Objets relationnels

Comme chaque année, l’organisme de promotion du design mobilier français (VIA pour Valorisation de l’innovation dans l’ameublement) a offert à un designer une carte blanche lui permettant de réaliser un projet. Jean-Louis Fréchin (Blog), de l’agence NoDesign.net et enseignant à l’Ecole nationale supérieure de design industrielle, vient d’être nommé lauréat de l’édition 2008 pour un projet qui décline l’intelligence ambiante dans le cadre de la maison numérique. Le projet, baptisé « Interfaces », a permis au designer de créer le prototype de plusieurs objets relationnels, des objets du quotidien transformés en interfaces. Le mobilier ou les éléments de décoration deviennent le support des services issus des nouvelles technologies.

Jean-Louis Frechin propose ainsi 5 objets, pour interroger notre lien à la maison de demain :

  • Waaz, une étagère combinée à une chaîne hi-fi, qui lit les infos d’une pochette de CD ou de DVD que l’on pose sur elle, via un dispositif Rfid. Un objet-interface qui comble l’écart entre la musique immatérielle et la musique stockée sur des supports physiques.
  • WaSnake, une étagère malléable dotée d’écrans lumineux qui permet de diffuser des SMS ou des flux RSS dans le salon.
  • WaDoor est un écran-objet pour la maison ou l’espace public. Il consiste en un papier électroluminescent qui permet d’afficher des informations ou des ambiances en grand format et de les personnaliser dans des chorégraphies réactives et récréatives, comme un panneau d’affichage personnalisable.
  • WaNetLight est une suspension lumineuse qui forme une matrice lumineuse tridimensionnelle et permet de moduler la lumière (sa profondeur, son rythme, ses couleurs) pour créer de nouvelles compositions lumineuses dans l’espace.
  • WaPix consiste en un duo de cadres photos numériques « chronopictographiques », exposant des moments, des lieux, des situations plutôt que des instantanés. Les images défilent d’un cadre à l’autre dans une continuité et à un rythme qui dépend de leur éloignement.

Les 5 interfaces imaginées par Jean-Louis Fréchin

Des projets qui ne sont pas des gadgets de plus, des démonstrations habiles et agiles, mais bien des démonstrateurs d’une conception du design comme interface. Comme le dit lui-même Jean-Louis Fréchin en conclusion de son exposition électronique :

« Il s’agit ici de proposer des objets et des pratiques qui provoquent, autant quelles y répondent, des situations nouvelles, qui imaginent des modes d’interactions différentes et qui dessinent également un échange avec la recherche et les producteurs des technologies futures. (…) Puisqu’il y a trop d’objets, on nous promet une disparition ce ceux-ci grâce aux ordinateurs, puis une disparition de l’ordinateur dans un gigantesque réseau invisible/omniprésent qui se fait encore sur le mode de « l’extra-ordinaire », à la fois comique et angoissant. Le sujet n’est pas l’objet, mais bien ce que nous en faisons ou la façon dont nous les sur-produisons. (…) Nous devons devenir raisonnables et les objets le deviendront. »

(…) Le design peut-il quelque chose pour nous ? Il est confortable de placer le design somme une soupape, fascinante, amusante, insolente ou poétique dans un monde pragmatique et utilitaire, sorte de bouffon du roi des temps technologiques ou pire encore comme un producteur de forme, créateur d’un désir pulsionnel. Doit-on encore opposer la fascination de l’art à l’utilité de la technique quand la technique n’est plus un enjeu en tant que tel et que le progrès a perdu son innocence ? L’objet est, aujourd’hui plus qu’hier, au-delà la surface. L’enjeu porte aujourd’hui sur les formes de la modernité que nous souhaitons habiter. Le design n’est-il pas le lien manquant entre l’industrie, les différentes disciplines impliquées, les technologies, les gens et les pratiques ? (…) Le design est l’interface. »

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2 commentaires

  1. J’aime beaucoup l’idée…Merci du partage (P.S je n’aime pas trop les couleurs de la nouvelle version, je préférai le rose + blanc)

  2. Il y a quelques années, nous avons défini l’objet relationnel comme suit:

    « L’objet relationnel est généré par les relations entre individus via des moyens technologiques, sans nécessité de connaissances intellectuelles ou de besoin de compétences techniques. La création de cet artefact se fait en dehors de tout objectif si ce n’est celui créé par le jeu des relations des individus entre eux. Ce type d’artefact est un moyen de révéler autre chose que ce que notre raison semble exprimer, c’est à dire que nos actions génèrent d’autres actions dont nous n’avons pas conscience au moment où nous agissons, et dont souvent nous n’aurons jamais conscience. L’objet relationnel est le produit des actions des individus partageant un même système. »

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