Ducamp ; Thierry de Vulpillières et Stéphane Kimmerlin, Microsoft ; Francis Pisani ; Olivier Tredan, du laboratoire Marsouin ; Julien Jacob, ZDNet ; Hervé Kabla, DSI Dassault System ; Alexis Mons et Christophe Routhieau du Groupe Reflect ; Thierry Crouzet auteur du Peuple des connecteurs, Chris Messina de BarCamp

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