Lorsque l’aspirateur intègre la famille

feature3.jpg On ne peut pas dire du Roomba qu’il soit conçu pour susciter la sympathie, l’esprit ludique ou maternel : son apparence, celle d’un disque, n’est manifestement pas prévue pour déclencher des émotions. D’un point de vue utilitaire, le Roomba est un robot aspirateur, capable de se déplacer tout seul à la recherche de la poussière, ce qui peut certainement s’avérer utile, mais pas forcément exaltant. Pourtant, lorsque Jodi Forlizzi, qui étudie les interactions entre humains et robots à l’université de Carnegie Mellon, s’est penchée sur le cas du Roomba, elle a pu découvrir que ses utilisateurs changeaient leur comportement sous son influence.

L’expérience de Forlizzi a été limitée : elle s’est penchée sur le cas de seulement six familles possédant un Roomba, mais selon la chercheuse, ce genre d’étude préliminaire a pour but de fixer les directions de la recherche et de sélectionner certains de ses thèmes fondamentaux. Elle n’en a pas moins mis à jour des comportements étonnants.

Ainsi, certaines familles ont choisi de donner un nom à leur robot : »Nous l’avons baptisé parce qu’il a une personnalité, explique une femme. Je veux dire, bon, il fait le travail que pourrait faire une personne, et il est intelligent en quelque sorte, en tout cas il y a de l’intelligence en lui« .

D’autres ont noté que leurs animaux familiers adoptaient un comportement spécifique vis-à-vis du Roomba. Une famille remarquait par exemple que son chat s’asseyait fréquemment à côté du robot « pour lui tenir compagnie », tandis qu’une autre constatait que le vieux chien de la maison était plutôt effrayé.

Alors que le Roomba ne procurait pas toujours satisfaction, la plupart des familles ont décidé de le garder. Les propriétaires d’une vieille demeure pleine de recoins, pour lesquels la machine n’était guère adaptée, ont par exemple décidé de le conserver pour apparaitre comme le premier foyer du voisinage à posséder un robot !

« Dans l’ensemble », conclut la chercheuse, « le robot a changé l’identité de ceux qui faisaient le ménage, impliquant plus les hommes et les membres les plus jeunes de la famille (…). Il a aussi changé la manière de faire le ménage : les femmes les plus âgées abandonnant le nettoyage planifié pour une approche plus opportuniste, tandis que les plus jeunes faisaient le ménage plus fréquemment. »

Parmi les comportement les plus étonnants, celui de cette adolescente de 13 ans, qui après s’être accaparé le Roomba, l’a carrément installé dans sa chambre : « depuis, pour la première fois, explique sa mère, elle assume la responsabilité de nettoyer sa chambre chaque semaine sans qu’on ait à lui casser les pieds. »

Via LifeScience.

À lire aussi sur internetactu.net

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *