Les machines reconnaissent mieux les visages que les humains

Est-elle vraie cette vilaine rumeur : nos créations mécaniques vont-elles un jour nous remplacer ? Rassurons-nous, de l’eau coulera sous les ponts avant que les rêves de Ray Kurzweil et les cauchemars de Bill Joy (.rtf) ne prennent chair. Mais une étape vient peut-être d’être franchie dans le processus qui mène à notre obsolescence.

Le principal argument des adversaires de l’intelligence artificielle est que les ordinateurs, s’ils sont parfois des géants dans les activités de calcul et de raisonnement pur, comme les échecs, restent des nains dans des domaines facilement maîtrisés par un enfant de deux ans, comme le déplacement dans un environnement imprévisible ou la reconnaissance des visages. C’est pourtant dans ce tout dernier domaine qu’une limitation vient de tomber.

Le Nist (National Institute of Standards and Technologies) a en effet publié les résultats du « Face Recognition Grand Challenge » (Le grand défi de la reconnaissance faciale), un concours ouvert aux chercheurs qui se composait d’une double épreuve, le FRVT 2006 (Face Recognition Vendor Test, le test des fournisseurs de programmes de reconnaissance faciale) et le ICE (Iris Challenge Evaluation, le défi de l’iris).

Selon ces travaux (.pdf), la capacité de reconnaissance des visages par les machines a été multipliée par 10 depuis 2002, par 100 depuis 1995. Surtout, elle serait aujourd’hui supérieure aux performances de l’être humain dans ce domaine, qu’on lui aurait pourtant cru réservé.

texturedepeau.jpgOutre les améliorations des algorithmes, ce progrès exponentiel a pu être causé, entre autres, par la meilleure qualité des images haute définition 3D, qui a permis le développement de nouveaux domaines, comme l’analyse de la texture de la peau qui permet par exemple de distinguer deux vrais jumeaux. « En combinant la reconnaissance faciale avec l’analyse de texture, on augmente son taux de réussite de 20 à 25 % », affirme Ralph Gross, chercheur à l’université Carnegie Mellon.

Sur les sept algorithmes qui ont concouru, six se sont montrés au même niveau que les humains, voire meilleurs. Malheureusement, les impératifs commerciaux tendent à obscurcir les raisons d’un tel progrès scientifique, car, selon Jonathon Phillips, auteur du rapport du NIST, « la plupart des candidats au FRVT 2006 n’ont pas donné le détails de leurs méthodes, ce qui fait qu’on ignore ce que ces algorithmes possèdent de spécifique ».

Une manie du secret regrettable, mais compréhensible lorsqu’on imagine les bénéfices qu’on peut tirer des avancées d’une telle technologie. L’une des sociétés qui a participé au concours, Neven Vision, a d’ailleurs été récemment acquise par Google, qui compte utiliser ses méthodes pour proposer des services avancés de recherche et de classement de photographies.

Via la Technology Review.

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4 commentaires

  1. Juste une question pour avoir des précisions sur la méthode de test: les visages à reconnaître avaient-ils une expression ? En effet dans l’image que vous mettez si le visage n’est pas de face il n’exprime rien, ce qui gène peut-être plus qu’autre chose la reconnaissance chez les humains.

  2. Il serait tout de même intéressant de préciser un peu les conditions de ces performances comparées.

    Quels types de sujets (à reconnaître)
    quels humains en compétition avec les ordinateurs.

    ReConnaissance suppose connaissance
    il faudrait des précisions à propos des données fournies ou non

    Les machines ont elles collectées elles-même les informations nécessaires à la connaissance
    puis utilisé exclusivement celle-là pour la reconnaissance ?

    Lorsqu’un humain reconnait quelqu’un
    en général il ne lui a pas fait subir une prise d’information sous toutes les coutures
    il est possible que l’on retrouve un type d’habileté qui n’a rien de complexe
    mais que l’on a à nouveau assimilée à du calculatoire (comme les réussites aux échecs ou à l’haltérophilie pour un bulldozer (sourire)²)

    Sinon,
    il y a un paramètre qu’il est difficile de prendre en compte c’est le doute
    et même la pression psychologique de la question.

    Je suis enseignant et je vois tous les jours des gens qui savent et qui
    donnent une autre réponse parce qu’ils ont censuré leur première pensée (celle qu’ils auraient utilisé hors tension de la question)
    laissent passer la question comme s’ils ne savaient rien.

    La communication de la réponse est un processus complexe chez l’homme
    mécanique chez la … machine.
    Je ne pense pas que ceci ait été pris en compte dans le test.

    Sinon
    la plupart des hommes sont capable de reconnaître une femme de très loin et y compris dans des vêtements masculins
    il y a là autre chose que du calcul …

  3. Je trouve cette technique révolutionnaire mais pas fiable ou bien il ne faut pas uniquement se service d’ un seul système de sécurité. Le couplage est conseiller. Le scan de la main, des doigts, de la vitesse de frappe au clavier, la signature électronique, le scan de l iris, la rétine, le control ADN, neuronal Stop sa ira pour limiter les intrus lol Mais on est pas loing de l homme machine comme cella est expérimenter dans une université anglaise. Les premiers testes sont concluent.

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