Radiohead sans intermédiaire : le bilan

Le 10 octobre, le groupe Radiohead a mis en vente sur son site internet son dernier album, In Rainbows, sans qu’il soit produit ou vendu par une maison de disques. Par le biais de ce procédé, moins innovant qu’atypique, les acheteurs avaient la liberté de fixer eux-mêmes le prix auquel ils souhaitaient télécharger cet album.

En trois jours, Radiohead avait vendu 1,3 millions d’albums. Le prix moyen aurait été de 6 euros – un chiffre qui semble être tombé à 4 euros après que les premiers fans aient passé commande. Avec l’élargissement de l’audience a un plus grand public, la moyenne du prix d’achat s’est tassé : on estime entre 1/4 et 1/3 le nombre d’internautes qui auraient choisis de ne rien débourser. Wired estime néanmoins que le groupe aurait déjà pu récolter entre 4 et 8 millions de d’euros.

Même avec une moyenne basse de près de 3 euros par album vendu souligne Guillaume Champeau sur Ratiatum, c’est près de 4 millions d’euros que le groupe aurait gagné en quelques jours. A une dizaine de pourcent de rémunération par album, « dans les circuits classiques, Radiohead aurait du vendre 2,5 millions d’albums pour gagner l’équivalent ». Leur précédent album, Hail to the Thief, s’était écoulé à 300 000 exemplaires la première semaine. Bien évidemment, l’album de Radiohead a été disponible partout et s’est retrouvé en tête des téléchargements sur tout type de plateforme : sur iTunes comme sur les réseaux P2P. Même le site s’est retrouvé en tête des requêtes et des visites. De quoi permettre à Guillaume Champeau de conclure :

« Il n’y aura peut-être plus dans les prochaines années de méga-stars internationales capables de vendre des millions de disques, mais peut-être grâce à des réseaux sociaux comme Last.fm qui permettent de former des niches d’auditeurs, beaucoup plus de groupes indépendants capables de vendre des dizaines de milliers d’albums en toute liberté. »

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7 commentaires

  1. Le phénomène le plus intéressant selon moi est ce que ce que j’ai pu observé chez les jeunes utilisateurs (16- 25 ans) : parmis une génération adepte du p2p n’ayant pas acheté légalement de musique depuis des temps immémoriaux , beaucoup ont choisis de rémunéré cet album ne serait-ce que de quelques euros (dans la mesure où ceux-ci disposent d’une carte de crédit). C’est ce que je conclus d’observations personnelles, peut être que certains sondages mettent un chiffre sur ce phénomène.
    Néanmoins, preuve est faite que la jeune génération du tout gratuit respecte encore les artistes (ou aime Radiohead mais c’est un autre débat…). L’autre aspect intéressant c’est que ce système remet en question quelque chose d’important à l’heure du tout numérique: quel valeur donen t’on au fichier?
    Enfin, remarque anecdotique et qui n’engage que moi, In Rainbows est musicalement parlant un excellent opus de Radiohead qui serait dommage de résumé à ce procédé de diffusion atypique.

  2. Je ne suis pas sûr que ce phénomène démontre quoi que soit, sinon que c’est toujours quand est riche qu’on gagne le plus !
    Pas sûr qu’un « petit » groupe puissent se passer d’intermédiaires (d’un réseau).

    Radiohead n’est pas un produit de lastfm et son succès planétaire est forcément le résultat des intermédiaires/experts (des graphistes, des réalisateurs de clip, des ingénieur du son, de la maison de disque…).

    Pas sûr que musicien qui resterait derrière son écran à peaufiner sa play-list dans last-fm, soit en mesure « de vendre des dizaines de milliers d’albums en toute liberté. »
    En tout cas je ne le connais pas … encore .

    La liberté du moment et comme toujours c’est bien plutôt = « unplugged ».

  3. Le net c’est la rue : « …à vot’ bon cœur m’sieurs-dames! »
    Une belle rue où, pas plus qu’ailleurs, on ne parviendra à taxer la vraie vie.

  4. ComScore, cité par Ratiatum toujours, précise un peu les premières évaluations :

    – Le nombre des téléchargeurs qui n’ont rien payé s’élève donc non pas à un quart, ni un tiers, mais à 62 %, avec une petite variation selon la provenance : les américains ont été légèrement plus nombreux à payer que le reste du monde.

    – Concernant la somme moyenne concédée au groupe parmi ceux qui ont payé, on arrive à un total de 4,13 € avec une différence beaucoup plus contrastée entre les résidents américains (5,54 €) et le reste du monde (3,20 €). 12% des utilisateurs ont payé entre 8 et 12 dollars, l’équivalent du prix de l’album sur iTunes, représentant 52 % des revenus totaux.

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