Rions un peu (jaune) avec la RFiD

Surgichip, une puce RFiD pour aider les chirurgiens à ne pas se tromperOn l’a déjà écrit, ici, c’est par leur côté gadget, ou divertissant, que les technologies de surveillance qui peuvent en effrayer plus , d’un parviendront à se répandre le plus, et le mieux, auprès du grand public. La RFiD Gazette a ainsi recensé les 15 utilisations les plus délirantes des puces à radio-identification, que l’on trouve :

  • sur des marathoniens afin d’automatiser le chronométrage de leurs courses (voir aussi La traçabilité de l’individu mobile : vers la surveillance désirée),
  • dans des cocottes-minutes pour optimiser la durée de cuissons des plats,
  • sur des fromages pour en améliorer la traçabilité -et lutter contre leur contrefaçon-,
  • sur des balles de golf pour pouvoir les localiser plus facilement lorsqu’elles se perdent dans les buissons,
  • sur des ruches afin d’en empêcher le vol (semble-t-il fréquent pour certaines abeilles utilisées pour polliniser),
  • sur des robots servant de guides pour aveugles dans les rayons des supermarchés,
  • dans des WC « intelligents dotés d’un détecteur qui émet des alarmes sonores et visuelles, et coupe l’arrivée d’eau en cas de fuite ou de débordement ; certes, cela arrive plutôt rarement, et le dispositif est assez complexe à installer, mais ce genre de désagrément pourrait causer des milliers de dollars de dégâts, sans parler des risques sanitaires, selon le fabriquant (qui commercialise également un aquarium à installer en lieu et place du réservoir des toilettes)
  • sur des cadavres en lieu et place de l’étiquette placée sur les doigts de pied, afin de pouvoir les ramener à leurs proches et d’éviter les désagréments dus à l’odeur et à la décomposition, lors des catastrophes naturelles (Verichip les avait testées suite à l’ouragan Katrina)
  • sur des jetons de casino afin de surveiller la façon de parier et de dépenser des joueurs, mais aussi de détecter les tricheurs, de les empêcher d’utiliser des jetons non certifiés, ou de voler ceux des autres joueurs
  • sur des malades en passe d’être opérés afin d’éviter aux chirurgiens de se tromper de patient, de partie à opérer, et d’opération à effectuer.

Voir aussi les 5 histoires d’implants RFiD recensées par la Gazette.

À lire aussi sur internetactu.net

4 commentaires

  1. tiens, tiens, comme on se recroise… je découvre seulement aujourd’hui ce super site!!

    à propos de cette chronique: en effet, des nice little brothers passent nettement mieux que la version big…

  2. Avé JMM 🙂

    Hum, d’après ce que tu écris, tu sembles penser que c’est le principe même de la technologie RFID en elle même qui n’est pas sain.
    Je ne suis pas tout à fait de cet avis.

    La technologie en elle même est plutôt pas mal, le problème est qu’il faut limiter son usage aux objets et certainement pas aux personnes.
    Se servir de RFID pour la réception de marchandises par exemple peut être intéressant.
    S’en servir dans les rayons d’un supermarché commence à poser des problèmes, car on étudie alors facilement les déplacements des clients (mais ne le faisait on pas déjà avant?).
    S’en servir pour contrôler des accès dans des batiments peut aprés tout être considéré comme une continuité par rapport aux bagdes magnétiques.
    Quelle est la différence entre une puce RFID et une carte magnétique si dans une société il faut badger tous les 10 métres (a chaque porte donc) avec sa carte magnétique?
    Pour moi la technologie est bonne, il faut juste l’encadrer.

    Par exemple on peut comparer avec le p2p ou la technologie est bonne également et ou il faut éventuellement s’intéresser plutôt au contenu qui peut poser problème.
    Interdire le p2p est pour moi a peu prés la même chose que de ne pas vouloir du tout de RFID.

    Un exemple de technologie vraiment pas bonne?
    Les machines à voter.
    Ca n’apporte rien a part un dépouillement rapide mais absolument aucune garantie quant a quoi que ce soit.
    Le vote est a mon avis un domaine qui doit rester etranger à la technologie, quelle qu’elle soit.
    Pas pour des raisons techniques (la techno n’ets pas encore mure), mais pour des raisons ethiques.

  3. Je n’ai nulle part écrit, ce me semble, que la technologie RFiD, en soi, était nocive, et encore moins qu’il faudrait l’interdire.

    Par contre, elle contribue à la banalisation de la surveillance, cf le désormais célèbre rapport du Gixel :

    “La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.

    Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes. »

    http://rewriting.net/2006/02/02/la-guerre-cest-la-paix/
    http://bigbrotherawards.eu.org/Livre-Bleu-du-Gixel-les-BBA-republient-la.html

    La biométrie est bien plus intrusive que la RFiD, mais pour le grand public, elles procèdent d’une même exigence de surveillance, de sécurité et de traçabilité. Seule la CNIL est ainsi à même de faire la différence entre la prise d’empreinte digitale (considérée comme nominative) et la prise d’empreinte palmaire (considérée comme moins intrusive) : au final, les élèves doivent passer devant une borne biométrique pour accéder à la cantine… ils ne font pas la différence.

  4. Non, tu ne l’as pas dit mais j’avais cru comprendre que tu n’étais pas favorable à la technologie RFID en lisant l’article entre les lignes (mais pas que tu souhaitais l’interdire par contre).

    En tout cas j’apprécie toujours autant tes « papiers » (appelle t’on encore ça ainsi a l’heure du numérique?) ici.

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