Les widgets : nouveaux moteurs du web ?

Quelle est l’audience des widgets, ces nouvelles plate-formes de distribution de contenu ? Une étude de ComScore, signalée par le Wall Street Journal, indique que les widgets auraient rassemblés quelques 178 millions de visiteurs en avril 2007 (soit 21 % de l’audience mensuelle du web). La pénétration de ces petits véhicules de l’information serait même de 40 % aux Etats-Unis contre 24 % en Europe de l’Ouest et 10 % en Asie.

Des chiffres qui prêtent tout de même à sourire, remarque avec raison OmMalik : les données de ComScore ayant été critiquées par le passé pour des sites web, comment pourraient-elles être précises sur des composants de page ? Il faut dire que l’absence de YouTube dans ces données et la présence d’inconnus en haut du classement ont de quoi semer le doute. « Qu’importe, cette liste est juste une facette de la widget mania grandissante qui arrive désormais dans une phase de folie. Les gros chiffres lancés par les start-ups du secteur et les sociétés d’analyse de trafic sont des écrans de fumées qui masquent le fait qu’aucune de ces sociétés n’a fait quelque chose de significatif avec en terme de revenus. »

Que cache la widget mania ? Quelle est l’audience réelle des widgets ? « L’écosystème des widgets a attiré beaucoup d’argent et d’attention, mais peu d’utilisateurs. Si l’on regarde WidgetBox, un bon service de cet écosystème, un widget populaire possède entre 300 et 500 souscripteurs. Et ceux qui sont le plus populaires sont souvent des éléments d’expression personnelle », précise-t-il encore. Quant à la promesse de widgets publicitaires, prochain eldorado, sauront-ils conquérir leurs publics ?…

Il ne faut pas croire que ces réserves signifient qu’Om Malik ne croit pas au concept, au contraire (il a même organisé la conférence Widgets Live en novembre 2006), mais il reste encore, selon lui, à trouver un vrai business modèle, car nul ne peut croire qu’on va laisser les plate-formes de widgets créer du profit sur des sites distants, sans que ceux-ci n’aient leur mot à dire, explique-t-il.

Une réserve qui pourrait bien être en train de tomber avec l’environnement applicatif que met en place Facebook. Le réseau social va désormais faciliter la création de modules résume clairement le spécialiste des médias, Jeff Mignon, tout en permettant à chacun de profiter de la plate-forme pour en accroître la viralité intrinsèque. En permettant aux créateurs de widgets de créer du profit via son réseau, sans contrepartie, Facebook bouleverse la règle qui veut que le site hébergeur ait son mot à dire dans les profits que vont en retirer ceux qui veulent l’utiliser.

Les widgets seront-ils le levier qui permettra de transformer l’environnement de développement en écosystème, comme se le demande Alexis Mons du Groupe Reflect. C’est tout le bien qu’on leur souhaite.

Via Media Café.

À lire aussi sur internetactu.net

1 commentaire

  1. Des plateformes sociales, c’est bien.
    Des plateformes sociales avec des applications sociales c’est mieux encore et c’est là qu’interviennent les widgets. Elles enrichissent les services des plateformes.

    Pas un hasard si MySpace a déboursé $ 250+50 millions pour Photobucket, service de widget de photos. Quelques chiffres : Slide.com annonce près de 250 millions de widgets servies chaque jour et Clearspring 60 millions…

    Je ne sais pas si les widgets sont le nouveau moteur du web, mais c’est sans nul doute l’une des « killer app » du moment…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *