Jeux vidéo : viva la muerte !

Par le 17/03/08 | 4 commentaires | 5,541 lectures | Impression

Que se passe-t-il dans la tête d’un joueur lorsqu’il s’adonne à sa passion ? Plus exactement quelles émotions ressent-il exactement lors d’un combat, lorsqu’il tue, ou lorsqu’il est tué ? C’est la question à laquelle ont cherché à répondre des chercheurs de l’école d’économie d’Helsinki. Pour pénétrer l’esprit de leurs cobayes, ils ont utilisé tout un appareillage d’analyse des réactions psychophysiologiques telles que la résistance électrique de la peau, ou les mouvements faciaux et oculaires. Les expérimentateurs ont utilisé le jeu James Bond 007 : NightFire comme base pour leurs tests.

Les résultats obtenus sont étonnants : ainsi, il semblerait bien que le joueur éprouve une joie secrète à voir son personnage abattu lors d’une mission. En revanche, de nombreux sujets auraient montré des signes d’émotion négative lorsqu’ils tuaient ou abattaient un ennemi, malgré, bien sûr, des signes extérieurs de satisfaction. Plus inquiétant, les chercheurs ont fait passé un questionnaire à leurs cobayes pour voir lesquels présentaient des tendances psychopathiques (le fameux questionnaire de personnalité d’Eysenck utilisé par les chercheurs contient des questions comme : “aimeriez vous que les gens aient peur de vous” ?). Il s’avérait que ceux-là se montraient beaucoup moins inquiets à l’idée d’abattre leurs cibles…

Comme toujours on ne sait trop comment interpréter ces résultats. Il est déjà difficile d’avoir des résultats fiables avec l’IRM, alors que penser de l’efficacité des méthodes plus “superficielles” employées par cette équipe ? Mais tout de même, on en peut s’empêcher de penser aux expériences inspirées par Stanley Milgram au cours desquelles des chercheurs établirent que leurs sujets éprouvaient une certaine difficulté à torturer un personnage virtuel en 3D. La principale objection qu’on pouvait faire à ces travaux était précisément que les jeux vidéo violents ne semblaient pas déclencher de tels scrupules. Cette nouvelle recherche, en allant dans le même sens, pourrait changer la perspective négative qu’on prête aux jeux violents. Quant au plaisir secret éprouvé à voir son personnage tué, on ne peut que le rapprocher de cette théorie psychologique bien connue qui affirme que le joueur invétéré qui dilapide son argent dans les casinos éprouve en réalité un plaisir inconscient à perdre… A moins bien sûr que la mort du personnage ne soit vécue avec soulagement comme une punition justifiée après avoir commis tant d’atrocités !

Via New Scientist Technology Blog.

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Rétroliens

  1. Jeux vidéo et cerveau « Atelier Labo ///

3 commentaires

  1. par Spoon

    Un jour, le grand public verra qu’il n’existe pas QUE des jeux violents, mais qu’il existe des jeux comme Shenmue, Ico, Shadow of the Colossus, des jeux stratégique à l’image des jeux d’échec (fait on des études sur les névrosité des joueurs d’échec ??), des jeux de réflexion, des jeux musicaux (qui connait REZ ?)…

    Qu’il est indiqué sur TOUTES les boites des consigne d’age :nombreux sont les jeux interdit aux moins de 16 ans…que les parents achètent à leurs enfants.Grâce à ce comportement, les JV ne grandissent pas et s’emmêlent dans des piteux problèmes juridiques. Combien de parents achètent des films porno à leurs gosses ?

    Le jeux vidéo n’est pas “moi vois, moi tue”…on a juste ici, une belle étude sur les FPS, ultra limité à un canton stylistique.

    Le JV a bien évolué, force est de constater qu’on continue à effleurer ce monde…

    J’ai fait parti de la case hardcore gamer, passant des après midi à finir des jeux, entêté, à chercher la moindre faille, le moindre détail, recommençant sans cesse pour faire mieux. J’ai un Bac+5, un boulot à responsabilité. j’ai appliqué au monde professionnel ce que les JV m’avait appris: entêtement, persévérance, régularité.

    A ce titre, je ne suis pas devenu un tueur sanguinaire: j’ai pourtant massacré des milliers de pixels, mais j’ai aussi sauvé plusieurs fois le monde ; )

  2. par MD

    “Jeux vidéo” s’écrit sans “s” au pluriel.

    Merci.

  3. Soyons sérieux : la méthode utilisée n’est pas “superficielle” et l’IRM n’apporterait pas grand chose dans ces cas. A quoi peut servir de savoir que l’hypothalamus est activé lorsque l’on joue à un FPS ?

    Il y a une méthode tout a fait extraordinaire qui pourrait être utilisée : c’est demander aux joueurs leur avis et comprendre avec eux ce qui se passe lorsqu’ils jouent. On en est pas loin avec la MNPI – ah non loupé, cette fois ci c’est l’autre, celui d’Eysenck

    Décidément, la psychologie a le plus grand mal a passer dans le grand public, surtout lorsqu’il s’agit de jeux vidéos. Evidement, comme tout le monde a de la psychologie, certains s’imaginent que cela suffit pour etre psychologues, administrer des tests, et en tirer des conclusions…

    Il faut tout de même souvenir ici d’une chose : un jeu vidéo est d’abord un jeu. Et dans le domaine du jeu, de la fantaisie, il est normal que l’on se permette des choses que l’on ne se permet pas dans la réalité.

    Alors oui, on peut jouer a ICO et ensuite a Army for Two et faire une partie de tarot avec ses amis.