Des villages de robots pour étudier la culture artificielle

Pendant quatre ans, des scientifiques britanniques vont étudier une communauté d’une soixantaine de robots miniatures afin d’analyser l’évolution de leurs comportements.

Les robots seront divisés en différents groupes ou « villages » et auront tendance à copier leurs actions les uns sur les autres. Cependant, à cause précisément de la nature physique des robots, les comportements copiés posséderont quelques différences avec les originaux. A intervalles réguliers, les chercheurs comptent optimiser les réseaux neuronaux des robots pour rendre l’adoption de nouvelles habitudes plus faciles. Ils espèrent à terme voir émerger une série de comportements très différents de ceux qui furent adoptés au début de l’expérience.

Selon l’un des dirigeants de l’équipe, Alan Winfield, « évidemment les comportements qui émergeront ne seront pas humains mais robotiques. Nous n’attendons pas que ces « memes » artificiels possèdent la moindre signification dans le contexte culturel humain. Il n’auront de sens que dans l’environnement fermé de cette société artificielle. » Cependant, malgré cette absence de signification, il devrait être possible de comprendre grâce à cette expérience comment une culture se constitue et évolue, indépendamment de son contenu. Comme le précise encore le chercheur :

« L’une de nos tâches dans cette recherche sera d’identifier ces structures de comportements comme la preuve de l’émergence d’une culture robotique, et de voir si cette nouvelle compréhension nous éclaire sur les manières dont la culture émerge, et si cela possède des implications pour les sociétés humaines, animales et artificielles . En un sens, nous comptons utiliser les robots comme un microscope pour étudier l’évolution de la culture. »

Le tout nouveau domaine de la « culture artificielle » n’en est pas à sa toute première expérience. mais jusqu’ici, la recherche se faisait surtout en milieu virtuel, de manière logicielle, la culture des « agents » se résumant bien souvent à des chaînes de nombres altérées lors des différents échanges : c’était le cas par exemple dans le programme Sugarscape de Robert Axtell et Michael Epstein. Ce programme, destiné surtout à tester les conséquences du marché sur une société artificielle, n’utilisait d’ailleurs la culture que de manière secondaire, afin de favoriser des « alliances » entre agents de culture similaire.

L’équipe envisagerait de créer un site Web grâce auquel les internautes pourrait eux aussi assister à l’expérience et voir par eux même les robots évoluer.

Via BBC News.

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