L’intimité ambiante

« L’intimité ambiante évoque la capacité de rester en contact avec des gens à un niveau de régularité et d’intimité auquel vous n’auriez pas eu accès habituellement, parce que le temps et l’espace conspirent à rendre cela impossible. FlickR me permet de voir ce que mes amis mangent au déjeuner, comment ils ont décoré leur chambre, ou leur dernière coupe de cheveux. Twitter me signale quand ils ont faim, quelle technologie les frustre, avec qui ils boivent un verre ce soir », explique Leisa Reichelt consultante chez Flow interactive et doctorante à l’Université de technologie de Sydney. Ce concept, qu’elle présentait en octobre 2007 à la conférence Future of Web Apps (voir ses slides), n’est qu’une autre manière de souligner l’importance de vivre socialement sa connexion.

« Beaucoup d’entre nous trouvons une grande valeur à ce bruit ambiant et généralisé. Il nous aide à découvrir d’autres personnes qui, autrement, seraient restées simplement des connaissances. Cela nous rend plus proches de personnes à qui nous portons de l’attention, alors que nous ne sommes pas en mesure de participer aussi étroitement et activement à leur vie que nous l’aimerions. Connaître ces détails crée de l’intimité (et permet de gagner du temps quand vous arrivez à croiser ces gens dans la vraie vie !). Cela n’a pas grand chose à voir avec le sens, mais plutôt juste avec le fait d’être en contact. »

« Ce qui me semble clair, c’est que, pour beaucoup de gens, l’intimité ambiante ajoute de la valeur à leur vie et à leurs relations avec les autres », conclut Leisa Reichelt. Une autre manière de comprendre le « microblogging », cette hyperconnectivité, cette « présence sociale« , cet écosystème de la conversation et l’ensemble des services qui lui permettent de fonctionner qu’évoquait encore récemment Evan Williams, le créateur de Twitter, en vidéo pour la Technology Review.

Via Leafar, qui m’a rappelé cette formulation importante, car éclairante.

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3 commentaires

  1. Je pense qu’il faut commencer a creuser un peu plus en profondeur maintenant que les usages fonctionnent au sein d’une communauté un peu plus large.

    Bien sur c’est plus de richesse… mais c’est aussi une modification profonde des liens sociaux.
    J’ai plus de densité avec des personnes éloignées qu’avec certaines personnes de ma famille. Le fossé se creuse avec ceux qui ne sont pas dans cette intimité ambiante.

    J’ai un rapport plus evolué à la notion de partage.

    Je clusterise un peu plus mes activités avec mes différentes facettes de mon identité. J’en devient plus insaisissable au global.

    Bref, la société mute.

    Les lonelygirl archetypales ne sont plus seules.

    J’attends une présentation plus poussé sur le sujet qui replacerais la notion d’identité au regard de cette intimité. La construction de profiles est un miroir solitaire. L’intimité ambiante est un miroir collectif dont on perçoit encore mal les contours …. mais qui est beaucoup plus impliquant.

    Bref on va bien s’amuser en 2008.

  2. Leisa Reichelt a révisé cette notion depuis nous apprend Francis Pisani et parle maintenant « d’exposition ambiante » (ambient exposure) « au double sens de ce qu’on affiche et de ce à quoi on s’expose. Les « amis » étant facilement « tout le monde », nous perdons la notion claire des intimités que nous partageons et risquons de faire à n’importe qui des confidences qui deviennent ainsi potentiellement publiques.

    Nous arrivons ainsi à trois niveaux de contrôle social: la surveillance (publique et privée), la sousveillance (qui surveille le centre ou la communauté) et la vigilance participative (alimentée par ce que nous pourrions appeler nos besoins d’intimité publique sur les réseaux sociaux). »

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