Des jeux partout

La société Webs.com est en train de remporter un succès qui ferait rêver n’importe quelle start-up. Plus d’un milliard de pages vues depuis août. Son secret ? La conception de jeux sur Facebook. Une nouvelle génération de créations ludiques, placées sous le signe du « jeu social » (Social Gaming Networks, SGN, est d’ailleurs le nom de la filiale de Webs.com consacrée au jeu).

Pourtant, ces produits ne sont pas d’une sophistication extrême, c’est le moins qu’on puisse dire. Voici comment le Mercury News décrit l’un d’entre eux :
« Street Race est un nouveau jeu de chez SGN qui ne possède aucun graphique » (en fait, il y a quelques dessins et animations flash, mais ces illustrations remplissent un rôle uniquement décoratif – NDT). « En souscrivant, vous obtenez 1000 dollars fictifs pour jouer, achetez une voiture et vous lancez dans la course. Pour effectuer celle-ci, vous cliquez sur le nom d’un autre joueur. Puis il ne se passe rien. Absolument rien. Dans l’écran suivant, vous apprenez si vous avez gagné ou perdu, combien d’argent vous avez acquis ou dépensé, et combien de points d’expérience vous avez accumulés ». Et le social, là dedans ? On peut tout simplement gagner des « dollars » en invitant des amis à jouer…

Street Race n’est pas le seul jeu offert par SGN : on peut aussi mentionner Warbook, une fantaisie médiévale fonctionnant sur les mêmes principes.

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Aussi insignifiants que puisse paraitre ces jeux, ils ont attiré l’attention de Raph Koster, grand concepteur de jeux devant l’Eternel (il est derrière le célèbre Ultima Online et le créateur de la nouvelle technologie de mondes virtuels Metaplace). Ils sont selon lui l’exemple parfait de sa théorie de la conception de jeu « pervasive » (qu’il a baptisé Design for Everywhere) qu’il expose dans une série de slides dont on peut résumer ainsi les points saillants : pour Koster, on se trompe grandement sur la nature des jeux. Ceux-ci ne se limitent pas à l’affichage ou à l’interface. « La conception pervasive a pour but d’éliminer ces deux aspects de l’équation », explique-t-il. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’interface ou d’affichage, mais que cet « habillage » peut varier et n’intervient qu’en dernier lieu, tout comme un jeu d’échecs peut être réalisé avec des pièces industrielles en plastique ou avec des sculptures en ivoire. Un même jeu peut s’exprimer indifféremment en mode texte, sous la forme d’une animation flash ou d’un univers 3D texturé. Les jeux sont avant tout des grammaires, des modèles. Si l’on sépare ce coeur algorithmique de la couche « habillage », il devient possible de porter ces structures abstraites sur une multitude de plateformes : ordinateurs, mais aussi mobiles, consoles, etc….C’est d’ailleurs la philosophie de Metaplace, qui peut indifféremment gérer des mondes virtuels 2D, 3D, Flash…

Koster résume ainsi sa pensée :

 » La plateforme importante, c’est le net (ce qui signifie n’importe quel appareil).
Le public important est celui des non-joueurs.
L’élément important, ce sont les autres participants.
La technologie importante, c’est la connectivité.
Le jeu important, c’est le mini-jeu. »

On peut être sceptique sur l’avenir à long terme de jeux « minimaux » comme Street Race. Mais ils représentent sans doute une tendance prometteuse, car, en plus de jouer de l’interaction collective que favorisent les réseaux sociaux, le rôle réduit accordé à l’interface permet de baisser fortement les coûts de fabrication. En tout cas, on peut espérer que cela décomplexera de jeunes concepteurs, qui pourront enfin se lancer sur un marché pour l’instant monopolisé par la conception de « blockbusters » nécessitant plusieurs millions d’euros pour leur réalisation…

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1 commentaire

  1. Putain, facebook fais chier… Moi je ne suis pas repertorier labas…. Il y a trop de gens malsains sur ce site….. Vous donnez vos informations personelles comme ca au public.. Merde quoi, ca fais super plaisir aux gens qui ont des idees tordus dans la tete !

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