Facebook : nos actions en réseau

Exemple de Feed FacebookAu-delà du succès, ainsi que du réseau applicatif dense et presqu’ouvert qui s’est développé autour du site, Facebook a réussi quelque chose que je trouve vraiment intéressant : cette page d’information qui collecte vos actions et celles de vos amis sur la plate-forme, ce « feed » comme ils l’appellent, qui nourrit et se nourrit de votre réseau relationnel. Cette page conduit la viralité du réseau, elle vous informe de ce qu’il s’y passe : Daniel a ajouté telle application, Rémi s’est abonné à tel groupe, vos copains Jean-Marc et Fabien sont désormais amis avec Thierry (pas vous ?), Carole a ajouté 4 photos et 2 vidéos, c’est l’anniversaire de Véronique aujourd’hui, etc.

Cette page me permet, d’un coup d’oeil, de suivre la vie de mon réseau sur la plate-forme. Les gens ne vous adressent pas forcément de messages directement mais ce sont leurs actions au sein de la plate-forme qui constituent les messages. Contrairement à Twitter, ici, pas besoin de dire ce que l’on fait, il suffit de le faire pour que cela soit répercuté à mes proches, à mes amis, à mon réseau. L’intégration au coeur même du profil de chacun fait de ces interactions le coeur même du réseau. Il y a là une idée très simple mais qui va, je crois, se répandre comme une trainée de poudre. Mettre au coeur de son service non seulement ce que vous y faites, mais aussi ce qu’y font vos proches. Pouvoir cartographier non pas tout ce qu’il se passe sur la plate-forme, mais bien ce qu’il se passe sur votre réseau social – et en plus avec un peu d’intelligence, puisque si Alice et Bob changent individuellement leur image, votre page ne me les indiquera pas individuellement, mais agrègera tous ceux qui ont fait la même chose le même jour.

Jusqu’à présent, pour être tenu au courant de l’activité numérique d’une connaissance, il fallait s’abonner à une multitude de flux (photos, vidéos, signets, blogs, Twitter, etc), ou surveiller la page où cette personne agrège elle-même toutes ses actions (comme une page Ziki). Facebook montre une piste pour rassembler, unifier et donner du corps à nos traces numériques et faire que leurs modifications agissent comme des alertes.

Facebook propose là un point stimulant sur la manière dont, demain, nous pourrions gérer toutes ces informations, comment elles se diffusent, comment elles nous parviennent parce qu’elles nous intéressent plus que d’autres, etc.

La roue de l Reste que la limite aujourd’hui est bien dans la définition d’un seul type de relation sociale : l’amitié, qui placerait toute nos relations au même niveau. On voit bien qu’il y a besoin ici de plus de plasticité. La définition du réseau social reste trop fruste pour être opérante. On a besoin d’affiner le cercle des relations, d’introduire plusieurs niveaux d’intimité possibles… On a besoin de pouvoir donner des autorisations différentes et envie de « surveiller » différemment les actions de notre réseau, selon qu’il est composé de la famille proche, des amis, des collègues ou des blogueurs avec qui on se sent en affinités. On a envie de suivre les recommandations de lectures d’Untel, mais pas celles de ses films, car nos avis ne se recoupent pas (il adore les films de Karaté et j’ai horreur de ça), ou parce que nous ne sommes pas suffisamment proches pour en parler, ou encore parce que ses avis ne sont pas assez argumentés à mon goût. Mais cela demande de pouvoir affiner le cercle des relations, les autorisations que je délivre et qu’on me délivre.

En attendant cette évolution, Facebook montre combien un web branché sur les actions que nous réalisons en ligne est utile. Peut-être pas utile pour l’intérêt général ou le bien commun, mais au moins pour moi-même. Que demain, je puisse indiquer aux gens de mon réseau, selon le niveau de proximité où ils se situent, que je surfe sur tel site, que je suis passé sur leur blog, que j’ai ajouté tel fil d’information dans mon agrégateur, que j’ai laissé un commentaire les concernant sous telle photo, peut paraitre puéril. Pourtant, cela souligne combien ces outils mettent en exergue le désir de ne plus être seul derrière son écran, d’être toujours plus relié aux pratiques des autres. Une manière de rassurer sa propre pratique d’internet en solitaire, de vivre socialement notre connexion.

Et après, peut-être verrons-nous naître un méta-système qui saura suivre l’activité de nos réseaux sur toutes les plate-formes automatiquement, depuis les gens avec qui nous avons l’habitude de converser par mail, tchat jusqu’aux commentaires par blogs interposés. Favoriser le plus intuitivement et automatiquement (ou le plus implicitement) possible l’interaction avec les gens dont nous nous sentons proche, ce n’est que la promesse du web de demain.

Hubert Guillaud

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12 commentaires

  1. Intéressant en effet cette fonctionnalité de dashboard. C’est exactement ce qu’on compte faire pour Ziki.com sur le dashboard, encore à l’état embryonnaire sur la V2.

    C’est donc avec grand intérêt que j’ai découvert cette fonctionnalité sur Facebook dans la mesure ou elle matérialisait ce qu’on avait déjà prévu ;). Par contre facebook est encore beaucoup trop « captif » à mon gout (messagerie interne uniquement, pas de flux rss). A quand un flux rss du dashboard pour que l’on puisse le resyndiquer son son ziki pour continuer a en faire un méta système de présence en ligne…

    La « wheel » que tu as mis dans l’article est un application facebook bien sympathique. C’est intéressant de voir sa sphère d’influence et ses connexions.

  2. Oui bien sûr Jean-François, Facebook est trop captif (absence de flux RSS pour suivre le Feed en est le meilleur exemple) et c’est ce qui peut créer la fatigue : devoir se connecter chaque jour à son réseau Facebook risque de générer, chez certains, une petite lassitude. ;-).

  3. c’est marrant, ça me rappelle un travail effectué en 2005 concernant la compréhension des problématiques liées à l’émergence des nanotechnologies… Projet Nanodesign. A l’époque je prenais déjà en compte cette visualisation de l’information avec présentation en 3 dimensions d’un environnement informationnel dans lequel il serait possible de naviguer. Pas développé à ce jour par manque de moyens, si cela intéresse quelqu’un, je suis prêt à continuer ce projet dont la réflexion est déjà bien entamée.

  4. Pour info, le même type d’application existe aussi sur Viadeo.com
    Sur Viadeo, on appelle ça les « miniNews » 🙂 et on retrouve toutes ces informations directement sur son tableau de bord dynamique personnalisable.

  5. l’avantage par rapport à ce qui existe déjà réside à mon avis dans le système d’applications, applications qui agrègent d’autres services (vidéos, blogs, twitter, musiques), qui font le lien avec elles en intégrant automatiquement (mais avec votre consentement) leur contenu au profil, donc au feed commun.

    En fait Facebook à la capacité d’évoluer en même temps que votre réseau et augmente au fur et à mesure que vous utilisez d’autres services, un « phagocytage » 2.0 en quelque sorte

  6. Ne serait-on pas en train de revisiter le concept de ‘memex’ avec ces système de mémorisation et de communication d’une partie de notre activité, ou du moins des traces qu’elle laisse ? une approche de l’immortalité.. Les expérimentations liées à la sousveillance (avec les systèmes vidéos portatifs – webcam en ‘pendentif’) me semblent très liées à ce principe de journalisation de nos actions (c’est précisément le ‘log’, par opposition au blog/twit, dont le contenu est volontairement diffusé, éditorial).

    A quand l’alimentation des skaaz, mycybertwin et autres agents (+ou-) intelligents par ces CR/logs d’activité sur facebook, google ou via d’autres sources ?

    connexe : Steve Mann, Hasan Elahi, et le personnage Nike Hatzfeld in La Tétralogie du Monstre (Bilal)

    Pour le lien entre (données issues d’)applications différentes, l’initiative ‘potluck’ du projet SIMILE (et le projet en lui-même) constituent une base de recherche-action intéressante…

  7. En tant qu’opérateur d’une encyclopédie des lieux (http://dismoiou.fr), nous venons de mettre en place de manière très similaire cette fonctionnalité pour nos membres : ceux-ci peuvent désormais suivre les modifications des lieux sur lesquels ils sont intervenus, ainsi que l’actualité de leur membres favoris. Nous pensons cette approche particulièrement pertinente (et en l’occurence appréciée) pour les wikis, dans la mesure où cela induit un outil de modération très efficace. Les mises à jour sont ainsi automatiquement annoncées aux membres concernés.

  8. Dans la série, notez que la BIG PICTURE a pour ambition d’afficher dans une seule image les “news feed” des amis, des amis des amis, des amis des amis des amis, etc. juste histoire de voir jusqu’où on peut aller trop loin avant que tout explose! En plus, c’est très joli 🙂

    Plus d’explications: http://www.albertinemeunier.net/BigPicture/

    Pour entrer dans la BIG PICTURE:
    Facebook : http://apps.facebook.com/big_picture/
    Google: http://tinyurl.com/2bztzl
    Netvibes: http://tinyurl.com/ytbvxr
    Protopage: http://tinyurl.com/2yx44o

  9. Effectivement la question d’un intérêt pour facebook est entier.
    A mon avis, celà dépend plus de l’usage qu’en font les gens et de l’intelligence des applications qui sont développées.
    En effet, quel interet d’envoyer des icones de bières à ses amis ou de faire un quizz « quel animal de compagnie êtes vous » ?

    Le plus important est de profiter du système fermer proposer par facebook.
    Adieu mon blog lu par des gens qui ne me connaissent pas, bonjour ma communauté d’amis.

    C’est sur cette base que j’ai développé l’application Sharebox .
    En effet, je voulais connaitre les livres et les DVD que possédaient mes collègues de travail avant d’aller acheter l’objet. En effet, pourquoi acheter alors que l’on peut se preter les choses ?
    Or, aucun site ne permet de faire ça à l’heure actuel, à part avec des logiciels de base de données assez compliqué.

    J’ai donc tapé dans mes économies pour développer une application facebook permettant de lister ces livres et ces DVD puis de les partager avec ces amis facebook. Un module permet même de garder en mémoire à qui on a preté quoi.

    Vous trouverez cette application à l’adresse suivante:
    http://apps.facebook.com/sharebox/ »

    Qu’en pensez vous ?

    Merci d’avance pour vos réponses

  10. Je me demandais justement quel intérêt d’être sur Facebook, il n’y a pas grand chose qui se passe lorsqu’on est connecté, personne ne vient vous adresser le moindre message sauf à quelques rares exceptions. Trouver des amis c’est la croix et la bannière alors de guerre lasse, j’ai contacté des gens que je ne connaissais pas pour pouvoir avoir quelques amis de plus. Ceux que j’ai contacté m’on ma demandé : est-ce qu’on se connait ? J’ai répondu non, parce que le nombre de personnes que je connais ne sont pas forcément des adeptes de FB ni même d’internet Il y a finalement quelques personnes inconnues qui ont bien voulu être « mes facebook amis »
    et deux d’entre eux, lorsque j’ai commencé d’envoyer des jeux que je recevais d’autres amis, m’ont rayé de leur liste en prétextant que je leur envoyais trop de jeux et que ça bloquait leur pc.

    Donc, j’en suis venue à me demander quel intérêt à figurer dans FB, puisqu’on ne peut pas bouger et même pas changer des photos et les marquer sans que tous soient informés. Enfin, mon but c’était de trouver de nouveaux amis, mais impossible puisqu’on est sensé les connaitre….

    Est-ce que ma vision de FB n’est pas la même que celle des autres internautes ? Je me pose des questions.

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