Sommes-nous prêt pour l’auto-diagnostic en ligne ?

Les systèmes de santé fonctionneraient-ils mieux si les patients potentiels pouvaient identifier eux-même les maladies qui les affligent, à l’aide de systèmes informatiques ? C’est l’idée qui a traversé l’esprit de Tor W. Andreassen, professeur de marketing à l’Ecole de management de Norvège, alors qu’il attendait dans la salle d’attente des urgences avec une enfant malade et toussotante.

Avec l’un de ses collègues, Tor Andreassen a lancé une étude pour savoir si nous étions prêts pour passer à l’autodiagnostic via l’internet et ce qui nous motiverait pour passer sur un tel type de système.

Il en résulte bien sûr que les habitants les plus préparés sont les amateurs de nouvelles technologies. L’étude montre également que la fréquence d’utilisation d’un tel outil sur l’internet dépend essentiellement des bénéfices que les utilisateurs peuvent en retirer : notamment en y trouvant des réponses claires sur la maladie dont ils sont atteints au point, si possible, d’éviter de se rendre chez le docteur. Selon les chercheurs, appliquer ce service au système de santé norvégien pourrait lui permettre de faire de réelles économies en diminuant les files d’attente et la demande de soins, et permettre de traiter les petites consultations et les petits bobos qui encombrent parfois les cabinets, en les orientant vers un outil de traitement plus simple et moins coûteux. Bien sûr, comme le signale l’Atelier, la perspective d’un tel système n’est pas sans susciter quelque inquiétude chez les praticiens.

Dans d’autres pays où le système de santé est moins facile d’accès, comme les Etats-Unis, des solutions de ce type sont clairement avancées. Outre les nombreux portails d’informations sur la santé, permettant aux américains de faire leur autodiagnostic, Microsoft et Google ont annoncé s’intéresser de près à la santé des internautes. Google a même présenté cet été son portail santé personnalisable : un dossier médical personnalisé que le patient renseigne et qui lui sert à la fois de carnet de santé, indiquant ses antécédents, et de profil pour l’aider à se guider vers des conseils en ligne, comme nous l’expliquait hier Jean-Marc Manach.

Via Google-Stories et Branchez-vous.

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4 commentaires

  1. Bonjour,

    C’est un vieux fantasme que cet « auto-diagnostic » ou algorythme décisionnel. Tous les logiciels médicaux s’y sont un jour essayé avec une « aide au diagnostic » pour les médecins (pour pas les fâcher).

    L’absence de succés de ces outils, en fait le retrait pur et simple de ces « aides décisionnelles ») de tous les logiciels médicaux s’est fait peu à peu.

    Pourquoi?
    – Les algorythmes d’aide sont datés : ils se basent sur des normes nationales issues de commissions d’experts (faible niveau de preuve scientifique) fondés en général sur un consensus minimal.
    -Les publications internationales isues de journaux médicaux de grande valeur scientfique n’y sont jamais intégrés car ils sont contradictoires et amènent le médecin à pondérer l’information (et donc ses décisions) dans un sens ou un autre.

    Fournir un outil d’auto-diagnostic à un malade c’est le diriger vers une incertitude certaine 🙂

    L’outil va suivre un algorythme, ouvrir des voies « possibles », le malade devra choisir dans ces voies possibles celle qui *à son avis* sont les plus réelles (donc ressenties et non pas réelles) pour suivre ensuite un arbre décisionel daté et ne laissant pas de place à la nuance.

    Juste un rappel : nous sommes tous des hypocondriaques. Donez nous un outil informatique, nous nous trouverons des maladies.

  2. l’informatisation des systèmes de soins n’ira pas vers de l’auto-diagnostic à mon avis mais d’avantage vers une amélioration des échanges informationnels entre les différents acteurs concernés.

  3. Je crois que prochainement on assisterait à une grande réforme au niveau des démarches d’analyse et de diagnostique permettant à chacun de savoir l’état de sa santé lui même.

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