Les artistes numériques et le deuil

Un arbre pour conserver les gènes d'un défuntRégine Debatty, de l’excellent We Make Money Not Art, s’interroge sur les façons dont les artistes numériques (ou plus généralement « technologiques ») ont approché l’idée de deuil.

Certaines œuvres visent en quelque sorte à relier le décès au cycle de la vie, comme les arbres imaginés par Georg Tremmel et Shiho Fukuhara avec Biopresence, qui intègrent les gènes d’un défunt, ou le projet de Michael Burton (Memento Mori In Vitro), qui imagine qu’on puisse cultiver les cheveux d’une personne morte afin de garder un souvenir tactile et biologique de sa présence.

La tombe et son appareillage électronique par Elliott MalkinD’autres projets ajoutent une dimension numérique aux objets de mémoire, comme le Cimetière 2.0 d’Elliott Malkin, un objet numérique connecté à une tombe, qui permet aux passants d’accéder à des souvenirs du défunt ou encore les « Restes numériques » imaginés par Michele Gauler qui imagine un objet, un peu comme une urne funéraire, qui permet d’accéder aux traces numériques d’un être cher.

D’autres travaux, enfin, sont purement virtuels tels Neural de Valentina Culatti qui imagine le cimetière de demain à la façon des réseaux sociaux d’aujourd’hui : « Comme le web a changé les rituels du flirt ou de la socialisation, les pages personnelles et les réseaux sociaux tels que mySpace vont transformer les rituels autour de la mort ». La pratique de transformer la page personnelle d’un défunt en tombe virtuelle a déjà donné naissance à des sites agrégeant des informations sur les morts comme MyDeathSpace ou le blog YourDeathSpace, qui collecte depuis plus de 2 ans les profils d’utilisateurs de MySpace décédés.

My Death Space

hommage aux défunts dans un jeu massivement multijoueurCette exploration reste encore embryonnaire. Comme le souligne Régine, elle manque d’information sur les manières dont le souvenir se traduit dans le monde du jeu, où les champs de batailles sont parfois honorés en souvenir des avatars qui y ont laissé la vie. Quelques histoires de funérailles ont réussi à percer, comme celle de Snowly, une joueuse morte d’avoir trop joué, dont le personnage et le souvenir ont été honorés par sa guilde et des joueurs.

Si vous avez d’autres pistes !

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3 commentaires

  1. Lors du deces de mon pere j’ai ouvert un site in memoriam.
    Typepad ayant des problemes d’acces je ne peux verifier l’url.
    Il figure peut-etre sur une liste de mes blogs sur blogvert…
    C’est une utilisation simple de l’outil blog pour rassembler des souvenirs…
    Amicalement
    PS: mon blog laisse beaucoup a desirer pour diverses raisons (notamment manque d’acces a des photos originales) mais bon…

  2. Libé reprend le sujet et le développe en évoquant Mission Eternity (vidéo), un projet du collectif EToy, qui vise à développer des capsules de mémoire : « Ce n’est pas un cimetière de données mais un portrait interactif de la personne disparue, précisent les auteurs. Le projet ne consiste pas à copier ou à cloner la vie dans le cyber-espace. Le contenu est soigneusement trié, en conciliation avec le pilote, il n’est pas exhaustif. Se souvenir, c’est aussi la perte, l’oubli ».

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