Limites et espoirs des systèmes de gestion de l’information personnelle

Par le 16/04/08 | 2 commentaires | 5,493 lectures | Impression

A l’occasion de la conférence CHI 2008 sur les interfaces hommes-ordinateurs, qui vient de se tenir à Florence (Italie), Luca Chittaro (blog), professeur en science de l’informatique à l’université d’Udine, a publié plusieurs passionnantes interviews de chercheurs dans Nova, le supplément innovation du journal Sole 24 Ore, rapporte Putting People First.

Dans un premier entretien, Jaime Teevan de Microsoft Research et William Jones, de l’université de Washington, auteurs du Management de l’information personnelle, et animateurs d’un atelier sur ces questions, évoquent les limites actuelles des outils de gestion de nos informations personnelles.

L’information qui était jusqu’à présent surtout conservée sous une forme papier est désormais éclatée sur plusieurs supports, dans plusieurs formats et isolée dans des applications et des objets multiples, expliquent les chercheurs. Une simple action, comme répondre à un e-mail, nécessite une requête qui peut entraîner une cascade d’opérations consommatrices de temps, des processus générateurs d’erreurs qui requièrent d’intégrer l’information depuis une collection distribuée de support : papier, électronique, e-mail, pages web… Au final, il arrive qu’on ne parvienne pas à trouver ce que l’on cherche, même si on est sûr de l’avoir quelque part.

“Dans un monde idéal, tout le monde devrait pouvoir trouver la bonne information, dans le bon format, avec le bon contexte, juste quand on en a besoin. Hélas, on ne vit pas dans un tel monde”, ironisent les chercheurs. D’où l’idée de cet atelier qui s’intéresse aux façons dont les gens gèrent, stockent et traitent les masses d’information qui submergent leurs sens et leurs systèmes.

Selon les auteurs, les défis de l’écologie de l’information supposent de dépasser 3 limites :

L

Plusieurs projets évoqués par les chercheurs tentent de s’attaquer à ces problèmes. TapGlance (vidéo), de Dan Robbins chercheur à Microsoft, aide les gens à interagir avec leur information sur des outils mobiles qui présentent l’information en provenance de différentes sources d’une manière unifiée. Feldspar (.pdf) (video), de Duen Hong Chau, Brad Myers et Andrew Faulring de l’Institut des interactions Hommes-machines de l’université Carnegie Mellon, est un système de recherche qui simplifie les requêtes en utilisant des associations d’idées. Il permet par exemple de faire des requêtes telles que “trouve le dossier qui contient le fichier attaché de la personne que j’ai rencontrée à tel atelier”, plus facile à formuler que de retrouver le sujet ou le nom des personnes que l’on a croisées.

A côté de ces recherches, il y a aussi des discussions pour mieux comprendre les défis auxquels les gens sont confrontés quand ils travaillent avec leur information personnelle. Sergey Chernov, chercheur au laboratoire Allemand LS3 travaille à un système d’analyse de logs, ou traces des échanges en ligne (.pdf), pour mieux comprendre et révéler au groupe les interactions entre les gens et leurs informations.

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Rétroliens

  1. Techno-fil (18/04/08) « pintiniblog

1 commentaire

  1. par Cyril F.

    A mettre également en relation avec le web sémantique, ou plutôt les technologies relatives qui s’insèrent dans des projets très intéressants comme Nepomuk (http://nepomuk.semanticdesktop.org/), un bureau “sémantique”… qui s’attache notamment à conserver des informations qui se perdent trop facilement (“ce fichier était joint à cet e-mail”, “ce fichier m’a été envoyé par”, etc.).